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 Carter's Anatomy [Marlene & James]

James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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15 Juillet

James comptait les jours qui le séparaient de son départ de St Mangouste. Il avait – enfin – posé sa démission quelques jours plus tôt, et son contrat prendrait fin dans deux semaines. Dans deux semaines, il serait libre ; plus obligé de marcher dans ces couloirs qu’il avait parcouru avec Samantha, plus obligé de craindre chaque appel, plus obligé de redouter qu’on l’envoie à Skye. Bien sûr, ses collègues lui manqueraient ; le métier en lui-même lui manquerait. Il adorait être ambulancier et, même s’il s’agissait, au départ, d’une voie qu’il avait un peu choisi par défaut, il avait réussi à la faire sienne et à l’épouser pleinement. Peut-être qu’un jour il pourrait à nouveau intégrer le célère hôpital anglais mais, pour le moment, il ne se voyait pas continuer à travailler dans ces conditions.

Encore deux semaines, se répéta-t-il en saluant d’un sourire l’un de ses collègues. Il attrapa les clés de son ambulance et se fit interpeller par Gowan.

« Hé, Carter ! T’es prêt pour la formation ? T’as signé les papiers ? »
« La quoi ? » répéta James en s’arrêtant à la hauteur de son collègue.
« La formation aux soins d’urgence pour les médicomages entrants. Tu t’étais inscrit en mars… »
« Ah merde ! J’avais complètement oublié… » Le jeune homme se frappa le front avec le plat de sa main.
« Dépêche d’aller voir Connie pour signer les papiers, ça commence dans une dizaine de minutes. »

James jura une nouvelle fois et se hâta vers les bureaux administratifs. Il avait complètement oublié que, quelques mois plus tôt, il s’était porté volontaire pour aider à former les jeunes étudiants en médicomagie. Son esprit avait été bien trop pris par les récents événements pour qu’il s’en préoccupe et, il devait bien l’avouer, il s’agissait pour l’instant du cadet de ses soucis. Parvenu devant le bureau de Connie, James frappa quelques coups à la porte avant de l’ouvrir silencieuse. Sans trop de surprise, il fit face immédiatement au regard réprobateur de la secrétaire.

« James, tu es censé partir avec ton élève dans très exactement huit minutes. » Elle lui tendit les papiers avec un regard de reproche.
« Donc je ne suis pas encore en retard… » tenta-t-il de négocier en saisissant la feuille et en la parcourant du regard. Globalement, elle indiquait que l’élève était sous sa responsabilité pour toute la durée de la formation et que, même si l’étudiant avait reçu une base en soins d’urgence, il ne pouvait pas lui déléguer son travail mais uniquement le faire participer dans la limite du raisonnable. James signa le papier et le rendit à Connie, qui soupira une nouvelle fois.
« Ca ira pour cette fois. » grommela-t-elle. « Dépêche-toi de rejoindre la caserne. » James allait quitter la pièce lorsqu’une dernière information retint son attention « Ton étudiante s’appelle Marlene Barclay, elle doit avoir le badge numéro 2987. »
Il se retourna doucement.
« Barclay ? » répéta-t-il lentement, ses yeux s’écarquillant un peu plus sous la surprise.
« Hm hm » fit Connie, à nouveau plongée dans ses documents.
James jura à voix  basse. « Je peux pas changer ? » tenta le jeune homme en se rapprochant de la secrétaire qui haussa les sourcils en le dévisageant d’un air sceptique.
« Non, Carter, tu ne peux pas changer. Tous les papiers ont déjà été faits. » Elle désigna, du doigt, l’épais dossier « formation ». « Maintenant dépêche-toi, tu vas être en retard. »
« Mais… »
« Y a pas de « mais ». Bon sang, je ne sais pas qui est cette Barclay mais par Merlin, Carter, t’es plus à Poudlard, prend un peu sur toi. » Elle lui adressa un regard sévère.

Les épaules de James s’affaissèrent alors qu’il lui tournait le dos pour sortir et se diriger vers la caserne en maugréant. Bien évidemment, il ne suffisait pas seulement qu’il travaille dans le même lieu que son ex petite-amie – avec qui la rupture s’était très mal passée – mais en plus de ça il fallait qu’il soit son tuteur pendant toute une putain de formation. Super, non, vraiment, génial, songea-t-il en envisageant très sérieusement la possibilité de transplaner hors de l’hôpital et d’aller élever des chèvres en Hongrie.

Il arriva dans la salle de formation avant d’avoir eu le temps de se décider et y entra à contrecœur. Il se posta dans le fond de la pièce avec ses autres collègues, cherchant du regard la chevelure noire de Marlene, qu’il ne trouva pas.

« Vous êtes ici pour compléter votre première formation aux soins d’urgence. Cette formation a lieu chaque année, fin juillet, avant le début de vos cours. Vous en suivrez une par an, toujours à la même période. » expliquait Dan, un référent chez les ambulanciers lorsqu’il s’agissait de formation. « Evidemment, nous n’avons pas les mêmes exigences envers vous, étudiants en première année, qu’avec vos collègues en fin de formation. Cependant, » sa voix résonna dans la salle et tira à James un sourire, « nous attendons de vous le plus grand sérieux et la plus grande rigueur. Vous n’agissez plus face à des mannequins et chacun de vos gestes aura des conséquences pour le patient en face de vous. C’est pour cela que vous passerez toute la formation avec un ambulancier diplômé qui sera donc votre tuteur. Ce sera également à lui de remplir votre feuille d’évaluation à  la fin. »

Dan se lança dans quelques explications sur la journée que James écouta d’une oreille distraite. Finalement, il appela les binômes et les étudiants se levèrent pour rejoindre leur tuteur.

« Barclay, Marlène ? » appela-t-il finalement. Il avisa la jeune femme qui avait redressé la tête. « Tu seras avec James Carter. » Il le désigna du menton et James, sans trop savoir pourquoi, leva la main. Il se sentit un peu bête – il se doutait bien que Marlene n’avait pas oublié à quoi il ressemblait en si peu temps – puis sortit de la salle, son ex petite-amie derrière lui.

Elle avait changé, constata-t-il lorsqu’ils furent dans l’enceinte de la caserne, où toutes les ambulances étaient sagement garées. Ses cheveux – normalement d’un noir jais – tiraient à présent sur le châtain et le roux. Ca lui allait bien, commenta-t-il intérieurement en se raclant la gorge.

« Salut. » lança-t-il, mal à l’aise. Il ne savait pas trop quoi dire. Alors, il lui tendit une radio mobile. « Tiens, tu peux l’accrocher ici. » expliqua-t-il en désignant la sienne, fixée sur le haut de sa veste. « C’est ce qui te permet de rester en relation avec la centrale, ou avec moi, si on est séparés sur une grosse intervention. »

Voilà voilà.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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Dernière édition par Marlene Barclay le Jeu 22 Nov 2018 - 21:50, édité 1 fois
Sa cousine Meg faisait une école de coiffure. Ce n'était pas vraiment une information que Marlene répétait à tout va, pas parce qu'elle avait honte, mais parce que tout le monde s'en fichait un peu de savoir que sa cousine Megan apprenait à faire des colorations. Et pourtant, c'était la justification dont elle se servait maintenant à chaque fois qu'elle voyait les gens s'arrêter un peu interloqués sur sa nouvelle couleur de cheveux. Le mois dernier, juste avant son entrée en Médicomagie, elle était allée dormir chez son oncle et sa tante, dans la banlieue de Manchester et en avait profité pour raconter à sa cousine ses malheurs, en long, en large et en travers. Quand elle eut fini de relater les affres de sa rupture avec James, Meg avait hoché la tête d'un air inspiré. Tu devrais te faire une nouvelle coupe, avait-elle dit. Et devant l'air circonspect de Marlene, elle s'était mis à parler un peu trop vite en secouant ses mains. Noooon mais tu vois, ça aide vachement de changer de tête, ça signe le début d'une nouvelle période tu vois, une nouvelle toi et puis franchement, ça t'irait trop bien les cheveux plus courts et puis une nouvelle couleur parce que, tu vois, j'ai cet exam dans deux semaines et j'ai raté mon dernier balayage et j'ai vraiment besoin d'aide, tu vois ?

Et Marlene voyait très bien.

Devant l'insistance de Megan et ses illustrations sur catalogue de ce qu'elle pouvait lui faire, elle avait fini par se laisser entraîner. Sur le coup, un samedi à vingt-trois heures trente, c'était assez drôle de se retrouver avec des papillotes d'aluminium sur la tête pendant que sa cousine s'appliquait à bien étaler le produit avec son pinceau. Le lendemain, quand elle s'était réveillée presque rousse, Marlene avait moins ri. Pour le coup, ça s'appelait changer de tête. Elle qui avait toujours eu l'habitude de ses cheveux très noirs ne savait pas vraiment quoi faire avec cette crinière décolorée. Première étape, la cacher sous un bonnet. En Juin. C'était un style. Megan avait beau lui dire que cela lui allait trop trop trop bien, il avait fallu à Marlene un temps d'adaptation. Le fait que son père lui dise que c'était original n'avait pas aidé non plus, il fallait l'admettre. Au final, elle s'habituait bien et puis même... Cela lui plaisait. C'était joli sous le soleil d'été en tout cas et elle avait fini par abandonner son bonnet (qui n'était de toute manière pas accepté au sein de l'hôpital).

