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 Secret de famille [Sheba Twilfit - Mr X - Swann Twilfit]

MétamorphomageMolduavatar
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Sheba Twilfit
Mère de Swann et Patronne de "Twilfit & Tattings"

Samedi 29 Octobre 2006,


Malgré le froid qui commençait à s'installer, une petite foule de gourmands s’amoncelait déjà devant la porte magique du restaurant de l'Hippogriffe Cendré. Preuve de son succès grandissant, ce restaurant de Pré-au-Lard faisait souvent salle comble, et bien malheureux celui qui n'avaient point réservés à l'avance. La sculpture boisée en forme d'hippogryffe qui sertissait la porte d'entrée se montrait intransigeante et ne délivrait le passage qu'aux clients les plus prévoyants. Pour réserver certaines tables, il se murmurait qu'il fallait s'y prendre parfois un mois à l'avance, voir plus.
Un sorcier à la barbe grisonnante et encadré par deux grand-mères parfumées se mit d'ailleurs à râler lorsque l'hippogriffe gardien le refoula sans ménagement.

"C'est un véritable scandale! Cela fait plus d'une heure que nous attendons dans le froid, et vous n'avez pas l'ombre d'une table!? Je sais pertinemment que le salon de Pierre peut contenir une cinquantaine de personnes, alors de qui vous moquez-vous?"

De sa voix grinçante, l'hippogriffe répéta son refrain coutumier.

"Je vous prie de m'excuser, mais sans réservation , pas d'acceptation. C'est ainsi. Le salon de Pierre a été réservé dans son intégralité par une seule et même personne."

Le vieil homme jeta un regard mauvais à la porte close, avant de pester une dernière fois.

"Ce ne sont que des balivernes! Qui serait assez fou et riche pour réserver la totalité des tables du prestigieux salon de Pierre!? Par Merlin! Je me le demande!? En tout cas, vous pouvez comptez sur moi pour vous faire une très mauvaise presse!"

Le vieillard ronchon finit par libérer la place, tirant ses deux donzelles par le bras. Le bec de l'hippogriffe se tourna alors vers une femme d'une quarantaine d'année emmitouflée dans une cape de sorcière finement brodée et ornée de l'enseigne prestigieuse "T&T".
La cliente d'une voix assurée finit par se présenter et annoncer sa réservation.

"Bonsoir. J'ai réservé, au nom de Sheba Twilfit, l'intégralité du salon de Pierre et une table pour deux personnes..."

L'hippogriffe en bois ne fit que s'incliner, et dans un claquement de bec, la porte s'ouvrit en un long grincement. Sheba franchit le seuil du luxueux restaurant, laissant derrière elle le brouhaha admiratif des autres clients. En femme d'affaire avisée, Sheba n'avait pas pour habitude de faire les choses à moitié. Souhaitant bénéficier d'une tranquillité intimiste et ne manquant point de réserve financière, elle s'était octroyée le luxe un brin mégalomaniaque de réserver pour elle toute seule, l'intégralité du grand salon de pierre...
Un homme chargé de l'accueil l'aida à retirer sa cape en soir noire, révélant alors l'éclat d'une robe rouge scintillante en taffetas de soie de sa propre création. Sheba prit quelque secondes pour dévisager son hôte d'accueil et émit un petite sourire satisfait en reconnaissant un smoking de chez T&T, mais elle tiqua quelque peu en voyant que le nœud de papillon de celui-ci penchait légèrement trop sur la gauche. Elle ne laissa toutefois rien transparaitre, tandis que l'homme lui indiquait d'un geste du bras la direction du Salon de Pierre.

"C'est un honneur que d'accueillir en ces lieux la vénérable reine de la haute couture magique! Veuillez, je vous en prie, prendre l'allée devant vous pour rejoindre votre table..."


Sheba Twilfit finit par se laisser déborder par ses pulsions, et réajusta le nœud papillon de l'homme, dont les joues s'empourprèrent d'un seul coup. La patronne de Twilfit & Tattings le rassura bien vite et lui tendit une carte de son magasin.

"Pour les fêtes, nous allons sortir une nouvelle gamme de costumes pour hommes. Peut être que cela pourrai vous intéresser? Je suis persuadée que vous feriez grande impression auprès de votre aimable clientèle en revêtant ses somptueux nouveaux modèles."

Sheba Twilfit ne manquait pas une occasion pour vendre son commerce, et c'est ce qui peut-être avait contribué à établir sa grande notoriété. D'une démarche assurée et sensuelle, elle se dirigea alors vers ce qui serait l'espace d'une soirée, son propre chez-soi...



Pour rejoindre sa table, elle descendit un grand escalier en pierre, dont les marches étaient recouvertes d'un tapis rouge. Puis longeant deux petits espace de conforts situés à proximité d'un grande cheminée, elle finit par rejoindre sa table richement décorée et préparée pour accueillir deux personnes.
Un nouveau valet l'aida à s'y installer, et après une déluge de révérences pompeuses, finit par lui adresser la parole.

"Madame Twilfit, je suis dans le regret de vous annoncer que la personne qui vous accompagne n'est point encore arrivée. Et si je peux me permettre de vous offrir une quelquonque boisson pour vous aidez à patienter, je le ferai à l'instant..."


Aussi majestueuse que distinguée, Sheba Twilfit lui adressa alors un sourire empreint de politesse avant de décliner son offre.

"Je vous remercie, mais je préfère attendre. Mon rendez-vous ne serait tarder..."


Le serveur s'inclina et se retira pour la laisser enfin en paix.
A vrai dire, Sheba avait d'autre soucis en tête que celui de dîner en galante compagnie. Ce restaurant de luxe n'était en réalité que le décor choisis pour se délivrer d'un énorme poids qui lui entravait le cœur depuis beaucoup trop longtemps. Cela faisait des mois que Sheba se questionnait sur sa vie, sur ses choix et décisions, bref sur elle même. La quarantaine est un âge de réflexion, et même une femme d'affaire aussi rationnelle qu'elle, ne pouvait déroger à cette règle. Si sa carrière professionnelle était couronnée de succès, elle s'interrogeait réellement sur son rôle de mère...
Alors qu'elle savait pertinemment qu'elle allait un jour ou l'autre passer le relais professionnel à sa filles, une question lui dévorait l'âme et l'esprit.

Humainement parlant, qu'avait-elle apportée à Swann?

En femme d'affaire active et indépendante, elle avait tout fait pour protéger sa carrière avant tout, ne s’encombrant point de mari, ni de quoi que ce soit qui puisse s'apparenter à une famille. Sheba avait toujours ardemment dissimulé l'identité de son père à Swann, et se montrant des plus évasives lorsqu'elles abordaient le sujet toutes deux. Le véritable conjoint de Sheba était son magasin et son activité professionnelle, et elle n'avait point tardé à marquer sa fille sous le sceau des empreintes T&T...
Swann partageait sa passion, et il n'était jamais venu à l'esprit de la mère qu'elle puisse souffrir de l'absence d'un père jusqu'alors. Mais voila, certaines vérités enfouies depuis des années ne demandent qu'à se révéler et jaillir au grand jour.
Depuis plusieurs semaines, Sheba lutait contre sa conscience pour tenter de conserver secret ce qui rythmait désormais son quotidien et celui de sa famille. Mais cela s'avéra bien vite illusoire.
En effet alors que Sheba se promenait seule avec ses pensées sur une jetée de Swansea, elle finit par se résoudre à se débarrasser de ce terrible secret qui risquait de la hanter jusqu'à la fin de ses jours.
Par hibou messager, Sheba se résolut à contacter celui qui n'avait été jusqu'alors qu'un géniteur au lieu d'être un véritable père pour la petite Swann. Cet homme, un éminent sorcier, ignorait tout de cette dernière, du fait que les deux amants se perdirent rapidement de vue après une brève relation de quelques mois. Pendant plus de dix-sept ans, Sheba lui avait dissimulé l'existence de sa fille. La première étape consistant à soulager sa conscience de mère indigne passait donc par révéler à cet ancien amant qu'il était le père de Swann.

Comment allait-il le prendre, aujourd'hui? Cela valait-il la peine de le révéler une telle vérité après autant de temps?

Sheba ne savait que penser, si ce n'est qu'elle se devait de la faire.
Et désormais, elle ne pouvait plus reculer, car déjà les bruits de pas de son ancien amant martelaient l'escalier de pierre la conduisant à elle, faisant rebondir son cœur dans sa poitrine.
Sheba leva alors son beau regard clair vers celui qui fut en des temps lointain celui qui lui accorda l'un des plus beaux cadeaux que peut recevoir une femme dans sa vie. Celui de devenir, une mère...
Très vite, elle balaya ses appréhensions en reconnaissant son amoureux du chemin de traverse, celui qui enchantait ses rires et l'avait rendue heureuse. Toujours aussi distingué et raffiné, il était devenu un homme magnifique, qui accordait beaucoup d'importance à son apparence.
Alors qu'il se tint enfin devant elle, elle inclina légèrement la tête, avant de lui adresser un sourire complice.

"Tu n'as vraiment pas changé... Même après autant de temps, j'aurai pu te reconnaitre entre mille... Je te remercie d'avoir répondu à mon invitation. Après presque dix-huit ans sans nouvelle, je me demandais si tu voudrais me revoir..."


