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 En Cendre... [Ana & Emma]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Albert Longwood
Villageois de Pré-au-lard et poète occasionnel

Vendredi 16 Février, dans une ferme avoisinante de Pré-au-Lard.


Se soutirant de son sommeil, Albert Longwood se redressa subitement sur son lit, le corps moite et le souffle encore haletant. Son regard hagard s'empreint d'une certaine déception lorsqu'il reconnut enfin les murs familiers de sa chambre. Tout ceci n'était malheureusement qu'un rêve, et le jeune paysan allait devoir bientôt s'en retourner à ses écuries et son maudit troupeau de chèvres...
Que la vie était injuste!
Albert Longwood, à peine âge de 18 ans, venait de faire l'un des plus beaux rêves qui soit, et tentait d'en rassembler tous les éléments dans sa mémoire afin de ne point les laisser se dissiper. Car en cette nuit magique, ce pas moins que le fantasme secret du jeune paysan-poète qui venait de lui rendre une petite visite dans ses songes, et il ne pouvait point se permettre d'oublier le moindre détail de cette rencontre. En effet, la reine de beauté automnale s'était matérialisée dans ses pensées nocturnes, rallumant le flambeau de ses espérances les plus folles.
Un sourire empreint de béatitude, Albert repensa à son rêve et cette arrivée aussi inimaginable que majestueuse de la sorcière Ana Sorden. Cette dernière, était venue jusqu'à lui dans un charriot tracté par des chèvres, et qui qui n'était autre que le chaudron à roulette de sa jeune sœur, Flora, qu'elle utilisait en guise de carrosse de princesse pour s'amuser. Albert revoyait alors la magnifique américaine descendre de celui-ci, et venir jusqu'à lui de sa démarche sensuelle. Ne pouvant quitter ses yeux des lèvres délicieuses de la reine de beauté automnale, il l'entendit alors lui murmurer d'une voix suave : "Je suis venue pour toi, mon doux poète..."
Son cœur s'était alors emballé avec une telle fougue, que ses battements avaient finis par l'extirper de son sommeil. A présent, il se maudissait de ne point pouvoir apporter une suite à cet instant magique qui ne se reproduirait jamais dans la vie réelle, car c'était bien connu, dans la vie réelle les princesses comme Ana Sorden n'épouse pas les garçons d'écuries...

Albert Longwood avait tout du jeune homme timide, incapable de parler aux filles de son âge sans bégayer. Il pensait sincèrement que les années passant, cela lui passerait, mais il n'en était rien. Passionné de poésie, il s'extirpait de son quotidien d'aide fermier, en lisant des poèmes du monde sorcier et moldu, apprenant à jongler avec les alexandrins et la prose comme un futur poète en herbe. Depuis son coup de foudre sur la couverture en papier glacé du magazine Sorcière-Hebdo, il vouait un véritable culte à la reine de beauté automnale. Il écrivait des centaines de poèmes à la gloire de la beauté de l'arithmancienne mais qui restaient comme lettres mortes au fond de son tiroir. Le jeune paysan avait bien tenté d'écrire dans le courrier des lecteurs du magazine Sorcière-Hebdo, mais cela n'avait guère été utile. Il se plaisait toutefois à imaginer que la sorcière américaine relisait ce poème avant de s'endormir, le sourire aux lèvres. Bien des fois, il rêvait de pouvoir franchir les portes de Poudlard, et de libérer l'arithmancienne, prisonnière dans son donjon. Mais voila, Albert n'avait pas l'étoffe ni le physique d'un prince et ne possédait à vrai dire que de chèvres en guise de destrier blanc.

Le rire cristallin de sa petit sœur en contrebas le ramena à la réalité, et il se décida enfin à s'habiller pour empêcher cette petite polissonne de semer le chaos et le désordre dans le salon. Les parents Longwood s'étaient absenté en ce week-end, et Albert avait hérité de la lourde charge de surveiller son espiègle petite frangine. Depuis quelque mois, la petite ferme isolée des Longwood ne s'animait plus que du rire enchanteur de la petite Flora. Les temps étaient durs pour le monde agricole magique, du moins surtout pour les petites exploitations comme celles des Longwood qui tentaient de survivre malgré la terrible concurrence des grosses usines de production alimentaire. Mais Flora, quant à elle, demeurait plongée dans le monde féérique de l'enfance, et n'avait encore point toutes les préoccupations existentielles du monde adulte. En effet, les premières lueurs de l'aube venaient tout juste de faire leur apparition, que déjà la fillette âgée de huit ans tourbillonnait comme une furie autours de la grande table de la salle à manger.

Albert Longwood descendit les marches de l'escalier, qui grinça à chacun de ses pas, et atterrit directement sur la petite Flora qui avait de la confiture jusqu'au bout du nez.

"Je vois que tu as déjà trempé le museau dans le pot à confiture et qu'il est inutile de te servir ton petit déjeuner! Tu pourrai pas faire la grasse matinée de temps en temps?"

Flora lui adressa alors l'un de ses sourire fripon qui témoignait qu'elle n'était qu'une boule d'énergie prête à exploser. Albert qui aurait souhaité prendre son petit déjeuner dans le calme, s'assit toutefois tranquillement et tenta alors de se concentrer sur ses tranche de bacon grillé et sur sa marmelade, plutôt que de disputer sa jeune sœur qui n'attendait que cela. Il se murmura un vieux dicton paysan...

*Ne donne pas à boire à un âne qui n'a pas soif...*

Mais alors qu'il émergeait à peine de son rêve enchanteur, ce déferlement de bonne humeur enfantine eut raison de toute sa bonne volonté! Le jeune homme secoua la tête et fustigea du regard cette petite tornade d'énergie qui troublait le silence de sa matinée. Flora tournait faisait la course autour de la table de plus en en rapidement, manquant plusieurs fois trébucher sur le pied de la chaise de son frère. Attrapant au vol sa petite sœur, Albert l'emprisonna dans ses bras.

"Hé Flora, tu veux pas te calmer un peu! Tu commences à me donner le tournis! C'est pas parce que nous avons la maison pour nous ce week-end que tu dois faire ta petite folle dingue! Sinon ton grand frère va devoir te punir, et t'assigner à ranger les jouets de ta chambre! C'est pas ça que tu veux? Hein? Alors cesse de faire le clown de cirque!"

Albert pinça alors le nez de la petite fille comme pour lui enlever un nez rouge imaginaire, tout en lui adressant un sourire aussi complice que moqueur. La petite fille secoua la tête pour se défendre, avant de rétorquer.

"C'est même pas vrai. Je suis pas un clown. C'est toi le clown!"

Albert fit alors une de ses grimaces dont il avait le secret et qui avait le mérite de toujours faire éclater de rire la petite fille. Puis se levant avec sa jeune sœur dans les bras, le jeune homme la fit virevolter dans la pièce comme si elle était juchée sur un balai magique.

"Mais qui voilà? Ne serait-ce pas la célébrissime petite Flora Longwood? La reine absolue du Quidditch, qui tourbillonne dans les airs pour attraper le vif d'or! Mais c'est fabuleux, elle y est presque! Plus qu'un petit effort! Et oui! C'est encore une victoire pour la petite libellule de Pré-au-Lard!"

Tenant la petite Flora à bout de bras, le frère l'incita à saisir une gousse d'ail qui pendait du plafond, ce que s'empressa de faire la petite fille avec un sourire radieux. Flora finit par se retourner vers son frère pour lui déclarer sur un ton railleur.

"Je suis pas une libellule!" dit-elle avec énergie, avant d'ajouter sans sourire : "Et les fils de paysans comme nous ne font pas du Quidditch d'abord! Et même si je devais aller à Poudlard! Je finirai par traire des chèvres et faire du fromage comme toi!"

Le regard sombre, Albert la reposa délicatement au sol, avant de comprendre d'où pouvait provenir de tel propos négatifs.

"Qui t'as dis ça, Flora? Quand tu seras en âge de rejoindre Poudlard, tu seras libre de décider ce que tu voudras faire de ta vie. Moi par exemple, je souhaite que mes poèmes soient publiés un jour, et alors je deviendrai célèbre et je pourrai quitter la ferme..."

Flora secoua la tête tristement.

"Nan c'est pas vrai. Papa dit que quand on nait avec du crottin de chèvre sur les mains, on meurt avec de crottin de chèvre sur les mains. Je pourrai jamais devenir une architecte magique et construire des monuments."

Albert haussa les sourcils de surprises à l'écoute des rêves d'avenir de sa jeune sœur, puis dans un geste fraternel, il lui posa les deux mains sur les épaules.

"Architecte! Je savais pas qu'une petite fille de huit ans maitrisait ce mot! Et bien, si c'est ton rêve et que te le désires ardemment, alors rien ne pourra t'empêcher de le réaliser!" Puis expédiant une petite tape complice sur le nez de sa jeune sœur, Albert rajouta: "Et puis au vue de ta dernière construction de cabane, je crois que cela ne fait pas l'ombre d'un doute! Tu es la meilleure architecte du monde!"

Le regard de la petite s'embrasa alors d'une lueur d'espoir incroyable, et recommença à sautiller sur place!

"Je vais construire des palais de princesses, et des enclos pour poneys! Je serai une architecte!"

Albert se refusait à lui dire que si les rêves pouvaient réellement se concrétiser, il serait en ce moment même dans les bras de son amour secret, à réciter des poèmes. Mais il devait laisser à sa sœur, ce magnifique privilège de l'enfance, qui était de croire que les rêves étaient encore du domaine du possible. Les réalités et l'amertume la rattraperaient bien vite par la suite...
Il se décida alors à lui exposer ses attentes du jour.

"Au lieu de faire la petite sotte, tu vas m'écouter. Père m'a demandé de rassembler les chèvres dans l'enclos, et de nettoyer les écuries. Je ne pourrai pas être sur ton dos toute la journée. Alors je compte sur toi, pour être très sage, et ne point t'éloigner! Tu peux t'amuser mais je ne veux pas d'histoire! C'est comprit?"

En effet, en ce week-end, les deux enfants de la famille Longwood demeuraient seuls dans la petite ferme. Le parents s'étaient rendu, tout deux dans une foire à bestiaux à Rowhook Fields, afin de vendre leurs fromages de chèvres et remplir les caisses du foyer.
Albert devait donc faire le travail de trois et n'aurait sans doute guère le temps de pouvoir s'adonner à sa passion littéraire.Tant pis! En adulte responsable et en des temps si dur, Albert se devait de répondre aux attentes de son père, et s'occuper aussi bien de la ferme que de sa petite sœur. Cette dernière lui jeta alors un regard implorant, et entama une supplique de sa petite voix.

"Dis Albert, je pourrai jouer dans la cabane? S'il te plait! Juste un moment. Dans la cabane. J'ai ma poupée Rosie à l'intérieur. Je m'éloignerai pas! S'il te plait grand frère..."

