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 Morning Workout [Théo & Juliet]

Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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25 juin 2010 - St Agnès.

Juliet fixait le plafond du sous-sol du LEXIT, immobilisée par un sort. Ses jambes semblaient peser une tonne et elle se sentait incapable de lever les bras. Lorsqu’elle sentit les effets du sort s’estomper, elle se redressa et s’assit en tailleur, faisant face à son adversaire.

Son cœur battait la chamade et son corps était secoué de tremblements suite au duel qu’elle venait de mener. Un regard autour d’elle lui tira une grimace – les sorts perdus qui avaient ricoché sur les murs avaient laissé de belles marques ; heureusement que les fondations bénéficiaient de protections magiques.

Si Juliet n’avait jamais été mauvaise sorcière, son poste à Flaquemare l’avait tenu éloigné des duels et des combats magiques. Face à Théo, elle n’avait évidemment pas fait le poids. Elle ne s’en était pas trop mal sortie toutefois – même si elle manquait cruellement de précision, elle avait une puissance magique indéniable, qui avait été décuplée après les derniers évènements. Avec un peu d’entraînement, elle parviendrait sans doute à la maîtriser complètement - du moins l'espérait-elle.

« Je t’ai laissé gagner pour ne pas heurter ta virilité. » lança-t-elle en haussant un sourcil, l’ombre d’un sourire sur les lèvres.



Théo NottBibliothécaireavatar
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Une mimique satisfaite s'afficha sur le visage de Théo lorsque son dernier sort atteint sa cible, immobilisant Juliet au sol comme sous une couche de ciment. Elle s'était bien défendue, mais en l'absence d'entraînement, son amie ne faisait pas - encore - le poids contre lui, tant mieux pour son ego.

D'un geste sec du poignet, il la libéra de l'emprise du sortilège, puis remis un peu d'ordre dans la pièce avant de se diriger vers elle. Les battements désordonnés de son coeur se calmaient peu à peu, à mesure qu'il retrouvait son souffle.

Un rire incrédule le secoua à l'entente de la bravade de Juliet, à qui il tendit malgré tout la main pour l'aider à se relever.

"Ma virilité se porte très bien, je te remercie", lui rétorqua-t-il tandis qu'elle se redressait à sa hauteur, leurs regards se rencontrant brièvement. "Beau combat, tu as de bons réflexes, un peu rouillés peut-être mais ça va vite revenir. Un peu d'entraînement, et nous serons au même niveau, à ceci près que tes enchaînements manquent d'originalité, il est facile de deviner ce que tu vas faire... Il te faut varier tes attaques. Je peux t'apprendre."

Il avait à coeur de l'aider à progresser, gardant en tête que ces entraînements n'avaient rien d'un jeu : il en allait de sa survie, potentiellement. Ce n'était pas comme si la possibilité d'une attaque gratuite en pleine rue relevait de la pure hypothèse...

"Mais c'est déjà bien pour aujourd'hui", conclut-il avec un sourire. Il ne voulait pas non plus la fatiguer outre mesure, conscient que ses entraînements sportifs étaient déjà très exigeants, et que son corps avait été affaibli par l'attaque.

"On fait un tour à l'étage ? Je peux te montrer mon antre", proposa-t-il, l'air énigmatique.




Merci à Juliet
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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"Pas depuis que Gaby t'a fait porter un diadème." rétorqua Juliet avec un sourire narquois.

Son sourire fondit lorsque Théo décortiqua le combat qu'elle venait de mener, et elle fronça les sourcils en hochant la tête. En effet, ses attaques manquaient d'originalité - elle se souvenait de la moitié des sorts qu'elle avait appris à Poudlard.

"Je veux bien." acquiesça-t-elle lorsque Théo proposa de l'aider à varier ses sorts et à se montrer plus originale dans ses attaques - elle avait beaucoup à apprendre de lui, puisqu'elle ne connaissait même pas le sort qui l'avait rendu prisonnière quelques instants plus tôt, mettant fin à leur duel.

"Je pourrais continuer toute la journée." lança Juliet, trahie par ses muscles fatigués et ses jambes tremblantes ; elle avait bien plus de facilité à exécuter la feinte de Wronski qu'à affronter Théo. La proposition de ce dernier la fit hausser les sourcils.

"C'est indécent." souffla-t-elle en étouffant un éclat de rire et en prenant les devants pour se diriger vers les escaliers qu'elle grimpa sans difficulté - merci à ses entraînements quotidien de la rendre aussi endurante.

A une indication de Théo, elle s'arrêta et ouvrit une porte pour pénétrer dans une pièce rectangulaire et plutôt spacieuse. De vieux grimoires étaient rangés dans une veille bibliothèque en bois - certains paraissaient avoir plus d'une centaine d'années. Dans une vitrine en verre, des ingrédients nécessaires à la préparation de potions étaient entreposés. Dans un coin de la pièce, une potion bleue bouillait paresseusement dans un chaudron. Julia la considéra avec effarement.

"Ne me laisse pas toucher ce chaudron." prévint-elle en riant. "Je suis incapable de ne pas faire exploser la moindre potion que je prépare. Va savoir pourquoi." En tout cas, elle savait pourquoi elle avait eu des notes catastrophiques durant sa scolarité.

"Alors c'est ici que tu passes autant de temps ?" interrogea-t-elle en détaillant les recoins de la pièce avec curiosité. "C'est quoi exactement ?"



Théo NottBibliothécaireavatar
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Théo émit un rire embarrassé lorsque Juliet le taquina, et répondit de son accent écossais : "Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire."

Il la suivit dans l'escalier, son regard perturbé s'attardant un instant sur sa silhouette fine avant de se détourner. Parvenus dans le hall du Manoir, ils grimpèrent un second escalier pour atteindre le premier étage, où se trouvaient une suite de chambres réparties autour d'un long couloir.

Théo avait choisi la chambre la plus éloignée, tout au fond du couloir, dans un recoin de la bâtisse. Il suivit Juliet à l'intérieur et sourit dans sa barbe en la voyant observer les lieux. Avec le temps, il avait bien emménagé l'espace, en entreposant un ensemble disparate de manuels obscurs sur la bibliothèque, en remplissant l'étagère à potions d'ingrédients et d'ustensiles, mais aussi avec certaines de ses affaires personnelles. Au sol se trouvait un épais tapis bordeaux, héritage du manoir Nott, qu'il avait subtilisé avant de s'en faire chasser. Dans le coin le plus éloigné de la pièce, un canapé-lit raisonnablement confortable l'accueillait dès qu'il le souhaitait. Sur le rebord de la fenêtre, une grande fleur jaune tournait ses larges pétales vers la cheminée, d'où émanait un feu ronronnant.

"Je te déconseille de t'approcher, alors", répliqua-t-il en s'approchant du chaudron pour plonger son regard dans le liquide bleu nuit. "C'est une potion instable, surtout à ce stade de la préparation. Si je parviens à la préparer convenablement, elle permettra de renforcer la peau, qui devient épaisse comme une armure, le temps de quelques heures. La peau n'est pas complètement imperméable aux sorts, mais c'est très efficace contre un sort de découpe, par exemple."

