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 La Slovaquie, premier facteur matrimonial du monde magique [Eliott]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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31 Janvier 2007, 19 heures 35.

Frigorifiée, Charlie se frictionna les bras à travers son épais manteau dans l'espoir de se réchauffer quelque peu. Cela faisait bien dix minutes qu'elle attendait sous la neige et qu'elle congelait petit à petit. Elle était chargée de réceptionner la délégation slovaque du Département du Commerce Extérieur qui était censée être arrivée depuis quelques minutes déjà. Le Ministère comptait négocier avec eux en espérant régler la crise diplomatique qu'ils avaient créer en refusant de traiter avec le Département Anglais de la Coopération Internationale. Et si Seamus, son partenaire, attendait tranquillement au chaud à l'intérieur en discutant avec une ancienne camarade de classe, elle était chargée de les accueillir et de les emmener à leur chambre. Ils étaient attendus au Ministère dès le lendemain. Tapant des pieds pour se réchauffer, elle parcourut la route des yeux. Postée ainsi devant le Chaudron Baveur - que les moldus ne voyaient évidemment pas - elle avait l'air fin. Tout aurait été plus simple si les deux types de la déléguation avaient transplané. Mais non, avec ce temps et la neige qui tombait à gros flocons - dans un environnement qu'ils ne connaissaient pas - ils avaient préféré prendre un taxi moldu. Et leur décision s'était faite à la dernière minute, empêchant le Ministère de leur affréter un Portoloin. Ils avaient débarqué à l'Ambassade Moldue Slovaque, dans la partie réservée aux Sorciers et avaient pris un taxi de là pour venir au Chaudron Baveur. Et évidemment, on avait dû envoyer des Aurors en urgence pour vérifier que tout se passait bien. Seamus et elle avaient eut le malheur de finir leur papasserie à ce moment-là. Et si c'était elle qui attendait dehors, c'était pour deux raison. La première, elle était une Auror moins expérimentée que lui, et les bleus se prenaient toutes les tâches ingrates. Et en deuxième lieu, elle savait compter l'argent moldu mieux que lui. Parce que les Slovaques prenaient un transport moldu sans savoir comment payer et alors qu'ils refusaient de traiter avec un gouvernement pro-moldu. Quelle ironie.

Elle jeta un coup d’œil derrière elle, vers les lumières chaleureuses du bar - un peu désespérée il fallait l'avouer - et reporta son regard vers la rue déserte. Avec cette neige, rares étaient les londoniens qui s'étaient risqués à rouler. Pas une âme qui vive non plus. Il n'y avait plus à espérer que le taxi n'avait pas eut d'accident, c'était l'accident diplomatique assuré sinon. Et allez savoir pourquoi, cela retomberait sûrement sur le dos des Aurors. Laissant échapper un sourire de soulagement en apercevant les feux d'une voiture, Charlie fit un pas en avant. Il n'y avait plus qu'à espérer que c'était bien ceux qu'elle attendait. Merlin soit loué, la voiture s'arrêta devant elle laissant descendre les deux émissaires Slovaques.

- Bienvenue en Angleterre ! lança-t-elle lentement pour qu'ils comprennent bien ce qu'elle disait.
- Nous parrrlons parrfaitement votrre langue, Miss, répondit froidement un Slovaque avec néanmoins un accent à couper au couteau.

Piquant un fard, Charlie fit un geste au taxi pour lui demander d'attendre et guida les émissaires vers la porte du Chaudron Baveur qu'elle ouvrit en grand, profitant quelques secondes de la chaleur qui émanait du bar tandis que les clients à l'intérieur râlaient contre le vent glacial qui avait pénétré dans la pièce. En l'apercevant, Seamus se leva et se dirigea vers eux, son badge d'Auror épinglé sur la poitrine.

- Bienvenue messieurs, lança-t-il d'une voix assurée. Aurors Meyer et Finnigan. Je vais vous conduire à vos chambres. Vous avez reçu le mot du Ministre Fiennes, j'espère ? Deux de mes collègues passeront vont escorter demain matin et deux agents de la Police Magique vont rester ici toute la nuit pour votre sécurité.

Tandis que Tom, le barman, se précipitait vers ses nouveaux hôtes, Seamus se tourna vers elle.

- Tu peux rentrer, dès que j'ai installé nos deux bonhommes je fais de même. On se voit demain ! On a une réunion à neuf heures, pour le projet M, sois à l'heure, Williamson semble de mauvaise humeur en ce moment. Sa femme à ce qu'il parait.
- T'es une vraie commère ! répliqua-t-elle en ricanant. Ouais, j'y serai. Bonne nuit Finnigan !

Son partenaire lui adressa un sourire moqueur avant de refermer la porte derrière lui, coupant ainsi la chaleur et la lumière qui lui faisait tant de bien quelques secondes auparavant. Soupirant, elle fouilla dans sa poche de manteau - elle ne portait pas sa cape d'Auror aujourd'hui - à la recherche de sa bourse. Elle y gardait toujours un peu d'argent moldu, de quoi se débrouiller en cas d'urgence. Comme maintenant. Elle devra faire une note de frais d'ailleurs. Tout en faisant attention de ne pas glisser sur la neige, elle se dirigea vers la place du chauffeur et tapota la vitre avec sa main gantée. Tandis qu'il abaissait la vitre, elle sortit quelques billets de son porte-monnaie.

- Bonsoir ! Je vous dois combien ?

Relevant la tête, la stupeur la laissa abasourdie quelques secondes. Certes, elle n'avait pas revu son camarade depuis quelques années déjà. Mais elle ne s'attendait pas à le croiser au volant d'un taxi. Elle avait perdu le contact avec énormément de monde de Poudlard, sauf Jensen et Lilly et ceux qui étaient au BDA avec elle. Ils avaient été tous les deux à Gryffondor et elle savait qu'il aurait aimé s'orienter vers l’Étude des Moldus, mais peut-être pas à ce point-là?

- Eliott ?
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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"T'es pas un peu malade de conduire ? Y a genre au moins dix centimètres de neige là !" Eliott répondit à la remarque de Dylan en levant les yeux au ciel avant d'enfiler un épais blouson. "Bah, c'est mon boulot j'te rappelle" La jeune femme leva les yeux au ciel à son tour. "Va donc te faire écraser pas un bus alors, mais n'empêche qu'il y aura plus personne pour écraser les araignées ici, ce serait con". Jugeant que c'était la façon de Dylan de lui dire de faire attention parce qu'elle s'inquiétait un peu, il lui sourit en lui assurant qu'aucun bus ne circulait aujourd'hui de toute façon, et partit en claquant la porte. Ou plus exactement il claqua la porte avant de la rouvrir pour passer cinq bonnes à la recherche de ses clés de voiture, puis il partit.

On l'avait appelé la veille pour savoir s'il pouvait récupérer deux diplomates slovaque à l'ambassade et les conduire jusqu'à un point de rendez-vous qui se trouvait proche du chaudron baveur et il avait accepté en se demandant si s'agissait de sorciers ou pas. Maintenant qu'il y repensait c'était très peu probable, n'importe quels sorciers auraient préféré transplaner plutôt que de monter dans une voiture par un temps pareil. Lui même commença un peu à s'inquiéter en sortant de son immeuble et en constatant que ses basket s'enfonçaient dans quelques centimètres de neige. Il préféra néanmoins se concentrer sur les points positifs de la situation, à savoir qu'il n'y aurait personne sur les routes.

On ne pouvait se rendre compte du courage et de la patience des moldus que lorsqu'on avait passé cinq minutes à gratter les carreaux de sa voiture sans gants. Dire qu'un sortilège de dégivrage lui aurait pris à peine trente secondes...Eliott tourna le chauffage à fond dès qu'il eut mis le contact et frotta ses mains l'une contre l'autre dans l'espoir vain de les réchauffer. Il soupira en voyant la fine couche de neige qui recouvrait la route. Ça promettait d'être rock'n'roll, il espérait que les diplomates slovaques étaient amateurs de sensations fortes, et qu'il les amènerait à leur point de rendez-vous en un seul morceau, aussi. Il ne tenait pas particulièrement à avoir des problèmes avec le gouvernement slovaque. Le trajet fut un peu hasardeux mais il finit par arriver à l'ambassade, presque à l'heure. Il salua les deux diplomates qu'un chaleureux "Bienvenue en Angleterre !", ce dont il le remercièrent avec un accent prononcé, avant de se mettre à converser dans leur langue maternelle. En général il aimait bien discuter avec les étrangers et en apprendre autant que possible sur leur coutume, mais ses deux passagers ne semblaient pas vraiment disposer à faire le conversation. L'un deux sembla sur le point de faire une attaque cardiaque et laissa échapper ce qui ressemblait à un juron quand un camion loupa son virage et manque de leur rentrer dedans, et Eliott dut bien reconnaitre qu'il avait eu un peu peur aussi.

Malgré tout ils arrivèrent vivants et pas trop traumatisés au point de rendez-vous qui était vraiment juste devant le chaudron baveur. Soit c'était une énorme coïncidence soit ces gens là n'étaient pas des diplomates du ministère moldu. "Bon séjour à Londres !" lança-t-il alors que les deux hommes descendaient de voiture et se dirigeaient vers une jeune femme blonde qui les attendait et les conduisit directement...à l'intérieur du Chaudron Baveur ! Par le caleçon de Merlin ! Voilà qui expliquait le fait que les deux hommes portent des capes. D'ailleurs il aurait dû se rendre compte de ça plus tôt ! Se promettant d'être plus observateur à l'avenir, Eliott commença par observer que la jeune femme blonde qui revenait vers lui était très jolie.

Il abaissa sa vitre alors qu'elle frappait au carreaux pour lui demander combien elle lui devait. Eliott resta interdit en découvrant le visage de la jolie blonde qui n'était autre que Charlotte Meyer, avec qui il avait passé toute sa scolarité à Gryffondor. Complètement abasourdi, il ne parvint qu'à la fixer avec étonnement et ne sortit de sa torpeur que lorsqu'elle prononça son prénom.

"Charlotte ! Ça fait tellement longtemps...Wahou !" Très subtil. Bravo Eliott.

Charlotte Meyer avait toujours été une assez jolie fille mais elle était devenue vraiment superbe ! Il lui adressa un large sourire, heureux de revoir son ancienne camarade avec qui il partageait plein de souvenirs, même s'ils n'avaient jamais particulièrement proches. Ancienne camarade qui avait l'air de mourir de froid.

"Monte, il fait plus chaud à l'intérieur," lui proposa-t-il en l'invitant d'un signe de tête à faire le tour de la voiture pour monter du coté passager.


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Eliott fut tout aussi surpris qu'elle de la revoir, vu comment il réagit. Néanmoins elle contente de le recroiser. Ils n'avaient jamais été vraiment très proches malgré leur maison en commun mais avait fait leurs classes ensembles pendant sept ans. Elle passait beaucoup de temps avec Jensen et Lilly mais son ami s'entendait assez bien avec Eliott, vu qu'ils parlaient de choses moldues ensemble. Enfin, ils n'avaient pas connu l'année des Ténèbres ensemble, ce qui avait soudé de nombreux liens entre les élèves de Poudlard, étant donné qu'elle était en France. Mais c'était tout de même son troisième béguin de septième année, si elle comptait bien. Acceptant sa proposition d'un signe de tête, elle contourna la voiture en s'appuyant contre la carrosserie de peur de glisser. Après tout, elle avait fini son service et n'avait pas de sorties prévues pour ce soir, Jensen et Lilly dinant en amoureux. Et Lilly se faisant sûrement demander en mariage dans quelques minutes, si Jensen tenait sa parole. Il lui avait parlé de son projet il y a deux semaines et lui avait montré la bague qu'il avait achetée. Charlie était vraiment ravie pour ses deux amis, qui étaient ensemble depuis huit ans déjà. Elle trouvait déjà qu'ils avaient assez attendu comme cela, mais Lilly avait passé une bonne partie de ces années à courir le monde entier tandis que Jensen restait sagement en Angleterre, dans son poste au Ministère, à l'attendre sans compter. Alors elle était heureuse si son amie se posait enfin. Elle-même avait rompu avec son petit-ami il y a quelques mois mais ne le regrettait pas vraiment. Il passait son temps à lui reprocher de travailler. Mais s'il y avait quelque chose qu'il n'avait pas compris, c'est que Charlotte adorait son travail plus que tout au monde et l'enquête sur les Mardoliens, le projet M, l'intéressait de plus en plus. Cela promettait d'être quelque chose d'épique et de mémorable. Et elle était déjà plus qu'heureuse d'être dans les quatorze Aurors choisis - grâce à sa connaissance du français étant donné que l'enquête pouvait prendre une dimension internationale si cela continuait et à son statut du sang, qui lui donnait un point de vue éclairé sur le monde moldu - et elle comptait s'investir dans ce projet de tout son cœur.

Elle ouvrit la portière du coté passager et s'assit dans la voiture, savourant la chaleur de l'habitacle. Elle avait beau adorer la neige, elle détestait congeler ainsi. Et c'est vrai que ce n'était pas très pratique pour les transplanages, sans compter le risque de rencontrer le sol plus vite que prévu à chaque pas. Adressant un sourire à Eliott, elle retira son écharpe et ses gants pour poser ses doigts sur la ventilation qui dégageait de la chaleur. Soupirant d'aise, elle se tourna vers son ancien camarade.

- On se croirait en Laponie avec ce genre de températures, merci !

Elle jeta un coup d'oeil intrigué autour d'elle. Le taxi était un vrai taxi moldu, pas du tout sorcier comme le Magicobus. Il y avait un compteur de kilomètres qui indiquait le prix - qu'elle devait payer d'ailleurs - quelques consignes à l'usage des passagers. Un peu intriguée, elle remarqua qu'Eliott était habillé à la moldu - tout comme elle - ce qui était significatif dans ce contexte. Elle se rappelait pourtant qu'il avait eut ses ASPICS, comme tous les Gryffondor de leur année. Mais c'est vrai qu'elle n'avait pas eut vent de ses projets professionnels. Elle connaissait le travail de certains de ses camarades pour avoir croisé leur nom au cours d'enquête mais elle n'avait plus eut vent de celui d'Eiott ailleurs que dans les articles qui concernaient sa famille et surtout le parti de son père, le SPAM.

- Tu es chauffeur de taxi désormais ? Moldu ?

Peut-être qu'elle était complètement à coté de la plaque après tout, mais cela l'étonnerait fort. Ce qui l'intriguait le plus, c'était surtout de savoir comment il en était arrivé là. Il n'y avait pas de mal à être chauffeur de taxis, bien sûr que non, mais c'était quelque chose de pluttôt atypique pour un sorcier, qui s'orientait vers des carrières beaucoup plus magiques.

- Ce n'est pas un reproche ! précisa-t-elle en prévention. C'est juste que je trouve ça amusant ! C'est rare de voir ce genre de carrières chez les sorciers ! A part chauffeur du Magicobus, évidemment. Mais ce n'est pas vraiment le même genre.

Jetant un coup d'oeil à la chaussé, elle constata que la neige continuait de tomber avec virulence.

