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 Sous le ciel orageux d'Edimburg [Samuel]

Margot AdamsonAncien personnageavatar
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Samedi 29 octobre 2006

Engoncées dans une chaude cape d'hiver, Margot Adamson battait les pavés des rues de Pré-au-Lard en maudissant le monde et l'existence. Depuis maintenant une semaine, elle était atteinte d'une maladie que lui avait probablement refilé un élève, et passait tout son temps libre enfouie au fond de son lit sous de chaudes couvertures. En adulte fière et indépendante, elle n'avait pas jugé nécessaire d'aller déranger Rachelle à l'infirmerie et avait entrepris de se guérir elle-même, à l'aide de potions et de repos. Ses efforts avaient été concluants puisqu'elle avait ressenti un léger mieux ce matin, la fièvre étant enfin tombée. Margot, n'ayant donc aucune excuse pour manquer la première sortie à Pré-au-Lard de l'année, s'était extirpée de son lit et avait avalé une potion fortifiante pour s'assurer de survivre à la journée. Puis elle s'était longuement préparée pour tenter de dissimuler son état de fatigue aux yeux de ses collègues. Alors que la visite d'Ana Sorden quelques semaines plus tôt lui revenait en tête, elle avait passé un peu plus de temps que d'habitude devant son miroir, préoccupée pour une fois par son image. Elle avait arraché quelques cheveux blancs disgracieux qui contrastaient sur sa chevelure sombre, appliqué une crème moldue contre les rides, guetté le moindre signe de vieillesse... Bon sang, ces derniers temps, elle ne sentait vraiment pas dans son assiette. Si un peu de maquillage et beaucoup de potion pouvaient lui donner l'illusion d'être jolie et en bonne santé, ma foi, à quoi bon se priver ?

Elle avait peut-être un peu forcé sur la dose, néanmoins, car elle avait l'impression d'être dans un état second. Son esprit flottait et son corps était engourdi. La chose la plus sage à faire était certainement de retourner se mettre au lit, mais elle avait vraiment besoin de s'aérer les idées. L'air vivifiant du mois d'octobre fouettait son visage et elle jeta un coup d'oeil au ciel encombré de gros nuages sombres. Le soleil y tentait péniblement une percée, mais un orage menaçait. Margot espérait que la pluie attendrait son retour à Poudlard pour tomber, n'ayant aucune envie de se réfugier aux Trois Balais, cet endroit bruyant et animé dans lequel elle avait passé de trop nombreux moments depuis qu'elle travaillait à Poudlard.

De toute façon, elle se devait de faire les magasins, puisqu'il lui fallait trouver une robe pour le mariage d'André. La simple idée de se dévêtir et d'essayer des tenues lui donnait envie de retourner sous la couette, mais le mariage était en novembre - quelle idée, de se marier en novembre ! - et elle n'aurait pas beaucoup d'autres occasions de trouver une robe. Or, Margot avait envie de resplendir à ce mariage, ce serait sa façon à elle de se consoler et de faire face à cette foule d'anciens collègues et amis. De faire face à la mariée, également, qu'elle était à la fois anxieuse et impatiente de rencontrer. En bonne Serpentard, Margot avait envisagé très sérieusement de ne pas se rendre à l'évènement et de rester tranquillement à Poudlard pour regarder le match entre Serdaigle et Poufsouffle... Mais elle voulait connaître cette femme qui allait épouser André, et elle voulait voir son fils. Elle se débrouillerait pour faire bonne figure, et une jolie robe l'aiderait probablement pour cela ! Mais elle n'était pas sure de la trouver à Pré-au-Lard, peut-être devrait-elle se rendre à Londres chez T&T ou dans une boutique du même acabit.

Soudain, Margot reconnut la seconde raison de sa venue au village et ralentit le pas, un sourire aux lèvres. Elle se réjouissait à l'idée de passer un moment hors de Poudlard avec Samuel. C'était l'une des rares personnes qu'elle avait envie de côtoyer en ce moment, et un peu de compagnie ne lui ferait pas de mal. Avec l'annonce du mariage, elle avait commencé à réaliser à quel point sa propre vie personnelle était inexistante. En dehors du travail et de Poudlard, qu'avait-elle ? Son fils, qui vivait sa vie et qu'elle ne voyait que quelques fois par ans, et c'était tout. Elle n'avait même pas de chez-elle, puisqu'elle passait ses vacances entre Poudlard et la France où André l'hébergeait. Du moins, avant le mariage... Plongée dans son travail, elle avait peu à peu perdu le contact avec ses anciens amis de France, et n'avait noué que peu d'amitiés ici, en Angleterre. Des amis d'enfance, elle n'en avait pas - le fait que la majorité de sa promotion à Poudlard n'avait pas survécu aux deux guerres n'y était pas pour rien - et à présent, il n'y avait que ses collègues. Peter et Chloé formaient un couple sur le point de bâtir une famille, aussi elle n'osait plus déranger son amie aussi souvent. Il y avait bien Daisy, mais elle avait également une famille qui l'occupait. Alors Margot était contente de pouvoir passer un peu de temps avec Samuel.

"Bonjour", le salua-t-elle en arrivant à sa hauteur. "Comment vas-tu ?"

