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 Bonne année, bonne santé, bons conflits [Warlock&Warlock]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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31 Décembre 2006

Eliott ouvrit un œil, puis deux, avant de se redresser lentement en position assise. Il avait allumé la télé, était tombé sur une émission stupide qui, s'il s'en rappelait bien, ressemblait vaguement à un concours de chant, et il avait fermé les yeux deux minutes...Alors pourquoi faisait-il déjà nuit ? Après un rapide coup d’œil vers le lecteur de dévédés, il réalisa que ses deux minutes avait en réalité durer presque deux heures. *Et merde...* Il avait rendez-vous chez ses parents dans exactement un quart d'heure et n'était ni douché ni habillé, tout allait bien. N'étant pas vraiment de nature à s'affoler, le jeune homme poussa un profond soupir, prit le temps de s'étirer, et traina les pieds jusqu'à sa chambre.

En ouvrant son armoire il se souvint que toutes ses tenues de soirée sorcière étaient au manoir. Or s'il avait l'audace d'arriver en retard sans même être habillé, son père allait le tuer. Dépité, Eliott partit à la recherche de vêtements qui pourraient éventuellement faire l'affaire et, après quelques minutes de fouilles intensives, prit le chemin de la salle de bain avec ses affaires sous le bras. Quelques minutes plus tard il était vêtu d'un jean noir et d'une chemise blanche sur laquelle pendouillait tristement une cravate dénouée. Il se posta face au minuscule miroir de la salle de bain et, avec une expression d'intense concentration sur le visage, entreprit de faire son nœud de cravate. Une fois, deux fois, et encore, et encore, sans succès. Il parvint seulement à manquer de s'étrangler à deux reprises, et se décida à abandonner. On lui avait appris des dizaines de fois pourtant. Petit il s'amusait même à s'entrainer sur les cravates de son père, mais le manque de pratique avait fait qu'il avait complètement oublié cette technique. Il se bricola un nœud qui lui paraissait crédible mais qui ne tromperait personne, et partit à la recherche de sa chaussure gauche -il avait cru apercevoir la droite dans le salon tout à l'heure. Une fois chaussé d'une paire de basket en toile noir, il jeta une cape sur ses épaules et retourna dans le salon où il fut ravi de trouver Dylan.

"Tu saurais pas faire les nœuds de cravate par hasard ?" Lui demanda-t-il tout en attrapant ses clés qui trainaient sur la télé - depuis le temps qu'il les cherchait !

La jeune fille, occupée à pianoter à une vitesse affolante sur un ordinateur portable, ne leva même pas les yeux de son écran : "J'ai une tête à savoir faire un nœud de cravate, sérieux ? Désolée mais va falloir que tu te débrouilles comme un grand garçon. De toute façon ça fait pingouin les cravates et...Bordel tu portes une cape ou je rêve ?" Dylan le fixait désormais avec des yeux ronds par dessus son ordinateur.

Finalement, il préférait encore quand elle gardait les yeux sur son écran. Le jeune homme grimaça et chercha désespérément à justifier sa tenue, certes un peu étrange pour un moldu.

"C'est pour une soirée déguisée !" lança-t-il soudainement, particulièrement fière de sa trouvaille. Il avait remarqué que certains moldus aimaient bien se déguiser pour faire la fête. Dylan avait sorti toute une panoplie de vampire pour Halloween. "Et tu es déguisé en quoi exactement ?" lui demanda-t-elle en arquant un sourcil. Ah, il avait oublié ce détail. Sa fierté retombait bien vite. "Hum...En ce mec là, tu sais, mais si, on l'a vu dans un film l'autre jour, tu te rappelle pas ? C'était l'acteur qui était dans l'autre film là...Bon, je vais être en retard, bonne soirée !"

Dylan avait prévu d'inviter quelques amis à elle pour une petite fête à l'appartement et Eliott aurait de loin préféré resté là plutôt que de passer le réveillon en famille mais sa mère avait insisté et les supplications de sa petite sœur avaient eu raison de lui. Il claqua la porte en de disant qu'il devrait d'ailleurs acheter un bouquet de fleurs à sa mère, on ne pourrait pas lui reprocher d'arriver les mains vides ainsi. D'un autre coté il avait déjà dix minutes de retard et il y avait de bonnes chances pour que tous les fleuristes soient bondés, un soir de réveillon. Tant pis pour les fleurs.

Après avoir vérifié que la cage d'escaliers était vide il ferma les yeux en se concentrant sur sa destination. Il se retrouva un instant plus tard, légèrement chancelant, sur le perron du manoir. Il lissa inutilement le devant de son jean qui n'avait pas croisé un fer à repasser depuis très, très longtemps et frappa trois coups à la porte. Ce fut Paige qui vint lui ouvrit, en compagnie d'un de leurs elfes de maison. Elle était absolument adorable dans la robe Guipure qu'Andrew et Eliott lui avait offert pour noël. D'ailleurs le jeune homme devait toujours de l'argent à son ainé, qui s'était chargé d'acheter le cadeau. Il étreignit sa petite sœur qui l'entraina ensuite dans la salle à manger sans lui liasser le temps d'ôter sa cape.

"On t'attend depuis un quart d'heure, souffla-t-elle. Tu sais que ça va pas plaire à..."

"A papa, je sais, termina-t-il à la place de sa sœur. C'est pas comme si quoi que ce soit de ma part lui avait déjà plu en même temps..."ajouta-t-il en marmonnant.

Paige ne releva pas et ils arrivèrent tous les deux dans la salle à manger où leurs parents et leur frère ainé étaient déjà attablés. Eliott répondit au sourire chaleureux de sa mère et sourit également à Andrew avant d'adresser un signe de tête à son père. Il se demandait ce qui allait tomber en premier, le fait qu'il soit en retard, habillé comme un moldu, que sa cravate soit mal noué ou qu'il soit mal rasé. Oh, il était sur que son père ne laisserait filer aucun de ces détails, la seule surprise serait probablement l'ordre dans lequel il attaquerait. Après avoir confié sa cape à un elfe de maison, il s'assit en face de son frère. Le calvaire pouvait commencé.

"Excusez-moi, j'suis un peu en retard."

Au moins il aurait devancer son père sur ce point là.


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John Warlock, 51 ans.



"Et que l'année à venir soit profitable à notre parti !
Amicalement,
John A.H Warlock,
Président du SPAM (Société de Protection des Acquis Magiques)"

John appliqua le sceau qui trônait sur son bureau et lança un sortilège de duplication, obtenant rapidement une immense pile de lettre sur le sol. Il venait de terminer ses vœux à envoyer à tous les adhérents du parti et qui arriveraient demain matin dans tous les bons foyers sorciers.

- Kelby !

L'elfe de maison se matérialisa dans la pièce et s'inclina si profondément que son nez toucha la moquette.

- Oui, maître ?
- Apporte tout ce courrier à la poste de Pré-au-Lard immédiatement, s'il te plaît. Avant que cela ferme. Tout pourra être livré demain matin, comme cela.
- Avec plaisir, maître.

L'elfe claqua des doigts et disparu dans un craquement en même temps que la pile de parchemins. Au même moment, des coups timides retentirent à la porte. John rangea soigneusement sa plume dans son étui avant de se tourner vers le nouvel arrivant, qui se trouvait être son épouse.

- Nous allons passer à table, annonça Doris d'un voix douce.
- Ton fils est arrivé ?

Ils avaient beau avoir deux fils, Doris n'eut pas besoin de précision pour savoir duquel il parlait. Elle baissa légèrement la tête et souffla d'un petite voix :

- Il sera bientôt là, il a promis.
- Je sais très bien qu'il sera là. La véritable question c'est quand ? Monsieur aime se faire désirer, visiblement.

Doris ne répondit pas et se retira dans le couloir sans un mot. John lui emboita le pas et passa son bras sous celui de son épouse, qui lui sourit timidement.

