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 L'Enfer de la Mode ! [Fashion-Week Topic - Swann-Clara-Victor]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Samedi 18 Mars, Hôtel Albergo Trezzo, Milan, début de soirée...

Désireuse de faire une petite sieste réparatrice avant d'attaquer les hostilités milanaise, Ana Sorden sombra sur l'un des petits divans de sa chambre d'hôtel. Nul doute qu'elle rêvait d'un sommeil enchanteur digne de la belle au bois au dormant, mais c'est pourtant en sursaut qu'elle finit par se réveiller, quelques heure plus tard, encore haletante de l'odieux souvenir du cauchemar qu'elle venait de subir.
Entres ses plans machiavéliques et son sommeil agité, la vie de l'aritmancienne ne lui offrait guère de repos. Ana demeurait encore sous le choc des évènements magiques qui avaient déréglé Poudlard lors du dernier mois, et c'est pourquoi elle souhaitait ardemment que cette escapade italienne prenne la forme d'une pause salutaire dans sa marche en avant.
Encadrer trois élèves dans l'un des temples de la mode, et ce durant deux jours, cela ne revêtait aucune forme de difficulté pour une enseignante de sa qualité. Ainsi elle pourrait sous-entendre à Margot Adamson, qu'en matière d'organisation de voyage, elle était de loin la plus compétente des deux. Mais sous ses allures de Dolce Vita, ce petit séjour cachait en réalité une finalité beaucoup plus inavouable.

Car avec l'arithmancienne, rien n'était jamais fait au hasard.

Ana Sorden avait prit grand soin de trier sur le volet les élèves chanceux de partir en Italie, dans un but purement intéressé. En effet deux d'entre eux, Swann Twilfit et Victor Lloyd, disposaient d'un parent influant au sein du conseil d'administration, et qui allaient devoir se prononcer en fin d'année sur l'une ou l'autre des deux candidates au poste de directrice suprême. Dans son arrivisme, Ana Sorden avait bon espoir de pouvoir faire pencher indirectement la balance en sa faveur, si elle arrivait à séduire et offrir du rêve à la progéniture du conseil d'administration. La jeune fille Guipure n'avait peut être point de parent au Conseil d'administration, mais à l'instar d'une Swann Twilfit, la fonction de commerçante de sa mère et ses contacts avec la clientèle, pouvait servir à merveille sa cause. Car pour imposer une idée, rien n'est meilleure que le bouche à oreille. Et nul doute que cette merveille d'excursion à la Fashion-Week de Milan alimenterait bien vite les sujets de discussion des parents d'élèves. L'arithmancienne se félicitait d'avance d'avoir élaboré un plan si ingénieux, qui permettait d'allier l'utile à l'agréable.

Pour l'instant tout s'était déroulé à merveille, Ana et les élèves l'accompagnant avaient usé du réseau de la poudre de cheminette pour se rendre dans cet hôtel qui bien qu'en territoire moldue, possédait la spécificité d'accueillir des sorciers dans l'une de ses ailes secrètes. L'Hôtel Albergo Trezzo situé sur une colline en périphérie de Milan, offrait donc cette fonction de passerelle entre les mondes, reliant l'hôtel à la cheminée d'un vieux manoir Londonien, occupé par un vieux couple de sorciers, Alberto et Silvia Scarpini, tout deux d'origine italienne, et dont la fonction principale était de contrôler l'accès à ce passage. L'aritmancienne n'était pas une grande amatrice des déplacements par poudre de cheminette, mais il fallait bien avoué que pour cette fois-ci, cela lui évitait bien des complications.

Un carillon émanant des étages en contrebas, signifia à l'arithmancienne qu'il était grand temps de se préparer pour les événements de la soirée. Ana Sorden avait convié ses jeunes élèves à assister à l'un des défilés Haute Couture les plus attendu du moment, dans lequel le jeune créateur prodige, Antonio Cardamone, allait exposer les chefs d’œuvres de sa collection Printemps/Été, et ce dans le cadre prestigieux des galeries Vittorio Emanuele II. Il se murmurait dans le monde de la mode, que cette collection absolument avant-gardiste risquait de marquer un tournant en matière de création vestimentaire. De quoi, sans doute, intéresser vivement les élèves de Poudlard.

Face à son miroir, Ana Sorden s’adonnait à son exercice favori, celui de satisfaire son désir de beauté. A évènement unique, tenue unique! Et en cela, Ana avait opté pour une splendide robe violette d'un grand créateur italien, qui avait l'art d'épouser à merveille les délicieuses courbes de son corps. Soucieuse du moindre détail esthétique, Ana Sorden avait agrémenté celle-ci en choisissant une pochette en peau de serpent rare et don le centre était sertit d'un diamant noir d'une valeur inestimable. Ultime note de bon gout, la sorcière de Salem portait d'élégantes chaussures à talons en accord parfait avec le choix de couleur de la robe.

Rien à dire, ce soir elle serait la plus belle. Du moins le pensait-elle dans son for intérieur.

En mirant l'éclat de sa beauté, Ana eut une pensée émue pour Richard Dalnox. Par Merlin, si si son politicien amoureux l'avait vu ainsi, il ne serait guère rester longtemps insensible à son charme bien longtemps. L'arithmancienne avait l'intention de lui offrir le mariage qu'il espérait tant, une fois qu'elle aurait mener à bien sa conquête de Poudlard. Tout deux formeraient alors l'un des couples les plus puissants d'Angleterre!
Un voile couvrit toutefois cette douce pensée quand l'aventure qu'elle avait entretenue avec le facteur Ernest lui revint à l'esprit. Car l'enseignante avait d'ores et déjà trompé son puissant politique avec un moldu qui n'avait d'importance que de figurer au sein du conseil d'administration. Après leurs rencontre à Poudlard, Ana Sorden avait décidé de maintenir le contact avec le séduisant père du jeune Victor, se prétextant que même si cela risquait de la compromettre, cela lui offrirait une voix d'assurée lors du vote de fin d'année. Après quelques échanges de courriers enflammés, les deux adultes avait convenus d'un rendez-vous dans Hyde Park à Londres, qui s'était rapidement terminé...
... dans la chambre du séduisant facteur. En signe de culpabilité, Ana se mordilla la lèvre inférieure en se repassant le film de cette journée torride dans le brouillard londonien. Nul doute que certaine liaison se devait de rester muette et invisible aux yeux des autres, et il semblait que ce Ernest Lloyd partageait également ce point de vue. En effet certain jeu d'adulte de leur nuit endiablée se devait de rester secret à jamais, et au vue de leur échanges de regard du lendemain, il semblait clair que les choses allaient rester figées en l'état...

Enfin prête, l'arithmancienne se décida enfin à rejoindre ses petits agneaux qui au fur et à mesure de leurs soirée, finiraient sans doute par bêler d’admiration devant l'étalage de richesse qui allait se présenter devant leurs yeux éblouis. Depuis qu'elle vivait dans le luxe, Ana Sorden ne pouvait imaginer un autre mode de vie. Il était loin le temps où elle parcourait le monde dans un cadre humanitaire. Désormais, Ana ne vivait que pour satisfaire sa personne. Et ce soir, elle allait s’enivrer des cris admiratifs de ses jeunes élèves, en espérant qu'ils n’omettraient pas d'en parler à leurs parents respectifs et de dire au combien cette Ana Sorden était fabuleuse!
L'enseignante dévala le grand escalier circulaire qui conduisait aux chambre de l'étage inférieure. Depuis leurs arrivés en Italie, l'arithmancienne les avaient laissé prendre leur marque, en s'isolant dans sa propre chambre. D'une part parce qu'elle ne voulait point se montrer trop envahissante, et d'autre part à cause du fait qu'elle n'avait nullement envie de faire la causette avec eux.
L'arithmancienne espérait simplement qu'ils étaient fin prêts pour cette soirée épique, et qu'elle n'aurait point à attendre d'éventuels retardataires. Comme son amour pour les chiffres, Ana Sorden attachait une importance considérable à la ponctualité. L'enseignante s'avança alors vers la première porte, dont elle en frappa délicatement la surface de deux coups régulier.

"Mesdemoiselles Twilfit et Guipure, rendez-vous dans le hall d'accueil de l'hôtel dans approximativement dix minutes!"

Puis tournant les talons vers la porte d'enfance, Ana fit également résonner deux coups secs sur le battant.

"Il en va de même pour vous Ernest... enfin... monsieur Lloyd. Rendez-vous dans le hall dans dix minutes."

