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 Triumvirat | Constantine

Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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13 juillet 2010 - juste après le Freedôme

Est-ce que la journée avait simplement été longue ? Non, la journée avait été épuisante, éreintante. Danielle souffla longuement et quitta ses documents du regard pour cligner plusieurs fois des yeux. Un regard vers sa montre lui indiqua qu’il était trois heures du matin et elle se sentit brusquement très lasse. Rester assise dans son bureau lui parut alors insupportable et se leva brusquement pour parcourir la pièce à grandes enjambées et en sortir. Le QG de la milice était bien évidemment vide ; elle avait renvoyé tous ses hommes chez eux des heures auparavant. Elle, elle n’avait pas pu quitter le ministère, elle était restée, enfermée dans son bureau, penchée sur des documents, tentant de créer des liens, de comprendre ce qu’il avait bien pu se passer.

Ils avaient manqué de vigilance, avait-elle constaté en étudiant les rapports des différents miliciens ; rien ne laissait présager une action de cette envergure. En fait, rien ne laissait présager que la « résistance » était un mouvement vaste et aussi organisé. C’était la première fois qu’ils sortaient ainsi, à la vue de tous, pour les défier face à la société magique. Et, Danielle l’avouait : cela avait été une réussite pour eux. Les sortilèges de protection qui entourait Bristol avaient lâché, et aucun des manifestants n’avait cédé la violence. La milice, elle, avait été submergée. Complètement submergée. Ils n’étaient pas assez nombreux pour véritablement arrêter cette manifestation et, surtout, ils avaient parfaitement conscience que leur faits et gestes étaient observés par les citoyens de Bristol ainsi que – grâce aux Pear qui filmaient la manifestation – par une grande partie du monde magique. Danielle avait dû être prudente, surtout quand de nombreuses pancartes dénonçaient une « milice violente et meurtrière » ; par conséquent, elle avait dû renoncer à une intervention musclée, pourtant bien plus efficace que les quelques interpellations qu’ils avaient réussi à faire. « Ethique publique » songea Danielle en levant les yeux au ciel, parfaitement agacée par une telle notion.

Le ministère était désert, aucun bruit ne venait troubler le silence qui l’entourait. C’était un moment comme elle l’appréciait tant, où la solitude ne lui pesait pas et où elle avait seulement le sentiment d’être apaisée. Elle entra dans l’ascenseur et descendit jusqu’à la cafétéria, bien évidemment vide à une heure pareille. Un coup de baguette magique activa la machine à café et elle s’en fit couler un, puis l’emporta à une table pour le boire tranquillement.

Elle avait au moins besoin d’un café pour tenir les prochaines heures (voire dix cafés, si on le lui demandait). Ce n’était, après tout, que sa deuxième nuit blanche consécutive et elle avait passé sa journée à traquer des résistants et à mener des interrogatoires – tout allait bien, elle n’était absolument pas épuisée, des cernes ne creusaient absolument pas son visage.

Elle ferma brièvement les yeux, une main posée sous le menton, savourant le silence et le calme. Ce moment de repos fut de courte durée car, quelques minutes plus tard, des bruits de pas se firent entendre. Son regard se posa immédiatement sur la source du bruit et elle avisa Constantine – qui avait abandonné sa tenue de cuir pour quelque chose de plus sobre, de toute évidence. De brefs images alcoolisées et brumeuses de la soirée qu’ils avaient passé ensemble lui revinrent en mémoire mais elle préféra les tenir très éloignées de sa conscience.

« Bonsoir Constantine. » le salua-t-elle, rompant définitivement le silence qui régnait en maître sur les lieux.

Elle lui adressa un maigre sourire.

« Je ne pensais pas te voir ici si tard. » Si elle le pouvait, elle serait allée dormir douze heures consécutives. « Comment vas-tu ? »


Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des MystèresEn ligneavatar
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Il n'est pas rare, lorsqu'on s’enfouit au niveau -9 du ministère et qu'on y reste cloîtré une journée entière, de passer au travers de quelques informations d'importance. Focalisé sur l'analyse des derniers rapports compulsé par mes chefs de salles, la nouvelle de l'effondrement du dôme de Bristol ne me parvient que tardivement dans la soirée, et je l'accueille avec un soupir résigné. L'autorité de Leopold est remise en cause trop régulièrement, ces derniers mois. Et si au vu des circonstances, ce n'est pas forcémentsurprenant, la constatation des forces qui s'organisent contre nous est de plus en plus irritante.

