AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Le Contrat... [PV IgnacioOo]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
Messages : 957

Voir le profil de l'utilisateur

3 Juillet 2010, A l'angle du "Niffleur écarlate", impasse du Croûtard sournois...

Cela faisait des lustres en cristal que Mildred n'avait pas sciemment remis les pieds dans la voie des Miracles. Théâtre des gueux et des voyous en tout genre, la sorcière évitait soigneusement de fréquenter ce coupe-gorge aussi malfamé que dangereux, qui la ramenait à bon nombre de mauvais souvenirs de sa vie d'autrefois... Cette vie passée où elle n'était pas encore une romancière accomplie et multimillionnaire, mais juste une âme en peine cherchant à s'extirper de cet épicentre du vice et de la débauche. Grâce à la réhabilitation du vieux cabaret maternel, joint au succès de Multiplettes et celui de la saga des Hauts de Hurlelune, Mildred s'était extirpée contrairement à d'autres de la mouise infâme des caniveaux de Bristol. Mais cela n'aurait point été possible sans sa fructueuse rencontre avec son associé de toujours : Roy Calder ! Ce dernier lui avait apprit les codes d'un business frauduleux dans lequel la pitié et les scrupules n'avaient point de place. De victime, Mildred s'était transformée en prédatrice! Qu'il était loin le temps où elle fréquentait les troquets malfamés comme celui du Niffleur écarlate, et où à défaut de vendre des livres elle vendait ses charmes à des ivrognes de passage dans le seul but de pouvoir se procurer quelques grammes de Monalisa. Tout lui revenait cruellement en mémoire : Les odeurs rances de sueur, les couinements saccadés des sommiers bancales, et les mains répugnantes des gueux édentés qui venaient lui pétrir la poitrine... Parfois, Mildred se demandait pourquoi diable elle n’effaçait pas définitivement cette partie glauque de son histoire? Avec sa fortune personnelle colossale et auprès des chercheurs de Skye, il lui était aisé de s'offrir un passé mémoriel disons plus digne et respectueux de la star incandescente qu'elle était devenue.

Mais la richissime sorcière s'était ravisée, pour la simple et bonne raison que ce lieu de débauche n'était rien de moins que le point de départ de sa fulgurante ascension. Un précieux témoin de ce qu'il était possible d'accomplir pour gravir les échelons de la société. Car c'était au Niffleur écarlate et au travers sa rencontre avec Roy qu'elle s'était construite un empire! C'était dans ses ruelles qu'elle avait imaginé ses plus beaux romans. Bref, il s'agissait d'un lieu qu'elle aimait arpenter les soirs de déprime ou de solitude pour se remémorer son passé misérable et la chance qu'elle avait d'en être arrivée là où elle se trouvait aujourd'hui. Aussi humiliant soit-il, son passé peu glorieux agissait donc comme le meilleur antidépresseur possible quand il s'agissait de guérir ses caprices de milliardaire ; Il lui suffisait de sillonner les artères de son passé et les ruelles lugubres et malfamées de la Voie des Miracles, pour réaliser que pour rien au monde elle ne souhaitait retomber si bas et lâcher sa vie constellée de luxe et de décadence insouciante...

Mais si elle était là en cette nuit sombre et pleine de mystères, ce n'était point pour des raison purement thérapeutiques, où faire un quelconque bilan à l'aube de sa cinquantaine ; Mais plutôt pour étancher une soif vengeresse qui durait depuis bien trop longtemps, et détruire les velléités d'un adversaire aussi coriace que méprisable. Voila pourquoi elle avait donné rendez-vous à un homme envoutant qu'elle connaissait pour l'heure que sous les traits d'un honnête et séduisant barman des folies sorcières, mais qui cachait en vérité une facette bien plus sombre de sa personnalité : Celle d'être un tueur expérimenté à la solde des Veilleurs. Quoi de plus émoustillant? Le seul fait de mentionner qu'elle allait rencontrer en privé un "Killer" lui paraissait terriblement excitant! Mildred avait toujours eu un faible pour les "bad-boys"! Entre ses draps satinés, la libidineuse sorcière ne comptait plus les fois où elle avait fantasmé d'un dangereux killer venant lui ravir sa fosse innommable,  pour se retrouver tête à bec, en face de son canard vibromagique gluant... Mais au-delà des divagations lubriques de son esprit, Mildred n'était point là pour batifoler, mais bel et bien pour fixer les termes d'un contrat mortel dans lequel une cible désignée allait vivre l'enfer.

Pour ce terrifiant rendez-vous au motif ensanglanté, la diva de Bristol avait choisit de s'adresser à la crème de la crème du crime organisé. Un homme dont la réputation n'était plus à faire, et dont elle avait arraché le nom de la bouche même d'un Toni épuisé par les efforts d'une nuit torride. IgnacioOo Walker... Juste le nom résonnait déjà avec délice comme la gage d'une funeste réussite. Derrière l'image du séduisant spécialiste en cocktails au charme exotique, se cachait une bête aux crocs ensanglanté qui excellait dans l'art de donner la mort. Qui l'eut cru? Mildred aimait observer de loin son barman jongler avec les bouteilles comme s'il s'agissait de couteaux. Par contre, elle aimait moins le voir tourner autour des belles gambettes de sa danseuse Robin McFarlane, de peur que cette dernière lâche sa pole-dance pour une grossesse malvenue. Mais Mildred n'était pas là pour lui faire des reproches, bien au contraire ; Mildred avait finit par lui d'expédier un mystérieux message dans lequel elle lui donnait comme recommandations, de se rendre dans l'impasse du Croûtard sournois, à une heure précise et SURTOUT de faire preuve de la plus grande discrétion!