Elle inspira profondément en espérant que l'air frais contribuerait à dissiper les brumes qui envahissaient son cerveau, et balaya les boutiques environnantes du regard. Elle connaissait ces rues par coeur pour les avoir arpentées de si nombreuses fois au cours de sa vie, et songea avec lassitude qu'elle aimerait bien voir d'autres horizons. Son univers était ridiculement petit pour quelqu'un qui aimait tant voyager et découvrir de nouveaux paysages. Elle s'était laissée aller à la paresse, ces dernières années, se contentant d'un quotidien confortable...qui ne lui apportait plus guère de réconfort.

"Que souhaites-tu faire ? Je dois seulement acheter une robe, mais cela attendra que je sois seule, je ne vais quand même pas t'imposer de faire du shopping..."

Elle imagina une seconde le très sérieux Samuel dans l'ambiance confinée d'un magasin de prêt-à-porter pour femmes et se mit à pouffer, avant de réaliser que Samuel devait la prendre pour une folle. Il fallait vraiment qu'elle fasse attention avec cette potion, ou elle allait se mettre à dire n'importe quoi.

"Désolée, je suis un peu fatiguée aujourd'hui. Bref, où que tu veuilles aller, je te suis."

A vrai dire, la seule chose qui lui faisait envie, c'était un chocolat chaud... Mais si elle voulait garder la ligne, elle devrait peut-être éviter. Bon sang ! Qui lui avait mis des idées pareilles dans la tête ! Elle n'était pas si concernée par son apparence, autrefois. Il faut dire qu'elle attirait moins les compliments et les regards d'admiration à mesure que son âge avançait...



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Samuel NolanAncien personnageavatar
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Samuel resserra son épais manteau autour de son cou tout en relisant la missive qu’il avait reçue le matin même. Le concierge de son immeuble à Edimbourg l’avait contacté afin qu’il passe chez lui dans les plus bref délais. Depuis quelques jours, des bruits émanaient de son appartement qui était sensé être vide. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait : Son domicile se trouvait sur un chemin très emprunté par les hiboux postaux, et certains d’entre eux s’étaient déjà introduits par mégarde par le conduit de la cheminée, n’arrivant plus ensuite, à retrouver la sortie. Samuel devait se rendre rapidement chez lui afin de libérer le volatile s’il ne voulait pas retrouver son appartement saccagé et recouvert de fiente d’oiseau, néanmoins, le jeune enseignant devait tout d’abord s’excuser auprès de Margot. En effet, les deux collègues avaient prévu de passer cette journée de relâche ensemble et il était clair pour Samuel qu’il ne pourrait pas honorer sa promesse. A moins, bien sûr, que Margot ne l’accompagne. D’ailleurs, le jeune professeur pensait que cela pouvait être une bonne idée. Sa collègue était d’humeur maussade depuis la rentrée et il était évident qu’elle avait besoin de changer d’air.

La mort de Septima Vector avait manifestement été le facteur déclencheur. Même si Margot n’était résolument pas le genre de personne à se complaindre dans son malheur, Samuel avait remarqué que son amie était devenue plus silencieuse et plus distante depuis la disparition de leur collègue.
De plus, un mois plus tôt, Il avait reçu un faire-part annonçant le mariage d’André Morel avec une certaine Sarah Molin. Bien que Margot et André soient séparés depuis des années, ils étaient restés en très bons termes. Samuel avait donc pensé, à tord, que la directrice des Serpentard se réjouirait de cette union, hors elle ne lui en avait même pas parlé. Cela sous-entendait que sa collègue ne voyait pas ce remariage d’un très bon œil. Pour le coup, Samuel était perplexe : Margot l’intéressait, c’était indéniable, mais il n’était pas sûr qu’elle envisage une relation plus qu’amicale entre eux… Pourtant, il n’était pas du genre à brusquer les choses : Effectivement, il aurait aimé que cela devienne plus sérieux: Margot était une femme intelligente, belle de surcroit, et elle semblait partager la même vision de la vie que lui. Il ne cherchait pas spécialement à s’installer avec elle et encore moins à mener une vie de famille à la Chloé et Peter, mais il était sûr qu’ils partageaient assez de choses pour devenir plus intimes. Paradoxalement, leurs caractères solitaires et leur besoin de solitude les rapprochaient et ils se comprenaient assez rapidement, sans avoir forcément besoin de parler.

Alors qu’un sourire discret se dessinait sur le visage du professeur, Samuel aperçut enfin Margot qui débouchait d’une ruelle de Pré-au-Lard. Après avoir rangé la lettre de son concierge dans la poche intérieure de son manteau, il salua sa collègue avec un hochement de tête.

"Que souhaites-tu faire ? Je dois seulement acheter une robe, mais cela attendra que je sois seule, je ne vais quand même pas t'imposer de faire du shopping..."

« Je n’ai pas une tête à faire du lèche-vitrine sur le Chemin de Traverse ? Etrange.
Lança-t-il le plus sérieusement du monde avant de poursuivre, Je viens de recevoir une lettre d’Edimbourg : Il semblerait qu’un hibou se soit introduit dans mon appartement et je dois absolument aller le déloger aujourd’hui. Si tu n’as rien de prévu, nous pouvons passer chez moi pour le chasser avant de faire un tour dans les rues de notre capitale… parait-il qu’il y a de très belles boutiques de prêt-à porter. » Ajouta-t-il en dissimulant son sourire moqueur.

