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 "Suivez le guide !" [Emma & Virgil]

Virgil ForbesSixième annéeavatar
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6 juillet 2010

Bonne à tout faire ? Elfe de maison ? Non, plutôt …Esclave. Voila le rôle qu’endossait Virgil depuis trois jours. Quand Tobias Stern lui avait dit qu’il ne pourrait pas  le tuteurer la première semaine de son stage, Virgil ne pensait pas être à ce point délaissé. Personne n’avait cherché  à lui apprendre quoique ce soit sur Skye ou sur les Manipulations Mentales Magiques depuis qu’il était arrivé et il avait  simplement été corvéable à merci, balloté de services en services depuis lundi. Bon, ok. Virgil était un peu de  mauvaise foi,  il avait progressé en quatre jours : L’ordre alphabétique n’avait plus aucun secret pour lui ! On lui avait fait classé des potions, des dossiers, et même des fioles de souvenirs. Le soir, de retour chez sa mère pour une bonne nuit de sommeil,  il pouvait voir défiler les lettres devant ses yeux au moment de s’endormir comme les moldus comptent les moutons « A, B, C, D… » Vision cauchemardesque qui lui faisait immédiatement rouvrir les paupières.

Dire qu’il avait fait une croix sur ses vacances pour venir ici… Il commençait presque à regretter son choix !

Virgil espérait sincèrement qu’il s’agissait d’un  mauvais moment à passer et que son stage allait enfin devenir intéressant lorsque Stern remonterait du  Quartier Haute Sécurité où il officiait depuis début juillet : Le service dans lequel les criminels de guerre, anciens mangemorts, terroristes étaient enfermés se situait dans les étages inférieurs du Centre.  Les stagiaires n’avaient clairement pas leurs entrées dans cette partie de Skye, comme beaucoup d’autres employés d’ailleurs. Seul le personnel habilité pouvait se voir réserver l’accès à cette zone archi réglementée.  Virgil devait rester dans les étages supérieurs et il avait été affecté à différents services, là où les employés avaient besoin de lui…essentiellement pour du classement : Andréa aux archives mémorielles –Une vraie harpie-, Ronald au service psychomagie –Virgil connaissait toute sa vie, malheureusement, puisque « Ron »  lui avait raconté son existence en détails. Surement l’après-midi la plus loooongue que Virgil ait vécue  de sa vie-,  Jefferson chez les techniciens de labo –un acharné de travail qui n’avait pas levé le nez de ses potions-, et Peggy à la compta –bizarrement, la seule personne qui avait trouvé grâce à ses yeux…sans doute parce qu’ils avaient fait une pause cigarette ensemble depuis la fenêtre entrouverte de son bureau. « On a pas vraiment le droit de fumer ici mais Kane n’est pas obligée de le savoir. » lui avait dit la quadragénaire en le gratifiant d’un clin d’œil.
Il commençait à connaitre un peu de monde,  mine de rien. Ces multiples missions avaient au moins le mérite de lui octroyer le privilège de se déplacer entre les différents services. Il se  repérerait plus facilement dans les étages du Centre de Réhabilitation Mémoriel maintenant. Pourtant ce n’était pas chose aisé. Ici, tout n’était que transparence et blancheur immaculée, même sa blouse –obligatoire (qui lui donnait une allure de savant fou d’après Gaby)- se devait d’être impeccable.

« Tenez Virgil, voilà de nouveaux souvenirs à classer. » lâcha Andréa en déposant une caisse remplie de fioles sur son bureau.
En cette belle après-midi de juillet, Virgil était justement affecté aux archives mémorielles, une pièce aux dimensions gigantesques où étaient stockés une copie de chaque souvenir extrait au Centre. Les étagères transparentes  s’étendaient à perte de vue dans les entrailles de l’île sous une lumière blanche, chirurgicale. Ici, les réminiscences n’étaient pas ordonnées par ordre alphabétique mais par ordre chronologique –chouette un peu de fantaisie- si bien qu’à partir des souvenirs de plusieurs personnes, les chercheurs de Skye étaient quasiment capables de reconstruire une journée entière. Sans surprise, les étagères réservées au 15 juin 2008 et au 30 octobre 2009 étaient les plus remplies : Les dates respectives du « Bloody Sunday » et de l’Attentat de la Marchebank. Une véritable mine d’or…à laquelle personne n’avait accès, à moins bien sûr, de posséder un mandat ou une dérogation comme les traqueurs de Conscience ou les tisseurs de Mémoire. Chaque fiole était scellée par de puissants sortilèges de protection afin d’éviter les intrusions et Andréa veillait  comme une mère sur chaque petite bouteille. Elle le surveillait du coin de l’œil quand il s’attardait trop longtemps sur une étiquette et elle l’avait même reprit à l’ordre, une fois, lorsqu’il avait manifesté un peu d’intérêt pour un souvenir daté du 1er juin dernier et extrait de la mémoire d’un certain Montgomery Curtis. « Virgil, concentrez-vous sur votre tâche. » lui avait-elle dit alors qu’il inspectait la fiole d’un air curieux. Comme s’il avait le pouvoir de percer le mystère du souvenir à travers le verre du contenant !

« J’apprécierai que vous veillez à bien  mettre l’étiquette face à l’allée afin que nous ne perdions pas de temps à tourner chaque bouteille lorsque nous recherchons un souvenir. » lui dit-elle alors.


Andréa était pleine de lubies de ce genre. Elle utilisait des Sortilèges d’attraction pour récupérer les souvenirs si bien qu’elle n’avait absolument pas besoin que l’étiquette soit visible depuis les allées,  si ce n’est pour apaiser ses maniaqueries d’accroc du rangement.

Virgil releva ses yeux mi-clos sur la responsable des archives avant d’hocher la tête à contrecœur.

« Et par pitié, soignez votre écriture ! ajouta-t-elle en se tordant le cou pour observer le registre d’identification des souvenirs dans le bon sens, Vous avez juste à recopier lisiblement ce qu’il y a de notifié sur la fiole ! Ce n’est quand même pas si compliqué d’écrire proprement !  …Flinning ? Fliming ? C’est deux "n" ou un "m" ? » ajouta-t-elle en fronçant les sourcils.

Virgil baissa les yeux sur l’épais grimoire dans lequel il répertoriait chaque souvenir en indiquant la date, le lieu et l’auteur du souvenir ainsi que son jour d’extraction.

« Fleming, E et M, -comme Envie de Meurtre-  Fleming Daniel.Souvenirs datant du 15 avril 2010. Maison familiale des Fleming, extrait le 02 juillet 2010, lut-il à voix haute.

A cet instant, un hologramme grandeur nature de Nial, l’agent d’accueil de l’entrée, se matérialisa dans la pièce. Vargas Corp avait développé ce nouveau concept de communication spécifiquement pour le Centre de Réhabilitation Mémorielle et Virgil trouvait cela vraiment trop cool.

« Bonjour Andréa, C’est toi qui a le stagiaire ? Le garçon, pas la fille.»

« Oui. »
« Tu peux me le prêter pour la fin d’après-midi s’il te plait ?»
Merci Goddric ! Virgil ne se formalisa pas d’être traiter comme un vulgaire objet : Il était prêt à accepter n’importe quelle tâche ingrate qui l’éloignerait de cette sorcière.
« Non. Désolée Nial, répondit toutefois Andréa d’un air pincé, c’est mon stagiaire. J’ai besoin de lui pour du classement jusqu’à 18h30. Merci de ta compréhension. Au revoir. » claironna-t-elle. Elle tendit le bras et cliqua de son index sur l’épaule de l’hologramme qui disparut aussitôt.