En matière de discrétion, Mildred n'avait point fait les choses à moitié! Engoncée dans une combinaison en cuir trop étroite et sombre comme la nuit ; la romancière dissimulait son visage derrière un masque félin digne du carnaval de Venise. Multipliant les regards paranoïaques lancés derrière elle de peur d'être suivie, Mildred s'était faufilée comme une ombre dans les artères de la Voie des Miracles jusqu'à la sombre impasse du Croûtard sounois. Le corps à moitié dissimulée sous une cape en fourrure de vison, une main posée délicatement sur sa hanche, Mildred guettait avec anxiété et une certaine impatience les allées-venues depuis l'impasse lugubre. Même s'il suffisait de mentionner le nom de Roy Calder pour écarter les dangereux importuns de passage, il ne faisait jamais bon pour une femme seule de errer en pareil endroit à une heure si tardive. D'ailleurs, un homme titubant et tenant maladroitement un litron de Ragnarok en main ne tarda pas à s'approcher de la multi-millionnaire masquée. Sourire lubrique lui déformais les traits du visage, il lui posa la seule question qui s'imposait dans son esprit de débauché.

"Alors ma poule... C'est combien? "

Était-ce le beau IgnacioOo travestit en poivrot? Qui dans un but de discrétion maximale avait usé de Polynectar pour dissimuler son apparence... Dans tous les cas, il n'avait point à se montrer aussi familier! Killer ou non, elle n'était point sa poule! Lèvres pincée par l'indignation, Mildred recula son visage avec dédain pour fuir les effluves alcoolisées qui se dégageaient de l'haleine pestilentielle de poivrot culotté.

"Vous faites erreur sur ma noble personne! Je ne suis la poule de personne! Et qui que vous soyez : Allez cuver votre vin ailleurs plutôt que n’importuner! Sac à vinasse! "

Mais plutôt que de se noyer dans le fond de sa bouteille, l'ivrogne préféra noyer son regard dans le regard dans le décolleté vertigineux et provocateur de Mildred Magpie.

"La greluche, je t'ai posé une que... question... *Hic* C'est combien pour tâter la marchandise? "

Non ce n'était définitivement pas son Killer. Ou alors il cachait trop bien les apparences. Le regard de Mildred fusilla l'ivrogne, et sa main ne put s'empêcher de balayer les airs pour gifler l'ignoble importun!

"Maudit goujat! Ivrogne! Vous n'avez aucune manière! Si vous saviez qui je suis, vous détaleriez comme le rat que vous êtes! "

Mais plutôt que de fuir, l'ivrogne se mit à ricaner sinistrement en voyant le collier en diamant qui reposait sur la gorge de la femme richissime et isolée.

"Hé la greluche? Et si je volais ta bourse... *hic*... avant de me vider les bourses... *hic*"

Terrorisée Mildred comprit qu'elle était en danger alors que l'ivrogne farfouillait dans ses loques pour y dénicher une arme mortelle. De tout son cœur, elle pria pour que son beau killer arrive incessamment sous peu pour la délivrer de cette situation périlleuse! L'ivrogne avançait déjà une main vers elle, quand une ombre salvatrice finit enfin par faire irruption dans la ruelle du Croûtard Sournois... Mildred se mit alors à bêler une

"IgnacioOOOOo! Je vous prie : Sauvez-moi des griffes de cet ivroOogne! "

Indiscrétion fatale que celle de mentionner le nom d'un killer sur le point de s'acquitter d'un contrat...  


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
Messages : 45

Voir le profil de l'utilisateur
Ignacio avançait dans une ruelle, la tête recouverte d’une capuche noire qu’il s’était senti obligé de revêtir après avoir reçu le dernier des innombrables messages de Mildred Magpie qui insistait particulièrement sur sa discrétion. A son sens, se rencontrer en plein milieu de la nuit dans une ruelle mal famée était loin d’approcher du critère de discrétion, surtout quand on savait qui fréquentait ces lieux. Comme pour confirmer ses propos, un homme tout vêtu de cuir des pieds à la tête déboula à sa gauche, se dirigeant d’un pas rapide et nerveux vers un dealer insignifiant dont la veste ouverte révélait plusieurs sachets en plastique au contenu divers et varié. Ignacio soupira et accéléra le pas pour ne pas s’attarder en ces lieux et surtout, en priant pour ne pas être reconnu : après tout, aux yeux de tous, il n’était qu’un simple barman et rien ne justifiait sa présence ici à une heure aussi tardive.

Mais l’appât du gain promis par Magpie avait été trop fort et Ignacio s’était plié de mauvaise grâce à ses exigences, d’où sa présence cette nuit. La présence de son Pear contre sa cuisse lui rappela les (trop) nombreux messages qu’elle lui avait envoyé depuis qu’il avait accepté de la rencontrer. L’américain connaissait la romancière de réputation, avait eu l’occasion de la croiser plusieurs fois aux Folies Sorcières, mais ils n’avaient jamais eu l’occasion de s’entretenir en privé sur un sujet autre que la vitesse à laquelle il réalisait ses cocktails. Peut-être était-ce aussi la curiosité qui avait poussé Ignacio a accepté cette rencontre – toutefois bien décidé à rafler une belle somme, ne serait-ce que pour le féliciter d’avoir supporté tous ces messages, qui s’apparentaient plus à un type d’harcèlement.

Mais la réputation de Mildred Magpie n’était plus à refaire – Ignacio avait déjà entendu suffisamment de récits sur les exploits de la romancière, et notamment dans la bouche de Toni, pour venir à cette rencontre en étant préparé aux tendances sulfureuses de la quadragénaire. Peut-être, espérait-il encore dans une douce naïveté, qu’elle serait trop préoccupée par le travail qu’elle voulait lui donner pour se permettre une attitude aguicheuse le mettant dans une position embarrassante dans laquelle il n’avait pas vraiment envie de se retrouver, quelle que soit la taille des obus de la romancière.

