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 Solitary man - Dave

Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des Mystèresavatar
Messages : 164

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21 mai 2010

J'ai hésité, longtemps, mais ma présence à ses côté a fini par m'apparaître comme une évidence difficile.

J'ignore s'il la désire. Probablement pas. Je suppose qu'il se confond dans l'ombre abyssale de sa solitude avec une complaisance douloureuse. Je sais qu'à sa place et à la pire époque de ma vie, je n'aspirais qu'à l'isolement. Je sais aussi que je craignais le silence autant que de me retrouver face à moi-même. Et que peut-être, si quelqu'un avait été là pour me rattraper et m'empêcher de m'enfoncer profondément dans l'abîme, je n'aurais pas été si proche de commettre l'irréparable.

Il m'avait fallu plusieurs semaines pour trouver l'absence causée par le départ de Kathleen intolérable. Toute ma famille s'était évaporée avec elle et Camille, et je cherchais autours de moi, désespéré, sans trouver aucun roc assez solide pour me raccrocher. Je ne pouvais parler à personne. J'avais instinctivement conclu que le rejet était la meilleure solution. J'avais eu ainsi le sentiment de m'accorder un pouvoir, un contrôle sur tous ces drames qui m'ensevelissaient. Je pouvais choisir de m'écarter des autres. Bien sûr, ce n'était qu'un acte d'autodestruction supplémentaire.

Je refuse que Dave subisse la même chose sans avoir essayé au préalable de lui imposer un appuie.

Je fais peut être une erreur. Après tout, ma délicatesse sur ce genre de sujet avoisine le néant et je ne peux pas faire grand-chose d'autre que d'y associer ma propre expérience, et ce qui me semble avoir dramatiquement manqué à la situation pour rendre ma condition moins douloureuse. Je ne me suis jamais considéré comme un confident exemplaire, mais il m'est arrivé d'être de bon conseil. Et il y a de ces drames qu'on ne peut partager qu'avec ceux qui ont vécu d'aussi grande souffrances.

Il me semble que Dave et moi partageons de nombreux points communs.

Arrivé sur le parvis, je scrute la façade gigantesque de la Marchebank, suspicieux. Le bâtiment m'a toujours laissé un arrière-goût d'incertitude, et l'attentat n'en n’a pas amélioré ma perception. Je soupire lentement et pénètre dans le bâtiment. Les contrôle, toujours en place malgré l'heure tardive, m'imposent une valse de désagrément relativement absurde : un vigile très sûr de lui m'immobilise cinq interminable minute, le temps de vérifier trois fois la signature magique de ma baguette, pour s'assurer que je ne suis pas un usurpateur sous polynectar. Il s'excuse, évidement, au terme de cette probante humiliation : répéter six fois de suite que je suis bien Constantine Égalité et que je n'ai vraiment pas le temps pour ça ne l'empêche pas de rester professionnel. Je suppose que c'est plutôt une bonne chose pour la sécurité de la banque, un peu moins pour mon égo qui supporte assez mal les fouilles magiques et corporelles. Il me rend ma baguette avec un sourire désolé, et me laisse pénétrer dans le hall.

Il n'est pas bondé. La plupart des employés sont rentrés chez eux et quelques clients s'attardent encore en compagnie de leurs conseillers zélés. Je ne supporte les lieux publique que dans ces circonstances : lorsqu'on y entend à nouveau l’écho dérisoire des voix qui se heurtent, isolées, et que l'espace redevient perceptible, qu'on s'y sent minuscule, et que la démesure du bâtiment perd tout son sens. D'un pas tranquille, je gravit l'escalier. Rien ne presse. Je sais que Dave est là, et j'ignore si je veux me confronter à sa douleur. Notre entretient risque d'être un moment difficile.

Devant son bureau, je m'immobilise quelques secondes, le regard sombre. Je fais le vide dans mon esprit, pour repousser les résidus de souvenirs qui risqueraient d'être tirés à la surface par son regard lorsque je m'y confronterait. Je dois rester absolument objectif. Je soupire longuement, et presse la poignet.

- Dave ? " La pièce est plongée dans une semi obscurité à laquelle mes yeux mettent quelques secondes à s'habituer. " Salut, dis-je en percevant une silhouette assise à l'un des deux bureaux. Je sers contre moi le livre que je tiens sous le bras, et m'approche après avoir refermé la porte derrière moi. Je pose doucement le livre sous son nez, et le pousse vers lui pour l'interrompre dans sa tâche. Tiens. C'est un vieux livre d'histoire à moi. Je l'ai depuis des lustres. Je n'en ai jamais lu de meilleurs." Je cherche son regard et son attention. Je n'ai pas besoins de le dévisager longtemps pour voir la charge de douleur terrible qu'il tiens figé sur ses traits. " … Tu as besoins de compagnie. " Dis-je doucement. Ce n'est pas une question.


Call me Mr.Raider, call me Mr.Wrong. Call me insane, call me Mr.Vain. Call me what ya like, as long as you call me time and again.© by Sun

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