Primo, Virgil terminait à 18h et secundo, il n’était pas son stagiaire !

« Ou en étions nous ? Ah oui ! Je préfère que vous écriviez en lettres capitales parce qu’en lettres attachées, c’est vraiment pas possible…donc, elle tourna plusieurs feuillets du grimoire déjà remplies et les arracha d’un sortilège, vous allez les réécrire soigneusement. Ce n’est pas grave si vous n’avez pas fini ce soir, ajouta-t-elle avec un sourire comme si elle avait pris la résolution soudaine de se montrer bienveillante et compréhensive, …vous reviendrez demain matin pour terminer, cela ne me pose pas de problème : Je préfère que vous fassiez ce que je vous demande lentement mais convenablement. » Nouveau sourire compatissant, « Je demanderai à ce que vous…. Quoi encore ? »

Un hologramme venait d’apparaitre dans la pièce mais contre toute attente il ne s’agissait pas de celui de Nial mais celui de Tobias Stern, le tuteur de Virgil.

« Bonjour Andréa. »
« Oh, M. Stern. Bonjour. » souffla la responsable des archives, subitement radoucie.
« Comment les choses se passent-elles avec Virgil ? Vous a-t-il été utile ? »
« Oui tout à fait, il a classé plusieurs souvenirs… Il n’est pas encore totalement autonome mais je l’aide à progresser … » ajouta-t-elle avec un maigre sourire.
Virgil se retint de lever les yeux au ciel.
« Je suis très heureux qu’il ait pu vous assister et découvrir, grâce à vous, nos fabuleuses archives mémorielles , répondit Stern en opinant du chef, mais il est temps pour lui de rejoindre le service accueil. »
« Oh…mais… »
« Katherine Strong est en arrêt maladie et Nial Juge doit gérer l’accueil des visiteurs seul. Il a besoin de quelqu’un cet après-midi, bien que courtois le ton de Stern ne laissait pas de place à la contestation, puis-je vous demander un dernier service Andréa ? reprit-il sans attendre, Dites à Virgil qu’il a rendez-vous demain à 8h30 dans mon bureau. J’ai pu me libérer du Quartier Haute Sécurité pour cette fin de semaine et j’ai une extraction de programmé dans la matinée. J’aimerai qu’il assiste à l’opération. »
« Euh…Oui…d’accord, je lui dirai. »
« Merci infiniment Andréa. »

***

Cinq minutes plus tard, Virgil débouchait des ascenseurs au niveau 0, le cœur léger. Enfin ! Il allait pouvoir découvrir le véritable travail d’un traqueur de mémoire. Un vague sourire en coin imprimé sur ses lèvres, il passa le contrôle de sécurité et traversa le hall d’accueil vitré, donnant sur la campagne et les falaises environnantes. L’adolescent ne prêta pas attention aux personnes qui attendaient puis il s’accouda sur la banque où le fameux Nial jonglait entre les hologrammes, les visiteurs et les notes, visiblement débordé.

« Ah ! Te voila enfin… ! souffla l’agent d’accueil en posant les yeux sur le badge « Stagiaire » accroché à la blouse du Gryffondor,… Virgil, lut-il avant de relever la tête vers son visage, Tu te souviens de Katherine ? Celle qui t’a fait visiter le Centre lundi quand tu es arrivé ? »
Virgil hocha la tête. Le premier jour, ils avaient eu droit à une visite guidée avec Nelly.
« Tu te rapelles de ce qu’elle t‘a expliqué ? »

« Ouai, en gros, répondit l’adolescent en haussant vaguement les épaules. Il ne voyait pas vraiment où l’agent d’accueil voulait en venir.
« Parfait ! Nial tendit le cou au dessus du comptoir pour interpeler une personne dans l’espace attente attenant, Miss ? Vous pouvez approcher je vous prie, dit-il avec un sourire chaleureux. Virgil tourna la tête et découvrit, non sans surprise, Emma Blackbonnes,  Je vous présente votre guide, M. Forbes qui est actuellement stagiaire dans notre Centre de Réhabilitation Mémorielle."

Le regard inquisiteur de Virgil se posa sur l’ex-Serpentard puis sur le badge accroché à sa robe de sorcière : « VISITEUR ». Il releva ses pupilles claires sur elle et haussa imperceptiblement les sourcils comme pour dire « Tient donc … »

Il avait effectivement envisagé l’idée de croiser Emma ici, en juillet, mais il l’avait imaginé comme patiente plutôt que comme éventuelle collègue.

«Voici  Miss Blackbonnes, stagiaire au Département des Mystères»

Nial s’attendait surement à ce que Virgil lui serre la main où se montre aussi chaleureux que Katherine l’avait été lors de son propre accueil. Toutefois l’adolescent se contenta d’un bref : « On se connait déjà. » sans quitter Emma du regard.

« Ah. Bien. » Nial les observa tour à tour, visiblement un peu étonné face à  cette absence évidente d’enthousiasme. Il sembla évaluer la situation durant quelques instants et reporta finalement son attention sur Emma, Vous allez visiter nos locaux jusqu’au niveau -5 inclus. C’est l’étage réservé au personnel. Une petite collation est d’hors et déjà réservée pour vous à la cafétéria d’ailleurs, expliqua-t-il autant pour Emma que pour Virgil –"N’oublie pas de lui payer son verre de jus de citrouille et sa part de tarte à la mélasse"- semblait sous-entendre Nial, les niveaux -6 à -8 sont interdits au public pour des raisons de sécurité. Je vous souhaite une bonne visite et n’hésitez pas, M. Forbes –enfin, Virgil, puisque vous vous connaissez-  est là pour répondre à toutes vos questions. »

Nial les congédia d’un sourire et Virgil fit quelques pas pour s’éloigner de la banque d’accueil. Il désigna d’un geste de la main la pièce où Emma avait attendu et souffla d’un air pseudo théâtral :

« Le hall d’accueil. » Il planta ses poings dans les poches de sa blouse et balaya l’espace du regard en s'arrêtant sur quelques éléments clefs « Ses agents de sécurité, …ses magnifiques plantes vertes, …sa fontaine à eau ultra high-tech. » Virgil reporta son attention sur Emma  et arqua un sourcil«  Hum, tu préfères peut-être la version visite guidée chiante et sérieuse ? » A grand renfort de dates et de statistiques !

Il pouvait très bien se livrer à cet exercice laborieux même si cela s'annonçait moins distrayant que sa propre version nettement plus amusante !


Virgil Forbes

Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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Le réveil sonnait avec force, vrillant le silence de ma chambre d'enfance. Après avoir vécu sept ans à Poudlard, cette chambre semblait être le quotidien d'une nouvelle vie débutante. La question de me trouver un appartement ne m'avait même pas effleuré l'esprit, mon père travaillant au Ministère, faire la route avec lui tous les matins m'avait paru évident. Dans un premier temps, rester vivre chez mes parents semblaient être la meilleure idée. Je ne les voyais que deux mois par an après tout, vivre au moins l'été en leur compagnie pour rattraper les mois d'absence était comme une évidence à mes yeux. Et puis commencer ma nouvelle vie en rejoignant un foyer chaleureux et familier après une journée de travail avait quelque chose de réconfortant et d'apaisant.