De toute manière, elle était trop occupée avec sa rentrée en Médicomagie pour vraiment penser à autre chose et ses nouveaux cheveux finissaient souvent noués dans un chignon alors qu'elle restait penchée sur ses livres de cours. Les enseignements étaient très intenses, il fallait apprendre plein de choses en même temps, ne pas se perdre entre les cours magistraux et les moments d'observation, comprendre le fonctionnement de l'hôpital (et elle, encore, elle avait été sage-femme pendant six mois) et surtout, il fallait travailler encore et toujours chez soi le soir. Pour l'instant, Marlene n'avait pas trop l'impression de se noyer car elle venait de passer presque six mois à travailler ce qu'elle devait maîtriser. Elle avait beaucoup progressé. Pendant un temps, la rupture l'avait empêchée de travailler correctement, elle avait bien perdu deux semaines où elle n'arrivait pas à se mettre dans ses bouquins et à se concentrer. Son esprit n'arrêtait pas de dériver vers James, de penser à où il était, ce qu'il faisait, s'il était triste comme elle puis elle repensait à leur rupture puis leur histoire et c'était le drame et les pleurs. Finalement, elle avait fini par se dire qu'il était hors de question qu'il gâche tout son travail. Elle avait trop progressé pour laisser tomber maintenant et surtout pas pour un garçon. Un Poufsouffle en plus. Elle s'était remis d'arrache-pied dans son boulot, jusqu'à l'entrée tant attendue en Médicomagie.

Elle était très nerveuse en arrivant, pas très enthousiasmée par l'idée de revoir des camarades de Poudlard (ce n'était pas vraiment la meilleure période de sa vie) mais au final, tout s'était bien passé. Elle ne connaissait pas tellement les sixième année (qui étaient maintenant les premières années de Médicomagie) et elle avait même retrouvé Flora avec qui elle était dans les Jeunesses et avec qui elle s'entendait bien. De toute manière, toute l'attention de la première journée avait été attirée par un nom surprenant à l'appel, celui de Gormghlaith, dont les parents étaient irlandais et tenaient visiblement à le faire savoir. Flora, qui baragouinait un peu la langue, en avait profité pour aller voir la jeune fille et les trois s'étaient liées et avaient déjeuné ensemble. Depuis, elles passaient leurs journées toutes les trois et se faisaient même des sorties, avec les autres gens de la promotion. Pour l'une des premières fois de sa vie... Marlene était bien intégrée. Et c'était franchement agréable. Elle ne se sentait pas à la ramasse parce que son expérience en tant que sage-femme lui donnait une certaine aura auprès de ses copines, elle savait déjà faire des choses et du coup, elle se sentait plus en confiance. C'était plus agréable.

Alors ce matin, puisqu'elles avaient la formation aux premiers secours assez tôt, elles s'étaient réunies pour passer prendre un café avant, boisson que continuait de siroter Flora avec l'air un peu mauvais. Elle n'était pas vraiment du matin alors tout ce qui se passait avant huit heures... La salle de formation était remplie et un peu bruyantes, les années supérieures de Médicomagie s'interpellaient bruyamment et surtout, les cinquième années avaient l'air au bout de leur vie. C'est vrai que cela faisait cinq fois qu'ils faisaient ce truc et puis bon, ils seraient Médico l'année suivante donc bon... Marlene, elle, était plutôt occupée à se repasser dans sa tête ce qu'elle avait appris l'année dernière lors de la sienne, qui était interne à la maternité. S'il fallait aspirer les poumons d'un nouveau-né, elle était là... Laith - oui parce que sinon c'était trop compliqué - se pencha vers elle, triturant sa blouse.

- Tu penses qu'on reste en binômes ?
- Je sais pas... chuchota-t-elle alors qu'un homme au pas énergique entrait dans la pièce.

Laith avait toujours un peu peur de se retrouver seule avec des gens qu'elle ne connaissait pas et Marlene comprenait - et partageait, dans une moindre mesure maintenant - cette crainte, aussi lui adressa-t-elle un sourire rassurant avant de poser sa main sur son épaule. L'homme se lança dans des explications, semblant insister sur le fait qu'ils n'étaient plus face à des mannequins. Très clairement, ils étaient jetés dans le bain... Et encore, elle avait déjà fait face à des patients (elle se raccrochait à cette idée mais c'était très important pour elle) mais pas Gormghlaith par exemple, qui était en plus scolarisée à la maison : elle n'avait même pas été à Poudlard. Ils allaient travailler avec des ambulanciers, précisa l'homme qui parlait. Super. Elle espérait bien qu'elle ne tomberait pas sur James mais les chances étaient quand même minimes puis il était sûrement trop jeune pour former qui que ce soit, elle avait même commencé avant lui à Sainte-Mangouste, alors bon... Marlene fut appelée dans les premières et se leva, un peu nerveuse, quand son nom fut prononcé. Et quand celui du binôme le fut...

- Ah ! s'exclama Flora derrière elle, en ouvrant de grands yeux.

Elle venait d'exprimer sa pensée, tiens. Marlene se retourna vers sa camarade qui eut un signe d'impuissance à son égard. Comme à sa cousine Meg, Marlene lui avait raconté sa rupture - avec moins de détails quand même - puisque Flora les avait connus tous les deux en couple à Poudlard... Mal à l'aise comme pas possible, Marlene traina presque des pieds jusqu'à James qui... levait la main. C'était pour lui dire bonjour ? Parce que bon, elle connaissait assez bien sa tête, sinon... Ne comprenant pas ce qu'il essayait de faire, Marlene leva sa main avec un peu d'hésitation et la secoua mollement, dans une ébauche de "coucou" qui n'avait pas envie d'en être. Super. Cela allait être une merveilleuse journée, tiens, coincée dans une ambulance avec son ex. En plus, il ne l'attendait pas vraiment, il se contenta de sortir de la salle pour se diriger vers la caserne des ambulanciers. Ah bah super poli tiens. Il avait rompu avec la bienséance ou ça se passait comment ? Non, de toute manière, elle n'allait pas faire attention à ce qu'il faisait, c'était tout à fait professionnel, elle était là pour apprendre des soins d'urgence et puis voilà. Tout à fait professionnel. Elle allait oublier que James et elle travaillaient difficilement ensemble - planning des préfets, je crie ton nom - et se concentrer uniquement sur elle-même. Elle était tout à fait remise de cette rupture, bien évidemment. Elle n'avait pas besoin de lui. Elle était une femme digne et indépendante et bientôt Médicomage (dans cinq ans). Prenant une grande respiration comme sa marraine sophrologue lui avait appris, elle releva le menton. James avait-il remarqué qu'elle avait changé de couleur de cheveux... ? Non. Ce n'était pas une question. On s'en fichait de savoir si James avait remarqué.

- Salut.

Cela allait être une bonne journée bien gênante. Les yeux de Marlene se mirent à observer cette passionnante tâche au sol. Sang ou huile de moteur ? Le débat était ouvert. Elle releva la tête vers James quand il reprit la parole, attrapant la radio qu'il lui tendait pour l'accrocher à la poche de sa blouse.

- Ok... merci...

Ils se fixèrent sans un mot quelques secondes. Voilà voilà. Est-ce qu'elle était censée lui demander si ça allait ou ça faisait trop ex ? Ou alors ça faisait trop "tu vas bien depuis notre rupture ?" alors que elle, elle voulait demander s'il allait bien de manière standard, générique, genre "ça va" et elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle demandait pour leur rupture parce que, après, elle allait avoir l'air désespérée et elle ne l'était pas. Clairement pas. Elle était cool. Très cool. Grady-cool. Elle pouvait peut-être demander des nouvelles de Grady ? Ou alors c'était bizarre ? Il valait peut-être mieux éviter toute question personnelle histoire de pas sonner trop ex. Parler boulot. C'était bien ça.

- Alors et du coup... maintenant on attend ?

Voilà voilà.

 




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James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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Quand on rompait avec quelqu’un, chacun y allait de son petit conseil. Surtout ne pas lui parler pendant au moins six mois. Prendre des nouvelles régulièrement au début, puis laisser la distance s’instaurer naturellement. Ne pas se remettre en couple avant d’avoir été célibataire pendant au moins un tiers du temps qu’on avait passé en couple. Trouver une nouvelle copine immédiatement, une « rebond-girl » pour tourner plus rapidement la page. Profiter des avantages du célibat en multipliant les conquêtes. Ne surtout pas tomber dans cette vie de débauche vulgaire (dixit Jane Mason, évidemment). James, après sa rupture quelque peu houleuse avec Marlene, avait donc eu la chance d’être entouré par des amis bienveillants qui avaient à cœur de l’aider. Mais personne – pas même Jane, justement – ne lui avait expliqué comment gérer « être le tuteur de son ex-petite-amie ». Et il n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire.

James inspira profondément alors que Marlene attachait sa radio à la poche supérieure de sa blouse. Connie avait raison : il était adulte désormais. Il était ambulancier ; un ambulancier diplômé avec les compliments du jury, depuis peu de temps certes, mais ce n’était pas rien. Il n’allait pas laisser Marlene le déstabiliser, encore moins alors qu’il s’agissait de son premier « vrai » test en tant qu’ambulancier à part entière. Peu de temps auparavant, c’était lui qui avait été appelé dans cette salle de formation, qui avait reçu une radio et qui était parti pour la toute première fois avec son tuteur en intervention. Aujourd’hui, il était dans le rôle du tuteur et Marlene dans celui de l’élève. Et c’était étrange – à un stade qu’il savait que, quand il raconterait ça à Grady en rentrant ce soir, ce dernier aurait une liste interminable de blagues à faire sur la situation.

« Oui, on attend un appel de la Centrale qui va nous positionner sur des interventions. » expliqua James. « Normalement tu dois avoir les mêmes horaires que moi pour ta formation, donc on est ici jusqu’à demain matin au changement d’équipe. » Les gardes à l’hôpital étaient longues, éprouvantes et, les premiers mois, on peinait à s’y habituer. Désormais, James était rompu aux gardes de 24h et avait fini par trouver son rythme – même si, lorsqu’il rentrait chez lui, il passait environ les huit heures suivantes à dormir comme un loir.

