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 We are the champions [Juliet & Constantine]

Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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31 juillet 2010 - Stade Wizzardium

« ET UN ARRET MAGNIFIQUE DE DUBOIS ! » cria le commentateur. Sa voix fut noyée par un tonnerre d’applaudissement. « Le souafle est remis en jeu ! Zahra ! Passe à Baker ! »

L’esprit bien trop occupé par l’action pour prêter attention aux commentaires, Juliet réceptionna le Souafle et vira vers la gauche. Immédiatement, Isabel Hodge se dirigea vers elle, le visage crispé par la concentration. Juliet jura et poussa un peu plus son balai pour accélérer. Elle avait à présent atteint un pic de vitesse monstrueux, talonnée par Hodge qui ne tarda pas à être rejoint par un de ses coéquipiers, Fillan Dwight, qui se colla à sa droite pour la bousculer. La jeune femme jura intérieurement et fondit en piquet, le souafle toujours sous le bras. Aileas Langton apparu finalement à sa gauche et elle lui envoya la balle qu’il réceptionna sans mal. « Langton ! » tonna le commentateur. Selon une stratégie qu’ils avaient répété inlassablement sous les ordres de l’infatigable Olivier Dubois, Akila Zahra alla se placer quelques mètres en dessous des buts adverses tandis que Juliet fonçait se positionner sur la droite. Aileas, lui, prenait de la hauteur, suivi par deux adversaires dont l’un fut violemment atteint par un Cognard d’Ethan McGowan et forcé d’abandonner sa trajectoire.

Isabel, qui gardait un œil sur l’action, voletait non loin d’elle, prête à intercepter le Souafle quand Aileas se déciderait à lui passer. Il n’en fut rien. Langton arrêta brusquement sa trajectoire et laissa tomber la balle de plusieurs mètres, récupérée en vol quelques instants plus tard par Akila. Isabel jura et lança son balai dans une accélération démesurée pour foncer sur la jeune femme, veillant toutefois à être positionnée sur sa droite. Cette dernière, imperturbable, remontait en piquet, la balle coincée sous le bras. Juliet, enfin débarrassée d’Isabel, se déporta brusquement sur la gauche du terrain, au même moment où Zahra lançait le Souafle dans le vide. Elle l’intercepta avant même qu’il ne commence sa chute, accéléra pour remonter face aux buts et lança la balle qui traversa le cercle de gauche sans aucune difficulté.

« BUT DE BAKER ! FLAQUEMARE PREND DE L’AVANCE ! 90 à 50 ! »

Une salve d’applaudissements retentit dans le stade, étouffant les exclamations de joie de l’équipe et celles des Poursuiveurs, qui s’enlaçaient en vol. Le souafle fut remis en jeu rapidement, mais les attaques de Flaquemare étaient trop fortes, et la défense des Pies bien trop faible pour y résister. Il restait le vif d’or, songea fugacement Juliet en passant devant leur attrapeuse – Harriet Weiss – qui volait un peu plus haut, son regard balayant méthodiquement le terrain. Finalement, moins d’une dizaine de minutes plus tard – pendant lesquelles Akila marqua un nouveau but –Harriet brisa sa monotonie en descendant en piquet, se rapprochant dangereusement du sol, tandis que Gavin Lynch – l’attrapeur des Pies – la suivait. La descente fut vertigineuse et les deux joueurs, lancés à fond, durent faire preuve d’une volonté de fer pour ne pas céder à la panique. La petite balle dorée finit par remonter légèrement, forçant les deux attrapeurs à changer de direction. Gavin Lynch, plus lourd qu’Harriet, eut plus de difficulté à redresser son balai et ces quelques secondes lui coûtèrent la victoire. Il stabilisait à peine son vol qu’Harriet remontait vers ses coéquipiers, le poing fermé sur le vif d’or.

« WEISS ATTRAPE LE VIF D’OR ! FIN DU MATCH ! FLAQUEMARE REMPORTE LA COUPE ! »

Juliet joignit ses exclamations avec celles de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire, se rapprochant d’eux pour se joindre à la grande étreinte collective qui s’était formée alors qu’ils entamaient leur descente entre rires, cris et chants victorieux. Ils abandonnèrent leurs balais à peine le pied posé à terre et se précipitèrent vers Olivier Dubois pour le soulever avec des airs ravis.

