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 Les mots justes [PV Juliet]

Joy HighlandsSans emploiavatar
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Vendredi 21 Décembre 2006


Lâche !

Elle était lâche. Toujours. Certes elle n'avait pas de grandes choses à réaliser, mais c'étaient les petites choses insignifiantes du quotidien qui lui posaient problème. Lâche quand il s'agissait de dire ce qu'elle pensait. Lâche quand il s'agissait de prendre une décision. Lâche quand il s'agissait de parler à ses parents. Lâche quand il s'agissait de leur envoyer une lettre. Elle était bien présente, cette lettre, dans sa main crispée. Une lettre toute bête et anodine, mais aux mots creux et dénués de sens. Elle n'était même pas capable de se confier un peu. La preuve : pendant les vacances, elle ne verrait pas ses parents. C'était Cinoque, leur hideux elfe de maison-majordome, qui viendrait la chercher à la gare, et qui l'y ramènerait. Parfois, au Manoir, Joy se demandait si Cinoque n'était pas son meilleur ami. Comme quand sa mère passerait les fêtes de Noël chez sa famille, toute seule, loin d'eux, pour « réfléchir ». Comme quand son père n'aurait aucune conversation calme avec sa fille puisqu'il ne serait présent que le soir de Noël.

Cher Papa, chère Maman,

Comment pouvait-elle les chérir si il n'y avait aucune forme de communication entre eux ? Leur unique correspondance était épistolaire. Joy avait l'intention de parler à son père le soir où elle le verrait mais mais ses bonnes résolutions s'étaient envolées aussi vite que sa bonne humeur : elle lui annonçait toutes les nouvelles importantes la concernant dans sa lettre. Comme un avant-goût. Lettres ou pas, ils n'arrivaient pas à se comprendre. Leur relation était à la fois classique et compliquée. Et ce qui glaçait le plus Joy quand elle pensait ça, c'était que le « ils » désignait surtout son père. Car avec son père, il y avait un semblant de relation, même conflictuelle. Avec sa mère, il n'y en avait aucune. Coexistence pacifique. Joy et elle se côtoyaient, sans que le comportement de l'une influe sur celui de l'autre. Elle ne se parlaient que pour échanger des banalités mère-fille, qui, vues par un inconnu, auraient parues tout à fait ordinaires, mais pour Joy, semblaient tellement dérisoires. Quand banalités il y avait. Parce que durant ces vacances-là, l'elfe-femme de chambre Barbossa serait la seule avec qui Joy pourrait faire la conversation.

Au moment où je vous écris, je suis la nouvelle capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard.

Le moment où elle écrivait, c'était bien deux semaines après sa nomination, rien que ça. Oui, il lui avait fallu deux semaines pour avoir le courage d'écrire cette simple phrase. Ce qu'elle essayait de se faire croire, c'est que la peur de la réaction de son père en était la cause. Mais en vérité, elle avait plutôt peur d'elle-même. Peur de n'avoir pas assez de détermination et de ne même pas mériter d'appartenir à Serpentard. Elle se faisait pitié. Fermant les yeux, toute seule au milieu de la volière, elle se remémora les paroles rassurantes de Margot Adamson, qui avaient chassé toutes ses craintes. Et ça marchait, une fois de plus. Joy fit un pas vers les hiboux de l'école. Elle savait que malgré sa vision changée de ce sport, son père serait content de la savoir capitaine. Il y verrait une bonne occasion pour sa fille d'apprendre à prendre les choses en main. Il ne serait pas fier d'elle, mais pas loin.

Mais nous avons perdu le premier match contre Gryffondor.

Joy n'avait pas raconté le déroulement du match car elle pensait que son père n'en avait rien à faire. Cependant, une fois sur le point d'envoyer cette lettre, les doutes l'assaillaient : son père n'avait-il pas joué au Quidditch quand il était jeune ? Avait-il vraiment oublié les plaisirs du vol et de la stratégie ? Elle haussa les épaules : elle ne voulait rien savoir des états d'esprit de son père. Une fois encore, elle refusait d'apprendre à la connaître. C'est pour ça qu'elle n'avait pas évoqué l'entrevue avec Richard Griffit. Joy n'était pas très sûre que Philip Highlands apprécie beaucoup le recruteur, au contraire. La dernière fois qu'il l'avait évoqué, il avait malencontreusement frappé Sullivan, l'elfe-cuisinier. Ce dernier était allé s'en plaindre au Bureau de replacement des elfes de maison, et les Highlands avaient perdu un employé et gagné une amende.

Sinon, j'ai eu un O en Sortilèges et un E en Arithmancie.

Encore une bonne nouvelle. Tant de bonnes nouvelles ; pourquoi ne voulait-elle pas envoyer cette lettre alors ? Pourquoi ce papier trainait-il sur sa table de chevet depuis des jours sans qu'elle se résolve à se rendre à la volière ? Pourquoi des mots sur le papier avaient tant d'importance à ses yeux ? Ce n'était qu'une lettre après tout. Vraiment ? Joy s'en voulait de se poser tant de questions, parce qu'au fond, elle avait ses réponses. C'est juste qu'elle ne les acceptait pas. Elle refusait d'écouter sa conscience qui la serinait : pourquoi ne leur dis-tu pas que tu deviens amie avec un Gryffondor ? Pourquoi ne leur dis-tu pas ce qu'Ana Sorden t'as raconté quand elle t'a rendu ta copie ? Pourquoi ne leur dis-tu pas qu'ils te manquent ?

J'espère que le Manoir Highlands se porte bien.

Joy relut cette honteuse phrase quand un Grand-Duc majestueux vint se poser sur son bras, lacérant son poignet de ses griffes acérées. Elle ne savait pas trop si c'était à cause de la douleur ou de sa propre bêtise. Employer une manière détournée pour savoir s'ils allaient bien relevait du pathétique. Comme si elle avait quelque chose à faire de la bonne santé des elfes rémunérés (excepté l'elfe-secrétaire Misery qui était vraiment très gentille, bien qu'un peu folle) ! De plus, elle n'ignorait pas que la situation parentale était tendue. La dernière lettre de son père lui assénait d'être « gentille avec sa mère ». Dans sa lettre, la Serpentard avait été tentée de lui écrire qu'il en avait du culot de lui dire ça, parce que si Annie Highlands allait mal, c'était de la faute de son mari, pas de sa fille. Joy voulait juste être une adolescente qu'on console ; elle était trop égoïste pour être gentille avec sa mère.

Sa vison de brouilla, l'empêchant de continuer. Avec une grosse boule dans la gorge, elle enroula la missive et la fixa à la patte du hibou majestueux. S'approchant des carreaux sales, elle ouvrit un battant et, prenant une grande inspiration, elle lâcha le volatile qui s'envola dans les bourrasques de vent. C'est à ce moment là que Joy regretta de ne pas avoir déchiqueté cette lettre et écrit une nouvelle à la place. Une autre où elle aurait parlé des évènements cocasses et inquiétants de Poudlard, de ses inquiétudes de capitaine, de son regret de ne pas les voir pendant les vacances, de ses résultats inespérés, de sa difficulté à se motiver pour travailler et enfin de ses rêves. Découragées, elle dénoua la cravate verte et argent qui lui enserrait le cou, posa son dos contre le mur de la volière - vide bien sûr, personne n'envoyait de lettre à ses parents juste avant de partir en vacances - et se laissa glisser vers le sol comme une loque humaine.

