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 Veillée intime, veilleurs complices [Robin & Ignacio]

Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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28 juin 2010 - Oxford

Allongé sur le dos, les yeux rivés sur son plafond blanc, Ignacio tentait vainement de calmer les battements désordonnés de son cœur et de réguler sa respiration. Un léger sourire sur les lèvres, il passa un bras derrière sa nuque pour soutenir sa tête, avant de tourner le regard vers Robin, allongée à côté de lui.

Ses yeux se délectèrent des courbes de son corps, parfaitement épousées par le drap sous lequel elle s'était glissée. Ses cheveux ébouriffés s'étalaient sur l'oreiller, lui créant une crinière capillaire encore plus impressionnante que d'ordinaire - et venant d'Ignacio - qui tondait ses cheveux pour ne pas se retrouver avec une classique coupe afro - ce n'était pas peu dire.

Un bruit dans le salon attira son attention et il se redressa sur un bras, sur le qui-vive. Plus d'un mois s'était passé depuis que Janet avait été retrouvée morte dans son appartement. Presque au même moment, Leopold Marchebank se faisait attaquer par une adolescente ; une aubaine pour Ignacio, car le meurtre de la milicienne avait fait bien moins de remous qu'il ne s'y attendait, complètement étouffé par l'affaire McGowan. Lorsqu'un miaulement lui parvint, il poussa un soupir exaspéré avant de se laisser retomber sur ses oreillers. C'était Voldemort, qui apprenait visiblement à escalader tous les meubles qu'il estimait digne de son attention (c'est-à-dire, tous, sauf l'arbre à chat qu'Ignacio avait acheté exprès pour lui.) En effet, une heure après avoir quitté le domicile de Janet, le barman avait erré quelques temps dans Leopoldgrad. A quelques rues de l'appartement de Janet, il avait retrouvé le chat de la milicienne, qui avait fui lorsque le mur de la salle de bain avait explosé. Il avait miaulé en reconnaissant Ignacio et l'avait suivi sur plusieurs mètres, malgré les regards exaspéré du sorcier. Finalement, ce dernier s'était décidé à le ramener chez lui - comme acte de bonté, pour compenser le meurtre de sa maîtresse, en quelque sorte. Il l'avait rebaptisé Denver et le laissait vagabonder dans Oxford et dans son appartement, qu'il se faisait un plaisir de saccager.

Reportant son attention sur Robin, Ignacio eut un petit sourire en coin. Derrière ses volets fermés, le jour était déjà bien installé.

"Voilà une bonne façon de commencer le week-end." lança-t-il en haussant un sourcil suggestif.


Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin laissa échapper un soupir de contentement en chassant quelques mèches rebelles collées sur son visage et son cou. Merlin, ce que c’était bon ! Ignacio avait certes quelques défauts : Il était macho, orgueilleux et encarté au club des terroristes mais elle devait avouer, qu’au lit, la magie opérait entre eux. Il y avait une bonne alchimie –pour ne pas dire une excellente- qu’ils ne parvenaient pas vraiment à entretenir en dehors de la chambre à coucher. Ils n’avaient jamais été très enclin à la conversation, tous les deux, chacun cherchant à préserver ses petits secrets, et ils ne se voyaient généralement que pour passer un peu de bon temps ensemble. Aujourd’hui n’échappait pas à la règle. Leur rendez-vous touchait à sa fin après cette matinée torride : Ils allaient bavarder futilement quelques minutes –Histoire de-, puis Robin allait prétexter avoir un truc à faire, comme toujours. Une petite douche express et bye bye beau brun ! Ils commençaient à être rodés depuis le temps et cette relation sans attache convenait bien à la jeune femme, même si elle n’aurait pas été contre l’idée de s’éterniser un peu au lit… C’était le genre de luxe qu’elle ne pouvait pas se permettre au travail, et pourtant, Merlin seul savait à quel point elle appréciait ce moment de détente et de plénitude…

La jeune femme profitait justement de cet instant suspendu, lorsqu’elle sentit le regard d’Ignacio posé sur elle. Elle ne prit pas la peine de tourner la tête dans sa direction –elle était beaucoup top alanguie pour bouger- mais elle esquissa toutefois un léger sourire en coin.

« Je te vois… » souffla-t-elle, les paupières closes pourtant.

Allez. Encore cinq minutes et elle lançait le top départ. Si elle restait trop longtemps ainsi, elle allait finir par s’endormir et c’était parfaitement contraire à l’accord tacite qu’ils avaient passé avec Ignacio. Robin sentait une douce torpeur l’envahir et sa respiration commençait à se faire plus lente, plus profonde, lorsqu’un petit bruit émanant du salon la ramena brusquement à la réalité.
Elle se hissa sur ses coudes et scruta l’obscurité de la pièce voisine, tous les sens en alerte. Elle savait exactement où étaient ses baguettes –l’officielle posée sur la table de nuit, l’illégale, au pied du lit, dans la doublure de sa Dr. Martens gauche. Robin était d’ailleurs prête à rouler hors des draps pour s’en saisir si l’ombre de Son Pire Cauchemar apparaissait dans l’embrasure de la porte. Vision complètement irraisonnée, certes, mais qu’elle ne parvenait pas à s’enlever de la tête depuis son agression.
Elle s’apprêtait à demander à Ignacio quelle était l’origine de ce bruit lorsque le fauteur de trouble apparut au pied de la porte.

« Mawwou. »
Un jeune chat  noir, aux chaussettes blanches. Robin fronça les sourcils et reporta son attention sur Ignacio :

« C’est nouveau ça non ? » Elle l’observa quelques instants d’un regard suspicieux. Elle n’imaginait pas son collègue avec un animal de compagnie. Ignacio semblait très solitaire et nettement plus enclin à tromper l’ennui avec une fille qu’avec une présence animale.
Peut-être gardait-il le chat d’un ami ou quelque chose du genre. Quoiqu’il en fut la jeune femme tapota le drap à côté d’elle tout en faisant un petit bruit de bisou pour attirer l’animal qui ne se fit pas prier pour rejoindre le couvre lit.

« Salut toi, souffla-t-elle en le grattant sous le menton. Il se mit à ronronner instantanément tout en pétrissant le matelas entre elle et Ignacio, t’aimes les câlins, hein, comme ton maître… » ajouta-t-elle innocemment en le caressant sur le dessus de la tête. Denver chercha une ultime caresse de la jeune femme  avant d’approcher Ignacio. Il tâtonna quelques instants du bout des coussinets, hésitant visiblement à franchir le pas, puis il grimpa finalement sur le torse du barman sur lequel il se lova, visiblement ravi.

Robin laissa échapper un petit rire devant ce tableau incongru:

« Fais attention Ignacio, tu es en train de t’attendrir ! Le mit-elle en garde, Si Roy apprend que tu câlines un petit chaton, il va hésiter à te confier certaines missions où il faut savoir se montrer dur et implacable.»

Elle disait cela pour plaisanter mais il y avait un fond de vérité dans ses propos. Du moins, elle se doutait que les activités du barman au sein des Veilleurs s’avéraient plutôt violentes et brutales. Il n’officiait pas en tant que dealer, ni en tant que trafiquant de baguette. Il ne gérait pas les filles –elle était bien placée pour le savoir- ni les machines à sous. Alors que pouvait-il faire, si ce n’est le sale boulot ?

La jeune femme s’allongea de nouveau et bascula sur le côté, ses deux mains posées à plat sous son visage.

« D’ailleurs, il t’a convoqué après notre petite escapade en cellule ? » s’enquit-elle en posant ses grands yeux sur Ignacio.


Robin n’avait pas eu à faire au grand chef en personne, mais Fergus Avner était venue la trouver pour lui dire qu’il était au courant de ce malencontreux événement. La danseuse avait beau lui avoir expliqué qu’elle avait fait profil bas tout du long, son supérieur l’avait tout de même longuement sermonné: « Et il faut rester discrète ! Et tu es fichée à La Milice maintenant ! Et on ne sera pas toujours là pour te tirer de tes mauvais pas ! Et ceci, et cela… »

Elle ne savait pas si Fergus avait agit sur les ordres de Calder, où s’il l’avait réprimandé de son propre chef –depuis l’agression ils n’étaient plus en très bons termes tous les deux-, mais le résultat était le même :  elle s’était faite disputer et elle détestait cela.

D’ailleurs, elle était curieuse de savoir si Ignacio avait subi le même traitement où s’il y avait deux poids deux mesures au sein des Veilleurs..


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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"Oui, je l'ai adopté il y a quelques semaines." répondit évasivement Ignacio en observant Denver qui se dirigeait avec assurance vers Robin avant de sauter sur le lit pour la rejoindre, visiblement ravi d'avoir attiré l'attention d'une humaine.