- Ne sois pas trop dur avec lui ce soir.
- Il n'a qu'à pas me laisser de raisons de l'être.
- John... Fais donc un effort, s'il te plaît.
- Parce qu'il en fait, lui ? répondit-il sèchement en descendant l'escalier.

Doris préféra abandonner la partie. Paige les attendait en bas, ravissante dans sa jolie robe et absolument adorable. Andrew se tenait derrière elle, impeccable comme à son habitude. Satisfait, John leur adressa un sourire et se dirigea vers la salle à manger où la table était mise. Leur deuxième elfe de maison, Kikby, se tenait à coté, une serviette sur le bras. Les Warlock prirent place, le chef de famille en bout de table, son épouse à sa droite, son fils ainé à sa gauche et sa fille à coté. Une place restait vacante, celui de l'éternel retardataire.

- On commence sans Eliott ? interrogea Paige, faussement candide.
- L'invitation stipulait dix-neuf heures trente et il est dix-neuf heures trente, répondit John, intransigeant.
- Il a peut-être été retardé, répliqua sa fille.
- Il a toujours une bonne excuse. Kikby, le premier plat je te prie.

L'elfe de maison claqua des doigts et l'entrée apparut dans les assiettes, y compris dans celle d'Eliott. John saisit sa fourchette et toute sa famille en fit autant. Les premières minutes se passèrent dans le silence avant qu'Andrew ne prenne la parole au sujet de la dernière élocution du Ministre Fiennes. Ce ne fut qu'un quart d'heure après que des coups résonnèrent à la porte. L'elfe de maison se précipita mais Paige fut tout aussi rapide. Elle déposa sa serviette sur la table et s'empressa d'aller vers le couloir. John ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Ce garçon oubliait toute son éducation. Quelle honte. Doris jeta vers lui un regard anxieux auquel il ne répondit pas. Son fils, car c'était bien son fils malheureusement, débarqua dans la salle à manger débraillé comme un moldu, mal coiffé, mal rasé et un air bravache sur le visage. Il laissa planer quelques secondes d'un silence pesant avant de prendre la parole.

- Je n'appelle plus cela du retard, jeune homme, mais de l'irrespect. Kikby, réchauffez donc le plat de Monsieur Eliott.

Doris baissa les yeux vers son assiette, Andrew toussota et Paige but une gorgée d'eau. John plongea son regard dans celui de son fils, glacial.

- Tu aurais pu faire un effort vestimentaire. C'est le réveillon. Connaitrais-tu par le plus grand des hasards l'expression "se mettre sur son trente-et-un ?" Ou les moldus se plaisent à rester négligés en permanence ? Mais tu sembles oublier que tu n'es pas un moldu.

Il détailla longuement le moindre détail de la physionomie de son fils avant d'ajouter d'un ton sec :

- Juste un sorcier sans baguette.


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Comme Eliott s'y était attendu, son père n'accepta pas ses excuses quant à son retard, qu'il prit comme un manque de respect. Le jeune homme ne dit rien et remercia à voix basse Kikby qui venait de réchauffer son entrée d'un claquement de doigts. Il savait qu'il était en tort et préfera donc laisser raison à son père sur ce point. Comme d'habitude, un silence pesant saluait le début du repas, seulement troublé par un toussotement gêné d'Andrew. A vrai dire Eliott comptait sur son ainé pour relancer la discussion. Il trouverait bien quelque chose d'intelligent à dire, il avait toujours été d'une grande éloquence, et puis leur père ne lui ferait pas de reproches à lui, son fils parfait. L'ex-Gryffondor se morigéna intérieurement pour cette pensée. Il n'en voulait pas à son frère de bénéficier de plus d'amour et de reconnaissance que lui, c'était lui qui n'en avait pas voulu et non Andrew qui l'en avait privé, il ne devait pas l'oublier.

Eliott balaya donc la table du regard, à la recherche d'un sauveur qui pourrait briser la glace mais Andrew regardait en direction de leur père, Paige jouait machinalement avec un de ses bracelets et sa mère fixait résolument son assiette. Ce fut finalement John qui prit la parole le premier et Eliott serra les dents, prêt à encaisser. Il avait exactement la même réaction quand il jouait au hockey et qu'il se retouvait devant les cages alors qu'un palet arrivait dangereusement dans sa direction. Il se contenta de hocher la tête quand son père souligna qu'il aurait pu faire un effort vestimentaire.

"Mes robes de soirée sont restée ici," répondit-il sans desserrer les dents, dans une vaine tentative de justification.

Son père ne l'écouta même pas, ou fit tout comme, et poursuivit en lui demandant si les moldus se plaisaient à rester négligés en permanence, avant de lui rappeler qu'il n'était pas un moldu de toute façon.

-Juste un sorcier sans baguette.

Le ton était sec et le regard qui l'accompagnait méprisant. Eliott tressaillit, victime d'une brutale envie de se lever et de quitter les lieux en clamant qu'il était fier des choix qu'il avait fait et qu'il se foutait que ça plaise aux autres. Il se calma en croisant le regard un peu inquiet de Paige. Non, il n'allait pas imposer une nouvelle crise aux autres membres de la famille, même si ce n'était pas l'envie qui manquait. Il savait très bien ce que voulait dire son père. Pour lui un sorcier sans baguette était un sorcier sans honneur, ce n'était rien. Quelqu'un qui méritait à peine d'être traité comme un être humain. Eliott pouvait supporter les réflexions sur son retard ou sur sa tenue peu correcte parce qu'il les savait fondées mais il ne laisserait pas son père le rabaisser comme un moins que rien. Il ne serait peut-être jamais avocat comme son frère, ou médicomage, mais il était quelqu'un.

"Non, les moldus ne sont pas "négligés en permanence", répliqua-t-il sur la défensive. Tu sais, ils sont civilisés. Et puis ils ont leur lot d'austères coincés eux aussi..."

C'était le mot de trop, il le savait, mais son père avait cet effet de le pousser à la faute. Son frère soupira en lui adressant un regard empli de reproches. Forcément, c'était à lui qu'on en voulait, comme si c'était lui qui avait commencé ! Eliott planta rageusement sa fourchette dans son assiette et commença à manger.

"Et oui, je reste un sorcier, même sans baguette, reprit-il après un moment. Et pour ta gouverne ça ne veut pas dire que je ne vaux rien..."ajouta-t-il en marmonnant.

Andrew braqua à nouveau sur lui ses yeux clairs en secouant légèrement la tête de gauche à droite, dépité. Il avait des raisons de l'être, le repas avait commencé depuis cinq minutes et les remarques acides pleuvaient déjà, mais Eliott ne voyait pas en quoi il était plus à blâmer que son père. Il lui adressa néanmoins une vague grimace d'excuses et son ainé sembla enfin enclin à se porter à son secours.

"Vous saviez que Harper avait été sérieusement rétrogradé ? C'est dommage, c'était un bon élément. Une décision de Fiennes sans doute."

Tout en se réjouissant de cette intervention salutaire, Eliott se demanda comme son père allait parvenir à lui reprocher quoi que ce soit dans cette affaire. Non pas qu'il y soit lié de quelques façon que ce soit, mais son père pouvait se montrer imaginatif quand il s'agissait de l'incriminer pour rien. Il trouverait bien un moyen de dire que c'était de la faute de personnes comme lui que d'honnêtes gens perdaient leurs emplois.


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Alors qu'il portait sa fourchette à sa bouche, John s'interrompit dans son geste. Il vrilla ses pupilles dans celles de son fils et demanda d'un ton glacial :

- Je te demande pardon ?

