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 Nos chers voisins [Irving]

Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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23 Décembre 2006

D'un geste assuré, Cassandre tapota une dernière fois son oreiller et déposa dessus sa peluche favorite. Si on faisait abstraction de la taille de la pièce, deux fois plus petite, sa nouvelle chambre ressemblait beaucoup à son ancienne, dans la maison de son enfance. Sûrement soucieux d'éviter un accident et une crise - son père avait quand même gardé quelques notions de diplomatie - ses parents s'étaient occupés du déménagement pendant qu'elle se trouvait encore à Poudlard. Ils avaient déjà tout installé et avait pris soin de rendre la nouvelle maison la plus coquette et la plus douillette possible. Bien que petite, elle restait bien agencée et lumineuse. Faite de briques rouges, elle avait - même si Cassandre ne l'avouerait jamais à voix haute - un certain charme. Mais, par rapport à leur grande maison londonienne, cette bicoque était médiocre. Malheureusement, ce n'était pas tant la maison qui posait problème, mais le quartier. Son père ayant sûrement trouvé intelligent de se faire rétrograder, il se retrouvait vulgaire cadre dans la société Nimbus. Oh, évidemment, on pouvait s'estimer heureux qu'il ait un emploi. Mais il était tout de même l'ancien Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale, par Merlin ! Pas un simple employé Nimbus !
Les Harper était une grande famille. Ils n'avaient certes pas le prestige des Greengrass, des MacMillan ou des Bones, mais ils restaient une famille respectable et aisée. Ils ne vivaient pas au milieu de la populace dans la Cité ouvrière de Sheffield. Cassie avait supplié ses parents de demander de l'aide à la famille, qu'on les héberge le temps qu'ils retombent sur leurs pieds, que son père trouve un autre haut poste. A l'étranger, s'il le fallait ! Mais sa mère avait été très claire : ils avaient une dignité à conserver et ils ne voulait pas devenir dépendants de quelqu'un d'autre, ne serait-ce que du reste des Harper. Ils s'en sortiraient tout seuls. Ou ne s'en sortiraient pas, songeait Cassie en enfilant son gilet rose.

Depuis qu'elle était revenue de l'école, elle était restée enfermée, à travailler et à s'avancer dans ses manuels scolaires. Elle refusait de se mêler à ces... gens. La seule fois où elle avait mis le nez dehors, pour aller chercher la chouette de sa mère qui, un peu perdue, s'était posée sur le muret de la maison d'en face, elle avait été sidérée. Les gens s'interpellaient, avaient une élocution désastreuse et parlaient de manière si commune ! Ils étaient si familier, sans aucune retenue, bonne manière ou même éducation. Ici, c'était les basses classes, cela crevait les yeux. Le genre de sorcier miteux, qui vivent dans des bouis-bouis et qui se soûlent au Whisky Pur-Feu au pub Irlandais du coin. C'était tellement populaire que c'en était affligeant. Comment ses parents pouvaient-ils lui infliger ça ? Comment pouvaient-ils s'infliger ça eux-même ? Presque de leur plein gré ? Depuis son arrivée ici, elle nourrissait une rancune tenace à leur égard. Sa mère pouvait bien mettre des rideaux de dentelles à leurs fenêtres, la vue serait toujours la même. La déchéance de la famille Harper, reléguée dans un trou à rats, près d'une usine. C'était un véritable cauchemar.
Depuis qu'elle était enfant, elle avait toujours fréquenté les plus jolis milieux de la société sorcière. Née avec une cuillère en argent dans la bouche, les dorures, les jolies choses, la distinctions et l'élégance l'avait fait rêver. Combien d'heures avait-elle passée à arpenter sa chambre, à s'entrainer à marcher le dos droit, des livres en équilibre sur la tête ? Combien de jours avait-elle passé à apprendre tous les noms des gens importants du monde sorcier ? Elle se revoyait, toute petite, passer son doigt sur les nombreux bijoux de sa mère, savourant la douceur des perles et appréciant le travail de l'or. Son premier vrai bijou, une petite gourmette, qu'elle avait montré avec avidité à toutes les filles des amis de ses parents. Les jolies robes de chez T&T, qu'elle portait avec fierté, en jetant un coup d’œil méprisant à la vitrine des Guipure. Les galas du Ministère, avec les grandes dames bien habillées, leurs perles aux oreilles, si belles, si distinguées ! Elle se revoyait, petite fille perdue au milieu de tout ça, sous les lustres en cristal, effleurant les lourdes capes en satin et en velours. Les robes qui tourbillonnaient, les bonnes manières qui vont donnaient l'impression d'être une princesse, les garçons polis et le regard attendri des adultes devant la petite Harper, si mignonne et si bien élevé. C'était tout ce qu'avait toujours connu Cassandre : distinction, classe, élégance, richesse. C'était son monde à elle, ça, le monde pour lequel elle était faite. Elle n'était pas une fille d'usine, loin de là. C'était un petit bijou poli, bien sage, bien propret, qu'on ne pose pas n'importe où. Et encore moins ici, au milieu de la crasse et de la vulgarité.

Descendant l'escalier de bois comme si elle descendait le Grand Escalier de marbre de Poudlard - qu'elle aimait toujours s'imaginer comme l'escalier qui la mènerait à un gala, où tout le monde se tournerait vers elle, admiratif, la regardant dans sa jolie robe - elle trouva son père, installé devant le feu, un album photo sur les genoux. En l'entendant arriver, il leva la tête vers elle et lui sourit. Il avait l'air si fatigué en ce moment, si las. Lui qui avait toujours été si dynamique, si énergique, il semblait désormais vieilli, comme s'il n'avait plus assez de force. La perte de son poste lui avait porté un coup plus grand qu'il ne voulait l'admettre. Il tenait un public, affichant un sourire de vainqueur, un courage de Gryffondor et une force de lion, mais à la maison, il ne faisait même plus l'effort d'essayer. Ce n'était plus la peine de se mentir, maintenant. « Cassie, chérie. » D'un geste de la main, il l'invita à venir à coté de lui. Sans même hésiter, Cassandre se précipita vers lui, abandonnant toutes manières. Elle en voulait terriblement à ses parents, mais ne pouvait pas résister à son père, si affectueux et si prévenant. Il semblait si faible qu'elle n'avait pas la force d'être méchante avec lui. Alors c'était sa mère, sa mère qui les soutenait pourtant à bout de bras, qui prenait tout. « Viens, grimpe ma puce ! » lança-t-il en tapotant ses genoux. « Comme quand tu étais petite. » Sans se faire prier, elle se jucha sur les genoux de son père et cala sa tête contre son épaule. Sans savoir pourquoi, les larmes lui montèrent aux yeux et elle ferma les paupières très fort pour les retenir. Peut-être était-ce la nostalgie, de quand elle était petite justement, ou juste l'odeur de son père, si familière, sa chemise qui gratte un peu et ses bras qui lui faisait un câlin. Ou alors toute la tension qu'elle ressentait, depuis que tout ça était arrivé. Mais quoi qu'il en soit, elle ne voulait pas pleurer. Elle ne voulait pas paraître faible. Elle devait être forte, pour son papa, pour sa famille, et pour quand sa maman ne pourra plus l'être. A ce moment-là, ce sera à elle de prendre le relai. Et elle ne devra pas faiblir.
Désormais posé sur ses genoux, l'album photo semblait la narguer. Rempli de souvenirs, il ne semblait être là que pour rappeler tout ce qu'ils avaient perdu. Cela faisait plus mal qu'autre chose. Mais son père avait l'air heureux de le feuilleter, son visage s'éclairant devant certains clichés. Quelques photos de Poudlard, ses débuts au Ministère, sa première promotion, les premiers rendez-vous avec sa future femme, son mariage, Elisabeth enceinte, son ventre s'arrondissant de photo en photo, un petit bébé dans un berceau, dans des draps avec ses initiales, une petite Cassie qui regarde l'objectif d'un air ravi, qui cherche à attraper le vent, qui plonge le nez dans le sable, qui tourne dans les bras de son papa, qui fait ses premiers pas, qui agite une fausse baguette magique, qui sert un chaton dans ses bras, avec les cheveux dans le vent, dans d'affreuses bottes en caoutchouc et qui veut donner à manger aux canards... Cassandre, sous toutes ses formes, toujours sous le regard fier et aimant de ses parents. Sans savoir pourquoi, cela lui donne plus envie de pleurer qu'autre chose.

Du bout du doigt, son père tapota une photo, en riant doucement. « Ton premier gala au Ministère ! C'était la première fois que je t'emmenai. Tu était surexcitée et très très fière de ta tenue. Tu as passé la soirée à la faire tourner, rentrant même parfois dans les gens ! Juste pour regarder les volants. A un moment, tu as même percuté le Ministre de la Magie en personne ! » Elle n'avait aucun souvenir de cette soirée, ni même de cette robe. Un peu vexée, Cassie croisa les bras sur sa poitrine. « Tu racontes des bêtises. » Cette fois-ci, son père éclata de rire franchement. « Je dis la stricte vérité, trésor ! Mais ne t'inquiètes pas, il s'est contenté de te trouver très mignonne. » Les pages d'après continuaient de montrer son enfance sous toutes les coutures, ponctuées ici et là de quelques évènements familiaux et des promotions de son père. A un moment, on trouvait même sa lettre d'admission à Poudlard, juste avant le courrier qu'elle avait envoyé pour annoncer sa Répartition à Gryffondor. Désignant un emplacement vide d'une main, Cornélius Harper attrapa celle de sa fille de l'autre. « Et ici, on mettra la photo de ton entrée au Ministère, poussin. Parce que je sais que tu y arriveras. Et que tu leur montreras à tous, que les Harper sont loin d'être finis. Parce que tu es encore là, toi. Et tu es mille fois plus talentueuse que je n'ai pu l'être. Et tu réussiras mille fois mieux. Et Fiennes s'en mordra les doigts, le jour où tu le mettras à la porte. Parce que toi, tu prendras sa place, d'accord chérie ? Et totu s'arrangera. Parce qu'on ne traite pas les Harper comme ça. Et parce que tu es la digne fille de ton père. » Un peu mal à l'aise, Cassie souffla un « promis » avant de planter un baiser sur la joue de son père et de sortir du salon. Évidemment, elle avait caressé l'idée d'entrer au Ministère et d'y faire carrière. Mais voir son père aussi sûr qu'elle se vengerait de Fiennes, c'était assez déstabilisant. Parce que c'était une vengeance qu'il demandait. Pour le traitement qu'il avait subi, pour l'humiliation. Il voulait un retour de bâton. Mais même si elle avait confiance en elle et en ce qu'elle pouvait faire, elle doutait de pouvoir satisfaire un jour le souhait de son père. Cela paraissait tellement utopique ! Mais elle ne pouvait pas le contredire, elle ne voulait pas lui faire plus de mal.

Un peu tourmentée et toujours aussi mal à l'aise, comme si elle avait menti, elle jeta un coup d’œil dans l'entrée, pour trouver d'où venait le courant d'air froid qu'on sentait jusque dans le salon. La porte était entrouverte et on entendait des voix dehors. « Maman ? » lança-t-elle en s'approchant. C'était bien sa mère qui parlait mais elle ne reconnaissait pas ses interlocuteurs. Intriguée, elle ouvrit la porte. Face à sa mère, qui aujourd'hui semblait affable et souriante, se trouvait une mère et ses deux enfants, un plat de cuisine à la main. Un peu surprise, Cassandre haussa un sourcil. « Oh, et voici d'ailleurs ma fille, Cassandre ! » annonça-t-elle en faisant approcher Cassie d'une pression sur le bras. « Elle est déjà à Poudlard, à Gryffondor. Dis bonjour Cassandre ! » "Dis bonjour Cassandre" ? Sérieusement ? Elle n'avait plus quatre ans pour que sa mère lui parle comme ça ! Encore moins devant des inconnus ! Furieuse, Cassie sourit néanmoins de toutes ses dents et tendit la main. "Dis bonjour Cassandre." Sa mère croyait-elle sincèrement qu'elle n'avait aucune éducation ? Elle était sûrement mille fois mieux élevée que ces ploucs ! "Dis bonjour Cassandre". C'est ça, oui. « Oh, enchantée ! Vous êtes nos voisins d'en face ? Tout à fait ravie de vous rencontrer ! Votre décorations de Noël sont absolument ravissantes, c'est un délice pour les yeux chaque fois que j'ouvre mon rideau. Je trouve que cela illumine le quartier ! » La femme en face d'elle se rengorgea, sûrement fière de ses stupides décorations de Noël, d'un kitsch affligeant. « C'est très gentil à toi, ma belle. Sally, ma fille - précisa-t-elle en désignant la gamine qui l'accompagnait - m'a aidée. Elle rentre à Poudlard l'année prochaine ! » annonça-t-elle, fière comme un pou. Je m'en balance complètement de toi, de ta stupide gamine et de tes décorations idiotes. « J'espère que tu finiras à Gryffondor alors, c'est la meilleure des maisons, on s'y amuse beaucoup ! » Et j'adorerai noyer mes camarades dans le Lac, cette bande d'abrutis. « Je te ferai visiter l'école, si tu veux. » Comme ça tout le monde te détestera aussi s'ils croient qu'on est amies.
Ce n'est qu'après cinq longues minutes encore d'hypocrisies que les Whitson étaient rentrés chez eux, leur offrant un plat de cookies encore chauds. Cassie les détestait déjà. La manière de Mrs Whitson de la tutoyer d'office et de l’appeler "Ma belle" comme si elle se connaissait, le gamin Tommy qui se fourrait les doigts dans le nez et Sally, la petite courge, habillée comme si elle allait garder les hippogriffes. Furieuse, elle lança agressivement à sa mère : « Tu crois sincèrement que je ne sais plus dire bonjour sans que tu me le dise, peut-être ? Tu crois que je me suis farcie des années de leçons pour que tu me fasses passer pour une idiote devant ces abrutis ? Tu crois qu'après avoir fréquenté les grands pontes du Ministère, je suis incapable de faire bonne impression à une famille de bouseux ?! » Elisabeth fronça les sourcils et perdit immédiatement son air affable et son sourire. « Cassandre Eleanor Harper, je t’interdis de me parler sur ce ton, jeune fille ! Tu n'es pas la seule à être gênée par cette situation ! J'essaye de faire bonne impression pour acquérir une excellente réputation auprès de nos voisins. Il faut redorer l'image de son père. Le SPAM est mal vu en ce moment, il est important de montrer que nous sommes une famille normale et sympathique. Merlin, Cassandre, je suis une Bones ! Tu crois que faire des courbettes à ces gens-là m'amuse ? Ton père a besoin d'une bonne publicité. » Les mots de sa mère ne firent que décupler sa colère. « Alors je suis ravie de voir qu'on a foutu notre vie en alors pour se faire une bonne publicité ! » Choquée devant la grossièreté de sa fille, Elisabeth ouvrit la bouche, sans pouvoir prononcer un mot. Inspirant un grand coup pour se calmer et s'empêcher de dire tout ce qu'elle avait sur le cœur, Cassandre ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir pour lancer une dernière pique à sa mère. « Maintenant, si tu permets, je vais aller me rouler dans la boue, trouver deux trois cochons et une salopette afin de me fondre dans le décors et passer pour une véritable petite boueuse sans éducation, classe et distinction. Cela nous fera une bonne publicité. » Le dernier mot fut quasiment craché.

Furieuse, elle attrapa son manteau, son écharpe, ses gants et son bonnet, claqua la porte et bouscula sa mère pour s'élancer dans les rues de la Cité Nimbus. Il fallait qu'elle se calme, cela ne donnerait rien de bon sinon. Inspirant l'air glacé de ce mois de décembre, elle donna un gout de pied dans un bonhomme de neige qui s'écroula. Il avait neigé toute la nuit et toutes les rues étaient recouvertes. Elle avait toujours adoré la neige mais cela ne suffisait pas à la rendre heureuse aujourd'hui. Un coup d’œil derrière lui lui indiqua que sa mère était rentrée, au chaud. Fourrant ses mains dans ses poches, elle se rendit compte que son écharpe n'était même pas assortie à son manteau rose. Sans s'en rendre compte, machinalement, elle avait pris son écharpe de Gryffondor. Fourrant son nez dans le tissu, elle ferma les yeux et s'arrêta au milieu de la rue. Elle était une Gryffondor, elle ne devait pas l'oublier. Elle devait rester forte et courageuse et ne pas se comporter en enfant. Les mots, lors de l'altercation avec sa mère, lui avait échappé. Cela ne devait plus arriver, elle devait rester solidaire avec ses parents.
Elle s'apprêtait à faire demi-tour pour s'excuser quand son regard fut attiré par un jeune homme sur le seuil de la maison à droite de la sienne. Non. Non. Cela ne pouvait pas être pire. Elle était déjà coincée dans ce trou pourri, elle n'allait pas en plus supporter ses camarades de classe durant les vacances ! Ils l'embêtait déjà suffisamment à l'école ! La maison avait toujours été un lieu où elle avait été protégée, loin de tout, où elle pouvait oublier les piques. Mais là, dans un milieu aussi populaire, elle aurait dû se douter qu'elle croiserait des gens. Ils avaient plus de chance de vivre dans la Cité Nimbus que dans un manoir londonien.
Le jeune homme se tourna soudain et le reconnaitre lui fit un coup au cœur. Irving Whitaker. Il le dirait sûrement à tout le monde, et tous les gens qui ne l'aimaient pas viendraient l'embêter à domicile. Mue par un dernier espoir, Cassandre tenta le tout pour le tout. « Whitaker ! » lança-t-elle sèchement. « Je peux savoir ce que tu fiches ici ? » Peut-être qu'il était en vacances, venu voir de la famille ! Oui, c'était sûrement ça. Il n'habitait pas ici. Elle n'aura qu'à prétendre être venue en mission humanitaire, pour justifier sa présence. Vu l'état de Sally Whitson, ce n'était pas du luxe.

[HRP : Désolée pour le pavé, j'étais... inspirée xD ]


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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« …et donc toute l’académie est faite en glace. Alors, le plus chiant, c’est c’que tu peux pas marcher pieds nus car le sol est vraiment trop froid mais, mise à part ça, c’est vraiment super beau, ça scintille partout et… »

Irving s’arrêta dans ses explications et dévisagea son père qui venait de s’endormir dans son lit d’hôpital. Le gryffondor resta quelques secondes circonspect avant de tourner les yeux vers sa mère qui était de l’autre côté du lit. Même si le fait que Bradley s’endorme en plein milieu de son récit le minait particulièrement, Irving adressa néanmoins un sourire réconfortant à Vivianne. Depuis l’épisode de la fugue, il s’efforçait d’agir avec maturité, et il savait très bien, au fond de lui, qu’il ne devait pas s’offusquer de la sieste de son père. Aujourd’hui, Bradley était dans un mauvais jour : il avait ressenti de vives douleurs tout le matin et le médicomage avait été obligé de lui administrer une potion calmante très puissante. Avec un peu de chance, demain serait meilleur…
C’était comme cela depuis quelques semaines, l’état de santé de son père faisait le yoyo, et le moral de toute la famille suivait le mouvement. Quelques jours plus tôt, Irving avait accompagné sa mère pour l’entretien avec le médicomage « Le mois à venir sera décisif » avait-il dit.
Décisif.
Pile ou face.
S’il avait eu peur de perdre son père dès qu’il avait appris sa maladie, les mots du guérisseur rendaient cette éventualité encore plus tangible, même si pour le moment, Irving avait stocké cette information dans un coin de sa tête s’interdisant d’envisager le futur. Il préférait se concentrer sur le présent, savourant chaque regard, chaque sourire, chaque mot…Juste au cas où…

« Tu devrais rentrer à la maison, déclara alors Vivianne, Tu es là depuis ce matin. En plus il va surement dormir tout le reste de la journée. » ajouta-t-elle en caressant la main de son époux.

Irving regarda le petit réveil posé sur la table de chevet qui indiquait dix-sept heures. C’est vrai qu’il avait passé la journée enfermé dans cette chambre et il commençait à se sentir un peu rouillé à force de rester assis sur son petit siège inconfortable. Vivianne, qui était arrivé après avoir finit son poste du matin à l’Usine, n’était là que depuis quelques heures mais le Gryffondor n’avait pas envie de la laisser toute seule au chevet de Bradley. Depuis quelques semaines, en plus de s’inquiéter pour son père, il s’inquiétait aussi pour elle. Même si elle était forte, Vivianne avait également besoin de soutien pour traverser cette épreuve.

« J’préfère rester avec toi, répondit-il en posant ses coudes sur ses genoux.

« Ne t’inquiète pas pour moi, ta sœur Judy arrive dans moins d’une heure avec les petits ! ajouta-t-elle, devinant visiblement la raison de l’hésitation de son fils, Et puis tu n’as pas finit tes courses pour Noel … Tu devrais passer à la boutique de jouet pour voir s’ils ont enfin reçu la Poupée Potter que Penny a commandé. »

« Oh Putain j’avais oublié !» S’exclama le Gryffondor en portant une main à son front avant de se lever. Il s’étira, dévoilant par la même occasion une parcelle de ventre blanc sous son sweat gris, puis il enfila sa veste en poursuivant :

« J’t’attends pour manger. J’f’rai réchauffer le gratin aux légumes bizarres… »

« Des cardons. »

« Ouep ! Voila, les cardons ! » Répéta-t-il en pointant son index en direction de sa mère.

Le gryffondor s’approcha alors de Bradley et se pencha pour l’embrasser sur le front.

« J’y vais papa, à demain....» chuchota-t-il.

Il attendit quelques secondes, espérant que son père se réveille pour lui dire au-revoir, mais les yeux du vieil homme restèrent résolument clos. Légèrement déçu, Irving riva ses mains au fond de ses poches puis il se redressa avant d’adresser un petit sourire à sa mère.

« Embrasse Judy et les petits de ma part… » Lança-t-il simplement avant de quitter la chambre d’hôpital.

Dès qu’il eut fermé la porte derrière lui, il poussa un long soupir. Il y avait des instants comme celui-là qui était particulièrement difficile à vivre. Néanmoins, ce n’était pas le moment de s’apitoyer sur son sort. Dans deux jours on fêterait Noel, et si Bradley était dans un bon jour, le médicomage de St Mangouste le laisserait sortir pour la journée. Irving devait donc vite rentrer pour acheter cette foutue Poupée Potter à sa nièce, histoire de ne pas gâcher la fête. Le jeune homme descendit donc dans le hall de l’hôpital avant de rejoindre Sheffield par le réseau de cheminette.

Lorsqu’il déboucha dans le salon, il alluma immédiatement la radio ainsi que plusieurs lampes. Il n’aimait pas voir la maison si silencieuse et plongée dans l’obscurité. Durant toute son enfance, il y avait toujours eu, au moins, l’un de ses deux parents présent au foyer, les Whitaker s’arrangeant toujours pour ne pas être du même poste à l’Usine. Mais aujourd’hui, c’était un peu à lui de faire tourner la maison. Il alluma donc un feu dans la cheminée et il fit même un brin de vaisselle pour faire plaisir à sa mère, puis il enfila son blouson, son bonnet et ses gants. Il devait tout d’abord déneiger l’allée puis il irait acheter la Poupée Potter. Enfin, s’il avait le temps, il passerait voir Curtis à la boutique de balais. En effet, il n’avait pas vu le jeune vendeur depuis cet été lorsqu’il était venu au magasin avec Nora.

