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 Devant la chambre 345 [Chloé & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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28 Octobre 2006

Irving sortit de la chambre d’hôpital juste après sa mère. Il referma la porte précautionneusement derrière lui avant de tourner un visage livide en direction de sa directrice de maison. Toute trace de colère avait disparu de sa figure. Pourtant, la violente dispute qu’il avait eu avec Nora ne remontait qu’à quelques heures, mais il avait l’impression que tout cela n’était qu’un vague cauchemar lointain. C’était avant qu’il ne prenne le magicobus jusqu’à St-Mangouste, avant qu’il n’entre dans l’hôpital sorcier, avant qu’il ne trouve la chambre 345, avant qu’il ne se prenne sa deuxième claque de la journée en découvrant son père affaibli, rivé au fond d’un lit.

Pourtant il s’était préparé à ce changement. Durant tout le trajet qui le menait à Londres, il s’était efforcé de mettre de côté son accrochage avec Nora afin de se concentrer sur quelque chose de positif, les retrouvailles avec son père. Certes les lettres de ses sœurs disaient que Bradley avait maigri, que son visage était davantage marqué, que ses yeux étaient cernés, mais elles ne racontaient pas qu’il avait pris dix ans d’un coup et qu’il semblait aussi fragile qu’une poupée en chiffon. Cela avait été un tel choc, qu’Irving avait été soulagé de voir qu’il dormait à son entrée dans la chambre. Au moins, le vieil homme n’avait pas vu l’expression d’effroi qui était passée momentanément sur le visage de son fils, contrairement à Vivianne qui était, à ce moment là, au chevet de son mari.

Lorsqu’elle avait reconnut son fils, la mère d’Irving s’était immédiatement inquiétée, se demandant ce qu’il faisait là. Ce dernier lui avait alors expliqué, un peu penaud, qu’il avait fugué lors de la sortie, afin de venir voir son père. Tout en racontant son récit, il s’était rendu compte de l’énorme boulette qu’il venait de faire, son malaise s’accroissant au fur et à mesure de sa narration. Devant la rage de sa mère, il n’avait pas osé évoquer la dispute qui l’avait réellement amenée ici.

Après avoir copieusement disputé Irving, pointant son irresponsabilité, Vivianne avait immédiatement prévenu Poudlard afin que l’équipe pédagogique ne s’inquiète pas de la disparition de l’un de leurs élèves. Chloé Hellsoft avait été mandatée par la directrice pour venir récupérer le Gryffondor égaré à St-Mangouste, au plus grand désarroi de Vivianne Whitaker…

« Madame Hellsoft, pardonnez-moi de vous avoir fait déranger pendant votre jour de congé,
lança la mère d’Irving en lui serrant la main, je suis vraiment confuse, ajouta-t-elle en secouant la tête d’un air dépitée.

La tête légèrement baissée, Irving scrutait le visage ravagé de sa mère. Elle n’était pas malade, pourtant elle semblait elle aussi avoir vieillie. Ses joues étaient creusées et elle avait perdue de son dynamisme qui la caractérisait tant. Elle était lasse et fatiguée par ses nuits de travail à l’usine Nimbus et ses journées passées à St-Mangouste. Néanmoins, l’éducation de son fils était toujours sa priorité, aussi, Irving ne fut pas étonné de la voir poursuivre la conversation d’un air résolu :

« Bien sûr nous vous soutiendrons dans les sanctions que vous souhaiterez prendre à l’égard d’Irving. Un tel comportement n’est pas excusable. Surtout que ce n’est pas la première fois, avec cette histoire de concert en février dernier et… »

Vivianne marqua une pause joignant ses deux mains devant sa bouche close. Pendant un bref instant, Irving crut qu’elle allait pleurer. Le cœur du jeune homme s’emballa et il esquissa un pas dans sa direction. Sa mère l’arrêta d’un geste de la main. Elle ferma les yeux quelques secondes comme pour se re-concentrée puis elle reprit d’une voix ferme à l’attention de Chloé:

« Vous pouvez le priver de sortie à Pré-au-Lard jusqu’à la fin de l’année et si vous jugez qu’il n’est pas assez fiable pour que vous l’ameniez en Laponie, nous irons dans votre sens. De notre côté, mon mari et moi-même allons réfléchir ensemble à une punition exemplaire. Malheureusement, le père d’Irving n’est pas en mesure de vous recevoir aujourd’hui. Il est très faible et il a dormi toute la journée mais je vous tiendrais informé dans les plus brefs délais de notre décision, précisa-t-elle avant de se tourner vers son fils, Irving ! N’as-tu pas quelque chose à dire à ta directrice qui s’est spécialement déplacée pour toi alors qu’elle aurait peut-être préférée passer sa journée en famille ? »

Irving regarda le bout de ses baskets rapiécées. Il se sentait tellement minable qu’il n’osait pas affronter le regard des deux femmes.

« Pardon Professeur, finit-il par dire après avoir déglutit difficilement, je m’excuse de vous avoir dérangé. »

Il releva doucement la tête, non pas pour observer la réaction de la directrice mais pour montrer à sa mère qu’il était sincèrement désolé. Bien sûr, il ne regrettait pas d’être venu aujourd’hui mais il se rendait compte qu’il aurait dû s’y prendre autrement. Il aurait pu en parler avec le professeur Hellsoft ou miss Bloomwood afin d’obtenir une autorisation officielle plutôt que de tout quitter sur un coup de tête. Il fallait toujours qu’il gâche tout, en agissant sans réfléchir. A chaque fois c’était pareil.

Mais au moment où il tentait d’établir un contact visuel avec sa mère, une infirmière les interrompit :

« Madame Whitaker, le Médicomage est disponible pour votre entretien. »


Vivianne remercia la jeune femme avant de s’excuser auprès de Chloé :

« Je vous enverrai un hibou, dit-elle en lui serrant la main, encore désolée pour le dérangement, ajouta-t-elle avant de se tourner vers son fils.

Vivianne sembla hésiter quelques secondes sur la conduite à suivre puis elle esquissa quelques pas en direction d’Irving. Elle plongea un regard aussi triste que déterminé dans les yeux de sa progéniture avant de le saisir par la nuque :

« Tu ne me fais plus jamais ça. Tu as compris ? » Elle attendit qu’Irving hoche la tête avant de poursuivre, J’ai besoin que tu grandisses. Tu ne peux plus te conduire comme un enfant sans te soucier des conséquences. Plus maintenant. »

Vivianne secoua doucement la tête en signe de lassitude tandis qu’Irving avait de plus en plus de mal à cacher son trouble. Il était aussi pale qu’un inféri lorsqu’elle posa momentanément son front contre le sien. Irving ferma les yeux et résista à l’envie de se mettre à pleurer. Ne venait-elle pas de lui dire qu’elle avait besoin qu’il devienne plus adulte ?
Il ne pouvait donc pas lui parler du mal-être qui le minait depuis la rentrée, ni évoquer la terrible dispute qu’il avait eu avec Nora. Sa mère avait d’autres soucis et il devait la soutenir au lieu de l’accabler avec ses propres démons. Il devait gérer ça tout seul, comme un grand.

« Je vais faire des efforts maman. »
promit-il d’une voix rauque avant qu’elle ne lui dépose un baiser sur la joue.

« Je dois y aller mon chéri, prends soin de toi. »
lança-t-elle en s’éloignant.

Irving la suivit des yeux dans le couloir jusqu’à ce qu’elle pénètre dans le bureau du guérisseur. Dès qu’elle disparut de son champ de vision, son menton se mit à trembler légèrement. Il reporta son attention vers sa directrice mais il fut bien incapable de prononcer un seul mot à son intention.
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:53, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé entra à Sainte-Mangouste pour la seconde fois de la journée. Journée qui, au demeurant, n'avait pas été bonne. C'avait commencé par un rendez-vous avec sa médicomage. Celle-ci avait du s'absenter pour une urgence et avait été remplacée par une vieille chouette qui lui avait annoncé que sa grossesse se passait bien. Elle avait été un peu agaçante, à s'étonner de ce fait, "parce que vous comprenez, seulement le deuxième enfant à votre âge... et vous travaillez, en plus!" Chloé ne s'était pas gênée pour la remettre à sa place, cette vieille fille digne du Moyen-Age. Mais l'acariâtre voulait à tout prix annoncer le sexe du bébé, ce que Chloé ne voulait pas savoir. Elle avait envie d'avoir la surprise, et Peter ne semblait pour le moment pas s'en inquiéter. Et puis elle n'avait même pas commencé à chercher un prénom. La remplaçante lui avait suggéré "Irya" ou "Jane". Rien que parce que les propositions venaient d'elle, Chloé jura qu'elle n'appelerait jamais son enfant comme ça.

