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 Cuir! Cuir! Cuir Moustache! (JR libre)

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Soirée du 11 Juillet 2010 , J-1 avant le Freedom, 1er Étage des Folies Sorcières, début de soirée...

Tel un volcan sur le point d'entrer en éruption, une effervescence grandissante commençait à envahir l'étage et le balcon des Folies Sorcières. Avec pour seul mot d'ordre d'être vêtu de cuir ou doté d'une moustache, le mythique Cabaret sorcier s'offrait encore une fois l'une de ces soirées décadentes dont lui seul avait le secret. En ces temps de vives tensions pour les fidèles du FREE : Quoi de mieux pour se distraire qu'une nuit endiablée, dans laquelle chacun pourrait lâcher un peu de leste et consolider la complicité naturelle qui unissait chacune des personnalités omnipotentes de ce Monde Magique. La chaleur de l’Été embrasant l'instinct festif de tout homme, les deux cogérants des Folies Sorcières avaient étroitement collaboré pour mettre sur pieds une soirée privative et inoubliable au cours de laquelle "plaisir et débauche" seraient les seuls guides nocturnes. Privatisant la presque totalité du premier étage du cabaret magique, Roy et Mildred n'avaient point lésiné sur les moyens mis à disposition pour s'assurer du confort ultimal de leurs convives. S'inspirant d'un célèbre adage de la Cité Lumière de Las Vegas, la seule règle du soir était que : "Ce qui se passait aux Folies, devait rester aux Folies"...

Vêtue uniquement d'un imperméable en cuir cachant des sous-vêtements affriolants dans la même matière, Mildred Magpie ne tarda pas à s'extirper toute essoufflée de ses loges privées. Mais que diable s'était-il passé? Des étoiles dans les yeux, la sorcière usait de sa main comme s'il s'agissait d'un éventail de manière à faire redescendre quelque peu sa température corporelle. Il faut dire que le spectacle auquel, elle venait d'assister avait de quoi affrioler la vieille cougar lubrique qui sommeillait en elle. En effet, pour des raisons soit-disant pratiques et logistiques, son salon privé s'était transformé en vestiaire pour jeunes et beaux stripteaseurs ; Et à en juger par la lumière qui irradiait de son regard et les selfies magiques qu'elle avait prise durant son inspection professionnelle : Mildred n'avait aucun doute à avoir sur le degré de motivation de ses gogo-danseurs magique!

Mais voilà, même si elle serait bien restée cloitrée dans cet espace clos flairant à plein nez la testostérone ; Mildred avait d'autres préoccupations organisatrices plus urgentes en tête. Absolument aucun détail ne devait lui échapper ou être laissé au hasard. A l'image des fêtes orgiaques organisées jadis pour l'Empereur Romain, l'intraitable sorcière exigeait à ses employés rien de moins que la perfection! Au vue de l'invité de marque exceptionnel qui allait bientôt débouler dans son Cabaret, une occasion inespérée était donnée à Mildred Magpie de faire oublier sa conduite déplorable de la dernière Saint-Valentin. Coûte que coûte, elle devait s’accrocher aux wagons du pouvoir, et s'attirer les bonnes grâces du grand et unique Leopold Marchebank.

Voila pourquoi cette soirée avec une saveur particulière dans l'esprit calculateur de la romancière. Contrairement à son associé qui ne voyait en celle-ci qu'une manière de se faire encore plus de Gallions ; La rédactrice en chef de Multiplettes voulait soigner son image et sa côte de popularité auprès du Ministre. Quitte à devoir s’aplatir devant lui comme une misérable serpillère, ou ébranler son âme pétrie d'avarice en lui offrant le privilège de boire à l’œil... Leopold Marchebank qui selon certaines rumeurs serait en mal de complice de jeu, depuis la disparition tragique de Jacob Dalhiatus allait être accueilli comme un Roi! Il faut dire qu'avec des membres aussi austères que Danielle Coleman ou la frigide Meredith Kane, les occasions de s'amuser au Ministère étaient plutôt maigres. Perchée sur ses Louboutins, Mildred voulait briser l'ennui et offrir de viles distractions au Ministre de la Magie, de manière à redorer son blason terni par sa tentative de baiser. Volontaire, la sorcière quitta ses quartiers d'un pas décidé pour se diriger vers le grand Hall supérieur qui dominait les escaliers en marbre. Lèvres pincées, elle détailla chacun des visages qui composaient la foule hétéroclite qui slalomaient entres les tables de banquets dressés. Mais pour l'heure, elle était bien obligée de constater que le grand Leopold Marchebank se faisait encore cruellement désirer...

Inutile de se morfondre dans l'impatience! Mildred avança entre les tables serties d'œufs de Billywig trempés dans la sauce Sharack, de Caviar de Doxy, d'ailes de Focifères, de chipolatas de Veaudelune, ou de vin d'elfe centenaire... Véritables régal pour les yeux et pour les papilles, les mets les plus raffinés et savoureux côtoyaient les nouvelles inventions pâtissières d'Eden Rosbury. Mildred choisit de fuir au plus vite ce lieu de cruelle tentation pour les gourmands, sans pour autant omettre de faucher au passage un petit choux à la fraise. L'objet de son attention était un bar improvisé, dressé dans un recoin du Hall, à quelque pas seulement de l'ouverture conduisant à la Terrasse des Folies. Lèvres retroussées dans un sourire mielleux, la cogérante des Folies Sorcières choisit de s'y arrêter afin d'adresser quelque mot à son barman préféré et l'homme qu'elle avait secrètement embauché pour lui enlever une épine du pied durant l'été. N'ayant guère de nouvelle à ce sujet, elle supposait que l'homme était encore en chasse. Mais au diable le tueur, car plutôt que de verser du sang, sa mission du soir ne se limitait qu'à une chose : Préparer et servir de délicieux cocktails à ses invités de marque!

Les ongles vernis de la Diva de Bristol ricochèrent sur la surface du bar alors qu'elle tentait d'attirer l'attention du barman sur sa "gracieuse" personne.

"IgnacioOo, mon mignoOon? Tu as une seconde? Je voulais juste t'informer que si tu as le privilège de servir le Ministre Marchebank, n'omet pas de lui dire qu'il peut boire à volonté, et ce gratuitement! N'en déplaise à Roy, c'est la maison qui régale! " Cherchant du regard son petit associé invisible dans la foule, elle ajouta une autre recommandation à son polyvalent barman. "Et si tu croises Roy, dis-lui que j'exige un rapport complet heure par heure sur la sécurité mise en place! Le Ministre ne devrait plus tarder, et j'espère que mon associé fera en sorte que rien ne puisse venir troubler cette délicieuse soirée... "

Mildred ne voulait commettre aucun impair, et elle espérait que son associé en ferait de même. Son absence l'inquiétait. Où était-il? Le nez plongé dans la Volubilis? Ou entre les nichons d'une prostituée? Cela l'exaspérait de ne pas savoir, mais fort heureusement, elle oublia bien vite toute forme d'anxiété alors qu'elle louchait dangereusement en direction de la tenue moulante et sexy du bel IgnacioOo.

"Merlin! IgnacioOo! Que le cuir te sied à merveille! Saches que si tu ne sais pas où dormir ce soir, la porte de ma chambre te sera toujours ouverte... "

Se fichant que cela puisse apparaitre comme une forme de harcèlement sexuel d'une patronne sur son employé ; La paupière fardée de Mildred Magpie s'abattit en un clin d’œil aussi lourd que suggestif. Fort heureusement pour IgnacioOo, la cougar lubrique finit par délivrer l'employé de sa présence toxique. Elle n'avait guère de temps à perdre en bagatelle! Ondulant du bassin en direction de la terrasse des Folies Sorcières, Mildred partit en quête d'un employé à invectiver ou d'un problème à régler. Dès lors, le regard acéré de la tenancière du Cabaret ne tarda pas à se braquer sur deux de ses meilleures danseuses qui de son point de vue prolongeaient un peu trop allègrement leur pause. Quelque peu ulcérée par ce manque à gagner, et de voir ses plus précieux appâts sur la touche plutôt que sur un podium de danse ; Mildred fonça sur elle, telle une pie sur une cuillère en argent!

"Hé les filles, vous pensez que Roy et moi, nous vous payons pour bavasser inutilement? " Bras croisés sur son opulent poitrail, Mildred demeura un instant le visage ulcéré avant de se rendre compte que sa question était peut-être un brin trop abrupte. Soucieuse de ne rétablir un climat plus apaisé, Mildred chercha immédiatement en bonne maquerelle à raisonner ses merveilleuses employées "Voyons les filles, il n'y a pas une seconde à perdre si vous ne voulez pas manquer cette occasion unique de vous faire une masse de Gallions! Contrairement aux autres soirées, vous allez avoir un parterre de stars multimillionnaires à vos pieds! Pourquoi se priver de cette fabuleuse aubaine? " Mildred haussa un sourcil circonspect aussi bien sur Joséphine que Robin. " Je vous en conjure : Dansez, séduisez-les, faites les boires et dilapider leur fortune jusqu'à ce qu'il ne leur reste plus l'ombre d'une mornille à dépenser! " Le sourire de charognarde de la romancière s'étira alors qu'elle couvait des yeux ses deux pépites. Mais derrière ce simagrée d'attention, le regard tel un scanner, Mildred détailla de la tête au pieds la tenue de ses danseuses. Comme toujours, elles étaient parfaitement appétissantes et désirables ; Un don des dieux aussi bien pour les Folies Sorcières que pour ses deux cogérants qui touchaient de fortes commissions sur leurs activités. Le regard de Mildred s'embrasa d'une lueur de compassion hypocrite pour ses deux reines du podium.

" Regardez-vous! Vous êtes absolument magnifiques dans ses tenues! Vous allez faire un malheur comme toujours! "

Mildred tiqua un instant sur le gracieux décolleté de Robin, en se demandant comment elle pouvait entrer dans un aussi fin et fragile ouvrage. Chose impossible pour la trop voluptueuse romancière, car nul doute qu'aucunes des fines lamelles en cuir ne pourrait résister à la présence encombrante de ses obus. Mais au delà d'une certaine jalousie éprouvée envers la silhouette et la jeunesse des deux danseuses ; La stratège et odieuse Mildred choisit de leur faire une proposition qui n'avait pour but que d'attiser leurs esprits de concurrence et la division.

"Sachez que celle de vous deux qui me ramènera la plus grosse recette du soir, pourra bénéficier d'une récompense incroyable. Une solide rétribution que pour rien au monde vous ne voudriez manquer, croyez-moi! Considérez cela simplement comme une prime au mérite... "

Mildred jeta un regard circulaire sur les innombrables stars qui pullulaient sur sa terrasse comme des champignons dans une clairière moussue : Que ce soit le prodige du quidditch Fakir, ou le célèbre DJ Helmut Jul, ou encore des employés grassouillets du Ministère aux poches bien garnies... Il y avait des gallions à se faire! Le regard intraitable de la maquerelle des Folies se posa alors à nouveaux sur ses danseuses, avant qu'une question ne jaillisse de ses lèvres colorés.

"Mes jolies? Qu'attendez-vous pour partir en chasse? "

Aussi manipulatrice que intraitable en affaire, Mildred Magpie savait pertinemment que de la division et du chantage naissaient bien souvent les meilleurs profits.  
HJ :
 


Pull me into your arms, Say I'm the one you own
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Constantine, ouvre-moi !"

Leopold, qui s'impatientait sur le pas de la porte, donna une nouvelle salve de coups contre le battant. Finalement, il entendit des bruits de pas précipités depuis l'intérieur de l'appartement et des clefs qu'on tournait dans la serrure. Enfin, le visage familier de son collègue apparut dans l’entrebâillement de la porte, pour sa plus grande satisfaction. Ecartant les bras comme pour l'inviter à l'observer, Leopold offrit à sa vue sa tenue ébène, pantalon en cuir, chemise échancrée et veste noire. Il avait également laissé sa barbe et sa moustache lui manger le visage pour respecter le thème - de plus, cela lui donnait un petit air viril qui n'était pas pour lui déplaire, et qu'il ne pouvait guère s'autoriser au quotidien.

Nouvel Alan, qui se tenait deux mètres derrière lui, l'avait fait transplaner directement devant l'appartement de Constantine pour éviter que des regards non initiés ne se posent sur son look détonant. Le ministre avait hésité à se rendre à cette soirée, dans un premier temps, puis à jouer le jeu en terme vestimentaire. Il n'avait pas le temps, et puis il avait une image de respectabilité à cultiver. Mais les dernières semaines avaient été éprouvantes à tout point de vue et il avait fini par se décider, persuadé qu'une soirée de relâche la plus totale lui ferait le plus grand bien. De plus, il lui semblait qu'un moment de convivialité serait bénéfique pour la cohésion de son cercle rapproché. Il avait donc incité tous ses collègues les plus privilégiés à s'y rendre, et avait même décidé de venir chercher Constantine en personne pour être bien sûr qu'il ne change pas d'avis. Leopold voulait bien se ridiculiser, mais uniquement si l'ensemble de ses collaborateurs en faisait autant - question de leadership.

Jetant un oeil curieux de l'autre côté de la porte pour examiner Constantine, il sourit d'un air satisfait puis s'invita à l'intérieur de l'appartement.