Contrairement à ce qu’il avait pensé, Margot lui révéla qu’elle acceptait de l’accompagner. Il lui tendit donc un bras afin de l’escorter par transplanage jusque chez lui, et les deux enseignants apparurent, quelques secondes plus tard, dans une ruelle du quartier ancien d'Édimbourg sous un déluge de pluie torrentielle. Samuel leva un regard en direction du ciel menaçant avant de conduire Margot précipitamment sous le porche de son immeuble. Même en si peu de temps ils étaient trempés des pieds à la tête !

« Eh bien, je crois que la séance de shopping sera pour plus tard. » lança-t-il en passant une main sur son visage ruisselant, Viens, suis moi, j’habite au dernier, dit-il en se dirigeant vers un vieil escalier en colimaçon.

Après avoir gravi les cinq étages, Samuel sortit les clefs de sa poche et ouvrit la porte d’entrée. L’appartement était certes petit, mais étonnamment lumineux compte-tenu de la météo. La cuisine était ouverte sur le séjour et un vieux poêle à bois trônait au milieu du salon entre deux fauteuils. Le mobilier était simple et fonctionnel et la décoration se limitait à une bibliothèque sur un pan de mur entier. Comme il s’y était attendu, une chouette était posé sur le dossier de sa chaise de bureau et quelques livres étaient répandus sur le sol. Le jeune homme traversa la pièce et alla immédiatement ouvrir une grande baie vitrée donnant sur Arthur’s Seat, la colline verdoyante situé au centre d’Edimbourg. Le hibou s’envola et tournoya quelques secondes dans le salon avant de s’enfuir par la fenêtre. Samuel suivit des yeux l’animal qui disparut rapidement dans les épais nuages de pluie.
Refermant la fenêtre consciencieusement derrière lui, il invita finalement Margot à entrer. C’était plutôt bizarre de la voir dans ce lieu puisqu’il ramenait rarement du monde chez lui. Seuls ses collègues de l’Institut de Recherche en Métamorphose étaient déjà venus travailler une ou deux fois ici. Mais après tout, il n’avait rien à cacher, l’appartement était peut-être un peu impersonnel mais Samuel n’avait pas besoin de plus. Les photos, les bibelots, ce n’était pas pour lui. Tout en balayant la pièce du regard, le jeune enseignant sortit sa baguette et lança un récurvite pour nettoyer les dégâts laissés par l’animal. Une fois ce petit nettoyage accomplit, il reporta son attention sur Margot :

« Tu devrais te sécher les cheveux, ce n’est pas le moment de tomber malade…
ajouta-t-il en faisant apparaitre une serviette sur l’accoudoir du fauteuil. Puis, se rapprochant du coin cuisine, il ajouta : Je t’offre un thé ? »


Samuel Nolan
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Samuel eut une idée qui tombait à pic pour Margot, elle qui voulait se changer les idées et voir de nouveaux horizons : une virée à Edimbourg ! Il leur faudrait d'abord chasser un hibou qui s'était, semblait-t-il, enfermé dans l'appartement de Samuel, mais ensuite ils pourraient se balader dans les rues de cette jolie ville. Margot y était déjà allé il y a de nombreuses années et n'en avait qu'un souvenir flou. Samuel mentionna les boutiques de prêt-à-porter mais Margot ne sut pas discerner s'il la taquinait ou s'il envisageait réellement de faire les boutiques avec elle. Étrangement, l'idée la mettait un peu mal à l'aise, mais elle se raisonna. Il ne s'agissait que d'une robe pour un mariage, après tout.

"Bonne idée", se contenta-t-elle de répondre en guise d'assentiment. L'envie de quitter cet endroit se fit plus pressante, et elle se sentait étouffer sous sa cape chaude. Il faisait pourtant si froid lorsqu'elle avait quitté le château. Elle saisit le bras que lui tendait Samuel avec reconnaissance. Non seulement elle ne connaissait pas le lieu où ils se rendaient, mais elle n'était pas sure d'être en état de transplaner par ses propres moyens. Quelques instants plus tard, Margot était à nouveau contente d'être si bien couverte. De grosses gouttes de pluie dégoulinaient du ciel pour venir s'écraser dans sa chevelure, sur ses vêtements, glisser le long de sa nuque et de son dos. Une énième fois, Margot se demanda si elle avait offensé un dieu quelconque pour s'attirer tout ces malheurs... La maladie la rendait légèrement pessimiste, il fallait bien l'avouer. Trempée et glacée jusqu'aux os, Margot suivit Samuel sous le porche d'un immeuble.

"Eh bien, je crois que la séance de shopping sera pour plus tard. Viens, suis moi, j’habite au dernier."

L'enseignante hocha la tête pour toute réponse, ses yeux bleus observant autour d'elle avec curiosité. Ils montèrent ensuite le long d'escaliers en colimaçon. Une légère appréhension s'empara d'elle lorsque Samuel farfouilla dans sa poche pour en sortir un trousseau de clefs. C'était stupide, mais elle était un peu anxieuse à l'idée de pénétrer ainsi dans l'antre de Samuel, de découvrir là où il vivait. Elle ne l'imaginait pas inviter beaucoup de monde chez lui. Enfin, ils allaient simplement chasser un hibou, se raisonna-t-elle à nouveau avant d'entrer à la suite de son ami. Pendant que celui-ci s'affairait à nettoyer les dégâts laissés par le volatile, elle entreprit d'observer l'appartement.