Elle était dans cette posture quand Juliet Wilson entra.
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Juliet soupira et revêtit une veste avant de saisir une enveloppe et de sortir de son dortoir. Elle traversa la salle commune, salua d’un sourire Maeva Hellsoft qui était assise sur le dossier d’un canapé en train de papoter avec son amie, passa le portrait de la Grosse Dame, et se retrouva dans le couloir. Prenant la direction de la volière, elle serra la lettre dans sa main, consciente de prendre la mauvaise décision en acceptant l’invitation qu’on lui avait envoyé quelques jours plus tôt.

En effet, pour la première fois depuis des années, un mariage se préparait dans la famille maternelle de Juliet. Mariage donc très attendue, et qui promettait d’être prestigieux, et coincé au possible. Bref, un mariage de bonne famille dans toute sa splendeur. Et, en s’y attendant quelque peu, Juliet et Leah avait été conviée, ainsi que leurs parents. La jeune femme pouvait presque entendre d’ici les merveilleuses paroles de sa tante, qualifiant le mariage de sa mère avec un Moldu d’une « erreur de parcours », tout en expliquant que l’handicap de Leah relevait assurément de ce mélange de sang. Une femme charmante, sa tante, une femme charmante.

Cette dernière avait également joint à sa lettre la liste des invités qu’elle connaissait. Des enfants et parents de bonne famille, évidemment. La quasi-totalité de ses cousins, et de ses oncles et tante, ainsi que ses cousins au second degré… Bref, une bonne centaine de personnes avec qui elle détestait se trouver. Absolument fantastique. Pourtant, elle avait accepté l’invitation. Merlin, Morgane, combien de temps s’était écoulé depuis la dernière fois qu’elle avait accepté de venir à un évènement mondain de la sorte ? Plusieurs années, sans aucun doute. Elle devait avoir quinze ans, la dernière fois. Elle ne comprenait qu’à peine pourquoi elle acceptait cette invitation. Elle avait toujours pourtant clamé haut et fort qu’elle se fichait de sa famille maternelle. Et c’était vrai. C’était vrai, parce qu’elle avait déjà un avenir tout tracé. Celui de sa sœur, par contre, était bien plus flou. Elle ne savait pas si continuer de fréquenter ces… Gens là, pouvait aider Leah dans son avenir. Peut-être. Probablement pas. Elle n’en savait rien. Et puis, elle avait une autre raison de venir à ce mariage. Raison plus personnelle certes, mais qui comptait quand même.

Ou alors… Ou alors ferait-elle peut-être mieux de ne pas y aller ? De déchirer cette lettre qu’elle avait écrite avec le plus grand soin en faisant attention sur le choix des mots. Cette lettre où elle avait écrit noir sur blanc qu’elle viendrait, accompagnée de sa petite sœur. Elle avait juste à la déchirer, à la mettre à la poubelle.

Continuant cependant d’avancer vers la volière, en proie d’un dilemme cornélien, elle soupira. A chaque fois qu’elle se disait qu’elle acceptait, elle avait envie de refuser, et à chaque fois qu’elle se disait qu’elle refusait, elle se demandait si elle ne devait pas y aller. Bref un dilemme existentiel (oui oui), complètement affligeant.

Montant les quelques marches qui menaient à la volière, la jeune femme esquissa un vague sourire en songeant à l’ironie de la scène. Pourquoi se prenait-elle autant la tête pour savoir si elle devait se rendre à ce stupide mariage, union entre deux personnes qu’elle ne connaissait qu’à peine et qu’elle était certaine de ne pas aimer ?

Arrivant en haut de la tour, la jeune femme regarda autour d’elle et s’apprêta à redescendre – elle allait jeter cette lettre à la poubelle avant de changer d’avis – lorsqu’elle avisa une personne assise à même le sol, le dos appuyé contre le mur de pierre, une cravate verte et argent dénouée. Joy.

Joy. Joy, qui avait une mine tellement défaite, comparée à celle qu’elle abordait d’habitude. Sans l’avoir rencontré beaucoup de fois, la jeune femme aimait bien sa camarade de Serpentard. Elle ne la connaissait pas vraiment, certes. Pourtant, alors qu’elle était là, assise sur le sol, Juliet ne savait pas vraiment comme réagir. Si d’un côté elle avait envie de prendre la jeune fille dans ses bras, elle avait en même temps peur de la réaction qu’elle pourrait avoir.

Cependant, Juliet étant une Gryffondor, Juliet aimant agir impulsivement, elle observa Joy un court instant avant de se laisser glisser à côté d’elle, silencieuse. Fixant un point imaginaire devant elle, elle commença d’une voix douce :

« Qu’est-ce qu’il se passe, Joy ? »

Elle laissa s’écouler quelques secondes avant de reprendre :

« Je sais que tu n’as rien à me dire, pas de compte à me rendre, c’est juste… Si tu veux parler. »

Parler parce qu’étrangement, partager ses peines soulage. Parler pour avoir moins mal, moins peur, moins honte. Parler pour se confier.



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Joy sentit une présence se glisser furtivement à ses côtés. Sans même tourner la tête, elle devina qu'il s'agissait de Juliet Wilson. La Serpentard ne savait pas comment interpréter cette intervention, si elle devait être soulagée, reconnaissante ou non. Elle décida de prendre la vie comme elle venait, et non de réfléchir avant tout chose. Si le destin avait amené Juliet ici, ce n'était certainement pas pour la punir. Si Joy ne la connaissait pas - peu - elle savait néanmoins que la jeune femme était à l'écoute et tolérante. N'avait-elle pas une petite sœur autiste ? N'était-elle pas amie avec Samaël Smith, malgré les rumeurs qui véhiculaient sur lui depuis la soirée mousse ? N'était-ce pas la deuxième fois qu'elle lui demandait ce qui n'allait pas ?

Joy ne se demanda même pas si c'était raisonnable de se confier à une presque-inconnue. Elle avait toujours eu du mal à parler en général ; elle avait l'impression que ce les mots qu'elle pensaient se transformaient quand ils sortaient de sa bouche pour dire tout autre chose que le fond de sa pensée. Elle avait toujours eu du mal à choisir les mots qui correspondaient exactement à ce qu'elle ressentait, les mots qui sonnaient justes. Et elle n'avait pas grand monde à qui les dire, ces mots qui franchissaient difficilement le seuil de sa gorge. En effet, Joy avait peu d'occasions de mener la conversation, et c'était mieux ainsi. Elle s'était toujours dit que moins elle en dirait, mieux elle irait. Mais parfois, parler était utile.

