AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Where is my mind ? [Théo & Lilly]

Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 267

Voir le profil de l'utilisateur
8 juillet 2010 - QG du LEXIT

Lilly tourna la page du grimoire qui était posé devant elle. Le papier craquait entre ses doigts, signe de l'usure de l'ouvrage, publié dans les années 1900. Elle l'avait trouvé sur un marché noir, chez un marchand probablement né à la même époque, qui lui avait vendu avec une phrase énigmatique : "Ce sera la plus belle de vos acquisitions, miss." Lilly, intriguée mais surtout fascinée par le sujet abordé, n'avait pas hésité une seule seconde avant de l'acheter.

Et, en effet, elle ne regrettait pas. Cela faisait plusieurs heures - trois, peut-être cinq - qu'elle était plongée dans le grimoire, attablée dans la bibliothèque qu'elle avait aménagé dans le sous-sol du manoir qui abritait désormais le QG du LEXIT. Une lampe à huile éclairait la pièce et le silence régnait en maître, uniquement troublé par le bruissement des pages qu'elle tournait régulièrement.

C'était une soirée comme elle les aimait tant, où la solitude avait ses bienfaits : plongée comme elle l'était dans sa lecture, Lilly appréciait le fait de pouvoir se concentrer sur les termes employés, sur les théories avancées par l'auteur. Par Godric, songea-t-elle avec un sourire amusé, si on lui avait dit, quelques années plus tôt, qu'elle aimerait tant passer une soirée entière plongée dans un grimoire poussiéreux... Mais la recherche passionnait la jeune femme ; si Skye n'avait pas été un projet aussi controversé et aussi malsain, elle aurait sûrement fait le souhait d'aller travailler dans cette structure qui étudiait la mémoire.

C'était fascinant, impressionnant, même, de découvrir l'étendue de la mémoire, ses secrets, ses spécificités selon les espèces, selon les genres, selon l'âge. C'était un sujet d'étude sans fin, tellement le domaine était vaste ; ils n'en avaient exploré qu'une partie infime, ridiculement petite d'ailleurs. Elle avait la chance de pouvoir effectuer des recherches dans le cadre de son travail et encore mieux : d'être payée pour les effectuer. Elle avait presque épuisé son sujet de thèse sur la mémoire transitoire - Merlin seul savait à quel point elle tenait à ses écrits, sur lesquels elle avait passé des heures et des heures.

Le grimoire qu'elle avait sous les yeux traitait d'aspects bien plus pratiques, mais tout aussi intéressants. Les manipulations mentales étaient malheureusement monnaie courante à leur époque, et ce livre l'aidait à les aborder sous un autre angle. Jamais ces sorts oubliés ne lui avaient paru si actuels...

Un bruit provenant des escaliers lui fit relever les yeux et elle avisa un jeune homme qui se tenait sur le pas de la porte.

"Bonsoir Théo." lança-t-elle tranquillement baissant à nouveau le regard sur le paragraphe qu'elle venait de quitter des yeux "La mémoire comme boîte de Pandore, une théorie d'Alfred Langton" "Comment vas-tu ?" s'enquit-elle poliment ensuite.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1007

Voir le profil de l'utilisateur
Théo ouvrit le placard du haut et rangea soigneusement la boîte à thé à sa place. Il s'adossa un instant contre le plan de travail, sa tasse fumante entre les mains, et promena son regard sur la cuisine bien rangée. Par cette heure tardive, elle était plongée dans l'obscurité, rompue par la lueur d'une chandelle qui se consumait lentement. Par la fenêtre, on apercevait la lune pleine et lumineuse, qui se détachait nettement sur le ciel d'encre.

Théo appréciait ces moments où il avait le QG pour lui seul, et où il pouvait profiter du calme des Cornouailles pour avancer ses recherches. Un lourd manuel à la couverture émeraude sous le bras, sa tasse brûlante à la main, il sortit de la cuisine puis se dirigea vers les escaliers pour descendre au sous-sol. Là-bas, dans la petite bibliothèque qu'il lui arrivait de garnir en livres, il serait parfaitement bien installé pour poursuivre sa lecture.