"Austères coincés" ? Eliott était là depuis quelques minutes à peine et il se permettait déjà de les insulter sans la moindre retenue. Ce garçon, il l'avait nourri, aimé, élevé. Et c'est comme ça qu'il qualifiait sa famille, désormais ? Ce qu'il avait d'abord mis sur le compte d'une banale petite révolution adolescente, comme ils en traversaient tous était en réalité le caractère profond de ce garçon charmant que fut son fils un jour. Un homme qui reniait ses gènes et son héritage sans la moindre vergogne, qui tâchait leur nom et allait s'encanailler dans un monde qui n'était pas pour lui. Lui et Doris avaient tout donné à Eliott, sans compter. Il avait reçu la même éducation qu'Andrew et Paige, qui étaient des enfants charmants. Mais lui, alors que tout le prédestinait à réussir, avait mal tourné. Est-ce qu'ils avaient fait des erreurs ? Ou bien est-ce qu'Eliott avait toujours été destiné à devenir ainsi ? Est-ce qu'il faisait ça pour l'unique plaisir de les provoquer, de blesser sa mère ? Ce garçon n'était qu'un petit ingrat. Et son fils, malheureusement.

- Si c'est ainsi que tu qualifies ta famille, Eliott, tu peux t'en aller dès maintenant. Je ne supporterai pas ce genre d'outrecuidances sous mon toit.

Ni ailleurs, d'ailleurs. Etant donné qu'il forçait son fils à se présenter aux cotés de sa famille lors des évènements importants - Eliott ne gâcherait pas l'image qu'on avait d'eux - il tenait à ce qu'il se comporte bien partout. Il n'avait qu'à garder ses mauvaises manières pour les moldus. Dans le monde sorcier, il était le fils d'une grande et respectable famille et il avait intérêt à agir comme tel. Ici, on ne se comportait pas comme un petit sauvageon. Il s'apprêtait à attaquer Eliott, en pure réprimande, sur son travail ou plutôt, sur son absence de travail quand Andrew prit la parole, sûrement désireux de soulager l'atmosphère tendue. S'il n'y avait eut que lui, Eliott n'aurait pas été invité à ce repas familial. Le voir en dehors suffisait déjà largement, il ne voulait pas supporter son insolence un jour de fête.

- Cornélius n'a pas été rétrogradé, il a été mis dehors comme un malpropre. C'était un excellent élément, il a toujours eut l'appui de Kingsley même quand il est entré au SPAM. Mais Fiennes est incapable de respecter cela, visiblement. Il travaille comme cadre commercial chez Nimbus, désormais. Quelle déchéance...

Fiennes avait fait le ménage au Ministère à son arrivée, renvoyant plusieurs bons éléments, notamment des membres importants du SPAM. Weasley avait pu garder son poste, uniquement sauvé par son appartenance au SPAM et sa campagne modéré. Mais son supérieur, Cornélius, avait vite été remplacé par un gentil mouton du MIM. C'était scandaleux. Les gens comme Cornélius avaient montré leur fidélité au Ministère et excellaient dans leur travail, comme l'ancienne Directrice de la Justice Magique, pleine d'expérience et de sagesse, qui avait été remplacée par ce bleu de Richard Dalnox.

- Si j'avais été élu, j'aurai su faire le tri sans renvoyer les meilleurs uniquement parce qu'ils n'étaient pas du SPAM. Ce Fiennes est un corrompu, tout ne marche qu'au piston avec lui. Ce qui compte réellement, c'est le mérite.

C'était l'un de ses thèmes phares de campagne, même si cela avait été assez critiqué par l'opposition. Mais il s'y tenait et avait la ferme intention de rester sur ce principe. Avalant une bouchée du repas, il releva les yeux sur la tenue débraillée de son fils et son manque de tenue et ressentit une vague d’agacement.

- Mais je suppose que cela t'arrange, Eliott ? Que Alan Fiennes soit le nouveau Ministre de la Magie ? Enfin, Ministre de la Magie... Je suppose que le titre qui lui siérait le plus est celui de Destructeur du Monde la Magie. Je te le présenterai un jour, vous pourrez parlez moldus.


Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Alors que son père l'invitait à partir sur le champs s'il continuait à parler ainsi, Eliott se retint de lui rappeler qu'il n'était pas ici par plaisir. Il aurait encore préféré passer le réveillon seul avec une pizza que sous le regard lourd de reproches du chef de famille. Il supportait déjà son père lors des grands évènements publics, même si il l'évitait un maximum, alors il se serait volontiers passé de sa compagnie un soir de fête. Mais sa mère avait insisté, Paige aussi, Andrew s'était chargé de lui rappeler "à quel point ça ferait plaisir à Maman", et il était là. Il n'avait plus qu'à serrer les dents et à attendre que ça se termine. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer.

Il bénit intérieurement Andrew qui eut la bonne idée de lancer son père sur un sujet qui l'énervait presque qu'autant que la déchéance de son fils cadet, à savoir la politique de Fiennes. Cela eu l'effet escompté car son père rectifia aussitôt les dires de son ainé, estimant que Harper n'avait pas été rétrogradé mais "mis dehors comme un malpropre". Eliott trouvait le terme un peu fort, Harper ne s'était pas retrouvé au chômage non plus, mais il se garda bien évidement d'intervenir. Il échangea discrètement un regard amusé avec Paige quand son père commença une nouvelle phrase par l'éternel "si j'avais été élu". Le jeune homme se demandait s'il finirait par changer de refrain où s'il continuerai longtemps à créer un monde parallèle où il aurait obtenu plus de 20% des voix.

Son père revint alors sur l'un des éléments phares de sa campagne, à savoir qu'il fallait accorder plus d'importance au mérite qu'au nom ou à la réputation. C'était une des rares notions du programme du SPAM qu'Eliott approuvait complètement, peut-être même la seule. Et, même si cela lui coutait de le reconnaitre, il était assez fier que son père s'y tienne, malgré les critiques des partis adverses.

Content de la tournure que prenait la conversation -comme quoi parler politique n'était pas si dangereux que ça, tant qu'il ne donnait pas son avis- Eliott se détendit enfin et commença à manger. Mais bien évidement son répit fut de courte durée. A la seconde où il entendit son père prononcer son prénom il sut que cela ne laissait rien présager de bon.

- Mais je suppose que cela t'arrange, Eliott ? Que Alan Fiennes soit le nouveau Ministre de la Magie ? Enfin, Ministre de la Magie... Je suppose que le titre qui lui siérait le plus est celui de Destructeur du Monde la Magie. Je te le présenterai un jour, vous pourrez parlez moldus.

Évidement. Il s'intéressait au monde moldu alors il ne pouvait voter que pour le MIM. Le raccourcis ne l'aurait pas gêné de la part de quelqu'un qui ne le connaissait pas, mais il aurait aimé que son père ne le réduise pas à ça. Mais justement son père ne le connaissait pas. Il connaissait l'enfant, l'adolescent qu'il avait été, mais pas l'homme qu'il était devenu, parce qu'il ne l'intéressait pas. Eliott se demandait à quel moment exactement son père et lui avaient cessé d'essayer de se comprendre. Surement le jour où il avait brisé sa baguette, avant de quitter définitivement la maison. Depuis ce jours ils étaient deux étrangers et on avait du mal à croire qu'ils aient pu être proches un jours.

Pourtant ils l'avaient été. Eliott avait toujours été plus dur que son frère, moins docile et plus turbulent, mais comme tout enfant il avait aimé son père, et l'avait admiré. Il avait trouvé du réconfort dans ses bras, le soir de la Grande Bataille, alors qu'Andrew était resté à Poudlard pour se battre et qu'il était mort de peur. Maintenant il ne trouvait plus en lui qu'un regard glacial qui n'avait d'égal que la froideur du ton avec lequel il s'adressait à lui. Et il savait que c'était lui qui avait choisi tout ça. Il avait fait des choix et il ne devait pas les regretter. Son père aurait du l'accepter tel qu'il était, ce n'était pas à lui de changer. Mais c'était des choix assez difficile à assumer, parfois.

-Je n'ai pas donné ma voix au MIM, répondit-il calmement. Tu le saurais si tu t'intéressais un minimum à moi, ajouta-t-il sans cacher le ton de reproche dans sa voix.