Elle se releva pour aller déposer un baiser de bienvenue sur la joue de celui par qui, son rêve d'avoir un enfant était devenu une réalité. En effet, de leurs union était née la petite Swann...
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Le pas sûr et assuré, Edmund descendait la rue qui descendait à Hippogriffe Cendré. Il aurait très bien pu transplaner mais il aimait l'ambiance des rues, marcher à travers la liesse populaire. Lorsqu'il était enfant, il sortait très rarement, ses parents préférant les Cheminées et le Transplanage que le marche. Il regardait alors par la fenêtre, enviant les enfants qui couraient dans les rues, poursuivis par des géniteurs débordés. Évidemment, il n'enviait pas leur manque de savoir-vivre et leur goût vestimentaire douteux, mais appréciait leur liberté.
Sa cape d'hiver sur ses épaules et sa canne à la main, il fs'approcha du restaurant en retirant son haut de forme, qu'il portait toujours. Par mimétisme de son père, il avait adopté ce style de gentleman anglais qui allait parfaitement avec son éducation stricte et rigoureuse. Un peu dépassé selon certain, intemporel selon d'autre, il restait néanmoins persuadé que c'était le meilleur habillement pour un homme, loin de ces jeunes gens débraillés comme on en voyait à Poudlard. On demandait aux femmes une élégance et un savoir-vivre raffiné et on laissait les hommes se complaire dans la médiocrité, la vulgarité et le relâchement ? Très peu pour lui. Il défendait des valeurs qui selon lui étaient nécessaire à toute bonne tenue en société. C'était aussi pour ça qu'il continuait à fréquenter les cercles de la bonne société, comme il le faisait avec sa famille dans sa jeunesse. Car ces gens-là savaient ce qu'était l'élégance, contrairement au petit peuple. Évidemment, il ne fallait pas généraliser. Des gens issus de milieux modestes savaient très bien se tenir et étaient désormais très hauts-placés et faisaient preuve d'une distinction à tout épreuve. Ces gens-là, Edmund ne les dénigrait pas. Il était uniquement dérangé par les gens médiocres.

Après quelques minutes d'attente - et sa place cédée à une élégante vieille sorcière - Edmund arriva enfin devant l'hippogriffe qui maintenant la porte close.

- Bonsoir, j'ai rendez-vous avec Miss Sheba Twilfit.

La sculpture en bois s'inclina et Edmund pénétra dans le restaurant, son haut de forme toujours à la main. Un serveur ampoulé se précipita vers lui pour le débarrasser de ses affaires. Edmund se débarrassa de sa lourde cape fourrée au pelage de Niffleur, de sa lourde canne contenant une deuxième baguette au cas où il en aurait besoin - la guerre lui ayant laissé quelques réflexes - et son précieux haut de forme. Le serveur fit disparaitre la masse de vêtements d'un coup de baguette avant de l'inviter à le suivre.
Vêtu d'un élégant smoking français de la célèbre Fanel, Edmund emboita le pas au serveur. Il adressa un signe de tête à une connaissance du Département de la Justice Magique dans la salle et continua son chemin sans s'attarder. Pour être tout à fait honnête, il était très intrigué par l'invitation de Sheba. Ils ne s'étaient pas vus ni parlés depuis de longues années et voilà qu'elle souhaitait le revoir. Évidemment, il avait accepté, poussé par sa curiosité. Sheba n'était pas une femme futile, elle devait avoir d'excellentes raisons de souhaiter sa présence ce soir.

A l'approche du salon de Pierre, il fut surpris de le découvrir vide, uniquement occupé par une femme dans une magnifique robe rouge flamboyante. Avant de congédier le serveur il commanda une bouteille de vin des Elfes 1864, la meilleure cuvée qu'il y ait eu jusqu'à maintenant. C'est sa sœur qui lui avait offert une bouteille à Noël dernier, un pur délice. Il avait hâte d'entendre l'avis de Sheba.
Même si cela n'était pas dans ses habitudes, il se sentait impatient. Il avait hâte de revoir Sheba et en était même heureux. Tout en dévalant l'escalier, il retira ses gants blancs pour les déposer soigneusement dans sa poche de smoking.

- Ma très chère Sheba, les années n'ont pas d'influence sur toi, tu restes aussi ravissante qu'au premier jour.

Il saisit délicatement sa main avant de l'effleurer du bout des lèvres. Adressant un sourire à son ancienne amie, il tira une chaise afin de lui permettre de s'assoir avant de lui même se poser en face d'elle.

- J'ai commandé un vin des Elfes, j'espère qu'il te plaira. Un délice pour les papilles.

Appuyé contre le dossier de son fauteuil, il abaissa légèrement son monocle.

- Je ne pourrais vraiment te blâmer pour le manque de nouvelles, je n'en n'ai pas donné non plus. C'était un accord tacite entre nous, dirons-nous. Et j'ai passé du temps à l'étranger aussi, durant la guerre. J'ai enseigné aux États-Unis.

Le serveur se racla la gorge en arrivant ce qui manquait singulièrement d'élégance, songea Edmund en lissant sa moustache.

- Vin des Elfes, cuvée 1864.

D'un geste de baguette magique, il fit apparaitre deux verres entre Sheba et Edmund. Ce dernier ne le fit pas remarquer mais des verres en cristal auraient été beaucoup plus adapté pour déguster un tel breuvage. C'est pourquoi il les transforma à l'aide d'un rapide enchantement une fois que le serveur eut le dos tourné.

- Le meilleur n'est jamais assez pour toi, s'excusa t-il auprès de Sheba.

D'un main experte, il servit le vin à la jeune femme avant de se servir lui-même et d'humer le contenu de son verre. Parfait, un délice. Quelque peu râpeux mais révélant des notes subtiles une fois en bouche.

- Alors, y'avait-il une raison particulière pour que tu souhaites me revoir ? Je suis tout ouï.

Sheba ne l'aurait pas demandé pour le plaisir de parler de leur délicieux et éphémère passé commun. Ils s'étaient rencontrés à un gala du Ministère il y a presque dix-huit ans et s'étaient plu très rapidement, pour le grand déplaisir de la famille d'Edmund qui imaginait pour lui une héritière de grande famille après son long célibat. Célibat qui se prolongeait, d'ailleurs. Il n'avait jamais ressenti le besoin de se poser en ménage et d'avoir des enfants. Son métier lui suffisait ainsi que ses neveux. Sheba avait été une aventure passagère dans laquelle il s'était épanoui quelques temps avant de rompre d'un commun accord. Ils ne s'étaient plus parlé depuis et Edmund avait peu repensé à Sheba, même si elle restait l'une de ses rares amantes. Il y pensait un peu plus depuis quelques années, en fréquentant sa fille au quotidien. Il avait été plutôt surpris de rencontrer Swann Twilfit, n'ayant pas appris le mariage de Sheba. Néanmoins, Swann portant le nom de jeune fille de sa mère, il s'était bien douté que Sheba était encore célibataire. Sûrement une aventure de passage, avait-il pensé, un homme qui n'a pas eu le courage de faire ce qu'il faut pour permettre à la jeune Twilfit de grandir dans des conditions convenables. D'une tristesse, songeait-il régulièrement, ce genre d'hommes.




Kit par SwannyFilleChérie

 

On travaille en silence, jeunes gens.
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Swann déambulait dans les rues de Pré-Au-Lard, faisant léviter à ses côtés les achats qu’elle avait effectué dans la matinée. La jeune femme venait d’acheter plusieurs mètres de peau de Moremplis, un rouleau de crins de Sombral tissés et quelques bobines de fils magique afin de se confectionner une robe sombre et sensuelle pour la prochaine sortie à Pré-Au-Lard, en décembre prochain. En effet, elle avait décidé de préparer une petite surprise pour Aaron en organisant une journée entière en tête à tête avec son chéri.

En effet, la principale difficulté à Poudlard pour de jeunes tourtereaux était d’avoir un peu d’intimité. Ou qu’ils aillent, il y avait toujours des dizaines d’élèves autour d’eux et le fait de ne pas partager la même maison n’arrangeait pas les choses ! Alors, bien sûr, on pouvait très bien faire fi du règlement comme le faisait Kelsey Lorgan,- la poufsouffle avait surement visité les quatre salles communes ainsi qu’une bonne demi douzaine de dortoirs-, mais ce n’était résolument pas le style de Swann. En tant que préfète-en-chef exemplaire, la jeune fille avait un certain standing à tenir même si elle devait avouer avoir eut quelques moments de faiblesses. Il fallait dire qu’Aaron savait se montrer très persuasif…

Bref…La jeune femme était donc bien résolue à organiser un moment inoubliable pour son compagnon en décembre prochain. Elle avait loué une chambre au « Vivet doré », un hôtel de standing qui surplombait le bourg, et elle s’apprêtait à réserver une table à « l’hippogriffe cendré ». Sachant que le carnet de réservation de l’établissement se remplissait très vite, la jeune femme se dirigeait vers le restaurant avec une légère appréhension. Il était hors de question qu’elle se contente d’un sandwich partagé avec son homme aux Trois Balais au milieu d’une foule d’élèves !

Lorsqu’elle déboucha finalement devant l’entrée de la prestigieuse enseigne, une vingtaine de sorciers âgés patientait déjà devant la lourde porte sculptée. Swann se posta derrière le groupe afin d’attendre son tour.

« Oh, allez-y mademoiselle,
s’exclama alors un vielle sorcière, nous attendons des amis. »

Swann remercia la mamie avec un sourire avant de s’approcher de l’ouverture magique.

« Bonjour, je souhaiterai effectuer une réservation. »
lança-t-elle dignement à l’intention de la créature sculptée, tout en bénissant Natasha de lui avoir expliqué le fonctionnement de la porte magique. Elle n’aurait pas supporté être ridicule devant tous ces gens en ne sachant pas comment entrer dans le restaurant.