En se précipitant dans ses consignes, Ana Sorden venait de commettre un impair, en appelant le jeune Victor Lloyd par le prénom de son père. Un lapsus quelque peu gênant, mais qui ne troubla guère plus l'arithmancienne qui se rassura en se disant qu'il ne serait sans doute point relevé par le jeune homme. Se détournant avec fierté des portes encore closes, elle se dirigea alors vers le lieu de rendez-vous.
L'arithmancienne n'eut guère à attendre trop longtemps, ses élèves débarquant dans le hall de l'hôtel de manière groupée. A des degrés divers, chacun d'entre eux arborait une tenue plus ou moins appréciable pour l'occasion, et après un examen minutieux, l'arithmancienne se déraidit quelque peu leur adressant un léger sourire de bienvenue...



Elle joignit alors les mains dans une attitude presque mystique, au moment de leur énoncé les consignes à respecter.

"Bienvenue jeunes gens! J'espère que vous avez eu le temps de vous remettre du voyage, car il me semble inutile de vous préciser que dorénavant tous les déplacements se feront à la manière des moldus. Un chauffeur va d'ailleurs venir nous récupérer d'ici quelques instants, et je compte sur votre savoir vivre pour ne commettre aucun écart de conduite! Je veux que les choses soient claires, je ne suis point venue ici pour faire de la discipline, mais pour dévoiler un corps de métier moldu aux futurs adultes que vous êtes...
Si un seul d'entre vous, ose ne serait-ce qu'une seule fois, manquer à la plus élémentaire des règles de discipline, alors je ne ferai aucun sentiment et je le renverrai en Angleterre? Est-ce bien clair?"

Elle posa son regard glacial sur chacun d'eux, avant de reprendre d'une voix quelque peu radoucit.

"Sachez que je suis très heureuse de pouvoir vous faire découvrir un défilé de Haute Couture, et je peux vous garantir que la Fashion Week de Milan va vous offrir ce qu'il y a de meilleur en matière de mode moldue..."

L'arithmancienne allait poursuivre ses explications, lorsque un coup de klaxon retentit à l'extérieur de l'hôtel.

"Je vous délivrerai de plus amples informations dans la voiture, je vous prie de bien vouloir me suivre..."

L'arithmancienne poussa alors la porte de l’hôtel qui s'ouvrit sur une beauté mécanique absolument stupéfiante. En effet, devant l'hôtel, se trouvait garée une somptueuse et impressionnante limousine blanche. Un chauffeur se tenant debout au coté de l'engin, en ouvrit l'une des portes afin de pouvoir accueillir les passagers chanceux...
Ébauchant un sourire plein d'orgueil, l'arithmancienne désigna d'un geste de la main l'ouverture béante dans la limousine qui n'attendait que de recevoir la visite des élèves.

"Ceci sera notre voiture pour le restant de la soirée, dès maintenant, elle va nous conduire à la galerie Vittorio Emanuele II, où se tiendra l'un des plus prestigieux défilé au monde. Je vous en prie, prenez place..."

La voiture était si spacieuse qu'il n'y avait presque pas besoin de baisser la tête pour y entrer. L'intérieur était richement décoré et exaltait de toute part un luxe grandiloquent.




La porte se referma derrière l'arithmancienne, qui s'assit sur l'une des confortables banquette en cuir. Croisant les jambes dignement, elle n'hésita guère longtemps à se servir une coupe de champagne dans le minibar situant sur le flanc droit de la voiture. Tout en regardant ses élèves, elle finit par tremper ses lèvres pour boire une gorgée du précieux alcool, tandis que la voiture démarrait pour les conduire à destination.
Ana Sorden posa alors son verre

"Je vous arrête tout de suite. En cette soirée, vous ne devrez consommez en aucun cas la moindre goutte d'alcool. Car je tiens à ce que vous conserviez cet esprit aiguisé qui vous permettra d'appréhender au mieux les différentes facettes du travail des créateurs de mode..."

L'arithmancienne passe un main délicate dans sa chevelure ondulée, alors que la voiture entamait la descente qui les conduisait vers le centre ville de Milan...

"Ce soir, vous allez partir à la rencontre d'un jeune créateur avant-gardiste au talent inouïe, que l'on surnomme, ici même en Italie, "El Principe". De son vrai nom, Antonio Cardamone, on dit de lui qu'il invente les vêtements de demain et ses boutiques de modes fleurissent comme un champs de pâquerettes au Printemps. Il a généreusement accepté de bien vouloir vous faire découvrir son travail, alors j'espère que vous saurez vous montrez respectueux à l'égard de sa personne. Croyez-moi, chacun de ses conseils vaut son pesant d'or..."

L'arithmancienne sortit alors un fascicule qui s'avérait être une affiche à la gloire du jeune créateur. Elle tendit trois exemplaires à destination de chacun des élèves.

"Tenez, prenez ceci! Cela vous donnera un bref aperçu du travail de ce jeune créateur dont vous allez suivre le défilé aussi bien en coulisse que sur le podium..."

Reprenant sa coupe de champagne, Ana Sorden analysa la réaction des élèves à la vue du document et des œuvres de Antonio Cardamone.



Un silence pesant pesait dans la limousine, et l'arithmancienne se sentit dans l'obligation de le briser.

"Ne vous montrez point timide, je ne vais pas vous manger. Dîtes moi ce que vous inspire ces œuvres magnifiques. Je vous écoute et je suis disposée à répondre à toutes vos éventuelles questions..."

L'aritmancienne vida alors la dernière goutte de son verre, qu'elle reposa avec délicatesse sur le minibar. Elle attendait désormais de voir les différentes réactions des passagers de la limousine...


Clara GuipureSeptième annéeavatar
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Une fois n'était pas coutume, Clara était de très mauvaise humeur. Elle avait expérimenté beaucoup d'émotions de part sa dispute avec James: la tristesse, la honte, la douleur, puis la joie et le soulagement des retrouvailles; elle avait été profondément désolée pour Irving qui avait perdu son père, inquiète pour Emma, après ce qu'il lui était arrivé; et sa bonne humeur était finalement revenue, plus solide que jamais. Car Clara était une optimiste de nature, et sitôt que ses problèmes avaient été réglés, elle avait recommencé à voir le bon côté des choses. Mais ce soir, malgré toute sa bonne volonté, elle était incapable de trouver une idée optimiste.

Elle avait accepté d'aller à a Fashion Week de Milan en décembre, pour faire plaisir à sa mère, comme toujours. Celle-ci avait été en-chan-tée du projet du professeur Sorden et n'avait depuis pas arrêté de jacasser sur cette chance "foooormidâble" que sa fille avait. Clara avait reçu des instructions strictes, sur les notes à prendre et comment se comporter. On lui avait même offert un appreil photo pour qu'elle prenne les défilés et rapporte les idées à la boutique, en plus d'un livre très fournie sur les codes des moldus dans le monde de la mode pour qu'elle ne commette aucun impair. Evidemment, elle ne l'avait pas ouvert.

Parce qu'elle n'avait pas du tout envie d'aller à la Fashion Week. Premièrement, parce que la mode sorcière l'ennuyait déjà assez, alors l'idée de devoir passer trois jours - ils rentreraient le mardi matin, après le défilé du lundi soir - assise sur un chaise à regarder passer des filles anorexiques accoutrées bizarrement qui la contempleraient d'un air bovin, la faisait frémir d'horreur. Mais qu'allait-elle bien pouvoir faire pendant ces trois jours? Elle ne supporterait pas de faire semblant pendant tout ce temps, mais elle n'allait guère avoir le choix. Peut-être pourrait-elle écrire à James, Amely et Emma, au lieu de prendre des notes sur les costumes. Elle dirait à sa mère qu'elle avait été "teeeellement enchantée" par la "richesse" du défilé qu'elle en avait perdu sa concentration. Mais elle songea que, si elle pouvait être honnête avec James, elle ne s'en sentait pas encore capable auprès de ses deux autres amies. Alors, elle allait devoir regarder. Serpentard ait pitié d'elle.

Deuxième raison qui la faisait grogner, c'était le fait que le voyage ait lieu dès le début des vacances. Clara avait à peine eu le temps d'ouvrir sa valise, en arrivant chez elle, que sa mère la lui avait déjà remplie avec une montagne d'affaires propres, dont trois robes spécialement coupées pour l'occasion. Puis il avait fallu courir rejoindre le professeur Sorden à la salle des Cheminettes internationales au ministère de la Magie pour partir à Milan. Elisabeth avait passé un bon quart d'heure à bavarder avec l'arithmancienne, l'inondant de remerciements et de compliments. Oh, et comme c'était aimable à elle d'emmener trois jeunes passionnés de modes à ses propres frais, comme c'était remarquable de sa part, le signe d'un dévouement total, corps et âme à son métier et à sa passion, et que tous les clients à qui elle en avait parlé étaient restés béas d'admiration, blablabla... Clara avait écouté tout cela d'une oreille distraite, se contentant de sourire comme si c'était le plus beau jour de sa vie. Elle avait sauté sur Victor dès qu'il était arrivé. Pour parler de mode bien entendu, mais il était toujours plus agréable de parler de mode avec Victor que de subir l'encombrante compagnie de sa mère.