"Tu es prêt ? Alors en route. Il nous faut utiliser ta cheminée", indiqua-t-il en suivant Constantine à travers les pièces, qu'il observa sans vergogne, découvrant pour la première fois à quoi pouvait ressembler l'antre du directeur des mystères. Finalement, une poignée de poudre de cheminette en main, ils quittèrent tous les trois Leopoldgrad pour émerger dans une grande salle sombre. La Pièce Interdite, repère du Cercle au coeur de l'aile privée des Folies, avait été enchantée pour permettre un accès privilégié à ces quelques VIP le temps de la soirée, leur garantissant une entrée en toute discrétion sans passer par les checks-points.

Leopold émergea de l'immense cheminée en époussetant sa tenue, tout en s'enquérant de la journée de Constantine.

"Attendez, Monsieur le ministre, je sécurise le périmètre", intervint Nouvel Alan qui traversa la pièce, l'air grave et concentré. Leopold retint un roulement des yeux, en songeant avec un pincement au cœur qu'il aurait aimé partager cette soirée avec Ancien Alan. Il aurait attendu le moment le plus noir de la nuit pour lui offrir une petite pastille violette, et lui aurait offert un petit détour dans une garçonnière en compagnie de Joséphine Chevalier, en guise de remerciement pour son indéfectible loyauté... Bah ! Tant pis, il devrait se contenter de Constantine et c'était très bien ainsi. Le potentiel de divertissement était grand, car il s'agirait de s'assurer qu'il finisse plus dévergondé que lui. La perspective de voir Meredith Kane ou encore Danielle Coleman détendre leur chignon n'était d'ailleurs pas non plus pour lui déplaire.

Une fois que l'autorisation de quitter la pièce leur eut été donnée par le garde du corps, les deux hommes traversèrent l'Allée Interdite en direction du Hall Supérieur, d'où émanait déjà le bruit d'une fête bien amorcée. Ils s'étaient fait désirer, il est vrai, mais Leopold comptait bien faire une entrée remarquée : ce n'était pas tous les jours qu'il portait le cuir...

Côte-à-côte, Constantine et Leopold pénétrèrent dans le Hall et balayèrent la foule d'un regard suprêmement supérieur - du moins, Leopold le fit. Il était ici le maître, non pas des lieux, mais des invités. Collaborateurs, stars, politiques, journalistes, maîtres de la nuit ou truands mafieux, tous étaient à sa botte et à celle de son apprenti Constantine, de manière plus ou moins hypocrite et plus ou moins prononcée. Le ministre échangea un bref regard avec Johnny Kiss, attrapa deux verres de champagne, puis entraîna Constantine en direction d'une autre tête connue.

"Mais quel plaisir de vous voir ici..."

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Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Il y avait quelques situations exceptionnelles, de celles qu’on ne voyait parfois qu’une fois au cours d’une vie : une éclipse solaire, un Gryffondor faire preuve de bonne foi et Danielle Coleman en tenue de cuir.

Ajustant les bretelles de son body et lissant les plis de sa jupe – avait-elle une longueur respectable pour être appelée jupe ? – Danielle adressa un regard satisfait à son reflet et entreprit d’appliquer une couche de mascara sur ses cils. Elle n’avait pas fait dans la demi-mesure concernant le thème un peu particulier de la soirée – pourtant, elle avait longuement envisagé de revêtir une simple veste en cuir. Elle s’était ravisée en se souvenant de précédentes soirées organisées aux Folies Sorcières ; il valait mieux se sentir dans le thème plutôt que complètement à côté de la plaque. Et puis, elle avait si peu l’occasion de sortir qu’elle avait décidé d’en profiter pleinement.

Un petit regard à sa montre lui apprit qu’elle était déjà bien en retard ; elle était partie tard du Ministère et avait pris le temps de faire un détour chez elle pour se préparer. Elle haussa les épaules : de toute façon, il valait mieux arriver un peu plus tard, lorsque tous les invités seraient déjà suffisamment ivres pour ne pas s’attarder plus de raison sur l’image de la cheffe de la milice – d’ordinaire si sérieuse – en tenue de cuir qui moulait son corps et dévoilait ses longues jambes.

Heureusement qu’il s’agissait d’une soirée privée au nombre d’invités réduits, car elle n’envisageait pas de se montrer ainsi devant toute la société magique. D’ailleurs, à part Nasreen, aucun milicien n’avait été invité, ce qui l’arrangeait grandement. Cependant, l’avantage à être Danielle Coleman, c’était qu’elle maîtrisait à la perfection le regard assassin et qu’elle n’aurait pas hésité à s’en servir en cas de besoin – la nature de la soirée lui assurait cependant une relative tranquillité.

Après un dernier regard vers son appartement impeccablement rangé – son chat, Icare, lui adressa un vague regard interrogatif – Danielle se dirigea vers sa cheminée, de la poudre à la main, et la lâcha dans l’âtre pour rejoindre la Pièce Interdite des Folies Sorcières. Heureusement qu’une arrivée discrète était possible car – même si ces hommes auraient probablement été plus gênés qu’elle de la découvrir dans une telle tenue – elle n’aurait pas apprécié pour autant de devoir passer les Check Points de Bristol à la vue de tous. Le ministère savait s’amuser, bien évidemment, mais la population magique lambda n’avait pas besoin de le savoir.

Quelques instants plus tard, Danielle se retrouva dans l’enceinte des Folies Sorcières. Comme demandé, elle laissa son Pear à un Veilleur et se dirigea vers le Hall Supérieur où déjà des conversations et des éclats de rire lui parvenaient. D’un regard, elle balaya la salle, un sourire appréciateur sur les lèvres. En effet, sa tenue n’était pas du tout de « trop » quand on voyait celles que pouvaient aborder d’autres invités ou même l’ambiance générale de la soirée. D’une main, elle attrapa une coupe de champagne et échangea quelques banalités avec un groupe d’hommes qu’elle identifiait vaguement comme faisant partie du groupe juridique au service de Leopold. Ils finirent par s’éloigner pour aller commander à boire et Danielle, restée seule, sirota distraitement sa coupe au même moment où Leopold Marchebank et Constantine Egalité faisaient leur entrée dans le hall. Le ministre était évidemment superbe – mais sa prestance, après des mois au plus haut poste d’Angleterre – n’était plus à prouver. Le regard de Danielle s’attarda également sur la tenue de Constantine, qui portait à merveille le pantalon en cuir.

Elle saisissait une seconde coupe de champagne lorsque les deux hommes se dirigèrent vers elle.

« Plaisir partagé ! » répondit Danielle avec un sourire à l’intention du ministre et de son collègue. « Comment allez-vous ? » s’enquit-elle en portant sa coupe à ses lèvres. Elle enchaîna ensuite, un sourire amusé accroché au visage : « Vous devriez absolument venir travailler comme ça. Le service com’ serait ravi ! » On leur rabattait les oreilles environ quatre fois par jour avec « l’image publique ». Danielle s’était déjà faite réprimandée par la communication parce qu’elle était « trop sévère » et que « un visage sympathique à la tête de la milice, c’est pas mal, pour convaincre les plus réfractaires. » Elle avait soupiré – évidemment – s’était (un peu) pliée à la demande lors de la St Valentin organisée à Poudlard, mais, assurément, rien ne valait une tenue de cuir pour paraître sympathique.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Encore une fois, le duo de gérants aussi fous que le nom de leur cabaret casino avait frappé. Quand Mildred s’était présentée deux mois plus tôt pour lui présenter sa proposition, Roy avait vite vite décelé le génie qui s’y cachait. Son associée n’était pas la seule à pâtir de relations quelques peu refroidies avec le ministre. Il s’était gardé d’en parler avec Mildred mais depuis cet incident avec Dimitri, on ne pouvait pas dire que l’amitié entre Roy et Leopold était aussi complice qu’avant. En même temps, Roy savait qu’il n’était plus complètement clean vis à vis de son allégeance au chef du gouvernement, alors une part de lui était tenté de maintenir une distance, par pur instinct de protection, mais c’était un mauvais calcul. Plus il jouerait le parfait collaborateur et moins on le soupçonnerait de quoi que ce soit, c’était le plus élémentaire des raisonnements. Cela faisait partie des jeux de pouvoir, pour lui qui était habitué à mentir, il savait qu’il n’aurait pas de mal à jouer un rôle tout à fait stratégique lors de cette soirée.

Car l’objet de cette folle nuit n’était pas tant de boire et se dévergonder que de renforcer les liens entre les plus intimes collaborateurs du ministre, personne ne s’y leurrait. Avec Mildred, ils avaient convenu d’un thème qui promettait de dégeler même les membres les plus frigides du gouvernement. Et qui disait thème sensible disait soirée ultra privée. Roy avait donné une unique instruction à Fergus, en lui confiant une liste d’une trentaine d’invités : seules les personnes figurant sur cette liste seraient autorisées à respirer l’air du premier étage dans la nuit du onze juillet. Même parmi le personnel, Roy avait fait un tri minutieux : quelques danseuses seulement -les plus plébiscitées-, six serveurs, et deux vigiles devant chaque porte d’entrée de l’étage privatisé. Puisque la soirée devait suivre son cours normal au rez-de-chaussée, en accueillant des clients lambda du cabaret, il avait convenu avec Mildred de faire ouvrir un accès privé pour les quelques membres du Cercle qui avaient accès à la Pièce Interdite du cabaret. Ils avaient vendu leur soirée osée en présentant les bons arguments de sécurité aux chefs du gouvernement et cette séparation des entrées avait eu le meilleur effet : personne d’autre que des invités triés sur le volet ne pourraient les voir.

Quelques minutes avant l’ouverture de ce bal de la débauche, Roy fit donc un petit tour de l’étage pour vérifier que tout était bien en place. L’une des premières choses qu’il nota dans la grande pièce principale, parce que personne n’aurait pu passer à côté, fut la grande silhouette de Toni au milieu des tables, en pleine discussion avec leurs hommes. Les Veilleurs étaient sensés avoir un dress code assez simple pour la soirée : habituels costumes noirs pour les vigiles, pantalon de cuir et chemise noire pour les serveurs. Mais évidemment, le grand Antonino Tessio ne pouvait guère s’accommoder d’une telle simplicité. A le voir, on ne savait plus très bien s’il était un gogo danseur ou l’un des organisateurs de cette soirée. Roy fit quelques pas vers lui, en laissant remonter son regard sceptique depuis le pantalon de cuir qui moulait de façon tout à fait indécente les fesses rondes et les cuisses musclées de l’italien, jusque son haut en résille laissant voir chacun de ses pectoraux, pour finir sur un accessoire, qui achevait de parfaire ce portrait de l’extravagance : une casquette noire de gendarme.

« Je sais pas pourquoi je suis surpris, j’aurais dû me rappeler que tu faisais jamais rien à moitié. »

Ce commentaire attira l’attention de son second, qui tourna un sourire éclatant d’impertinence vers lui. Roy se laissa aller à un sourire à son tour car il reconnaissait bien cette lueur dans le regard de Toni : c’était celle qui précédait leurs meilleurs coups. Roy sentait lui aussi l’adrénaline le gagner, au fur et à mesure que l’ouverture de la soirée approchait : cela promettait d’être non seulement drôle, mais aussi, très, très intéressant. Il avait joué le jeu, de son côté, en enfilant un pantalon de cuir lui aussi et avait laissé de côté sa traditionnelle chemise noir pour un T-shirt au col en V et une veste en cuir. Mais Toni trouva le moyen de lui faire une remarque malgré tout :

« Jamais, confirma t-il. Tou aurais pu té tailler la barbichette pour né laisser qué la moustache, Roy, franchément, tou mé déçois.
-Et te laisser immortaliser l’image de mon beau visage défiguré par une moustache ? En parlant de ça… »

Il extirpa son Pear One de sa poche, pour prendre un cliché du trafiquant, sans prévenir. Toni lui fila aussitôt un coup dans le bras, déclenchant les rires de Roy.

« Pas dé Pear One dans l’enceinte dé cette salle !
-Pas pour le maître des lieux » rétorqua Roy, avec son arrogance habituelle.

Sur ces bonnes paroles, il reprit un tour rapide de toutes les installations de l’étage. Le buffet était en place, des Veilleurs à l’entrée du hall pour récupérer les Pear One de chaque invité -politique de confidentialité- et derrière le voile sombre qui masquait le fumoir, des canapés de cuir autour de tables de jeux qui n’attendaient que d’être occupés. Comme le mentionnait le carton d’invitation, « ce qui se passait aux Folies restait aux Folies » et ce soir, Roy savait que la chef de la Milice elle-même fermerait les yeux sur les quelques substances illégales en attente dans le fumoir qui finiraient par être offerts à leurs fidèles clients.

En attendant, il était justement l’heure d’aller les courtiser. Quand il revint dans la salle du banquet, il arbora son plus beau sourire d’hôte de la soirée pour chacun des invités, passant quelques minutes avec les plus notables d’entre eux. Il daigna même écouter pendant dix minutes Marcus Peyne, l’infatigable directeur des Transports Magiques, lui faire ses habituelles envolées lyriques sur sa femme qui l’accompagnait -une très belle plante, effectivement, Roy devait le reconnaître- et sa petite fille qui n’avait évidemment pas pu les accompagner mais qui était, à en croire ses paroles, entre les mains d’une baby sitter hautement qualifiée. Heureusement, l’arrivée d’une invitée lui fournit le bon prétexte pour s’éclipser. Il rejoignit l’objet de son attention près du comptoir où Ignacio servait, en la saluant plus familièrement que les autres :

« Tu as pu venir finalement ! Jolie tenue. » Un sourire railleur se glissa sur ses lèvres. « Si j’avais su qu’il fallait lancer une soirée cuir moustache pour te voir enfiler autre chose qu’une jupe crayon, je l’aurais fait avant. »

Il était content de voir qu’Isobel avait pu se libérer, elle ne lui avait pas confirmé sa venue.


Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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"Constantine, ouvre-moi !"

J'expire en achevant de fermer la braguette du pantalon en cuir contractuel que je viens d'enfiler, la chemise à moitié ouverte, les cheveux encore dégoulinant d'eau. Les coups raisonnent derrière la porte et je n'ose y croire lorsque j'ouvre la porte en fermant mon col d'un geste maladroit.

Leopold Marchebank ouvre les bras sur une tenue qui me fait hausser un sourcil. Puis deux. " Ha. " Barbe de trois jours, col échancré, sourire satisfait. " Formidable, Monsieur le Ministre. On en est là." mon sarcasme glisse sur lui alors qu'il me fait signe d'entrer en m'indiquant que ma cheminée est réquisitionnée. Relativement pris au dépourvu de le trouver devant ma porte, et à la fois peu surpris considérant que se présenter en personne était probablement la seule manière certaine de s'assurer de ma venue -je commençais justement à considérer l'option retourner au Département comme une raison suffisante pour esquiver une soirée qui s'annonce somme toute plutôt désagréable - je le guide au travers de mon appartement ultra moderne, que je dois habiter environ deux ou trois soirs par semaine, lorsque je ne reste pas au Département, et qui est pour une fois et heureusement plutôt en ordre. Je fais abstraction du sentiment étrange qui m'étreint en considérant que Leopold marche sur les trâce de mon intimité en jetant des coups d’œils curieux de tous les côtés, et me plante devant la cheminée, regrettant de ne pas pouvoir profiter d'une solitude bienvenue, haut dans le ciel, sur mon balais de course préférée - un soutien psychologique pour affronter ce qui m'attend donc j'aurais eu bien besoins- Je me recoiffe d'un geste et sèche mes cheveux d'un coup de baguette. " Je t'en-pris, fais comme chez toi. " Dis-je ironiquement en lui désignant la poudre. Je jette un coup d'œil à son nouveau garde du corps en me demandant s'il sait dans quoi il a mis les pieds.

Probablement pas.

Une seconde plus tard, nous émergeons dans la cheminée parfaitement propre de la pièce secrète. Sombre, hagarde, glauque à mourir, on dirait une aile abandonnée du Département et j'aimerai pouvoir y rester pour toujours mais je dois emboîter le pas à Leopold qui n'a a peu près aucune seconde à perdre. Nous émergeons, après un contrôle de rigueur, dans la salle où la fête bat déjà son plein. La lumière m'aveugle un instant. Je sers les dents en considérant la foule qui s'étend entre les tables, amas informe de corps au service de Leopold, et je ne peux empêcher un sourire empreint d'une satisfaction sardonique se figer sur mes lèvres. " Bien joué, Leopold. " Dis-je doucement à l'intention du Ministre vers qui les regards se tournent. " Tu me rappellera la corrélation entre servir ta cause, et suer dans un ensemble SM pour te faire plaisir, à l'occasion. " J'accueille avec un sourire la coupe qu'il me tend. " On doit tous sacrément être amoureux de toi pour nous infliger un truc pareil. " Marmonnes-je en suivant le sillon qu'il trace à travers la foule jusqu'à une silhouette dramatiquement familière.

- Plaisir partagé ! Comment allez-vous ? " Mes yeux mettent un moment à s'accommoder au look ultra sexy de Danielle Coleman. Je fais un effort drastique pour ne pas la dévisager de haut en bas et me contente d'un sourire figé en la regardant dans les yeux. " Vous devriez absolument venir travailler comme ça. Le service com' serait ravi ! "
- Si vous veniez travailler comme ça, c'est moi qui serait ravi ", lâche Leopold à brûle pourpoint avec un sourire. Ha, le salaud.
- Danielle, incroyable. Je ne t'avais pas reconnu. " Je lui adresse une moue faussement désolée avant d'avaler une partie de ma coupe. Il faut que je boive, sinon je vais mourir. " Surprenant de te voir ici, par ailleurs. Au-delà de ton engagement pour la cause, j'ignorais que ta physionomie était compatible avec ce genre de sauteries. " Si elle me retourne la pique, je ne nierai pas : ma physionomie n'est pas compatible avec le cuir.

Putain.



Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Tout cela n'avait aucun sens! Quand Meredith Kane avait reçu la missive du Ministère, la très sage Meredith Kane s'était demandée s'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie ou d'un simple canular magique. Malheureusement pour elle, il y avait l'empreinte et le cachet magique de son mentor suprême, le grand Leopold Marchebank. Meredith n'en revenait pas, alors qu'une terrible onde de choc venait ébranler la surface gelée de son iceberg de moral. Une soirée basée sur le thème "Cuir-Moustache", organisée dans l'un des Cabaret les plus décadent du Monde Magique, avec en toile de fond l'excuse hallucinante de resserrer les liens unissant les fidèles partisans du FREE. C'était aussi grotesque que vulgaire! La Directrice de Skye éprouvait un profond malaise à l'idée de devoir troquer ses tailleurs chic contre une tenue moulante en cuir digne d'une péripatéticienne...  

Devait-elle désobéir aux consignes? Tricher et mentir en prétextant une maladie imaginaire ou un rendez-vous immanquable? L'obéissante Meredith Kane était littéralement déchirée entre sa conscience professionnelle et morale. Durant une journée entière, elle avait pianoté sur son Pear One à la recherche d'un autre membre du Ministère aussi sensé qu'elle, et qui voudrait bien esquiver ce rendez-vous bien trop inapproprié ; Mais ce fut le fiasco totale! Même la si professionnelle et stoïque Danielle Coleman était de la partie. Comme si, personne n'osait contourner les volontés de Leopold, même quand il s'agissait de pur dévergondage... Certes après toutes les épreuves endurées, il était plus que vital de se distraire et de relâcher la pression ; La psychomage en était parfaitement consciente. Mais pourquoi ne pas aller à l'Opéra Magique? Organiser un brunch au bord de la Tamise? Ou faire de l'équitation en pleine nature? Les solutions pour se détendre ne manquaient pas, et pourtant Leopold Marchebank avait jeté son dévolu sur une soirée excentrique organisée dans le temple du vice et du scandale...

Leopold Marchebank savait-il où il mettait les pieds? Se rendait-il compte que Mildred Magpie était un cas unique et désespéré? Lui qui n'avait dressé aucun diagnostic psychologique de l'état mentale de l'horripilante romancière ; Savait-il que celle-ci n'était rien d'autre qu'une névrosée mégalomaniaque, une nymphomane dépressive à tendance histrionique. Tenue au secret professionnel, la psychomage ne divulguerait jamais les confessions troublantes et gênante de sa patiente... Mais au delà de ses articles qui faisaient l'éloge de la politique du FREE, Meredith trouvait qu'il presque immoral de répondre à l'appel du pied d'une femme aussi vulgaire que dénuée de scrupule. Mais voilà, Leopold avait tranché et la Directrice de Skye était bien obligée d'obtempérer. Personne n'était en mesure de discuter les consignes du leader suprême. Même si pour cela il fallait aller à l'encontre de sa morale et se vêtir en cuir...

S'imaginant à l'abri des regards de ses enfants, Meredith était donc contrainte de revêtir cette seconde peau : Un comble pour celle qui militait ardemment contre le port vestimentaire de toute matière ou fourrure animale. Mais était-ce préférable de s'humilier en arborant une moustache puérile? Non! Voila pourquoi, elle avait opté pour l'achat d'une robe en cuir dans une friperie de luxe, en choisissant celle qui lui semblait la plus distinguée... Mais devant le miroir de la chambre parentale, le dos-nu paraissait beaucoup moins élégant et ô combien vulgaire. Ne descendait-il pas trop bas? Ne dévoilait-il pas trop de chose? Meredith ne cessait de tirer sur l'étoffe en cuir pour la faire remonter. Quand tout à coup... Walter Kane, réussissant à se libérer de la vigilance de nourrice familiale la surprit en pareille tenue.

"Maman... Que fais-tu dans cette tenue? " murmura-t-il péniblement.

A la fois honteuse et quelque peu agacée à l'idée de voir ses consignes contournée, la mère de famille braqua un index solennel en direction de l'extérieur.

"Walter, files dans tes chambre. Tu n'as pas du travail? Si demain, je découvre que tu n'as point réalisé tes travaux de vacances, et notamment ton exercice sur les runes magique, alors je serai très fâchée! "

Mais les yeux de Walter n'arrivait pas à se faire au spectacle de sa mère en tenue si légère. Jamais le garçon n'avait osé exprimé le contenu de sa pensée, ni même avouer ses souffrances. Et pourtant face à sa mère en tenue indécente, il osa pour la première fois libérer sa colère et les trop nombreux non-dits...

"C'est ça! Pendant que toi, tu trouveras un remplaçant à papa! "

Aussi perplexe que blessée dans son âme, Meredith demeura muette alors que son fils détalait en pleurs en direction de sa chambre. C'était la première que l'un de enfants osait frontalement discuter l'un de ses ordres... La première fois qu'elle ressentait véritablement le vide et l'absence de Douglas à ses cotés...

*****

En fidèle membre du Cercle, Meredith Kane rejoignit cette odieuse soirée par le biais de la cheminée conduisant directement à la pièce interdite des Folies. Un QG secret qu'elle trouvait glauque et improbable, mais qui avait au final le mérite de brouiller les pistes. Qui s'attendrait en effet à voir d'aussi éminent membres du Ministère en pareil endroit? Après le drame familial qu'elle venait de subir, Meredith Kane était d'une humeur massacrante, même si rien de ses émotions intérieures ne transparaissaient sur son visage froid et figé. Injustice blessante, son fils avait osé lui adresser un reproche que seul son père méritait de recevoir. Ce n'était pas elle qui avait fauté! Comment pouvait-on lui reprocher de vouloir remplacer son mari? Même séparée, Meredith avait toujours respecter scrupuleusement les règles élémentaire de la morale et de la décence. Jamais au grand jamais, elle n'irait à l'encontre du sacro-saint serment du mariage. Pour le meilleur et pour le pire, elle ne connaitrait à jamais qu'un seul homme dans sa vie : Douglas.

Soucieuse de ne faire que acte de présence dans cette soirée de débauche, Meredith soupira en ne voyant personne dans la salle interdite. Mon Dieu! Était-elle obligée de franchir le seuil et s'afficher en tenue aussi grossière aux yeux de ses collègues? N'allait-elle pas perdre de son sérieux et de sa crédibilité? Que penserait d'elle des collaborateurs comme Constantine? Au moins, ce malaise intérieur avait la faculté de lui faire oublier les âpres paroles de son fils Walter. Meredith Kane tira une nouvelle fois sur sa robe pour protéger sa noble pudeur, avant de quitter la pièce et traverser en trombe la zone de tous les vices. Jeux d'argents, tripots, piaules infâmes humant l'odeur rance du sexe masqué sous des torrents de parfums... Comment son mentor et un homme aussi inspiré que Leopold Marchebank pouvait pactisé avec des individus aussi troubles que Roy Calder et Mildred Magpie. A dela de toute contribution financière : Était-ce nécessaire que de se salir les mains auprès de gens aussi infréquentables?

La politique exigeant des sacrifices et compromis, la frigide responsable de la Santé magique finit par pénétrer dans la hall torride du cabaret magique. Quel spectacle indigne que de voir autant de tenues moulantes en cuir et autant de moustaches fièrement affichées. D'un pas quelque peu hésitant, Meredith Kane finit par rejoindre un trio familier à l'allure méconnaissable :  En effet, tout de cuir vêtu, le Ministre était en pleine discussion avec Danielle et Constantine. Cherchant à ne point divulguer son dos dénudé, Meredith s'avança pou se greffer au petit groupe. C'était affreux de se sentir aussi peu à sa place!

"Bonsoir monsieur le Ministre. Bien le bonsoir, très chers collègues. " débuta-t-elle en cherchant à conserver un semblant de dignité. "Je suis ravie de vous voir, même si je ne pourrai guère rester très longtemps. Un impératif familial sollicite ma présence... "

Un mensonge alors qu'une nourrice et des domestiques s'occupaient de tout en son absence. Telle une statue de cuir, Meredith se figea en entendant Constantine faire un commentaire sur la physionomie de Danielle. Au moins cela détendait l’atmosphère et dédramatisait la chose. Toutefois, la très coincée Meredith n'était pas prête à se déraidir.

"J'avoue que je n'arrive pas à comprendre le but recherché de cette... Comment dites-vous, Constantine? " Elle marqua une seconde avant de reprendre : "Oui, c'est cela. Je ne saisie pas l'objectif de ce genre de sauterie improvisée. Si ce n'est que pour forger des liens extra-professionnels : N'aurait-il pas été préférable de se rencontrer autours d'une table de restaurant? Cela n'aurait-il pas été plus sérieux? "

Le regard froid de Meredith se figea sur un homme en casquette et d'une vulgarité inconcevable pour l'âme frigide et puritaine de la sainte psychomage. Elle se sentait comme une vierge effarouchée pénétrant dans le temple de la luxure. Une question finit par s'imposer : Que faisait-elle ici?      