Certes la cabane était située dans une clairière non loin de la ferme familiale, au cœur d'une petite forêt clairsemée et non dangereuse, mais son frère ne voulait pas perdre de vue sa petite diablesse de sœurette. Il secoua négativement la tête.

"Non Flora! Tu peux jouer dehors mais tu t'éloignes pas de la ferme. Si j'ai bien avancé mon travail, on y ira ensemble cet après-midi. Mais pour l'instant, pourquoi n'irais-tu caresser les lapins! En voila une jolie activité, non?"

Avec les enfants, il suffit parfois juste de détourner l'attention sur autre chose pour éviter un caprice indescriptible. Et cela fonctionna plutôt bien avec Flora qui émit un franc sourire, sautillant sur place.

"Oh oui, les lapins! Je vais leur donner des carottes! Cela va être trop bien!"

Son frère acquiesça, et prit la parole.

"Prends bien ton manteau, il fait un froid de canard dehors. Je vais en profiter pour ranger la maison et après si tu as besoin de moi, je serai sans doute dans les enclos à chèvres"

La petite fille n'attendit pas d'autres recommandation de son frère ainé et se précipita vers la porte extérieure, en saisissant au vol son manteau. Albert la regarda s'éclipser au dehors, alors qu'une raffale de vent glacé souffla sur le feu de la cheminée. L'espace d'une seconde, le jeune homme frissonna et fut assaillit par un très mauvais pressentiment. Comme si un danger rodait aux alentours. Mais il chassa bien vite cette sombre idée, en rajoutant une buche dans la cheminée. Ce n'était que le froid qui le faisait frissonner, et rien d'autre...



*****


Flora Longwood
Benjamine de la famille et petite sœur espiègle de Albert

Vendredi 16 Février, forêt avoisinante de Pré-au-Lard, quelques heures plus tard...

Alors que son frère s'évertuait à regrouper les chèvres dans les enclos, la petite Flora se laissait envahir par l'ennui et le désœuvrement. Alors qu'elle leurs avait gentiment donner des carottes, les stupides lapins ne se laissaient pas caresser et préféraient taper du pieds. Quelle manque de reconnaissance!
Plus le temps le temps passait, et mieux Flora sentait une envie irrépressible l'envahir, celle de rejoindre la petite clairière et sa cabane en bois. Mais si elle faisait cela, son frère la gronderait surement et la consignerait dans sa chambre.

Que faire? Obéir ou désobéir? Rester sage ou partir à l'aventure? Suivre une ligne de conduite préétablie ou simplement vivre ses rêves?

Les conseils de son frère lui revinrent en mémoire.

*... si c'est ton rêve et que te le désires ardemment, alors rien ne pourra t'empêcher de le réaliser!*

Si elle voulait devenir une grande bâtisseuse, la petite Flora devait prendre les devants, et prendre des risques. Comme aller dans la forêt toute seule malgré les consignes...
Après tout, elle pouvait y aller seulement quelques instants, et Albert ne remarquerait même pas son absence. Et ce n'est pas ces infames lapins à grandes oreilles qui la dénonceraient, trop accaparés par leurs carottes.

Après de longs instants d'hésitation, Flora se décida à commettre sa bêtise. Son frère poursuivait une chèvre rebelle et l'avait quitté des yeux, c'était le moment rêvé pour passer à l'action. La petite fille couru alors en direction de la forêt ou se mélangeaient allègrement arbres feuillus et résineux. La clairière était tout au plus à quelques centaines de mètres de la ferme familiale, et connaissait par cœur chacun des arbres, chacunes des pierres qui en jalonnaient le chemin. Elle ne pouvait pas se perdre!
L'imprudente petite fille s'avança alors plus profondément dans la forêt, les rayons matinaux du soleil déversant une lumière faussement rassurante sur la pénombre des sous-bois.

Que l'odeur de la mousse taquinait agréablement les narines! Que le chant du vent au sommet des grands sapins était magnifique! Flora ne regrettait point le spectacle que lui offrait sa petite escapade interdite. Surtout que les contours de sa cabane finirent enfin par se dessiner! La fillette poussa un petit cri victorieux en voyant son œuvre!
Même si en vérité, sa construction revenait essentiellement à son frère, dans l'esprit de Flora, c'était SA cabane. Alors qu'elle s'apprêtait à s'y réfugier, la petite fille sentit tout à coup une présence, ou du moins comme si quelqu'un l'observait. Une bise glaciale fit voleter sa chevelure alors qu'elle se retournait pour observer la forêt immobile.






"Il y a quelqu'un??? Albert, c'est toi?" demanda t-elle timidement.

En guise de réponse, une sinistre berceuse jaillissant de nulle part envahit alors la forêt. Terrifiée Flora tourna la tête de droite à gauche pour voir d'où pouvait provenir cette inquiétante voix féminine, mais le chant semblait l'encercler comme un fantôme de la cabane hurlante tournoyant autour d'un imposteur. Tremblant comme une feuille, Flora se hasarda à demander d'une voix secouée par la peur panique :

"Qui... Qui êtes... Qui êtes vous...? Ce n'est pas drôle... J'ai peur..."

La lumière du soleil faisait danser des ombres inquiétantes, où chaque arbre prenait l'apparence d'affreuse sorcière aux doigts crochus. Flora ne pouvait bouger tandis que la berceuse funeste se rapprochait d'elle inexorablement. La fillette sentait qu'elle devait fuir, mais ses pieds restaient plantés au sol. Elle voulut crier à l'aide, mais plus aucun son ne sortait de sa bouche.

Une ombre inquiétante se matérialisa alors devant elle.

En désobéissant aux ordres de son frère, Flora avait sans doute dû réveiller une sorcière maléfique qui allait la punir. Du moins c'est ce que s'évertuait à lui dire ses parents quand elle ne voulait point terminer son assiette d'endives. Elle aurait dû obéir et rester auprès des lapins! Car maintenant, elle allait subir les conséquences de ses bêtises.
Flora se jeta à genoux pour supplier l'ombre de ne point la punir trop sévèrement.

"Je vous en prie... Ne me faites pas de mal... Je jure que jamais plus je ne désobéirai... Je respecterai toujours les ordres que l'on me donne... Je nourrirai les lapins tous les jours... Pardon..."

Un ricanement inquiétant secoua l'ombre qui finit peu à peu par dominer de toute sa taille la petite fille. Mais à la grande surprise de Flora, le visage qui sortit de l'ombre n'avait rien de repoussant, ni d'inquiétant. Ce n'était pas une méchante sorcière au nez crochu comme dans les contes qui se tenait elle, mais une grande et belle femme aux cheveux blond ondulé. Étrangement cette apparente beauté rassura quelque peu la petite fille qui se décrispa et molesta quelque peu cette mystérieuse dame.

"Ma maman m'a interdit de parler aux inconnus..."

La sorcière blonde ricana alors de plus belle, tout en faisant un pas en avant en direction de la fillette, qui d'instinct recula contre un tronc d'arbre.

"Mais je ne suis pas une inconnue, Flora. Je connais tout de toi. Cela fait des jours, que dis-je, des semaines que je t'observe. Toi et ta famille. Je sais que papa et maman ne sont pas là, et que ton frère est là pour te surveiller." La femme blonde scruta alors un instant ses ongles, qui avaient l'air plus tranchant que des rasoirs, avant d'ajouter : "Chose qu'il fait fort mal malheureusement..."

Flora dévisagea l'inconnue, et malgré ses huit ans, tenta de se prémunir de la moindre menace.

"Je vous préviens, qui que vous soyez, si vous me faites du mal, j'hésiterai pas à hurler, et mon frère ne sera pas content..."

La sorcière écarta alors les bras pour désigner l'espace environnant, et adressa un sourire menaçant à la petite fille.

"Hurle petite fille, tant que tu le pourras! Ici personne n'entendra tes cris..." Son regard froid s'adoucit très vite, alors qu'elle ajouta. "Mais je te promets que je ne suis pas ici pour te faire du mal..."

Désormais Flora était à portée de cette inquiétante bonne femme, qui n'hésita pas à lui caresser la chevelure de sa main tranchante. Le cœur de la petite fille s'emballa à nouveau, le sentiment de danger revenant de plus belle, de par cette étrange promiscuité.

"Jeune fille! Tu as chevelure soyeuse digne d'une future reine de beauté! Peut être qu'un jour tu seras aussi belle que moi..."

Flora ne se démonta pas et répondit presque trop instinctivement dans un réflexe de petite fille.

"Ma maman est cent fois plus belle que vous et c'est à elle qu'un jour je ressemblerai..."

La mâchoire de la sorcière se raidit quelque peu, alors que sa main cessa brusquement de délivrer ses caresses . Elle fusilla de son regard aiguisé la jeune fille tout en répondant de manière abrupte.

"Tu vois, cela m'étonnerait qu'une vulgaire paysanne puisse égaler ma beauté. Mais l'amour d'une fille pour sa mère n'a point d'égale et doit également rendre aveugle. Pauvre petite, si jeune et si imprudente..."

La main de la sorcière se crispa alors brusquement sur une mèche de la cheveux de la jeune fille, et d'un coup sec elle en arracha une bonne partie. Flora poussa alors un cri de douleur ou s'entremêlait aussi la surprise, tandis que des larmes lui inondaient les yeux.
La voix chevrotante, elle se plaignit avec ardeur.

"Mais vous allez pas bien! Cela fait hyper mal. Vous m'aviez promis de ne point me faire de mal..."

L'étrangère de la forêt serra alors contre sa poitrine la mèche de cheveux arrachés, et déclara d'une voix sans pitié.

"Tu apprendras un jour que seul les menteurs obtiennent ce qu'ils veulent en ce bas monde. L'honnêteté ne paie pas. Et il se trouve que j'avais besoin d'une jolie mèche de ta chevelure pour être certaine de mener à bien mes projets, et je t'en remercie..." Tout en disant cela, la sorcière sortit une baguette en bois d'ébène, qu'elle braqua sur le visage terrifiée de la jeune fille. Le regard de la cruelle femme inconnue devint alors des plus redoutable, alors qu'elle s'apprétait sans doute à commettre son crime atroce sur la pauvre enfant...

"Je suis désolée mon enfant, mais toute grande cause nécessite parfois quelques sacrifices. Et il se trouve que ta mort va contribuer à mettre en ordre de marche un monde uni et plus juste. Tu peux partir en paix, ton sacrifice ne sera pas vain..."

Une lumière incandescente irradia du bout de la baguette de la sorcière de Salem, alors qu'elle prononça un sortilège qui se révéla être tout autre chose que mortel...

Flora entendit "Oubliettes!", puis plus rien...



*****
Vendredi 16 Février, au soir.

Flora se réveilla, elle frissonnait de tout son être au milieu de la clairière. La neige crevait la canopée et la recouvrait d'un étau glacé. La petite fille ne se rappelait plus comment elle était arrivée jusque là. Que faisait-elle à la cabane au lieu d'être dans sa chambre? Il faisait nuit...
La dernière chose dont se souvenait la fillette était d'avoir donné une carotte à un lapin. Peut être s'était-elle endormie dans la clairière peu de temps après.
Au lointain elle entendit la voix de son frère qui l’appelait dans l'obscurité de la forêt, et Flora se se redressa à quatre pattes.