Aussitôt, un sourire illumina son visage. L'endroit était petit, fonctionnel et lumineux, il ressemblait à son propriétaire. Il n'y avait rien à craindre, finalement. Margot fit quelques pas dans la pièce et entreprit d'examiner la bibliothèque qui occupait tout un mur. Elle lut quelques titres puis se retourna pour faire face à Samuel, qui lui fit apparaître une serviette avant de lui proposer un thé. Encore une bonne idée, elle pouvait déjà sentir le liquide brûlant descendre le long de sa gorge pour réchauffer ses membres courbaturés.

"Avec plaisir, merci."

Elle se dirigea vers le fauteuil, attrapa la serviette et entreprit de se frictionner les cheveux.

"Pour ce qui est de tomber malade, c'est un peu tard", avoua-t-elle en essayant de ne pas paraître trop dépitée. "Mes potions font des miracles, mais la pluie et le froid n'ont pas l'air de vouloir me laisser récupérer..."

Une fois son séchage terminé, elle étendit la serviette sur le dossier du fauteuil et tenta tant bien que mal d'arranger sa chevelure désordonnée. Elle finit par se résoudre à ressembler à un épouvantail et ôta sa cape mouillée, révélant des vêtements moldus : un jean et un pull bleu ciel. Puis elle se rapprocha de Samuel et lui fit la conversation pendant qu'il préparait le thé.

"C'est un bel endroit, tu as l'air d'avoir une jolie vue quand il ne pleut pas. Je pense chercher un appartement pour l'été prochain, moi aussi, maintenant que...enfin, depuis le temps que je suis rentrée en Angleterre, il serait plus que temps."

Sentant ses jambes flagoler, Margot s'éloigna à nouveau et s'installa dans le fauteuil où elle avait laissé ses affaires. Elle ferait bien apparaître une couverture polaire et un oreiller afin de piquer un somme, mais elle doutait que son hôte apprécie. Elle continua donc de discuter immobilier d'un ton badin, autant pour se maintenir éveillée que pour dissimuler ses - nombreux - sujets de préoccupation à son collègue. Une bonne Serpentard devait maîtriser l'art de maintenir les apparences...

"Mais je ne saurais pas quoi en faire pendant l'année scolaire, peut-être le louer... Outre les hiboux, cela ne pose pas trop de problèmes de laisser ton appartement vide la plupart de l'année ?"



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Samuel NolanAncien personnageavatar
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Tandis que Samuel s’affairait à préparer du thé, Margot lui révéla qu’elle était déjà malade depuis plusieurs jours. Il aurait peut-être mieux valût qu’elle reste au chaud dans son lit plutôt que de venir arpenter les ruelles d’Edimbourg sous la pluie avec lui ! Sa collègue ôta d’ailleurs sa cape trempée afin de la faire sécher avant de le rejoindre devant le petit fourneau de la cuisine.

"C'est un bel endroit, tu as l'air d'avoir une jolie vue quand il ne pleut pas. Je pense chercher un appartement pour l'été prochain, moi aussi, maintenant que...enfin, depuis le temps que je suis rentrée en Angleterre, il serait plus que temps."


Samuel remarqua la légère hésitation dans la phrase de Margot : Maintenant que quoi ? Maintenant qu’André allait se marier une seconde fois ? En effet, il savait que sa collègue passait une partie des vacances scolaires en France afin de profiter de son fils et de son ex-compagnon. Cependant, la donne avait peut-être changée maintenant qu’André était sur le point de construire une nouvelle famille. D’ailleurs, Samuel était de plus en plus mal à l’aise avec cette histoire. Il aurait bien aimé que Margot aborde le sujet du mariage elle-même, sans qu’il n’ait à le faire, mais sa collègue semblait plus encline à parler immobilier…

« La vue est agréable. » répondit-il donc par pure politesse à défaut de révéler le fond de sa pensée.

En quelques minutes, le thé fut prêt. Samuel apporta sa tasse à Margot qui s’était installée dans un fauteuil puis il vint s’asseoir sur le siège à côté du sien. Il se réchauffa les mains quelques minutes sur la paroi du récipient avant de boire une petite gorgée de liquide en observant silencieusement sa voisine. Elle n’avait pas spécialement l’air malade, bien qu’elle dise le contraire : Ses joues rosies par le froid lui donnaient bonne mine et ses cheveux légèrement emmêlées révélaient un côté sauvage et sensuel qui ne le laissait pas indifférent…

« …cela ne pose pas trop de problèmes de laisser ton appartement vide la plupart de l'année ?"

Samuel sortit à contre cœur de sa contemplation pour répondre à son amie.

« Non, répondit-il entre deux gorgées de thé, C’est un pied à terre. Cela m’aide à avancer de savoir que j’ai un chez moi. » Révéla-t-il sans pour autant rentrer dans les détails.

Même au bout de plusieurs années, il devait avouer qu’il était toujours tenté de retrouver sa vie sauvage. Cela avait été tellement facile de tout quitter la première fois. Bien sûr, le contexte était différent : la guerre, les rafles, les attaques, mais parfois, en observant la forêt interdite du château, il s’imaginait en train de retrouver ce mode de vie sans contrainte. Une communion totale avec la nature. Une liberté absolue.
Lorsque la tentation se faisait trop forte, la part civilisée de lui-même essayait de le raisonner en se raccrochant à la réalité. Qu’il le veuille ou non, il faisait partie intégrante de cette société : Il avait un appartement, un travail, il s’était engagé auprès de Minerva à Poudlard et auprès de certains de ses élèves comme Jeremy. Il avait même réussi à se construire un petit cercle de connaissances avec lesquelles il aimait passer du temps, Margot étant celle qu’il avait le plus de plaisir à retrouver.