Ignacio haussa un sourcil amusé avant de se laisser retomber sur le dos. Le chaton ronronnait à présent en ondulant autour de la main de la danseuse. La remarque de cette dernière lui tira un éclat de rire et il posa sur elle un regard franchement sceptique. Le barman n'était pas un homme particulièrement tendre, ni vraiment romantique ; il fuyait les relations sérieuses, à la fois parce qu'il n'en voyait pas spécialement l'intérêt, et surtout parce qu'il ne s'était jamais senti suffisamment proche d'une femme pour baisser complètement sa garde. C'était pour ça, finalement, que les choses fonctionnaient si bien entre Robin et lui : ils n'attendaient rien l'un de l'autre, ne s'attardaient pas inutilement dans des conversations futiles. Il appréciait la danseuse, pourtant, plus qu'il n'appréciait la majorité des femmes qu'il fréquentait ; elle était piquante et cela lui plaisait.

Un poids sur son torse lui fit relever la tête et il avisa Denver, lové contre lui. Il leva la main pour le caresser entre les oreilles alors que le chaton se mettait à ronronner de bonheur. Par Merlin, que les chats étaient simples à contenter, songea Ignacio en reportant son attention sur Robin.

"Fais chier, je savais qu'adopter ce chat allait niquer ma crédibilité." jura-t-il, un sourire en coin. "Et t'as pas encore vu mon tatouage de Niffleur." prévint-il en haussant les sourcils.

Il en fallait bien plus à Ignacio qu'un chaton pour l'attendrir - même si, il devait bien l'avouer - la compagnie du félin était agréable. Il l'avait ramené chez lui sur un coup de tête et s'était finalement habitué à sa présence dans son appartement ; quand il ne détruisait pas son canapé en cuir pour "faire ses griffes". Le chaton s'assit sur son torse, le dévisageant toujours, avant de pétrir sa peau avec ses pattes. Le barman secoua la tête, autant affligé qu'amusé par la situation.

"Hm, oui." répondit-il distraitement en tournant la tête vers Robin pour l'observer. "Il m'a rappelé de ne pas faire le con avec les miliciens, même s'ils sont de notre côté." Il n'avait pas pu s'empêcher de trouver ces paroles ironiques, puisque l'activité préférée de Janet Barnet depuis qu'elle l'avait rencontré avait été de lui pourrir la vie. "Et qu'il n'avait pas que ça à faire de nous sortir de prison." ajouta-t-il en surélevant sa tête avec son bras. "Bref, on ferait mieux de trouver un autre lieu pour passer nos vendredi soir." plaisanta-t-il.

Janet mise à part, cette nuit surréaliste avait été plutôt amusante - surtout les regards haineux que Sergent-J'aime-Les-Bisous lançait à Robin dès qu'elle avait le malheur de sourire. "Et toi ?" interrogea-t-il ensuite.

Ignacio ne s'était pas vraiment formalisé de la réprimande de son patron, bien trop focalisé sur le fait de découvrir ce que la milicienne mijotait. Il avait passé les jours suivant son arrestation sur le qui-vive, guettant les messages d'Alec, mettant au point un plan qu'il voulait sans faille pour éliminer cette menace de sa vie. Cela avait fonctionné, et personne ne semblait le soupçonner d'avoir joué un rôle dans la mort de Barnet. Depuis, il dormait bien plus tranquillement, bien que toujours un peu inquiet à l'idée que Pablo puisse remonter la piste jusqu'à lui.

Enfin, songea-t-il en caressant Denver de sa main libre, il aviserait en temps voulu.


Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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« Un tatouage de niffleur ? » souffla Robin en soulevant le drap pour observer le corps d’Ignacio de haut en bas, je serais passée à côté de ça, moi ?  Elle afficha une moue sceptique en laissant retomber le couvre lit,  ça m’étonnerait, Tu sais comme je suis une experte en tatouage. » plaisanta-t-elle avant de laisser échapper un léger rire.

Leur petite virée au QG de la Milice avait au moins eut le mérite de leur créer des souvenirs communs, en dehors d’une chambre à coucher. Ils y faisaient allusion de temps en temps, aux Folies, ou ici , même s’ils n’avaient jamais eu à proprement parler une conversation sur le sujet. Enfin, jusqu’à aujourd’hui.

Ainsi donc Ignacio s’était fait réprimander après leur arrestation par La Milice ? Voila qui était une bonne nouvelle pour Robin, en vérité. Elle n’aurait pas supporté l’idée d’être la seule à se faire engueuler par le chef, alors qu’objectivement, c’était surtout Ignacio qui avait réveillé la colère des deux Miliciens avec ses histoires de terrorisme.

« Fergus m’est tombé dessus, aussi. » avoua-t-elle en haussant vaguement les épaules. Elle ne comptait pas en dire davantage. Elle n’était pas là pour se livrer à des confidences sur l’oreiller qu’elle risquait de regretter. Critiquer son boss ou l’organisation n’était pas une bonne idée en présence d’un autre Veilleur. Elle se livrait à ce genre de confession avec Amadeus –qu’elle connaissait depuis sa première année à Poudlard- mais elle n’avait pas assez confiance en Ignacio pour évoquer son ressenti réel avec lui. Elle ne comptait pas tomber dans le même piège que ses clients en baissant la garde  après une belle nuit torride. Méfiance était de rigueur tant  elle n’était pas pressée de découvrir le côté sombre du barman…

Un mois plus tôt, Robin était tombée par hasard sur un article de Multiplettes dans les coulisses des Folies.
« Les Terroristes tuent  une Milicienne à Leopoldgrad. » Une pauvre femme  avait été massacrée, chez elle, par des fanatiques. Les événements avaient eut lieu quelques jours seulement après le Procès McGowan et l’enquête avait rapidement abouti à un homicide perpétré par des révolutionnaires en représailles de l’exécution de la batteuse de Flaquemare. L’article détaillait la vie de la Milicienne décédée,  jeune orpheline, douée, qui avait cru en ses rêves et qui était parvenue à décrocher un poste à la Police Magique avant d’intégrer le prestigieux corps d’élite. « Un agent dévouée, corps et âme. » disait d’elle son supérieur hiérarchique, « une collègue pétillante et sympathique. » décrivait son binôme, Anthony.

Ce n’était pas cette sordide histoire qui avait interpelée Robin mais plutôt le cliché de la femme assassinée illustrant le reportage.  Cette femme, au sourire charmant, Robin  la connaissait très bien. Il s’agissait de leur milicienne, Janet Barnet.

Impossible pour Robin de ne pas faire le rapprochement entre la mort prématurée de Barnet et leur arrestation houleuse. Ce jour là, Janet avait clairement prit en grippe Ignacio et la danseuse avait même  perçu l’inquiétude du barman, pourtant d’ordinaire si mesuré, lorsque la Milicienne avait contacté la Police Magique de New York. Ignacio était-il lié de près ou de loin à la mort de Janet ? Etait-ce une heureuse coïncidence pour lui ? Il avait eu  l’air de vouloir fuir quelques affaires dans son pays d’origine en tout cas.   S’il n’était peut-être pas responsable du décès de Barnet il n’avait pas pu passer à côté de cette information capitale pour lui, et pour son avenir au sein des Veilleurs. Les hommes de Calder ne laissaient rien au hasard après tout.

« Je présume que je ne t’apprends rien en te disant que Barnet est morte. La milicienne.» souffla-t-elle alors, toujours allongée sur le côté. Elle reporta son attention sur Ignacio et esquissa un vague sourire. Cette remarque n’attendait pas de réponse particulière. Il s’agissait d’un simple constat, j’aime-les-bisous va devoir se trouver une nouvelle binôme, ajouta-t-elle tranquillement en tendant la main vers Denver pour le caresser à son tour.

Allez, encore cinq minutes et puis elle filait prendre une douche.


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Ignacio resta silencieux lorsque Robin mentionna qu'elle avait été réprimandée par Fergus. Leur escapade dans les locaux de la milice n'était malheureusement pas restée confidentielle aux Folies Sorcières - où, globalement, tout se savait. Heureusement pour lui, les détails de cette affaire avaient été étouffés et seules deux informations majeures avaient été retenues : Robin et lui s'étaient fait agresser par les membres d'un gang rival et deux miliciens leur étaient tombés dessus, allant même jusqu'à leur faire passer la nuit en cellule.

La nouvelle, à vrai dire, avait suscité un certain étonnement car les Veilleurs étaient habituellement épargnés par la milice - merci Danielle Coleman et sa liste magique. Ignacio avait éludé la question en expliquant que tout était rentré dans l'ordre lorsque la cheffe était arrivée le matin. Heureusement, bien vite, les commérages s'étaient tournés vers d'autres cibles - parfois sur un ton humoristique : quand est-ce que Tony se rendrait-il compte qu'il était l'objet sexuel de Magpie ? Ou plus grave, lorsqu'ils avaient appris la tentative d'assassinat sur le ministre, ainsi que la mort de son fidèle garde du corps.

Peu de monde, pourtant, avait remarqué la mort de Janet Barnet, milicienne. Son acte de décès était pourtant apparu dans la Gazette du 16 mai, accompagné d'un article avec une photographie d'elle, ainsi que les paroles de ses collègues. Sergent-bisous avait même témoigné pour vanter son caractère plein de vie - ce faux-jeton, avait pensé Ignacio, qui ne comprenait pas comment on pouvait supporter une femme pareil plus de deux minutes par an. Et pourtant, aux dires d'Anthony, elle était "pétillante" - aussi pétillante qu'une bombe à retardement, sûrement.