James se fit violence pour ne pas se balancer d’un pied sur l’autre – il faisait ça dès qu’il était mal à l’aise et il savait que Marlene le savait et il ne voulait pas qu’elle sache qu’elle le mettait mal à l’aise. Il se racla quand même la gorge, puis se maudit de l’avoir fait parce que c’était bien évidemment un signe qu’il ne se sentait pas tout à fait à sa place. Il allait d’ailleurs lui demander comment ça allait, mais se ravisa au dernier moment, de crainte que sa question soit mal vue par la jeune femme ou mal interprétée.

« Comment s’est passée ta rentrée en médicomagie ? » interrogea-t-il finalement en posant son regard sur la jeune femme.

Voilà, c’était parfait comme question. D’un côté, il brisait le silence qui s’était installé entre eux, avec une question parfaitement professionnelle qu’il aurait pu poser à n’importe quel apprenti qu’il aurait eu avec lui aujourd’hui et de l’autre, il s’intéressait à la jeune femme tout en lui montrant qu’il était suffisamment mature pour pouvoir le faire d’une manière parfaitement détachée parce qu’il avait évidemment tourné la page, lui.

Elle n’avait pas à savoir qu’il se sentait particulièrement déstabilisé par sa présence parce qu’il s’était forcé de ne pas penser à elle depuis ce fameux jour où il avait rompu avec elle. Il ne voulait pas y penser parce que cela l’obligeait à ressentir beaucoup trop d’émotions qu’il n’avait pas envie de ressentir : une pointe de regret, évidemment, de la tristesse, certainement, mais aussi de la colère, cette même colère qu’il avait ressenti ce jour-là. Or, James ne voulait plus ressentir tout ça ; il avait enfoui ces sentiments tout au fond de lui, sous une bonne couche de mauvaise foi et de fierté mal placée. Elle n’avait pas non plus de savoir qu’il trouvait sa nouvelle coupe très jolie et que d’ailleurs, ça mettait parfaitement en valeur ses grands yeux. Il se reprit ; il se fichait bien de la nouvelle coupe de Marlene, et il ne s’était sûrement pas attardé assez longtemps sur les yeux de la jeune femme pour pouvoir dire que son regard était souligné par cette couleur. Non. Définitivement pas.

Par chance, sa radio grésilla à ce moment-là, le sortant de cet inconfort.

« Centrale à 87. »
« Carter à Centrale. » répondit-il en s’identifiant comme on lui avait appris à le faire lors de ses premiers jours ici. Ils n’avaient pas d’ambulance attitrée ; ils en changeaient à chaque début de garde. Aujourd’hui, James avait la 87.
« Carter, accident de Transplanage d’escorte, deux victimes, 27 et 8 ans, 8 rue Saint Great George, Leeds. »
« On y va. » répondit-il en faisant signe à Marlene de le suivre. Sans le moindre mouvement d’hésitation, il se dirigea vers son ambulance, et indiqua à la jeune femme de s’installer à la place du passager alors qu’il faisait le tour pour s’asseoir face au volant.

« Attache-toi. » recommanda-t-il en bouclant sa propre ceinture, avant de démarrer sur les chapeaux de roue et déclencher la sirène d’urgence.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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Marlene hocha la tête quand James confirma qu'ils devaient maintenant attendre. Super, ils étaient vraiment bien tous les deux, plantés au milieu de ce hangar à se regarder en chien de faïence. Seule la mention de la durée de la formation lui fit tourner la tête vers lui, surprise. Elle n'avait pas dû entendre cette information ou mal lire les papiers, car elle n'avait pas réalisé que c'était vingt-quatre heures, comme une vraie garde... Vingt-quatre heures avec James, donc, dans une ambulance. Super. Super programme. Merveilleux. Son malaise devait se voir sur son visage, aussi attrapa-t-elle l'élastique noir qui enserrait son poignet pour se donner une contenance. Elle rassembla ses cheveux en une queue de cheval pour s'occuper les mains et avoir une excuse pour regarder ailleurs. Elle entendit James toussoter, ce qui était le signe qu'il était au moins aussi détendu qu'elle. Ils allaient vraiment passer un excellent moment, dis donc, du temps de qualité. Heureusement, la question qu'il lui posa était assez neutre pour lui donner l'occasion d'embrayer, en prenant un air tout à fait détendu. Parce qu'elle était détendue et cool. Elle allait en parler comme elle en parlerait à un formateur lambda et pas comme à quelqu'un de proche (ou qui avait été un proche). Elle termina sa queue de cheval et glissa ses mains dans les poches de devant de sa blouse. 

- Bien, bien. C'est beaucoup de boulot mais c'est hyper intéressant. On ne fait que de la théorie pour le moment, on aura des premiers stages en septembre.

Sans vraiment savoir quoi ajouter, elle fixa James quelques secondes. Est-ce qu'elle était censée parler d'elle ? C'est ce qu'elle aurait fait avec n'importe quel élève de Poudlard avec qui elle avait eu des vrais liens, c'est ce qu'elle aurait fait avec Grady par exemple. Mais est-ce qu'on était censé parler de soi à son ex, même pour dire des trucs aussi insignifiants que "Je suis contente de m'être réorientée" et "J'ai retrouvé Flora, tu sais, qui était dans la promo d'Emma ?" Heureusement, le grésillement de la radio la sortit de son dilemme : très bien, elle ne dirait rien, c'était sûrement hors-sujet de toute manière. James et elle n'avaient pas parlé depuis leur rupture, c'était auprès de Grady qu'elle avait récupéré les affaires laissées chez son ex. Elle s'efforça de se concentrer sur ce que disait la petite voix altérée de la Centrale. Accident de transplanage, elle en avait vu arriver aux urgences lors de son stage mais n'avait jamais travaillé dessus. Et surtout, avec un enfant impliqué. C'était toujours plus compliqué quand il y avait des enfants, elle avait du mal à se détacher et son stage en maternité n'avait pas aidé...

Elle suivit James d'un pas rapide vers l'ambulance et s'installa sur le siège passager, bouclant sa ceinture alors qu'il faisait le tour pour prendre le volant. Il démarra un peu brusquement, enclencha la sirène et partit sur les chapeaux de roue. Marlene se crispa immédiatement, un peu brusquée par la vitesse, ses mains se serrant un peu sur la ceinture de sécurité. Elle finit même par agripper la poignée qui était au plafond pour mieux se tenir. Elle savait que c'était une urgence mais ce n'était pas en prenant les virages si vite qu'ils allaient gagner du temps, ils allaient plutôt se tuer... Elle prit sur elle néanmoins pour ne rien dire, se contentant d'être rigide comme une armure de Poudlard dans son siège.

- On y sera quand ? finit-elle par lâcher d'une voix un peu blanche après que l'ambulance se soit glissé entre deux véhicules.

Sans magie, ils seraient morts huit fois.




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James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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James enclencha la marche avant et démarra brusquement, alors que l’alarme si caractéristique des ambulances magiques résonnait dans la caserne. Ils quittèrent l’hôpital en quelques secondes et se retrouvèrent dans le centre de Londres, zigzaguant entre les voitures et les piétons.

James avait toujours été fasciné par la conduite – petit, il passait son temps à demander à ses parents de le laisser conduire sur leurs genoux et s’amusait à faire des tours de pâté de maisons, sa petite frimousse froncée par la concentration. L’été de ses dix-huit ans, quand il était rentré chez ses parents, il s’était inscrit pour passer le permis moldu, qu’il avait obtenu en un mois. C’était important pour lui de ne pas nier complètement ses origines moldues et il avait toujours eu cœur à se rapprocher au maximum de ce qu’il considérait être la « normalité » dans le monde ses parents. Heureusement, il avait un métier que sa famille pouvait comprendre sans trop de soucis ; s’il avait été Oubliator, il aurait plus de difficulté à expliquer l’étendue de ses missions.

En entrant chez les Ambulanciers, James était donc déjà titulaire du permis de conduire mais avait dû repasser une autre formation pour obtenir le permis sorcier, ainsi qu’un supplément pour avoir le droit de conduire une ambulance. A son sens, il était beaucoup plus amusant de conduire chez les sorciers que chez les moldus : la vitesse était grisante et la magie avait une grande incidence sur la conduite – comme, par exemple, le fait de pouvoir se glisser entre deux voitures en modelant la forme du véhicule. Cependant, à force d’être au volant d’un tel véhicule, James avait pris quelques mauvaises habitudes et cela se ressentait sur sa conduite dans le monde moldu : il avait tendance à prendre un peu plus de risques qu’une personne lambda et avait une conduite très sportive.

Conduite que, visiblement, Marlene n’appréciait pas, remarqua-t-il en avisant ses doigts crochetés à la poignée. Il se retint d’hausser les yeux au ciel et bifurqua à droite en maintenant sa vitesse, faisant crisser ses pneus sur le sol.

« Détends-toi. » lui lança-t-il alors qu’ils s’éloignaient du centre de Londres pour déboucher sur des routes périphériques malheureusement noires de monde, « C’est impossible d’avoir un accident en ambulance. »

Il avait prononcé cette dernière phrase sur un ton tranquille, et pourtant la force de cette déclaration le laissa aussitôt muet. Evidemment, cela le renvoyait au décès – au meurtre – de Samantha, mais aussi à sa rupture avec Marlene qui soutenait que sa théorie était complètement farfelue. Cette pensée lui porta un coup au cœur alors qu’il avisait une voiture moldue qui accélérait à sa gauche, le coinçant derrière un bus.