Parfois il avait l’impression d’avoir évolué : Tout ce travail sur lui-même lui avait permis de se sociabiliser et de s’ouvrir à de nouveaux horizons mais lorsque ses doutes surgissaient derechef, il avait juste l’impression de s’être fait broyer par cette société : Il avait finit par rentrer dans le moule, faire ce que l’on attendait de lui, être conformiste.

La vie sauvage était certes cruelle, mais d’une intensité folle : Se nourrir, se battre, chasser, défendre son territoire. Des préoccupations basiques mais vitales. Alors que ces derniers temps, son principal sujet d’inquiétude était de savoir si sa collègue se rendait, ou non, au mariage de son ex-mari. Dire qu’il n’osait pas aborder le sujet depuis plusieurs semaines. Il en devenait pathétique.

Au fond, cela ne tenait qu’à lui de rendre son quotidien plus passionnant et plus profond. Il était certain que Margot pouvait lui apporter ce qu’il n’avait jamais réussi à trouver dans sa vie naturelle. Une autre forme de communion et d’extase.

Fort de cette résolution, le jeune homme se pencha en avant afin de poser sa tasse sur la table basse. Il reporta ensuite son attention sur Margot qu’il scruta avec intensité pendant quelques secondes avant de déclarer de but en blanc :

« Je suis invité au mariage d’André et, si tu es d’accord, j’aimerai que nous y allions ensemble. » Il ponctua sa phrase en déposant sa main sur celle de sa collègue afin qu’il n’y ait aucune ambigüité sur ses intentions véritables.


Samuel Nolan
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Margot AdamsonAncien personnageavatar
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"C’est un pied à terre. Cela m’aide à avancer de savoir que j’ai un chez moi."

Margot hocha la tête avec compréhension. C'était peut-être ce dont elle avait besoin, elle aussi, un "chez-elle" où elle se sentirait bien. La conversation ne semblait pas passionner Samuel, qui reprit l'attitude réservée et silencieuse qui était la sienne. Cet état des choses convenait parfaitement à Margot, dont le cerveau bourdonnait et qui n'aspirait qu'à la tranquillité. Elle but de longues gorgées de thé, savourant la douce sensation de chaleur qui s'emparait d'elle et le goût amer que le breuvage laissait au fond de sa gorge. Son regard se porta au-delà de Samuel et se perdit par la fenêtre. Une pluie battante continuait de tomber, et il y avait quelque chose de réconfortant à l'idée de se trouver au calme à l'intérieur alors que les éléments se déchaînaient au dehors.

Lorsque Margot reporta son attention sur son ami, elle réalisa qu'il l'observait d'un air étrange. Ses yeux clairs supportèrent le regard de Samuel, alors qu'elle se demandait pourquoi il avait soudain l'air si sérieux, presque tendu. Une sourde appréhension s'insinua en elle, chassant au galop la sensation de bien-être qu'elle ressentait quelques instants plus tôt. Sans savoir pourquoi, Margot eut soudain l'impression que Samuel allait dire une énormité, quelque chose qui allait ruiner ce moment parfaitement paisible. C'est alors que, sans prévenir, sans introduction, l'énormité sorti de sa bouche...

« Je suis invité au mariage d’André et, si tu es d’accord, j’aimerai que nous y allions ensemble. »

Abasourdie, Margot vit la main de Samuel se poser sur la sienne, comme si de rien n'était. Elle resta interdite de longues secondes, son visage exprimant sa perplexité, tandis que ses neurones tentaient vaillamment de se connecter. Avait-elle bien compris ce qu'il était en train de proposer ? Peut-être qu'elle se faisait des idées, et qu'il voulait simplement aller à ce foutu mariage en tant qu'amis ?

Lentement, elle baissa la tête et considéra la main de Samuel contre la sienne.

*Ne soit pas si naïve, bien sûr que non.*

Dès que cette réalisation se fut imposée dans son esprit, elle retira brusquement sa main, avant de regretter son geste tout aussi vite. Elle ne voulait pas le vexer, elle ne voulait pas qu'il se fâche, elle voulait simplement revenir cinq minutes en arrière avant qu'il n'ait dit l'énormité. Affreusement mal à l'aise, elle croisa les bras sur sa poitrine et se décida enfin à répondre.

"Samuel, je..."

Elle s'interrompit, incapable de formuler quoi que ce soit. Qu'allait-elle dire, de toute façon ? Qu'elle tombait complètement des nues, qu'elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse s'intéresser à une femme vingt ans plus âgée ? Qu'elle même, partant de ce constat, avait préféré éviter de penser à quoi que ce soit entre eux ? Elle s'était imaginé qu'il finirait par rencontrer une magnifique jeune femme comme Rachelle Bloomwood avec qui il fonderait une famille, aurait des enfants et vivrait heureux jusqu'à la fin des temps...