Bien vite, le barman fut tiré de ses pensées par un cri perçant dans lequel il reconnu son prénom dont la dernière syllabe avait été rallongée à l’extrême comme une midinette aurait pu le faire. Un tel cri ne pouvait venir que de la personne dont la bouche pouvait tenir en place suffisamment longtemps pour que le son soit aussi long. Ignacio releva la tête et avisa deux formes humaines sur sa gauche. L’homme – visiblement ivre – écrasait de son poids le corps d’une femme, difficilement moulé dans une combinaison de cuir qui faisait ressortir certains disgracieux traits de son corps. Malgré son visage dissimulé par un masque ridicule – mais assez représentatif des choix vestimentaires de Mildred – Ignacio n’eut aucun mal à reconnaître la romancière, dont les cheveux flamboyants trahissait l’identité.

Ignacio était un homme doué en calcul – il pouvait presque compter le nombre de « o » que Mildred avait utilisé pour rallonger son prénom – et, dans cette situation, le calcul fut rapidement résolu. Mildred était son employeur et l’associée de Roy Calder. Elle était en danger – du moins, elle se sentait en danger – et, pire encore, elle venait tout bonnement de hurler son nom dans les oreilles de cet ivrogne. Le barman n’avait pas besoin de plus de variables  pour se précipiter vers l’ivrogne. Il posa sa main sur son épaule et le repoussa de la romancière. Les mouvements ralentis par l’alcool, ce dernier ne se débattit pas trop et recula mollement.

« Hééé, qui es-tu pour t’interposer entre ma poule et moi ? On peut partager tu sais… » tenta de négocier l’homme, dont l’haleine sentait l’alcool si fort que cela paraissait embaumer complètement l’atmosphère.

« Dégage. » rétorqua Ignacio en s’interposant entre lui et Mildred.

Sa présence – quoique plutôt impressionnante, puisque Ignacio mesurait plus d’1m95 – ne sembla pas effrayer le poireau poivrot qui tenta tant bien que mal de se redresser pour le toiser.

« Hé j’vais pas t’laisser repartir comme ça ! » s’écria-t-il en se penchant vers la droite pour observer Mildred. « J’sais que t’avais envie d’rentrer avec moi… » Un petit rire glauque lui échappa. « J’suis sûre que t’es déjà toute glu… » Ignacio ne le laissa pas terminer sa phrase – pour épargner ses pauvres oreilles, assurément – et envoya son poing fermé dans la mâchoire de l’homme, qui s’effondra dans un craquement sourd. Il observa l’ivrogne à terre et secoua la tête avant de lui donner un coup dans le nez avec le talon de sa chaussure. L’homme ne bougeait plus, et, vu la quantité d’alcool qu’il venait d’ingurgiter, il ne se réveillerait pas de sitôt.

« Tout va bien ? » s’enquit Ignacio en tirant la romancière par le bras pour lui faire quitter les lieux – la dispute avait sans doute attiré les curieux et il ne voulait pas se retrouver face à d’autres ivrognes mécontents. Plusieurs mètres plus loin, Ignacio avisa un renfoncement dans lequel il attira la quadragénaire.

« Mildred, qu’est-ce qu’on fait en plein milieu de la nuit dans une des rues les plus mal famées d’Angleterre ? » interrogea Ignacio en retenant un soupir. « Et surtout, par Merlin, pourquoi portez-vous un masque ? »


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
Messages : 957

Voir le profil de l'utilisateur
Avec sa stature impressionnante, IgnacioOo Walker était le meilleur rempart qui soit donné à Mildred pour se défendre des pattes baladeuses de ce porc lubrique et alcoolisé. Réajustant sa cape en vison et la tenue de son décolleté, la romancière sentit un long et agréable frisson de réconfort lui chatouiller les entrailles alors que son précieux Killer s'interposait entre elle et l'ivrogne méprisable. Quelle bravour! C'était à la fois inspirant et digne des plus belles pages de ses romans! Ou quand le prince des assassins venait secourir une pauvre femme en détresse. Mildred n'arrivait pas à en croire ses yeux, alors que les lignes d'un incroyable scénarioOo romantique se déroulait juste devant elle : Mais non, elle ne rêvait pas, un homme était bel et bien en train de défendre son honneur sur le point d'être souillée. Quoi de plus magique? La sorcière eut beau se demander s'il existait au monde quelque chose de plus excitant que le fait de voir un homme se battre pour la préserver du danger... Mais elle ne trouva rien qui puisse rivaliser avec cet acte salutaire.

Galvanisée par l'irruption de cet homme providentiel, Mildred retrouva rapidement du courage et de sa verve légendaire alors qu'elle se plaquait déjà au dos de son sauveur. En effet, la romancière ne tarda pas à libérer sa voix à la fois stridente et gémissante, pour vociférer un plan de bataille aux oreilles de son garde du corps improvisé :

" IgnacioOo, par pitié : Massacrez-moi cette ordure! Cet ignoble pourceau de poivrot voulait s'en prendre à mon innocence! C'est aboOominable! "

Braquant un index accusateur sur son ignoble agresseur, Mildred ne tarda pas à se réfugier derrière les larges épaules de son protecteur. Aussi lâche que faiblarde dans le combat magique, elle n'allait point porter assistance à son tueur providentiel. Comme un chaton faisant ses griffes sur un coussin moelleux, elle planta ses ongles d'excitation dans le dos de l'adorable IgnacioOo. Malheureusement, l'ivrogne ne semblait pas prêt de se résoudre à abandonner ce met de luxe qui s'était offert miraculeusement à lui. Penchant sa tête de coté, de manière à se confronter de nouveau au regard apeuré de sa proie, l'homme vicieux ne tarda pas à libérer des paroles malsaines, ainsi qu'un ignoble petit rire glauque. Mais bien protégée derrière son colosse au cœur endurci, Mildred n'éprouvait cette fois-ci plus le moindre sentiment de peur. Libérant son mépris, elle répondit aux insultes par d'autres insultes.

"Maudit gueux! Comment osez-vous me parler ainsi!? Je ne serai JAMAIS votre poule! Allez vous noyer dans votre vomi d'ivrogne! "

La situation était sur le point de gravement dégénérée, quand le porc sur deux jambes prononça sa dernière ignominie.
 