L’hippogriffe émit alors un claquement de bec avant de la laisser pénétrer dans un vaste hall. Swann observa l’énorme escalier de marbre garni de chandeliers qui semblait desservir l’étage supérieur, et celui tout en pierre qui descendait vers le niveau inférieur. Son amie ne lui avait pas menti. L’endroit était luxueux et s’était résolument le lieu idéal pour un diner en amoureux. Quoique, connaissant Aaron, il se serait surement contenté d’un pique-nique en tête à tête, mais en plein mois de décembre cela semblait bien improbable, à moins bien sûr, que Swann ne se confectionne une tenue moins sexy que ce qu’elle avait prévue initialement…
Tandis qu’elle essayait d’évaluer son potentiel de séduction en étant recouverte de peau de niffleurs de la tête aux pieds, elle s’approcha du maitre d’hôtel qui se tenait derrière un énorme registre. La jeune femme ne put contenir plus longtemps un sourire satisfait en découvrant qu’il portait un costume griffé T&T.

« Bonjour monsieur, dit-elle avec un sourire poli, je souhaiterai réserver une table pour deux personnes le samedi 9 décembre à midi trente, s’il vous plait. »

Le serveur tourna les pages du registre d’un coup de baguette avant de proposer :

« Salon de cristal ou salon de pierre ? »

« Cristal. » répondit-elle comme s’il s’agissait d’une évidence alors qu’elle n’avait pas la moindre idée de la différence entre les deux lieux.

« A quel nom souhaitez-vous réserver madame ? »
demanda-t-il en saisissant une plume.

« Twilfit" répondit-elle en se penchant légèrement au dessus du grand livre pour s’assurer que le maitre d’hôtel ne faisait pas d’erreur d’orthographe. Mais contre toute attente, le serveur tiqua légèrement en entendant son nom de famille. Il la dévisagea quelques secondes avant de jeter un œil en direction de la rambarde qui donnait sur le niveau inférieur. Swann haussa les sourcils, légèrement interloquée par cette attitude bizarre.

« Y a-t-il un problème ? »
demanda-t-elle posément.

Le jeune maitre d’hôtel sembla alors se ressaisir d’un seul coup puisqu’il lui accorda son plus beau sourire commerçant avant de l’inscrire sur le large registre en s’exclamant :

« Pas le moins du monde madame. »


Le pauvre bougre ne faisait pas illusion. Il ne devait vraisemblablement pas être scolarisé chez les Serpentard songea la préfète avec dédain. La jeune femme pinça légèrement les lèvres tout en ce demandant ce qui avait pu le pousser à réagir de la sorte. Guidée par la curiosité, elle esquissa donc quelques pas en direction de la barrière qui surplombait une salle de restaurant quasiment vide. Manifestement, il s’agissait du Salon de Pierre à en juger par la décoration sobre et élégante. Swann balaya rapidement la pièce du regard avant que ses yeux ne se posent sur les deux personnes qui étaient installées au centre de celle-ci. La jeune femme retint une exclamation en reconnaissant Sheba en compagnie d’un homme qu’elle n’arrivait pas à identifier puisqu’il était assis de dos.

« Euh…Madame, vous ne pouvez pas rester ici. » lança alors le Maitre d’Hôtel qui l’avait rejoint.

« Mais, je viens de voir ma mère ! » s’exclama Swann en montrant les deux clients d’un geste de la main.

Le serveur sembla quelque peu mal à l’aise. Il se dandina légèrement avant d’ajouter.

« Madame Twilfit a expressément demandé de ne point être dérangée durant son repas. »

« Mais puisque je vous dis qu’il s’agit de ma mère. » insista la préfète comme si c’était un argument implacable, je peux tout de même aller la saluer, non ? » ajouta-t-elle avec une pointe d’agacement dans la voix.

« Je vais vous demander de sortir madame. »
répondit le maitre d’hôtel en arborant cette fois un air déterminé afin de faire comprendre à Swann qu’il ne plaisantait pas.

La préfète ouvrit la bouche prête à s’insurger mais elle se ravisa bien vite. Sa mère n’apprécierait surement pas que sa fille face un esclandre dans un prestigieux restaurant. Sheba était peut-être en compagnie d’un client ou d’un fournisseur important et sa fille ne pouvait pas se permettre de ridiculiser le nom de Twilfit. La jeune femme arbora donc un large sourire aussi mielleux que factice en s’exclamant :

« Bien sûr je comprends. Vous faites votre travail après tout. »


Néanmoins, elle n’avait pas pour autant abandonner la partie. Même si le maitre d’hôtel semblait résolu à la mettre dehors, Swann était encore plus décidée à rester. D’autant plus que la jeune fille se questionnait sur l’identité du fameux rendez-vous de Sheba. En y réfléchissant bien, elle était quasiment persuadée qu’aucun fournisseur du magasin n’était implanté à Pré-Au-Lard. Il devait donc s’agir d’un client mais la préfète ne comprenait pas pourquoi sa mère ne l’avait pas prévenu de ce repas d’affaire. Après tout, Swann aurait pu se joindre à eux, en temps que future gérante d’une filiale de T&T, sa venue aurait été justifiée.

Alors qu’elle envisageait plusieurs scénarios afin de pouvoir rejoindre le Salon de Pierre, le groupe de sorciers du cinquième âge pénétra dans le hall. C’était là l’occasion rêvée pour fausser compagnie au Maitre d’hôtel qui semblait hésiter entre accueillir ces nouveaux clients ou raccompagner Swann jusqu’à la sortie. La préfète s’empressa de saisir sa chance. Elle lui adressa donc un ultime sourire enjôleur avant de lui dire :

« Ne vous en faites pas pour moi, je connais le chemin. »

Sortant sa baguette de sa poche, elle lança un sortilège de lévitation sur ses achats et se fraya rapidement un passage au milieu des vieux sorciers ridés. Lorsqu’elle eut quasiment atteint la porte d’entrée, elle s’assura rapidement que le Maitre d’hôtel ne pouvait pas la voir puis elle s’infligea un sortilège de désillusion, à elle et ses bagages. Merlin bénisse le professeur Harris qui lui avait appris ce sort qui se révélait fort utile finalement !
Sans perdre une seconde, la jeune femme se dirigea silencieusement en direction de l’escalier de Pierre pour retrouver sa mère et son mystérieux invité.


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Les manières de gentleman dont le sorcier faisait preuve ne pouvait que conforter Sheba Twilfit dans le fait qu'elle venait de prendre la bonne décision en choisissant de le rencontrer. Même plus jeune, sous ses allures de mauvais garçon, Edmund brillait déjà par son sens de la courtoisie, faisant preuve d'une galanterie inégalée envers la gente féminine. Pourtant lors de leur première rencontre, elle avait eu vent de nombreuses rumeurs la mettant en garde sur ses talents de séducteur intrépide et sur l'image d'homme à femmes qui lui collait à la peau. Mais indéniablement, Edmund avait l'art de faire les choses avec classe et élégance, et Sheba ne cherchait à l'époque nullement un mari mais simplement un homme. C'est pourquoi, entre eux, tout avait été limpide depuis le début. Elle savait ou commençait la romance et quand celle-ci s'achèverait. Aucun malentendu ne semblait pouvoir mettre à mal ce pacte tacite entre eux. Nombreux sont les séducteurs qui usent du mensonge et des faux-semblants, mais Edmund n'était point de ceux-la...
Dans sa vie rythmée par les contraintes professionnelles, sa rencontre avec ce sorcier respectable fut une parenthèse enchanteresse dans sa vie structurée ou elle apprit, certes de manière éphémère, le vrai sens du mot liberté. Car Edmund Harris était un homme profondément libre, qui préférait assumer un tempérament de solitaire et d'éternel célibataire, pour conserver son indépendance. Et le voila comme au premier jour qui se tenait devant elle...
Alors qu'ils s'installèrent à table, Edmund Harris ne tarissant point d'éloge sur la beauté intacte de Sheba, le sorcier finit par revenir à des sujets à hauteur de table.

- J'ai commandé un vin des Elfes, j'espère qu'il te plaira. Un délice pour les papilles.

Sheba Twilfit lui adressa alors un léger sourire raffiné, comme elle savait si bien le faire lorsqu'elle ne savait trop quoi répondre.

"Pour ce qui est des vins, je me repose entièrement sur ta science en œnologie. Je ne suis pas une experte, loin de la, mais je sais savourer les bonnes choses."

Cela détendait quelque peu Sheba de pouvoir parler de choses futiles, et elle s'apprêtait à lui dire au combien elle trouvait somptueuse la coupe de son smoking, quand Edmund entra dans le vif du sujet...
Abaissant son monocle, il lui tint un discours visant sans doute à la faire déculpabiliser quant à la distance qui s'était instaurée entre eux depuis leur rencontre fugace.

- Je ne pourrais vraiment te blâmer pour le manque de
nouvelles, je n'en n'ai pas donné non plus. C'était un accord tacite
entre nous, dirons-nous. Et j'ai passé du temps à l'étranger aussi,
durant la guerre. J'ai enseigné aux États-Unis"
.

Sheba esquissa un nouveau sourire plus mélancolique que le précédant. Elle se demandait si Edmund accepterait avec autant de philosophie la nouvelle qu'elle était sur le point de lui délivrer. Belle et rassurante utopie que celle-ci...
Sheba fit alors une constatation des plus réalistes, qui visait à montrer à Edmund qu'elle partageait ses propos.

"La vie est faite ainsi...
Mais ce sont les longues absences qui font les belles retrouvailles. Non?"