La remise de la coupe se fit quelques instants plus tard. Elle passa de mains en mains pour arriver dans celles de leur capitaine et qui la contempla un instant avec émotion, avant de la brandir au-dessus de sa tête, déclenchant la reprise des applaudissements dans le stade.

Jamais l’ambiance dans les vestiaires de Flaquemare n’avait été si festive ; aux cris se mêlaient des danses de la joie ; et même Ethan McGowan s’était prêté à une gigue endiablée, menée par Aileas.

« Mais ce but Juliet ! » s’extasiait Akila en rangeant ses affaires dans un large sac de sport.
« Tu peux parler ! Tu as vu celui que tu as mis ? Juste avant qu’on attrape le vif d’or ? »
Les deux jeunes femmes partirent d’un grand éclat de rire.
« Je suis d’accord avec Aki’. Ton but était magnifique, Ju ! » déclara Aileas qui s’était approché.
« Je n’ai pas marqué toute seule. » fit-elle remarquer en caressant distraitement le flocage « Baker » de sa blouse. « La vraie vedette du jeu, c’est Harriet ! »
« Oh non, j’ai seulement eu de la chance, je suis plus légère que Lynch. » rétorqua-t-elle avec modestie.
« Pff, vous êtes beaucoup trop modestes, les filles. Moi, j’ai pas honte de dire que j’ai joué comme un véritable dieu. » Aileas tapa dans ses mains avec enthousiaste. « ET QU’ON A GAGNE LA COUPE ! »

Sa voix grave résonna dans les vestiaires, vite étouffée par les exclamations des autres, qui finissaient de s’habiller dans la bonne humeur. Rapidement, toutes leurs affaires furent rangées.

« On se rejoint tous au club ? » demanda Akila en observant tour à tour ses coéquipiers, qui hochaient la tête avec vigueur. « Par-fait. Préparez-vous pour la fête de l’année. » Elle eut un sourire malicieux en se frottant les mains.
« Juliet ? » appela Kerwan Hayes, son agent sportif. ”Il y a quelqu’un qui aimerait bien te voir. Il est en haut. » La jeune femme fronça les sourcils et interrogea l’homme du regard. « Ca te prendra cinq minutes… Et puis c’est pas vraiment le genre de personne à qui tu dis non. »
La curiosité désormais piquée, Juliet haussa les épaules. « Je vous retrouve là-bas. » lança-t-elle à son équipe, avant de grimper les marches des vestiaires jusqu’à une petite salle dans laquelle ils se réunissaient généralement juste avant le match pour discuter de quelques points stratégiques.
« Bonjour ? » lança-t-elle, en pénétrant dans la pièce, où une silhouette l’attendait, dos à elle.
Composition de l'équipe de Flaquemare:
 



Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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- Les pies vont gagner. " J'abats mon journal pour découvrir un air outré.
- D'après qui ? " Balthazar, chercheur ironiquement attitré à la salle de l'amour, me sert un haussement d'épaule très britannique.
- Les statistiques, Patron, lâche-il en s'affairant sur la machine à café,  les statistiques sont formelles sur le sujet. " Je lève les yeux au ciel en poussant un soupir exaspéré.
- Je vais te donner des statistiques Balthazar, de vraies statistiques. Flaquemare a marqué 30% des buts, cette saison. Tu sais ce que ça représente ? " Je lève une main pour prévenir son interruption. " Leur dernier match n'était pas à la hauteur des attentes, très bien, mais ils sont quand même passés en finale. Et tu vois ça ? " D'un geste sec, je retourne le journal sportif pour faire apparaître une photo de Juliet Baker, en pleine réception du souafle. " Meilleur atout de l'équipe. Je peux te garantir que d'ici cinq ans, cette gamine prends la retraite de Dubois et s'empare du titre de joueur exceptionnel. " Balthazar fronce les sourcils d'un air septique. Je ramène le journal à moi et me laisse retomber dans le canapé de la salle de repos du Département, parcourant les colonnes de résultats du regard. " En attendant, cet atout va leur garantir la victoire, et je suis prêts à te parier absolument ce que tu veux.
- Ton poste de Directeur ? " Lou fait irruption dans la salle, les bras chargés de dossiers qu'elle dépose négligemment sur la table. Balthazar hausse un sourcil dans sa direction et hoche lentement la tête.
- Ça pourrait valoir le coup, admet-il. Il s'assoit dans le carré et me jette un coup d'œil. Je ne prends pas la peine de lever les yeux vers lui.
- Tu n'en voudrais pas. "
- On dirait que quelqu'un n'a pas une confiance absolu dans le potentiel de son équipe favorite. " Dit Lou, en sachant parfaitement qu'elle me pique au vif. A son tour, elle se sert un thé, probablement, et je perçois par instinct le coup d'œil que lui jette Balthazar. Lou le fascine, c'est assez évident, et c'est l'une des raisons pour lesquelles il est habituellement exécrable avec elle.  
- J'ai absolument confiance dans leur potentiel. Moins dans celui de Balthazar comme Directeur du Département.
- Ha ! " Balthazar s'agite, outré. Lou sourit derrière sa tasse, les jambes croisées, rigide comme une poupée.
- Sale excuse pour te dédouaner et éviter cette prise de risque. Je pensais que tu étais quelqu'un d'investi, Constantine. Quelqu'un qui a la foi.
- Croyiez-vous en Juliet Baker, Patron ? " Demande Balthazar, et son air pénétré me fait baisser mon journal pour de bon.
- Absolument. Très bien. Mon poste de Directeur contre la défaite de Flaquemare. Tu t'arrangera avec le Ministre pour lui expliquer pour quelle raison tu penses nécessaire de pratiquer un remaniement hiérarchique dans le cas improbable où je perdrais ce pari. " Balthazar acquiesce, sans dissimuler son petit sourire satisfait. Lou cligne lentement des yeux à ma droite et boit une gorgée de thé. Elle semble à moitié endormie mais je sais que quelque part, elle est très concentrée sur la conversation.
- Fantastique. Lâche-t-elle.  Tu n'as plus qu'à prier tes statistiques personnelles de se révéler juste. " Je lâche un nouveau soupir de rigueur entre mes dents.

Je sais parfaitement que ces deux là n'y connaissent strictement rien au quidditch. Je sais parfaitement qu'ils font exprès de jeter négligemment ce sujet sur la table, parce qu'ils savent que je partirais au quart de tour. Lou procédait déjà ainsi lorsque nous étions à l'école.

C'est plus fort que moi.

Je n'ai pas renié mes origines pour entendre critiquer Flaquemare sous mon nez à deux jours de la Finale du championnat de Grande Bretagne.

***

" WEISS ATTRAPE LE VIF D'OR ! FIN DU MATCH ! FLAQUEMARE REMPORTE LA COUPE ! "

Je bondit sur mes pieds en poussant un rugissement de triomphe. Le stade se soulève dans un cri uniforme d'une ampleur phénoménal et presque simultanément, l'hymne de Flaquemare se met à résonner, poussée par des milliers de voix accordées à l'unisson. J'ai agrippé le montant du balcon devant moi, et contemple le stade avec un sourire pleins d'une adrénaline spontanée. Je suis aux anges, et il me faut quelques longues secondes pour me redresser et contenir l'euphorie qui s'est emparée de moi à l'annonce de la victoire. Quelqu'un me mets une claque sur l'épaule, et je sers négligemment les mains qu'on me tend sans faire attention à qui elles appartiennent. Je me dégage rapidement pour dévaler l'escalier de la loge privée, et interpelle d'un cris enjoué l'un des garçons mis à la disposition de notre éminence. Cinq minutes plus tard, Kerwan Hayes grimpe les escaliers. Il a le regard trouble, encore en train de réaliser, et je le félicite d'une chaleureuse poignée de main. " J'aimerai complimenter en personne Juliet Baker pour sa performance sur la saison, si elle est disponible. " Lâches-je en sachant parfaitement qu'il ne refusera pas. Il incline prestement la tête, et disparaît dans la foule qui dégringole du hauts des gradins, alors que les supporters les plus pressés commencent à se diriger lentement vers la sortie. Je me rassois en laissant échapper un rire euphorique. Le temps que Juliet Baker ne se présente, je me suis un peu calmé, mais étouffe encore un sentiment de bonheur enjoué absolument incontrôlable. Mon cœur bat à cent à l'heure. Le son incertain de sa voix me fait presque sursauter alors que je scrute le terrain, repassant en boucle les souvenirs encore très frais des actions du matchs, et que j'ai peur de perdre dans les prochains jours. " Ha ! " Je pivote d'un bond et marche résolument jusqu'à elle. " Juliet Baker. Constantine Égalité. " Je lui tend la main. " Directeur du Département des Mystères. Si vous avez un instant j'aimerai vous offrir quelque chose. " Je lui offre un siège. Le fait qu'elle puisse se trouver mal à l'aise d'être en présence de quelqu'un qui fait partie du Ministère qui l'a indirectement envoyé à l'hôpital fait lentement son chemin dans mon esprit. Pas assez vite. " Je dois vous dire que je suis extrêmement heureux de vous revoir sur le terrain. J'ai misé mon poste sur votre réussite" Dis-je avec un sourire, puis mon ton se fait plus sérieux. " Votre absence définitive aurait été une perte terrible. " Il y a une sincérité assez exceptionnelle dans ma voix alors que je m'immobilise enfin pour la dévisager gravement.