« J’suis sûre que t’es déjà toute glu… » - Oui, peut-être l'était-elle, mais certainement pas pour lui - Les derniers vils propos du poivrot s'achevèrent dans un terrifiant coup de poing libérateur. Un craquement sinistre et jouissif accompagna le geste d'IgnacioOo, signe qu'il n'était pas du genre à laisser sa patronne se faire insulter de la sorte. A la fois surprise et en extase, Mildred lâcha une petite clameur étouffée en voyant l'ivrogne s'effondrer au sol comme un vieux pantin désarticulé. D'un coup de semelle charismatique en pleine mâchoire, le Killer acheva son œuvre destructrice avec un grand et froid professionnalisme. Comme un sac de billes venant de s'ouvrir dans la poche d'un écolier, les dents du poivrot ricochèrent sur l'asphalte. C'était tout bonnement prodigieux! Mildred poussa un soupir empreint d'admiration alors qu'elle réalisait qu'elle venait de rencontrer le seule homme à même de satisfaire son désir de vengeance. IgnacioOo était - l'homme qui tombait à pic - et le pic à glace mortel qui viendrait se planter dans le cœur de celui qui la tourmentait depuis trop longtemps.

Les jambes en coton, Mildred fixait le corps étendu du poivrot ; Elle avait l'impression de nager en plein rêve. Tout cela lui semblait si irréel et à des années lumières de ce qu'elle pouvait vivre dans ses salons satinés. La facilité déconcertante dont il s'était débarrassé de la menace avait de quoi impressionner la bourgeoise en mal d'aventure. C'était excitant et effrayant à la fois. La presque quinquagénaire entendit à peine la question du bel IgnacioOo qui s'interrogeait sur son état du moment. Plantant la pointe de son louboutin magique dans le flanc de l'ivrogne inconscient, Mildred s'offrit une vengeance plus personnelle malgré la faiblesse ridicule de son coup de pied.

"Prend ça, maudit goujat! " dit-elle furibarde avant de se tourner vers IgnacioOo "Oui, maintenant je vais mieux, monsieur le Killer. " se contenta-t-elle de dire alors que le barman des Folies l'entrainait déjà par le bras pour la pousser dans un renfoncement à l'abri des regards indiscrets. Mildred avait encore du mal à réaliser ce qui venait de se produire. Peinant à retrouver le cours de sa respiration, Mildred profita de l'aspect exiguë de la cachette improvisée pour se serrer délicatement aux cotés de son héros du soir. Ignorant cette promiscuité des plus troublantes, IgnacioOo lui demanda à quoi rimait ce cirque et ce fichu masque de carnaval. Certes, il n'avait pas tort : La chevelure de feu et la silhouette voluptueuse de la romancière étaient reconnaissables entre mille vengeurs masqués. D'un geste empreint de dignité, Mildred ôta alors son masque dérisoire pour dévisager son sauveur avec une forme d'insistance qui ne présageai rien de bon pour l'innocence du Veilleur. Un long silence pesant s’abattit alors sur la voix des Miracles alors qu'elle le dévorait littéralement du regard. Sous l'impact de son admiration, la sorcière sentit son cœur s'emballer alors qu'une violente pulsion lui brulait les lèvres ; Allait-elle oser l'embrasser fougueusement? Glisser délicieusement sa langue dans la bouche de ce si séduisant Killer-Sauveteur? Crevant de désir, son corps était devenu si brulant et incontrôlable, qu'elle laissa glisser la bride de son masque entre ses doigts. Oui, il était temps de tomber les masques...

"Au diable la discrétion! IgnacioOo... " dit-elle avec une voix dégoulinante de miel, alors qu'elle pointait dangereusement ses obus sur l'assassin aux pectoraux d'acier. Luttant intérieurement pour réfréner cette soudaine attirance, la sorcière se mordilla la lèvre inférieure avec sensualité, tandis que ses mains manucurées s'élevaient dangereusement en direction de l'homme isolé. La sorcière lubrique lança les hostilités par un compliment : "Vous êtes mon héroOos! " Puis elle se jeta littéralement sur IgnacioOo dans le but de l'embrasser fougueusement... Du moins jusqu'à ce qu'une horible image subliminale vienne subitement traverser son esprit embrasé.

Non, définitivement non! Elle ne pouvait laisser sa vengeance lui glisser entre les doigts! Ricochant à la dernière seconde sur les lèvres du bel IgnacioOo, la romancière en fusion termina son élan en une étreinte amicale plus que chaleureuse. Aussi frustrante soit cette accolade, la romancière avait fait le choix de préserver l'opportunité de satisfaire sa vengeance personnelle au détriment d'une violente pulsion charnelle. Preuve inquiétante si besoin l'était de la haine viscérale qu'elle nourrissait envers l'ignoble Virgil Forbes...

"Merci! Vous m'avez sauvée... De toutes les façons qu'une femme puisse être sauvée. " murmura t-elle simplement avec une once de délice. Mais elle comprit aussi très vite, qu'elle ne pourrait guère résister à ses pulsions lubriques si elle demeurait encore trop longtemps à roucouler, les obus collés au torse musclé de Monsieur le Killer. Voila pourquoi, elle se recula instinctivement de son séduisant barman à la vie double. Ce renfoncement était devenu subitement beaucoup trop renfoncé, et bien trop préservé des regards. Mildred fit alors une suggestion salutaire et plus professionnelle qui conviendrait mieux aux deux partis en présence.

"Laissez-moi vous offrir un verre au Niffleur Écarlate, ainsi je pourrai vous révéler le contrat pour lequel je vous ai convié... "

Sans doute trop serrée dans sa combinaison moulante en cuir, Mildred fit des petits pas précipités en direction de l'imposante porte pourpre du Niffleur Écarlate. Au moins, à l'intérieur de la tanière du vice, l'assassin redoutable et la commanditaire machiavélique pourraient discuter en toute quiétude du vil contrat et de la cible à venir. Mildred pénétra dans ce lieu de débauche sans une once d'inquiétude, tant la plupart des gredins attablés ou accoudés au bar étaient à la solde de Roy Calder. Que ce soit des gobelins, des elfes de maison ou des humains à la trogne redoutable ; La pègre était représentée dans sa plus grande diversité. Il faut dire que le Niffleur Écarlate était devenu un véritable lupanar pour le gueux sans le sou, qui n'avait pas les moyens de s'offrir une poule de luxe des Folies. Aux gémissements et grincement de sommier provenant de l'étage, on pouvait aisément comprendre que les fidèles des lieux ne louaient pas une chambre pour jouer au Mono-poly ou pour faire un somme réparateur. Mildred préféra ignorer ses bruits qui la ramenaient si lugubrement à une existence passée, où elle n'était encore qu'une morue anonyme de la Voix des Miracles.

