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 [OS] Pas la moindre envie

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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7 mars 2007

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« J’y vais. J’ai plus envie de parler avec toi, là. » répondit-elle en attrapant son manteau, ignorant ostensiblement son père qui se dirigeait vers elle.

« Juliet… Juliet ! » s’exclama ce dernier tandis que sa fille s’arrêtait sur le pas de la porte.

« Quoi ? »

« Je suis désolé, Juliet. Essaie de me comprendre. »

Elle claqua violement la porte. Elle ne voulait pas de ses excuses, elle ne voulait pas comprendre. Elle voulait que tout redevienne comme avant, elle voulait que son père n’ait jamais trompé sa mère, elle voulait ne jamais avoir eu la conversation qu’elle venait d’avoir avec lui. Et comme cela était impossible, elle voulait le détester. Oh, c’était déjà le cas. Mais elle en souffrait trop. Parce qu’au fond, elle l’aimait encore. Et il était bien là, le problème. Se focalisant sur le premier lieu qui lui venait en tête Juliet ferma les yeux et transplana. Lorsqu’elle les rouvrit, ce fut non sans surprise qu’elle avisa l’école des Arts de Londres, école où étudiait sa cousine et où elle n’était venue qu’une seule fois auparavant. Sur les nerfs, seule sa colère encore présente retenant ses larmes, la jeune femme resta plantée devant l’école. Elle avait été stupide de venir ici. Ariane n’était pas là, Ariane n’avait pas le temps d’écouter ses doléances.

« Juliet ? Ju… ? » entendit-elle cependant d’une voix qui lui était si familière pour la connaître depuis près de quinze ans.

Sa cousine. Devant elle. Au milieu d’une de sa bande d’amie, certes, mais sa cousine. Ariane. Celle qu’elle connaissait depuis sa naissance, celle avec qui elle avait passé toutes ses vacances, enfant. Celle qui lui ressemblait tant et qui pourtant était tellement différente d’elle. Posée, calme, discrète, artiste. En commun, elles avaient leur physique, si semblable, et leur capacité à sourire, tout le temps. Ensemble, elles avaient la relation qu’elles avaient bâtie depuis bien longtemps, et qu’elles continuaient à entretenir. La relation si particulière que peuvent avoir les cousins, celle où il n’y a pas besoin de se voir chaque jour pour continuer à s’aimer, celle où on a la certitude de pouvoir se voir dans le futur, celle que les liens familiaux protègent.

« Juliet ? Qu’est-ce que tu fais là ? Tu vas bien ? »

« Oui. » souffla-t-elle alors que tout, son sourire, ses yeux, hurlaient « non ». « Et toi ? »

« Ça va… Tu as un peu de temps ? Tu veux qu’on aille boire un café ? » proposa la Moldue en fronçant les sourcils.

Acquiesçant, la Gryffondor salua du bout des lèvres les amis de sa cousine et la suivit silencieusement dans les rues Londonienne. Entrant dans un petit café Moldu à la suite d’Ariane, Juliet s’assit devant elle, et esquissa un sourire gêné lorsque le regard à la fois inquisiteur et interrogateur de la jeune femme se posa sur elle.

« Alors ? »

« Tu es au courant, n’est-ce-pas ? Pour mon père. »

« Oui. » souffla Ariane après un instant d’hésitation. « Raconte moi ce qu’il s’est passé. »

Hochant la tête, Juliet ouvrit la bouche et prit la parole. Longtemps. Elle commença par ses soupçons, lorsqu’elle avait apprit que son père passait de plus en plus de temps à librairie. Elle poursuivit en lui parlant du moment où elle avait eu cette fameuse conversation avec Jeremy, et où elle avait découvert que son père trompait sa mère avec celle de son meilleur ami. Interrompue à ce moment là par une exclamation de sa cousine, qui venait à l’évidence de saisir l’ampleur de la situation, Juliet posa ses coudes sur la petite table et posa sa tête dans ses mains, en soupirant. Enfin, elle lui parla de la conversation qu’elle avait eue avec son père. Une conversation houleuse, dont elle essaya de restituer à peu près ce qu’elle avait dit. Des larmes coulant sur ses joues, elle ne s’arrêta pas de parler, comme s’il s’agissait de la dernière chose qui la retenait de sombrer dans une crise de nerf.

*


« Juliet ? » s’étonna son père en déposant ses clefs sur le meuble du salon. « Qu’est-ce que tu fais là ? » poursuivit-il en fronçant les sourcils.

Elle releva les yeux et se leva du canapé, sur lequel elle était assise depuis plus d’une heure. Elle était arrivée en milieu d’après-midi, juste après son cours de DCFM, et depuis avait attendu, trop nerveuse pour faire autre chose que de rester immobile, attendant son père. Elle s’était décidée à aller lui parler, avant les vacances de Pâques. Elle préférait faire ça maintenant, plutôt que d’attendre que Leah soit à la maison, préférant lui épargner le spectacle peu réjouissant d’une dispute.

« Comme si tu ne le savais pas. » répondit la Gryffondor, presque méprisante.

Silencieux, son père retira son manteau et, toujours sans un mot, il s’approcha de sa fille.

« Juliet… »

« Non ! » s’exclama-t-elle en reculant. Elle ne voulait pas se laisser attendrir par la voix réconfortante de son père, par son sourire calme, posé. Elle était en colère, elle était furieuse. Elle voulait lui montrer tout le mal qui lui avait fait, tous les dégâts qu’il avait causé par son acte.