D'un mouvement de baguette, j'éteignis mon réveil et me levais lentement encore complètement endormie pour me diriger vers la salle de bain. La douche et son eau chaude me délia les muscles et finit de me réveiller, je restais un moment à me prélasser avant de trouver le courage de sortir de la brume humide. Le matin était toujours un moment difficile, sortir du lit, finir de se réveiller pour affronter la journée qui s'annonçait. Je n'aimais pas le matin, je préférais largement le soir. Il y avait un côté d'achèvement et d'apaisement, l'idée de retrouver un feu ronflant dans la cheminée les longs soirs d'hiver, un livre passionnant et un calme serein qui annonçait le début de la nuit. J'aimais le calme qui s'y profilait au contraire du matin qui était rempli d'activités hyperactives.

Une fois prête, je descendis silencieusement le grand escalier qui menait au salon. Une odeur de pain grillé, d’œufs brouillé et de thé fumant embaumait jusque dans les marches. Ma main frôla la rambarde avant que des éclats de voix me fassent ralentir. Mes parents semblaient avoir une discussion houleuse, je n'avais que rarement entendu ce timbre dans la voix de mon père et instinctivement, je me collais contre le mur à l'embrasure de la porte, me dissimulant pour mieux entendre et tenter de suivre le fil de la conversation. Les paroles étouffées qui me parvinrent me figèrent d'incompréhension et de terreur mêlées.

"... ce n'est qu'une enfant Anthony."

La voix de ma mère semblait désespérée comme si elle suppliait mon père de quelque chose que je ne comprenais pas encore.

"Ce n'est plus une enfant, Elena. Elle entre dans la vie active, elle est capable de prendre ses décisions toute seule. Son intégration au département des Mystères en est la preuve. Elle t'en a parlé à toi ?"

Le silence qui s'installa me laissa mal à l'aise, j'étais prête à entrer dans la pièce et à m'excuser de ne leur avoir rien dit. Mais je ne savais pas vraiment ce que je voulais, je ne voulais pas leur en parler sans être sûre d'avoir une chance d'intégrer le département. Je ne voulais pas me faire de faux espoirs et je ne voulais pas leur en faire non plus. Je ne voulais pas lire la déception sur leurs visages si j'échouais. Quel avenir m'était destiné si la seule chose qui m'intéressait réellement me filait sous le nez ?

"Non, elle ne t'a rien dit. Ni à moi non plus. Parce qu'elle ne nous parle plus. Tu savais ce qu'elle comptait faire après Poudlard avant qu'elle nous annonce qu'elle avait été prise aux Mystères ? Parce que moi non. J'en étais resté à son rêve de Médicomagie. Pour être comme toi. On en est loin n'est-ce pas ?"

Je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine alors que la culpabilité montait en moi. Bien sûr que j'aurais dû leur parler, j'aurais dû leur en dire plus. Mais tout était si confus.

"Tu sais très bien que l'année a été difficile pour elle. On ne peut pas lui en vouloir pour ça. Après son idée de Skye..."

La voix de ma mère se brisa sur ce dernier mot. J'entendis un bruit de porcelaine tintant et un raclement de gorge.

"Je préfère encore les Mystères. Pas toi ?"

Je pouvais presque voir le regard de défi qu'elle jetait à mon père. Celui qu'elle lui soutenait lorsqu'il osait la contredire quand elle était sûre d'avoir raison. Ce regard implacable et intransigeant. Je retins mon souffle dans l'attente de la réponse de mon paternel, c'était la première fois que je l'entendais parler de cette façon et j'avouais que cela me faisait froid dans le dos.

"Si bien sûr que si, je préfère ça à Skye. Mais tout de même, Elena ! Tu te rends compte ? Elle se jette dans la gueule du loup et ça en dit long sur ce qu'elle pense. Elle s'allie à lui. A son gouvernement. Elle va l'aider."

J'écarquillais les yeux de surprise, me tenant au mur pour ne pas glisser. Que voulait-il dire ? Que sous entendait-il ? Laissait-il entendre qu'il était du côté de ces terroristes qui terrorisaient le monde sorcier ? Ceux-là même qui avait détruit la banque qui avait manqué de me tuer ? Je sentis le sol tanguer sous mes pieds alors que la voix de ma mère me parvenait de plus en plus flou.

"Peut-être qu'elle ne sait pas... Elle... Comment pourrait-elle savoir Anthony ?"

Je sursautais alors qu'un poing s'abattait sur la table et que la vaisselle tintait et que la voix de mon père tonnait.

"Mais enfin Elena réveille toi ! Après McGowan ? Comment pourrait-elle passer à côté de ça ? Et Miller ? Et toutes ces lois liberticides ? On l'a suffisamment mise en garde. On lui a suffisamment expliqué comment c'était sous Voldemort. Et ça commence comme ça les dictatures bordel ! Regarde Bristol ! Et Leopoldgrad ? Quelle belle mascarade ! Ne me dis pas qu'elle a moins de jugeote que Curtis Mongtgomery enfin !"

Non... Ce n'était pas possible... pas eux... Je sentis une larme silencieuse rouler le long de ma joue alors que mes ongles s'enfonçaient dans les paumes de mes mains. J'entendis maman soupirer comme si elle se rangeait finalement à l'avis de mon père.

"Hermione semble dire que dans les services c'est encore calme. Que c'est facile de ne pas prendre parti. Peut-être qu'elle n'a juste pas prononcé son opinion. Peut-être qu'elle est de notre côté. Peut-être qu'elle pourrait nous dire ce qui se passe aux Mystères ? Depuis que Chloé a disparu, plus rien ne filtre peut-être que..."

"Ne rêve pas. Justement, depuis le départ de Chloé, ils sont encore plus prudents, ils n'engagent que des personnes dont ils sont sûrs d'avoir l'allégeance. Elle est déjà convertie Elena ! Et c'est dangereux pour nous de la garder à la maison. Que crois-tu qu'elle pourrait révéler ? Même sans faire exprès. Il suffit que nous parlions de Seamus ou des autres. Tu sais très bien que tout peut déraper."

J'entendis un hoquet de douleur comme si elle pleurait. Mes larmes coulaient sans discontinuer en silence.

"Tout serait tellement plus simple si Harry et Hermione prenaient position."

Un soupir et un nouveau blanc. Comment ça ? Bien sûr que non la politique de Leopold Marchebank n'avait rien avoir avec le règne de Voldemort. Comment pouvait-il dire ça ? Comment osait-il ? Le doute en moi me rongeait. Que fallait-il que je fasse ? Les dénoncer au risque de les voir arrêter comme Curtis ? Et qui allait s'occuper de Lucas ? Je ne pouvais pas faire ça. Ils étaient mes parents. Mais les laisser continuer à essayer de faire des attentats contre le gouvernement ? Ils étaient ce que je tentais de combattre et je ne savais pas quoi faire.

"Ils ne prendront pas positions, leurs enfants sont trop jeunes, ils ne veulent pas prendre le risque de les laisser seuls. Marchebank n'a aucune forme de décence. Il les ferait exécuter avant même qu'ils aient le temps de dire qu'ils sont contre lui et sa politique."

Toute cette conversation m'horrifiait et je ne savais pas ce qu'il convenait de faire. Rester muette et faire comme si je n'avais rien entendu ? Ou au contraire mettre en avant mes idées et ce que je pensais réellement. J'avais l'impression d'avoir été poignardée dans le dos. J'essuyais furtivement les larmes qui avaient coulé sur mes joues alors que la voix de ma mère s'élevait à nouveau.

"Et... tu lui parleras de ton envie de la voir emménager seule quand ?"