Ca ne s'était pas amélioré ensuite. En sortant, elle était allée chez son ex-mari, le père de Maeva. Elle l'avait déjà vu trois semaines auparavant pour lui annoncer sa grossesse. Comme prévu, James avait été odieux. Il avait montré un mépris envers elle et Peter qui n'avait pour but que de cacher qu'il était blessé dans son orgueil (qu'il avait fort développé). Ca n'avait pas atteint Chloé, qui n'avait pas beaucoup d'estime pour lui. Elle l'avait donc planté après lui avoir annoncé la nouvelle. Hélas, elle avait ouï dire qu'il avait envoyé une lettre à Maeva juste après cela et, si elle n'avait bien évideemment pas lu la lettre, elle se doutait que James ne lui envoyait pas des fleurs. Plus probablement, il essayait de se mettre la petite dans sa poche.

Chloé savait qu'il aimait sincèrement leur fille, et qu'il ne lui ferait jamais de mal volontairement. Mais le problème, c'était qu'il était irresponsable. Déjà du temps ou ils étaient mariés, il n'avait pas réussi à avoir un rythme stable, à comprendre qu'une famille nécessitait de passer en premier. Il voulait vivre pour lui avant tout, et les autres essuyaient les plâtres. Son succès en Quidditch n'avaient pas arrangé les choses. Il avait une bonne excuse pour n'en faire qu'à sa tête et c'avait gonflé son ego à un point inimainable. Chloé pensait que c'était pour cette raison qu'il n'avait jamais digéré leur divorce. Parce que c'était elle qui en avait pris l'initiative. Parce qu'elle ne l'avait pas laissé raconter n'importe quoi dans les journaux, parce qu'elle avait redonné son propre nom de famille à Maeva, parce qu'il était en tort et que c'était presque de notoriété publique. Elle regrettait sincèrement la situation entre James et elle. Maeva aimait son père, et elle faisait donc des efforts pour ne pas se mêler de ce qu'il se passait entre eux. Elle savait que James avait du mal à faire la part des choses et qu'il essayait de souligner les défauts de son ex-femme pour passer pour un père formidable. Elle n'imaginait même pas qu'il puisse aller plus loin, raconter et pire, mentir à Maeva à propos de leur couple. Quand sa fille lui avait dit que "Papa l'aimait", cela lui avait mis la puce à l'oreille. Elle ne pensait toujours pas que cela allait plus loin et heureusement pour James, sinon elle l'aurait réduit en charpie.

Quoiqu'il en était, la lettre en question avait décidé Chloé à agir. Elle s'était rendue chez lui pour clarifier les choses et être sûre qu'il ne raconterait pas d'autres idioties à leur fille. Mais James s'était mis à lui lancer des horreurs à la figure, à prendre virtuellement Maeva en otage. Chloé avait alors sorti les griffes. Elle pouvait faire face à beaucoup de choses, mais certainement pas à perdre sa fille à cause de son ex-mari. Aussi s'était-elle mis à son niveau et avait-elle brandit sous le nez de James une photo de Sorcière Hebdo le représentant avec deux blondasses sur les genoux. Elle l'avait mis face à ses mensonges à propos de ses sorties, au fait qu'il laissait leur fille seule la nuit et l'avait menacé de lui faire retirer la garde. Elle ne savait pas si ses menaces feraient effet, mais l'espérait fortement. James commençait à se faire vieux pour jouer au Quidditch, et une affaire de justice, même s'il n'en ressortait rien, ternirait ce à quoi il tenait le plus: sa popularité. Le chantage était probablement la seule chose qu'il comprendrait. Chloé n'avait pas envie de séparer Maeva de son père dans une période aussi critique, et elle doutait de sa capacité à priver James de la garde, même en comptant sur ses relations à la justice magique. Mais elle ne pouvait pas attendre qu'il se passe quelque chose avant d'agir. Elle avait attaqué en premier, et même si elle obtenait l'effet escompté, elle savait que les frictions continueraient et en était déjà fatiguée.

Chloé avait pris le Magicobus pour rentrer. Elle avait ruminé tout le long du trajet, espérant que sa flile se calmerait. Cela faisait un mois qu'elle lui avait annoncé la nouvelle et, si Maeva n'avait rien fait de grave, sa mère marchait sur des oeufs lorsqu'elle la voyait. Il faudrait qu'elle se décide à la faire revenir dans son appartement pour faire le point.

Chloé était à peine arrivée à l'école, d'une humeur électrique, que Minerva l'avait réexpédiée à Ste Mangouste pour chercher un élève qui avait plus ou moins fugué. En apprenant cela, Chloé avait manqué de tomber dans les pommes. Elle n'aspirait qu'à une chose, s'asseoir devant un café avec un bon livre. Mais non. Heureusement, Minerva lui avait permi d'utiliser la poudre de cheminette. Elle arriva toujours énervée à Ste Mangouste, vouant intérieurement Irving aux gémonies. Ce gamin lui en ferait voir de toutes les couleurs. Déjà, l'année dernière, entre la salle commune des Poufsouffle et le concert des Bizarr's Sisters, il était allé loin. Mais partir à l'hôpital? Quelle drôle d'idée! Il s'était probablement blessé en faisant quelque chose de répréhensible et avait espéré passer ni vu ni connu à Ste Mangouste. Typiquement son genre.

Pourtant, une partie de sa colère disparu en apercevant la mère de son élève. Que faisait-elle ici? Minerva l'avait-elle préveu également?

"Madame Hellsoft, pardonnez-moi de vous avoir fait déranger pendant votre jour de congé, je suis vraiment confuse."

"Bonjour, Madame Whitaker" commença Chloé en lui rendant sa poignée de main. Elle voulu ajouter autre chose, mais la Mrs Whitaker, visiblement dans ses petits souliers, ne lui en laissa pas le temps. Elle l'assura qu'ils soutiendraient toutes les sanctions qu'elle voudrait prendre à l'égard de son fils. Chloé jeta alors un oeil à Irving. Celui-ci était livide et gardait le silence, la tête légèrement baissée, comme honteux. Elle ne se souvenait pas l'avoir vu un jour aussi mal à l'aise. Elle l'avait vu dépité, craignant la sanction, déçu, mais pas aussi... enfantin. Son coeur de mère se demanda ce qu'il pouvait bien se passer.

"Avant de parler de sanction, nous pourrions peut-être écouter ce qu'Irving..." tenta de dire Chloé dans le court silence qui s'était installé. Mais Vivianne Whitaker reprit sans lui laisser le temps d'en dire plus. La directrice des Gryffondor surpris un échange entre la mère et le fils, un éclair d'inquiétude.

"Malheureusement, le père d’Irving n’est pas en mesure de vous recevoir aujourd’hui. Il est très faible et il a dormi toute la journée mais je vous tiendrais informé dans les plus brefs délais de notre décision..."

Ainsi, le père d'Irving était malade, compris Chloé. Cela expliquait l'air fatigué de la mère et l'inquiétude du fils. Irving n'était donc pas venu ici pour échapper à une punition après une bêtise stupide. Chloé n'était plus du tout en colère, simplement très lasse. Elle était fatiguée et voilà qu'elle devait gérer les problèmes de famille de ses élèves. Heureusement qu'il s'agissait d'Irving et pas d'un cancre du genre O'Connor, sans quoi elle n'aurait même pas cherché à comprendre.

Mrs Whitaker demanda à son fils de s'excuser, ce que celui-ci fit sans rechigner. Chloé se contenta de hocher fermement la tête, ne sachant quel comportement adopter. Devait-elle demander à parler à Mrs Whitaker en privé? Probablement. Elle voulait comprendre ce qui avait pu pousser son fils à partir soudainement de Pré-au-Lard. Si son père était malade, elle aurait dû en informer l'équipe professorale. Les situations familiales impactaient les élèves et les professeurs se devaient d'être vigilants. Ils étaient responsables de tous les jeunes sorciers du Royaume-Uni, tout de même.

Mais elle n'eu pas l'occasion de demander quoi que ce soit, un médicomage venant chercher la mère.

"Ne vous inquiétez pas, Mrs Whitaker, je saurai tenir compte des circonstances. Je vous recontacterai également."

