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 En tout bien tout honneur | Killian & Juliet

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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[b]8 Septembre 2006[b]

Juliet était dans son lit, blottie sous les couvertures. Elle n’avait pas énormément dormit la nuit dernière et venait de se réveiller d’une sieste amplement méritée. Bon, peut être pas amplement, mais méritée quand même. Elle s’étira longuement, se leva doucement et se dirigea vers la salle de bain. Après s’être dévêtit, la rouge et or se glissa sous la douche, se délectant de l’eau chaude. Elle y passa plusieurs minutes, l’esprit encore embrumé. Une fois sortie à contre cœur de sa douche, la jeune fille s’enroula dans une serviette blanche et entreprit de se sécher. Une fois habillée de vêtements Moldus, elle se brossa les cheveux et se les sécha rapidement avant de sortir rapidement de la salle bain.

Elle retourna dans le dortoir et contempla son lit avec une furieuse envie de s’affaler à nouveau dessus. Elle y résista cependant, elle n’allait pas se dégonfler maintenant. Surtout que se terrer sous ses couvertures n’allait pas faire avancer la situation. Elle n’avait cependant pas tenté de trouver comment annoncer ce qu’elle avait à dire au garçon. De toute façon, elle ne prévoyait jamais ce qu’elle allait dire. Et c’était peut être mieux comme ça d’ailleurs. Elle prit une grande inspiration, dévala les escaliers qui menaient à la salle commune, et traversa la pièce rapidement, se retrouvant dehors en quelques secondes. Par où commencer ? La Grande Salle ? Pourquoi pas. Elle se mit en marche, traversant les couloirs et saluant au passage quelques personnes qu’elle connaissait. Alors qu’elle marchait, elle laissa ses pensées vagabonder. Il était certain que ce qu’elle allait faire n’allait pas être des plus sympa. D’ailleurs, elle ne savait même pas pourquoi elle le faisait. Pourquoi ne pouvait-elle pas continuer à « faire comme si » comme ce qu’elle faisait d’habitude. Pourquoi allait-elle devoir stopper quelque chose qui n’avait même pas commencer ? Et puis d’ailleurs, pourquoi elle était tombée amoureuse de lui ? C’était vraiment injuste. Trop nul même. Elle soupira. Le dire quand même, ça n’allait pas être facile. Puis elle allait être ridicule aussi. Enfin bon, tant pis, ce n’était pas une première. Une fois arrivée à la Grande Salle, elle tenta de le localiser. Pas à la table des Serpentard… Ni à celle des Poufsouffle, des Serdaigle, ou des Gryffondor. De toute façon, à cette heure-ci, la Grande Salle était quasiment vide. Elle tourna les talons et revint sur ses pas. Où pouvait donc t’il être ? S’il se trouvait dans la salle commune des Serpentard, elle ne pourrait jamais lui parler, à moins de trouver un gentil Serpentard pour la faire entrer.

Bon… Elle allait explorer un peu les couloirs, afin de voir s’il n’était pas là bas. Elle traversa une dizaine de couloirs, en vain. Il n’était nul part. Découragée, elle reprit le chemin pour regagner la tour des Gryffondor lorsque enfin elle l’aperçue. Prise par plusieurs sentiments contradictoires, elle ne réagit pas sur le coup. Après avoir laissé passé quelques secondes, elle s’avança vers lui en souriant.

« Hé, Killian ! » l’interpella-t-elle.

Une fois arrivée à sa hauteur, elle s’approcha de lui, captura ses lèvres un instant avant de reculer d’un pas. Bon, il ne fallait pas lui faire perdre sa motivation tout de même. Elle lui adressa un grand sourire, et commença à se mordiller la lèvre inférieur, ce qu’elle faisait par moment lorsqu’elle était avec lui. Elle planta son regard dans celui du Serpentard et commença :

« Il faut que je te parle. »

Merlin, on aurait dit qu’elle allait lui annoncer qu’elle était enceinte de lui. Ce n’était pas le cas, heureusement d’ailleurs. Elle attendit sa réaction.



Killian GrayAncien personnageavatar
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Quatre-vingt-dix-huit... Quatre-vingt-dix-neuf... Cent !

Poussant un long soupir de soulagement, Killian se laissa tomber sur le sol, les bras tremblants. Pfiou. Ca faisait longtemps qu'il n'en avait pas fait autant d'un coup, il était épuisé mais, il fallait qu'il l'avoue, il en avait atrocement besoin. Faire du sport pendant des heures, alors que le soleil était quasiment invisible, lui permettait de se vider l'esprit, de se calmer et d'être tout à fait serein pour la journée à venir. On ne dirait pas, en le voyant, mais c'était pas toujours simple de sourire à tout le monde, de rire à des vannes pourries et de charmer tout ce qui bouge. Bon, pour le dernier, c'était assez instinctif, mais il lui arrivait d'en avoir raz-le-bol, et ces séances de sport matinales le détendaient.

Se relevant lentement, massant ses muscles endoloris par l'effort, Killian saisit distraitement sa serviette, un caleçon propre et se dirigea vers la salle de bain. Il accrocha la serviette à un crochet, se glissa dans la douche et savoura l'eau chaude qui coulait sur son corps. Soupirant de bonheur, il se massa lentement le crâne, se lava rapidement le corps puis laissa simplement l'eau glisser sur sa peau. Il demeura ainsi près d'une quinzaine de minutes avant qu'un tapotement brutal ne le sorte de sa torpeur. Il cligna brusquement des paupières, éteint le robinet et tendit l'oreille. Ce n'était qu'un de ses camarades, gueulant pour qu'il quitte la salle de bain. Killian leva les yeux au ciel mais consentit tout de même à sortir de la douche. Il s'essuya rapidement, enfila son caleçon et se brossa consciencieusement les dents. Il adressa un regard critique à son reflet puis haussa simplement les épaules et quitta la salle, offrant un regard blasé à son camarade qui se dandinait sur place, témoignage de son besoin pressé.