Il était certain que son père connaissait la dernière note de Paige en potions ou le nom du nouveau patron d'Andrew mais qu'il ignorait jusqu'à l'endroit où il habitait. Il ne lui en aurait pas voulu si lui aussi méconnaissait tout ce qui le concernait. Mais ce n'était pas le cas, parce qu’officiellement il était toujours un fils modèle, censé connaitre les dernières actions de son père et pouvoir en parler, alors il se renseignait. Malgré lui, certes, mais il s'intéressait à ce que faisait son père, et l'inverse n'était pas réciproque.

Son voté était allé à Weasley, il était évidement pour qu'il y ait des contacts entre le monde moldu et le monde magique, mais également pour que ces contacts restent limités. Il avait fréquenté une famille sorcière plutôt conservatrice pendant vingt ans avant de s'exiler chez les moldus et s'estimait donc bien placé pour constater une chose évidente : la cohabitation était impossible. Les deux mondes étaient trop différentes. Peut-être qu'au début, pendant quelques années, tout se passerait bien, les rapports entre sorciers et moldus seraient dominés par la curiosité et l'intérêt. Mais cela ne durerait pas, les moldus seraient jaloux, les sorciers tenteraient d'abuser de leurs pouvoirs, ou alors on les traiterait comme des expérience de laboratoires, quoiqu'il en soit cela ne pouvait que mal tourner. Il craignait que Fiennes ne soit submergé par des réformes trop grandes pour lui et qu'il se laisse dépasser par des courants extrémistes qui conduiraient à la révélation du secret magique. Et il ne fallait surtout pas que ça arrive.

-Mais je serai ravi que tu me le présente, reprit-il, ironique. Ça doit être agréable de pouvoir discuter librement avec quelqu'un...

Sa sœur lui envoya un coup de pied qui le fit grimacer mais il l'ignora et riva ses yeux dans ceux de son père.


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Si John fut surpris d'apprendre que son fils n'avait pas donné sa voix au MIM, il n'en montra rien. Il savait très bien qu'il ne mentait pas. En premier lieu parce qu'il avait toujours su voir quand son fils mentait, il avait ce petit tic d'hausser imperceptiblement le sourcil droit depuis qu'il avait quatre ans. Et en deuxième lieu parce que s'il avait vraiment voté pour le MIM, il se serait fait un plaisir de lui annoncer uniquement pour le contrarier encore plus. Il n'avait pas voté SPAM, c'était évident, sa voix avait donc dû aller à l'APPEL. C'était acceptable même si ce n'était pas satisfaisant.

- Normalement, je n'aurai pas eut besoin de douter si tu avais soutenu ta famille, si tu avais soutenu ton père en donnant ta voix au SPAM, déclara-t-il, acide.

Il vit Doris se tendre à coté de lui et entendit le petit soupir d'Andrew. Indifférent aux réactions de sa famille, il fit un signe à leur elfe pour qu'il apporte le plat suivant. Les assiettes disparurent, aussitôt remplacées par du chapon en sauce.

- Bon appétit ! s'exclama Paige, désireuse de changer de sujet.
- Il est très inconvenant de souhaiter "bon appétit", tu devrais le savoir, Paige.

Sa fille s'apprêtait à répondre quand Doris posa une main apaisante sur son avant-bras. Le message était passé, pas plus de conflits ce soir. L'ambiance était déjà assez tendue avec la présence d'Eliott. John releva les yeux vers son fils, sans avoir touché à son plat.

- Et pour ta gouverne, jeune homme, sache que je m'intéresse qu'à toi plus qu'un minimum. C'est toi qui as fait le choix de renier ta famille sans te retourner, ne rejette pas la faute de tes actes sur nous.

Il connaissait parfaitement la vie de son fils, même s'il ne l'avouerait jamais. Il était devenu chauffeur de petits Magicobus moldus et vivait avec une jeune fille moldue plus jeune que lui dans un petit appartement. Il avait utilisé ses liens à la Brigade de Police Magique pour apprendre des choses sur la nouvelle vie d'Eliott. Apparemment, il n'était pas marié à la jeune fille et ne vivaient même pas en couple, même s'ils vivaient dans le même appartement. Il l'avait suivre et apparemment, son fils vivait comme le parfait moldu qu'il n'était pas. Il avait la hantise que cela tombe entre les mains de personnes mal-intentionnées. Il serait ridicule si on apprenait que son propre fils en était rendu à vivre comme ça. Et lui-même ne comprenait pas l’intérêt. Plutôt que de vivre confortablement dans le monde sorcier, avec une gentille fille de bonne famille, un travail tranquille, des enfants qui iront ensuite à Poudlard et qui feraient le bonheur de Doris et de Paige, il se complaisait à vivre dans la misère moldue. Il avait renié sa famille, son éducation, ses valeurs, tout ce que le monde magique avait pu lui donner. Il partait avec d'excellentes bases dans la vie, il aurait pu vivre très heureux et voilà qu'il gâchait tout. Même sans être haut placé au Ministère, avec son tempérament de Gryffondor, il aurait pu devenir Auror ou autre métier un peu dangereux. Mais il avait tout gâché. Ce n'était pas une simple crise d'adolescence, c'était une véritable ingratitude. Et John lui en voulait profondément pour ça. La seule chose qui le réconfortait était de savoir qu'Eliott pourrait toujours tenter de se leurrer, il ne ferait jamais disparaître sa nature magique. Une émotion trop violente et il pourrait toujours faire de la magie incontrôlée. Et puis même s'il épousait une moldue, ses enfants avaient de grandes chances d'être sorciers et d'aller à Poudlard. Et ils lui en voudraient d'avoir caché cette partie de sa vie. Eliott reviendrait dans son vrai monde un jour ou l'autre.

- Comment vas-tu en ce moment mon chéri ? commença Doris d'une voix douce. Tout se passe bien ? Cela faisait longtemps que tu n'étais pas venu nous voir...
- T'as raté de sacrés trucs ! ajouta Paige. Il y a eut un voyage en Laponie en Décembre, avec l'école et...
- Tout cela n'intéresse pas Eliott, coupa John. C'est beaucoup trop sorcier. Nous ne sommes rien face à l'attrait de ce que proposent les moldus, désolé de vous l'apprendre.

Savourant une bouchée de son repas, il planta ses yeux dans ceux de son fils. Il n'y avait rien à faire, chaque moment passé en sa compagnie lui rappelait le moment où il avait brisé sa baguette devant leurs yeux. C'était leur lien familial qu'il avait brisé à ce moment-là. Il avait renié son éducation, leurs valeurs familiales, l'amour qu'ils avaient pu lui porter. Il avait rejeté cela, au profit d'un autre monde. Il avait beau tenter de se rappeler son petit garçon, celui qu'il avait serré dans ses bras si souvent, celui à qui il avait appris à voler, celui à qui il avait offert son premier hibou, celui qu'il avait aidé à travailler, celui qu'il avait accompagné acheter sa baguette magique, fier comme un hippogriffe, il ne voyait que celui qui avait brisé sa baguette magique sans le moindre remords. Celui avait brisé leur famille à tout jamais.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Son père ne parut pas surpris d'apprendre qu'Eliott avait donné sa voix à Weasley et il se contenta de souligner que la question ne se serait pas posée s'il avait soutenu sa famille en votant SPAM. Certes, seulement le jeune homme avait voté pour des gens en qui il croyait, pour des gens qui partageaient un minimum ses convictions, et son père n'en faisait pas partie. Il n'insista pas sur le sujet, préférant laisser le dernier mot au chef de famille, qui ordonna à leur elfe d'apporter le plat suivant. Eliott répondit par un sourire au "bon appétit" de sa sœur cadette mais celle-ci se fit évidement reprendre.

Avant même qu'Eliott ait pu toucher à son plat, son père prétendit s'intéresser à lui plus que le minimum. Première nouvelle. Avant de lui rappeler que c'était lui qui avait "renié sa famille sans se retourner". Ce n'était pas ainsi que l'aurait formulé l'ancien Gryffondor. Il n'avait pas choisi de renier sa famille par caprice, il était parti pour fuir des remarques acerbes, des regards désobligeants, des piques sur le métier qu'il envisageait. A ses yeux c'était comme si on l'avait forcé à choisir, entre sa passion, ses convictions, et sa famille. Et il n'aurait pas du avoir à le faire, ce choix. Sa main se crispa sur sa fourchette mais il croisa le regard implorant de sa mère et décida de ne rien dire.