Puis la famille se sépara. Chloé entendit malgré elle les mots de la mère au fils et un frisson la parcouru. L'état de Mr Whitaker semblait sérieux. On ne pouvait pas demander à un adolescent de grandir et d'être responsable d'un ton aussi grave devant une chambre d'hopital. Comme Mrs Whitaker disparaissait, l'enseignante fixa son élève d'un regard un peu sévère. Dès qu'elle croisa son regard, elle abandonna le plan initial. Irving semblait être à deux doigts de pleurer et ne parlait pas. Renonçant à rentrer immédiatement pour une discussion devant son bureau, elle décida d'un cadre moins formel.

Dans son malheur, Irving avait de la chance d'être Irving. Les professeurs déploraient son niveau mais tous reconnaissaient que c'était un bon gamin, qui ne ferait pas de mal à une mouche et qui avait un bon esprit. Chloé savait qu'il était apprécié de ses camarades et elle-même avait un petit faible pour lui, surtout depuis l'épisode de l'année dernière. Elle avait toujours eu du mal à être aussi professionnelle que Margot ou Daisy.

"Je crois qu'une petite discussion s'impose" dit-elle donc d'une voix douce. "Allons à la cafétéria."

Et sans un mot de plus, elle guida Irving vers le dernier étage du bâtiment. Arrivés à destination, elle leur commanda des cookies avec un thé et un café. Elle attendit un instant qu'ils soient servis et qu'Irving ait avalé quelque chose. Elle avait besoin de réfléchir à son angle d'attaque et le garçon avait probablement besoin d'un moment pour rassembler ses esprits. Enfin, elle se décida.

"Tu as fait une grosse bêtise en venant ici en cachette, Irving. Il aurait pu t'arriver n'importe quoi."

Le tutoiement lui avait échappé. D'ordinaire, on appelait les élèves par leur nom de famille et on les vouvoyait. Mais Irving ne ressemblait pas tant à un élève à cet instant. On aurait dit un petit garçon perdu. Chloé eu soudain envie de le mettre sous le nez de Maeva pour que celle-ci se rende compte qu'elle avait une famille facile, finalement.

"Mais... si j'ai bien écouté ta mère, ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Si tu m'expliquais tout depuis le début?"

Chloé ne se faisait pas d'illusion. Irving ne lui dirait pas tout, car elle était une professeur. Mais elle voulait au moins saisir l'état psychologique de son élève. Et la situation.


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Irving WhitakerAubergisteavatar
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Lorsqu’il tourna enfin les yeux vers sa directrice de maison, il reconnut instantanément la mine sévère que Chloé Hellsoft arborait en mainte circonstance. Même si elle attendait probablement des explications, Irving était bien incapable de lui en fournir. Il savait que s’il ouvrait la bouche maintenant, sa voix allait se briser et il ne pourrait plus rien contrôler. Il faisait déjà tous les efforts du monde pour contenir ses larmes mais la morve qui coulait de ses narines indiquait clairement qu’il était en train de perdre ce duel.
Devinant manifestement son trouble, la directrice prit alors la parole d’une voix douce.

"Je crois qu'une petite discussion s'impose, Allons à la cafétéria."

Irving hocha simplement la tête en guise de réponse tandis que son enseignante le guidait déjà en direction des escaliers. Comme le regard scrutateur de sa directrice n’était plus posé sur lui, Il expira plusieurs fois profondément pour tenter de se calmer, puis il profita du trajet pour se frotter les yeux et essuyer brièvement son visage sur la manche de son sweat gris.
Après avoir gravi les étages en silence, ils débouchèrent finalement dans le salon de thé de St-Mangouste.

Le gryffondor suivit machinalement son professeur qui traversait la pièce pour rejoindre une petite table disponible. Ils s’installèrent finalement à côté d’un groupe de sorciers qui bavardait autour d’un jus de citrouille. L’un d’entre eux semblait être un patient puisqu’il était vêtu d’un simple pyjama à carreaux. Il parlait en faisant des grands gestes, déclenchant des éclats de rire collectifs sur la tablée voisine.
Irving observa la scène quelques secondes avant de détourner les yeux sous le coup des émotions qui l’asseyaient. De l’envie, de la jalousie, de la tristesse, il ne savait pas trop. Tout en s’accoudant sur la table, il attrapa sa tête entre ses mains et se mit à fixer le parchemin des consommations sans le voir. Il était tellement perdu dans ses pensées qu’il ne remarqua la commande de Chloé que lorsqu’un serveur leur amena des boissons chaudes et des cookies.

Retrouvant subitement l’usage de la parole, le jeune homme bredouilla un « Merci » avant de sortir son petit porte-monnaie de sa poche. Il déposa quelques pièces sur la table puis son regard se posa finalement sur Chloé Hellsoft, qui attendait patiemment devant lui.
Comme s’il ne la remarquait réellement que maintenant, il ressentit une petite gêne devant autant de promiscuité. Après tout, elle était surement la femme qui lui inspirait la plus grande crainte, après sa mère. De plus, il savait qu’il devrait subir, tôt ou tard, ses remontrances. Le plus tôt serait le mieux d’ailleurs. Vivianne lui avait demandé d’agir comme un adulte, il devait commencer par assumer ses actes, et tenter d’enfouir davantage ses doutes.
Même s’il n’avait pas faim du tout, il croqua dans un cookie pour se donner un peu de courage et commença à le mâcher doucement. Cependant, il avait tellement la gorge nouée qu’il dû se résoudre à faire descendre sa bouchée avec une goulée de café. Lorsqu’il reposa sa tasse, il adressa néanmoins un regard entendu à sa directrice pour lui montrer qu’il était prêt à recevoir sa punition.

"Tu as fait une grosse bêtise en venant ici en cachette, Irving. Il aurait pu t'arriver n'importe quoi."


Le gryffondor s’étonna quelque peu en entendant son professeur le tutoyer et l’appeler par son prénom. S’il s’était préparé mentalement à se faire injurier pour la troisième fois de la journée, il n’était clairement pas prêt pour faire face à ce revirement de situation.

« Je sais… commença-t-il prudemment, Ce n’était pas prémédité à vrai dire...» ajouta-t-il légèrement embarrassé.

Pourquoi ne tenait-t-elle pas les mêmes propos qu’en avril lors de leur dernier entretien ? « "Mais que vais-je bien pouvoir faire de vous, monsieur Whitaker?" » ou encore "Il va falloir prendre un peu de plomb dans la cervelle », Ces phrases assassines résonnaient encore dans la mémoire d’Irving. Elles étaient encore plus d’actualité aujourd’hui car il était forcé de constater qu’il n’avait pas vraiment évolué depuis ce rendez-vous dans la salle des professeurs. Il avait même régressé. Complètement abattu face à ce triste constat, le jeune homme s’appuya sur le dossier de son siège et soupira longuement.

Ce fut une nouvelle fois l’enseignante en divination qui rompit le silence qui s’était installé :

"Mais... si j'ai bien écouté ta mère, ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Si tu m'expliquais tout depuis le début?"

Irving observa quelques secondes sa directrice. Contrairement à d’habitude, elle n’avait pas son regard glacial et ses traits semblaient moins durs. Peut-être voulait-elle simplement l’aider en cherchant à y voir plus clair dans cette histoire ?

Il avait enfin l’occasion de parler à quelqu’un mais il doutait que cela soit approprié de se dévoiler au professeur Hellsoft. Il ne remettait pas en cause la discrétion et le professionnalisme de cette dernière, mais, il avait plutôt imaginé qu’il aurait cette conversation avec quelqu’un d’autre. Nora par exemple. Malheureusement, son amitié avec la jeune fille venait de s’écrouler comme un château de carte, ne faisant qu’accroitre son mal-être. Il ne pouvait même pas la blâmer- après les horreurs qu’il lui avait dit, c’était parfaitement normal qu’elle ne veuille plus le voir- mais il se sentait encore plus perdu sans son amie. De plus, il ne pouvait pas s’empêcher d’interpréter cette rupture comme un funeste présage. Depuis juillet, les événements dramatiques ne faisaient que s’enchainer et s’amplifier, laissant augurer une conclusion tragique qu’Irving n’était pas sûr de pouvoir affronter seul.

« Mon père est malade, s’entendit-il dire subitement, On a su fin août que s’était la consumeuse. »

Comme il était plutôt mal à l’aise avec le sujet, il reporta son attention sur le serveur afin de ne pas avoir à croiser le regard de sa directrice. Il n’aimait pas annoncer cela et il détestait encore plus lire l’étonnement, l’indifférence, la compassion ou la pitié dans les yeux de ses interlocuteurs.