Se plantant devant sa malle, il en sortit une chemise blanche ainsi qu'un pantalon noir et les enfila en silence. Taquin, un de ses camarades lui demanda ce qu'il avait, insinuant que c'était anormal qu'il se taise ainsi. Killian lui adressa un bref sourire, répliqua rapidement qu'il se préservait pour les nanas en chaleur qui l'attendaient dehors, et finit de se préparer, toujours aussi silencieux. Oui, il devait l'avouer, quelque chose n'allait pas comme il fallait aujourd'hui. Malgré le sport, malgré la douche brulante, il avait toujours ce poids dans le ventre, cette chose qu'il ne comprenait pas et qui l'empêchait, depuis quelque temps, d'être totalement lui-même. Il avait beau le repousser, l'oublier, l'ignorer, il finissait toujours par se rappeler à lui, à le déboussoler et, presque, le faire paniquer. Non, décidément, ça n'allait pas. Il devait trouver ce qui le faisait devenir ainsi.

Réfléchissant, Killian quitta la salle commune, sac de cours sur l'épaule et, n'ayant pas très faim, se mit à déambuler dans les couloirs en attendant que l'heure tourne et que son estomac grogne. Ce sentiment avait commencé à prendre forme peu de temps après qu'il ait fait l'amour avec Juliet... Mais ca ne pouvait pas être l'élément déclencheur, n'est-ce pas ? Parce qu'aucun sentiment, autre que le besoin animal ou utilitaire, ne pouvait être ressenti envers une femme et, une femme, Juliet l'était sans aucun doute. Alors non, ça ne pouvait pas être ça. Pas vrai ?

Pourtant, s'il y pensait bien, ça serait le plus logique. Tout concordait. D'autant plus que ce malaise s'était intensifié depuis qu'il savait que Juliet serait de retour à Poudlard. C'était Juliet. Tout était de la faute de Juliet. De la faute ? Un malaise ? Etait-ce totalement mauvais ? Killian ne savait pas. Il devait avouer que ce sentiment n'était pas si désagréable que cela, ça lui changeait juste alors, ça le perturbait. Mais ce n'était pas mauvais... Si seulement il arrivait à mettre un mot là-dessus, si seulement il arrivait à définir ce qui l'unissait à Juliet.

" Hé, Killian ! "

Quand on parlait du loup. S'immobilisant, Killian se retourna et composa un sourire factice à l'encontre de la Gryffondor. Cependant, bien vite, son sourire retrouva un aspect naturel et apaisé, comme toujours lorsqu'il était en sa présence. Lorsqu'elle déposa ses lèvres sur les siennes, Killian sentit l'espèce de malaise rebondir dans son estomac et, tentant de chasser cette impression, il ferma les yeux et l'embrassa voluptueusement. Elle finit par se dégager, lui adressant un grand sourire qu'il lui rendit, passant une main dans ses cheveux alors qu'elle se mettait à mordiller sa lèvre. Ces baisers étaient devenus une habitude entre eux, mais Killian n'aurait pas dit qu'ils sortaient ensemble. Enfin, il n'en savait rien. Tout avait toujours été compliqué entre eux. Il avait depuis longtemps cessé de chercher à décrire précisément leur relation, ou non-relation. Il reposa son regard sur elle, levant un sourcil pour l'inviter à s'exprimer, sentant qu'elle souhaitait lui dire quelque chose.

" Il faut que je te parle. " dit-elle aussitôt.

Killian grimaça largement et retint un mouvement de recul. Il détestait cette phrase. C'était le Mal incarné. C'était la phrase qu'avait sorti sa mère à son père pour lui annoncer sa gross... OH BORDEL DE PUNAISE DE BORDEL DE MERDE DE BORDEL DE DIEU. Toutes les divinités du monde, je vous donnerais ce que vous voulez mais, pitié, pitié, je suis CERTAIN de m'être protégé, bordel, pitié, nom de Dieu, faites que ça ne soit PAS ce que je pense, bordel, pitié, Dieu, je crois pas en toi, mais merde, montre-moi que tu existes et, merde, je te jure que j'irais à la messe la prochaine fois, je te jure, pitié, pitié, fais que ça ne soit pas ça !

Arborant un sourire faux, débordant d'une fausse assurance, Killian lui prit les mains et, du pouce, les caressa distraitement. Il lui fit un clin d'oeil et, souriant, s'exclama :

" Ouais princesse ? Qu'est-ce que tu veux me dire ? Dis-tout, ton Killian chéri t'écoute très attentivement, mon amour. "



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Alors qu’elle l’embrassait, Juliet se surprit à penser aux personnes à qui elle avait un jour dit qu’elle les aimait. Ses parents, bien évidemment. Sa sœur, indéniablement. Olivia, un bon paquet de fois. Beaucoup de ses amis également. C’était si facile de prononcer trois petits mots après tout ! Surtout pour elle, qui parlait tout le temps. Mais alors qu’elle se retrouvait là, en plein milieu de ce couloir désert, elle n’était plus certaine de ce qu’elle avançait avant ce jour. Alors qu’elle ressentait cette sensation qui à présent lui était familière lorsqu’elle songeait à Killian, la rouge et or ne savait pas si elle en serait capable, finalement. Elle se donna une gifle mentale. Evidemment qu’elle en était capable ! Et même mieux que ça, elle allait le faire, et pas plus tard qu’aujourd’hui. Après tout, elle n’avait pas pour habitude de contourner les problèmes. Non, elle, elle regardait les problèmes en face et s’arrangeait pour les régler.

Mais… Etait-ce réellement un problème ? Alors que plus tôt dans la journée elle en était persuadée, elle en devenait de moins en moins sûr. Après tout, ne pouvait-elle pas simplement fermer les yeux sur ça ? Faire comme si de rien était ? Oui, elle le pouvait. Il lui suffirait juste de se composer un sourire factice, de continuer à le voir le soir, de continuer ses conneries. Leurs conneries. Celles qui faisaient lorsqu’ils étaient tout les deux. Elle le voulait d’ailleurs. Et pourtant elle allait devoir mettre un terme à ça. Cette idée lui déplaisait fortement. Elle s’était habituée à sa vie avec le Serpentard. Aux baisers qu’ils échangeaient. Et alors que tout la poussait à continuer cette « relation » elle écoutait une petite voix dans sa tête qui lui disait de tout arrêter. Ca faisait depuis quelques temps que cette petite voix persistait à lui siffler la même chose. Depuis le jour où la Gryffondor l’avait retrouvé chez lui d’ailleurs. Mais s’était contentée de secouer la tête et de la chasser, de l’oublier. Elle disait n’importe quoi, cette petite voix. Et pourtant, plus le temps passé plus elle lui donnait raison. Chose qu’elle n’aurait jamais fait si elle ne s’était pas rendue compte de ses sentiments. Cette impression qu’on lui tordait l’estomac, ce sourire qui apparaissait sur ses lèvres ou encore le fait qu’elle se sente aussi bien à ses côtés…