« Bordel… » marmonna-t-il en ralentissant brusquement pour dépasser le bus par la droite, filant entre les voitures et évitant de peu de frotter la barrière de sécurité.

« On arrive dans une dizaine de minutes, je pense. » finit-il par répondre en jetant un coup d’œil aux coordonnées transmises par la centrale. « Tu as eu des cours sur les accidents de transplanage ? » interrogea-t-il finalement après un long moment de silence.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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James était parfaitement au courant que Marlene n'était pas vraiment fan de sa conduite. Ils étaient montés en voiture plusieurs fois lorsqu'ils étaient ensemble et comme elle n'avait pas le permis, il avait conduit. C'était notamment pour aller dans des endroits autour d'eux mal desservis par les Cheminettes (parce qu'elle n'aimait pas transplaner à l'aveugle, elle trouvait ça dangereux). Au final, ils avaient souvent fini par se disputer à base de "Mais je t'avais dit que c'était à droite !" "Attention !" "Non mais colle-le un peu plus, tu veux lui rentrer dedans ou quoi ?" En bref, pas les meilleurs moments de leur histoire. Elle avait maintenant le loisir de constater que James n'était pas un conducteur plus délicat au volant d'une ambulance magique qui était, rappelons-le à toutes fins utiles, censée transporter des malades. Donc des gens en mauvais état. Qui n'avaient sûrement pas envie de mourir dans l'ambulance parce qu'ils avaient fini dans le fossé. En tout cas, il sembla remarquer qu'elle n'était pas très à l'aise puisqu'il lui demanda de se détendre. Parce qu'on avait pas d'accident en ambulance.

Marlene lui coula immédiatement en regard en coin qui voulait tout dire. Elle était persuadée qu'ils pensaient tous les deux à la même chose. Samantha Miller s'était tuée dans un accident d'ambulance sur une route dangereuse alors qu'on ne vienne pas lui dire que c'était infaillible... Même si c'était de la magie, les accidents arrivaient. La puissance d'un sort pouvait s'amenuiser ou bien des événements extérieurs pouvaient perturber la magie. Le Titanic était censé être insubmersible, lui aussi... Penser à la dispute qu'ils avaient eu à ce sujet rembrunissait l'humeur de Marlene, qui n'était déjà pas au beau fixe. C'était cette fichue histoire d'ambulance qui avait mené à leur rupture et elle sentait toujours son coeur se pincer très douloureusement à cette idée. Pour dissimuler sa soudaine émotion, elle tourna la tête pour regarder par la fenêtre. Les routes périphériques londoniennes étaient toujours bouchées de partout... C'était même à se demander comment l'ambulance allait pouvoir passer.

Un brusque freinage lui tira un sursaut et sa main vint se poser en réflexe sur le tableau de bord, comme pour se retenir. Elle lança un regard désapprobateur à James (qui n'avait clairement pas dû avoir les points de souplesse au permis, dis donc) alors qu'il doublait par la droite un bus. Ils étaient à cinq centimètres de la glissière de sécurité. Tout allait bien. Tout allait très bien. Ils allaient peut-être mourir ou écraser la petite Ford bleu de devant rafistolée au scotch mais tout allait super bien. Merci James pour ce super moment. Merci Merlin pour cette petite blague de les coller ensemble pendant vingt-quatre heures. C'était peut-être une caméra cachée histoire de voir qui allait craquer le premier.

Elle tâcha de se reprendre en soufflant un bon coup. Bien sûr que non, elle n'allait pas craquer. Elle était professionnelle, tout à fait professionnelle. Elle n'avait rien à reprocher à James Carter, si ce n'est une conduite inconséquente et sa manie d'appuyer sur la pédale d'accélérateur comme s'il était dans Mario Kart. Elle allait rester neutre et posée. Calme et aérienne. La Nouvelle-Marlene, elle, en mieux. Et elle en mieux en faisait pas de remarque sur la conduite à James, elle se contentait de mourir en silence. Elle se racla un peu la gorge avant de répondre à sa question, pour éviter de laisser paraître toute sa crispation. Elle était cool. Super cool. Lambda. Elle était Marlene Lambda même.

- Non, pas encore... J'en ai vu un peu aux urgences lors de mon dernier stage mais j'ai pas pu travailler dessus.

Elle était une sage-femme en formation, ce n'étaient pas ses cas. Elle, elle était plutôt là pour les urgences obstétriques et gynécologiques. Elle posa discrètement sa main sur son ventre pour reprendre une respiration plus calme, comme enseignée par sa marraine, avant de reprendre la parole. Il était hors de question que James sente toute sa nervosité et toutes les pensées qui pouvaient l'agiter. Il faisait cela avec l'ancienne elle, celle qui était préfète-en-chef avec lui. Elle avait évidemment beaucoup changé en quatre mois, ils ne se connaissaient plus du tout.

- Et toi ? Tu en as fais souvent ?




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James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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James ignora volontairement le regard de Marlene et garda son regard braqué devant lui. Il n’avait pas envie de penser à Samantha, dont la pensée lui était encore douloureuse, ni aux raisons de sa rupture avec Marlene. Il ne fallait pas qu’il y pense parce qu’il allait s’énerver ; Marlene avait ce don exquis de le faire sortir de ses gonds. Sa conduite, cependant, se fit bien moins délicate – elle ne l’était pas déjà beaucoup – et il fut obligé d’écraser la pédale frein pour éviter de justesse un autobus. Le regard de Marlene lui fit lever les yeux au ciel.

« Tu veux prendre le volant, peut-être ? » demanda-t-il, narquois, en terminant son dépassement par la droite. Quelques secondes plus tard, ils quittaient l’agglomération londonienne et se dirigeaient vers Leeds, bien plus au Nord.

La route était dégagée – seuls quelques véhicules moldus avançaient tranquillement mais il pouvait les doubler sans même s’attirer un regard réprobateur de sa passagère – miracle.

« Oui, ce sont nos cas les plus nombreux même. » expliqua-t-il en jetant un coup d’œil à sa montre. Le temps filait à une vitesse folle et, en pensant aux deux victimes qui les attendaient, il accéléra un peu. « Parfois, ce sont de simples désartibulages, comme un ongle par exemple. Tout dépend du niveau de concentration lors du transplanage. Lorsque le transplanage est hasardeux, ou réalisé dans de mauvaises conditions  - comme sous l’emprise de stupéfiants – les dommages peuvent-être plus graves. Le pire, c’est quand ça atteint les vaisseaux sanguins, comme l’aorte ou la veine cave. » indiqua-t-il en mettant son clignotant à droite pour s’engager sur une voie rapide.

Un jour, lorsqu’il était en début de formation, il avait accompagné sa tutrice sur une intervention similaire. Quand ils étaient arrivés sur place, la victime était déjà décédée ; tentant de transplaner alors qu’elle était en pleine crise psychotique liée à une prise importance de stupéfiants, le cœur avait toujours simplement été déchiré en deux. C’était rare mais, dans ces cas-là, l’issue était forcément mortelle.

« Ce qui est particulier, » poursuivit James en accentuant ses essuie-glaces car il commençait à pleuvoir, « c’est qu’il y a deux victimes dans l’accident. On a encore du mal à comprendre comment le désartibulage affecte les personnes qui voyagent en transplanage d’escorte. Parfois, elles sont plus touchées, parfois moins… » Il haussa les épaules ; il savait que plusieurs études étaient faites sur la question. « Donc on a deux victimes, une de 27 ans et une de 8 ans. » énonça-t-il. La pluie s’écrasait désormais sur les carreaux. Douce Angleterre. « Tu as retenu quoi des prises en charge d’urgence ? » interrogea-t-il en tournant un regard curieux vers Marlene, oubliant un instant la gêne qui subsistait entre eux.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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Marlene coula un regard noir à James quand il lui demanda si elle voulait prendre le volant. Alors elle n'avait peut-être pas le permis mais elle était sûre qu'elle conduirait plus prudemment, elle ! Elle n'avait jamais pris la peine de le passer parce qu'elle avait eu son permis de transplanage assez tôt mais elle respecterait le code de la route. Alors c'est vrai qu'une ambulance était surtout censée aller vite mais ce n'était pas une raison pour se mettre dans le fossé. En plus, elle prenait déjà sur elle pour ne pas lui faire de remarque et elle était presque vexée qu'il ne l'ait pas remarqué. Certes elle se crispait très fort et retenait des petits cris à chaque virage mais c'était un progrès !

- Regarde la route au lieu de te moquer de moi, persifla-t-elle.

Non mais. Ils n'avaient pas gardé les moutons ensemble quand même. Enfin ils avaient fait pire mais ce n'était pas une raison ! Heureusement, leur conversation sembla reprendre une allure normale et elle tourna la tête vers lui quand il mentionna que les accidents de transplanage étaient l'une de leurs principales interventions. Elle ne pensait pas que cela arrivait si souvent... Elle n'allait pas arrêter d'y penser à chaque fois maintenant, c'était malin.

- On vous appelle vraiment pour un ongle désartibulé... ?