La jeune fillette hurla pour attirer son frère jusqu'à elle!

"Albert! Albert! Je suis ici! J'ai peur et j'ai trop froid!!!"

Les bruits de pas se rapprochèrent alors à toute volée de sa position, et elle vit jaillir des branchages la silhouette de son frère. Flora vit dans son regard une peur qu'elle n'avait jamais soupçonné auparavant. La petite pleura pour l'accueillir, et d'une voix tremblante s'excusa...

"Je suis désolée... Je me suis endormie... Je voulais pas..."

Son frère se jeta sur elle et la serra aussi fort qu'il le pouvait dans ses bras. Lui aussi il pleurait à chaude larme. Flora lui caressa alors les joues comme pour en essuyer le chagrin et rajouta :

"Pourquoi tu pleures grand frère....?"

Son grand frère releva alors ses yeux embués de larmes.

"Je... Je pleure de bonheur parce que je suis trop heureux de te savoir saine et sauve..."

Puis il l'étreignit à nouveau comme pour savoir si ce n'était pas un rêve du même genre que la nuit dernière. Mais sa petite sœur était bien des plus réelle. Frigorifiée et grelottante entre ses bras.

"Tout est finit... Je vais te ramener à la maison, et te mettre au chaud avant que tu ne sois malade..."

Albert la porta dans ses bras et la ramena dans la demeure familiale, comme le chevalier servant qu'il avait toujours rêvé d'incarner.



*****


Ana Sorden
Professeur d'Arithmancie

Nuit du Vendredi 16 au Samedi 17 Février, Poudlard.

Un bruit de talons troubla le silence glacé des cachots, alors que Ana Sorden progressait de sa démarche ondulée en direction des dortoirs des serpentards. Cette mission nocturne n'avait qu'un seul but, celui de porter une banderille mortelle à la carrière de Margot Adamson, et nul doute que dans moins de deux jours, la professeur de potions passerait pour une pestiférée aux yeux du conseil d'administration...
Ana Sorden deviendrait alors la seule et unique candidate au poste de directrice de Poudlard.
L'américaine imaginait déjà les regards admiratifs de ses confrères mardoliens lorsqu'elle réussirait là où bien d'autres se seraient brisés l'échine. Elle deviendrait sans doute la numéro deux du mouvement, et obtiendrait les faveurs d'Alcyd Mardol. Plus qu'un petit effort et l'arithmancienne serait enfin débarrassée de l'une des rivales les plus sérieuses qui lui eue été donnée de rencontrer...

Mais avant d'obtenir cette douce extase, elle devait encore fournir encore quelque petits efforts, et utiliser à bon escient l'un de ses petits oiseaux de nuit. La potion de la dormeuse devait diminuer à vue d'oeil sur l'étagère de la jeune Emma Blackbonnes, et la sorcière de Salem avait peur de ne plus pouvoir utiliser cette carte maitresse dans son jeu de manipulation...
En vue de la porte des dortoirs des Serpentards, Ana fit virevolter sa baguette pour s'entourer d'un halo magique qui la désillusionna rapidement. Les bruits de ses talons cessèrent aussitôt qu'elle lança un autre sortilège dessus. L'arithmancienne pouvait pénétrer enfin en toute discrétion dans le dortoir vert et argent. Elle connaissait parfaitement l'endroit où se trouvait sa proie.
Pour le plus grand bonheur de l'arithmancienne le lit de la petite Emma Blackbonnes se trouvait dans un recoin obscur, bien à l'abri des regards du fait de l’aménagement des lieux.

L'arithmancienne finit par retrouver sa jeune disciple, Emma Blackbonnes, encore inconsciente de l'emprise diabolique qui régnait sur sa petite personne. Ana Sorden se pencha sur la jeune serpentard pour évaluer la profondeur de son sommeil. La sorcière de Salem fut très vite rassurée. Nul doute que le jeune fille avait prit une lampée de la potion de la dormeuse qui permettrait à l'arithmancienne de manipuler aisément ses rêves comme ce fut le cas, la première fois.
Mais le regard de l'arithmancienne s'assombrit quand elle vit les yeux de la jeune Emma naviguer sous ses paupières closes. La serpentard était déjà en train de rêver, qui risquait de compromettre sérieusement la mise en place du songe de la dormeuse. Elle devait avoir l'esprit aussi libre que l'air. Sortant sa baguette, Ana Sorden déposa la pointe de celle-ci sur le front de la petite Emma, et prononça une forme d'incantation.
Fermant les yeux, l'arithmancienne entra alors dans le rêve d'Emma Blackonnes qui prenait la forme d'une forêt enchantée où voletaient les papillons; Emma s'y promenait tranquillement observant à distance un troupeau de cerfs dans l'éclat émeraude d'une clairière. La sorcière de Salem prononça alors une autre incantation qui eut pour effet de bruler le rêve d'Emma et de le chasser de son subconscient. Ana remercia intérieurement Christabella de lui avoir enseigner l'art de manipuler les esprits endormis, et se concentra à nouveau sur les vrais raisons de sa venue.
Un sourire finit par se dessiner sur le visage froid de l'arithmancienne alors qu'elle contemplait la jeune fille endormie.





"Je te remercie mon ange car tu vas faire de moi la femme la plus heureuse et la plus puissante de cette école..."

L'arithmancienne déposa alors un baiser sur le front d'Emma Blackbonnes, avant de lui chuchoter un rêve prémonitoire qui risquait de conduire la petite fille vers un très noir destin...



.............................................
*** ... Totalement paniquée, Emma se réveilla au beau milieu d'un océan aux eaux aussi sombre que l'ébène, installée sur une barque de fortune qui dérivait vers une destination inconnue. En dessous d'elle, dans les profondeurs abyssales, une menace invisible semblait guetter qu'elle tombe dans l'eau, pour mieux la dévorer, secouant parfois la barque de manière dangereuse. Tiraillée par la faim et la soif, la pauvre petite fille entrevoyait déjà le crépuscule de son existence, ne pouvant rien faire dans cette situation où la seule liberté consistait à pouvoir choisir sa mort. Être dévorée par des créatures marines? Ou bien mourir d'épuisement au fond de sa barque?

C'était sans espoir...

Cependant, un sac imposant trônait au centre de la barque, et Emma venait à se demander ce qu'il pouvait bien contenir. Était-ce des provisions? Des objets lui permettant de se repérer dans cet océan aux horizon infinis? Ou encore un piège mortel qu'il ne fallait point libérer?
Autant de questions qui tiraillaient la pauvre Emma qui ne voulait dénouer les lanières du sac, au risque de libérer un mal encore plus puissant que le fait de se retrouver perdue au milieu de l'océan...

Mais qui avait-il de pire que cela?

Emma tendit alors la main en direction de l'ouverture du sac, et sortit de nulle part, son chat Belzébuth lui expédia un énergique coup de patte sur la main, pour l'en dissuader. La chat d'Emma était amaigri et méconnaissable, et sa queue en balancier traduisait toute l'étendue de son énervement.

"Mais calme toi mon chat... Il faut bien que je trouve une solution pour survivre, et ce sac est la seule chose dont nous disposons. Tu ne veux pas mourir? Hein? Stupide chat..."

La bouche asséchée par la soif qui la tiraillait, Emma se résolue à ouvrir ce maudit sac. Tirant sur les deux extrémités des lanières du gros sac, Emma découvrit que l'intérieur était aussi ténébreux que la plus profonde des grottes souterraines. La jeune serpentard plongea alors sa main dans celui-ci pour en palper le fond, mais quelle ne fut pas sa surprise de ne ressentir aucune entrave. Comme si le sac ne possédait pas de fond. Alors qu'elle tentait désespérément de trouver une solution à ce mystère, Emma fut alors happer à l'intérieur du sac par une main blafarde!

Une chute interminable s'en suivit, Emma tournoyant dans les airs comme une misérable petite plume, puis ce fut le choc contre le sol...

Emma se réveilla alors dans un décor bien familier, celui du couloir lugubre dans lequel elle avait échoué lors de son premier passage. Se massant les cervicales endolories, elle descendit en habituée les marches de l'escalier. Puis au détour d'une petite allée partant sur la droite, Emma se sentit observée. Elle tourna alors la tête en direction d'une petite alcôve dans laquelle se tenait une jeune fille ténébreuse aux long cheveux noirs crasseux. Celle-ci l'interpella sans ménagement...

"Vois ce que tu m'as fait! Je brûle..."

Emma ne s'attarda point, et s'enfuit vers les profondeurs. Ces visions étranges n'avait que pour but de la distraire de son but ultime, du moins elle ressentait les choses ainsi. Mais alors qu'elle pensait retrouver la lueur qui l'avait conduite dans l'étrange et majestueuse salle où se tenait la dormeuse, le couloir aboutissait désormais sur une échelle qui grimpait en direction d'une trappe dans le plafond.
Emma grimpa quatre à quatre les échelons, poussa la trappe et pénétra dans un appartement obscur qui paraissait situé dans un building moderne. Plongé dans un silence absolu, ce qui frappa immédiatement la petite serpentard fut de voir que le sol était inondé. Elle entendit alors un ruissellement d'eau provenir de la salle de bain, comme si un robinet d'eau était resté ouvert. Ne sachant que faire, elle se dirigea à pas de loup en direction de la salle d'eau, un brin soucieuse de ne point trop mouiller ses chaussures.
La salle de bain était obscure, et Emma avança timidement à l'intérieure de celle-ci, quand la porte se referma brusquement derrière elle. C'est alors que le voile pourpre de la Dormeuse se détacha des ténèbres.

"Emma, je suis très heureuse de te revoir. Mais sache que si je t'ai faites venir jusqu'à moi cette fois-ci, c'est pour m'aider à résoudre une situation des plus délicates. Tu es la seule à pouvoir venir en aide à une malheureuse petite fille d'un village avoisinant ton école. Je l'entends hurler dans son sommeil et cela m'est devenue insupportable. C'est une situation d'extrême urgence car tu dois la retrouver avant demain soir minuit. Dans le cas contraire, cela sera trop tard pour elle..."

Emma se couvrit la bouche de la main autant pour afficher toute l'étendue de son désarroi à l'idée de devoir retrouver une jeune fille inconnue dans un lieu inconnu, mais également pour exprimer sa détresse de savoir une jeune fille en danger.

"Je sais que tu te poses des questions, et je vais te donner plus qu'un indice pour la retrouver. Je vais te donner l'endroit exacte où elle se trouve. Pour cela, il te suffit de te réveiller, et de regarder tes pieds..."

Machinalement Emma baissa le regard en direction de ses pieds, et tout à coup le sol liquide se creva sous son poids. Emma sentit son corps plonger sous la surface la contraignant à se réveiller... ***


.................................................