Ignacio n'avait pas repensé à Janet depuis le jour où il lui avait ôté la vie et aborder le sujet avec sa collègue le mettait mal à l'aise. L'américain était très détaché sur les questions de vie et de mort ; par exemple, contrairement à beaucoup, il n'avait pas peur de mourir. Il n'en n'avait certainement pas envie, mais il ne craignait pas la mort pour autant. De même, il ne chérissait pas la vie ou le vivant plus que de raison. C'était - sûrement - une façon inconsciente de se protéger des actes qu'il commettait, pour ne pas se retrouver assommer par la culpabilité. En réalité, quand il y réfléchissait, Ignacio était différent d'un Pablo sur un point qui faisait, à son sens, toute la différence : il ne prenait pas plaisir à tuer. Il ne se délectait pas lorsqu'il voyait la vie s'enfuir du corps de ses victimes. Il ne torturait pas pour s'amuser, ne se réjouissait ni de la peur, ni des cris. Il n'avait pas non plus des pulsions meurtrières qui le poussaient à assassiner quelqu'un. Ignacio faisait les choses qui avait besoin d'être faîtes : il tuait lorsqu'on le lui demandait ; il torturait car il avait besoin de récupérer une information.

C'était également pour cela qu'il ne repensait que très peu - si ce n'était jamais - à ses victimes. Leurs visages s'effaçaient rapidement de sa mémoire. Certains diraient qu'il avait un cœur de pierre mais Ignacio, lui, préférait croire qu'il faisait seulement preuve de sang-froid et de discernement.

Mais Robin l'interrogeait justement sur Janet. A l'entente du nom de sa précédente maîtresse, Denver releva vivement la tête et poussa un miaulement. Ignacio faillit lever au ciel - ce chaton était vraiment le pire alibi qu'on pouvait espérer.

"J'ai entendu parler de ça, oui." répondit-il prudemment en observant sa collègue avec attention. "Tu peux toujours postuler pour être la nouvelle binôme de Sergent-Bisous, il sera ravi." ricana-t-il en s'étirant, laissant Denver aux bons soins de Robin. "Je ne sais pas si elle va manquer à grand monde, cela dit."

En tout cas, sûrement pas à lui.


Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Toujours allongée sur le côté, ses deux mains callées sous son visage, Robin guetta le comportement d’Ignacio lorsqu’elle fit mention de Janet Barnet. Il eut exactement la réaction qu’elle avait imaginé. Le visage impassible, l’air parfaitement serein, il se tourna vers elle et avoua tranquillement qu’il avait effectivement entendu parler de la mort de la milicienne. Il se fendit même d’une petite boutade qui tira un léger sourire à la danseuse. Impossible de savoir ce qu’il pensait réellement. Elle avait beau se concentrer sur ses yeux clairs pour tenter de le percer à jour, elle ne discernait rien dans son regard qui puisse trahir son implication dans le décès de la milicienne. Aucune gène, aucune fierté non plus…Rien, si ce n’est une profonde indolence. Les Veilleurs étaient avant tout de bons bluffeurs, capables de mener une double vie sans éveiller le moindre soupçon sur leurs activités annexes et Ignacio se conformait parfaitement à cette description.
Robin aurait été tout à fait incapable de deviner quoique ce soit sur cette affaire s’il n’y avait pas eu le chaton…
Le regard de la danseuse glissa sur le torse d’Ignacio pour venir se poser sur Denver qui avait relevé vivement la tête en entendant le prénom de Janet. Il miaulait maintenant et s’était même dressé sur ses quatre pattes comme s’il cherchait quelque chose dans la pièce….où plutôt quelqu’un.

« Et bien mon mignon… qu’est-ce qui t’arrive ? souffla doucement Robin en s’asseyant sur le côté. Ses cheveux retombèrent en cascade sur ses épaules et sa poitrine tandis qu’elle se penchait légèrement pour attraper le petit chat dans ses bras. Denver se frotta affectueusement à son menton et elle lui rendit son affection en déposant un baiser entre ses oreilles avant de lever les yeux sur Ignacio qui s’étirait.

« Pas à toi, déjà…. » lâcha-t-elle lorsqu’il estima que la milicienne ne manquerait à personne .

Elle se trompait peut-être mais elle avait l’impression que Barnet allait toutefois manquer à quelqu’un dans cette pièce. Comme pour confirmer son intuition elle poursuivit, …mais peut-être qu’elle manquera à d’autre personne : Sergent-bisou avait l’air de bien apprécier Janet, lui. »

« Meoouuww. » Nouveau miaulement plaintif de Denver.

Robin, qui était occupée à le câliner, arrêta son geste. Elle releva lentement les yeux, croisa le regard d’Ignacio et inclina légèrement la tête sur le côté comme pour le jauger.


Il n’avait quand même pas fait ça … Si ? Tuer la milicienne et adopter son animal de compagnie ? C’était un peu glauque comme manière de faire…Quoique. Moins glauque que de laisser cette adorable boule de poils en compagnie d’un cadavre, songea la jeune femme en reportant son attention sur le chat. Elle le caressa encore quelques secondes et se pencha finalement sur le côté  pour le déposer délicatement non loin de sa paire de D. Martens.

La jeune femme roula sur elle-même tout en déployant ses longues jambes pour s’allonger à plat ventre à côté d’Ignacio. Elle tendit le cou et posa son menton sur son épaule pour l’observer de plus près :

« Laisse moi deviner, souffla-t-elle alors en traçant de lentes arabesques sur son torse, Quand tu dis que tu as ton chat depuis « quelques semaines », ça veut dire, à peu près un mois et demi non ? Elle posa sa main à plat sur les pectoraux du barman… Je dirais depuis le quinze mai… »

Oui, après lecture de l’article, Robin avait noté la date de la mort de la Milicienne puis elle était allée vérifier le planning du personnel en salle de pause. Ignacio aurait du travailler ce jour là…mais il s’était fait remplacé par un collègue, au pied levé.

Coïncidence ? Je ne pense pas…

Robin ne cherchait pas des aveux ou quoique ce soit du genre. Ignacio n’avait pas de compte à lui rendre et il faisait ce qu’il voulait de ses journées mais elle tenait à lui signifier qu’elle pensait avoir compris certaines choses. Il était toujours si prompt à dire que les femmes lui étaient inférieures que Robin ne résistait pas à l’envie de lui démontrer le contraire. Oui, elle était un peu plus futée que ce qu’il croyait, mais comme elle ne tenait pas à finir comme Barnet, elle s’empressa d’ajouter.

« Je ne cherche pas à te faire dire ce que tu n’as pas envie de dire. La danseuse déposa un baiser sur la peau halé d’Ignacio. Je note juste quelques éléments concordants, elle esquissa un léger sourire mutin. Il devait bien se douter qu’il n’avait rien à craindre d’elle –enfin, elle l’espérait !- elle ne comptait  le dénoncer. A qui que ce soit.

La jeune femme se leva alors et s’étira de tout son long au bord du lit. Elle se pencha et attrapa Denver qui était occupé à mordiller ses lacets de chaussures puis elle reporta son attention sur le barman.

« La prochaine fois, il faudra régler son compte au chat aussi. »


Ignacio ne croyait pas si bien dire en estimant que Denver lui avait niqué sa crédibilité : Il avait même fait bien plus…


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Au second miaulement de Denver, la mâchoire d’Ignacio se crispa, alors qu’il croisait le regard de Robin. A la lueur qui venait de s’allumer au fond de ses yeux, il sentit les battements de son cœur s’accélérer mais s’efforça toutefois de ne rien laisser paraître de son trouble intérieur. Il demeura impassible, les yeux désormais rivé sur le plafond, le corps figé.

Ses muscles se tendirent lorsqu’il sentit la danseuse s’approcher de lui et poser sa main sur son torse. Ses paroles – pourtant pleines de bon sens – coulèrent sur son masque de tranquillité mais il ne prit même pas la peine de les démentir ou de rebondir dessus. Elle savait. Et si un détail – pourtant si insignifiant que le miaulement d’un chat – avait réussi à la mettre sur la piste, c’était que ses soupçons, eux, n’étaient pas nouveaux.

Ce n’était pas si étonnant, songea Ignacio en observant Robin. Robin était avec lui, lorsqu’il avait entendu Barnet appeler à NYPDM et il n’avait pas cherché à masquer sa tension à ce moment précis. Il avait été imprudent, parce que c’était la première fois, depuis qu’il était arrivé en Angleterre, que quelqu’un menaçait de façon aussi évidente sa sécurité. C’était la première fois, en réalité, qu’il se sentait en danger.

Il avait agi de la sorte parce qu’il n’avait pas le choix – parce que, chez Ignacio, l’équation « eux » ou « moi » était vite résolue. Il avait tué Barnet pour se protéger de son passé et, si besoin en était, il le referait sans hésiter. Il était hors de question qu’il tombe face à Pablo Mañana – il préférait encore mourir de la main de Barnet plutôt que de laisser ce sale enfoiré poser le regard sur lui.

