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 [Secret Santa 2018] Happily Ever After [Nelly]

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Nelly traversa un long couloir, une tasse à café dans une main, une pile de dossier dans l’autre. Elle adressa un signe de tête poli à Eireann et poursuivit son chemin, uniquement suivie par le bruit de ses talons qui claquaient sur le sol. Lorsqu’elle arriva à son bureau, un large sourire s’étira sur ses lèvres ; parfois, elle prenait pleinement mesure de sa chance, et de l’avenir, radieux, qu’elle s’était dessiné.

Nelly avait toujours été une femme brillante, pourtant, et, quelque part, elle avait toujours su qu’elle était promise à de grandes choses. L’ambition ne lui manquait pas non plus, sa répartition chez les Serpentard en témoignait. Peut-être avait-elle toujours travaillé plus que les autres pour compenser, finalement, ce manque de confiance qu’elle cultivait depuis l’enfant, symptôme qu’elle avait hérité des relations conflictuelles qu’elle avait entretenu avec sa mère. Peut-être avait-elle eu envie de leur prouver, à tous, qu’elle avait les capacités de réussir ; qu’elle pouvait faire de ses blessures le moteur de son ambition ; qu’elle n’était pas la petite-fille fragile, brisée, qui hantait parfois ses cauchemars.

De sa fin de Poudlard, elle se souvenait de doux moments passés auprès de ses amis ; de la nouvelle lubie de Chloé pour l’accro-balais, qu’elle cultivait surtout pour apercevoir Damon Dropp ; des fous-rires monumentaux qu’elle avait eu avec Maeva, signe d’une complicité qui s’était nouée entre les deux Préfètes-en-Chef ; des révisions jusqu’à une heure si tardive qu’elle en avait mal aux yeux ; des interdits qu’elle avait bravé ; de la joie que cela lui avait procuré.

Ensuite, il y avait eu Skye et les Tisseurs, et la véritable fascination qu’elle avait développée pour la mémoire humaine. Elle n’avait pas simplement aimé son métier ; elle avait, longtemps, vécu pour lui. A l’heure où ses amis sortaient boire dans des bars lugubres mais dont les prix ne faisaient pas trop de mal à leurs bourses malheureusement trop peu remplies, Nelly restait penchée sur son dossier, remplissant avec son écriture minutieuse des rapports, préparant consciencieusement ses interventions, ou se plongeait dans la lecture de vieux grimoires qui sentaient bon le savoir. Un jour, il avait fallu que Chloé vienne la chercher, à 21h et la traine jusqu’à ce nouveau bar-dansant en plein centre de Leopoldgrad. Nelly gardait un souvenir brumeux de cette soirée ; deux images fortes lui restaient simplement en tête : ses danses endiablées avec Chloé et sa rencontre avec Archibald Dalton.

Archibald – que tout le monde appelait Archi – était beau. C’était un fait indéniable, que Nelly ne niait même pas aujourd’hui auprès de son compagnon. Elle était tombée sous le charme de ses grands yeux verts, de ses tâches de rousseurs et des fossettes qui se creusaient dans ses joues lorsqu’il souriait. Archi était beau et c’était un élève à l’académie des Arts de Bristol ; il peignait sa propre réalité, lui avait-il expliqué avec une certaine pudeur, lorsqu’il lui avait dévoilé ses toiles. Nelly en était restée soufflée, ébahie par le talent, pur, simple, qu’elle avait sous les yeux. Il maniait les couleurs avec ingéniosité, ajoutait du bleu quand elle aurait mis du vert, du jaune quand elle aurait vu un rouge et le résultat était impressionnant. « C’est un peu ironique, pour un garçon dont le nom est « dalton » » avait-elle fait remarquer. Archibald avait ri, ses fossettes s’étaient creusées, et Nelly l’avait aimé, encore un peu plus.

Ils avaient passé de belles années, ensemble, et Nelly, même aujourd’hui, avait toujours l’impression qu’elle avait été véritablement heureuse, à l’époque. En théorie, Archi était l’homme de ses rêves, le prince charmant qui avait peuplé ses rêves de petite-fille, l’homme qui ne pouvait que faire chavirer son cœur. Peut-être s’était elle aussi accrochée à lui pour s’extirper de sa vie sentimentale chaotique, qui, depuis quelques années, ne se résumait qu’à un seul nom : Virgil.

Nelly eut un sourire tendre en déposant la pile de dossier qu’elle avait dans les bras sur le plateau en bois noir de son bureau et jeta sa tasse de café désormais vide dans la poubelle. Par Merlin, oui, sa relation avec Virgil n’avait pas été simple à ses débuts ; et ne l’était toujours pas, d’ailleurs.

