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 Au bord du gouffre [Olivia-Sean]

Sean FitcherAncien personnageavatar
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Sean suivait le groupe d’élèves qui avançait vers la gare de Pré-au-lard sans se mêler à la foule, le regard résolument fixé sur la neige à ses pieds. Il écoutait distraitement la conversation d’un groupe de filles à sa droite, qui tournait autours des devoirs qu’elles avaient à faire pendant les vacances et de l’article du dernier sorcière hebdo sur une joueuse des Harpies de Holyhead qui serait enceinte. Son esprit vagabondait à des lieux du petit village sorcier quand il se fit brutalement bousculé par un imbécile qu’il ne connaissait que trop bien : Anton Smith.

« Bouge de là, tafiole ! » lui asséna-t-il en le dépassant avec un violent coup d’épaule.

Le Serdaigle ne releva pas et se contenta de faire un pas sur le côté pour dégager le passage. Il avait vite compris que le meilleur moyen de ne pas s’attirer d’ennuis avec Anton Smith –soit de l’empêcher de lui écraser encore une fois son poing en pleine figure- était de faire comme s’il n’avait rien entendu. Si lui ignora la remarque du Serpentard ce ne fut pas le cas du groupe de pipelettes qu’il espionnait un peu plus tôt et qui se mirent à glousser comme des dindes. Quelques murmures et regards en coin suffirent pour qu’il comprenne qu’elles parlaient de lui. Il fit comme si cela ne l’atteignait pas, comme s’il s’en fichait, et continua sa route.

Les élèves finirent par arriver sur le quai de la gare et alors qu’il se dirigeait vers l’extrémité de ce dernier, où il n’y avait jamais personne, Sean entendit une fille de quatrième année éclater de rire sur son passage. Etrange. Il eut ensuite droit au regard compatissant d’une Poufsouffle et à une moue dégoutée d’Henry Bulter qui se pencha pour chuchoter quelques chose à l’oreille de sa voisine. Encore plus étrange. Qu’est-ce qu’il avait, son pull était à l’envers ?

« Bwah, t’approche pas de moi, pédé ! » lança Killian Gray, non loin de lui.

Et là, il comprit. Son pull n’était pas à l’envers, aucun de ses vêtements n’était taché, personne ne lui avait accroché de stupide pancarte dans le dos. Non, ils savaient. Toute l’école était au courant de ce qu’il lui avait fallu un an pour s’avouer. Sean eut soudainement le sentiment d’être pris à la gorge, de ne plus pouvoir respirer. Il avait l’impression que tous les regards étaient posés sur lui, il entendait des rires moqueurs au ralenti, des murmures dans son dos.

Il rejoignit l’extrémité du quai rapidement, le cœur battant, les mains moites, la respiration désordonnée. Tout allait bien. Ce n’était pas si grave que ça. Si, ça l’était. Il n’était pas prêt pour ça, peut-être même qu’il ne le serait jamais. Il n’arrivait pas à accepter cette réalité. Il n’acceptait pas ce qu’il était, il ne voulait pas être homosexuel. Sauf qu’il n’avait rien choisi du tout. Et si cette réalité était déjà lourde, si elle était déjà douloureuse quand elle était encore cachée, qu’adviendrait-il maintenant que c’était une information publique ? Il ne pourrait pas se défendre, il ne voulait pas se défendre. Parce que tous les autres avaient raison. Il n’était pas normal. Quelque chose clochait chez lui. Alors oui, c’était normal qu’on le regarde de travers, normal qu’on le fuie. Il méritait tout ça. Comment les autres pourraient-ils l’accepter alors qu’il ne s’acceptait pas lui-même ?

Il se détestait. Il n’avait jamais eu une très haute estime de lui-même, "le Serdaigle bégayant et sans ami", mais à cet instant précis chacune des fibres de son corps haïssaient sa personne plus fort que jamais. Pourquoi ne pouvait-il pas être comme tout le monde, juste une fois ? Il se fichait d’être beau, d’être populaire, d’être sportif et adulé. Il voulait juste être comme les autres. Etre capable de prononcer une phrase correctement, préférer le Quidditch aux vieux classique de la littérature anglaise, et aimer les filles, comme tout le monde. Mais non, il fallait qu’il soit différent, et pas différent dans le bon sens, si un bon sens il y avait. Il pouvait fermer les yeux tant qu’il voulait, se boucher les oreilles pour ne pas écouter son propre corps, il pouvait nier la réalité autant qu’il pouvait, elle était là. Et elle ne changerait pas.

Il se souvint d’une après-midi, il y a de nombreuses années, où il avait dû passer tout un après-midi chez sa grand-mère moldue. Tout ce qu’elle avait trouvé pour l’occuper était un immense puzzle qui devait bien avoir quelques milliers de pièces. Il y avait passé des heures, infatigable et appliqué, et l’avait terminé. Et une fois le puzzle achevé, révélant un immonde groupe de chatons, il lui était resté une pièce dans la main. Une pièce qui n’allait nulle part, qui n’avait pas de place. Une pièce complètement inutile. Il était cette pièce-là. Celle qui ne s’adaptait pas au monde autour de lui. Celle qui ne servait à rien, qui ne manquerait à personne.