             
“Meilleur ne veut pas dire meilleur pour tout le monde”
Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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« J’y songerai. » répliqua Danielle avec un sourire effronté en observant Leopold.

Evidemment, il était hors de question qu’elle porte une telle tenue en dehors des Folies Sorcières et encore moins dans l’enceinte du Ministère de la Magie. Elle se voyait mal interroger des suspects – des présumés terroristes, rappelons-le – alors que son corps était dévoilé de la sorte. Non, décidemment, Danielle était bien plus à l’aise dans son épaisse robe violette, une accromentule brodée sur la poitrine. Pour autant, elle refusait de rougir face aux insinuations du ministre et préférait soutenir son regard que de détourner les yeux. Elle n’était pas la seule à être complètement hors de sa zone de confort et hors de son milieu habituel ; elle n’avait pas non plus l’habitude voir Constantine ou Leopold engoncés dans des pantalons en cuir et partait donc du principe qu’elle n’avait pas, alors, à se sentir mal à l’aise de sa tenue.

De toute façon, il était très difficile de faire ressentir à Danielle une quelconque honte ou gêne ; ce n’était pas le cas, visiblement, de Meredith Kane qui semblait être particulièrement nerveuse par rapport à la situation. Sa robe de cuir, qui laissait son dos dénudé, lui allait pourtant à ravir. Mais la directrice de Skye ne semblait pas à son aise dans une soirée aussi débridée, aussi les prévint-elle immédiatement de son départ précipité.

« Bonsoir Meredith. » la salua Danielle en cachant un sourire amusé dans sa coupe de champagne.

La remarque de Constantine, finalement, l’arracha de la contemplation de sa boisson et elle posa sur lui un regard volontairement provocateur, souligné par son maquillage plus prononcé que d’habitude.

« Constantine, » répliqua-t-elle en l’observant, s’attardant un instant sur sa chemise noire, « je vais partir du principe que tu complimentais ma tenue. Merci. »

Que ce soit Constantine qui, une fois de plus, lui faisait remarquer qu’elle n’était pas très compatible avec ce genre de soirée, cela était parfaitement ironique, tant le directeur de département semblait décalé au milieu de tous ces accessoires en cuir et de cette ambiance débridée. Il était rare de découvrir ses collègues en dehors du ministère et Danielle était curieuse de connaître l’état d’esprit de Constantine. L’avis de Meredith Kane sur la question était, quant à lui, déjà tout fait et elle s’empressa de le partager avec le petit groupe.

« Nous sommes déjà trop sérieux au ministère, Meredith. » contra Danielle avec un ton fataliste. « Il aurait fallu une vingtaine de dîners pour égaler une soirée comme celle-ci. » Elle saisit, au vol, une coupe de champagne et la tendit à la directrice de Skye avec un sourire avenant. « Buvez. La honte passera avec l’alcool. » commenta la cheffe de la milice en reprenant tranquillement une gorgée de sa propre boisson.


MétamorphomageMolduavatar
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Fergus Avner, 34 ans, Veilleurs


Fergus avait dormis quatre heures, accusé le tri improbable d'un monceau de vigil une semaine durant, et considérait désormais le postérieur de Toni dans l'incertitude de la conclusion qu'il devait en tirer. Il ignorait à quel degrés de l'hallucination las ou de la résignation il se trouvait. Pour tout dire, les frasques de Toni ne le surprenait plus qu'en de rares occasions : ils se côtoyaient depuis si longtemps qu'il leur était encore relativement difficile de se surprendre l'un l'autre. Et pourtant, il existait des circonstances - précisément comme celle-ci- où Fergus se sentait à la fois rassuré de constater que Toni avait encore des choses à lui faire découvrir, et incertain de la situation dans laquelle il choisissait de les lui révéler.

Il ne se faisait pas d'illusions. Engoncé dans son ensemble absolument impersonnel qui le désignait comme un organisateur ennuyeux de la soirée, il savait, tout en vérifiant pour la sixième fois que les vigils étaient bien à leur place, que les sécurités magiques officiaient correctement, qu'on ne pouvait transplaner nul part, que le contrôle fonctionnait, que Toni avait déjà pris son parti, celui de passer une nuit décontracté, admirable, et de rappeler au monde entier combien il valait le coup.

Fergus comprenait.

Il aurait probablement arrêté n'importe lequel de ses subordonnés dans le processus, mais pour Toni, c'était différent. D'une part parce qu'il n'était pas son subordonné, d'autre part parce qu'il savait que rien ne lui échapperait. Même ivre mort, son acolyte possédait une capacité incongrue et sanguine à détecter le danger qui leur avait permis plus d'une fois d'échapper à une mauvaise rixe. Par ailleurs, même déguisé en gogo dancer, Toni ne perdait rien de sa souplesse - Fergus présageait une démonstration de ce fait un peu plus avant dans la soirée - et comme il n'avait plus bâclé son travail depuis une infinité d'années environs, l'inquiétude n'avait pas un instant troublé Fergus. Sa confiance en Toni était totale. Fessier moulé dans un pantalon de cuir ou non.

Comme ainsi Fergus ne craignait rien du comportement de Toni, il put se permettre, une fois la surprise passée, de rire franchement et intérieurement. Son ami s'épanouissait déjà en frasques charmantes auprès de leurs acolytes, vingt minutes plus tard et une pique jeté négligemment à la face de Roy qui avait fait environ autant d'effort pour dissimuler qu'il n'était pas dans sa tenue habituelle que pour respecter le thème de la soirée, Toni en faisait de même parmi les invités. Fergus avait le regard partout, une terrible envie de boire, une volonté féroce de ne rien en faire - il n'était pas aussi alerte alcoolisé qu'il avait toujours voulu le faire croire - et commençait globalement à s'ennuyer. Il regrettait de ne pas pouvoir profiter des coupes qui se glissaient négligemment sous son nez, mais l'affaire Robin McFarlan lui laissait encore un sentiment d'anxiété trouble et il ne voulait pour rien au monde se donner une raison de faillir à la sécurité des Folies Sorcières. Roy comptait sur lui.

- Hé Toni ! " Fergus s'approchait de son frère de cœur en jetant des coups d'œil autours de lui. Il l'intercepta alors qu'il se dissociait d'un groupe et l'attira près d'une entrée. " Quand tu verras passer les dragées, lui murmura-t-il a l'oreille, sois cool et mets m'en une ou deux de côté. " Les dragées, c'était cette drogue exutoire qui faisait planer tout en créant un panel d'illusions visuelles et olfactives si réelles qu'elles se confondaient parfois avec les souvenirs. Toni et lui leur avait donné ce nom parce qu'elles avaient une forme et une couleur qui ressemblait étrangement à la friandise de Bertie Crochue. Fergus savait que les mains en échangeraient lorsque la nuit serait tombée définitivement sur Bristol, et s'il s'interdisait d'en profiter ce soir, il comptait bien s'en faire une réserve pour vivre son quart d'heure plus tard. On ne récupérait pas tous les soirs de la drogue gratuite, aux folies, et Fergus n'était pas du genre à voler impunément dans les stock. Il se permit un sourire retroussé. " Au fait, joli tenue. J'ai tapé sur l'épaule de Magpie tout à l'heure, de dos on vous confond caremment. Votre cul a la même..." Il esquissa un geste des mains, mimant deux cercles fermes avec une moue approbatrice et goguenarde. "... Circonférence." Conclut t-il. A son sens, Toni et elle avaient le potentiel d'un couple esthétique fantastique.
Isobel LavespèreChargée de vacancesavatar
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Isobel avait sincèrement hésité à venir à cette soirée. Pourtant, elle aimait les fêtes mais elle ne savait pas pourquoi, l'idée d'une soirée de débauche avec tout le gratin du Ministère ne lui donnait pas tellement envie. Avait-elle vraiment le désir de voir Meredith Kane en cuir et moustache ? Et Mildred ? Quoique, cette dernière portait souvent des tenues qui ne laissaient aucune place à l'imagination mais le cuir, ça moulait tous les petits défauts. Les fesses de Mildred sanglées dans un pantalon trop juste, ce n'était pas vraiment sa définition de la soirée réussie... Quant au Ministre, elle avait déjà eu l'honneur de le voir dans une telle tenue donc bon, la surprise était un peu gâchée. Au final, la vrai explication à son hésitation était qu'elle était un peu contrariée en ce moment, assez préoccupée et pas forcément d'humeur à passer une énième soirée de débauche aux Folies. D'un autre côté, ruminer chez elle n'allait pas vraiment améliorer son état d'esprit... Elle s'était un peu décidé à la dernière minute, à la fois parce qu'elle était agacée et en même temps, parce qu'elle ne voulait pas qu'on remarque son absence. Elle passerait forcément une meilleure soirée auprès d'amis comme Roy. Elle avait jeté un regard à son PearOne avant de l'éteindre - l'invitation les interdisait - et de se rendre dans son dressing.

Elle n'avait pas investi dans une nouvelle tenue pour l'occasion, comme elle s'était décidée à venir à la dernière minute. Plantée dans son dressing après sa douche et son maquillage, les mains sur les hanches, elle réfléchissait à ce qu'elle pouvait bien avoir en cuir. Elle avait deux vestes mais ce n'était peut-être pas assez dans le thème, trop banal... Elle avait une jupe crayon en cuir mais bon, elle en portait tous les jours au travail alors cela n'avait rien d'original. Finalement, en fouillant à l'arrière des piles de pantalon, elle avait fini par dégoter un pantalon en cuir acheté au début des années 2000. Triste époque pour la mode... Il était encore nickel (parce qu'elle l'avait peu porté) et elle rentrait encore très bien dedans. Elle s'y glissa, avec un haut gris et satiné et une veste en cuir. Une queue de cheval, des escarpins et elle était parée. Elle avait reçu la note comme quoi ils pouvaient - et devaient même - arriver vers le premier étage aussi descendit-elle rejoindre une Cheminette communautaire à trois minutes de chez elle pour arriver aux Folies. Elle confia son PearOne - et son sac à main, pour la peine - à un Veilleur qu'elle connaissait de vue, avant de descendre les marches.

C'était assez drôle en soi, de voir tous ses collègues en cuir. Pour le service juridique, c'était clairement gênant mais pour le reste, c'était drôle. Elle aperçut Robin MacFarlane qui avait un haut assez aéré et Meredith Kane, qui ne savait plus où se mettre, elle le voyait de là. Décidée à vivre cette soirée avec un verre à la main, elle se dirigea vers le comptoir où Ignacio servait et attendait qu'il soit disponible quand une voix familière l'interpella. Elle se tourna vers son meilleur ami, un sourire s'épanouissant sur ses lèvres, tout de suite de meilleure humeur.

- Merci. Sa remarque railleuse lui tira un sourire en coin. Oh, allez. Tu m'as déjà vue sans jupe crayon. Tu m'as déjà vue sans rien.

Elle avait déjà dit qu'elle était contrariée ?

- Et d'ailleurs toi aussi tu es très mignon comme ça, tu me fais penser à un petit dealer avec des sachets dans ses poches que j'ai connu y'a huit ans, tu vois qui c'est ?



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Elias NasserMolduavatar
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Tout le gratin du gouvernement était présent à cette petite soirée privée et cela annonçait la débauche. Elle semblait être sortie de nulle part, une idée qui avait piqué Mildred Magpie comme une mouche, une façon comme une autre de rassembler les grands de ce monde. Ou plutôt les grands de la dictature qu'ils appelaient gouvernement. J'avais eu en tout et pour tout à peine une journée pour tout organiser. Rassembler le personnel nécessaire et le trier avec professionnalisme. Les plannings étaient un casse-tête sans nom et cette soirée bouleversait tout, il allait me falloir revoir les repos des danseuses, des barmans et des vigiles qu'il avait fallu doubler à cause de Leopold Marchebank. Un résistant avisé aurait prévu de faire sauté les Folies Sorcières ce jour là. Toutes les têtes pensantes éliminées le même jour et la population débarrassée d'une gangrène suintante.

Malheureusement, je n'avais pas eu le temps de prévenir Lilly de la soirée et cela aurait de toute manière était contre-productif avec la manifestation de demain. Ce n'était pas l'action que nous voulions mené et il y avait le risque de toucher trop d'innocent dans une telle action. Quoique cela pouvait rester à envisager si le gouvernement se durcissait encore et que notre action de demain n'aboutissait pas. L'avantage d'être un Cracmol était que personne ne faisait attention à vous. Cela doublé au fait d'être un majordome et vous vous fondiez dans le paysage sans que personne ne vous prête la moindre attention.

C'était assez pratique pour glaner des informations à droite et à gauche. J'avais la confiance de Magpie et de Calder mais également de tous les employés quasiment. J'essayais d'être à l'écoute de leurs besoins tout en sachant rester ferme et intraitable lorsqu'il le fallait. Je savais pertinemment que je n'étais pas apprécié de tout le monde, on ne pouvait pas l'être de toute manière et j'évitais de trop me mélanger avec le personnel. Il y avait trop de différences culturelles entre nous et si je voulais garder un certain respect de leur part, je ne pouvais pas devenir trop proche d'eux. C'était parfois difficile de garder mes distances parce que j'en appréciais la plupart.