« Je... c'est ma mère. De plus en plus, quand je pense à elle, je vois... une femme qui vit dans la même demeure que moi. Et ça me fait peur. »

D'une voix un peu amère, elle continua :

« Elle n'arrive pas à me parler. Et... moi non plus. »

Des problèmes de communication dans une famille, c'était la cause de toutes les disputes. Sans communication, impossible de se comprendre. Sans compréhension, impossible de vivre ensemble. Que Joy passât les trois quarts de l'année à Poudlard n'arrangeait pas les choses, car si parler à l'écrit était si simple, lire l'était moins. Chaque mot pouvait être compris de travers, et les Highlands étaient très à cheval sur les convenances. Un pas de travers signifiait le déshonneur. Pour Philip Highlands, la discipline signifiait trancher ce qui dépasse. Rien ne comptait plus à ses yeux que la réputation de la maison ; c'est ce qu'il avait toujours montré à sa femme et à sa fille. Pour atteindre ce but, il était près à faire des concessions telles que le bien-être de sa fille... du moins Joy en avait l'impression.

« Et puis il y a mon père aussi. Je crois qu'il a oublié le plaisir de voler... Il préfère s'enfermer dans un bureau et décider pour les autres. »

La joueuse Joy savait qu'il pouvait arriver des choses bien pires dans la vie, des secrets qui étouffent et qui rongent de l'intérieur. Mais s'apitoyer sur son sort était presque devenu un trait de personnalité chez elle.

« En fait je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça. »
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Joy parlait. Surprise, Juliet la laissa faire, étonnée qu’elle se confie. Elle lui avait demandé ce qu’il se passait sans vraiment croire que la jeune fille lui répondrait du premier coup, et avait déjà imaginé quelques tactiques foireuses.

Ecoutant la Serpentard avec attention, la rouge et or lâcha un imperceptible soupir lorsque Joy termina son récit. Problèmes familiaux. Evidemment. Et un problème en entraînant un autre, les problèmes familiaux se fusionnait avec les problèmes sociaux et avec les problèmes… Bref, chaque petit souci prenait des proportions énormes.

Remontant ses genoux contre sa poitrine, et posant son menton dessus, Juliet médita quelques instants à ce que venait de lui confier Joy. Elle ne pouvait prétendre comprendre ce qu’elle ressentait. Pour la simple et bonne raison qu’elle n’avait jamais vécu ce que vivait la jeune fille. Elle avait toujours été entourée d’un père affectueux et d’une mère aimante. Certes, la situation avait changé depuis que sa mère faisait une dépression, et qu’elle se laissait mourir. Son père était devenu angoissé, s’était renfermé sur lui-même. Si bien que la jeune femme était bien heureuse d’avoir la possibilité de rester à Poudlard les week-ends. Elle avait toute fois eu vent que Adriana reprenait peu à peu goût à la vie. Elle attendait de le voir pour le voir… Elle devait en effet rendre visite à sa mère – première visite depuis des mois – avec Leah le vingt-trois décembre… Et elle angoissait. Terriblement, même.

L’angoisse, ça n’avait jamais fait parti de ses plus gros défauts. Avant, Juliet n’était pas stressée pour deux noises. Avant. Comme dit plus haut, des petits problèmes pouvaient prendre des proportions énormes. Sa claustrophobie en était le parfait exemple. Si avant elle supportait – difficilement, mais elle supportait – de rester dans une pièce fermée et sans avoir la possibilité de sortir, à présent, elle se retrouvait dans un état de panique totale, et n’arrivait pas à se calmer seule. Elle en avait fait la douloureuse découverte en Laponie…

Elle tourna la tête pour poser un regard songeur sur Joy et s’apprêtait à prendre la parole, lorsque cette dernière la devança, se demanda à voix haute pourquoi elle lui racontait ça. Haussant les épaules, Juliet étira doucement son dos avant de répondre :

« Parce que garder tout pour soi, ce n’est pas bon ? »

Puis, elle bougea, de telle façon à se retrouver devant Joy, et non plus à côté d’elle.

« Regarde moi, Joy. » lui intima-t-elle en essayant de capter le regard de la jeune fille.

Elle ne savait pas ce qu’elle allait dire, elle ne savait même pas ce qu’elle voulait dire. Agissant donc en bonne Juliet, elle ne prit pas la peine de réfléchir, et commença :

« Ecoute Joy… Tu vois, ça va paraître con ce que je vais te dire, mais ta vie, c’est toi qui va la vivre, et c’est donc toi qui va décider de tes choix. Pas tes parents, aussi autoritaires soient-ils. Alors, ouais, je sais, on ne vient pas du même milieu. Mais crois-moi, je sais quand même ce s’est, d’avoir quelqu’un qui veut décider pour toi. Moi, j’ai mal réagi, mais je suis certaine que tu peux faire comprendre à ton père que tu feras ce que tu veux. Merde Joy, t’es la capitaine de Quidditch des Serpentard ! Et les choix, dans ton équipe, c'est toi qui va les faire. Personne ne les fera à ta place. Et crois-moi, si Adamson pense que tu es capable de diriger une équipe, c'est que tu l'es. Et je le pense aussi. Alors, si tu peux diriger une équipe, pourquoi pas ta vie ? »

Elle laissa passer quelques secondes, avant de reprendre :

« Pour ta mère… On ne peut pas vivre à la place des autres. Je crois que c’est quelque chose que j’ai apprit récemment, et que j’essaie de mettre en pratique. Je t’avoue, c’est pas spécialement facile mais… Vis pour toi, Joy, pas pour les autres. »

Elle scruta le visage de la jeune fille en face d’elle et termina :

« Mais ce n’est pas facile. Du tout, même. » répéta-t-elle en haussant les épaules.



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Joy HighlandsSans emploiavatar
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Joy ne montra rien de son étonnement quand Juliet l'écouta avec attention, le regard pensif. Elle devait avouer qu'elle était soulagée que la jeune femme ne se moque pas de ses sentiments parce que sa mère ne faisait pas assez attention à elle. Plus elle y songeait, plus Joy se persuadait que c'était du n'importe quoi. Elle n'était vraiment qu'une adolescente ingrate en manque d'affection, bien qu'elle ne supporte pas que ses parents prétextent la cause des hormones dès qu'elle élevait un peu la voix. Honteuse, elle fixa ostensiblement les jointures des dalles de pierre, sans parvenir à articuler plus que :

« Peut-être. »

Un des milliards de "peut-être" du cerveau de Joy, réponses à des milliards de questions. D'après Annie Highlands, c'était normal de se se remettre en question à l'adolescence. Sa mère avait cru lui apprendre une des choses de la vie en lui "révélant" ça, un jour où Joy lui avait avoué qu'elle avait de nombreux points d'interrogation devant les yeux. Depuis, ils étaient encore là, toujours aussi nombreux. Peut-être que Juliet contribuerait à en effacer quelques uns. Lorsque cette dernière lui ordonna de la regarder, les yeux marron de Joy se levèrent lentement pour affronter les prunelles grises de la Gryffondor. Curieusement, on n'y lisait aucun défi - plutôt une envie de lui faire comprendre quelque chose. Soutenant son regard, Joy écouta, mais différemment de tous les jours. Il y avait une manière d'écouter en restant assis à part, en silence, en feignant de ne rien entendre ; un moyen méconnu qui pourtant portait ses fruits quand on savait écouter. Et puis il y avait une autre manière, pas celle qui captait des petits bouts de la vie des autres, mais qui l'intéressait vraiment concernant sa vie, à elle.