En rediffusion depuis mon pear, je constate les dégâts vers onze du soir, alors que je m'accorde une pause forcée en sirotant un verre de whisky pur feu qui me rappelle méchamment la gueule de bois encore récente que mon corps tente de purger. Impassible, j'observe la milice tenter d'intervenir sans grande conséquence sur une masse d'hommes masqués, passifs, impossible à brutaliser et absolument surexposés médiatiquement. Je ne peux m'empêcher de sourire lorsqu'une partie de la diffusion fait apparaître le visage de Danielle qui, excédée, force la caméra à filmer le sol.

Elle vit probablement l'une des pires journées de sa vie.

Je soupire en coupant la retransmission.  Avec une pensée pour Leopold que les derniers évènements atteignent probablement plus que ce qu'il ne veut bien le concevoir, - la mort de Daliathus, l'attentat de la Marchebank, la mort d'Alan, sa propre tentative d'assassinat, le procès McGowan, Dave, quelque part perdu au fond de tout ça…- je jette un coup d'œil vague à la pile de comptes rendus qu'il me reste à lire avant la fin de la journée. J'accuse assez mal ces dernières semaines. Beaucoup d'émotions mitigées, dues notamment au retour de Joséphine Chevalier dans ma vie, et tous les souvenirs qu'elle transporte avec elle. Et à trente-sept ans, je réalise que j'accuse moins bien l'excès d'alcool qu'il y a quinze ans. Je soupire profondément, me masse longuement les tempes et me remets au travail.

J'émerge aux alentours de deux heures et demi, les yeux fatigués par une lecture prolongée à la lumière trouble d'enchantements magiques que je n'ai pas pris la peine d'augmenter pour la bonne raison que je remarque à peine que je manque de lumière. Un mal de crâne profond me pousse à chercher l'air frais de l'extérieur. D'un pas lourd, je traverse les salles du Département en jetant des coups d'œil autours de moi. L'Arche de la salle de la mort force en moi un arrêt fasciné. Comme toujours, je ne peux m'empêcher de fixer longuement les visages nébuleux qui apparaissent et disparaissent au rythme de l'écoulement du voile. Je pense à la manifestation.

L'ascenseur s'ouvre sur le hall désert du Ministère. Les tours vitrées et la pierre noire prennent des reflets étranges, lorsque personne n'est là pour s'y refléter. J'apprécie le silence désertique à peine interrompu par l'air qui se déplace dans le couloir devenu trop grand. La statut de Leopold me surplombe, je lève les yeux pour essayer de capter son visage serein découpé dans la pierre. Ils n'ont pas représenté les cernes de ses yeux ni les plis inquiets de son front.

La caféteria est aussi vide que l'atrium. J'y mets rarement les pieds, peu friand de l'agitation qui y règne en terme général et y préférant la quiétude de la salle de repos du Département des Mystères, généralement occupée par des gens dont je me sens plus proche que la majorité de ceux qui œuvrent au ministère. Il m'est pourtant agréable, dans le calme de la nuit, de profiter d'un lieux qui me déconnecte totalement avec mon travail. Je sens mon esprit se reposer un peu en découvrant les banquettes vides. Du regard, je cherche un endroit propice pour me préparer un café fort. Une silhouette bien connue, assise à une table, une main sous le menton, interromps mon chemin. Je m'immobilise en dévisageant Danielle.

J'ai un instant de gêne qu'elle brise en me saluant calmement. J'hésite, mais il y a quelque chose dans son regard qui ne lui ressemble pas. " Je ne pensais pas te voir ici si tard, dit-elle. Comment vas-tu ? " Je jette un coup d'œil autours de moi. Il me faut quelques secondes pour calquer son attitude et enfouir dans un coin de mon esprit fermé à double tour les antécédents de la soirée dramatique de Mildred Magpie. La lassitude profonde et l'épuisement visibles sur le visage de Danielle me poussent a adopter une attitude détachée de toutes considérations ne relevant pas directement de son état présent. Je m'approche et m'assoit en face d'elle. Ses yeux, si joliment maquillés il y a à peine deux jours, sont creusés de lourdes cernes qui ressemblent à celle que je porte en permanence. " Toi, surtout. " Réponds-je doucement. Je me fais couler un café à distance et fait l'éviter la tasse jusqu'à moi. La baguette posée sur la table, sous une main, l'autre sur la tasse, je la dévisage un moment. Il ne me semble pas l'avoir déjà vu aussi heurtée. " Dure journée, de ce que j'ai pu en voir. " Elle doit se douter que tous les pear du monde magique ont retransmit fidèlement les difficultés de la milice. Avec mon tact habituel et sans réaliser que je peux être heurtant car m'adressant à elle avec une attention véritable : " Il a semblé vous manquer beaucoup de choses pour pouvoir gérer cette situation proprement." Je sers un peu la tasse entre mes doigts. La présence de Danielle me rend toujours nerveux. D'autant plus ces derniers temps. D'autant plus depuis que je sens le vernis de mon irritation craque au profit de quelque chose de plus profond dont je tente de me protéger. " Tu t'es battu avec un blogger. "Je ne peux m'empêcher de sourire malgré moi. " Je suis désolé. "