Qu'est-ce que les gens ne comprenaient pas dans le terme "urgence" ? C'était Kalamity Chambers qui avait appelé, ce n'était pas possible sinon. Une urgence ongle brisé, ce n'était pas vraiment une urgence. En revanche, elle voulait bien imaginer pourquoi les gens dont les artères étaient touchées étaient en urgence vitale. Et si c'était le cas aujourd'hui ? Et si quelqu'un mourait ? Elle n'avait jamais vu quelqu'un mourir, même lors de son stage aux urgences, car elle n'était pas encore sur les cas graves. À la maternité, des drames pouvaient arriver mais il n'y avait rien eu pendant ses gardes à elle, juste quelques récits de collègues. L'angoisse sera brusquement le ventre de Marlene alors que la pluie se mettait à tomber. Ce n'était pas le temps idéal pour une intervention, elle n'avait jamais travaillé dehors non plus... Mais elle devait garder son sang-froid, même si c'était sa première sortie en tant qu'apprentie médicomage. Elle devait prouver qu'ils n'avaient pas eu tort de la sélectionner et d'accepter sa réorientation. En plus comme le disait James, il y avait deux victimes dont un enfant... Elle avait peur d'être pétrifiée devant les souffrances d'un enfant. Et s'il mourait ? Elle inspira profondément pour calmer son angoisse et plongea la main dans sa poche pour vérifier qu'elle avait bien son petit tube d'huile essentielle à respirer en cas de stress trop grand. Elle l'avait pendant les ASPICS et ça c'était mieux passé que les BUSES.

Que James fasse appel à ses connaissances la rassurait un peu. C'était toujours plus concret pour elle de se raccrocher à ce qu'elle maitrisait. De la poche de sa blouse, elle sortit un petit carnet dans lequel elle avait rassemblé des informations importantes de ses cours de sage-femme et de ses révisions. Elle avait noté les protocoles pour différentes situations et faisait tourner les pages pour trouver ce qui pourrait correspondre au mieux à un désartibulage. Elle ne savait pas... Elle avait arrêt cardiaque et hémorragie. Hémorragie peut-être, comme James avait dit qu'il pouvait y avoir de graves saignements... Elle se pencha vers sa petite écriture ronde pour se relire.

- Alors...  dans le cas d'une hémorragie... reconnaissance de la situation d'hémorragie, pression artérielle systolique en dessous de 90, tachycardie au dessus de 120 bpm... Il faut ensuite s'assurer de la transmission du bilan secouriste... Ah bah non ça c'est nous, réalisa-t-elle un peu penaude en secouant la tête. Et euh... Faire l'anamnèse... Notamment sur les traitements anticoagulants et bêtabloquants, vérifier les paramètres vitaux... Prioriser les gestes secouristes de contrôle des hémorragies externes, administrer de l'oxygène le plus précocement possible... mise en place d'une VVP de gros calibre et réalisation d'un groupage sanguin pour la potion de régénération sanguine... Et euh c'est tout ce que j'ai noté.

Elle releva la tête vers James, tournant machinalement les pages de son carnet. Elle réalisa un peu tard que ce carnet-là, elle l'avait eu à Noël dernier dans un lot de papeterie qui lui avait été offert... Par lui, justement. Elle adorait les carnets, il le savait et celui-là était très beau alors elle avait mis dedans toutes les informations importantes pour l'emmener avec elle toute la journée. Gênée, elle s'empressa de le ranger dans sa blouse en rougissant. Génial, maintenant il allait croire qu'elle était encore folle amoureuse de lui et qu'elle s'endormait le soir en sniffant l'odeur des cadeaux qu'il lui avait offert. Alors que pas du tout. C'était un beau carnet elle avait commencé à le remplir quand ils étaient encore ensemble, elle n'allait pas le jeter. Et puis elle aurait pu avoir ce carnet n'importe où, clairement. Même si James avait fait graver la couverture émeraude avec son prénom à elle, dans une belle écriture. Pure coïncidence. Elle fit mine de se rattacher les cheveux pour dissimuler un peu sa gêne, le coeur battant.

- J'en ai d'autres, des fiches, finit-elle par dire avec un peu d'hésitation, mais comme on ne sait pas vers quoi on va... C'est dur ça, en fait. À l'hôpital, on te dit ce qui arrive et toi... tu sais jamais ce que tu trouves, par contre.




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James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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« Je suis multitâche, je peux faire les deux. » rétorqua James avec un sourire impertinent.

Il reporta toutefois son regard sur la route, qui se dégageait au fur et à mesure qu’ils sortaient de la banlieue de Londres pour filer vers le Nord. Il accéléra encore, lançant l’ambulance à pleine vitesse alors qu’un regard à l’heure qui s’affichait sur le tableau de bord lui tirait une grimace.

« On nous appelle pour moins que ça encore. » soupira James. « C’est à celui qui travaille à la Centrale de répartir les appels en fonction de leur degré d’urgence, voire de conseiller aux patients de rester chez eux et de se rendre chez leur médecin le lendemain. Mais parfois, ils ne donnent pas les véritables détails. Il y a… deux semaines, je dirai, j’ai été appelé pour ce qui semblait être une fracture ouverte du tibia. La dame s’était juste cogné le pied dans une table et avait dû mal à le poser par terre… » James soupira, enclencha son clignotant droit et emprunta la sortie à toute vitesse, sans prendre la peine de décélérer.

James écouta avec attention les paroles de Marlene, ses sourcils légèrement froncés par la concentration et hocha la tête comme pour confirmer ses propos.

« Sur la théorie, c’est à peu près ça. » lança-t-il en contrôlant ses rétroviseurs. « Il y a quelques ajustements à faire en fonction de la situation. Ce qui est vraiment difficile, en fait, c’est de parvenir à déterminer le degré d’urgence dans une situation. » Il hésita un instant, puis reprit : « Par exemple, quand une femme enceinte a un accident, on essaie de sauver la femme avant le bébé. Quand on peut faire les deux, c’est mieux, mais quand ce n’est pas le cas… » il grimaça ; c’était une décision qui alourdissait la conscience de chaque secouriste. « C’est la même chose lorsqu’il y a plusieurs victimes : on doit secourir le plus urgent, mais, surtout, celui qui a le plus de chance de s’en sortir. Dans des situations de crise, on organise un triage et on étiquète les patients qui ne sont pas morts mais que, pour autant, on ne va pas traiter, parce qu’on sait qu’on perdra trop de temps à essayer de les sauver par rapport aux chances qu’ils ont de s’en sortir. » Il poussa un long soupir et secoua la tête pour chasser ces sombres pensées.

Son mouvement le conduit à apercevoir, du coin de l’œil, le carnet que Marlene tenait entre les mains. Il n’eut pas besoin de plus d’une seconde pour faire le lien et sentit une gêne l’envahir doucement. Ce carnet, il l’avait offert à Marlene lors du dernier Noël qu’ils avaient passé ensemble. Ce n’était pas simple carnet qu’il avait acheté dans une papeterie ; il avait passé des jours et des jours à le chercher pour finalement le dénicher dans une minuscule librairie au sud de Londres. Le papier était épais, antique, et sentait bon l’odeur des vieux livres. Il avait inscrit le nom de Marlene avec un sort de gravure et s’était exercé plus d’une centaine de fois sur du bois pour être satisfait de l’écriture.

La vue de ce carnet eut don de faire accélérer les battements de son cœur et ses doigts se resserrèrent autour du volant de l’ambulance. Pour contenir son malaise, il se passa une main dans les cheveux, dévoilant au passage une jolie montre bleue qu’il portait toujours au poignet. Montre offerte par Marlene, réalisa-t-il en se raclant la gorge. Cette constatation lui laissa un goût amer dans la bouche alors qu’une habituelle sensation de tristesse s’emparait de lui.

Marlene finit par briser le silence qui s’était installé dans l’habitacle, permettant à James se rebondir sur ses paroles.

« Oui, parfois il vaut mieux attendre d’être face à la situation pour pouvoir agir sans avoir d’idées préconçues. » confirma James. Il s’apprêtait à rajouter quelque chose lorsque sa radio grésilla.

«  87, vous en êtes où ? »
« On arrive à Leeds dans trois minutes. » répondit James en accélérant encore un peu.
« Reçu. »

La centrale coupa court à la concentration et le visage de James se ferma, tendu par la concentration. En quelques minutes ils furent à l’adresse qui leur avait été transmise. En un bond, James fut à l’extérieur de l’ambulance. Il saisit un imposant sac qu’il balança sur ses épaules et en lança un semblable à Marlene.

« Ici ! Ici ! » appela une sorcière qui accourut vers eux. Elle avait les yeux embués, sa robe barbouillée de sang et son chapeau de travers. « Dépêchez-vous ! » James la suivit sans hésiter et pressa le pas jusqu’à se retrouver sur le perron d’une petite maison de banlieue.

Le spectacle qu’il découvrit lui fit écarquiller les yeux et il dût faire appel à son professionnalisme pour retenir un hoquet de surprise et d’effroi. Un homme – la victime de 27 ans, assurément – avait perdu sa main dans le transplanage. Il tenait contre lui avec son bras valide le corps d’un petit garçon de huit ans qui sanglotait faiblement. James se fraya un passage vers eux.

« Monsieur, pardon… » lui lança-t-il avant de le repousser sans ménagement. La vue brouillée par les larmes, l’homme en question s’effondra contre le mur, laissant à James l’occasion d’examiner les blessures de l’enfant. Il présentait une plaie ouverte à l’abdomen qui saignait abondamment. James retint de justesse un juron, passa des gants en latex et saisit une large compresse avec laquelle il appuya sur la blessure.

« Marlene, occupe-toi de la blessure du monsieur. Elle ne saigne pas, donc tu peux seulement la bander pour l’instant et prendre les PV. » indiqua-t-il. « Madame ? C’est votre enfant ? » interrogea-t-il. La sorcière, le visage baigné de larmes, acquiesça. « Est-ce qu’il a des problèmes de santé ? Est-ce qu’il prend des médicaments ? »
« N… N… Non. » bégaya-t-elle.

James reporta son attention sur le petit garçon, qui l’observait avec un regard absolument effrayé. James lui offrit son sourire le plus réconfortant.