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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour Flaquemareavatar
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Une silhouette qui pourrait être n’importe qui, voilà tout ce que Juliet parvient à distinguer. Son estomac se serre alors qu’elle se surprend à espérer que cette rencontre soit décisive pour la suite de sa carrière. On murmure dans les vestiaires que le recruteur de l’équipe d’Angleterre commence ses sélections pour la saison prochaine. C’est son rêve, l’aboutissement d’une carrière de joueur professionnel ; elle sait que tous y aspirent. Une telle possibilité, alors qu’elle est encore au début de sa carrière, est presque inespérée. Mais les joueurs de l’équipe d’Angleterre sont plutôt jeunes, lui souffle une petite voix, et sa saison a été excellente. Elle se laisse tenter par l’idée, la caresse de son esprit.

Puis, la silhouette fait volte-face et se dirige vers elle à grands pas. Ce n’est pas le recruteur de l’équipe d’Angleterre.

C’est Constantine Egalité.

Le directeur du département des mystères.

Ah.

La jeune femme glisse sa main dans la sienne pour le saluer, masquant son étonnement et son malaise derrière un sourire de façade. « Enchantée. » répond-elle d’une voix qu’elle trouve terriblement empruntée.

Elle est, évidemment, tout sauf enchantée et l’euphorie de la victoire retombe brusquement. Par Godric, pourquoi le directeur du département souhaite la voir ? Pire encore, que veut il lui offrir ? Elle prend place face à lui en le dévisageant curieusement. Il n’a pas l’air méchant.

Bien évidemment mais, globalement, aucun membre du gouvernement n’a l’air méchant. Le milicien qui a lancé ce sort, ce sort mortel qui lui aurait pu lui coûter la vie, lui non plus ne paraît peut-être pas méchant ; peut-être a-t-il une famille, des enfants, même. Leopold Marchebank aussi, au début, ne semblait pas méchant ; Juliet peut en témoigner parce qu’elle a voté pour lui et qu’elle s’est même rendue à son mariage. Cette apparence l’a-t-elle empêché de mettre au point une politique oppressive ? De remettre en place la peine de mort ? D’être à l’origine de la création de Skye ? Non. Constantine n’a peut-être pas l’air méchant, mais il travaille avec ceux qui ont contribué à faire de sa vie un enfer.

« Votre poste ? » répète-t-elle avec un sourire qu’elle veut amusé. Intérieurement, elle remercie sa grand-mère, Isadora Flint, pour les longues leçons qu’elle lui a inculquées, lorsqu’elle était plus jeune. Jamais son éducation au sein de la Haute Société ne lui sert plus qu’à ce moment même. « Ravie d’avoir contribué à vous aider à le conserver, alors ! » Elle se donne envie de vomir. « Merci en tout cas, ça me touche beaucoup. »

Ce n’est pas totalement faux. Elle aimait pouvoir échanger avec des passionnés de Quidditch ; ceux qui, comme elle, suivent avec un sérieux presque religieux les matchs et les scores, les statistiques qui, parfois, contredisent leur instinct. Elle aime qu’on la félicite pour un match, pour une action ; pas uniquement parce que ça flatte son ego – mais, soyons honnêtes, cela est aussi parfaitement agréable – mais parce qu’elle est heureuse d’offrir ce spectacle à ceux qui y assistent.