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Danielle ColemanChef de la miliceavatar
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Danielle hoche doucement la tête à la remarque de Constantine et la sollicitude qu’elle entend dans sa voix la touche presque.

« Je suis épuisée. » avoue-t-elle avec une honnêteté déconcertante ; de toute évidence, elle est trop épuisée pour penser à être sarcastique. Elle prend une gorgée de café et savoure le breuvage fort. Elle ne se souvient pas en avoir un jour bu autant ; heureusement que Meredith Kane ne la voit pas à cet instant, parce qu’elle est persuadée que la directrice de la santé magique a sous le coude quelques slogans accrocheurs sur une telle consommation comme « La caféine, c’est la ruine ». Pour le moment, elle préfère ne pas penser aux conséquences désastreuses d’un rythme de vie comme le sien ; elle le regrettera dans une dizaine d’années.

« Bel euphémisme. » commente-t-elle avec un sourire en coin.

La journée n’a pas simplement été « dure ». Objectivement, la majorité des journées de Danielle sont « dures » ; c’est le prix à payer lorsqu’on est à la tête d’un corps d’élite qui fait face à des oppositions fréquentes et féroces. Aujourd’hui, ils avaient été confrontés pour la première fois à l’intégralité de ce mouvement d’opposition ; les terroristes étaient sortis dans la rue, à visage presque découvert, manifestant contre le gouvernement, contre la milice, contre Skye ; étalant au grand jour des informations qu’ils s’efforçaient de passer sous silence ; criant une vérité qui était pourtant sans cesse démentie par les services de communication interne du ministère.

De quoi avaient-ils manqué pour gérer cette situation ? D’effectifs, de toute évidence. Les miliciens étaient trop peu nombreux par rapport à la menace réelle perpétrée par l’opposition. Selon Danielle, ils avaient surtout été limités par les caméras, par cette nécessité de paraître irréprochable aux yeux de la société magique. Danielle se fichait bien de cette volonté de montrer « patte blanche » ; comme si elle avait besoin de l’accord du peuple pour agir selon les lois, selon ce qui avait été défini par Leopold.

« Il me manquait une douzaine d’hommes, au moins, pour gérer ça. » admet-elle en haussant les épaules.

Bristol étant encerclée par des protections magiques, les renforts ne pouvaient pas transplaner directement dans l’enceinte de la ville ce qui leur avait fait perdre un temps précieux. Tout s’était passé si vite – quelques minutes, tout au plus, avant que le dôme n’explose en une poussière blanche qui avait donné à la ville une allure enneigée. En s’attaquant au dôme le LEXIT s’était attaqué à un symbole du gouvernement mais avait aussi rendu visible une « prison » jusqu’alors invisible qui garantissait une tranquillité forcée dans la ville portuaire. Le dôme serait reconstruit, évidemment ; plus fort qu’avant. Restait à espérer que la graine de la révolution ne germe pas les esprits des citoyens…

« Tu t’es battue avec un blogger. » La remarque de Constantine lui tire un sourire, qui s’accentue par la suite.
« Et j’ai gagné. » fanfaronne-t-elle en lâchant un léger rire. « Son Pear est inutilisable, j’ai grillé tous les composants internes. »

Sa rencontre avec ce pseudo « journaliste » lui revient en mémoire et elle retient un soupir. Malheureusement – comme elle a pu le constater en apercevant le visage du jeune homme sur les réseaux sociaux – sa menace n’a pas été suffisamment forte pour le dissuader à ressortir de chez lui. Elle espère au moins que la garde à vue qu’il a passé en cellule a été suffisamment désagréable pour lui passer l’envie de recommencer. Elle n’y croit pas trop ; malheureusement l’intelligence et la jugeote ne sont pas en vente chez Vargas Corp. Dommage.

« Donc je suis approximativement levée depuis… » elle consulte sa montre, « 45h. » Cette constatation lui tire une grimace ; encore plus lorsqu’elle se rend compte qu’elle ne sera probablement pas chez elle avant vingt heures ce soir.