- Quoique qu'avec ce temps... lança-t-elle un peu amusée.
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Eliott rit doucement à la remarque de son ancienne camarade à propos de la Laponie alors que celle-ci se réchauffait les mains sur la ventilation. Il l'observa examiner les lieux en souriant, se demandant si elle trouvait la situation aussi curieuse que lui. Qui aurait cru qu'un jour ils se retrouveraient dans une voiture, arrêtée au beau milieu d'une route enneigée ? Parfois il se demandait s'il aurait gardé plus de contacts avec ses anciens amis s'il avait travaillé dans le monde magique. Une partie d'entre eux devait travailler au ministère et il les aurait côtoyé tous les jours s'il en avait fait de même. Ne laissant pas le temps aux regrets de s'installer, Eliott reporta son attention sur Charlotte. Son examen terminé, la jolie blonde lui demanda s'il était chauffeur de taxi désormais, insistant sur le coté moldu d'un tel emploi. Il hocha la tête sans abandonner son sourire. Craignant visiblement de l'avoir vexé, elle ajouta que ce n'était pas un reproche mais qu'elle trouvait ça assez surprenant.

"Pourtant c'est arrivé de la façon la plus banale qui soit, répondit-il en haussant les épaules. J'ai continué d'étudier les moldus après Poudlard, j'ai choisi de me spécialiser dans les moyens de transports et....Et devenir pilote de ligne avait l'air bien trop compliqué !" conclut-il avec un sourire.

C'était agréable de pouvoir en parler. D'habitude quand il tombait sur d'anciens camarades il inventait des mensonges tous plus bancales les uns que les autres et passait pour le dernier des imbéciles, ou pour un odieux menteur, voire les deux. Mais cette fois Charlotte avait la preuve sous les yeux : il pouvait difficilement prétendre être étudiant en médicomagie alors qu'il était assis au volant d'une voiture sur le toit de laquelle se trouvait un panneau indiquant "Taxi". Il était bien content de ne pas avoir à lui mentir d'ailleurs, il commençait à en avoir marre de prétendre être quelqu'un qu'il n'était pas, et ne continuait de le faire que pour sa famille. Il n'y avait vraiment que son père pour croire que son métier pouvait intéresser qui que ce soit, les journalistes avaient bien autre choses à se mettre sous la dent ! Et plus que pour son père, c'était surtout parce que sa mère et son frère avaient insisté qu'il continuait à se cacher.

Il suivit le regard de Charlotte, qui examinait la chaussé enneigée en sous-entendant que dans de telles conditions, conduire une voiture devait se rapprocher un peu de conduire le magicobus. Eliott éclata de rire. Il avait toujours eu envie de conduire le magicobus, au moins une fois, ça devait être génial. Très dangereux quand on était pas expérimenté, mais génial. Pouvoir se faufiler partout sans être vu, avec néanmoins la contrainte de ne rien toucher, le tout à grande vitesse. Cependant, il avait fait le choix de vivre dans le monde moldu, et il en était content, et puis le magicobus avait déjà un chauffeur.

"Je n'ai jamais tenté l’expérience, mais j'imagine que ça doit être un peu le même genre. Je sens que le chemin du retour va être sympathique..."

Eliott grimaça, avant de remettre cette préoccupation à plus tard, il n'avait pas du tout l'intention de partir tout de suite, trop heureux de retrouver son ancienne camarade. Il y avait tellement de questions qu'il aurait voulu lui poser qu'il ne savait même pas par où commencer. Est-ce qu'elle faisait toujours des études ? Sinon où travaillait-elle ? Pourquoi était-elle chargée d’accueillir des diplomates slovaques ? Où habitait-elle ? Était-elle toujours amie avec Jensen et Lily ? Eliott opta pour la facilité en choisissant une question qui les englobait presque toutes.

"Et toi, qu'est ce que tu deviens ? Tu travailles au ministère ?"

Elle devait forcément être liée au ministère d'une façon ou d'une autre puisqu'elle était chargée d’accueillir des diplomates étrangers. Peut-être croisait-elle son frère de temps en temps, bien que celui-ci ne doive sans doute sortir que rarement du service de la justice, ainsi que son père d'ailleurs...Eliott éloigna cette pensée très loin de lui et se concentra sur sa charmante camarade.


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Même si Eliott affirmait que cela s'était fait tout naturellement, Charlie doutait un peu. Après tout, on exerçait pas un métier moldu comme cela, non ? Il fallait le vouloir, passer des autorisations et surtout exister aux yeux du gouvernement moldu. Autant elle était née-moldue et était déclarée, autant Eliott était un fils de Sang-Pur qui avait dû faire des démarches compliquées pour exister dans le monde moldu. Cela ne se faisait pas comme cela. Plus qu'intriguée, Charlie croisa les bras sur sa poitrine, désormais réchauffée.

- Le Professeur Mason t'aurait cédé sa place de bon cœur si tu l'avais demandé, tu auras pu rentrer au Ministère pour travailler avec les moldus d'un claquement de doigt... Mais non. A mon avis, il y quelque chose de ne pas très naturel là-dedans, ajouta-t-elle d'un air malicieux.

C'était vrai en plus. Tout le monde savait qu'Eliott était le meilleur de leur promotion en Étude des Moldus et le Ministère recherchait constamment des collaborateurs. C'était peut-être une déformation professionnelle, mais elle avait l'impression qu'Eliott ne lui disait pas tout. Evidemment, il était hors de question de lui faire passer un interrogatoire alors qu'ils venaient juste de se revoir, mais elle avait toujours été curieuse de nature. Peu désireuse de froisser son camarade, elle fit néanmoins le choix d'arrêter d'insister. Après tout, ils n'avaient jamais été vraiment proches, elle ne pouvait pas s'introduire dans son histoire comme cela. S'il avait voulu tout expliquer, il l'aurait fait.
Souriant à sa question, elle hocha la tête.

- Oui, en effet, je bosse pour le Ministère.

Elle écarta son manteau et souleva un peu son pull pour montrer le badge qu'elle portait à la ceinture. Certains le portait épinglé sur leur robe ou leur pull, mais comme pas mal de ses collègues vêtus à la moldu, elle préférait le porter à la ceinture afin de pouvoir le dissimuler lorsqu'elle voulait rester incognito, tout en pouvant l'afficher dès que le besoin s'en faisait ressentir. Elle était plus que fière de son badge, qu'elle avait reçu uniquement après avoir terminé sa formation et être devenue titulaire. C'était le symbole d'un accomplissement, d'une réussite. Et elle le portait avec une fierté non-dissimulée, il fallait l'avouer.

- Auror Meyer à votre service, pour défendre la veuve et l'orphelin ! lança-t-elle en riant.

Elle remit son pull en place et haussa les épaules.

- Un vieux rêve que j'ai suivi, je dois l'avouer. Et il n'y a rien de plus passionnant. Enfin, sauf les soirs où je dois attendre dans le froid des émissaires slovaques, précisa-t-elle en désignant le Chaudron Baveur de la tête. T'as dû entendre parler de cette affaire, la Gazette en a fait ses choux-gras pendant plusieurs jours. La Slovaquie, cette traîtresse ! lança-t-elle en singeant le présentateur du journal de la RITM. Mais au moins, je suis contente de t'avoir croisé. Ça fait vraiment trop longtemps... Six ans, je crois ! Depuis la sortie de Poudlard !

Elle haussant les épaules, elle ne mêlait pas vraiment des affaires de politique, elle obéissait aux ordres, c'est tout. Le reste, c'était plutôt l'affaire de Jensen qui travaillait à la Coopération Magique ou de Lilly, qui s'enflammait pour un rien. Alors les Slovaques pouvaient bien agir comme ils le voulaient, elle n'était diplomate.

- Enfin, qu'est-ce que tu deviens ? A part être chauffeur de taxi, je veux dire ! T'as revu des gens de la promotion, tu vis où, tu fais quoi désormais ?

Mine de rien, elle repassait très vite dans le mode interrogatoire, sans même s'en rendre compte.

- Désolée, ça part tout seul ! ajouta-t-elle en riant. Tu veux venir boire un verre au Chaudron Baveur ? J'ai terminé mon service, c'est la PM, Police Magique pardon, qui veille sur nos deux politiques, je suis tranquille pour ce soir. Et comme ça, on pourra parler !

Désignant l'habitacle d'un geste de la main, elle sourit.

- Ce n'est pas que j'aime ta voiture ni sa chaleur, mais ça manque un peu de Whisky Pur Feu par ici, il faut être honnête !

Réalisant qu'Eliott avait peut-être du travail, ou même quelqu'un qui attendait son retour, elle modéra son enthousiasme.

- Enfin, sauf si on attend quelque part, évidemment. Au pire, on pourra se revoir un autre jour !

Même si elle aurait bien aimé continuer à papoter. Elle avait toujours bien aimé Eliott, c'était un garçon sympa et drôle. Ils avaient fait quelques bêtises ensemble et elle l'avait toujours trouvé mignon. Comme la moitié des garçons de Poudlard, certes, mais tout de même. Enfin, il fallait dire que la fin de l'adolescence faisait toujours beaucoup de bien à tout le monde sur le plan physique, surtout à Eliott d'ailleurs. Se morigénant intérieurement, elle coinça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Charlotte Midinette Meyer, plutôt.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Charlotte ne parut pas convaincue par la version un peu simplifiée de son histoire qu'il lui avait livré. Néanmoins, elle n'insista pas et il lui en fut reconnaissant, il n'avait pas envie de se lancer dans des explications sur comment il avait cassé sa baguette pour prouver à son père que son intérêt pour les moldus n'étaient pas qu'une lubie passagère, et tout ce qui s'en était suivi. Il laissa échapper un sifflement admiratif quand la jeune femme lui fit voir avec fierté le badge d'auror accroché à sa ceinture. On disait que la formation d'auror était assez difficile et qu'il fallait vraiment être un bon sorcier pour en venir à bout.

-Toutes mes félicitations ! lança-t-il chaleureusement. Ça doit être passionnant, non ?

Charlotte lui répondit que ça l'était, sauf quand elle devait attendre des émissaires slovaques dans le froid. Visiblement, il aurait du entendre parler d'une affaire concernant la Slovaquie, dont la gazette avait parlé ses derniers jours, mais ce n'était absolument pas le cas. Il n'était plus abonné à la gazette et ne savait de l'actualité sorcière que ce que son frère voulait bien lui rapporter. Il se contenta donc de hocher vaguement la tête alors que Charlotte ajoutait qu'au moins cela leur avait permis de se revoir.

-Oui, six ans c'est ça ! Ça me fait vraiment plaisir de te revoir, on doit au moins ça à la Slovaquie ! répondit-il en souriant.

Il nota mentalement de questionner Andrew au sujet de cette affaire avec la Slovaquie, ou plutôt Paige, son frère serait capable d'en parler pendant des heures et Eliott ne s'intéressait pas outre mesure à la politique. Il laissait ça à son père, qui avait suffisamment de raison de le détester sans qu'il ne cherche à l'affronter sur son propre terrain. Sans crier gare, Charlotte le noya alors sous un déluge de questions qui le surprit un peu mais lui arracha finalement un éclat de rire.

-Je vais avoir droit au détecteur de mensonges ? blagua-t-il en demandant si de tels appareils existaient chez les aurors où si ils étaient réserver à ces séries moldues sur le FBI.

Elle lui répondit en riant que ça sortait tout seul et lui proposa d'aller boire un verre aux Trois Balais, puisqu'elle avait terminé son service. Elle ajouta en riant qu'elle n'avait rien contre sa voiture mais que ça manquait un peu de whisky pur feu. L'idée de passer un peu de temps avec Charlotte était des plus réjouissante et il lui adressa un large sourire.

-Avec grand plaisir ! Je ne dis jamais non à un Whisky Pur Feu. Ce qui lui avait valu quelques ennuis dans sa prime jeunesse d'ailleurs. Laisse moi juste le temps de me garer.

Joignant le geste à la parole il mit le contact et déplaça -fit glisser plutôt- la voiture sur le coté de la route. Elle continua d'avancer quelques mètres après qu'il l'ait arrêté, ce qui était légèrement inquiétant étant donné qu'il n'allait vraiment pas vite, mais finit par s'immobiliser. Le jeune homme sortit du véhicule et manqua de glisser, se rattrapant de justesse sur le toit de la voiture. Le hockey lui avait appris à garder l'équilibre sur des patins à glace mais ne l'aidait en rien à évoluer sur le verglas en basket. Jugeant que Charlotte devait avoir autant de mal que lui à ne pas tomber, il voulut jouer les chevaliers servants et tendit un bras dans sa direction pour qu'elle s'accroche à lui. Désormais il n'avait plus intérêt à risquer la moindre chute où il la faisait tomber avec lui.

Heureusement le Chaudron Baveur n'était qu'à quelques mètres et ils y parvinrent sans encombre. Il passa une main dans ses cheveux pour en enlever les flocons de neige qui s'y était accroché et ouvrit la porte du bar, savourant déjà la chaleur qui se dégageait du lieu, afin de laisser passer Charlotte. Elle était vraiment jolie avec son grand sourire et ses joues un peu rosies par le froid...Eliott se gifla mentalement et se rendit compte qu'il continuait de tenir la porte alors que la jeune femme était passée depuis plusieurs minutes. Ridicule. Il referma finalement la porte derrière lui et soupira d'aise en se retrouvant enfin protégé du vent glacial qui soufflait dehors. Eliott était devenu un client régulier, puisqu'il se faisait même livrer son courrier ici, et le patron du bar le salua d'un large sourire.

-Deux whisky Pur Feu s'il-te-plait, lui lança le jeune homme. Je t'invite ! ajouta-t-il avec un sourire à l'intention de Charlotte, tout en cherchant une table vide des yeux.


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- Oh, crois-moi, si je te présentais notre détecteur de mensonge, tu fuirais les Aurors plus vite qu'un Serpentard devant un Gryffondor ! répondit-elle en plaisantant.

L'Auror Bentley était la terreur du BDA. Intransigeant, stricte et brusque, il repérait les suspects et leurs mensonges dès le premier mot qu'ils osaient proférer en sa présence. Il arrivait à effrayer les plus durs, même s'ils tentaient de ne pas le montrer. Bentley était le cauchemar de tous les aspirants et même depuis sa titularisation, Charlie faisait tout pour le fuir. Elle avait beau avoir été à Gryffondor, c'était suicidaire de faire face à Bentley. D'ailleurs, c'était pour cela qu'elle s'était permis de charger les Serpentard. On disait que les tensions entre les deux maisons s'étaient beaucoup améliorées, même lors de ses dernières années à Poudlard. Mais pour avoir connu la guerre, Eliott et elle pouvaient bien se permettre quelques blagues anti-Serpentard ! Ce n'était pas vraiment méchant, elle avait des collègues Serpentard avec qui elle s'entendait très bien, comme Owen Harper par exemple.
Tandis qu'Eliott se garait, elle laissa son regard dériver vers lui. En premier lieu, elle était un peu impressionnée qu'il sache conduire. Même elle, née-moldue, n'avait qu'un permis de transplanage tandis que lui, Sang-Pur depuis des générations, savait se débrouiller avec une voiture moldue et en avait même fait son métier. Elle se demandait tout de même ce qu'en pensait son père. Elle n'avait jamais été une amie intime d'Eliott - dommage d'abord - mais elle connaissait John Warlock. Créateur d'un parti conservateur qui s'était illustré aux élections... Il ne semblait pas très proche des moldus même si pas foncièrement contre eux. Elle avait la vague impression que cela n'avait pas dû être très facile.