« Je, euh, oui. » bafouille-t-elle lorsque Constantine, avec une voix profondément sincère, lui explique que son départ « définitif » aurait été une « perte » terrible. Elle sent les battement de son cœur s’accélérer alors que le vocabulaire choisit – consciemment ou non, elle ne sait pas – par le directeur la ramène à ce fameux jour. Elle s’efforce de ne pas penser que son départ aurait, en effet, pu être réellement définitif.  Elle s’efforce de garder un visage neutre ; elle ne se leurre pas, cependant, elle sait que son visage est devenu blanc. « Je suis contente d’avoir pu reprendre le Quidditch aussi rapidement. » finit-elle par ajouter avec un peu plus assurance.

Si elle était restée chez elle, de toute façon, elle serait devenue folle. Elle n’avait pas supporté de tourner en rond, tous les jours, coincée dans sa maison où de trop nombreux souvenirs la ramenaient à ce qu’elle avait perdu. Lorsqu’elle vole, au moins, elle se sent libre, comme sa tristesse pourtant si lourde devient aussi légère que l’air.

« Vous vous y connaissez bien ? » interroge-t-elle finalement avec un sourire à l’intention de son interlocuteur.

Intérieurement, elle se promet de massacrer Kerwan pour lui tendre un piège aussi évident. Ah non, pardon, c’est vrai : ce n’est pas le genre de personne à qui on dit « non ».



Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
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Je ne peux mentir sur ce sujet, il suffit de m'observer pendant un match pour savoir que le quidditch me manque terriblement. Il n'est pas seulement question du fait de le regarder - y assister procure une sensation très différente - mais de jouer.

Voler a été pour moi la seule forme de libération pendant mes années d'études. Faire de la magie était un tel effort pendant toute cette période terrible d'apprentissage, que le vol, qui ne présentait aucune difficulté, s'était transformé en exutoire. C'est toujours le cas aujourd'hui : traverser le ciel à des kilomètres de distance, invisible pour l'œil, libéré des contraintes, est le seul moyens efficace pour laisser aller le stress, et lâcher prise. Les duels aussi, mais évidemment, il est plus difficile d'avoir l'occasion de se battre que de voler.

Seulement, si traverser le ciel en filant à deux cent kilomètres à l'heure apporte suffisamment d'adrénaline pour s'oublier un instant,  cela reste peu comparable avec ce que je ressentais lorsque je jouais au sein de l'équipe de Beauxbâtons. La sensation de victoire possible, de danger omniprésent, la violence exaltante des affrontements brutaux, celle de régir une équipe qui œuvre dans un sens commun, n'existe pas dans la solitude du ciel. J'ai vécu mes pires blessures au cours de matchs, mais pour rien au monde j'aurais refusé ensuite de troquer la sécurité du sol contre un cognard en pleine tête. J'ai fait un choix irréversible en intégrant le Département des mystères, un choix que je ne regrette pas, mais j'aimerais souvent pouvoir retrouver le plaisir galvanisant et les sensations brutales que procurent un match.

Et j'envie Juliet Baker autant que je l'admire, alors qu'elle glisse sa main dans la mienne avec un sourire d'une politesse construite.

Je hausse brièvement un sourcil. Elle paraît un peu tendue, mais ça ne ressemble pas vraiment aux manières d'une jeune fille impressionnée par la hiérarchie. Je retrouve dans ses manières l'éducation impersonnelle des grandes familles, et dans son sourire le genre d'attitudes qu'adopte Fabre lorsqu'il veut être poli avec quelqu'un. Il n'y pas vraiment de chaleur, et je me demande un instant si elle est déçue. On lui a peut être fait croire qu'une personne d'importance l'attendait en haut de la tour, mais une personne d'importance pour sa carrière.