« Et toi, ta journée ? Tu l’as passé à dormir pour être encore au ministère aussi tard ? » demande-t-elle avec un sourire en coin, posant son regard curieux sur son collègue. L’image de ce dernier – studieux, des cernes violettes qui rivalisent avec les siennes – se superpose avec celle qu’elle a découverte hier soir. L’écart – pourtant étonnant – lui plaît ; Constantine lui apparaît comme un mystère, un équilibre entre sarcasme et honnêteté touchante, un homme incertain mais assuré, loin de l’image qu’elle s’était construite de lui.



Constantine ÉgalitéDirecteur du Département des MystèresEn ligneavatar
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Il est des choses rares dans une vie. Ces sortes de choses qui arrivent si peu souvent qu'elles imposent une forme d'urgence ou d'inquiétude immédiate. Une odeur de gaz dans un appartement moldu. Un sortilège loupé pour la première fois. Danielle Coleman qui admet son épuisement.

Je la regarde. Ses yeux cillent à peine, mais ses pupilles tremblent un peu comme si elle suivait un esprit fantôme déposé dans le creux de sa tasse. La vapeur qui sen échappe caresse son visage et y dépose un masque transparent qui renforce sa pâleur et le contraste violacé de ses cernes. Elle a noué ses cheveux et il y a quelque chose d'un tout petit moins rigoureux que d'habitude, une mèche échouée ou échappée qui balayent son front inquiet. Elle se tient droite avec dans les membres quelque chose d'ineffablement résigné et las. On dirait un abandon partiel de sa force vive, comme un feu éclatant dont la couleur se ternit à l'orée du jours. Ou comme la neige aveuglante transformée en plaine uniforme et noire pendant la nuit. Sa bouche n'a pas changée, affirmée dans le même rictus ferme, définitif, qui laisse transparaître sa conscience rigoureuse. Mais elles ne suffisent pas à affermir le reste de son visage exténué ni la façon dégagée qu'elle a de serrer doucement sa tasse entre ses doigts. Elle ne ressemble ni à Danielle, raisonnée, pragmatique, qui compulse des fiches de disparus, la frustration au bout des doigts, ni à Danielle de cuir, ironique, provocatrice à la force tranquille, sensuelle et inatteignable. C'est encore une autre femme, différente et similaire dans la dureté de son regard, mais si fragile dans tout le reste.

Je suis surpris, un instant. Je suspend mon geste, sans savoir quoi répondre, attentif à cette ouverture singulière qu'elle assume et accepte pour la première fois depuis des mois. Il me semble terriblement étrange qu'elle me choisisse pour se montrer. Peut-être est-ce dû à un concours de circonstance. Peut-être la surprends-je simplement dans un instant de faiblesse isolée, ou seule face à sa solitude, elle pensait surmonter sa faiblesse et s'ouvre à moi par défaut, parce que je suis là à cet instant, face à elle, et qu'elle n'a aucune volonté de se battre encore. Peut-être cela l'indiffère-t-elle parfaitement d'assumer que la situation la dépasse et qu'elle atteint ses limites. Il me semble que le mordant qui fait sa verve décline et cela ressemble vaguement au début d'une calamité.

- Épuisé et capable de le reconnaître. Danielle… Dois-je m'inquiéter ? Interroges-je avec un fond d'humour qui ne cache pas ma sincérité. " Le moment où on cesse de mordre, c'est qu'on se résigne à mourir, tu sais bien. "

Elle sourit un peu. Il a été assez évident que la milice essuyait un revers dramatique, là-bas, à Bristol. Un coup d'œil tardif sur mon pear, les nombreux articles et les rediffusions n'ont pas suffi à dissimuler la faiblesse du corps spécial, débordé et inefficace. Ce n'est pas une idée qui me plaît, personnellement, car Leopold et ce qu'il représente risque bien entendu de s'en ressentir. La conversation que nous avons eu après le procès me revient brièvement en mémoire. Une nouvelle contestation à laquelle il va falloir faire face. Je hoche doucement la tête face à l'estimation qu'elle fait et qui rejoins ce que j'ai pu évoquer. A ce moment-là, j'avais surtout à l'esprit la difficulté de Danielle a traité également tous les dossiers sensibles qui lui tombaient entre les mains. Désormais, ce manque d'effectif prend un autre aspect.