Je déambulais dans la pièce, longeant les murs pour me rendre invisible tout en saluant respectueusement les personnes que je croisais sur mon chemin, un sourire affable sur le visage. Leopold Marchebank était arrivé par un passage secret connu seulement des membres de confiance des Folies. Magpie haranguait déjà les filles pour qu'elles se donnent corps et âmes à nos invités de la soirée. Je leur adressais un léger clin d’œil lorsque je croisais l'une d'entre elle, comme pour les encourager. Je ne doutais pas qu'elle ferait de bonnes prestations. J'avais demandé aux meilleures de venir ce soir et celles en qui j'avais confiance également. L’événement était d'ampleur et je ne pouvais pas me permettre de respecter le code du travail dans sa totalité. Ce serait des heures supplémentaires payées ou récupérées plus tard dans la semaine. Je m'arrangerais pour faire en sorte qu'elles aient les soirées qu'elles voulaient dans les semaines à venir. Il fallait absolument les choyer car sans elles, les Folies ne seraient pas la moitié de ce que c'était aujourd'hui.

Je me dirigeais vers Ignacio avec un léger sourire, j'étais heureux d'avoir ce barman parmi nous, il était vraiment très bon et son petit côté exotique ne laissait pas les clientes et certains clients indifférents. Peut-être le charme américain. En attendant, Mildred semblait l'avoir à la bonne et c'était très bien comme ça. Je n'aimais pas devoir changer le personnel en permanence, ça avait quelque chose d'agaçant. Il fallait tout réorganiser et faire en sorte qu'ils s'intègrent au reste de l'équipe qui était déjà très soudé avec le risque qu'ils n'acceptent pas le nouveau en l'accusant de prendre la place de untel ou unetelle. Parfois, il fallait être vraiment diplomate.

"Tout se passe bien ?"

Je restais un moment près de lui pour être sûr qu'il ne manquait de rien avant de laisser mon regard parcourir la pièce. Je m'attardais légèrement sur Constantine Egalité, je l'avais déjà vu dans les lieux, il était proche de Joséphine si je ne me trompais pas et en laissant quelque peu traîner les oreilles la dernière fois qu'il était venu, j'avais compris qu'ils partageaient un lourd passé. Malheureusement pour eux, je parlais français couramment et leur échange dans leur langue natale n'avait pas suffit à me tenir à l'écart. Il était important de garder une vigilance constante. Je ne voulais pas que l'une des filles soit blessées ou pire. Et il m'arrivait parfois, surtout avec les hauts placés qui se croyaient tous permis de m'attarder derrière les murs et les portes. Après tout, les murs avaient des oreilles et c'était d'autant plus vrai aux Folies Sorcières.

Toutefois, ils n'avaient rien à craindre, leur secret était bien gardé avec moi. Quoiqu'il m'arrivait souvent de partager certaines informations avec le LEXIT. Et certains éléments avaient d'ailleurs finis dans l'oreille de Lilly. Bien entendu, tout n'était pas exploitable et il était dangereux de tout rendre public mais il était important de connaître son ennemi le plus intimement possible. Pour frapper là où ça faisait mal. J'attendais donc avec impatience qui avait été invité ce soir. Est-ce que la disgrâce d'Adonis Greengrass était aussi importante qu'on le disait ? Maintenant qu'il était rentré en Angleterre serait-il présent ce soir ? Mon attention fut attiré par l'arrivée de Victor Lloyd, le jeune mannequin à la mode et largement pro-régime si on lisait attentivement les dernières interviews qu'il avait donné dans la presse internationale.

Je m'éloignais du bar pour rejoindre un coin sombre de la pièce, observant la suite de la soirée et attendant qu'on ait besoin de moi. J'étais au service du client après tout. Enfin tout était relatif... Mon corps n'était pas encore à vendre malgré quelques propositions forts insistantes que j'avais déjà eu par certaines femmes méchamment alcoolisées. Mais ce n'étaient pas les pires, les hommes influents étaient parfois pire dans leurs désirs. Mais ce genre d’extra ne faisaient pas encore partis de ma fiche de poste et j'espérais qu'il en resterait ainsi encore longtemps.



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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin ne faisait pas de pause. Du moins, pas en vue de ses employeurs, sur le balcon des Folies, au milieu des clients. Si elle s’entretenait avec Joséphine Chevalier ce soir c’était uniquement pour caler leurs numéros de danse respectifs et connaitre le nouvelle ordre de passage suite à la défection de l’une de leur collègue malade. Il avait fallu que Mildred les surprenne à ce moment là et les sermonne comme deux fillettes récalcitrantes en leur rappelant leur mission de la soirée.

Pourtant, Robin savait exactement ce qu’elle avait à faire: Déambuler entre les convives,  pousser les gros bonnets à la consommation et les entrainer inexorablement vers l’aile ouest, l’aile de tous les vices, mais surtout, l’aile des  pourboires exorbitants.

A vrai dire, elle avait été soulagée de découvrir son nom dans la liste des filles sélectionnées pour cette soirée très privée pour les pontes du Ministère. Suite à son agression, la danseuse s’était posée beaucoup de questions sur sa place au sein des Folies. Même si, en soit, elle n’avait rien à se reprocher –elle était une victime dans cette histoire- elle craignait que son Pire Cauchemar n’ait réussit à entacher sa réputation de collaboratrice fiable. Cette simple idée la mettait hors d’elle ! Ces derniers mois, elle s’était donc attachée à être la plus professionnelle possible dans ses relations avec ses clients et ses employeurs. Elle estimait avoir été irréprochable. Même avec Fergus, et ce malgré le froid qui régnait entre eux depuis l’intrusion de Novembre…

Visiblement, ses efforts avaient payé puisque Roy l’avait sélectionné dans le staff pour ce soir. La danseuse avisa d’ailleurs son patron en compagnie d’Isobel Lavespère non loin du bar improvisé au premier où Ignacio préparait les cocktails face à Elias. La chemise noir et le pantalon en cuir du serveur lui seyaient à merveilles- surtout de dos- et la jeune femme ne résista pas à l’idée de trouver un prétexte pour le rejoindre dès qu’il fut seul. Robin traversa la pièce  dans sa tenue légère non sans accorder sourires et œillades mutines à ses clients les plus réguliers. Elle s’arrêta même pour saluer le directeur du « département des accidents et catastrophes » qui n’avait jamais aussi bien porté son titre que ce soir :Son corps disgracieux était moulé dans une combinaison totale en cuir rouge et il incarnait parfaitement  l’expression Fashion Faux Pas.  La danseuse rejoignit ensuite celui qui partageait son lit depuis quelques mois déjà :

« Fakir vient d’arriver, dit-elle en  se penchant légèrement au dessus du comptoir. Elle désigna de ses yeux charbonneux la star de quidditch irlandaise qui serrait des mains dans le hall, peux-tu me préparer quelques verres de son cocktail s’il te plait ? »

Oui. Le célèbre attrapeur –fidèle client des Folies-  avait donné son nom à un shooter détonnant qui avait le pouvoir de vous « mettre bien » en quelques secondes seulement. Le même nombre de secondes exactement qu’il avait fallu à Fakir pour attraper le Vif d’or contre l’Angleterre. C’était dire comme ce cocktail vert émeraude était efficace.

La danseuse attendit patiemment que le serveur prépare sa mixture en silence. Elle n’allait pas se permettre de commentaires personnels –Roy était tout près et cela aurait été plutôt mal venu- mais elle espérait qu’Ignacio appréciait sa propre tenue autant qu’elle appréciait la sienne. Elle échangea un bref regard complice avec le serveur,  le remercia poliment en repartant avec son plateau et fendit la foule en direction de l’attrapeur.

« Un Fakir,… pour M.Fakir ! » lança-t-elle en s’improvisant serveuse durant quelques instants. Une main dans le dos, elle s’inclina légèrement pour présenter son plateau rempli de shooter au sportif qui ne chercha pas à cacher sa joie de se voir ainsi honoré.
« Accueilli par ma danseuse et mon cocktail préférés, s’exclama –t-il en enserrant la taille de Robin, que demander de plus ! »

La danseuse laissa fleurir un immense sourire sur ses lèvres tandis que le joueur de quidditch déposait un baiser sur sa joue. Comme par magie, un serveur des Folies la débarrassa de son plateau et invita les autres convives à gouter le fameux « Fakir » qui n’allait pas tarder à débrider tout ce beau monde.

« Dis moi ma Jolie, tu fais un show ce soir ? » lui demanda alors Fakir à l’oreille.
« Tu vas devoir patienter jusqu’à 23h, répondit-elle mutine. Elle se dégagea poliment de son étreinte –il était encore trop tôt pour demeurer collé-serré au milieu du hall- mais resta tout de même à proximité de l’attrapeur « Toutefois j’ai une excellente proposition pour te faire patienter jusque là… »
« Ah oui ? » répondit Fakir en haussant un sourcil de manière suggestive.
« Non, pas celle-ci, répondit-elle en roulant des yeux –mais quel crevard celui-là- du moins pas tout de suite, ajouta-t-elle.
Les filles étaient tenues d’assurer le show dans les parties communes jusqu’à minuit, après, elle pouvaient s’éclipser avec les clients dans les chambres privatives.
« Une autre distraction qui, je le sais, va te plaire… Suis moi.»

En quelques enjambées, Robin  rejoignit Toni et Fergus, Fakir sur ses talons.

« Messieurs bonsoir, lança-t-elle assez fort pour couvrir les grivoiseries d’Avner .Ce qu’il pouvait manquer de classe parfois, celui-là! Ils étaient dans une soirée select’ aux Folies Sorcières et non pas au Niffleur Ecarlate ! Par Merlin. La danseuse s’imposa entre ses deux collègues Veilleurs et désigna le joueur de quidditch d’un geste de la main.

« Je ne vous présente pas, souffla-t-elle en observant les trois hommes. Fakir était un client de l’aile ouest autant adeptes de filles que des jeux d’argent, j’ai entendu dire que M. Guldread figurait sur la liste des invités ce soir. Est-il déjà arrivé ? » s’enquit-elle en observant tour à tour le visage de Tony sous sa casquette de gendarme et celui de Fergus. Guldread, un jeune employé du Ministère fraichement promu  conseiller, s’était distingué ses dernières semaines à la table de Poker des Folies. Table que Fakir avait quelque peu déserté ce dernier mois en raison de sa fin de saison chargée. Les deux hommes n’avaient donc pas eu le privilège de jouer l’un contre l’autre et Robin estimait qu’il fallait absolument remédier à cette anomalie. Pourquoi bouder une telle affiche qui allait incontestablement distraire bon nombre d’invités ce soir ?
Elle espérait d’ailleurs que ses deux collègues étaient de son avis et qu’ils étaient favorables à l’idée de jouer les entremetteurs entre deux amateurs de jeux d’argent…


Love as if you had never suffered. Dance as if nobody looked at you
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies SorcièresEn ligneavatar
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Joséphine se retint de lever les yeux au ciel en regardant Mildred s'éloigner après les avoir sermonnées, elle et Robin, comme si elles prenaient tranquillement une pause sur le balcon des Folies, juste avant le début de la plus grosse soirée privée de la saison. Si les deux danseuses étaient là ce soir, c'était justement parce qu'elles faisaient partie des meilleures employées, elles faisaient les plus gros chiffres dans l’aile Ouest et Magpie le savait bien.

La propriétaire des lieux était visiblement décidée à les pousser à se surpasser ce soir puisqu’elle avait promis une « prime incroyable » à celle d’entre elles qui rapporterait le plus de galions ce soir. Joséphine n’avait pas besoin de ce genre de challenge pour courir après les gros pourboires -elle avait un loyer à payer- mais elle était intriguée de savoir ce que Mildred avait en tête. C’était une femme qui n’avait aucun sens de la mesure et la danseuse se demandait bien ce que sa patronne entendait par « incroyable ». Connaissant Mildred, il pouvait s’agir du pire comme du meilleur.

Avisant les invités qui commençaient à arriver en grand nombre, Joséphine traversa le hall d’une démarche légère, saluant quelques connaissances avec des sourires enjôleurs.  Elle adressa un clin d’œil complice à Isobel, assise au bar en compagnie de Roy. C’était assez étrange, de voir tous les grands noms du Ministère vêtus comme des artistes de cabaret. Bien sûr, Joséphine avait déjà vu certains d’entre eux dans des tenues encore plus légères, mais la vision d’ensemble de tous les collaborateurs du régime habillés de cuir était malgré tout surprenante. La jolie rousse avait évidemment respecté le dress-code imposé et avait enfilé une pièce en cuir bien trop courte pour mériter le nom de jupe. Mais elle s’était également permis un peu de fantaisie avec un corset en dentelle verte qui la rendait facilement repérable au milieu de toutes les tenues sombre -si l’on oubliait l’horrible combinaison rouge du directeur du département des catastrophes magiques.

La danseuse ne tarda pas à aviser un petit groupe particulièrement intéressant. Le Ministre de la magie en personne était occupé à discuter avec une Danielle Coleman absolument sublime, une Meredith Kane qui semblait vouloir disparaitre sous terre, et Constantine.  Un sourire malicieux s’étira sur les lèvres de la jeune femme. Elle n’avait toujours pas pardonné à Constantine la façon dont il avait débarqué dans l’Aile Ouest la dernière fois, en se faisant passer pour un client alors qu’il aurait pu venir la trouver directement en dehors de son travail. Elle avait détesté se sentir piégée de la sorte, et elle entendait bien lui rendre la monnaie de son gallion.