*Stop ! Tu deviens niaise, arrête de penser, ça vaudra mieux*

Alors que Killian l’invitait à parler, une idée traversa l’esprit de la jeune fille… Non, elle ne pouvait pas faire ça, ce serait vraiment trop horrible. Mais après tout, ça détendrait un peu l’atmosphère non ? Elle planta ses prunelles grises dans celle du jeune homme et déclara d’une voix angoissée :

« Je suis enceinte. »

Retenant avec peine un sourire qu’elle ne voulait pas laisser apparaître, elle baissa la tête et laissa passer quelques secondes. Puis, s’approchant de lui, elle lui murmura à l’oreille avant de l’embrasser :

« Je déconne mon cœur »

Elle se recula, un immense sourire aux lèvres et éclata de rire. Essuyant les larmes qui perlaient à cause de son fou rire au coin de ses yeux elle reprit son souffle et déclara :

« Je suis désolée, mais c’était vraiment, mais alors vraiment trop tentant. Le « Il faut que je te parle » c’était juste la phrase que j’aurais pas dû pas prononcer. Mais il faut quand même vraiment que je te parle… »

Son hilarité retomba brusquement et elle leva la tête, comme si elle pensait qu’en regardant le plafond la phrase parfaite allait sortir de sa bouche. Elle se passa une main dans les cheveux, reprit le mordillement de sa lèvre inférieur tandis qu’elle sentait son estomac se contracter sous l’effet du sentiment que l’on appelle plus communément « l’amour ». Quel mot stupide, vraiment. Elle prit une longue inspiration.

« Je ne sais pas par où commencer… Je… Oh putain je ne vais pas aimer dire ça… Tu te rappelles de ce qu’on avait appelé « le jeu » ? Ce qu’on… Ce que je ressentais, c’était vraiment uniquement du désir. Rien de plus. Mais… Depuis qu’on a fait l’amour cet été, ce n’est plus pareil. Vraiment plus pareil. Je ne savais pas ce que s’était. J’avais juste une sensation étrange. Lorsque je te voyais, lorsque je pensais à toi, lorsque je t’embrassais. J’avais l’impression qu’on me tordait l’estomac et puis… Bref, d’autres sensations. »

Elle fixa une nouvelle fois le jeune homme, avant de terminer :

Je crois… Non, j’en suis certaine maintenant. Je t’aime. »

Elle ferma les yeux. Ca lui faisait mal, très mal. Et en même temps beaucoup de bien. Elle en avait marre de devoir garder ça pour elle. Ouvrant lentement les paupières, elle continua de garder son regard planté dans le sien, ne voulant baisser les yeux pour rien au monde.

Elle savait une seule chose. Elle ne voulait pas le rayer de sa vie. Et pour ça, il n’y avait qu’une seule solution.



Killian GrayAncien personnageavatar
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Il tenait toujours ses mains dans les siennes. Il sentait son dos se raidir au fur et à mesure que le silence s'épaississait. Il entendait presque son coeur arrêter de battre tant il pressentait mal ce qui allait suivre. Ouais, il donnait un air complètement tragi-pathétique à la scène mais, merde, quelle idée aussi de lui sortir cette phrase à la con ! "Il faut que je te parle." Merde, si jamais une autre gonzesse lui ressortait jamais ça, il se casserait en courant cette fois. La sensation était atrocement horrible et, pire encore, il ne savait toujours pas ce qui venait après. D'ailleurs, elle attendait quoi, Juliet, pour accou-.... Non. Nononon. Mauvaise blague. Pas maintenant. Pas alors qu'il pensait quelque chose d'affreusement impensable et qui ne sortirait jamais de la bouche de Juliet.

" Je suis enceinte. "

Le coeur de Killian tomba au fin fond de son estomac, et plus bas encore, alors que toute couleur quittait son visage. Chancelant, il fit deux pas en arrière, lâchant brusquement les mains de Juliet, comme si elles l'avaient brûlé. Il entrouvrit la bouche, puis la referma aussitôt, incapable de dire quoique ce soit. Il n'avait même aucun gros mot sur la langue, ce qui témoignait très fortement de son état de choc actuel. S'adossant au mur, le regard fixé sur Juliet qui le regardait très sérieusement, Killian réussit à lâcher un petit : " Il me faut une bouteille de Vodka. "

Juliet baissa alors la tête et le jeune homme réalisa que ce n'était certainement pas la réponse qu'elle aurait souhaité mais... Merde ! Un gamin ! Elle était enceinte ! C'était impossible. Ca ne pouvait pas ! Elle...

" Je déconne mon coeur."

Elle déconnait. Elle. Déconnait. Alors qu'elle lui chipait un baiser, se mettant à hurler de rire, Killian passa une main sur son visage, tremblant de tout ses membres. C'était une blague. Elle n'était pas enceinte. Oh punaise de Dieu. Secouant la tête, il posa son regard sur Juliet et, aussitôt, une petite boule revint se poster dans son ventre lorsqu'il la vit, éclatée, les cheveux éparpillés sur ses épaules, totalement enchanteresse. Il sourit d'un air un peu coincé, ayant du mal à avaler la blague - ou bien la vision ? Alors qu'elle s'excusait, déplorant que ce n'était pas de sa faute mais simplement de la phrase qui se prêtait atrocement bien à la situation, Killian prit un air outré et s'exclama :

" Je suis atrocement vexé, ma chère Juliet ! Ta blague à la con aurait pu me provoquer un arrêt cardiaque et t'aurais fini en taule, sans même avoir la certitude que je viendrais te voir puisque je serais enterré, mort, crevé, à observer ta petite culotte de l'Enfer ! "

Puis, Killian consentit à sourire plus largement et, ébouriffant les cheveux de Juliet, il murmura :