Emma se réveilla en sursaut et n'eut que le temps de voir sa plume d'écriture retomber mystérieusement dans son encrier. L'aurore venait tout juste d'afficher ses premières lueurs, mais ce qui attira Emma n'était point ceci, mais plutôt le bout de parchemin qui trônait sur ses couvertures...






A peine le message lu, celui-ci tomba en poussière entre les doigts de Emma Blackbonnes...

]Désolé pour ce post méga long, mais je devais marquer mon come back dignement! J'ai pris la liberté de tonkser Emma et dans les rêves et sur son réveil, pour le bien de notre scénar... Dis moi si je dois changer quelque chose. ]


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Emma se réveilla en sursaut et aperçut sa plume retomber silencieusement dans son encrier. Elle crut un instant avoir eu une illusion d'optique. Il n'y avait personne dans le dortoir à part ses camarades encore profondément endormies, il n'y avait donc personne qui aurait pu utiliser la plume. En se rappelant de son rêve qui avait pourtant bien commencé puisqu'elle se promenait dans une forêt magnifique et qu'elle avait même pu observer un troupeau de cerf, elle se dit que tout ceci était bien étrange quand même puisque son rêve avait très vite pris un autre tournant lorsqu'elle s'était retrouvée dans une barque toute seule avec la désagréable sensation de faim et de soif qui la tiraillait. Elle se rappelait parfaitement de chaque détails. Du comportement étrange de Belzébuth, comme dans son dernier rêve d'ailleurs. Et puis, il y avait la chute dans le vide et le même couloir que la fois précédente. Mais ensuite, elle n'avait pas revu les étranges personnes de chaque côté du couloir. Cette fois ci, elle avait vu une petite fille prendre feu mais elle avait continué son chemin comme si de rien était, prenant cette vision comme une sorte de mise à l'épreuve. Puis, elle avait revu la dame en rouge, elle lui avait reparlé. Lui avait donné une nouvelle mission. Elle devait retrouver une petite fille avant minuit.

Elle se demanda un instant comment elle allait faire lorsqu'elle se souvint qu'elle devait observer ses pieds. Elle baissa donc la tête et avisa le morceau de parchemin qui trônait sur ses couvertures. Elle s'en saisit et lut attentivement le message qui tomba en cendre à peine eut-elle fini sa lecture. Si elle avait tout bien compris, elle allait devoir se rendre à Pré-au-Lard, sortir du village et attendre à côté d'une cabane elle ne savait pas qui pour l'aider. Emma était heureuse d'avoir été choisie pour une telle mission, cependant elle ne savait pas si elle était réellement à la hauteur. Que pourrait-elle réellement faire pour aider cette petite fille ? Avait-elle vraiment les capacités d'aider qui que ce soit ? Elle ne savait pas vraiment. Elle n'avait jamais été quelqu'un de très important, elle n'était pas quelqu'un de vraiment très gentille, elle n'était pas non plus l'une de ces filles super populaire que tout le monde admire, elle n'était pas non plus la première de sa classe. Elle était juste banale, transparente, elle était juste elle en fait. Et, elle savait qu'elle n'avait jamais vraiment rien fait de très important jusque là, ce contentant d'écouter ses amis parler, d'essayer de les réconforter sans vraiment y arriver. Elle ne savait pas vraiment faire ça, elle ne trouvait jamais vraiment les mots justes.

Elle avait d'ailleurs souvent l'impression qu'elle ne servait à rien, qu'elle ratait la plupart des choses qu'elle entreprenait, ne sachant pas vraiment où était sa place. Alors, peut-être que cette mission, le fait d'aider cette petite fille lui apprendrait une nouvelle chose sur elle. Peut-être découvrirait-elle, qu'elle aussi était capable d'aider les autres. Qu'elle aussi, elle était importante et qu'elle pouvait se révéler utile. Elle voulait pouvoir montrer qu'elle n'était pas seulement cette petite fille, un peu empotée, qui se complaisait dans son apparence de petite fille. C'était tellement plus facile de rester invisible aux yeux des autres. Ne pas faire de vague, être la gentille petite fille qu'on attendait d'elle. Mais au fond, elle n'était pas que ça, elle avait plus d'ambition mais jamais, elle n'oserait élever la voix pour se faire remarquer. Jamais, elle ne pourrait contredire un ordre, parce qu'elle avait peur des répercutions. Peur de se faire mal voir, peur des moqueries, peur d'être toute seule. Au moins, ainsi, elle avait au moins l'amitié de Clara, peut-être celle de James et d'Amely également. Même si pour elle, James c'était surtout l'ami de Clara. Et en ce moment, c'était compliqué puisqu'ils ne se parlaient plus. Et Emma, encore une fois, ne prenait pas de parti. Qu'est-ce que ça lui aurait apporté de toute façon ? A part perdre un ami pour une stupide prise de position ?

Non, elle avait décidé qu'elle ferait toujours en sorte de contenter ses amis, même si parfois ça pouvait parfois être difficile, elle ne voulait pas les perdre pour une bêtise. Alors, elle ne dirait pas amen à chacun de leurs faits et gestes et elle dirait lorsque quelque chose lui déplairait mais elle ne prendrait jamais parti pour l'un ou l'autre.

La jeune fille tourna alors la tête vers son réveil pour regarder l'heure, il était encore très tôt mais elle n'avait plus sommeil et l'idée de réaliser une bonne action la tenait éveillée. Une certaine impatiente c'était emparée d'elle. Elle se rendit donc dans la salle de bain, une étrange boule au ventre. Mélange d'émotions qui allait de la peur d'échouer sa mission à l'excitation d'avoir quelque chose à accomplir. Une tâche qui l'aiderait à grandir et à devenir quelqu'un de bien, d'intéressant et de reconnu.

Elle se dirigea alors vers la salle de bain, pris une douche rapide et s'habilla. Elle sortit du dortoir encore silencieux et se dirigea vers la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner. Elle occupa ensuite sa matinée comme elle put et se dirigea vers Pré-au-Lard en début d'après-midi. Elle suivit alors l'itinéraire qui lui avait été indiqué sur le parchemin qu'elle avait lu le matin même.

Elle dépassa la tête de sanglier et pris le chemin qui serpentait dans les collines. Elle dépassa ensuite la dernière ferme et suivit un ruisseau, elle compta méticuleusement vingt pas et s'enfonça dans la forêt. Elle s'arrêta alors et observa autour d'elle à la recherche d'un chêne millénaire. Elle tourna plusieurs fois sur elle-même, hésitante. Cet arbre là-bas, était-ce vraiment un chêne ou alors un autre arbre ? Et celui là-bas ? Était-il millénaire ou seulement centenaire ?

Elle aperçut alors un arbre, plus grand et à l'air plus ancien que les autres, elle se dirigea donc vers lui. Elle en aperçut alors un deuxièmes puis un troisième. Elle suivit ainsi les arbres jusqu'à arriver devant une petite cabane en bois toute mignonne. La personne qui avait réalisé cette cabane avait dû y passer beaucoup de temps. Emma se laissa donc glisser le long d'un arbre qui se trouvait à côté de la petite maisonnette et attendit que quelqu'un ne la rejoigne.


Emma Blackbonnes

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Samedi 17 Février, dès les premières lueurs de l'aube...



Se pinçant le nez pour masquer l'odeur répugnante qui imprégnait l'étable de la ferme des Longwood, l'arithmancienne avançait à pas de loup en direction du petit enclos au sein duquel se reposaient plusieurs chèvres. Que faisait l'arithmancienne en pareille heure et dans un endroit aussi peu familier pour une femme de son envergure, cela restait encore un mystère, pour tout le monde sauf pour elle.
Car cela faisait des jours qu'elle observait, scrutait la petite ferme de Pré-au-Lard, de manière à en connaitre chacune des habitudes et le moindre rituel, si bien qu'elle avait l'impression désagréable d'en faire presque partie intégrante de cette famille. Ana Sorden grimaçait d'horreur en avançant vers l'enclos des chèvres, terrifiée à l'idée de marcher sur les nombreux immondices et déjections animales qui jonchaient le sol. Comment pouvait-on vivre et travailler dans une telle puanteur? L'arithmancienne se le demandait. Les fermiers n'avaient vraiment aucune dignité et la sorcière de Salem les méprisait totalement.
Mais voila, la sorcière de Salem avait un projet bien funeste envers Margot Adamson, et pour le mener à bien, elle devait absolument se débarrasser de la vigilance des Longwood, afin de pouvoir laisser opérer en toute quiétude sa petite protégée, Emma Blackbonnes. Ana venait d'infliger un nouveau rêve à la jeune serpentard, il n'y a de cela que quelques heures, et elle avait bon espoir qu'elle réponde à son rendez-vous. Toutes les pièces de son puzzle machiavélique commençaient à s'assembler, ce qui allait entrainer la misérable Margot Adamson dans des ennuis, indigne d'une future directrice...
Mais pour en arriver à un tel résultats, Ana Sorden se devait d'accomplir d'humiliante besogne, comme celle d'entrer dans un enclos de chèvres nauséabondes. Albert Longwood, le jeune fermier, venait tout juste d'en terminer la traite, remplissant un seau entier d'un lait qui allait bientôt se retrouver verser dans les grands bols du petits déjeuner, quand la petite fille dont elle avait collectée une mèche de la chevelure aurait bien daignée se lever. S'accroupissant vers les chèvres, et vers le seau de lait, l'arithmancienne dévisagea avec mépris une chèvre blanche qui venait de lui bêler à la figure. Dans l'ombre, Ana murmura alors toute l'étendue de son mépris pour l'animal.

"Comment dieu a t-il pu créer des êtres aussi parfait que ma propre personne, et dans le même temps des créatures aussi répugnantes que toi...?"

S'en perdre plus de temps l'arithmancienne sortit alors de son corsage, une minuscule fiole sur laquelle était mentionnée le nom de "Gripestine Somnolente". Elle en versa quelque gouttes dans le seau de lait, tout en surveillant la porte de l'étable, au cas où elle serrait dérangée dans sa manœuvre. Cette petite fiole lui avait été transmise par une mardolienne insérée à Saint-Mangouste au sein du département des Virus et microbes magiques et qui répondait au nom de Tristana Borodine. La petite fiole en question contenait les gènes infectieux d'une maladie qui provoquait une envie irrésistible de dormir et de rester allongé toute la journée. Les effets de la Gripestine Somnolente pouvait durée une journée entière, voir une semaine, et nul doute que l'ainé des enfants Longwood et sa petite sœur préfèreraient rester coucher plutôt que de déranger ses plans.
Une fois son méfait accomplit, l'arithmancienne s'éclipsa en dehors de l'étable, mais ne quitta pas immédiatement le périmètre de la ferme, car elle avait encore une action à effectuer.