Alors qu'elle cherchait le moyen le plus délicat pour faire sa renversante annonce, le serveur la coupa dans ses réflexions. Un brin pataud pour être le digne serveur d'un restaurant aussi réputé, Edmund Harris se sentit dans l'obligation de sauver les apparences. Sheba aimait toutes ses petites attention, et nul doute qu'il venait de choisir un cru d'excellente qualité.

- Vin des Elfes, cuvée 1864.

Sheba leva un sourcil admiratif sur la magnifique bouteille finement orné de gravure elfes. Elle s'empressa de se réjouir de ce choix.

"La vin idéal pour fêter nos retrouvailles!
C'est curieux comme coïncidence, mais il se trouve qu'avant de venir ici, je travaillais sur la coupe d'une robe de mariée moldue datant justement de 1864. Une manière pour moi de faire du neuf avec du vieux...
Oh! Je suis confuse. Voila que je parle à nouveau de travail. Tu vois, je n'ai guère changé..."


Edmund Harris ne lui tint aucunement rigueur pour cette incartade professionnelle, bien au contraire, d'un rapide coup de baguette magique, il transforma le verre de Sheba en cristal.

- Le meilleur n'est jamais assez pour toi,

Ce compliment raffiné eut pour mérite de faire s'empourprer les pommettes délicates de Sheba, dont les paupières papillonnèrent l'espace d'une seconde comme une adolescente. Par Merlin, comme elle aimait la classe dont il faisait preuve. Pourquoi avait-elle privée sa fille d'un père aussi admirable?
Très vite, elle recouvrit ses esprit et dissimula l'émoi presque juvénile qui s'était emparée d'elle. Elle n'était point la pour s'entendre conter fleurette, mais pour se délivrer d'un cas de conscience. Elle trempa alors ses lèvres dans son verre en cristal , pour accessoirement en constater la saveur, mais surtout pour se donner du courage. Elle murmura son plaisir de gouter un aussi bon cru...

"Divinement exquis..."

Puis la question de Edmund Harris tomba alors comme un couperet.

- Alors, y'avait-il une raison particulière pour que tu souhaites me revoir ? Je suis tout ouï.

Le sourire de Sheba Twilfit disparut immédiatement, et elle leva alors un regard plein d'appréhension et de doute vers celui dont elle avait caché l'existence d'une fille pendant toutes ces années...
Elle savait pertinemment qu'elle ne pouvait plus faire machine en arrière, mais comment annoncer pareille nouvelle?
Comment dire à un homme qu'il ne verra jamais son enfant accomplir ses premiers pas? Sheba avait garder rien que pour elle, égoïstement, tous ces instants de purs bonheurs, privant Edmund de la vision merveilleuse de sa fille.
Ce dernier la croisait tous les jours, sous les traits d'une simple élève, alors que son propre sang se tenait devant lui. C'était odieux et impardonnable de sa part d'avoir privé Edmund de tant de bonheur...
Il n'avait jamais vu Swann éclater de rire ou en sanglot, mais seulement une simple élève griffonnée ses cours sur un parchemin. Edmund n'avait encore point assisté au repas de Noël en famille, et la fameuse remise de cadeau, ou Sheba guettait avec attention la moindre expression qui puisse trahir la satisfaction ou la déception de sa fille adorée. Il ignorait tout de la manière légendaire dont sa fille était capable de de dire oui en pensant non. Sheba se rendait compte que son silence avait privé cet homme solitaire de tant de belles choses, comme les concours de grimaces, ou encore lorsque sa fille faisait la belle devant son miroir.

Non! Toutes ces belles choses, Sheba ne pourrait jamais lui rendre. Mais il était de son devoir de rattraper cette cruelle erreur et de faire en sorte que Edmund soit informé, qu'il était le père de sa fille.
Qu'elle serait sa réaction? Voudrait-il reprendre contact? Ce n'était pas la préoccupation immédiate de Sheba. Elle souhait juste lui dire la vérité, tout simplement...
Elle planta alors sur lui un regard grave, avant de dire d'une voix posée.

"En effet, il y a bien une raison particulière pour laquelle je souhaite te voir... et tu ne pourras sans doute jamais me pardonner le fait de te le dire seulement maintenant... mais le mal étant fait, je n'ai plus guère d'autre choix..."

Sheba sortit alors de son sac une photographie, qu'elle laissa glisser sur la table jusqu'à Edlund Harris...

"La raison, la voici..."




Sheba Twilfit hocha la tête de manière affirmative, avant d'ajouter d'une voix grave :

"Oui, il s'agit bien de Swann, enfant...
Et ce qu'elle tient dans la main n'est autre que ceci..."


Sheba tendit alors une petite broche en forme de hibou à Edmund Harris.

"Tu ne t'en souviens sans doute plus mais c'est toi même qui m'a offert cette broche lors de notre premier rendez-vous. C'est la seule trace et le seul souvenir que je possédais de toi, et je voulais absolument l'offrir à ma Swannie, pour qu'elle ai en sa possession quelque chose provenant..."

Sheba marqua un temps d'hésitation puis leva un regard sans équivoque possible sur Edmund, avant d'ajouter d'une voix emplie d'émotion :

"...de son père!"

Devant la réaction de stupeur qui s'emparait d'Edmund, sheba voulut alors s'expliquer mais les mots vinrent difficilement. Se délivre de ce fardeau et de ce lourd secret était une chose guère aisée, mais l'expliquer en était une autre...

"Pardon, Edmund mais je..."


Tout a coup une forme désillusionnée se matérialisa derrière Edmund et sous les yeux horrifiées de Sheba apparut rien de moins que sa fille. Le trio familial était enfin réunie, pour le meilleur et pour le pire...
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Tout en portant son verre à ses lèvres d'un geste assuré, Edmund ne cessait de scruter Sheba par dessus son monocle. Elle semblait préoccupée, mal-à-l'aise. Et Merlin savait que ce n'était pas son genre ! C'était une femme assurée et sûre d'elle. C'est ce qui l'avait séduit chez elle. Sa mère et sa famille avaient toujours eu la désagréable habitude de lui présenter des jeunes femmes bien éduquées et bien dociles. Peut-être avaient-elles un tempérament de feu, mais elles le cachaient plutôt bien lorsqu'il les rencontrait. Il aimait débattre, se disputer, s'emporter, échanger des avis, argumenter... Il cherchait des relations enrichissantes, passionnées, passionnantes ! Pas des elfes de maisons à qui passer une alliance. Même si malgré toutes les qualités de Sheba, il ne lui avait jamais passé la bague au doigt. Elle ne l'aurait pas souhaité elle-même, il le savait très bien. Il n'avait jamais d'ailleurs passé la bague au doigt de personne, au plus grand désespoir de sa famille. Un homme si bien éduqué, un si bon parti, célibataire ! Mais il se satisfait très bien de la situation. Il aimait plus que tout son poste à Poudlard et profitait de ses quelques vacances pour voir sa sœur et ses neveux. Cette vie lui correspondait très bien, il ne voulait pas s’encombrer d'une épouse qui ne serait qu'une source de désagréments en plus. Son indépendance était sa plus belle maitresse.

Reposant son verre à l'entente du ton grave qu'avait employé, Sheba, il fronça les sourcils. Que pouvait-il donc se passer pour qu'elle soit si nerveuse ? Laissant courir ses doigts sur la photographie qu'elle lui tendait, il la dévisagea un instant en silence. Cela ne pouvait être que la jeune Swann, comme le lui confirma sa mère plus tard. Qu'avait avoir la jeune fille dans cette conversation ? Voulait-elle parler de son cursus scolaire ? Il n'aurait rien à y redire. Miss Twilfit était une élève sérieuse, agréable, enjouée et volontaire sur laquelle on pouvait compter. Elle faisait une très bonne préfète-en-chef, cela en était même à regretter qu'elle ne soit pas à Serdaigle.

- Si tu voulais me parler du cursus de ta fille, tu aurais dû m'envoyer un hibou, Sheba. Je t'aurai reçue beaucoup plus vite à Poudlard, tu sais.

Néanmoins, Sheba ne semblait pas vouloir s'arrêter sur les résultats scolaires de sa fille. De plus en plus méfiant - et légèrement contrarié même s'il ne saurait dire pourquoi - Edmund hocha la tête à l'évocation de la broche. Une babiole, bien loin de ce que pouvait contenir le coffre des Harris à Poudlard. Un cadeau d'amourette, du genre de ceux qu'on garde précieusement, mais qui n'ont que pour valeur des sentiments éteints. Son esprit commençant à faire des liens qu'ils ne voulait pas voir, qu'il refusait d'affronter, il porta son verre de vin à sa bouche. Il était loin d'être idiot et les insinuations de Sheba commençaient à pénétrer perfidement dans son esprit. Il était hors de question d'écouter cette voix lancinante dans son esprit, ce souffle qui lui faisait battre le cœur et tourner la tête. Non, non, non. Il se refusait à admettre une évidence cachée jusque sous ses yeux. Non. Il n'était pas ce genre d'hommes, pas de cette classe, de cette trempe. C’était faux, c'était un mensonge, une tromperie, un piège, une erreur. Avalant une gorgée de vin rapidement au mépris total de toutes les règles d’œnologie, il ferma les yeux au mot père et reposa doucement son verre, les paupières toujours closes. Soupirant, il joignit les mains devant son visage. Elle se trompait. C'était faux.

- Plait-il ?