J'entendis un soupir exaspéré.

"Ce n'est pas ce que je veux vraiment Elena. Tu le sais. C'est ma fille autant que la tienne ! Mais... ce soir, je pense. Je lui en parlerais ce soir."

Je profitais du silence qui venait de s'installer pour me recomposer un visage et tenter de retrouver quelques couleurs avant de sortir de ma cachette et d'entrer dans le salon avec un léger sourire.

"Tu veux me parler de quoi papa ?"

Je le vis se tendre légèrement alors que maman palissait comme s'ils avaient peur que j'ai pu surprendre leur conversation. Mon regard acier se plongea dans celui de mon père alors qu'il esquissait un sourire gêné.

"Emma ! Tu es là depuis longtemps ? Qu'as tu entendu chérie ?"

Je haussais les épaules en m'installant à table et en me servant une tasse de thé. Comme si rien ne venait de se produire.

"Seulement que tu voulais me parler. Alors ? Tu veux me dire quoi ?"

Je croquais dans une tranche de pain mais le goût fut fade dans ma bouche. Je mâchais machinalement sans prendre de plaisir à manger, j'avais plutôt envie de vomir. Papa se racla la gorge avant de hocher doucement la tête.

"Oui avec ta mère, on a longuement discuté et on en est arrivé à la conclusion qu'il serait peut-être bien pour toi de te trouver un appartement. Qu'en dis-tu ? Tu as des amies proches ? Marlène ? Tu pourrais lui proposer une collocation ? Ou si tu préfères être seule, c'est ton choix aussi. Mais on se disait que ce serait mieux pour toi. Tu aurais ton indépendance et... Tu pourrais sortir plus... librement. Vivre ta jeunesse. On t'aiderait pour le loyer au début bien sûr. Mais... Enfin... Qu'en penses-tu ?"

Je déglutis difficilement, mon regard toujours dans celui de mon père. Je hochais doucement la tête.

"D'accord. Si vous pensez que c'est mieux pour moi pourquoi pas."

J'avais décidé de me montrer conciliante. Pourquoi m'imposer et pourquoi créer des tensions ? Ils ne voulaient plus de moi au Manoir, je ne resterais pas plus longtemps. J'esquissais un petit sourire qui se voulait presque joyeux avant de me lever et de quitter la table le ventre noué.

"J'irais seule au Ministère aujourd'hui."

Puis sans un mot de plus, je quittais le salon, attrapais ma cape et sortis avant de transplaner dans l'allée. Le début d'une longue série d'arrivées solitaires. Une fois de plus, je perdis mon temps dans la salle des portes à la recherche de la bonne porte. J'avais commencé à apprendre un sort qui permettait de rendre la matière invisible ce qui permettait de visualiser ce qui se trouvait derrière les portes en les rendant transparentes. Je mis mon sort à l'essai et un léger sourire enchanté se dessina sur mes lèvres lorsque je trouvais la bonne porte en ayant presque pas perdu de temps. Mais j'étais beaucoup en avance pour le coup.

J'arrivais à mon poste de la journée sous l’œil amusé de ma formatrice qui semblait ne pas avoir quitté le département de la nuit au vu des cernes sous ses yeux. Je la saluais avec un petit sourire avant de me mettre au travail sous ses ordres. Cela eu le don de me sortir la conversation du matin de la tête et de penser à autre chose et de m'épanouir pleinement. C'était peut-être mieux si je quittais le Manoir en effet, je ne voulais pas avoir à me justifier sur ma place ici en permanence. J'y étais bien et chaque jour était une découverte. Je voulais en apprendre plus encore et encore et c'était exactement ce que je faisais.

"Au fait ! Tu vas à Skye aujourd'hui. Pour une visite. On travaille avec eux, il faut que tu connaisses les locaux au moins."

Elle m'adressa un petit clin d’œil avant de continuer à me montrer ce qu'elle voulait que je fasse. Comme convenu, je pris un portoloin direction Skye où ils semblaient m'attendre dans le Hall d'accueil. Un homme à l'air jovial m'accueillit avant d'appeler un stagiaire pour me faire la visite visiblement. J'attendis un moment avant que Forbes ne déboule dans le Hall. Je poussais un profond soupir avant de m'avancer à mon tour avec un petit air pincé lorsque l'agent d'accueil me présenta.

"En réalité, je suis apprentie au Département des Mystères."

J'esquissais un petit sourire poli avant de me tourner vers Virgil et de le détailler des pieds à la tête.  

"Et oui, nous nous connaissons déjà."

Je détournais le regard pour fixer l'agent d'accueil alors qu'il expliquait la suite des événements. Je hochais la tête avec léger sourire avenant tout en l'écoutant avant qu'il me laisse en compagnie de Virgil. De tous les garçons de Poudlard, il fallait que je tombe sur lui, j'étais décidément maudite. Comme si la journée n'avait pas été suffisamment pourrie. J'inspirais profondément alors que de sa voix traînante, il commençait la visite en s'attardant sur les détails futiles. Je levais les yeux au ciel avant de poser un regard froid sur lui.

"Tu fais comme tu veux Forbes. La façon dont tu me fais cette visite m'indiffère au plus haut point. Du moment que tu me montres ce que j'ai à voir pour que tu puisses retourner à tes tâches fort passionnantes de stagiaire."

Je lui adressais un petit sourire condescendant avant de laisser mon regard s'attarder sur les ascenseurs qui nous conduiraient au niveau -1.


The past is not anymore, the present passes, and the future is uncertain
Virgil ForbesSixième annéeavatar
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Si elle fut étonnée de le retrouver en stage à Skye, Emma n’en laissa rien paraitre. Elle arborait le même air hautain qu’à l’école et ne semblait pas particulièrement surprise de le voir là. Elle devait sans doute penser qu’il était un simple stagiaire du service administratif souhaitant se faire un peu d’argent de poche pour l’été. Elle devait l’imaginer en train de classer des dossiers à longueur de journée, apporter des cafés aux Tisseurs et aux Traqueurs, bref être corvéable à merci…
Bon, Ok.
Il devait être honnête avec lui-même, c’était exactement ce qu’il était depuis le début de semaine mais il nourrissait d’autres ambitions.Ambitions qu’il ne comptait pas partager avec sa camarade. Il préférait qu’elle le pense trop stupide pour intégrer le corps d’élite des Traqueurs de Conscience. Comme pour donner plus de crédibilité à sa théorie du Stagiaire-sans-cervelle, Virgil afficha son sempiternel sourire benêt en entendant la réponse d’Emma qui le raillait justement sur son statut.

« Tu as parfaitement  raison. Mes activités sont passionnantes, souffla-t-il en faisant mine de ne pas comprendre l’ironie dans sa phrase, j’aime tellement le classement alphabétique, ajouta-t-il en se penchant vers elle comme pour lui faire une confidence.
Faire de tes faiblesses une force, telle était la devise de Virgil qui ne comptait pas se laisser impressionner par le statut d’Apprentie de la jeune femme. Merlin, comment pouvait-elle prononcer ce mot avec tant de fierté ?
Sur l’échelle des fonctions de merde au sein d’une institution, le grade de « Stagiaire » était peut-être au dernier échelon mais celui d’Apprenti se trouvait à peine au dessus.