"Je sais" se contenta-t-il de répondre en reportant son regard sur son assiette.

Non, il ne savait pas, il n'était pas d'accord. Tout ce qu'il savait c'était qu'il aurait du pouvoir garder une place dans cette famille quelque soit ses ambitions. C'était peut-être lui qui était parti mais uniquement parce qu'il ne se sentait plus chez lui parmi les siens. On ne l'avait pas fichu dehors mais son père avait tout fait pour qu'il ne se sente plus le bienvenu dans sa propre maison, c'était tout comme.

Sa mère essaya de réchauffer quelque peu l'ambiance glaciale en lui demandant comment il allait, ajoutant que cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu les voir. Eliott retint difficilement le "Vu comme je suis reçu..." qui lui brûlait la langue. Sa mère n'y était pour rien et elle semblait réellement souffrir des tensions familiales, elle était même celle qui en paraissait le plus affectée. Il aurait voulu qu'elle comprenne que ce n'était pas si grave, qu'elle arrive à surmonter ça. Il se promit de passer plus souvent, de venir quand son père n'était pas là. Il ne pouvait plus rien attendre du coté paternel mais pouvait bien essayer de sauver sa relation avec sa mère.

"Je passerai plus souvent" promit-il avec un sourire sincère.

Il espérait pouvoir voir un peu son frère également. Andrew et lui étaient radicalement différents, le sage et l'impulsif, le sérieux et l'immature, l'ambitieux et le passionné, mais ils s'entendaient bien. Son ainé trouvait toujours un moment pour lui faire la morale mais Eliott ne se privait pas de le rembarrer et cela tournait souvent à la rigolade. Mieux valait en rire qu'en pleurer comme ils disaient. Paige lui manquait aussi, chaque fois qu'il la voyait il la trouvait différente, ce qui voulait dire qu'il ne la voyait pas assez souvent, ou qu'elle grandissait vraiment vite. Peut-être était-ce un peu des deux. Cette dernière s'exclama justement qu'il avait loupé de "sacrés trucs" et évoqua le voyage scolaire en Laponie qu'elle avait mentionné dans une de ses lettres. Eliott attendait plus de détail sur ce fameux périple mais ils ne vinrent jamais car son père interrompit Paige en lui affirmant que tout ça n'intéressait pas Eliott, qu'il préférait l'attrait des moldus.

"Tais toi !"

Il avait parlé sans réfléchir, c'était sorti tout seul. Il n'aurait pas du s'adresser à son père de cette façon, pas du parler aussi fort, et pourtant il ne le regrettait pas.

"Arrête ! Il avait beau essayer de maitriser la colère dans sa voix il ne parvenait pas à se calmer. Le sang battait à ses tempes et il avait les mains moites. Arrête de parler à ma place. Figures-toi que quand quelque chose ne m'intéresse pas je suis capable de le dire tout seul. Et ça m'intéresse. Que tu le veuilles ou non je fais encore partie de cette famille et leurs vies m'intéressent, il désigna les trois autres occupants de la table d'un geste du bras, excluant volontairement son père. Oui, je suis parti, j'ai quitté le monde magique, mais ce n'est pas moi qui me suis exclu de cette famille, c'est toi qui ne m'a pas accepté !"

Le souffle court, il garda le regard plongé dans les yeux de l'homme qui lui faisait face. C'était sorti. Cela faisait des mois, des années qu'il le pensait, qu'il ruminait tout ça, qu'il en voulait à son père, maintenant c'était dit. Fini de faire semblant, l'illusion était brisée, ils pouvaient joué à être une famille tant qu'ils le voudraient, mais ils n'en seraient plus jamais une, pas tous les deux. Le silence pesant qui suivit ses dernières paroles fut alors troublé par une sonnerie aussi stridente qu'insupportable. Son téléphone. Il avouait enfin à son père ce qu'il avait sur le cœur, après des années de rancœur et d'échanges acides, et c'était ce moment que choisissait son téléphone pour sonner. Il avait du être odieux avec Merlin en personne dans une autre vie.

Eliott hésita un moment entre éclater d'un rire jaune et balancer l'appareil pour un mur mais plongea finalement la main dans la poche de sa veste pour mettre fin à la sonnerie. Une fois le silence revenu, c'est avec nettement moins d'aplomb que le jeune homme chercha à nouveau à croiser le regard de son père.

"Désolé" lâcha-t-il seulement.


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John reposa la bouchée qu'il venait de prélever dans son assiette. Il avait l'impression de s'être reçu une douche glacée sur tout le corps. Tout le monde s'était tu, y compris l'Elfe de Maison qui n'osait même plus respirer. Lentement, le cœur battant et la respiration accélérée, il releva la tête vers son fils, les lèvres pincées pour ne pas hurler, pour ne pas déverser à la table familiales toutes les phrases, toutes les injures qu'il mourrait d'envie de lui lancer à la figure. Mais il ravala sa rancœur, appuya ses mains sur la table pour cesser leur tremblement de colère et s’efforça de garder une voix calme et posée.

- Je te demande pardon ?

Mais la colère qui bouillonnait en lui devenait plus forte à chaque mot de son fils. Il ne supportait pas son ton, ses affirmations, l'insolence avec laquelle il s'adressait à lui, les accusations qu'il proférait. John avait toujours été quelqu'un de plutôt calme, qui ne cédait que rarement à l'emportement, préférant la colère froide. Mais là, il avait l'impression qu'il allait exploser d'une minute à l'autre, qu'un rien romprait les barrages et qu'il déverserait ici toute la colère qu'il dissimulait depuis des années déjà. Inspirant un grand coup, il s’efforça de se calmer. Il ne pouvait pas s'emporter, pas devant Paige, Andrew et Doris, il ne devait pas montrer que tout cela l'atteignait avec une force qu'il n'aurait jamais soupçonné. Il n'avait pas perdu son calme face à Fiennes et Weasley, son fils ne pouvait pas le faire sortir de ses gonds. Il ne pouvait pas lui cracher à la figure tout ce qu'il ressentait, tout ce qu'il mourrait d'envie de lui dire depuis ce fameux jour où il avait brisé sa baguette. Quoi qu'il advienne, malgré toute la fureur qu'il ressentait à son égard, Eliott était son fils. C'était le bébé, posé dans son couffin sur le tapis du salon, qui poussait des cris de joie chaque fois que John sortait la tête de son journal pour lui faire des grimaces. C'était le bambin qui avait un jour volé sa baguette magique et s'était baladé dans la maison avec, en couche et en faisant des étincelles. C'était le petit garçon qui pensait trop aux dragons, qui sautait sur le lit de son frère, qui regardait avec émerveillement son doigt serré dans le petit poing de sa sœur. C'était le gamin qui avait poussé des cris de joie en voyant sa lettre de Poudlard, qui sortait sa baguette tous les jours de l'été pour la regarder, celui qui leur faisait des signes à travers la fenêtre du Poudlard Express, excité comme un Lutin de Cornouailles. C'était le garçon qu'il avait retrouvé tous les étés, chaque fois un peu plus grand, celui qu'il avait étreint avec soulagement lors de la Bataille de Poudlard, celui qu'il avait félicité pour ses BUSES, puis pour ses ASPICS. Il devait se focaliser sur ça, pas sur tout ce qui c'était passé après. Il devait se rappeler du bébé dans son couffin, à qu'il faisait des grimaces et des bruits aigus, avant de le nier fermement quand Doris s'était gentiment moqué de lui. Il devait se rappeler son bébé, son fils. Pas l'étranger haineux qui lui faisait face. Alors lentement, il soupira, ferma les yeux instant. Son bébé, le bébé dans le couffin, son petit garçon.