L'arithmancienne devait disséminer autour de la ferme des preuves accablantes à l'encontre de Margot Adamson, sur lesquelles la brigade magique ou les aurors ne manqueraient pas de tomber, une fois que le drame se serait produit. C'est pourquoi Ana extirpa de nouveau une petite fiole, en tout point point identique à celle qui devait très certainement encore se trouver dissimuler dans les rayonnages de la salle de potion, et la jeta au sol, non loin de ce qui allait devenir le théâtre d'une affreuse catastrophe.
Nul doute que lorsque la brigade magique y mettrait la main dessus, le parallèle serait vite fait avec la directrice des serpentards, et la découverte de l'autre fiole finirait par accabler définitivement celle-ci. Margot Adamson ne serait alors plus un souci,e t elle deviendrait l'unique prétendante au poste de directrice. Un sourire malfaisant éclaira le visage de l'arithmancienne alors qu'elle songeait à cette merveilleuse perspective. Elle avait commis la faute de laisser cette responsabilité à d'autres, avec l'épisode de l'avalanche, et elle s'était jurée que l'on ne l'y reprendrai plus. Elle allait détruire Margot Adamson, elle même...
Avant de quitter la ferme des Longwood, Ana ne manqua pas de jeter un sortilège sur la petite fiole qui servirait d'indice, afin que aucune de ses empreintes n'y soient retrouvées. L'aritmancienne s’apprêtait désormais à faire une petite randonnée en forêt, où une longue et pénible attente l'attendait. Mais comme pour la beauté, il fallait souffrir pour devenir la directrice suprême de Poudlard...


*****


Réfugiée en haut d'une petite butte, dans la pénombre du sous-bois, Ana Sorden guettait l'arrivée de la jeune Emma Blackbonnes, priant intérieurement pour qu'elle ne ce soit pas tromper à son sujet. L'arithmancienne la percevait peut être à tort comme ces personnes incapables de désobéir et de se révolter contre les consignes, aussi déstabilisantes soit-elles. L'infecte odeur de la mousse soulevait le cœur de la sorcière de Salem, plus habituée à la douceur des salons luxueux que de crapahuter dans les sous bois humides.
Ne voyant toujours point apparaitre la jeune serpentard, Ana Sorden poussa un long et profond soupir. Son plan, ses efforts, tout était en train d'échouer!

Mais tout à coup la jeune Emma apparut, telle un petit ange perdu dans l'inquiétante forêt. Elle slalomait entres les arbres pour prendre la direction de la cabane, conformément aux consignes données dans le rêve. Il était temps pour Ana Sorden de sortir sa dernière fiole de la journée, qui prenait cette fois-ci la forme de Polynectar, et dont la mèche de la jeune villageoise allait lui conférer une apparence des plus utiles pour duper la petite serpentard.
Étrangement, Ana marqua un temps d'arrêt dans sa manœuvre, contemplant avec effroi le flacon de Polynectar. Perdre son apparence, son visage parfait, sa chevelure d'or, sa poitrine opulente, sa silhouette de rêve, tout cela l'effrayaient bien plus que si elle avait à boire du poison. Elle se rassura en se disant que ce supplice ne durerait qu'une misérable heure de son existence. Une petite heure qui allait décider de sa destinée entière!
Débouchant la fiole, elle se décida à en boire le contenu, et très vite la métamorphose s'opéra.



Littéralement horrifiée par ce corps miniature, dépourvue de toute sa féminité, l'arithmancienne étouffa un cri d'horreur. Nageant dans ses vêtements d'adulte et sa robe devenue bien trop large pour sa taille, Ana Sorden sortit d'un pan de sa cape de sorcière, une tenue d'enfant qu'elle avait choisit pour se fondre dans sa nouvelle identité. Le froid ne rendait pas l'exercice facile, mais elle se ressaisit vite en se disant que la jeune Emma Blackbonnes devait déjà l'attendre auprès de la cabane.
Revêtant pour de bon sa nouvelle apparence, Ana Sorden s'avança alors dans les sous bois en direction du lieu de rendez-vous. Mais si la petite fille était fort habile pour se mouvoir dans la forêt, il n'en était rien de l'arithmancienne qui trébucha plusieurs fois. Elle finit toutefois par apercevoir la petite clairière, où patientait sagement la jeune serpentard...

S'appuyant délicatement contre le tronc d'un arbre, Ana Sorden sous sa forme angélique, fit alors son entrée en scène. C'est d'une voix douce et faussement enfantine qu'elle prit la parole.

"Alors c'est toi mon ange gardien? Le rêve disait donc vrai! Tu existes vraiment!"

Devant l'océan de perplexité qu'elle crut desceller dans les yeux de la serpentard, la fausse petite fille s'empressa alors d'ajouter des précisions qu'elle voulaient rendre d'une espérance touchante de naïveté.

"Cette nuit, une gentille dame en rouge est venue me secourir au beau milieu d'un affreux cauchemar. Elle m'a dit qu'une gentille fille me viendrai en aide, et mettrai fin aux tourments qui m'empêche de dormir convenablement. Elle a rajouté que je trouverai cette ange gardien, ici même près de cette cabane, et qu'il suffisait de m'y rendre et de lui donner..."

Dans un geste qu'affectionnait tout particulièrement l'aritmancienne, la petite fille rejeta sa coiffure en arrière, dans un geste de coquetterie inadaptée à son âge. Mais tendant la main, elle finit par se présenter...

"Je m'appelle Flora. J'habite la petite ferme isolée, juste en lisière de la forêt, dans cette direction, tu ne peux pas la louper. Cela fait des années que je n'arrive plus à dormir correctement, car je fais d'horrible cauchemar qui m'empêche de fermer l’œil de la nuit. J'étais triste jusqu'à cette nuit, parce que personne ne pouvait me venir en aide. Mais toi? Tu vas m'aider? N'est-ce pas? S'il te plait!"

La petite fille se jeta contre Emma Blackbonnes pour l'enserrer dans ses bras, et lui faire ressentir qu'elle son seul espoir. Puis se reculant de quelques pas pour laisser un peu d'air à la serpentard, elle lui lança alors un regard digne du plus apitoyant petit chaton...



D'une voix implorante, Ana Sorden continua son petit cinéma, en tendant à la jeune Emma Blackbonnes, une fiole remplie du dangereux Feu-Phénix.

"La dame en rouge m'a dit que le fantôme qui vient hanter mes nuits s'est échappé de la cabane Hurlante, et que le seul moyen qu'il y retourne définitivement serait de verser et d'embraser le contenu de cette potion magique autour de ma maison. Apparemment des flammes magiques et inoffensives vont se créer et protéger ma maison, et qui feront fuir le fantôme. Il faut accomplir ce rituel uniquement au crépuscule et quand je serai endormie. C'est pourquoi je ne peux pas l'accomplir moi-même. Et personne ne veut croire mes histoires. Pourtant ce rêve avait l'air tellement vrai..."

La petite fille déposa le flacon de potion interdite dans la paume ouverte de Emma, et la suppliant du regard, elle l'implora de sa petite voie suppliante.

"Pitié. Sauve-moi. Les vilains rêves gagnent en intensité et je veux pas rejoindre la maison où on enferme les fous. Attends la nuit et trouve un moyen de créer ces flammes magiques autours de ma maison. Ne dis rien à personne, les fermiers ne comprennent pas la magie, et il t'empêcherait de le faire. Je serai alors condamnée..."

Alors que les yeux embués de la petite fille se perdaient dans le vague, elle retrouva tout à coup sa lucidité.

"Oh je dois y aller, sinon mon grand frère va me disputer! N'oublie pas de faire tout ce que je t'ai dis. Je t'en supplie. Tu es mon seul espoir..."

Comme elle était apparue, la petite fille disparue dans les sous-bois, laissant Emma Blackbonnes avec sa potion de Feu-Phénix dans la main...

[Si tu as des questions ou besoin de précisions, hésite pas à m'envoyer un MP! ]


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Emma, calée contre un arbre, attendait patiemment que quelqu'un ne se montre. Elle ne savait pas exactement depuis combien de temps elle observait les arbres qui se trouvaient devant elle mais elle commençait à avoir légèrement froid aux bouts des doigts et aux orteils. Une petite voix la fit alors sursauter.

"Alors c'est toi mon ange gardien? Le rêve disait donc vrai! Tu existes vraiment!"

Elle se leva prestement et se retourna pour faire face à la petite fille qui venait d'arriver. Elle ne savait pas trop comment prendre le fait que la petite l'ait qualifié d'ange gardien. Elle ne pensait pas mériter un tel surnom surtout qu'elle n'avait encore rien fait pour elle et qu'elle n'était même pas sûre de pouvoir faire quelque chose en fait. La petite crut alors bon de préciser un peu ses dires.

"Cette nuit, une gentille dame en rouge est venue me secourir au beau milieu d'un affreux cauchemar. Elle m'a dit qu'une gentille fille me viendrai en aide, et mettrai fin aux tourments qui m'empêche de dormir convenablement. Elle a rajouté que je trouverai cette ange gardien, ici même près de cette cabane, et qu'il suffisait de m'y rendre et de lui donner..."

Emma ne sut pas ce que devait lui donner la petite puisqu'elle balança ses cheveux blonds vers l'arrière et se présenta. Elle lui indiqua qu'elle s'appelait Flora et qu'elle habitait la petite ferme qu'elle avait dépassé un peu plus tôt dans la journée. Elle apprit également que la petite faisait des cauchemars qui l'empêchait de dormir la nuit. La petite la supplia alors du regard, lui demandant si elle allait l'aider. Avant que la petite Serpentard n'ait pu esquisser le moindre geste ou proférer la moindre parole, la gamine l'enserra de ses petits bras.

Emma par réflexe rendit brièvement son étreinte à Flora, avant de la relâcher et de faire face à son regard implorant. Elle ne pouvait décidément pas abandonner cette petite fille qui avait besoin d'aide. Quel genre de personne serait-elle autrement ? Elle hocha donc légèrement la tête.

"Bien sûr que je vais t'aider, enfin je vais essayer. Mais j'ai besoin de savoir ce que je peux faire pour toi Flora."

La jeune fille observa un instant la petite fille, cette dernière lui tendit alors une fiole et accompagna son geste d'une explication.

"La dame en rouge m'a dit que le fantôme qui vient hanter mes nuits s'est échappé de la cabane Hurlante, et que le seul moyen qu'il y retourne définitivement serait de verser et d'embraser le contenu de cette potion magique autour de ma maison. Apparemment des flammes magiques et inoffensives vont se créer et protéger ma maison, et qui feront fuir le fantôme. Il faut accomplir ce rituel uniquement au crépuscule et quand je serai endormie. C'est pourquoi je ne peux pas l'accomplir moi-même. Et personne ne veut croire mes histoires. Pourtant ce rêve avait l'air tellement vrai..."

La dormeuse devait vraiment lui faire confiance pour lui demander de résoudre le problème de Flora. Comment cette dame des rêves pouvait elle savoir qu'elle serait à la hauteur de cette mission ? Et qui disait qu'elle ne prendrait pas peur et qu'elle accomplirait tout ceci ? Peut-être que le fantôme qui hantait Flora viendrait la hanter elle ensuite. Peut-être voudrait-il se venger ? Un sentiment de peur la parcourut avant de se reprendre, la petite fille comptait sur elle, elle ne pouvait pas la décevoir.