Il remua doucement sa potion, avant de se détourner pour reporter son attention sur Juliet : "Ici, c'était à peine plus grand qu'un placard à balai, quand je suis arrivé, mais j'ai donné quelques sorts pour agrandir l'espace. C'est là que je viens pour tester des potions complexes, ainsi je ne monopolise pas la place en bas et je ne risque pas de tout faire exploser... Je viens aussi étudier ces grimoires, chercher de nouvelles formes de magie, des sorts oubliés qui pourraient nous être utiles."

L'enthousiasme se lisait sur son visage tandis qu'il observait sa bibliothèque. Théo avait toujours aimé étudier la magie.

"C'est aussi là que je viens quand ça ne va pas, pour échapper à mon mariage", révéla-t-il d'une voix basse, un maigre sourire aux lèvres. Le mois écoulé n'avait pas arrangé les affaires entre Samaël et lui, comme en témoignait la lourde valise entreposée au pied du canapé, dans lequel il se laissa tomber avec un soupir. "Enfin, voilà, c'est actuellement mon chez-moi à temps partiel."



Merci à Juliet
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Juliet recula prudemment d'un pas lorsque Théo mentionna que la potion était "instable". Elle préférait, en effet, rester à une distance raisonnable de ce chaudron - elle était persuadée que si elle le touchait, ce dernier finirait par exploser, ruinant par la même occasion la préparation de son ami. Non, vraiment, il valait mieux qu'elle ne le regarde même pas.

Elle émit toutefois un sifflement impressionné lorsqu'il lui expliqua les vertus de la potion, et s'autorisa une œillade rapide du côté de la mixture bleue. Elle enviait peut-être un peu Théo d'être aussi doué en magie, maîtrisant à la perfection les potions mais également - comme il venait de le lui prouver par sa tirade enthousiaste - les sortilèges. Juliet, elle, avait toujours eu des difficultés à suivre ses cours lorsqu'elle était encore élève à Poudlard ; même s'il s'agissait davantage d'une mauvaise volonté de sa part. Elle n'était pas mauvaise en sortilège ou en défense contre les forces du mal, mais son désintérêt pour les autres matières frôlait la catastrophe. Elle expliquait cela car elle avait su, très jeune, qu'elle voulait faire carrière dans le Quidditch. Elle n'était pas seulement "douée" sur un balai : elle était véritablement excellente et elle n'avait même pas encore atteint son plein potentiel. Mais à présent, alors qu'ils étaient en pleine guerre civile, la jeune femme regrettait de ne pas avoir suivi avec plus de sérieux ses cours - peut-être qu'une notion abordée par un de ses professeur à Poudlard pouvait lui être vitale aujourd'hui ; à l'époque, elle était bien trop occupée par l'équipe de Quidditch de Gryffondor et par les Dark Boursoufs pour considérer la chose sous cet angle de vue.

"Tu as l'air heureux, ici." commenta Juliet avec un sourire aux lèvres. Du moins, aussi heureux qu'on pouvait l'être dans le quartier général d'un groupe résistant. "Ca ne m'étonne pas venant de toi, une pièce remplie de vieux grimoires..." taquina-t-elle en faisant courir ses doigts sur les reliures abîmés des ouvrages. "Quoi comme nouvelles formes de magie ?" interrogea-t-elle en avisant le jeune homme.

Mais il s'avérait que la pièce n'avait pas qu'une seule utilité, dont Juliet comprit la seconde en remarquant le canapé-lit installé dans un coin, ainsi qu'une valise imposante qui contenait les affaires de son ami. Elle eut un sourire désolé en se laissant tomber à côté de lui.

"Ca ne va pas mieux entre vous ?" demanda-t-elle sur un ton doux en l'observant attentivement.



Théo NottBibliothécaireavatar
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"On ne se refait pas", souffla-t-il avec amusement. Aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours eu le nez plongé dans des livres, chez ses parents, d'abord, parce que le Manoir regorgeait de grimoires hérités des générations passées, à Poudlard ensuite, dont la bibliothèque était fabuleuse, et à la Bibliothèque magique de Londres, maintenant, qu'il n'avait toujours pas fini d'explorer. Par bien des aspects, les livres étaient ses amis, toujours là pour l'aider à trouver des solutions ou s'évader.

"De vieilles formes de magies, plutôt", se corrigea-t-il lorsqu'elle l'interrogea au sujet de ses recherches. "Magie ancienne, magies étrangères, le monde regorge de ressources oubliées par notre société... et par notre bon ministre et ses services. Si l'on apprend à les redécouvrir, alors, cela peut être un atout, qui sait."

Il se décala légèrement pour laisser une place à Juliet, qui s'installait à ses côtés, et sentit son visage se fermer à l'évocation de Samaël.

"Non, clairement pas. Plus je passe de temps ici, moins il est content, et plus je passe de temps ici", résuma-t-il, "un vrai cercle vicieux. En même temps, quand je suis là et qu'il agit comme si de rien n'était, comme si c'était normal de poursuivre sa petite vie sans se préoccuper d'autre chose que de son nombril, je me dis qu'on n'a vraiment plus rien en commun."

Le dédain avec lequel il avait terminé sa phrase était perceptible. Il avait envie de secouer Samaël au même titre qu'il aurait voulu secouer cette nation toute entière. Poussant un soupir fataliste, il écarta son mariage de ses pensées - ce qu'il parvenait de mieux en mieux à faire - pour s'intéresser plutôt à son interlocutrice. Avisant son profil familier, avec ses longs cheveux châtains qu'elle enroulait autour de son doigt, il l'interrogea d'un ton plus doux :

"Et toi, avec Jeremy, ça va mieux ?"

lls n'avaient guère reparlé de leurs problèmes de couple depuis ce jour-là, sur la plage d'Aberystwyth...



Merci à Juliet
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Le ton dédaigneux de Théo surprit Juliet, qui resta toutefois impassible. La dernière fois qu'il avait évoqué son mariage, il semblait surtout triste, presque désespéré à l'idée de le voir se déchirer devant ses yeux. Un tel mépris dans sa voix - surtout quand il parlait de Samaël - lui fit froncer les sourcils.

Elle comprenait ce qu'il ressentait - Juliet aussi avait dû mal à supporter la passivité face aux abus du gouvernement ; encore plus depuis qu'elle avait assisté, impuissante, au procès de Lauren McGowan. Olivia était comme Samaël ; elle préférait plonger la tête dans le sable plutôt que de se risquer à voir la vérité. C'était tout bonnement insupportable ; souvent, elle avait envie de la prendre par les épaules et de la secouer pour lui faire entendre raison. Malheureusement, rien n'y faisait. Si elle était parfaitement honnête, Juliet ne pouvait cacher qu'elle s'attendait à cette état d'esprit de la part de celle qui avait été si longtemps sa meilleure amie : Olivia avait toujours préféré vivre dans un monde imaginaire.