Enfin, cela faisait longtemps qu’il ne cherchait plus à comprendre Emma Blackbonnes. Il estimait avoir été plutôt cool avec elle, en janvier dernier, lorsqu’elle avait fait sa crise d’angoisse mais elle semblait l’avoir prit en grippe pour d’obscurs raisons depuis. Soit. Cela ne l’empêchait pas de dormir pour autant. Virgil avait juste classé Emma dans la case des « Allumés du bocal » et il ne comptait pas chercher les raisons de ce brusque revirement dans son comportement. Et puis quoi encore ?

Lorsqu’elle le dispensa des explications officielles sur le Centre de réhabilitation mémoriel,  Virgil retint un sourire mauvais.  La véritable visite guidée de Skye était intéressante, vraiment, et il se serait plié à cet exercice -comme un bon stagiaire qui n’a pas son mot à dire l’aurait fait- si seulement Emma avait exigé de lui un minimum de sérieux. Mais elle lui laissait littéralement carte blanche alors,… Comment résister à l’appel du malin ?
Emma aurait dû savoir qu’il ne fallait pas lui laisser trop de liberté, pourtant ! C’était comme si elle lui avait donné l’autorisation de se ficher de sa figure pendant une heure… Du pain béni !
L’adolescent comptait bien profiter de cette situation. Il n’avait pas eu de réel distraction depuis trois jours et, étonnamment, la présence de la morne Emma Blackbonnes allait enfin égailler son quotidien. Qui aurait cru que la jeune suicidaire lui permettrait de s’amuser un peu aujourd’hui ?

« Dans ce cas, bienvenue dans  le « Skye Insolite Tour ! » lança-t-il joyeusement en s’approchant de l’imposant dispositif de sécurité permettant l’accès aux niveaux inférieurs, le réel cœur de Skye. Le PC sécurité regroupait de nombreux agents issus de différents services, de la P.M aux Aurors, le tout chapeauté par la Milice.

« Tu dois laisser ta baguette ici, te faire paramétrer –sous entendu, ensorceler par des agents de sécurité, puis emprunter la« Passe  » souffla-t-il en s’effaçant pour laisser le soin à Emma de s’enregistrer. Alors qu’elle se présentait au Milicien pour effectuer ces démarches, Virgil traversa un miroir d’eau semblable visuellement à celui de la Place Merlin de  Leopoldgrad .

Le Passage – ou Passe- prenait l’apparence d’une flaque de liquide verticale et translucide dressée au milieu du couloir permettant de filtrer les entrées et détecter d’éventuels intrus : Polynectar, sortilèges de modification d’apparence… Le Passage détectait n’importe quel subterfuge magique visant à modifier son identité et il contrôlait dans le même temps l’accès aux différents espaces du Centre. Plusieurs Passages étaient ainsi installés à différents points stratégiques dans les couloirs de Skye. La Milice était en capacité de tous les bloquer simultanément pour éviter une intrusion, ou au contraire, une évasion. Katherine, qui avait fait la visite guidée à Virgil quelque jour plus tôt, le lui avait expliqué mais l’adolescent ne comptait pas être aussi instructif auprès d’ Emma. Elle était surement assez intelligente pour deviner toute seule la fonction d’un tel dispositif. Lorsqu’elle le rejoignit de l’autre côté du Passage, il la gratifia de son sourire idiot et désigna la flaque mouvante qu’elle venait de traverser :

« Le célèbre détecteur de connerie de Skye. Bizarrement, tu t’en ais plutôt bien sorti…» ajouta-t-il effrontément en faisant mine de s’étonner du résultat.
Elle l’avait gratifié de son regard condescendant   depuis qu’ils s’étaient retrouvés, il pouvait bien se permettre une petite vacherie alors qu’ils étaient seuls au milieu du couloir.  L’adolescent retint un sourire moqueur et désigna les cages d’ascenseur d’un geste de la main, c’est par là. »

Il n’y avait pas d’autres espaces à visiter que l’accueil au niveau 0, le niveau du Phare moldu. Le PC sécurité était fermé à tout le monde, même aux employés du Centre ayant accès au Quartier Haute Sécurité. Les deux adolescent rejoignirent donc le niveau -1 et les portes s’ouvrirent sur un petit hall pourvu de deux Passes, une en face d’eux, et l’autre, sur leur droite. Ils passèrent la première qui les laissa dans une large salle d’attente dont les parois transparentes étaient entièrement ouvertes sur la nature environnante. De l’extérieur, moldus et sorciers ne voyaient qu’une falaise en pierre se jetant dans la mer, mais de l’intérieur, les murs avaient été ensorcelés avec le même enchantement que la plafond de la Grande Salle de Poudlard. On retrouvait exactement le même principe jusqu’au niveau -8, lui avait dit Katherine, bien que les étages du Quartier Haute Sécurité soient tous immergés.

Virgil s’avança un peu dans la pièce et une secrétaire médicale postée derrière sa banque le salua d’un signe de tête tandis que quelques patients attendaient leurs rendez-vous, installés dans de larges fauteuils en cuir blanc .En ambiance sonore, on pouvait entendre une musique douce et agréable pour le commun des mortels sauf pour Virgil qui la trouvait horripilante au possible.

« Niveau -1, Salle d’attente et Service psycho magique, souffla-t-il  un ton plus bas.
Ici, le calme était de rigueur à toute heure de la journée. Virgil avança en direction des cabinets des psychomages, les seuls espaces cloisonnés avec des parois opaques, comme pour laisser plus d’intimité à ses occupants.

« J’attire ton attention sur la magnifique moquette anthracite de ce service, souffla-t-il alors en s’arrêtant devant le cabinet de Meredith Kane dont le nom était inscrit sur la porte. Généreusement molletonnée, agréable au toucher, chaleureuse et isolante, tu ne la retrouveras nulle part ailleurs dans le Centre. Il parlait bien évidemment  du revêtement au sol et non pas de la directrice des lieux.

Emma devait déjà tout connaitre de Kane aussi Virgil jugeait qu’il n’avait pas besoin de rentrer dans les détails  du C.V de l’imminente Directrice de la Santé Magique. Et puis, c’était nettement plus amusant de parler d’un sujet aussi futile que le choix de la moquette quand Emma devait bouillonner d’en savoir davantage sur ce service où les patients passaient obligatoirement une évaluation psychomagique avant de subir le moindre opération. Cet endroit était donc une étape obligatoire pour quiconque souhaitait se faire modifier la mémoire u niveau -2. Le lieu se devait d’être le plus cosy possible pour rassurer les patients et les mettre en confiance. Bizarrement, la moquette participait à la quiétude des lieux, avait remarqué Virgil.

L’adolescent balaya la pièce du regard -à la recherche d’un autre commentaire insolite à faire- mais comme il ne trouva rien à dire, il revint rapidement sur ses pas et traversa la salle d’attente à pas feutrés (Quel miracle cette moquette, quand même !). Il était prêt à quitter le Service Psychomagie  pour rejoindre la deuxième Passe qui desservait la partie Administrative du Centre lorsqu’il s’arrêta pour désigner d’un geste du menton la secrétaire médicale :
« Si tu veux prendre rendez-vous pour toi, tu peux y aller, je t’attends là... » souffla-t-il mi sérieux mi-provocateur à l’attention d’Emma.