Parvenu sur le pas de la porte, il se figea en constatant que la pièce était éclairée. Aussitôt, il reconnut la petite silhouette de son ancienne collègue du bureau des Oubliators, Lilly. En s'avançant précautionneusement dans la pièce pour ne pas renverser son thé, il avisa le manuel posé devant la jeune femme. Visiblement, la figure de proue du Kraken avait des recherches à faire, elle aussi...

"Bonsoir Lilly", répondit-il en s'installant lui aussi à la table de la bibliothèque. "Je vais bien, je te remercie, et toi ?"

A la lueur de la lampe à huile, il parvint à lire à l'envers quelques mots du manuel que lisait Lilly. La mémoire, son sujet d'études. Il était surprenant de la découvrir dans une telle position, studieuse et solitaire, elle que l'on voyait toujours dans l'action, avec son dynamisme et son enthousiasme habituels. Soucieux de ne pas la déranger dans sa propre soirée de lecture, il s'enquit :

"Cela ne te dérange pas que je vienne lire ici avec toi ? Je voulais consulter certains de nos livres de potions, mais cela peut attendre demain."

Les recherches de l'une des têtes pensantes de l'organisation étaient probablement plus importantes que les siennes. Baissant la tête vers son manuel, il l'ouvrit à la page sur laquelle il avait arrêté sa lecture. En haut de la page, le titre du chapitre était inscrit en belles lettres calligraphiées : Philtres d'amour et dérivés, comment corrompre ou créer le lien affectif. Il n'était pas tout-à-fait certain du potentiel de sa découverte, tout dépendait de sa capacité à trouver plus d'informations au sujet de cette potion, et surtout, à se procurer les ingrédients nécessaires pour la créer...




Merci à Juliet
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 267

Voir le profil de l'utilisateur
"Ça va, merci." répondit Lilly sans quitter son livre des yeux, mais en ralentissant toutefois sa lecture pour ne pas en perdre le fil.

Ses doigts parcoururent machinalement la page qu'elle était en train de lire, alors que ses sourcils se fronçaient sous l'effort de concentration qu'elle devait faire pour comprendre les termes employés par le sorcier - et surtout pour parvenir à déchiffrer l'encre qui avait bavé ci et là en laissant de grandes traces noires rendant difficile la la compréhension du texte dans sa globalité.

L'ouvrage retraçait une période très précise, à savoir le conflit qui avait secoué deux clans ennemis entre 1479 et 1485, en Chine. Il y avait, là-bas, un culte des esprits et des âmes, plus fort que dans n'importe quel pays. Les Tán et les Zhāng étaient rivaux depuis des générations et multipliaient les actes assassins les uns envers les autres pour éliminer ce qu'ils considéraient être une menace pour leur famille. Le conflit était perpétué par les nouvelles générations, qui elles-mêmes élevaient leurs enfants dans la haine de leurs voisins. Les femme du clan des Zhāng, finalement, après que le dernier homme de leur famille ait péri de la main des Tán, s'étaient réunies et, dans leur peine, avaient pratiqué une magie vieille comme l'origine du monde, qui mêlait l'âme et l'esprit de deux personnes pour les lier avec un lien indescriptible. Le lien était si fort, que, rendus fous de chagrin, plusieurs membres du clan Tán s'étaient suicidés ; la peine des femmes Zhāng étant devenue la leur, et avait même été décuplée par la magie. L'auteur proposait alors de revenir sur cette vieille forme de magie chinoise, très proche de la legimencie, mais bien plus puissante... Mais bien plus dangereuse.

"Non, aucun problème, installe-toi, je t'en prie." convia Lilly en désignant à Théo une chaise pour qu'il puisse s'asseoir. Curieuse, elle leva la tête pour examiner le livre qu'il avait en face de lui. Elle parvint à déchiffrer à l'envers quelques mots, ce qui lui arracha un froncement de sourcil dubitatif.

"Tu lis quoi ?" demanda-t-elle en l'interrogeant du regard.