C'étaient les seuls mots qui étaient sortis de sa bouche, sa bonne éducation qui lui revenait en bouche quand sa réflexion faisait défaut. Un vieux bouclier, le repli de toute personne bien éduquée. Mais derrière cette ultime débandade, son cerveau ne cessait de retourner dans tous les sens les mots de Sheba pour leur trouver un sens, une raison, une vérité. Il ne pouvait pas être le père de Swann Twillfit. Il n'avait pas pu avoir un enfant hors-mariage, lui qui s'était toujours accroché à sa liberté comme un condamné à sa baguette. Il ne pouvait pas être le père de Swann Twilfit. Il avait connu de nombreuses femmes et s'était toujours assuré de ne jamais se retrouver avec ce genre d'ennuis sur les bras. Il n'avait pas pu faire ça. Sheba n'avait pas pu lui faire ça. Oh, les comptes pouvaient convenir, en effet. Mais Sheba avait toujours été une belle femme, qui avait connu de nombreux hommes. Pas seulement lui. Cela ne pouvait pas être lui. Il avait trop d'honneur pour ça. Trop de distinction, trop de classe.
Soudain las, il se massa les tempes. Il ne pouvait pas être père, il ne savait pas ce que c'était. Il ne connaissait même pas la fonction de mari ! Swann Twilfit n'était pas sa fille, elle ne pouvait pas être sa fille. Il la connaissait, évidemment, comme il connaissait tous ses élèves ! Il ne la voyait pas comme sa fille et jamais cette idée ne lui avait traversé l'esprit ! Même à l'arrivée de cette dernière à Poudlard, il s'était juste dit que Sheba s'était vite remise de leur séparation, rien de plus. Il ne pouvait pas être père. Il n'avait jamais éduqué Swann, c'était une complète étrangère pour lui. Une élève parmi tant d'autres, un visage dans la foule. Il avait connu beaucoup d'enfants, les avait vu grandir et avait sûrement participé un peu à leur éducation, mais il n'était pas un père pour autant ! Non, non, non. Ce n'était pas possible, c'était un mensonge. Et puis, même si c'était vrai, que dirait sa famille ? Le scandale que cela occasionnerait ! Et les élèves ! Il avait Miss Twilfit en cours ! Il ne pourrait plus jamais la voir comme avant ! Et, et...

Un léger bruit de froissement, typique de la désillusion, retentit derrière lui. Animé d'un vieux réflexe, il dégaina sa baguette magique pour mettre en joue son adversaire. Il avait toujours été un excellent duelliste, rarement vaincu. Relevant le menton, il se prépara à lancer un sort pour faire face à... Miss Twilfit en personne. Complètement surpris, il se raccrocha à tout ce qui lui restait de ses certitudes, qui venaient de s'écrouler ce soir : sa place de professeur.

- Miss Twilfit ! Puis-je savoir ce que vous faîtes ici ? A espionner les entretiens privés d'un professeur de Poudlard ? Votre mère ne vous a jamais appris à ne pas écouter aux portes, jeune fille ?

Ce n'est qu'une fois prononcée qu'il se rendit compte de la maladresse de la dernière phrase, qui lui avait échappé. Vieux réflexe de professeur, aussi. Non, ce n'était pas une maladresse, sa phrase. Sheba devait se tromper, il n'était pas le père. Tout ceci serait bientôt réglé. Abaissant sa baguette, il la rangea dans sa ceinture et lissa sa moustache d'un geste machinal.



Kit par SwannyFilleChérie

 

On travaille en silence, jeunes gens.
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Toujours sous sa forme désillusionnée, Swann descendit le grand escalier sur la pointe des pieds. Elle était particulièrement fière de son petit subterfuge et elle esquissa même un sourire satisfait lorsqu’elle atteignit les larges dalles du salon de pierre. Levant les yeux vers l’étage supérieur, elle vit que le serveur était toujours occupé avec son groupe. C’était parfait. Elle n’avait plus qu’à rompre le sortilège qui la maintenait invisible avant de rejoindre sa mère et son mystérieux rendez-vous professionnel. La préfète épousseta donc sa cape, passa une main dans ses cheveux pour leur rendre tout leur volume et arbora son sourire de parfaite ambassadrice. Mais au moment où elle s’apprêtait à reprendre une apparence normale, elle découvrit le visage soucieux de Sheba. Ce n’était pas dans les habitudes de sa mère de se montrer aussi fragilisée face à un client ou un fournisseur. En effet, Sheba avait enseigné à sa fille l’art de masquer ses émotions en faisant toujours bonne figure, hors, elle semblait nager en plein doute face à cet individu.

Fronçant légèrement les sourcils, Swann esquissa quelques pas en direction de l’unique table du salon de pierre. Qu’avait bien pu dire cet homme au point de tourmenter sa mère de la sorte ? La préfète n’appréciait pas du tout de la voir comme ça. S’approchant toujours des deux individus, elle reporta son attention sur l’homme installé dos à elle. Elle avait l’impression de connaitre cette silhouette. Des cheveux bruns coupés courts, un costume parfaitement taillé, un maintien rigoureux presque trop raide d’ailleurs…

*Harris ?* songea-t-elle tandis que ses yeux s’arrondissaient sous le coup de l’étonnement.

Mais que faisait sa mère en compagnie de son professeur de Sortilèges ? Le cerveau de la préfète se mit à fonctionner frénétiquement, cherchant les raisons d’une telle entrevue. Au bout de quelques secondes, elle aboutit finalement à la seule conclusion envisageable : Sa mère doutait des capacités de sa fille et elle venait confier ses craintes au professeur Harris.

Joignant ses mains devant sa bouche, la jeune femme stoppa subitement sa progression. Elle ne comprenait pas pourquoi sa mère ne lui avait pas fait part de ses inquiétudes. Elle était relativement mure pour son âge et elle pouvait parfaitement entendre ses angoisses. Après tout, Swann savait bien qu’elle n’avait pas autant de facilité que les Serdaigles mais elle avait toujours travaillé avec acharnement pour combler ses lacunes. Elle était d’ailleurs prête à redoubler d’efforts pour prouver à sa mère qu’elle avait tord. Porté par un esprit légèrement revanchard, Swann avança donc d’un pas décidé en direction de la table captant enfin quelques bribes de conversation :

« …mais c'est toi même qui m'a offert cette broche lors de notre premier rendez-vous. »

Une nouvelle fois, la préfète s’arrêta en s’efforçant de comprendre la situation et ce qu’elle sous-entendait :

1/ Sa mère tutoyait Harris.
Ce simple constat était déjà bien difficile à concevoir.
2/ Sa mère avait visiblement eut plusieurs rendez-vous avec l’enseignant au cours desquels il lui aurait offert des cadeaux.)
Là, ça devenait complètement improbable… Swann avait presque l’impression d’être une née-moldue à qui l’on aurait appris l’existence de Poudlard.


Malheureusement, elle ne savait pas encore ce qu’était la révélation 3/ :

« … C'est la seule trace et le seul souvenir que je possédais de toi, et je voulais absolument l'offrir à ma Swannie, pour qu'elle ai en sa possession quelque chose provenant de son père!"

« Quoi ? » souffla la préfète avant de mettre fin au fin au sortilège de désillusion tout en dévisageant sa mère. Elle se doutait parfaitement que cette dernière n’apprécierait probablement son arrivée impromptue qui manquait légèrement de classe mais, au fond, elle s’en fichait éperdument. Il n’y avait qu’une chose qui comptait, là, maintenant : Que Sheba démentisse ses propos. Cela ne pouvait pas être vrai. Ça ne pouvait pas être Harris.

Mais contre toute attente, ce ne fut pas sa mère qui réagit en premier puisqu’Edmund se tourna brusquement dans sa direction pour la mettre en joue avec sa baguette. Swann recula d’un pas, particulièrement surprise par cette réaction démesurée, tandis que son professeur persifflait :

« - Miss Twilfit ! Puis-je savoir ce que vous faîtes ici ? A espionner les entretiens privés d'un professeur de Poudlard ? Votre mère ne vous a jamais appris à ne pas écouter aux portes, jeune fille ? »

En tant que préfète exemplaire et irréprochable, Swann n’avait pas pour habitude de se faire réprimander par des enseignants. Légèrement blessée dans son orgueil, elle pinça les lèvres et reporta son attention sur sa mère afin de ne pas avoir à soutenir le regard de cet homme qu’elle découvrait sous un jour nouveau.

« On ne m’a pas appris à écouter aux portes mais j’aurais peut-être dû le faire avant. Rétorqua-t-elle légèrement crispée, Cela m’aurait permis d’apprendre certaines vérités un peu plus tôt visiblement. » ajouta-t-elle avec amertume, les ailes du nez frémissant sous le coup de l’émotion.

Elle avait envie de hurler, de pleurer ou de s’arracher les cheveux mais elle restait là, debout, parfaitement digne au milieu du salon de pierre. Elle avait certes commis une petite erreur, mais elle n’était pas la plus fautive des trois. Elle, elle n’avait pas mentit. Croisant les bras sur sa poitrine dans une parfaite imitation de petite fille caractérielle, la jeune femme scruta sa mère, attendant des explications.

« Mademoiselle je croyais pourtant vous avoir dit de rester en haut »
lança alors une voix dans son dos. Lorsque le serveur arriva à sa hauteur, il lui jeta un regard noir avant d’arborer un sourire d’excuse à l’intention de Sheba : « Excusez-nous madame, cela ne se reproduira plus. Je vais raccompagner cette jeune demoiselle jusqu’à la sortie.»