Sa gorge se serra alors qu’il songeait à cette éventualité. Plusieurs fois cette idée lui avait effleuré l’esprit, mais jamais avec tant de sérieux. Personne ne le regretterait, c’était une évidence. Oh ses parents, bien sûr. Mais il n’avait que des problèmes à leur apporter, il ne leur causerait que des ennuis. Personne ne voulait d’un fils comme lui. Ses parents n’avaient pas besoin de ça. Ils s’en remettraient. Son absence leur ferait moins de mal que de devoir porter son fardeau avec lui.

Le sifflement aigu du Poudlard express le tira de ses pensées et il posa les yeux sur les rails au-dessous de lui. Ce serait tellement facile…Et, étrangement, ça ne lui faisait pas peur du tout. Cette solution n’avait rien d’effrayant. La vie était effrayante, supporter le regard des autres serait difficile, accepter la réalité serait dur. Mais faire trois pas en avant n’avait absolument rien d’effrayant, au contraire, ce serait simple, et rapide. Deux enjambés et il était libre. Deux enjambés et ses problèmes disparaissaient. Deux enjambés et plus rien n’aurait d’importance, on se ficherait de savoir qu’il n’était pas comme les autres. Deux enjambés et il ne serait plus jamais malheureux.

Il n’arrivait pas à être heureux, et quand il faisait un effort la vie venait à nouveau le frapper dans le dos. Il commençait à sortir avec une fille, elle essayait de le tuer, au moment où il parvenait à l’oublier, elle revenait, quand il commençait à admettre des choses sur lui-même, toute l’école s’en servait pour le blesser. Il n’était pas fait pour la vie. Certains n’étaient pas faits pour le Quidditch, d’autres pour les études, lui n’était pas fait pour vivre. Il était trop différent, trop bizarre, il ne trouverait jamais sa place.

Nouveau sifflement aigu, un panache de fumée au loin. Il devait le faire. C’était la meilleure solution, c’était la moins douloureuse. Il ne souffrirait plus. Ce serait enfin fini. Terminé le calvaire. Il savait tout ça et pourtant son ventre se noua et ses mains se mirent à trembler. Il prit une grande inspiration pour se forcer à se calmer. Il n’avait aucune raison d’avoir peur, il faisait le bon choix. Les jambes flageolantes et blanc comme un linge, le jeune homme fit un pas en arrière et écarta les doigts pour laisser tomber sa valise sur le quai. Il abandonnait. C’était sa vie qu’il laissait tomber, il rendait les armes. Il ne voulait pas se battre pour une cause en laquelle il ne croyait pas, il ne se battrait pas pour lui.

Une larme glissa sur sa joue, tomba à ses pieds. Il ne l’essuya pas. Personne ne la verrait, et il cesserait de pleurer bien assez tôt. Bientôt il arrêterait d’avoir peur, il arrêterait d’avoir mal, il arrêterait d’être cette personne qu’il détestait. Il arrêterait de vivre. Il avait beau essayer de s’en empêcher, il avait un peu peur. Mais ce n’était pas grave, son envie d’en finir était plus forte que ça, elle était plus forte que tout. Encore un sifflement aigu de locomotive, une fumée blanche commença à envahir la petite gare de Pré-au-lard et le cœur de Sean se serra, comme s’il savait qu’il arrêterait bientôt de battre. La locomotive rouge du Poudlard express se dessina à l’horizon, approchant plus vite qu’il ne l’aurait cru. Mais c’était mieux comme ça, il ne voulait pas avoir le temps de regretter, il ne devait pas réfléchir, il faisait le bon choix.

Il était au tout début du quai, le train aurait encore de la vitesse, ce serait rapide, il ne sentirait rien. Sean ferma les yeux un instant pour essayer de calmer les battements de son cœur qui semblait vouloir bondir hors de sa poitrine. D’autres larmes roulèrent sur ses joues livides. C’était idiot, il ne devrait pas pleurer la fin d’une vie qu’il ne regretterait pas. Il était idiot. Dernier sifflement aigu, plus fort, plus strident, plus près. Comme un signal d’alarme. C’était maintenant. Il inspira brièvement, retint sa respiration, étouffa un sanglot, et fit un pas en avant. Ses jambes le portaient à peine, il avait peur, mais il était déjà soulagé. Il se sentait déjà libre. Un deuxième pas. C’était fini. Tout était fini. Troisième pas, la pointe de son pied déjà dans le vide, il était prêt à basculer, à quitter ce monde qui ne voulait pas de lui et dont il ne voulait pas, quand il se sentit brutalement tiré en arrière.
Olivia E. FowlerAncien personnageavatar
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Olivia avançait sur le quai, aux côtés de Juliet. Elles parlaient de tout et de rien. Comme à leur habitude. Olivia se demandait bien ce que ses parents lui avaient réservé pour Noel. Elle ne leur avait pas envoyé une seule lettre et pour être honnête, elle redoutait un peu le moment où elle les reverrait. Ils ne lui diraient rien, c'était une certitude, mais la jeune femme avait un peu honte. Honte de n'avoir été accaparée que par sa personne et d'avoir négligé ses parents. Elle ne se rendait pas compte de la chance qu'elle avait. D'avoir des parents présents, aimants et doux. Des parents qui travaillaient pour que leur enfant ait un quotidien aisé. Olivia n'arrivait pas à s'imaginer la chance qu'elle avait. Pourtant, lorsqu'elle écoutait Juliet parlait de sa mère qui était en dépression, la jeune femme prenait conscience de son bonheur. Elle y avait mis 18 ans pour y arriver, il valait mieux tard que jamais. D'ailleurs, elle n'avait jamais fait de cadeaux à ses parents. Elle songea qu'il serait bien de leur acheter un petit quelque chose en entrant.