- Merci en tout cas, ça me touche beaucoup. " Je hoche la tête, conscient de sa fermeté pleine de politesse construite. Je me préserve de cette attitude, car elle ne me paraît jamais sincère, mais ne peut la blâmer de ne pas posséder ma capacité à rentrer dans les gens avec une absence de filtre souvent peu judicieuse. Juliet Baker est une demoiselle manifestement bien élevée, et qui véhicule des codes avec une perfection non feinte. Je suis curieux de découvrir qu'elle est bien éloignée de ce que j'imaginais d'elle, et qu'elle va probablement se révéler pleine de surprises.
- Pas la peine d'être si formelle, dis-je en souriant, sans deviner qu'elle se barricade en fait derrière un masque pour éviter de trahir son propre dégoût. Je suis légèrement soulagé de la voir se déstabiliser lorsque j'aborde le sujet un peu plus franc de son hospitalisation. Elle a pâlit, et même si je me doute, implacablement que le sujet doit être pour elle encore profondément douloureux, je ne peux m'empêcher d'apprécier la transparence subite de ses émotions. Je n'aurais probablement pas supporté d'avoir affaire aux manières de la haute société plus de dix minutes d'affilés.  " Vous avez été très courageuse ", réponds-je doucement. Je me demande ce qui a pu la pousser à remonter aussi vite sur un balais. Ce que j'avais pu déceler de l'épisode tragique qui l'avait abattu n'avait rien en commun avec un incident bénin. Il avait probablement été dangereux pour elle de se remettre à jouer aussi vite après son opération, et pourtant… S'était-elle remise à voler naturellement ? Ou cherchait-elle a fuir un choc traumatique dont elle ne parvenait pas à se défaire, comme je l'avais fait en tentant de m'isoler dans mon travail après la mort de Camille ?
- Vous vous y connaissez bien ? "
- Je m'y efforce, mais c'est plus difficile quand on ne joue pas. " Je souris. " J'ai été capitaine de l'équipe de Beauxbâtons. Quatre ans. J'ai réussis la sélection pour intégrer l'équipe de France, à la fin de mes études. Mais j'ai fais un choix. " Je hausse les épaules, concerné. Je suppose que mon regret d'avoir été dans l'impossibilité d'embrasser ces deux carrières se voit un peu dans mon attitude. " En fait, je voulais vous donner quelque chose. Pour vous remercier du travail que vous faites. Je vous suis depuis un moment, maintenant, et j'ai un plaisir particulier à vous voir jouer. " L'idée qu'elle puisse être mal à l'aise à l'idée de recevoir quelque chose de ma part effleure très vaguement mon esprit mais je choisis consciencieusement de ne pas m'arrêter à cette possibilité. Après tout, elle ignore ce que je sais, et si elle ne tient pas à posséder quelque chose qui a appartenu à un Directeur de Département, il lui sera suffisamment facile de s'en débarrasser.

Chevalerie s'extraire de la poche où j'ai glissé une main, irrité de se faire déranger pendant l'une de ses innombrables siestes, et court se réfugier sur mon épaule. De son œil sombre, il fixe Juliet. Enfin, je trouve la petite balle froide et dorée et la lui tend. Le vif d'or à les ailes repliées et une inscription, qui ressemble à une signature y est clairement lisible.

- Il date de la coupe du monde de 85. J'avais douze ans, et je jouais déjà comme poursuiveur à Beauxbâtons. Ce vif d'or a signé la victoire française, à l'époque, et c'est probablement l'un des plus beaux matchs nationaux auxquels j'ai pu assister. Il est signé par Argenteuil. Un attrapeur français féroce, je suppose que vous en avez déjà entendu parler. " Je place doucement le vif d'or dans sa main pour être sûr qu'elle le prenne.  " Il a été poursuiveur pendant une période, j'ai découverts ses performances à postériori et son style de jeu ressemble assez au votre. Élégant, très créatif et un peu brutal. " Je lui souris doucement, puis grimace. " Au fait. Désolé de ne pas être le sélectionneur de l'équipe d'Angleterre. Je suppose qu'on a dû vous faire miroiter quelque chose de bien plus plaisant en vous annonçant ma présence. "



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