Elle-même n'avait jamais excellé en potion - elle avait un niveau correct en sortant de Poudlard, mais elle n'avait jamais continué à se former dans ce domaine, pourtant intéressant. Elle savait, au contraire, que Théo était doué ; il n'était pas rare, d'ailleurs, de le croiser alors qu'il était au QG, occupé à réaliser elle-ne-savait quelle potion.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1007

Voir le profil de l'utilisateur
Théo esquissa un petit sourire en avisant l'air de Lilly, face à sa lecture. ll est vrai que ce n'était pas ce qu'il y avait de plus conventionnel. Quand bien même les philtres d'amour restaient, pour les moins puissants, autorisés par la loi, ils étaient de plus en plus décriés par les mouvements féministes qui décriaient l'absence de consentement. Par certains aspects, utilisé par un sorcier habile, un philtre d'amour pouvait causer autant de dommages qu'un Imperium. Pourtant, la pratique était tellement ancrée dans leur culture, et depuis si longtemps, que certaines formes plus légères de philtres d'amour restaient à ce jour autorisées à la vente, dans des endroits aussi faciles d'accès que des magasins de farces et attrapes.

"Un chapitre sur des dérivés des philtres d'amour. Je ne cherche à ensorceler personne, rassure-toi", commenta-t-il avec une pointe d'amusement, avant de retrouver son sérieux. "Je me renseigne sur les potions qui permettent de créer ou renforcer le lien entre deux personnes. Une potion en particulier m'intéresse, car elle permettrait de créer un tel lien d'empathie entre deux personnes qu'elles pourraient partager leurs sensations : si l'une ressent le froid, l'autre aussi, si l'une ressent de la douleur, l'autre aussi... et cela quelle que soit la distance."

Théo s'exprimait de son ton posé habituel, mais on pouvait percevoir l'intérêt qui l'animait à travers son regard.

"Un maître des potions célèbre serait même parvenu à en faire un dérivé qui permet de créer un lien de télépathie entre deux personnes. Imagine les possibilités ! L'un est en mission et peut communiquer avec l'autre, resté au QG, pour l'alerter en cas de danger, par exemple. Ou même, deux agents en mission qui ont à se séparer et peuvent prévenir l'autre d'un danger... Pense à ce qui est arrivé à Samantha Miller : cela ne pourrait plus arriver. On aurait su, avec exactitude, ce qui lui est arrivé, ses dernières pensées. A ce jour, hormis la legilimancie, aucun procédé magique ne permet de créer ce type de connexion mentale. Or la legilimancie peut permettre des explorations de la mémoire très puissantes, mais c'est encore différent..."

La legilimancie ne pouvait être appliquée au cours d'une mission, de plus elle nécessitait des aptitudes magiques indéniable, et un entraînement spécifique dont l'immense majorité des membres du Lexit était dépourvue.

"Le problème, c'est que cela paraît difficile à faire et, surtout, c'est dangereux. Il s'agit tout-de-même de magie rouge, les séquelles qui peuvent en résulter sont à ce jour mal documentées."

Magie rouge, magie noire... La frontière était fine. Certains philtres trop puissants ou mal dosés pouvaient créer des sentiments indestructibles, que même le temps ne venait effacer. Certains sorciers, tourmentés, dépossédés de leurs propres émotions, finissaient par se suicider. Voilà pourquoi la rigueur et la raison froide étaient les deux meilleurs atouts d'un bon maître des potions. Une goutte en trop, une seconde de cuisson en plus, et l'on pouvait emporter des vies.

"Quoi qu'il en soit, il semble dommage que de telles recherches soient tombées aux oubliettes, alors je veux voir ce que je peux trouver", souffla-t-il en parcourant du regard les étagères pleines de manuels. Cela ne coûtait rien de se renseigner...



Merci à Juliet
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 267

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly leva les yeux de son propre ouvrage pour poser son regard sur celui de Théo, véritablement piquée de curiosité par ce qu’il racontait, à la fois enthousiaste des possibilités que cela laissait entrevoir, mais sceptique des moyens à utiliser pour parvenir à cette fin.

« Ca ressemble justement au sortilège d’empathie. » intervint-elle en fronçant les sourcils.

Ce sortilège, célèbre lors de la première ascension de Voldemort, n’était pas des plus connus aujourd’hui car il avait été interdit par le ministère des années plus tôt. Il s’agissait d’un sort puissant, qui faisait voir et ressentir à l’autre exactement ce qu’on voyait et ressentait, sans se soucier une seule seconde du fait que la vision soit totalement subjective. Voldemort avait recruté nombre de ses partisans de cette manière. Il préférait cette méthode à un simple imperium puisque, dans le cadre du sortilège d’empathie, celui qui subissait l’envoûtement prenait pleinement part à la cause à laquelle on le soumettait et n’avait pas seulement une attitude passive vis-à-vis de celle-ci.