"Je ne suis pas sûre que ce soit de l'égoïsme, Théo." commença prudemment Juliet en posant sa main sur son bras. "Même si c'est frustrant, on ne peut pas forcer tout le monde à adopter notre point de vue."

Jeremy et elle n'avaient pas ce problème de divergences d'opinions ; mais c'était bien la seule chose sur laquelle ils parvenaient aujourd'hui à se mettre d'accord. Les disputes n'éclataient jamais, mais il y avait cette tension, cette gène, qui ne les quittait plus. A présent, Jeremy ne se donnait même plus la peine de franchir la distance qui s'était creusée entre eux ; Juliet non plus. Elle déglutit difficilement, la gorge nouée par l'émotion.

"Pas vraiment." répondit-elle d'un ton qu'elle voulait neutre.

C'était un bel euphémisme. Juliet était effarée de contempler le fossé qu'il y avait entre eux ; mais elle était surtout terrifiée par le fait de ne pas réussir à le combler. C'était plus fort qu'elle : elle n'y arrivait pas. Aujourd'hui, c'est encore plus simple de fermer les yeux sur la situation. Finalement, chacun faisait l'autruche à sa manière.

"On ne se parle plus." avoua-t-elle. Enfin si. Ils parlaient de Gabrielle, de la météo, du Quidditch - une fois ces trois sujets abordés, un silence gêné s'installait. "Je crois qu'il reste à Poudlard ce soir." fit-elle. "Je ne sais pas si c'est parce qu'il est de surveillance ou parce qu'il préfère ne pas rentrer."

Ça lui tordait le cœur. Parce qu'au fond - sous la colère, sous la culpabilité, sous les cicatrices, sous la tristesse - elle savait qu'elle aimait Jeremy, qu'il était et qu'il resterait l'homme de sa vie. Elle ne savait juste pas si cet amour était suffisant pour affronter la douleur intense qui la saisissait encore.



Théo NottBibliothécaireavatar
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Un frisson infime le parcourut lorsque Juliet posa sa main sur son avant-bras, et il baissa la tête comme pour éviter de reconnaître la justesse de ses propos. Bien sûr, elle avait raison, il ne pouvait forcer personne à partager ses convictions et encore moins à risquer sa vie et ses acquis pour une telle cause. Mais il lui était bien plus aisé de se draper dans sa colère, plutôt que d'affronter de pleine face la douleur d'une séparation probable.

La réponse de Juliet à sa question le tira de ses atermoiements et il redressa le visage pour pouvoir observer le visage de la jeune femme. Ses traits exprimaient une tristesse qu'il ne savait comment accueillir, partagé sur son propre ressenti, tandis qu'elle lui expliquait que Jeremy ne rentrait pas à la maison ce soir. Qu'ils en étaient, eux aussi, à s'éviter parfois... Bien sûr, il aurait dû se sentir triste pour son amie, et il ressentait de la compassion pour elle face à cette épreuve, mais pas seulement ça. Avec une certaine culpabilité, il réalisa qu'il accueillait cette nouvelle avec un brin de soulagement, comme si... Quoi ? Il n'était pas le seul à affronter des difficultés au sein de son couple ? Oui, peut-être que c'était plus facile, d'affronter cela à deux, au fond.

Ecoeuré par sa propre réaction, il souffla de son ton le plus sincère, comme pour chasser ses propres sentiments : "Je suis désolé. J'espère que ça va s'arranger."

Glissant un bras autour de ses épaules, il l'attira contre lui et la serra doucement dans ses bras, en s'efforçant d'ignorer les battements désordonnés de son coeur : "Je suis là, si tu as envie de m'en parler."

Pourtant, il n'avait pas réellement envie de parler de Jeremy, ni même de Samaël. Tout ce qui comptait, là, c'était la présence de Juliet, dans cette petite chambre de Cornouailles, la légère odeur de fumée qui s'émanait de la cheminée, le doux crépitement de la potion dans la marmite. L'instant présent, en somme.



Merci à Juliet
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Juliet se laissa attirer contre son ami sans opposer de résistance. Elle secoua négativement la tête lorsque Théo lui proposa de parler plus longuement de sa relation ; non, elle ne voulait plus y penser à présent, parce que chaque fois que ses pensées se tournaient vers Jeremy, elle se sentait envahie d’une détresse infinie qu’elle ne voulait pas gérer.

Bercée par le bruit du feu qui crépitait dans la cheminée, la jeune femme se blottit contre le torse de son ami, tirant de cette étreinte un réconfort insoupçonné. Elle se sentait presque sereine, comme protégée de la tristesse qui la rongeait habituelle. Elle se sentait apaisée, et n’aurait échangé ce sentiment pour rien au monde, même si une petite voix lui soufflait qu’elle aurait dû trouver cet apaisement dans les bras de son mari, et non dans ceux de Théo. Elle s’efforça de la repousser, enveloppée dans la chaleur qui régnait dans la pièce.

« Moi aussi j’espère que ça s’arrangera. » se contenta-t-elle de lâcher dans un murmure.

Elle le voulait véritablement, mais la vérité s’imposait à elle de jour en jour : elle ne parvenait pas à être heureuse avec Jeremy, pas actuellement du moins. Sa présence la plongeait dans un état de confusion dont elle ne parvenait pas à se sortir.

Avec Théo, songea-t-elle en jouant avec une mèche de cheveux, les choses étaient si simples, si faciles. Elle se sentait elle-même ; elle se sentait revivre. Elle n’avait pas besoin de se cacher, de masquer ses sentiments, de réduire sa peine. Elle lui livrait tout – son cœur sur un plateau d’argent – sans filtre. Sans masquer sa peine ni sa culpabilité, sans mentir sur sa colère et la haine qui l’habitait.

« Ça te dirait qu’on reste ici, ce soir ? » interrogea-t-elle d’une voix étouffée dans le pull du jeune homme. Elle n’avait aucune envie de rentrer chez elle, dans sa maison inoccupée, Gabrielle étant chez ses grands-parents pour la nuit.

Elle se décala de quelques centimètres et se redressa légèrement, relevant la tête pour pouvoir interroger son ami du regard. Son nez frôla alors le sien et Juliet s’immobilisa brusquement, surprise par leur proximité. Ses yeux détaillèrent le visage de Théo ; elle nota sans s’en rendre compte le grain de beauté qu’il avait dans le creux de la joue, la petite ride qui s’était formée entre ses sourcils, témoin de l’expression sérieuse qu’il adoptait dans son travail. Son regard quitta les yeux bleus de son ami pour descendre le long de ses joues, où une barbe de quelques jours avait élu domicile. Il s’arrêta finalement sur les lèvres du jeune homme.

La jeune femme sentit son cœur – qu’elle croyait arrêté, tant son corps s’était figé – se mettre à battre frénétiquement dans sa poitrine, alors qu’elle relevait brusquement les yeux pour les plonger dans ceux de Théo. Doucement – comme si un geste trop brusque pouvait rompre ce moment hors du temps – elle posa le bout de ses doigts sur sa joue et les fit glisser jusqu’à sa nuque. Une douce sensation se répandit au creux de son ventre, remplaçant sa tristesse bien trop amère. Pour la première fois, elle s’en sentait complètement libérée.