Après avoir planifié ce programme, Irving se rendit dans la cabane à outil délabrée du jardinet afin d’attraper une lourde pelle puis il commença à dégager la neige. Dire qu’avec un coup de baguette il aurait pu se débarrasser de cette corvée en un clin d’œil ! Il n’avait fait que trois mètres et il transpirait déjà à grosses gouttes ! Il faut dire qu’il n’était pas vraiment habitué à faire cela, d’ordinaire, c’était toujours son père qui s’occupait du déneigement.

« Bonsoir Irving, tu as besoin d’un coup de main mon grand ? » demanda alors une voix provenant de la rue.

Le jeune homme leva les yeux et découvrit Helen Whitson, une collègue de sa mère, qui se promenait en compagnie de ses deux enfants.

« Merci, M’dame, mais c’est bon, j’me débrouille… »
répondit-il en s’essuyant le front.
Mrs Whitson prit alors quelques nouvelles de son père avant de lui raconter les derniers potins de la cité. Irving les écouta sans broncher, trop heureux d’avoir une excuse pour faire une pause au milieu de son dur labeur.

« …et nous avons de nouveaux voisins dans la rue ! La dame est très gentille mais on ne voit pas beaucoup le monsieur qui est plus discret. D’ailleurs, je leur amène justement quelques gâteaux pour leur souhaiter la bienvenue dans le quartier ! ajouta-t-elle en montrant un panier garni de cookies, j’y vais vite pendant qu’ils sont encore chauds ! »

Mrs Whitson s’éloigna tandis qu’Irving se remettait au travail. Au bout de vingt bonnes minutes, il arriva enfin devant le portillon d’entrée de son jardin. Il avait tellement chaud qu’il dégrafa son blouson avant d’enlever son bonnet et ses gants qu’il posa sur le muret en briques. Passant une main dans ses boucles pleine de sueur, il s’appuya sur le manche de sa pelle pour admirer son œuvre. Mine de rien, ça avait de la gueule !

Mais au même moment, des bruits de pas étouffés le sortirent de sa contemplation. Un peu plus loin, une petite silhouette au couleur de Gryffondor avançait dans la rue. Irving fronça les sourcils pour tenter de reconnaitre qui était cette personne. Il n’y avait que sept élèves qui habitaient la Cité et qui étaient scolarisés à Poudlard mais, à sa connaissance, il était le seul rouge et or. Alors qu’il essayait d’identifier sa camarade, cette dernière s’exclama :

« Whitaker ! Je peux savoir ce que tu fiches ici ? »

Reconnaissant la jeune fille au son de sa voix, Irving haussa les sourcils avant de rétorquer :

« Harper ?! »

Le jeune homme n’aurait jamais pensé croiser cette fille ici. Chez lui. Dans son quartier. En effet, pour lui, Cassandre Harper ne faisait pas partie de son monde. Ils étaient bien trop différents … Elle était un peu comme Richardson: Une petite princesse imbue d’elle -même qui vivait dans un château doré, complètement coupé de la réalité ! En plus, il fallait avouer qu’elle était particulièrement horripilante avec ses allures de Miss-je-sais-tout et son ton digne d’une directrice de maison !


« C’est plutôt moi qui devrait te d’mander ça ! » rétorqua-t-il en la désignant d’un geste du menton.

C’est alors que les récents événements de Laponie lui revinrent en mémoire. La fillette avait tout de même participé à la méga bataille de polochons gagnée par les garçons, contrairement à cette infâme Jane Mason qui n’avait fait que râler tout du long… Harper, remontait donc légèrement dans l’estime d’Irving…Peut-être qu’elle n’était pas aussi horrible que ça finalement. Il décida donc de tempérer légèrement ses propos en faisant preuve d’un minimum de courtoisie.

« Je déneige mon jardin si tu veux tout savoir… Et toi ? T’es v’nu voir des amis ? » demanda-t-il en posant son coude sur sa pelle.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Machinalement, Cassandre serra les poings, nerveuse. Elle priait pour que cela ne soit pas ce qu'elle pensait. Morgane, Viviane, Merlin, Godric, Rowena ou même Helga. Si Whitaker habitait ici - et était donc son tout nouveau voisin - il répandrait l'information à Poudlard. Et elle n'avait pas vraiment l'intention que cela se sache. Si la déchéance de Cassie Harper, du moins à ce point, pouvait éviter de s'aggraver un peu plus aux yeux de ses camarades de classe, cela serait parfait. Mais elle savait que ce n'était que des illusions. Whitaker était en train de déneiger une allée, il ne se promenait sûrement pas par plaisir avant de s'exclamer "Tiens, si j'allais déneiger l'allée d'un parfait inconnu, ça serait fun !" A moins qu'il ne soit payé pour. Un travail d'appoint, pour se faire de l'argent de poche. Se rattachant à cet espoir comme à un balai en vol, elle desserra lentement la main. Whitaker ne devait rien savoir de sa nervosité et de son angoisse. Il ne devait rien savoir du tout. Relevant les yeux vers lui, elle plongea son regard dans le sien...

Et le rebaissa immédiatement en entendant le "mon jardin". Il habitait donc bien-là. Même si elle lui mentait, il se rendrait forcément compte à un moment de la présence des Harper. Rien ne pourrait empêcher ce désastre. Même pas un joli mensonge, ceux qu'elle savait parfaitement pondre, qu'elle affirmait en regardant son interlocuteur dans les yeux. Elle n'avait aucun scrupule à mentir quand elle le voulait et que cela pouvait lui être utile. Et elle le faisait tellement bien que cela aurait été dommage de se retenir.
Le cœur battant à tout rompre, elle savait néanmoins qu'il n'y avait pas d'échappatoire. Que mentir ne lui servirait pas ce jour-là. Et qu'il fallait autant dire la vérité. Avouer qu'à cause de Fiennes, cet abruti, ce crétin, ce monstre, ce faux sorcier, elle avait fini ici, dans ce quartier pourri. Et ses camarades s'en donnerait à cœur joie. Et toute la bonne société ! Ceux qui ignoraient à quel points ils étaient tombés bas ! Cécylia Richardson, cette petite parvenue, se délecterait de ça. Ravie de voir une Harper aussi au sol. Et que penser des autres ? A cette idée, Cassandre sentit toute la colère qui l'avait envahie quelques minutes plus tôt revenir de plein fouet. Parce que les moqueries, cela commençait déjà ! Il se fichait d'elle, Whitaker. Des amis ? Quels amis ? Il savait très bien qu'elle n'en n'avait aucun, que tout le monde la détestait à l'école. Lui y compris. Il devait bien se gausser, penser aux détails qu'il rajouterait pour faire rire la galerie. Une rage sourde lui étreignant la poitrine, elle releva les yeux lentement en fixant Whitaker, comme si elle pouvait le tuer d'un seul regard. Le faire mourir là, dans la neige froide. Il y avait déjà la pelle pour enterrer le corps en plus.

- Des amis ? lança-t-elle, aussi glaciale que la température. Quels amis ? Ceux de Gryffondor ? La maison où vous me détestez tous tellement ? La maison, tellement super-cool-super-chaleureuse, dont vous m'excluez sans la moindre vergogne ?! cracha-t-elle avec mépris. Ou alors des amis du reste de Poudlard, cette bande de décérébrés dont le jeu préféré consiste à savoir qui me fera pleurer en premier ? Ces amis-là, que je serai venue voir ?!

Sa respiration s'accéléra, dégageant un petit nuage de fumée dans l'air froid.

- Mais tu le sais, ça, Whitaker. Tu le sais très bien. Mais tu t'en balances. Parce que t'es aussi cruel que tout les autres. Tu veux savoir si t'arrivera à me faire pleurer, hein ? Pour le raconter à tes petits amis, si populaires, si appréciés ? Et bien j'ai une nouvelle pour toi, Whitaker. Je préfère m'asphyxier moi-même avec mon écharpe plutôt que de pleurer devant les petits botrucs que vous êtes !

Sans savoir pourquoi, elle lança un violent coup de pied dans un petit tas de neige, qui s'en alla voler sur la partie de l'allée que Whitaker avait déjà déneigée. Elle était tellement en colère qu'elle aurait tordu le coup à n'importe quel être vivant qui lui serait passé sous la main. Y compris un petit chaton. Méchamment, elle ricana et aborda un sourire cruel.

- En même temps, devant toi, ça devait pas être très difficile, Whitaker. Je crois savoir qu'aucune fille a jamais pu pleurer pour toi. Qui le voudrait ? Un pauvre type, on s'en amourache pas. D'ailleurs, Weaver doit déjà regretter de t'avoir accordé son pardon. Ces Poufsouffle, quelles bonnes poires, vraiment.

Elle était évidemment au courant de la dispute entre Weaver et Whitaker ainsi que de leur réconciliation en Laponie, les potins allaient plutôt vite à Poudlard. Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça. Elle en voulait à Whitaker pour tout ce qu'elle avait pu subir à Poudlard et ce qu'elle subirait, pour être là, pour être son nouveau voisin, pour pouvoir raconter aux autres ce qu'elle faisait là, pour exister, tout simplement.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Quelle idée avait-il eut de lancer Harper sur l’amitié ? A vrai dire quant il avait parlé d’amis, il voyait plus Cassandre accompagner docilement ses parents chez des connaissances haut-placés. En effet, l’ex-Directeur de la Coopération Magique Internationale devait forcément fréquenter les pontes de l’Usine. Du genre de ceux qui habitaient dans « les maisons des ingénieurs », ces baraques en brique qui disposaient d’une simple pièce en plus, histoire de faire comprendre aux ouvriers qui était le patron…
Il imaginait bien la jeune fille s’éclipser de l’une de ces demeures après un repas copieux puis partir à la recherche d’une personne à humilier…Et bien sûr il avait fallut que ça tombe sur lui. Il avait posé une simple question et Cassandre était immédiatement monté sur ses grands hippogriffes sans raison.

« Quels amis ? Ceux de Gryffondor ? La maison où vous me détestez tous tellement ? La maison, tellement super-cool-super-chaleureuse, dont vous m'excluez sans la moindre vergogne ?!

Le jeune homme haussa les sourcils sous le coup de l’étonnement. Etait-ce de l’amertume qu’il percevait dans la voix de la jeune fille ? Non, bien sûr que non. On parlait de Cassandre Harper, là. Elle avait toujours crié haut et fort qu’elle était trop intelligente pour Gryffondor, elle se mettait à l’écart toute seule et refusait de s’intégrer… Personne ne l’avait empêché de jouer à l’Action ou Vérité par exemple. Même si sa participation en aurait étonné plus d’un, le jeune homme était persuadé qu’aucun gryffys ne l’aurait écarté du jeu , du moins personne n’aurait osé le faire de peur de déclencher le mode « Cassie-la-Furie ». D’ailleurs, en en juger par l’air féroce qu’elle arborait, Irving venait vraisemblablement de le provoquer :

« Ou alors des amis du reste de Poudlard, cette bande de décérébrés dont le jeu préféré consiste à savoir qui me fera pleurer en premier ? Ces amis-là, que je serai venue voir ?! » pesta-t-elle avec mépris.

Cette fois Irving ne put retenir une exclamation d’incompréhension :

« Heiiiin ? » lança-t-il en grimaçant. Généralement, c’était plutôt Harper qui traumatisait les gens, et pas l’inverse ! N’avait-elle pas jeté un sortilège en traitre sur Katy Scott durant le bal en Laponie ?…Jane l’avait dit à Artémis, qui l’avait dit à Nora, qui le lui avait dit ! Harper profitait de ses facilités en magie pour passer ses nerfs sur les autres, et là, elle voulait faire croire à Irving qu’elle était persécutée ? La bonne blague ! En plus imaginer Harper pleurer, c’était comme visualiser Dérébusor bercer tendrement un nourrisson : Un truc inconcevable.
Un peu à l’image de Georgiana, Cassandre incarnait l’assurance, l’audace et la confiance en soi. Ce n’était clairement pas le genre de nana à se laisser atteindre par les quolibets des autres élèves, du moins, c’est ce qu’Irving croyait, jusqu’à ce que la fillette lui balance en pleine figure :

« Mais tu le sais, ça, Whitaker. Tu le sais très bien. Mais tu t'en balances. Parce que t'es aussi cruel que tous les autres. Tu veux savoir si t'arrivera à me faire pleurer, hein ? Pour le raconter à tes petits amis, si populaires, si appréciés ? »

« Franchement tu divagues complètement Harper ! » lança-t-il en secouant la tête.

Cassandre était bien le cadet de ses soucis en ce moment, et elle l’avait toujours été d’ailleurs ! Il s’était bien vite rendu compte qu’il n’aurait jamais de points communs avec cette fille et il avait toujours fait en sorte de l’éviter. Oh bien sûr, depuis la rentrée, il avait su que le père de la fillette avait perdu son poste- tout le monde en avait parlé dans la salle commune- mais Irving n’avait jamais profité de cette situation pour se moquer d’elle. Comme beaucoup de monde à Poudlard, il s’était simplement dit que l’éviction de M.Harper rabattrait enfin le caquet de son horripilante fille unique, un point c’est tout.
Cependant, Cassandre était toujours dans son délire paranoïaque puisqu’elle déclara qu’elle préférait s’étrangler avec son échappe plutôt que de lui donner la satisfaction de la voir pleurer ! A vrai dire, Irving signait tout de suite pour ce scénario. Au moins, si Cassandre s’étouffait, elle arrêterait de déblatérer des conneries plus grosses qu’elle !
Néanmoins, il ne lui fit pas part de cette pensée et préféra lui jeter un regard qui signifiait clairement : « C’est bon ? T’as fini ton cinéma ? » Visiblement, cela ne plu pas du tout à la fillette qui donna un violent coup de pied dans un tas de neige dans le but évident de saborder son activité déneigement.

« Putain mais tu t’crois où là ? grogna-t-il en fronçant les sourcils, puis, tout en pelletant la neige que Cassandre venait de faire tomber sur le chemin, il poursuivit : « Déjà si tu veux qu’on t’respecte, apprends à respecter le travail des autres ! J’comprends qu’certains aient envie d’te faire pleurer si tu t’ conduis comme ça avec eux…» ajouta-t-il en bougonnant.

Cassandre se mit alors à ricaner avant de lui révéler qu’elle ne pleurerait surement pas et qu’aucune fille ne le ferait pour lui d’ailleurs.

« Qui le voudrait ? Un pauvre type, on s'en amourache pas. D'ailleurs, Weaver doit déjà regretter de t'avoir accordé son pardon. Ces Poufsouffle, quelles bonnes poires, vraiment. »

Irving arrêta de pelleter et expira lentement pour se calmer. Dans un premier temps, il devait poser cette pelle loin de lui de peur que cette arme de destruction massive ne finisse encastrée entre les deux jolis yeux de Harper. Il y avait une marche énorme entre savoir que l’on était un pauvre type et se l’entendre dire. Il jeta donc un regard noir à son vis-à-vis mais parvint tout de même à poser l’outil sur son épaule (et non sur la tête de Cassandre) avant de rejoindre la cabane délabrée. Il y avait des jours comme celui là où la gestion de son irritabilité était plutôt difficile. Néanmoins, il devait rester maitre de ses nerfs. Il avait laissé parler une fois sa colère et cela avait eu d’énormes répercutions : Ses parents s’étaient inquiétés et il avait failli perdre Nora. Quelque part, Cassandre avait raison, heureusement que son amie était une Poufsouffle et qu’elle lui avait pardonné son attitude. Irving ne devait pas refaire deux fois la même erreur en laissant parler sa mauvaise humeur :

*Acheter poupée Potter- Passer voir Curtis-* Songea-t-il en revenant vers la furie après avoir rangé la pelle.

*Rentrer à la maison- Etendre la lessive* pensa-t-il en reboutonnant son blouson avant d’attraper son bonnet et ses gants qu’il avait posé sur le muret.

* Faire réchauffer le gratin de Cardons- Remettre Cassandre à sa place…*


Juste un tout petit peu. En essayant de ne pas s’énerver… Il ne pouvait quand même pas partir comme ça, sans rétorquer quoique ce soit ! S’il ne disait rien, Cassandre aurait l’impression d’avoir gagné ! Le jeune homme riva donc ses mains au fond de ses poches et tacha de structurer ses propos. Il avait besoin de prendre son temps pour formuler ses dires car il n’avait pas les talents d’oratrice de sa camarade. En effet, dès qu’il était énervé ou ému, ses paroles se bousculaient et se mélangeaient donnant des phrases sans queue-ni-tête. Il devait à tout prie éviter cela, sinon Cassandre trouverait une nouvelle arme contre lui. Déjà que le coup du « pauvre type dont on ne s’amourache pas » avait réussi à l’ébranler, il n’avait pas envie qu’elle rajoute à son portrait des adjectifs dans le genre « débile » ou « idiot ».

« Ecoute Harper, d’abord, je vois pas ce que Nora vient faire dans cette histoire. » commença le jeune homme en s’efforçant de parler d’un ton neutre.

Même si elle semblait être bien informée sur la relation qu’il entretenait avec la poufsouffle, Cassandre ne savait pas qu’Irving avait tristement réussi à faire pleurer son amie. Ce n’était pas vraiment le genre de choses dont on se vantait d’ailleurs et le Gryffondor aurait préféré ne jamais avoir réussi cet « exploit ».


« Ensuite, je te dis juste trois mots, et là tu prends feu d’un seul coup ! poursuivit-il avec un peu plus de hargne, Sérieux, faut que tu te clames ! J’t’informe juste au passage qu’t’es pas le centre du monde et qu’on rêve pas tous de te persécuter, même si, faut avouer, j’fais partie des gens qui aimerait bien que tu la fermes un peu plus ! » Lança-t-il dédaigneusement.

Pour la courtoisie, on repassera.

« Maintenant, si tu veux bien, j’ai d’autres choses à faire que de t’écouter pleurer sur ton sort et cracher ton venin ! Alors, vas-y, j’t’en prie, ajouta-t-il en désignant la rue d’un geste de la main, finis ta p’tite balade et rentre chez toi, mais s’te plait, fais-moi plus chier ! » conclut-il en enfilant son bonnet d’un geste rageur.

Au même moment un bruit de cliquetis retentit de l’autre côté de la route. Rose Hightway, la doyenne de la cité, venait de sortir de son jardin vêtue uniquement d’une vieille robe de chambre tachée.

« Bradley ! Il me semblait bien avoir entendu ta voix ! »Intervint la vieille dame d’une voix chevrotante.

Irving jeta un regard d’avertissement à Cassandre, afin de lui couper l’envie de se moquer de la vieille dame qui perdait littéralement la tête. Rose avait toujours habitée la bicoque en face de celle des Whitaker, et avec le temps, elle s’était mise à confondre Irving avec son père qui faisait régulièrement de menus travaux d’entretien dans la maison de la vieille dame.

« M’dame Hightway, vous ne devriez pas sortir comme ça, vous allez prendre froid! » intervint le gryffondor en attrapant la vielle dame par le bras, Et puis moi c’est Irving, hein, vous vous souvenez ? J’livre le journal l’été ! » ajouta-t-il en lui adressant un sourire bienveillant.

« Oh mais oui, où avais-je la tête… » rectifia la grand-mère en posant une main sur son front, Comment va ton père ? »

« Ça va, répondit le jeune homme en s’efforçant de ne pas croiser le regard de Cassandre, qu’est ce que je peux faire pour vous ? » demanda-t-il afin de faire dériver la conversation vers un sujet moins épineux.

« Oh mon pauvre, J’ai un épouvantard dans ma penderie. Reprit-elle d’une voix plaintive, Je n’arrive pas à m’en débarrasser… à chaque fois que je le vois, il se transforme ….et…., un voile de tristesse et de peur mêlé passa dans le regard de la vieille dame avant qu’elle ne secoue la tête en fermant les yeux. Tu ne veux pas venir le neutraliser, mon grand ? »

« Ben… c’est qu’j’suis pas encore majeur, commença-t-il en chassant les boucles de son front, J’peux pas utiliser la magie quoi, ajouta-il d’un air désolé.

Si son père avait été là, il aurait réglé le problème tellement facilement. Malheureusement ce n’était pas le cas et la pauvre vieille se retrouvait seule face à cette horrible créature magique. La vision de sa voisine confrontée à son épouventard lui arracha une grimace aussi il ajouta précipitamment :

« Mais j’passerai quand même tout à l’heure pour voir ce que je peux faire, j’ai juste une course à faire sur la Grand’Place avant et j’viens vous voir de suite après. »

La réponse d’Irving parue ravir Madame Hightway qui lui pinça la joue affectueusement :

« Tu es bien le fils de ton père toi ! » lança-t-elle avant de reporter son attention sur Harper, « Ah mais Bradley, tu faisais connaissance avec notre nouvelle voisine ? »

« Non M’dame, Cassandre n’habite pas ici… répondit-il sans parvenir à cacher son amusement face à une idée aussi saugrenue, Rentrez donc, j’viens d’ici une demi-heure. » ajouta-t-il en raccompagnant sa voisine devant sa porte.

Dès qu’elle fut rentrée chez elle, Irving soupira longuement. Il n’avait pas la moindre idée de comment combattre un épouventard sans magie. Peut-être devrait-il se munir de la grosse pelle pour tenter d’assommer la créature…

Revenant sur ses pas, il se retrouva finalement nez à nez avec Cassandre qui était restée dans la rue. Le jeune homme se raidit imperceptiblement, prêt à encaisser une nouvelle remarque désobligeante de la part de sa camarade de maison.

« On s’voit à la rentrée Harper. » souffla-t-il avant de tourner les talons pour rejoindre le magasin de jouet de la Grand’Place.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Elle divaguait complètement ? Non. Mais elle s'était laissée emporter, il fallait l'avouer. Mais elle était encore furieuse, elle sentait son sang battre à ses tempes et son cœur tambouriner dans sa poitrine. Elle avait un peu chaud, maintenant qu'elle s'était énervée et soufflait des petits nuages de fumée dans l'air froid. Et elle n'aurait pas dû frapper dans le tas de neige, le geste lui avait échappé. Elle n'avait pas l'habitude de détruire le travail des autres, c'était des réactions de gamin ça. Et elle était loin d'être une gamine. Elle prendrait bientôt quinze ans et était plus mature que tous ses camarades de classe, du genre ce débile, cette Katy Scott au masculin - enfin, soi-disant au masculin, Victor Lloyd.
En voyant Whitaker s'éloigner, elle s'apprêtait à tourner les talons - cette petite crise ne l'avait même pas calmée - quand elle le vit revenir, inspirant lentement et tentant visiblement de se calmer. C'était peut-être une bonne solution en effet. Retirant ses gants en laine d'un geste brusque, elle se frictionna le visage. Calme, sérénité, gérer son irritabilité. Être une demoiselle de haut parage, calme, distinguée, qui n'élève jamais la voix. Bref, tout son contraire. Inspirant lentement, elle releva les yeux vers Whitaker. Ce n'était pas la peine de s'énerver. Elle était beaucoup plus efficace calme. Viser, pointer, lâcher. Cracher son venin comme le disait si bien Whitaker. Parce qu'il osait lui parler sur ce ton. A elle. Lentement, elle sourit. Très bien, s'énerver n'était pas bien efficace. Rester calme et descendre Whitaker à petit feu. Parce qu'on ne lui parlait pas comme ça. Pas à elle.