Les "merde" et autres grossièretés que Joy n'était pas habituée à proférer et à entendre ajoutaient un caractère quelque peu comique à la tirade de Juliet, mais la Serpentard ne songea pas à une seule seconde à rire. Parce que le discours de la jeune femme, bien que crû, était également sincère et franc. Elle ne lui mentait pas pour la rassurer. Elle ne lui disait pas qu'elle était courageuse et qu'elle allait s'en sortir. Car ça, ce n'était pas vrai, et Joy n'avait pas envie de l'entendre. C'est au contraire les mots qu'elle entendait qui lui ouvraient les yeux, comme si elle était malvoyante et que soudain sa vue se serait éclairée. Comme quand Adamson - mentionnée par Juliet dans sa prose - l'avait choisie et qu'elle avait trouvé les mots qui lui avaient redonné confiance en elle. Joy était certaine d'une chose : malgré ce que disait Juliet sur Adamson, ces deux femmes se ressemblaient très fortement sur un point.

Elles savaient trouver les mots justes.

Joy était capitaine de Quidditch. Ce n'était pas rien. Elle allait devoir être digne de la confiance qu'on lui accordait en la choisissant, elle, faisant pourtant son possible pour être invisible. Donc, diriger cette équipe puisqu'elle était censée en être capable ; elle allait essayer de la faire remonter. Non, ça ne pouvait pas en être autrement : elle en était capable et elle allait la faire remonter. C'était une certitude. Il n'était plus question de tenter, mais de faire ; si elle échouait, alors - non, il n'y avait plus de si. C'était trop tard pour regretter de s'être engagée : pour une fois qu'elle faisait des choix, elle devait les assumer et les mener à bien. Il n'y avait plus de place pour le doute.

Elle fut prise d'un élan d'affection pour Juliet qui l'avait enfin sortie de sa léthargie, et lui accorda son plus beau sourire, ce qui était assez rare. D'autant plus que ce n'était pas le sourire hypocrite qu'elle arborait devant Kelly quand celle-ci lui demandait si elle avait mis assez de maquillage, et devant la majorité des personnes qu'elle rencontrait. Cette fois-ci, c'était un sourire avec les yeux. Joy remonta ses genoux contre sa poitrine et les enserra de ses bras.

« Merci, » dit-elle simplement ; sans mentir, pour une fois.

Puis une question lui traversa l'esprit. Se demandant si elle était indiscrète, elle ne résista pas à la curiosité :

« Juliet... Pourquoi c'est quelque chose que tu as appris récemment et que tu essaies de mettre en pratique ? Je veux dire... qu'on ne peut pas vivre à la place des autres ? »

Sans vraiment réaliser ce que les paroles de la Juliet avaient sous-entendu, Joy interrogea :

« Tu as des problèmes familiaux ? »

Tout le monde en avait. Plus ou moins graves, certes, mais ces problèmes étaient la preuve même qu'un groupe de personnes liées entre elles étaient incapables de vivre ensemble en parfaite harmonie, sans... chocs sociaux. Altercations. Parents divorcés. Enfants traumatisés. Parents en difficulté. Enfants mal dans leur peau. Et pourtant, des personnes égoïstes qui, presque toujours, s'aimaient.

La vie était tellement compliquée.
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Le sourire que Joy lui offrit à la fin de sa tirade eu pour effet d’en dessiner un sur les lèvres de la Gryffondor tandis qu’elle reprenait doucement son souffle. C’était un vrai sourire. Pas le genre de sourire qu’on adresse à une personne, celui qui veut dire « Oui, oui, très bien, mais s’il te plait tu pourrais partir ? J’ai autre chose à faire. » Pas non plus celui qui est gêné, timide, mal à l’aise. Non, un vrai, un beau sourire. Un avec les yeux qui se mettaient à briller.

Haussant les épaules tandis que la Serpentard la remerciait, Juliet secoua doucement la tête, soufflant un « Y a pas de quoi. » amusé. Elle observa sa camarade quelques instants avant de détourner le regard pour balayer la pièce du regard. Cependant, reportant son attention sur la verte et argent lorsqu’elle reprit la parole, la jeune femme écouta ce qu’elle lui demandait, légèrement songeuse.

Pourquoi elle avait dit qu’on ne pouvait pas vivre pour les autres ? Si elle avait des problèmes familiaux ? Joy s’aventurait sur un terrain glissant, et, par habitude, la Gryffondor s’apprêtait à esquiver le sujet en détournant la conversation, puis finalement haussa une nouvelle fois les épaules avant d’acquiescer. Evidemment, qu’elle avait des problèmes familiaux. Elle en avait toujours. A chaque fois qu’elle pensait s’en débarrasser définitivement, un nouveau survenait, et ainsi de suite. Une lutte sans fin, un cercle vicieux.

« Oui, j’ai des problèmes familiaux… En réalité, j’en ai toujours eu. Mais tout le monde en a, non ? Je ne pense pas qu’un seul élève dans Poudlard puisse affirmer qu’il n’a jamais eu un problème avec sa famille. Dans tous les cas, je suis loin d’avoir la famille parfaite, crois-moi. Alors oui, j’ai des problèmes familiaux. Et en ce moment peut-être encore plus que les autres jours mais… »

Elle hésita quelques secondes, avant de reprendre :

« Ben tu vois, ça rejoint ce que je t’ai dit. Vivre pour soi, et pas pour les autres, c’est quelque chose que j’ai apprit récemment. Parce que je vis trop pour les autres. Pour ma sœur, surtout. Et je crois que ce n’est pas bon. Pas du tout même. Mais c’est compliqué à expliquer… »

Elle laissa ses paroles en suspens, ne sachant pas vraiment ce qu’elle devait raconter à Joy. Décidant d’être honnête, elle poursuivit :

« Je tiens le rôle de… De mère en quelque sorte pour ma sœur, depuis quelque temps. Et ce n’est pas forcément contre mon gré, mais j’y suis obligée. Je vis pour… Pour ma famille, en soit. Parce qu’ils me considèrent comme forte, ou parce que j’ai l’impression de pouvoir porter plus qu’eux. Mais c’est faux, c’est juste totalement faux. Mais c’est un rôle, que je tiens. »

Elle avait seulement la capacité d’encaisser plus rapidement, de se relever plus vite, pour ensuite tendre la main aux autres et les aider à remonter la pente.

« Et ça ne me dérangeais pas véritablement, d’ailleurs. Mais… Je ne peux pas toujours penser à ce qu’ils veulent, à la façon dont ils me voient. Donc je dois vivre pour moi. »

Elle laissa échapper un bref éclat de rire avant de terminer :

« Enfin, ça, c’est la théorie. Parce que mettre ça en pratique… Je n’y arrive pas vraiment, tu vois. »

Pas du tout, même. Enfin, elle s’en rendait compte au moins. Et ça, c’était tout de même un énorme progrès.