Bien sûr qu'elle était flattée par l'intérêt qu'il lui portait. Bien sûr qu'elle le trouvait séduisant, intelligent, intéressant. Bien sûr qu'elle appréciait sa compagnie... Elle croisa son regard et, l'espace d'un instant, Margot se laissa aller à imaginer ce qu'il se serait passé si elle n'avait pas retiré sa main. Elle pouvait imaginer la sensation de ses baisers, de ses caresses, oui, elle pouvait imaginer tout cela...

Mais après quoi ? Margot se leva et entreprit de faire les cent pas dans la pièce, perdue dans ses réflexions.

Oui, après, quoi ? Ils étaient collègues, ils étaient amis, ils avaient deux décennies pour les séparer. Ils n'avaient pas d'avenir ensemble, Samuel devait bien s'en douter. Or, peut-être qu'à son âge l'avenir était un concept bien flou, mais à l'âge de Margot, il n'était plus question d'histoires sans lendemain. Elle qui s'en voulait justement de ne pas avoir de famille avec qui partager sa vie. Elle qui regrettait de fuir les engagements, de peur de se laisser enfermer dans une relation longue, elle n'allait pas aujourd'hui se lancer dans une aventure sans suite... Elle ne voulait pas perdre l'amitié de la seule personne avec qui elle se sentait bien, tout ça pour une simple attirance. Sans oublier les remous que cela pourrait créer si une telle chose s'apprenait à Poudlard... Or rien ne restait jamais caché éternellement dans cette satané école.

Elle sentit une vague de lassitude s'emparer d'elle et elle se laissa à nouveau tomber dans son fauteuil.

"Samuel", reprit-elle d'une voix plus ferme. "Je suis désolée si je t'ai donné la mauvaise impression, mais je...enfin, je ne suis pas intéressée par...quelque chose de plus...que de l'amitié."

Ses mots lui écorchèrent la bouche, et elle se mordit les lèvres avec nervosité, avant d'ajouter d'une voix douce :

"Nous sommes collègues, nous avons vingt ans de différence...Cela fait beaucoup d'obstacles, tu ne crois pas ? Quant au mariage d'André, je serais ravie de t'y voir en tant qu'ami, mais..."

Margot s'interrompit à nouveau à la pensée du fameux mariage. En un geste inconscient, elle se mit à jouer avec son collier d'argent. Bon sang, elle en avait même oublié que Samuel et André se connaissaient et qu'il allait probablement l'inviter. Quelle cruche. Elle aurait dû aborder le sujet d'elle-même... La simple idée de débarquer au mariage d'André au bras de Samuel était risible en soi. Elle haussa les épaules avec fatalité.

"Ce mariage ravive de vieux souvenirs, et je ne me sens pas vraiment disponible pour commencer quelque chose. J'espère que tu comprends."

Puis elle attrapa sa cape, qui reposait sur le dossier de son fauteuil, avant d'esquisser un mouvement pour se lever. Comme toujours, elle éprouvait le besoin de fuir. Loin de cet homme, loin de cet endroit, loin de ces émotions qui lui enserraient le coeur. Elle n'aspirait qu'à la quiétude et la froideur de ses cachots...

"Tu n'aurais pas pu me demander ça à un plus mauvais moment", avoua-t-elle avec un demi-sourire. "C'était une erreur de venir ici..."



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Samuel NolanAncien personnageavatar
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Lorsqu’il fit glisser sa main sur celle de Margot il ne s’attendait pas à un aussi brusque mouvement de recul de sa part. Bien sûr, il avait envisagé l’idée d’être éconduit, après tout Margot n’avait jamais laissé sous-entendre quoique ce soit concernant l’évolution de leur relation, mais il avait imaginé que sa collègue resterait parfaitement maitresse de ses réactions. Elle semblait toujours tellement calme et sûre d’elle que Samuel fut étonné de la découvrir si mal à l’aise. Elle balbutia quelques mots avant de s’interrompre brusquement, cherchant visiblement comment terminer sa phrase. Samuel s’accouda sur ses genoux et joignit ses mains devant sa bouche avant de jeter un regard désolé en direction de sa collègue. Certes, c’était lui qui venait de se faire éconduire mais il ne pensait pas plonger son amie dans un tel état de nervosité.

« Ce n’est pas gra… » Commença-t-il avant que Margot ne se lève brusquement, comme pour l’inviter au silence.

La fin de sa phrase resta en suspens et il finit par s’adosser à son fauteuil, renversant légèrement la tête pour observer le plafond. Margot avait visiblement besoin d’un peu de temps pour encaisser la chose. Peut-être allait-elle resté enfermée dans son mutisme et quitter l’appartement sans un mot. Pourtant s’il y en avait bien un, sur les deux, qui devait se sentir mal, c’était plutôt lui. Cela n’était jamais très agréable de se faire repousser de la sorte.

Après plusieurs minutes d’un silence pesant, Samuel inclina légèrement la tête pour observer sa collègue qui arpentait toujours la pièce. Certes, sa tentative de séduction était loin d’être un succès, mais elle lui avait au moins permis de découvrir une nouvelle facette de Margot. Son apparente assurance cachait en réalité une certaine forme de fragilité. Samuel avait l’impression de déceler un peu de doute, de peine et d’inquiétude dans l’expression soucieuse de son amie… Il résista à l’envie de se lever pour tenter de la réconforter et détourna le regard avant de se masser le crâne doucement. Il ne releva la tête que lorsqu’il entendit de nouveau Margot s’installer dans le fauteuil à côté de lui. Cette dernière prit d’ailleurs la parole d’une voix ferme pour lui expliquer qu’elle n’avait jamais envisagé autre chose que de l’amitié entre eux. Merci, il l’avait deviné. Elle prétexta ensuite différentes excuses allant de leur pseudo-différence d’âge à leur statut de collègue de travail. Samuel, lui, se fichait bien de ces deux choses. Margot n’était pas obligée de se justifier pour expliquer ce qui n’était potentiellement pas explicable. Elle n’était simplement pas intéressée et pas vraiment disponible pour envisager une relation avec lui.