Elle sortit de la voiture avec précaution - elle avait la hantise de passer pour une idiote en s'écrasant sur le sol devant Eliott - et en gardant les mains sur la carrosserie de la voiture. Heureusement qu'elle transplanait la plupart du temps, elle n'imaginait pas se balader en permanence sur un tel sol. Acceptant le bras de son ancien camarade avec reconnaissance - et en rosissant légèrement parce qu'elle était irrécupérable - et atteignit le bar avec soulagement. Passant devant tandis qu'Eliott lui tenait la porte, elle retira son écharpe devant la chaleur de l'intérieur. Le Chaudron Baveur était plein et animé, des rires retentissant dans toute la salle. Tandis qu'Eliott faisait signe au patron, elle se glissa à une table dans un coin, collée à un mur. Un peu serré mais pas très loin de la cheminée et donc de la chaleur réconfortante. Tout en retirant ses gants et son manteau, elle remercia le serveur qui leur apportait leurs boissons et sortit tout de même sa bourse pour payer les consommations. Elle se retourna vers Eliott avec un petit sourire amusé.

- Je te dois tout de même une course entière de taxi, tu ne vas pas en plus me payer à boire !

C'est vrai qu'elle ne l'avait toujours pas payé. Le notant mentalement, elle avala une gorgée de Whisky qui lui brûla la gorge mais la réchauffa de l'intérieur. Savourant le gout sur sa langue, elle se pencha un peu vers Eliott pour se faire entendre malgré la clameur ambiante qui égalait celle de la Salle Commune de Gryffondor les soirs de victoire. Ce qui n'était pas peu dire, il fallait l'avouer.

- Alors, une question à la fois cette fois-ci, promis ! Et tu peux faire un contre-interrogatoire en retour, ajouta-t-elle malicieusement.

Avalant une nouvelle gorgée, elle se décida de se limiter à un seul verre de Whiskey et passera après à la Bierreaubeure. Elle devait être en état au cas où elle serait appelée en urgence par le Bureau, comme cela arrivait parfois. Hors de question d'arriver complètement à coté de son balai.

- Tu vois toujours des gens de notre promo ? Jensen ou Lilly ? Ou... Leslie ?

Question tout à fait subtile et innocente, bien entendu. Adoptant une attitude désinvolte, elle promena son regard sur la salle. Quatre étaient complètement ivres pas très loin et parlaient fort. Une femme d'une trentaine d'année venait de passer un paquet sous la table à un jeune homme beaucoup plus jeune. Une sorcière dissimulée sous un chapeau pointu tripotait nerveusement sa baguette magique et ne cessait de guetter quelque chose. Un homme connu du bureau pour trafics venait de passer la porte, accompagné d'une jeune femme de vingt ans à peine. Charlie nota ses traits pour la reconnaitre si elle venait à être impliquée dans une affaire. Un homme à la table derrière Eliott sortit de sa poche une cigarette qui ne contenait pas de tabac, elle le sentait à l'odeur. Racine de Mandragore. Mais elle n'était pas en service et n'avait pas à se préoccuper de ce genre de choses. Mais elle était contente de voir son œil qui s'affutait. Reportant son regard sur Eliott, elle lui sourit.
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Eliott rejoignit Charlotte à la petite table où elle s'était installée et enleva son blouson, savourant la chaleur qui se dégageait de la cheminée. Il remercia d'un signe de tête le serveur qui leur apportait leurs verres et plongea la main dans sa poche pour chercher un peu d'argent sorcier mais Charlotte le devança et régla leurs consommations. Il s’apprêtait à protester -il devait au moins à son père d'avoir toujours insisté sur les bonnes manières et la galanterie- mais la jeune femme lui fit remarquer avec un sourire amusé qu'elle lui devait une course de taxi.

"On est quittes alors, répondit-il en lui rendant son sourire. A la Slovaquie !"

Il leva son verre et avala une première gorgée de whisky. Le liquide lui brûla la gorge mais eut le mérite de le réchauffer. Cela faisait un petit moment qu'il n'avait pas bu de whisky pur feu, se contentant de l'alcool moldu, et il devait bien reconnaitre que dans ce domaine, les sorciers gardaient l'avantage. Leurs boissons étaient plus fortes. Ça lui avait presque manqué. Il avala lentement une seconde gorgée alors que Charlotte se penchait un peu vers lui pour lui promettre qu'elle ne poserait qu'une seule question à la fois cette fois-ci, et qu'il aurait même l'occasion de l'interrogé en retour, et le jeune homme éclata de rire.

"J'ai toujours rêvé de mener un interrogatoire !"

Comme tout enfant sorcier, sans doute. La plupart des garçons de six ans voulaient devenir auror, ou chasseur de Dragons. Mais en y réfléchissant bien, il avait plus souvent été dans la peau du criminel, quand il jouait étant enfant c'était toujours Andrew qui faisait l'auror. Un sourire nostalgique se dessina un instant sur ses lèvres alors qu'il repensait aux longues après-midi pluvieuses qu'il avait passé à jouer dans la chambre de son frère, à chevaucher des balais invisibles et à se battre en duel armés de crayons. Charlotte le renvoya à des souvenirs un peu plus récents en lui demandant s'il voyait toujours des gens de leur promotion, citant plusieurs noms, qui lui rappelèrent les visages d'anciens camarades.

"Non, ça fait des années que j'ai plus vu personne, soupira-t-il. Tu vois toujours Jensen et Lily toi ? demanda-t-il en se souvenant qu'elle était relativement proche d'eux pendant leurs années à Poudlard. Et euh....Qui c'était Leslie déjà ? Il avait beau cherché à mettre un visage sur ce prénom, rien. Il était même à peu près sûr qu'il n'y avait pas de Leslie dans leur année. Mais j'ai croisé Alicia Jones l'autre jour, de Serdaigle, et William Silvester aussi, mais il avait un an de plus que nous."

Il oublia volontairement de préciser qu'il avait rencontré son ancien camarade dans un commissariat moldu parce que sa colocataire dealait de la drogue. Non seulement ce n'était pas ce dont il était le plus fier et puis il parlait à une auror après tout. D'ailleurs, c'était à lui de jouer l'auror à présent, puisqu'il avait droit à une question. Théoriquement, il l'avait déjà posé puisqu'il avait retourné la sienne à Charlotte, mais il avait décidé que ça ne comptait pas. Et il avait aussi décidé que c'était lui qui décidait des règles. Que d'initiatives !

"A moi ! lança-t-il avant de faire mine de se concentrer. Hum, tu habites où ? Toujours chez tes parents, en colocation, seule ou avec ton mari et tes deux enfants très charmants ?"

Eliott se permit de boire une nouvelle gorgée de whisky, particulièrement fier de sa question. Non seulement elle lui permettrait peut-être de recroiser Charlotte en passant par le plus grand des hasards juste devant chez elle -le destin- mais c'était également une manière plus ou moins subtile, plus moins que plus à vrai dire, de savoir si elle vivait avec quelqu'un. Il ferait un bon auror finalement. Mis à part le fait qu'il n'avait plus de baguette, mais c'était un détail insignifiant.

Le jeune homme attendit donc la réponse de la jolie blonde en espérant qu'elle vivait seule. Il n'avait jamais eu beaucoup de chance avec les filles, sa plus longue histoire avait du durer deux ou trois mois. Il avait tendance à s'emballer un peu vite aussi, déclarer sa flamme à quelqu'un trois heures après l'avoir rencontré n'était sans doute pas indiqué, et quand cela ne suffisait pas à les achever, il les empoisonnait avec une omelette. Il devrait apprendre à cuisiner, un jour. Même à Poudlard les filles avaient souvent préféré son frère. Pourtant Eliott et Andrew se ressemblaient beaucoup, physiquement, mais l'ainé avait le charme du Serdaigle plus mature que les autres, un peu taciturne, cela devait plus plaire aux filles que les Gryffondors blagueurs et turbulent. Il essaierait un jour.


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Rapidement, Charlie fit défiler dans sa têtes les différentes personnes de son année. Elle la revoyait pourtant, cette fille dont elle parlait. Reynolds, qu'elle s’appelait. Une brune, assez grande. Que Lilly critiquait sans arrêt. Sauf qu'étant donné que Lilly critiquait la moitié de Poudlard, c'était plutôt difficile de retrouver. Pas Leslie, donc... Mais un prénom dans le style. Mary, Lucy, Betty...

- Sandy ! s'exclama-t-elle, prise d'une illumination. Sandy Reynolds ! C'est d'elle dont je veux parler.

C'était dans ces moments-là qu'elle voyait qu'elle avait quitté Poudlard depuis bien longtemps. Elle avait adoré sa scolarité - sauf les premières années - et même si elle aimait être adulte et n'échangerait son métier contre rien au monde, elle avait été très heureuse à Poudlard, sans problèmes. Les élèves qui y étaient encore ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient. Même si elle n'avait pas très envie de revivre les tourments de l'adolescence, il fallait l'avouer.

- Mais oui, je vois toujours Jensen et Lilly. Ils sont toujours ensemble d'ailleurs. Et songent à se marier.

Jensen allait faire sa demande ce soir plutôt. Mais comme elle n'avait pas idée de la réponse, elle voyait plutôt Lilly dire oui. Parce que sa meilleure amie avait beau être une grande féministe, une adepte de "Les mecs, tous les même", légèrement misandre sur les bords, une fille indépendante et indomptable qui aimait affirmer l'homme qui lui passerait la bague au doigt n'existait pas, Charlie savait qu'elle restait une grande romantique. Et qu'elle était complètement amoureuse de Jensen même si elle ne l'avouait jamais. Alors, ce soir, Charlie aurait parié son badge d'Auror que Lilly lui annoncerait la bonne nouvelle le lendemain matin. Et même si cela la renvoyait à sa complète absence de vie sentimentale et quasiment de vie sociale en dehors du Bureau, elle était contente pour eux. Et elle mourrait d'envie de ressortir les grands discours de Lilly uniquement pour la faire bisquer. "Jamais, tu m'entends ? Une vie de famille rangée, plutôt mourir ! Moi je veux vivre, d'accord, je suis avec Jensen, moi c'est juste comme ça, hein ! J'suis pas le genre de filles avec qui on reste, moi je profite de la vie. Je vais vite me lasser de Jensen, il est gentil mais bon. J'suis pas comme toi, moi ! Le romantisme, c'est pas pour moi". Oh, elle jubilait déjà à l'idée de lui ressortir tout cela en ricanant. Miss-Je-ne-m'attache-pas qui fêterait bientôt ses dix ans avec le même homme.

- Jensen bosse au Ministère et Lilly... Bah, t'as assez vu Lilly pour savoir qu'elle ne s'est pas embarquée dans un métier stable. Elle courre le monde, dirons-nous.

Elle se souvenait vaguement d'Alicia Jones mais pas vraiment de William Silverster. Elle avait toujours passé son temps avec Jensen et Lilly, ainsi qu'avec les Gryffondor et vaguement avec les Poufsouffle à l'époque où elle sortait avec Mark Bennett. Mais ne connaissait pas vraiment de monde dans tout Poudlard, si on excepte les Gryffondor évidemment qu'elle connaissait sur le bout des doigts. Arriver au BDA lui avait permis de rencontrer énormément de monde qu'elle aurait dû connaître. Mais au moins, elle n'était pas complètement blasée. Une fille de son dortoir, Harriet, disait souvent qu'elle détestait vivre dans une si petite communauté magique, où tout le monde se connaissait. Elle partait du principe qu'on finirait forcément avec quelqu'un de son année ou de quelques années au dessus, étant donné que tous les sorciers du pays passaient par Poudlard. Et finissait toujours par ajouter que quand on voyait leurs camarades, c'était vraiment déprimant. Harriet vivaient aux États-Unis désormais, c'était carrément plus grand.

- Merlin soit loué, je ne vis plus avec mes parents depuis ma sortie de l'école ! J'étais vaguement en colocation avec Lilly à un moment, mais elle passait son temps entre l'étranger et chez Jensen. J'avais ses trop nombreuses paires de chaussures en fait. Pas de mari et pas d'enfants ! Sauf si on considère mon vieux chat comme un enfant à charge - avec la quantité de lait qu'il consomme, ma liste de courses prête à confusion - et mon monstrueux hibou - qui attaque tous ceux qui passent la porte de mon appartement - comme un mari jaloux, lança-t-elle en riant.

Mangelettres avait même attaqué Harry Potter la fois où elle avait envoyé son rapport par hibou. Elle en avait toujours honte, il fallait le dire. Surtout que ses supérieurs lui avait demandé de ne plus faire venir son hibou au bureau, pour la sécurité des secrétaires. Sale bête. Elle aurait dû l’appeler Voldemort, tant pis pour la blague de mauvais goût.

- Et je vis à Londres, coté moldu, du coté d'Hackney. A Dalston, plus précisément. Je ne me voyais pas vraiment vivre du coté sorcier, j'avais besoin de garder un peu de racines moldus. Puis comme ça j'ai le téléphone et c'est plus pratique pour mes parents !

Elle avala une nouvelle gorgée de Whisky et regretta de porter un pull aussi épais. Si elle l'avait adoré lorsqu'elle était coincée sous la neige - qui tombait toujours dru dehors - elle commençait désormais à avoir trop chaud entre l'alcool, la cheminée et la salle remplie à ras-bord. L'horloge du bar sonna indiquant vingt heures. C'est sûrement pour ça qu'elle commençait à avoir faim, elle s'était contentée d'un sandwich ce midi entre deux interventions. La première dans l'Allée des Embrumes pour coincer un revendeur d'amulettes volées et la seconde en Ecosse pour une sombre histoire de magie noire dans une famille. Surtout qu'en plus, elle n'avait pas eut le temps de grignoter quelque chose avec son thé vers dix-sept heures étant donné qu'ils avaient eut un briefing sur quelques personnes du Ministère soupçonnés vaguement d'être des Mardoliens. Bref, une journée normale.

- Et toi ? Ton père a fini par te trouver une jolie petite héritière Sang-Pur recommandable et un joli manoir dans le Sommerset ou le taxi l'a découragé ? interrogea-t-elle, à moitié sérieuse.

Parce qu'elle se doutait bien que le président du SPAM devait apprécier moyennement la carrière de son fils, surtout qu'elle savait que le frère ainé d'Eliott avait un bon poste au Ministère, elle avait vu son nom dans l'organigramme qu'elle avait dans le tiroir de son bureau. C'était tout de même un métier étrange, pour un sorcier. Rares étaient ceux qui faisaient le choix du monde moldu après des études à Poudlard. Elle avait beau aimé son monde d'origine, cela avait quand même moins de charme, moins de... magie. Être policière lui aurait par exemple moins plu que son métier d'Auror. Mais il était tout de même courageux d'avoir fait ce choix, parce qu'il fallait du cran pour choisir une voie aussi opposée à celle de la facilité. Charlie était quand même impressionnée.

- Il est tard... Tu veux dîner ? Bon, j'avoue qu'il y a quelques années, je n'aurai jamais dis ça. Mais il y a une nouvelle fille qui travaille ici, une amie de mon partenaire, Hannah Abott, et qui fait des repas juste délicieux !

Et puis c'était sympa de parler avec Eliott, elle l'aimait bien. Et de sortir aussi, elle qui alternait entre son appartement et son lit depuis qu'elle était dans le groupe M - pour Mardoliens - et qu'elle devait aussi mener d'autres enquêtes. Tandis qu'elle faisait signe au serveur, la théorie d'Harriet resurgit dans son esprit et elle s’efforça de ne pas y penser. C'était une théorie complètement débile. Et elle allait encore se faire des idées trop vite, comme toujours. Eliott avait sûrement une copine moldue - ou une héritière du Summerset - et elle était pire que les filles dans les films. Se raccrochant à cette idée, elle retira son pull - il faisait vraiment trop chaud dans cette salle - et recouvrit son badge d'Auror avec son t-shirt. Pour deux raisons. La première parce qu'elle préférait incognito pour si elle devait coincer quelqu'un - on ne savait jamais - et la deuxième parce que certaines personnes qui croisaient des Aurors ou des policiers, et qui avait un certain taux d'alcool dans le sang, se sentaient obligés de venir les provoquer. Et elle ne se voyait pas arrêter quelqu'un sous les yeux d'Eliott, cela pouvait faire assez mauvais genre. En relevant les yeux, elle croisa le regard d'un homme qui avait vu son badge et la regardait étrangement. Sans détourner les yeux, elle tapota sa baguette à sa ceinture ce qui eut le mérite de le faire se lever et s'éloigner en maugréant quelque chose. Charlie le suivit des yeux jusqu'à la porte et reporta son attention sur Eliott, très satisfaite.