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Joy HighlandsSans emploiavatar
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Joy écouta avec un intérêt redoublé les confessions de Juliet. Au quotidien, elle feignait l'indifférence, mais la vie des autres l'intéressait, même par petits bouts attrapés au coin d'un couloir. Elle n'avait que faire des dernières aventures de Jack et Katty, des dernières farces de Mary Coldwater, des dernières victimes de Rebecca Edelstein : il s'agissaient de potins "ouverts". Non, c'était bien plus instructif, le nez plongé dans un livre de botanique, d'entendre une conversation derrière un rayonnage de la bibliothèque, sur les secrets, les non-dits et la face cachée dans l'ombre de Poudlard. A quels trafics se livrait Edward-John Pilliwickle ? Qu'en était-il de ceux de sa soeur ? Quels informations avait récolté récemment la petite Scavo ? Pourquoi Henry Hallchurch évitait-il les Gryffondor de sixième année ? Henry Butler faisait-il vraiment peur à son jumeau ? Certaines personnes étaient-elle rejetées en raison de leur ascendance ou de leur nature propre ? Quelles étaient les opinions politiques de Dave Marchebank, dit "le Gobelin" ?

C'était rare qu'on apporte à Joy le récit des moments d'une vie sur un plateau. Que Juliet lui parle de ses problèmes - même approximativement - était une nouvelle perspective. Combien Joy pouvait-elle en apprendre malgré elle dans les propos de la Gryffondor ? Parfois, un tressaillement, une hésitation, un sous-entendu ou un simple mot de trop pouvaient trahir. Les gens parlaient. Pour la plupart, trop : parler était une faiblesse. C'était pour cela que Joy avait choisi de se taire, pour ne pas se dévoiler entièrement.

Joy ne put s'empêcher de sourire à l'évocation de la famille parfaite. En l'espace de quelques années, elle avait appris au moins une chose avec certitude : il n'y avait pas de famille parfaite. Un amour idyllique, des enfants sans histoires... ça n'existait pas. Trahisons, tromperies, disputes, déchirements, éloignements... c'était le lot de tous. Joy était certaine ; rares étaient les élèves de Poudlard qui auraient la chance de connaître éternellement un cocon familial parfait. Et elle ne disait pas ça parce que sa famille était loin d'être parfaite. Tout autour d'elle, elle n'entendait parler que de divorces, de conflits filiaux et les désillusions.

« Certes, tu n'arrives pas à vivre pour toi. Je ne peux pas prétendre comprendre combien ce doit être difficile de tenir la place d'une personne forte au sein de ta famille. Mais au moins... »

La poursuiveuse posa son menton sur ses genoux repliés contre elle-même.

« Au moins, tu as de quoi être fière de quelque chose. »

Joy déglutit et reprit :

« Ce n'est pas le cas d'un certain nombre de personnes. »

Pas le sien en tout cas. Elle n'avait jamais protégé personne, jamais aidé personne, jamais défendu personne. Elle s'était toujours préoccupée de son nombril.

« S'occuper de ta famille et surtout de ta soeur comme tu le fais, et subir tout ce que tu penses devoir endurer parce que tu les aimes et malgré les sacrifices que tu dois faire, ça prouve que tu es une battante. Qualité fort louable... »

Joy desserra encore un fois son noeud de cravate et conclut :

« ... d'autant plus qu'elle n'est pas donnée à tout le monde. »
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Devant la détresse apparente de Joy, Juliet se trouvait dépossédée de ses moyens. Elle savait réconforter les autres, elle savait trouver les mots pour adoucir la peine. Et pourtant, alors que des phrases lui venaient en tête pour rassurer la jeune Serpentard, elles restaient bloquées dans sa gorge. En regardant Joy douter, elle avait l’impression de se voir elle-même. Pas les mêmes doutes, mais la même façon de les gérer. Faire comme si, prendre sur soi, et puis, un jour, craquer. Craquer, tomber, et se relever ensuite. Plus fragile, évidemment. Posant ses coudes sur ses genoux, et joignant ses mains pour y déposer son menton, les yeux dans le vague, la jeune femme commença à méditer sur les paroles de la Verte et Argent.

Le plus gros problème de Juliet était son caractère secret. Secret parce qu’elle pensait qu’en ne disant rien elle préservait les autres. Secret parce qu’elle avait bien apprit à faire semblant, à dire qu’elle allait bien, alors qu’elle ne souhaitait que rejoindre son lit pour s’affaler médiocrement dessus. « Oui j’vais très bien, et toi ? » était devenu une phrase automatique, dans sa bouche. Les autres y croyaient plus, elle ne souffrait pas moins. Pourtant, elle ne le faisait aucunement exprès. Il n’y avait pas le désir de souffrir, l’attirance pour la douleur. Il s’agissait réellement là d’un automatisme. Oh, elle commençait à comprendre que cette manie n’était pas bonne. Elle commençait même à l’abandonner, peu à peu.

Reportant son attention sur la capitaine de Quidditch, Juliet secoua doucement la tête, un sourire fatigué aux lèvres.

« Non. » débuta-t-elle en fixant le sol avant de relever les yeux pour les planter dans ceux de Joy.

« Non, » répéta-t-elle, « je ne suis une battante parce que je protège ma sœur, ou parce que j’aide ma famille. Je ne suis pas une battante parce qu’on a l’impression que j’endure tout. La vérité, tu vois, c’est que le seul truc que j’arrive à faire, c’est faire comme si ça ne me touchait pas, alors que ça me tue, à l’intérieur. Ma vie, c’est la seule chose que je maîtrise à peu près. Presque. Et Joy, arrête de penser que tu n’es pas une battante. »

Elle laissa passer quelques secondes avant de poursuivre :

« Tu as reprit l’équipe des Serpentard juste après O’Connor. Tu as pu leur montrer à tous ce que tu étais capable de faire. Leur montrer que malgré tout, tu pouvais redresser l’équipe des verts. Arrête de te dénigrer, Joy, tu as de quoi être fière de toi, aussi. Et même moi je le sais, rien qu’en t’observant. »

Croisant les bras, elle releva la tête, se redressa et, tout en demeurant assise, termina :

« Et puis… On ne nés pas forts, on le devient. » conclut-elle avec sagesse.

Elle devait vraiment arrêter de lire ces magasines de psychologies Moldus à deux noises.



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Joy HighlandsSans emploiavatar
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« Non ? » répéta Joy, pleine de faux espoirs.