- Je vais oublier ces paroles, Eliott. Reprends tes esprits, nous sommes à table.

Il sentit la main de Doris qui se posait sur la sienne, sûrement soulagée qu'il ait eu la sagesse de ne pas répondre. Oui, il devait garder ses esprits, ne pas céder à la colère qui mugissait pourtant en lui. Il devait agir de manière raisonnable et garder son sang-froid. Il... Une sonnerie stridente coupa soudainement ses pensées. Instinctivement, il dégaina sa baguette magique, qu'il gardait dans sa poche. Mais son regard se posa sur le petit appareil que tenait Eliott dans sa main. Un objet moldu. Dans sa maison, sous son toit, à sa table, dans les mains de son fils. Suffoqué de rage et de colère, il pointa un doigt accusateur sur Eliott.

- Tu oses...

Les mots se bousculaient dans sa bouche et il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était levé. Les doigts toujours crispés sur sa baguette, toutes ses bonnes résolutions volaient en éclat, tout ce qu'il avait tenté de réprimer si longtemps ressurgissait brusquement et l'envahissait d'une rage folle. Il pointa sa baguette magique sur son fils, le cœur battant et les pensées confuses.

- John !

La voix paniquée de Doris retentit à ses cotés, mais il n'y prêta pas la moindre intention. Toute cette colère, toute cette rancune, tout ce qu'il avait jamais pu ressentir à l'égard d'Eliott le submergeait désormais, sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. La main tremblante, il vrilla ses yeux dans celui qui fut son fils, dans celui qui fut ce bébé dans ce couffin un jour. Mais tout était brisé désormais, cela n'existait plus, cela ne valait plus rien. Tout était fini, saccagé, piétiné. Tout était perdu, sans espoir de retour. Toute l'affection, tout l'amour, toute la confiance qui avait envahi John quand il avait tenu pour la première fois son bébé dans ses bras, ce petit corps chaud et fragile, les grands yeux qui le dévisageait et sa petite main qui serrait son col avec toute la force possible, comme si le bébé voulait rester là toujours. Tout cela n'était plus qu'un lointain souvenir, si cela avait un jour existé. Sa colère avait tout emporté, il ne restait plus rien. Le bébé n'était plus, le jeune père n'était plus, leur relation n'était plus. C'est fini, disparu, exterminé.

- Tu n'es plus mon fils.

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Eliott s’était levé en voyant son père sortir sa baguette et il fit un pas en arrière en le voyant la pointer sur lui. Il le dévisagea,
horrifié. Jamais il n’aurait pensé qu’ils en arriveraient là. Depuis plusieurs années leur relation se dégradait mais ils avaient toujours respecté certaines limites. Aujourd’hui plus aucune limite ne tenait. Son propre père le menaçait de sa baguette magique, alors qu’il savait très bien qu’il était lui-même désarmé.

Le jeune homme soutint le regard de son père, écartant même légèrement les bras. Qu’il le fasse, qu’il l’attaque, qu’il détruise le peu de leur relation qui restait. Il en avait marre d’essayer, marre de mentir et de supporter ses remarques désobligeantes. Il
ne voyait plus pourquoi continuer, ils se faisaient plus de mal que de bien. Eliott ne savait pas exactement depuis quand ils étaient incapables de se regarder sans éprouver autre chose que du dégoût l'un pour l'autre. Leur relation avait radicalement changé le jour où le jeune homme avait brisé sa baguette, mais il avait toujours considéré que, malgré leurs opinions divergentes et leurs échanges tendus, il aimait encore son père, quelque part. On ne pouvait pas ne pas aimer son père, c'était l'homme qui l'avait élevé, celui qui l'avait vu grandir.

- Tu n'es plus mon fils.

Cela n'aurait pas dû le blesser. Il n'aurait rien dû ressentir suite à cette déclaration. Il détestait son père, il lui en voulait, il ne devait pas être touché par ça. Pourtant c'était le cas. Parce qu'au fond, derrière la rancœur, la colère, et l'aversion, avait toujours subsisté le lien familial. Ils étaient tous les deux un peu trop protecteurs envers Paige, tous les deux fiers d'Andrew et de son nouveau poste au ministère, ils partageaient une famille. Maintenant il n'y avait plus rien de tout ça, il était démunis, seul. Rejetté par son propre père.

"Papa..."

Il n'avait pas appelé son père ainsi depuis des années, mais c'était sortit tout seul. Depuis bien longtemps déjà il se contentait d'un père, plus que d'un papa. Il n'avait plus droit à l'affection dont bénéficiaient Paige et Andrew, mais il restait un membre de la famille, et ça lui allait bien. Maintenant il n'avait plus rien, et ça faisait bien plus mal que ce qu'il aurait imaginé. Il se pensait déjà sans famille, depuis qu'il avait quitté la maison, mais aujourd'hui il réalisait ce que ça impliquait vraiment. Il aurait plus se mettre à pleurer comme un gamin. Mais il ne donnerait pas cette satisfaction à son père, il était hors de question qu'il lui laisse croire que ses mots l'avait blessé d'une quelconque façon.

Il n'avait pas besoin de lui. Il n'avait plus besoin d'un père. Le temps où il lui demandait de l'aide pour ses devoirs et où il écoutait plus ou moins sagement ses conseils était terminé. D'ailleurs il les avait suivi, ces conseils, et c'était eux qui l'avaient amené ici. Son père pouvait penser ce qu'il voulait mais c'était en partie grâce à lui qu'il en était là.

"Comme tu veux....commença-t-il en essayant de rester calme, de ne pas se mettre à hurler et à taper dans les murs. Mais c'est toi qui a changé, qui n'est plus mon père. Tu disais qu'on devait se battre pour ce en quoi on croyait. Tu disais que ce n'était pas grave si les autres ne pensaient pas comme nous, que l'important c'était d'avoir des convictions et de s'y tenir. Il avait haussé le ton sans même s'en rendre compte et se retrouvait presque à crier. J'ai suivi tes conseils et appliqué tes principes, alors qu'est-ce qu'il y a ? Tu as changé d'avis ? Ou ces beaux-discours ne valaient que pour ceux qui partageait ton opinion ?"

Il n'aurait pas dû s'énerver, pas dû élever la voix. Dans quelques heures il trouverait probablement la réplique parfaite, celle qu'il aurait pu laisser tomber avec ce calme froid que son père maitrisait si bien, celle qui aurait montré que cela ne le touchait pas. Mais il était incapable de se contenir, il avait toujours été impulsif toujours du genre à partir au quart de tour et à perdre tout self-control. Il n'était plus qu'une boule de nerf, de colère et de tristesse qui ne demandait qu'à exploser. Il rabattit violemment sa chaise sous la table, faisant sursauter Andrew assis à coté de lui.

"Mais c'est mieux comme ça, reprit-il plus calmement. J'en avais marre de mentir, de me cacher, et je ne mens pas pour les étrangers, cracha-t-il. Parce que c'était ce qu'ils étaient désormais. Je me demande comment les autres membres du parti vont réagir..."

C'était vil, c'était bas, à peine digne d'un Serpentard. Mais ça lui faisait du bien de savoir que son père souffrirait autant que lui. De sentir que lui aussi, il pouvait lui arracher ce qu'il avait, et le laisser aussi démunis qu'il l'était.


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Le cœur de John se brisa.