Et cela l'amenait justement à la troisième raison. Elle ne partait pas juste avec Victor, mais aussi avec Swann Twilfit. Miss Parfaite-Langue-de-Vipère. Depuis leur dispute au sujet de Stefan, Clara s'était appliquée à l'ignorer du mieux qu'elle pouvait, c'était à dire très bien. Leur seule autre interaction avait été le fameux jour du château fou, où elle s'était retrouvée coincée avec la Préfète-en-Chef, Anastasie et Jayden Valentyne. Ce jour-là, Clara avait pris sa revanche sur Swann de manière très enfantine, mais cela lui avait fait du bien. Alors qu'il grêlait fortement sur leurs têtes, elle avait construit un abris sous les tables ou, bizarrement, il n'y avait pas eu de place pour la jeune femme. Elle s'était fait un plaisir de l'envoyer balader chaque fois qu'elle lui adressait la parole, refusant de l'aider sous prétexte qu'elle était "pathétique" ou autres qualificatifs dont Swann l'avait affabulée. Elle avait travaillé de son côté et finalement, les secours étaient arrivés de l'extérieur.

Avec le recul, Clara se rendait compte que l'image qu'elle avait donné d'elle ce jour-là n'était pas des plus flatteuses, mais étrangement, elle s'en fichait. Elle avait fait quelque chose dont elle avait envie et Merlin, qu'est-ce que ça faisait du bien. Swann n'avait probablement pas eu de mal à s'en remettre, et elle se sentait mieux. Cependant, lorsqu'ils arrivèrent dans le richissime hôtel italien et qu'elle découvrit avec horreur qu'elles allaient devoir partager une chambre, son courage fléchit quelques secondes. Juste quelques secondes.

Elle était entrée d'un pas décidé et s'était arrogée le lit côté fenêtre. Et, durant les deux heures où elles étaient restées dans leur chambre, elle n'avait pas adressé un mot à la préfète en chef, sinon pour répondre de façon la plus lapidaire possible lorsqu'elles devaient s'adresser la parole. Car, si elle l'avait provoquée sans répit la dernière fois, elle savait qu'elle n'était pas de taille à gagner un joute verbale contre Swann. Le souvenir de leur dispute était encore rouge dans son esprit et elle ne souhaitait pas réitérer l'expérience. L'ignorance restait donc sa meilleure solution. Ce n'était pas très agréable comme sensation de rester dans la même pièce qu'une personne que l'on ne supporte pas, mais Clara avait l'habitude de ce genre de situation. Elle rongeait son frein en explorant leur chambre, en défaisant sa valise, tellement elle aurait voulu s'émerveiller devant tant de luxe. La baignoire défiait celle de la Salle de Bain des Préfets, avec ses huit robinets odorants, et le miroir, oh, le miroir... Il aurait suffit pour donner un cours de danse à cinquante personnes.

Mais ce que Clara avait préféré, c'était le balcon. Elles avaient une magnifique vue sur la ville italienne, qui était l'une des plus belles choses que Clara avait vu de sa vie. Cela changeait tellement des briques rouges d'Angleterre! A cela, il fallait ajouter le ciel bleu qui sublimait la vue et la température qui était pour le moins agréable. Une simple veste suffisait à se réchauffer, et elle voyait, en bas, depuis la rue, beaucoup de personnes se promener légèrement vêtues. Clara su alors que la seule chose qu'elle voulait faire à Milan, c'était se balader dans la ville et remplir ses yeux de toutes les merveilles qu'elle promettait. Mais elle ne pourrait pas. Parce qu'il fallait aller voir des défilés de mode. Quel gâchis. La seule chose positive du voyage se trouvait donc réduite à une peau de chagrin.

Après une petite heure de repos, elle avait entrepris de se préparer pour la soirée. Sa mère lui avait confectionné une robe qui tenait compte du temps. Clara l'enfila, la trouvant de très bon goût - fashion victim ou pas, elle restait une fille coquette - mais décréta que les gants faisaient vraiment trop vieux jeu et les abandonna au fond de la valise. S'asseyant ensuite face au grand miroir de leur chambre, préférant ne pas provoquer Swann et lui laisser la salle de bain, elle entreprit de se coiffer et de se maquiller.
Elle aurait bien aimé être en bons termes avec sa colocataire. Elles auraient pu se préparer ensemble en discutant - de mode, mais c'était mieux que ce froid polaire, et cela aurait un peu allégé le poids que Clara avait sur le coeur en pensant à l'interminable soirée qui l'attendait. Et puis Swann était tellement plus douée qu'elle pour ce genre de choses!

Non, non, Swann était une horrible petite prétentieuse qui se croyait encore plus importante que Jordan Nimbus de Pompadour. D'ailleurs, les rumeurs allaient bon train ces derniers temps sur un éventuel lien de parenté avec les deux. Clara ricana intérieurement à l'idée que la Reine des Commères fassent à son tour l'objet de ragots si peu glorieux, puis passa à autre chose. Lorsque le professeur Sorden frappa à leur porte, elle était prête. Elle attendit cependant que l'enseignante s'éloigne pour sortir et aller frapper à la porte de Victor.

"Eh, Victor, ouvre! ... Ouvre!"

Elle dû insister quelques secondes supplémentaires avant que son (hum) ami ne se présente. Considérant sa tenue, Clara fit sa connaisseuse en lui disant "super, ça te va comme un gant...", mais n'osant pas se pencher plus avant sur les goûts vestimentaires du Gryffondor. Elle enchaîna donc, tournant sur elle-même: "Et moi, qu'en penses-tu?"

Puis ils patientèrent un court moment, le temps que Miss Twilfit fasse son entrée. Intérieurement, Clara admira la classe de sa concurrente, l'envia. Elle même était probablement loin d'etre aussi attirante. Extérieurement, elle ne réagit pas et se contenta de dire qu'ils devaient descendre voir la quatrième raison qui lui faisait redouter ce voyage.

Ana Sorden. Clara détestait cette horrible bonne femme. Elle avait la malchance de faire partie des élèves qui suivaient le cours d'arithmancie et regrettait chaque jour un peu plus le professeur Vector. Certes, cette dernière était un peu étrange, mais au moins elle était gentille. Alors que le professeur Sorden était un monstre d'exigence et de glace, qui se faisait un plaisir de descendre les élèves n'atteignant pas ses exigences dans sa matière, et Merlin savait que Clara oscillait autour de cette limite. Clara avait également entendu parler de la sévérité de l'enseignante hors des cours, et de l'interdiction du groupe des Dark Boursouf. Elle ne connaissait pas ses membres personnellement, mais l'histoire avait fait le tour de l'école et la démesure de la sanction l'avait indignée. Oh, comme elle plaignait les pauvres Gryffondor qui devaient la subir en tant que directrice de maison jusqu'à la fin de l'année! Elle ne comprenait pas pourquoi le professeur Hellsoft n'avait pas désigné Neville Londubat, qui était aimé de tous. Il fallait ajouter à cette liste de grief que Clara trouvait l'adulte très futile. Madame était Reine de Beauté Automnale, et punissait sévèrement quiconque critiquait sa 'beauté'. Donald McMachin s'y était risqué et il avait écopé d'une sanction incroyable. C'était si peu professionnel, elle était enseignante d'Arithmancie, pas de mode! Et quand bien même, liberté d'expression. On n'avait le droit d'avoir des goûts différents que ceux de mâdâme la chouchoute de Sorcière Hebdo. Mais ce qui faisait que Clara détestait vraiment, voire craignait, Ana Sorden, c'était les faits troublants que son amie Emma lui avait raconté. Elle ne savait pas trop quoi penser de tout ça mais sa méfiance s'était naturellement ajoutée à son aversion, et elle avait intérieurement décrété que plus loin elle restait de cette vipère, mieux ce serait pour elle. Hélas, son arriviste de mère en avait décidé autrement.

Aussi, lorsqu'ils arrivèrent dans le hall, Clara poussa un "Oh, vous êtes vraiment très bien habillée madame!" des plus convaincants - et des plus hypocrites, avant de se réfugier dans un silence prudent.