Qu'espérait-elle au juste ? Que Juliet se confie à elle ? Cette dernière s'était déjà épanchée sur le sujet, laissant entrevoir ses opinions, mais Joy ne parvenait pas à comprendre pour quelles raisons on aurait bien voulu se confier à elle. Quoi qu'on en dise, elle n'était pas sympathique. Pas méchante non plus, mais ça n'empêchait pas qu'elle ne faisait pas partie de la catégorie des gens à qui l'on vient confier ses problèmes et qui remontent le moral. La Serpentard ne savait pas comment réconforter quelqu'un ; si elle pensait connaître l'étude des caractères, elle était nulle en relations humaines. Elle était incapable de compatir au sort de quelqu'un d'autre qu'elle ; peut-être était-ce de l'égocentrisme ? Refuser d'aider, de se rapprocher et d'aimer les gens faisait-il d'elle une mauvaise personne ? Pouvait-on la blâmer sur ce qu'elle était, et non sur ce qu'elle avait choisi d'être ? Elle n'avait pas décidé d'être gênée en présence des autres, d'avoir du mal à parler naturellement, de ne pas savoir dire exactement ce qu'elle ressentait. Elle n'était pas maîtresse de sa timidité, de sa méfiance instinctive et de son agressivité si on l'approchait de trop près. Elle ne contrôlait rien de tout cela, alors pourquoi essayer de changer ?

Pourtant, Juliet lui parla, et les mots qui sortaient de sa bouche sonnaient tellement plus juste que ceux de Joy. Même quand Juliet était grossière, ses paroles hypnotisaient, telles des douches d'eau franche ou des caresses honnêtes. Ce qu'elle disait, difficile à sortir ou pas, était la vérité, et même quand elle cherchait à la dissimuler, ses phrases envoûtaient l'interlocuteur. Qualité non négligeable, surtout quand on était critiquée - et Juliet l'était. Joy ne pouvait pas définir avec certitude l'état d'esprit de la Gryffondor par rapport à ce qu'on pensait d'elle. Le regard des autres était-il blessant ou simplement en dessous d'elle ? Elle ne semblait pas atteinte par les rumeurs de bas-étages, mais peut-être que ce n'était qu'une façade. Toujours était-il que ce n'était jamais facile d'être la cible des regards, rôle dont Joy se serait exemptée si elle n'était pas capitaine. Maintenant qu'elle l'était, c'était obligé qu'on la critique. L'être humain avait besoin de parler des défauts des autres pour essayer d'oublier les siens, et les personnes dans la lumière étaient les plus facile à attaquer. Joy aurait voulu rester invisible. En acceptant cette place de capitaine, elle avait déchiré le voile d'indifférence qui la protégeait, sortant de son anonymat pour prendre le risque qu'on la regarde.

La Serpentard médita les paroles de sa camarade. Elle n'aurait jamais cru que Juliet Wilson puisse périr à l'intérieur. Oh, elle savait qu'un bon nombre de personnes n'affichait pas son humeur réelle quand ils ne voulaient ni pitié et compassion. Faire croire qu'elle allait bien était un sport que Joy exerçait au quotidien. Rares étaient les personnes pour lesquelles la vie était un long fleuve tranquille, parsemé d'arcs-en-ciel et de petits poneys (sauf Olivia Fowler). Ceux dont l'existence était trop calme rêvaient d'aventures, et ceux dont le quotidien était insoutenable priaient le vent de leur rapporter le bonheur.

« Je ne suis pas d'accord, commenta Joy, se surprenant à remarquer qu'elle contestait la parole de quelqu'un avec plus d'aisance. Faire comme si ça ne te touchait pas n'enlève pas le fait que tu es une battante, plus que tu ne le penses. Ça prouve au contraire que tu es de taille à laisser la vie te torturer de l'intérieur uniquement pour ta famille. Moi, je n'appelle même plus ça du courage. Je pense que c'est de l'amour. »

La Serpentard avait hésité avant d'employer amour, un bien grand mot. Elle le maîtrisait tellement mal. Refoulait-elle ce sentiment ? Éprouvait-elle ne serait-ce que de l'affection pour quelqu'un ? Aimait-elle ses parents ? Sa raison lui hurlait que non, son coeur lui chuchotait que si. Si elle pouvait aimer, elle ne savait pas comment l'exprimer.

Plus elle écoutait la litanie de Juliet, plus la tête de Joy passait en surchauffe. Elle n'aimait pas qu'on lui fasse des compliments. Elle aurait presque préféré que la septième année bis la traite de trouillarde et de lâche, et ainsi, elle aurait répondu en soulignant l'exubérance et la tendance à s'exhiber en public de la Gryffondor, elles se seraient serré la main et seraient parties dans l'intention de ne plus jamais se reparler. Comme la première fois. Mais ça, ce serait si elles étaient deux Joy, et fort heureusement, il n'y en avait qu'une. Mais ça, ce serait compter sans Juliet Wilson, qui semblait bien décidée à lui dérouler tout son étalage de bonté, de compréhension et de sympathie que Joy ne savait pas comment recevoir, ni où ranger.

« N'importe-qui aurait fait la même chose, répondit-elle en grommelant. La moitié des Serpentard rêve de m'assassiner pour prendre ma place, et je sais pertinemment que beaucoup peuvent remonter l'équipe. Et la plupart d'entre eux, rien qu'en m'observant, ne voit ni une ambitieuse ni une battante, mais... »

... mais une pauvre cruche maladroite et mal dans sa peau. La poursuiveuse ne savait toujours pas si elle avait dit oui à sa directrice de maison par ambition ou pas, mais ce simple petit mot lui pesait déjà. Pourquoi regrettait-elle toujours ses décisions ? Pourquoi avait-elle tant de mal à choisir ? Pourquoi n'était-elle pas restée dans son cachot sombre, à élaborer des potions et regarder les passants ? Pourquoi avait-elle choisi de se projeter dans la lumière, de s'exposer comme l'étaient Bennet ou Baker, alors qu'elle avait la possibilité de rester dans l'ombre ? Une réponse traversa son esprit. Et Nora Weaver, n'était-elle pas capitaine elle aussi ? Pourtant, on ne parlait pas beaucoup d'elle, et on la voyait peu ; cependant, elle n'en restait pas moins la capitaine que Joy admirait le plus, cette année-là. Peut-être qu'elle avait dit oui à Margot Adamson pour les même raisons que Weaver avait dit oui à Daisy Mason. Ou pas. Joy ne connaissait pas Nora, mais elle semblait être quelqu'un d'adorable, avec beaucoup d'amis. Il ne serait venu à l'idée de personne de se moquer d'elle. Joy ne faisait pas partie de cette catégorie. Que lui était-il passé par la tête quand elle avait dit oui ?

« Et puis… On ne naît pas fort, on le devient. »

A l'entente de la phrase de Juliet, Joy reconsidéra la question. Si elle prenait l'exemple de Nora Weaver, une fille discrète dont elle n'aurait jamais connu le nom sans son poste et sa grande soeur, cette Poufsouffle n'était certainement pas née pour diriger. Joy ignorait si elle avait eu du mal à se faire respecter, mais toujours était-il qu'elle s'en sortait très bien, vraiment très bien. Son équipe était un adversaire redoutable. Nora Weaver s'était-elle affirmée d'une certaine manière, comme Joy pourrait s'affirmer également à la tête de son équipe ? C'était un argument non négligeable. Même si la Serpentard adhérait à l'idée suggérée dans la phrase de Juliet, elle restait persuadée qu'elle n'était pas valable pour tout le monde. Certaines personnes étaient plus fortes moralement dès le départ, comme d'autres étaient plus vulnérables. Certaines personnes avaient un charisme, une capacité à attirer l'attention, s'imposer, commander et être obéi, comme d'autres paraissaient inintéressantes et n'étaient pas prises au sérieux. Ces deux traits de caractère n'allaient pas forcément ensemble - on pouvait très bien être une grosse brute m'as-tu-vue mais très sensible, tout comme une personne effacée mais avec un moral d'acier, et vice-versa. Mais il était incontestable que les gens comme Baker et Bennet étaient prédisposés à être des leaders.