Joséphine arriva à hauteur du petit groupe au moment où la chef de la Milice tendait une coupe de champagne à Meredith Kane.

« Buvez. La honte passera avec l’alcool.
- Quelle honte ? Vous êtes tous sublimes ! assura-t-elle avec son sourire le plus charmeur. Monsieur le Ministre, c’est un plaisir de vous voir ce soir, vous portez le cuir à merveille. Miss Magpie vous a réservé la meilleure table pour le spectacle de ce soir, j’espère que vous apprécierez… Elle couva Léopold d’un regard appréciateur avant de reporter son attention sur le reste des convives. Miss Coleman, enchantée. Elle ne se souvenait pas avoir déjà rencontré la chef de la Milice, dont les longues jambes rivalisaient facilement avec celles des danseuses des Folies. Madame Kane, vous êtes très élégante. Elle n’était pas certaine que Frigidith apprécie ce compliment de la part d’une danseuse de cabaret dont la jupe couvrait à peine les hanches, mais elle aurait essayé. Constantine, comment vas-tu ? »

Elle posa une main sur son bras, dans un geste volontairement familier. Elle voulait qu’on s’étonne de voir le si sérieux Directeur des Mystère visiblement proche d’une danseuse des Folies, elle voulait qu’on pose des questions, elle voulait qu’on les interroge, et elle voulait voir Constantine blêmir quand elle se ferait un plaisir de le laisser répondre. Elle savourait déjà sa vengeance.



Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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La petite joute verbale entre Constantine, Danielle et Leopold amusa le ministre, mais pas au point de ne pas remarquer l'arrivée de Meredith Kane. Il fallait dire que celle-ci était parfaitement remarquable, tant sa présence en ces lieux paraissait décalée, et pourtant elle ne dénotait pas avec une robe qu'il se fit un malin plaisir de détailler. Lentement, prêtant une oreille peu attentive à ses protestations quant à l'opportunité d'une telle soirée, Leopold caressa du regard son corps svelte moulé dans une robe scintillante, avant de revenir s'accrocher à ce regard sévère. Il y avait quelque chose de terriblement attirant chez cette femme, peut-être était-ce la froideur qui s'en dégageait, ou son attitude trop sage. Jamais Meredith Kane ne s'était suffisamment détendue en leur présence pour dévoiler la femme qui se dissimulait derrière la fonction, femme qu'il n'aspirait qu'à découvrir. Cette soirée serait peut-être l'occasion de la voir se lâcher un peu.

Mais ce n'était pas avec ce verre de champagne trop distingué qu'il verrait une telle chose arriver, surtout si elle avait prévu de filer dès que les choses deviendraient plus... échevelées. La réponse de Danielle lui tira un sourire, et il s'apprêtait à renchérir par une taquinerie de son cru lorsqu'une nouvelle arrivée le coupa dans son élan. Reconnaissant aussitôt la danseuse aux dons de voyance, il lui adressa un sourire et la salua d'un "Mademoiselle Chevalier" aux accents charmeurs. Le ministre se garda bien de s'attarder sur la tenue de cette femme là, mais leva deux sourcils surpris devant la familiarité avec laquelle elle s'adressa à Constantine, son regard rivé sur cette main manucurée posée sur son bras. Eh bien, voilà qui n'était guère bon pour l'image de son collègue, songea-t-il en glissant un regard vers le directeur des mystères, guettant sa réaction. Peut-être que son acolyte avait besoin d'une diversion, songea-t-il, charitable, avant de lancer d'un ton badin :

"Sublimes, en effet, à se demander qui aura le plus de succès..."


Il lança un discret clin d'oeil à la chef de la milice, officiellement célibataire, puis s'excusa du petit groupe avant de s'éloigner momentanément. Il traversa la salle, saluant des têtes connues au passage, puis s'accouda au comptoir en se penchant vers le barman.

"Deux Fakir, s'il-vous-plait."

En attendant qu'Ignacio s'exécute, Leopold observa la pièce et ses convives, l'air satisfait. Cette petite "sauterie" s'annonçait des plus prometteuses, il sentait comme une électricité dans l'air : tous s'étaient consacré plus que de raison à leur travail, nombreux avaient connu des deuils et des drames ces derniers temps, alors l'envie de se détendre et de se lâcher était particulièrement présente. Cela n'était pas sans lui rappeler ses soirées de débauche à Vienne du temps de la guerre, alors qu'il portait le cuir avec la vitalité de la jeunesse...

Bientôt, il repartit avec ses deux verres gratis et rejoignit tranquillement ses collègues, qui avaient poursuivi leur conversation. Sans se soucier de les interrompre, il se tourna vers Meredith.

"Tenez, abandonnez-donc ce champagne sans saveur et goûtez cette nouvelle petite merveille. Vous m'en direz des nouvelles", commenta-t-il en tendant son verre vers la directrice. Il se rapprocha légèrement et lui glissa quelques mots à l'oreille, tandis que sa main effleurait innocemment l'arrière de son épaule dénudée :

"Ne vous inquiétez pas, tout se passera très bien. La sécurité a été parfaitement assurée. Nous avons tous besoin d'un moment pour nous détendre, et apprendre à mieux se connaître, vous ne pensez pas ?"

Il se redressa et reprit d'un ton normal : "Je note néanmoins que vous appréciez les soirées au restaurant. Amatrice de grande gastronomie, peut-être ? Dans ce cas, sans doute saurez-vous me conseiller, j'aime beaucoup la table de l'Hippogriffe Cendré, mais je vais malheureusement devoir changer d'adresse de prédilection. Je n'ai plus le cœur d'y mettre les pieds, depuis..."

Une ombre passa sur son visage, et il se morigéna intérieurement : il n'allait tout-de-même pas être celui qui plombait l'ambiance ! Leopold leva légèrement son verre, comme pour trinquer à la mémoire d'Alan, puis but son shooter d'un trait. Une agréable sensation de chaleur l'envahit aussitôt.

"Délicieux, n'est-ce pas ?", s'enquit-il en souriant à l'intention de la directrice. Il s'était légèrement écarté du reste du groupe, son esprit tout entier absorbé par cette vision de son dos dénudé, à la peau blanche. Meredith Kane était une femme fascinante, un mystère qu'il ne rêvait que de percer...


Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Je ne crois pas avoir rêvé en interprétant le sourire que Danielle jette négligemment à Leopold. Il s'agit bien d'un air effronté ? Je me fige une fraction de seconde en prenant conscience qu'ils pourraient être très proches de minauder tous les deux, et que cette idée me plonge dans un malaise plutôt inhabituel. Qu'est-ce que Danielle essai de faire, exactement ? Elle n'est tout de même pas le genre de femme capable de s'envoyer le ministre sous prétexte d'une rencontre au sein d'une soirée qui suinte par définition le sexe le plus vulgaire ?

Si ?

Je jette un coup d'œil à Leopold. Après tout, pourquoi cette idée m'inquiète ?

Je débarrasse prestement mon esprit de la réminiscence du visage concerné de Danielle me proposant son aide en lui adressant un commentaire parfaitement dénué de délicatesse, et suis un peu rassuré de me trouver encore capable d'être désagréable sans raison, lorsque Meredith pénètre notre cercle.

Enfin, pénètre.

Le terme n'est peut-être pas très heureux. J'ai rarement vu quelqu'un aussi éloigné de l'idée qu'on se fait du flirt. Meredith est tendu comme une trique…

Non, pas comme une trique.

Elle représente l'inverse de ce qu'une trique tendue représente, donc l'un dans l'autre…

Hé bien justement, pas l'un dans l'autre.

Ha, ha.

La soirée va être longue.

- Salut, Meredith. " Je lève mon verre dans sa direction, et le siffle presque aussitôt. J'aurais dû commencer à boire chez moi. Pourquoi n'y ai-je pas pensé ? Je hausse un sourcil face à son excuse. Un impératif familial ? Merlin, j'espère pour elle que ses enfants ne l'ont pas vu dans cette tenue. Il y a de forte chances à parier que si c'est le cas, Œdipe va encore marquer des points. Ses efforts pour dissimuler le gigantesque dos nu de sa robe parfaitement ajustée lui donnent un aspect sensuel dont elle n'a absolument aucune conscience. Incroyable. Plus elle cherche à se dissimuler, plus elle est attirante. Du coin de l'œil, je saisis le regard de Danielle. Provocateur, qui glisse de mes yeux à mon torse, inspecte ma chemise. A quoi joue-t-elle ? " Mon plaisir. " Je lui adresse mon plus beau sourire sardonique. En fait, son regard appuyé et son air mutin m'intimident.

Ce maquillage lui va plutôt bien. Ses yeux sont d'une intensité… Une autre coupe passe sous mon nez, et je troque mon verre vide contre un pleins avec l'idée de mettre la main sur un alcool fort le plus vite possible.
- Il aurait fallu une vingtaine de dîners pour égaler une soirée comme celle-ci. " Dis Danielle à l'intention de Meredith. Je n'hésite pas à renchérir :
- Et personne ne fornique au restaurant, Meredith. " J'ai le ton flegmatique et aimable du type qui aime rendre service. C'est à dire absolument sans faire la distinction entre sérieux profond et ironie absolue. " C'est une question d'hygiène. " Leopold a les yeux rivés sur Meredith.

La trique va peut-être finir par se tendre, après tout.

- Bon… " Mon envie présente d'échapper au regard de Danielle au profit du bar où de délicieux mélanges n'attendent que mon esprit tendu se heurte à l'entrée brutale dans le cercle d'une des personnes que je souhaites particulièrement éviter ce soir. D'un pas leste, Joséphine Chevalier se glisse entre nous avec la permissivité et l'affront d'une danseuse de cabaret. Descente d'organe immédiate. J'expire. J'évite tout contact visuel. Je ne la connais pas. " Miss Coleman, enchantée. " Je jure sur la vie de son père que je connais bien que si elle tente n'importe laquelle de ses petites fourberies je la tue sur place. " Madame Kane, vous êtes très élégante. " Et en même temps qui n'en profiterait pas pour me faire payer le profond désagrément de ma visite ? Elle pose sa main sur mon bras.

Ho, Joséphine, délicieuse créature.

Tu n'oserais pas.

- Constantine, comment vas-tu ? " Je fais un effort pour ne pas blêmir, ne pas retirer mon bras, l'instinct au degrés zéro de la réactivité. Je n'ai absolument aucune idée du comportement juste à adopter. Si je nie, j'aurais l'air d'un gamin pris sur le fait. Si j'assume, ce sera comme avouer que je traînes si souvent aux Folies Sorcières que les putes m'y tutoient. Si je dis que c'est professionnel, ça ressemblera à une excuse pathétique, facile à tourner en dérision - professionnel comment ?- et je ne souhaite absolument pas évoquer le petit projet de Leopold.

Leopold qui se contente de me jeter un regard intéressé, genre on va bien rire, genre peut-être qu'une diversion serait bienvenu MAIS… Nous avons un échange de regard, un échange que je fais extrêmement pressent à son attention. Et Leopold, ce formidable ami, ce compagnon de crime, ce frère sur qui je peux compter en toute circonstances, s'excuse et quitte le cercle.

Merci, Leopold.

Merci de ta commisération profonde.

Merci de me laisser mourir.

Je te revaudrais ça.

Espère de salaud.

- Très bien merci. " Je retire lentement mon bras, gêné par le contact, épouvanté par tout ce qu'il implique. Meredith va en tirer des conclusions terribles et je n'ai vraiment pas besoins de son jugement méprisant la prochaine fois que nous aurons une affaire à régler à Skye. Pire encore, Danielle a dû atteindre la conclusion que je m'envoie des prostituées par dépit social et me traiter intérieurement de pauvre type. Sans bien le réaliser, quelle puisse penser ça de moi me dérange profondément. Qu'est-ce que je peux dire ? Je jette un regard appuyé à Joséphine. Je tenterais de trouver une excuse, mais plus tard, à un moment plus propice. Pour le moment, je dois trouver un moyens d'empêcher la poursuite de sa petite vengeance mesquine. " Joséphine, et si vous alliez vous enquérir de la qualité de vos plumes pour la représentation ? Ou n'importe quoi d'autre. " Juste vas-t-en et ne reviens jamais.
- Tenez, abandonnez-donc ce champagne sans saveur et goûtez cette nouvelle petite merveille. Vous m'en direz des nouvelles" Leopold, que rien n'arrête et surtout pas ma détresse, tend à Meredith un cocktail aux allures d'incarnation christique, et l'entraîne à l'écart avec le savoir-faire subtil du grand chasseur pleins d'expérience.

C'est ça. Laisse-moi crever la bouche ouverte, sobre de surcroît. Je comprends que le dos nu de Meredith Kane ai l'apparence d'une terre promise bien plus attirante que le bourbier puant dans lequel je m'enfonce.

Fais en sorte que je reste seul avec Danielle Coleman et Joséphine Chevalier, parce que c'est exactement la représentation que je me fais d'une soirée agréable.

Leopold je donnerais mes deux reins pour toi, mais actuellement je te souhaite le pire des ulcères.


Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Danielle nota malgré elle le regard intéressé que Leopold porta sur Meredith, bien trop habituée à prêter attention aux faites et gestes de son entourage – déformation professionnelle, sans doute. Elle accueillit avec un léger sourire la remarque du ministre de la magie alors que son regard se dirigeait vers la jeune femme qui venait de s’immiscer dans leur cercle.