Il attrapa Swann par le coude mais elle se dégagea brusquement, faisant fi des bonnes manières. Elle n’allait surement pas se laisser reconduire docilement. Comme le serveur allait répéter son geste, la jeune femme prit à partie sa mère en s’exclamant :

« Maman mais fait quelque chose ! »

Elle tourna ensuite la tête en direction du professeur Harris afin de l’inviter à réagir également, mais lorsqu’elle croisa son regard, les mots restèrent coincés dans sa gorge…


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Sheba Twilfit
Mère de Swann et Directrice de T&T

Du fait qu'elle s'y était dûment préparée à l'avance, la réaction de stupeur et d'incompréhension d'Edmund Harris ne la déstabilisa pas plus que ça. D'ailleurs le professeur de sortilège réagit en gentleman avisé, suivant ses règles de savoir-vivre qui l'empêchait d'élever la voix ou de pousser un juron en société. Il se contenta de murmurer un "Plait-il ? "
Sheba se mordilla la lèvre inférieure devant cette forme d'incompréhension qui ne faisait que traduire toute l'étendue de ses non-dits et de ce secret si longtemps gardé. Alors qu'elle pensait avoir accomplit le plus difficile, et s’apprêtait à se lancer dans un torrent d'explications; l'inimaginable se produisit et sa fille en personne fit son entrée en scène pour compléter ce tableau de secret de famille!
Sheba Twilfit, foudroyée par la surprise et l'appréhension de voir la silhouette de sa fille se matérialiser derrière son véritable père Edmund Harris, recula brusquement contre le dossier de sa chaise.
Face à cette situation totalement imprévue, Sheba ne savait comment réagir et resta de marbre, silencieuse, les bras croisés pour se donner une prestance et une protection dont elle ne disposait plus.
Secrètement, elle espérait que Edmund Harris puisse trouver les mots justes qui sauverait la situation, mais ce dernier finit par réagir avec Swann en usant de son statut de professeur et non comme le père qu'il était devenu...

- Miss Twilfit ! Puis-je savoir ce que vous faîtes
ici ? A espionner les entretiens privés d'un professeur de Poudlard ?
Votre mère ne vous a jamais appris à ne pas écouter aux portes, jeune
fille ?

Mais dans la situation actuelle, il ne servait à rien de se cacher derrière ses titres et sa hierarchie, il n'y avait plus de professeur ou de directrice de T&T, ni même d'élève...
Il y avait simplement : un père et une mère avec leur fille.
Sheba Twilfit tentait de trouver une solution qui puisse l'aider à se sortir de cette situation inextricable avec sa fille, alors que cette dernière répondait de manière assez virulent à son véritable père.
Une chose était certaine, Swann n'avait pas pas pour habitude de s'emporter, et sa colère du moment traduisait à quel point elle était désemparée par cette révélation brutale. Chez les Twilfit, il y avait des règles bien établîtes, et l'une d'entre elles préconisait de ne jamais s’énerver en public car la colère n'avait rien de glamour et n'était en rien un argument vendeur. Dès le berceau, Sheba avait inculqué à sa fille adorée, une arme terriblement efficace en toute situation de grand gêne, qui n'était autre que "le sourire des Twilfit". Aussi dérisoire que cela puisse paraitre, ce sourire était encore plus efficace qu'un sortilège de l'Impérium. Sheba avait notamment décrocher de gros contrats et des exclusivité T&T grâce à son usage, et ce même dans des situations qui prêtait à pousser un hurlement de rage primaire. Comme ce fut le cas avec cet illustre artiste londonien dont elle détestait les peintures et sa manière peu élégante de lui caresser les fesses en douce, mais qui avait l'avantage de financer également une rubrique de mode essentielle dans Sorcière-Hebdo.
Sheba Twilfit n'avait vue s'emporter sa fille qu'une seule fois, lorsque réagissant en directrice de T&T, elle lui avait fait remarqué qu'elle travaillait trop lentement pour pouvoir postuler de devenir la repreneuse de la célèbre marque; Swann, se sentant taclée sur son professionnalisme, n'avait alors eu de cesse de râler toute la journée!
Mais aujourd'hui la situation était bien compliquée. Sa Swannie venait de découvrir l'identité de son véritable père qu'elle lui avait cachée pendant si longtemps...

« Maman mais fait quelque chose ! »

Sheba fut tirée de ses réflexions par cette supplique de sa fille qui se débattait avec le serveur. Ce dernier semblait bien décidé à la faire sortir de cette sphère privée et confidentielle qui ne l'était plus. Gardant son calme en toute situation, Sheba s'adressa au serveur d'une voix qui se voulait aussi douce que menaçante.

"Je vous prie de bien vouloir lâcher ma fille, immédiatement! Tout commerce repose sur le bouche à oreille, et il serait vraiment dommageable que je me sente obligée de propager certaines rumeurs concernant le vôtre... Viens t'asseoir, Swann! "

Dans l'instant le serveur s'excusa pour sa maladresse et apporta une troisième chaise auprès de la table, afin que la jeune fille puisse se joindre à sa mère... et son père. S'abritant derrière une façade digne, Sheba se sentait aussi mal à l'aise que si elle avait été obligé de revêtir un top léopard et un pantalon en cuir lors la prochaine Fashion-Week de Milan...
Sheba joignit ses mains dans une attitude de réflexion, avant de déclarer...

"Ma fille...
Cesse de t'emporter sur Edmund, car celui-ci n'est en rien responsable de la situation actuelle. J'accepte d'en porter toute la responsabilité, car durant des années je pensais qu'il s'agissait de la meilleure attitude à adopter. Mais depuis quelques mois, je me suis rendue compte que c'était sans doute la plus grande erreur de ma vie, de priver ma fille... de son père biologique
." Sheba tiqua quelque peu devant sa maladresse, avant de se reprendre. "A un certain moment, Edmund et moi avons vécu, une belle histoire d'amour et même si les choses sont clairement terminée entre nous, je ne pourrai jamais oublier que celle-ci m'a apporter ma plus grande fierté qui illuminera à jamais ma vie... c'est à dire toi, ma belle Swann...
Même si les choses paraissent compliquées, sache que j'ai toujours chercher à te protéger.
"

Sheba marqua quelques secondes avant d'ajouter.

"Une mère peut commettre bien des erreurs par amour, et j'en suis aujourd'hui la preuve incarnée. C'est pourquoi du fond du cœur je te demande pardon pour t'avoir cacher cette vérité..." Puis tournant la tête vers Edmund Harris qui restait silencieux. "Et je te demande pardon à toi aussi, pour t'avoir privé si longtemps d'une fille aussi admirable que ma Swannie..."

sheba laissa alors retomber son regard coupable sur la surface de la table du restaurant...
Edmund HarrisPersonnage décédéavatar
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Outré devant l'insolence de la jeune préfète - on aurait dû donner le poste à une Serdaigle, il l'avait toujours su - il s'apprêtait à lui retirer des points quand il lui vint à l'esprit qu'il n'était plus à Poudlard et que Miss Twilfit ne se tenait pas devant lui en sa qualité de Préfète-en-Chef. Perturbé et décalé, il n'avait pas vraiment l'habitude de voir ses élèves en dehors des cours, il reporta toute son humeur sur le serveur qui avait eut l'affront de les interrompre. Depuis quand les établissements de luxe employaient-ils de tels incapables ? D'abord les verres en verre puis cela ! La moustache frémissante de rage, Edmund leva un sourcil et jeta un regard méprisant au jeune serveur par dessus son monocle. Sûrement un ancien Gryffondor.

- Monsieur, je vais vous demandez de sortir d'ici. Je croyais que votre établissement avait le respect des bonnes manières et des conversations privées, mais je me suis visiblement trompé. Lâchez-donc cette jeune fille et faites votre travail au lieu de venir déranger vos honnêtes clients ! Je vous suggérerai ainsi de poser un troisième couvert, de vous excusez platement et de tourner les talons avant que j'en fasse appel à votre direction !