Si les regards de l'ignoble clientèle s'étaient braqués sur eux, très vite, ils plongèrent à nouveau dans leurs chopines respectives. Dans le brouhaha généralisé, personne se souciait de la présence de la reine des Folies Sorcières et de son employé barman. Slalomant entre les chaises et les hommes avinés, Mildred se dirigea vers une table située à l'angle opposé de la pièce. Elle épousseta avec coquetterie le petit tabouret qui allait accueillir son large de séant, avant d'adresser un sourire complice à son invité du soir.

"Je vous en prie, prenez vos aises! Et parlons librement! Dans ce temple du vice, il n'existe aucune forme de tabou, et nous pouvons aborder n'importe quel sujet sans se soucier de choquer qui que ce soit! " Mildred fit un geste en direction du tenancier balafré qui tenait le bar, puis elle plongea son regard clair dans celui de son héroïque invité. "Je vous conseille la Gorgée du Diable, ou leur liqueur gobeline surnommée la "Violdebouche". Mais pour ma part, je vais rester dans le classique et commander un Mojitroll... "

Le mojitroll de Mildred ne tarda pas à léviter par dessus la foule endiablée du Niffleur Écarlate, pour atterrir devant elle. Mais plutôt que de tremper ses lèvres, elle se lança rapidement dans les termes de son contrat. Inutile de faire attendre plus longuement son Killer héroïque. Se penchant en direction d'IgnacioOo pour lui chuchoter d'odieuses vérités, elle dressa un tableau noir de sa situation personnelle.

"Si je vous ai fait venir ce soir, c'est dans le but de me débarrasser définitivement d'une menace aussi sournoise que terrifiante. En effet, depuis près de six mois, je suis victime des agissements nuisibles d'un ennemi fourbe qui ne cesse de me provoquer et chercher à détruire ma popularité. Je suis même persuadée qu'il a cherché à m'empoisonner en droguant l'un de mes précieux cupcakes à la myrtille. Vous vous rendrez compte? Je n'arrive même plus à trouver le sommeil, tant son visage maléfique hante mes songes! Voila pourquoi, j'implore vos compétences particulières, sans me soucier de combien cela me coutera... "

Mildred secoua la tête avec tragédie, avant d'extirper de son décolleté abyssale une mystérieuse enveloppe scellée...

"Jusqu'il y a très peu de temps, je ne savais comment me débarrasser efficacement de cet affreux morpion... Comment briser sa détermination? Rien ne semblait l'atteindre, comme si ce démon se nourrissait de mes attaques! " Mildred poussa un soupir, avant que ses lèvres n'esquissent un dangereux sourire. "Mais Dieu soit loué, j'ai enfin trouvé une solution efficace et expéditive pour me débarrasser de cette indécrottable sangsue. Une solution dans laquelle vous tiendrez le premier rôle... "

La vile romancière laissa alors glisser enveloppe scellée sur le dessus de la table, avant de prononcer froidement la sentence :

"Voici votre cible... Je vous en prie, ouvrez l’enveloppe! "

Guettant la moindre réaction du tueur professionnel, Mildred Magpie sirota avec gourmandise son Mojitroll.

Contenu de l'enveloppe:
 

Twisted Evil


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
Messages : 45

Voir le profil de l'utilisateur
Ignacio regretta son acte héroïque au moment même où Mildred posa un regard brûlant sur lui. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement sous la surprise et le barman se crispa alors que la romancière se rapprochait de lui, collant sa poitrine contre son torse qu’elle prononçait son prénom d’une voix mielleuse – si mielleuse qu’elle pouvait probablement déclencher un diabète chez une personne parfaitement saine. Stoïque, Ignacio avisa Mildred se pencher dangereusement vers lui. Trop dangereusement. L’assassin – pourtant si réactif d’ordinaire – se raidit et ne bougea pas d’un millimètre. Elle n’allait pas… Elle n’allait pas l’embrasser tout de même ?

Les lèvres de Mildred, tordues de façon à présenter une bouche en cœur, se dirigeaient pourtant inévitablement sur les siennes. Mais… Mais ce n’était pas possible ? Ignacio avait la très nette sensation que la situation lui échappait complètement et cela ne lui plaisait absolument pas. Il n’avait aucune envie – mais alors aucune envie ! – de passer un moment aussi intime avec Mildred Magpie et d’ailleurs, il espérait bien qu’elle ne l’avait pas venir jusqu’ici uniquement pour qu’il admire sa combinaison en cuir – qui avait, de toute évidence, été achetée une voire deux tailles en dessous de celle de la journaliste.

Mais heureusement pour Ignacio, Mildred sembla se raviser au dernier moment et finit par l’enlacer maladroitement. Gêné par ce contact, il se contenta de lui tapoter brièvement l’épaule, toujours autant crispé de la situation.

« N’importe qui vous serez venu en aide… » commenta-t-il d’une voix étrangement emprunte alors que la romancière s’éloignait enfin de lui.