« Enchantée. » répondit Danielle à la jeune femme à la magnifique chevelure rousse. Une danseuse de cabaret, sans aucun doute, songea-t-elle en avisant sa tenue qui, soit dit en passant, lui allait à ravir.

Danseuse de cabaret… Mais pas seulement. Danielle ne fréquentait peut-être pas Les Folies Sorcières tous les soirs – elle passait la majorité de ses soirées au ministère, en réalité – mais elle connaissait bien l’organisation du cabaret et savait que toute une aile était destinée aux plaisirs de la chair. Le regard de la cheffe de la milice passa de Constantine à la danseuse, s’attardant une seconde supplémentaire sur la main que cette dernière avait posé sur le bras du directeur des Mystères. Elle masqua un sourire dans sa coupe de champagne, qu’elle vida d’une dernière gorgée. Elle préféra ne pas témoigner sa surprise plus que nécessaire, mais osa tout de même un léger coup d’œil à son collègue. C’était étonnant. Déjà, parce qu’elle n’avait jamais imaginé son collègue dans une telle situation ; à vrai dire maintenant qu’elle avait de telles pensées, elle préféra détourner vivement le regard, luttant pour conserver une expression neutre. En réalité, cela la surprenait d’autant plus qu’elle n’avait jamais envisagé que Constantine puisse fréquenter de tels lieux – cela allait radicalement à l’opposé du caractère qu’elle lui prêtait.

Danielle reposa sa coupe de champagne tristement vide, alors que Constantine intimait à Joséphine – puisqu’il s’agissait visiblement de son prénom – d’aller s’enquérir d’autre chose. Au ton qu’il employait, il mourrait visiblement d’envie qu’elle s’en aille ; évidemment, la jeune femme ne semblait absolument pas disposée à les quitter, ce qui tira un sourire amusé. Au même moment, Leopold s’éloigna définitivement d’eux pour accaparer l’attention de Meredith, deux cocktails à la main. Les boissons attirèrent l’attention de Danielle dont les mains étaient désormais vides de tout verre.

« Constantine ne soit pas désagréable, » lui intima-t-elle en rebondissant sur la remarque qu’il avait fait à la jeune femme, « Joséphine m’a tout l’air d’être suffisamment professionnelle pour s’être déjà assurée que tout était en place pour son spectacle. »

Elle échangea un sourire avec la danseuse. Elle se sentait d’excellente humeur, ce soir – ce qui était suffisamment rare pour que ce jour soit marqué d’un diamant – et la soirée ne faisait que commencer.

« Je propose que nous imitions Leopold et que nous allions nous servir quelque chose de plus fort. » décida Danielle, sans se donner la peine de demander leurs avis à ses deux interlocuteurs. « Tu as l’air d’avoir au moins besoin de ça pour survivre à cette soirée, Constantine. » Elle lui adressa un sourire de défi, avant de s’adresser à la danseuse : « Joséphine, vous vous joignez à nous ? » lui demanda-t-elle ; et le fait que Constantine ait tant cherché à s’en débarrasser rendait cette invitation encore plus drôle.


Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Mon Dieu! Cette soirée était à l'image de son excentrique investigatrice ; En effet, elle n'offrait que vulgarité et une absence totale de subtilité, tout comme la grossière tenancière du Cabaret Magique, Mildred Magpie. Clairement Meredith ne se sentait pas dans le ton de la soirée, osant à peine dévisager ses consœurs et confrères de travail dans leurs tenues ne laissant que trop peu de place à l'imagination. Sans ses atours, la très sage Directrice de Skye se sentait aussi dénudée que fragilisée, alors qu'aucune chemisette ou veste de tailleur ne venaient point couvrir ses épaules. Dissimulant maladroitement le malaise qui la figeait comme une statue de sel, la responsable de la Santé Magique jeta un regard inquiet en direction de Leopold Marchebank. Appréciant de voir son équipe répondre à l'appel du cuir, ce dernier paraissait aussi à l'aise qu'un Sharak nageant dans l'eau nauséabonde d'un port de pêche. Même s'il n'était un secret pour personne que le Ministre était un bon vivant qui aimait parfois se perdre dans les plaisirs dissolus de ce genre de soirées endiablées ; Meredith éprouvait toujours une certaine gène de voir cet homme marié se disperser aussi allègrement en l'absence de son épouse.

Rosaleen Marchebank souffrait-elle de cette situation? Était-ce le cruel prix à payer pour partager la vie d'un grand homme? Elle-même trompée par son époux, Meredith éprouvait un profond sentiment d'empathie pour la première dame, alors que le regard de Leopold s'attardait dangereusement en direction de son dos dénudé. Trouvait-il cette tenue affligeante et déplacé pour une femme de son âge? Meredith éprouva un sentiment de confusion à l'idée d'être à la fois couvée du regard par un homme marié, et jugée trop sévèrement par son mentor. Ne risquait-elle point de perdre sa crédibilité et sa réputation de femme sérieuse? Ou au contraire, n'allait-elle point trop fortement détonner, alors que ses valeurs et son goût immodéré pour les bonnes mœurs lui imposait de briser l'ambiance frivole de cette soirée? Alors que la très rigide Meredith s'inquiétait déjà de savoir si sa remarque sur le fait qu'il eut été préférable de se rencontrer autours d'une table de restaurant puisse demeurer encore longtemps sans écho ; Danielle Coleman finit par voler généreusement à son secours, et lui tendre une coupe de champagne qui n'avait pour fonction prioritaire que de l'aider à se détendre.

"Merci Danielle, mais je ne peux l'accepter. Vous m'en voyez désolée. Je n'ai pas pour habitude de boire, et de plus, je pense que cela n'offrirait guère une image très reluisante dans ma mission de santé publique... " répliqua-t-elle dignement en tendant sa main blanche en signe de refus poli et contrit. Par expérience, Meredith savait qu'elle ne tenait pas l'alcool et que par conséquent elle devait se préserver de ses effets néfastes. D'ailleurs la plus grande honte de sa vie émanait d'un grotesque réveillon, où ayant abusé du délicieux vin des Elfes ; Elle s'était mise à danser le Madison et rire comme une idiote écervelée! Un souvenir pathétique que la Psychomage n'allait point se priver d'effacer rapidement de sa mémoire...  

Une femme aux mœurs aussi légères que sa tenue vint alors s’insérer dans le cercle de discussion. Meredith jeta un regard froid et distant sur elle, tant il était impossible de la déshabiller davantage du regard. Il s'agissait sans doute d'une prostituée ou d'une danseuse des Folies Sorcières, au vue de sa provocante jupe en cuir, dont l'absence de longueur avait bien du mal à cacher son entre-jambes. Comment une femme pouvait-elle s'abaisser à ce niveau de vulgarité? N'éprouvait-elle aucune fierté? Aucune dignité? Quelles défaillance dans son enfance l'avait-elle poussée à s’exhiber de la sorte? Certes sous ses travers délurés, elle cachait une beauté sacrifiée par l'exercice de sa fonction ; Mais ses compliments et son opinion déplacé sur le fait qu'il ne fallait ressentir aucun sentiment de honte, laissèrent de marbre la grande moralisatrice qui sommeillait en Meredith Kane.

"Si vous le dîtes... " répondit évasivement une Meredith trop confuse à l'idée de recevoir un compliment émanant d'une femme aussi peu soucieuse de sa dignité humaine. La respectable chef de Département trouvait cette situation de plus en plus incongrue ; Que penserait le peuple s'il voyait l'élite sorcière se discréditer de la sorte, en si compromettante compagnie? Un sentiment que ne semblait pour rien au monde partager son collaborateur des Mystères, qui osa détendre l’atmosphère de manière trop abrupte et grossière pour les chastes tympans de la Directrice de Skye. Avait-elle bien entendue? Avait-il prononcer le mot "fornique"? Même dissimulée derrière ses traits impassibles, la mâchoire de la psychomage s'entrouvrit de stupeur et de consternation.

"Plait-il? " demanda-t-elle alors qu'elle faisait mine de ne pas avoir entendu la brimade outrancière de Constantine. Meredith avait du mal à concevoir que certaines personnes puissent mener une vie aussi dissolue, vide de sens, et ne voyant dans le sexe qu'un simple outil de plaisir. Quel genre d'épanouissement pouvait-il s’octroyer en s'enlisant dans l’addiction à la luxure? La fidèle et dévouée Meredith qui avait pour ainsi dire connu un seul homme dans sa vie, éprouvait les pires difficultés à comprendre les actes débauchés et libertins de certains de ses congénères. A ses yeux, il ne fallait pas oublier que le sexe n'avait qu'une respectable et merveilleuse fonction prioritaire : Celui d'engendrer la vie! A quoi bon ce perdre dans le vice? Voila pourquoi, Meredith jugea assez sévèrement son collaborateur des Mystères qui semblait tout sauf être un inconnu pour la danseuse affriolante des Folies Sorcières.

"Vous vous connaissez? " demanda-t-elle un brin surprise que le si sérieux chercheur qu'elle pensait connaitre puisse cacher une si sulfureuse seconde nature. Monnayer les charmes d'une femme et fréquenter ce genre d'endroit glauque, voila qui refroidissait considérablement l'image respectable qu'elle se faisait de lui. Nul doute qu'il était lui-même gêné par la tournure des évènements puisqu'il tenta de chasser la voluptueuse hôtesse du cercle de discussion. Meredith Kane n'avait plus qu'une idée en tête : Celle de fuir ce genre d'endroit au plus vite afin de rejoindre rapidement le confort et la sérénité de son cercle familial. Dieu tout puissant! Si ses enfants la voyaient en ce moment-même? Si Douglas la surprenait en si grossière tenue...

Fort heureusement, ses pensées néfastes furent soudainement troublée par l'intervention salutaire de celui qu'elle considérait depuis ses débuts en politique comme sa première source d'inspiration. Leopold Marchebank volait à son secours et jouait les hôtes, en lui suggérant gracieusement d'abandonner son champagne pour gouter un cocktail d'une saveur encore inconnue. Qu'était-ce donc? Était-ce un test? Peu coutumière de ce genre de boisson, et un brin gênée à l'idée de devoir refuser cette offrande, la directrice de Skye hésita longtemps avant de se réfugier derrière sa sacro-sainte conscience professionnelle.

"Merci bien monsieur le Ministre. Mais comme je le disais à Danielle, je n'ai pas pour habitude de boire de l'alcool. De plus, je préfère rester sobre dans le cas où une urgence nécessiterait ma présence à Skye... "

Oh mais ce fripon de Leopold avait tout prévu, et ne tarda pas à lui faire savoir! Meredith marqua un geste de repli défensif alors que le grand et inestimable chef de la Nation approchait un peu trop près son navire d'audace de la surface gelée de l'Iceberg. Bien que de marbre, l'inflexible Directrice de Skye ressentit une certaine gêne à l'idée que le père de la Nation puisse venir aussi allègrement lui effleurer l'épaule et lui chuchoter d'aussi douce amabilité. La psychomage s'était forgée une bulle de glace autours d'elle, un mur protecteur derrière lequel elle se préservait de tout écart tactile. Généralement son seul regard et son visage impassible suffisait à glacer toute forme de rapprochement. Mais là, le simple fait que Leopold puisse si aisément franchir cette frontière invisible et protectrice, pour se permettre de telle familiarité... Cela suffisait à la déstabiliser intérieurement.  

"Oui, monsieur le ministre. Je ne doute pas de vos initiatives pour parfaire la sécurité du Monde magique. Mais cela ne serait pas convenable de la part d'une responsable de la Santé Magique que de boire une boisson aussi fortement alcoolisée. Ne trouvez-vous pas? "

Le vouvoiement, et la distance que celui-ci imposait. Dans l'art de respecter les convenances professionnelles et hiérarchiques, Meredith balayait le tutoiement d'un simple revers de la main. Soucieuse de sa dignité, un regard d'un froid arctique s’abattit sur la personne du Ministre. Leopold Marchebank fut-il déçu de son manque de chaleur humaine, mais dans tous les cas il recula à une distance honorable de la froide et frigide directrice de Skye. Il aborda alors une passion commune qu'il partageait avec la responsable de la santé magique : Celui de la bonne gastronomie et des plaisirs de la bouche. En bonne psychomage soucieuse du bien-être psychologique de son Ministre, elle dénota un voile de tristesse et de mélancolie venir ternir le visage de Leopold alors qu'il abordait le nom de l’hippogriffe cendré. Dans son noble combat pour rendre meilleur le Monde Magique, il ne comptait plus les épreuves et les tragédies. Meredith éprouva un élan de compassion pour cet homme prêt à sacrifier sa vie pour assurer le bien-être commun. Dès lors, plutôt que de s'appesantir sur de tristes souvenirs, elle saisit le verre tendu par le Minsitre, avant de briser quelque peu la distance en se confiant à son tour sur ses adresses culinaires préférées.