Parce que Pablo ne se contenterait pas de le tuer – non, contrairement à Ignacio, Pablo aimait voir les autres souffrir, plus encore, il se délectait d’entendre les supplications de ses victimes, leurs cris et leurs pleurs. Il jouait avec eux comme un chat avec une vulgaire souris, les laissant parfois entrevoir une porte de sortie… Avant de couper court à tout espoir. Si Pablo le trouvait, il lui ferait payer la mort de Joe, mais aussi ces mois de traque pendant lesquels il s’était senti impuissant. Ignacio allait expérimenter une telle souffrance qu’il prierait pour n’avoir jamais vu le jour. Et, si le barman n’était pas tant effrayé par la perspective de mourir, il appréhendait le jour où chaque minute qui s’écoulerait lui ferait regretter sa naissance ; où la douleur serait telle qu’il en oublierait toute humanité ou toute dignité.

Et des moyens de faire souffrir un homme, il y en avait tant – Ignacio, d’ailleurs, était bien placé pour le savoir. Certaines techniques moldues étaient même si efficaces qu’on n’avait pas forcément d’utiliser une baguette ; la noyade et l’électrocution étaient les favoris de Joe, du temps où il régnait sur les ñetas. Ignacio, quant à lui, préférait l’utilisation de la baguette magique : pour faire apparaître, par exemple, des centaines de vers sous la peau, qui n’avaient qu’une seule mission : sortir du corps de leur hôte, coûte que coûte, en causant le plus possible de dommages sur leur passage. En somme, il connaissait des moyens de faire souffrir un homme qu’il n’était pas du tout pressé d’expérimenter lui-même.

Alors Janet Barnet était décédée, oui. Injustement, peut-être, mais ce n’était pas sa préoccupation première. Il voulait rester en vie et, plus important encore, il voulait pouvoir maîtriser son passé. C’est donc pour cela qu’il jeta un regard inquiet à Robin qui lui affirmait « noter quelques éléments concordants ». S’il ne connaissait pas un minimum la danseuse, Ignacio aurait sauté du lit pour attraper sa baguette magique et le mettre en joue. Une partie de l’y incitait d’ailleurs ; il avait déjà été si imprudent. Seules ses paroles précédentes le dissuadèrent de bouger – cela, et le fait qu’il pensait avoir l’avantage sur elle si la situation tournait mal.

Il l’observa soulever Denver, le conseillant de s’en débarrasser la prochaine fois. N’y tenant plus, il se redressa brusquement et posa un bras à côté de sa tête pour la dévisager.

« Qu’est-ce que tu sous-entends ? » lui demanda-t-il simplement en vrillant ses yeux dans les siens, sans infirmer ni confirmer les propos qu’elle venait de tenir.



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Plutôt que de la ramener comme « une miss je sais tout », Robin aurait peut-être mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Pourquoi avait-il fallu qu’elle confronte Ignacio ?  Lorsqu’elle capta son regard inquiet, elle se morigéna intérieurement :  Mais quelle idée elle avait eu de faire de tels sous-entendus ? Elle aurait du le laisser dans l’ignorance.  Un Veilleur inquiet était un veilleur dangereux, la danseuse le savait pourtant. Et elle, que faisait-elle ? Elle le soupçonnait du meurtre d’une Milicienne, leurs alliés à Bristol pourtant, ni plus ni moins. C’était à croire que Robin voulait finir comme Barnet…

Impossible de faire machine arrière maintenant qu’Ignacio s’était redressé dans le lit et qu’il lui demandait d’expliciter ses propos. Elle était allée trop loin pour se défausser.  En vérité, une partie d’elle craignait la réaction de son collègue. Elle se doutait qu’il pouvait être imprévisible et surement un véritable monstre au sang froid, comme son Pire Cauchemar. Cette similitude la mettait profondément mal à l’aise et elle essayait de ne pas y penser. La plupart du temps. Se sentait-il menacé au point de vouloir la faire taire définitivement ? La percevait-il comme une menace alors qu’ ils étaient dans le même bateau, l’un et l’autre ? Ils appartenaient au même collectif, défendaient les mêmes intérêts. Elle devait lui faire remarquer ses erreurs, pour le bien des Veilleurs. Ignacio n’en serait que plus prudent à l’avenir…

La jeune femme se rassit donc au bord du lit et tira la couverture sur ses jambes. Elle posa Denver sur ses cuisses et reporta son attention sur le barman des Folies. Elle pouvait continuer à badiner, comme elle l’avait fait jusqu’à maintenant, tourner autour du chaudron, mais elle pressentait que ce n’était pas la bonne stratégie à adopter. Ignacio aurait pu, lui aussi, se cacher derrière des faux semblants, faire mine de ne pas avoir saisi les sous-entendus de la danseuse mais au lieu de cela, il semblait attendre d’elle qu’elle parle sans détour.

« Je pense que tu as assassiné Barnet. » souffla-t-elle alors.

Voilà, c’était dit… Un silence passa tandis qu’elle attendait avec appréhension  la réaction du barman.  

« Quand on s’est fait embarquer par la Milice, j’ai remarqué que tu n’étais pas très à l’aise avec l’idée que Barnet fouille ton passé à New York, Robin caressa distraitement le chaton lové sur ses jambes, tu es tellement stoïque habituellement que ta réaction m’a… interpelée. Elle hésita, Tu avais l’air un peu paniqué, en fait, avoua-t-elle sans toutefois consentir à croiser le regard d’Ignacio lors de cet aveu. Elle n’assumait pas vraiment l’idée de lui balancer ses faiblesses en pleine face,  J’aurai probablement oublié ce détail si je n’étais pas tombée sur un article évoquant la mort brutale de Barnet …et si ton chat n’avait pas paru si pressé de retrouver celle que je pense être son ex-maitresse. »

Elle se trompait peut-être mais elle avait l’intuition d’être dans le vrai.

« Je sais que tout cela ne me regarde pas Ignacio, reprit-elle en reportant son attention sur lui. Son passé à New York. Le meurtre de Janet, je ne cherche pas à te mettre dans l’embarras, crois moi, même si une partie d’elle était satisfaite de l’avoir confondu elle ne tenait pas pour autant à ce que cette histoire les oppose. Elle voulait juste lui faire prendre conscience que si elle avait réussi à remonter jusqu’à lui, quelqu’un d’autre pouvait le faire également. J’aime-les-bisous. Coleman. Et peut-être même Calder, s’il n’était pas déjà au courant., Aurais-tu préféré que j’en arrive à cette même conclusion et que je ne t’en fasse pas part ? » demanda-t-elle en l’observant de ses grands yeux sombres,« Ne me fais pas regretter d’avoir été sincère avec toi… »


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Ainsi, Robin avait percé sa couverture. Ce n'était pas si étonnant, tant elle l'avait sous-entendu quelques secondes plus tôt, mais cela n'en restait pas moins dérangeant pour Ignacio, qui l'observait désormais sans cacher son expression inquiète.

L'américain avait toujours été prudent - peut-être même un peu trop. Il aimait assurer ses arrières, il aimait avoir toujours un Plan B, et même un plan C et D, au cas où les choses tourneraient mal. Il était un homme prévoyant, qui ne s'engageait dans quelque chose que s'il était sûr de pouvoir en tirer profit de s'en sortir sans mal. En d'autres termes, la plupart du temps, Ignacio n'aimait pas se mettre en danger inutilement. Or, à cet instant précis, il se sentait complètement mis à nu par Robin - et pas seulement physiquement.

Ignacio décida d'attendre ses explications et, sans la quitter du regard, il se redressa pour s'asseoir face à elle. Denver ronronnait toujours sous les caresses de la danseuse, visiblement insensible au drame qu'il venait de causer. Stupide chat.

Évidemment, le raisonnement de Robin se tenait parfaitement, et le barman ne prit même pas la peine de tenter de la démentir, plus inquiet par le fait que, si elle avait réussi à trouver le véritable coupable de ce meurtre, quelqu'un d'autre pourrait également le faire. Ils n'avaient normalement aucune raison de réouvrir cette enquête déjà bouclée dans la précipitation, se raisonna Ignacio en se frottant distraitement la nuque. Mais il préférait ne pas prendre ce risque.

Face aux grands yeux sombres de Robin qui le dévisageaient, Ignacio pesa un instant le pour et le contre. C'était dangereux de laisser quelqu'un posséder autant d'informations sur lui, sur les activités qu'il menait. Et en même temps, son instinct semblait lui dire qu'il n'avait pas à craindre sa collègue, que ses paroles semblaient être sincères et qu'elle ne cherchait pas à se mêler de ses affaires. C'était peut-être vrai. Toutefois, le doute subsistait. Et Ignacio détestait douter.

Les solutions n'étaient pas nombreuses, mais l'américain ne pouvait se résoudre à se jeter sur sa baguette magique pour mettre fin à cette discussion un peu trop embarrassante, un peu trop personnelle, un peu trop intime pour lui. Il n'était pas face à n'importe qui, il n'était pas face à une milicienne comme Barnet qui ne lui inspirait que mépris ; il était face à Robin, sa collègue, son amante de certains soirs, qu'il avait appris à apprécier au fil des mois pour sa répartie piquante et son esprit vif. Le barman soupira et baissa les yeux.