Il avait l’impression de pouvoir enfin respirer et sa cage thoracique se remplit enfin d’air, lui faisant prendre conscience qu’il avait retenu sa respiration pendant tout ce temps. Cela lui tira une grimace douloureuse alors qu’il suivait la romancière dans un bar miteux. On n’avait pas idée d’agresser un homme de la sorte, songea Ignacio en dévisageant Mildred, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon. Il connaissait la réputation de la romancière mais comment pouvait-elle le convoquer pour user de ses « services » et, à la place, se coller langoureusement contre lui en minaudant comme une adolescente ? Ignacio frissonna et eut une petite pensée pour Toni, qui vantait ses rapports intimes avec la romancière à qui voulait bien l’entendre ; pour sa part, il lui laissait avec un grand plaisir. Pourtant, Ignacio était bien l’un des derniers hommes à se refuser des plaisirs intimes ; mais s’engager dans une relation avec sa supérieure hiérarchique ne lui avait jamais effleuré l’esprit et, si tel avait été le cas, son petit manège pour coller son imposante poitrine sur son torse aurait réussi à lui faire oublier cette idée immédiatement.

Les activités du Niffleur Ecarlate ressemblaient de près ou de loin à celles des Folies Sorcières, le luxe en moins. La salle était miteuse, les verres sales, les danseuses avaient l’air d’être sorties d’une maison d’horreur et les bruits qui venaient de l’étage – entre grincements et hurlements gutturaux – renforçaient cette impression. Le barman s’installa face à Mildred – bien heureux d’avoir une table entière entre eux –, ne prit pas la peine de regarder la carte pour connaître la composition du « Violdebouche » et préféra commander un classique Whisky qui ne tarda pas à léviter jusqu’à lui.

Les affaires pouvaient enfin commencer, songea Ignacio en se penchant vers la romancière pour écouter son récit. Il fronça les sourcils : une menace aussi sournoise que terrifiante ? Il fallait avoir un certain cran pour s’en prendre à Mildred Magpie, qui possédait l’une des plus grandes richesses du pays et qui était à la tête d’un des journaux d’informations les plus influents. Bien évidemment, il n’était pas impensable qu’elle se soit fait de très puissants ennemis avec ses publications plutôt provocantes ; mais pour que cet ennemi soit qualifié de « terrifiant », il devait véritablement s’agir d’un être maléfique extrêmement dangereux. Dangereux, mais visiblement suffisamment proche de la romancière pour avoir eu l’occasion d’empoisonner sa nourriture, nota Ignacio. Proche, ou alors qui avait le bras suffisamment long pour engager quelqu’un pour le faire, rectifia-t-il en observant attentivement la journaliste.

« Démon », « fourbe », « ennemi » « visage maléfique », Mildred usait de nombreux adjectifs pour qualifier cette menace dont elle avait visiblement hâte de se débarrasser. Ignacio avait plusieurs questions mais il préféra les garder pour lui ; il ne faisait pas partie de la police et son rôle n’était pas de tirer au clair une situation obscure ; il était seulement engagé pour tuer quelqu’un.

Curieux, il tendit la main vers l’enveloppe que Mildred lui faisait glisser sur la table. Quel était cet ennemi ? se demanda-t-il en l’ouvrant. Un terroriste ? Un mafieux ? Un membre de sa famille ? Un politicien véreux qui souhaitait la voir plier bagage et quitter l’Angleterre ? Non, rien de tout cela : un adolescent, qui paraissait avoir treize ans.

« Bah. » lâcha Ignacio en observant quelques instants la photo, avant de lever un regard un peu sceptique vers la romancière.

Il retint de justesse une remarque un peu acide : « tu ne peux pas écrire à ses parents pour lui dire qu’il a fait une bêtise ? » et rangea sagement la photo dans une enveloppe. Par Merlin, pourquoi Mildred le convoquait dans un bar glauque pour lui demander d’assassiner un enfant même pas encore sorti de l’adolescence ? Ignacio prit une gorgée de sa boisson, prenant le temps de réfléchir à sa réponse. Il ne voulait pas vexer sa patronne en lui faisant part de son incrédulité ; et pourtant il avait désespérément besoin d’informations complémentaires pour mener à bien sa « mission » qui lui paraissait de plus en plus ridicule.

« Mildred, si je vous comprends bien, vous désirez que j’assassine cette personne ? » demanda-t-il à voix basse en tapotant avec l’index l’enveloppe dans laquelle il avait rangé la photographie de l’adolescent. « Excusez-moi si vous trouvez ma question indiscrète mais… Pourquoi ? »

Pourquoi diable avait-elle besoin d’un assassin hautement qualifié pour s’occuper d’un enfant qui n’avait même pas le droit d’utiliser la magie hors de Poudlard ?


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
Messages : 957

Voir le profil de l'utilisateur
Le portrait de sa future victime enfin jetée en pâture sur la table du bar malfamé, l'odieuse bourgeoise disséqua chacune des réactions de son héroïque sauveteur. Allait-il s'offusquer ou s'offenser d'avoir comme proie un garçon à peine entré dans l'âge ingrat de l'adolescence? Éprouverait-il un cas de conscience à exécuter ce contrat? Mildred s'attendait à de multiples réactions mais très certainement pas à l'attitude désarmante de désinvolture que lui proposa l'énigmatique professionnel. Le "b-a bah" d'un assassin reposant sur sa faculté à n'éprouver aucune pitié et à déshumaniser ses victimes, IgnacioOo se contenta d'un "Bah" aussi évasif que laconique pour éluder toute manifestation émotionnelle. Nul doute que le contrat proposé ne correspondait très certainement pas aux créneaux habituels de sa fonction, puisqu'il ne tarda pas à interroger la vile commanditaire sur les raisons exactes de cet assassinat. Se délectant d'une gorgée de Mojitroll, Mildred manqua s'étouffer alors que jaillit un hoquet de surprise.