"Vous savez, l'importance que j'accorde pour combattre l'invasion de la "mal-bouffe" dans notre pays. Et bien, j'ai récemment décidé de donner l'exemple en optant pour un régime alimentaire en accord avec mes convictions et mes principes de santé publique. Ainsi, je suis devenue une fervente partisane du végétalisme, et des bienfaits que peuvent procurer une alimentation aussi saine et écologique. Si bien que je ne fréquente guère d'autres établissements que celui de la Menthe Émeraude à Leopoldgrad. Vous pouvez me croire leur "Tofu à l'Aquafalbala" est un délice pour les papilles... "  

Elle marqua un temps de pause avant d'ajouter une autre adresse plus insolite, et qui peut-être piquerait la curiosité du Ministre Marchebank. Le contenu de son verre toujours épargné, elle s'approcha d'un pas du Ministre pour lui chuchoter ce qui s'apparentait à un indicible secret. Fort heureusement, un peu plus loin, Constantine encerclé de toute part de femmes, semblait avoir d'autres chats à fouetter.

"Sinon, si vous aimez le piquant et le danger. Il se murmure qu'un restaurant répondant au nom du "Bloody Jasmine", s'est récemment monté dans l'allée des Embrumes à Londres, et ce à l'endroit même où se tenait jadis le fleuriste des "Fleurs du Mal". Tout les plats cuisinés sont à base de gingembre et de pétales de Jasmin, et j'en entends dire le plus grand bien. Il parait qu'il ouvre exclusivement les portes de sa cave pour la soirée Halloween, et que pour l'occasion les plats y sont scandaleusement gargantuesques...  Ce n'est certes pas un endroit convenable et trop indécent pour moi et Douglas, mais peut-être que cela pourrait éventuellent vous divertir... Vous et votre femme. "

Elle marqua un temps de pause avant d'ajouter :

"D'ailleurs, je m'attendais à voir votre tendre et chère moitié parmi nous. Comment se porte votre épouse? " demanda-t-elle avec politesse.

Meredith trempa délicatement ses lèvres pour faire à moitié semblant de boire une infime gorgée du Cocktail Fakir. Le peu qui glissa entre ses lèvres mi-closes suffirent à lui indiquer au combien le breuvage était à la fois doux et corsé.

"En effet, c'est délicieux... Mais mon dieu, n'est-ce point trop alcoolisé pour moi? "

En effet avec une rapidité aussi fulgurante que l'attaque d'un basilic, le Fakir monta brutalement à la tête de la frigide directrice de Skye, la contraignant à poser sa main sur l'épaule du Ministre pour conserver son équilibre.

"Veuillez m'excuser! Mais c'est incroyablement puissant, ne trouvez-vous pas? "

Meredith qui était pompette avec deux malheureux verres de vins, subissait déjà les effets virulents de la boisson croque-en-manche.  



             
“Meilleur ne veut pas dire meilleur pour tout le monde”
Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies SorcièresEn ligneavatar
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Joséphine eut toute la peine du monde à dissimuler un sourire amusé en sentant le bras de Constantine se raidir sous ses doigts. Il était très clairement horrifié et la danseuse se délectait de son malaise. Cette inversion des rôles était plutôt agréable, et largement méritée. Cela lui apprendrait à débarquer sans prévenir après quinze ans de silence, dans le seul but de raviver les douleurs du passé ! Elle devinait sans mal les raisons de sa gêne -il n'avait certainement pas envie qu'on le prenne pour un habitué des lieux- mais elle s'étonnait de le sentir si proche de la panique. Il ne la pensait tout de même pas capable de lui causer réellement du tort ? Elle s'amusait un peu à entacher sa réputation, certes, mais jamais elle ne révèlerait quoi que ce soit de sérieusement compromettant à son sujet. Elle ne se le permettrait pas, elle ne le détestait pas à ce point.

La sécheresse avec laquelle Constantine essaya de la congédier aurait presque pu être convaincante s'il n'avait pas utilisé son prénom, qu'elle ne s'était pas donné la peine de préciser jusqu'à présent. Il venait de confirmer qu'ils se connaissaient assez bien pour s'appeler par leur prénom, et elle trouvait ça très drôle.

Avant même qu'elle n'ait eu le temps de répliquer, Danielle Coleman vint à son secours en affirmant que tout était certainement déjà en place pour le spectacle qui aurait lieu plus tard dans la soirée. Joséphine posa un regard agréablement surpris sur la chef de la milice et lui adressa un sourire complice, ravie de la voir prendre son camp dans cette petite joute verbale. Elle était à deux doigts de se retourner vers Constantine pour lui tirer la langue, comme s'ils avaient de nouveaux huit ans, au lieu de quoi elle dut se contenter d'une réponse un peu moins immature.

"Je suis toujours très professionnelle, tu le sais bien..." ajouta-t-elle à l'attention de Constantine en prenant un malin plaisir à rendre cette phrase la plus ambiguë possible.

Miss Coleman était décidément une femme pleine de bonnes idées puisqu'elle suggéra d'imiter le Ministre de la Magie -qui avait visiblement jeté son dévolu sur la très rigide Mrs. Kane- et d'aller boire quelque chose d'un peu plus fort. Un immense sourire s'étira sur les lèvres maquillées de Joséphine quand Danielle l'invité à se joindre à eux.

"Avec grand plaisir ! Suivez-moi..."

Joséphine se faufila jusqu'au bar et dut se hisser sur la pointe de ses escarpins pour attirer l'attention d'Ignacio, déjà bien occupé.

"Trois Fakir s'il-te-plait, lança-t-elle assez fort pour couvrir la musique et le bruit des conversations. Dont un pour moi, précisa-t-elle avec un regard entendu."

Elle n'avait ni le droit ni l'envie de boire pendant son service, et cette précision suffirait pour qu'Ignacio lui prépare une version non-alcoolisée du célèbre cocktail.

"C'est Monsieur qui nous invite," annonça-t-elle en désignant Constantine d'un signe de tête.

Elle attrapa les trois verres et laissa le directeur des Mystères payer la note, avant de lui tendre le sien.

"A la vôtre ! trinqua-t-elle, en français, avant de boire une longue gorgée de son verre. Alors, que pensez-vous de la soirée ?" s'enquit-elle tranquillement en promenant son regard de Danielle à Constantine.



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Meredith m'adresse un regard en biais pleins de suspicions déçue, mais je suis résigné avant même que l'accusation qu'elle dissimule à peine ne m'atteigne. Je souris affablement, avec très peu d'efforts pour dissimuler le fait que je passe un moment relativement peu agréable. J'ai une certaine nervosité à sentir sur moi le regard de Danielle, sur mon bras le contact de Joséphine, et contre mon cul le cuir étouffant de cette tenue de circonstance. Je saisis toutefois, oserais-je le dire, la cocasserie de la situation. Il y a quelque chose de véritablement hilarant dans le fait de me tailler soudainement une réputation d'accointance avec les putes des Folies, par le biais de mes collègues de bureau.

Le gouvernement est une grande, famille, après tout. Cette soirée nous permettra certainement de nous taper sur l'épaule en nous racontant l'état de notre transit sans filtre et avec beaucoup de bonne humeur.

- Vous vous connaissez?
- Mais fort mal, figurez-vous "
, évidemment, elle n'est pas prête de me croire, mais au vu des circonstances, je fais ce que je peux. Leopold, très satisfait de la blague, interromps l'analyse interne probable qu'elle doit être en train de concevoir sur ma sexualité, ma débauche éventuelle et le déplaisir de découvrir que je ne vaux pas mieux que la plupart des hommes du monde, et je me retrouve seul face aux deux femmes que j'aurais pris un plaisir excessif à fuir toute la soirée, si on m'en avait laissé l'occasion.

Une des trois femmes. Je ne tiens pas du tout à côtoyer Mildred ce soir. Et quitte à choisir…

Cela-dit ce n'est pas comme si Mildred laissait le choix à qui que ce soit.

Je tente de me dégager de l'emprise de Joséphine en lui proposant d'aller voir ailleurs, et je constate rapidement l'ampleur de mon échec. Ma demande n'agit pas du tout sur la très élégante ex petite amie de mon frère décédé, mais fonctionne par contre à merveille sur Leopold, que je suppliais muettement du regard. Je sers imperceptiblement les lèvres : il me semble que les prénoms Leopold et Joséphine possèdent pourtant très peu de consonances communes. Ajouté par la dessus tel le toping idéal d'une conversation qui commence mal, Danielle décide, par la grâce de je ne sais quelle autorité qui n'appartient qu'à elle, de s'opposer à moi en accordant à Joséphine un crédit que je soupçonne de prendre naissance dans leur inimité commune.

En fait le regard de Danielle est assez clair : découvrir que je fréquente des prostituées semble l'intriguer et la faire mourir de rire intérieurement.

Ou quelque chose comme ça.

Je suis assez surpris, par ailleurs. Tout en me protégeant de l'idée que sa petite tenue sombre galbe ses formes d'une manière parfaitement affriolante - par vraiment plus que ses costumes habituels, en vérité, mais c'est comme un grain de folie déposé sur la glace monotone de son habitude - je découvre qu'il y a bien certaines choses qui semblent éveiller dans son regard une étincelle de distraction. Du même genre de celle que j'y ai surprise lorsqu'elle a posé les yeux sur mon rappel-tout et que cette idée saugrenue qu'elle pouvait m'aider à régler quoi que ce soit lui a traversé l'esprit.

Dommage que cette étincelle ne vive qu'à mes dépends.

- Je suis toujours très professionnelle, tu le sais bien..." Lâche Joséphine avec un sourire à tomber par terre. Relativement malin, cette manière édulcorée de nous rappeler à quoi elle passe ses journées. Je secoue légèrement la tête dans sa direction en prenant soin d'afficher un air franchement dépité.
- Pas vraiment, mais je suppose que tu me racontera ça à l'occasion. " Je crois qu'elle ne saisit pas combien l'intimité qu'elle affiche va pousser les autres à poser des questions. Je veux dire. Depuis le temps, ils ont dû remarquer, pour la plupart, que je n'étais pas trop du style maisons closes sur mes heures de repos.

A moins qu'on ne prenne ça pour de la discrétion.

Pourquoi ne s'est-elle pas contenté de faire comme si elle ne me connaissait pas ? On s'en sortait plutôt très bien, jusqu'à présent. Je jette un coup d'œil en direction de Leopold qui s'est définitivement isolé. Meredith s'appuie contre lui et ce geste me fait hausser un sourcil. Quel genre de super-pouvoir possède-t-il ? Peut-être qu'il les drogue ? J'interromps mon questionnement lorsque Danielle nous propose avec un naturel qui pourrait faire croire qu'elle passe sa vie dans des galas, d'aller chercher un alcool un peu plus fort que les verres de champagne qu'on nous distribue mollement depuis notre arrivée. Je soutiens une fervente exclamation d'agrément, coupé dans mon élan par sa remarque un tout petit peu trop juste, si vous voulez mon avis.

- J'aurais probablement besoins d'être mort pour y survivre. " Grognes-je en adressant à Joséphine un coup d'œil résigné. Je ne suis pas réellement surpris par l'invitation de Danielle à son intention. Quelque chose me dit qu'elle est curieuse d'une part, et qu'elle prend plaisir d'autre part à me sentir en porte à faux. C'est une découverte un peu étrange parce que je réalise soudainement que je l'intéresse, d'une manière ou d'une autre, ce que je n'avais jamais envisagé. Je pensais jusqu'à très récemment que seuls les dossiers de disparitions et les arrestations musclées maintenaient Danielle Coleman en vie.

Je soupire et emboîte le pas à ces deux femmes splendides qui tiennent à ma compagnie pour une raison plutôt désagréable, jusqu'au bar où Joséphine, en habituée absolue, commande pour nous. Je sais que je devrais me sentir flatter. Danielle et Joséphine représentent en ce qui me concerne une sorte de perfection physique opposée dans le genre, l'une profondément froide, l'autre absolument brûlante, et si j'ai des réserves sur Joséphine dû à quelques souvenir houleux, je sais de source sure que Danielle est une femme brillante. Mais voilà. L'une des deux est sorti avec mon frère et partage quelques souvenirs plutôt dérangeants sur le sujet, l'autre est censée être excessive dans son impassibilité. Un passif de malaise, en somme.

Je crains par ailleurs l'acuité du regard de Danielle, ainsi que les manquements que Joséphine pourrait commettre. Réellement, Meredith Kane excepté, ce sont les deux personnes que je n'aurais pas voulu mettre ensembles dans la même pièce. Il me semble agiter un verre en cristal en espérant qu'il ne m'échappe pas des mains.

- C'est Monsieur qui nous invite " Je relève la tête et heurte le regard du barman -une vraie tête de tueur- qui attend patiemment que je règle la note.
- Mais avec plaisir. " Un plaisir absolument inexistant dans le ton que j’emploie en même temps que je payes. Je ne sais pas encore combien de temps je vais supporter son petit manège, mais j'aimerai beaucoup qu'elle cesse d'astiquer mes nerfs au papier de verre. Elle lève le cocktail à notre attention et trinque en français.

Joséphine, je vais finir par me fâcher.

- Très réussis. J'ai la sensation que nous sommes tous très heureux de nous retrouver ensembles, dans le même lieu, pour partager des expériences nouvelles du type, suer dans du cuir. Clairement plus marrant qu'une réunion dans les bureaux de la Milice, hein, Danielle. " Je lève mon verre à mon tour, et en bois une gorgée un peu plus aboutie que ne le mériterait la charge d'alcool qui y est présente. " Et toi, Joséphine ? On ne t'a pas réservé pour la soirée ? " Je sais que c'est un peu cruel, de la renvoyer brutalement à un statut d'objet, mais c'est ce qu'elle gagne à jouer au plus malin.
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Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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