Lilly n’avait jamais vu l’application de ce sort de ses propres yeux, mais elle était persuadée que le mage noir l’avait employé également lorsqu’il était revenu au pouvoir, quelques années plus tôt. Elle comprenait les avantages que pouvaient apporter un tel sort, mais se méfiait surtout des inconvénients. La jeune femme avait vécu la guerre, participé à la bataille de Poudlard, et ainsi elle avait vu de ses propres yeux les dégâts de la magie noire ; il était hors de question qu’elle participe au retour d’une forme de magie si décriée.

Et en même temps.. En même temps, elle comprenait la démarche de Théo, qui n’avait que de nobles attentions dans ses recherches. C’était d’ailleurs là le problème moral qui était posé à chaque utilisation d’une magie foncée, qu’elle soit noire ou rouge : est-ce que de bonnes intentions pouvaient justifier l’utilisation d’une forme interdite de magie ?

« Les avantages seraient, en effet, indéniables. » répondit prudemment Lilly en se laissait imaginer l’avance qu’ils prendraient sur le ministère s’ils pouvaient se permettre d’utiliser cette potion.

Lire dans les pensées des autres était un atout incroyable – Lilly devait la réussite de nombreux duels grâce à cet avantage – mais la legimencie ne se faisait que dans un seul sens : elle pouvait écouter les pensées de quelqu’un mais l’inverse n’était pas vrai et la communication – si elle était possible – était délicate.

« Mais c’est difficile de savoir comment elle va agir sur les connexions neuronales et les synapses. » releva-t-elle toutefois – prudence oblige. « Et un dégât à ce niveau-là peut causer beaucoup de dommages sur le système nerveux, voire être fatal… Le sujet doit être approfondi avant de se lancer dans des expérimentations. » conseilla Lilly avec sagesse.
« Surtout sur le fonctionnement de la connexion entre les deux sujets et sur la façon dont elle se fait. » déclara-t-elle à voix basse, comme si elle se parlait à elle-même.

Beaucoup d’éléments pouvaient causer de grands dommages car trop de variables étaient encore inconnues : dans quelle zone de cerveau la connexion s’établissait ? De quelle manière se coupait-elle ? Y avait-il des séquelles à l’intrusion d’une conscience au sein même d’une autre conscience ? Ou de la disparition d’une conscience alors qu’elle venait de se lier à une autre ? Si la légimencie lui avait appris une leçon importante, c’était bien de ne pas sous-estimer les dégâts qu’une invasion de la sorte pouvait causer.

« Si ça ne te dérange pas, j’aimerai bien que tu me tiennes au courant de tes recherches. » demanda-t-elle,  une lueur d’intérêt dansant au fond des yeux. « Je pourrais peut-être te fournir deux ou trois ouvrages qui traitent d’un sujet semblable. Juste… » elle hésita un instant, mais se lança : « Fais attention avec de telles informations. Il s’agit d’une magie extrêmement puissante et personne n’aimerait qu’elle tombe entre les mains de quelqu’un aux envies de pouvoir un peu trop fortes… » Comme Leopold Marchebank. « Et manipule-les avec soin. La conscience est instable… Même si je ne me doute pas que mon ancien apprenti se rappelle de ses leçons. » termina-t-elle avec un léger sourire pour adoucir ses propos tendus.



Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1007

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly paraissait sceptique, voire inquiète par les implications de ses recherches, et il ne manqua pas de noter la façon dont elle avait mentionné le sortilège d'empathie. Théo se garda bien de mentionner le fait qu'il en maîtrisait les tenants et les aboutissants depuis maintenant quatre ans, depuis qu'il avait réussi à lancer ce maléfice à Margot Adamson. Ce soir-là, il avait noué son esprit à celui de son enseignante, avait plongé dans ses souvenirs les plus douloureux, avait fait siens ses sentiments. Cela avait été une expérience intime et perturbante, qu'il n'avait pas renouvelé depuis, car Théo avait alors compris le potentiel mais aussi les dangers de ce sortilège. C'était de la magie noire, très noire, qui avait permis de convertir bien des sorciers à la cause de Lord Voldemort... Dans un autre temps, à une autre époque.