Emma s'empara donc de la fiole qui contenait la potion qui réglerait tous les soucis de la petite paysanne alors qu'une fois encore, elle la suppliait de l'aider.

"Pitié. Sauve-moi. Les vilains rêves gagnent en intensité et je veux pas rejoindre la maison où on enferme les fous. Attends la nuit et trouve un moyen de créer ces flammes magiques autours de ma maison. Ne dis rien à personne, les fermiers ne comprennent pas la magie, et il t'empêcherait de le faire. Je serai alors condamnée..."

Les yeux de Flora commencèrent alors à s'embuer et Emma sentit son coeur se pincer légèrement. Elle ne pouvait décemment pas laisser cette pauvre petite comme ça. Elle plongea alors son regard dans celui de la petite fille et déclara sincèrement,

"Je vais tout faire pour t'aider, je te le promets Flora. Je ne t'abandonnerais pas."

Emma esquissa un léger petit sourire à celle qui était désormais sa protégée, cette dernière lui annonça alors qu'il fallait qu'elle rentre au risque de se faire gronder. La jeune Serpentard la regarda s'éloigner et avant qu'elle ne parte vraiment, elle lui cria,

"J'espère que je pourrais te revoir une prochaine fois Flora, quand tout ceci sera terminé."

La jeune fille attendit que la petite soit hors de vue et se laissa retomber contre l'arbre qu'elle avait occupée un peu plus tôt et patienta jusqu'à ce que le nuit tombe. Lorsqu'il ne resta qu'un léger rayon de soleil, elle se dirigea vers la ferme de Flora et attendit que tout le monde parte se coucher et que l'obscurité se fasse dans la maisonnée.

Emma sortit alors de derrière un buisson puis se saisissant de la fiole de potion que Flora lui avait confié, elle la déboucha et laissa le liquide se répandre sur le sol. Elle fit le tour de la maison puis lorsqu'elle eut terminée, elle rangea la potion dans la poche de sa robe, sortit sa baguette et d'un sort enflamma la potion qui encerclait la ferme.

Avant qu'elle n'ait pu vraiment comprendre ce qui se passait, le liquide s'embrasa et prit rapidement de l'ampleur. La jeune fille dut se reculer précipitamment afin de ne pas se faire brûler. Elle vit alors avec horreur les flammes commencer à lécher les murs de la petite ferme, elle entendit quelques vitres sous la chaleur. Cependant, elle ne prit réellement conscience de son geste que lorsque les premiers cris résonnèrent dans la fermette.

Elle entendit un premier hurlement puis des pleurs et une petite fille, sans doute Flora, hurler à l'aide, appelant au secours sa maman. Elle entendit également une voix d'homme, paniquée, hurler à toute sa famille de sortir. Mais la maison était encerclé par les flammes et Emma était incapable d'effectuer le moindre geste. Trop tétanisée par la peur, trop choquée par ce qu'elle avait fait. Elle venait de condamner toute une famille à la mort parce qu'elle avait cru les paroles d'une petite fille, parce qu'elle avait écouté les paroles d'une femme qui lui parlait en rêve.

Emma sentit alors les larmes couler sur ses joues et la culpabilité l'envahir, elle venait de tuer toute une famille, elle était un monstre. Elle n'avait même pas eu la présence d'esprit d'essayer de les aider. Mais que pouvait-elle faire ? Elle regarda alors tout autour d'elle mais il n'y avait personne, rien à part les cris qui résonnait dans la nuit.

La jeune fille prit alors conscience que quelqu'un peut-être viendrait attiré par la lumière et que si on la découvrait ici, elle serait forcément accusée. Mais malgré son geste, malgré qu'elle sache qu'elle venait de commettre une abomination sans nom, elle ne voulait pas aller à Azkaban, elle avait bien trop peur. Peur de devoir affronter le regard de ses parents, peur de se faire insulter d'assassin, peur du regard des autres. Elle ne voulait pas être un monstre pour les autres. Même si au fond d'elle, elle savait qu'elle était quelqu'un d'horrible, elle ne voulait pas que les autres la voient ainsi. Elle ne voulait pas avoir à supporter les regards de travers ni les chuchotements sur son passage.

Elle tourna donc les dos à la petite ferme en feu, alors que les hurlements commençaient déjà à disparaître mais dans sa tête, ils étaient encore bien présent, elle entendait les pleurs et les supplications, les cris de paniquent tourner en boucle dans son esprit alors qu'elle descendait en courant le chemin serpenté qu'elle avait emprunté en début d'après-midi, elle traversa Pré-au-Lard toujours en courant les joues inondées de larmes. Lorsqu'elle arriva enfin dans le parc du château, elle ralentit légèrement son allure avec une unique idée en tête, retrouver le calme de son dortoir. En sachant pertinemment qu'elle ne pourrait plus jamais enlever toutes ses horribles images de sa tête et que désormais, elle devrait vivre avec ça. Du moins, c'est ce qu'elle croyait lorsqu'elle franchit en silence, le corps légèrement tremblant à cause du choc, les lourdes portes du château qui n'étaient étrangement pas encore closes.


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Albert Longwood
Villageois de Pré-au-Lard en danger de mort

Albert se réveilla en sursaut, peinant à retrouver ses esprits, encore groggy de la méchante grippe qui l'avait retenue au lit toute la journée, lui et sa jeune sœur. Son corps brulant et recouvert d'une sueur anormale ne pouvait point être imputée à sa seule fièvre, tant il faisait une chaleur étouffante dans sa chambre. Le jeune homme toussa longuement, l’atmosphère devenant totalement irrespirable. Relevant ses yeux encore rougis par le sommeil, il fixa le mur d'en face où était apposée l'image encadrée de la reine de beauté automnale. Le regard d’ordinaire si aguicheur qu'elle lui lançait à chaque réveil, se révélait cette fois-ci particulièrement menaçant...
Albert sentit tout à coup ses poils se hérisser et un picotement dans la nuque qui vinrent l'avertir de l'imminence d'un danger. Et ce pressentiment ne fit que s'accentuer lorsque le jeune paysan découvrit horrifié que des volutes de fumée s'engouffraient de dessous sa porte. Ce danger de mort fit accélérer son rythme cardiaque brutalement et lui insuffla une décharge d'adrénaline pour lui donner la lucidité nécessaire de se lever et d'aller secourir sa jeune sœur Flora. Rien que la pensée de savoir celle-ci prisonnière de la maison en feu le terrifiait bien plus que sa propre mort. Albert devait la secourir avant qu'il ne soit trop tard. Mais lorsque il ouvrit la porte de sa chambre, le jeune homme découvrit alors toute l'étendue du sinistre et resta un instant paralysé par la peur que lui inspirait les flammes gigantesques qui dévoraient cet espace familier. Tel un monstre sans pitié, le feu détruisait tout sur son passage...




Le rez-de-chaussée était totalement envahit par cet incendie aussi étrange que destructeur. Les flammes anormalement verdoyantes bondissaient de toute part et consumaient le foyer des Longwood pour ne laisser que des cendres. L'escalier en bois craquait déjà dangereusement sous l'effet de la chaleur, condamnant déjà pratiquement l'accès à l'autre extrémité du couloir où la porte de la chambre de Fora était d'ores et déjà léchée par les flammes. Désemparé et impuissant face à ce chaos infernal, Albert tenta de la prévenir du danger sa jeune sœur, dans un réflexe vain et spontané.

"Flora! Flora! Reste dans ta chambre! Je viens te chercher! N'ouvre surtout pas ta porte! Reste au sol, pour te protéger des fumées!"

Albert se maudissait intérieurement d'avoir rangé définitivement sa baguette dans la cave. Car même s'il était un piètre sorcier, celle-ci aurait pût lui être fortement utile en si horrible situation. Mais voila depuis sa sortie de Poudlard, le jeune homme avait préféré manière la bêche de jardinier, plutôt que les instruments magiques. Comme tout les Longwood, il avait du sang de paysan dans les veines. Le jeune homme saisit alors un seau d'eau remplit à ras bords et qui servait d’ordinaire à arroser les plantes d'intérieurs, pour le jeter sur ses impressionnante flammes vertes; Mais cet effort fut vain, les flammes continuant de danser de plus belle. Des larmes de rage et de désespoir ruisselaient déjà sur les joues du frère anéanti par la sombre prémonition de devoir abandonner la lutte contre un ennemi trop fort. Mais l'amour fraternel le poussait au delà de ses propres limites. Pourtant, alors qu'il se trouvait plusieurs mètres des flammes, Albert ressentit de très vives brulures lui parcourir le corps, et des cloques germées sur avant bras dénudés.

"Flora! Non! Non! Je ne vais pas t'abandonner! On va s'en sortir! Je te le promets!"

Certainement prononcées dans le but de s'en persuader lui même, ces paroles n'eurent aucun échos. Un silence inquiétant régnait dans la chambre de la jeune sœur, comme si Flora demeurait encore endormie. Alors qu'il se préparait à longer les murs pour tenter de rejoindre la chambre de la petite fille, l'étage entier finit par s'embraser d'un feu dévastateur. Une panique totale submergea Albert et prit bien vite le pas sur son courage. Tandis qu'une impression désagréable de mourir carbonisé obscurcissait son esprit, Albert oublia l'espace d'une seconde son désir ardent de sauver Flora. L'instinct de survie devint sa priorité. Le garçon ne ressentait que la peur, et fixait ses flammes qui s'avançaient dangereusement sur lui. Tout en se retournant vers l'autre extrémité du couloir, il entrevit alors sa seule chance de salut. Au risque de se blesser et de faire une chute dangereuse, il devait bondir par dessus les flammes et traverser la fenêtre du premier étage...
Dans un pur réflexe instinctif, Albert se jeta alors de tout son poids sur la fenêtre, qui se brisa instantanément. La chute lui parut alors incroyablement longue, mais sa tête finit par heurter la terre humide du jardin dans un atterrissage quelque peu brutal mais salvateur. Extirpé de l'enfer, et au bord de l'évanouissement, il releva péniblement sa tête vers sa maison en proie aux flammes, et qui dans un avenir relativement proche ne serait plus qu'un amas de cendre.


Albert tendit alors une main tremblante en direction de la fenêtre enflammée de la chambre de Flora. Sa gorge et son cœur se serrèrent violemment quand il réalisa qu'il n'y avait plus d'espoir. Flora allait mourir. Cette sombre réalité se confirma quand le toit entier s'effondra sur les fondations, anéantissant tous les espoirs d'Albert de revoir un jour sa jeune sœur vivante...
En détresse totale, il n'émit alors qu'un dernier murmure qui ne firent que écho à un sentiment de culpabilité éternel.

"Pardon Flora! Pardon..."