Non, il ne pourrait pas tuer Robin, de sang-froid, simplement parce qu'elle avait réussi à additionné 2+2. Il n'avait pas à lui faire payer son imprudence - la prochaine fois, le chat périrait avec sa maîtresse, assurément. Mais quel comportement pouvait-il adopter alors ? Il ne pouvait pas la laisser repartir comme ça, alors qu'elle venait de l'accuser de meurtre - il ne manquerait plus qu'elle partage ses soupçons avec quelqu'un !

Interpellé par sa dernière phrase, Ignacio fronça les sourcils en relevant le regard vers elle. Elle craignait pour sa vie, réalisa-t-il en la dévisageant - sage réaction, quand on connaissait les pensées qu'il venait d'avoir à son encontre. Si le barman hésitait encore quelques instants plus tôt à prendre la parole, cette dernière phrase le décida aussitôt : plus Robin le craindrait, plus elle serait encline à le livrer à la milice ou à dévoiler son secret à d'autres Veilleurs. Plus elle lui ferait confiance, moi il se mettait en danger.

"C'est vrai, j'ai tué Barnet." admit-il de sa voix grave en guettant sa réaction.

Il laissa passer un court silence.

"Robin, je vais te révéler quelque chose sur moi que personne ici ne sait. Il faut impérativement que cette information reste entre nous." insista-t-il - la dernière personne qui avait essayé de le faire chanter avec était enterrée six pieds sous terre à présent.

"Quand Barnet a appelé la NYPDM, j'ai paniqué parce que mon casier judiciaire est plutôt bien rempli, là-bas." avoua-t-il avec un demi-sourire. Il s'interrompit une nouvelle fois : il ne savait pas par où commencer. "Il a quelques mois, avant d'arriver en Angleterre, j'étais l'un des chefs du gang le plus influent de New-York, le Hazard. Nous étions partout sur le marché - nous faisions fortune, véritablement." commença-t-il en reposant sa tête contre le mur sur lequel il était appuyé. "Comme dans toutes les villes, nous avions des rivaux. Nos plus gros concurrents s'appelaient les Ñetas. Ils étaient là depuis bien plus longtemps, et ils n'appréciaient pas qu'on leur fasse de l'ombre avec notre petit commerce. Un jour, Joe - le chef des Ñetas - et quelques uns de ses hommes se sont pointés chez Nick, mon meilleur ami, le deuxième chef de notre gang. C'est parti en règlement de compte violent, en plein milieu de son salon." Le barman déglutit difficilement. "Nick avait une fille, Eden. Elle a reçu un sort perdu et elle est morte sur le coup. C'était ma filleule." expliqua-t-il en croisant les bras sur sa poitrine nue. "Nick... Nick était fou de chagrin. Moi, j'étais fou de rage. Quelques jours plus tard, je me suis rendu chez Joe et je l'ai tué." De sang-froid. Pour une fois, il avait même fait durer un peu la chose.

"Les hommes de Joe m'ont vu et..." Il haussa les épaules. "J'ai dû quitter les Etats-Unis la semaine suivante." C'était ça, ou mourir. "Les Ñetas ont un nouveau chef, maintenant. Il s'appelle Pablo, et c'est un homme absolument charmant. Si Joe aimait noyer et électrocuter ses victimes, Pablo préfère briser chaque os de ton corps ; quand il ne s'amuse pas à retirer ta peau, couche par couche." C'était probablement la pire torture à subir. "Quand Barnet a appris mon passif avec les Ñetas, elle s'est mis dans la tête de les contacter pour leur balancer toutes les informations qu'elle avait sur moi : mon adresse, mon lieu de travail... Tout. Elle avait contacté Pablo depuis son Pear, et elle avait déjà réservé un Portoloin pour New-York." Si seulement elle avait réussi à se préoccuper de ses affaires ! "Robin, si Pablo et ses hommes me trouvaient, j'étais un homme mort. Et pas seulement mort. Ils m'auraient torturé pendant des semaines, voire des mois. Il adore ça, c'est son passe-temps préféré."

Le barman observa longuement sa collègue, avant de reprendre :

"Donc oui, j'ai tué Barnet. Je n'avais pas le choix." Ce n'était pas véritablement un mensonge, même s'il n'avait pas cherché à trouver une autre possibilité lorsqu'il avait été confronté aux manœuvres de la milicienne. La tuer était la solution la plus radicale, mais la plus sûre pour lui : morte, elle ne lui poserait plus aucun souci.

"Ne me fais pas regretter de te faire confiance, Robin." rajouta-t-il en reprenant les termes de la jeune femme. "Si cette histoire arrive aux oreilles de quelqu'un, je n'aurais plus qu'à prier Merlin pour que Coleman mette la main sur moi avant que Pablo ne le fasse."


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Ignacio la dévisageait, comme s’il passait en revue toutes les éventualités qui s’offraient à lui. Robin imaginait sans mal le cheminement intérieur de son collègue : Devait il infirmer ou confirmer  l’intuition macabre de la jeune femme ? Lui faire confiance ou, au contraire, éliminer la menace qu’elle représentait par n’importe quel moyen ?

Robin se faisait peut-être des idées mais elle avait l’impression de marcher sur un fil tendu. Ils avaient partagés un moment exquis, quelques minutes plus tôt, mais l’atmosphère n’était plus aux badineries ni aux œillades pseudos complices. Robin et Ignacio n’étaient pas proches l’un de l’autre. Ils avaient beau partager le même lit de temps à autre, ils ne se connaissaient pas véritablement et pour la première fois depuis le début de leur relation Robin le confrontait sur un sujet réellement personnel. Elle avait toujours respecté la distance jusqu’alors mais il lui avait semblé, un peu plus tôt,  qu’elle pouvait se permettre cette remarque sur Barnet. Maintenant qu’Ignacio avait ses pupilles claires braquées sur elle, elle doutait d’avoir bien fait. Elle aurait dû être plus prudente, se morigéna-t-elle en s’efforçant de ne pas loucher vers sa baguette posée sur la table de nuit, en proie à une désagréable appréhension qui lui serrait le cœur.

Etrangement, l’aveu d’Ignacio la rassura instantanément.

Il venait d’admettre avoir tué une femme et maquillé son meurtre mais Robin ressentit un léger sentiment de soulagement, comme si l’électricité dans l’air s’était subitement dissipée et qu’ils venaient de passer ,ensemble , un obstacle invisible. Le danseuse hocha lentement la tête et esquissa un imperceptible sourire reconnaissant. Elle appréciait qu’il soit sincère même si pour cela il devait confesser l’assassinat d’une femme.

« J’en ai vu d’autres, tu sais. » souffla-t-elle alors comme pour expliquer son absence de réaction. Elle reporta son attention sur Denver et le caressa doucement. Elle avait grandi dans l’allée des Embrumes. Dès son plus jeune âge, elle avait été confronté à ce genre de situation. Son propre frère avait assassiné sa femme, à mains nues et elle l’hébergeait, chez elle, sans avoir songé un seul instant à couper les ponts avec lui. Et surtout, depuis la séance de torture dont elle avait été victime, elle nourrissait un tel désir de vengeance qu’elle envisageait elle-même le meurtre de Son Pire Cauchemar.

Robin pouvait sembler fragile et perdue -peut-être l’était-elle, parfois- mais elle était également une femme implacable qui ne s’encombrait pas de certaines considérations.

Oui, Ignacio avait tué Janet Barnet, une milicienne….. Et alors ?

Il ne s’en cachait pas –à choisir, elle préférait- et surtout,  il ne semblait pas la considérer comme une ennemie, elle, qui avait pourtant percé son secret. Le barman était là, paisiblement installé sur le lit. De prime abord, rien n’avait changé entre eux –ils étaient toujours deux amants bavardant après une nuit d’amour-et pourtant, tout était différent depuis cette confession, songea Robin en reportant son attention sur son collègue de travail.

Cette intuition se confirma lorsqu’Ignacio commença à révéler les raisons de son geste. Robin ne lui demandait pas d’explications et ne lui en aurait surement jamais demandé : Il avait décidé de tuer Barnet pour des raisons qui lui étaient propres et qui ne la regardaient en rien. C’était peut-être, justement, parce qu’elle ne se montrait  pas curieuse qu’Ignacio accepta de se livrer sur son passé américain. Robin accueillit ses révélations en silence. Elle se doutait que son collègue avait  un passé trouble –sa réaction dans la cellule lui avait clairement indiqué qu’il avait quelque chose à cacher- mais elle était à mille lieu d’imaginer ce qui s’était réellement passé aux États Unis.

Ainsi donc, Ignacio avait été le chef du  gang le plus influent de New-York. Elle ne voulait pas être désobligeante mais elle n’aurait jamais pensé que son collègue ait pu être un homme de la trempe de Calder. Ignacio était assurément un bon Veilleur, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds et qui semblait effectuer son travail avec sérieux et détermination , mais elle ne l’avait jamais vu à l’œuvre en tant que Chef : Manager des équipes, diriger un collectif, conduire un gang… Elle ne le pensait pas intéressé par  le leadership et elle l’avait toujours imaginé comme un loup solitaire, se laissant porter au gré du vent par l’appât du gain.