- T'as toujours pas épuise ton quota de questions ! fit-elle malicieusement.



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Sandy Reynolds ! Un sourire un brin nostalgique se dessina sur les lèvres d'Eliott alors qu'il repensait à se dernière petite amie de Poudlard. C'était une chouette époque tout de même. Ses seules préoccupation était de gagner au Quidditch, de décrocher de bonnes notes en études des moldus et de passer du temps à batifoler dans le parc avec sa copine. S'il lui arrivait de regretter un peu cette époque, il était tout de même content d'en être sorti. Il avait eu la chance de réussir à réaliser ses rêves d'adolescent. Il savait que beaucoup de gens n'y parvenaient pas et se retrouvaient dans un métier qui ne leur correspondait pas, avec des gens complètement différents d'eux, et s'ennuyaient une bonne partie de leur vie.

"Non, je n'ai pas revu Sandy depuis Poudlard, on a rompu à la fin de la septième année. Enfin, elle l'avait lamentablement largué le soir de la fête pour leurs ASPIC pour se jeter dans les bras d'un Poufsouffle, mais bizarrement il n'aimait pas présenter les choses sous cet angle. Il retourna donc sa question à Charlotte et apprit qu'elle voyait toujours Jensen et Lily. Tu leurs présenteras mes félicitations, j'arrive pas à croire qu'ils soient toujours ensemble ! C'est génial !"

Jensen et Lily devaient être ensembles depuis presque dix ans maintenant. Ils avaient bien de la chance ! Lui se sentait vraiment seul depuis quelqu'un temps et n'aurait pas dit non à une relation stable, histoire d'avoir quelqu'un sur qui compter. Quelqu'un à qui il n'aurait pas à mentir. Une sorcière assez ouverte d'esprit pour ne pas le prendre pour un imbécile, une fille gentille, mais avec son caractère. Il lui faudrait quelqu'un comme Charlotte en fait. Un sourire idiot s'étira sur ses lèvres alors qu'il contemplait la jolie jeune femme et il dut se faire violence pour se forcer à récupérer le fil de la conversation. Charlotte vivait donc seule, excellente nouvelle ! Et mieux que ça, elle vivait dans le Londres moldu. Ils avaient donc de fortes chances de se recroiser un jour. Chances qui ne pourraient qu'augmenter s'il décidait tout à coup de faire de Dalston son quartier préféré.

"Tu as le téléphone ? Magnifique ! Je rêvais d'avoir un sorcier dans mon répertoire, il faut que tu me laisses ton numéro. Eliott adressa un grand sourire à son ancienne camarade, enchanté par cette idée. J'adore ce truc, c'est une invention géniale je trouve ! On devrait avoir ça chez les sorciers aussi, c'est quand même plus facile que d'envoyer un patronus et plus rapide qu'un hiboux."

Il oubliait un peu vite qu'il parlait à une née-moldue, qui ne devait rien trouvé de fascinant là-dedans. Se rendant finalement compte qu'il devait être ridicule, il mit fin à son flot de bêtises et vida son verre. Charlotte lui demanda alors si son père lui avait trouvé une charmante héritière où si le taxi l'avait découragé et Eliott manqua de s'étouffer avec son whisky. Toussotant un peu, il fixa son verre vide alors que ses souvenirs le ramenaient inévitablement à se dernière confrontation avec son père. Les jours et les semaines passaient, mais l'amertume et la rancœur était toujours là. La tristesse et la colère aussi. Néanmoins, il n'allait certainement pas laissé cette histoire lui gâcher la soirée.

"On peut clairement dire que ça l'a découragé...soupira-t-il, les traits soudainement durcis. On ne se parle plus. Ça paraissait simple dit comme ça, ça n'avait même pas l'air grave. Comme s'ils étaient des enfants qui s'étaient disputé et se faisaient la tête. En vérité c'était bien plus que ça, ils ne se parlaient plus parce qu'ils ne s'aiment plus. Parce qu'ils étaient incapables de surmonter leurs différences, de s'accepter. Du coup je n'ai droit ni à l'héritière ni au manoir", ajouta-t-il en plaisantant, conscient qu'il venait de refroidir considérablement l'atmosphère. Il releva finalement la tête et sourit à Charlotte.

Cette dernière lui proposa de diner et il accepta avec enthousiasme. Maintenant qu'il y pensait, il se rendait compte qu'il était mort de faim. L'avantage de travailler à son compte était qu'il n'avait pas d'horaires fixes mais il avait tendance à enchainer les courses et à oublier de déjeuner. Observant Charlotte se débarrasser de son pull -et remarquant que son t-shirt lui allait très bien- il surprit malgré lui l'échange de regards entre la jeune auror et un homme à la table derrière la leur. Bluffé, il vit l'homme s'éloigner après avoir posé les yeux sur la baguette de la jeune femme. Il attendit qu'il soit partit avant de laisser échapper un sifflement admiratif. Cette dernière lui fit remarquer avec malice qu'il n'avait pas épuisé son quota de questions.

"J'ai droit à une double question ? Il décida finalement de s'auto-accorder ce droit. Tu fais souvent fuir des gens comme ça ? C'est cool hein, carrément impressionnant, mais un peu effrayant aussi. Il rit doucement avant de poursuivre. Et sinon, que fais-tu quand tu n'es pas occupée à sauver le monde ?"


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Charlie éclata de rire en voyant l'enthousiasme d'Eliott dès qu'elle avait mentionné le mot "téléphone". Elle avait grandi dans un monde totalement moldu et avait donc toujours connu ce genre de choses. Mais son entrée à Poudlard l'avait obligé à relativiser la technologie moldue : de nombreux sorciers étaient fascinés par le monde moldu, notamment par leurs plus grands progrès techniques, notamment Internet ou les avions. D'où les cours d'Etude des Moldus à l'école. Et étant donné qu'elle était née-moldue, et était loin de le cacher, ne serait-ce que dans ses vêtements, on lui posait souvent des questions assez amusantes. "Comment l'énergie nucléaire fournit-elle de l'électricité ?" "Les escaliers qui bougent chez vous, c'est le même principe qu'à Poudlard ?" "Pourquoi les moldus passent-ils autant de temps à regarder des boites ?" "A quoi sert un canard en plastique ?". Et quand elle répondait qu'elle ne savait pas - on n'apprenait tout de même pas au primaire les fondations du nucléaire - on la regardait comme si elle venait de leur annoncer que Dumbledore et McGonagall avait entretenu une liaison secrète durant des années. Mais elle préférait cela à la haine envers les moldus qui avait rythmé le début de son adolescence. Elle avait désormais beaucoup de mal envers l'intolérance et était ravie de voir que l’Étude des Moldus était devenue obligatoire à Poudlard. Connaître les moldus pousseraient les gens à en être moins effrayé et l'ouverture des mentalités ne pouvait être que bénéfique pour tout le monde. Même si évidemment, il resterait toujours des vieux réacs' opposés à toute forme de changement et englués dans leurs traditions vieilles comme le monde qui ne correspondaient plus à une société qui avait évolué trop rapidement pour eux. Enfin, c'était un grand débat. Mais elle soutenait le MIM dans ses actions et mettait encore plus d'ardeur dans son travail, pour le projet M. Il ne fallait pas que les idées du MIM soient télescopées par de tels extrémistes. Eliott, malgré sa condition de "très" Sang-Pur n'avait jamais été comme ça, bien au contraire. Elle pouvait encore entendre Lilly râler parce que Jensen était encore avec lui - et donc pas avec elle - pour disserter sur les moldus. Alors entendre Eliott Warlock s'emballer pour un téléphone n'était pas vraiment surprenant.

- T'as pas changé à ce que je vois ! commenta-t-elle en riant. Je te le passerai, promis.

Tout en avalant une gorgée de son verre, elle songea aux paroles d'Eliott. C'est vrai que certaines choses manquaient chez les sorciers, alors qu'elles existaient chez les moldus. Le téléphone était un bon exemple, même s'il était remplacé par les notes de service au Ministère. Mais lors des opérations, un téléphone aurait été bien utile, notamment lorsqu'il fallait transmettre des informations rapidement. Le commandant de la brigade et le sous-commandant, ainsi que deux des lieutenants avaient bien des miroirs communiquant mais c'était rare et cher et pour que cela soit vraiment utile, tous les Aurors, ou du moins tous les binômes devraient en être équipés. Les ordinateurs aussi, mine de rien, pour stocker leurs dossiers. Parce que dès qu'ils avaient besoin d'un vieux dossier, il fallait descendre dans les archives du Ministère. Une pièce immense avec des milliers d'étagères et des millions de parchemins. Un vrai casse-tête, surtout qu'Accio ne marchait pas, pour des raisons de sécurité. C'était souvent les Aspirants, les "bleus", qui étaient chargés d'aller farfouiller là-bas. Elle avait réussi à s'y perdre une fois. Réellement. Et puis toutes les techniques moldues d'analyse des preuves, les méthodes scientifiques... Tant de choses qui pourraient leur être utile. Mais le monde sorcier restait le monde sorcier, avec ses défauts et ses inconvénients. Puis certains Aurors, qui étaient depuis plus de vingt ans ne supporteraient pas de voir leurs méthodes ainsi chamboulées. Ils avaient déjà du mal avec la présence de femmes...

Elle culpabilisa immédiatement en voyant les traits d'Eliott se durcir quand elle évoqua son père. Quelle idiote. Elle aurait dû se douter que John Warlock, qu'elle n'avait croisé qu'une fois, lorsqu'elle surveillait un congrès du SPAM lors de la campagne, ne digérerait pas bien l'orientation de son fils. Et elle avait remis le sujet sur le tapis, avec la délicatesse d'un Magyar à Pointes. Se maudissant intérieurement, elle se mordilla la lèvre. Eliott affirma qu'ils "ne se parlaient plus" mais son ton laissait entendre que c'était quelque chose de grave. Que dire ? Ils n'étaient pas vraiment amis, tout aurait pu paraître déplacé. Heureusement, il lança une plaisanterie pour détendre l'atmosphère et elle sauta sur l'occasion.

- Étant donné que la seule héritière de notre année était Ellen Perkins, je pense que tu n'as pas vraiment à le regretter ! lança-t-elle, légèrement moqueuse.

Ellen avait beau être plutôt mignonne dans son genre, elle était célèbre pour ses crises de jalousie monumentales au milieu de la Grande Salle, sa possessivité avec tous ses petits copains et la manière qu'elle avait de gifler toutes les filles qui avaient le malheur de croiser le chemin de ses "promis". Elle-même avait d'ailleurs failli se faire détruire les cervicales par Ellen en sixième année, quand elle s'était retrouvée en groupe de travail avec le "Mr Scott" de l'école. Elle ne devait son salut qu'à l'intervention du professeur McGonagall, bénie soit-elle. Bref, Ellen Scott avait fini par devenir la fille à fuir, à moins que vous ayez de fortes tendances masochistes. Elle plaignait sa future victime. Si future victime il y avait. Lilly ne cessait de répéter qu'elle finirait par être internée, ce qui n'était pas quelque chose d'inconcevable.

Elle sourit, amusée par la remarque d'Eliott qui avait remarqué le manège de l'homme - suspect s'il réagissait ainsi - et haussa légèrement les épaules. Elle n'était pas très impressionnante pourtant, il n'avait pas vu certains de ses collègues ! Évidemment, elle connaissait son métier et savait se battre en duel ou arrêter quelqu'un, au niveau physique du terme. Mais lorsqu'elle se présentait face à ce qui ressemblait fortement à un demi-géant dealeur de Mandragore, elle avait beau annoncer "Auror Meyer" elle n'allait pas effrayer qui que ce soit et on avait tendance à la prendre de haut. Mais il y avait toujours le prestige du badge et la renommée des Aurors qui pouvaient s'avérer utiles. Comme cette fois-ci.

- Et bien, étant donné que tu es encore là, je pense que mon potentiel d’effroi n'est pas encore complet ! Non, mais généralement, la simple vue du badge suffit à décourager les moins coriaces. Je n'ai pas de mérite là-dedans !

Elle constata que son verre était désormais vide, mais renonça à l'envie d'en commander un autre. Le jus de citrouille, c'était bien aussi. Beaucoup moins marrant, mais plus efficace pour garder les idées claires. Parce que la dernière fois qu'elle avait été appelée en urgence, c'était après une soirée plus qu'arrosée avec ses collègues aspirants. Et évidemment, elle n'était pas vraiment en état de faire correctement son travail, comme la plupart de ses camarades d'ailleurs. Et si des brides de la soirée lui manquaient, elle se rappelait en revanche parfaitement le sermon qui avait suivi. Alors oui, le jus de citrouille, c'était bien. Surtout que la cellule "M" était en alerte. Depuis les évènements américains, on craignait que le même genre de choses se produisent sur le vieux continent. Mais c'était impossible à prévoir, ils n'avaient pas d'agents infiltrés et ne disposaient que de peu d'informations sur ces Mardoliens. Pour le moment, tout ce qu'ils pouvaient espérer faire, c'était intervenir le plus rapidement possible si un attentat contre le secret avait lieu afin d'enquêter le plus vite possible et de faciliter l'intervention des Oubliators.

- Je passe beaucoup de temps à mon travail, confessa-t-elle. On bosse sur une enquête de fond primordiale, en ce moment. Puis j'adore ça donc forcément... Je fais un paquet d'heures sup'. Pour être honnête, j'alterne entre le boulot, voir mes amis de temps en temps et mes entrainements du samedi. Je n'ai pas tellement de vie en dehors de ça, en réalité.

Ce n'était pas vraiment glorieux à avouer mais c'était vrai. A Poudlard, elle n'avait pas eut beaucoup d'amis. Pleins de "copains-copines", des personnes avec qui elle était en bons termes mais n'avait eut que Jensen et Lilly comme vrais amis. Et sachant que Lilly était toujours en vadrouille et Jensen un acharné de travail, encore plus qu'elle, elle ne sortait pas vraiment, à part avec ses collègues qui étaient tout aussi fatigués qu'elle le soir. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle s'était séparée de son dernier petit-ami : il lui reprochait de travailler trop et avait même eut l'audace de lui sortir un "mais qui élèvera tes enfants si tu continues comme ça ?". Cela avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase et après trois semaines de tensions et de dispute, elle avait rompu sans regrets. Même si cela n'avait fait qu'aggraver le fait qu'elle ne sortait pas vraiment, alors pour rencontrer quelqu'un d'autre... Les seuls hommes qu'elle fréquentait étaient ses collègues et malgré le béguin qu'elle avait pu avoir pour Seamus il y a des années, elle n'imaginait pas du tout le fréquenter. Surtout qu'il vivait avec une de ses anciennes camarades de classe. Bon, elle n'avait que vingt deux ans et du temps devant elle après tout. Relevant les yeux vers Eliott, elle lui adressa un sourire malicieux.