« Salut bonhomme. » lança James, « Comment tu t’appelles ? »
« Er… Erwan. »
”Enchanté Erwan, moi c’est James. Et elle, c’est Marlene. » indiqua-t-il en la désignant du menton. « Comment tu te sens ? » demanda-t-il alors qu’il s’affairait auprès de l’enfant. Il fouilla un instant dans son sac et en sortit un petit boitier noir pourvu de long fils et de patchs qu’il apposa à différents endroits du corps de l’enfant.
« Fatigué. » répondit-il d’une voix faiblarde.
« Tu ne vas quand même t’endormir devant moi, Erwan ? » demanda James en enclenchant la petite boîte noire qui lui permettait de lire les paramètres vitaux de l’enfant. Ils n’étaient pas excellents, mais pas catastrophiques non plus. « Parce que là on s’apprête à partir à l’aventure et ce serait quand même bien dommage que tu dormes ! »
« A l’aventure ? » interrogea-t-il d’une voix ensommeillée.
« Exactement ! » lança-t-il en saisissant une seringue. Il ajusta le dosage et piqua l’enfant au niveau du bras. « Tu es sur le point de monter à bord du véhicule le plus rapide du monde… »
« Plus rapide que les vaisseaux dans Star Wars ? » demanda l’enfant d’une voix lointaine.
« Rien ne peut être plus rapide que le Faucon, Erwan. » contra James en maintenant le bras gauche de l’enfant pour poser une voie veineuse. Il s’interrompit le temps de parvenir à monter tout le système et reprit : « Mais c’est Han Solo en personne qui m’a appris à conduire… »
« Tu mens… » contra Erwan en toussant. Il cracha un peu de sang, ce qui tira un regard inquiet à James.
« Pas du tout. Je pourrais t’apprendre un jour aussi, si tu veux. » proposa-t-il en bandant consciencieusement l’abdomen du jeune garçon. Le bandage se tacha rapidement de rouge et James s’empressa de lui administrer une seconde potion de coagulation par voie veineuse, couplée à une potion de force.
« Ok, mais seulement si je peux conduire le Faucon… »
« J’en toucherai deux mots à Han, promis. » sourit James.

Puis, il baissa le menton vers sa radio, et contacta la Centrale de St Mangouste.
« 87 à Centrale. On va avoir besoin d’une seconde ambulance pour emmener les patients à l’hôpital. »
« On a prévenu 51, ils devraient arriver d’ici cinq minutes. »
« Merci. »

La communication s’arrêta et James put reporter son attention sur Erwan. Sa tension était remontée légèrement avec la poche de sérum physiologique qui était en train de passer. Les battements de son cœur, encore faibles, n’étaient plus critiques. Seule la blessure continuait de saigner et James n’avait qu’une hâte : quitter les lieux pour l’emmener à l’hôpital.

« Marlene ? Tout va bien ? » demanda-t-il en glissant un regard vers son ex petite-amie. Ses yeux revinrent bien vite sur Erwan, qui sombrait peu à peu dans le sommeil. « Erwan ! Tu ne veux pas manquer le voyage en vaisseau spatial quand même ? »
« Non, non. »

Le ton faiblard de la réponse ne rassura par le secouriste qui s’empressa de lui administrer une nouvelle potion de force avant de consulter sa montre.

Encore trois minutes.


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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Marlene leva ostensiblement les yeux au ciel quand James affirma qu'il était multitâche et qu'il pouvait donc conduire et se moquer d'elle. En réalité, elle avait un peu envie de sourire. Elle tourna la tête vers la vitre pour regarder dehors, afin de dissimuler un peu son amusement. Elle n'était pas censée s'amuser, il n'était pas censé l'amuser. Ils étaient séparés donc ils ne s'amusaient plus et elle ne le trouvait plus drôle et d'ailleurs, il n'était pas drôle, il était juste prétentieux et absolument pas multitâche. C'était comme quand il fabriquait des balais en papier quand ils étaient en réunion préfectorale : complètement inadapté. D'ailleurs, le fait de s'amuser avec lui était également inadapté parce qu'elle n'en n'avait plus envie. On ne s'amusait pas avec le garçon qui avait rompu avec vous.

Heureusement que la situation lui permettait de vite retrouver son sérieux. Ils n'étaient clairement pas là pour plaisanter et elle n'en n'avait d'ailleurs pas envie (car, rappelons-le, il n'était pas drôle).  Parce qu'ils étaient là, ils s'amusaient, il lui faisait un sourire et après elle se faisait des idées et après c'était la déprime, la dépression et le pot de glace devant Vampire Diaries. Donc non merci. Elle allait être très professionnelle à partir de maintenant et oublier que James et elle étaient sortis ensemble. Il n'était que Carter, comme avant. Et elle, elle était une Médicomage en formation et elle avait beaucoup de choses à apprendre. En plus, elle allait être notée sur cette journée et elle ne voulait pas avoir une mauvaise note. Enfin, il n'allait pas lui en mettre une et saborder sa formation, non ? Ils se connaissaient. Il lui devait quand même une bonne note, non ? En même temps, elle ne pouvait pas à la fois se dire professionnelle et espérer une bonne note de la part de son ex, c'était un peu contradictoire... Un peu perturbée et agacée par tout cela, Marlene se redressa dans son siège pour écouter James qui lui racontait sa dernière intervention. Professionnelle on avait dit. Ne plus penser à rien en dehors du boulot. Ils avaient vingt-quatre heures à tirer et pendant ces vingt-quatre heures, elle n'aurait aucune pensée déplacée. À chaque pensée déplacée, elle claquerait l'élastique sur son poignet en guise de punition. Le conditionnement par la douleur, très utile selon son père.

- Et vous l'avez emmenée aux urgences, du coup ? interrogea Marlene en rattrapant le fil de la conversation.

Elle se tendit alors qu'il accélérait et serra un peu plus fort la poignée dans sa main. Elle notait de ne plus monter en voiture avec lui après cette journée, plus jamais. Enfin, elle n'aurait plus de raison de monter puisqu'ils ne se voyaient plus depuis leur rupture... Marlene chassa cette brusque pensée triste de son esprit et fit claquer son élastique noir sur la peau fine de son poignet pour compenser. Ne. Plus. Y. Penser. Parler d'hémorragie, c'était beaucoup moins douloureux (pour elle en tout cas, pas pour les patients...) et cela la rassurait un peu sur ce qui les attendait. Elle connaissait des choses, elle connaissait des soins, elle savait faire un point de compression... Mais le discours de James ne tendait pas à la sécuriser. Nerveuse, elle avait tourné ses yeux noirs vers lui, alors qu'il parlait d'ajustements à faire. Elle n'aimait pas trop les ajustements, elle aimait les règles claires...

- C'était aussi la règle à la maternité, répondit-elle d'une petite voix. Mais j'ai jamais eu à faire ce choix-là, j'étais toujours encadrée et quand on a eu des soucis, ça s'est toujours bien terminé pour les deux... Sauf que là, c'était différent, ce n'était pas une naissance dans le contexte sécurisé de la maternité avec les gynécomages et les sage-femmes, c'était le terrain, là où son seul filet de sécurité était James. Et ils avaient commencé à travailler en même temps. Elle se sentait tendue. Même la vision réconfortante de ses notes ne l'aidait pas. Elle savait bien qu'en se lançant en Médicomagie, elle verrait des choses plus brutales, comme lors de son stage aux urgences mais c'était angoissant d'y être de nouveau confrontée. Quand James parlait de triage, elle se doutait bien de la situation à laquelle il référait. Il travaillait ce jour-là lui aussi. C'est pas les choses que j'ai hâte de croiser, souffla-t-elle.

Elle avait assuré à son entretien qu'elle saurait capable de les gérer et elle l'espérait. C'est juste que c'était sûrement très difficile et elle en avait peur, elle ne se sentait pas assez formée malgré ses études précédentes et ses jolies notes. Elle sentit le regard de James sur son carnet et elle sut qu'il l'avait reconnu, ce qui l'embarrassa. Elle se dépêcha de le ranger dans sa poche de blouse comme pour le cacher. Super, cela allait arranger l'ambiance entre eux, vraiment. Elle s'attendait presque à ce que James fasse une remarque mais il se contenta de passer sa main dans ses cheveux, parce qu'il était gêné. Elle le connaissait bien. Il devait la prendre pour une pauvre fille. Enfin, il aurait pu s'il ne portait pas cette montre au poignet... C'était son cadeau de Noël. Elle voulait lui offrir quelque chose de véritablement utile et qu'il puisse avoir souvent avec lui. Elle l'avait fait graver, au dos... Cette constatation, le fait qu'il la porte encore, lui mit un véritable coup au coeur qu'elle n'avait pas anticipé. Elle sentit une vague de chagrin la saborder et elle se tourna un peu brusquement vers la fenêtre pour cacher ses yeux un peu humides, qu'elle essuya discrètement. C'était toujours comme cela, elle avait ses hauts, ses bas, les moments où elle se disait que tant pis pour lui, il ne la méritait pas, et elle allait très bien s'en sortir sans lui, elle n'avait pas besoin de lui. Et les autres, où il lui manquait terriblement, au point qu'elle en ressente comme un creux dans la poitrine. Il y avait ces nuits où elle n'arrivait pas à dormir parce qu'elle avait envie de se blottir dans ses bras, ces mauvaises journées où elle relisait toutes leurs conversations et leurs lettres. Toutes ces fois où elle avait failli aller frapper chez lui pour s'excuser et lui dire qu'elle allait faire tous les efforts du monde, qu'elle promettait.