Virgil Forbes

Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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Virgil avait toujours eu le chic de passer pour plus bête qu'il ne l'était. L'air benêt qu'il arborait alors qu'il laissait entendre qu'il adorait l'archivage me fit lever les yeux au ciel d'exaspération. Il était bien plus malin que ça et j'avais l'intime conviction qu'il n'était pas à Skye pour passer son été à faire de l'archivage. Je ne savais pas exactement quel poste il convoitait mais j'avais la certitude qu'il avait les capacités pour réussir. Il suffisait qu'il mette du sien et qu'il arrête de prendre tout le monde pour des imbéciles. Je n'écoutais que d'une oreille sa présentation fantaisiste des lieux, mon esprit retournant malgré moi vers la discussion que j'avais surprise ce matin. Les questions et l'incompréhension se bousculaient dans ma tête. Je ne savais vraiment pas quoi faire et pendant une minute j'aurais vraiment aimé être quelqu'un d'autre.

Juste une fois dans ma vie, j'aurais voulu que tout soit différent. Ne pas avoir à me poser sans cesses des questions sur mon avenir, ne pas regretter mes actions passées, m'endormir l'esprit léger le soir sans avoir à craindre les cauchemars. J'étais sans doute dans l'endroit qui me permettrait de réaliser mon vœu le plus cher, devenir quelqu'un d'autre. Oublier tout ce que je savais et vivre dans l'ignorance. Ne plus avoir de choix à faire et vivre comme si rien n'avait d'importance. Une belle utopie qui me fut arrachée lorsque la voix de Virgil me parvint aux oreilles alors qu'il me demandait de présenter ma baguette aux vigiles.

J'eus un moment d'hésitation avant de passer sous la "Passe". Et s'ils avaient installé un système qui permettait de lire dans mon esprit ? Et s'il découvrait que mes parents étaient des traîtres au régime ? J'inspirais profondément alors que j'examinais de plus près le dispositif. Je ne pouvais que m'émerveiller devant cette avancée magique. Un miroir d'eau magique qui permettait de déceler tous les subterfuges magiques. Un puissant sort de Revelio devait être assimilé à l'arcade magique et peut-être également de nouveaux sorts ou de nouvelles potions spécialement créées pour Skye. Il paraissait qu'il y avait ici les meilleurs potionnistes et enchanteurs du monde magique.

J'inspirais profondément avant de me décider à passer à travers la flaque verticale, constatant avec soulagement que je passais sans problème, cela me conforta dans l'idée que ce système ne décelait que les sortilèges de modification d'apparence et le Polynectar. Je récupérais ma baguette avec un léger sourire de remerciement pour le vigile avant de rejoindre Virgil qui m'attendait et qui ne put s'empêcher d'y aller de son petit commentaire idiot. Je retins un soupir exaspéré avant de laisser mon regard s'égarer dans le couloir. Je le suivis mécaniquement vers les ascenseurs qui nous menèrent au niveau -1. Les portes s'ouvrirent sur un hall lumineux et deux nouveaux passages magiques. Je suivis mon guide à travers l'un d'eux qui nous fit déboucher sur une salle d'attente et sur une vue splendide. Instinctivement, je me dirigeais vers la vue qui s'offrait à moi. La mer avait toujours eu un effet apaisant sur moi, je la regardais s'agiter avec fascination, oubliant pour une minute tous mes problèmes.

Malheureusement, Virgil se rappela bien vite à moi. Je poussais un léger soupir avant de lâcher la vue magique qui s'étalait devant moi pour rejoindre le jeune homme. Je laissais mon regard s'attarder dans la salle d'attente et adressais un petit sourire à la secrétaire derrière son bureau tout en écoutant les explications vaseuses de mon guide. Je m'arrêtais devant la porte de Meredith Kane avec une forme de fascination, suivant à peine les divagations de Forbes sur la moquette. Ce qu'il pouvait être idiot quand il s'y mettait... Néanmoins, je ne relevais pas ses idioties et reculais lentement de la plaque qui avait attiré mon attention. Je revins sur mes pas pour rejoindre la salle d'attente et passer à la suite de la visite avant que Virgil ne lâche un commentaire qui me figea sur place.

Mon regard se posa sur lui entre incompréhension et effarement. De quel droit se permettait-il ce genre de réflexion ? Mais pendant une minute, l'idée de le faire m'effleura l'esprit. Ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée, après tout, je commençais réellement à saturer. Le sort semblait s'acharner sur moi, j'étais fatiguée de devoir prétendre que tout allait bien alors que ce n'était pas le cas. Je cherchais un but à ma vie et je pensais l'avoir trouvé en intégrant le département des Mystères. Je me sentais à ma place pour la première fois de ma vie, j'avais la sensation d'être utile. Mais il restait cette part de moi qui m'empoisonnait la vie et je n'avais pas totalement abandonnée l'idée de me débarrasser de ce passé trop lourd.

Alors que je fixais Virgil, son air arrogant sur le visage, les paroles de Constantine Egalité me revinrent en mémoire. Le passé était important pour se construire et il serait certainement déçu d'apprendre que j'avais finalement fini par baisser les bras, que je ne m'étais pas battue comme j'avais promis de le faire. Et le professeur Forbes. Comment allait-il réagir alors qu'il m'avait aidé à ouvrir les yeux et à avancer malgré les épreuves. Je finis par lâcher le jeune homme des yeux et me remis à avancer sans un regard pour la secrétaire qui semblait nous observer, intriguée.

"Ta sollicitude me touche Virgil mais je vais m'abstenir de prendre rendez-vous aujourd'hui. Je n'ai pas particulièrement envie que tu profites de mes problèmes ou de mes états d'âmes pour les tourner en ridicule avec tes amis. Vous avez dû beaucoup vous amuser lorsque tu leur as raconté ma crise d'angoisse dans la neige. Je suis sûre que Damon a adoré en apprendre plus et qu'il s'est empressé de me trouver ce surnom débile d'Anakiller après avoir bien rit de la fille superficielle que j'allais devenir après avoir fait effacer mes souvenirs. D'ailleurs, tu seras heureux d'apprendre que j'ai renoncé à cette idée. Tu remercieras ton père pour ça."

Je le détaillais du regard un moment avant de me détourner de lui pour continuer la visite.

"Maintenant, j'aimerais continuer la visite si cela ne te fait rien. Je suis presque certaine que nous avons tous les deux des choses à faire après."

Je lui adressais un petit sourire faussement poli avant de passer le deuxième portail magique pour découvrir la partie administrative. Je n'avais pas besoin de me justifier devant lui, il n'avait aucun droit de me juger, il ne savait absolument pas par quoi je passais. Il était très certainement soutenu par son père dans ses choix de carrière. Il n'avait certainement pas un père qui trahissait le gouvernement chaque jour. Il n'avait pas à vivre avec le poids d'un secret dont il ne savait que faire. Comment agir ? Il s'agissait de mes parents, je ne pouvais pas les dénoncer, quel genre de fille cela ferait de moi ? Mais je ne pouvais pas non plus ignorer leurs actions terroristes. Tout serait tellement plus simple s'ils ouvraient les yeux et qu'ils arrêtaient leur seconde vie. Tout ça était réellement trop compliqué à gérer et je n'arrivais pas à me concentrer sur ma visite.



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Emma resta immobile durant plusieurs secondes à observer Virgil, de toute évidence effarée par sa bêtise crasse. Il faut dire qu’il faisait relativement peu d’effort pour apparaitre sous son meilleur jour. Il estimait en avoir fait, par le passé, lorsqu’ils avaient eu cette discussion en pleine nuit dans la cour intérieure de Poudlard. Conversation hors du temps, un peu étrange en soit mais que Virgil avait gardé pour lui. A défaut d’être compatissant, il  avait été à l’écoute, -presque gentil, estimait-il- pour, au final, récolter le mépris de la jeune femme. En effet, elle l’avait pris en grippe depuis le bièraubeurre Quizz -sans trop qu’il ne sache pourquoi d’ailleurs-  et il entendait bien lui rendre la pareille aujourd’hui en se montrant quelque peu  irrévérencieux.