- Oh, Whitaker, si tu savais le nombre de gens qui aimeraient que je me la ferme un peu plus. C'est sûr que vous êtes tellement mieux à jouer les hypocrites, lança-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Je dis juste ce que tout le monde pense.

Elle s'apprêtait à lui balancer la bombe - parce que c'était une excellente cartouche - dans le genre "Hé, loser, je suis ta nouvelle voisine. Joyeux Noël, tu vas en prendre plein la tête" mais une petite vieille traversa la rue pour s'approcher d'elle. Au regard que lui lança Whitaker, elle comprit qu'il s'attendait à ce qu'elle se comporte mal. Comme sa mère avec son "dis bonjour". Ressentant de nouveau un élan de colère, elle se composa un nouveau sourire avenant et coinça une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles. Elle allait être la plus charmante des petites filles, pour que le jour où Whitaker songera à raconter à tout le monde comment elle était vraiment, personne le le croira. La petite Harper ? Une si gentille fille !

- Oh, bonjour Mrs Hightway ! Je m'appelle Cassie Harper.

L'emploi du surnom, petite fille délicate. Elle sourit gentiment à la vieille dame et se mordilla la lèvre.

- Vos boucles d'oreilles sont vraiment magnifiques, Mrs Hightway. Vous êtes si élégante ! Plus tard, j'aimerai être comme vous ! Aussi belle, encore.

La vieille dame tourna un regard un peu perdu vers elle mais semblait néanmoins flattée. Elle tendit la main pour lui tapoter le bras.

- C'est gentil, ma petite ! Tu es une petite fille ravissante toi aussi. Quel âge as-tu ? Onze ans ?

Retenant la grimace qui lui venait, Cassandre pencha légèrement la tête.

- Oh non, Mrs Hightway, j'ai quatorze ans. Et je suis la...

Et elle s'apprêtait à lancer la nouvelle, afin que Whitaker soit obligé de fulminer intérieurement, ne pouvant pas jurer comme il le faisait si vulgairement devant la vieille dame, quand ce dernier la coupa pour reprendre sa conversation avec Mrs Hightway. Levant les yeux au ciel au passage de l'Epouvantard - qu'il était idiot ! - elle maintint néanmoins son sourire de façade et poussa même la politesse jusqu'à demander à Mrs Hightway si elle pouvait la raccompagner chez elle. Offre que celle-ci déclina, heureusement. Elle n'avait pas envie de supporter une vieille folle plus longtemps, merci bien. Mais passer pour une gentille aux yeux de tout le monde était la meilleure frustration pour Whitaker qui ne pourrait jamais s'épancher devant les autres sur tout ce qu'elle pourrait lui faire. Alors qu'il s'éloignait, elle se mit à le suivre d'un pas pressé en faisant attention à ne pas glisser.

- Attends une minute, Whitaker ! D'abord, t'as intérêt à me parler mieux que ça ou je te jure que ma baguette va légèrement déraper sur ton visage constellé d'acné.

Délicatesse et perfidie, elle avait oublié. Cela lui avait échappé. Et en plus, il n'avait pas d'acné Whitaker. Ou alors il la camouflait avec du maquillage. Possibilité à envisager après avoir fréquenté Victor Lloyd plusieurs années.

- Ensuite, si tu avais écouté en cours, tu saurais qu'une baguette magique n'est pas nécessaire pour affronter un Epouvantard. Évidemment, c'est préférable. Mais en troisième année - tu devrais le savoir, à ton âge - on apprend qu'on peut suffisamment perturber un Epouvantard, assez pour le faire fuir, en le faisant changer constamment de forme.

Écouter en cours semblait être quelque chose de trop dur pour un esprit tel que celui de Whitaker. Une chose à la fois. En l’occurrence se curer le nez ou écouter. Relevant un sourcil, elle lança d'un air dédaigneux :

- Et dire qu'on t'a donné des BUSEs. On accepte vraiment tout le monde de nos jours à Poudlard. C'est vraiment pathétique.

D'un geste de la main, elle fit mine de chasser quelque chose dans l'air. Sûrement la bêtise ambiante qui régnait à la cité Nimbus.

- Enfin, bref, l'abrutissement des classes ouvrières est un autre débat. Je disais donc que la magie n'est pas nécessaire pour un Epouvantard. Il faut être plusieurs et tourner autour de lui pour le faire changer de forme trop rapidement. En l'occurrence, ta peur et la mienne. Parce que tu croyais faire quoi ? Assommer la bestiole avec ta pelle ?

Elle leva les yeux au ciel avant de plonger ses yeux dans ceux de Whitaker, les bras croisés sur ta poitrine et un petit sourire méchant au coin des lèvres. Évidemment, elle était encore dévastée de savoir qu'elle allait vivre ici, dans ce quartier pourri avec une telle populace. Mais voir la réaction de Whitaker serait tellement délicieuse que cela la consolerait sûrement un peu.

- Ma plus grande peur est irrationnelle, étant donné que c'est celle de ne pas réussir. Mais je réussirai. Pas comme certains. Évidemment, petit niveau comme tu es, tu ne comprends pas les sous-entendu donc je précise que je parle de toi. Ta plus grande peur, je ne sais pas ce que c'est.

Faisant mine de réfléchir, elle fit la moue.

- Hum... Devenir un perdant ? Déjà fait. Rater ses études ? En cours. Être toi ? Irréversible. Vivre à coté d'une fille que tu détestes mais qui va se faire apprécier de tout le quartier uniquement pour te contrarier et te pourrir la vie afin de se venger parce qu'elle est obligée de venir vivre dans ce trou et parce que tu as eu le malheur de te trouver sur son chemin un matin ?

Souriant largement, se délectant de chacun des mots qu'elle prononçait, elle ponctua la fin de sa tirade d'une œillade narquoise.

- Fait.

Désignant sa maison du doigt, elle adressa un sourire cruel à Irving.

- J'ai hâte que nos familles s'invitent à dîner pour mieux faire connaissance ! Après tout, entre voisins, il faut s'entendre, non ?

Merlin que ça faisait du bien. Pourrir la vie de Whitaker la détournerait de sa vie horrible, au moins.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Apparemment, Cassandre s’était lancée dans une opération séduction auprès de Mrs Hightway. Un petit sourire par-ci, un compliment par là,… Irving ne comprenait pas où voulait en venir sa condisciple de maison. Cassandre n’allait probablement plus jamais revoir Rose de sa vie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle change brusquement de caractère en se montrant aussi agréable… Dans sa grande naïveté, le Gryffondor arriva donc à la conclusion suivante : Malgré ses airs condescendants, Harper savait faire la part des choses, en se montrant polie et respectueuse des anciens. Comme la jeune fille avait visiblement fait des efforts, il la salua tout de même avant de prendre la direction de la Grand-Place d’un pas rapide.

Alors que ses pensées étaient déjà tournées vers la Poupée Potter qu’il devait acheter, il entendit Cassandre se hâter pour revenir à sa hauteur. Le Gryffondor se stoppa net et jeta un regard mi-agacé, mi-interrogateur à la jeune fille :

« Quoi encore ? » grogna-t-il en fronçant les sourcils.

- Attends une minute, Whitaker ! D'abord, t'as intérêt à me parler mieux que ça ou je te jure que ma baguette va légèrement déraper sur ton visage constellé d'acné.

Irving ne put retenir une grimace incrédule accompagné d’un grand « Heiiin ? ».
Déjà, il n’avait pas d’acné. C’était surement le seul trouble ingrat de l’adolescence auquel il avait réussi à échapper ! Ensuite, il ne parlait bien qu’aux gens qui lui parlaient bien en retour. En somme, il n’était pas vraiment compliqué comme garçon, il était vraiment disposé à faire tous les efforts du monde si la personne en face de lui faisait de même. Malheureusement, ce ne semblait pas être la priorité de Cassandre, aussi il répondit:

« Au cas où tu l’aurais pas remarqué Harper, on est pas à Poudlard ici, et, à ce que je sache, t’es pas encore majeure.
Ajouta-t-il en posant les yeux sur la fillette, J’crois qu’le dérapage de baguette ce s’ra pas pour une autre fois... » conclut-il en reprenant sa marche dans la ruelle enneigée de la cité.

Rivant ses mains au fond des poches, il rentra sa tête dans le col de son blouson afin de ne pas laisser passer le froid sous ses épais vêtements. Il avait transpiré en déneigeant son allée et il commençait à se refroidir. De plus, Harper lui avait fait perdre des minutes précieuses, et s’il trainait trop, il allait arriver à la fermeture du magasin. Heureusement qu’il s’était débarrassé de Cass….

« Putain ! Mais qu’est ce que tu veux encore ! » s’exclama-t-il lorsqu’il la vit revenir à ses côtés. Elle n’en avait visiblement pas fini avec lui. Une petite pointe d’inquiétude germa alors dans l’esprit du gryffondor lorsqu’il entendit Cassandre le sermonner, lui disant que, s’il avait écouté davantage en cours, il saurait comment neutraliser un épouvantard. Cependant, Irving n’avait qu’une question en tête : Pourquoi Harper ne passait-elle pas son chemin ? Il l’avait rencontré par hasard pourtant, elle devait bien avoir autre chose à faire !

Le jeune homme bifurqua donc brusquement sur la droite pour descendre un petit escalier qui menait à la Grand-Place. Le passage était uniquement emprunté par les habitants qui étaient les seuls à savoir se repérer dans le dédalle des ruelles de la cité Nimbus. Il espérait bien semer Cassandre qui, bien qu’elle s’obstine à dire le contraire, devait forcément se rendre chez des connaissances. Mais contre toute attente, la fillette le rejoignit dans l’allée, palabrant toujours avec suffisance.

* Bordel de troll ! Elle me suit ! * s’alarma-t-il subitement.

Il manqua de glisser sur une marche qui n’avait pas été déneigée lorsque Cassandre termina son long monologue par une question :

« Parce que tu croyais faire quoi ? Assommer la bestiole avec ta pelle ? »

Le jeune homme mit un petit temps avant de grommeler un « Pff n’importe quoi ! », tant il était troublé par la déduction qu’il venait de faire. Ok, Cassandre le suivait, mais pourquoi ? Ils ne s’étaient jamais parlé avant aujourd’hui. Certes ils se côtoyaient dans la salle commune mais Irving ne se souvenait pas avoir fait quoique ce soit qui puisse avoir choqué la Gryffondor ! Alors pourquoi venait-elle le traquer jusque devant chez lui ! Il s’apprêtait à lui poser la question, lorsque la fillette embraya sur leurs peurs respectives :

- Ma plus grande peur est irrationnelle, étant donné que c'est celle de ne pas réussir. Mais je réussirai. Pas comme certains. Évidemment, petit niveau comme tu es, tu ne comprends pas les sous-entendus donc je précise que je parle de toi. Ta plus grande peur, je ne sais pas ce que c'est. »

Tout en s’efforçant de ne pas relever l’énième raillerie de la jeune fille, Irving oublia momentanément la question qu’il s’apprêtait à lui poser. D’abord, il n’avait aucune envie que Cassandre vienne l’aider à combattre cet épouventard. Il n’avait pas besoin d’elle ! Il préférait largement intervenir en filant des coups de pelle à la créature plutôt que de voir sa plus grande peur révélée aux yeux de cette gamine perfide. Vu le ton qu’elle employait avec lui depuis le début de leur conversation, il était persuadé qu’elle utiliserait cette faille pour le faire sortir de ses gonds. D’autant plus qu’il savait déjà ce qu’il allait découvrir en ouvrant la penderie de Mrs Hightway. Sa peur la plus sourde, la plus secrète, peuplait déjà ses nuits et ses moments de solitudes.

Le jeune homme serra la mâchoire et reporta son attention sur Cassandre qui lui crachait toujours des remarques acerbes au visage. Elle jubilait littéralement et ne cherchait même pas à cacher l’état de franche allégresse dans lequel elle était. Le jeune homme avait du mal à concevoir qu’on l’on puisse être aussi méchant par plaisir… Néanmoins, tout cela ce n’était rien comparé à ce qui l’attendait ! En effet, en guise d’ultime coup de massue, Cassandre laissa sous-entendre qu’elle était sa nouvelle voisine.

« Tu mens. » répondit-il, buté, pour tenter de se convaincre lui-même, j’te crois pas, ajouta-t-il en secouant la tête de gauche à droite. Pourtant, les différentes pièces du puzzle commençaient à s’imbriquer dans le cerveau d’Irving…

Cet événement expliquait la présence de Cassandre dans les rues de la Cité Nimbus et, maintenant qu’il y pensait, sa mère avait évoqué l’arrivée de nouveaux voisins :
« Un ancien membre du gouvernement replacé chez nous alors qui n’y connait rien en fabrication de balai ! »
Harper, l’ancien Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale. Harper, le père de Cassandre. Harper, le nouveau voisin. Tout était clair maintenant.

Irving déboucha finalement sur la Grand-Place de la Cité qui était toute illuminée pour les fêtes. Les enfants et les parents se promenaient tranquillement au milieu des petites échoppes du marché de Noë et les grandes cheminées de l’Usine scintillaient déjà dans le crépuscule. Habituellement, Irving aimait ce cadre féérique. Sur cette place, dans les rues de la cité, il était chez lui. Les dédales de la petite ville ouvrière étaient le prolongement de sa baraque puisque la cité avait une place importante dans l’histoire familiale des Whitaker. Pour Irving, à l’instar de sa famille ou de sa maison, Sheffield était son refuge, son noyau, son cocon.

Aujourd’hui, pourtant, il se sentait menacé. Il avait l’impression, qu’une nouvelle fois, tout allait s’écrouler. Comme avec son père cet été, comme avec Nora à la Toussaint, la Cité allait lui glisser entre les doigts. Irving pouvait encaisser les insultes : Il savait qu’il était pathétique, qu’il était un loser et qu’il n’aurait jamais dû obtenir certaines BUSEs. Il avait toujours su qu’il ne ferait jamais de hautes études, mais dans la Cité, il avait trouvé sa place. Ici, il était apprécié pour ses qualités humaines et il n’avait pas besoin de savoir jeter de Sortilèges pour se rendre utile. Bien que le travail soit contraignant, il avait aimé rendre service aux habitants grâce à son job estival. Certes, la livraison de journaux s’apparentait à un travail abrutissant de hiboux, mais dans ce cas, Irving avait été le plus heureux des abrutis !
Il se rendait compte aujourd’hui de tout cela car son petit paradis terrestre était sur le point de voler en éclat…

« J'ai hâte que nos familles s'invitent à dîner pour mieux faire connaissance ! Après tout, entre voisins, il faut s'entendre, non ? » Railla Cassandre tandis qu’ils traversaient le marché de Noël pour rejoindre le magasin de jouet.

« Ta gueule Harper ! » aboya-t-il pour la faire taire. Irving croisa momentanément le regard désapprobateur d’un collègue de son père qui se baladait avec sa femme mais le gryffondor lui décrocha un regard noir. De quel droit le jugeait-il celui là ! On voyait bien qu’il n’avait pas entendu les moqueries répétées de Cassandre ! Oh, bien sûr, cette petite peste dirait tout le contraire si on l’interrogeait ! Elle jouerait la petite fille parfaite comme ce qu’elle avait fait avec Rose Hightway !

Irving écarquilla les yeux devant cette évidence. C’était pour cela qu’il se sentait en danger. Cassandre était une manipulatrice née, avec ses sourires et ses bons mots, elle attirerait rapidement la sympathie de tout le voisinage et on accorderait bientôt plus de crédit à cette jolie fillette qu’à lui, l’enfant du pays. A n’en pas douter, les intentions de Harper à son égard étaient loin d’être bienveillantes et elle userait tôt ou tard de ses talents pour lui nuire…

Poussant la porte du magasin de jouet, Irving salua d’un geste de la main le patron du commerce qui s’afférait à la caisse. Après ce bref bonjour, il rejoignit le rayon des jouets pour petite fille. Il passa devant des poupées qui ressemblaient à vaguement à Ashley Reynolds, Victor Lloyd, Nathan Dale, Kelsey Lorgan avant d’attraper celle à l’effigie de Potter.
Tout en revenant sur ses pas afin de faire la queue à la caisse, le jeune homme tenta de se calmer : Les moqueries et la révélation de la gryffondor lui avaient tapé sur les nerfs et il se sentait dans un état de tension extrême. Ce n’était pas bon. Les battements de son cœur s’étaient accélérés et il avait l’impression que la moindre broutille pouvait déclencher sa fureur. Il se retrouvait dans la même situation que lorsqu’il s’était disputé avec Nora. Le jeune homme expira donc lentement l’air de ses poumons : Il devait absolument reprendre le contrôle de la situation afin de ne pas s’emporter une nouvelle fois ! Il tenta alors de rassembler ses esprits pour se souvenir des conseils que Chloé Hellsoft lui avait donnés à St-Mangouste afin de l’aider à gérer son irritabilité :

« Il faut juste reporter ses sentiments sur une chose à laquelle tu n'auras pas faire de mal - en l'occurrence l'oreiller - et qui n'aura pas de conséquences - ne va pas frapper un arbre, ta main s'en souviendrais. »

Irving devait donc s’imaginer en train de frapper un oreiller ? Il doutait que cela puisse le calmer après ce que Cassandre venait de lui faire ! Là, il avait plutôt envie de faire de la bouillie de coussin !

« Et Si quelqu'un t'énerve sans raison serre les poings et les dents et imagine cette personne dans une situation ridicule. »

Les épaules du jeune homme s’affaissèrent imperceptiblement. Il n’y avait pas de solutions. Puisqu’il ne s’énerverait pas, il était condamné à encaisser les coups ! Même s’il parvenait à ridiculiser mentalement Cassandre, elle aurait l’impression d’avoir gagné la partie ! Il pouvait déjà la voir en train de pavaner avec suffisance …
Pourtant, au fond de lui, il savait ce qu’il devait faire : Il devait prendre tout cela avec légèreté et être indifférent aux dires de la jeune fille mais il en était bien incapable. Ce qu’elle lui avait dit l’avait touché, il ne pouvait pas l’ignorer, ni passer outre. Ce fut la voix du gérant du magasin qui le sortit de ses pensées :

« Alors Irving ! Tu as trouvé le cadeau pour Penny ! »


« Ouep, lança-t-il en essayant de sourire, je pense que ça va lui plaire, ajouta-t-il en sortant son porte monnaie de sa poche.

« D’ailleurs dis-moi ! Parmi tous tes neveux et nièces, y en aurait pas un qui serait libre pour participer à la Grande Parade déguisée demain ? questionna le vendeur, Notre Lutin de Cornouailles à attrapé la Drangoncelle ! Il nous faut quelqu’un pour le remplacer ! »

La Grande Parade Volante était la fête traditionnelle de l’Usine Nimbus. Tous les 24 décembre, les enfants de la Cité se déguisaient en animaux volants et arpentaient les rues de la petite ville ouvrière sur leur balai. Durant toute la journée, les dragons, les hippogriffes ou encore les sombrals passaient devant chaque baraque en chantant des chants de Noël. Le clou de la parade étant l’enfant le plus jeune déguisé en Vivet Doré.
Irving y avait participé tous les ans jusqu’à ses quatorze printemps. Il avait été, entre autre, Focifère, Jobarbille et queue de Magyar à pointes lors de sa dernière année ( Jared Moses animant la tête et Josef Moses le corps ) Ils avaient d’ailleurs vraiment rigolé sous leur énorme costume ! Un sourire nostalgique éclaira le visage d’Irving avant que ses yeux ne se posent sur Cassandre qui était non loin de lui.

Bordel de troll ! Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ! Il n’était pas obligé d’encaisser en silence, de serrer le poing en bougonnant. Non, il pouvait faire mieux ! Il pouvait prendre Cassandre à son propre jeu ! Elle voulait être la parfaite petite fille aimée et appréciée de tous, soit. Il allait même l’aider à le devenir ! Un sourire mauvais éclaira son visage tandis qu’il scrutait la fillette. Il reporta alors son attention sur le gérant avant de répondre.

« Lena et Arthur participent déjà à la parade et les enfants de Sue sont chez leur grands-parents paternels, répondit-il avec un sourire énigmatique, mais j’ai la personne rêvée pour interpréter le rôle du perfide lutin : Ma nouvelle voisine, Cassie ! » lança-t-il en insistant volontairement sur le diminutif.

Animé par un esprit vengeur, il passa un bras autour des épaules de la fillette afin de la coincer sous son aisselle transpirante puis il poussa le vice jusqu’à lui ébouriffer les cheveux comme l’aurait fait un grand frère avec sa petite sœur. Il était sûr que Cassandre devait bouillir intérieurement et il devait avouer que cela lui faisait extrêmement plaisir.

« Cassandre vient d’arriver dans l’quartier et elle a à cœur de bien s’intégrer ! N’est ce pas ma Cassie Chérie ! » ajouta-t-il en lui décrochant un large sourire démoniaque digne du professeur Virtanen, Et quoi d’mieux que la Grande Parade Volante pour se faire de nouveaux amis ! N’est-ce pas M. Arrow ? » ajouta-t-il en prenant à parti le vendeur.

La bonne humeur d’Irving étant légèrement disproportionnée-il n’était pas aussi habile dans l’art de la manipulation que sa très chère nouvelle voisine- le gérant se contenta d’hocher doucement la tête avant de reporter son attention sur Cassandre :

« On serait ravi de vous compter parmi nous jeune fille… »

« J’vous laisse vous arranger ensemble dans ce cas! » Coupa Irving avant de quitter le magasin pour rejoindre la Grand-Place magnifiquement décorée. Si quelques minutes plus tôt, il n’avait pas su profiter de ce spectacle à sa juste valeur, à ce moment même, il se délectait de chaque parcelle de ce paysage enchanteur. Il ne laisserait pas Harper lui voler ça ! Il se battrait pour la Cité, même si pour cela il devait se faire passer pour son meilleur ami. C’était le seul moyen pour lui nuire vraiment.
Après tout, elle le haïssait, elle détestait tout ce qu’il était : Elle ne supporterait pas ses blagues pourries, son manque de culture et de confiance en lui … Oui, c’était la meilleure chose à faire surtout qu’Irving savait qu’il était doué pour ça !

Au lieu de fuir rapidement, le jeune homme s’appuya donc sur le dossier d’un banc enneigé pour attendre Cassandre qui sortit finalement du Commerce :

« Hééééé CASSIIIIIIIE !!!!!! Chui làààààààà ! cria-t-il en lui faisant coucou frénétiquement pour attirer son attention au milieu de la foule. Irving savait très bien jouer le bouseux pas très discret et particulièrement lourd. Il attrapa donc une poignée de neige dans sa main qu’il jeta de toutes ses forces sur Harper, comme l’aurait fait deux amis qui se taquinent. La boule atteignit sa cible et Irving éclata de rire. Il s’approcha finalement de la fillette avant d’épousseter son manteau luxueux et son bonnet –persuadé que ce simple contact répugnait littéralement sa camarade.