Sa deuxième main se glissa dans les cheveux du jeune homme avec lesquels elle joua un instant, toujours silencieuse, ses yeux gris toujours vrillés dans ceux de Théo. Cette fois, ce fut les tensions dans ses épaules qu’elle sentit s’envoler, la laissant plus légère qu’elle ne l’avait été pendant des mois.

Alors, Juliet se pencha vers Théo pour l’embrasser. Elle posa ses lèvres sur les siennes, dans un baiser d’abord doux, presque craintif – elle craignait que leur bulle explose à tout moment. Ce ne fut pas le cas. La jeune femme fut envahie d’une sensation si apaisante qu’elle sentit son cœur se gonfler de joie. Le baiser gagna alors en ardeur, devint plus pressant, plus impétueux, alors qu’une de ses mains descendait sur le torse du jeune homme. Elle lui fit passer dans cette étreinte tous ces sentiments qu’elle taisait jusqu’alors.

Lentement, la jeune femme se recula – non sans avoir avant déposé une autre baiser -  plus chaste cette fois-ci – sur les lèvres de Théo. Elle avait les joues rouges, les cheveux en bataille, les lèvres gonflées et les yeux brillants.

Une autre soirée lui revint en mémoire – une qui s’était déroulée quelques années plus tôt, mais il lui semblait que cela faisait déjà un siècle. Ce jour-là, elle s’était excusée ; le baiser échangé avec Théo l’ayant fait plonger dans une confusion amère, tant son cœur appartenait encore à Jeremy. Aujourd’hui, Juliet tenait son mari éloigné de ses pensées. Cette étreinte avait été presque salvatrice ; jamais elle ne s’était sentie aussi bien.

Alors, elle ne dit rien, se contentant de dévisager Théo de ses grands yeux gris.



Théo NottBibliothécaireavatar
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La question posée par Juliet parvint étouffée à ses oreilles, et il pencha légèrement la tête pour mieux l'observer. Rester au QG, avec lui ? Théo fut interloqué par cette requête inhabituelle, mais il était persuadé que cela pourrait se faire sans problème, Juliet étant identifiée parmi les membres de mouvement. Quant à lui, il serait plus qu'heureux de l'avoir auprès de lui ce soir.

Il s'apprêtait à lui répondre lorsqu'elle se redressa elle aussi, et leurs visages se frôlèrent, par accident. Théo, qui allait se reculer, s'immobilisa en avisant l'expression qu'arborait Juliet. Il retint inconsciemment sa respiration, tandis que Juliet restait là, à le détailler, avec cet air insondable. La main crispée dans le dos de la jeune femme, Théo ne bougea pas d'un millimètre, figé comme un niffleur piégé par les phares du Magicobus. Il se sentait prisonnier de ces grands yeux gris, qui l'observaient, semblant poser une question à laquelle il n'osait répondre. Il y avait tant de nuances dans ces pupilles anthracites, qu'elles en devenaient fascinantes. Il sentit son coeur accélérer, puis cogner brutalement contre sa cage thoracique, alors que le regard de Juliet descendait puis s'attardait sur ses lèvres.

Au contact doux de sa main qui glissait de sa joue à sa nuque, il retint un frisson provoqué par un mélange d'émotions - anticipation, panique, espoir - et s'abstint là encore de bouger. Son esprit, lui, s'embourbait tandis qu'il refusait d'envisager les conséquences de ce qui menaçait de se produire. La scène, en fait, était irréelle, ces quelques secondes qui s'écoulaient étaient hors du temps. Il peinait à réaliser que cela était bien en train de se réaliser, et pourtant, comme dans un rêve, il la vit bien franchir la distance qui la séparait de lui, pour l'embrasser. Pas un seul instant, il n'envisagea la possibilité de la repousser, comme s'il n'y avait qu'une seule course d'action possible, comme si ce moment était écrit.

Refermant par réflexe ses mains dans son dos, il la laissa approcher, doucement d'abord, puis plus hardiment. Une chaleur se répandit aussitôt en lui et il referma ses bras sur elle pour l'attirer plus près de lui, se laissant emporter par la sensation de ses lèvres contre les siennes, de ses mains sur sa nuque, de son odeur qu'il aimait tant, qui semblait l'envelopper dans une bulle de douceur et de chaleur. Théo aussi s'enhardit, glissa ses mains dans ses cheveux, caressa sa nuque, répondant à ce baiser qui était interdit mais qui était, pourtant, si bon.

Elle était magnifique, songea-t-il lorsqu'elle se recula finalement, les yeux brillants et les cheveux emmêlés. Elle était tout, tout ce que la nature pouvait faire de mieux, depuis son petit nez en trompette jusqu'à cette douceur, cette générosité qu'elle exprimait, presque malgré elle, dans chacun de ses gestes. Elle avait cette façon de vous faire sentir que vous existiez, que vous importiez, cette façon de rendre la vie plus belle, plus lumineuse, et qu'il avait toujours aimé chez elle. Cette fois, ce fut son tour de la dévisager, de s'attarder sur chaque petit détail de son visage, le coeur gonflé par des sentiments trop grands, qui le plongeaient dans la confusion la plus intense. Le regard embrumé, il passa une main sur sa nuque, et tenta de faire le point, tandis que les pensées affluaient en lui. Brusques, brutales, comme des coups de poignard au ventre. Samaël. Les yeux bleus de Samaël, ses yeux embués, emplis de reproches, de colère, de tristesse, d'amour. Son alliance métallique qui semblait peser une tonne autour de son doigt. Jeremy, Jeremy et Gabrielle dans ses bras, et Juliet, là, tout contre lui, l'embrassant, un baiser si bon, qu'il ne pouvait pas être mauvais. Sa main se glissa sur celle de Juliet, la serrant doucement dans la sienne.

Un autre baiser lui revint en mémoire, un baiser qu'il avait remisé dans un recoin de sa mémoire depuis bien longtemps. Un espoir étouffé, des années plus tôt, auquel il n'avait plus prêté attention, car il ne fallait pas. Car Juliet avait Jeremy, et Théo avait Samaël.

Toutes ses pensées envahirent son esprit, s'entrechoquèrent, le plongeant dans le doute. Mais une seconde de trop s'écoula dans le silence confiné de la petite chambre, et son doute se noya dans les yeux gris de Juliet. Certaines choses, dans la vie, relevaient de l'évidence. Alors, malgré la culpabilité qui lui étreignait la poitrine, malgré la peur qui s'insinuait dans ses veines, il murmura trois mots de sa voix grave :

"Tu es sure ?"




Merci à Juliet
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Les trois mots que venaient de prononcer Théo semblaient planer au-dessus d'eux, menace invisible et pesante. Juliet resta silencieuse un instant, l'esprit encore embrumé par le baiser qu'ils venaient d'échanger.