Était-ce compliqué pour lui d’endosser le rôle de simple subalterne après avoir été un homme craint et respecté par tout New York ? Si c’était le cas, elle ne s’en était absolument pas rendu compte. Comme quoi, Ignacio semblait tout à fait capable de mettre son ego de côté lorsque la situation l’exigeait…

La danseuse laissa de côté ses considérations pour se concentrer sur le drame que lui relatait le Veilleur. Que l’on soit d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, il s’agissait toujours des mêmes histoires : Des guerres entre gangs rivaux, des règlements de comptes sanglants… et des victimes collatérales, souvent jeunes et innocentes. Robin avait l’impression d’avoir entendu des dizaines d’histoires similaires. Dans leur milieu, celui de la pègre et de la mafia,  les contes se finissaient rarement par «…et  ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».  

Ignacio le savait, elle aussi, …et le fameux Nick l’avait appris à ses dépens.

Ainsi, pour venger la mort de sa filleule, le barman avait accepté de perdre sa place de chef incontesté et incontestable du Hazard. C’était un drôle de choix, pour un leader, mais Robin le comprenait.  Elle avait une filleule, elle aussi : Eve, la fille de Matthew et elle s’était battue pour cette enfant. A l’époque, elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir. Elle avait compromis sa carrière de danseuse pour récupérer la garde de sa nièce…En vain.

Au final, Robin avait tout perdu : Eve, sa carrière professionnelle, son frère, songeait-elle parfois, amère.  

Ignacio ressentait-il le même sentiment d’échec maintenant qu’il était contraint à l’exil ? Le meurtre de Joe ne lui avait pas ramené Eden, loin de là, il l’avait simplement privé de ses amis et de tout ce qu’il avait construit à New-York…

« Je comprends pour Barnet, j’aurai sans doute fait la même chose,
souffla-t-elle alors lorsque le barman eut fini son récit, tu n’as rien à craindre de moi… et tu le sais déjà, souffla-t-elle avec un demi-sourire, on sait aussi bien l’un que l’autre que, dans le cas contraire, tu n’aurais pas pris le risque de me révéler ton passé, souffla-t-elle en glissant sur le lit pour venir s’asseoir tout contre Ignacio. Elle se fit une place sous son bras d’autorité, posa une main sur son torse et resta quelques secondes pelotonnée contre lui en silence. Elle réfléchissait aux révélations de son collègue, le regard posé droit en face d’elle.

« Est-ce que tu regrettes d’avoir tué Joe ? » demanda-t-elle alors au bout d’un moment en tournant la tête vers son collègue.

Depuis ce meurtre, Ignacio avait du quitter sa ville, sa situation, son gang et Nick, son ami. Il se retrouvait simple barman dans un coin paumé de l’Angleterre avec, à ses trousses, un chef de gang sanguinaire ne renonçant à aucun sévices pour arriver à ses fins… Robin estimait que la question se posait même si son collègue avait surement l’impression d’avoir fait exactement ce qu’il était censé faire.

Tout comme elle.


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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"Hm, je n'ai seulement pas peur d'un petit bout de femme comme toi." contra Ignacio en bon macho, sa pique toutefois contrée par son sourire en coin. Il referma son bras contre le corps de Robin et la maintint contre lui. Il déposa un baiser sur sa tempe. "Et je te fais plutôt confiance." ajouta-t-il en se redressant pour observer la danseuse blottie contre lui.

Il eut un sourire amusé en songeant que cette conversation était probablement la plus honnête qu'ils avaient depuis qu'ils se fréquentaient ; en temps normal, Robin aurait déjà filé sous la douche avant de ramasser ses affaires pour rentrer chez elle. Ignacio, quant à lui, aurait mis un peu d'ordre dans sa chambre, nourri Denver, pris une douche, puis se serait étalé sur son matelas pour dormir pendant les sept prochaines heures. Ils ne parlaient pas beaucoup, en réalité, bien trop occupés tous les deux par leurs étreintes - de toute façon, Ignacio n'était pas vraiment du genre loquace. A vrai dire, il était même étonné de s'être confié de lui-même à sa collègue sur son passé pourtant trouble et compromettant. Se sentait-il mieux après avoir partagé son fardeau avec elle ? Il ne saurait dire. Peut-être éprouvait-il un léger soulagement à l'idée de pouvoir faire confiance à quelqu'un.

Ignacio haussa les sourcils à la question de Robin mais garda le silence pour méditer sa réponse. Regrettait-il son geste ? Il n'y avait jamais pensé ; Ignacio n'était pas du genre à repenser à ses actions, à se rejouer les choses intérieurement - il avait horreur des "Monday Morning Quaterback" comme on disait chez lui. Où serait-il s'il avait décidé de ne pas assassiner Joe ? A New-York, sûrement, avec ses hommes, avec Nick. Il n'aurait pas été obligé de fuir son pays, de renier son identité, de travailler pour quelqu'un d'autre, pour un autre gang. Il serait toujours à New York, jouissant de sa notoriété et de sa fortune.

Était-ce, pour autant, la vie qu'il aurait souhaité ? Non, sûrement pas. Car Eden serait toujours morte, et que Ignacio se connaissait bien ; jamais il n'aurait pu tolérer que Joe se promène encore en ville. Jamais. Alors il aurait fallu tous les tuer - lui et ses hommes - pour enfin regagner la paix. Cela aurait été la seule solution pour qu'il vive encore à New-York aujourd'hui.

"Je ne regrette pas, non." finit-il par lâcher après un long moment de silence. "Parce que je sais que je n'aurai pas supporté de voir ce salopard marcher dans mes rues." Rien qu'à cette pensée, il sentit une brusque vague de colère se décharger dans ses veines. Joe serait mort, quoiqu'il arrive. "A la rigueur, mon erreur a été d'avoir été trop impulsif, et d'avoir été obligé de fuir mon pays pour ça." expliqua-t-il en passant distraitement une main sur sa mâchoire mal rasée. "Donc non, pas de regret. J'ai fait ce qu'il fallait, quand il fallait le faire." Et c'était ça, au final, le plus important. Le meurtrier d'Eden avait été tué, justice avait été rendue. "Même si, c'est vrai, mon ancienne vie me manque." avoua-t-il.

Mais à quoi bon se morfondre sur ça ? Il n'était plus aux Etats-Unis, il n'était plus chef de gang - cette époque était pour le moment révolue. "Pour le moment" parce qu'il espérait bien un jour pouvoir revenir dans son pays natal.

"Qu'est-ce que tu voulais dire en disant que tu en avais vu d'autre ?" interrogea-t-il ensuite en observant la danseuse. Il ne la connaissait pas, à vrai dire - du moins, en dehors des courbes de son corps, qu'il caressa d'ailleurs de sa main libre. "Pardon, tu n'es pas obligé de me dire quoique ce soit." se rattrapa-t-il ensuite en haussant les épaules. "Ca m'a juste interpellé."


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Robin accueillit la réponse d’Ignacio en silence. Il ne regrettait pas son geste, en soit, seulement la manière dont les événements s’étaient déroulés… Événements qui l’avaient, tout de même, contraint à fuir son pays.  Robin était sûre que si elle avait été à sa place elle n’aurait pas été en mesure d’être aussi détachée vis-à-vis de cette situation. Le barman, quand à lui,  ne semblait pas être le genre d’homme à se poser de question, il prenait les choses comme elles venaient, sans regarder en arrière.

Sans doute avait-elle à apprendre de lui, songea-t-elle sans toutefois verbaliser son constat. Elle resta immobile, toute à ses pensées, profitant quelques instants de la chaleur des bras d’Ignacio et de son odeur. A vrai dire, elle n’avait plus vraiment envie de partir maintenant. La perspective de prendre une bonne douche chaude s’avérait moins emballante dorénavant. Elle avait l’impression d’avoir franchi une étape dans sa relation avec le barman et elle n’était pas pressée de mettre fin à ce moment. Pour la première fois, ils avaient laissé leurs badinages de côté pour échanger sur un sujet sérieux et intime. Chose rare, aussi bien pour lui, que pour elle.

D’ailleurs, Ignacio ne résista pas à l’envie de la questionner à son tour. Sans doute voulait-il être sur le même pied d’égalité avec elle et obtenir de sa part quelques confidences croustillantes sur son passé, songea Robin en reportant un regard malicieux sur lui. Ignacio s’empressa de lui souffler qu’elle n’était pas obligée de répondre à ses questions et ce revirement tira un léger rire à la danseuse. Elle secoua la tête d’un air affectueux – ces hommes, tous les mêmes au fond, -  puis elle se tourna légèrement vers lui pour lui répondre.