« Enfin j’veux pas que vous pensiez que j’me cherche des excuses … ajouta-t-il au bout d’un moment en posant enfin les yeux sur son professeur, Je sais que j’aurai pas dû faire ce que j’ai fait. Vraiment c’était nul mais j’avais trop besoin de… »

Partir loin de Poudlard ? Fuir Nora ? Voir son père ? Il ne savait même pas ce qui l’avait réellement poussé à prendre le Magicobus. Juste avant de prendre sa décision, il se souvenait avoir pensé à ses heures de retenues, à Danny qui pleure sur un bureau, aux lettres de sa mère, à ses sœurs, à Dérébusor qui lui hurle dessus, mais tout était confus et s’embrouillait dans sa tête. Il était incapable de savoir quelles étaient ses motivations réelles et ce qu’il ressentait véritablement depuis son coup de tête. Etait-il triste ? En colère ? Soulagé ? Révolté ? Effrayé ? Son crâne bourdonnait d’une foule d’émotions contradictoires qu’il n’arrivait pas à canaliser.

« J’ai l’impression que cette histoire me bouffe le cerveau, explosa-t-il subitement en s’attrapant la tête entre les mains, J’y pense tout le temps, j’arrive pas à me concentrer en classe du coup j’comprend encore moins bien qu’avant, enfin si c’est possible, ajouta-t-il avec amertume, Mais en plus de ça, j’ai l’impression qu’j’fais qu’prendre les mauvaises décisions : Avec ma famille. Avec mes amis… »

Il revoyait clairement le désarroi qu’il inspirait à sa mère et la vision de Nora pleurant par sa faute lui arracha une grimace de dégout.

« Et j’me conduis comme un vrai connard. » finit-il par lâcher avec mépris, franchement j'sais plus quoi faire. »

Il n’était pas sûr que Chloé Hellsoft puisse faire grand chose, mais au moins, ça lui faisait du bien de pouvoir parler de ce qu'il ressentait à quelqu’un.
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:53, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
« Mon père est malade, on a su fin août que s’était la consumeuse. »

Pour une entrée en matière... c'en était une. Chloé se doutait bien que le père d'Irving n'avait pas qu'un rhume après la scène dont elle avait été témoin, mais la façon dont il avait lâché le nom de la maladie. C'était aussi lourd que le poids que l'adolescent devait ressentir depuis cette annonce. Chloé se souvint que Mr Whitaker travaillait chez Nimbus et qu'il envoyait souvent des balais à son fils en avant première. Comme tous, elle avait lu dans les journaux l'effet des fumées toxiques dégagées par l'usine. Mais se retrouver subitement face à une victime indirecte de l'affaire... Elle se reprit donc rapidement pour effacer la surprise et la consternation de ses traits.

"Je suis désolée, Irving" répondit-elle donc simplement, ne sachant pas quoi dire d'autre. Elle se garda bien d'ajouter un "j'espère que ça va aller" de commisération.

Elle laissa ensuite le jeune Whitaker vider son sac. Comme d'habitude, ce qu'il disait était assez décousu, mais on sentait qu'il avait juste besoin de dire ces choses et qu'il ne butait que sur le comment. Chloé laissa un silence lorsqu'il eu terminé de parler, considérant son élève avec un oeif neuf. Le Irving Whitaker qu'elle avait en face d'elle n'était plus vraiment celui qu'elle avait attrapé près de la salle des Poufsouffle l'année dernière. Bien que toujours aussi bordélique et maladroit, elle sentait qu'il réalisait désormais que ses actes avaient des conséquences. Encore un peu et il réfléchirait avant d'agir, pensa-t-elle avec amusement. Mais elle ne fit pas cette réflexion à voix haute pour ne pas le blesser. La dernière phrase de son élève la surpris. Il y avait de la hargne contre lui-même, dans ce simple mot.

"Je crois que tu es tout sauf un connard, jeune homme."

Elle touilla son thé avant d'expliciter plus avant sa pensée.

"Je ne peux pas prétendre très bien te connaître, malgré le nombre de fois où tu es venu dans mon bureau. Je ne t'ai jamais eu dans ma salle de classe, et mes collègues déplorent ton... hum, faible intérêt pour les études, mais je n'ai entendu personne te traiter de connard. Je crois que le plus virulent était le professeur Dérébusor et qu'il disait quelque chose comme "petit cancre écervelé". Ce qui est plutôt gentil de sa part."

Chloé se permit un sourire à cette remarque. Crispin avait certainement dit pire, mais personne ne faisait plus attention à ses crises en salle des professeurs.

"D'autre part, il ne me semble pas que tu aies des problèmes avec tes camarades. Je n'ai pas le souvenir d'un élève venant se plaindre de ton comportement. Au contraire, tout le monde semble bien t'aimer, pour ce que je peux en savoir. Je me trompe?" Elle n'attendit pas la réponse à cette question réthorique et enchaîna. "Voilà pourquoi je pense que tu n'es pas un connard."

Le plus délicat allait être d'aborder la bêtise proprement dite. Chloé ne savait quoi en penser. Vu la situation, elle aurait été partisane d'oublier. Mrs Whitaker avait déjà bien sermonné son fils et celui-ci avait pleinement réalisé qu'il avait enfreint plus de la moitié des règles de l'école. Mais fermer les yeux n'aiderait pas plus Irving qu'une heure de retenue. Ne sachant pas trop quoi dire pour le moment, Chloé préféra suivre le fil de sa pensée.

"Je crois au contraire que tu es quelqu'un de bien, Irving. Tu fais certes des bêtises, mais je ne t'ai jamais vu rejeter la faute sur quelqu'un d'autre, ou t'apitoyer sur ton sort. Tu as l'air d'avoir le coeur sur la main. Ton seul problème, c'est la maturité. Mais il n'y a que les années qui peuvent t'enseigner cela. Et quand bien même... Même les adultes font des erreurs."

A cette dernière phrase, elle eut un sourire amer, songeant à son premier mariage. Ca, c'était une erreur qui avait plus de conséquences qu'une virée à Sainte Mangouste.

"Alors... Considérant les circonstances, ce n'est pas 'vraiment nul', ce que tu as fait. Ta famille aurait du nous informer de la situation. Nous aurions prévu d'aménager ton emploi du temps pour que tu puisses sortir voir ton père."


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
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Il avait révélé ce qu’il avait sur le cœur sans vraiment réfléchir à ses propos. Après coup, il n’était pas sûr que Chloé Hellsoft ait vraiment tout compris, puisqu’elle n’avait pas toutes les cartes en main, mais il se sentait quand même plus léger à l’idée d’avoir pu évoquer le chamboulement émotionnel dans lequel il se trouvait actuellement. Néanmoins, il se sermonna mentalement en se disant qu’il aurait pu trouver un mot moins vulgaire que « connard » pour se qualifier. A coup sûr, sa directrice n’allait pas apprécier cet écart de langage. Mais contre toute attente, Chloé ne sembla pas s’en formaliser puisqu’elle répondit le plus naturellement du monde qu’il était tout, sauf un connard. Irving tiqua légèrement en l’entendant prononcer cette insulte. Ce n’était pas tous les jours que Chloé Hellsoft se montrait grossière.

Il était clair maintenant dans l’esprit du jeune homme que cette conversation dans la cafétéria était comme une bulle loin des conventions de Poudlard. En usant du tutoiement et en parlant aussi librement, Chloé Hellsoft avait laissé son costume de professeur à l’école. Irving sentait qu’ils pouvaient avoir une conversation constructive d’individu à individu et que sa directrice lui serait surement de bon conseil. Il écouta donc attentivement ce qu’elle avait à dire. Il esquissa même un léger sourire lorsqu’elle lui révéla que Dérébusor l’avait simplement traité de « petit cancre écervelé ».

"D'autre part, il ne me semble pas que tu aies des problèmes avec tes camarades. Je n'ai pas le souvenir d'un élève venant se plaindre de ton comportement. Au contraire, tout le monde semble bien t'aimer, pour ce que je peux en savoir. Je me trompe? Voilà pourquoi je pense que tu n'es pas un connard."

Irving savait que l’instant de grâce ne durerait pas longtemps. Chloé Hellsoft devrait reprendre, tôt ou tard, son rôle d’intransigeante directrice, aussi il décida de se jeter à l’eau en révélant ses inquiétudes. Le jeune homme se pencha légèrement au dessus de la table et parla à voix basse comme pour lui faire une confidence :

« En fait, j’ai l’impression que ça me rend méchant… J’sais pas trop comment l’expliquer mais … » Il marqua une pause afin de chercher les mots les plus appropriés, …je deviens aigri. Par exemple l’autre fois pendant le match, les premières années qui faisaient du bruit et qui chantaient m’énervaient alors qu’ils ne faisaient rien de mal… Enfin y en a quand même un qui m’a craché dans les cheveux, ajouta-t-il en fronçant vaguement les sourcils, mais bon, ils supportaient juste Gryffondor quoi… »

Il haussa les épaules en signe de dépit et hésita à poursuivre ses explications. Il avait envie de parler du comportement abject qu’il avait eu envers Nora mais sans vouloir trop en dire.