« Alors ? Tu viens avec moi au magasin d’balais, Cassie Chérie ? Cracha-t-il d’un air narquois, Allleeeez, tu serais vraiment la meilleure des voisines, steplait ! » ajouta-t-il en la scrutant intensément avec un sourire figé.

Il devait trouver un ultime tacle pour l’humilier pleinement. Un truc que Cassandre puisse détester. Le comble de la vulgarité à ses yeux. Mettant de côté le dégout que lui inspirait ce qu’il s’apprêtait à faire, il prit une profonde inspiration et lui décrocha un immonde bisou baveux et sonore sur la joue. Lorsqu’il s’éloigna de la fillette, un long filet de bave s’étira entre eux.

Irving savait qu’il allait payer très cher ce qu’il avait osé faire, mais il s’en fichait ! Il tourna doucement ses yeux rieurs en direction de Harper pour découvrir l’expression de sa nouvelle-meilleure-amie !


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Cassie adressa un regard d'excuse aux alentours lorsque Whitaker laissa exploser sa vulgarité. Ce garçon n'avait vraiment aucune éducation, c'en était affligeant. Elle pénétra dans le magasin de jouets à sa suite et laissa son regard vagabonder sur les différentes étagères débordantes. Whitaker se dirigea vers le rayon des poupées et elle le suivit, ses yeux bleus se posant sur tout ce qui l'entourait. Embêter le jeune homme occuperait son après-midi et puis cela lui ferait sûrement passer l'envie de répandre à Poudlard la nouvelle de son emménagement dans ce trou.

- Je l'ai aidé à choisir ! annonça-t-elle avec un grand sourire lorsqu'ils passèrent à la caisse.

Même si elle n'aurait sûrement pas choisi cette hideuse poupée Potter, qui était un peu effrayante sur les bords, à vrai dire. La peluche licorne derrière le comptoir était beaucoup mieux. Et elle ne disait pas ça parce qu'elle en possédait une depuis ses cinq ans, évidemment.
Toute à ses pensées, elle sursauta en entendant son diminutif dans la bouche de Whitaker. Oh le fils de Botruc ! Il n'avait pas osé faire ça ?! C'était perfide, machiavélique... Intelligent ? Oui, c'était malin, il fallait le reconnaitre. Venant d'un abruti fini comme Whitaker, il y avait de quoi être surprise. Agréablement surprise. Évidemment, elle venait d'être fourrée dans les ennuis. Mais c'était un joli tour de force, tout à fait appréciable. Il cachait vraiment bien son jeu, c'était un plan de Serpentard. Encore sous le choc - Oh My Potter, il venait de faire quelque chose d'intelligent ! - elle ne réagit même pas à son bras autour de ses épaules. Parce que cela changeait complétement les règles. Whitaker n'était alors plus l'idiot du village qu'on pouvait provoquer d'un claquement de doigts, il devenait quelqu'un capable de savoir jouer dans la cour des grands. C'était plus dangereux mais tellement plus intéressant ! Et elle avait toujours été la plus douée à ce petit jeu. Elle allait écraser Whitaker et ça serait encore plus drôle. Levant ses grands yeux vers le vendeur, elle acquiesça en souriant.

- Oh oui, je viens d'arriver ! J'aimerai tellement faire la connaissance des autres enfants ! Jusqu'ici, je n'ai croisé que Vivi - oui, c'est comme ça qu'on l'appelle à Poudlard - nous sommes dans la même maison !

Faire le lutin ? Jamais de la vie. Elle préférait encore faire une DBD. Mais elle se devait de faire croire le contraire. Tandis que Whitaker s'éloignait, son cerveau carburait à toute vitesse. Une excuse, une excuse, une excuse. Coinçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle ferma les yeux très fort pour les humidifier et fouilla dans sa poche pour en ressortir un mouchoir de coton orné de ses initiales.

- Mais... Je ne peux pas laisser ma grand-mère toute seule.

La voix chevrotante - des années d'entrainement pour faire craquer ses parents - elle renifla légèrement.

- E-e-lle... est à Sainte-Mangouste, acheva-t-elle dans un souffle.

Fixant ses pieds, elle se mit à se triturer les mains, comme nerveuse. Le type avait l'air suffisamment abruti pour que cela marche. Elle savait tellement jouer les petites filles adorables que cela allait être un jeu d'enfant.

- Les... Les médicomages ont dit qu'elle ne verra pas la prochaine année...

Hoquetant légèrement, elle enfouit son visage dans ses mains.

- Je ne veux pas la laisser toute seule pour son dernier Noël.

Et se mit véritablement à pleurer, des larmes épaisses coulant sur ses joues. Elle releva les yeux vers le vendeur, qui semblait ému. Elle savait pleurer sur commande depuis qu'elle avait sept ans. Un truc très utile. Ça marchait avec tous les adultes. De plus, elle en usait avec parcimonie, ce n'en n'était que plus efficace.

- J'suis désolé, petite... lança le type en se grattant l'arrière du crâne, gêné.

Essuyant ses yeux avec son mouchoir, Cassie fit mine de se reprendre et sourit faiblement.

- Non, c'est moi, je n'aurai... Je n'aurais pas dû me laisser aller... Mais ça me rend triste.
- J'comprends, j'comprends. T'en fais pas pour la parade, on se débrouillera.

Elle hocha la tête et leva les yeux vers le vendeur, une dernière fois.

- Je suis vraiment désolée, j'espère que vous trouverez quelqu'un...
- T'inquiètes pas, va. La famille, c'est plus important, on le sait tous.

Elle sourit doucement et se détourna, quittant le magasin les épaules basses, comme affligée. Derrière elle, le vendeur marmonna un "pauv' gosse" qui la fit sourire largement. Sa grand-mère allait plus que bien et tenait une immense réception pour Noël dans son Manoir, à laquelle elle était bien sûr invitée. Elle était en parfaite forme et ne supporterait pas qu'on la plaigne si elle venait à être hospitalisée. C'était une femme forte et ferme qui préférait mille fois que sa petite-fille passe Noël dans une joyeuse soirée que dans un sombre hôpital. Mais elle était quasiment certaine que l'histoire ferait le tour de la Cité Nimbus et cela ne lui apporterait que des sympathies. Il fallait juste espérer que cela ne revienne pas aux oreilles de ses parents. Mais étant donné que le vendeur ne connaissait pas son nom....
Elle poussa la porte du magasin et sortit dans le froid mordant. Enfonçant son bonnet sur ses oreilles, elle chercha Whitaker du regard. Ce lâche avait dû se carapater dès qu'il avait pu, trop effrayé des réprimandes. Il était en effet hors de question qu'elle laisse passer ça. A son tour, de jouer.

Mais non, cet abruti l’appelait bruyamment de l'autre coté de la place. Aucune retenue. Mais elle savait très bien qu'il faisait ça dans le but de l'exaspérer. Alors la meilleure réponse était de se montrer ravie de ce comportement. Après tout, Vivi était son meilleur ami, non ? Toute souriante, elle adressa un grand sourire à Irving et agita sa main.

- Par ici, Vivi !

Elle avait crié le dernier mot, faisant se retourner quelques dames qui rirent du surnom. Elle leur adressa un sourire rayonnant, qui lui fut rendu. Se montrer adorable et avenante et faire passer Whitaker pour le dernier des méchants. Tellement facile.
Son sourire se crispa quelque peu lorsqu'elle se prit la boule de neige en pleine tête, mais elle n'en montra rien. Elle se mit à glousser dans une parfaite imitation d'Olivia Fowler et se pencha pour faire une énorme boule de neige qu'elle garda en main, guettant le moment idéal.

- Oh oui, le magasin de balais ! Super idée Vivi ! Tu penses qu'ils auront le dernier modèle Nimbus ? J'aimerais vraiment le voir ! Tu me connais, je suis une telle fan de Quidditch !

Elle se suspendit à son bras tout en souriant. Et lui enfonça profondément ses ongles dans la peau. Elle s'apprêtait à l'entrainer quand il lui planta un immonde baiser sur la joue. Dégoutée, elle retint le flot d'insultes cinglantes qui lui montait à la bouche, le coup de pied dans l'entrejambe de Whitaker qui la démangeait et tout le reste. Calme et sang-froid. Calme et sang-froid. Il faisait ça pour la provoquer. C'était de la pure provocation. Et elle ne devait pas céder. Ou il aurait gagné. Fermant les yeux quelques secondes, elle ravala toute sa colère. Elle était Cassandre Harper et elle ne se ferait pas battre par ce Véracrasse de Whitaker. Inspirant lentement, elle sortit son mouchoir de sa poche et s'essuya la joue consciencieusement. Elle allait vomir. Néanmoins, elle se força à sourire largement.

- Tu me montres par où c'est ?

Ne pas répondre était la meilleure provocation. Néanmoins, elle balança sa main et sa boule de neige dans la figure de Whitaker. La glace s'effrita sur son visage et elle sentit sa paume heurter son nez avec force. Un gros bleu, ça serait l'idéal. Toujours souriante, elle le tira par le bras tout en calant son pied vers le sien. Pesant de toutes ses forces, elle le fit glisser et... s'effondrer au sol dans un boum retentissant. Heureusement que le sol glissait, elle n'en n'aurait jamais eu la force en temps normal ! Peut-être qu'il s'était cassé le cocxys ! Pleine d'espoir, elle éclata d'un rire sincère et s'éloigna d'un bond avant que Whitaler ait l'idée de la faire chuter aussi.

- Tu devrais faire attention quand tu marches, Vivi ! Ca va, tu ne t'es pas fait trop mal ?

Toute souriante, elle se retourna brusquement en entendant des pas derrière elle. Une dame en manteau épais, les bras chargés de sac, s'avançait vers eux.

- Oh Merlin, ça va Irving ? Que dirait ta mère en voyant ça ?

Elle s'arrêta à la hauteur de Cassandre, rassurée de voir que Whitaker ne s'était pas explosé le crâne sur la glace. Dommage d'ailleurs.

- Tu manques encore un peu d'adresse, visiblement ! fit la femme en riant un peu.

Sautant sur l'occasion d'enfoncer un peu plus son camarade, Cassandre se tourna vers la dame.

- Et encore ! Vous ne l'avez pas vu à Poudlard ! Vivi ne sait pas poser un pied devant l'autre ! Mais bon, on l'aime aussi pour sa maladresse, hein Vivi ?

Gloussant légèrement, elle tendit la main à la dame pour se présenter.

- Je m'appelle Cassie Harper, je suis une amie d'Irving ! Pas la petite-amie, je précise ! De toute manière, il dit toujours qu'il n'a pas besoin de petite-amie, uniquement de Sexy Witch et de sa m...

Plaquant ses mains sur sa bouche comme si elle venait de faire une énorme gaffe, elle fit des yeux effarés.

- Oh, je n'avais pas le droit de le répéter !

Adoptant un ton piteux, elle se tourna vers Irving, l'air désolé. A coté, la dame semblait scandalisée.

- Irving ! Voyons ! Je... Tu... Et devant une petite fille en plus !
- Oh non, pas devant ! rectifia Cassandre, en jouant les ingénues. Il me raconte juste !

La dame poussa un cri d’orfraie.

- Irving, de ta part, je m'attendais vraiment à autre chose.

Comme soucieuse de rattraper sa bêtise, Cassandre croisa les bras sur sa poitrine.

- Irving est quelqu'un de très correct, je vous assure. Bon, il dit des gros mots mais je ne répète jamais, comme j'ai promis à mes parents. Et puis, bientôt, il va jeter tous ses magasines de grand ! Parce qu'il va bientôt sortir avec une fille, lança-t-elle avec un sourire entendu. Et il dit toujours qu'elle est super bonne ! Il aime les filles intelligentes, Vivi, il ne sort qu'avec les filles bonnes. Je ne connais pas les résultats scolaires de Nora, mais ils doivent être supers bons comme le dit Vivi !

Ciel, que jouer les idiotes était agaçant ! Elle avait l'impression d'avoir le QI de Kelly Murdoch. Mais avec ça, la réputation de Whitaker était fichue. La Dame semblait vraiment scandalisée. Elle jeta un regard sévère sur Irving et réajusta ses gants.

- Je pense que ce n'est pas le lieu pour parler de cela, jeune homme. Et surtout pas devant une petite fille.
- J'ai quatorze ans, je suis grande ! protesta Cassandre.

La dame lui accorda un petit sourire affectueux.

- Je n'en doute pas, ma puce. Et sinon, Irving, comment va ton père ? Je venais te poser la question, avant que... Bref. Je n'ai pas eu le temps de croiser ta mère lors de mes derniers services, je suis passée de nuit.

Donc visiblement, c'était une collègue de Mrs Whitaker. Intéressant. Si cela revenait aux oreilles de sa mère, cela n'en n'était que plus juteux. Satisfaite de sa petite vengeance, Cassie se délectait intérieurement et buvait la déconfiture de Whitaker comme du petit lait. Néanmoins, elle se força à aborder un visage empreint de compassion. C'était déjà la deuxième fois qu'on parlait du père de Whitaker, il devait avoir un problème. Même si elle savait beaucoup de choses sur Poudlard, elle n'avait pas entendu parler de ça. Il faudrait se renseigner.

- Oh, Irving, tu peux tout nous dire, tu sais. Nous sommes amis après tout, non ?

Pris à son propre jeu, le Whitaker. Échecs et mat. Mais il devait avoir l'habitude. Il n'était qu'un perdant, après tout.


   
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Les aventures de Cassie et Vivi, les meilleurs amis ! Voila ce à quoi jouaient Cassandre et Irving depuis cinq bonnes minutes. Le gryffondor s’appliquait à ne pas montrer qu’il la haïssait et elle faisait de même, avec brio, il fallait l’avouer : Elle avait simplement fermé les yeux pendant plusieurs secondes lorsqu’il avait déposé un bisou baveux sur sa joue mais aucun signe n’était venu trahir une éventuelle colère. Irving commençait d’ailleurs à se demander si Cassandre l’était vraiment. Fort heureusement, la fillette lui apporta la plus belle des confirmations en tentant de lui broyer le nez dans une boule de neige.

« Bordel-de-troll ! »jura-t-il en se massant l’arrête du nez pendant plusieurs secondes tandis que les larmes perlaient à ses yeux. C’était vraiment douloureux ! A coup sûr, il allait avoir un énorme bleu et de vilaines cernes pour les jours à venir…Néanmoins lorsqu’il retira sa main de son visage, il afficha un large sourire mauvais sous son nez tuméfié. Elle était furieuse. Il avait réussi à énerver Harper !

« Alors Cassie… on est un peu en colère… »
Lui chuchota-t-il à l’oreille tandis qu’elle se pendait à son bras. Ne supportant visiblement pas la remarque qu’il venait de lui faire, Cassandre s’arrangea pour le faire chuter lourdement sur une plaque de verglas. Il n’aurait pas qu’un bleu sur le nez, ça c’était sûr, mais il était prêt à encaisser tous les coups pour voir Cassandre aussi mécontente. Car elle avait beau sourire et lancer des phrases mielleuses, ses actes parlaient pour elle : Irving Whitaker avait fait perdre patience à Cassandre Harper. Bon OK, pour cela, il avait récolté un nez aussi gros qu’une patate et un coccyx en mille morceaux mais il n’était pas peu fier de lui. Il afficha d’ailleurs un sourire narquois pour montrer à la fillette qu’il n’était pas dupe mais son air de mauvais garçon disparut bien vite lorsqu’il entendit la voix de Whitney Crowler, une collègue de sa mère :

« Oh Merlin, ça va Irving ? Que dirait ta mère en voyant ça ? »

« Ca va Madame Crowler, vous n’inquiétez pas, » ajouta-t-il en lui serrant la main après s’être relevé.

C’est malheureusement le moment où Cassandre décida de sortir le grand jeu. Elle laissa sous-entendre à la collègue de sa mère qu’Irving aimait raconter ses plaisirs solitaires à une gamine de quartorze ans.

« -Heiiin ? » s’offusqua-t-il devant cette humiliation extrême, C’est pas du tout c’que vous croyez, s’exclama-t-il pour tenter de se justifier. Bon, c’est vrai que les doubles pages de Sexy Witch étaient mythiques mais, bon, quand même,…enfin…bon. Bref.

Cassandre venait vraiment de frapper au dessous de la ceinture –sans faire de mauvais jeu de mot- et le jeune homme découvrit, avec horreur, que le petit stratagème avait marché auprès de Mrs Crowler. En effet, le regard de la collègue de sa mère passa du visage angélique de Cassandre, à celui rubicond d’Irving avant qu’elle ne plante des yeux inquisiteurs sur la main droite du jeune homme. Machinalement elle essuya alors sa propre main –qui avait serré celle d’Irving quelques minutes plus tôt- contre son manteau.

Dépité, Irving écarta légèrement les bras avant de les laisser retomber le long de son corps en soupirant. Cassandre allait payer cher ses insinuations douteuses. Et d’ailleurs, qu’est ce que Nora venait faire là-dedans? Lui aussi il pouvait très bien laisser sous-entendre des choses ! Harper ne trainait-elle pas plus souvent avec O’Connor depuis quelques temps ? Qu’est ce qu’une gamine comme elle faisait avec un septième année bis qui avait frôlé le conseil de discipline plus d’une fois… Si cela se savait, la petite Harper apparaitrait nettement moins ingénue aux yeux des autres ! Malheureusement, à la cité Nimbus, personne ne connaissait Darren. Irving devait trouver mieux pour décrédibiliser Cassandre. Et sans le savoir ce fut Mrs Crowler, qui lui apporta la clef :

-Et sinon, Irving, comment va ton père ?
- Oh, Irving, tu peux tout nous dire, tu sais. Nous sommes amis après tout, non ? Surenchérit Cassandre avec un air faussement compatissant.

Irving se tendit imperceptiblement. Si Harper le taquinait un peu trop sur ce sujet, il ne répondrait plus de rien. Il le savait. Néanmoins, pour le moment, la fillette ne devait pas être au courant de l’hospitalisation de Bradley. Il en avait juste parlé à Nora et à Danny à l’école, préférant laisser Georgiana et Jeremy nager dans leur bonheur.Comme le sixième année avait une confiance aveugle en ses deux amis Poufsouffles, il était sûr qu'ils n’avaient pas ébruité la nouvelle, aussi il resta le plus évasif possible dans sa réponse:

« Ca va merci, J’dirai qu’vous avez pris de ses nouvelles, ça lui f’ra plaisir, abrégea-t-il avant de tourner un visage faussement soucieux en direction de Harper, Et toi Cassie comment va le tien ? »

L’heure de la vengeance avait sonné et Irving n’était pas mécontent de sa petite trouvaille.

« J’vois qu’il s’est bien acclimater, poursuivit-il, C’est vrai qu’on aurait pu se demander ce qu’un gars du ministère venait faire chez nous, ajouta-t-il en reportant son attention sur Whitney Crowler, mais d’après ce que me dit Cassie, c’est un touche-à-tout et il est très heureux de s’être implanter dans l’industrie du Balai Magique… même s’il n’y connait rien, il est sûr qu’il va apprendre très vite ! Qu’est ce qu’il t’a dit l’autre fois Cassie ? Questionna Irving en rivant ses yeux sur Cassandre, Mais si ! Tu sais bien ! Surenchérit-il en faisant mine de se remémorer une phrase : Ah oui c’est ça ! « Un balai magique, c’est qu’une brosse à chiotte en plus gros… Ça ne doit pas être très difficile à fabriquer ! »

Irving ricana comme s’il s’agissait d’une mauvaise boutade mais il vit clairement Mrs Cowler tiquer.

Que préférerait-elle raconter au diner ce soir ? Qu’Irving Whitaker était un adolescent comme un autre, un peu porté sur la chose, ou que M. Harper, le nouveau cadre de l’Usine Nimbus, se moquait ouvertement du travail de ses ouvriers…

« Je vais te laisser Irving, lança-Whitney légèrement froide à l’égard du gryffondor, Miss Harper. Bonne soirée, ajouta-t-elle sur un ton pincé avant de prendre congé des deux adolescents.

Irving se félicita mentalement en entendant Whitney appeler Cassandre par son nom. Il avait mis dans le mille. Il la regarda s’éloigner avec un sourire victorieux aux lèvres qui se fana doucement, tandis qu’il prenait pleine mesure de son acte. Voila qu’il se mettait à culpabiliser. Bordel de Troll , c’était Harper : On ne culpabilisait pas de humilier cette fille ! Mais voila… Irving n’était finalement pas si fier de ce qu’il venait faire. Il était même un peu honteux. Ok, il venait de rabattre le caquet de Cassandre mais à quel prix ? En mentant ? En reniant ses propres valeurs ? Cela ne lui ressemblait pas. Abandonnant le petit jeu de Vivi &Cassie, le jeune homme reporta donc son attention sur Harper :

«Ca fait mal hein ? D’entendre dire des conneries sur soit ou sur sa famille… cracha-t-il subitement, Mais franchement, j’trouve que c’est dix fois pire d’les dire que d’les subir, ajouta-t-il avec une moue dégoutée, J’sais pas comment tu fais pour te conduire comme ça tous les jours … » conclut-il en secouant la tête de gauche à droite.

Il porta une main sur son nez et grimaça en touchant la partie enflée.

« J’arrête de jouer, Harper. Amuse-toi bien à cracher ton venin toute seule… »


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre ne put retenir un sourire satisfait en voyant le regard de Mrs Cowler. Dans le mille. Oh, évidement, ce n'était pas très fin. Mais bien assez pour ridiculiser Whitaker et l'embêter. Satisfaite de cette petite perfidie, elle se sentait rassérénée. Il avait voulu jouer, cet imbécile là. Sûrement poussé par quelque velléités Gryffondoresques ou tout simplement parce un manque cruel de neurones, Whitaker avait voulu se mesurer à elle. Et si elle n'était pas la reine de la popularité à Poudlard ou la petite princesse des professeurs, dès qu'il était question de méchanceté, elle était souveraine. Ravie, elle renfonça son bonnet sur ses oreilles et adressa son sourire le plus candide à Mrs Cowley. Parfois, elle faisait tellement peu son âge que cela en était aberrant. Elle qui voulait tant être plus grande, avoir enfin le crédit qu'on accordait aux plus âgés, elle qui était plus mature que les gens de son âge, ressemblait parfois à une petite fille qui allait rentrer à Poudlard. D'ailleurs, des trois personnes qu'elle avait croisé ici - à part Whitaker - toutes l'avait prise pour une petite fille. Et même si elle détestait cela - elle avait quatorze ans, Merlin ! - elle était bien décidée à tourner cela à son avantage. Elle serait adorable, un modèle de candeur et de douceur.

- N'importe quoi ! s'emporta-t-elle en entendant les propos de Whitaker au sujet de son père.

Elle repassera pour le modèle de douceur et de candeur. Elle était littéralemment outrée par ce que venait de dire son camarade. Son père n'aurait jamais parlé aussi vulgairement ! Et même s'il détestait son travail, s'il détestait cet endroit et ses attardés de collègues, jamais, jamais il n'aurait prononcé ce genre de mots ! Whitaker était d'une vulgarité affligeante, d'un culot sans nom et d'une bêtise sans fond !