« On ne se retrouve pas dans un gang comme les Veilleurs sans avoir quelques antécédents… » expliqua-t-elle avec un air amusé. Elle haussa les épaules avant de continuer,  j’ai grandi dans la rue la plus mal famée de Londres et mon père participait grandement à cette réputation, expliqua-t-elle sans chercher à réprimer un sourire nostalgique, Certes, il ne tuait pas des Miliciennes, lui, mais il avait acquis une solide réputation de mec à ne pas emmerder. Son truc c’était le commerce de potions illégales, ça l’est toujours d’ailleurs. Evrett MacFarlane officiait encore au sein de l’Allée des Embrumes, je devais avoir huit ou neuf ans quand j’ai vu mon premier cadavre, Elle ne comptait pas jouer les blasées et dire qu’elle ne se souvenait pas du premier meurtre auquel elle avait assisté. Elle se le remémorait parfaitement, même plus de vingt ans plus tard, un règlement de compte en pleine rue entre le tenancier du bordel en face de chez moi et un client, Il n’y avait pas eu d’éclat de voix. Rien. Matthew et elle, occupés à jouer devant la boutique avaient levé la tête en entendant la porte du Blackiss grincer. Le propriétaire, Earl, était sorti de la maison close tranquillement à la suite d’un client visiblement pressé de quitter l’établissement. Le maquereau avait pointé sa baguette en direction de l’homme et il lui avait lancé un Avada entre les omoplates. Sans sommation. « On abîme pas mes filles. » avait soufflé le propriétaire du Blackiss. La rue s’était chargée de nettoyer le crime : Des gamins avaient fait les poches du client, quelques mendiants avaient récupéré ses vêtements et des hommes de Earl étaient venus faire disparaitre le corps de celui qui avait arraché l’œil d’une prostituée, Rosa. Étrangement, suite à sa mutilation, elle était devenue la coqueluche de certains habitués du Blackiss et avait même contribué à forger une nouvelle clientèle au Bordel. Elle disait à qui voulait l’entendre que ce client avait fait doubler sa côte… Drôle de monde.

"Alors tu sais, quand je te dis que j'en ai vu d'autres, je te garantis que je ne mens pas..."

Robin avait des dizaines d’histoire de ce genre à raconter, et d’autres, plus intimes, qu’elle préférait garder pour elle, pour le moment.  Elle appréciait la compagnie d’Ignacio mais elle avait vu tant d’hommes et de femmes se confier sur l’oreiller qu’elle répugnait à tomber dans ce travers. Déformation professionnelle, sans doute.

Pourtant, elle avait bien envie de faire durer ce moment. Cruel dilemme. Elle consentit donc à faire un léger effort avant de questionner de nouveau Ignacio.

« On a tous dans notre passif des histoires tragiques avec lesquelles nous devons vivre. C’est même surement parce que nous avons été capable de les surmonter que nous officions maintenant au sein de la mafia. Il n’y a pas de place pour les faibles dans notre milieu, Certes, Robin s’estimait sensible, empathique et parfois trop tendre pour la mafia mais elle n’était pas faible. Elle apprenait de ses erreurs et elle se forgeait, tous les jours, une carapace de plus en plus épaisse, la clef, c’est qu’il ne faut rien attendre des autres. Si ce n’est une bonne partie de jambes en l’air de temps en temps ! » ajouta-t-elle, mutine, pour contrer quelque peu la gravité de ses propos.

Tout sourire, elle déposa un baiser sur la mâchoire d’Ignacio et reprit de but en blanc:

« Et sinon, pourquoi Bristol ? Tu aurais pu aller n’importe où ailleurs, les Bahamas, Hawaï, la Corse,... énuméra-t-elle, qu’est-ce qui t’a poussé à venir t’installer ici : C’est la qualité inégalé de notre réseau mafieux qui t’a attiré ? » s’enquit-elle en arquant un sourcil.


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Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
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Ignacio attendait, le menton posé contre le crâne de Robin, que celle-ci se décide à parler. Il hocha la tête lorsqu’elle lui fit remarquer que les Veilleurs recrutaient rarement des enfants de chœur, et que tous avaient des antécédents. C’était vrai – on retrouvait parfois des familles entières de mafieux, partageant presque une fierté commune dans l’illégalité. C’était le cas de Robin, visiblement, qui avait toujours côtoyé ce milieu. Ignacio, au contraire, n’était absolument pas le genre d’homme prédisposé à exercer une telle fonction au sein de la mafia : son père s’était toujours éloigné des trafics en tout genre ; c’était un historien célèbre, connu pour ses travaux et ses voyages, qui enseignait désormais dans les plus grandes universités de New York. Ignacio avait eu, en réalité, une enfance plutôt choyée et heureuse, bien que très jeune privé de la présence de sa mère dont il ne gardait aucun souvenir et qu’il ne connaissait pas. C’était à l’école que tout s’était joué mais aussi – et même surtout – dans les rues de la ville américaine où il avait grimpé doucement les échelons jusqu’au dernier.

Son père lui avait souvent reproché son choix de vie, n’ayant toutefois pas cœur à renier son fils unique et allant même jusqu’à lui fournir un faux alibi lorsqu’il avait été interpellé par NYPDM. « C’est comme du commerce, tu sais. » avait tendance à simplifier Ignacio. Il y avait des achats et des reventes, des négociations, du management… Mais un meilleur salaire, à ne pas en douter, et une adrénaline certaine liée à l’illégalité.

Alors oui, il y avait l’instabilité, les conflits, la loi de la rue ; mais Ignacio avait appris à l’aimer, à vivre avec, et était désormais parfaitement à l’aise avec les codes mafieux – qui étaient très simples : la plupart du temps, il suffisait de taper plus fort. Robin aussi, s’il se basait sur ses propos, semblait avoir été témoin de plusieurs évènements traumatisants pour un sorcier lambda mais qui, pour eux, relevaient de l’affligeante banalité. On s’habituait à la violence, on s’habituait même à la mort et à la souffrance. Il résultait de cela un détachement – parfois vu comme un désintérêt total des autres. Il s’agissait, en réalité, d’une façon de se protéger, de se construire et de se rendre plus fort. Car, comme le disait si bien Robin, il n’y avait de faibles dans leur milieu : ils n’y trouvaient pas de place.

« Exactement ma philosophie de vie. » répondit Ignacio en lui volant un baiser en réponse à ton attitude mutine.

Ignacio n’attendait rien de personne, et c’était bien pour cela qu’il était encore vivant aujourd’hui. Il était solitaire, n’appréciait pas à se mêler aux autres plus de nécessaire, et savait que la clé de sa survie résidait dans le fait qu’il était parfaitement indépendant et capable de gérer tous les évènements qui arrivaient – ou qui pourraient arriver – seul. Il n’avait pas d’attache, et personne ne comptait sur lui non plus. Il avait d’ailleurs du mal à comprendre comment certains de ses collègues pouvaient se marier et surtout fonder une famille, alors que le milieu ne s’y prêtait pas du tout…

« Qualité inégalable ? » répéta-t-il en haussant un sourcil sceptique. « Jamais l’Angleterre n’égalera les Etats-Unis en terme de réseaux mafieux. On a New-York et Chicago. » A elles deux, ces villes totalisaient un taux de criminalité encore jamais égalé. « C’est bien un truc d’anglais, ça, l’herbe n’est jamais plus verte que chez vous… » En même temps, comme il pleuvait trois jours sur quatre, c’était compréhensible. Ignacio eut un sourire taquin à l’égard de Robin, puis reprit plus sérieusement. « Je suis venu en Angleterre parce que j’ai la nationalité anglaise. Ma mère l’était. » précisa-t-il. Il ne parlait jamais de sa mère au présent parce qu’il ne l’avait jamais connu et parce qu’il ne savait même pas si elle était encore en vie. « Et parce que c’était censé être une solution temporaire. » Par exemple, il était censé retourner aux Etats-Unis quelques mois après sa fuite. « Je bossais dans un bar sorcier, à Oxford. C’est là-bas que j’ai rencontré un Veilleur. Je l’ai tiré d’un mauvais pas et il m’a fait entrer dans le gang en présentant à Calder. »

Il s’y plaisait bien, même si c’était frustrant d’être devenu un simple subalterne. Heureusement, la hiérarchie au sein des assassins n’était pas très forte.

« Et toi ? » interrogea-t-il en passant distraitement une main dans les cheveux de la danseuse. « La mafia est une histoire de famille, alors ? Comment tu es arrivée chez les Veilleurs ? »

Leur discussion lui était étonnement agréable. Ignacio eut un léger sourire en avisant Denver, désormais endormi en boule à leurs pieds. Il avisa la danseuse, alanguie contre lui, et songea qu’il n’était pas pressé de la voir quitter son appartement.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Signe que les affaires reprenaient, le Pear d'IgnacioOo se mit à vibrer, troublant ce bel instant de communion charnel...



Twisted Evil


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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin roula ostensiblement des yeux en entendant Ignacio vanter la qualité des réseaux mafieux américains. Ce qu’il pouvait être chauvin parfois ! Certes Chicago arrivait en tête du palmarès des villes magiques les plus dangereuses du monde mais Bristol ne donnait pas sa part au bourssouflet depuis la Guerre des Gangs. Au classement, elle occupait une solide troisième place derrière Mexico et devançait de peu New York qui possédait un taux de criminalité moindre du fait de sa très forte population.
Ce sondage avait largement été mi en avant par Marchebank d’ailleurs  pour justifier  la mise sous dôme de la ville, Robin ne le savait que trop bien mais plutôt que d’entamer une guerre de statistique avec Ignacio elle préféra le laisser dans sa douce ignorance et l’écouter parler des raisons de sa venue au Royaume-Uni.