De toute sa vie, Juliet s'était toujours considérée comme une femme décidée et sûre de ses choix. Elle ne doutait que rarement car elle détestait cet état transitionnel qui l'empêchait de prendre une décision. Pourtant, depuis son accident, elle restait piégée dans cette confusion perpétuelle, tantôt tiraillée par la tristesse, tantôt étouffée par la colère. Ce tourbillon d'émotion qu'elle ressentait l'empêchait purement et simplement d'avancer, d'amorcer un travail de deuil - ou même d'y voir clair.

Pourtant, jamais depuis ce terrible jour à Bristol, une situation ne lui était apparue comme aussi limpide. Lorsqu'elle regardait Théo, elle ne ressentait ni haine, ni mélancolie, ni culpabilité ; uniquement une douce sensation de chaleur se répandait dans ses veines, lui rosissant les joues. Depuis qu'elle avait mis fin à leur étreinte, quelques secondes plus tôt, tout son corps la suppliait de recommencer pour pouvoir ressentir encore cet apaisement, pour pouvoir une nouvelle oublier cette peine. Elle le voulait.

En était-elle sûre ? Une brusque image de Jeremy s'imposa à son esprit et Juliet lutta pour ne fermer les yeux afin de s'y soustraire. Elle n'avait plus dix-sept, songea-t-elle en observant son alliance, dont le métal froid semblait la brûler. Elle ne pouvait plus agir comme une adolescente ; elle était une femme mariée désormais et plus important encore, elle était mère de famille. Elle ne pouvait pas faire ça à Jeremy, ni même à Gabrielle. Elle ne pouvait pas, volontairement, réduire leur équilibre familial - déjà si instable - au néant. Ce n'était pas juste ; c'était, tout bien considéré, parfaitement égoïste.

Elle ne parvenait pas à s'arracher du regard de Théo, pourtant, dans lequel elle lisait une confusion intense, mais également un désir qu'elle ne lui connaissait pas. Elle s’empourpra encore plus, les yeux toujours vrillés dans les siens, incapable de couper ce contact visuel. Sans qu'elle n'y prenne garde, elle se perdit encore une fois dans la contemplation de son visage, les lèvres encore brûlantes de ce baiser. Une violente sensation s'empara de son ventre, qu'elle identifia sans mal et qui la fit rougir encore plus si cela était possible.  

C'était mal - fut le seul constat qu'elle fut capable de faire. C'était mal et pire, c'était blessant envers un homme qu'elle aimait profondément. C'était mal, mais c'était pourtant si bon - mieux encore, cela semblait parfait, comme si le destin avait prévu cette rencontre depuis une éternité. C'était mal, terriblement égoïste, et pourtant elle ne parvenait pas s'ôter de la tête qu'elle se trouvait exactement là où elle devait être.. C'était comme si sa main était faîte pour se poser sur la joue du jeune homme, comme si son sourire était fait pour se perdre dans celui de Théo. C'était le bon endroit, le bon moment.

La bonne personne ? La jeune femme tressaillit imperceptiblement. Elle étouffa un sourire triste en se remémorant les vœux qu'elle avait prononcé le jour de son mariage. "Jusqu'à ce que la mort nous sépare" avait-elle dit. La mort les avait certainement séparé, sous un tout autre point de vue que celui qui était sous-entendu par cette phrase si célèbre.

Théo n'était pas Jeremy ; mais Théo, aujourd'hui, semblait être une évidence. Un chemin que son cœur lui criait d'emprunter, trop heureux de pouvoir s'extirper de cette mélancolie critique, de cette perte de l'élan vitale qu'elle connaissait depuis des mois. Lorsqu'elle reposa sa seconde main sur le torse du jeune homme, Juliet se rendit compte qu'elle n'en avait pas seulement envie ; elle en avait véritablement besoin, comme une urgence vitale qu'elle se devait de satisfaire. Elle eut un dernier regard pour son alliance, avant de reporter son attention sur Théo.

"Oui." souffla-t-elle d'une voix rendue rauque par l'espoir et le désir.

N'y tenant plus, elle fondit à nouveau sur la bouche du jeune homme, découvrant avec curiosité la douceur de ses lèvres, la rugosité de sa peau, l'odeur de son cou. Elle approfondit leur baiser, rendue fébrile par cette attente. Du bout des doigts, elle parcouru le visage de Théo, notant une petite cicatrice qu'il avait sous l'arcade sourcilière, un grain de beauté rebondi sur sa mâchoire carrée, la courbe de sa nuque. Puis, ses mains se perdirent dans ses cheveux bouclés alors que, yeux-clos, elle mouvait ses lèvres sur celles de Théo. Tout était parfait. L'instant était parfait ; Théo était parfait.

D'un mouvement de bassin, elle bascula sur ses genoux, son cœur battant toujours trop vite et trop fort dans sa poitrine. Guidée par ce désir qu'elle ressentait au creux du ventre, elle joua un instant avec le col de la chemise du jeune homme, ses doigts hésitant à s'attaquer aux boutons de cette dernière - elle en mourait d'envie, pourtant. Le contact du métal froid de l'alliance de Théo contre sa peau la ramena brusquement à la réalité, dans une prise de conscience qui lui donna le tournis - à moins qu'elle ait oublié de reprendre sa respiration pendant cette étreinte. Elle se figea et le dévisagea longuement, le souffle court.

"Et toi ?" interrogea-t-elle, à quelques millimètres de son visage.



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Les joues de Juliet s'empourpraient, et accéléraient les battements du coeur de Théo au passage. Elle avait cette expression qui lui affolait totalement les sens, et il se prit à retenir sa respiration, suspendu à la réponse de la jeune femme dont il devinait le dilemme. Lui-même était taraudé par la même culpabilité, vis-à-vis de l'homme qui partageait sa vie, mais leurs situations étaient en partie différentes. Jeremy n'avait pas cessé d'être un bon époux pour Juliet et les obstacles qui s'étaient insérés dans leur couple étaient purement extérieurs. Pour Théo et Samaël... les choses étaient légèrement différentes, et la culpabilité de Théo était en partie étouffée par les souvenirs des disputes terribles, des mots durs échangés et des longues heures de coexistence froide écoulées entre eux ces derniers mois. Alors ce baiser, avec Juliet, c'était comme un bol d'air, retrouver la tendresse et le désir de quelqu'un, quelqu'un qu'il aimait profondément.

Alors il ne put s'empêcher d'espérer intérieurement pour qu'elle lui réponde favorablement, et put presque la sentir basculer en observant les changements de son regard. Quand elle fondit sur lui, une explosion d'émotions envahit Théo, à la fois abasourdi et incapable de résister à cette tornade de désir qui les envahissait tous les deux. Il accueillit sa décision en la serrant dans ses bras, lui rendant son étreinte avec le même empressement, ravi de découvrir le goût de sa peau, la douceur de ses lèvres, la sensation de son corps contre le sien. D'une main, il écarta une mèche de cheveux pour révéler son cou, qu'il parsema de baisers, mordillant sa peau jusqu'à s'enivrer de l'odeur de son parfum. Alors qu'il s'apprêtait à poursuivre sa course, frôlant le col de son haut, il la sentit se figer contre lui et redressa aussitôt la tête, pour l'interroger de son regard assombri.