Fort bien lui en pris car l'arithmancienne énonçait d'ores et déjà des règles très strictes. La dernière, sur la faute de comportement, ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd. A peine avait-ell été prononcée que le cerveau de Clara se mit à imaginer milles et une façons d'être renvoyée chez elle dans l'heure. Il lui fallait une bonne excuse, solide, en béton, qui ferait que sa mère ne serait pas trop en colère. Voyons voir... Oh, oui, le monde moldu, ça c'était de l'excuse. Sorden attendait d'eux qu'ils se comportent en parfait moldu, mais Clara n'avait jamais mis les pieds dans leur monde. Elle pourrait très bien faire une énorme gaffe sans s'en apercevoir. Après tout, elle n'avait commencé l'étude des moldus que cette année, elle ne pouvait pas tout savoir.

Elle continuait à songer à cela comme leur accompagnatrice les emmena dans la rue moldue. Et dès qu'elle s'y trouva, Clara oublia subitement tous ses plans. Car de plan, elle n'allait pas en avoir besoin pour commetre un impair. Tout autour d'elle hurlait au danger. Les lumières agressives de la rue, les voitures moldues qui roulaient vite - trop vite - sur la route devant eux. Elle avait déjà vu quelques voitures du ministère, mais de loin, et elle était bien contente de ne jamais avoir à s'en approcher. Aussi, quand Ana Sorden leur indiqua le monstre blanc qui devait les "conduire" au défilé, elle s'approcha avec réticence, peu emballée à l'idée de se faire avaler. Mais elle n'avait pas le choix et suivi le mouvement, tentant de cacher son trouble.

"Oh!"

La découverte de l'intérieur lui coupa également le souffle. Les moldus avaient aussi des sortilèges d'extension! songea-t-elle en prenant place le plus loin possible de sa professeur. Celle-ci se servait d'ailleurs du champagne tout en leur interdisant de boire, et Clara était à deux doigts de l'impertinence de lui demander pourquoi elle-même en buvait dans ce cas - c'était l'occasion rêvée de se rebeller sans faire perdre de points, après tout! - lorsque la voiture s'ébranla. La jeune fille sursauta, sentant le véhicule bouger autour d'elle. Elle resta crispée quelques secondes, puis réalisa que c'était bien moins effrayant que le magicobus - et moins rapide que le Poudlard Express, malgré le chauffeur qui tournait brusquement et klaxonnait à tout va.

Le professeur Sordan leur tendit ensuite un fascicule concernant le défilé qui les attendait ce soir. En découvrant les tenus, Clara afficha tout d'abord un grand sourire, qui n'était en réalité qu'une tentative réussie de retenir son fou rire. Quoi, c'était ça la mode moldue? Ils habillaient les gens en âne bleu? Elle savait les moldus inventifs, mais là, on frisait vraiment le ridicule - non, on l'atteignait complètement! Ohlala, regarder ce spectacle allait être une véritable torture. Ca ne risquait pas d'être ennuyeux, mais comment était-elle supposée prendre des notes sérieux si de tels accoutrement défilaient devant elle toute la soirée? Ses zygomatiques et ses abdos allaient cruellement souffrir... Ce constat fit partir l'envie de rire et elle eu plus de mal à cacher la mine consternée qui s'afficha sur son visage. Pour éviter que tout le monde s'en rende compte, elle baissa la tête, faisant mine de s'investir complètement dans la lecture du parchemin.

Il ne valait mieux pas qu'elle pose de question, se dit-elle quand l'arithmancienne les y encouragea. C'était un coup à se faire renvoyer en Angleterre immédiatment, et elle voulait avoir le privilège de prendre quelques photos pour les montrer à James avant cela...



Swing my heart across the line
In my face is flashing signs, seek it ouf and ye shall find
Oh, I feel so wrong, doing the right thing
Oh, I feel so right, doing the wrond thing
I could lie, couldn't I, couldn't I?
So no more counint dollars, we'll be counting stars
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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D’un rapide sortilège expert, Swann emprisonna sa lourde chevelure dans un chignon. Elle usait systématiquement de ce stratagème lorsqu’elle voulait paraitre un peu plus vieille. Avec un maquillage soigné et discret, on lui donnait facilement quatre ou cinq ans de plus et cette idée n’était pas pour lui déplaire. De toute manière, la tenue qu’elle avait choisie pour ce soir n’aurait pas été mise en valeur avec la longue crinière châtain qu’elle arborait généralement à Poudlard. En effet, toute l’originalité de sa robe résidait dans l’encolure dissymétrique et dans les ornements de la partie supérieure. C’était d’ailleurs elle qui avait confectionné toutes ses tenues pour ce week-end dans le temple de la mode. Contrairement à Clara, qui, à en juger par son carnet de croquis et son appareil photo, venait pour chiper quelques idées aux moldus, Swann était là, avant tout, pour montrer toute l’étendue de son savoir-faire et développer son réseau dans le monde non-magique. C’était là son unique but pour ce séjour puisqu’ elle avait enfin trouvé un local pour sa future boutique. Idéalement situé entre les mondes moldu et magique de Bristol, la préfète avait dégoté un grand espace vide entièrement aménageable sur deux étages. Sheba et elle étaient allées signer le compromis de vente juste avant de rejoindre Ana Sorden et les autres participants au voyage pour Milan. Autant vous dire que la jeune fille était littéralement euphorique et ce n’était pas l’attitude glaciale de Clara à son encontre ou sa dispute avec Aaron la semaine précédente qui allait lui gâcher ce moment. Bien sûr elle aurait aimé partager sa joie avec son irascible chéri mais ils étaient en froid depuis leur dispute au sujet de Maya. Têtue comme elle était, la préfète s’était interdit de faire le premier pas pour tenter d’éventuelles réconciliations, aussi, elle avait dû faire preuve de beaucoup de volonté pour ne pas annoncer la nouvelle de son acquisition par patronus messager dès le contrat signé. Au lieu de ça, elle avait envoyé sa pie survoltée jacasser dans les oreilles de Natasha et Sean. D’ailleurs, elle avait d’hors et déjà demandé au Serdaigle de l’aider pour l’aménagement intérieur du local qui allait abriter, au rez-de-chaussée, les boutiques sorcières et moldues, et à l’étage, un grand loft où elle pourrait s’installer. Cette perspective d’indépendance lui arracha un sourire de satisfaction, tandis qu’elle tirait un trait d’eye-liner sur sa paupière. Elle avait toujours su qu’elle y arriverait. Maintenant, il ne lui manquait plus qu’à réussir le Concours du Fil d’Or afin d’acquérir une petite renommée chez les sorciers. Rien ne l’empêcherait par la suite de tenter un concours similaire chez les moldus pour se faire connaitre, car la préfète n’était pas dupe, ce n’était pas en un week-end à Milan qu’elle parviendrait à se créer un réseau fiable et stable ! Cependant, elle pourrait un jour briller en société en disant, qu’elle avait déjà participé à une Fashion-Week dans sa vie…
Ca lui ferait toujours un sujet de conversation avec « sa nouvelle famille » comme elle l’appelait dans sa tête. En effet, Edmund avait enfin annoncé la nouvelle à ses parents –donc ses grands parents- et ceux-ci souhaitaient la rencontrer lors d’un grand repas de famille organisé dans un mois. Son père lui avait assuré que c’était mieux qu’elle rencontre tout le monde d’un coup et elle avait donc emprunté l’album photo des Harris pour réviser un peu avant ce brunch. Elle connaissait déjà cousin Melvin (hum), Cassandre et Jordan et elle espérait sincèrement être placé à leur table lors de ce grand banquet. D’ailleurs, il faudrait peut-être qu’elle aille se présenter officiellement à eux entre temps…

Chassant cette interrogation, d’un geste de la main, la préfète s’éloigna légèrement du miroir pour s’observer sur toutes les coutures. Elle était parfaite : Elégante avec un brin d’originalité. Satisfaite, elle sortit de la salle de bain et rejoignit son lit pour apposer sa touche finale, une paire de boucle d’oreille avec un coloris assorti à sa tenue. Avisant Clara qui s’était retranchée sur le balcon, Swann ne fit cas de rien et sortit la dizaine de paire de chaussures qu’elle avait amenée pour l’occasion. Alors qu’elle était en plein dilemme concernant le choix de ses escarpins, quelques coups retentirent sur la porte de la chambre suivis de la voix mélodieuse d’Ana Sorden qui les invitait à rejoindre le hall dans dix minutes. Clara qui portait une robe qui la mettait particulièrement en valeur (mais ça Swann ne l’avouerait jamais) rejoignit rapidement son ami Victor dans le couloir. Dire que l’arithmancienne avait préféré emmené ces deux gamins alors qu’elle aurait pu choisir d’autres élèves plus matures, comme Natasha ou encore Olivia Fowler. Au moins, la préfète n’aurait pas eu l’impression de faire de la garderie !