Il avait cru que c'était fini, ce genre de choses. Qu'il était trop vieux désormais, trop âgé, qu'il avait déjà subi beaucoup de choses. Il était endurci, maintenant. Mais non. Non, non, non. Il s'était trompé et le mot d'Eliott, ce papa, lui brisa le cœur. Parce que c'était un mot qui renvoyait à beaucoup trop de choses, des choses qu'il voulait occulter, qu'il voulait oublier. La tête lui tournait et posa ses mains sur la table pour garantir un équilibre. Il ne voulait pas de ce papa, il n'en voulait pas. Il voulait rester ferme, ne pas céder. Et ce papa, ce papa serait sa perte. Il mourrait d'envie de serrer son fils dans ses bras, de tout oublier, de faire comme si cela n'avait jamais existé, de dire que tout était fini, qu'il l'aimait, qu'il aimait vraiment. Il voulait oublier tous ces foutus mots qui avaient été prononcés, toutes ces paroles. Il voulait oublier toute cette colère qui résonnait en lui, à peine apaisée par le papa, qui tournait encore dans ses oreilles. Papa, papa, papa. Parce que John aurait beau tout dire, tout prétendre, il restait un papa. Il ferma les yeux. Non, non, non. Il ne pouvait pas être faible, il ne pouvait pas céder, il ne pouvait pas se laisser amadouer. Non. Non, il ne pouvait pas être faible, il ne pouvait pas avoir envie de pleurer alors que cela ne lui était pas arrivé depuis des années et des années. Il ne pouvait pas céder. Alors il ravala son envie de prendre son fils dans ses bras, occulta la voix qui lui hurlait de céder, d'oublier et de faire que tout redevienne comme avant et ouvrit les yeux quand la voix d'Eliott retentit de nouveau.

- Je l'ai dis, oui.

C'était une réponse pitoyable mais John était trop bouleversé pour faire mieux. Le "papa" d'Eliott lui tournait en tête, il vit les larmes dans les yeux de Paige, la respiration haletante de Doris mais essaya d'occulter tous ces éléments. Son fils finirait par revenir à la raison, il reviendrait de lui-même à la maison, en s'excusant. C'était pour son bien qu'il devait faire cela, pour lui faire comprendre que tout était allé trop loin désormais, que sa passion pour les moldus était néfaste. C'était radical, mais cela le pousserait à réfléchir. Et il comprendrait. Et lui pardonnerait. Oui, son fils reviendrait, il en était sûr. Et tout serait comme avant. Il était jeune, emporté mais il mûrirait. Et à ce moment-là, John lui pardonnerait tout. C'était pour son bien, il fallait le faire. Il fallait sauver ce qui restait avant que cela ne prenne l'eau définitivement, il fallait être ferme pour tenter de conserver les derniers liens qui pourraient les réunir un jour. C'était pour leur bien à tous, c'était pour le bien de la famille, il devait le faire. Seul lui en avait la force. C'était son devoir. Mais il avait foi en son fils. Un jour, il comprendrait. Et un jour, il reviendrait.

- Ne fais pas comme si tu t'intéressais à ce que vont dire les gens.

Il devait le faire. Il devait avoir la force. Son cœur battait à toute allure dans sa poitrine. Ils allaient lui en vouloir. Paige, Doris, Andrew. Il le détesterait. Mais John savait ce qu'il devait faire. Eliott devrait comprendre par lui-même que sa passion avait détruit sa famille. Et une fois qu'il l'aurait compris, il serait le bienvenue. Tout sera oublié et pardonné. Cela prendrait peut-être du temps. Mais cela arriverait un jour. Il était un père. Et un père devait guider ses enfants. Alors il allait guider Eliott. Indirectement. Brusquement. Mais tout ce qu'il avait fait, tout ce qu'il allait faire, il le faisait par amour. Il le faisait pour son fils. Et il le comprendrait un jour. Il comprendrait qu'il avait fait cela par amour, que tout cela, c'était uniquement pour les protéger. Eliott le saurait un jour. Et tout sera alors fini.

- Si nous sommes des étrangers, alors sache que je n'accepte pas dans ma maison des personnes que je connais pas.

Le gémissement de Doris ne lui fit pas détourner le regard. Il faisait cela pour le plus grand bien. Pour celui de sa famille, pour celui d'Eliott. Il comprendrait un jour, il reviendrait un jour. Il connaissait son fils. Il était prompt à s'emporter, il le détesterait. Mais il comprendrait. John se raccrochait à cette idée. Il comprendrait. C'était la seule solution, la seule. Il ne pouvait pas y renoncer. C'était pour le bien d'Eliott. Il se devait de le faire. Que ferait-il, sinon ? Ils allaient continuer à se détester, à se haïr ? Jusqu'à ce que un jour, l'un ne se contrôle pas et qu'un drame éclate ? Non, il fallait y mettre fin avant que tout explose. Avant que tout soit rompu à jamais. Il fallait préserver les derniers débris de ce qui les unissait en empêchant qui que ce soit d'y toucher. Et un jour, quand tout irait mieux, quand leurs cœurs seront apaisés, ils y reviendraient. Tous les deux. Ensemble. Prêts à reconstruire quelque chose de solide.

- Vas-t-en, Eliott. Sors de cette maison.

Un jour, il comprendrait. Un jour, il pardonnerait. Un jour, ils s'aimeraient.
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Ses remarques semblaient glisser sur son père comme de l'eau comme un rocher. Ça ne l’atteignait pas. Et ce calme, ce calme froid, était pire que la plus venimeuse des colères. Lui se sentait sur le point de se mettre à pleurer, il avait envie de hurler, de renverser la table à coups de pieds, de frapper dans les murs, et son père restait calme. C'était quelque chose qu'il n'arrivait pas à comprendre. Il était tellement emporté, impulsif, entier, du genre à foncer dans les murs têtes baissée. Face à son père il ne faisait que se heurter à une muraille de glace. Il semblait inattaquable, sans la moindre faille. Il aurait voulu lire la colère, la tristesse, la souffrance sur son visage, mais n’y voyait rien. Son père ne ressentait-il rien alors que lui-même avait l’impression que son monde était en train de s’écrouler ? Il aurait voulu avoir une prise, un angle d’attaque, un point sensible pour que son père comprenne à quel point il souffrait, pour qu’il ait mal autant que lui, mais il n’avait rien. Il pouvait même menacer son statut au ministère, rien n’y faisait. Son père était plus fort que lui, et depuis toujours. Et il ne voulait pas savoir d’où il tirait cette force. Etait-il vraiment doué pour se maitriser ou cette dispute n’avait-elle finalement que peu d’importance pour lui ? S’il restait si calme était-ce parce que ça ne l’atteignait pas, parce qu’il s’en fichait ? Eliott aurait aimé pouvoir prendre cette distance, pourvoir relativiser, mais c’était plus fort que lui. Ça le retournait complètement.

Les mots de son père mirent un certain temps à prendre un sens dans son esprit embrouillé par la colère. Il ne voulait pas d’étrangers dans sa maison. Il ne voulait pas de lui dans sa maison. Le cœur d’Eliott se serra. Malgré les disputes, malgré les années, malgré l’éloignement, c’était encore un peu chez lui ici. Quand il en parlait avec Paige et Andrew ils évoquaient « la maison », comme leur foyer à tous les trois. Sa chambre était encore à l’étage, à très exactement onze pas de celle de son frère, certains de ses dessins devaient encore être accrochés dans le bureau de son père, son ancien balais trainait dans une armoire à l’étage, chaque pièce était remplie de souvenirs de son enfance.

- Va-t’en, Eliott. Sors de cette maison.

L’ordre, on ne peut plus clair cette fois-ci, lui fit l’effet d’une gifle. Ses mains se mirent à trembler alors qu’il sentait sa respiration s’accélérer. Il planta ses yeux dans ceux de son père, à la recherche de la moindre trace de regrets, en vain. Son père voulait qu’il parte. Alors il partirait. Après-tout combien de fois déjà avait-il quitté cette pièce en claquant la porte ? Des dizaines, peut-être même plus que ça. Sauf qu’à l’époque c’était pour rejoindre sa chambre, où il se retrouvait consigné pour toute la soirée en général. Cette fois-ci il partait pour de bon, et jamais il n’avait tant eu envie de rester. Il avait besoin de rester, même si c’était pour se disputer avec son père pendant tout le repas. Parce que même si elle était loin d’être parfaite, il avait toujours une famille. Quand il quitterait cette pièce ce serait fini. Pour de bon cette fois, plus de père, plus de maison. Incapable de soutenir le regard de son père plus longtemps, il baissa les yeux. Il avait perdu, encore. Il inspira profondément, et se tourna vers la porte avec le sentiment que ses jambes allaient le lâcher avant qu’il ne l’atteigne.