A sa question, qui l'interloqua un instant - il s'était déjà égaré, dans un monde sans paroles - Théo esquissa un sourire et souffla : "Oui."

Il laissa traîner une seconde de silence, pour lui laisser le temps d'exprimer ses doutes, de revenir en arrière. Un ultime instant pour faire le choix de ne pas commettre l'irréparable. Tout était encore possible, après tout, quasiment aucun mal n'avait été fait. Mais, bien loin de les faire revenir à la raison, cet instant se chargea bien vite d'un désir partagé. Alors, cédant enfin totalement à cette irrésistible impulsion, Théo glissa la main sur la nuque de Juliet et l'attira à lui. Il ne voulait plus penser à rien, à rien d'autre qu'à Juliet, enfiévrée dans ses bras, à ce désir qui la faisait rougir et la rendait irrésistible à ses yeux, et à ses doigts fébriles qui déboutonnaient sa chemise et se glissaient sur son torse, curieux et avides à la fois. Et c'était étrange, cette découverte mutuelle du corps de l'autre, c'était étrange de plonger dans la sphère intime de cette personne, qu'il connaissait si bien, dont il était si proche, mais qu'il n'avait jamais vu, touché, entendu de cette façon-là. C'était un tout nouveau degré de proximité et d'intimité entre eux. Découvrir le grain de sa peau, la façon dont elle s'abandonnait à leur étreinte, et dont elle soupirait à son oreille, qui provoquait des frissons le long de sa colonne vertébrale... C'était étrange, mais surtout terriblement bon, comme si le fait de la connaître si bien accentuait mille fois ce qu'il pouvait ressentir. Chaque baiser, chaque caresse, était comme une bouffée d'oxygène, qui le ramenait à la vie, la vraie vie, où l'on ressent, où l'on respire, où l'on est heureux. Tous les nuages noirs toxiques qui lui empoisonnaient la tête en permanence, chassés, par le souffle léger de Juliet sur sa peau.

*

Le feu dans la cheminée s'était presque éteint, la dernière bûche quasiment consumée, plongeant la petite chambre dans une obscurité à peine éclaircie par le ciel pluvieux. L'air s'était fait plus frais et Théo tira une couverture pour couvrir Juliet, qui reposait dans ses bras. Le silence s'était instauré entre eux depuis plusieurs minutes déjà, d'abord perturbé par leurs souffles erratiques, qui s'étaient finalement apaisés. Peu à peu, les pensées recommencèrent à affluer dans l'esprit du jeune homme, qu'il ne chercha pas à chasser. Inutile de prétendre que ce qui venait de se passer ne méritait pas explication, et n'aurait pas de conséquences, pour autant, Théo savait que de son côté, il ne parvenait pas vraiment à regretter. Pas alors que Juliet était encore blottie, alanguie contre lui, bercée par ses caresses distraites sur sa peau dénudée. Finalement, il fut le premier à commenter, encore un peu sonné :

"C'était..."

C'était inattendu, c'était incroyable, c'était un moment d'une intensité totale et en même temps, complètement fou. C'était beaucoup de choses, qu'il se sentait subitement trop pudique, voire timide, pour avouer. Alors après un instant de tergiversation, il abandonna l'idée de terminer sa phrase et souffla : "Est-ce que ça va ?"

Il avait l'impression que oui. Cette communion entre eux, elle était réelle et il ne pouvait l'avoir rêvée, mais... Malgré tout, la situation étant ce qu'elle était, il ne pouvait s'empêcher de sentir une certaine anxiété monter en lui. Inconsciemment, li resserra d'une manière presque imperceptible son étreinte sur la jeune femme, comme pour la rassurer, et se rassurer aussi.



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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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La tête de Juliet reposait contre le torse de Théo, sur lequel elle traçait du bout des doigts des lignes imaginaires, reliant ainsi les grains de beauté qui parcouraient sa peau.

C'était parfait, compléta-t-elle intérieurement en levant son regard vers le visage de Théo. Elle l'observa quelques instants, l'ombre d'un sourire sur les lèvres. Elle se sentait bien, constata la jeune femme sans pouvoir s'empêcher d'être stupéfaite de cet état. Elle s'était tant habituée à la tristesse, à la douleur, à la mélancolie qu'elle avait oublié ce que c'était, de vivre. De vraiment vivre, pas uniquement de survivre. Elle avait oublié le véritable son de son sourire, la véritable sensation que lui procurait un sourire. Dans les bras de Théo, elle avait retrouvé ça ; elle s'était sentie renaître, enfin. Elle avait ri dans le creux de son cou, elle avait souri contre ses lèvres, elle avait soupiré du plaisir que lui procurait leurs étreintes. Pendant quelques temps, elle n'avait pensé à rien, à rien d'autre que Théo, son corps contre le sien, sa bouche qui parcourait sa peau, ses mains qui découvraient son corps. Lorsqu'elles s'étaient posés sur son ventre, que ses doigts avaient parcouru sa longue cicatrice blanchâtre, Juliet s'était figée par habitude, les yeux vrillés dans ceux de Théo. Puis finalement, la chaleur au creux de son estomac avait eu raison de sa peur.

C'était mal, corrigea-t-elle ensuite. Elle ne repoussa pas cette constatation, prenant pour la première fois conscience des conséquences de leur acte. Ils n'étaient seuls ; il ne s'agissait pas seulement d'eux, enfiévrés, dans la petite chambre d'un manoir perdu au bord de la mer. Ils étaient mariés. Elle avait un enfant. C'était égoïste, même, de compromettre ainsi son mariage, sa famille, de blesser volontairement l'homme qu'elle aimait et qui partageait sa vie depuis plusieurs années. Lorsqu'elle lui avait lu ses vœux, le jour de leur mariage, elle lui avait juré une éternité de bonheur et lui avait promis une éternité d'amour. Elle y croyait, elle y croyait si fort, tant leur couple était une évidence ; à leurs yeux mais aussi aux yeux de leurs amis, de leurs proches : Jeremy et Juliet n'allaient pas l'un sans l'autre. Et pourtant.

Et pourtant, elle avait l'impression d'être parfaitement à sa place, blottie contre Théo, écoutant distraitement les battements de son cœur. C'était comme si l'univers avait finalement retrouvé un sens, comme si le monde était enfin remis à l'endroit. Comme si elle avait besoin de quelque chose que son mari ne pouvait pas lui offrir : un moment éloigné de toutes ces horreurs, de tout ce qui la terrifiait, de tout ce qui la rendait malheureuse à en mourir. Juliet leva un bras pour poser sa main contre la joue du jeune homme :

"Ca va." souffla-t-elle en un sourire.