Ses yeux se brouillèrent et il finit par s'évanouir, échappant l'espace d'un instant à cette terrible tragédie...



*****

Quelques instants avant le drame, à Poudlard...

Revenue au sein de l'école et en charge de la ronde de nuit, Ana Sorden avait bon nombre de raison de se montrer satisfaite. Son plan fonctionnait pour l'instant à merveille, même si elle devait encore en écrire les dernières lignes. Pour se mettre définitivement à l'écart des soupçons, il lui fallait se trouver un alibi, mais également détruire toutes formes de preuves qui puisse l'incriminer. C'est dans cette logique que l'arithmancienne s'était glissée dans le dortoir des Serpentards, quelques heures auparavant pour y récupérer la potion de la Dormeuse qu'elle avait confié à Emma Blackbonnes. Ses noirs desseins s'assemblaient comme un puzzle macabre et bientôt au rang des accusés, Margot Adamson serait désespérément seule...
Si elle avait une idée de l'endroit exacte où elle pourrait trouver un alibi, il lui restait à assurer le retour sa petite criminelle en herbe. Car Emma Blackonnes après l'acte horrible qu'elle venait de commettre n'aurait qu'une seule obsession, celle de revenir se réfugier à Poudlard. Dès lors, Ana devait l'interceptée avant qu'elle ne finisse par dévoiler ses états d'âme à une autre personne qu'elle. L'arithmancienne serait donc la pour l'accueillir. Non qu'elle se souciait de l'avenir de la jeune Emma Blackbonnes, mais plutôt parce qu'elle voulait protéger ce plan machiavélique qui lui confèrerait sans le moindre doute les rênes du pouvoir à Poudlard.
La cruelle sorcière avait prit soin de débloquer le verrou magique de la grande porte de Poudlard, afin que la jeune Emma puisse revenir sans encombres. Bien qu'elle ne sache pas ce qu'il pouvait bien trouver à cette infirmière Bloomwood, le concierge Sylvester était pour l'instant bien occupé avec elle, et Ana ne pouvait que ce féliciter de cette relation caché qui le faisait fréquemment abandonner son poste de gardien du temple. Mais toute menace n'était encore point éradiquer. Il en subsistait une...
Parmi le personnel de Poudlard qui ne ferme pas l’œil, il en demeurait un qui risquait de mettre en péril l’œuvre destructrice de la Mardolienne. En effet, ce vieil aigri de Dérébusor qui veillait du haut de sa tour comme un hibou cherchant des yeux sa proie, pouvait totalement compromettre son plan, si l'astronome venait à détecter le retour de la serpentard meurtrière. La tour d'astronomie devenait alors l'endroit stratégique où l'arithmancienne devait se trouver, afin d'une part d'obtenir l'alibi tant convoité, et d'autre part distraire la vigilance du vieil astronome! C'est avec cette double volonté que la sorcière de Salem s'empressa de gravir les escaliers circulaires conduisant au sommet de la tour.

Lorsqu'elle déboucha sur le balcon d'observation de la tour d'Astronomie, Ana Sorden jeta alors un regard faussement complice à un Crispin Dérébusor, bouche bée de voir revenir la reine de beauté automnale sur son territoire nocturne...



Dans l'optique de le distraire et d'éviter qu'il surprenne le retour de Emma, l'arithmancienne lui demanda alors de sa voix suave et sensuelle.

"Serait-il possible d'observer les étoiles en votre compagnie, monsieur Dérébusor? Je n'arrive point à trouver le sommeil..."

L'astronome ne pouvait plus abandonner du regard le sourire divinement charnel que Ana Sorden lui lançait. Contaminée par cette femme aussi toxique que séductrice, Crispin finit, lui-même, par émettre un léger sourire peu coutumier, et poursuivre la discussion d'une voix anormalement calme et digne d'un gentleman. L'astronome indiqua d'un geste de la main, la plateforme d'observation.

"Rien ne me ferait plus plaisir, Miss Sorden. En cette heure de la soirée, Vénus, tout comme vous, est ce qui il y a de plus beau à observer..."

Ana Sorden fit mine de s'émouvoir de ce compliment facile, et gloussa comme une jeune amoureuse de quinze ans qu'elle n'était plus. D'une démarche altière, le torse bombé et jouant de ses épaules, l'astronome conduisit la reine de beauté jusqu'au plus gros télescope magique dont il disposait. Il plaqua alors son œil sur la lentille de contact, pour y dénicher le cadrage parfait sur l'étoile du berger.



L'aritmancienne quant à elle, se fichait éperdument du ciel et de ses étoiles, ce qui l’intéressait était beaucoup plus terre à terre. Tel un phare dans l'obscurité de la nuit, Ana Sorden dénota une lueur verdoyante qui venait de s'embraser dans le lointain en direction de Pré-au-Lard. L'incendie venait bel et bien de débuter, réduisant bientôt à l'état de cendre la bâtisse des Longwood. Ana jeta alors un regard inquiet sur le télescope qui était orienté dans la direction du sinistre, vers le nord, mais aussi de la porte d'entrée de Poudlard. Si pour l'instant le vieux professeur n'avait d'yeux que pour le ciel étoilé, nul doute qu'il risquait éventuellement de surprendre la silhouette fugitive d'Emma Blackbonnes lorsque celle-ci viendrait se réfugier à Poudlard, pour dissimuler sa culpabilité. D'ailleurs, Ana finit par apercevoir en contrebas l'ombre fuyante de la petite fille qui se dirigeait vers le portail de Poudlard à toutes enjambées. Ana Sorden devait trouver dans l'instant un moyen de distraire le vieil astronome pour qu'il détourne son attention de cette direction, qui risquait de jeter à l'eau son plan jusqu'alors parfait. Mais comment le faire s’intéresser à autre chose que son maudit télescope?

"Et voila, Vénus dans la ligne de mire! Absolument superbe..."

Crispin osa un sourire disgracieux quand il verrouilla son télescope sur la planète, et s’apprêtait à laisser la place à l'arithmancienne, lorsque celle-ci l'interpella dans son dos, le contraignant de sa voix la plus douce à se retourner.

"Monsieur Dérébusor, est-ce vrai que Vénus est la déesse de l'Amour?"

Crispin aurait bien voulu répondre à cette question de culture générale, si sa mâchoire ne venait pas de tomber d'admiration devant le spectacle divin que lui réservait l'arithmancienne. En irrésistible séductrice, cette dernière lui jetait, par dessus son épaule dénudée, un regard des plus aguicheurs. L'astronome perdit alors toute forme de raison, et se précipita alors à grande enjambée en direction de l'arithmancienne. Les intentions de cette dernière étaient désormais parfaitement lisibles, elle cherchait à le séduire, rien de moins. Et l'idée n'était pas pour déplaire à Crispin Dérébusor.

"Mordicus! Cessons ce petit jeu de dupe entre nous, j'ai bien saisis le sens de vos visites nocturnes, Miss Sorden! Et sachez que je suis aussi fou de vous que de la planète Pluton!"

Se tenant alors juste devant la sorcière de Salem, il hésita une seconde puis la saisit brusquement brusquement par la taille pour la plaquer contre lui. L'arithmancienne n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait, quand le vieillard sénile se pencha pour l'embrasser fougueusement à pleine bouche, au risque d'en perdre son dentier! Les mains de l'arithmancienne se crispèrent et se mirent rapidement en opposition pour tenter de repousser avec dégout cette répugnante pulsion de l'astronome, ce qu'elle réussit à faire après de longues secondes de supplice. En allumeuse prise à son propre jeu, Ana Sorden exprima son visage le plus horrifié, avant d'exprimer sans pitié tout le dégout qu'elle éprouvait envers le geste audacieux du vieillard.



"Mais quel genre de porc êtes-vous monsieur Dérébusor pour oser faire cela? J'ai l'âge d'être votre arrière-arrière petite fille!???"

Complètement anéanti et honteux par ce baiser fugace, Crispin Dérébusor ne savait plus où se mettre. Abasourdi de voir son baiser repousser de la sorte, alors qu'il pensait être en mesure de pouvoir le faire, le vieillard dansait d'un pied sur l'autre, le visage empourpré par la honte. Sa voix quant à elle, d’ordinaire tonitruante, se métamorphosa en celle d'un petit garçon venant de se faire surprendre en train de voler un chocogrenouille...

"Heu... Miss Sorden... Pardon... c'est à dire que... Je croyais... enfin je pensais... que vous étiez disposée à... enfin vous voyez..."

L'aritmancienne leva la main d'un geste autoritaire et gifla avec une force incroyable l'astronome lubrique, pour lui faire comprendre qu'il était indigne de recevoir l'un de ses baiser.

"Je ne vois rien du tout! J'étais venue ici-même dans le but unique d'observer les étoiles, et je me sens désormais dans l'obligation de devoir vous quitter! Je n'ébruiterai point cette mésaventure, mais veuillez à l'avenir vous comportez de manière plus élégante! Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit!"

Ana Sorden s'essuya de revers de la main ses lèvres pulpeuses, puis sans demander son reste et désireuse de pouvoir rejoindre Emma Blackonnes au plus vite, l'arithmancienne prit congé du vieux vicieux et dévala les escaliers circulaires de la tour d'Astronomie. Elle avait parfaitement anticipé l'endroit où elle devait se trouver pour intercepter la jeune serpentard, avant que celle-ci n'entre en contact avec d'autres personnes. Car dans sa panique, celle-ci n'aurait que deux obsessions soit de s'isoler dans son dortoir, soit venir avouer en pleine nuit la monstruosité de son crime à sa directrice de maison. Le pouls de l'arithmancienne s’accéléra à cette éventualité, qui pouvait mettre un terme à sa mission et l'enverrait à coup sûr dans la terrifiante prison d'Azkaban. Ayant perdue beaucoup de temps avec ce vieux fou de Crispin Dérébusor, Ana espérait arriver à temps, les escaliers circulaires lui paraissant interminables.

Mais elle fut vite rassurée...

Rejoignant le grand hall et se dissimulant dans la pénombre du couloir qui descendait dans les cachots, Ana Sorden finit par pousser un long soupir de soulagement en voyant se glisser dans l’entrebâillement de la porte de Poudlard, le visage familier de la petite fille rousse. Alors que Emma semblait prendre comme prévu la direction des dortoirs, l'aritmancienne fit un pas de coté pour lui en barrer l'accès. Telle une statue de marbre, froide et cruelle, Ana Sorden dominait à présent de toute sa taille la jeune fille encore tremblante du souvenir de l'odieux crime qu'elle venait de commettre.



D'une voix inquiétante l'arithmancienne lui demanda alors.

"Où comptes-tu aller comme cela, jeune fille? Ou devrai-je dire jeune criminelle..."

Alors que Poudlard demeurait silencieux et désertés d'âme charitable pouvant venir en secours à la petite serpentard, une tension palpable commença à s'installer entre l'enseignante et l'élève. Ana Sorden la dévisageait désormais comme une inconnue, comme un témoin gênant à abattre et non comme la jeune élève insomniaque pour qui elle avait éprouver, jadis, un besoin urgent de venir en aide. Sans l'ombre d'un sourire, l'aritmancienne lui exposa alors un bien sinistre message qui la ramenait indubitablement à son crime.