- Et toi ? A part conduire des taxis, que fais-tu de ta vie de...

Elle se pencha légèrement au dessus de la table.

- ... sorcier exilé parmi les moldus ? Parce qu'il me semble que c'est ça, visiblement, ta situation.

Elle n'avait sûrement pas tous les éléments, mais à bien y penser, c'est ce qui lui semblait le plus plausible.

- Quand le type derrière nous regardait de manière pas vraiment sympathique, tu n'as pas porté la main à ta baguette, releva-t-elle. Or, c'est souvent un réflexe. Surtout pour les gens qui ont vécu la guerre. Ce qui me fait dire que tu es sois vraiment très pacifique - et pour avoir passé six ans là-bas, je connais bien les Gryffondor - soit tu n'en porte pas. Et un sorcier qui ne porte de baguette, c'est toujours plus qu'étonnant.

Son instructeur serait fier d'elle, d'avoir pensé à remarquer cela. Même si ce n'était pas l'observation, son défaut, mais plutôt l'infiltration et le mensonge. Elle s'entrainait en interrogatoire, mais avait du mal avec le bluff. Et se faisait un peu trop souvent leurrer par les gentilles paroles de repentis. Or, pour quelqu'un qui faisait parti de la cellule M, c'était plutôt embêtant. C'est pour cela que le commandant s'arrangeait pour la placer sur des dossiers qui lui permettrait de travailler cette faculté. Parce que s'il y avait bien quelque chose qu'elle aimerait faire, c'était infiltrer les Mardoliens pour jouer les agents doubles pour faire tomber l'organisation. C'était le but à long terme du Ministère, infiltrer ses agents. Mais c'était un secret connu uniquement des quatorze Aurors participant à l'opération et du commandant pour le moment. Il ne fallait pas prendre le risque que les Mardoliens se doutent de quelque chose. Surtout maintenant qu'ils avaient plusieurs membres du Ministère à l’œil. Toute cette affaire était loin d'être finie et s'annonçait palpitante. Tout ce pourquoi elle était entrée chez les Aurors. Pour combattre les Mangemorts restant à l'époque et désormais pour s'opposer au contraire : des pros-moldus beaucoup trop extrémistes. Abaissant les yeux vers son verre, elle en fit tourner les dernières gouttes.

- Ce n'est pas un reproche, précisa-t-elle, un léger sourire au coin des lèvres. Juste une constatation.



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Alors qu'Eliott lançait une plaisanterie pour réchauffer l'atmosphère après qu'elle se soit considérablement refroidie avec la mention de son père, Charlotte prit le parti de l'humour également en lui répondant qu'il ne manquait rien étant donné que la seule héritière de leur année était Ellen Perkins. Le jeune homme éclata de rire au souvenir de la fille la plus jalouse et la plus hystérique que Poudlard ait jamais connu, à sa connaissance. Comme à peu près tous les garçons de l'école, il l'avait d'abord trouvé très mignonne, mais s'était heureusement rendu compte qu'elle était folle à lier avant de tenter quoi que ce soit. Elle était peut-être la seule fille dont aucun garçon ne voulait, mais qui les faisait tous craquer. Il n'aurait d'ailleurs pas donné cher de sa peau si elle s'était intéressé à lui -aucun garçon de seize ans normalement constitué n'aurait repoussé Ellen Perkins- mais heureusement elle lui avait préféré son grand frère, comme toutes les filles en fait. Eliott sourit en repensant à l'époque ou Andrew rasait presque les murs et sursautait chaque fois qu'il entendait une voix de fille. Cela n'avait pas durer longtemps puisqu'Ellen avait finit par changer de cible, mais suffisamment pour qu'Eliott continue de le charrier encore aujourd'hui.

"Ellen Perkins...finit-il par souffler avec un sourire amusé. C'était la seule fille de notre année avec laquelle je n'aurais pas voulu sortir je crois, cette fille était un cauchemar !"

Il se demandait ce qu'elle était devenu d'ailleurs. Peut-être qu'elle était mariée, et qu'elle entassait dans sa cave les cadavres des femmes qui avaient osé posé les yeux sur son homme. Hum...Il devrait songer à arrêter les séries moldues, ça lui montait au cerveau. Après avoir suivi des yeux le petit manège entre Charlotte et l'homme qui venait de quitter la table de derrière -scène digne d'une série policière justement. Il se permit de demander à la jeune auror si elle faisait souvent fuir les gens de cette façon, celle-ci lui répondit en souriant qu'elle ne devait pas être si effrayante puisqu'il était encore là. Eliott répondit à son sourire en se disant que la jeune femme était vraiment loin, très loin d'être effrayante, au contraire...Ses pensées s'égarèrent un peu trop et il dut se forcer à redescendre sur terre.

"Je reste parce que tu me terrifies ! lança-t-il en riant. Je plaisante, ta compagnie vaut largement quelques frayeurs..." ajouta-t-il avec un clin d'oeil en vidant les dernières gouttes de son whisky.

N'ayant toujours pas épuisé son "quota de questions", Eliott questionna la jeune auror sur la façon dont elle occupait son temps-libre. Et il s'avéra qu'elle n'en avait pas beaucoup, de temps libre, puisqu'elle passait apparemment une grande partie de son temps à son travail. Eliott remarqua que Charlotte lui avouait ne pas vraiment avoir de vie en dehors de son travail comme si c'était quelque chose de honteux, pourtant il n'y avait pas de quoi. Il savait ce que c'était que d'être passionné et pouvait comprendre que la jeune femme soit passionnée par son métier. C'était une chance que tellement peu de gens avaient qu'il serait bien dommage d'en faire une tare. Et il fallait bien reconnaitre que Charlotte faisait un métier qui fascinaient tous les jeunes sorciers -qui n'avait jamais rêvé de devenir auror ?

"Je trouve ça génial que tu sois passionnée par ce que tu fais ! Ça fait plaisir à entendre, lança-t-il avec un sourire avant d'ajouter innocemment. Une "enquête de fond" à quel sujet ?"

Il était conscient qu'elle allait surement lui répondre que c'était "secret défense" ou qu'elle n'avait pas le droit d'en parler, mais il aurait tenté le coup. Il avait toujours été de nature curieuse et il se demandait vraiment sur quoi Charlotte pouvait travailler. Peut-être qu'elle s'occupait du cas d'Ellen Perkins qui entassait des cadavres dans sa cave, ou peut-être pas. Charlotte lui retourna sa question en demandant ce qu'il faisait de sa vie de "sorcier exilé chez les moldus". Un peu surpris par la façon dont elle voyait sa situation, qui était pourtant la bonne, Eliott haussa les sourcils et garda la silence un moment, ne sachant quoi répondre.

Charlotte lui expliqua alors tout son raisonnement. Elle avait remarqué qu'il n'avait pas porté sa main à sa baguette en voyant l'étrange type derrière eux et, le connaissant assez pour savoir qu'il n'était pas un grand pacifiste, elle en avait déduit qu'il ne portait pas de baguette. Eliott hocha faiblement la tête, ne sachant pas quelle attitude adopter. Il n'avait pas honte de ce qu'il avait fait, de ce qu'il était devenu, mais était conscient que briser sa baguette relevait presque du parjure pour un sorcier, il suffisait de voir comment son père avait réagi. Peut-être que la jeune femme allait quitter la table en lui hurlant qu'il était un traitre, et il ne souhait pour rien au monde voir Charlotte s'en aller. Cette dernière le rassura cependant en lui affirmant que ce n'était pas un reproche, juste une constatation, et il se détendit un peu.

"Vous êtes bien trop perspicace, Auror Meyer ! commença-t-il avec un sourire amusé. Mais tu as raison, je ne porte pas de baguette. Ne pas porter sa baguette était une chose, avoir brisé la sienne en était une autre, et il demandait si Charlotte pourrait le comprendre. Je l'ai cassé....volontairement."

Voilà, c'était dit. Maintenant c'était à Charlotte de décider de rester, ou de partir en courant, ou de le faire interner à SteMangouste. Désireux de changer de sujet au plus vite, il s'empressa de répondre à la précédente question de la jeune femme.

"Et quand je ne bosse pas, je...Il s'interrompit une seconde, cherchant désespérément un mot qui n'existait pas, et qu'il décida donc d'inventer. Je me "molduise" je dirais, continua-t-il en mimant les guillemets avec ses doigts. Je vais au cinéma, j'essaye de lire un peu, je fais un peu de sports moldus, du hockey et un peu de foot, je m'efforce de ne plus passer pour un alien, en fait. Je crois qu'on a faillit m'interner une ou deux fois !" ajouta-t-il en riant.

Il en riait aujourd'hui mais il y avait une une époque au cours de laquelle il craignait de dire une énormité à chaque phrase et enchainait gaffe sur gaffe. Cela allait beaucoup mieux maintenant qu'il avait acquis la culture populaire minimum, il savait qui était Mickey Mouse, Adolphe Hitler, Madona, John Lenon, George Bush et Yoda, il savait envoyé des mails et des textos et maitrisait à peu près son four à micro-ondes, il était presque devenu un moldu, après quelques efforts. Remarquant que Charlotte faisait tourner les dernières gouttes de whisky dans son verre, il leva le bras pour appeler une serveuse.

"Tu reprends un verre ?"


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- Ah, parce que tu aurais poussé le vice jusqu'à fréquenter Lilly ? interrogea-t-elle, moqueuse quand Eliott avoua qu'Ellen était la seule fille de leur année avec qui il ne serait pas sorti.

Elle adorait sa meilleure amie, c'était un fait. Mais pour sortir avec elle, il fallait quand même un sacré cran et une bonne grosse dose de patience. Et c'est là qu'on voyait que Jensen avait toute sa place à Gryffondor. Dix ans avec Lilly, c'était mieux qu'Harry Potter. Désireuse de ne pas se faire des idées, comme elle avait tendance à le faire - très mauvaise habitude, vraiment très mauvaise - elle se força à croire que la phrase d'Eliott était tout à fait anodine. Elle l'était sûrement après tout. Complètement banale, lancée au détour de la conversation, il avait dit ça comme ça. Il ne fallait pas qu'elle s'arrête sur le fait qu'elle aussi, elle était dans son année. Elle passa aussi sur le clin d’œil. Tout aussi banal lui aussi, évidemment. Ainsi que la phrase sur sa compagnie. Tout à fait anodin, complètement. Les joues légèrement roses - la chaleur de la salle était vraiment insoutenable, n'est-ce pas ? - Charlie détourna le regard d'Eliott et se fixa sur un petit trou dans le plancher. Elle avait vingt-deux ans, était Auror et indépendante, elle n'allait pas recommencer à agir comme lorsqu'elle en avait quinze et qu'elle parlait de garçons toute la nuit avec ses camarades de dortoir, non ? Même si c'était une période sympa, il fallait l'avouer. Elle avait encore en tête des fous rires mémorables à propos du Capitaine de Gryffondor de l'époque, allongée sur son lit en mangeant des bonbons tandis que Karen racontait comment il s'était pris une claque de Jolene Stetson dans le couloir des Sortilèges. Après la guerre, c'avait été vraiment bien et elle avait eut la chance d'avoir une adolescence normale contrairement à ses camarades plus âgés. Et puis, même pendant la guerre, elle avait été complètement protégée, cachée dans une campagne française. Elle devait très sûrement la vie au professeur McGonagall et à l'Ordre du Phénix, dont elle avait appris l'existence après. En arrivant chez les Aurors, elle avait fouillé les archives et mis la main sur son dossier. Elle était bien classée comme "recherchée" pour non-présentation devant la Commission d'Ombrage où on l'aurait accusée d'avoir volé une baguette magique. A treize ans, ce qui était tout à fait logique. Savoir qu'Ombrage vivait désormais entre les murs d'Azkaban était désormais un grand soulagement.

- Je ne peux pas t'en parler, répondit-elle avec un sourire désolé. A moins que je fasse venir les Oubliators, mais après, c'est tout plein de paperasses... C'est galère. Je pourrais bien évidemment t'effacer la mémoire moi-même, mais je m'en voudrais tellement de te transformer en légume... Ça serait plus que dommage ! ajouta-t-elle innocemment.

Elle aussi, c'était complètement anodin. Bien évidemment. Elle rit quand Eliott affirma qu'elle était bien trop perspicace mais son rit s'éteint quand il avoua qu'il avait cassé sa baguette volontairement. Plus que surprise - elle n'avait jamais entendu ça de sa vie - elle ne savait pas vraiment quoi en penser. Des sorciers qui mettaient de coté leur baguette, cela arrivait. Mais qui la cassait volontairement, c'était clairement plus impressionnant. C'était carrément renier sa nature de sorcier, tout ce qui faisait qu'on était magique. Réalisant soudainement que sa réaction pouvait prêter à confusion, elle secoua la tête en coinçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

- Je suis juste surprise, expliqua-t-elle en riant doucement. C'est... radical.

Comment est-ce qu'on pouvait en arriver jusqu'à briser sa baguette ? Elle connaissait les Gryffondor, elle en faisait parti, ils pouvaient être impulsifs mais à ce point là... Et sans baguette, on se passait d'une grande partie du monde magique. On ne pouvait plus accéder au Chemin de Traverse ou au Ministère... Tout ce qui restait, c'était le transplanage. Et puis c'était l'impossibilité d'exercer un métier magique, aussi. Et même si Eliott changeait d'avis, il ne pouvait accéder à Ollivander sans être accompagné de quelqu'un, comme un première année.

- Même moi, qui suis pourtant née-moldue, je ne m'imagine plus vivre sans magie. Ouais, décidément, c'est plus que radical ! ajouta-t-elle en riant. Tu ne fais pas les choses à moitié ! Je m'en rappelais, mais à ce point là !

Elle utilisait la magie pour toutes les petites choses du quotidien, faire son lit, se lisser les cheveux, s'éclairer parfois, le ménage, agrandir la capacité de son sac, faire une valise, cuisiner... Pour vivre, en fait. Même si elle avait un appartement moldu, pour ne pas dépayser ses parents et garder le contact avec toute sa famille, elle y faisait beaucoup de magie. Et puis, quand elle retournait à Oxford ou qu'elle sortait tard le soir, elle aimait savoir qu'elle avait baguette sur elle, pour se défendre. Elle avait été plongée dans la magie à l'âge de onze ans et n'en n'était jamais ressortie, elle était plus sorcière que moldue, désormais. Évidement, elle savait faire encore de nombreuses choses, notamment parce que ses parents n'aimaient pas qu'elle fasse de la magie devant eux - cela les perturbait un peu - et elle saurait se débrouiller sans, mais tout de même. En plus, Eliott était né dans une famille de sorciers, plutôt traditionalistes. C'était une expérience encore plus radicale. Et quelque chose lui disait que ses parents n'avaient pas vraiment dû apprécier ce qu'avait fait leur fils.

- Oh, non merci, répondit-elle à la proposition d'un nouveau verre. Je ne suis pas de garde cette nuit mais le Bureau peut m'appeler. Et avec un peu trop d'alcool dans le sang, cela ne fait pas très sérieux ! Mais ne te prive pas pour moi, je vais passer au jus de citrouille.

Tandis que le serveur s'approchait, elle commanda une omelette - sans œufs de Doxys merci - avant de se retourner vers Eliott, pleine de questions. L'histoire de sa baguette l'avait plus qu'intriguée, c'était la première fois qu'elle faisait face à un cas de figure de ce genre.