" N'empêche, chapeau, ça faisait un bail qu'on m'avait pas eu ainsi, princesse ! " Puis, plus haut, il reprit : " Enfin, toute cette blague débile pour me dire quoi, amour ? "

Totalement soulagé, il attendait sans crainte aucune la suite des propos de Juliet. C'était vrai, enfin, qu'est-ce qui pourrait être pire que l'annonce d'une grossesse ? Rapidement, cependant, son assurance fondit comme glaçon au soleil et le peu de couleurs qu'il avait reprises s'échappèrent aussitôt. "Uniquement du désir." "Depuis qu’on a fait l’amour." "Une sensation étrange." "L’impression qu’on me tordait l’estomac." Killian recula d'un pas. Tout concordait. Tout allait de paire avec ce qu'il avait ressenti. Avec ce qu'il ressentait maintenant, alors qu'elle était si proche de lui. Alors qu'elle se mordillait la lèvre, hésitante. Alors qu'elle le fixait. Juliet. Lui. Des sentiments. Et elle avait réussi à mettre des mots dessus, elle.

" Je t'aime. "

Elle... Killian secoua la tête. Non. Non, elle ne pouvait pas l'aimer. Ca ne pouvait pas être ça. Non. Ca n'était pas possible. Ca ne pouvait pas. Pas de l'amour. Pas des sentiments. Pas entre eux. Il ne pouvait pas, c'était une femme. Qu'allait dire son père ? C'était mal. Il ne devait pas. Ce n'était pas ça. Ca ne pouvait PAS être ça. Presque Killiana avait envie de la secouer, de lui dire d'oublier, d'y repenser, de s'assurer qu'elle était certaine. Que c'était vague l'amour, qu'elle ne pouvait pas savoir. Mais il ne le ferait pas. Parce qu'il savait, au fond de lui, que c'était ça. "Tu verras fiston, un jour, tu tomberas amoureux, et ça sera pas si mal."

L'Amour. Ca ne pouvait qu'être ça. Se sentir bien près d'elle. Vouloir l'embrasser. Aimer son rire. Aimer ses défauts, autant que ses qualités. Aimer sa présence. L'aimer, elle, tout simplement, toute entière. Il l'aimait. Il était putainement fou amoureux d'elle. Killian ferma brusquement les yeux. Non. Bordel. Merde, c'était pas censé se passer comme ça. Elle ne devait pas prendre autant d'importance. Il ne devait pas ressentir ça pour elle. Merde, merde, merde, NON ! Il ne devait pas l'aimer. C'était faible, d'aimer. "Tu accepteras et elle te fera des coups de p*te, les femmes sont comme ça. Mais tu l'aimeras, et tu t'en ficheras, parce que tu lui en feras aussi, alors ça aura pas vraiment d'importance. Tu l'aimeras, et ca sera tout ce qui compte." Il ne devait pas l'accepter, il devait refouler ses sentiments. Il ne voulait pas souffrir. Il ne voulait pas l'aimer. Pouvoir la prendre chaque jour dans ses bras, lui murmurer des mots d'amour. Il n'était pas fait pour ça. C'était mal. Il ne devait pas, il ne voulait pas devenir ce dont il s'était toujours moqué, ce qu'il avait toujours renié. "Et tu vois, fiston, je le comprends ça. Parce que ça m'est arrivé, gamin, c'est normal. L'homme aussi est faible, parfois. Alors lâche-toi, quand ça t'arrivera. Mais veille à ce que ça ne te le fasse qu'une seule fois, et tâche d'en sortir indemne. Me donne pas une raison de plus d'haïr les femmes : ne t'abime pas, Killian." Merde. Merde, merde, merde. Il le savait. Il lâcherait prise à un moment ou un autre, même s'il fermait les yeux sur ses sentiments. Un jour, il ouvrirait les yeux, verrait Juliet et retomberait follement amoureux. C'était là, ça c'était incrusté et, merde, il avait même la bénédiction de son père. Pourquoi ce blocage ? Pourquoi refuser ?

Peur.

Ouais, c'était ça. C'était con, atrocement, totalement même, mais Killian tremblait de peur. Il ne savait plus où il en était. Il était effrayé. Totalement. Comme un gamin, une mauviette, une tafiole. Il avait peur parce qu'il était amoureux et, rien que cela lui faisait penser que l'amour ne lui apporterait que du mal. Il ne pouvait pas le laisser s'infiltrer en lui. D'autant plus qu'il n'était pas supposé accorder n'importe quelle once de sentiment à une femme. Il. Ne. Devait. Pas.

Killian rouvrit les yeux. Juliet l'observait. Ses grands yeux gris, qui l'avaient toujours troublé, posaient des questions silencieuses. Il était silencieux depuis trop longtemps. Killian passa une main gênée dans ses cheveux. Merde. Merde. Merde. Que dire ? Rire ? Dédramatiser la situation ? Se moquer d'elle ? L'embrasser passionnément et lui dire combien il l'aimait aussi ? De suite, Killian se fustigea intérieurement. Il. Ne. L'aimait. Pas. Cela devait rentrer dans son crâne, et rapidement. Il devait oublier ces conneries de machin dans son ventre. Il devait oublier ce qu'il venait de s'avouer. C'étai mal. Une femme était un objet. On aimait pas un objet. Pourtant Pa a dit que je pouvais, qu'une fois dans ma vie, c'était humain... Il ne pouvait pas, non. Une femme, un objet. Un objet, une femme. Il devait penser comme ça. Il devait se reprendre. Il se ramollissait ces derniers temps, se laissait aller et sympathisait avec des filles. C'était mal. Il se sentait presque comme un pieu pris en train de pécher. C'était humain, et je suis humain. Non. Il n'était pas humain. C'était faible, d'être humain. Killian Gray était un salaud, il l'avait toujours été. Ca n'allait pas changer. Ca ne le pouvait pas.