Son activité préférée.

Emma lui offrait une agréable récréation dans son emploi du temps et l’adolescent espérait profiter de cette parenthèse pour se divertir avant de retourner à ses ennuyeuses activités de classement. Taquiner Madame l’apprentie du département des Mystères sur ses projets de réhabilitation mémorielle faisait partie du jeu mais la jeune femme ne réagit pas outre-mesure lorsqu’il lui suggéra de rencontrer un psychomage pour lancer le protocole.

Elle commença par lui révéler qu’elle allait s’abstenir de prendre rendez-vous aujourd’hui, devant lui, afin d’éviter qu’il ne la persécute en racontant tous ses problèmes à ses amis, comme il l’avait déjà soit disant fait par le passé. Virgil haussa ostensiblement les sourcils sans chercher à masquer son étonnement. Qu’on se le dise, il ne passait pas sa vie à bitcher sur Emma - il avait d’autres choses à faire quand il était avec ses potes- et objectivement, savoir que Blackbonnes était tombée dans les pommes dans la neige n’intéressait probablement personne, et surement pas Damon.
Virgil devait toutefois admettre que le batteur aurait toutefois été plus friand des passages concernant l’affaire Sorden ou les pensées suicidaires d’Emma mais Virgil avait gardé ces  détails de la conversation pour lui. Il avait beaucoup de défauts, certes, mais parfois –rarement- il lui arrivait d’agir dans l’intérêt d’autrui. Il n’était pas stupide. L’hiver dernier, il avait assez facilement compris qu’Emma était au plus mal, prête à commettre l’irréparable. Qu’elle se confie à lui –le vil garnement sans cœur-  était un bon indicateur de sa détresse et de sa solitude intérieure.

Quoiqu’il en soit, révéler toutes ses confidences à qui que ce soit n’avait même pas traversé l’esprit de Virgil. « personne n'en saura rien. " lui avait-il dit ce soir là. Et il avait tenu parole. Emma et lui  avaient eut une conversation privée qui l’était restée jusqu’à aujourd’hui et qui le resterait.

Toutefois, il commençait à comprendre pourquoi l’ ex-préfète en chef se montrait si froide et condescendante avec lui. Elle croyait qu’il avait tout balancé à Damon et Philip, dans les moindres détails : La crise d’angoisse, Sorden, MémoRise et sa volonté de mettre fin à ses jours.
La pauvre, elle divaguait complètement. En plus de toutes les tares qui l’accablaient, elle devenait paranoïaque !

« Alors pour ta gouverne, tu es surnommée l’Anakiller depuis approximativement deux ans. » répondit-il en levant un index entre eux comme pour corriger une erreur dans un énoncé, Depuis qu’Emma avait témoigné au procès de Sorden à vrai dire, «Ton surnom de Préfète Prout-Prout  est, quand à lui, nettement plus récent. » C’était faux. Personne n’appelait Emma ainsi mais Virgil était un peu irrité à l’idée qu’elle lui en veuille pour une bévue qu’il n’avait pas commise. Autant lui donner de véritables raisons de le détester puisqu’elle avait l’air d’avoir reprit du poil de la bête.

En effet, la jeune femme semblait bien moins déprimée qu’en janvier dernier. Elle allait assez bien, en tout cas, pour se construire un avenir professionnel au sein des Mystères et pour faire une croix sur le programme MémoRise.

Donc, assez bien pour le haïr, songea-t-il en renonçant à l’idée de lui avouer qu’elle s’était trompée sur son compte. Il avait une réputation à tenir -celle d’être une inénarrable tête à claques- alors il n’allait certainement pas se rependre en explications pour prouver par A+B qu’il pouvait-être un homme de parole. Si Emma était si peu clairvoyante pour deviner qu’il n’avait rien dit, soit, il incarnerait parfaitement le gougeât fini qu’elle pensait qu’il était.

« Techniquement tu es déjà très superficielle, reprit-il donc en réponse à sa tirade,   Je doute sincèrement que tu puisses l’être davantage même si tu te fais effacer les souvenirs, analysa-t-il, mais tu as raison, mon père sera sans doute ravi d’apprendre que tu as renoncé à MémoRise, Il va être si fier de toi ! » lâcha-t-il avec une ironie évidente.
Pourtant, il y avait de forte chance pour que Jonah soit véritablement plus fier des choix d’Emma que de ceux de son propre fils, songea Virgil en se remémorant la conversation – ou devait-il plutôt dire « la dispute »-concernant  ses choix de carrière au sein du centre de réhabilitation mémorielle.

Centre qu’Emma semblait impatiente de découvrir dans les moindres détails. Après tout, elle était là pour une visite professionnelle et ils n’avaient nul besoin de s’étendre sur leurs états d’âme adolescents. La jeune apprentie prit d’elle-même la direction du service administratif, Virgil sur ses talons. Ils empruntèrent la Passe et se retrouvèrent dans un couloir desservant divers bureaux. Plusieurs notes volaient de box en box et quelques sorciers, exemptés du port de la blouse, traversaient de temps à autre le couloir avec d’épais dossiers sous le bras.

« Allons donc voir l’endroit le plus fun de ce secteur, souffla-t-il alors en reprenant ses intonations  de guide conférencier. L’adolescent s’engouffra dans le couloir, passa devant les portes des espaces juridique, gestion et comptabilité, traversa la salle de pause et déboucha enfin sur un endroit exigüe et tout en longueur, le magnifique  service reprographie ! »

Des machines ensorcelées dupliquaient d’elle-même différents documents -des fiches de payes des salariés aux fascicules promotionnels sur Skye- le tout dans le silence le plus complet.

« Impressionnant non ? » s’enquit-il avec un enthousiasme feint. « Tiens c’est cadeau, lâcha-t-il en collant une brochure dans les mains d’Emma. Sur la couverture, Meredith Kane, l’air professionnel et sérieux vous invitait à venir découvrir le Centre de Réhabilitation Mémorielle. Je sais que tu l’as déjà lue mais si tu veux la mettre sous verre et l’encadrer, tu peux. » reprit-il avant de jeter un dernier regard pseudo émerveillé sur la salle des photocopieurs, « Franchement, une fois que tu as vu cette pièce tu as tout vu… Tu es sûre que tu veux visiter les étages inférieurs ? s’enquit-il en revenant sur ses pas dans la salle de repos.