- Même si je veux bien concevoir que la culture moldue est passionnante, que le cinéma c'est génial et que j'ai déjà passé tout un week-end à regarder des films romantiques avec ma petite sœur, j'ai tout de même une question. Pourquoi ? Je veux dire, pourquoi avoir brisé ta baguette au lieu de la ranger bien sagement quelque part ? Parce que, c'est définitif du coup ? Tu ne reviendras plus dans le monde sorcier ?

Elle avait posé plus de questions que lui et en une fois, mais elle lui adressa un sourire malicieux pour faire passer la pilule.

- La galanterie m'autorise à te questionner autant que je veux. Il faut bien que je sache avec qui je prends un verre ! ajouta-t-elle.

Toujours aussi anodin, évidemment.


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Comme il s'y était attendu, Charlotte ne pouvait rien lui dire sur le "projet top secret" qui l'occupait. La curiosité d'Eliott était définitivement éveillée mais il ne posa pas plus de question, pour ne pas mettre la jeune femme dans l'embarras. Et puis, il ne tenait pas à ce qu'elle le transforme en légume, à vrai dire. Il sourit en l'entendant dire que ce serait vraiment dommage, tout en se demandant si elle lançait ça comme ça, de façon tout à fait anodine, où s'il devait comprendre un peu plus que ça. Non, bien sur que non. Il se faisait des idées. Il avait cette mauvaise habitude de s’emballer pour rien. Il joignit son rire à celui de Charlotte quand il affirma qu'elle était trop perspicace. C'était parfaitement vrai, il n'aurait bientôt plus de secrets pour elle si elle continuait ainsi, et elle restait auréolée de mystère, ce qui la rendait encore plus attirante à dire vrai...

Il perdit vite son sourire quand un silence lourd suivit sa déclaration. Il savait qu'il aurait du mentir. On ne balançait pas ce genre de choses comme ça, parce que les gens ne comprenaient pas. C'était presque un crime de briser sa baguette, une honte aussi. Ça devait paraitre impensable pour la majorité des sorciers. Pourtant, sur le moment, il avait eu le sentiment de faire exactement ce qu'il fallait, comme si c'était la seule solution, la dernière échappatoire. Il s'en souvenait parfaitement. Les regards de toute sa famille posés sur lui, lourds de reproches, son père tremblant de rage, sa mère au bord des larmes, il aurait du se sentir atrocement mal, fixer sa baguette brisée en deux avec horreur, mais non. Il avait vécu ça comme une victoire. Il avait réussi à aller jusqu'au bout, envers et contre tous, il avait assumé son choix jusqu'au bout.

Charlotte brisa finalement le silence en expliquant qu'elle était juste surprise, que c'était plutôt radical. Radical, ça l'était ! Il avait toujours su à quel point ce geste était fort, symbolique, mais il ignorait tout ce qu'il casserait en brisant ce morceau de bois en deux. Il n'avait pas réellement conscience de tout ce qui était en jeu. Il fallait le faire, c'était tout. Pour montrer qu'il croyait vraiment à ce qu'il disait, pour prouver qu'il en était capable, que ce n'était pas des paroles en l'air, pour faire comprendre à son père que son attachement au monde moldu était réel. C'étaient pour toutes ces raisons là qu'il avait agit. Parce que sinon son père aurait continuer de le voir comme un adolescent attardé avec une lubie un peu étrange, mais passagère. Avec le recul, maintenant qu'il savait tout ce qu'il avait perdu, il se demandait s'il le referait, si ça valait la peine.

Charlotte se chargea de détendre l'atmosphère en affirmant qu'elle ne s'imaginait plus vivre sans magie et qu'il ne faisait décidément pas les choses à moitié. Eliott sourit et haussa les épaules. Ce n'était pas ce qui avait été le plus dur, vivre sans magie. Il avait craint que ce ne soit difficile, et ça l'avait été, mais ça aurait pu être bien pire. Finalement, quand on avait plus le choix, on développait de nouveaux réflexes assez vite. Il fallait bien continuer à vivre, alors on s'adaptait.

"J'ai peut-être tendance à être excessif, je le reconnais, plaisanta-t-il en levant les deux mains comme pour se dédouaner. S'il y avait bien une chose qu'il ne connaissait pas, c'était la demi-mesure, et son frère avait beau avoir tout essayer pour le tempérer un peu, rien n'y faisait. Mais on s'habitue plutôt vite, en fait. C'est vraiment perturbant au début, c'est dingue le temps qu'on peut perdre à chercher tout et n'importe quoi, mais on s'y fait."

Désireux d'écourter la conversation sur ce sujet, il proposa un nouveau verre à Charlotte qui refusa en expliquant que le bureau pouvait l'appeler à tout moment. Eliott hocha la tête. Il pouvait parfaitement comprendre, arriver au travail avec les idées embrumées n'était pas recommandé, mais il était impressionné par les responsabilités de la jeune femme, qui devait être joignable et disponibles à toute heure. Il était assez admiratif à vrai dire, ça n'avait jamais été son truc à lui, les responsabilités, et il n'aurait jamais pu en assumer autant.

"Non tu as raison, répondit-il quand elle lui assura de ne pas se priver pour elle. Je devrais suivre ton exemple, je ne voudrais pas que tu me passes les menottes pour conduite en état d'ivresse !" ajouta-t-il en riant. En revanche il voulait bien qu'elle les lui passe pour autre chose...Hum, c'était vrai qu'il faisait chaud ici ! Il jeta un regard à la fenêtre et constata qu'il continuait de neiger à gros flocons, il devrait très probablement rentrer en transplanant, ce qui ne l'autorisait pas à boire non plus.

Il suivit donc l'exemple de son ancienne camarade et demanda un verre de jus de citrouille, avec un filet de veaudelune. Alors que le serveur s'éloignait, Eliott vit Charlotte poser sur lui un regard inquisiteur. Visiblement sa tentative pour éviter le sujet était un échec. Elle commença par reconnaitre que la culture moldue était passionnante et il hocha la tête, il continuait de s'étonner tous les jours, avant de lui demander pourquoi il avait brisé sa baguette alors qu'il aurait simplement pu la ranger dans un coin.

Le jeune homme réfléchit un instant à ce qui ce serait passer s'il avait oublié sa baguette dans un tiroir. Il ne se serait jamais disputé si violemment avec son père, ferait encore partie de la famille. Il aurait continuer à subir les pressions constantes les "Trouves toi un emploi sérieux" et "Quand te décideras-tu à étudier quelque chose d'utile ? ". Et il aurait craquer, sans doute. Étouffé sous la pression, il aurait finit par céder, pour se libérer de tout ça, mais il n'aurait pas été libre justement. Il aurai trouvé un emploi au ministère et se serait appliquer à gravir les échelons un par un pendant des années, en regrettant toute sa vie de ne pas avoir essayé d'accomplir ses rêves.

"Je voulais pas me laisser le choix, répondit-il finalement. Je tenais vraiment à aller jusqu'au bout, à vivre chez les moldus, et comme un moldu, et je ne sais pas si je l'aurais fait si j'avais eu le choix de la facilité. J'aurais fini par craqué, j'imagine. Ce n'était pas très glorieux à avouer, mais il fallait être lucide, il n'aurait pas supporté les remarques de son père éternellement. Il avait eu le choix entre détruire les espoirs de son père à jamais, ou y céder. Il aimait se dire qu'il avait fait le bon choix, même s'il lui arrivait d'en douter en ce moment. Et je serais probablement employé au ministère et marié à Ellen Perkins à l'heure qu'il est !" ajouta-t-il avec plus de légèreté, parfaitement conscient que ce n'était qu'à moitié faux.

Alors que le serveur leur apportait leurs verres de jus de citrouille et leur assurait que leurs plats seraient bientôt prêt, Eliott réfléchissait à ses dernières paroles. Il avait vraiment du mal à s'imaginer marié, à vrai dire. Il avait du mal à s'occuper de lui même, alors entretenir un mariage...Et puis il ne voyait pas vraiment avec qui il pourrait se marier, la plupart des filles moldus continuait de le trouver un peu bizarre -non, il ne savait pas qu'un fer à lisser n'avait rien à voir avec un fer à repasser- et il ne fréquentait plus le monde sorcier. Il pourrait épouser une fille comme Charlotte en fait, une sorcière qui accepterait sa situation, une fille gentille, drôle, indépendant, et puis jolie...

"J'aurais au moins échappé à un mariage désastreux ! reprit-il. Tu souhaiteras tous mes vœux de bonheur à Jensen et Lily d'ailleurs, ajouta-t-il, ne se souvenant plus l'avoir dit quand elle lui avait annoncé leur mariage, un peu plus tôt. Je n'arrive pas à croire qu'on soit en âge de se marier...J'ai l'impression qu'on passait nos ASPIC hier..."


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Est-ce qu'elle y arriverait ? Choisir entre l'un des deux mondes ? Choisir entre ses deux identités ? Charlotte Meyer, la fille d'avocat et d'enseignant, la petite Meyer impossible à battre à l'élastique ou bien l'Auror Meyer, qui traque les Mages Noirs et les terroristes magiques sans relâche ? Si un jour le choix devait s'imposer, pourrait-elle assumer sa décision sans regret ? Abandonner le monde moldu et toute une part de son histoire, sans compter toute sa famille et sa culture pour choisir un monde d'adoption, où elle avait construit sa vie d'adulte ? Elle était née dans le monde moldu, c'était quelque chose qu'elle ne pourrait jamais changer. Elle y avait grandi jusqu'à ses onze ans, bien loin de la magie et sans ne serait-ce qu'imaginer un seul instant qu'elle finirait à Poudlard. A son arrivée à l'école, tout avait été un véritable émerveillement et elle s'était bien vite attachée à ce nouveau monde et à ses capacités de sorcière. Quand elle avait dû quitter le pays pendant la guerre et qu'elle s'était réfugiée en France, chez Marie, et qu'elle avait dû abandonner sa baguette magique pendant de longs mois, ainsi que le monde de la magie cela avait été très dur. Elle y était bien trop attachée, ainsi qu'à son pays et Poudlard. Et désormais, elle vivait complètement à la sorcière. Elle bossait au Ministère, se servait de sa baguette magique au quotidien et aurait été complètement désœuvrée dans le monde moldu. Elle était une sorcière et c'était tout. Les seuls liens qui la maintenaient chez les moldus étaient ses parents et sa sœur, Alison. Sans eux, elle n'aurait aucune raison d'y rester. Tous ses amis étaient sorciers, ses diplômes aussi. Et sincèrement, elle ne s'imaginait pas vivre une banale existence de moldue.

- Je ne sais pas si j'en aurais eu le courage, avoua-t-elle. Enfin, si tu t'y retrouves, c'est l'essentiel ! Même si je maintiens qu'il n'y a aucun mal à être employé au Ministère ! précisa-t-elle en riant.

Charlie avait toujours été une bonne élève, que ce soit à Poudlard ou avant. Et même après qu'elle soit partie pour une école de sorcellerie, ses parents s'étaient toujours tenu très au fait des matières qu'elle suivait et des notes qu'elle obtenait. Ils avaient même acheté une fois - lors d'une expédition assez mémorable sur le Chemin de Traverse - le livre "Parents moldus : tout sur la scolarité de vos enfants". Elle devait être l'une des seules nées-moldues qui s'était faite punir pour une mauvaise note en Astronomie. Enfin, quoi qu'il en soit, ils l'avaient toujours passé à ne rien laisser de coté et elle avait fini par décrocher six ASPICS. Et quel drame quand ses parents avaient appris qu'elle voulait devenir Auror ! En effet, même si le livre "L'orientation de votre enfant sorcier" admettait que les Aurors étaient une élite, Rosemary et Ethan Meyer avaient du mal avec le fait que leur fille aille se battre contre d'autres sorciers. A vrai dire, il la voyait plutôt Médicomage ou Avocate au Ministère de la Magie. Leur faire comprendre qu'elle préférait un travail de terrain n'avait pas été très facile. Alors elle leur cachait une grande partie de son métier, passant sur les aspects les plus dangereux. Mais bon, avec six ASPICS en poche et sept BUSES, elle n'aurait pas vraiment aimé finir secrétaire dans un Département pour subir les remarques graveleuses des employés parce qu'elle portait une jupe moldue et pas une robe sorcière qui cachait même les chevilles. Et l'avantage de l'insigne, c'était que ça tenait en respect la plupart des grands comiques au rire gras. Ça et le fait qu'elle puisse les immobiliser avant même qu'ils n'aient pu songer à tourner les talons.

- On passait nos ASPICS hier ! répliqua-t-elle tandis que leurs plats arrivaient. C'est passé si vite... Mine de rien, cela fait déjà un peu plus de six années qu'on a quitté Poudlard... Six ans ! Je me rappelle de tout comme si c'était hier... La Salle Commune, les fêtes de Quidditch... Dérébusor !

Après la guerre, tout avait été génial. Pour eux, évidemment. Ils avaient été dans le camp des vainqueurs et n'avaient perdu personne de proche. Gryffondor avait pleuré ses décès, oui, puis s'était relevé, fier et décidé à avancer. Elle était belle l'époque où leur équipe de Quidditch était excellente et ne souffrait aucun échec, menée par Ginny Weasley puis par Demelza Robbins. Des heures passées à faire un bruit monstre avec de la nourriture et des boissons honteusement piqués en cuisine. Après la guerre, la solidarité entre les maisons et à l'intérieur s'était resserrée, même si Serpentard restait à part. Ils avaient eut une bonne promotion tout de même, où tout le monde s'entendait bien. Oui, elle gardait un sourire plus qu'excellent de ses années à Poudlard et parfois - souvent après quelques verres avec Lilly - elle regrettait que cela soit terminé. Elle avait beau adorer son job, sa vie d'adulte, son appartement - parce que sept ans à partager une salle de bain avec quatre autres filles c'était usant - parfois, elle regrettait l'insouciance de ses seize ans où elle n'avait pas d'autre préoccupation que ses devoirs et de plaire à Mark, son petit copain de l'époque.

- Je passerai ton mot à Jensen et Lilly, je suis sûre qu'ils seront heureux d'avoir de tes nouvelles ! Par contre, même si officiellement, on est tous en âge de se marier - en bons adultes responsables que nous sommes censés être - je ne me vois pas du tout sauter le pas tout de suite ! Sincèrement, tu t'imagines marié et bon père de famille, là, maintenant tout de suite ?

Elle aimait les enfants et avait fait de nombreux baby-sitting dans le voisinage de ses parents à Oxford, certes. Mais elle aimait beaucoup plus sa liberté et son indépendance. Sortir sans rendre compte de à personnes, travailler autant qu'elle le voulait sans autres reproches que ceux de son chat qui trouvait que les croquettes arrivaient bien tard et surtout vivre comme elle l'entendait, que ce soit en acceptant une mission en France au pied levé ou en prenant ses vacances en dehors des vacances scolaires. Et même pour sa carrière ! Elle était titulaire depuis trois ans et comptait bien un jour former des Aspirants à son tour et même passer Lieutenant, c'est à dire diriger des cellules et des groupes composés de plusieurs binômes. Elle ne se sentait pas vraiment l'âme d'un commandant, mais Lieutenant lui plairait. Et puis de toute manière, même si Harry Potter refusait les promotions trop rapides, ce n'était un secret pour personne qu'il finirait à la tête du Bureau un jour ou l'autre. Il était le Survivant, après tout. Et quant au mariage... Il fallait d'abord trouver le bon ! Lorsqu'elle était à Poudlard, Teresa Hopkins disait souvent qu'elle trouvait désespérant qu'elles connaissent toute la population mâle de Poudlard et donc qu'elles épouseraient forcément quelqu'un qu'elles connaissaient. Mine de rien, quand on repensait à certains garçons, c'était assez désespérants, en effet.