Elle souffla pour se calmer, profitant de l'appel de la radio pour essuyer bien ses yeux et être sûre que James n'ait rien vu. Elle sortit son petit stick d'huiles essentielles de sa poche pour en déposer un peu sur son poignet, afin de se calmer. Ce n'était clairement pas le moment de déprimer à cause de sa rupture, pas avec son ex à côté, et pas alors qu'ils arrivaient sur une intervention. Le silence se fit dans l'ambulance jusqu'à ce qu'ils arrivent, sous une pluie battante. James descendit de l'ambulance en un bond, Marlene fut un peu plus lente, avec moins de réflexes. Sans qu'elle comprenne vraiment ce qui lui arrivait, il lui avait balancé un gros sac dans les bras - qu'elle se prit un peu dans le visage - et se dirigeait déjà vers une sorcière pleine de sang à l'air déboussolé. Il pleuvait dru, ce qui n'aidait pas à la visibilité. Ils avancèrent jusqu'au perron d'une maison, jusqu'à une scène assez cauchemardesque. Un homme, dépossédé de sa main, tenait contre lui un enfant qui saignait abondamment. Les pierres étaient nimbées de rouge. Heureusement qu'elle avait déjà assisté à des hémorragies plus sanglantes encore, sinon, Marlene aurait été pétrifiée. James repoussa l'homme sans grande douceur, qui alla s'effondrer contre le mur, visiblement bouleversé.

Marlene hocha la tête quand James lui lança de s'occuper de la victime la plus âgée, pas mécontente de ne pas gérer la plaie thoracique du petit qui avait l'air grave. Les adultes, elle maitrisait mieux. Elle prit une inspiration et s'agenouilla auprès de l'homme,  prenant son poignet sans main entre ses doigts.

- Bonjour, souffla-t-elle alors qu'il ne la regardait même pas, trop concentré sur l'enfant. Je m'appelle Marlene.

À la maternité, en tant que sage-femmes, elles se présentaient toujours à leurs patientes, pour les rassurer, et elle avait gardé ce réflexe.

- Je vais examiner votre main, d'accord ?

L'homme hocha la tête mais il semblait s'en ficher, trop préoccupé par le devenir de l'enfant, Erwan. Elle tendait l'oreille vers James, pour savoir comment cela se passait de son côté. La blessure était très propre, le transplanage avait au moins eu cet avantage. On apercevait l'os parfaitement sectionné et elle ne pouvait pas s'empêcher de trouver ça beaucoup trop intéressant. Elle ouvrit le sac pour fouiller dedans afin de trouver de quoi désinfecter et bander, tout en posant les yeux sur le petit Erwan et James. Qu'il se sente fatigué, ce n'était pas vraiment bon signe, il avait sûrement perdu beaucoup de sang... Elle extirpa des compresses qu'elle imbiba avant de nettoyer par prudence la plaie. James savait y faire en tout cas, avec le petit, il arrivait à faire ses soins tout en le faisant parler - pour qu'il reste conscient - et le rassurait. Il était adorable avec ses allusions à Star Wars, qui semblaient fonctionner sur Erwan. Marlene dû retenir un sourire alors qu'il mentionnait le Faucon. Ils avaient revu ces films ensemble, elle s'en rappelait encore, quand ils avaient passé quelques jours ensemble autour du Nouvel An, ils venaient à peine de se mettre ensemble... Elle chassa ces pensées de son esprit alors qu'elle appliquait consciencieusement sa bande autour du moignon, sans trop serrer. Professionnelle, on avait dit. Elle ne pouvait pas trouver son collègue adorable, sauf professionnellement parlant.

- Pas trop serré ? s'enquit Marlene auprès de l'homme qu'elle soignait.

Ce dernier secoua la tête alors qu'elle fouillait dans le sac pour trouver de quoi prendre les constantes.

- Ça va aller ? demanda-t-il d'une voix rauque, sans lâcher Erwan du regard.

Marlene aurait aimé répondre et promettre que oui mais elle avait déjà appris à ne pas le faire. Elle tourna la tête vers James et le petit garçon ensanglanté, avec ses voies de posées, ses bandages ensanglantés et elle posa les yeux sur son patient à elle.

- On fait tout ce qu'il faut.

Lui, en tout cas, il irait sûrement bien. Ses constantes étaient plutôt bonnes, constata-t-elle en vérifiant, et il ne semblait pas avoir d'autres blessures. Évidemment, on n'était pas à l'abris de dégâts internes mais sa tension était bonne, songea-t-elle en enlevant le brassard, ce qui était bon signe. James avait déjà appelé une autre ambulance pour les transporter. Elle se rendit compte à cet instant, où elle se relâcha quelque peu, qu'elle avait le coeur qui battait très vite, du sang sur sa blouse, parce qu'elle s'était agenouillé sur le sol souillé. Elle avait arrêté de sentir la pluie, un peu trop concentrée sur ce qu'elle faisait. Elle se repassait dans sa tête ses listes d'intervention, pour ne rien oublier, mais il lui semblait qu'elle ne passait à côté de rien. L'interpellation de James lui fit tourner la tête. L'espace d'un instant, elle crut que c'était de son état à elle qu'il s'enquérait, comme s'il pouvait s'inquiéter pour elle. Mais non, il parlait sûrement du patient. Elle hocha la tête.

- Tout va bien, j'ai bandé la blessure, pas de saignement, les constantes sont bonnes.

Ce fut ce moment-là que choisit Erwan pour somnoler un peu. Ce n'était jamais bon signe, du tout. La dernière fois qu'ils avaient eu ça, à la maternité, la maman faisait une hémorragie de la délivrance. Mais ils étaient plusieurs, à l'hôpital. Là, ils étaient tous les deux sur un perron. La dame qui les avait accueillis revenait vers eux en courant, tenant à bout de bras un linge à carreaux. Elle avait perdu son chapeau et semblait encore plus perdue que tout à l'heure.

- Je l'ai retrouvée ! s'exclama-t-elle. Je l'ai retrouvée !

Elle tendit le paquet à Marlene qui le saisit, un peu circonspecte, pour l'ouvrir. À l'intérieur, il y avait une main coupée. Il manquait un doigt à ladite-main, le majeur, mais sinon, elle semblait plutôt entière. Bonne nouvelle pour le patient, même si c'était un peu dégoûtant quand même... Marly se tourna vers James.

- J'ai, euh, le bout manquant.
- C'est ma main ? souffla son patient.
- Oui mais c'est bien qu'on l'ait retrouvée, peut-être qu'on pourra vous la remettre...

Elle ne trouvait pas de sachet en plastique comme ils avaient à la maternité dans le sac, aussi attrapa-t-elle un gant en latex qu'elle agrandit d'un coup de baguette magique afin d'en faire un sac (en forme de main, donc, pour y mettre une main coupée, beaucoup d'ironie là-dedans).

- Glacere, murmura-t-elle pour faire apparaître de la glace pilée à l'intérieur.

Souvent utilisé pour des mojitos, ce charme paraissait moins anodin, soudain. Elle referma le sac à main (littéralement) afin que le membre ne s'abime pas trop avant d'arriver à l'hôpital. L'ambulance de soutien ne devrait plus tarder maintenant...






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James CarterBriseur de CoeurJames Carter
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James hocha la tête avant de couler un regard inquiet vers Marlene. Pris dans l’action du moment, il avait oublié de s’enquérir de l’état de cette dernière, qui n’était pas habituée à intervenir sur des scènes aussi sanglantes. D’autorité, il lui avait attribué le patient le moins « compliqué » et venait seulement de prendre conscience que, pour autant, se retrouver face à un moignon n’était pas exactement évident non plus. Il eut envie de la questionner, mais se ravisa au dernier moment ; déjà, parce qu’Erwan menaçait cruellement de s’endormir et ensuite parce qu’il s’efforçait de rester professionnel vis-à-vis de la jeune femme ; or, ce pincement au cœur qu’il ressentait à l’idée de l’avoir mise en difficulté n’avait rien de professionnel.

« Erwan ? » James posa une main sur l’épaule du garçon, qui ouvrit les yeux, visiblement un peu rasséréné par la potion de force qu’il venait de lui administrer. « Reste éveillé bonhomme… » lui intima-t-il en changeant la poche de solution saline qui lui permettait de maintenir sa tension dans des valeurs à peu près correctes.

Le garçon hocha la tête avec application et, alors que James s’apprêtait à relancer la conversation avec lui, son regard fut happé par la femme qui les avait accueillis précédemment et qui s’avançait désormais vers eux en brandissant un sachet.

« Ah. » lâcha James. ”Met-la dans de la glace, on verra ce qu’ils peuvent faire à l’hôpital. » lui lança-t-il en reportant son attention sur Erwan.

« C’est quoi ? » interrogea-t-il.
« La main de ton père » faillit lâcher James, beaucoup trop honnête comme à son habitude. Il se rattrapa de justesse.
« Quelque chose qu’on doit amener à l’hôpital. » répondit prudemment James en vérifiant d’un coup d’œil les constantes du garçon. Elles n’étaient pas catastrophiques, mais pas vraiment stables non plus. Les battements du cœur étaient bien trop rapides pour ne pas être inquiétants…
« On part quand ? J’veux monter dans l’Faucon moi. »
« Dans deux minutes on attend seulement que… » Une sirène retentit alors et le visage de James s’éclaira d’un sourire : « Ah ! Voici les renforts ! »

Gowan bondit hors de l’ambulance, chargea un sac sur son dos et se précipita vers eux, suivit de près par une jeune étudiante en médicomagie dont James n’avait pas retenu le nom  au moment des présentations.

« Explique ? » lui lança Gowan en s’approchant avant de laisser tomber son lourd sac sur le sol.