Soupirant légèrement devant ce constat, elle opta finalement pour ses Loutoubins –une valeur sûre- et attrapa sa pochette assortie avant de rejoindre ses camarades dans le couloir d’une démarche altière.

« Je crois que nous sommes fins prêts, constata-t-elle poliment en détaillant la tenue du jeune homme, allons-y. »

Les trois jeunes gens descendirent dans le hall de l’hôtel Albergo Trezzo. Swann essaya de ne pas paraitre trop émerveillée devant tant de luxe et de beauté et elle abandonna sciemment le traditionnel sourire qu’elle arborait habituellement à Poudlard, au profit d’expression plus professionnelle et posée. Ana Sorden les attendait en bas, vêtue d’une jolie robe (mais pas aussi belle que la sienne) et leur expliqua le déroulement de la soirée ainsi que les règles à suivre. Swann hocha poliment la tête, ne se sentant nullement concernée par les éventuels manquements aux règles de discipline élémentaires.

"Je vous délivrerai de plus amples informations dans la voiture, je vous prie de bien vouloir me suivre..."


La préfète suivit donc l’arithmancienne dans le Milan moldu particulièrement animé. Les automobiles roulaient à pleine vitesse sur l’avenue qui desservait l’hôtel et Swann chercha leur voiture des yeux. Elle était déjà montée dans celle des Finnigan et Aaron lui avait même fait faire le tour du pâté de maison pour lui expliquer le fonctionnement. Depuis, la préfète était presque experte en auto, elle connaissait tout ! Le manche pour aller plus vite, les petites lumières pour prévenir lorsque l’on souhaite tourner, les sièges confortables et rabattables...hum, bref.
Cependant, la voiture des Finnigan n’avait pas grand-chose à voir avec l’automobile, ou plutôt le salonmobile, d’Ana Sorden. Cette dernière se servit d’ailleurs un verre de champagne tout en leur interdisant d’en faire autant. Malgré tout le respect qu’elle portait à l’arithmancienne, Swann trouva cette attitude un brin cavalière mais elle ne s’en formalisa pas. Après tout, c’était uniquement grâce à la bonté d’Ana qu’ils avaient cette opportunité unique d’assister à un défilé de mode moldue, ils ne devaient pas l’oublier ! D’ailleurs l’arithmancienne leur distribua la plaquette d’Antonio Cardamone afin de leurs présenter son travail.

« C’est …original. » lâcha la préfète sans quitter des yeux le carton d’invitation. Si la dernière tenue composée de bouches superposées était plutôt réussie, les autres laissaient un peu à désirer et Swann doutait franchement de leur ergonomie. Enfin, c’était difficile de se faire une idée sur un bout de papier glacé aussi elle ajouta, En tout cas, j’ai hâte de voir ce que cela donne en vrai ! Avant de demander d’une voix claire, Pensez-vous que nous aurons la chance de rencontrer "El Principe" ? »





Victor LloydMolduavatar
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Victor s'agitait en tout sens dans sa chambre à la recherche d'une quelconque crème qui semblait avoir disparue de sa trousse de toilette mais qui en fait était tombé dans sa valise. Le jeune poussa un profond soupir de soulagement. Que serait-il devenu s'il lui avait manqué une seule de ses lotions de beauté ? Aujourd'hui, il comptait bien faire bonne impression. Attirer l'oeil d'un grand couturier, c'était presque sa meilleure chance de pouvoir faire ce qu'il voulait de sa vie.

Lorsque le professeur Sorden avait affiché qu'elle avait des places pour la Fashion Week de Milan, Victor avait été l'un des premiers à s'inscrire. Puis, il avait fait l'éloge de son enseignante son père mais bizarrement, ce dernier semblait déjà la connaître et affichait un air niais lorsqu'il parlait de l'Arithmancienne. Il ne savait pas trop comment il devait prendre tout ça, parce qu'il n'avait pas franchement envie d'avoir une belle-mère sur le dos, même s'il s'agissait d'Ana Sorden, la reine de beauté automnale.

Ça vendait du rêve c'était certain mais en étant seul avec son père, il était sûr d'avoir le monopole de la carte bleue. Il était en effet bien connu, qu'une femme aurait rivalisé avec lui pour se faire payer des vêtements et c'était hors de question. Ernest Lloyd ne devait avoir qu'un seul sujet de préoccupation et un seul gouffre économique. Et tous ces titres lui revenaient à lui et non pas à une quelconque mégère aussi jolie, coquette, bien habillée soit elle.

Le jeune homme, après avoir appliqué toute sa panoplie de crème, se dirigea vers son armoire et resta un moment à hésiter pour savoir ce qu'il allait mettre pour ce premier soir. Il se décida alors pour un costume à la fois chic et original.

Il s'admira quelques instants et se trouva fort présentable même s'il fallait avouer que c'était plus facile pour une fille d'être élégante avec les robes, toutes plus belles les unes que les autres qui existaient. Les hommes avaient un choix beaucoup plus restreint qui se limitait la plupart du temps aux costumes. Bien sûr, il a avait plusieurs types de coupe. Il y avait ceux qui ne savaient pas s'habiller et ceux qui savaient. Ceux qui avaient une belle tête de vainqueur et ceux qui n'avaient aucuns goûts et même s'ils en avaient, ne pourraient jamais prétendre pouvoir un jour côtoyer les plus grands de ce monde. L'élite ne s'accoquine pas des sans classes et des moches. C'était la dure réalité de la vie, du moins celle que Victor percevait.

Il entendit alors un léger coup porté à sa porte et la voix du professeur Sorden s'élever. Cette dernière l'appela d'ailleurs Ernest ce qui était plutôt étrange, elle semblait décidément bien connaître son père. Peut-être trop même. Cependant, le jeune homme ne s'en formalisa pas et d'un ton détaché lança en direction de la porte.

"J'arrive professeur, je suis bientôt prêt."

Il avait fait le choix de prendre un ton moins exubérant pour ce week-end, ça allait être dur de freiner ses pulsions naturelles mais il jouait plus ou moins son avenir, il fallait donc qu'il mette toutes les chances de son côté. Il entendit un nouveau coup sur le battant de sa porte alors que Clara lui intimait d'ouvrir sa porte. Il passa un dernier coup de peigne dans sa chevelure dorée et partit rejoindre son amie, un léger sourire aux lèvres.

"Han Clara chérie, ta robe est superbe. Tu vas les épater là dedans, il se tourna alors vers Swann qui se tenait un peu plus en retrait. Ta robe est super belle aussi Swann. Han les filles, genre, si personne vous remarque ce soir c'est qu'ils sont franchement trop nul quoi."

Le petit groupe d'adolescent se mit alors en route pour rejoindre leur enseignante qui avait revêtue une jolie robe, elle aussi, cependant Victor ne fit aucun commentaire. Il écouta d'une oreille distraite les consignes qu'elle leur donna, trop pressé qu'il était de partir. Il hocha néanmoins la tête pour montrer son accord lorsqu'elle eut terminée son discours. Ils se dirigèrent alors vers ce qui allait être leur moyen de transport. Victor laissa un sifflement d'admiration s'échapper de ses lèvres lorsqu'il découvrit la limousine qui les attendait.

"Han j'hallucine. Trop la classe, une limousine quoi. Han mais c'est trop cool."

Bon pour le maintien de soi, il allait falloir revoir ça. Il lança un léger regard gêné au professeur Sorden en rougissant légèrement. Ils montèrent alors dans la voiture et Victor décida de ne plus dire un mot avant d'être arrivé. Heureusement pour lui, Ana Sorden était une sacrée pipelette et elle fit la discussion à elle toute seule, leur interdisant de boire une seule goutte d'alcool alors qu'elle même ne se gênait pas pour en consommer. Elle leur expliqua ensuite le programme de la soirée et leur présenta brièvement le styliste qui exposait ce soir là. Elle leur fit également passer sa plaquette et Victor une fois encore fut subjugué. Il se voyait parfaitement travailler pour ce couturier avant-gardiste. Il avait osé le nouveau et c'était tout simplement merveilleux.

Il écouta d'une oreille distraite l'avis de Clara qui se résuma à "Oh" et celui de Swann. Il releva alors la tête vers l'Arithmancienne et plongea son regard dans le sien, un léger sourire aux lèvres.