Et c'était le cas. Elle allait bien, elle se sentait bien ; mieux que ça, elle se sentait libérée, détendue, heureuse.

Il y avait toutes ces questions qu'il fallait se poser, toutes ces conséquences qu'il faudrait assumer, un jour ou l'autre, lorsqu'ils se décideraient à sortir de cette chambre pour rejoindre le monde réel. Mais pour l'instant, il n'y avait qu'eux, enlacés, dans un moment complètement hors du temps, presque si précieux qu'elle avait peur de le briser avec une parole ou un geste malencontreux.

"Et toi ?" demanda-t-elle alors simplement en lui retournant sa question avec un regard curieux.

Regrettait-il ? Regrettait-elle ? songea-t-elle alors, perdue dans les yeux bleus de Théo. C'était compliqué de se sentir coupable alors qu'elle se sentait si bien. C'était compliqué de penser à Jeremy, alors qu'elle avait Théo, tout proche d'elle. Théo qui la faisait sentir en sécurité, Théo qui lui disait exactement ce qu'il fallait, à l'exact moment où elle avait besoin de l'entendre.

La jeune femme bascula alors sur le ventre, posa son menton dans ses mains.

"Je crois que le mots que tu cherchais était "parfait." lança-t-elle alors. Elle se pencha pour lui déposer un baiser sur la mâchoire. "C'était parfait." répéta-t-elle en embrassant cette fois ses lèvres.

Il y avait mille autres qualificatifs pour le moment qu'ils venaient de passer, mais c'était le seul qu'elle avait envie de donner à Théo, le seul qui comptait vraiment pour le moment.

Il serait plus que temps d'utiliser les autres lorsqu'ils quitteraient St Agnès.

Mutine, elle ne put s'empêcher d'observer le jeune homme avec un sourire en coin, les yeux pétillants.

"Flint et Nott. On fait vraiment la pire association de Sangs-Purs qui puisse exister." commenta-t-elle en étouffant un rire avec la paume de sa main.



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Au contact de la main de Juliet sur sa joue, Théo sentit la tension qui l'habitait s'évaporer. Il lui rendit instinctivement son sourire. Ses pupilles claires pétillaient de gaieté alors qu'elle basculait sur le ventre pour venir déposer des baisers sur son visage. Parfait, c'était parfait, qu'elle disait. Parcouru par un frisson intérieur, Théo bascula la tête en arrière, les paupières closes, pour se reposer sur l'accoudoir du canapé. Un soupir s'échappa de ses lèvres, tandis qu'il prenait la pleine mesure de la situation dans laquelle il venait de se fourrer. Comment prétendre que son coeur ne palpitait pas à la déraison dans sa poitrine, quand son amie prononçait ces mots ? Comment ignorer cette douce sensation de chaleur qui l'envahissait, en réalisant qu'il lui plaisait aussi de cette façon-là ? Et pourtant, il ne pouvait pas plus méconnaître leurs deux alliances, ni la trahison impardonnable qu'ils avaient commis.

La conclusion s'imposa, impitoyable, à son esprit : ils étaient des personnes horribles. Ils méritaient de mourir sous la culpabilité et de voir leurs entourages se détourner devant l'ignominie de leurs trahisons. La peur menaça de s'infiltrer en lui, mais elle fut repoussée un instant par la plaisanterie de Juliet. Sa remarque lui tira un grand éclat de rire.

"Très clairement... Moi, Théo Nott, avec une jeune fille de le noble famille des Flint. Est-ce que tu réalises l'ironie de cette situation ?"

A quel point était-il en train de ruiner à néant le sens des dernières années de sa vie ? Tous ses choix, réduits en un instant par une simple étreinte, dans une petite chambre isolée des Cornouailles. Le choix d'aimer Samaël, le choix d'accepter son homosexualité, pour lui-même, et de l'assumer devant le monde entier.

Une ombre passa sur son visage, et il secoua la tête comme pour en chasser ses pensées. Non, il n'allait pas se laisser envahir par l'amertume, ni par les regrets. Il avait vécu avec Samaël plusieurs années magnifiques, l'avait aimé comme jamais il n'avait aimé personne. Aujourd'hui, il venait de passer avec Juliet, l'une des personnes les plus importantes de sa vie, un moment précieux, qu'il n'oublierait pas. Quoi qu'il arrive, il trouverait le moyen d'aller de l'avant. Ses décisions, au fond, Théo les avait toujours prises pour lui, et pour lui seul. Peut-être avait-il eu l'impression, à cette époque, de tout sacrifier pour Sam, mais c'était mettre trop de pression sur leur relation que de prétendre une telle chose. Au fond, ce pour quoi il s'était battu, ce n'était pas tant son couple que la liberté de pouvoir vivre sa vie comme il l'entendait, en s'affranchissant des interdictions et contraintes d'une société rétrograde. Aujourd'hui encore, ici au Lexit, c'était ce qu'il continuait à poursuivre ; une quête qui, finalement, éloignait son chemin de celui de Samaël... et croisait celui de Juliet.

Après un moment de silence, Théo finit par trouver le courage de lancer la discussion qui n'allait pas manquer d'arriver :

"Cette... association, justement... Qu'est-ce que c'est, exactement ?"

Attrapant doucement la main de Juliet, il la porta jusqu'à son visage pour déposer un baiser dans sa paume. L'incertitude se lisait dans son regard, dans lequel dansaient mille interrogations et, au fond, une petite pointe d'espoir.




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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Juliet observa Théo lui embrasser le creux de la main et se figea à ce contact, comme accablée par le poids de la question qu'il venait de poser. Elle observa un instant les traits de son visage qu'elle connaissait si bien, méditant longuement sa réponse, cherchant les mots qui décriraient au mieux ses émotions, pourtant si brouillonnes.

Toujours silencieuse, elle déposa ses lèvres sur l'épaule de Théo en un baiser léger et ferma les yeux pour profiter encore un peu de leur étreinte, de la chaleur qui se dégageait toujours de leurs corps enlacés, de la douceur des caresses de son ami sur sa peau dénudée et de la sensation d'apaisement qu'elle en retirait. Elle aurait aimé pouvoir rester ici, blottie contre lui, pendant encore plusieurs heures, à profiter du silence du manoir et de leur moment d'intimité si particulier, si incongru.

Mais l'heure n'était plus aux plaisanteries sur leur rang de sang-pur, ni aux étreintes enflammées ou aux douces caresses. Il était l'heure de réfléchir à ce qu'il venait de se passer entre eux, de prendre conscience de leur acte et d'en assumer pleinement les conséquences. A cette pensée, Juliet sentit une boule se former au creux de son estomac et elle déglutit difficilement, l'esprit préoccupé par toutes ces questions qui lui venaient.

Et pourtant, les questions n'avaient pas lieu d'être posées, ni même réfléchies. Car il n'y avait qu'une seule solution à cette situation - du moins qu'une seule solution qu'elle pouvait véritablement envisager. Car elle n'avait pas le droit de penser à la seconde qui s'offrait à elle, quand bien même elle aurait tout donné pour revivre une nouvelle fois ces instants d'insouciance et de liberté qu'elle avait connu dans les bras de Théo.