Eliott entendit sans la voir sa mère fondre en larme. Il eut le sentiment de se déchirer un deux. Soudainement pris par l’envie de faire demi-tour pour aller serrer sa mère dans ses bras, il n’en fit pourtant rien. Il devait partir. Avant qu’ils ne se blessent d’avantage, avant que son père ne lui assène de nouveaux coups tous plus douloureux les uns que les autres. Ils n’avaient plus aucune raison de se battre, inutile de crier dans le vent, de se faire mal pour rien. Ils n’avaient plus rien à sauver, plus de relations à préserver. Il fallait rendre les armes maintenant. Sans se retourner, il traversa la salle à manger, sentant le regard de Paige dans son dos.

-Je te raccompagne.

Il entendit le raclement d’une chaise sur le sol et quelques instants plus tard, alors qu’il arrivait dans le hall, Andrew fut à ses côtés. Même son ainé, d’ordinaire si serein, paraissait troublé, dépassé par les évènements.

-Je sais où est la sortie, cingla Eliott. Il regretta ses mots et son ton cassant à la seconde où ils sortirent de sa bouche. Il n’avait aucune raison d’en vouloir à Andrew. Son ainé méritait son statut de fils prodige, de grand-frère modèle, il n’avait rien volé à personne. Désolé.

Eliott était tellement en colère, étouffé par la rage et la rancune, qu’il en voulait à la terre entière. Mais il ne pouvait pas se venger sur Andrew, il ne pouvait pas le perdre lui aussi. Son frère ne lui tint pas rigueur de sa mauvaise humeur et posa une main apaisante sur son bras.

-Il ne le pensait pas…tenta-t-il pour rassurer son cadet

-Tu sais bien que si.

Andrew ne répondit rien, preuve qu’il savait qu’Eliott avait raison. Arrivés devant la porte d’entrée, les deux frères s’observèrent un instant sans rien dire. Que dire de toute façon ? Leur famille se déchirait, et il n’y avait rien à y faire. Ni Eliott ni son père ne reviendraient sur leurs positions et Andrew le savait bien. Ils furent interrompus par l’elfe de maison qui apportait sa cape à Eliott. Ce dernier l’attrapa et la tendit en direction de son frère qui haussa les sourcils, surpris.

- Garde là, je n’en ai plus besoin, affirma-t-il, résolu. Il n’avait conservé des liens avec le monde magique que pour sa famille. Il n’avait plus aucune raison de le faire maintenant. Et puis, elle t’ira mieux qu’à moi, elle était un peu courte.

Surpris lui-même par sa capacité à plaisanter dans une telle situation, Eliott répondit par un maigre sourire au coup de poing que son frère lui envoya dans le bras. Andrew avait longtemps été beaucoup plus grand que lui, mais il le dépassait maintenant d’au moins cinq bons centimètres, ce qui n’avait jamais plu à son ainé.

-Prend soin de toi, et passe me voir dans la semaine.

Comprenant que son devoir de fils parfait rappelait Andrew à table, Eliott hocha la tête. Il aurait bien aimé parler un peu plus longtemps avec son frère. Ils auraient fait comme si rien de tout ça n’existait, ils auraient discuté de tout et de rien, comme quand ils étaient plus jeunes, se seraient enfermer dans la chambre d’Andrew et n’en seraient sorti que plusieurs heures plus tard. L’ainé se serait affalé sur la chaise de son bureau, Eliott se serait étendu sur son lit, ils auraient trouvé quelque chose pour leur servir de balle et auraient essayé de battre leur records de passes, comme toujours. Mais c’était fini tout ça.

Andrew l’étreignit brièvement et reprit le chemin de la salle à manger. Il allait en passer la porte quand leur sœur arriva en sens inverse.

-Paige, retourne à table, lui intima son ainé.

La benjamine, d’ordinaire disciplinée, n’en fit rien et s’approcha d’Eliott. Paige aimait se donner des airs de femme. On lui disait souvent qu’elle faisait plus que son âge et elle en était très fière. Pourtant en cet instant elle avait l’air toute petite avec son regard fuyant et ses grands yeux pleins de larmes. Elle ressemblait plus que jamais à la petite fille qu’elle avait été, des années plus tôt.

-Tu ne reviendras plus, commença-t-elle. Sentant que la phrase de sa sœur était plus une affirmation qu’autre chose, Eliott ne répondit rien. Il savait tout ça, mais c’était terrible de l’entendre dire de la voix tremblotante de Paige. On se verra quand même ?

Eliott, surpris par cette question, s’apprêtait à répondre que oui, bien sûr, ils se verraient, et qu’elle avait de drôle d’idées. Sauf que la question n’était pas si incongrue que ça. Paige vivait ici, et était à Poudlard le reste du temps. Deux lieux qui lui étaient interdits d’accès désormais. Jamais il n’en avait autant voulu à son père qu’en cet instant précis. Qu’il le prive de père, de maison, de tout ce qu’il voulait mais comment pouvait-il presque l’empêcher de voir sa sœur ? Il s’en fichait, ils trouveraient un moyen. Ils se réuniraient chez Andrew, passeraient du temps tous les trois, il irait la voir quand elle serait en sortie à Pré-au-lard. Il ne laisserait pas son père détruire sa relation avec Paige et Andrew. Ils avaient toujours été proches tous les trois et rien ne changerait ça.

-Mais oui, on se verra quand même, la rassura-t-il.

La petite dernière ne parut pas convaincue et fronça les sourcils. Elle sembla hésiter un instant avant de serrer le poing et de tendre le petit doigt en direction de son frère. « Promis ? ». Eliott ne put s’empêcher de sourire face à ce geste enfantin qui paraissait presque déplacée étant donné la gravité de la situation. Il accrocha néanmoins son petit doigt à celui de Paige. « Promis ».

Enfin rassurée, la benjamine lui adressa un sourire et laissa Andrew passer un bras autours de ses épaules pour la reconduire à la salle à manger. Eliott observa son frère et sa sœur disparaitre et refermer la porte derrière eux, la gorge serrée. Il posa la main sur la poignée de la porte d’entrée et hésita un instant. Il n’arrivait pas à croire que c’était la dernière fois qu’il venait ici. Il se retourna et jeta un regard circulaire autours de lui. Il avait envie de monter jeter un œil à ce qu’était devenue sa chambre, et celle d’Andrew, voir si leur arbre préféré était toujours dans le jardin et s’il arrivait toujours à descendre les escaliers en glissant sur les rampes, mais il n’en fit rien. Il devait partir sans regrets. Il ouvrit la porte, sortit sur le perron, et la claqua derrière lui. C’était fini.

Trop bouleversé pour transplaner, il décida de remonter l’aller menant aux grilles qui entouraient le manoir en marchant. Il avait besoin de respirer. Le froid ne le fit même pas frissonner, il enfonça ses mains dans ses poches et se contenta de marcher, les yeux rivés au sol. Les mots de son père tournaient en boucle dans son esprit. « Tu n’es plus mon fils. Sors de cette maison ». Jamais il n’aurait pensé que ça l’atteindrait à ce point. Il se penchait déjà exclu de sa famille, il pensait que plus rien ne pouvait le blesser de ce côté-là, il croyait qu’il s’était endurci, qu’il était devenu une sorte de solitaire. C’était n’importe quoi. C’était maintenant qu’il était exclu de sa famille, et ça lui faisait bien plus de mal que ce qu’il aurait imaginé. Arrivé devant les grilles du manoir, il se retourna. On devinait la maison à travers les arbres du parc, la lumière à la fenêtre de la salle à manger lui indiqua que le repas continuait. La vie reprenait son cours, sans lui. Il serra les poings dans ses poches alors que ses yeux le brulaient. Il ne verserait pas une seule larme. Il s’en sortirait, seul. Son père ne l’abattrait pas, il ne le ferait pas craquer. Il ne le changerait pas.


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