En repensant à la mère de Juliet, Olivia eût un petit frisson. Son amie était vraiment forte. Elle l'admirait pour tout ce qu'elle avait enduré, sans jamais se plaindre, ou quoique ce soit. Elle l'admirait pour avoir pris l'initiative de sa petite soeur, Leah. Jamais Juliet ne s'était apitoyée sur son sort, même s'il lui arrivait de pleurer. Mais c'était normal. La Gryffondor allait prendre des nouvelles de la mère de Juliet lorsqu'elle entendit la voix de Killian, derrière. Elle réprima une moue de dégoût lorsqu'elle comprit à qui il s'adressait. Quand il arriva à sa hauteur, Olivia eût envie de l'interpeller, de lui demander pourquoi est-ce qu'il s'adressait d'une manière aussi irrespectueuse à Sean mais elle se ravisa.

Olivia esquissa un petit sourire à la pensée de Sean. Elle n'avait jamais eu l'occasion de lui parler durant toute sa scolarité et pourtant, à la fin de l'année dernière, elle était allée le voir. Elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde méprisait ce jeune homme. Olivia lui trouvait de nombreuses qualités. Il était adorable, vraiment. Elle aimerait bien retourner le voir, un de ces jours. La jeune femme était persuadée de l'avoir effrayé l'année dernière, tellement qu'elle parlait. Elle secoua la tête de gauche à droite, heureusement qu'elle était un peu moins bavarde, tout de même !

D'ailleurs, elle voulait bien aller voir Sean, maintenant. Pourquoi remettre à demain ce qu'on pouvait faire aujourd'hui ? Olivia lança donc à Juliet :

"Je reviens, on se retrouve dans le train !"

Elle se retourna donc et le vit. La jeune femme ne le voyait pas trop bien, avec tous ces panaches de fumée. Elle s'avança donc un petit peu. De quelques pas. Juste assez pour voir que Sean n'était pas comme à son habitude. Elle était sure que cela avait un rapport avec ce que Killian lui avait dit. Olivia se retourna dans l'autre sens pour voir où était Killian. Malheureusement, elle ne le vit pas. Elle se retourna alors vers Sean, qui semblait s'être avancé un peu plus vers le quai. Olivia semblait perdue. D'ailleurs, elle l'était, dans sa tête.

Elle ne semblait pas saisir l'ampleur de ce qui était en train de se passer. Elle ne comprenait pas pourquoi il s'avançait vers le bord du quai, pourquoi est-ce qu'il ne s'arrêtait pas. Entendait-il au moins le train qui arrivait ? Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Puis, quand elle finit par comprendre ce qui motivait réellement Sean, elle commença à s'affoler. Elle essayait de se frayer un chemin à travers la foule, mais elle n'y arrivait pas. Alors, elle cria de toutes ses forces :

"Seaaan !! Ne fais pas ça !"

Elle semblait crier dans le vide. Personne ne l'entendait. Alors, repoussant ses bonnes manières, Olivia passa à travers les élèves à renfort de coups de coudes. Elle s'attira les foudres d'un groupe de dindes qui étaient tombées dans un seau de parfum tant elles sentaient une fragrance de (très) mauvaise qualité. Une fois qu'elle fut arrivée au niveau de Sean, Olivia se jeta sur lui et le tira vers elle. Olivia le tira tellement fort le jeune homme qu'elle tomba en arrière et l'entraîna avec lui.

Elle vit qu'il pleurait. Olivia aimait vraiment ce jeune homme. Alors, avec un air soucieux, elle lui demanda :

"Sean, ça va bien ? Non non, bien évidemment que ça ne va pas ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Pourquoi est-ce que tu as voulu faire ça ?"

La jeune femme voulait être douce et ne pas être présente, c'était raté. Se relevant, Olivia passa un rapide coupe de main sur sa jupe afin d'en enlever la poussière et tendit la main à Sean pour l'aider à se relever, bien décidée à connaître les raisons ayant motivé cet acte.


Sean FitcherAncien personnageavatar
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Sean se sentit brusquement tiré vers l'arrière et s'effondra sur son sauveur alors que le Poudlard express passait devant eux, provoquant une bourrasque de vent. Il aurait pu être mort. Non, il aurait du être mort. Mais il était là, tremblant et haletant, le visage mouillé de larmes, dans les bras de celle qui venait de l'arracher à son destin. Il tourna la tête et reconnut Olivia Fowler qui l'observait, l'air soucieux. Elle devait le prendre pour un idiot, pur un lâche, pour un fou dans le meilleur des cas. Lui-même ne savait pas à quelle catégorie il appartenait. Aux trois en même temps, sans doute. Et maintenant il était un raté en plus de ça. Le fait qu'il soit encore en vie n'était qu'un échec. Il aurait pu se sentir soulagé, se rendre compte qu'il avait failli faire une énorme erreur, mais non. Il avait voulu cet acte manqué, c'était ce qu'il avait réellement souhaité, et ce qu'il souhaitait encore.