« Et puis, je me suis vraiment énervé sur quelqu’un qu’j’aime bien, commença-t-il en émiettant son cookie sur la table, j’ai vraiment dit des choses horribles et très blessantes….»

Il leva les yeux de son tas de miettes légèrement honteux de son attitude.

« J’crois que je deviens aussi cruel qu’O’Connor .»

Une fois encore, Chloé Hellsoft le rassura en disant qu’il était quelqu’un de bien. Cette simple phrase arracha au gryffondor un demi-sourire de reconnaissance. Ce n’était pas grand-chose mais il ne soupçonnait pas que sa directrice puisse penser cela de lui. Elle ajouta même qu’il avait le cœur sur la main… Après ce qu’il venait de faire à Nora, il en doutait sincèrement mais une petite part de lui-même se raccrocha tout de même aux bonnes actions qu’il avait faites par le passé : Il avait conseillé Jérémy sur les cracmols, consolé Juliet dans le hangar à balais, épaulé Danny à l’annonce de la séparation de ses parents… Finalement, la seule chose véritablement méchante qu’il avait faite, s’était produite cet après-midi. Comme si elle avait suivit son raisonnement de pensée, Chloé révéla alors que tout le monde faisait des erreurs. Le jeune homme se contenta d’hocher la tête en songeant qu’il en avait fait deux belles aujourd’hui. A défaut de pouvoir les effacer, il pouvait toujours essayer de se racheter mais il ne voyait pas trop comment…

Tandis qu’il cherchait un moyen pour réparer ses fautes, Chloé intervint de nouveau :

"Alors... Considérant les circonstances, ce n'est pas 'vraiment nul', ce que tu as fait. Ta famille aurait du nous informer de la situation. Nous aurions prévu d'aménager ton emploi du temps pour que tu puisses sortir voir ton père."


Irving se dandina une nouvelle fois sur sa chaise et regarda un peu partout autour de lui légèrement mal à l’aise. Au point où il en était, il devait jouer carte sur table. Il ne pouvait pas laisser ses parents prendre pour lui. Il sortit donc une nouvelle fois son portefeuille de sa poche avant de l’ouvrir et d’en sortir une enveloppe pliée en quatre toute froissée et abimée. Il la déplia et tenta vainement de la lisser en appuyant dessus comme un assommé, avant de la faire glisser sur la table jusque devant sa directrice.




« Je devais vous la donner à la rentrée, grimaça-t-il, mes parents voulaient vous informer mais… »

Mais quoi ? Mais Irving n’avait vraiment pas eut envie d’aller trouver sa directrice en salle des professeurs. A coup sûr, elle aurait profité de cette intrusion pour lui remonter les bretelles quant à ses résultats désastreux en potions et astronomie… Et puis, il ne voulait pas lui dire à elle, l’ancienne Chloé Hellsoft, avec son air sévère et son regard glacial.

« Après j’me suis rendu compte que c’était bête, ajouta-t-il rapidement, du coup j’voulais vraiment vous la remettre mais vous auriez trouvé ça bizarre de recevoir un courrier daté du 29 aout avec plusieurs semaines de retard…. »

Il avait parfaitement conscience de s’enfoncer davantage, aussi il se tut quelques instants, conscient qu’il venait de rajouter une nouvelle erreur à son palmarès. Néanmoins, il avait aussi pleinement entendu les dires de sa directrice : On pouvait envisager un aménagement de son emploi du temps afin qu’il puisse rendre visite à son père, de manière tout à fait légale.

Tout en se remettant à émietter frénétiquement les restes de son cookie, le jeune homme finit par briser le silence qui s’était installé :

« Et pour cette histoire de planning aménagé, vous pensez que ça s’rait encore possible de mettre ça en place ? »


Devinant qu’il se montrait un peu trop culotté, surtout après ce qu’il venait de révéler, il ajouta :

« J’veux pas sécher les cours hein ! J’pourrai m’lever très tôt le dimanche et être revenu pour le repas de midi, et en échange, j’pourrai faire des trucs pour l’école ! » ajouta-t-il pour prouver sa bonne fois. Il était bien décidé à saisir cette occasion, même s’il devait pour cela récurer les toilettes du troisième étage.

« J’pourrai faire des travaux pour M. Silverster, ou même classer des trucs pour vous ou nettoyer vos boules de cristal… lança-t-il en déblatérant ce qui lui passait par la tête, Dites moi et j’ferai ce que vous voulez ! »
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:53, édité 1 fois
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« En fait, j’ai l’impression que ça me rend méchant… J’sais pas trop comment l’expliquer mais …  …je deviens aigri. Par exemple l’autre fois pendant le match, les premières années qui faisaient du bruit et qui chantaient m’énervaient alors qu’ils ne faisaient rien de mal… Enfin y en a quand même un qui m’a craché dans les cheveux, ajouta-t-il en fronçant vaguement les sourcils, mais bon, ils supportaient juste Gryffondor quoi… »

Décidément, le petit Whitaker avait une définition de la méchanceté et de l'aigreur assez particulière. Il lui en fallait si peu! Si tout le monde avait la même que lui, ils vivraient chez les bisounours. Elle compris mieux la raison de son trouble lorsqu'il finit par dire qu'il s'était disputé avec l'un de ses amis. Ah, voilà donc pourquoi il se sentait mal... Chloé se demanda s'il s'agissait d'une fille. Mais cela ne la regardait pas. Elle s'apprêtait à lui répondre, mais Irving assena alors le coup de grâce.

« J’crois que je deviens aussi cruel qu’O’Connor .»

Chloé, qui avait porté un cookie à sa bouche, manqua de s'étouffer en avalant de travers. Elle toussa plusieurs fois, bu une longue gorgée de thé et regarda finalement son élève avec une expression sévère.

"Ne redis jamais ça, Irving. Jamais. Tu ne sais pas de quoi cette famille est capable."

Puis elle se rendit compte de sa tension, réalisa ce qu'elle venait de dire. Hum, c'était peut-être un peu dramatique et les circonstances n'étaient déjà pas très drôles... Ce devait être la fatigue. Il fallait qu'elle fasse attention, Irving en avait déjà assez sur le dos, et malgré le cadre personnel de la conversation, elle restait son professeur. Aussi, Chloé se reprit et aborda un sourire plus compréhensif:

"Si tu crois que parce que tu traverses une période difficile, tu es aussi mauvais que Darren O'Connor, je vais encore devoir te détromper. On a le droit d'être irritable de temps à autre, il faut juste savoir le gérer."

Tous les propos d'Irving lui confirmaient ce qu'elle pensait: elle avait face à elle une bonne pâte, un mélange réussi des qualités (et défauts, il fallait le reconnaître), des Gryffondor et des Poufsouffle. Après tout, il réussissait à être ami avec Danny Sneals... Il fallait autant de courage que d'altruisme pour ça! Oh, le gamin n'était peut-être pas méchant, mais à chaque fois que Chloé avait cours avec lui, un immense découragement l'envahissait. Il était... à l'ouest. Il n'y avait rien d'autre qui pouvait mieux le définir.

Le jeune Whitaker lui tendit ensuite une lettre qui lui était adressée, bafouillant des excuses maladroites. Chloé ne l'ouvrit pas, comprenant tout de suite quel était son objet. Elle fixa Irving avec une mine désolée, ne sachant quoi dire. Elle comprenait qu'il ne soit pas venu voir sa directrice pour lui remettre une missive si personnelle. Il n'avait probablement pas envie que tout Poudlard soit au courant, ni de lire la compassion ou la pitié dans ses yeux. Elle ne pouvait pas le condamner pour ça, c'était une démarche qui n'avait rien de facile. Sa mère aurait dû lui envoyer un hibou. Irving avait raison sur un point, elle n'aurait pas apprécié de recevoir la lettre avec des semaines de retard.

"Effectivement..." Mais ce qui était fait était fait. "Oui, il est possible de mettre le programme en place. C'est même nécessaire, il me semble. Je convoquerai votre mère et nous verrons ce que nous pouvons faire."

L'espoir que cela suscita chez l'adolescent fit sourire Chloé.