Alors que Joy, elle, devrait apprendre à le devenir.
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L’amour, ça avait été longtemps pour Juliet une notion qu’elle considérait comme abstraite. L’amour. C’était vague. C’était dépendre d’une personne, et laisser cette dernière dépendre d’elle ? C’était souffrir de son absence ? C’était l’aimer complètement, autant pour ses défauts que pour ses qualités ? C’était probablement un mélange de tout cela. Elle savait, pourtant, lorsqu’elle aimait une personne. Elle le sentait, et arrivait à différencier cette sensation aux autres qu’elle pouvait avoir. Et en soit, elle se fichait de définir ce que signifiait l’amour. A ses yeux, cela resterait une notion floue dont les facteurs qui la déclenchaient étaient différents d’une personne à une autre. Et certes, c’était grâce à cela, comme le soulignait Joy, qu’elle protégeait sa sœur. Sa petite sœur qu’elle avait aimait dès ses premiers jours sur Terre. Ce bébé qui avait toujours été décidemment bien calme, cette enfant qui avait passé des heures, silencieuse, à crayonner sur des feuilles blanches. Cette petite fille, à qui on avait découvert une maladie mentale : l’autisme. Cette fillette qui subissait diverses moqueries, mais qui, de jour en jour, grandissait. Lentement, à son rythme, mais qui grandissait. Alors oui, sa motivation première lorsqu’elle la défendait était l’amour qu’elle lui portait. Joy pouvait appeler dire qu’elle était une battante pour cela, la jeune femme restait persuadée que son courage ne venait pas de sa capacité à aider les autres, mais plutôt de sa capacité à se sortir elle-même des épreuves qu’elle affrontait. Après tout, était-ce réellement courageux de venir en aide à quelqu’un ? De soutenir une personne qui souffre ? Non. Non, parce qu’elle ne subissait pas les blessures de la personne qu’elle aidait, elle se contentait de les alléger.

« On peut appeler ça comme on veut. » conclut-elle simplement, en haussant les épaules, « Je le fais, c’est tout. »

Et, alors qu’elle écoutait Joy grommeler que la moitié des Serpentard rêvaient de l’assassiner pour prendre sa place, ne voyant en elle ni une ambitieuse, ni une battante, un sourire ironique vint se dessiner sur ses lèvres. Joy n’avait-elle donc pas comprit ? Evidemment, qu’ils ne la voyaient que comme une fille frêle, incapable de reprendre en main une équipe, encore plus inapte à la gérer. Forcément, qu’ils rêvaient d’avoir ce post tant convoité de capitaine, et qu’ils étaient persuadés que Joy n’arriverait pas reconstruire l’image de leur maison à travers le Quidditch.

« Evidemment, qu’ils voient ça de toi, Joy. » débuta-t-elle en vrillant ses yeux dans ceux de la jeune fille. « Evidemment, parce que c’est ce qu’ils ont envie de voir. Ce sont ceux qui désiraient avoir le post de capitaine, ou ceux qui pensent que tu ne pourras pas gérer l’équipe. Ce sont les mêmes qui pensent que je suis une fille facile, que Jeremy est un horripilant sportif m’as-tu vu, par exemple. Ce sont ceux qui te veulent du mal, et qui veulent te déstabiliser, ou t’humilier, tu vois le genre ? » demanda la Gryffondor avant de reprendre « ceux qui voient celle que tu es – ou celle que tu n’es pas – ce sont ceux qui n’ont pas besoin de te dénigrer. »

Mais, ça faisait mal, tout de même, elle en était conscience, et parlait en connaissance de cause. Elle savait à quel point les piques et les remarques pouvaient blesser. Et, elle avait beau faire comme si elles ne l’atteignaient pas, parfois, elle ne pouvait s’empêcher de ce sentir humilier par ça. Oh, bien évidemment, la plupart du temps, elle se fichait de ce qu’on pouvait lui dire. Ses amis savaient qui elle était, et cela lui suffisait, généralement. Pas tout le temps. Mais elle ne laisserait jamais le bonheur à ce genre personne de la détruire. Jamais. Question de principe, peut-être. D’honneur, sûrement. Fugacement, elle se remémora sa rencontre avec Cassandre Harper, qui lui avait dit qu’un jour elle s’écroulerait, et que l’école – ces gens là – s’en délecterait. Imperceptiblement, elle secoua la tête. Jamais.

Sortant de ces pensées, elle reporta son attention sur Joy, et la dévisagea longuement, avant de reprendre la parole :

« Après, je ne prétends pas te connaître. Mais je ne te dénigre pas pour autant. Donc j’ai envie de croire que tu vas prendre confiance en toi, que tu vas arrêter de laisser les autres définir qui tu es, et que grâce à ça, tu vas réussir à accomplir à de grandes choses… Comme mener les Serpentard à… » Elle s’apprêtait à dire « la victoire » mais se ravisa, et avec un sourire malicieux, souffla : « La deuxième place… Tu m’excuseras, ma préférence reste pour les Gryffondor, malgré tout ! » termina la jeune femme en riant.

Se reprenant, elle conclut :

« Il ne te suffit plus que de faire ce qu’il faut pour y arriver, après tout. Tu peux décider de ne pas avoir confiance en toi, d'hésiter, de ne rien tenter, d'avoir peur. Ou tu peux vouloir prouver que tu es ambitieuse, débrouillarde, et que tu feras ce que tu pourras pour arriver à tes fins. C'est toi qui voit. » termina la jeune femme d'un ton plus dur.



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Joy écoutait Juliet sans mot dire. Où trouvait-elle tout ça ? Ou plutôt : comment parvenait-elle à l'exprimer à voix haute ? Par quel prodige les bons mots sortaient de ses lèvres si naturellement ? Pour la plupart des gens, parler était simple, mais Joy faisait partie de ces êtres d'exception qui ont des difficultés à expliquer ce qu'ils pensent. Quand elle voulait réconforter quelqu'un, elle ne savait pas quoi lui dire pour qu'il se sente mieux, alors elle avait décidé de s'abstenir d'aider les victime du chagrin. Quand elle voulait faire la conversation, elle sortait des banalités comme les cours ou le temps qu'il fait, alors elle avait décidé d'arrêter de papoter avec les autres. Quand elle voulait s'étendre sur un sujet lui tenant à cœur, elle s'embrouillait et bafouillait des insanités, alors elle avait décidé de garder ses opinions pour elle. Voilà comment, fuyant les difficultés au lieu de les affronter le plus tôt possible, elle s'était murée dans le silence.