Visiblement plus perturbée que lui par les évènements, Olivia lui demanda s'il allait bien, avant de répondre à sa propre question et de s'inquiéter de savoir pourquoi il avait voulu faire ça. Quelle importance ? Il avait voulu le faire parce que c'était la meilleure solution, parce qu'il en ressentait le besoin. Il fallait que tout s'arrête.

"Je...je suis d...Désolé." murmura-t-il.

Désolé de quoi il n'en savait rien, mais il l'était vraiment. Désolé de l'avoir mêler à ça, d'avoir probablement gâcher sa journée, de l'avoir bouleversé. Désolé d'être encore là, d'être en vie, d'être toujours le même, de ne pas être comme les autres. Et désolé de ne pas la remercier, parce qu'il ne lui était pas reconnaissant. Il ne savait pas pourquoi elle l'avait fait ça. Peut-être parce qu'elle l'appréciait un tant soit peu, et qu'elle ne devait sans doute pas avoir entendu les dernières rumeurs le concernant. Et puis elle avait agit en Gryffondor, sauvant même ceux qui n'en avait pas envie.

Olivia se releva et, après avoir épousseté sa jupe, lui tendit une main pour qu'il fasse de même. Il secoua négativement la tête. Il en voulait pas se relever. De se redresser, d'affronter les autres, de continuer à se battre. Il aurait voulu rester ici, sur le sol d'un quai de gare, ne plus bouger jusqu'à ne devenir qu'un tas de poussière. Il voulait qu'on l'oublie, qu'on l'abandonne ici. Au lieu de quoi plusieurs élèves se rassemblaient déjà non loin de là. Il sentait leurs regards le transpercer, pouvait presque entendre le murmure de leurs voix. Il aurait tout donné pour pouvoir disparaitre. Et il avait envie de leur hurler de dégager, de le laisser là. Il n'y avait rien d'intéressant à voir.

"Le...Laisse tomber, finit-t-il par dire en levant un regard humide vers Olivia. Ce...ça vaut p...pas le coup."

Il ne valait pas la peine d'être sauvé. Sa vie n'était pas assez précieuse pour qu'Olivia perde son temps avec lui. Elle avait forcément mieux à faire, des amis à voir, des projets de vacances à faire, n'importe quoi. Rien n'aurait moins de sens que de le sauver. A quoi ça servait finalement ? Lui n'en était pas heureux, et elle se mettait dans tous ses états pour rien. Les choses n'étaient pas mieux comme ça. Certes, l'idée de la mort n'était pas plaisante et on avait l'idée que laisser quelqu'un mourir ce n'était pas bien. Mais si c'était ce dont cette personne avait envie, et plus encore si c'était ce dont elle avait besoin, c'était inutile de l'en priver.
Olivia E. FowlerAncien personnageavatar
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Olivia observait Sean. Elle l'observait avec un regard soucieux. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait ce qui pouvait motiver cet acte, ce qui pouvait le pousser à faire une telle chose. Elle ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'il voulait mettre fin à sa vie, pourquoi est-ce qu'il voulait tout arrêter. Si jeune. Olivia observa le visage trempé de larmes de Sean une nouvelle fois, la tristesse mélangée à l'incompréhension ayant remplacé son regard soucieux. Elle l'écouta s'excuser. Pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi s'excusait-il ? S'il y avait bien une personne qui ne devait s'excuser, c'est bien Sean. Sean, le jeune homme gentil, sincère, terriblement doué pour le dessin, qui ne faisait jamais d'embrouilles. Pourquoi est-ce qu'il s'excusait, au juste? Il n'avait pas à faire cela, il ne devait pas le faire. Olivia eût envie de lui crier dessus qu'il ne devait pas le faire, elle avait envie de le secouer dans tous les sens pour qu'il revienne à la raison, mais elle ne le fit pas. Elle ne le fit pas car elle savait que ce n'était pas bon, de le secouer.

Certes, Sean était déjà passé près de la mort, mais ce n'était pas une raison pour perdre espoir, pour abandonner. Olivia était peut-être trop optimiste, mais elle savait que perdre confiance en soi, en son avenir, que laisser tomber, abandonner, capituler, que tout ça n'était pas bon. Voyant qu'il refusait de se lever, Olivia s'assit à ses côtés, ignorant les regards qui commençaient à se braquer sur eux. Prenant un air doux elle commença :

"Ecoute Sean, tu n'as pas à t'excuser. Tu ne dois pas t'excuser. Je ne vois pas pourquoi tu le fais, d'abord."

La jeune femme réfléchit un instant sur ce qu'elle allait dire. Elle avait envie de lui faire une tirade dont seule elle avait le secret. Un monologue dans lequel elle lui expliquerait les raisons pour lesquelles la vie valait la peine d'être vécue. Mais ce n'était que subjectif; elle n'avait ni le passé, ni la même vie que Sean, et encore moins la même vision du monde. Alors, elle déclara :

" Je n'ai pas la prétention de tout savoir, loin de là, mais tu ne peux pas faire ça. Ce n'est pas parce que tu es dans une mauvaise période que tu dois baisser les bras. Il y a des gens qui t'aime, tu ne peux pas les faire souffrir non ?"