"Ce n'est pas une faveur que l'on t'accorde et qui demande rétribution" dit-elle devant ses propositions. "C'est une façon pour toi et ta famille de vivre la situation et ta scolarité plus sereinement. Mais puisque tu proposes si gentiment de faire des travaux pour Mr Silverster, je pourrais te trouver un prétexte."

Elle souriait en disant ces mots, preuve qu'elle ne prenait pas la chose au sérieux.

"En revanche, je ne peux pas te laisser t'en tirer pour ce que tu as fait aujourd'hui, mais je ne pense pas que des heures..."

"Mrs Hellsoft!"

Chloé sursauta en voyant sa médicomage habituelle s'approcher de leur table.

"Je n'ai pas pu vous examiner ce matin, j'en suis désolée. Cela s'est-il bien passé? Ou y'a-t-il eu des complications, pour que vous soyez encore ici à cette heure?"

Horriblement gênée de la situation, Chloé s'empressa de répondre.

"Bonsoir, docteur Weir. Non, tout va bien, je venais juste récupérer le jeune homme ici présent."

"Ah, vous me voyez rassurée." La médicomage hésita un instant puis, s'apercevant enfin qu'elle avait interrompu une conversation, salua Irving et pris congé. Chloé s'autorisa un soupir de soulagement et se tourna vers son élève.

"Alors, que disions-nous?" demanda-t-elle comme s'ils n'avaient pas été interrompus.


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Lorsqu’Irving évoqua Darren, il crut que sa directrice allait s’étouffer avec son cookie ! En effet, l’enseignante toussa plusieurs fois avant de boire une gorgée de thé salvatrice. Une fois qu’elle eut retrouvé pleinement ses moyens, Chloé planta son regard glacial dans celui du sixième année en ajoutant gravement :

"Ne redis jamais ça, Irving. Jamais. Tu ne sais pas de quoi cette famille est capable."


La directrice des Gryffondor n’était pas le genre d’enseignante à se laisser submerger par ses émotions, et pourtant, Irving avait décelé un certain ressentiment dans le ton employé. Légèrement mal à l’aise face à cette révélation qui dépassait visiblement le cadre scolaire, le jeune homme baissa les yeux et fit semblant d’être subjugué par son tas de miettes de cookies.
Qu’avait-il bien pu se passer entre Hellsoft et les O’Connor pour qu’elle soit aussi remontée ? Irving n’en avait pas la moindre idée mais tout laissait à penser que les deux familles n’étaient vraiment pas en bon terme.

Néanmoins, l’enseignante ne souhaita visiblement pas s’attarder sur ce sujet, puisqu’elle reprit sur un ton plus léger :

"Si tu crois que parce que tu traverses une période difficile, tu es aussi mauvais que Darren O'Connor, je vais encore devoir te détromper. On a le droit d'être irritable de temps à autre, il faut juste savoir le gérer."

Savoir gérer son irritabilité. Ce concept était plutôt abstrait pour Irving. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il avait à faire. Il savait qu’il ressentait tout un tas d’émotion qu’il avait du mal à canaliser mais il ne connaissait aucune méthode pour se sentir mieux.

Après avoir organisé son tas de miettes successivement en rond, en carrée et en triangle, il finit donc par demander :

« Mais j’fais comment ? Enfin j’veux dire…J’dois faire quoi ? »

Il était réellement curieux de la réponse qu’allait lui apporter Chloé puisqu’elle connaissait surement des techniques ou des méthodes pour appréhender au mieux ce problème. D’ailleurs, la première solution que l’enseignante proposa fut de rétablir un équilibre affectif dans la vie de son élève en lui octroyant le droit de rendre visite à son père.

« C’est vrai ? demanda-t-il vivement, oh,c’est trop cool…» souffla-t-il avec soulagement.

Irving se sentit subitement plus léger. Bien sûr, il savait qu’affronter la maladie de son père allait être difficile, mais il était intimement persuadé qu’il allait vivre cette nouvelle situation nettement plus sereinement que l’ancienne. Il n’aurait jamais pensé que sa famille lui manquerait autant, mais il était forcé de constater que ses deux mois loin des siens avaient été catastrophiques. Comme le disait si bien Chloé, cette mesure de rapprochement était plus que nécessaire. De plus, d’après l’enseignante, il n’aurait même pas besoin de prévoir une rétribution en retour !

« Mais puisque tu proposes si gentiment de faire des travaux pour Mr Silverster, je pourrais te trouver un prétexte." Ajouta-t-elle en souriant.

Après lui avoir rendu son sourire, Irving fut tenter de répondre par une petite boutade, expliquant qu’il se portait volontaire pour faire le nettoyage de la salle commune des Poufsouffle. Après tout, Chloé savait qu’il avait un jour pénétré dans la pièce réservée aux blaireaux (enfin pas entièrement, puisqu’il avait juste glissé sa tête) puisque c’était la raison de leur précédent entretien disciplinaire. Néanmoins, le jeune homme se ravisa. Même si l’ambiance était détendue, le professeur Hellsoft restait sa directrice de maison et il ne pouvait pas se permettre de blaguer avec elle. D’ailleurs l’enseignante revint bien vite sur un sujet nettement plus sérieux en lui révélant qu’elle allait devoir prendre des sanctions pour ce qu’il avait fait aujourd’hui. Le sourire d’Irving se figea légèrement mais il hocha la tête pour montrer qu’il comprenait parfaitement la situation.

Cependant, avant que l’enseignante n’ait pu ajouter quoi que ce soit, quelqu’un interrompit leur conversation en interpellant Chloé. Les yeux d’Irving passèrent du visage de l’intruse, au nom brodé sur sa blouse de guérisseuse : Docteur Weir. Pensant être la cause de cette intrusion, le jeune homme fronça néanmoins les sourcils. C’était le docteur House qui suivait son père, pourquoi ne venait-il pas lui-même, à sa rencontre, plutôt que d’envoyer l’une de ses collègues ? Mais lorsque la médicomage prit la parole, Irving comprit qu’il faisait fausse route. Ce n’était pas lui que la guérisseuse voulait voir mais sa directrice :

"Je n'ai pas pu vous examiner ce matin, j'en suis désolée. Cela s'est-il bien passé? Ou y'a-t-il eu des complications, pour que vous soyez encore ici à cette heure?"

Le jeune homme reporta vivement son attention sur Chloé Hellsoft, la dévisageant littéralement, la bouche à demi ouverte. Ce pouvait-il qu’elle soit, elle aussi, malade ? Sans qu’il ne sache trop pourquoi, cette éventualité lui glaça le sang. Si son enseignante était suivie à St-Mangouste, cela devait forcément être grave, sinon elle aurait simplement demandé un traitement à Miss Bloomwood qui était parfaitement compétente pour soigner les troubles basiques.
Il se revoyait discutant sur le quai 9 3/4 avec Maeva, la fille de sa directrice. La fillette était bien trop jeune pour subir ce qu’il vivait depuis août. Le doute, la peur de perdre un être cher, l’impuissance face à la maladie…D’ailleurs, Maeva n’avait pas l’air dans son assiette depuis quelques temps. Elle était moins enjouée qu’avant et semblait légèrement plus…irritable.
Comme s’il avait été frappé par un éclair de lucidité, Irving s’adossa sur le dossier de la banquette en portant une main devant sa bouche.
Il regarda la guérisseuse prendre congé avant de dévisager Chloé qui tentait vainement de faire comme si cet échange n’avait pas eut lieu. Néanmoins, le jeune homme devait tirer cette affaire au clair aussi il demanda à brule pourpoint :

« Vous êtes malade ? Enfin…Je sais qu’ça me regarde pas hein… » ajouta-t-il précipitamment, Mais si c’est l’cas, vous auriez pas dû venir me chercher…. » ajouta-t-il en secouant la tête comme si c’était une aberration de s’être déplacé jusqu’ici.


« Vous devez vous reposer et surtout passer du temps avec Maeva…. » précisa-t-il en s’accoudant sur la table.

« D’ailleurs, je crois qu’elle a ... du mal à gérer son irritabilité elle aussi… » Souffla-t-il légèrement soucieux, « Elle a peut-être besoin d’se confier à quelqu’un, j’pense qu’elle s’inquiète pour vous… » conclut-il finalement, sans se douter que la réalité était très éloignée de ce qu'il croyait...
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:53, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Chloé eu un sourire indulgent lorsqu'Irving, après avoir médité ses paroles, lui demanda comment gérer son irritabilité. Elle avait parlé théoriquement, croyant qu'il comprendrait l'idée générale contenue dans les mots, mais ce n'était apparemment pas le cas. Comment lui expliquer la chose simplement?