Posant son regard sur Juliet, Killian arbora un air faussement arrogant et s'exclama :

" Ca ne m'étonne pas, tu sais. Tout le monde m'aime. "

Il n'avait pas voulu dire cela. Il aurait voulu lui crier " Je t'aime, je t'aime, je t'aime Juliet. " et l'embrasser violemment, comme il sait si bien le faire. Pourtant, il se réfugiait dans la fuite, dans l'humour, dans le rejet. Il prouvait sa place à Serpentard. Mais Juliet le connaissait. Elle connaissait trop, peut-être. Elle se douterait de quelque chose. Elle comprendrait qu'il faisait semblant. Qu'il n'agissait pas normalement. Elle savait qu'il se flattait, utilisait l'image qu'on avait de lui, pour se tirer d'un mauvais pas, d'une discussion qu'il ne voulait pas avoir. Elle le connaissait. Merde, elle le connaissait ! Et lui, il la connaissait si bien aussi. Il n'avait jamais été aussi proche d'une femme, d'un homme, de n'importe qui si ce n'était son père. Juliet était importante. IMPORTANTE. Et, pourtant, lâchement, il le refusait. Tout ça parce qu'il était un crétin, parce qu'il avait peur. Parce qu'il était un salaud.

Il s'approcha de Juliet, prit son visage entre ses mains. Il posa ses yeux sur les siens, se perdant quelques infimes secondes dans l'étendue grise de son regard. Ses prunelles dévièrent sur son visage, ses traits, sa bouche et ses cils. Il faiblit un instant, se pencha d'un micro-millimètre avant de se figer. Non. Bordel, quand est-ce que le NON allait s'imprimer dans son crâne ? Il adressa un sourire à Juliet et, caressant sa joue du bout des doigts, il murmura :

" Plus sérieusement, si tu m'aimes, qu'attendons-nous pour consumer cet amour comme il faut, mon bébé ? "

Il jouait le salaud. Il faisait semblant. Il faisait comme si elle n'était qu'un objet sexuel. Il faisait comme si elle n'avait jamais rien changé en lui. Il mentait, il mentait atrocement. A Juliet, à lui-même. Au monde, bientôt, il continuerait de mentir. De faire comme si il n'avait pas évolué. Parce que, merde, on pouvait ressentir quelque chose pour une femme. Le noeud dans son estomac était une preuve suffisante. Aussi, alors qu'il se penchait davantage pour murmurer au creux de l'oreille de Juliet un petit " Il y a une salle vide pas loin. ", Killian sentit affluer violemment dans chaque parcelle de son corps un dégoût profond. Oui, il se dégoûtait. Il se dégoûtait de jouer au salaud avec la femme qu'il aimait. Mais il n'avait pas le choix, pas vrai ? C'était trop dangereux, et il était un lâche.



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Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Il n’avait pas prononcé un mot depuis qu’elle s’était déclarée. Il n’avait pas prononcé un mot depuis qu’elle lui avait dit. Il n’avait pas prononcé. Et elle non plus. Un silence des plus étranges s’était abattu sur le couloir. Aucun bruit. Juste eux deux, face à face. Si le garçon semblait plongé en plein débat intérieur, Juliet, elle, le fixait, ses grands yeux gris posant des questions silencieuses. Elle ne savait pas ce qu’elle ressentait à ce moment précis. Elle ne savait pas si elle souffrait déjà. Elle attendait. Et elle ne savait pas pourquoi. Elle connaissait déjà la réponse, elle connaissait déjà sa réaction. Pourtant le fait qu’il soit aussi silencieux la troublait. Et troublé, il l’était visiblement aussi. Killian passa une main dans ses cheveux, toujours muet.

Pourtant, après qu’elle lui ait annoncé la fausse nouvelle, son visage avait reprit des couleurs… Pour les reperdre aussitôt. Il avait reculé, il l’avait regardé, longtemps. Elle aussi. Elle ne voulait pas ciller, elle ne voulait pas baisser le regard. Depuis plus un mot n’avait été prononcé. Et la rouge et or ne voulait pas rompre le silence. C’est lui qui le brisa, s’exclamant que c’était bien normal, vu que tout le monde l’aimait avec un air faussement arrogant. La Gryffondor n’était pas dupe. Elle le connaissait. Lui, et son mode de vie. Sa façon de tout rejeter, de se réfugier dans l’humour pour ne rien affronter.

Et pourtant, lorsqu’il s’approcha d’elle, lorsqu’il prit son visage entre ses mains et le ramena vers le sien, elle se surprit à espérer. Elle avait planté ses yeux dans les ceux du jeune homme. Violement, elle ressentit son ventre se tordre, encore plus fort que d’habitude, son cœur battre plus vite. Elle espérait. Elle espéra jusqu’à l’instant où il prononça sa phrase :

" Plus sérieusement, si tu m'aimes, qu'attendons-nous pour consumer cet amour comme il faut, mon bébé ? "

Elle ne comprit pas sur le moment. Ou alors elle ne voulait pas comprendre. Puis Killian se pencha vers elle et murmura :

" Il y a une salle vide pas loin. "

Elle ne fut même pas tentée d’accepter.

Elle sentit ses yeux gris se remplirent de larmes et les ferma brusquement afin d’éviter qu’elles ne montent. Tentant tant bien que mal de maîtriser le tremblement de sa lèvre inférieure, Juliet se maudit. Maudit ses sentiments. Ses foutus sentiments. Et l’espoir qu’elle avait ressenti quelques minutes auparavant. Son foutu espoir. Elle avait été stupide. Stupide d’espérer, stupide de croire, stupide. Et maintenant, elle avait mal. Mal au ventre. Cependant ce mal n’avait rien d’agréable. Absolument rien. Et alors qu’elle était là, toujours face au jeune homme, repensant à sa dernière proposition, une évidence s’imposa à elle. Elle ne voulait plus. Non, elle ne pouvait plus. Elle ne pouvait plus parce que ça lui ferait trop mal. Trop mal de passer quelques heures avec lui, trop mal de ressentir encore son ventre qui se tordait, trop mal de le voir partir. Et pourtant, ça lui ferait tout aussi mal de le rayer définitivement de sa vie. Elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas. Parce que aussi surprenant que celui puisse l’être, elle avait besoin de lui, de sa présence. Et pourtant elle le savait, que le mieux serait d’oublier. De fermer les yeux. De passer à autre chose. Que sinon, elle allait souffrir. Que le jeu allait reprendre, mais avec une toute autre ampleur. Qu’elle ne devait pas le laisser reprendre. Son cerveau lui hurlait des informations qu’elle s’efforçait d’assimiler. Se rendant compte qu’elle n’avait pas prononcé un mot depuis un long moment, elle se força à parler.