- Tu t'es battue avec un blogger. " Dis-je doucement, sans animosité. Il y a quelque chose, dans l'ambiance de la cafétéria, qui me semble étrange. Comme une accalmie profonde après des jours de bruits pour rien. Comme un accord de paix tacite entre deux êtres épuisés qui se reconnaissent à peine. J'ai une sensation étrange de plénitude face au sourire de Danielle, dont je ne me préserve pas, pour la première fois depuis ces semblants d'intimité qui traversent sporadiquement nos conversations, et dont l'apogée est apparue brutalement entre deux cocktails et deux remarques acides. J'accepte exceptionnellement, rassuré par la demi-obscurité qui règne autour de nous et l'ambiance apaisante du silence de la cafétéria, de ne pas me prémunir contre ce qui ressemble bizarrement à une esquisse de complicité.  
- Et j'ai gagné. Son Pear est inutilisable, répond-elle avec un rire bref auquel je fais échos. J'ai grillé tous les composants internes. "
-  Tu sais que la moitié de ceux qui suivaient attentivement le déroulement des évènements jugera cet acte plus scandaleux que tout ce que la milice a pu faire de scandaleux jusqu'à ce jours. " Je souris doucement. " Et puis, ton autorité a été mise à mal. Je suppose que tu sais qu'il n'a pas été très impressionné par tes consignes. " Ma bouche prend un plie moqueur. " C'est rare, Danielle Coleman qui se fait rouler dessus par un gosse en short à peine sorti de ses B.U.S.E. " Elle jette un coup d'œil à sa montre et fait le calcul de ses heures de veille. Je suis impressionné de constater que la grimace qui tire un instant ses traits lui donne un air attrayant que je ne lui ai jamais vu.

Ou peut être très ivre, mais je ne m'en souviens pas.

- Et toi, ta journée ? Tu l'as passé à dormir pour être encore au ministère aussi tard ? " Demande-t-elle avec une véritable audace. Je couvre ma tasse d'une main. La vapeur qui s'en échappe réchauffe mes doigts un instant. Je sirote ensuite doucement le café qui me fouette les nerfs, avant de secouer la tête.
- Pas vraiment. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est, pour tout te dire. " Ou plutôt vaguement. Le temps qui passe fait partie des choses que j'oublie nécessairement dans les brèves minutes qui suivent mes consultations d'horloges de tout type. Par ailleurs, mes retrouvailles avec Joséphine on fait remonter ces cauchemars qui hantent mon sommeil avec une régularité bien réglée, je fuis donc le sommeil encore plus que de coutume, ces dernières semaines. " Nous stagnons sur plusieurs sujets de recherches… " Je m'interromps. Un instant, j'ai ressentis le désir de lui expliquer en détail les causes professionnelles qui occupent mon esprit et m'ordonnent de continuer mon travail. Je ne comprends pas ce besoins soudain, et sur mon sourire vient se greffer un bref froncement de sourcil d'incompréhension. Je secoue la tête comme pour moi-même. " Je ne peux pas vraiment t'en dire plus. " J'hésite une fraction de seconde avant d'ajouter : " Tu sais c'est simplement… Je sais qu'il y a de très fortes chances pour que je meurs avant qu'aucune de nos recherches n'aboutissent. " Je ris brièvement, avec la sècheresse d'un malaise de fond. " Une partie de moi se dit que ce serait justice, parce que la recherche avance malgré tout et que les générations futures y verrons de plus en plus claires après nous. Et puis une autre partie de moi trouve cette possibilité profondément injuste : ce serait comme une vie vouée au néant. " Je parle calmement mais je sais que j'ai perdu une partie de mon flegme habituel. " Parfois je suis terrifié à l'idée de mourir avant d'avoir découvert quoi que ce soit. " Conclu-je avec un calme qui me surprends. J'accuse le silence qui répond à ma déclaration. Brutalement, toute l'atmosphère rassurante à disparut, et je me sens nerveux et gêné d'avoir proféré un tel aveu. " Je ne sais pas pourquoi je te dis ça. " Dis-je lentement, et au fur et à mesure que les mots franchissent mes lèvres, je sens qu'aucun d'entre eux n'améliorent ma situation. Je bois à nouveau, par contenance, incapable de relever les yeux vers Danielle qui me scrute probablement avec ce même air curieux qu'elle avait posé sur mon rappel-tout. Je tente un rire plus décousu, et me force à fouiller dans mon passé proche pour retrouver les sensations de bien-être que nous partagions. Au prix d'un effort, je fini par la retrouver, m'en drape et déclare avec un rire plus sincère : " Je crois qu'on va pouvoir nous mettre en retraite anticipée, tous les deux. J'ai le vague sentiment qu'en l'état actuel, on fait plutôt pitié. " Je lève la tête et la regarde enfin.


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