"Disons que si tu es soudainement énervé contre quelqu'un, mieux vaut taper dans un oreiller que sur cette personne. Comme tu n'as pas été dans mon bureau pour avoir frappé les premières années pendant le match de Quidditch, je dirai que tu savais déjà ça et que tu gères plutôt bien."

C'était surtout qu'Irving était une bonne pâte qui se retrouvait fort désarmé face à ce qui était le caractère habituel de certaines personnes, comme un certain O'Connor, pour ne pas le citer. Mais Chloé se doutait que cette gentille boutade ne suffirait probablement pas à Irving. Il semblait avoir besoin de quelque chose de tangible à quoi se raccrocher, aussi, reprenant un autre cookie, elle lui conseilla une méthode qu'elle utilisait elle-même plus jeune.

"Gérer son irritabilité, c'est comme gérer son stress. Il faut juste reporter ses sentiments sur  une chose à laquelle tu n'auras pas faire de mal - en l'occurrence l'oreiller - et qui n'aura pas de conséquences - ne va pas frapper un arbre, ta main s'en souviendrais. Si quelqu'un t'énerve sans raison..." Elle insista bien sur le dernier mot, histoire qu'il ne croie pas qu'il devait toujours se taire, même si le quelqu'un méritait une bonne paire de claque, "... serre les poings et les dents et imagine cette personne dans une situation ridicule. Ca peut aider à te calmer. Repense à ce qu'il s'est passé le soir, au calme, pour savoir si tu as eu raison de ne pas réagir, ou de réagir de cette manière. Et si tu as mal agis, il reste toujours les excuses."

Voilà, elle ne voyait pas trop ce qu'elle pouvait lui dire de plus. Chloé allait passer aux conséquences de la fugue lorsque le Docteur Weir arriva. Bien qu'après le départ de celle-ci, elle voulu reprendre la conversation là ou ils l'avaient laissé, l'air effaré d'Irving ne lui en laissa pas l'occasion. Essayant maladroitement de satisfaire à la fois sa curiosité et le sens des convenances, l'adolescent commença par trouver scandaleux qu'elle se soit déplacée pour lui. Chloé n'avait pas pensé qu'il puisse la croire malade, surtout gravement, son esprit associant inconsciemment le Docteur Weir aux enfants, mais sa réaction était finalement logique: Irving ne pouvait pas savoir (et s'il avait sû, elle se serait inquiétée) qu'elle était l'une des meilleures gynécomages de Ste Mangouste.

Elle allait l'interrompre pour lui dire de sa calmer, lorsque, d'un ton dirigiste et très sûr de lui, Irving lui expliqua qu'elle devait se reposer et profiter de sa fille. Il continua en lui disant d'ailleurs que celle-ci semblait avoir les mêmes problèmes que lui niveau irritabilité. C'en fut trop pour Chloé qui ne put retenir un grand éclat de rire.

Pourtant, le parallèle n'avait rien de drôle. Maeva réagissait de la même façon qu'Irving pour quelque chose de beaucoup plus trivial. Elle n'avait aucun risque de perdre l'un de ses parents, de vivre des moments difficiles au sens triste du terme. Bien sûr, sa vie allait changer, mais elle avait tout à gagner dans l'histoire. Et la petite se permettait visiblement de montrer son agacement à toute la salle commune quand le jeune Whitaker, qui en bavait bien plus qu'elle, culpabilisait de s'être intérieurement énervé sur quelques enfants trop enthousiastes qui n'avaient même pas eu conscience de son agacement. C'était ce qui faisait rire Chloé. Oh, ce devait être nerveux. Elle avait passé une sale journée, elle était fatiguée, Irving lui apportait la confirmation que Maeva n'était somme toute qu'une pré-ado immature (ce qui n'avait heureusement rien de grave, ça lui passerait), et surtout, il lui rapportait ses faits et gestes, chose que sa fille redoutait par dessus tout. C'était joliment ironique.

S'étant un peu calmée, l'enseignante regarda son élève, sans pouvoir totalement cacher son amusement, et chercha comment lui expliquer la situation sans exposer totalement sa vie personnelle.

"Essaie de ne pas trop me raconter ce que Maeva fait dans la salle commune, elle déteste ça" commença-t-elle. "Et je ne pense pas qu'elle s'inquiète pour moi, s'il y a une chose qu'elle sait, c'est bien qu'il n'y a pas à s'en faire de ce côté-là!"

Elle sentait bien qu'Irving ne se satisferait pas de ça. Mais, pour autant qu'il l'attendrisse, il restait son élève et surtout un jeune homme un peu étourdit qui lâcherait probablement l'information capitale au détour d'une conversation, sans se rendre compte des conséquences. Chloé savait que tout Poudlard finirait par être au courant, c'était inévitable, mais elle n'avait pas envie pour autant de donner au carnet à ragot de Miss Twilfit des informations de première main. Tout en réfléchissant, elle porta la main à son ventre sans y faire attention. Que pouvait-elle bien dire à Irving?

"C'est gentil de t'inquiéter, mais je t'assure que je vais bien. Toutes les maladies ne sont pas mauvaises, tu sais. Je devrais encore pouvoir venir te chercher à Sainte-Mangouste quelques temps, si c'est cela qui t'embète!"

Bon, la formule était un peu maladroite, mais elle ne voyait pas comment s'en sortir.


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Afin d’expliciter ses propos, Chloé lui donna tout un tas de techniques pour gérer son irritabilité comme taper dans un oreiller ou imaginer la personne responsable de notre énervement dans une situation ridicule. Irving écouta attentivement ce que lui disait sa directrice, prenant des notes mentales. Il se promit de mettre ces conseils en pratique dès qu’il serait rentré à Poudlard.

Si seulement il avait eut cette conversation un peu plus tôt dans la journée ! Cela lui aurait évité de s’en prendre à Nora et de passer ses nerfs sur elle. Après tout, elle n’avait rien fait de mal. Son annulation ne justifiait en rien l’emportement excessif qu’il avait eut.

« Et si tu as mal agis, il reste toujours les excuses." Ajouta Chloé après sa série de recommandations.

Irving hocha doucement la tête, persuadé que c’était la seule chose qui lui restait à faire. Il irait s’excuser auprès de son amie. La jeune fille ne lui accorderait peut-être pas son pardon mais au moins, il aurait essayé.

Fort de sa résolution, il reporta son attention sur le docteur Weir qui venait d’arriver. Les paroles de la médicomage le laissèrent littéralement abasourdies. Craignant pour la santé de son professeur, ce fut à son tour de lui prodiguer un certain nombre de conseils à commencer par profiter de sa fille qui n’avait pas l’air dans son assiette depuis quelques semaines. Mais contre toute attente, Chloé Hellsoft éclata de rire en entendant cette révélation. Irving ne voyait vraiment pas ce qu’il y avait de drôle alors qu’il tentait simplement de la mettre en garde. Légèrement piqué face à la réaction de sa directrice, le gryffondor se renfrogna en croisant les bras sur sa table :

« J’disais juste ça pour vous aider… » bougonna-t-il en haussant les épaules.

"Essaie de ne pas trop me raconter ce que Maeva fait dans la salle commune, elle déteste ça" répondit alors Chloé.

C’est vrai que pour le coup, il n’avait pas été des plus discrets mais il était animé par de bonnes intentions : Si Chloé était malade, c’était normal que la petite ne se sente pas très bien en ce moment. Il avait juste voulu la soutenir en parlant de son trouble à sa mère et non pas dénoncer sa mauvaise humeur! Mais d’après les dires de sa directrice, Maeva ne s’inquiétait pas pour sa santé puisqu’elle était en pleine forme.

« Si vous l’dites… » intervint-il légèrement dubitatif.

Il n’était pas complètement idiot non plus. Il savait bien que le fait d’être prit en charge à St-Mangouste sous-entendait une pathologie relativement lourde. Il se doutait que sa directrice voulait le ménager en lui faisant croire qu’elle allait bien mais que la réalité était tout autre…
Tout en dispersant son tas de miettes sur la table, Irving observa Chloé à la dérobé. Elle faisait drôlement bien semblant en tout cas. Elle avait presque l’air heureuse de la situation.