La jeune fille se mit à sourire quand Juliet mentionna les ragots qui circulaient sur son compte, ou sur Jeremy Baker. Joy ne put s'empêcher de détailler le visage aux traits fins de Juliet, son regard gris et direct et ses cheveux châtain. Juliet Wilson et les ragots : une longue histoire ! Elle s'en sortait bien, mais Joy était certaine qu'elle n'aimait pas du tout se faire traiter de fille facile. La Serpentard penchait même à penser que peut-être, Juliet était plus blessée par les insinuations qu'on faisait dans son dos que Joy ne pouvait l'être. Car cette dernière avait plus peur du regard des autres vrillé sur elle que du contenu des ragots. Quand on parlait de la nouvelle capitaine, elle prenait un air de dédain à la Roxanne Prewett et continuait de marcher, imperturbable. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher d'ouvrir grand ses oreilles et d'écouter les élucubrations d'Inger Lawson ou de quelconque commère, sans se départir de son air « je vous ignore ». Or Juliet lui expliquait que les colporteurs de rumeurs cherchaient à la déstabiliser.

« Pas forcément, répliqua Joy, certains ne se rendent pas compte du mal qu'ils peuvent faire, par exemple, en chuchotant que tu es une fille facile. Ils ont juste besoin de quelqu'un à critiquer, ou au contraire à soutenir. Quoiqu'il en soit, je sais passer au dessus de ça. »

Même si elle aimait écouter les conversations des autres. Elle entendait les pires stupidités qui soient, mais elle découvrait aussi des théories intéressantes, des secrets inavoués et des informations enrichissantes. Hésitante, elle attendit que Juliet ait fini de parler et reprit :

« Et non, ce que les autres pensent de moi ne définit pas qui je suis. Par exemple, tu penses que je peux amener Serpentard à la deuxième place – je t'excuse ta préférence pour Gryffondor –, mais moi, je pense que Serpentard peut gagner. »

C'était un peu prétentieux, mais la poursuiveuse se convainquit qu'elle devant arrêter de penser à tout ça. Son père lui avait toujours dit qu'elle manquait d'ambition et que, si elle en avait un peu, elle travaillerait plus et laisserait tomber le Quidditch pour se concentrer uniquement sur ses résultats. Lui-même, en sixième année, avait arrêté de pratiquer ce sport sous la pression de son propre père. Philip Highlands avait trimé jusqu'aux ASPICs qu'il avait décrochés avec brio, rattrapant ainsi son échec aux BUSEs. Pas assez cependant pour obtenir un poste haut-placé au Ministère. Il avait dû gravir les échelons un à un, et maintenant il était là, un petit chef dans une petite section, le Comité des Sortilèges Expérimentaux, déçu et aigri. Joy ne voulait pas devenir comme son père. Elle avait refusé d'abandonner le seul plaisir qui la faisait survivre aux côtés de Kelly, et elle avait eu sa première grosse dispute avec Philip, juste après sa cinquième année. Avant, il ne s'agissait que de broutilles, de notes trop moyennes et irrégulières, mais « pour son bien », Philip avait voulu que sa fille réussisse sa vie, quitte à faire des sacrifices. Il lui avait dit que si elle voulait, elle pouvait, et il avait raison ; cependant, elle ne voulait pas.

Joy sourit à Juliet et renchérit :

« Oui, c'est moi qui voit. »

Elle se sentait déjà mieux ; les choses étaient plus claires dans son esprit. Elle se remit debout, resserra son nœud de cravate, lissa sa jupe, rectifia un pli de sa chemise. Elle ne trouva rien de mieux à dire que « Merci » à la Gryffondor, mais venant d'elle, c'était déjà signe de gratitude.

Encore une fois, Juliet avait su trouver les mots justes.
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet esquissa un sourire malicieux à l’entente des paroles de Joy. Serpentard pouvait gagner, oui. Ils avaient certes perdu un match mais rien n’était joué d’avance. Cependant, en tant que membre de l’équipe rouge et or, sa préférence allait forcément à Gryffondor. Et elle savait qu’elle se battrait pour la victoire de son équipe, qu’elle donnerait tout – au moins pour essayer. Pourtant, si c’était la défait qui succédait à cela, elle savait qu’elle allait être rageante. Perdre après avoir tout essayé, tout donner, l’était toujours. Mais était-ce pire qu’une défaite où rien n’aurait été tenté ? Sûrement pas. Aussi, elle se l’était promit, et ce depuis le jour où elle avait intégré l’équipe de sa maison. Toujours essayer, toujours se démener, parce que c’était comme ça qu’on l’avait élevé. Ne pas baisser les bras, jamais.

« Que les meilleurs gagnent. » conclut Juliet avec un clin d’œil, bien consciente que les quatre équipes de Poudlard étaient excellentes.

Elle avait réussi, constata-t-elle avec un sourire en coin, un peu, du moins. Réussi à redonner partiellement confiance en elle à Joy. A vrai dire, Juliet n’avait jamais douté des capacités de la nouvelle capitaine des verts et argents. Que ce soit en tant que Poursuiveuse – mais ce n’était même plus à démontrer – ou en tant que chef d’équipe. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais était persuadée qu’elle y arriverait. Peut-être parce que, contrairement à O’Connor, elle n’avait pas – ou ne montrait pas – cette suffisance et cette arrogance qui caractérisaient l’ancien capitaine. Elle se demandait, parfois, comment les joueurs de l’ancienne équipe arrivaient à le supporter, d’ailleurs. Elle avait du mal à comprendre qu’on puisse cautionner ce genre de comportement. Alors certes, elle n’avait connu que l’équipe de Quidditch des Gryffondor, où la bonne entente régnait entre les joueurs. Mais n’était-ce pas important, justement ?

« Oui, c’est moi qui voit. »

La jeune femme hocha la tête en retournant son sourire à Joy. C’était elle qui voyait, exactement. Et c’était valable tout le temps. Que ce soit maintenant, ou même plus tard. C’était elle qui décidait de comment vivre sa vie, et sûrement pas les autres - ceux qui la définissaient comme incapable de diriger l’équipe des serpents. Puis, même dans d’autres situations, elle restait maîtresse de ses décisions, de ses choix.

« Tu as tout comprit. » déclara-t-elle en s’étirant le dos.

Et elle avait été heureuse d’avoir pu reparler avec Joy, réalisa-t-elle tandis que cette dernière la remerciait. C’était quelqu’un qui, définitivement, méritait qu’on l’apprécie pour ce qu’elle était. Et elle l’appréciait, se rendit-elle compte en souriant à la Serpentard, vraiment.

« De rien. » répondit-elle en haussant les épaules.

Puis, se relevant, elle tendit la main à sa camarade, l’aida à se remettre sur ses pieds et, lui adressa un dernier sourire.

« Ça m’a fait plaisir de parler avec toi, Joy. » débuta-t-elle. « J’ai hâte de voir ce que va donner ta nouvelle équipe… » souffla-t-elle, malicieuse.

Et elle avait entièrement confiance en Joy pour amener les Serpentard à la v… deuxième place. Laissons aux Gryffondor la coupe, cette année !

RP terminé (Sauf si tu veux conclure avec Joy )




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Les mots justes [PV Juliet]

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