Satisfait de voir le serveur s'exécuter, sous l'action conjointe de lui et de Sheba, il se rassit en tentant de digérer au mieux la situation. Il se retrouvait attablé avec une ancienne amante, sa fille qui était l'une de ses élèves et soi-disant sa fille, lui qui n'avait jamais connu ne serait-ce que les fiançailles. Situation qui le mettait quelque peu mal-à-l'aise, il devait se l'avouer. Mais jamais sans le montrer à Sheba ou à Miss Twilfit, évidemment. Se montrer déstabilisé ou s'emporter était le dernier des comportements à adopter. Il devait se contenir et bien réfléchir avant d'agir ou de dire quoi que ce soit. Pour se donner une contenance, il releva son monocle et se lissa le bout de la moustache d'un geste habile. Il avait déjà géré des situations bien pire, se persuada-t-il. C'était juste pour le moins inédit. Et heureusement, Rowena soit louée ! Il n'imaginait déjà pas être père une seule fois, alors avoir semé des enfants au grand vent ! Il n'était pas ce genre d'homme tout de même. Et même si, en toute honnêteté et sans en retirer la moindre fierté, il ne pouvait compter les femmes qu'il avait pu fréquenter sur seulement ses deux mains, il espérait néanmoins que chacune n'avait pas eu l'idée saugrenue d'avoir un enfant de sa personne.
Il avait vécu une enfance heureuse, quoique engoncée dans les convenances. Le commencement de sa vie d'adulte avait été pour lui une grande révélation et il s'était épris de la liberté comme on s'éprend d'une femme. Et rien ne lui avait jamais fait renoncé à cela. Il était parti aux Etats-Unis pour fuir la guerre, certes, mais aussi pour s'épanouir. Là-bas, il était libre de faire ce qu'il souhaitait, de vivre sa vie comme il l'entendait pleinement. Sans plus d'attache que ses études puis son poste, il s'était laissé porté par la vie et l'avait suivie comme il l'entendait. Il avait voyagé dans le monde entier, rencontré de nombreuses personnes, succombé à des charmes, étudié de nouvelles choses, avait découvert les populations magique les plus anciennes... Sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Il menait sa vie comme il l'entendait loin des pressions de mariage de ses parents. Il ne voyait pas ce que cela lui apporterait. Le célibat lui apportait tout ce dont il avait besoin et son métier l'occupait suffisamment. Il s'était toujours suffit à lui-même, préférant un bon livre au babillage d'une épouse, suivant son coeur lorsqu'il en avait le désir, mettant fin à des idylles dès que l'envie l'en prenait. Il refusait de se contraindre à avoir la même femme jusqu'à la fin de ses jours. Peut-être n'avait-il pas rencontré la bonne, celle qui le convaincrait de changer. Mais s'il devait un jour s'établir, ce serait par un véritable amour, pas une inclination. Or, il n'avait jamais rencontré cette femme-là et ne souffrirait pas de faire des concessions sur cela. De plus il n'avait jamais ressentit le besoin de partager sa vie à long terme. Il avait sa famille, sa sœur, ses neveux - à qui il donnait beaucoup d'affection, ce qui lui suffisait pour son désir d'enfant - éduquait déjà beaucoup de jeunes gens sans en avoir en plus dans les pieds à la maison. Ses parents auraient aimé que le nom Harris se répande plus mais il était heureux comme cela et avait toujours gardé son indépendance et sa liberté, toutes deux si chéries.
Sheba était une femme vive, intelligente, délicate, charmante, pleine de bonne manières et de manies attendrissantes. Il avait aimé partagé sa vie quelques temps mais ne se voyait pas expirer à ses cotés. Ils s'étaient séparés en termes aussi cordiaux que peuvent l'être deux personnes qui se quittent et n'avait jamais ressenti de rancœur ou de nostalgie par rapport à cette histoire. C'était du passé. De plus, il était de passage en Angleterre pendant l'été lorsqu'il avait rencontré Sheba et devait retourner à Salem en Septembre. Et il n'avait pas l'intention de changer ses plans. Ils s'étaient rencontrés dans la douceur d'une soirée de Juin, le 29 plus exactement, à vingt-et-une heure exactement. Elle lui avait plu toute de suite et s'en était rapidement suivie une idylle d'été, le genre d'amour bercé par les soirées dans l'herbe, à regarder les étoiles, blottis pour ne pas sentir le vent frisquet qui se levait parfois pendant la nuit. Les amours d'été, les lucioles accrochées aux arbres dans les petits villages moldus qui faisaient la fête, le sable chaud et le bruit de la mer. Des excellents souvenirs. Ils s'étaient séparés quelques jours avant Septembre, leur flirts s'envolant dans le souffle de l'automne qui allait arriver. D'ailleurs, si on faisait le calcul... Miss Twilfit était née un vingt-cinq Mars, il se rappelait très bien de cette date sur son dossier. Il retenait toujours les dates de naissance des élèves qu'il appréciait afin d'être plus coulant s'il venait à corriger des copies qui seraient rendues le jour fatidique. Un petit cadeau secret, mine de rien. Donc, elle avait dû être conçue vers la fin du mois de Juillet. Au plein cœur de leur amourette.

Soupirant, il se massa lentement les tempes en écoutant Sheba. Quelle histoire... Mais il savait très bien qu'elle disait vrai, elle n'avait aucune raison de mentir. Même si c'était pour assurer la fortune Harris à sa fille, elle s'en serait préoccupée bien avant. Et de toutes les façons, elle n'était pas ce genre de femmes, les vénales. Il avait déjà rencontré quelques unes et avait vite appris à se méfier. Il était en effet l'héritier de ses parents, déjà bien âgés, depuis le décès de ses deux frères. Et l'héritier du nom, qui mourrait de toute manière avec lui. Il n'avait pas de cousins qui le portait et sa sœur portait le nom de son mari. Et évidemment, Miss Twilfit portait celui de sa mère. Réprimant l'idée d'une Swann Twilfit-Harris, il releva la tête. Quelle pensée saugrenue. Cette affaire le perturbait vraiment plus que de raison. Il aurait tout donné pour être à ce moment-là dans son bureau, avec un bon livre devant la cheminée. Loin de toutes ces tracasseries. Et en toute honnêteté, il aurait vraiment voulu préféré ne rien savoir. Il avait survécu sans les Twilfit depuis dix-sept ans et s'en était très bien remis. C'était également le cas pour Miss Twilfit, qui était une jeune femme très épanouie, il le voyait à l'école. Pourquoi ressortir les squelettes du placard ? Tous deux, Miss Twilfit et lui, auraient été mieux sans savoir cela. Sheba voulait soulager sa conscience. Mais c'était un acte particulièrement égoïste. Elle n'avait pas pensé aux conséquences que cela pouvait avoir. Miss Twilfit passait ses ASPICs cette année, ce n'était pas le moment de lui ajouter une source de tracas supplémentaires. Quant à lui, il vivait très bien sans savoir. C'était égoïste de venir bouleverser leurs vies uniquement pour soulager son esprit. Tout comme cela avait été égoïste de garder le silence dix-sept ans auparavant, lorsqu'elle s'était aperçue de sa grossesse. Un hibou Salem - Londres n'était pas si cher que ça.
Évidemment, il se demanda comment il aurait réagi s'il avait appris qu'il allait être père. Et la réponse lui sembla évidente. Il aurait fait avec. Parce qu'il avait des principes, parce qu'il avait été éduqué comme ça. En Septembre, ses pensées étaient encore tournées vers Sheba. Il aurait démissionné de son poste, serait revenu en Angleterre et l'aurait épousée. Il se serait trouvé un travail au Ministère, il en recevait régulièrement des postes. Et il aurait élevé Miss Twilfit, comme il se devait. Il aurait revendiqué des droits plus important pour sa rente, se serait installé dans un manoir de la campagne Anglaise. Miss Twilfit aurait connu ses cousins, ses grands-parents, les Bones, les Harper... Elle aurait été élevée comme une petite héritière Harris, choyée mais pas trop - quand on voyait le résultat sur sa petite-cousine Cassandre - et aurait sûrement été très contente. Et lui se serait accommodé de la situation, d'abord cahin-caha au début puis de mieux en mieux. Miss Twilfit était une jeune femme très intelligente et il en aurait sûrement été très fier. Peut-être même qu'il aurait eut d'autres enfants, une fois habitué. Des garçons, peut-être. Et une autre fille. Une petite dernière. Sa vieille mère en aurait été tellement comblée ! Et voir Swann devenir préfète puis préfète-en-chef, postes qu'il avait lui-même occupé aurait été le comble de son bonheur. Oui, malgré toute la liberté qu'il chérissait, Edmund aurait accepté la situation et aurait sûrement finir par en être heureux.

Et il était passé à coté de ça. A cause de Sheba et de son égoïsme. Une bouffée de colère et de rancœur l'envahit. Et de jalousie. Parce qu'elle l'avait eu tout ça. Et pas lui. Jetant un coup d’œil à son annulaire gauche, il constata qu'elle ne portait pas d'alliance. Mais cela ne l'empêchait de partager sa vie avec quelqu'un. Quelqu'un qui avait pu jouir de tout ce qu'il n'avait pas pu avoir à cause d'elle. Et c'était trop tard désormais. Miss Twilfit était grande, presque une femme. Elle quitterait Poudlard et l'enfance à la fin de l'année et il n'aura jamais finalement connue qu'en tant qu'élève. Il ne servait plus à rien de se précipiter le genou à terre vers Sheba pour arranger les choses, tout était fini. Ce qu'il aurait pu offrir à Miss Twilfit, la jolie maison, les frères et sœurs, plus personne n'en n'avait cure. C'était il y a dix-sept ans que Sheba aurait pu lui parler. Dix-sept ans.

- La protéger de quoi, Sheba ? interrogea-t-il un peu sèchement. D'un père ? Je comprends ton inquiétude, j'ai toujours été un homme déplorable qui ne méritait pas d'élever sa propre fille.

C'était la première fois qu'il prononçait ce mot. Sa propre fille. Parce qu'il avait une fille. Il lui jeta un coup d’œil. Elle semblait avoir tout pris de sa mère. Les même cheveux noirs - bien que les siens le soit aussi - le même petit nez mutin, les mêmes lèvres... Miss Twilfit était le portrait craché de sa mère et il ne voyait pas très bien ce qu'elle avait pu prendre de lui. Mais en regardant plus attentivement, il constata avec un coup au cœur qu'elle avait les yeux des filles Harris, comme sa mère, sa grand-mère et sa propre sœur, Elizabeth. Comment avait-il pu passer à coté de ça avant ? Était donc t-il si idiot ? Visiblement, oui. Réprimant sa colère - il ne pouvait pas se permettre d'être irrespectueux - il inspira lentement avant de prendre une gorgée de vin.

- Sheba, j'avoue que tout cela me dépasse. Pourquoi ? Nous nous sommes séparés en bons termes, tu aurais pu me contacter dès que tu le souhaitais. Et tu savais que j'aurai fait tout ce qui aurait été nécessaire ! Je serais rentré des Etats-Unis, j'aurais abandonné mon poste à Salem, je t'aurais épousée, tu le savais tout cela ! J'aurai tout fais. Et je serai resté, jusqu'au bout, et tu sais que jamais je n'aurais failli à ce que je devais faire, que je l'aurais même fait de bon cœur !