« Non… » murmura-t-elle.

[color=red] « Non. » Répéta-t-elle en reculant, les yeux encore trop humides à son goût. Elle cligna une dernière fois des paupières. Elle se retira de l’étreinte de Killian et porta sur lui un regard emplit de plusieurs émotions différentes.

« S’il te plait Killian, ne fais pas semblant de ne pas comprendre. C’est déjà assez difficile comme ça. Je te connais tu sais, alors ne fais pas comme si je n’avais rien dit. Tu es au courant maintenant, et je t’en supplie ne le nie pas. Parce que… »

La jeune femme hésita un instant, leva les yeux, les replanta dans ceux du jeune homme et poursuivit :

« Parce que j’ai déjà hésité à te le dire, parce que je pensais pouvoir fermer les yeux sur ces foutus sentiments mais parce que je n’y arrive pas. Et que ça me faisait plus mal de te le cacher que de te le dire et parce que je ne veux pas avoir mal. »

Elle prit une inspiration et continua.

« Et je ne pourrais plus Killian. Je ne pourrais plus continuer à coucher avec toi. Parce que ça me ferait beaucoup trop mal. T’avoir avec moi quelques heures, ressentir cette sensation que je t’ai décrite tout à l’heure, pour ensuite avoir mal. Mal parce que je ne pourrais plus faire semblant. Et qu’est-ce que j’ai été stupide de croire pendant une seconde que… Bref. »

Esquissant un sourire sans joie, elle termina :

« Tu vas trouver con ce que je vais te dire, très con même. Mais… Oh putain comment dire. Je n’ai pas envie de te rayer de ma vie, je ne peux pas. Je crois que j’ai besoin de toi. Ouais, j’en suis même certaine. Et la seule solution vu que… Que enfin, tu me comprends, c’est qu’on soit… Amis ? » « Ce sera difficile hein. Vraiment. Parce que je ressentirais toujours cette sensation dans l’estomac. Parce qu’elle ne me quittera pas. Mais c’est la seule solution que j’ai trouvée. »

Gardant ses prunelles grises fixées sur le jeune homme, Juliet attendait sa réaction.
Elle avait mal, quand même. Peut être un peu trop.



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Ses yeux s'humidifiait. Elle pleurait. A cause de lui. C'était de sa faute. Elle pleurait. Une boule lui tordant désagréablement l'estomac, Killian glissa la tête vers le cou de Juliet, déposant des petits baisers sur sa peau, afin d'échapper au regard terriblement déçu, douloureux et blessé de Juliet. Oui, chérie, je suis un con. Bienvenue dans la vraie vie.

La voix légèrement tremblante, tandis qu'elle se dégageait brusquement, Juliet lui demanda d'arrêter de faire semblant de ne pas comprendre, lui disant à demi-mot combien c'était déjà assez difficile comme cela pour elle. Killian eut un sourire ironique. C'était dur, oui, Juliet ne lui apprenait rien. C'était l'Amour. On se blessait obligatoirement. Pourquoi le vouloir sciemment ? C'était idiot.

« J'ai bien compris, Juliet. Je me doute bien que tu ne veux pas te faire sauter maintenant, bien que ca aurait été superbement apaisant pour le reste de la journée. Bref. J'ai compris, évidement. Je suis loin d'être con. Mais je ne veux pas de l'amour. »

Il se tut. S'arrêta sur ce mot. Hésita une milli-seconde avant que ses épaules ne se détendent imperceptiblement. Non, il ne lui dirait rien de plus. Ca ne servait à rien, elle n'avait pas besoin de savoir. Elle ne servait pas à ca. Juliet sembla soupirer puis lui dit ne pas pouvoir continuer comme ca, poursuivre leur petit jeu. Le coeur de Killian se serra. Oui, évidement qu'elle ne pouvait pas. Elle était faible, humaine. Vraiment, elle. Il haussa les épaules, faussant un air indifférent. Tant pis si elle ne pouvait plus. Les femmes étaient nombreuses à Poudlard, il n'aurait qu'a piocher. Dans deux jours, il serait déjà entouré de quatre autres filles. Tant pis. Ce n'est pas comme si ca lui faisait quoique ce soit de perdre Juliet. Elle n'était pas si importante, n'est-ce pas ? Dans une semaine, elle ne serait qu'un vague souvenir, qu'un simple bon coup. Les sentiments s'en irait, c'était toujours comme ca.

Cependant, le reste des propos de Juliet le laissèrent ébahi. Elle se fichait de lui, n'est-ce pas ? Ses yeux se fermèrent brièvement tandis que ses mâchoires se serrèrent brusquement. Juliet le connaissait. Elle savait. Alors pourquoi ? Secouant la tête, Killian la regarda en soupirant.

"Non. Merde, Juliet, tu sais très bien que non. On ne peut pas être amis. Tu sais comment ca marche, chez moi, tu sais comment mon père pense, tu sais comment je suis ! Alors merde, ne me demande pas l'impossible ! C'est non. Oublie-moi, ou baise-moi. »

Le visage dur, Killian se détourna.




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Alors que Killian l’embrassait dans le cou, elle se maudissait. Elle ne devais pas être faible, et surtout pas maintenant. Prenant une inspiration, elle se calma. Elle était Juliet Wilson, et hors de question de se lamenter sur son sort. Elle fixa le garçon avec ses grands yeux gris tandis que Killian prenait la parole :

« J'ai bien compris, Juliet. Je me doute bien que tu ne veux pas te faire sauter maintenant, bien que ça aurait été superbement apaisant pour le reste de la journée. Bref. J'ai compris, évidement. Je suis loin d'être con. Mais je ne veux pas de l'amour. »

Elle hocha lentement la tête, déterminée à ne pas retomber dans cette niaiserie sentimentale dont elle avait fait preuve auparavant. Les doutes, les questions viendraient plus tard. Mais pas maintenant. Elle eut un sourire – moins éclatant que d’habitude – mais un sourire tout de même et répondit :

« Je sais. Je sais que t’es loin d’être con et je sais que tu ne veux pas de l’amour. »

Oui, ça elle l’avait remarqué. Elle maudit une nouvelle fois ce stupide espoir. Merlin, qui avait inventé l’espoir ? C’était vraiment une belle connerie en tout cas. Alors qu’après qu’elle lui ait proposé son amitié elle s’apprêtait à rajouter quelque chose, elle vit les yeux du jeune homme se fermer et son visage se contracter. Oui, elle avait prévu ce genre de réaction.