"Je pense que ce défilé sera des plus intéressants, j'aime beaucoup le côté avant-gardiste que prend sa collection. Je suis persuadé que travailler avec un homme tel que lui serait une chose des plus fabuleuses. Du moins, c'est mon avis."

Victor accentua son sourire, qui avait dit qu'il ne savait pas parler correctement ? Qui avait dit qu'il n'était qu'une calamité ambulante incapable de réfléchir et de sortir une phrase correcte ? Pour le coup, il était plutôt fier de lui et de son petit effet.



Kit par Ju choupie Choupi
Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Alors qu'elle venait de distribuer un bref aperçu du travail de Antonio Cardamone, Ana Sorden guetta avec curiosité chacune des réactions des occupants de la Limousine, afin de pouvoir desceller chez eux leur degré de motivation. Nul doute que des œuvres aussi avant-gardistes allaient provoquer toutes sortes d'attitudes chez les élèves, mais Ana Sorden attendait avant tout d'eux, qu'ils émettent des critiques constructives et professionnelles. Le monde de la Mode était reconnu comme un milieu d'hypocrites digne des pires éléments de la maison Serpentard, où il fallait savoir louvoyer entre les grands acteurs de la Haute-Couture pour se faire une réputation. Las élèves allaient découvrir que dans les coulisses des défilés, tout se déformait à travers le prisme de la jalousie et des rancœurs, un simple compliment d'apparence sincère pouvant cacher la pire des insultes. L'arithmancienne espérait que son petit groupe d'élèves aurait la bienséance de dissimuler sa véritable pensée et d'éviter de réagir de manière trop extrême, afin de ne point heurter l'égo des grands créateurs. El Principe Cardamone n'était pas de nature à accepter la critique, et il ne comprendrait pas que son travail puisse être remis en cause par de vulgaires adolescents...
Clara Guipure qui avait eu l'amabilité de la complimenter sur sa magnifique robe de soirée, ébaucha un large sourire émerveillé avant de se réfugier derrière le fascicule, comme si elle était littéralement absorbée par ce qu'elle venait d'y découvrir. Était-ce de l'émerveillement ou de la moquerie? Le regard de Clara Guipure ne laissait transparaitre aucune indication précise sur son ressenti. Ana Sorden lui adressa également un sourire ambigu sur ses véritables intentions, avant de déclarer...

"Inutile de rêver Miss Guipure... Car malheureusement, aucune de ses robes n'est dans vos moyens."

Ana Sorden fixa alors les deux jeunes filles des deux plus grandes enseignes vestimentaires du monde magique, et se félicita de les avoir réunies le temps d'une excursion. Quel beau tableau que ses deux jeunes filles, côte à côte, comme deux amies inséparables, alors qu'elles seraient peut être dans l'avenir les pires concurrentes de la mode sorcière. L'arithmancienne dans sa nature profondément égoïste se posa une question qui excluait toute formes de concurrence loyale entre les deux jeunes filles. En effet, elle s'interrogeait sur le nom de la grande gagnante qui devait logiquement découler de cette guerre entre les deux grandes enseignes. Guipure ou Twilfit? Laquelle des deux écraserait l'autre?
Elle n'eut guère l'occasion de s’appesantir plus longtemps sur cette question, car déjà Swann Twilfit exprimait son point de vue sur l'artiste, et son désir de le rencontrer.

« C’est …original. En tout cas, j’ai hâte de voir ce que cela donne en vrai ! Pensez-vous que nous aurons la chance de rencontrer "El Principe" ? »

Ana Sorden chassa un faux plis de sa robe, avant de lancer un regard confiant à la préfète en chef. Nul doute qu'elle aurait cette formidable opportunité de pouvoir le rencontrer, et bien plus encore! D'une voix posée, elle rassura la serpentard.

"Ne vous inquiétez point pour cela, Miss Twilfit. J'ai fais tous le nécessaire pour vous accorder ce privilège. Il se trouve que la semaine dernière j'ai rencontré monsieur Salvatore Cazorla, qui n'est n'est autre que le richissime organisateur officiel de cette Fashion Week de Milan. Celui-ci s'est montré très compréhensif envers ma demande, et il m'a promit de me vous faire rencontrer le génial créateur. Sachez que cela n'est pas donné à tout le monde de pouvoir découvrir les coulisses d'un défilé de mode, alors j'espère que vous serez en mesure de vous montrez digne de cette faveur inestimable!"

Ana Sorden voulut appuyer un regard stricte sur ses élèves afin de bien leurs faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas, mais elle fut interrompue dans cet exercice par un Victor Lloyd des plus enthousiastes.

"Je pense que ce défilé sera des plus intéressants,
j'aime beaucoup le côté avant-gardiste que prend sa collection. Je suis
persuadé que travailler avec un homme tel que lui serait une chose des
plus fabuleuses. Du moins, c'est mon avis.
"

Ana Sorden lui lâcha un sourire entendu, nul doute que ce fabuleux défilé allait satisfaire l'avidité et la curiosité du précieux jeune homme.

"Croyez-moi monsieur Lloyd, vous êtes sur le point de découvrir des choses que nous n'êtes même pas en encore mesure d'imaginer! Ce que vous allez voir, va dépasser vos espérances!"

Ce joyeux Gryffondor, contrairement à ceux qu'elle avait déjà rencontré, dégageait une motivation communicative qui la rassurait sur les éléments de cette maison. Si dans un proche avenir avenir, elle devait prendre les rênes de la maison rouge et or, elle se voyait rassurée de posséder des éléments comme ce Victor Lloyd, et non des troublions comme cette maudite rossignol de Wilson et l'insolent petit nabot McWilde. Au moins ce jeune homme savait se tenir, et cerise sur le gâteau, son père était sans doute l'un des meilleurs coups qui lui ait été donné de rencontrer.
L'arithmancienne retrouva vite ses esprits, chassant les délicieuses visions qui lui revenaient en tête, elle tenta alors d'exprimer à son tour toute l'admiration qu'elle éprouvait pour Antonio Cardamone.

"Car monsieur Lloyd, en plus d'être un génie avant-gardiste, vous devez savoir que monsieur Cardamone est considéré, dans le milieu de la mode, comme un véritable rebelle, capable d'aller à contre courant des diktats imposés par la société. En effet, Antonio Cardamone ne fait aucune concession qui puisse aller à l'encontre de son art. Notamment sur le port de la fourrure. Cet illustre créateur est l'un des derniers à user de cet artifice de beauté incroyable que représente la fourrure, se fichant éperdument des Diktats imposés par les associations protectrice des animaux. Franchement que vaut la vie d'un animal si c'est dans le but de rendre une femme plus belle? J'ai la chance de posséder, moi-même, un manteau de fourrure de sa collection d'une valeur et d'une rareté inestimable, puisqu'il a été conçu avec le pelage de renard argenté de Sibérie, une espèce désormais disparue de la surface de la terre. Imaginer ce luxe! Je possède donc un habit absolument unique que nul autre femme que moi ne pourra revêtir! N'est-ce point merveilleux? Antonio Cardamone travaille dans ce sens, rendre chaque femme unique, et en cela nous lui devons une admiration sans limite!"

Ana Sorden poussa un long soupir d'extase en repensant à ce divin manteau en fourrure, qui était à ses yeux l'une des choses les plus précieuses qu'elle possédait. Nul doute que jamais elle ne s'en séparerait, et elle l'arborerait fièrement lors de ses grandes victoires, comme celle de devenir un jour la directrice suprême de Poudlard!
La limousine sembla ralentir alors qu'elle s'engouffrait dans le centre ville de Milan, les voitures de luxe proliférant au fur et mesure qu'ils s'approchaient de leur destination.




Ana Sorden se permit alors le luxe de jouer la guide touristique, en désignant à travers la vitre fumée, un monument somptueux qui dominait de toute sa taille une grande place.

"Ce que vous voyez sur votre gauche, n'est autre que la cathédrale de Milan, l'un plus beaux monuments d'Europe moldue. Nous sommes presque arrivés, donc je pense qu'il est temps que je vous donne un dernier conseil..."

L'arithmancienne marqua une courte pause avant de leurs présenter la divine surprise qui les attendait.

"J'ai le plaisir de vous annoncer que nous allons entrer dans ce temple de la mode international, non par la petite porte, mais par celle des plus grands créateurs et des plus prestigieux mannequins de ce monde! C'est encore un luxe que nous octroie monsieur Cazorla, qui a le don de faire preuve d'une reconnaissance inestimable à notre égard, et je vous serai gré de bien vouloir le remercier quand vous le rencontrerez. De plus, il faudra être sage et discipliné, et ne pas commettre le moindre impair. Car à votre arrivée, ce sera tapis rouge, paillettes et crépitements de flashs! Pendant cinq minutes tout au plus, vous serez au centre de toutes les attentions! Mais cela ne doit pas être un problème après tout. Qui ne rêve pas après tout d'être considéré comme une star au moins un jour dans sa vie? Je vous donne cette formidable opportunité, alors tâchez d'en être dignes!"