Ne sachant pourquoi, la jeune femme pensa que Sean allait lui répondre que personne ne l'aimait. Ce n'était pas vrai. Elle l'aimait, Juliet l'aimait, aussi. Sauf qu'Olivia ne savait plus quoi dire, elle n'avait jamais été douée pour réconforter les autres. Elle était nettement plus douée concernant les sujets traitant d'esthétiques, de vêtements ou même de garçons. Elle ne savait pas réconforter parce qu'elle parlait trop. Elle parlait pour rien dire, surtout. Elle brassait de l'air, elle faisait du vent. La jeune femme était persuadée que tout ce qu'elle pourrait dire ne consolera jamais Sean. Peut-être qu'à force de l'écouter parler, il voudra même se rejeter sous le train.

Mais, elle avait envie de lui faire un discours qui venait du cœur. Elle voulait qu'il sache ce qu'elle pensait vraiment de lui. Alors, elle se tourna vers lui et planta son regard marron sur lui. Elle commença :

" Ca peut te paraître stupide ce que je vais te dire, mais voilà. Je sais ce que tu ressens .. Enfin non, mais j'essaie d'imaginer ... Et le fait que tu veuilles te suicider me rend vraiment triste. Tu sais, je t'apprécie vraiment Sean et ... Je ne veux pas que tu fasses ça. Ca te paraît débile dit comme ça hein ? Mais tu es garçon formidable, tu feras de belles choses, j'en suis certaine! Tu ne peux pas abandonner, là, maintenant. Tu comprends ? Peut-être que tu penses que tu es en trop dans ce monde ou bien que tu sois là ou pas ne changera rien. Mais moi je te dis que oui, ça changera quelque chose. Que tu le veuilles ou non, tu as du talent. Mon jugement vaut ce qu'il vaut mais moi, je sais que tu peux y arriver, j'ai confiance en toi. il faut juste que tu arrives à surmonter ça."

Olivia ne voulait pas faire de monologue. C'était raté. Elle voulait lui dire ce qu'elle pensait, elle n'en avait dit que la moitié. Mais pourtant, tout cela était vrai. Et, comme pour appuyer ses propos, elle lui fit un sourire rassurant, sans même remarquer que le groupe de personnes qui les regardait bizarrement s'était encore agrandit. Elle fit juste un sourire à son ami, espérant vainement qu'elle arriverait à lui remonter le moral, à lui redonner goût à la vie. Peut-être qu'elle espérait trop, mais au moins, elle avait essayé.
Sean FitcherAncien personnageavatar
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Contre toute attente, Olivia s'assit à coté de lui, à même le quai. Il aurait préféré qu'elle parte, qu'elle le laisse seul. Il n'avait pas envie d'expliquer son geste, d'essayer de le justifier parce qu'il se doutait bien que la jeune femme n'arriverait jamais à la même conclusion que lui, à savoir qu'il avait fait un bon choix. Et puis il ne tenait pas à étaler ses problèmes aux yeux de la Gryffondor, qui ne pourrait rien y faire de toute façon, à moins qu'elle ne connaisse un sortilège permettant de le faire devenir quelqu'un d'autre, ce qui était peu probable. Néanmoins il ne la repoussa pas et ne fit aucun geste pour s'éloigner. Olivia lui avait sauvé la vie et elle l'avait fait pour l'aider, elle pensait bien agir évidement. Il ne pouvait pas lui en vouloir.

Elle commença par refuser ses excuses, estimant qu'elles étaient injustifiées. Le Serdaigle ne dit rien, lui savait pourquoi il s'excusait. Il était désolé de l'avoir laissé le sauver. Olivia poursuivit en assurant que ce n'était pas parce qu'il était dans une mauvaise période qu'il devait baisser les bras. Il n'était pas dans une mauvaise période. Parce que les mauvaises périodes avaient un début et une fin. La sienne durait depuis un an et il ne voyait aucun moyen d'en sortir. Elle ajouta qu'il y avait des gens qu'il aimait et qu'il ne pouvait pas les faire souffrir. Évidement que non, jamais il n'avait cherché à faire de la peine à ses parents, à Olivia, peut-être à Swann. Mais était-ce une raison de vivre suffisante, ne pas faire souffrir les autres ?

"Tu p...penses que ce...ça vaut le...le coup ? De vivre se...seulement p...pour ne pas faire de p...peine aux autres ?"

Lui ne trouvait pas que ce soit une raison de vivre suffisante. Il avait toujours entendu qu'on vivait pour soi, pas pour les autres. Et il n'avait pas envie de vivre pour lui. On ne vivait pas pour quelqu'un qu'on aimait pas, et il se haïssait. Olivia sembla hésiter un moment avant de planter son regard marron dans le sien. Elle commença d'une voix hésitante par lui dire qu'elle essayait de comprendre ce qu'il pouvait ressentir et que le fait qu'il veuille mettre fin à ses jours la rendait vraiment triste. Elle avait l'air sincère et il se demandait comment interpréter le fait qu'elle ait l'air plus bouleversée que lui.

Elle poursuivit en affirmant qu'il était formidable, qu'il avait du talent, qu'il ferait de belles choses. De très gentils mensonges. Peut-être qu'Olivia y croyait vraiment, mais pas lui. Des garçons comme lui il y en avait des centaines, il n'était pas plus doué que les autres. Il était bien placé pour le savoir, sa mère enseignait dans un domaine artistique. Sauf que les autres avaient un avantage certain, en plus d'être doués ils étaient sur d'eux, ne bégayaient pas, avait des amis, des relations. N'importe qui avait bien plus de chances de réussir que lui. Elle termina en lui assurant qu'elle avait confiance en lui et il lui répondit par un triste sourire. Ça faisait au moins une personne.