Parce qu'elle était mariée. Non, même pas. Ce n'était pas tant le mariage qui la retenait, mais bien l'amour qu'elle savait qu'elle portait toujours à Jeremy, et cette certitude qu'il était et resterait l'homme de sa vie. La jeune femme soupira contre le torse de Théo. Elle était terrifiée. Terrifiée parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle ne parvenait pas à parler à Jeremy, à lui expliquer ses peurs et ses craintes, les véritables raisons de ses insomnies et de sa perte de poids. Terrifiée, parce qu'elle ne savait pas comment faire pour améliorer les choses, parce qu'elle avait cette impression que, si elle se confiait à lui, alors les choses seraient encore pire, parce qu'il faudrait affronter tout cela à deux, et qu'elle peinait déjà à gérer sa peine toute seule. Et terrifiée parce qu'elle venait de rajouter un mensonge de plus à tous les "Oui, oui, ça va" qu'elle lui servait plusieurs fois par jour depuis son accident.

"On est mariés, Théo." chuchota-t-elle doucement en levant la main pour effleurer sa joue du bout de ses doigts.

Cette simple phrase, prononcée à voix haute pour la première fois de la journée alors qu'elle y avait tant pensé, lui procura la douloureuse sensation d'un coup de poignard dans le cœur. Pour cette raison, elle hésita un instant sur ces prochaines paroles, puis décida d'être tout à fait honnête avec lui, comme elle l'avait toujours été.

"Tu es merveilleux Théo. Et ce moment l'était tout autant parce que pour la première fois depuis des mois, j'ai eu l'impression de revivre." confia-t-elle, la voix un peu tremblante. "Mais cette chambre, nous, tout ça." d'un geste de la main elle engloba leurs deux corps enlacés sur le canapé. "Ce n'est pas la réalité." C'était une parenthèse, une bulle de bonheur. "Et, dans la réalité, je suis mariée à Jeremy, toi à Samaël, j'ai une fille de deux ans, et tu es son parrain." souffla-t-elle.

Elle garda un instant le silence, puis finit par le rompre une nouvelle fois :

"Je ne veux pas m'excuser auprès de toi pour ce moment." Ce n'était pas à Théo qu'elle devait des excuses, mais à Jeremy et à Samaël. "Mais tu sais autant que moi qu'on ne peut pas leur faire ça..." Sa voix était douce, mais on pouvait y déceler une pointe de regret. Peut-être parce que, pour elle, rester avec Théo était la solution facile pour se sentir mieux, pour oublier sa peine dans ses bras. Mais la facilité n'avait jamais aidé personne à surmonter quoique ce soit, se raisonna-t-elle - ou plutôt en se martelant l'esprit avec cette phrase.

Et peut-être que, si elle y croyait suffisamment fort, elle trouverait le courage de faire face à ses sentiments.



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Le temps que Juliet prit pour lui répondre, blottie, presque cachée contre lui, s'écoula lentement et trop vite à la fois. L'appréhension de Théo augmenta d'un cran tandis qu'il réalisait que ce moment de grâce était sur le point de prendre fin, et qu'il n'y en aurait peut-être plus d'autre. Il sentit le soupir que Juliet poussa contre sa peau, et ferma les yeux avec fatalité, tandis que quelque chose de lourd tombait dans sa poitrine. Elle ne voulait plus de lui, c'était ainsi, il pouvait presque deviner le cheminement de sa pensée, et la décision qu'elle prenait. Bien sûr, il aurait dû s'en douter. Juliet, renoncer à Jeremy et à sa vie de famille ? Il l'avait espéré pendant un instant mais c'était peu probable. Pourtant, aveuglé par le désir, par des sentiments qu'il ignorait seulement posséder, il n'avait su se protéger.

Alors il dût l'écouter, tandis qu'elle rappelait leur situation, qu'il n'avait à aucun moment oublié. Oui, ils étaient mariés. Oui, Samaël était l'homme à qui il avait dit oui, mais, s'il était honnête avec lui-même, Théo savait très bien ce qu'il en était. Alors il demeura silencieux, la mâchoire contractée, un goût d'amertume dans la bouche tandis qu'elle affirmait que...

"Mais tu sais autant que moi qu'on ne peut pas leur faire ça..."

Non. Non, il ne le savait pas, parce que le mal était déjà fait, parce qu'il lui avait demandé si elle était sûre, car il n'y avait pas de retour en arrière possible. Son corps se crispa tout entier à ces mots et il lutta pour se blinder, pour ne pas ressentir cette vague d'émotions qui l'envahissait, mais fut surpris par leur intensité. Il aurait dû être indifférent, comme Juliet, et savoir remiser aux archives cette parenthèse interdite. Mais ce n'était pas lui, ce n'était pas Théo. Il ne pouvait pas remiser Juliet aux archives, prétendre de ne pas être touché par ce moment parfait entre eux, prétendre que le mal restait à faire, que cela n'aurait pas de conséquences sur son mariage, ni sur sa relation avec Juliet, avec Jeremy, avec Gabrielle. Le choix, pour Théo, avait été fait, et il en était sûr.

"Tu as raison", souffla-t-il néanmoins avec l'ombre d'un sourire, même si ces mots lui arrachaient la bouche. "On ne peut pas."

Soudain, rester là, nu, avec Juliet alanguie contre lui, rester dans cette situation alors qu'elle venait de fermer cette possibilité là, lui était insupportable. Si ce moment devait appartenir au passé, alors, il fallait y mettre fin de suite. Théo ne voulait pas épiloguer, sur la trahison réalisée, sur les conséquences à venir, sur ce qu'ils pouvaient faire ou pas, car au final, rien de tout cela ne changeait ses sentiments ni la peine qui lui étreignait le coeur.

En douceur, il se redressa dans le canapé et écarta Juliet pour pouvoir se lever. Rapidement, pressé de soustraire son corps vulnérable à sa vue, il ramassa ses vêtements éparpillés au sol et entreprit de se revêtir. Puis il tourna un regard insondable vers la jeune femme, mille paroles au bord des lèvres. Finalement, il parvint simplement à annoncer :

"Tu peux rester là, si tu le souhaites, je dormirai dans une autre chambre."

Faisant volte-face, il traversa la petite pièce et quitta l'endroit, sans un regard en arrière. Incapable de se résoudre à un dernier baiser, à un geste tendre. Descendant les escaliers quatre à quatre, il quitta la bâtisse et prit une profonde inspiration sur le palier. L'air iodé emplit ses poumons, dénoua ses muscles tendus et lui éclaircit l'esprit. Presque sans y penser, il prit le chemin de la mer et marcha longuement au bord de l'eau, jusqu'à ce que ses émotions se soient apaisées et que sa peine ait été remplacée par de la détermination. Alors seulement, Théo reprit le chemin de la maison.
RP terminé pour Théo



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Morning Workout [Théo & Juliet]

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