L'arithmancienne réajusta son bustier alors que la Limousine venait de s'engager dans la rue principale conduisant aux galeries Vittorio Emanuele II. Elle espérait y faire une entrée étincelante, digne d'une reine de beauté automnale. Le petit groupe de Poudlard était les invités de monsieur Cardamone en personne, et nul doute que les journalistes présents allaient se poser une multitude de questions à leurs sujets. Mais ce mystère faisait partie du charme de la Fashion Week, d'illustres inconnus côtoyant le gratin de la société. De son coté, Ana espérait pouvoir faire de belles rencontres dans cette soirée, et nouer certains contacts intéressés, car elle comptait bien refaire sa vie quand elle en aurait terminée avec sa mission de mardolienne. Dans cette optique totalement vénale, l'arithmancienne serait enchantée de trouver la perle rare, qui prenait la forme d'un octogénaire milliardaire souffrant de troubles cardiaques si possible, et disposer à se marier. Nul doute que les coulisses de la fashion week regorgeait de ce genre d'opportunités...
Mais pour l'heure, la seule préoccupation d'Ana Sorden était de préparer ses élèves à se montrer digne de cet événements et ne point manquer leur entrée dans le monde de la mode.
Elle les regarda méthodiquement et leur prodigua de sages conseils.

"Lorsque la portière de la Limousine s'ouvrira, je veux vous voir sourire et afficher une assurance rayonnante. Pour cela, je vais vous enseigner mon petit secret, qui m'a toujours guidé pour faire des entrées majestueuses : Il faudra absolument que vous arriviez à vous persuader que vous êtes la personne la plus admirable au monde, dès lors, je peux vous assurer que votre physique suivra! Certes, j'en conviens, cet exercice est sans le moindre doute beaucoup plus aisé pour moi, étant donné que je suis une reine de beauté automnale, mais vous devez tout de même faire cet effort intérieur afin de ne point ternir notre arrivée dans ce haut lieu de la mode!"

La foule s'amassait sur les trottoirs de la ville italienne, et l'arrivée était déjà en vue! Le clignotant de la limousine résonna alors comme le compte à rebours indiquant à ses passagers qu'ils allaient devoir bientôt devoir poser le pied sur le tapis rouge conduisant dans l'antre de la mode. Quand la portière s'ouvrirait, il n'aurait qu'une cinquantaine de mètres à accomplir, mais durant cette courte distance, le moindre de leurs mouvements serait épié, analysé et immortalisé par des clichés. Ces derniers, dans le meilleurs des cas pourront alors vous apporter la gloire, et dans le pire... une honte éternelle!
La Limousine s'immobilisa enfin, et un portier se dirigeait déjà en direction du véhicule pour en délivrer les passagers. Le visage sévère, Ana Sorden profita alors de cet instant fugitif pour délivrer une dernière recommandation à ses élèves.

"Vous n'aurez qu'à me suivre! Et surtout, ne me faites point honte!"

Mais son visage tiré par la colère, finit par se détendre dès que la portière s'ouvrit sur les vivats de la foule. Ana Sorden arbora alors un sourire figé et artificiel, qui ne devait durer que le temps de son passage sur le tapis rouge. Les flashs crépitèrent quand elle sortit de la Limousine, et l'arithmancienne dans un réflexe familier, prit la pose pour la photo. Des journalistes hurlaient pour obtenir des informations, mais Ana Sorden conserva son mystère, et son sourire immense. Elle se fichait éperdument du ressenti de ses élèves, tout ce qui comptait à l'instant pour elle, était d'être au centre des attentions. Elle en profita pour signer des autographes à une foule qui se demandait qui pouvait bien être cette femme sculpturale et inconnue du grand public. Puis sans même jeter un regard pour ses élèves, elle incita ses élèves à la suivre en direction de la porte d'entrée des galeries Vittorio Emanuele II. Elle avança alors avec l'aisance naturelle et la démarche féline d'une mannequin, sans se soucier de l'émoi de Clara, Swann et Victor face à cette situation toute nouvelle.



Pourtant dans le dos de l'arithmancienne, tout ne se passait pas comme prévu, et risquait de compromettre l'arrivée classieuse dont elle avait ardemment rêvé. Cette dernière avait beau se préoccuper de sa démarche divinement chaloupée, elle allait bien vite être rattrapée par la réalité du moment...
Le monde artificiel et factice de la mode offrait son premier spectacle dantesque, dont les trois élèves de Poudlard en étaient les acteurs principaux.

[A vous de voir ensemble quel genre d'incident pourrait naitre sur le tapis rouge (qui ne l'est pas!) de la fashion week! Vous avez une foule des photographes, des projecteurs braqué sur vous! Bref de quoi commettre un impair et faire enrager mon arithmancienne! Je vous laisse improviser, je m'adapterai.]


Clara GuipureSeptième annéeavatar
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"Inutile de rêver Miss Guipure... Car malheureusement, aucune de ses robes n'est dans vos moyens."

Clara retint de justesse un soupir de soulagement, trop heureuse, pour une fois, de ne pas être millionnaire. Car s'il fallait porter des accoutrements aussi ridicules si l'on voulait être admis dans le club très fermé des richissimes milliardaires, elle préférait encore mendier sur le Chemin de Traverse. C'était une constante, chez ceux qui avaient trop d'argents. Ils ne savaient qu'en faire, mais voulait montrer le faste dont ils pouvaient s'entourer. En résultat, cela donnait un amoncellement de choses aussi ridicules les unes que les autres.

Clara nota également qu'elle avait réussi à berner l'arithmancienne, qui la croyait tout à fait subjuguée par le fascicule qu'elle avait entre les mains. C'était une bonne chose. Depuis sa discussion avec Emma, la jeune fille se méfiait de l'enseignante. Elle ne savait pas exactement ce qu'il s'était passée entre son amie et Ana Sorden, mais pour que la reconnaissance d'Emma se transforme en une répugnance mêlée de peur - du moins, c'était ainsi qu'elle avait compris la chose - ce devait être grave, voir même dangereux. Clara préférait donc garder ses distances et paraître aussi inintéressante et banale que possible aux yeux de leur accompagnatrice.

Et ces deux camarades l'aidaient dans sa tâche. En effet, Swann et Victor étaient réellement intéressés par ces horreurs et n'hésitaient pas à poser des questions à leur professeur. Clara écouta tout de même les réponses, ne souhaitant pas non plus ternir son image de jeune fille pa-ssio-née de mode. Mais les réponses apportées par l'horrible bonne femme ne firent qu'accentuer son dégoût pour son environnement actuel. Elle devait, certes, reconnaître que l'enseignante connaissait son sujet et admirer le talent dont elle faisait preuve puisqu'elle avait réussi à leur obtenir un passe droit pour les coulisses d'un défilé, ce qui revenait à passer une demi-heure dans les vestiaires des Harpies avant un match - un rêve pour Clara. Cette comparaison tempéra un peu son amertume. Même si ce qu'elle voyait était à mourir de rire, ou à en pleurer, ce serait une expérience unique, ce qui ferait toujours des choses à raconter.

Il lui fallu cependant tout son self-control pour ne pas froncer le nez de dégoût devant la suffisance dont le professeur Sorden fit preuve à propos de fourrure des animaux. Clara avait toujours trouvé que c'était scandaleux de scalper d'adorables petits animaux pour se vêtir, alors qu'avec la magie, ils avaient une myriade de textures à volonté. Et puis la fourrure, ça faisait vieille mémère qui gelait même devant un grand feu de cheminée, ça n'avait aucune classe. Aussi l'envolée lyrique de leur accompagnatrice la révolta, lorsqu'elle dénigra la vie d'un animal, la trouvant moins importante que le fait d'être belle. Merlin qu'elle était superficielle! Comment pouvait-elle être enseignante d'Arithmancie, à l'écouter parler on lui donnerait un cerveau de moineau.

L'intérêt de Clara ne s'éveilla qu'en passant devant la cathédrale de Milan. Elle ne vit pas grand chose depuis la voiture, mais l'aperçu du bâtiment la charma immédiatement, ainsi que l'ambiance humaine et chaleureuse qui régnait sur la place. Cette vue confirma l'impression qu'elle avait eu depuis le balcon: Milan avait l'air d'une ville fantastique qu'elle avait hâte de découvrir.