"Tu...tu es b...bien la seule, répondit-il finalement. Ce...c'est gentil, vraiment." Faux, mais gentil.

Il était égoïstement touché de voir qu'Olivia semblait vraiment tenir à lui. Pourtant avant l'été dernier il ne s'était jamais adressé la parole. Si la Gryffondor l'acceptait telle qu'il était, si elle ne le trouvait pas répugnant, peut-être que d'autres personnes pouvaient le faire aussi après tout, à commencer par lui-même. Sean réalisa alors que si la jeune femme n'avait pas été là, il n'aurait jamais eu de réponses à cette question, et ils n'auraient jamais eu cette conversation. Ça lui aurait manqué. Il savait que beaucoup de moments difficiles l'attendaient, peut-être plus qu'il n'avait envie d'en supporter, mais peut-être qu'il y aurait aussi des moments comme celui-ci. Des discussions avec des gens extraordinairement bons, comme Olivia. Peut-être que ça, c'était une raison de vivre suffisante. Cela valait le coup d'essayer en tout cas, de continuer la lutte encore un tout petit peu, juste pour voir quelle tournure prenaient les choses.

Le jeune homme se tourna alors vers Olivia et garda un moment le silence. Il lui devait tant. Pas uniquement parce qu'elle lui avait sauvé la vie mais surtout parce qu'elle lui avait redonner une chose dont il manquait cruellement : l'espoir. Sa vie lui paraissait tellement noire, tellement difficile, comme une pente qui serait de plus en plus ardue, mais grâce à Olivia il commençait à croire que sa vie pourrait peut-être ressembler à autre chose, un jour.

"Merci" souffla-t-il finalement.

En détachant son regard des yeux de la Gryffondor il vit que le petit groupe d'élèves qui s'était amassé pour les observer en murmurant n'était plus si petit que ça. Il ne percevait que quelques mots récurrents dans leurs chuchotements "suicide", "rumeur", "sauvetage" mais aussi "professeur" et "alerter". Ce qui signifiait qu'il allait très rapidement avoir des problèmes. Il soupira et attrapa sa tête entre ses mains. Il commençait à regretter, un tout petit peu, ce qu'il avait failli faire.
Olivia E. FowlerAncien personnageavatar
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Olivia écoutait attentivement Sean. Elle voyait bien qu'il ne croyait pas en lui, qu'il ne croyait pas en ce qu'elle lui disait. Pourquoi était-ce si difficile d'admettre la vérité? Ce n'était pas parce qu'il n'était pas extraverti comme les autres garçons que lui aussi n'avait pas sa chance. Il ne devait pas faire ce qu'il avait fait. Il ne devait pas le refaire. Pourtant, la jeune femme vit que Sean recommençait à avoir un peu d'espoir en lui, et elle fût touchée de voir que ce qu'elle disait n'était pas inutile. Pour une fois.

Elle fut encore plus touchée lorsqu'il lui dit un simple "merci". C'était tellement rare les garçons comme lui, il ne fallait pas qu'il gâche sa chance de vivre, qu'il passe à côté de tout ce que la vie pouvait lui offrir. Olivia voulait lui répondre quelque chose de long, mais elle ne voulait pas lui faire la morale. Alors, elle lança un regard noir aux personnes autour d'eux. Après avoir fait partir le groupe de curieux, Olivia entreprit de réfléchir aux réponses qu'elle pouvais apporter aux questions du jeune homme.

"Vivre pour ne pas faire de peine aux autres". Peut-être qu'Olivia s'était mal faite comprendre. Ce qu'elle voulait lui dire, c'était qu'en plus de rater sa chance d'avoir une vie, il ferait du mal aux gens qu'il aime. Cependant, elle ne voyait pas comment le tourner. Peut-être que Sean pensait que faire de la peine aux gens qui l'aimaient n'était pas un motif suffisant pour empêcher un suicide. Peut-être que pour lui, la souffrance qu'éprouveraient ses proches n'était pas comparable à celle qu'il éprouvait maintenant. La jeune femme ne savait vraiment pas quoi dire, ni quoi faire. La seule chose qu'elle voulait, c'était d'empêcher Sean de faire ça, de l'emmener le plus loin possible de ce quai.

Olivia leva alors la tête faire Sam et commença par lui répondre gentiment:

" Je t'en prie Sean, c'est tout à fait normal. Je ..."

Olivia chercha ses mot un instant. Elle voulait dire quelque chose de juste, qui fasse changer Sean change d'avis. Quelque chose qui fasse qu'il redevienne le jeune homme qu'il était. Pas qu'il devienne un garçon bavard et exhubérant. Non, juste qu'il redevienne le jeune homme timide qui dessinait. Olivia l'aimait bien comme il était, tout simplement. Alors, elle commença doucement :

" Je ne pense pas que aies à vivre juste pour faire plaisir aux autres. Ce que je veux dire c'est que ... C'est que tu dois vivre pour toi avant tout, tu vois ? Tu dois te donner les moyens de faire ce que tu veux faire. Tu dois pouvoir te mettre au dessus de tout ça, et juste faire comme si ça n'existait pas. Je pense vraiment que tu dois rester égal à toi même. Si on t'aime, c'est parce que tu es toi, c'est parce que tu es un garçon simple, gentil, talentueux."