La potion qu'il souhaitait étudier fonctionnait différemment, elle n'était pas unilatérale mais mue par le consentement des deux parties qui lieraient ainsi leurs esprits et leurs émotions de la manière la plus intime qui soit. C'était clairement dangereux, et peut-être qu'elle n'avait jamais été réalisée de façon bénéfique, mais cela ne coûtait rien de se renseigner. Théo n'était plus l'adolescent bravache qui pensait tout savoir mieux que tout le monde, et surtout mieux que son enseignante de potions. Il avait grandi, mûri et envisageait désormais ses recherches avec plus de sagesse, mais avec toujours cette avidité, cette soif d'apprendre. Ces sujets n'avaient jamais cessé de le fasciner, pas même après qu'il ait démissionné du Bureau des Oubliators. Son nouvel emploi lui laissait suffisamment de temps pour se consacrer à ses lectures, et même s'il ne les mettait pas en pratique, il ne comptait pas s'en priver.

"Je n'ai pas oublié mes leçons, Lilly", souffla-t-il en réponse avec un léger sourire. "Rassure-toi, mes recherches sont purement théoriques à ce stade et je saurai faire preuve de prudence. Simplement, je trouve le sujet passionnant et j'ai envie de creuser la question, de savoir ce qui a déjà été fait ou non, les écueils rencontrés..."

Son regard se perdit un instant dans la flamme de la lampe à huile, qui dansait en projetant ses rayons sur leurs ouvrages.

"Tu sais, j'ai toujours eu conscience que mes sujets d'étude de prédilection étaient à la marge de l'éthique, parfois même de la magie noire. Qu'est-ce que la sorcellerie, sinon le pouvoir d'agir sur son environnement et, ultimement, d'agir sur autrui ? La magie nous accorde un pouvoir immense, potentiellement infini. C'est une responsabilité dont chaque sorcier doit avoir conscience. Comme un Oubliator qui efface la mémoire d'un moldu qui en a un peu trop vu. L'Oubliette n'est pas assimilé à de la magie noire et pourtant si l'on y réfléchit bien... ses conséquences peuvent être aussi fortes que celles d'un Imperium."

Tout en parlant, il redessinait du bout des doigts les longues lignes qui couraient dans le bois de la table. Ces questions sur l'éthique de la magie l'avaient toujours passionné, et il aurait pu en parler pendant des heures.  Pourtant, au-delà de ces considérations théoriques, ils avaient des problèmes bien réels sur les bras.

"Mais il ne faut pas se leurrer, je doute que Marchebank ait besoin qu'on lui donne l'idée d'explorer ce type de sujets. Je me demande bien ce qu'il recherche, là-bas, dans son Département des Mystères... et sur son île aux cobayes... Si nous n'avons pas oublié l'existence du sortilège d'empathie, si j'ai pu trouver trace de cette potion, alors le ministère le peut aussi. Il vaut mieux être préparé, tu ne crois pas ? Savoir ce qui est susceptible de nous arriver..."

L'expression de son visage s'était durcie, son regard décidé s'était planté dans ce lui de la chef du Kraken :

"...et être prêt à contre-attaquer."

Un silence suivit ses paroles, l'atmosphère de la petite pièce semblait s'être épaissie et il pouvait presque sentir physiquement la menace du FREE qui pesait sur leurs épaules. Théo s'était penché sur la table sans même s'en rendre compte et il se redressa en s'ébrouant.

"Je te remercie de tes conseils, et j'accepterais volontiers quelques lectures complémentaires... Peut-être même que nous pourrions en parler ensemble, une fois que j'aurai approfondi le sujet, si cela t'intéresse ? Ton expérience de chercheuse sur la mémoire pourrait m'être précieuse."



Merci à Juliet
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
Messages : 267

Voir le profil de l'utilisateur
Lilly, silencieuse, écouta Théo lui assurer qu’il était conscient des risques d’un tel sort et que ses recherches, pour le moment, étaient purement théoriques. Elle approuva ses propos d’un hochement de tête, satisfaite de ne pas avoir à faire à une tête brûlée qui ne pensait qu’à mettre en application ses recherches, même lorsque ces dernières n’étaient pas achevées. C’était le risque, lorsqu’on manipulait des données aussi sensibles que celles-ci. Il fallait être prudent, faire preuve de recul et d’intelligence, pour ne pas sombrer dans la curiosité morbide. Lilly avait suffisamment confiance en Théo pour savoir que ça ne serait pas son cas, mais elle était heureuse de constater qu’elle ne s’était pas trompée.