« J'espère que tu comprends." Finit-elle par dire.

« Parfaitement. » rétorqua-t-il un peu froidement.

Il regretta immédiatement son ton teinté d’amertume lorsqu’il vit Margot prendre sa cape et esquisser un mouvement pour se lever.

« Non, attends, dit-il en la retenant par le bras.

Prenant pleinement conscience de son geste il relâcha son étreinte avant de poursuivre :

« Je suis désolé. Je t’ai mise au pied du mur en te demandant de m’accompagner au mariage de ton ex-mari…J’ai vraiment manqué de tact. » Consentît-t-il.

"Tu n'aurais pas pu me demander ça à un plus mauvais moment"
, avoua-t-elle avec un demi-sourire. "C'était une erreur de venir ici..."

« Attends, répéta-t-il en se levant à son tour, laisse-moi t’expliquer… »

Bon, maintenant qu’il était debout à tenter de la retenir, il devait jouer carte sur table. Il passa donc une main lasse dans sa barbe mal rasée avant de se lancer :

« Même si j’ai été maladroit sur la forme, sur le fond je ne regrette pas. Je m’en serai voulu si je n’avais rien tenté par contre. Je pensais, visiblement à tord, qu’il pouvait y avoir plus que de l’amitié entre nous. Tu ne partages pas ce point de vue, je ne vais pas te blâmer pour ça, mais… il fallait que je prenne le risque.,révéla-t-il gravement, Pour ne pas avoir de regret. »

Comme s’il était hypnotisé par son regard bleuté, il scruta Margot quelques secondes avant d’ajouter :

« Maintenant, si tu veux partir, je ne te retiens pas. J’aimerai juste que ce qui vient de se passer ne gâche pas tout ce qu’il y a entre nous. Je sais que c’est facile à dire, mais j’espère que nous saurons faire la part des choses. »

Voila, il avait dit ce qu’il avait sur le cœur. Margot savait maintenant à quoi s’en tenir.


Samuel Nolan
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HRP : alerte maximale niaiserie, je répète, alerte niaiserie !

« Attends, laisse-moi t’expliquer… »

Tandis que Samuel se levait pour la retenir, le ton amer avec lequel il lui avait rétorqué "Parfaitement" quelques instants plus tôt raisonnait encore à ses oreilles. C'était exactement pour cette raison que Margot avait souhaité s'en aller. Ils avaient besoin d'accuser le coup, chacun de leur côté, avant de dire quelque chose qu'ils allaient regretter par la suite. Pourtant, Margot ne pouvait s'en aller en le laissant seul avec ses explications. Elle se devait de l'écouter. Pour cette raison, elle s'immobilisa et l'écouta, tentant tant bien que mal de dissimuler son trouble.

Lorsque Samuel avoua avoir été maladroit sur la forme, elle se retint d'acquiescer. C'était le moins que l'on puisse dire. S'il s'y était pris avec plus de tact et de patience, les choses auraient été différentes. Se serait-elle laissé approcher ? Probablement pas, mais elle aurait au moins pu l'éconduire en douceur... Elle garda cette pensée pour elle, cependant, et l'écouta lui dire qu'il ne regrettait pas, qu'il s'en serait voulu de ne rien avoir tenté.

L'espace de quelques instants, le silence se fit dans le petit appartement, et Samuel capta son regard. A sa surprise et à son profond agacement, Margot sentit sa gorge se serrer, et elle repoussa fermement les larmes qui lui montaient aux yeux. Par tous les dieux moldus et sorciers réunis ! Quelque chose clochait vraiment chez elle. Depuis quelques temps, elle n'était qu'une boule de nerfs et d'émotions, incapable de garder son calme et son habituelle maîtrise de soi. Elle était ridicule, elle avait vraiment une attitude digne d'une Poufsouffle écervelée qui venait de subir sa première rupture... Il n'y avait pourtant pas mort d'homme, et ce n'était pas la première fois qu'elle éconduisait un homme, y compris un collègue.

« Maintenant, si tu veux partir, je ne te retiens pas. J’aimerai juste que ce qui vient de se passer ne gâche pas tout ce qu’il y a entre nous. Je sais que c’est facile à dire, mais j’espère que nous saurons faire la part des choses. »

A l'entente de ces mots, Margot sentit un léger soulagement l'envahir, mêlé d'affection pour son ami. Comment s'y prenait-il pour toujours dire ce qu'il fallait, et, en l'occurrence, ce qu'elle avait besoin d'entendre ? Elle avait beau être de vingt ans son aîné, il agissait avec plus de maturité qu'elle... Elle tenta vaillamment d'esquisser un sourire, mais elle répondit d'une voix trop tremblante pour faire illusion.