« Ecoute… »

« Arrête ! » s’exclama-t-elle « Arrête. Comment tu as osé faire ça… Faire ça à maman ! A moi ! A la famille Baker ! » s’écria la rouge et or, tandis que sa colère, qu’elle avait gardé pour elle tout ce temps pouvait enfin exploser.

Une ombre passa sur le visage de son père, tandis qu’elle souriait avec ironie.

« Juliet, arrête… »

« Arrêter ? Arrêter quoi ? Tu as… »

« Tu arrêtes et tu m’écoutes, Juliet. »

Lui lançant un regard méprisant, la rouge et or s’interrompit cependant et haussa les épaules.

« Je sais que ça te blesse, ma chérie. »

« Ah bon ? Et pourquoi tu as fait ça, si tu savais que ça blesserait autant de monde autour de toi ? »

« Ce n’était pas prémédité, Juliet. »

Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas de cette pitoyable excuse, elle n’en voulait pas, et elle n’en voudrait jamais.

« Tu connais son fils, c’est ça ? »

Jeremy. Jeremy dont la famille avait été détruite à cause de son père. Jeremy, son meilleur ami, l’ami avec qui elle se sentait bien, véritablement bien. Jeremy, à qui elle avait promit de ne jamais laisser cette histoire se mettre en travers de leur amitié. Leur amitié, qui leur appartenait à eux, à eux seuls. Leur amitié, que leurs parents avaient inconsciemment mit à l’épreuve.

« C’est mon meilleur ami. » déclara-t-elle d’une voix sourde.

Le visage de son père se décomposa durant quelques secondes et les yeux de la jeune femme se fermèrent brièvement. Par Merlin.

A partir de ce moment là, la conversation devint véritablement houleuse. Son père, qui tentait de lui faire comprendre son acte, n’arrivait qu’à accroître sa colère. Il n’y avait rien à comprendre. Il avait trompé sa mère, il avait osé tromper sa mère. Il avait réussi à briser deux familles en parfaite connaissance de cause, sans même sourciller. Son père. Cet homme qu’elle avait toujours vu comme un homme bon, juste, honnête. Cet homme dont le visage inspirait confiance, dont le sourire était toujours permanant, dont la simple présence suffisait à la rassurer. Cet homme qui l’avait vu grandir, qui l’avait aidé dans chaque étape de sa vie, qui l’avait soutenu. Cet homme, son père. Son père, celui qui avait détruit tout ce qu’il s’était efforcé de construire.

La conversation s’étendit sur une heure. Une heure à crier, une heure à rejeter toutes les fautes de son père à son visage, une heure à l’accuser. Une heure où il essaya de se faire pardonner, une heure où il voulu lui faire comprendre, une heure où il lui expliqua pourquoi il avait agit ainsi. Une heure sans qu’elle ne comprenne.

*


« Juliet… » débuta Ariane à la fin de son récit, hésitante sur les mots à employer.

« Comment tu as su ? » l’interrompit la jeune femme en essuyant ses larmes d’un geste rageur.

« J’ai surprit une conversation entre mes parents. C’était il n’y a pas longtemps, fin février je crois. Ils disaient que ça allait bientôt se savoir, et que tu serais au courant. »

Silencieuse, Juliet contempla son café, à moitié plein, incapable de le terminer.

« Je suis désolée, Juliet… » murmura sa cousine en attrapant sa main.

Se mordant la lèvre inférieure, empêchant ainsi de laisser d’autres larmes couler.

« Excuse-moi d’être venue… T’es la première personne à laquelle j’ai pensé et j’avais pas envie de rentrer tout de suite à l’Internat… »

« Ne t’excuse pas, Ju. C’est pas sécher un cours qui va me plomber toute ma première année. »

Esquissant un maigre sourire, Juliet inspira profondément. Et s’efforça de se calmer. Elle tenta de répondre aux questions que lui posa Ariane sur sa scolarité, mal à l’aise de devoir lui cacher sa situation de sorcière. Fort heureusement, sa cousine prit rapidement congé, s’excusant de la laisser là, mais devant se rendre à son cours. Après l’avoir prit dans ses bras et lui avoir promit de retourner la voir le plus rapidement possible, elle observa sa cousine tourner les talons pour ensuite s’arrêter et revenir vers elle.

« Ju… Tu vas faire comment pour tes vacances de Pâques ? »

« Je crois que ma mère ma revenir et mon père va quitter la maison… Et sinon… J’aviserais… »

« D’accord… Si tu veux venir à la maison, n’hésite pas, hein. Ou si tu veux envoyer Leah. »

« J’y penserais. Hé, merci, Ariane. »

« Bon, je file ! Je t’aime, Ju. »

« Amour partagé. » souffla cette dernière, phrase qui les avait suivit bien longtemps, durant leur enfance.

Sortant à son tour du café, après avoir laissé quelques pièces sur la table, Juliet resserra son manteau autour d’elle. Elle l’avait fait. Elle avait parlé à son père. Son cœur se remit à battre plus vite tandis qu’une boule de tristesse se formait dans sa gorge et qu’elle baissait la tête pour que les passants ne voient pas ses larmes qui s’étaient remises à couler le long de ses joues. Elle avait toujours été si proche avec son père, avant ça. Avant cette histoire. Comme si, avec cette conversation, sa relation avec son père s’était brisée, s’était fanée. Elle le détestait. Et elle l’aimait tellement.

« Je suis désolé, Juliet. Essaie de me comprendre. » lui avait-il dit plus tôt.

Elle n’en avait pas la moindre envie.



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[OS] Pas la moindre envie

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