Ses doigts se crispèrent sur son verre, laissant ses empreintes sur le cristal.

- Un hibou, Sheba. Un seul hibou. C'était si cher payé ? Je t'avais déplu à ce point-là, pour que tu prennes cette décision ? Pourquoi faire le choix de rien me dire ? Tu me pensais incapable d'élever un enfant ? D'être suffisamment là pour toi ? Tu me pensais si indigne que ça d'être père ? Je n'avais pas le droit d'être là, de voir ce bébé grandir, d'être présent, de vous protégez pendant la guerre ? Merlin, Sheba ! Et comment as-tu fais, pendant la guerre ? Pour le statut du Sang ? Une seule mention des Harris et vous auriez été tranquilles pendant tout le déroulement de la guerre ? Mais visiblement, je n'étais pas assez bien pour ça, même pour être reconnu comme le père de mon propre enfant.

Il perdait son calme, c'était la mauvaise chose à faire. Il but une autre gorgée de vin et ferma les yeux quelques secondes. Il n'avait pas à s'énerver, ils étaient des adultes responsables, ils pouvaient parler calmement.

- Tu n'avais pas le droit de prendre cette décision, Sheba. Tu n'avais pas le droit de m'éloigner de cette famille que tu allais construire. Ce n'était pas à toi de choisir cela. Même si tu avais refusé ma demande en mariage, une vie commune, une aide financière ou quoi que soit, tu ne pouvais pas, tu ne devais pas, me tenir éloigné de tout cela. Tu n'avais pas le droit de me cacher cela. Tu n'en n'avais pas le droit, Sheba, tu m'entends ?

Tournant la tête vers Miss Twilfit, il inspira un grand coup. Oui, elle avait les yeux d'Elizabeth. Il fallait être le dernier des abrutis pour ne pas faire le lien.

- Et tu n'avais pas le droit de cacher cela à Swann non plus.



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Alors que le serveur s’apprêtait à la raccompagner sans ménagement vers la sortie, Sheba et le professeur Harris prirent sa défense. Si la réaction de sa mère ne l’étonna pas, celle de son enseignant la plongea dans un océan de perplexité. Ne venait-il pas à l’instant de sous-entendre qu’elle était mal élevée ? Il aurait surement préféré la voir partir, puisqu’elle n’était qu’une petite fouineuse « qui écoutait aux portes », mais contre toute attente, le professeur de Sortilèges suggéra même qu’on amène un troisième couvert. Ainsi, il l’invitait à leur table. Swann ne se sentait pas la force de refuser. En effet, elle tremblait tellement que ses jambes étaient sur le point de se dérober sous son poids. Elle s’assit donc de bonne grâce lorsque le serveur fit apparaitre un siège pour elle puis elle se servit un grand verre d’eau qu’elle but d’une traite.

Comment sa vie avait-elle pu basculer en si peu de temps ? Quelques minutes plus tôt, elle était toute guillerette en train de réserver une table pour un repas en amoureux, alors que maintenant, elle se retrouvait complètement perdue, assise entre sa mère et un homme, qu’on lui présentait comme étant « son père biologique ». Tout cela n’était qu’un horrible cauchemar. Ce n’était pas possible. Swann n’osait même tourner les yeux vers son enseignant tant elle pouvait sentir le poids de son regard posé sur elle. Pourtant, elle n’avait rien demandé. Elle s’était résignée, depuis longtemps, à ne pas avoir de père dans sa vie. Jusqu’à maintenant, Sheba avait parfaitement rempli la mission du chef de famille et Swann n’avait jamais eut à se plaindre de cette situation. Seulement, aujourd’hui, les cartes de la famille Twilfit étaient redistribuées…et il fallait compter avec un nouveau joueur.

"A un certain moment, Edmund et moi avons vécu, une belle histoire d'amour et même si les choses sont clairement terminée entre nous, je ne pourrai jamais oublier que celle-ci m'a apporter ma plus grande fierté qui illuminera à jamais ma vie... c'est à dire toi, ma belle Swann... »

Toujours sous le choc, la préfète écoutait sa mère sans l’entendre. Elle avait déjà du mal à concevoir que Sheba appelle le professeur Harris, Edmund alors comment pouvait-elle envisager qu’il y ait eut, à un moment donné, une relation amoureuse entre eux. La professeur Harris était froid et austère et Swann l’avait toujours vu comme un vieux garçon solitaire. Alors que, lorsqu’elle imaginait son père, elle se figurait un homme débordant de vie et de projet, une sorte d’aventurier qui avait préféré embrasser la liberté, plutôt qu’une vie de famille rangée. Un homme un peu égoïste en somme, mais résolument passionné… Harris était-il de cette trempe là ? Assurément non, il semblait tellement aigri, tellement triste. Pourtant, il aurait pu avoir l’image d’un gentleman –peut-être l’avait-il été par le passé- mais son obsession et ses manies envers les Gryffondor le rendait juste ridicule et pathétique… A Poudlard, tout le monde se moquait de lui et, à ce moment précis, Swann avait juste honte qu’elle puisse être sa fille. Elle préférait ne pas avoir de père du tout, plutôt qu’un père qui la fragilise de la sorte.
Comme si Sheba lisait en elle comme dans un livre ouvert, elle tenta d’apaiser ses tourments en lui soufflant :

« Même si les choses paraissent compliquées, sache que j'ai toujours chercher à te protéger."

- La protéger de quoi, Sheba ? Interrogea alors sèchement le professeur Harris.

Pour la première fois depuis qu’elle s’était assise avec eux, Swann risqua un regard en direction de son enseignant. Elle avait côtoyé son visage pendant sept longues années et pourtant, elle avait l’impression de le découvrir pour la première fois. A vrai dire, elle cherchait quelque chose en le scrutant de la sorte. Un indice, un signe, comme si, subitement, elle allait se rendre compte qu’elle avait toujours eut cette évidence sous son nez. Néanmoins, il fallait bien admettre qu’ils n’avaient rien en commun. Les yeux sombres et l’air sévère d’un professeur contrastaient avec les yeux clairs et la mine habituellement enjouée de la préfète. Peut-être que sa mère s’était trompée ? Ca ne pouvait pas être lui. Ce n’était pas lui.
Elle croisa momentanément son regard et retint son souffle en s’efforçant de ne pas détourner les yeux. Elle n’avait rien à se reprocher après tout. Pourtant, lentement, elle vit l’expression du professeur Harris changer, comme s’il venait d’avoir une révélation soudaine : La preuve de sa paternité.
Légèrement troublée par cette drôle de sensation, Swann papillonna des paupières et reporta son attention sur la bouteille de vin au centre de la table. Lorsqu’Harris reprit la parole, son phrasé ne laissait plus de place au doute. Il était sûr de lui. Il était son père. Il semblait tellement amer, à la fois triste et en colère contre Sheba qui l’avait privé de sa fille. D’elle. Certes, c’était flatteur qu’Harris lui porte autant d’intérêt, mais, pour le moment, la préfète n’en avait cure. En effet, elle ne voyait qu’un homme qui poussait sa mère dans ses retranchements, l’accablant verbalement. Sheba tentait bien de se défendre, en répondant qu’elle avait fait le choix d’avoir un enfant seule et qu’elle n’avait pas voulu l’obliger à embrasser une vie qu’il n’avait pas désirée mais le professeur Harris continuait à l’assommer de question. Le regard de Swann passait de l’un à l’autre tandis que son pouls et sa respiration s’accélérait. Elle n’aimait pas cette situation. Elle ne voulait pas prendre parti. Elle haïssait cet homme qui faisait du mal à Sheba et elle haïssait sa mère de les avoir mises dans cette situation, de lui avoir caché sa vérité, à elle, sa fille, durant toutes ces années.

« …tu ne pouvais pas, tu ne devais pas, me tenir éloigné de tout cela. Tu n'avais pas le droit de me cacher cela. Tu n'en n'avais pas le droit, Sheba, tu m'entends ? Et tu n'avais pas le droit de cacher cela à Swann non plus.

« Attendez, s’il vous plait, arrêtez, implora-t-elle subitement en levant les mains en direction de chacun d’eux. Elle respira quelques secondes en silence avant de reporter son attention sur son enseignant, Je comprends vos questions professeur Harris, je me pose les même, ajouta-t-elle en posant une main sur sa poitrine pour prouver sa bonne fois, mais arrêtez, s’il vous plait, de parler avec autant de virulence … »

Elle avait parfaitement conscience d’en demander beaucoup aussi elle ajouta :

« Cela me met très mal à l’aise que vous traitiez ma mère de la sorte devant moi. »

Elle se racla la gorge et poursuivit :

« Je suis comme vous, je veux des explications, je veux comprendre mais… »


Elle se tourna alors vers sa mère et l’implora du regard. L’incompréhension dominait la colère et le sentiment de trahison, aussi la préfète se contenta d’un seul et unique mot :

« Pourquoi ? »

*Pourquoi lui ? Pourquoi me l’avoir caché ? Pourquoi me le dire aujourd’hui ?*

Sheba attrapa la main de sa fille et lui adressa un sourire triste avant de lui répondre de manière énigmatique :

« Pour toi. »

Swann dévisagea sa mère quelques secondes avant de reporter son attention sur le professeur Harris. Elle avait vécu dix-sept ans sans lui, et elle se demandait si c’était possible de rattraper ce temps perdu… D’ailleurs, en avaient-ils envie ?


[RP Terminé]


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Secret de famille [Sheba Twilfit - Mr X - Swann Twilfit]

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