- Mon père est un homme poli ! Et élégant ! Il n'aurait jamais parlé de manière aussi vulgaire ! Jamais de tels mots ne seraient sortis de sa bouche ! Tu mens, espèce de petit véracrasse ! Tu mens !

Elle avait complètement oublié ses bonnes résolutions de ne pas s'énerver. Hors d'elle, elle serra les poings pour se retenir de frapper Whitaker. Mais cela la soulagerait tellement ! Furibonde, elle s’efforça de ne pas hurler sur Whitaker, sur Mrs Cowler, sur tout le monde qui passait, sur cet endroit pourri, sur Merlin en personne. Elle les détestait. Elle les détestait tous, sans exception. Et un jour, elle leur ferait payer. Un jour, elle se vengerait et ils s'en mordraient tous les doigts. Whitaker payera, un jour ou l'autre. Elle se le promettait et elle ferait tout pour. Et puis Fiennes aussi, pour avoir viré son père. Et la presse, et les cadres de Nimbus, et tous les employés de cette foutue Cité. Tous, tous, tous. Et peu importe le temps que cela prendrait, peu importe ce qu'elle devrait faire, elle y arriverait. Même si c'était dans des années, même si c'était dur, elle y arriverait. Ils payerait tous.
Tandis que Mrs Cowler s'éloignait, elle la fusilla du regard. Elle aussi, elle lui ferait payer. Cette bonne femme, idiote et sans éducation. Se retournant vers Whitaker, elle pointa un doigt accusateur vers lui et s’époumona. Tant pis pour le regard des autres, tant pis pour les abrutis qui se retournaient, elle se fichait de leur avis. Ils n'étaient rien. Rien qu'une bande de cafards, abrutis et reclus dans leurs maisons miteuses. Ils ne valaient rien, aucun d'entre eux n'était important. Elle se fichait désormais de leur plaire, tout ce qu'elle voulait, c'était les voir disparaitre, les haïr autant qu'elle pouvait et leur faire du mal, pour se faire du bien.

- Moi j'ai jamais dis du mal de ta famille, abruti ! Jamais ! Uniquement de toi ! Parce que t'es là pour te défendre et parce que tu l'as mérité ! C'était complètement lâche de ta part ! Elles sont bien belles tes valeurs Gryffondor, hein ! Abruti ! Et bien tu sais quoi ? Vas te faire voir, Whitaker ! Retourne dans ta baraque pourrie et à ta vie de perdant ! Parce que c'est tout ce que tu connaitras !

Hors d'elle, elle se retint à grand peine de ne pas le frapper. Sa main glissa lentement vers sa baguette magique dans sa poche. Un sort, juste un sort. Un expulso bien placé et il s'en irait s’assommer plus loin, peut-être même s'éclater le crâne quelque part. Cela la soulagerait tellement. Elle se fichait complètement des conséquences, elle s'en fichait. Qu'il la vire de Poudlard, elle se ferait refaire une baguette et irait dans une autre école. Ses grands-parents payeraient s'il le fallait, elle n'avait rien à perdre. Qu'est-ce qu'elle laisserait à Poudlard ? Une bande de gens qu'elle haïssait, rien de plus. Elle s'en fichait. Elle dégaina sa baguette magique et la pointa sur Whitaker. Si seulement elle lançait ce sort, juste pour se défouler. Elle en connaissait tellement, elle pourrait se venger, faire ravaler ses mots à Whitaker, le faire regretter et le regarder souffrir, là, à ses pieds. Un seul coup de baguette magique. Elle s'avança d'un pas vers lui, sa baguette toujours pointée. Un sort, un seul. Juste pour se venger, il l'aurait mérité de toute manière. Un coup de baguette magique. Fermant les yeux de manière fugace, l'image du regard déçu de son père, celui qu'il avait parfois quand il parlait de son frère cadet, lui traversa l'esprit. Parce qu'il serait déçu, elle le savait. Il ne l'avait jamais regardée comme ça, cela ne pouvait pas commencer maintenant. Il avait toujours été fier d'elle, il lui avait encore dit ce matin, elle ne pouvait pas le décevoir. Et surtout pas pour le plaisir - pourtant immense - de briser le crâne de Whitaker.
Réprimant les larmes qui lui venaient aux yeux, sa colère retombant doucement il ne lui restait que des sentiments agités qui la tourmentaient, elle abaissa sa baguette magique. Lentement. Elle recula d'un pas dans la neige, les yeux toujours clos et desserra ses doigts. La baguette lui échappa et vint s'écraser dans la neige, dans un petit bruit. Elle ne chercha même pas à la récupérer. Rouvrant les yeux, elle fit face à Whitaker, qui était toujours en face d'elle.

- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? souffla-t-elle lentement. C'est mon seul talent.

Penser à son père lui avait fait du bien. Elle s'était un peu apaisée. Elle devait rester rationnelle, ne pas faire de bêtises. Se faire renvoyer de Poudlard serait la plus grande erreur de sa vie. Et ce serait laisser gagner les autres. Ce serait leur faire trop plaisir. Elle ne pouvait pas gâcher son avenir pour une colère. Elle n'en n'avait pas le droit. Elle devait continuer de rendre fier son père et avoir un grand destin, pour montrer au monde qu'il s'était trompé. Doucement, elle se pencha pour ramasser sa baguette et la rangea dans sa poche.

- Je ne t'enverrai pas à Sainte-Mangouste aujourd'hui, visiblement.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Casser du sucre sur le dos de Harper senior eut l’effet escompté. Cassandre sortit immédiatement de son rôle de petite fille parfaite pour prendre la défense de son père avec virulence, allant même jusqu’à insulter Irving de Véracrasse. Un tel changement de comportement éveilla les soupçons de Miss Crowler qui préféra abandonner les deux jeunes gens à leur dispute. Certes, Irving avait gagné mais il n’était pas vraiment fier de lui. Comme le soulignait si bien Harper, il n’aurait pas dû s’attaquer à sa famille. S’il avait été à la place de Cassandre, il n’aurait pas apprécié que quelqu’un dise des mensonges sur le dos de son père. Néanmoins, il ne devait pas perdre de vu que c’était elle qui avait commencé. Elle qui l’avait agressé en le poussant dans ses retranchements. Il se serait bien excusé pour la manière dont il s’était comporté mais la fillette se gargariserait bien vite s’il agissait de la sorte, aussi il préféra rester muet, jusqu’au moment où Cassandre évoqua les « valeurs des Gryffondor. »

« Ne fait pas comme si tu y tenais à ses valeurs ! Tout le monde sait que tu méprises tout ce qui porte une écharpe rouge et or, lança-t-il en fourrant ses mains au fond de ses poches. En effet, habituellement Cassandre clamait haut et fort que les Gryffondor était immatures, pathétiques, inconscients, idiots, et c’était bien rare que les élèves de la maison de Godric trouve grâce à ses yeux.

« Et bien tu sais quoi ? Vas te faire voir, Whitaker ! Retourne dans ta baraque pourrie et à ta vie de perdant ! Parce que c'est tout ce que tu connaitras ! »

Irving soupira légèrement puis il jeta un regard désabusé à la fillette en lui disant :

« Pas de soucis, j’retourne dans ma vieille bicoque pour retrouver mon Sexy-Witch et ma mai… »

Néanmoins, il n’eut pas le temps finir sa phrase puisque la gamine le pointa avec sa baguette pour le tenir en joug. Une expression d’étonnement passa sur le visage d’Irving avant qu’il n’observe plus en détail la mine furieuse de Cassandre qui lui faisait face. Il l’avait déjà vu en colère –comme tout Poudlard- mais là, elle semblait particulièrement excédée. Bon, il ne pouvait pas nier que c’était dans son intention de mettre la fillette dans un état pareil, mais elle semblait vraiment prête à faire n’importe quoi sous le coup de l’énervement. A vrai dire, elle lui faisait vaguement penser à lui, quelques mois plus tôt, lors de sa dispute avec Nora. Prêt à tout, même à enfreindre la loi, pour passer ses nerfs.

« Harper, tu devrais ranger ta baguette, le ministère risque de t’tomber dessus si tu l’utilises en dehors de Poudlard… »

*Et puis faut avouer qu’ j’ai pas très envie que tu réduises ma face en bouillie !*

Cassandre était connue pour ses excellentes aptitudes en Magie et Irving ne voulait pas en faire les frais. De plus, il allait probablement avoir de grosses cernes sous les yeux à cause du coup qu’elle lui avait assené un peu plus tôt, aussi, il n’avait pas envie d’être défiguré davantage par une fillette de treize ans ! Il avait une réputation à tenir, bordel de troll. Fort heureusement, Cassandre sembla se raisonner d’elle-même puisqu’elle ramena doucement son bras le long de son corps. Elle avait les yeux brillants mais Irving ne savait pas trop si c’était dû à l’éclairage scintillant du marché de Noël ou à une réelle émotion de sa part. Au bout d’un moment cependant, elle ferma les yeux et laissa choir sa baguette au sol. Le Gryffondor resta perplexe. Il ne savait pas trop comment réagir : Partir ? Ramasser la baguette et la lui rendre? S’excuser ? L’ignorer ?
Il choisit finalement la solution qui semblait être la plus raisonnable : Ne pas bouger, rester silencieux et attendre patiemment qu’Harper brise le silence d’elle-même, ce qu’elle fit au bout de quelques secondes :

- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ?
Souffla-t-elle lentement. C'est mon seul talent.

Il fallut quelques secondes à Irving pour comprendre qu’elle faisait référence à son don de langue de vipère. Pourquoi lui disait-elle cela ? Cassandre avait beaucoup d’autres talents et elle le savait très bien : Elle était intelligente, douée en magie, elle avait une grande aisance verbale alors pensait-elle sincèrement ne pouvoir se distinguer des autres qu’en étant méchante ? Le gryffondor avait du mal à le croire.

« J’pense qu’on peut exister autrement… » Répondit-il simplement en haussant les épaules.

La méchanceté était à la portée de tout le monde. Tous les humains en étaient capables, et pourtant, c’était un choix de ne pas la pratiquer. On pouvait très bien se différencier des autres en utilisant d’autres biais : Nora par sa gentillesse, Victor Lloyd par son apparence, Danny par son excentricité, Juliet par son optimisme, et quant à lui, il ne savait pas vraiment comment il était perçu par les autres, mais Chloé Hellsoft lui avait assuré qu’il n’avait pas l’image d’un connard. C’était plutôt rassurant finalement.

Au bout de quelques minutes, Cassandre se pencha et ramassa sa baguette qu’elle fourra dans sa poche :

- Je ne t'enverrai pas à Sainte-Mangouste aujourd'hui, visiblement.

« Pas aujourd’hui. » Releva simplement Irving en songeant à l’ironie de la situation. St-Mangouste, il connaissait un peu trop bien depuis quelque temps. Enfin, ce n’était pas le moment de s’apitoyer sur son sort. Il avait un épouvantard à assommer et un gratin de cardons à faire réchauffer. Il toisa donc la fillette quelques secondes, puis, estimant qu’ils étaient quittes il passa devant elle sans ajouter un mot. Après avoir traversé le marché de Noël, il reprit la direction des escaliers qui desservaient le haut de la Cité, puis il accéléra le pas malgré le verglas qui avait rendu les marches glissantes. Il se retrouva rapidement dans sa rue mais, avant de passer chez Mrs Hightway, il rentra chez lui pour prendre un douche et pour se munir de sa pelle, au cas où.

C’est donc propre comme un galion neuf qu’il sonna chez sa voisine une demi-heure plus tard. Lorsque Rose Hightway vint lui ouvrir, elle s’exclama :

« Aaaah Bradley, te voila enfin ! On t’attendait ! »

La vieille dame s’effaça pour le laisser entrer et Irving pénétra dans la bicoque qui sentait le renfermé et la litière pour chat. Il avança jusqu’au salon, sa pelle sur l’épaule et ne put retenir une exclamation lorsqu’il découvrit qui était assise dans l’un des fauteuils rapiécé de la petite pièce :

« Harper ? »


« Oui, ton amie Cassandre m’a dit que vous alliez vous occuper de l’épouvantard ensemble… »
Intervint alors la vieille dame.

Irving jeta alors un regard incrédule à la fillette, en essayant de deviner si elle était animée par d’excellentes ou par de très mauvaises intentions…


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre fourra son nez dans son écharpe, ses mains dans ses poches et reprit le chemin de chez elle d'un pas lent. Tout tournait un peu trop vite dans sa tête. Elle se mêla à la foule joyeuse qui faisait ses achats de Noël sans partager leur allégresse. Elle ne savait même plus distinguer exactement ce qui lui pesait autant, c'était un enchevêtrement de sentiments et d'émotions et elle était incapable de s'en débarrasser. Si seulement elle pouvait posséder la capacité émotionnelle d'une petite cuillère, cela l'arrangerait. Elle descendit les marches qui menaient à chez elle en faisant attention à ne pas glisser et chercha une excuse à raconter à ses parents pour être partie aussi longtemps. Ils avaient dû s'inquiéter. Elle ne pouvait pas leur dire qu'elle avait croisé quelqu'un de Poudlard, ils voudraient le connaître et elle avait la ferme intention de séparer distinctement les deux mondes, celui de l'école et son cocon familial.
Elle n'était plus très loin de chez elle, enfin, de son nouveau chez elle, quand elle entendit une voix l'interpeller. Elle se retourna brusquement, ses doigts se crispant sur sa baguette magique dans sa poche par réflexe. C'était peut-être Whitaker qui... Mais à moins que Whitaker ait pris soixante-cinq-ans entre le moment où il l'avait quitté et celui-ci, et qu'il soit devenu une femme bien évidemment, ce n'était pas lui. C'était la vieille dame de tout à l'heure, celle qui avait un épouvantard et qui ne semblait plus avoir toute sa tête. Qu'est-ce qu'elle pouvait lui vouloir ? Elle n'était plus vraiment d'humeur à jouer les petites filles modèles. La dame, Mrs Hightway se souvint soudain Cassandre, trottina vers elle un sourire aux lèvres.

- Ma petite ! Je t'attendais ! L'épouvantard est très agité, tu sais.

Et sans attendre, elle saisit le bras de Cassandre et l'entraina vers sa maison. Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas combattre l'épouvantard, il ne lui faisait pas peur - sans mauvais jeu de mot - mais elle ne pouvait pas se servir de la magie en dehors de l'école comme ça. Quand son père était encore directeur, cela serait passé, mais désormais... De plus, l'épouvantard n'était pas un danger immédiat pour sa vie, elle ne pouvait même pas se servir de cette excuse. Le seul moyen de combattre un épouvantard sans baguette, elle l'avait expliqué à Whitaker tout à l'heure. Mais il fallait être deux. Et elle ne voyait pas vraiment Mrs Hightway en combat.

- Je ne peux pas m'en occuper seule, tenta-t-elle de se justifier.
- Mais tu ne seras pas seule, Bradley va arriver ! affirma la vieille dame en trottinant à ses cotés.

Sceptique, Cassandre identifia néanmoins ce "Bradley" comme Irving. Elle perdait vraiment la tête, la pauvre. Cassie ne s'imaginait pas dans cet état un jour, elle qui se reposait tellement sur ça. Enfin, à seulement quatorze ans, elle avait encore du temps. Mrs Hightway l'emmena vers une petite baraque en bois, toute chétive et menue comme sa propriétaire. Elle avait bien remarqué qu'elle était la seule de la rue à avoir une maison en briques, cela devait être un privilège réservé aux cadres. En même temps, il ne manquait plus qu'elle vive dans les mêmes conditions qu'une simple fille d'ouvrier !
La maison sentait la litière pour chat et le renfermé, mais elle s'efforça de ne pas plisser le nez pour ne pas contrarier Mrs Hightway. Deux chats ronronnaient près de la cheminée allumée et de nombreuses photos ornaient les murs. Cassandre retira son manteau et son écharpe et cala dans ses bras tout en regardant autour d'elle. C'était vraiment tout petit ! Des craquements se faisaient entendre à l'étage, sûrement l'épouvantard. Elle leva les yeux au plafond, guettant le bruit et fut soudain ramenée quelques semaines en arrière, lorsque...

- Du thé ?

Ramenée brutalement à la réalité, Cassandre se retourna brusquement vers la vieille dame qui se tenait sur le seuil de la cuisine, une bouilloire à la main.

- Je vous demande pardon ?
- Est-ce que tu veux du thé ? En attendant Bradley ?
- Oh... Oui, je veux bien s'il vous plaît.

Mrs Hightway hocha la tête et s'en retourna à sa cuisine, faisant raisonner des bruits de vaisselle dans toute la pièce.

- Tu peux poser ton manteau et t'assoir si tu veux, ma petite ! lança-t-elle entre deux bruits de tasse.

Abandonnant son manteau sur l'accoudoir d'un fauteuil, Cassandre se mit à parcourir la pièce en regardant les photos. Un homme revenait souvent, qui devait être Monsieur Hightway, ainsi que des enfants, d'autres sorciers, quelques chats, des photos de la Cité Nimbus en noir et blanc et un portrait du Professeur Dumbledore, que Cassandre connaissait pour l'avoir vu sur de nombreuses photographies et un tableau à Poudlard, dans le bureau du professeur McGonagall, quand cette dernière l'avait convoquée en deuxième année pour lui parler de son problème de socialisation.

- C'est mon mari, annonça la voix de Mrs Hightway derrière elle. Il me manque souvent.
- Je suis désolée, répondit sincèrement Cassandre en se retournant.

Elle se précipita au secours de Mrs Hightway qui portait un plateau sur lequel était déposés des tasses, la bouilloire, du sucre et des scones dans un équilibre précaire. Elle saisit le lourd plateau et le déposa précautionneusement sur la table basse. Tandis que Mrs Hightway se laissait tomber sur son fauteuil en poussant un petit soupir, Cassandre se mit à servir avant de s'assoir elle-même, une tasse de thé à la main.

- Merci ma petite. Et tu sais, j'ai mes chats qui me consolent de mon mari. Mrs Sweet et Mr Pepper sont des amours de chat. N'est-ce pas mes bébés ?

Un sourire mi-attendri mi-amusé naquit sur les lèvres de Cassandre tandis qu'elle sirotait son thé. Il était un peu trop amer, mais tant pis. Les chats en question avaient levé la tête à l'entente de leur nom puis s'étaient rendormis comme si de rien n'était. Le silence s'établit dans la pièce, uniquement troublé par les bruits des tasses et le craquement de la bûche dans la cheminée.

- Tu as des yeux magnifiques ma petite, on te l'a déjà dit ? lança soudainement Mrs Hightway, rompant le silence.

Un peu surprise, Cassandre releva le visage vers la vieille dame. On ne lui avait déjà dit, mais cette dernière l'avait prononcé sur un ton tellement sincère ! Rosissant légèrement, elle lui adressa un sourire ravi.

- Merci, c'est gentil.
- Tu es une camarade d'école de Bradley, c'est cela ? continua Mrs Hightway.
- En effet. Nous sommes tous les deux à Gryffondor, mais pas dans la même année. Je suis plus jeune que... Bradley.

Les yeux brillants, la vieille dame reposa sa tasse, son regard s'égarant sur les photos aux murs. Elle semblait ramenée à une autre époque.

- Poudlard... Ce sont les meilleures années de ta vie, ma petite, crois-moi. Profites-en. Ce furent les miennes en tout cas. J'ai tant de souvenir, tant de souvenirs...

A vrai dire, elle espérait de tout cœur que ses années à Poudlard n'étaient pas les meilleures de sa vie, car elle craignait pour le reste sinon. Mais elle pouvait comprendre ce que Mrs Hightway voulait dire : qu'on le veule ou non, Poudlard restait une partie marquante de la vie de chacun. On y avait des hauts et des bas mais on y trouvait tous un foyer. On y passait sept ans entiers, on était identifié à une maison, on appartenait à Poudlard. Et quoi qu'il arrive, on en était fier.

- Il ne reste plus grande chose de Poudlard maintenant... Vous savez, j'avais une amie là-bas. Merry Oldskins. Nous étions très proches à une époque... La vie nous a séparées mais voilà, il restait les souvenirs. Je viens d'apprendre qu'elle était décédée, il y a quelques jours. Le froid. Juste avant Noël. Je suis la dernière maintenant, il ne reste plus que moi...

Ne sachant pas quoi dire, Cassandre se contenta de boire une gorgée de thé tandis que Mrs Hightway se perdait dans ses souvenirs. Son regard s'était posé sur une photographie en particulier, que Cassie se retourna pour apercevoir. Peut-être Merry Oldskins et Mrs Hightway, des années auparavant. Désireuse de mettre fin au silence gênant qui s'était installé, Cassandre reposa sa tasse de thé.

- Où se trouve votre épouvantard ?

Mrs Hightway se tourna vers elle comme si elle la voyait pour la première fois et la fixa longtemps avant de répondre, d'une voix un peu troublée.

- Dans le placard de ma chambre.

Le silence retomba aussitôt dans la pièce, tandis que la vieille dame fixait Cassandre en clignant des yeux. Cette dernière priait pour qu'elle ne l'ait pas oubliée et soudain demande qui elle était et ce qu'elle faisait dans sa maison. Heureusement, Merlin soit loué, des coups retentirent à la porte et Mrs Hightway sembla retrouver toute sa vivacité. Elle se leva pour aller ouvrir et fit face à Irving Whitaker qu'elle appela encore Bradley. Tandis que celui-ci pénétrait dans la pièce, il lui lança un regard incrédule auquel elle répondit par un haussement d'épaules. Elle avait été entrainée de force ici, elle n'avait pas sonné à la porte de la vieille dame pour lui proposer ses services !

- On a fait une promesse, lança-t-elle laconiquement.

Elle se releva et dégaina sa baguette magique, même si elle ne devait pas s'en servir pour se débarrasser de l'épouvantard. Selon le professeur Clearwater, il lui suffisait d'alterner avec Irving, de plus en plus rapidement, afin qu'il ne sache plus quelle forme prendre. Simple comme bonjour. Et puis de toute manière, elle connaissait sa plus grande peur. Il ne devait pas y avoir de problème. Elle fit taire le mauvais pressentiment qui l'envahissait et fixa Whitaker dans les yeux.

- On y va ? Il est en haut, dans la chambre.

Elle s'approcha de l'escalier et monta les premières marches avant de se retourner.

- Tu te rappelles de ce que je t'ai expliqué ? Oh, et pose ta pelle sois gentil. Tu ne peux pas assommer un épouvantard, le seul risque que tu prends, c'est de m’assommer moi.

Baissant le ton afin que Mrs Hightway ne l'entende pas, elle ajouta :

- Et même si tu en meurs d'envie, on ne fait pas ça devant des vieilles dames !