«Ah ! Voila mon Elfe de Maison préféré ! Dis moi que tu viens m’aider à classer mon fichier Recouvrement ! » s’exclama alors une voix non loin de la machine à café. Virgil releva la tête et découvrit Debby de la compta -la seule personne à peu près fréquentable de Skye- flanquée de l’une de ses collègues. Il était venu une journée entière dans le service de Déborah et ils avaient passé plus de temps à faire des pauses cigarettes qu’à travailler réellement.  Lorsque la comptable remarqua que Virgil n’était  pas seul, et non seulement accompagné par un visiteur extérieur dont le badge ornait la poitrine, elle posa une main sur sa bouche et enchaina :

« Excusez moi mademoiselle je ne vous avais pas vu ! » La quadra échangea un gloussement avec sa voisine visiblement pas gênée pour deux sous, Deborah Artwood, enchantée. » ajouta-t-elle alors en inclinant légèrement la tête pour saluer Emma. Elle reporta son attention sur Virgil et demanda de but en blanc, Ou est Katherine ? C’est elle qui s’occupe des visites d’habitude… »
« Elle est en arrêt maladie, les deux agentes administratifs échangèrent un regard entendu. Visiblement Katherine était une coutumière du fait,  On m’a demandé de faire la visite à la nouvelle apprentie au Département des Mystères. » expliqua l’adolescent d’un air morne en tachant de gommer toute ironie dans le ton de sa voix .
Nouveau regard de connivence entre les deux employées.
« Vous travaillez donc avec M. Égalité, mademoiselle… commenta Debby, Et bien, il y en a qui ont de la chance ! » Haussement de sourcils suggestif accompagné d’un léger rire. Honnêtement, Virgil avait un peu de mal à mettre un visage sur ce directeur de département qu’il ne connaissait que de nom mais il pressentait qu’il devait être plutôt beau gosse . «  Vous avez Constantine –prononcé à la française-  et nous… on se coltine Virgil, le stagiaire. » Debby partit dans un grand éclat de rire.
Euh, non. Virgil appréciait moyennement l’idée de se faire traiter de laideron en public.
« Dire que je vous trouvais sympa avant aujourd’hui. »
« Mais je suis sympa.  Réaliste et sympa. » Sourire éclatant de la comptable.
« Je crois qu’on va poursuivre notre visite. Merci Déborah pour votre professionnalisme. » lâcha Virgil en entrainant Emma en direction de la sortie.
« Mais de rien mon cher ! » s’exclama la comptable qui se fichait bien d’offrir aux yeux du monde une image policée du Centre de réhabilitation comme le souhaitait Meredith Kane.

Les deux adolescents rejoignirent l’ascenseur en silence. Une fois dans l’habitacle, Virgil expliqua :

« Déborah rappelle les patients qui n’ont pas réglé leurs frais hospitaliers avant de les mettre au contentieux. » Elle avait l’air sympa comme ça, Debby, mais elle était sacrément dure en affaire !

Les portes s’ouvrirent alors sur l’étage -2, celui des Traqueurs de conscience, le secteur de rattachement de Virgil. L’adolescent avança et balaya l’espace aseptisé du regard. Il régnait ici une ambiance nettement moins chaleureuse qu’au dessus. Nettement plus … chirurgicale. Tout n’était que blancheur et transparence. Partout, autour d’eux, on pouvait voir des box fermés par des parois en verre fumé : les Salles d’Opération, en enfilade, les unes à côté des autres. On devinait derrière certaines vitres quelques silhouettes difformes signe que le box était occupé et qu’un traqueur était à l’œuvre avec un patient.

Virgil était moins à l’aise ici pour raconter ses sempiternelles bêtises. Il connaissait de vue tout le personnel de l’étage et avait à cœur de faire bonne figure, dans la mesure du possible.  Il laissa donc momentanément de côté son côté irrévérencieux pour se plier à la solennité des lieux. De plus,  Elisabeth Golswerthy, la secrétaire du Professeur Stern, l’observait déjà depuis son bureau  et semblait scruter le moindre de ses faits et gestes.
L’adolescent avança à sa rencontre.

« J’imagine que vous accompagnez Miss Blackbonnes, l’apprentie du département des Mystères ? » s’enquit Elisabeth visiblement parfaitement au courant du programme de l’après-midi. Virgil se contenta d’hocher la tête. La sorcière se leva et contourna son bureau pour venir saluer Emma.

« Bienvenue Miss. Vous êtes ici à l’étage des salles d’extraction et de réhabilitation, commença Elisabeth en désignant d’un geste ample le plateau technique, C’est dans ces espaces que les Traqueurs de Conscience ôtent les souvenirs néfastes des patients et les réintroduisent une foi réhabilités. Entre ces deux opérations il peut parfois se dérouler plus d’une semaine si bien que les patients sont généralement hospitalisés à Sainte Mangouste durant ce laps de temps. Le deuxième étage ne fait figure que de bloc opératoire. Vous ne trouverez aucune chambre ici. Aucun patient ne reste plus de quelques heures, expliqua-t-elle en esquissant un sourire qui n’avait rien de chaleureux, Deux  Traqueurs en blouse blanche passèrent non loin d’eux en parlant à voix basse, Notre stagiaire va vous faire visiter la salle numéro sept. Elles sont toutes identiques et au nombre de quinze, expliqua Elisabeth en tendant une clef à Virgil, n’hésitez pas si vous avez des questions sur le protocole. Virgil est tout disposé à vous répondre. »

L’adolescent jeta un léger regard en biais à la secrétaire avant de prendre la direction du box n°7. Il s’arrêta pour déverrouiller la porte vitrée et s’effaça pour laisser Emma pénétrer en premier dans la pièce carrée dont un pan de mur entier donnait sur la falaise. Au centre du box, on pouvait trouver un large fauteuil inclinable, visiblement très confortable,  semblable à ceux des dentistes moldus.   A côté de lui, un tabouret pivotant, le siège du Traqueur, desservant une petite desserte pourvue d’une pensine, de plusieurs fioles vides, destinée à accueillir les souvenirs extraits et d’un placard de rangements, verrouillé, accueillant les différents calmants et potions relaxantes  à administrer au patient avant toute tentative d’intrusion mémorielle. Un vestiaire situé dans un coin de la pièce complétait ces éléments de mobilier au design  high-tech et épuré.

Virgil tira la porte derrière lui et resta, un instant en retrait le temps qu’Emma découvre les lieux. L’adolescent était tombé amoureux de  ces salles d’opération à l’instant où il les avait découvertes. Un coup de foudre professionnel. Autant l’étage en lui-même lui paraissait parfois anxiogène et peu accueillant -surement parce que les Traqueurs étaient loin d’être des bout en trains -autant il s’était toujours senti parfaitement à sa place dans ces box. Cela sonnait comme une évidence. Il s’imaginait aisément  travailler dans un cadre pareil jusqu’à la fin de ses jours. Tout lui plaisait ici. La quiétude du lieu, ses dimensions,  la vue , l’isolement,…Tout.

L’adolescent avança dans la pièce,  s’arrêta au niveau du fauteuil pour caresser le cuir du dossier et releva les yeux sur la falaise située pile en face de lui. C’était la vision qu’avait tous les patients avant de se délester de leurs pires souvenirs. Cette immense amas rocheux léché, à ses pieds, par de puissantes vagues insonores. Voila ce qu’ils voyaient tous avant de fermer les yeux et d’abandonner leur esprit aux mains d’un  Traqueur de Conscience.

Virgil observa ce paysage durant quelques instants et  tourna lentement la tête en direction d’Emma pour capter son regard. Six mois plus tôt, ils n’étaient que deux élèves, un peu paumés,  parlant de Skye, émettant des hypothèse sur la manière dont le Centre fonctionnait et aujourd’hui, ils étaient là, tous les deux dans cette pièce. Lui en tant que stagiaire, elle en tant qu’intervenante potentielle dans un future proche.  C’était…étrange.

A l’époque, ils s’étaient demandés si les souvenirs étaient archivés, si une trace de la mémoire perdue des patients était conservée quelque part. Aujourd’hui, Virgil avait la réponse.

« Il les gardent, souffla-t-il. Cela pouvait sembler un peu nébuleux dit comme ça, Les souvenirs extraits. précisa-t-il donc, Ils les gardent et ils les archivent. Du plus anodin au plus sulfureux. Du plus drôle au plus émouvant, Tous. Sans exception. »


Virgil Forbes

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