Elle avait perçu cette intelligence fine au moment où Théo avait commencé sa formation chez les Oubliators. C’était un jeune homme remarquable qui se distinguait de ses camarades par des réflexions avancées et poussées. Lilly avait eu la chance de le former pendant quelques mois – il avait été son premier apprenti – et c’était elle qui lui avait inculqué les bases de la legimencie et de l’occlumencie. Il avait montré un talent certain pour ces disciplines, prouvant une nouvelle fois qu’il ne s’était pas trompée de fois en intégrant les rangs des Oubliators. Son départ avait été une perte pour le BDO, qui mettait toujours beaucoup de cœur à former ses apprentis et Lilly était heureuse de pouvoir converser à nouveau avec lui et de constater qu’il était toujours le jeune homme plein de réflexions avisées qu’elle avait connu quelques années auparavant.

« En effet, » admit Lilly lorsque Théo déclara que l’intervention d’un Oubliator pouvait avoir des conséquences aussi désastreuses qu’un Imperium. « Si je voulais, je pourrais bouleverser intégralement ta personnalité et ta mémoire. Te créer des phobies sur des objets qui ne t’effrayaient pas avant, te faire haïr des personnages que tu aimais, te créer une enfance différente, bouleverser ta vision du monde, te faire croire que Marchebank est un homme providentielle… » Lilly caressa distraitement la plume qui lui servait à prendre des notes. « Celui qui a le pouvoir de pénétrer dans la mémoire de quelqu’un peut le manipuler comme s’il lui lançait un impero et peut-être de façon encore plus pernicieuse. » déclara Lilly. « Et c’est pour ça que nous avons un code déontologique aussi fort, au BDO et que nous prêtons serment lorsque nous entrons en poste. »

Les mots que Lilly avait prononcés, ce jour-là, étaient restés gravés dans sa mémoire. Elle n’avait jamais trahi ce serment, pas une seule fois elle n’avait emprunté la voix « plus facile » pour s’immiscer dans la mémoire de quelqu’un mais qui était ô combien plus traumatisante. Elle avait toujours fait preuve d’une patience et d’une douceur infinie, sachant pertinemment les dégâts qu’elle pouvait causer si elle ne prêtait pas attention à ses actes.

« C’est vrai qu’il faut avoir tous les éléments en main pour contre-attaquer. » approuva Lilly. « Le ministère a un département entier dédié à la recherche, sans compter Skye… Nous ne pouvons pas contrebalancer ça mais nous pouvons mettre nos talents à contribution. Qui sait, peut-être que le moyen de se débarrasser de Marchebank se trouve dans un de ses livres… » souffla-t-elle en caressant la couverture de son propre livre. « Oui, avec plaisir, ça m’intéresse beaucoup ! Je me ferais une joie de t’aider, si tu as besoin. » affirma-t-elle en coulant un regard intrigué vers l’ouvrage de Théo.

Elle tapota son grimoire du bout des doigts, réfléchit quelques instants, puis reprit la parole.

« Tu sais, c’est étonnant que tu mènes ces recherches à ce moment-là parce que j’étais justement plongé dans des sorts un peu similaires… Ce livre retrace un conflit qui a opposé deux clans chinois rivaux – les Tán et les Zhāng dans les années 1480 environ. Leur guerre durait depuis des décennies, ils élevaient leurs enfants dans haine du clan voisin, pour qu’ils perpétuent ce conflit. Un jour, les Tán tuèrent le dernier homme du clan Zhāng. Les femmes de ce clan se réunirent, folles de tristesse. Elles lancèrent alors un sort, très ancien, tiré d’une magie vieille comme l’origine du monde, et ont lié leurs âmes et leurs esprits à ceux des membres du clan Tán. En faisant cela, leur peine est devenue la leur et beaucoup des membres du clan se sont suicidés. » expliqua Lilly en retraçant l’ouvrage dans les grandes lignes. « L’auteur revient sur cette forme de magie et sur ce sort utilisé qui permet de lier deux esprits. Il ressemble au sortilège d’Empathie mais ce n’a pas l’air d’être exactement la même chose. » souffla-t-elle en fronçant les sourcils. « Le sortilège d’empathie ne permet pas la même compréhension des émotions et une lecture aussi précise de la mémoire de l’autre. » Elle marqua un temps d’arrêt. « C’est passionnant, en tout cas. » Elle esquissa un léger sourire à l’adresse de son interlocuteur. « Je n’ai jamais eu l’occasion de te dire, pendant ta formation, à quel point j’aurais aimé te voir devenir Oubliator, Théo. Tu étais un étudiant brillant. » Elle baissa les yeux sur le livre du jeune homme. « Et la manière dont tu abordes un tel sujet me le prouve une nouvelle fois. »