   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Tandis qu’Irving interrogeait Cassandre du regard celle-ci répondit laconiquement qu’ils avaient fait une promesse. Non, non, non. Il avait fait une promesse. Pas Elle. Que faisait-elle ici ? A coup sûr, elle voulait lui faire payer ses propos sur son père ! Il savait bien qu’il n’aurait jamais dû s’en prendre à Harper, la plus Serpentard des Gryffondor. Elle avait manigancé un piège afin de découvrir sa plus grande peur pour ensuite la révéler à tout Poudlard…

« J’suis pas sûr que… » commença-t-il en se tournant vers Mrs.Hightway.

« Vous êtes des amours mes petits… » coupa la vieille dame en pinçant affectueusement la joue d’Irving.

Le jeune homme afficha un faible sourire avant de reporter son attention sur sa camarade Gryffondor qui semblait parfaitement sereine. Et elle l’était, Irving n’en doutait pas. Ne lui avait-elle pas dit, une heure plus tôt, que son angoisse principale était de ne pas réussir ? C’était normal qu’elle ne soit pas stressée, songea-t-il, l’échec, ça n’avait rien d’effrayant, il était bien placé pour le savoir. Il le côtoyait tellement souvent ses derniers temps, qu’à la longue, il s’en était même accommodé. Alors que sa peur à lui, elle était nettement plus palpable, plus réaliste…

- On y va ? Il est en haut, dans la chambre. lança alors Cassandre sur un ton résolu en le regardant fixement dans les yeux. Elle passa devant lui, monta les premières marches des escaliers qui grincèrent légèrement sous son poids, et se retourna pour lui demander s’il se souvenait de ses explications. Irving hocha la tête presque malgré lui. Ce n’était pas la petite Cassie Harper avec son regard condescendant et son attitude narquoise qu’il avait rencontré un peu plus tôt dans la journée. Cette fois, la gryffondor semblait véritablement déterminée à chasser cet épouvantard, avec lui comme équipier…

« Oh, et pose ta pelle sois gentil. Tu ne peux pas assommer un épouvantard, le seul risque que tu prends, c'est de m’assommer moi. Railla-t-elle avant d’ajouter un ton plus bas, Et même si tu en meurs d'envie, on ne fait pas ça devant des vieilles dames !

Le jeune homme esquissa un sourire – c’est qu’elle pouvait presque être rigolote la petite Harper – avant de reporter son attention sur le manche qui était toujours posé sur son épaule. C’est vrai que ça ne lui serait pas d’une grande utilité là-haut, si la stratégie de Cassandre fonctionnait. Il posa donc sa pelle contre le canapé, avec une légère pointe de regret, et imita sa camarade en sortant sa baguette de sa poche, juste au cas où.

Les deux adolescents grimpèrent les marches dans un concert de grincements et arrivèrent à l’étage qui était faiblement éclairé.

« C’est la première à gauche !
indiqua Mrs. Hightway qui était restée au rez-de chaussée.

Irving poussa la porte et pénétra dans la chambre qui était plongée dans la pénombre. Il alluma la petite lampe de chevet et parcourut la pièce des yeux. Il y avait un énorme édredon recouvert d’un dessus de lit tricoté, des dizaines de photos ornaient une vielle commode en bois dans un coin et l’unique penderie de la chambre était agitée de petits soubresauts.

« Ok, … il est là. » chuchota Irving sans trop savoir pourquoi. Il prit une profonde inspiration et décida de prendre la direction des opérations car, après tout, il était le plus vieux des deux… Bon ok, il avait parfaitement conscience que Cassandre était le cerveau du binôme mais ce n’était pas une raison pour le lui rappeler.

« Bon, toi, tu vas ouvrir la porte du placard, commença-t-il en s’approchant de l’armoire, et moi je me positionnerai devant pour être le premier qu’il voit… Ensuite tu refermeras la penderie pour l’empêcher de rentrer à nouveau et tu le surprendras par derrière… Ca te va ? » Demanda-t-il au cas où il aurait oublié un détail important.

Dès que Cassandre eut donné son accord pour le plan, les deux jeunes gens se mirent en place. Irving se positionna face à la penderie et ferma les yeux pour se concentrer plus facilement. Il devait rester calme et se remémorer le cours du professeur Clearwater qu’il avait eut en troisième année. A cette époque, l’épouventard avait pris l’apparence d’une Chloé Hellsoft au regard glacial… Les choses avaient bien changé depuis et Irving aurait bien aimé se retrouver face à sa directrice de maison dans quelques secondes. Malheureusement, il savait très bien que ce ne serait pas le cas. Il devait se préparer à affronter ce qui le terrifiait le plus.

*Ok Irving, tu vas voir le cadavre de ton père. Ca aura l’air vrai, mais ce n’est qu’une illusion* se répéta-t-il plusieurs fois pour se donner du courage. Après avoir expiré longuement et essuyé ses mains moites sur son jeans, il ouvrit les yeux et fit un signe de tête à Cassandre pour lui indiquer qu’il était prêt. La jeune fille tira le verrou et le corps sans vie de Bradley chuta lourdement sur le sol, les yeux clos.
Même s’il s’était préparé à cette vision, le pouls du gryffondor s’accéléra tandis qu’il serrait un peu plus fort sa baguette.

*Tout se déroule comme prévu, allez, approche-toi de cette sale bestiole qui n’est pas ton père…* pensa -t-il en esquissant un pas en direction de la bête sans la quitter des yeux.

C’est alors que l’épouvantard émit une faible plainte. Le gryffondor se figea en espérant avoir mal entendu. *Non, c’est pas possible, il est mort* pensa-t-il pour se raisonner tandis que son cœur s’emballait déjà. Puis un second geignement, plus sonore cette fois, brisa le silence de la pièce.

« Putain Harper,C’est quoi s’bordel ! » lâcha Irving en reculant d’un pas, le souffle court. Il pointa sa baguette sur la bête qui bougea mollement sur le sol en poussant un atroce râle. Elle souffrait. Son père souffrait.*Ce n’est pas ton père* ll était en train d’agoniser sous ses yeux et le gryffondor ne pouvait absolument rien faire.*Ce n’est pas lui*

« Cassandre ! » souffla-t-il, horrifié, sans parvenir toutefois à détourner ses yeux de Bradley qui se tordait de douleur en gémissant. *Ce n’est pas papa* Le vieil homme porta alors une main sur sa poitrine et enfonça ses ongles dans son torse. De grandes écorchures zébrèrent son cou tandis que les hurlements s’intensifiaient.

« CASSANDRE » cria Irving en sentant la panique le submerger. Il se sentait désorienté, impuissant et il avait peur. Peur que ce cri ne s’arrête jamais. Peur de voir son père se mutiler jusqu’au sang.
Subitement, Bradley ouvrit les yeux pour découvrir de larges pupilles dilatées qui trahissaient toute la terreur qu’il pouvait ressentir. Le cœur d’Irving rata un battement tandis qu’il laissait tomber sa baguette sur le sol.

« Papa ! »


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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La pièce était sombre et toute petite. Cassandre fit glisser l'élastique qui se trouvait toujours à son poignet et noua ses cheveux en une queue de cheval. Irving la suivait précautionneusement et prit la tête des opérations, visiblement peu rassuré. Dire qu'elle était parfaitement à l'aise serait mentir, évidemment. Personne n'était parfaitement à l'aise en allant affronter un Détraqueur. Mais elle n'avait pas peur. Elle avait confiance en elle, en ce qu'elle savait faire, en ses capacités. Et étonnamment, elle avait confiance en Whitaker. Elle savait qu'elle pouvait compter sur lui. Ils se connaissaient à peine, ils ne s'aimaient pas mais elle savait qu'elle pourrait compter sur lui pour cette tâche, qu'il ne faillirai pas. Une intuition, dirons-nous. Ou une fois aveugle en sa maison, peut-être. Elle avait beau ne pas en aimer les membres, elle les savaient animés de certaines valeurs, tous autant qu'ils étaient. Dont le courage. Ils étaient les courageux. Peu importe les conflits qui les séparaient, peu importe leurs inclinations personnelles, face au danger, ils étaient tous courageux. Ensemble.

- Parfait, répondit-elle au plan de Whitaker.

La baguette toujours brandie - une sécurité - elle se mit en position et inspira un grand coup. C'était une chose de travailler avec le Professeur Clearwater dans une salle de classe. C'en était une autre d'être seule face à un détraqueur. Mais ses yeux s'égarent sur Whitaker et sa mine résolue. Elle n'était pas seule, non. Et elle allait réussir. C'était comme un exercice pratique, elle l'avait fait plusieurs fois. Le professeur Hellsoft allait sortir de cette armoire et lui annoncer un échec flagrant aux BUSES et la renvoyer de l'école en affirmant que plus personne ne voulait d'elle, qu'elle n'était qu'une incapable et qu’elle avait échoué. Mais au moment où ses doigts agrippaient le verrou, une pensée insidieuse s'infiltra en elle. Ce n'était pas la peur de l'échec qui secouait ses nuits en ce moment. C'était quelque chose de beaucoup plus concret, de beaucoup plus effrayant. Et si c'était ça qui se manifestait devant elle ? Si elle devait faire face à ça, une nouvelle fois ? Et bien cela ne serait pas réel, cela ne serait qu'une illusion. Elle n'avait pas à en être effrayé. Rien n'était vrai. Elle était dans une chambre, dans une baraque de la Cité Nimbus, elle n'était pas là-bas. Elle était en Angleterre, en sécurité.

D'un geste déterminé, elle ouvrit le loquet. Rien n'est réel. Un corps s'effondra sur le sol dans un bruit mât, faisant rater un battement de son corps. Elle dévisagea Whitaker, qui semblait terrifié. C'était un corps, le corps d'un homme. Un cadavre. Mais de qui ? De qui Whitaker pouvait-il craindre la mort ? Puis tout lui revint en mémoire. Les inquiétudes de tout le voisinage sur son père, les questionnements sur sa santé. Et l'épidémie qui décimait les ateliers Nimbus. C'était le corps du père de Whitaker qui se tenait sur le sol. Oh Morgane. La poigne de Cassandre se resserra sur sa baguette tandis que son regard passait du cadavre à Whitaker, qui laissait échapper un gémissement de peur en reculant.

- Ce n'est pas réel, Irving. Ce n'est pas lui.

Mais elle avait le souffle court. Ses doigts se crispèrent sur sa baguette. Ce n'était pas réel. C'était une illusion, pour les effrayer. Ce n'était pas la réalité. C'était un faux cadavre. Qui était encore en vie. Sans pouvoir se retenir, elle sursauta quand la chose émit un râle. Ce n'était pas le corps de Monsieur Whitaker. C'était Monsieur Whitaker qui agonisait. Quelle horreur. Elle ne put s'empêcher de fermer les yeux en voyant le corps se tordre de douleur en poussant des râles de plus en plus fort. Son cœur battait à toute allure et elle sentait son souffle se raccourcir encore plus. Ce n'était pas réel. C'était comme dans le cours du professeur Clearwater. Même s'il n'y avait jamais eu de choses aussi horribles dans le cours de cette dernière. C'était faux. Tout était faux. Il n'y avait pas de corps ici. Elle devait se raccrocher à ce qui était réel, comme l'avait dit le professeur Clearwater. C'était le seul moyen de ne pas céder. Ce qui était réel. Sa baguette entre ses doigts par exemple. Les cris de Whitaker qui lui parvenaient comme de loin. Ce qui était réel. Ce qui était vraiment réel. Le bruit de la baguette de Whitaker tombant à terre la fit brusquement ouvrir les yeux. Le corps commençait à ramper vers Whitaker.

- Hé, le macchabée ! Derrière toi.

Le cadavre braqua vers elle ses pupilles dilatées et elle resserra ses doigts sur sa baguette. Elle et sa magie. C'était tout ce qui était réel. Tout ce qui comptait. L'illusion du père d'Irving se releva et la regarda dans les yeux avec un sourire mauvais. Elle releva le menton. Ce n'était pas réel. Et elle n'avait pas peur. Ce n'était pas sa peur à elle. Le corps de Monsieur Whitaker se mit à fondre sur le parquet, lentement. Et commença à se reconstruire presque aussi tôt. Mais ne prit pas forme humaine. Il grandit, grandit, grandit, grandit jusqu'au plafond. Se transforma en un mur de glace, froid, dur, sombre. Elle ne voyait même plus Whitaker tant il était épais. Un mur de glace, prêt à l'engloutir, à lui tomber dessus. Comme la dernière fois. C'était ça, sa plus grande peur. C'était ça qui hantait ses nuits, c'était ça qui recommencait à l'infini dans ses rêves, encore et encore. Elle entendait encore les craquements, le cri et la glace qui s'effondrait sur elle. Et une sensation de froid, une immense sensation de froid. Ne plus pouvoir bouger. Et froid, si froid. Un froid comme la mort. Un froid mortel.

- Tu n'existes pas, lança-t-elle au mur de glace, la voix tremblante.

Ce dernier commençait à former une voute au dessus d'elle, prêt à l'ensevelir d'une minute à l'autre. Et il craquait. Les fissures se dessinaient peu à peu. Il allait tomber. Encore une fois. Elle ferma les yeux. Ce n'est pas réel. Mais il faisait froid, si froid. Mais ce n'était pas réel, ce n'était qu'une illusion. Un craquement encore plus fort. Non. Ses doigts se ressèrent sur sa baguette. Ce n'était pas réel. Et elle avait survécu, elle n'était pas morte. Magie spontanée, qu'on avait dit. Un bouclier pour se protéger, pour diminuer le choc. Elle avait déjà affronté cette épreuve. Et elle avait réussit. Et puis ce n'était pas réel. Elle était en Angleterre, pas en Laponie. Dans la chambre de Mrs Hightway, pas dans la salle de bal. Et elle avait réussi. Elle allait réussir. Elle n'échouait pas. Et pas cette fois non plus. Un craquement plus fort retentit et le mur s'écroula.

- RIDDIKULUS !

Elle avait rouvert les yeux brusquement. Le mur n'était plus là, il n'y avait plus que des glaçons. Une énorme pile de glaçons. Qu'elle écrasa violemment du pied, jusqu'à en faire de la glace pilée. Son cœur battait à cent à l'heure, son souffle était erratique, mais c'était fini. Elle était en sécurité, il n'y avait pas de glace. Il n'y avait plus de glace. Elle se laissa glisser au sol trempé, les jambes tremblantes. Elle ferma les yeux une nouvelle fois, revoyant le mur de glace. Elle l'avait détruit, c'était fini. Et cela n'avait jamais été réel. Jamais, jamais, jamais.

- Terminé, souffla-t-elle.

Ses esprits lui revenaient peu à peu. Whitaker devait être dans un état pire que le sien, sa vision était vraiment horrible et surtout, elle avait fait de la magie en dehors de Poudlard. C'était parfaitement interdit et elle savait. Elle allait avoir de gros ennuis avec le Ministère. Elle avait agi sans réfléchir, cela avait été un réflexe. Et tandis qu'elle rouvrait les yeux pour voir Whitaker, elle se disait qu'elle avait bien agi. Il n'aurait pas été en état de revoir une nouvelle fois le corps de son père. Elle n'avait pas le droit de lui imposer ça. Soucieuse, elle planta ses yeux dans les siens.

- Ce n'était pas réel, Irving. Ton père n'était pas là. Et c'est terminé, tout est fini. Il est détruit.

Et sans savoir trop pourquoi, elle lui attrapa la main.

- Ces images vont rester, c'est sûr. Mais elles n'était pas réelles, ce n'était qu'une illusion, ce n'était que de la magie.

Elle aurait aimé dire que ce n'était que pure invention. Mais elle se doutait bien que non. L'épouvantard s'était servi du subconscient d'Irving et il y avait trouvé de la matière. Il n'inventait rien, il se servait de nos peurs les plus profondes. Comme avec la glace. Cela l'avait marquée plus qu'elle ne le reconnaitrait jamais à voix haute. Elle avait dit que tout allait bien, que ce n'était rien. Et elle entendait encore le craquement de la glace dans ses rêves. Le cœur battant, elle laissa le silence retomber dans la pièce, sa main pressant toujours celle de Whitaker.

Ce fut un hibou qui les tira de leur silence, un hibou qui tapait au carreau. Les jambes encore faibles, elle se leva pour lui ouvrir et décrocher de sa patte la lettre. Elle se doutait de ce que c'était. Le sceau du Ministère y était apposé. Soupirant, elle se laissa glisser contre le mur, la lettre entre les doigts.




   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Tandis que le corps de son père rampait vers lui, Irving recula de plusieurs pas et percuta la commode dans son dos. Les photos tombèrent au sol et les cadres se brisèrent en petit morceaux sous le coup de la secousse mais le gryffondor n’y prêta pas attention. Il n’arrivait pas à détourner le regard de Bradley qui avait rivé ses yeux exorbités dans sa direction. Sur son visage déformé par la douleur, on pouvait lire toute l’angoisse qu’il ressentait. Ses traits étaient figés en une atroce grimace et ses gémissements assourdissants s’intensifiaient encore, et encore… Le cœur battant à tout rompre, Irving plaqua ses mains sur ses oreilles et se réfugia dans l’angle de la commode, contre le mur. Il ferma les yeux de toutes ses forces pour ne pas avoir à subir cette agonie. Il voulait que ça cesse. Que tout s’arrête. Que son père ne souffre plus. Qu’il soit….mort.

Choqué par son propre vœu, Irving ouvrit brusquement les paupières. Les cris avaient cessés mais le gryffondor était encore plus terrifié. Venait-il de tué son père en souhaitant sa mort ? La respiration haletante, il chercha du regard le corps sans vie de Bradley mais il ne vit qu’un énorme mur de glace qui grandissait de secondes en secondes devant lui. Mais que se passait-il ? Il était perdu, confus, incapable d’avoir les idées claires. Le corps agonisant de son père n’était plus là mais il avait peur de le voir fondre sur lui d’un moment à l’autre. Peut-être s’était-il réfugié sous le lit de Rose Hightway ? Rose Hightway. L’épouvantard, songea-t-il en tentant de rassembler ses pensées embrouillées.

« Cassandre. » murmura-t-il en reportant subitement son attention sur le mur de glace qui se transformait en voute branlante. Irving esquissa un pas en direction de l’épouvantard mais il stoppa sa progression brusquement. Il allait revenir. *Ce n’est pas réel.*. Oui, mais il serait tout prêt de lui. *Ce n’est qu’une illusion !* Bradley allait peut-être même s’agripper à son fils dans un dernier sursaut de vie.* Pense à Cassandre*. Le mur émit alors un horrible craquement sinistre… Irving jura mentalement et s’approcha de l’épouvantard. *Tu n’as pas envie de le faire*. Il approcha néanmoins une main fébrile en direction du monstre de glace. *Tu ne peux pas !*. Il devait juste le toucher. *Il va revenir !*. Un simple contact et après… après …

- RIDDIKULUS !

L’énorme monstre de glace se figea et retomba au sol sous la forme d’une multitude de glaçons que Cassandre écrasa avec fureur. Irving la regarda faire sans la voir. C’était fini. Il était parti. Il était mort. Elle l’avait tué. Tandis que la vision de son père se lacérant le torse lui revenait en mémoire, Irving posa une main sur sa bouche et se pencha en avant en s’agenouillant au sol. Il allait vomir. L’agonie de son père n’avait été qu’une illusion, il le savait, mais pourtant, cela semblait tellement vrai. Son expression, ses cris… sa voix. C’était bien celle de son père qu’il avait entendu. Irving retint un haut-le-cœur et hoqueta légèrement tandis que des larmes lui montaient aux yeux.


- Ce n'était pas réel, Irving. Ton père n'était pas là, souffla alors Cassandre pour le réconforter, Et c'est terminé, tout est fini. Il est détruit.

Alors qu’il avait la tête toujours baissée, le gryffondor leva le regard vers sa camarade avant de balbutier :

« Je sais…mais c’est juste que … »


Il n’arrivait même pas à finir ses phrases tant il avait la gorge nouée par l’émotion. Harper avait raison. Elle avait toujours raison. Même lorsqu’elle disait qu’il n’était qu’un perdant, incapable de se maitriser. Non seulement il n’avait pas su faire face à cet épouvantard, mais en plus, il avait souhaité l’impensable. Comment avait-il pu vouloir que ça arrive ? Tandis que des larmes commençaient à dévaler ses joues, Cassandre attrapa sa main. Ce geste, qui se voulait réconfortant, ne fit qu’accroitre le malaise d’Irving qui cacha son visage derrière son avant-bras, honteux. Elle essayait bien de le consoler mais il était particulièrement découragé. Cette épreuve venait de l’ébranler dans ses plus intimes convictions. Il ne valait vraiment rien. Il se faisait même réconforter par une fillette de quatorze ans qui avait vaincu un épouvantard, toute seule, en bravant les lois magiques.

« Excuse-moi… lança-t-il mortifié, si j’avais agi plus vite tu n’aurais pas eu à utiliser ta baguette. Il secoua la tête de gauche à droite en ajoutant « J’suis désolé. Vraiment. »

Mais au même moment, un hibou tapa au carreau de la chambre. Irving essuya son visage humide sur son sweat tandis que Cassandre ouvrait la fenêtre au volatile. Elle attrapa la lettre qu’il avait à la patte puis elle se laissa glisser sur le sol, contre le mur, l’enveloppe toujours cachetée entre ses mains.

Elle savait ce que c’était. Et lui aussi. L’usage de la Magie était interdit en dehors de Poudlard et Cassandre venait d’enfreindre la loi. Malgré ses jambes encore tremblantes, Irving se leva et rejoignit sa camarade. Il s’accroupit juste devant elle et saisit doucement l’enveloppe qui glissa des doigts de la jeune fille puis il brisa le seau du Ministère pour sortir la missive.

« Chère Miss Harper, lut-il à haute voix , Nous avons reçu des informations selon lesquelles vous auriez exécuté le sortilège Riddiculus ce soir à dix-neuf heures vingt quatre, dans la maison numéro 362 de la cité Nimbus de Sheffield.
Comme vous le savez, les sorciers de premier cycle ne sont pas autorisés à jeter des sorts en dehors de l'école et toute récidives dans l'utilisation de tels sortilèges pourrait entrainer votre expulsion de ladite école. Des représentants du Ministère se présenteront à votre domicile dans les plus brefs délais afin de vous avertir officiellement et prendre les mesures nécessaires.
Vous espérant en bonne santé, je vous prie d’agréer, Chère Miss Harper, l’expression de mes sentiments distingués.

Grant Seymour
Service des usages abusifs de la magie
Ministère de la Magie. »


Irving reporta son attention sur Cassandre. Elle était vraiment dans la merde. Il fallait absolument qu’ils agissent vite. Les émissaires du Ministère allaient se pointer d’une seconde à l’autre chez elle pour l'avertir...et peut-être plus. Il ne pouvait pas laisser faire ça. Il était un peu responsable de ce qui s’était passé après tout…

« Debout. Lança-t-il en l’attrapant par le bras pour la forcer à se lever. On va rentrer chez toi et tout expliquer à tes parents. Ils vont comprendre. Tu n’as fait qu’aider une vieille dame après tout, ajouta-t-il en la saisissant par les épaules, ils ne peuvent pas te blâmer pour ça ! J’vais témoigner en ta faveur. Dire que tu m’as sauvé d’une vision horrible, t’inquiète pas Cassandre… »

Ce fut en employant son prénom qu’Irving se rendit compte de ce qu’il faisait. Il proposait son aide à Harper. La fille qui l’avait traité d’abruti, de lâche, de perdant, de botruc, de pauvre type, et tout ça en moins d’une heure. A coup sûr, elle ne voudrait pas de son soutien. Il l’imaginait déjà en train de persifler en lâchant un truc du genre : « Whitaker ? Je préfère que l’on brise ma baguette plutôt que d’avouer que j’ai accepté de m’allier à toi… ». Néanmoins, Irving ne la laisserait pas tomber. Pas une seconde fois.