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Se laissant aller à la nostalgie, Eliott lança qu'il avait l'impression qu'ils avaient passé leur ASPIC hier. C'était pourtant loin, quand on y pensait. Six ans...Et il s'en était passé des choses, en six ans. Sa vie avait changé du tout au tout. A l'époque il vivait encore au manoir, Andrew aussi. Ses rapports avec son père étaient déjà tendus, mais comme ceux de n'importe quel adolescent un peu rebelle avec ses parents. Sa mère se contentait de lui reprocher sans cesse qu'il avait les cheveux trop longs -ce en quoi elle n'avait pas complètement tort- et son père critiquait à peu près tout ce qu'il faisait en le qualifiant d'imbécile immature -ce qu'il était- mais ça n'allait pas plus loin. De son coté il testait les limites, jeune et con qu'il était, mais ne faisait rien de bien méchant. Le jour de ses 18 ans il s'était fait faire un tatouage moldu à l'intérieur du bras, ça avait provoqué une belle dispute, mais l'histoire avait vite oubliée. A présent ils traversaient une crise qu'ils n'oublieraient sans doute jamais, s'ils en sortaient un jour. Eliott soupira en se disant qu'il aurait peut-être dû prendre un deuxième whisky finalement.

Charlotte lui fit bien vite retrouver le sourire en évoquant leurs souvenirs de Poudlard. La salle commune, les fêtes d'après match, Dérébusor. Eliott grimaça à l'évocation de l'horrible professeur d'astronomie. Il l'avait toujours détesté, et ce vieux fou le lui avait bien rendu. Il n'avait jamais été un élève modèle, incapable de tenir en place, mais il n'avait jamais appartenu aux pires cancres de l'école, de ceux qui se permettaient d'être insolents et enchainaient les conseils de disciplines. Pourtant il avait du frôler le renvoie, ou la mort, plusieurs fois en cours d'astronomie, Dérébusor l'exacerbait au plus au point et il avait eu une fâcheuse tendance à répondre à chacune des brimades de l'astronome.

"Je le détestait celui-là ! s'exclama-t-il en riant. Et il me le rendait bien d'ailleurs, mais je crois me rappeler qu'il n'aimait pas beaucoup Lilly non plus ?" demanda-t-il en essayant de se souvenir si c'était bien elle que Dérébusor avait failli passer par dessus la rambarde de la tour d'astronomie un jour.

Il rit à ce souvenir en se disant qu'ils avaient vraiment passé de belles années à Poudlard. Oh la vie d'adulte lui plaisait, il avait fait ce qu'il voulait, envers et contre tout, et était fier d'être arrivé là où il était, mais les choses étaient plutôt compliquées, surtout en ce moment, et il regrettait souvent insouciance de ses dix-sept ans. Alors qu'on leur apportait leurs plats, la conversation dériva justement sur Lilly, qui s’apprêtait apparemment à se marier avec Jensen. Eliott les enviait un peu à vrai dire. Il se sentait plutôt seul en ce moment et il aurait aimé avoir quelqu'un avec qui partagé sa vie. Charlotte n'était visiblement pas de cet avis puisqu'elle répondit que même s'ils étaient censés être "adultes et responsable" -Eliott sourit, le jour où il serait responsable, les hiboux auraient des dents- elle ne se voyait pas sauter le pas tout de suite.

"Sincèrement, tu t'imagines marié et bon père de famille, là, maintenant tout de suite ?"

Bon, père de famille certainement pas. Il aimait beaucoup les enfants, mais pour l'instant il se contentait de bien les aimer de loin. Il avait déjà du mal à s'occuper de lui-même, comme le disait souvent son frère, alors il se voyait mal s'occuper d'un enfant. C'était que c'était plutôt fragiles ces trucs là.

"Certainement pas père de famille ! Ce serait....dangereux..." répondit-il avec d'éclater de rire.

Mais marié, pourquoi pas après tout ? Il avait toujours cru au coup de foudre, au destin, et si un jour il trouvait la bonne -et la vrai cette fois, pas comme les douze précédentes- il se voyait bien l'épouser. Bon, autant dire que cela n'arriverait pas tout de suite puisque chaque fois qu'il rencontrait la femme de sa vie l'histoire se finissait trois semaines plus tard, mais il gardait bon espoir. Et le fait que Charlotte refuse complètement cette possibilité le blessait dans son égo d'inconditionnel romantique. N'y avait-il donc plus personne pour être niais comme un Poufsouffle ? Enfin, mis à part les Poufsouffles.

"Tu y es si fermée que ça ? s'étonna-t-il. Attends, imagine que je sois...Il chercha dans sa mémoire le nom du capitaine de Quidditch de Gryffondor lorsqu'ils étaient en septième année, celui qui faisait craquer toutes les filles et que les autres garçons essayaient de détester sans y parvenir parce qu'en plus d'être beau garçon il était plutôt sympa. Mais si, un espace de bellâtre avec les cheveux bruns, toujours bronzé, c'était le capitaine de l'équipe...Matt Bennett ! s'écria-t-il soudainement. Voilà, imagine donc que je sois Matt Bennett, pour qui tu craquais complètement en septième année, et ne me dis pas "non" parce que toutes les filles craquaient pour Matt. Non, il n'était pas jaloux. Du tout. Nous ne nous sommes pas vus depuis des années mais à la minutes où nous nous retrouvons, c'est le coup de foudre. Tu me connais déjà depuis des années, il n'y a même pas besoin de faire connaissance. Un sourire espiègle se dessina sur son visage alors qu'il poursuivait. Et maintenant, imagine que je me lève, devant tout le monde, il balaya la pièce bondée d'un geste de la main, que je m'agenouille et que je te demande de m'épouser, tu ne dirais quand même pas non ?"

Bon, il y avait peut-être un très léger parallèle avec leur situation, mais ce n'était pas volontaire, évidement. Il espérait qu'elle ne dirait pas non, déjà parce que ce ne serait pas sympa pour ce pauvre Matt Bennett, et parce qu'en plus sa foi inébranlable en l'amour véritables, celui des histoires pour enfants, en prendrait un sacré coup. Mais il osait croire que Charlotte n'était pas assez cruelle pour humilier fictivement Mat Bennett au milieu d'un restaurant bondé. Néanmoins, pour mettre plus de chances du coté du romantisme Poufsoufflien, il adressa un la jeune femme un regard suppliant.

"Je suis prêt à la faire pour de vrai !" lança-t-il, comme pour la mettre au défi de refuser.

Un jour il serait "adulte et responsable" comme elle disait, mais pas aujourd'hui. Il aimait beaucoup trop se comporter en Gryffondor idiot qui se lançait dans des défis tout aussi stupide.


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- Dérébusor n'aimait personne de toute manière ! répliqua-t-elle en riant. A moins de pouvoir réciter sur le bout des doigts toutes les étoiles de la galaxie, tu avais un quotient intellectuel à peu près équivalent à celui d'une pomme de terre.

L'Astronomie était la seule matière qu'elle avait arrêté après ses ASPICS, pour avoir de la place pour réviser les autres officiellement mais aussi parce que Dérébusor était proprement insupportable. Après l'incident entre Lilly et lui, elle avait détesté passer ses soirées là-bas à voir des étoiles qu'elle avait fini par mémoriser en deuxième année. C'était des heures de sommeil en moins passées à congeler dans une Tour exposée au vent à manier un lourd télescope. Généralement, elle passait la soirée à chuchoter et à rire avec Lilly, tandis que Jensen tendait l'oreille en espérant entendre des brides de leur conversation. Et quand elles revenaient à leur dortoir, elles étaient trop amusées pour dormir et passaient généralement une nuit blanche à papoter sur le lit de Lilly, dissimulées derrière un sortilège d'insonorisation, de peur que leurs camarades tentent de les assommer pour qu'elles se taisent. Et elles rattrapaient leur sommeil en Histoire de la Magie, s'étant précipitées sur les places au fond de la salle, les préférées des cancres. C'était une période super, Poudlard. Elles se voyaient moins maintenant. Déjà, elles ne partageaient plus le même dortoir et puis Lilly passait presque la moitié de son temps à l'étranger, même si ça allait mieux désormais. Et puis, son boulot d'Auror lui prenait du temps et Jensen voulait passer du temps seul avec sa petite-amie, ce qui était compréhensible. Elle se promit d'appeler Lilly dès demain matin pour qu'elles passent la journée ensemble. Elle voulait savoir comment était la demande de Jensen et puis passer un peu de temps ensemble, comme à Poudlard où elles discutaient sans se lasser pendant des heures et où on les voyait toujours ensemble.

Étonnamment, elle n'avait pas de mal à imaginer pourquoi ce serait dangereux pour un bébé de passer du temps avec Eliott. Elle se rappellerait toujours la tête de Jensen quand on lui avait collé sa petite nièce dans les bras un été et qu'il avait vraiment manqué de la faire tomber sur le sol de la terrasse. Elle, elle s'était occupée de sa petite sœur Alison et avait fait de nombreux baby-sitting pendant l'été, pour avoir de l'argent de poche qu'elle convertissait parfois en gallions pour se faire plaisir lors des sorties à Pré-au-Lard. Désormais Alison avait bien grandi (et elles se ressemblaient de plus en plus selon leur parents, mais c'était une autre histoire) mais cette expérience avec les enfants avait sûrement sauvé la vie, ou du moins le crâne de la nièce de Jensen. Elle n'était pas d'accord sur toutes ces histoires des femmes naturellement douées avec les enfants mais devait reconnaitre qu'avoir eu des poupées dans les bras - évidemment parce qu'elle était une fille et que c'est ce qu'on donnait aux filles - devait aidait en quelque sorte.

- Non, je ne suis pas si fermée que ça, mais on est un peu jeunes, non ?

Elle s'apprêtait à protester pour Matt Benett quand Eliott la devança. Bon, certes, Matt Benett était mignon, toutes les filles de Poudlard en avait convenu. Il était sur toutes les listes - oui, elle l'avouait, avec Lilly et les autres filles de leur dortoir elles avaient fait des listes de garçon en cinquième et sixième année - et oui, elles allaient soutenir l’Équipe de Gryffondor aussi pour ça. Sauf qu'en septième année, ce n'était pas pour Matt Benett qu'elle avait le béguin mais pour Eliott. Bon, elle avait toujours, depuis toute jeune, été une incorrigible fleur bleue, ce qui faisait beaucoup rire Lilly. Elle avait craqué sur beaucoup de garçons de l'école, sans rien leur dire, par timidité. Son seul petit ami avait été Mark, un Poufsouffle de leur année, avec qui elle avait rompu à la fin de la sixième année. En septième, c'était sur Eliott qu'elle craquait et seule Lilly l'avait su et sûrement Jensen, même si elle ne lui avait jamais dit officiellement. Rien que de repenser à ce béguin, face à Eliott évidemment, la fit sourire et elle but une gorgée du jus de citrouille qu'on lui avait apporté avec son plat, pour étouffer ce sourire idiot et cacher un peu ses joues rosissantes. Un peu de tenue et de dignité voyons. Quand elle reposa son verre, elle fit face au sourire espiègle d'Eliott. Très amusée, elle se cala dans sa chaise en croisant ses bras sur sa poitrine. Sans savoir vraiment quoi répondre, elle baissa les yeux en riant un peu.

- C'est une question piège ! répliqua-t-elle en riant. Parce que je te dise, ou à Matt, oui ou non, tu vas te mettre à genoux devant tout le monde, ne serait-ce que pour m'embêter ! Et ne dis pas non, je te connais ! ajouta-t-elle avant qu'il ne la coupe.

Un immense sourire aux lèvres, et sûrement un peu idiot, elle en était persuadée, elle but de nouveau une gorgée de sa boisson pour se donner le temps de réfléchir. Même si Matt était mignon, c'était un fait, elle n'avait jamais été amoureuse de lui. Et pourtant, elle avait été amoureuse de beaucoup de garçons jusqu'à maintenant ! L'idée du coup de foudre était certes, séduisante, mais à force de fréquenter des copines désabusées qui se baladaient avec un stock de mouchoir parce que "tous les même", elle avait certains doutes. Et puis, elle s'était emballée pour toutes ses relations après-Poudlard et ça s'était toujours mal terminé parce que décidément, malgré tout ce qu'elle avait cru, ce n'était pas le bon garçon. Elle s'était toujours emballée trop vite et cela lui avait joué des tours après, le garçon parfait se révélant être un abruti de première dès qu'il le voulait. C'était l'une de ses bonnes résolution de l'année, d'ailleurs. Ça et ralentir sur les Plumes en Sucre. Elle avait lamentablement échoué sur la deuxième autant tenir la première !

- Je m'en voudrais énormément de briser le cœur de Matt, si tu savais à quel point ! lança-t-elle en riant. Mais je lui répondrai que je ne suis pas le genre de filles à me marier avant le troisième rendez-vous ! Mes parents m'ont inculqué des valeurs tout de même, ajouta-t-elle, malicieuse.

Amusée, elle adressa un sourire rayonnant à Eliott avant de prendre une bouchée de son plat. C'était bien tout de même d'avoir croisé Eliott, elle avait oublié qu'il faisait toujours rire tout le monde à Poudlard et qu'on passait de bons moments en sa compagnie. Finalement, elle ne regrettait vraiment pas d'avoir été réquisitionnée pour cette mission de dernière minute. Sinon, elle aurait juste passé une soirée chez elle à lire un bouquin ou serait sortie comme d'habitude avec ses collègues au Circée, à Bristol.

- Oh, et s'il te traversait l'esprit de te mettre à genoux devant cette salle remplie, je te rappelle juste que moi, je porte une baguette à ma ceinture et que je touche une cible à cinquante mètres, précisa-t-elle avec un grand sourire innocent.

Le pire c'est qu'elle savait que ce n'était pas des paroles en l'air et qu'il était réellement capable de le faire s'il en avait envie, aussi prompte soit-elle à lancer des sortilèges. Même si stupéfixer quelqu'un au milieu d'un repas pouvait vraiment faire mauvais genre. Quoique, elle portait son badge. Mais elle n'allait pas vraiment stupéfixer Eliott. Y'avait toujours de la paperasse après. Et puis elle passait une bonne soirée, Eliott était gentil et elle l'aimait bien. Elle avait oublié qu'elle l'aimait vraiment bien, d'ailleurs. C'était vraiment bien de l'avoir croisé, vraiment. Et un coup d’œil à sa montre lui indiqua que le temps passait bien vite. Mine de rien, tout en continuant à couper son repas, elle lança d'une voix qui se voulait détachée :

- Tu fais quoi vendredi prochain ?

Légèrement rossissante, elle haussa les épaules.

- Après tout, j'ai dis trois rendez-vous !

Elle allait se prendre un refus tranchant et elle n'aurait plus qu'à aller se plaindre chez Lilly pendant des heures en mangeant des Plumes en Sucre. Et vu comment elle venait d'outrepasser ses bonnes résolutions sans réfléchir, elle le méritait bien.


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Le sourire d'Eliott s’agrandit quand il vit Charlotte rosir. Non seulement il était assez fier de son coup, mais il devait également reconnaitre qu'elle était particulièrement jolie ainsi, les yeux brillants et les joues roses. Elle lui répliqua en riant que c'était une question piège parce que quoi qu'elle réponde à ce cher Matt Bennett, il allait s'agenouiller devant tout le monde pour l'embêter. Il s’apprêtait à la contredire quand elle le devança, assurant qu'elle le connaissait. Elle n'avait pas tort, sans jamais être proches ils avaient passé plusieurs années de leur vie ensemble et ils se connaissaient plus ou moins. C'était ce qui était génial d'ailleurs. Il n'avait pas à se demander si Charlotte était une horrible manipulatrice cachée derrière un sourire candide ou une de ces filles capricieuses insupportables. Il connaissait l'adolescente qu'elle avait été mais découvrait l'adulte qu'elle était devenue et était content qu'elle n'ait pas trop changé.