"Assassiner!? Mais pour qui me prenez-vous? Quelle image déplorable donnerai-je de moi! Voyons IgnacioOo : Ce n'est qu'un enfant! Vous me décevez si vous pensez vraiment que je suis à même de pouvoir réaliser une aussi odieuse et cruelle manigance. Comment le pourrai-je? Mon cœur est beaucoup trop gros et sensible pour supporter ce genre d'ignominie... " s'indigna-t-elle en plaquant une main sur son sein gauche, à l'endroit même où était supposé palpiter son cœur si fragile. L'hypocrite sorcière apporta alors certaines précisions sur cet odieux contrat, qui au delà des apparences affichées n'offrait véritablement aucun éclat d'humanisme. "Le tuer, non! Cela va de soi! Mais si vous pouviez simplement lui administrer une raclée monumentale et lui flanquer la frousse de sa vie... Tout en lui laissant un souvenir indélébile dans sa chair qui puisse lui rappeler à jamais que l'on ne s'attaque pas sans conséquence à la superbe Mildred Magpie. Bref, si vous lui infligiez un juste châtiment, alors je serai à jamais une femme comblée... "

Écrasant son opulente poitrine sur la surface de la table pour s'approcher de monsieur le Killer, Mildred ponctua ses dernières paroles d'un regard se voulant à la fois sensuel et envoutant.

"Faire de moi une femme comblée... C'est bien ce que vous voulez, n'est-ce pas? " gazouilla-t-elle en laissant glisser sa main manucurée sur la surface de la table pour venir caresser l'avant-bras musclé de monsieur le Tueur. Ses longs ongles vernis ne tardèrent pas à griffer sensuellement l'épiderme du tueur. De manière suggestive les sourcils en accent circonflexe de la torride romancière se soulevèrent insidieusement, alors que des râles rauques de plaisir dégoulinaient depuis l'étage. Était-ce une invitation à la débauche et la luxure? Une proposition d'acompte en nature? Fort heureusement, la libidineuse sorcière ne tarda pas à lâcher le bras du mercenaire pour revenir à ses moutons, et plus précisément à son mouton noir nommé Virgil.

"Le garçon que vous voyez là, se nomme Casey Forbes. Il n'est pas à proprement parlé la cible directe de ma vengeance, mais plutôt une victime nécessaire pour détruire toutes les velléités belliqueuses de son ignoble frangin. Virgil Forbes? Vous avez peut-être entendu parler dans la presse de cette abominable vermine qui a profité d'un instant de faiblesse de ma part pour détourner des images odieuses de ma personne et du Ministre, et ce dans le but manifeste de me nuire. N'est-ce point abject que de propager d'aussi cruelles et fantasques rumeurs sur mon compte? Ne suis-je pas en droit de laver mon honneur bafouée? "

Mildred fronça les sourcils, alors que se bouche se pinçait avec sévérité. Elle haïssait si viscéralement l'immonde Gryffondor, qu'il lui était tout bonnement inimaginable de refaire une année scolaire en sa compagnie. Sa vengeance n'aura atteint son terme que lorsqu'elle assistera à la déchéance totale de son adversaire en culotte courte. Et pour se faire, il n'y avait pas trente-six moyens : Elle devait s'attaquer et détruire au lien familial. Pousser Virgil dans un abime de culpabilité...

"Croyez-moi, il est inutile de s'en prendre directement à lui ; Car il est aussi fourbe qu'un furet et aussi coriace que le chiendent... " s'exclama-t-elle, avant que sa main ne vienne caresser son menton dans une attitude d'intense réflexion.

"J'ai longuement réfléchi sur la question, et je suis persuadée que l'unique solution pour se débarrasser de cet immonde cafard réside dans le fait de s'en prendre directement à sa famille. Voila pourquoi, je vous demande humblement de vous attaquer à l'inoffensif et innocent petit frère ; Casey est la victime parfaite pour transmettre un message ferme et immuable à son diable de frangin. Ainsi je serai définitivement délivrée de ses basses manigances, et je ne vivrai plus jamais dans la crainte de gouter à un cupcake empoisonné! N'est-ce point une stratégie prodigieusement imaginée? "

Mildred ébroua avec fierté sa longue et belle chevelure rousse, avant de planter ses yeux de chouette dans le regard du voleur d'âme.

"Avez-vous d'autres questions? Dans le cas contraire, dites-moi si vous pensez être en mesure de me rendre ce petit service, et aussi... "

Un silence s'installa, tandis que la bouche de l'avare milliardaire se tordit de dépit, à l'instant même où elle se sentit dans l'obligation d'aborder la partie la moins agréable de son entretien et la question abominable du "Combien ça coûte?". Se séparer ne serait-ce que d'un Gallion lui fendait le cœur! Mais du bout des lèvres, elle finit par se délivrer du poids immense qui lui écrasait le poitrail.

"Vous me direz vos conditions... ainsi que votre prix pour ce genre d'intervention. "

Intérieurement, elle espérait qu'elle n'aurait pas trop à se saigner, pour s'offrir ce genre de service. Là où elle n'avait qu'à écarter les cuisses et miauler pour obtenir un service de son Toni ; Elle craignait que l'addition soit plus corsée avec le beau et trop professionnel IgnacioOo. Mais qui sait? Peut-être que lui aussi accepterait-il d'être payé en nature? Quel homme sensé pourrait se priver d'un tel prestige que celui de partager une nuit en compagnie de l'incroyable STAR Mildred Magpie? N'en avait-il pas marre de ne coucher et de ne se satisfaire que d’escort-girl du genre de Robin McFarlane? Ne voulait-il pas rêver en plus grand?


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Ignacio WalkerMembre des Veilleursavatar
Messages : 45

Voir le profil de l'utilisateur
Mildred ne voulait pas tuer cet enfant et s’offusquait à présent qu’Ignacio l’ait cru capable d’une telle atrocité. Seul un froncement de sourcils interrogateur vient troubler l’expression neutre du barman, tandis qu’il s’efforçait de ne pas marquer son impatience. Il ne comprenait pas à quel jeu jouait la romancière mais elle semblait s’y amuser comme une folle ; tout cela semblait être rigoureusement mis en scène, depuis sa tenue savamment choisie, jusqu’à sa manière de lui glisser une photographie dans une enveloppe, alors qu’ils étaient attablés dans le bar le plus miteux de Bristol. N’auraient-ils pu pas se retrouver aux Folies Sorcières, loin des oreilles indiscrètes, afin d’échanger de vive-voix sur les attentes de la quadragénaire ? Bien sûr que non, ce n’était pas suffisamment « grandiose » pour Mildred Magpie pour qui le fait d’embaucher un assassin était sûrement un autre caprice excitant. Non, Mildred ne voulait pas assassiner ce jeune homme, elle voulait simplement qu’il lui administre une « raclée monumentale ». Voilà qui était bien mieux, songea ironiquement Ignacio, masquant un soupir en avalant une gorgée de son whisky.