« Gâcher ce qu'il y a entre nous, c'est bien la dernière chose que je veuille faire. »

C'était bien pour cela qu'elle avait considéré sa proposition comme une énormité. Elle avait eu l'impression que, quoi qu'elle réponde, s'en était fini de leur amitié. Or rien n'aurait pu la faire se sentir plus seule, en ce moment, que de perdre la complicité qu'elle partageait avec Samuel. Mais il venait de la rassurer, probablement sans même s'en apercevoir. Pourtant, la boule au fond de sa gorge ne disparut pas. Elle ressentait le besoin de se justifier, de le rassurer à son tour. De lui dire que ce n'était pas qu'il ne lui plaisait pas, au fond, mais simplement qu'ils ne pouvaient pas, que trop de choses les séparaient et qu'elle préféraient qu'ils restent des amis. Mais des amis proches. Bref, elle voulait l'éconduire, mais sans le rejeter... C'était peut-être un peu trop demander, un peu trop vouloir, alors elle se contenta de quelques mots.

« Je suis désolée Samuel, j'ai été prise au dépourvue, et je...n'avais pas réalisé que je t'intéressais. C'est stupide, j'aurais dû le voir venir, je m'en rends compte maintenant, c'est juste...à cause de notre différence d'âge et... »

Margot s'arrêta au milieu de sa phrase, réalisant qu'elle s'embourbait piteusement dans ses explications.

« Je suis vraiment désolée d'avoir réagi ainsi », répéta-t-elle alors, « je suis bien trop émotive en ce moment, avec le mariage et puis j'ai trop avalé de cette foutue potion pour rester en forme, et... »

S'interrompant au milieu de ses paroles frénétiques, elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration pour tenter de retrouver son calme. Elle tenta d’insuffler un peu de sérénité dans son esprit confus. Elle était pathétique à se mettre dans des états pareils. Samuel n'était pas habitué à un tel comportement de sa part, voilà qui devait probablement le surprendre. Mais elle allait rester, décida-t-elle, elle allait rester car son ami méritait mieux de sa part.

Nul besoin de fuir, elle pouvait réagir comme une adulte et surtout, elle pouvait chercher un moyen de gérer cette situation un peu délicate avec Samuel plutôt que de ressasser ça toute seule de son côté. Margot hésita un quart de seconde, avant de relâcher sa cape qui alla s'entasser sur le fauteuil.

« Je crois que je vais rester finir ce thé, si tu veux bien. »



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Samuel NolanAncien personnageavatar
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Samuel était toujours debout au milieu de son salon, guettant la réaction de Margot face à ce qu’il venait de lui dire. Allait-elle quitter son appartement sans un mot, ou déciderait-elle de rester ?
Quoiqu’elle choisisse, les deux scénarii seraient difficiles à jouer.
Si elle partait, leur relation en serait forcément affectée : Samuel imaginait déjà les silences pesants, les regards fuyants et les quelques mots échangés sans passion dans la salle des professeurs au sujet de tel ou tel élève. Cet état de fait n’aurait, au final, qu’un seul mérite : C’était la solution la plus radicale qui leurs permettrait de passer rapidement à autre chose, l’un et l’autre.

Néanmoins, malgré tout ce que cela impliquait, Samuel préférait de loin l’option la plus compliquée à gérer. En effet, si Margot restait, leur relation serait forcément un peu différente pendant quelque temps. C’était inévitable. Cependant, le jeune enseignant savait qu’il était capable de se raisonner, capable de faire taire cette attirance, de la tuer à petit feu en la niant. Si c’était le prix à payer pour pouvoir encore partager quelques instants en compagnie de Margot, il le ferait. Visiblement, sa collègue semblait elle aussi accorder beaucoup de crédit à leur amitié puisqu’elle prit enfin la parole:


« Gâcher ce qu'il y a entre nous, c'est bien la dernière chose que je veuille faire. »

L’émotion que l’on pouvait deviner dans sa voix confirma la sincérité de cet aveu. Légèrement soulagé, Samuel esquissa à son tour un sourire triste avant de river ses mains au fond de ses poches. Margot, quant à elle, se sentait manifestement coupable de ne pouvoir lui offrir davantage puisqu’elle ne faisait que s’excuser.

« Tu n’as pas à te sentir désolée, rétorqua-t-il en réponse aux nombreuses justifications que tentait de lui apporter sa collègue, Il y a des choses qui ne se contrôlent pas, ajouta-t-il en haussant les épaules avec fatalité, coupant court à la discussion.

Il préférait ne pas rentrer dans le jeu insidieux du « Et si » … Et s’ils n’avaient pas été collègues ? Et si ils n’y avaient pas eut quinze ans d’écart ? Et si Samuel s’était déclaré à un moment plus propice ? Il s’interdisait de se poser toutes ses questions. Ce n’était pas en nourrissant de faux espoirs qu’il allait pouvoir avancer. Pour le moment, il ne devait avoir qu’une interrogation : Margot allait-elle partir?

Sa collègue lui apporta finalement une réponse en déposant sa cape de voyage sur le dossier du fauteuil.

« Je crois que je vais rester finir ce thé, si tu veux bien. » ajouta-t-elle pour accompagner son geste.

« Bien sûr. » répondit Samuel posément en lui adressant toutefois un sourire reconnaissant.
Les choses étaient ainsi faites. A défaut d’avoir plus, il se contenterait de l’amitié de sa collègue.




[RP Terminé]



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Sous le ciel orageux d'Edimburg [Samuel]

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