« Que tu le veuilles ou non, je serai là. »
déclara-t-il plus déterminé que jamais.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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- Même si tu avais agis plus vite, j'aurai jeté ce sort. Je ne le regrette pas, tu n'avais pas à affronter une deuxième fois ce... truc.Et... Je suis désolée pour ton père, vraiment.

Tandis qu'Irving faisait la lecture du courrier du Ministère, Cassandre menaçait de se sentir mal. Non, elle ne regrettait pas son sort. Mais faire face aux gens du Ministère, elle n'en n'avait pas vraiment envie. Elle connaissait la loi, c'était la première fois qu'elle faisait une bêtise et ils ne lui briseraient pas sa baguette en la renvoyant de Poudlard. Mais elle allait être cataloguée dans les fichiers du Ministère, Hellsoft et McGo seront mises au courant ainsi que ses parents. Et l'humiliation de voir des gens du Ministère frapper à leur porte ! A tous les coups, tous les voisins allaient sortir dehors pour regarder ce qui se passaient et... Quel cauchemar.

- Je m'inquiète pas ! lança-t-elle tandis que Whitaker l'entrainait par le bras. C'est juste que je pense que le témoignage de Mrs Hightway sera nécessaire et déterminant !

Elle rengaina sa baguette dans sa poche et dévala les escaliers, Irving à sa suite. Mrs Hightway était confortablement installée dans son fauteuil avec un chat qui ronronnait sur ses genoux. Elle semblait dormir, sa poitrine légèrement secouée par des tremblements. Doucement, Cassandre s'approcha d'elle, récupéra son manteau et son écharpe le plus discrètement possible. Comment le vacarme fait à l'étage pouvait-il avoir épargné son sommeil ? Elle désigna la pelle de Whitaker d'un geste d'un menton et chuchota :

- Récupère-là, tu pourras libérer tes pulsions sur les types du Ministère comme ça !

Et lentement, elle posa la main sur l'avant-bras de la vieille dame.

- Mrs Hightway ? Mrs Hightway ? Réveillez-vous. L'épouvantard est parti.

Mais ce ne furent pas les murmures de Cassandre qui la tirèrent de son sommeil mais le feulement outré du chat que l'écharpe rouge et or de Cassie avait effleuré. Furieux, il avait planté ses griffes dedans et tentait visiblement de l'étrangler avec. Sale bête.

- Oh ? Déjà ? Merci les enfants, vous êtes des amours ! J'en parlerai à ta mère, mon Bradley. Vous voulez du thé, il doit m'en rester un petit peu et puis peut-être...
- Non merci, sans façons. Mrs Hightway, est-ce que je peux vous demander un service ?
- Tout ce que tu veux ma petite Merry !

Merry ? Comme la fille décédée de la photo qu'elle avait vu en arrivant ? Sympathique. Cassandre ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil vers Irving et de hausser les épaules. Se retournant de nouveau vers Mrs Hightway, elle retira violemment son écharpe des pattes du chat qui poussa un miaulement outré et se mit à sourire gentiment.

- Est-ce que ça vous embêterait de passer chez moi dans, disons... Cinq minutes ? Nous ne sommes vraiment pas loin l'une de l'autre.

Mrs Hightway parut surprise de la demande mais finit par hocher la tête en déposant son chat sur le sol.

- Comme tu veux ma petite Merry. Oh, bonjour Bradley, je ne t'avais pas vu ! Tu vas bien ?
- Merci ! souffla Cassandre avant de s'élancer vers la porte.
- Reviens quand tu veux Merry !

Il s'était remis à neiger dehors, à gros flocons. Cassandre enfonça son bonnet sur sa tête et passa son écharpe autour de son cou en franchissant le petit portillon de la maison de Mrs Hightway. Il faisait nuit noire désormais et tous les lampadaires n'étaient pas allumés.

- Ça fait vraiment coupe-gorge, marmonna-t-elle à l'adresse d'Irving. Quoique, au point où j'en suis, je pourrai balancer quelques sortilèges à des agresseurs !

Elle accéléra le pas, manquant de glisser sur une plaque de verglas. Franchement, elle détestait la glace. Et ce devait être réciproque, visiblement.

- J'espère que Mrs Hightway n'oubliera pas de venir ! Parce que sans vouloir te vexer, ce qu'on va dire ne va pas valoir grand-chose... Il n'y a qu'elle qui peut avoir du poids auprès des gens du Ministère. Enfin, si elle se rappelle de nous. Après Cassie et Vivi, voilà Merry et Bradley !

En vue de sa maison, elle se mit à courir. Ses parents étaient au rez-de-chaussé au vu des lumières allumées mais rien n'indiquait si les gens du Ministère étaient déjà arrivés. Elle passa devant l'allée de nouveau enneigée des Whitaker, franchit son portillon et poussa la porte d'entrée brusquement, répandant de la neige sur la moquette de l'entrée et manquant de faire basculer le pot de fleur qui était déposé sur la commode. Un vent froid se répandit dans l'atmosphère, contrastant avec la température intérieure. Sans même retirer ses chaussures, elle se précipita dans le salon pour y découvrir...
Ses parents, tranquillement assis dans le canapé.

- Cassie, chérie, on commençait à s'inquiéter, nous allions bientôt passer à table. Et... Oh, tu as amené un ami ?

Sa mère s'était levée et son père avait abaissé le journal derrière lequel il était caché. Un peu rassurée, les gens du Ministère n'étaient pas encore là, Cassandre retira son écharpe et son bonnet qu'elle lança sur un fautueil. Mourrant de chaud dans son épais manteau, les joues rosées et les chaussures pleines de neige, accompagné d'un type avec une immense pelle à la main, cela devait être un spectacle un peu étrange.

- Maman, papa, voici notre nouveau voisin, Irving Whitaker. Irving et moi sommes dans la même maison à Poudlard. Irving, voici mon père et ma mère, Elizabeth et Cornélius Harper.

Son père dévisageait Irving d'un œil méfiant tandis que sa mère semblait sur le point de défaillir de bonheur. Au comble de la joie, sûrement ravie de voir que sa fille pouvait se socialiser normalement et donc n'était pas encore sur le point de devenir comme Lord Voldemort, Elizabeth Harper se précipita vers Irving en lui souriant chaleureusement.

- Vous resterez bien dîner, non ? Nous avons du saumon ! Installez-vous donc, laissez-moi prendre votre... pelle.

Cassandre ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel devant l'attitude de sa mère.

- Maman, Irving - même si je suis sûre qu'il serait ravi de rester dîner, n'est-ce pas ? - n'est pas venu là pour ça. En fait, pour être tout à fait honnête, il est mon... alibi.

Sa mère écarquilla les yeux comme un hibou et stoppa net son geste de retirer le manteau d'Irving. Visiblement, elle tenait vraiment à ce qu'il reste dîner, de gré ou de force. Le silence tomba sur la pièce tandis que son père se levait, la jaugeant du regard.

- Cassandre Harper. Puis-je savoir ce que tu as fait qui nécessite un alibi ?

Son père ne l’appelait jamais Cassandre. Jamais. Soudainement mal à l'aise, Cassandre n'osa plus croiser le regard de son père et se contenta de regarder Whitaker, pour qu'il confirme sa version, lui adressant des prières muettes.

- En gros, enfin, pour être précise, j'ai... Utilisé un sortilège contre un épouvantard il y a environ dix minutes, une lettre du Ministère est arrivée parce que je suis une sorcière de premier cycle et des agents du Ministère peuvent arriver d'une minute à l'autre pour "prendre les mesures nécessaires".

Sa mère laissa échapper un hoquet de surprise tandis que son père portait la main à son front, affligé. C'est ce moment gênant que choisit Cornélia sa chatte pour venir se frotter affectueusement à la pelle d'Irving, qui bascula et vint heurter leur table de salle à manger avec violence, envoyant voler deux assiettes, trois verres et un bol dans un abominable bruit de verre brisé. Mais ses parents ne réagirent même pas, trop occupés à la regarder, consternés.

- C'était de la légitime défense ! ne put-elle s'empêcher de préciser.

Son père lui lança un regard noir tandis que sa mère gémissait.

- Gryffondor n'est pas une maison adaptée pour les jeunes filles de bonne famille de toute manière ! Elle en fait des sauvageonnes !

Cassandre s'apprêtait à répondre par une remarque acerbe quand des coups retentirent à la porte. Son père prit une mine sombre tandis que sa mère poussait un petit cri et s'empressait de nettoyer les dégâts d'un coup de baguette magique. Qu'on aille pas dire que c'était sale chez les Harper ! Soudain nerveuse, Cassandre ne put s'empêcher de saisir le bras de Whitaker.

- Tu ne dis pas un mot, Cassandre. Pas un seul, prévint son père en allant ouvrir.

Sa mère les entraina vers le canapé, les fit assoir et retira le manteau de Whitaker de force, ainsi que son écharpe et alla les suspendre dans le placard. D'un coup de baguette magique, elle lui arrangea ses boucles et recoiffa Cassandre. Sa mère n'avait vraiment pas le sens des priorités, parfois. Souvent. Toujours.

- Messieurs, salua son père de sa voix grave tandis qu'il laissait passer deux hommes en uniforme du Ministère.

Ces derniers jetèrent un regard sur le salon en y entrant. Cassandre et Irving, impeccables sur leur canapé avec devant eux une assiette de petits-fours qui sortaient d'on-ne-savait-où, Mrs Harper, ravissante et souriante qui se tenait debout à coté d"un fauteuil, son air de bonne maitresse de maison sur le visage, Mr Harper, noble, digne et impressionnant, le salon-salle à manger propret et élégant, la table remise comme par magie, la cheminée qui crépitait, le chat qui ronronnait et la lumière chaleureuse qui baignait dans la pièce.

- Très jolie pelle, lança l'un des types en désignant cette dernière.

Raté pour la bonne impression.






   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Cassandre prit immédiatement les choses en main puisqu’elle se rua hors de la chambre avant de dévaler les escaliers jusqu’au salon de Mrs Hightway… qui dormait paisiblement sur son fauteuil. A croire qu’elle avait complètement oublié leur présence ! Irving ramassa sa pelle tandis qu’ Harper tentait de réveiller doucement la vieille dame.

« Dépèèèèche… » souffla-t-il en observant l’horloge du salon.

Les hommes du ministère seraient là d’une minute à l’autre et il fallait absolument que Cassandre puisse parler à ses parents avant. Fort heureusement, ce fut Griffon –qui était connu dans le quartier pour venir uriner sur toutes les portes de la Cité Nimbus- qui réveilla Rose avec un feulement. Irving adressa à Mrs.Hightway un vague sourire avec un petit geste de la main afin de lui montrer qu’ils étaient là en ami. La doyenne perdait tellement la tête en ce moment qu’elle était capable de ne pas les reconnaitre. Comme pour confirmer ses doutes, la vieille dame leur certifia qu’elle les rejoindrait volontiers chez Cassandre après les avoir appelé Bradley et Merry . Irving répondit au regard interrogateur de sa camarade par une grimace. Il n’avait pas le temps de lui expliquer que Merry Oldskins, l’autre centenaire de la Cité, était décédée quelques jours plus tôt. Cependant, la jeune gryffondor s’élançait déjà vers la porte avec un « Merci » tandis qu’il cherchait du papier et une plume pour laisser quelques recommandations à la vieille dame. Il s’accroupit à côté d’elle, avisa un Numéro de Sorcière Hebdo posé sur la table basse et griffonna dessus.



« A droite quant vous sortez dans la rue puis la troisième maison à gauche, d’accord ? Vous vous trompez pas hein ? C’est vraiment important. On compte sur vous » lança-t-il en se relevant, puis marchant à reculons vers la sortie, il ajouta :

« J’ai cassé quelques cadres photos dans vot’e chambre ! J’vous en ramène des neufs demain ! » précisa-t-il avant de partir à la poursuite d’Harper à l’extérieur. Il la rattrapa en courant tandis qu’elle se dirigeait d’un pas décidé en direction de sa maison

- Ça fait vraiment coupe-gorge,
marmonna-t-elle. Quoique, au point où j'en suis, je pourrai balancer quelques sortilèges à des agresseurs !

Irving esquissa un sourire. Comment pouvait-elle faire de l’humour en pareille circonstance ? Les hommes du Ministère étaient peut-être déjà chez elle, pendant qu’elle blaguait…

« Pas moyen que j’te laisse utiliser ta baguette ! répondit-il en rabattant sa capuche sur ses cheveux pour se protéger de la neige, Si on t’agresse j’ai l’droit d’donner des coups d’pelles cette fois… précisa-t-il en refermant ses mains sur le manche.

Passant devant son portail, il jeta un coup d’œil aux fenêtres de sa maison qui n’étaient pas éclairées. Sa mère n’était pas encore revenue de St-Mangouste. Tant mieux, ça lui laissait plus de temps pour expliquer aux Harper ce qui s’était passé. Cassandre souligna alors que le témoignage de Mrs Hightway serait déterminante et Irving n’osa pas la contredire. Il se demandait si les hommes du ministère accorderaient du crédit aux dires d’une vielle dame qui perdait complètement la tête.

Finalement les deux jeunes gens arrivèrent rapidement devant la demeure des Harper. Cassandre poussa la porte et pénétra en trombe dans la maison sans même se déchausser. En voyant les taches de neige sale laissées par sa camarade sur la moquette, Irving s’arrêta net, à l’entrée de la maison. Il coinça ses talons sous les côtés de ses pieds et quitta ses baskets sans même se baisser, puis il rejoignit la gryffondor dans le petit salon douillet.

« … bientôt passer à table. Et... Oh, tu as amené un ami ? »


« Bonsoir. » lança Irving légèrement mal à l’aise en rabattant sa capuche sur ses épaules.

Cassandre fit les présentations officielles tandis que le jeune homme adressait un sourire poli à Elisabeth et Cornélius, puisqu’ils s’appelaient ainsi. Si Mrs.Harper semblait particulièrement heureuse de le rencontrer, M. Harper, lui, lui adressa le regard du père possessif qui n’a pas du tout –mais alors du tout- envie que sa fille se laisse dévergonder par un chevelu débraillé. Irving passa d’ailleurs une main dans ses cheveux et reporta son attention sur Cassandre afin qu’elle explique sa présence rapidement. C’était assez déstabilisant d’être jaugé de la tête aux pieds et le gryffondor voulait vite en venir aux faits. Malheureusement, ce n’était visiblement pas l’intention d’Elisabeth puisqu’elle l’invitait déjà à manger en lui proposant de le débarrasser de sa pelle.

« Madame c’est très gentil,
répondit-il en tentant de s’agripper au manche que Mrs. Harper avait déjà saisi, mais j'suis pas là pou… »


- Maman, Irving - même si je suis sûre qu'il serait ravi de rester dîner, n'est-ce pas ?
-Bien sûr, répondit-il en hochant la tête- - n'est pas venu là pour ça. En fait, pour être tout à fait honnête, il est mon... alibi.

M. Harper qui était resté silencieux depuis le début, se leva de son séant, et dévisagea sa fille, avant de lui demander, sur un ton impérieux, ce qu’elle avait fait pour avoir besoin d’un alibi. Sans faire de simagrée, Cassandre répondit en toute sincérité, avant d’implorer Irving du regard.
Elisabeth échappa la pelle qui tomba au sol en entrainant dans sa chute une partie de la vaisselle posée sur la table mais le gryffondor ne se laissa pas démonté. Il esquissa quelques pas en direction de M. Harper- qui était pourtant vachement impressionnant- puis il essaya d’avoir l’air le plus mature possible avant de prendre la parole. Irving sentait qu’il devait faire bonne figure auprès de cet homme austère s’il espérait avoir un peu de crédibilité.

« Ecoutez monsieur, commença-t-il en fixant Cornélius Harper dans les yeux, Cassandre a fait ça pour aider une vielle dame qui n’arrivait pas à se débarrasser de cette horrible créature qui s’était réfugiée dans sa penderie. Comme elle ne voulait pas utiliser sa baguette, elle m’a dit que nous devions désorienter cet épouventard à deux. Malheureusement, je n’ai pas réussi à dompter complètement ma peur et Cassandre à dû se débrouiller toute seule face à… »

Irving laissa sa phrase en suspens. Il allait dire « un énorme mur de glace », mais il s’était ravisé. Peut-être qu’Harper ne voulait pas que ses parents connaissent sa plus grande peur. Il n’aurait pas voulu que les siens connaissent la sienne par exemple. Pourtant, elle n’avait aucune honte à avoir. Tout le monde savait qu’elle avait été gravement blessée en Laponie et qu’elle était passée très près de la catastrophe. Pourtant, elle avait assurée à tout le monde qu’elle allait bien, allant jusqu’à prendre de haut, ceux qui osaient l’interroger sur sa santé dans la salle commune. Tout n’allait pas si bien que ça finalement. Comme lui, elle se cachait derrière des faux-semblants. Quant il préférait se refugier derrière une certaine mauvaise humeur, elle masquait ses faiblesses derrière de l’agressivité. Chacun son truc.

Mrs. Harper pesta contre les sauvageonnes Gryffondor –elle n’avait pas tout à fait tord pour le coup- et trois coups furent frappés sur la porte d’entrée. Subitement, Elisabeth s’affaira pour tout remettre en ordre, mais elle ne semblait pas se rendre compte de la détresse dans laquelle se trouvait sa fille. Irving regardait la mère de famille avec des yeux ronds. Elle lançait des sorts de nettoyage ménager alors que Cassandre fébrile, venait de s’accrocher à son bras. Ce n’était pas à lui de la réconforter normalement. C’était la mission d’une mère, ou d’un père, pas celle d’un voisin abruti et lâche ! Pourtant, il pressa sa main quelques secondes pour l’encourager. Elle n’avait pas besoin de plus. Il savait qu’elle retomberait sur ses pattes. C’était Cassandre Harper après tout.

- Tu ne dis pas un mot, Cassandre. Pas un seul, prévint son père avant d’aller ouvrir.

Elisabeth les poussa tous les deux en direction du canapé et enleva le manteau d’Irving de force. Il tenta bien de le garder à porter de main mais la fée du logis –ou devrais-je plutôt dire le Doxy du logis- alla le ranger dans la penderie. Le gryffondor retint un grognement pour ne pas offenser Cassandre mais il laissa toutefois échapper un petit « Hé ! » lorsque Mrs. Harper arrangea ses cheveux avec un sort. Il DÉTESTAIT qu’on fasse ça. Néanmoins, lorsque les visiteurs entrèrent dans la pièce, Irving se plia, malgré lui, au tableau de la famille parfaite : Il esquissa un vague sourire poli à leur intention des hommes du ministère juste avant que l’un d’entre eux ne vante la beauté de sa pelle…

"Bonjour, service des usages abusifs de la Magie, nous souhaiterions parler à Miss Cassandre Harper."

Soucieux de respecter la volonté de Cornélius, Irving ne dit rien et tourna les yeux en direction de M.Harper.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre inspira un grand coup quand les hommes du Ministère pénétrèrent dans la pièce. Elle faisait confiance à son père, tout allait bien se passer. Et puis elle avait eut raison d'agir, elle ne regrettait pas son acte. Elle ne pouvait décemment pas laisser Whitaker affronter ça de nouveau, c'était trop cruel. Et il n'avait pas mérité ça. Elle n'imaginait pas comment elle aurait réagi face au corps de son père. Elle aimait se dire qu'elle serait restée stoïque et courageuse mais avait de forts doutes. Oui, elle avait plutôt bien réagi face au mur de glace, elle aurait pu se rouler en boule dans un coin et attendre que ça passe. Mais elle avait affronté le mur, sa plus grande peur. Et elle l'avait fait le menton haut. Et si elle pouvait affronter sa plus grande peur sans perdre ses moyens, elle pouvait affronter deux vulgaires agents du Ministère. Elle était Cassandre Harper après tout. Et elle ne cédait devant personne. Alors elle releva le menton, planta ses yeux dans ceux des types du Ministère et prit la parole d'une voix claire.

- C'est moi.

Et elle soutint aussi le regard de son père qui fronça les sourcils dans sa direction. Elle n'allait quand même pas rester prostrée dans son canapé comme une idiote. Oui, elle avait lancé ce sortilège et elle allait devoir s'expliquer. Mais elle n'avait pas honte de ce qu'elle avait fait et le referait mille fois si elle devait encore y être confrontée. Néanmoins, elle reprit son vieux réflexe d'analyser ce qu'il y avait autour d'elle afin de conforter sa position. Elle ne le faisait plus depuis l'été dernier et elle ne savait pas pourquoi cela lui revenait maintenant. Peut-être parce qu'elle se sentait en position de faiblesse malgré tout et qu'elle avait besoin de repères sûrs sur lesquels s'appuyer. A la manière dont les types regardaient son père, ils l'avaient reconnu, c'était sûr. Sa mère voulait se montrer tout à fait à l'aise mais son sourire était crispé et ses doigts ne cessaient de jouer avec le collier qu'elle portait autour du coup. Son père dominait les hommes de toute sa hauteur et les regardait d'un air bravache. Elle le connaissait, il ne devait pas supporter que deux simples agents des Usages Abusifs de la Magie prennent sa propre fille en tort. Il était tout de même l'ancien Directeur de la Coopération Magique Internationale et il devait bouillonner de devoir rendre des comptes à des fourmis comme ces deux-là.

- Que puis-je pour vous messieurs ? demanda son père d'un ton glacial.

Il ne les avait pas invité à s'assoir, signe qu'ils étaient loin d'être le bienvenue et qu'ils n'allaient pas rester. L'un des types jeta un coup d’œil à Cassandre avant de se gratter la tête et de se tourner vers son collègue. Elle le catalogua immédiatement dans la catégorie des idiots. Il devait se gargariser de son petit pouvoir sur les sorciers de premier cycle mais n'osait pas affronter directement quelqu'un qui l'impressionnait. Et vu tous les petits tics qu'il avait, il était loin d'être à l'aise. Le deuxième semblait beaucoup plus assuré et avait contemplé le salon d'un œil goguenard en entrant et il regardait maintenant son père de manière condescendante, un petit sourire aux lèvres. Elle le détesta immédiatement. A sa tête, il était absolument ravi de voir où les Harper avaient fini. Il devait être un partisan du MIM, sûrement.

- Nous sommes ici pour un usage de magie illégale chez un sorcier de premier cycle. Nous devons éclaircir la situation, annonça-t-il d'une voix trainante.

Abruti, abruti, abruti.