James lui résuma brièvement la situation, indiqua les constances des deux patients et les actes déjà réalisés par Marlene et lui. Le froncement de sourcils inquiet de son collègue ne lui disait, malheureusement, rien qui vaille. Il préféra ne pas s’attarder dessus.

« On va amener Erwan à l’hôpital… »
« On reste avec le monsieur pour finir les soins et on vous suit. » termina Gowan en s’approchant de l’homme. Il fouilla dans son sac et lui administra une potion de force en intraveineuse.

« Marlene ? Tu peux m’aider avec le brancard ? » s’enquit James en faisant léviter jusqu’à eux une planche.

Une fois Erwan allongé correctement sur le brancard, James se chargea de le faire léviter jusqu’à son ambulance. Il l’installa à l’intérieur et monta à l’arrière à la suite de Marlene. La jeune femme n’avait pas son permis ; il était impossible qu’elle conduise l’ambulance à sa place. Pourtant, James n’était pas serein avec le fait de la laisser seule avec un enfant dont l’état était absolument instable.

« Bon, Erwan, on va pas tarder à décoller. » déclara James d’une voix grave, qu’il adoucit d’un sourire.
« Le Faucon d’Han Solo est beaucoup plus classe… »
« Il faut bien que je puisse venir sur Terre sans me faire remarquer ! » contra James en vérifiant les voies veineuses qu’il avait posé – elles étaient toujours en place
« C’est l’arnaque… »
”Attends de voir un peu comme il va vite… »

James sentait qu’il s’attardait un peu trop  à l’arrière, craignant de prendre le volant et qu’un malheur arrive. Il amorça un mouvement pour descendre.

« Tu vas où ? » l’interrompit Erwan en esquissant un geste pour se redresser. Il s’affaissa sur le brancard et poussa un râle de douleur.
« Eh bien, il faut bien qu’Han Solo conduise son vaisseau, sinon on ne va jamais partir ! »
« Oh… »
« Mais tu vas rester avec Marlene et tu vas voir, elle est top ! » assura James.
« C’est la princesse Leia ? » interrogea le garçon en coulant un regard vers la jolie rousse.
« Exactement. » répondit James avec un sourire doux qui lui meurtrit le cœur d’une douleur qu’il connaissait aujourd’hui trop bien. « Je te laisse avec la princesse, on se revoit tout à l’heure ! »

Il descendit de l’ambulance, s’apprêtait à refermer les portes, mais capta le regard de Marlene. « Tout va bien se passer » articula-t-il avant de bondir jusqu’à la place conducteur pour prendre le volant et démarrer sur les chapeaux de roues. En quelques secondes, le petit pavillon des parents d’Erwan était déjà loin et James s’engageait à toute vitesse sur une route nationale qui filait vers Londres. Il lâcha le volant d’une main pour ouvrir une trappe qui donnait directement sur l’arrière de l’ambulance. De cette façon, il pouvait observer Marlene et Erwan dans le rétroviseur.

« Tout va bien ? » demanda-t-il d’une voix forte.  


Marlene BarclayEtudiante en médicomagieMarlene Barclay
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Marlene eut un air soulagé en entendant les sirènes de l'ambulance approcher. Avec les secours, elle se sentirait mieux car elle avait honnêtement l'impression de ne pas servir à grand-chose et de ne rien avoir à apporter sur cette scène. D'accord, elle avait pris les PV et fait un bandage mais ce n'était pas exceptionnel... James, lui, était un professionnel mais elle craignait de faire des bêtises. L'homme qui les avait accueillis à Sainte-Mangouste sortit du véhicule, accompagné d'une étudiante en Médicomagie des années supérieures que Marlene avait déjà croisé dans les couloirs de la petite aile de l'hôpital réservée aux étudiants et aux salles de classe. Un peu rassurée par cette soudaine arrivée, elle recula un peu face à son patient, pour laisser les vrais professionnels s'en charger. James fit un bon récapitulatif de la situation à l'autre ambulancier, alors que l'étudiante en Médico fouillait déjà dans un gros sac similaire au leur pour continuer les soins sur l'homme qui avait perdu sa main.

Marlene se redressa et hocha la tête quand James lui demanda de l'aide avec le brancard. À vrai dire, elle n'était pas certaine de ce qu'elle devait faire et de comment elle devait l'aider, aussi eut-elle l'air un peu perdu, les bras ballants quelques secondes. Finalement, James fit venir à eux la planche et elle l'aida à installer Erwan, qui souffrait quand on le déplaçait. Elle lui fit un sourire alors qu'elle tenait ses perfusions en hauteur, pour que les tubulures ne s'accrochent pas à quelque chose.

- Tu es prêt ? interrogea-t-elle alors qu'ils s'apprêtaient à le soulever pour qu'il puisse monter dans l'ambulance.

James le fit léviter et Marlene récupéra leurs sacs respectifs pour les charger à l'arrière, avec le reste du matériel. Elle pouvait sentir l'inquiétude de son ex, elle le connaissait bien, et il est vrai que l'état du petit garçon n'avait rien de rassurant. Heureusement, Erwan ne semblait pas trop s'inquiéter, grâce aux bons soins de James qui savait très bien comment le rassurer. Il savait toujours y faire avec les enfants, elle l'avait bien vu avec sa nièce, la petite fille de sa soeur, il adorait jouer avec elle. Même si leur jeune patient était déçu de ne pas voir le Faucon - il allait changer d'avis au vu de la vitesse où allait James, si on lui demandait son avis - il parlait et c'était bon signe. Elle essayait de se concentrer sur cela plutôt que sur l'angoisse qui montait petit à petit parce qu'elle réalisait que, James étant le conducteur, elle allait rester seule à l'arrière du véhicule. Alors elle avait déjà été seule avec des patients, elle avait fait des consultations, mais c'était dans un contexte tout à fait différent. Même les consultations gynécologiques d'urgence ne représentaient que rarement des dangers mortels et lors des accouchements, même quand elle passait faire des bilans seule, ses collègues sage-femmes n'étaient pas loin. En plus, elle savait faire naître un enfant... Là, c'était très différent. Elle croisa le regard de James alors qu'il s'apprêtait à descendre, ce qui fit vivement réagir Erwan, qui s'affaissa bien vite de douleur. Elle lui posa une main réconfortante sur l'épaule, pour l'inciter à rester allongé. Il valait mieux qu'il ne bouge pas trop.

Quand James la compara à la princesse Leia pour rassurer le petit garçon, elle eut un sourire et secoua doucement la tête, presque amusée. Ce n'était pas normal que ce bref compliment, que le fait qu'il dise à un patient qu'elle était "top" pour le rassurer, lui fasse tant plaisir. Elle devait surtout se concentrer sur assurer le voyage retour et que tout se passe bien pour Erwan. Elle sentait le léger poids de son carnet dans sa poche et cela la rassurait mais elle savait qu'en cas d'urgence, elle n'aurait pas le temps de le consulter patiemment pour aller de page en page. Elle croisa le regard de James alors qu'il s'apprêtait à descendre et il sembla sentir sa nervosité puisqu'il tenta de la rassurer silencieusement. Nerveuse, elle hocha la tête et se força à lui faire un sourire. Mais oui, cela allait. Erwan était plutôt stable pour le moment, les potions de force faisaient son effet. La porte se referma et Erwan et elle se retrouvèrent seuls alors que James allait démarrer. Marlene s'approcha du petit garçon et lui sourit, essayant de rester stable en se tenant aux poignées alors que l'ambulance partait en trombe.

- Alors, tu préfères lequel des Star Wars ?

Elle sembla lui avoir posé une colle puisque les sourcils du petit garçon se froncèrent alors qu'il réfléchissait à sa question.

- Euuuh.

Il entreprit de lui expliquer pourquoi il aimait bien La menace fantôme mais que, quand même, Le retour du Jedi, c'était cool aussi. Il avait la voix un peu pâteuse, elle l'entendait, semblait somnolent mais était toujours cohérent dans ses explications. Elle était en train de remplacer une poche quand la voix de James retentit. Elle tourna la tête pour voir qu'il avait ouvert la trame de séparation et hocha la tête alors qu'elle la fixait sur le pied à perfusion.

- Ça va pour le moment, n'est-ce pas Erwan ? On parle Star Wars...

Le sujet avait l'avantage de stimuler leur petit patient. Ce dernier hocha légèrement la tête et ferma les yeux. Il vivait un moment difficile, ses blessures étaient quand même importantes. Mais il ne pouvait pas s'endormir, c'était important qu'il reste bien éveillé.

- Erwan ? l'interpela Marlene. Tu redis à James ce que tu m'expliquais sur l'Académie des Jedis ?

Mais alors qu'il était si prompt quelques minutes plus tôt à exposer toutes ses théories, le petit garçon resta muet. Elle fronça immédiatement les sourcils, se penchant sur le brancard. Elle posa sa main sur son épaule et le secoua légèrement.

- Erwan ? Reste réveillé mon grand.

Mais aucune réponse. La main de Marlene glissa dans son cou pour prendre son pouls et sa brusque anxiété trouva un écho.

- Merde, jura-t-elle, ce qu'elle ne faisait que rarement. Il est en arrêt, s'exclama-t-elle.

Elle eut un instant d'hésitation. Que devait-elle faire ? Masser ? Tenter les sorts de réanimation ? Elle savait masser et lancer les sortilèges mais elle se retrouva pétrifiée quelques secondes. L'ambulance pila brusquement et elle ne se tenait plus alors elle fut un peu projetée à l'avant. Le temps qu'elle se redresse, les portes s'ouvraient sur James.

- Qu'est-ce qu'on fait ?!




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Carter's Anatomy [Marlene & James]

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