"Non. Merde, Juliet, tu sais très bien que non. On ne peut pas être amis. Tu sais comment ça marche, chez moi, tu sais comment mon père pense, tu sais comment je suis ! Alors merde, ne me demande pas l'impossible ! C'est non. Oublie-moi, ou baise-moi. »

Non.

Alors qu’elle fixait le dos de Killian qui venait de se tourner, un seul mot s’imposait dans son esprit : non. Elle ne voulait pas l’oublier, elle ne voulait plus coucher avec lui avec ses sentiments. Non. Parce qu’elle avait besoin de lui, et qu’il avait intérêt à rester. Il n’avait quasiment pas le choix de toute façon. Et elle ferait tout pour qu’il dise oui. Posant une main sur son épaule, elle se planta devant lui, et fut en l’espace d’un instant choquée par son visage dur. Puis, reprenant contenance, elle commença à parler :

« Oui, je sais comment ça marche chez toi. Oui je sais que pour toi les filles ne sont que des objets. Oui je sais comment pense ton père et oui je sais aussi que ça peut te paraître impossible. Oui, je sais tout ça. Je suis au courant que tu ne veux pas de sentiments, mais ce n’était pas prémédité. Merde moi aussi ça me convenait notre relation d’avant. Mais plus maintenant, parce que ce malaise que j’ai dans le ventre, il ne veut pas partir. Et j’aurais beau fermer les yeux, il sera toujours là. Alors je ne veux pas de choix. Putain je viens de te le dire, tu es important bordel. Alors non, je ne t’oublierais pas, et je ne peux plus coucher avec toi. »

Elle s’approcha de lui, leva la tête et poursuivit :

« Et je ne sais pas ce que je suis pour toi. Mais je crois que tu me connais non ? Killian, sérieusement, est-ce que je te blesserais ? Non même, est-ce que je le pourrais après ce que je viens de te dire. Ok, tu vas me dire « elles disent toute la même chose » mais merde, je viens de le dire, tu me connais. Est-ce que je suis « toutes » ? »

Elle jouait gros, sur ce coup, à tenter de persuader le jeune homme. Tentant le tout pour le tout, elle se mit sur la pointe des pieds, approcha son visage de celui du jeune homme. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres de ses lèvres. Elle souffla :

« S’il te plait… »



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Il ne s’attendait certainement pas à ce qu’elle le rattrape, le touche, le retourne. Il s’attendait plutôt à ce qu’elle pleure, silencieusement, et se détourne en criant qu’elle le détestait. Elles le faisaient toutes, quand ils en arrivaient là. Sauf que, voilà, elle lui démontrait une nouvelle fois à quel point elle était différente de toutes ces greluches avec qui il avait pu sortir, avec qui il avait rompu. Elle était différente, vraiment. C’était une fille à part. Totalement à part. Qui l’aimait. Qui ne le lâchait pas. Qui, malgré tout, recula imperceptiblement en voyant son visage, fermé, dur. Pourtant, elle se reprit. Elle lui parla. Elle planta son regard dans le sien et lui débita qu’elle savait, qu’elle savait très bien tout ce qu’il lui avait dit, mais qu’elle ne pouvait pas l’oublier, malgré tout. Parce qu’il était important.

Il frissonna. Il frissonna de tout son être. Chaque cellule de son corps ressentit quelque chose, un souffle ignoble, pourtant agréable, un mélange étrange, qui le laissait abruti. Il frissonna. Elle ne l’oublierait pas. Il l’avait fait pleurer. Lui avait fait du mal. La traitait comme une vulgaire putain. Mais elle ne l’oublierait pas. Ses yeux se fermèrent, quelques millisecondes. Il allait faillir. Il le savait. Si elle continuait à le regarder ainsi, à lui dire tout cela, il faillirait. Il l’embrasserait, ferait taire ses plaintes, lui murmurerait des mots d’amour. Mais il ne le devait pas. Depuis le temps qu’il se le répétait, que c’était mal, l’amour, il n’allait pas flancher aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Pourtant, elle s’approchait de lui. Elle levait la tête vers lui. Elle s’approchait, beaucoup trop. Leurs lèvres se frôlaient presque. Comme s’ils jouaient. Mais ils ne jouaient pas. Ils ne jouaient plus. Cela faisait longtemps que le jeu s’était arrêté et qu’il s’était renfermé sur eux, se vengeant de leur inconscience. Il ne fallait pas jouer avec les sentiments. Et la voilà qui continuait. Qui l’émouvait. Oh, il ne montrait rien, bien sur. Son visage était impassible, ses yeux vides. Pourtant, son cœur battait, oh oui. Il battait atrocement fort. « Est-ce que je suis « toutes » ? ». Non. NON. Elle n’était pas toutes. Elle était elle. Elle était la seule qu’il aimait, qu’il voulait. Elle était elle. Elle n’était pas toutes. Il devait lui dire. Accepter ce que son corps criait. Oublier sa honte, sa soi-disant idéologie, les pensées que son père lui avait inculquées. Il devait les oublier, quelques instants, juste le temps qu’il l’embrasse et lui dise qu’il l’aimait, et qu’elle était bien plus que n’importe quelle autre fille.

Seulement, lorsqu’elle souffla une supplication entre ses lèvres, tentatrice, fragile et émouvante, il ne flancha pas. Il se dégagea, repoussant son bras qui tenait son visage. Il posa un regard dur sur elle, encore plus qu’avant. Des expressions factices, il savait faire. De la colère fausse, c’était un jeu d’enfant. Mais remplacer son cœur qui se brisait d’avance à ce qu’il allait dire, ça, c’était un art trop compliqué pour lui. Pour n’importe qui, d’ailleurs.