La jeune femme se tût un instant. Elle avait l'impression de se répéter, depuis le début de leur discussion. Elle n'arrivait toujours pas à exprimer ce qu'elle voulait vraiment lui dire. Cependant, un seule envie se fit plus forte que celle d'exprimer ses pensées. La jeune femme se releva avec souplesse puis tendit la main à Sean en lui suggérant :

"On va ailleurs ?"

Elle voulait vraiment l'éloigner de cet endroit, de ces idées qu'il avait. Elle voulait juste qu'il se sente mieux.


Sean FitcherAncien personnageavatar
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Quand Sean la remercia, Olivia lui répondit que c’était tout à fait normal et il secoua doucement la tête de gauche à droite. Non, ce n’était pas parfaitement normal, n’importe qui n’aurait pas agi comme elle l’avait fait, lui-même ne se serait pas sauvé. Elle ne se rendait simplement pas compte à quel point elle avait été extraordinaire, héroïque, Gryffondor en somme. Elle poursuivit en lui répondant qu’elle ne pensait pas qu’il doive vivre pour les autres mais pour lui. C’était bien là le problème, il n’avait pas envie de vivre pour lui.

Selon Olivia il devait passer au dessus de « tout ça » et se donner les moyens de faire ce qu’il voulait faire. Qu’est-ce qu’il voulait faire ? C’en était une bonne question, qui méritait qu’il y réfléchisse un instant. Entrer à l’Académie des Arts magiques, c’était quelque chose qu’il voulait vraiment. Mais quelque chose qui avait peu de chances d’arriver. S’il avait bon espoir de décrocher les notes suffisantes en sortilèges et en potions pour ses ASPIC, il était bien moins sûr de lui pour ce qui était de la présentation de quelques œuvres, et de l’entretient. Même si le jury était convaincu par ses toiles, ce dont il doutait fortement, ses bégaiements le disqualifieraient d’office. Alors il n’aurait plus qu’à se consacrer à l’université magique, à étudier quelque chose qui ne le passionnait pas.

Olivia le tira de ses pensées en concluant que si on l’aimait c’était parce qu’il était lui. Sean retint un éclat de rire amer, il ne savait pas qui était ce « on » mais aurait bien aimé le rencontrer, parce qu’il n’avait pas le sentiment qu’on l’aimait tant que ça. Toutefois, la Gryffondor s’incluait sans doute dans ce « on », et c’était gentil de sa part. Il lui répondit donc par un triste sourire tout en jetant rapidement un regard aux personnes autours d’eux. Il y avait toujours des moues dégoutées, voire haineuses, d’autres avaient l’air surpris, presque choqués, et il croisa tout de même quelques regards compatissants. On ne l’aimait peut-être pas, mais tout le monde ne le détestait pas autant que lui se haïssait, c’était toujours bon à savoir. Gêné de voir que pas mal d’élèves les fixaient, lui et Olivia, le Serdaigle baissa bien rapidement la tête. Il ne voulait pas être le centre de l’attention, encore moins celui des conversations des autres et il aurait aimé que quelqu’un trouve quelque chose à faire pour attirer l’attention de ses camardes. Que Kelsey Lorgan se dispute avec Katy Scott, que des premières années se bagarrent, que Darren O’Connor disjoncte comme il l’avait fait lors du dernier match de Serpentard, n’importe quoi.

Olivia sembla se rendre compte qu’il était mal à l’aise car elle se releva gracieusement et lui tendit une main pour l’aider à faire de même. Pourquoi se redresser si ce n’était que pour retomber plus tard ? Il n’avait pas envie d’enchainer les chutes, de sombrer un peu plus à chacune d’entre elle jusqu’à se laisser finalement achever. Au moins à même le sol il avait le sentiment de ne plus pouvoir tomber plus bas. Mais s’il trouvait la force de se relever aujourd’hui, peut-être la retrouverait-il aussi plus tard. Quoiqu’il en soit il ne le saurait jamais s’il restait là. Il attrapa finalement la main que lui tendait la Gryffondor et se releva à son tour. Il était de nouveau debout, c’était reparti. Et il n’arrivait pas à savoir s’il en était heureux ou juste découragé.

Les deux adolescents s’éloignèrent doucement de la gare de Pré-au-lard et de toute cette foule étouffante qui les fixait sans gêne.

« Tu vas le…louper le tr…train » lança-t-il à sa camarade avec un maigre sourire d’excuses.

Il croyait se souvenir qu’Olivia avait eu son permis de transplanage en même temps que lui mais n’en était pas certain. Il espérait qu’elle n’aurait pas d’ennuis pour rentrer chez elle, il lui avait causé suffisamment de problèmes comme ça. Elle aurait sans doute préféré passer le trajet dans le Poudlard express avec ses amies et il s’en voulait de l’avoir privé de ça, bien conscient que sa compagnie était moins agréable que celle de Juliet. Ils avaient à peine fait quelques mètres que Sean aperçut deux silhouettes qui semblaient courir dans leur direction. Une première année et une élève plus âgée à en croire leurs tailles. A mesure qu’elles approchaient Sean reconnut l’infirmière, accompagnée par une blondinette avec un chouchou rose, et jeta un regard implorant en direction d’Olivia. Miss Bloomwood était loin d’être méchante mais elle ne le lâcherait plus si elle apprenait ce qui c’était passé, aussi pria-t-il pour qu’elle passe à leur hauteur sans s’arrêter. Il espérait que la Gryffondor ne dirait rien.