"Comme si c'était mon genre de t'embêter !" s'offusqua-t-il pour la forme en riant à son tour.

C'était terriblement tentant, à vrai dire. Il n'avait jamais été de ceux qui se préoccupaient du regard des autres -on parlait d'un sorcier chauffeur de taxi tout de même- et il se savait parfaitement capable de s'agenouiller au beau milieu du restaurant et de réclamer le silence pour se lancer dans une demande ridicule. Ça leur ferait un souvenir à raconter quand...Oh, est-ce qu'il venait de penser "quand ils seraient vraiment mariés ?". L'idée s'était installée bien vite dans son esprit pour quelque chose qui ne devait être qu'une plaisanterie. En moins de dix minutes il était passé du stade "J'aime bien Charlotte" à "Je me vois bien épouser Charlotte". C'était presque affligeant, il ne changerait jamais.

"Alors ? Indécise ?" insista-t-il, bien décidé à avoir une réponse.

Charlotte lui répondit qu'elle s'en voudrait affreusement de briser le cœur de Matt -c'était vraiment un garçon gentil en plus, il ne le méritait pas- mais qu'elle lui répondrait qu'elle n'était pas le genre de fille à se marier avant le troisième rendez-vous, affirmant que ses parents lui avaient inculqué quelques valeurs. Eliott éclata de rire, trois rendez-vous, c'était plutôt permissif. Il préférait ne pas imaginer la tête de son père si Paige épousait quelqu'un après trois rendez-vous. Mais de toute façon Paige n'épouserait jamais personne parce que son premier petit ami se ferait massacrer par Eliott, puis par Andrew, et leur père l’achèverait. Cela devrait suffire à décourager les suivants. Hum, il commençait à réaliser que sa sœur avait peut-être raison quand elle se plaignait d'être trop protégée.

Quoiqu'il en soit il était particulièrement fier d'avoir arracher un demi-oui à Charlotte. C'était une magnifique victoire du romantisme idiot sur le raisonnement sérieux. Il entama son plat en même temps que la jeune femme en se disant que cela vaudrait presque le coup de tenter une vraie demande, maintenant qu'il pouvait raisonnablement croire qu'elle ne le giflerait pas avant de partir en hurlant. Cette idée venait de lui traverser l'esprit quand Charlotte le mis en garde, lui rappelant que contrairement à lui elle portait une baguette et qu'elle touchait une cible à cinquante mètres. Certes, ça avait de quoi calmer ses ardeurs.

"Tu es légimens en plus de ça ? demanda-t-il avec un sourire amusé, en se rendant compte trop tard qu'il venait d'avouer qu'il était bel et bien en train de penser à mettre sa plaisanterie en pratique. Je transmettrai le message à Matt Bennett, pour les trois rendez-vous. Je suis sûr qu'il sera ravi de l'apprendre !" ajouta-t-il avec un clin d'oeil.

Matt Bennett ne le saurait jamais, premièrement parce qu'Eliott n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était devenu, et deuxièmement parce qu'il avait bien l'intention de garder l'information pour lui. Alors qu'il recommençait à manger, il se demanda s'il se faisait encore des idées -"des films" comme diraient les moldus- ou s'ils étaient vraiment en train de flirter. Leur conversation lui semblait un peu ambiguë, les regards et les sourires qu'ils échangeait aussi, et ça ne lui déplaisait pas. Pas du tout. Il aimait beaucoup Charlotte, vraiment. Et il se sentait bien en sa compagnie, il ne voyait pas le temps passer et aurait pu rester à bavarder avec elle pendant des heures. La jeune femme mit fin à ses doutes en lui demandant ce qu'il faisait vendredi prochain. Eliott sourit, réellement heureux que son envie de revoir Charlotte, bientôt, et souvent, soit peut-être partagée.

- Après tout, j'ai dis trois rendez-vous !

Le sourire du jeune homme s’agrandit et il se dit qu'il devait avoir l'air complètement niais, mais peu importe. Charlotte meyer venait de lui donner un rendez-vous, il avait bien le droit d'être niais. Il fit mine de réfléchir un instant, se retenant de répondre trop vite un "Rien ! Tu es libre ?".

"Vendredi prochain ? Exactement la même chose que ce soir, répondit-t-il toujours souriant. Si tu es d'accord."

Elle avait lancé l'idée, c'était elle qui lui avait demandé ce qu'il faisait, elle ne pouvait pas lui dire non, ce serait cruel. Et Charlotte n'était pas cruelle. Le reste de la soirée passa beaucoup trop vite, ils continuèrent de se rappeler les meilleurs moments de leurs années à Poudlard, de se questionner sur leurs vies respectives, de parler de tout et de rien. Il aurait voulu que ça dure encore et encore, il aurait pu la regarder rire et l'écouter parler pendant des heures. Malheureusement le patron des lieux ne semblait pas du même avis puisqu'il passait de plus en plus souvent près de leur table, comme pour leur faire remarquer qu'ils étaient presque les derniers. Ils finirent par répondre à cette supplication muette et demandèrent l'addition que Charlotte insista pour partager en rappelant qu'elle lui devait une course, ce à quoi il répondit qu'il pouvait bien offrir ça à la Slovaquie sans qui ils ne se seraient jamais retrouvés.

La morsure du froid, après l’atmosphère chaleureuse et confinée du restaurant, était terrible. Il laissa passer Charlotte devant lui avant d'affronter le froid à son tour et frissonna. A peine avait-il fait un pas dehors qu'il manqua de perdre l'équilibre, le sol étant rendu glissant par la neige qui avait commencé à geler. Pour la crédibilité du joueur de hockey, il repasserait.

"Tiens, accroche toi, ça glisse un peu.." lança-t-il à Charlotte en lui tendant un bras.

Bon, c'était lui qui venait de manquer de tomber, il n'était sans doute pas un soutient très fiable, mais il aimait assez l'idée de la jeune femme contre lui. Alors qu'elle attrapait son bras, il baissa les yeux vers elle. Son regard passa sur ses cheveux blonds ou s'accrochaient quelques flocons qui continuaient de tomber, sur ses jolies yeux noisettes, sur ses joues rosies par le froid, et sur ses lèvres. Cédant à ses envies sans réfléchir, comme d'habitude, il remit doucement une des mèches de cheveux de la jeune femme derrière son oreille et, gardant sa main contre sa joue, se pencha vers elle pour l'embrasser. C'était insensé parce qu'ils s'étaient retrouvés seulement quelques heures plus tôt. Insensé parce qu'ils ne s'étaient pas vu depuis des années. Mais c'était bon, diablement bon, et c'était tout ce qui comptait finalement. Abandonnant toute hésitation, il l'embrassa avec tendresse, passant une main dans ses cheveux et savourant la sensation de son corps contre le sien.






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- Oh, tu sais, je ne pense pas que j'aurai lancé l'idée si je n'étais pas d'accord ! répondit-elle, amusée.

Mais intérieurement, elle était plus que ravie. Extatique voire euphorique serait un terme plus adéquat mais elle tenait à garder tout de même un peu de crédibilité ou de dignité, de quoi pouvoir ensuite regarder Eliott sans aller s'enterrer sous le Saule Cogneur, de honte. Il y avait plusieurs avantages à s'enterrer sous le Saule Cogneur, elles en avaient débattu avec Lilly il y a quelques années. D'abord, le Saule avait de très longues racines qui étaient de plus très épaisses ce qui garantissait un déterrage difficile. En plus, s'approcher du Saule Cogneur, il fallait le vouloir. Bref, elles s'ennuyaient en cours d'Histoire de la Magie et le niveau de leurs conversations se détériorait au fil des heures. Passons.

- Vendredi, c'est parfait !

Le reste de la soirée s'écoula beaucoup trop vite et le bar se vida peu à peu sans qu'elle se rende compte. D'habitude, elle rentrait plutôt tôt, même lorsqu'elle sortait au Circée avec ses collègues. Elle prenait un verre ou deux puis rentrait vers 21 heures en cheminée, étant donné qu'il y en avait une publique trois rues après son immeuble. Au début, quand elle avait emménagé, elle détestait rentrer à pieds même si le quartier était plutôt tranquille. L'idée de faire une mauvaise rencontre la taraudait tout le chemin et elle poussait la porte de son appartement avec un immense soulagement. Evidemment, elle portait sa baguette magique en permanence mais contre une arme moldue, elle pouvait être désavantagée. Après tout, elle n'était pas très forte et par rapport à une brute épaisse, elle ne pesait rien. C'était peut-être ridicule, comme angoisse, mais à force de voir des dossiers horribles d'agressions et de lire les journaux, moldus et sorciers, il y avait de quoi se méfier. Même lorsqu'elle déjeunait chez ses parents, ils avaient toujours des anecdotes horribles à livrer, sur telle ou telle joggeuse assassinée. Bon, Charlotte ne faisait pas de jogging, elle se contentait des entrainements de duels des Aurors mais tout de même. Alors, elle ne rentrait pas tard. Comme ça, elle n'avait pas trop de difficultés à se lever le matin pour arriver à huit heures au QG. Lilly disait qu'elle n'était pas marrante et ne profitait pas de sa jeunesse. C'est sûre que son amie en profitait, de leurs 22 ans ! Elle avait couru tous les pays du monde et ne s'attachait à rien, à part à Jensen et elle. Mais Charlotte n'avait pas vraiment l'impression de passer à coté de sa jeunesse. Oui, elle bossait beaucoup mais c'était par choix. Mais elle profitait de toute sa liberté depuis qu'elle était sortie de Poudlard, à dix-huit ans et qu'elle avait quitté ses parents. Bon, c'est sûr que dit comme ça, ça donnait moins envie que Lilly qui courait les fêtes au Mexique.

- Oh, non, je vais payer, lança-t-elle quand le serveur leur apporta la note. Déjà que je ne t'ai pas déboursé ta course !

Surtout que ce n'était pas vraiment de sa bourse, étant donné qu'elle sera remboursée par le Ministère en faisant une note de frais que Donna ferait remonter à la comptabilité. Mais Eliott n'était pas de cet avis et elle soupira, amusée par son obstination. Bon, c'était toujours mieux que son avant-dernier petit-ami qui "oubliait" son porte-feuille à chacun de leurs rendez-vous. Même Lilly, qui insistait toujours pour payer, sous prétexte que la galanterie, ce n'était qu'une invention du patriarcat - souvent après deux Whiskys pur Feu d'ailleurs - n'avait pas trouvé cela normal. Mais bon, c'était du passé tout cela. Elle n'avait pas revu ce garçon depuis qu'il était parti en Allemagne, pour travailler dans une succursale de l'entreprise de son père. Elle revint à la réalité en papillonnant des yeux juste au moment où Eliott se levait en attrapant sa veste. Elle-même remit son pull avant d'enfiler son manteau et de le suivre jusqu'à la porte, où elle sortit dans un froid glacial. Machinalement, elle enfouit le nez dans son épaisse écharpe et fourra ses mains dans ses poches en espérant les réchauffer. Ou éviter de congeler sur place, de préférence. La rue moldue était déserte mais elle résista à l'envie de jeter un sort pour avoir un peu plus de chaleur. Un moldu pouvait débarquer à n'importe quel moment et elle serait bonne pour s'expliquer auprès des Oubliators après. Elle posa les pieds précautionneusement dans la neige mais remercia le charme anti-glissade de ses bottes d'hiver. Elle accepta néanmoins de bon cœur le bras d'Eliott, faisant mine de ne pas remarquer qu'il avait légèrement glissé lui-même sur une plaque de verglas. Elle avait assez de souvenirs de chute, notamment une sur les escaliers extérieurs de Poudlard verglacés en cinquième année, pour ne pas relever.

La neige continuait de tomber, ce qui garantissait de sacrés embouteillages demain à l'accès moldu du Ministère. Beaucoup de sorciers ne prendront pas le risque de transplaner si le temps continuait à être aussi mauvais. L'avantage de bosser au Département de la Justice Magique, c'est que l'étage était desservi par une cheminée pour les forces de l'ordre. Il lui suffisait de vérifier si elle avait de la poudre de Cheminette chez elle pour prendre la publique pas très loin de chez elle. Néanmoins, ce genre de considérations lui parurent bien dérisoires quand elle vit le regard qu'Eliott posait sur elle. Elle ne protesta pas quand il remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille, ni quand il se pencha vers elle pour l'embrasser. Évidemment, elle aurait dû le voir venir, étant donné qu'ils avaient passé la moitié de la soirée à échanger des regards. Mais elle fut surprise tout de même quand elle sentit sa main contre son dos. Elle se laissa aller à cette étreinte quelques longues secondes avant de le repousser doucement, sans vraiment s'éloigner.

- Tu ne perds vraiment pas de temps, souffla-t-elle en riant un peu.

Elle avait les joues rouges, elle en était persuadée, elle le sentait à la chaleur qui s'en dégageait. Elle bénit la semi-obscurité dans laquelle ils étaient plongés, la seule source de lumière provenant des lampadaires de la rue. Elle ne savait pas vraiment ce que ce baiser signifiait et n'avait pas vraiment de se compliquer la vie avec cela. C'était juste bien, c'est tout. Ils avaient passé une bonne soirée, une très bonne soirée et se revoyaient vendredi. Pas de raison de se prendre la tête à peser les pour ou les contres et à y penser pendant des heures. Enfin, ele le ferait sûrement dès qu'elle aurait passé le pas de sa porte, elle se connaissait. Mais pour le moment, elle n'avait pas envie de se tracasser et d'y trouver du sens. C'était juste... comme ça. Après tout, ils s'étaient connus pendant sept ans et Eliott n'avait pas l'air d'avoir vraiment changé. Et puis après, tout, il n'y avait aucun mal non. Elle lui adressa un sourire, un peu mal à l'aise tout de même. Elle ne savait pas ce qu'elle était censée faire. L'embrasser de nouveau ? Elle n'oserait jamais.

- Je dois rentrer, murmura-t-elle à regret. Je suis de sortie tôt demain.

Ils faisaient une descente chez un petit trafiquant soupçonné de Mandragore, à sept heures et demi du matin. Cela allait être joyeux. Elle se mordilla la lèvre un instant avant de se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur la joue d'Eliott. Voilà, c'était très bien ça. Elle n'aurait jamais osé l'embrasser de nouveau et n'avait pas vraiment envie de le froisser en s'éloignant comme ça. Après tout, elle n'avait rien contre ce baiser. Elle avait juste été surprise, c'est tout. Oui, surprise. Et n'avait pas l'habitude surtout, qu'on l'embrasse comme ça, au dépourvu.

- On se voit vendredi, ajouta-t-elle en se reculant, souriante.

Elle lui adressa un dernier signe de la main avant de transplaner, les joues rosies et souriante jusqu'aux oreilles. Elle débarqua dans une ruelle déserte et sombre, un sourire complètement niais aux lèvres. Irrécupérable, franchement, songea-t-elle en reprenant sa route pour rejoindre son immeuble, dans la rue d'en face. Elle devait être carrément ridicule. Mais tant pis.

FIN DU RP


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La Slovaquie, premier facteur matrimonial du monde magique [Eliott]

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