Les assassins n’avaient pas d’éthique morale ; ils ne se demandaient pas « pourquoi » mais songeaient seulement au « comment » ; ils ne cherchaient pas à connaître leur victime mais, au contraire, l’extrayait complètement de leur contexte familial ou social pour n’en voir qu’une cible – c’était à cela qu’on repérait les bons mercenaires. Evidemment, il y avait des cibles dont Ignacio se faisait un plaisir à éliminer mais il n’avait jamais refusé un contrat ; un travail était un travail. Quand il avait ouvert l’enveloppe glissée par Mildred pour découvrir y découvrir la photographie coincée à  l’intérieur, il avait d’abord été saisi par la jeunesse du jeune homme et par l’innocence qui se dégageaient de ses traits. Il avait été mal-à-l’aise, un instant, à l’idée de devoir assassiner un enfant. Depuis la mort d’Erin, sa filleule, il était bien plus marqué par les violences faites aux enfants… Mais, tentait-il de se raisonner, s’il s’agissait seulement de lui faire un peu peur, de l’impressionner, de lui laisser quelques marques…

Quelques marques, comme celles que les ongles de Mildred venaient de laisser sur son avant-bras en les enfonçant profondément dans sa peau. Ignacio retint un regard parfaitement outré – par Merlin, ne pouvait-elle pas garder sa poitrine et ses mains de l’autre côté de la table ?

« Mildred, ne vous dépréciez pas. » répondit-il avec un sourire. « Vous êtes une femme indépendante, fière, richissime, parfaitement capable de vous combler vous-même… » Le barman eut un sourire en coin. « Mais oui, je vous aiderai. »

Il sentit comme un petit pincement au cœur qui, cependant, ne dura pas très longtemps, tout concentré qu’il était sur les explications que la romancière lui fournissait sur sa victime. Ce jeune homme se nommait Casey Forbes et se trouvait être le jeune frère de Virgil Forbes, désormais connu pour avoir transmis au monde magique la vidéo tristement célèbre de Mildred Magpie, déclarant sa flamme à Leopold Marchebank, lors de la commémoration du 14 février. Les images avaient fait le tour des Pear sorciers et des petits hologrammes animés avaient été créés en reprenant les plus belles répliques de la romancières (les plus populaires étaient celles où elle hurlait : « Vous pouvez m’avoir toute entière ! » et, bien sûr, l’incontournable : « Une bulle torride de mon jacuzzi qui viendrait frôler mon intimité. ») Ignacio voulait bien comprendre pourquoi Mildred trouvait que Virgil avait donc « bafoué son honneur » mais il était plutôt d’avis qu’elle avait bafoué son propre honneur en faisant une telle déclaration au ministre de la magie, devant une grande partie de la société sorcière ainsi que son épouse.

Ce Virgil donc – tout juste majeur, rappelons-le – était le terrible ennemi de Mildred, celui qui cherchait prétendument à attenter à sa vie et représentait, pour elle, le plus grand des dangers. Ignacio masqua son scepticisme et hocha la tête d’un air intéressé. D’accord, ce n’était pas son rôle de poser de questions mais il lui semblait un peu extrême de faire appel à un assassin pour régler un souci d’éducation dont les parents, selon lui, pouvaient parfaitement s’occuper.

Soit, Ignacio s’occuperait de Casey Forbes mais, pour cela, Mildred Magpie allait devoir payer le prix fort. Hors de question qu’il se contente d’une somme minable alors qu’il savait que la romancière était absolument richissime. Du temps où il était aux Etats-Unis, Ignacio avait pour habitude, lui aussi, de rouler sur l’or et il ne s’adaptait qu’avec difficulté à sa vie anglaise bien plus modeste. Que Mildred ne se trompe pas : elle était peut-être sa supérieure mais Ignacio ne rendait pas service gratuitement : tout travail était facturé au prix fort.

« Mon prix ? » répéta Ignacio en laissant trainer la question. « Je pense que nous pouvons partir sur 14 000 gallions. » débuta-t-il, d’entrée de jeu. C’était un peu élevé mais il préférait négocier de cette façon. « Bien entendu, Mildred, en m’embauchant, vous êtes certaine du résultat… Et tous vos vœux seront exaucés. » Cette phrase prononcée, il la regretta instantanément – il n’avait pas envie de se retrouver une nouvelle fois nez à nez avec les obus de la romancière.

Il préféra alors l’entraîner sur d’autres sujets, à savoir ses attentes concernant cette mission un peu particulière.

« Expliquez-moi ce que vous attendez de moi Mildred ? Lui mettre une « raclée monumentale », d’accord, mais avez-vous des demandes spécifiques ? Un message particulier à faire passer ? »

Il espérait que la ramener à sa vengeance lui ferait oublier le prix un peu élevé qu’il avait demandé. Certes, d’ordinaire, les assassins ne prenaient pas autant, mais la situation était un peu particulière : déjà, parce qu’il s’agissait d’une vengeance personnelle, absolument pas liée aux Veilleurs, ensuite parce que la cible était un enfant, enfin parce que Mildred était si riche qu’il doutait qu’une somme soit si conséquente pour elle.


Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Le Contrat... [PV IgnacioOo]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Poser un Contrat
» Nouveau contrat social
» Labadie: Contrat entre l'etat haitien et la Royal Carribean
» Après Jaroslav Spacek et Hal Gill, Bob Gainey fait signer un contrat d'un an à Paul Mara.
» Signature de contrat - Marc Staal

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol, :: La Voie des Miracles,-