- Éclaircir la situation ? répéta son père lentement. Éclaircir la situation ? Vous voulez dire déterminer pourquoi une jeune fille de quatorze ans à dû se servir de sa baguette magique pour se défendre ?
- Non m'sieur, nous on est là pour...
- Pour quoi, Gleeson ? Oui, je sais très bien qui vous êtes. Et pour quoi êtes vous là, Gleeson, dites-le moi. Pour sermonner une petite fille qui s'est servi de sa magie dans l'unique but de se défendre ? C'est à ça que vous servez, Gleeson ? Venir réprimander les sorciers qui sauvent leur vie ?
- Monsieur Harper, votre fille a...
- Je sais très bien ce qu'a fait ma fille ! tonna Cornélius. La question que je vous pose, Gleeson, c'est pourquoi êtes-vous là à chercher des noises à une adolescente de quatorze ans quand d'autres créatures de ce genre posent des soucis à des jeunes sorciers partout dans le pays ?

Le camarade de Gleeson parut soudain passionné par les rideaux qui ornaient leurs fenêtres. Il se racla la gorge de manière peu élégante et vacilla sur ses jambes. Sa mère quant à elle était toute blême et fixait son père désespérément.

- Monsieur Harper, vous savez très...
- Oui, je sais très bien que c'est les règles, que vous ne faîtes qu'obéir aux ordres et toute la potion ! Mais la question que je vous pose, c'est pourquoi le Ministère se préoccupe t-il plus d'embêter des jeunes gens qui protégènt leur vie plutôt que de traquer les bêtes qui peuvent les mettre en danger ?
- Le Ministère...
- Oui, oui, le Ministère fait ce qu'il peut, je connais très bien le discours que l'on sort à la presse ! Mais ce que je sais moi Gleeson, c'est que le budget consacré à la traque des bestioles magiques de catégorie 1 et 2 a baissé de 67 pour cent depuis sept ans et que ce n'est pas prêt de changer ! Ce que je sais, c'est que le Ministère a enregistré une hausse de 43 pour cent des animaux magiques de catégories 1 et 2 et ne fait rien pour y remédier ! Ce que je sais, c'est qu'un foyer sur trois se retrouve avec chez lui ou sur son terrain des bêtes qui lui veulent du mal ! Et ce que je dis, c'est que le Ministère devrait plus se préoccuper de ce problème que d'autre chose !

Le silence retomba sur la pièce. Gleeson semblait mal à l'aise tandis que son collègue se balançait toujours sur ses pieds. D'où est-ce que son père connaissait ces chiffres, elle n'en savait rien. Peut-être des restes des réunions des chefs de Départements au Ministère. En voyant la tête des agents, elle ne put retenir un léger sourire que Gleeson perçut. Fronçant les sourcils, il se racla la gorge et reprit la parole, rompant l'accalmie qui s'était installée.

- Peut-être mais quoi qu'il en soit, votre fille a...
- Ma fille n'a fait que défendre sa vie et celle de son camarade, dans un respect total de la loi ! En effet, il y a un article spécifique qui permet aux sorciers de premier cycle de se servir de la magie quand leur vie est en danger. Et si vous savez lire vous voyez très bien qu'elle ne s'est pas servi d'un sortilège ménager ou quoi que ce soit, mais d'un sortilège qui permet de lutter contre une créature des Forces du Mal, ce qui est un cas d'extrême urgence !
- Les épouvantards ne sont...
- Vous avez déjà affronté un épouvantard, Gleeson ? Ou est-ce que vous vous êtes cloitré derrière un bureau dès votre sortie de Poudlard ? Qu'est-ce que vous feriez face à votre plus grande peur, dites-moi ? Vous resteriez là, sans rien faire, à attendre que cette bestiole s’infiltre en vous, vous tourmente l'esprit, vous corrompe les sens et vous rende fou ? C'est ce que vous feriez, Gleeson ?
- Non mais...
- Non, vous ne le feriez pas. Vous sortiriez votre baguette et vous défendriez votre vie et votre équilibre mental, comme l'a fait ma fille !
- Le Ministère...
- Devrait plutôt se poser la question de la traque des créatures magique plutôt que de venir embêter d'honnêtes sorciers chez eux ! Alors vous allez bien m'écouter Gleeson et vous allez allez raconter ça gentiment à votre petit chef de service : que dirait la Gazette du Sorcier si elle apprenait les chiffres que tente désespérément de cacher le gouvernement, hein ? Que diraient les électeurs s'ils apprenaient que l'on consacre plus d'argent en fournitures de bureau que dans la sécurité de leurs enfants ? Vous pensez que ça leur plairait ? Non, je ne pense pas. Donc vous allez rentrer et vous allez tout raconter à votre chef de service, qui serait sûrement très mécontent si un petit article signé d'une plume assassine comme disons, Rita Skeeter, venait à sortir.

Le père de Cassandre planta ses yeux dans ceux de Gleeson, qui ne soutint pas le contact très longtemps. Personne ne parlait dans la pièce, même elle était complètement absorbée par le spectacle que livrait son père.

- Je pourrai suggérer des titres accrocheurs, qui scandaliseront la ménagère de moins de cinquante ans. Avec une photo de ma fille, pour faire chavirer les cœurs des mamans. Avec une petite histoire larmoyante. Vous savez, le genre de petits articles qui font scandale et qui dérangent. Seymour va adorer, vous ne pensez pas ? Et puis tout le monde accordera du crédit à un ancien haut-placé. Ca serait gênant, vous ne pensez pas ?

Un sourire naquit sur les lèvres de Cornélius, moqueur et méprisant.

- Vous allez en parler à Grant et voir ce qu'il en pense, n'est-ce pas ? Passez lui le bonjour de ma part et rappelez-moi à son bon souvenir. Dites-lui que je vois encore R. régulièrement et que si je venais à me rendre compte que ma fille a un dossier chez vous, les conséquences pourraient être disons... fâcheuses. Dites-lui ça de ma part, Gleeson.

Gleeson serra la mâchoire et fit un signe de tête à son acolyte qui cessa soudain de se balancer sur ses pieds.

- On y va.
- Très bonne idée, Gleeson. N'oubliez pas de passer mon message.

Gleeson foudroya son père du regard avant de tourner les talons, de disparaître dans l'entrée et de claquer la porte. De longues secondes s'écoulèrent néanmoins avant que qui que ce soit ne prenne la parole. Sa mère porta la main à son cœur et poussa un soupir de soulagement.

- Merlin, merci.
- Tu peux m'appeller Cornélius, ne t'inquiètes pas Lizzie, répondit son père pince-sans-rire avant de se tourner vers sa fille. Ce genre de choses marche une fois, Cassandre, pas deux. Tu m'entends ? Seymour n'est qu'un lâche, il n'osera jamais tec coller un dossier avec ce que j'ai dis, mais méfie-toi. Je ne pourrai pas te sauver la mise deux fois.

Sans vraiment se soucier de la présence d'Irving et de ce qu'il dirait après à Poudlard, Cassandre bondit du canapé et se précipita dans les bras de son père qui l'entourèrent. Elle ne savait pas ce qu'elle ferait sans lui. La vision du corps du père d'Irving la tracassait encore. Qu'est-ce qu'elle ferait elle, sans son père ? Sa mère aurait été incapable de gérer les hommes du Ministère comme ça. Elle était encore pressée contre lui quand elle entendit la voix de ce dernier retentirent, sèche.

- Quel âge avez-vous, jeune homme ? Vous êtes majeur, non ? Pourquoi vous-vous ne vous êtes pas servi de votre baguette, plutôt que de laisser une enfant le faire ?
- Je suis pas une enfant ! répliqua Cassandre en se décollant de son père. Et Irving n'a rien à faire avec ça, je me suis servie de ma baguette sans qu'il puisse intervenir. Laisse-le en dehors.

Sans lui prêter vraiment attention, son père continua de fixer Irving.

- Cela vous prend souvent, d'aller combattre des Epouvantards pour s'occuper ? Une tradition de Noël ? Un défi chez les Gryffondor ?
- Papa ! gronda Cassandre.
- Et au fait, vous êtes qui exactement ?

Cassandre s'apprêtait à répondre quand la sonnette de la porte retentit. Les hommes du Ministère revenaient-ils en force ? Avaient-ils fait leur rapport à leur chef ? Peut-être que les menaces n'avaient pas suffi, peut-être qu'ils revenaient pour lui faire un dossier, cette fois-ci réellement. Le cœur battant, Cassandre observa sa mère se précipiter vers la porte, toute aussi angoissée qu'elle.

- Je viens pour Merry et Bradley !

Merlin.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Alors que son père venait de lui dire de se taire, Cassandre se manifesta tout de même auprès des deux hommes du ministère qui la cherchaient. M. Harper fronça les sourcils dans sa direction avant de reporter son attention sur les deux agents qu’il toisa du regard. Malgré l’ambiance pseudo-chaleureuse qu’Elisabeth avait voulu instaurer, la tension était palpable. A en juger par le comportement des trois hommes, ils ne semblaient pas particulièrement s’apprécier. Peut-être se connaissaient-ils pour s’être croisé dans les couloirs du Ministère, songea le Gryffondor en les observant, les uns après les autres. Il se demandait lequel allait prendre la parole en premier et se fut finalement Cornélius qui brisa le silence en questionnant les deux hommes sur la raison de leur visite.

« Nous sommes ici pour un usage de magie illégale chez un sorcier de premier cycle. Nous devons éclaircir la situation » répondit l’un d’eux.

Eclaircir la situation ? L’agent venait de commettre une grave erreur en prononçant ces mots ! En effet, M.Harper répondit avec virulence, contrant les deux hommes avec des arguments et des chiffres sur la prolifération des créatures magiques dans le pays. A n’en pas douter, Cassandre avait hérité de l’aplomb et des qualités d’orateur de son père. Les agents du ministère ne parvenaient même pas à placer un mot tant Cornélius défendait âprement sa fille, retournant la situation à son avantage. Irving était fasciné par son aisance et son argumentation sans faille, du moins, jusqu’à un certain moment…

« Je pourrai suggérer des titres accrocheurs, qui scandaliseront la ménagère de moins de cinquante ans. Avec une photo de ma fille, pour faire chavirer les cœurs des mamans. Avec une petite histoire larmoyante. Vous savez, le genre de petits articles qui font scandale et qui dérangent. »

Le gryffondor fronça les sourcils devant cette affirmation. Bluff ou pas, Irving trouvait cet argument particulièrement déplacé. Comment un père pouvait-il proposer d’utiliser l’image de sa fille pour arriver à ses fins ? Certes, c’était pour lui éviter un avertissement, mais le raisonnement qu’il avait expliqué un peu plus tôt se suffisait à lui-même… Il n’avait pas besoin d’instrumentaliser Cassandre pour ça.

Le jeune homme se tourna vers sa camarade pour voir si les dires de son père l’affectaient, mais ça ne semblait pas être le cas. Cette famille était vraiment bizarre…

Alors qu’il se faisait cette réflexion, Cornélius Harper apporta sur la table un dernier argument qui attira l’attention d’Irving :

- Vous allez en parler à Grant et voir ce qu'il en pense, n'est-ce pas ? Passez lui le bonjour de ma part et rappelez-moi à son bon souvenir. Dites-lui que je vois encore R. régulièrement et que si je venais à me rendre compte que ma fille a un dossier chez vous, les conséquences pourraient être disons... fâcheuses. Dites-lui ça de ma part, Gleeson.

Le gryffondor n’avait pas la moindre idée de qui pouvait être R. –surement un haut placé du ministère- mais l’identité de l’homme importait peu. En effet, ce qui scandalisait le jeune homme, c’est que Cornélius Harper venait de faire du chantage. Il abusait de son ancienne position d’homme influent pour se tirer d’un mauvais pas. Cette ultime tirade sembla faire mouche puisque les hommes du ministère quittèrent les lieux immédiatement.

C’était donc cela la justice magique ? Suffisait-il de connaitre les bonnes personnes pour ne pas y être assujetti ? Combien de fois, Harper avait-il usé de son influence pour faire plier la loi à sa convenance. Une fois ? Dix fois ? Plus ? Irving sentit une colère froide s’immiscer en lui. Si le même scénario s’était joué dans le salon des Whitaker, le jeune homme aurait écopé d’un blâme. Ses parents, et lui-même, se seraient pliés à la loi, en bons citoyens. Mais aujourd’hui, il était forcé de constater qu’il y avait une justice à deux vitesses. Celle pour des individus comme Harper et celle pour des gens comme lui. Il serait toujours de ceux qui trinquent pendant que d’autres tirent les ficelles.
Bien sûr, Irving était content que Cassandre s’en tire sans ennui, mais la manière de faire de son père l’avait profondément dégoutée. Pourtant, il semblait être le seul à ressentir de l’amertume face à cette petite victoire : Elisabeth remerciait son mari tandis que Cassandre venait de se jeter dans ses bras.

« Ce genre de choses marche une fois, Cassandre, pas deux. Tu m'entends ? Seymour n'est qu'un lâche, il n'osera jamais tec coller un dossier avec ce que j'ai dis, mais méfie-toi. Je ne pourrai pas te sauver la mise deux fois. » prévint-il avant de se tourner vers Irving qui était toujours installé sur le canapé.

Le gryffondor se leva et soutint le regard glacial à son nouveau voisin. Il n’avait rien à se reprocher après tout. Ce n’était pas lui qui était corrompu jusqu’à la moelle. il ne baisserait pas les yeux, même s’il était impressionné par la stature et l’aplomb de Cornélius. Ce dernier lui demanda d’ailleurs s’il était majeur d’un ton froid.

« Non monsieur, J’ai seize ans. »
répondit-il avec assurance.

« Pourquoi vous- ne vous êtes pas servi de votre baguette, plutôt que de laisser une enfant le faire ? » ajouta-t-il malgré les protestations de Cassandre.

Pourquoi ? Bonne question. Parce qu’il était nul en Sortilège ? Parce qu’il n’y avait même pas pensé ? Parce qu’il n’avait pas pu se résoudre à lancer un maléfice sur son père agonisant ?... Irving ne le savait même pas lui-même, et pourtant, il apporta une toute autre réponse Cornélius :

« Surement parce que la loi me l’interdit » rétorqua-t-il avec impudence.

La pique était à peine déguisée mais Harper l’avait bien cherché avec ses manœuvres politiques malhonnêtes et son regard inquisiteur ! Comme si Irving devait courber l’échine devant lui ! Le gryffondor n’était pas un agent du service des abus magiques que le vieux Cornélius contrôlait à sa guise, il devrait s’y faire ! Surement échaudé par la réponse qu’Irving venait de lui faire, le père de Cassandre essaya alors de le ridiculiser en lui demandant si c’était une tradition de Noël de chasser les épouvantards. Irving serra la mâchoire et riva ses mains au fond de ses poches. Certes il n’avait que seize ans mais ce n’était pas une raison pour le railler en sous-entendant qu’il n’était qu’un benêt aux coutumes bizarres !

« J’crois qu’j’vais y aller,
répondit le gryffondor sans quitter des yeux Cornélius, je peux récupérer mon blouson et ma pelle? » demanda-t-il en reportant son attention sur Elisabeth.
« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas rester diner ? » implora Mrs. Harper en lui tendant une assiette de petits-fours pour le corrompre.
« Non merci, ma mère m’attend. » répondit-il en se dirigeant lui-même vers le placard où elle avait rangé ses effets. Elisabeth le devança en quelques enjambées et tira son manteau et sa pelle de la penderie. Tandis qu’Irving s’habillait, Cornélius finit par lui demander qui il était exactement.
Cassandre avait déjà mentionné son prénom et sa maison à Poudlard et Irving ne voyait pas trop ce qu’il pouvait ajouter, aussi il se contenta de répondre :

« J’suis l’fils de Bradley et Vivianne Whitaker, vos voisins de droite,
lança-t-il en faisant passer la capuche de son sweat gris par-dessus le col de son blouson, Vous savez…ceux qui ont des traditions de Noël bizarres, ajouta-t-il avec désinvolture en zippant sa fermeture éclair. Si Harper trouvait le gryffondor étrange parce qu’il rendait service à une vielle dame, alors tous les habitants du quartier seraient des excentriques à ses yeux. Néanmoins, Cornélius devrait s’y faire. A Nimbus, c’était lui l’intrus, pas Irving.

Après avoir empoigné la pelle qu’Elisabeth lui tendait, le sixième année reporta son attention sur Cassandre qui était toujours à côté de son père. Il aurait bien aimé la voir, seul à seul, même s’il ne savait pas trop ce qu’il aurait pu lui dire. Peut-être l’aurait-il félicité pour son sang froid, ou alors, lui dire qu’il était sincèrement content qu’elle réchappe à l’avertissement du ministre, mais c’était impossible. Harper veillait sur sa fille comme Voldemort sur Naguini. Si Irving demandait à s’isoler avec elle, Cornélius jouerait de ses relations pour l’envoyer immédiatement à Azkaban. De plus, Irving n’arrivait pas à poser des mots sur sa relation avec la jeune fille-ils n’étaient pas amis, ça c’était sûr- mais il y avait, maintenant, quelque chose de fort entre eux. Un lien invisible. Il avait l’impression de mieux la connaitre, et peut-être à tord, de mieux la comprendre.

« Passe un bon Noël Cassandre. » souffla-t-il avec un léger sourire avant de retourner dans l’entrée pour enfiler ses baskets. La sonnette retentit juste avant qu’Elisabeth n’ouvre la porte pour laisser sortir le sixième année.

- Je viens pour Merry et Bradley !
« J’m’en occupe, chuchota Irving à l’intention de la mère de Cassandre qui observait Rose avec méfiance, Merci Mrs Hightway de vous être déplacée mais finalement on a pu s’arranger sans vous, intervint le Gryffondor en adressant un large sourire à l’intention de la vieille dame, Venez, prenez mon bras, j’vous raccompagne chez vous ! »

Irving jeta un dernier coup d’œil à Cassandre par-dessus son épaule avant de regarder en direction de sa maison. Tiens, les fenêtres de la cuisine étaient allumées. Sa mère était rentrée.




[ What a Face Fin du RP pour Irving What a Face]


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre jeta un regard noir à son père que celui-ci ignora en reportant son attention sur Irving. Elle n'aimait pas cette attitude, Whitaker lui avait sauvé la mise, cela ne se faisait pas de se faire traiter comme un malotru. Mais Cornélius semblait bien déterminé à faire comprendre au jeune homme qu'il n'était pas le bienvenue ici. Dans un sens, elle pouvait comprendre le point de vue de son père. Mais elle avait vécu les évènements, elle savait ce qui c'était passé. Et refusait que son père traite Irving comme cela.

- Arrête, papa. Maintenant.

Il baissa les yeux sur elle mais elle garda le menton haut. Elle n'avait jamais cédé devant ses parents, ce n'est pas ce qu'ils lui avaient appris. Et elle n'allait pas commencer maintenant. Qu'ils assument les conséquences de leur éducation, désormais. Ils ne lui avaient jamais rien imposé lorsqu'elle était encore petite et influençable. Ils ne pourraient pas maintenant qu'elle réfléchissait par elle-même et qu'elle avait des avis tranchés. Le mal - ou le bien - était fait désormais. Trop tard pour rattraper la casse. Défiant son père du regard, elle croisa les bras sur sa poitrine. Et il finit par détourner les yeux. Quand elle y réfléchissait, elle trouvait cela ironique. Il n'était pas effrayé par des agents du Ministère et cédait devant sa propre fille de quatorze ans. Elle avait beau adorer son père, elle trouvait ce constat pathétique. Et c'était la première fois qu'elle s'en rendait compte. Qu'est-ce qui avait pu passer dans la tête de ses parents ? Qu'est-ce qui avait pu les motiver à oublier qu'ils avaient autorité sur elle ? Pour ne pas lui faire subir de contrariétés ? Cela devait bien arriver à un moment ou un autre. Elle avait connu les premières déceptions de sa vie il y a peine quelques mois. C'était sujet au questionnement, tout de même. Que serait-elle devenue actuellement si ses parents avaient su s'imposer ? On disait qu'elle était pourrie-gâtée. Elle se rendait compte désormais que c'était sûrement vrai. Que serait-elle ? Moins exigeante, sûrement. Avec moins de caractère, tout autant. Mais elle aimait son caractère. Elle aimait se sentir de taille à affronter qui que ce soit. Elle aimait ne pas avoir peur de personne. Elle aimait dire ce que personne n'osait dire. Oui, elle aimait le culot qu'elle avait, c'était indéniable. Mais elle n'aimait pas être détestée de tous. Elle n'aimait pas que personne n'ait jamais un mot gentil à son propos, comme lorsqu'elle avait été élue Reine du Bal. Elle n'aimait pas que la première chose qui lui vienne à l'esprit soit l'agressivité. Mais cela venait tout seul, sans même y penser. Alors oui, elle aimait certaines parties de son caractère. Mais d'autres non. Et on ne pouvait pas changer complétement. On pouvait faire des efforts, elle avait su en faire en Laponie pour Amely. Elle avait su se comporter normalement avec Irving dans la maison de Mrs Hightway. Elle savait faire abstraction de certains de ses mauvais cotés quand elle le voulait. Mais peut-être que si ses parents avaient su lui dire non quelques fois, les choses auraient été plus faciles. Elle ne rejetait pas la faute sur eux, elle avait une grande part de responsabilité dans ce qui lui arrivait. Mais il y étaient aussi pour quelque chose. Et pour la première fois de toute sa vie, elle leur en voulait pour ça.

- Irving est venu m'aider. Alors ne lui parle pas comme ça.

Sans répondre, Cornélius se détourna et se dirigea de nouveau vers son fauteuil. Sans prêter plus d'attention à son père, Cassandre tourna son regard vers Irving qui s'en allait malgré les protestations de sa mère. Il avait su s'affirmer face à son père et ce n'était pas vraiment donné à tout le monde. Elle regrettait tout ce qu'elle avait pu dire sur lui, toutes les méchancetés qui lui étaient venues à l'esprit quand elle avait voulu le blesser. Malgré cela, il n'avait pas hésité à venir avec elle pour défendre sa cause. Alors qu'elle avait dit des choses vraiment dures. Il n'était pas un perdant, il était un vrai Gryffondor et elle le respectait pour ce qu'il avait fait et elle s'excusait vraiment pour tout ce qu'elle avait dit. Mais là, tout de suite, elle ne savait comment formuler cela. Ils n'étaient pas amis, ils se connaissaient à peine en réalité. Mais elle avait l'impression que malgré tout cela, il y avait quelque chose. Une relation sur laquelle elle ne pouvait pas poser de mots. Affronter sa plus grande peur créait forcément des sortes de liens, quelque chose d'invisible difficile à comprendre pour l'extérieur, et même difficile à comprendre pour elle. Elle respectait profondément Irving pour ce qu'il avait fait et était triste pour ce qui arrivait à son père, tout en regrettant ce qu'elle dit. Et puis elle avait vu une facette différente de lui. Elle ne savait pas trop quoi en penser. Alors elle se tut. Ils n'avaient pas besoin de mettre de mots dessus. C'était là, ça c'était passé c'est tout. Et au regard que lui lança Irving, elle sut qu'il pensait la même chose. Alors elle se contenta de sourire.

- Joyeux Noël à toi aussi, Irving.

Il neigeait encore, dehors.


RP TERMINE


   
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Nos chers voisins [Irving]

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