Ainsi donc sa mère était anglaise. Bien sûr. Le barman avait fait état de sa double nationalité lors de leur arrestation, Robin aurait du s’en souvenir. Le danseuse se garda toutefois de poser la moindre question sur la mère d’Ignacio dont il parlait au passé. Elle reporta son attention sur son collègue qui avait très vite enchainé  pour lui expliquer l’heureux concours de circonstance qui l’avait conduit jusqu’à Calder.

« Tu as eu de la chance de tomber sur ce Veilleur. Tu vas dire que je ne suis pas objective mais je pense que nous appartenons à l’un des  gangs les plus influents du moment… Imagine tu aurais rencontré un Sharak ? » souffla-t-elle en haussant les sourcils.
Les Sharaks n’existaient plus, comme d’autres groupes mafieux réduits au silence par l’expansion phénoménale de Calder et de ses hommes. Sans le savoir, Ignacio avait misé sur le bon Abraxan. Il y avait bien quelques concurrents sur le marché anglais qui tentaient actuellement de déstabiliser l’organisation de Jayce et Roy  –son agression au sein des Folies en était la preuve la plus évidente- mais globalement les Veilleurs avaient le vent en poupe. La proximité avec La Milice et le Gouvernement Marchebank aidait, incontestablement.

La jeune femme étendit les jambes tandis qu’Ignacio lui retournait plus ou moins sa question.

Effectivement, la mafia était une affaire de famille chez les MacFarlane pourtant, passé un temps,  Robin avait tout fait pour quitter ce chemin tout tracé. Elle avait redoublé d’efforts pour intégrer l’académie des arts magiques –contre le gré de son père qui la voyait bien livrer des potions pour son compte jusqu’à la fin de ses jours. Elle avait travaillé d’arrache pied, terminé major de sa promotion  pour décocher un contrat dans les meilleurs ballets mondiaux mais elle avait été durement rattrapé par sa condition.
Il avait fallu que son frère tue sa femme, qu’elle soit obligée d’organiser et de payer sa défense, qu’elle tente d’obtenir la garde de sa nièce, en vain, pour se retrouver de nouveau au fond du  caniveau.  Un terrible retour de bâton .
Robin avait été stupide  de croire au contes de fées. Les filles comme elle ne pouvaient pas prétendre à une destinée hors du commun :  Elle était née mafieuse, elle resterait mafieuse.

« Comment je suis arrivée chez les Veilleurs ? souffla-t-elle sans faire état de son cheminement intérieur, grâce à ça, Elle leva ses longues jambes, fines et gracieuses, Quand j’ai compris qu’il me suffisait de les faire payer pour gagner ma vie grassement, tu te doutes bien que j’ai sauté sur l’occasion, susurra-t-elle. Ce n’était même pas un mensonge. Robin avait accepté de vendre ses charmes en toute connaissance de cause mais elle ne souhaitait pas s’étendre sur les échecs et les désillusions qui l’avaient poussé en envisager sérieusement une carrière de prostituée. Elle reposa ses jambes à plat sur le lit et poursuivit, même si je t’avoue que j’ai quelques projets de reconversion. J’espère bien ne pas rester « une fille » toute ma vie. Premièrement parce que je ne le pourrai pas –Elle ne se faisait pas d’illusion « les filles des Folies » dépassaient rarement la quarantaine, et deuxièmement parce que j’ai d’autres ambitions, elle observa Ignacio de ses grands yeux sombres, Je me vois bien intégrer l’équipe des mercenaires par exemple, lança-t-elle innocemment alors qu’elle officiait depuis quelques mois déjà pour l’équipe en charge du trafic de baguettes, information que le barman ne pouvait pas ignorer au vue de son statut au sein des Veilleurs. Elle disait cela uniquement pour le taquiner et pour lui faire comprendre qu’elle connaissait, elle aussi, ses missions au sein du gang, mission dont il pouvait lui parler sans détour.

Le Pear One du barman vibra alors sur la table de nuit, rompant cet instant confidence.

« Tiens, je crois que tu viens de recevoir une nouvelle commande de meurtre. » lança joyeusement Robin en décollant sa tête de l’épaule d’Ignacio pour observer le Pear encore éclairé sur le chevet…


Love as if you had never suffered. Dance as if nobody looked at you
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« J’ai toujours été bon pour me trouver au bon endroit au bon moment. » répliqua-t-il en haussant les épaules, un petit sourire aux lèvres. Robin était bien placée pour le savoir, puisqu’elle avait partagé sa cellule avec lui quelques semaines plus tôt.

En effet, Ignacio était conscient de la chance qu’il avait eu en rencontrant un membre des Veilleurs, plusieurs mois après son arrivée en Angleterre. Son travail aux Folies Sorcières étaient bien plus intéressant que lorsqu’il était simple barman, quelques rues plus bas. Il se sentait parfaitement à l’aise dans le milieu de la mafia, et encore plus chez les mercenaires – groupe discret et suffisamment indépendant au sein du gang pour qu’il n’ait pas l’impression que ses mouvements soient épiés – simple impression cependant, car il savait que Solal veillait au grain sur ses hommes.

Ignacio tourna un regard intéressé vers Robin, qui lui confiait les raisons de sa place chez les Veilleurs. Son regard se posa sur les jambes de la jeune femme et il hocha la tête, un sourire en coin. Ce qu’il appréciait le plus, chez sa collègue, c’était son franc-parler et son honnêteté. Il ne l’avait jamais vu honteuse de son travail et elle en parlait toujours avec franchise et, surtout, sans tabou. Cela l’avait d’abord étonné – à New York, les milieux mafieux étaient quasiment exclusivement masculin ; les femmes n’y avaient pas leur place ou du moins, pas dans un rôle actif. L’Angleterre, de toute évidence, semblait avoir renversé ces codes profondément ancrés de l’autre côté de l’Atlantique. Ignacio, lui, gardait un caractère plutôt macho et des réflexes paternalistes typiques des Etats-Unis.

« Tu as encore quelques années devant toi… » souffla-t-il en caressant du regard le corps dénudé de sa collègue, depuis l’ovale de son visage jusqu’aux courbes de ses hanches. Robin était, objectivement, une femme magnifique.

Son sourire se transforma en rire lorsqu’elle lui confia, avec une innocence feinte, son idée de rejoindre les mercenaires dans quelques années.

« Reste avec tes baguettes, » lança-t-il en lui adressant un sourire amusé, un peu trop conscient du double-sens de ses paroles. « Tu ne survivrai jamais à la formation avec Kane. » Qui était, assurément, un sociopathe couplé d’un pervers narcissique qu’Ignacio s’imaginait très souvent étrangler. « Non, vraiment, pas besoin de devenir mercenaire… Mais si un jour tu as besoin d’un service de ce genre, tu as déjà mon numéro de téléphone. » lança-t-il avec un regard mystérieux, alors que ledit téléphone vibrait sur la table de nuit.

Le barman releva la tête en direction de l’appareil, curieux de savoir qui pouvait bien lui envoyer un message à une heure si matinale. Un regard vers le réveil lui indiqua au contraire que la journée était plutôt avancée, bien que les volets fermés ne laissaient pas passer la lumière.


« Hm ? » répondit-il distraitement en se penchant vers l’appareil éclairé. Il avait installé sur son Pear une barrière de sécurité, qui empêchait de lire les messages sur l’écran de verrouillage ; ils n’apparaissaient que lorsqu’il déverrouillait son appareil à l’aide de son emprunte digitale. « Je ne vois pas de quoi tu parles, je suis sage et tendre comme Sergent-J’aime-Les-Bisous. »

Se dégageant de l’étreinte de Robin pour parcourir brièvement le message, Ignacio ne put s’empêcher de froncer les sourcils en avisant l’expéditrice – la réputation de Mildred Magpie n’était pas à refaire, et le barman veillait à ne pas trop entretenir de rapports avec elle, peu désireux de se retrouver dans une situation aussi embarrassante que non-désirée. Il pianota rapidement sa réponse, et reposa l’appareil avant de se retourner vers sa collègue, qu’il observa quelques instants, en silence.

Cette discussion avait été aussi surprenante qu’agréable, surtout que ni l’un ni l’autre n’étaient très promptes aux longues conversations d’ordinaire. Ignacio, pour la première fois depuis son arrivée en Angleterre, avait confié une partie de son « ancienne vie » à quelqu’un, sans détour ni filtre ce qui était, quand on le connaissait, un véritable exploit.

« Ca te tente, une douche ? » proposa-t-il en s’étirant alors que Denver, réveillé par leurs mouvements, miaulait d’un air indigné.



Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Le Téléphone sursaute à nouveau sur la table de nuit...

Vous avez reçu un message!:
 

Trente secondes plus tard, nouvelle vibration de l'infatigable Pear.

Vous avez reçu un message!:
 

Le mode vibreur passe en mode harcèlement avec un troisième message :

Vous avez reçu un message!:
 

HJ : Désolé de vous harceler de la sorte. Mais pendant que la jeunesse batifole joyeusement, Mildred s'emmerde profondément dans la solitude de ses draps roses.


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Veillée intime, veilleurs complices [Robin & Ignacio]

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