Ils avaient longtemps slalomé entre les disputes, les taquineries, et les baisers enfiévrés de ceux qui ne veulent pas s’avouer qu’ils sont heureux de se retrouver. Virgil étant ce qu’il était, elle s’était très longtemps contentée de ces miettes de relation. Cela lui convenait parfaitement, assurait-elle. En réalité, son cœur s’affolait à chaque sourire, à chaque geste dans lequel elle croyait déceler une once de tendresse. Elle avait vécu des années à espérer Virgil, à espérer une suite ; puis, finalement, avait décidé de ne plus l’attendre.

Archibald était arrivé pile au moment où elle prenait cette nouvelle décision, le cœur en morceaux mais apaisé de ne plus être suspendu au fil d’une relation qui n’était jamais vraiment commencée, mais jamais vraiment finie non plus. Archi et elle étaient parfaits – sur le papier seulement. Il n’avait qu’un seul défaut majeur, celui de ne pas être la personne qui faisait battre son cœur. Mais c’était confortable, pour une fois, d’avoir une personne sur laquelle se reposer ; de se réveiller à côté de lui, chaque matin, de dîner ensemble, chaque soir, de prévoir des vacances ensembles ; c’était si confortable qu’elle s’était longtemps crue épanouie dans cette relation.

La vie avait suivi son cours, et, plongée dans son travail, Nelly s’était doucement éloignée d’Archibald. Elle avait mis fin à leur relation trois jours après avoir été promue directrice de Skye. Gonflée par la confiance de cette promotion, elle avait eu le courage de dire au-revoir à cette présence si apaisante mais qui, tristement, ne lui apportait pas ce qu’elle désirait.

Nelly passa un long manteau noir et s’emmitoufla d’une écharpe bleue nuit. Son regard accrocha un instant un cadre posé sur le bord de son bureau, et un sourire étira ses lèvres alors que son cœur se gonflait de joie. Elle jeta un coup d’œil à sa montre et s’empressa de quitter son bureau ; elle n’avait aucune envie d’être en retard pour noël.

« Tu t’en vas ? » interrogea Nelson, son secrétaire, qui terminait de relier un document.
« Oui, et tu devrais en faire autant. » lui intima-t-elle avec un sourire.
« Je n’ai pas encore fini de… »
« Tu auras le temps plus tard. » la coupa-t-elle.  « Joyeux noël, Nelson. » lança-t-elle avec un sourire en empruntant la sortie.
« A toi aussi, Nelly. »

Nelly s’arrêta une seconde fois pour souhaiter à ses employés de passer de bonnes fêtes avec leur famille, puis quitta l’imposante bâtisse qu’était Skye pour pouvoir transplaner. Le vent glacial qui soufflait sur l’île écossaise la fit frissonner, et c’est avec un soupir de soulagement qu’elle accueillit la vision de son immeuble londonien, où elle logeait au sixième étage. Elle grimpa les marches rapidement, enfonça la clé dans la serrure, et pénétra dans son appartement où elle fut accueillie par un gazouillement joyeux.

L’image qui s’offrit à elle lui tira un large sourire, alors qu’elle s’avançait vers Virgil pour l’embrasser, avant de prendre leur fils dans ses bras.

Adrian était né sept mois auparavant et il était – selon ses parents parfaitement objectifs – une véritable merveille. La grossesse de Nelly – découverte sur le tard – les avait d’abord surpris, avant de les réjouir, et avait fini de sceller leur couple. Ni Virgil, ni Nelly n’avaient émis l’idée de se marier, mais elle avait tenu à ce que leur fils porte leurs deux noms, refusant la conception patriarcale encore bien trop présente dans la société sorcière. Ils n’étaient pas une famille « traditionnelle », à l’image de leur couple qui n’avait jamais été typique non plus. Mais elle les aimait, si fort, qu’elle n’aurait échangé sa situation pour rien au monde – pas même contre dix Archibald qui auraient pu lui promettre monts et merveilles.

C’était le premier noël d’Adrian et ils avaient décidé de leur passer tous les trois, sans se plier aux volontés de leurs familles respectives qui les réclamaient à table pour le vingt-quatre décembre. Nelly avait seulement envie de partager ce moment avec Virgil, d’observer l’émerveillement dans les yeux d’Adrian, de se prélasser dans les bras de son compagnon pour les prochaines heures. Alors, évidemment, ils n’organisaient pas un noël traditionnel ; ils avaient commandé une multitude de plats chez un traiteur, renonçant à l’idée de cuisiner l’éternelle dinde de noël – parce qu’ils n’en n’avaient pas envie et parce que Virgil avait très justement argué qu’ils n’étaient « pas non plus des elfes de maison ». Nelly avait acquiescé, et ils s’étaient amusés à commander les plats les moins traditionnels pour noël – comme ces ailes de poulet frit dont elle raffolait.

Et, en guise de dessert, un gâteau au chocolat, bien sûr.
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[Secret Santa 2018] Happily Ever After [Nelly]

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