« Vous deux, les interpella-t-elle. Sean se raidit en essayant tant bien que mal d’avoir l’air parfaitement normal. Vous savez ce qui se passe ? demanda-t-elle, légèrement essoufflée. Cindy est arrivée à l’infirmerie complètement paniquée pour me dire qu’elle avait vu un élève essayer de se… »

L’infirmière fut interrompue par la dénommée Cindy qui tirait sur sa manche. La blondinette, tout aussi essoufflée et visiblement très mal à l’aise, désigna plus ou moins discrètement Sean d’un signe de tête. Génial.

« Oh… »

Le visage de Miss Bloomwood parut se décomposer alors que son regard passait de Cindy à Sean. S’en suivit un moment de silence pendant lequel elle sembla hésiter à poser sa main sur l’épaule du jeune homme, qui avait juste envie de partir en courant. Il ne voulait pas qu’on le force à en parler, à tous les coups elle allait prévenir ses parents, et il devrait leur expliquer pourquoi et leur avouer que…Tout leur avouer, en fait. Blêmissant à cette simple idée, il fixa avec intérêt le bout de ses chaussures.

« Oh Sean je…Je suis désolée… »

Il n’avait pas la moindre idée de ce pourquoi elle était désolée, et pas la moindre envie de le lui demander. Il avait encore l’espoir qu’elle s’arrête ici, se contente de lui dire « ça va s’arranger » et poursuive sa route. Mais c’était un scénario des plus utopiques qui vola en éclats en quelques secondes.

« Est-ce que tu…tu veux bien venir avec moi ? Je crois que…qu’il faut qu’on parle un peu… »

Non. Non il ne voulait pas. Pas envie de lui parler, ni d’en parler à qui que ce soit. Pas même envie de l’écouter, de faire semblant de la croire. Pourtant il hocha vaguement la tête. S’il refusait, elle allait argumenter et probablement gagner en le persuadant qu’il allait mourir le cas échéant. Autant capituler tout de suite.

« Miss…peut venir avec nous » ajouta l’infirmière en interrogeant Olivia du regard, tant pour connaitre son nom que pour avoir sa réponse.


[Tu peux conclure si tu veux, où on peut refaire un tour, comme tu le sens]
Olivia E. FowlerAncien personnageavatar
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Olivia fut ravie de voir Sean qui se releva. Ce n'était peut-être qu'un mouvement insignfiant pour n'importe qui, mais elle était persuadée que dans la tête du Serdaigle cela voulait dire beauocup. Peut-être que pour lui, c'était un peu comme une comparaison avec sa vie. Enfin, Olivia n'était pas dans sa tête, et ne préférait pas savoir ce qu'il s'y passait. Elle n'avait pas vraiment envie d'imaginer tout ce à quoi Sean pensait. La jeune femme l'aimait beauocup et compatissait, mais elle ne voulait pas être à sa place. Se sentir isolée, coupée du monde, rejetée, moquée, tout ça, ça devait être quelque chose d'insupportable, et elle ne voudrait jamais vivre une chose pareille.

Olivia s'apprêtait à dire quelque chose, lorsque Sean lui annonça qu'elle allait rater son bus, avec un petit sourire d'excuse. Olivia ne savait pas comment prendre ce sourire. D'un côté, voir Sean sourire était mignon mais ... Pourquoi est-ce qu'il fallait toujours qu'il s'excuse ? De toute manière, dans certains cas, s'excuser ne servait à rien. Olivia lui répondit alors :

" Ce n'est rien !! De toute manière je peux toujours transplaner !"

La jeune femme ajouta alors :

" Et ne me fais pas ce sourire ! Si j'avais envie de partir je serais déjà partie. Si j'ai envie de rater le train pour rester avec toi, je le fais !"

Olivia voulait proposer à Sean de boire quelque chose lorsqu'elle aperçut l'infirmière arriver avec une petite. Miss Bloomwood ne semblait pas trop comprendre que la petite lui avait parlé de Sean. Tentant vainement de la dissuader de parler, Olivia fit mine d'agrandir les yeux pour qu'elle s'arrête, mais elle ne semblait pas avoir remarqué ceci. C'était vrai qu'agrandir les yeux n'était pas un moyen très élégant et explicite pou faire comprendre quelque chose. Cependant, elle fut un peu gênée lorsqu'elle comprit enfin. Olivia écoutait miss Bloomwood parler à Sean, et il semblait que les deux personnes s'étaient déjà parlé plusieurs fois. OLa Gryffondor ne voulait pas s'immiscer dans leur conversation. Elle était persuadée que miss Bloomwood saurait y faire avec Sean. Elle était sur le point d'annoncer qu'elle allait partir, lorsque Miss Bloomwood lui proposa de venir avec eux. En souriant poliment, Olivia répondit :

"Olivia Fowler, miss. Et non merci c'est gentil à vous, mais je vais m'en aller. Passez de bonnes vacances"

Et avant de partir, Olivia se retourna et chuchota pour que seul Sean puisse l'entendre :

"Courage Sean, tu t'en sortiras !"

[RP Terminé]


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Au bord du gouffre [Olivia-Sean]

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