"C'est gentil de t'inquiéter, mais je t'assure que je vais bien. Toutes les maladies ne sont pas mauvaises, tu sais. Je devrais encore pouvoir venir te chercher à Sainte-Mangouste quelques temps, si c'est cela qui t'embête!"
ajouta-t-elle avec un sourire.
Il sentait bien qu’il aurait dû comprendre quelque chose mais la signification véritable de ces paroles lui échappait complètement. Pourquoi faisait-elle autant de sous-entendus ? Il ne comprenait vraiment pas où elle voulait en venir…
Un peu gêné à l’idée de ne pas parvenir à comprendre ce qui semblait être l’évidence même, Irving reporta son attention sur le docteur Weir qui était en grande conversation à l’autre bout de la salle avec une femme au ventre protubérant.

Le regard du jeune homme passa lentement de la femme enceinte à la main de Chloé qui couvait tendrement son propre ventre. Frappé par un éclair de lucidité, il lâcha un long « Daacoooord » en hochant la tête doucement.

Chloé Hellsoft était juste enceinte. Irving savait qu’il était d’usage de féliciter l’heureuse maman mais il n’osait pas trop. C’était tout de même sa directrice et ce n’était pas comme si elle le lui avait annoncé véritablement. Il lui accorda donc un sourire sincère avant de faire tomber son tas de miette dans sa main en coupe. Il finit par gober ses restes de cookies et frotta ses mains au dessus de la table en mâchouillant.
C’était bizarre de ce dire qu’une vie humaine était en préparation juste devant lui, alors que, durant toute l’après midi, il avait eut l’impression de voir une vie humaine se terminer. Malgré tous les malheurs qui l’accablaient, la vie continuait et de bonnes choses étaient encore à venir. Légèrement ému face à ce constat, il décida de mettre sa réserve de côté et finit par dire :

« Je suis content pour vous... C’est bien. »

Enfin, désireux de ne pas épiloguer sur ce sujet qui l’ébranlait plus que de raison, il finit par dire :

« Mais bon, vous devez me trouver une punition pour ce que j’ai fait cette aprem… »
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 11:53, édité 1 fois
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Irving ne sembla pas comprendre immédiatement les paroles de sa professeure Celles-ci n'étaient d'ailleurs pas vraiment faites pour qu'il comprenne, Chloé n'ayant pas réussi à trancher s'il méritait qu'elle le lui dise ou si garder un secret qui n'en serait plus longtemps un était plus important. Elle avait beau porter de larges robes, son ventre commençait à s'arrondir et les élèves les plus observateurs ne tarderaient pas à se rendre compte de quelque chose, puis, lorsque cela deviendrait vraiment évident, les plus téméraires lui poseraient des questions... et finalement, elle devrait officiellement informer ses Gryffondor qu'ils allaient devoir faire avec un autre directeur pendant un temps. Elle espérait que Neville dise oui, même si elle n'avait pas réussi à le convaincre pour la Laponie.

Mais le jeune Whitaker semblait avoir suffisamment de neurones pour résoudre l'équation A + B = X, et finit par lâcher un "d'accooooord" ambigu et gêné. Chloé le regarda, s'amusant de son malaise, de le voir hésiter sur l'attitude à adopter. Son dilemme était touchant. Il temporisa en finissant ses miettes de cookies puis finit par se décider à lui adresser des féliciatations timides.

"Merci Irving, c'est très gentil de ta part."

Encore une fois, elle eu du mal à ne réprimer un sourire maternel lorsque l'adolescent s'empressa de changer de sujet. Il fallait que le sujet le dérange vraiment pour qu'il préfère parler des sanctions qu'il encourait! Mais il avait également raison de le lui rappeler. Il faudrait bien qu'elle décide de quelque chose. Il y avait cependant une dernière chose à voir.

"Avant de parler de ça, j'aimerai que tu me promettes de ne pas ébruiter ta récente découverte. Tout le monde sera au courant bien assez tôt, j'espère que tu comprends."

Elle espérait que cette phrase close le sujet avant qu'Irving ne retrouve la partie étonnée de son cerveau et que sa curiosité le pousse à poser des questions trop personnelles du type "qui est le père?" Cela aussi ferait probablement partie des choses qui seraient sues très vite. Toutes les commères de l'école allait plancher sur la question, Maeva serait probablement très sollicitée pour répondre à cette fameuse question, si elle ne lâchait pas la réponse elle-même ou si son comportement en Runes ne parlait pas pour elle... à moins que ce ne soit Peter qui se comporte étrangement! Et de toute façon, s'ils se mettaient à vivre ensemble, cela finirait par se voir. Sans parler du faire-part de naissance qui passerait probablement dans la Gazette, avec le nom complet de l'enfant... Stop! s'alerta Chloé. Elle s'égarait, à trop se projeter et à imaginer des choses qui ne se passeraient probablement jamais. Même si elle était sûre de l'enquête serait menée par Radio Poudlard.

Sortant de sa rêverie, elke termina son thé et repris progressivement son rôle de professeur:

"Ah oui, votre punition... " Le vouvoiement revenait avec. "Comme j'allais le dire,  je ne pense pas que passer des heures à récurer les toilettes du deuxième étage vous soit d'une grande aide. Les conversations avec Mimi Geignarde n'ont jamais prouvé leur rôle thérapeutique." Mais le ton léger persistait. Décidément, Irving lui était trop sympathique cet après-midi pour qu'elle redevienne la digne directrice des Gryffondor. "Vous viendrez plutôt dans ma salle de cours tous les lundi soir jusqu'aux vacances de décembre pour faire le point sur votre parcours scolaire. Je crois que certains de mes collègues pourront vous aider à rattraper votre retard grâce à quelques devoirs supplémentaires, et j'ai un niveau suffisant pour combler vos lacunes dans certaines matières."

Voilà une punition qui était plus constructive. Elle lui permettrait de plus de garder un oeil sur l'état psychologique d'Irving, sur l'évolution de la maladie de son père. Elle pourrait l'aider, le cas échéant, dans son orientation. Et puis cela lui changerait, à elle, de passer une heure avec un élève sympathique un peu en dehors du cadre scolaire... et familial. Car c'était l'inconvénient majeur d'être professeur à Poudlard: tout finissait par se mélanger.

Elle fouilla dans sa poche et déposa la somme demandée sur la table avant de se lever, signifiant à Irving qu'il était temps de rentrer à l'école.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
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Avant de lui révéler quelle serait sa punition, le professeur Hellsoft lui demanda de garder le secret concernant sa grossesse. Irving hocha simplement la tête en guise de réponse. Quoiqu’il arrive, l’entretien qu’il venait d’avoir avec sa directrice de maison resterait privé. Il n’allait surement pas s’amuser à raconter à ses copains qu’il avait failli pleurer devant Hellsoft et qu’il lui avait fait part de tous ses problèmes. Oui, il avait préférer se confier à sa directrice de maison plutôt qu’à ses amis et il concevait que cela puisse en étonner certains. Néanmoins, il ne regrettait pas ce qu’il venait de faire. Cette conversation était surement la chose la plus intelligente qu’il ait faite depuis des mois. Grace à elle, il avait obtenu quelques clefs pour mieux affronter la situation difficile qu’il traversait actuellement. Les conseils avisés de Chloé et l’aménagement de son emploi du temps allaient surement lui permettre de mieux gérer les émotions vives qu’il ressentait. Et puis, il devait avouer qu’il avait apprécié d’avoir face à lui une oreille attentive qui ne paraissait aucunement gênée par ses révélations. La plupart du temps, il n’osait pas trop parler de son père car il avait peur de la réaction de son interlocuteur mais sa directrice avait su faire preuve de professionnalisme, et surtout, d’une extrême bienveillance à son égard. Rien que pour cela, il ne dévoilerait à personne son secret prématurément.

Reprenant le vouvoiement d’usage, Chloé lui révéla alors sa punition. Qui n’en était pas vraiment une d’ailleurs. En effet, elle lui proposait de se rencontrer tous les lundis soirs pour des séances de soutien scolaire. C’est vrai qu’il en avait besoin. Ses notes en potions et en astronomie étaient catastrophiques et même sa moyenne en études des moldus avait un peu baissée.

« Très bien, je viendrai vous voir après mon cours de botanique. » Répondit Irving sans broncher.

Il était finalement soulagé de l’issue de cette journée. Ses parents n’auraient pas à s’inquiéter d’un éventuel conseil de discipline pour sa fugue et son père pourrait se concentrer pleinement sur sa guérison…
En gros, il ne lui restait plus qu’un problème à régler. Sa dispute avec Nora. Tout en emboitant le pas de sa directrice de maison qui quittait la cafétéria dans le but de rejoindre Poudlard, Irving se demanda comment il pourrait réparer la terrible erreur qu’il venait de commettre…



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Devant la chambre 345 [Chloé & Irving]

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