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1007

Voir le profil de l'utilisateur
Passionné par la discussion, Théo écouta avec attention le récit que lui fit Lilly de ses lectures sur les deux clans chinois rivaux. Il était fascinant de constater à quel point la magie pouvait être pratiquée de façon très différente à travers le monde et selon les différentes époques, avec des rites, des croyances et des moyens différents. Les formules et langues, les instruments, les ingrédients utilisés variaient, mais au fond, s'ils s'exprimaient différents, leurs pouvoirs étaient similaires et promenaient d'une même source. Surtout, les finalités se rejoignaient souvent et tous les actes magiques finissaient par se rejoindre dans leur aboutissement.

Stimulé par la conversation, il répondit d'un sourire sincère lorsque Lilly affirma trouver le sujet passionnant.

"C'est vrai, et je serais également curieux de t'emprunter ton livre, lorsque tu l'auras terminé."

Partager ainsi le fruit de ses recherches avec quelqu'un d'aussi intéressé que lui lui avait manqué depuis qu'il était devenu bibliothécaire. Cette stimulation intellectuelle et ces questions éthiques que l'on se posait au BDO lui manquaient, il devait bien le reconnaître. Cependant, il ne lui était pas venu à l'esprit que lui aussi avait pu manquer à quelqu'un dans son ancien travail, aussi le compliment de Lilly le toucha en plein coeur. Il avait, finalement, assez peu l'habitude de recevoir des compliments ces derniers-temps, et encore moins de cet ordre. L'opinion de Lilly lui importait beaucoup, car elle l'avait pris sous son aile le temps de quelques mois, au cours desquels il avait appris à admirer son intellect autant que son audace... Plus gêné qu'il ne voulait bien l'admettre, Théo baissa le regard sur son livre en bénissant l'obscurité qui dissimulait une certaine rougeur sur ses joues pâles.

"Merci, Lilly", répondit-il en redressant un regard de gratitude vers son ancienne tutrice. "Cela me manque beaucoup, et tu sais que je n'ai pas pris la décision de partir de gaieté de cœur. C'est d'ailleurs pour ça aussi que je continue de m'intéresser à ces questions..."

Si ces recherches pouvaient un jour aider la résistance, ce serait un bonus, mais Théo était profondément motivé par une curiosité et un intérêt pour ces formes de magie qui l'animaient bien avant l'accession au pouvoir de Marchebank.

"Si tout cela s'arrête un jour, si nous gagnons... Peut-être qu'il ne sera pas trop tard pour reprendre", ajouta-t-il, l'espoir palpable dans ses propos. Pourtant, il ne souhaitait pas trop s'accrocher à cette idée, tant la route vers le succès était encore longue. Pensivement, il considéra la jeune femme qui lui faisait face, et qui avait fait un choix complètement différent du sien. Après une légère hésitation, conscient que sa question était personnelle, sa curiosité finit par l'emporter et il s'enquit :

"Est-ce que ce n'est pas trop dur, pour toi, de continuer à travailler là-bas ? Je ne parle pas seulement de la peur de te faire découvrir, mais... qu'on puisse te demander des choses que tu ne serais pas prête à accomplir ?"




Merci à Juliet
Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Where is my mind ? [Théo & Lilly]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» The self imposed limitations of the underdeveloped mind.
» 01. Losing your mind
» Merci A Lilly,Peluche,CC, et Clémennnnnt!!!!!
» I remember when, I remember, I remember when I lost my mind. ₪ 27 mars, 20h21
» Lilly Kane

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Ailleurs,-