"Désolée jeune fille. Mais à vouloir trop jouer avec le feu, on finit toujours par se bruler..."

Dans un geste aussi envoutant que terrifiant, la sorcière de Salem dégaina sa baguette pour la braquer en direction du front de la malheureuse Emma Blackbonnes. Insensible à ce qu'elle venait de lui contraindre à faire, l'arithmancienne voulait se débarrasser de sa précieuse petite alliée qui en savait désormais beaucoup trop sur toute l'étendue de sa cruauté...



Ana Sorden la dévisagea avec méchanceté, alors que la jeune fille était acculée contre un mur de Poudlard. La sorcière se Salem secoua négligemment la tête de manière à lui signifier son incompréhension...

"Je dois avouer que ta naïveté et ta franche gentillesse m'ont réellement touchée. Merci pour cette confiance aveugle que tu m'as témoignée! Mais voila dans ce monde, il n'y a pas de place pour les rêveuses idéalistes dans ton genre. Je m'en excuse. Mais d'autre part, tu me peux me remercier, car je vais débarrasser ta conscience de la culpabilité qui la dévore, et cela n'a pas de prix. Car au final, grâce à moi, tu pourras dormir l'esprit léger. Je sais, je suis quelqu'un d'admirable, inutile de me le dire..."

La baguette crépita alors d'une énergie inquiétante, et en un seul mot, l'aritmancienne revêtit la cape d'oubliator. Dans quelques instants, Emma Blackbonnes aurait oublié la totalité de ses méfaits, savamment orchestré par la diabolique arithmancienne.

"Oubliettes!"

Le sortilège résonna dans la petite coursive conduisant du hall aux cachots, aspirant un à un les souvenirs entremêlés de la petite fille et de l'arithmancienne. Cette dernière maitrisait à la perfection ce sortilège, et nul doute qu'elle était sur le point de débarrasser la mémoire de la serpentard des seules preuves qui pouvaient réellement l'accabler.

Mais cette fois-ci, les choses ne se passèrent pas exactement comme ce fut le cas avec Darren o'Connor, et le lavage de cerveau de l'innocente Emma Blackbonnes fut perturbé par un élément extérieur qui allait distraire l'espace d'une seconde la concentration de l'horrible bonne femme.

En effet, par un hasard presque miraculeux,un papillon de nuit voleta entre le front et la pointe de la baguette de la sorcière de Salem. Cette dernière ne prenant pas conscience sur le moment que tout n'avait point été clairement effacé comme cela aurait du l'être, et qu'un jour ou l'autre la petite fille finirait par se souvenir de l'acte affreux qu'elle venait de commettre. Elle aurait sans doute du mal à démêler le vrai du faux, mais sa culpabilité comme le Feu-Phénix allait bientôt renaitre de ses cendres.
Voudra t-elle alors se venger? Garder le silence? Oublier? Nul ne pouvait encore le dire.

Une chose était certaine pour l'heure. Ana éprouvait la satisfaction du devoir accompli, car elle savait qu'elle venait d'effectuer un pas décisif en direction du poste de directrice, et s'est enchantée qu'elle s'en retourna vers ses quartiers, laissant derrière elle, la malheureuse Emma Blackbonnes qui recouvrait peut à peu ses esprits. Les bruits de talons d'Ana Sorden disparurent alors dans la nuit...


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Emma traversa silencieusement le Hall d'entrée pour rejoindre le couloir qui menait aux cachots. Cependant, elle fut coupée dans son élan par une silhouette qui semblait l'attendre. La jeune fille marqua un arrêt afin de repérer qui bouchait le passage dans la pénombre. C'est alors qu'elle reconnut le professeur Sorden. Un léger soulagement s'empara d'elle, l'Arithmancienne saurait quoi faire. Après tout, elle l'avait déjà aidé une fois. Malgré tout, la petite Serpentard n'était pas certaine qu'il soit très judicieux de raconter son crime, même à celle qui avait déjà fait énormément pour elle. Emma ne voulait pas perdre l'estime d'Ana Sorden et si elle lui racontait toute l'histoire, il ne faisait aucun doute que son enseignante la rejetterait et ça, elle ne pourrait pas le supporter.

Elle s'approcha donc de son professeur d'Arithmancie, la tête légèrement baissée puisqu'elle n'avait rien à faire dans les couloirs à cette heure avancée de la nuit. Elle s'apprêtait à lui sortir une excuse bidon lorsque l'enseignante prit la parole.

"Où comptes-tu aller comme cela, jeune fille? Ou devrai-je dire jeune criminelle..."

Emma releva vivement la tête et dévisagea Ana Sorden, les yeux écarquillés d'étonnement et d'horreur. Comment savait-elle qu'elle venait de condamner toute une famille à une mort certaine ? L'avait-elle suivie ? L'avait-elle épiée ? Si c'était le cas, pourquoi ne l'avait-elle pas arrêtée avant qu'elle ne réalise cette monstruosité ?

"Je... Comment ?"

La vraie question était plutôt que savait Ana Sorden ? Savait-elle comment elle avait réalisé son méfait ? Savait-elle à quel point, en une heure à peine, elle s'était transformée en monstre ? Au vu de la tension qui s'installait entre elles, le professeur Sorden semblait savoir beaucoup de choses. Le regard qu'elle lui lançait n'avait plus rien de bienveillant au contraire, il était plus qu'inquiétant, il était accusateur et peut-être même dégoûté.

"Désolée jeune fille. Mais à vouloir trop jouer avec le feu, on finit toujours par se bruler..."

La jeune fille comprit alors que l'arithmancienne savait tout sur son crime et de quelle façon elle l'avait orchestré. Les yeux de la Serpentard se remplir alors à nouveau de larmes. Il fallait qu'elle lui explique, elle n'avait pas voulu, elle pensait que ça n'aurait pas cet effet là. Elle avait fait confiance à Flora et à la dormeuse. C'était la faute de la dame rouge, oui c'était elle la coupable. Elle était venue la hanter dans des rêves, lui avait fait croire des choses, lui avait assuré qu'elle pouvait être quelqu'un d'autre, quelqu'un de meilleur. Elle n'avait pas voulu tout ça, jamais. Ô comme elle aurait aimé faire marche arrière et ne jamais avoir fait toutes ces choses.

"Je... Je suis dé... désolée, commença Emma la voix rendue tremblante à cause des larmes. Ce... C'est un ac... un accident. J'vou... j'voulais pas...."

La petite n'eut pas le temps de terminer puisque la femme en face d'elle sortit sa baguette de sa robe de sorcière et la pointa dans sa direction. Effrayée, Emma recula mais fut stoppée par le mur derrière elle. Elle n'avait plus aucune issue, elle était complètement à la merci de cette femme et elle ne savait pas ce qui allait ce passer. Allait-elle la torturer pour son crime ? La dénoncer aux Aurors ?

"Je dois avouer que ta naïveté et ta franche gentillesse m'ont réellement touchée. Merci pour cette confiance aveugle que tu m'as témoignée! Mais voila dans ce monde, il n'y a pas de place pour les rêveuses idéalistes dans ton genre. Je m'en excuse. Mais d'autre part, tu me peux me remercier, car je vais débarrasser ta conscience de la culpabilité qui la dévore, et cela n'a pas de prix. Car au final, grâce à moi, tu pourras dormir l'esprit léger. Je sais, je suis quelqu'un d'admirable, inutile de me le dire..."


Un tremblement violent s'empara du corps de la fillette, elle ne voulait pas mourir, pas maintenant mais elle venait de tout comprendre. Ana Sorden s'était servie d'elle. La potion de la dormeuse c'était l'arithmancienne qui lui avait donné, elle devait savoir pour l'influence néfaste de la dormeuse et elle ne lui avait rien dit. Juste que quelqu'un l'aiderait dans ses rêves. Mais, ça ne l'avait pas aidé, ça l'avait transformé en monstre. Et maintenant, qu'Ana Sorden avait eu ce qu'elle voulait, elle allait se débarrasser d'elle. L'insignifiante Emme Blackbonnes. Elle se demanda un instant si ses parents la pleureraient, sans doute que oui, au début. Mais ils l'oublieraient bien vite en se consolant avec Lucas. Finalement, elle ne serait pas une grosse perte, ils leur resteraient un enfant.

Les larmes dévalaient ses joues sans aucune retenue, elle était prête, même si elle ne voulait pas mourir, elle avait accepté son destin. Après tout, mieux valait être morte comme Flora, plutôt que de vivre avec l'idée d'être un monstre qui avait tué une petite fille et toute sa famille. Mieux valait mourir en héros plutôt que de vivre en monstre. Emma ferma donc les paupières, attendant le plus calmement possible le sort qui lui était réservé. Elle entendit alors "Oubliettes!" puis se fut l'obscurité.

Emma ouvrit les paupières et se demanda un instant ce qu'elle faisait toute seule au milieu du couloir à cette heure de la nuit. De plus, elle était habillée à la moldue et ses chaussures étaient couvertes de boues. Tout ceci était vraiment étrange, elle n'arrivait pas à se souvenir de ce qu'elle avait fait un peu plus tôt dans la journée. C'était assez inquiétant quand même. Poussant un profond soupir, la jeune fille décida de remettre ses questions au lendemain, elle était vraiment trop fatiguée pour réfléchir. Elle se rendit donc à son dortoir et une fois arrivée, se changea rapidement avant de se mettre au lit. Elle se releva alors prestement lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait oublié de prendre sa potion de sommeil. Elle se dirigea donc vers sa valise et partit à la recherche de la précieuse potion. Cependant, elle dut vite se rendre compte que la Dormeuse n'était plus à sa place. La petite fiole s'était envolée. Un vent de panique s'empara alors d'Emma, comment allait-elle expliquer au professeur Sorden qu'elle avait perdu sa potion ?

Non, elle ne dirait rien, c'était mieux. Le silence était la meilleure de ses options et puis de toute façon, la fiole était presque vide donc il n'y avait pas vraiment de grosse catastrophe et puis, elle était sûre qu'elle n'avait plus besoin de cette potion désormais pour dormir. Du moins, c'était la seule façon qu'Emma avait trouvé pour se débarrasser de sa culpabilité. Ce n'était peut-être pas la meilleure des façons puisque la boule qui s'était formée dans son estomac n'avait pas l’intention de partir. Elle chassa néanmoins ses mauvaises pensées de son esprit et se recoucha. Elle essaya tant bien que mal de trouver le sommeil et lorsqu'enfin elle le trouva, elle fut réveillée au matin par un affreux cauchemar dans lequel elle mettait le feu à toute une ferme. Se transformant ainsi en criminelle puisqu'elle avait condamné toute une famille à périr dans la chaleur des flammes.

Fin du Rp


Emma Blackbonnes

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