« Non. Non, tu n’es pas spéciale. Tu es drôle, attachante, et c’était sympa de jouer avec toi. Mais ça s’arrête là. Toi qui me connais si bien, tu aurais du t’en douter, que tu ne serais jamais rien de plus. Tu es comme toutes les autres, et tu le sais. Je ne sais pas quel souffle idiot t’a murmuré que tu aurais pu être différente, mais ne l’écoute plus, à l’avenir. Tu n’es rien pour moi, si ce n’est qu’un bon coup. Alors puisque tu ne peux plus coucher avec moi, tu ne me sers plus à rien. J’en suis désolée, tu étais vraiment agréable à fréquenter, au fond. Ta joie de vivre, il me semble, franchement communicative. C’est dommage, » conclut-il sur un air narquois.

Ses paroles étaient infâmes. Murmurées d’un ton glacial, méprisant presque. Crachées, quasiment. « Tu n’es rien pour moi ». Voilà, c’était dit. Il avait même réussi à faire que cela sonne juste. Il était doué, vraiment.

« Alors oublie-moi, trouve-toi un autre petit copain qui se fera un plaisir de partager tes sentiments amoureux, mais oublie-moi. Et hais-moi si tu en as besoin pour cela. Après tout, je t’ai utilisée. Tu détestes ça, non ? »

Il aurait du s’arrêter avant. Ne pas dire ces dernières phrases. Elles le blessaient lui-même. Hais-moi. Déteste-moi. Oublie-moi. Je suis un salaud, rappelle-toi.

« Au plaisir, ma chère amie, » ajouta-t-il ironiquement, en faisant une petite courbette de la main, avant de se détourner, pour de bon cette fois-ci. Pour toujours. Parce qu’elle ne le lui pardonnerait pas. Il le savait. C’était fini. Totalement. Plus d’amitié. Plus d’amour. Plus d’elle. Plus rien du tout.

Merlin. Ça faisait mal. Et, c’était quoi, ces gouttes dans ses yeux ?

/Fin du RP pour Killian/



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Il était silencieux. Silencieux, muet. Un comportement qui n’allait pas à Killian. Ni à elle. Et pourtant le silence s’était immiscé entre eux, perfide, sournois. Un silence lourd, pesant. Et sans le briser, il continuait de la fixer, impassible. Rien ne pouvait laisser deviner ce qu’il pensait, ce qu’il allait dire. Elle appréhendait sa réponse. Elle en avait peur. Pourtant, elle restait là, à quelques centimètres de lui, a attendre. Elle aurait pu partir. Se détourner et laisser tomber. Et si toute sa raison lui hurlait ce conseil avisé, elle ne voulait pas le suivre. Parce que malgré tout, elle continuait à espérer. A entretenir une flamme d’espoir qui ne tarderait pas à la consumer. Elle savait tout au fond d’elle qu’elle en attendait trop. Qu’elle aurait peut être dû se préparer au pire. Mais rien n’y faisait, elle continuait à espérer, inlassablement, et sans rien n’y pouvoir. Parce que c’était lui. Et que pour cette raison, elle ne pouvait pas abandonner si rapidement. C’était stupide, faible, et immensément niais. Elle détestait ça. Et pourtant, elle ne pouvait s’en empêcher. Parce qu’ils étaient là, ensembles, trop proches et dans une étreinte trop familière. Son malaise la reprit, violent, puissant, et pourtant horriblement agréable. Elle en était certaine plus que tout à présent. Elle l’aimait.

Le silence se prolongea. C’est Killian qui le brisa, se dégageant brusquement. Ne lâchant pas ses yeux du regard, Juliet attendit.
Et les paroles qu’il prononça la figea sur place.
Incapable de réagir, elle le regardait, interdite. Ecoutant les paroles infâmes qu’il murmurait d’une voix méprisante, elle sentit un long frisson la parcourir. Elle avait froid d’un coup. Les mots s’imprimaient dans son esprit, implacables, cruels. « Tu n’es rien pour moi, si ce n’est qu’un bon coup. Alors puisque tu ne peux plus coucher avec moi, tu ne me sers plus à rien. » Reculant d’un pas sous la violence de la phrase, Juliet laissa ses yeux gris plantés dans ceux du jeune homme. Elle se sentait incapable de parler.

« Alors oublie-moi, trouve-toi un autre petit copain qui se fera un plaisir de partager tes sentiments amoureux, mais oublie-moi. Et hais-moi si tu en as besoin pour cela. Après tout, je t’ai utilisée. Tu détestes ça, non ? »

Secouant lentement la tête, la jeune femme recula une nouvelle fois. Il n’avait rien comprit, définitivement rien comprit. Toujours silencieuse, elle le contempla faire une courbette ironique et s’en aller sans un regard. Plantée au milieu du couloir elle souffla. Elle avait mal. Trop mal. C’était finit. Il n’y avait plus rien. Plus d’eux. Plus de rencontres fugaces. Plus de sourires échangés. Plus de baisers. Rien. Et elle avait été stupide de croire un instant qu’elle avait pu être autre chose pour Killian. Jamais elle ne serait autre chose qu’un bon coup pour lui. Une fille avec qui il avait couché. Et rien de plus.

On n’entendait plus rien. Les pas du Serpentard avaient cessés de raisonner dans le couloir. Lentement, Juliet se laissa glisser contre un mur et se retrouva à terre, dans un silence étourdissant. Ce qu’elle venait d’entendre lui revenait par bride. Mordant brusquement sa lèvre inférieure pour ne pas laisser échapper un sanglot, des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues. Elle détestait l’idée de pleurer pour un garçon. Et pourtant elle souffrait, c’était inévitable. Elle ne savait pas où situer la douleur. Un peu partout peut être. Et ces phrases, ces phrases qui ne cessaient de lui rappeler la discussion, ces phrases qui s’étaient imprimées dans son esprit. Elle était… Elle était blessée, certes, mais bien plus que cela. Elle se sentait utilisée. Elle se dégoûtait autant qu’il l’a dégoûté.

Elle émit un sanglot qui déchira le silence qui l’entourait. Elle le haïssait. Elle le haïssait et pourtant était certaine de ne pas réussir à l’oublier. Et pour cela, elle se détestait.

[RP Terminé]



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En tout bien tout honneur | Killian & Juliet

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