"C'est magnifique." dit-elle tout haut comme la voiture s'éloignait de la place. "Pourra-t-on venir visiter ce quartier, Professeur Sorden? Il me semble que c'est un haut lieu d'architecture moldue."

Elle avait ajouté le moldu à dessein. Il n'était un secret pour personne qu'Ana était une fervente adepte du MIM - surtout depuis le scandaleux discours de Richard Dalnox sous le nez même de McGonagall et d'Adamson. Clara espérait que son intérêt ravirait leur professeur qui les autoriserait donc à profiter convenablement des journées, puisque les nuits seraient consacrées à ces insipides défilés.

Hélas, ils approchaient déjà de leur destination, et la Reine de Beauté Automnale leur prodigua des conseils qu'elle n'avait elle même aucun mal à appliquer, comme elle le souligna, puisqu'elle était déjà persuadée - non, convaincue - d'être la personne la plus admirable du monde. Clara se demanda furtivement pourquoi elle retirait tant de gloire d'avoir été nommée dans une ridicule feuille de chou anglais. Probablement parce que des femmes mille fois plus belles et plus charismatiques l'avaient toujours empêchée d'être sacrée en Amérique? C'avait sans aucun doute du pousser son choix de venir en Angleterre. Moins de sorcières, moins de compétition. Très Serpentard. Pourquoi remplaçait-elle la directrice des Gryffondor, franchement?

Les conseils de leur professeur n'étaient d'aucune utilité à Clara. Prétendre, elle le faisait chaque jour, chaque minute, chaque seconde depuis des années. Tomber le masque était plus dur, et à chaque fois qu'elle voyait James, cela lui prenait un effort immense. La jeune fille sourit donc, constatant que la soirée serait donc dédiée à son activité favorite et qui lui vaudrait, si le monde l'aprenait un jour, le titre de Reine de Beauté Automnale, le Rita d'Or et toutes les récompenses du monde. Elle sortit donc en premier de la voiture à la suite de Miss Sorden.

Elle n'eut aucun mal à sourire, à redresser le buste et à marcher d'un port altier. C'était une combinaison de ses mensonges et de l'éducation de sa mère, trop facile. Cependant, deux choses la frappèrent. Elle ne s'attendait pas à la foule qui se trouverait à l'extérieur. Les évènements sorciers regroupaient tout au plus une dizaine de journalistes qui savaient se tenir. Mais les moldus italiens étaient là par centaines, criant des noms, scandant des phrases roulantes pour attirer l'attention. Clara ne pu empêcher ses yeux de s'agrandir sous le choc et ne du qu'à l'habitude de ne pas perdre son sourire. Elle avança, soudain plus timide, se contentant de vagues gestes de la main. Regardant Ana Sorden, elle aperçu celle-ci qui se pavanait, signant des autographes et ne leur prêtant aucune attention. Elle ne les aiderait pas, mais il ne fallait pas lui faire honte. Furieuse de cette hypocrisie, Clara fit un faux pas et buta contre Swann, qui l'avait dépassée et se trouvait près de Victor et de leur irascible professeur...



Swing my heart across the line
In my face is flashing signs, seek it ouf and ye shall find
Oh, I feel so wrong, doing the right thing
Oh, I feel so right, doing the wrond thing
I could lie, couldn't I, couldn't I?
So no more counint dollars, we'll be counting stars
Swann TwilfitPersonnage décédéavatar
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Quelle chance ! Ils allaient rencontrer ce styliste moldu en exclusivité. Swann adressa un sourire reconnaissant à l’arithmancienne avant de reporter son attention sur Victor Lloyd qui semblait tout aussi enthousiaste qu’elle. D’ailleurs, lorsqu’il décidait de bannir ses traditionnels « Han » de son vocabulaire, il pouvait même dégager un certain charisme, songea-t-elle en l’écoutant s’extasier sur la collection d’El Principe.

« Plus tard tu aimerais travailler dans le stylisme Victor ? »
demanda-t-elle finalement avec un sourire poli.

Après tout, elle n’avait jamais prit le temps de discuter avec le Gryffondor. Habituellement, elle trouvait ses manières déplacées et son comportement affligeant, mais ce soir, il semblait presque mature. Elle avait toujours su qu’il s’intéressait à la mode mais elle ne savait pas s’il voulait en faire son métier. Si elle avait été à Poufsouffle, Swann se serait réjouie à l’idée de se trouver des points communs avec son jeune camarade, mais comme elle était une digne représentante de sa maison, elle voulait juste savoir si Victor Lloyd comptait devenir l’un de ses plus sérieux concurrents.

Dès que le jeune homme lui eut répondu, la préfète lui adressa un large sourire avant de s’enfoncer un peu plus confortablement dans la banquette moelleuse de la limousine. Suivant la conversation d’une oreille, elle reporta son attention sur l’extérieur et laissa son regard vagabonder de passants en passants. Les mêmes chaussures. Les mêmes jeans. Les mêmes écouteurs rivés sur les oreilles. Elle avait beau être à plusieurs centaines de kilomètres de lui, chaque moldu qu’elle voyait lui rappelait Aaron. Elle se demanda d’ailleurs ce qu’il pouvait bien faire à cette heure-ci. Il devait surement être en compagnie de ses amis, Mike, Isaac et Maïa…

Maïa. Dans un premier temps, Swann avait été tellement accablé par les révélations de son ex-petit-ami lors de leur rupture, qu’elle avait momentanément mi de côté cette histoire de Secret Magique. Maïa pouvait bien révéler l’existence de Poudlard à qui voulait l’entendre, Swann ne parvenait qu’à se concentrer sur les mensonges d’Aaron. Elle remettait tout en question. Tout ce qu’ils avaient vécu. Après tout, il avait avoué ne pas être lui-même dans le monde sorcier aussi la préfète se demandait s’il avait été sincère, au moins une fois. Parfois, une petite voix au fond d’elle-même lui soufflait qu’il n’avait pas pu lui mentir sur tout, et elle avait envie d’y croire. Peut-être pour se rassurer et se dire qu’elle n’était pas complètement naïve. Et puis, d’autres fois, elle avait juste envie de chasser cet odieux personnage de sa vie. Elle voulait le haïr, lui faire du mal, le faire souffrir et elle savait parfaitement comment faire : Il lui suffisait de toquer au bureau du professeur Adamson et de tout lui révéler. C’était diaboliquement simple. Elle savait que ce serait un coup dur pour Aaron. Elle avait le pouvoir de lui ôter la possibilité d’être enfin compris par sa plus proche amie. Il serait désespérément seul. Et pourtant, les jours étaient passés et, sans trop savoir pourquoi, elle n’avait pas pu se résoudre à aller dénoncer Maïa. Elle se trouvait bête et faible, mais c’était comme ça : Elle ne pouvait pas.

Soupirant légèrement, Swann se rendit soudainement compte que son sourire de circonstance c’était fané depuis plusieurs secondes. Merlin ! Elle ne devait pas se laisser distraire aujourd’hui alors qu’elle avait une opportunité immense à saisir ! Soucieuse de sauver les apparences, elle se tourna vers Ana Sorden pour faire écho à son monologue :

« La fourrure de renard est un produit aussi agréable à porter qu’à travailler, mais à mes yeux, rien ne vaut la rudesse du cuir de dragon. Il est très difficile à apprêter, mais une fois que l’on a compris comment le manipuler, on peut en faire des merveilles. »
Souffla-t-elle avec un sourire sincère.

Cela lui faisait du bien de parler de son travail, et de se qu’elle aimait. Ses projets en tant que styliste étaient une grande source de satisfaction et une perpétuelle source d’émerveillement. D’ailleurs, en ce moment, elle devait justement se concentrer sur des choses positives pour rebondir. Elle allait avoir son propre magasin, elle était dans la capitale de la mode et elle allait rencontrer un jeune prodige qui allait surement lui apprendre plein de choses. Quelque part, Swann avait beaucoup de chance et elle était prête à se plier à toutes les exigences d’Ana Sorden pour ne pas gâcher cette soirée !

Elle écouta donc avec attention tous les conseils prodigués par l’arithmancienne. Elle retint toutefois un sourire amusé lorsqu’Ana fit preuve d’une extrême outrecuidance dans ses propos. Merlin, était-elle aussi vaniteuse à Poudlard ? Certes, Swann savait que pour briller en société, il fallait être intimement convaincu d’être étincelante, mais ce n’était pas une raison pour le crier sur tous les toits ! La fausse-modestie avait toujours fait ses preuves chez les Twilfit et Swann préférait appliquer les recettes familiales en matière de séduction plutôt que de calquer son comportement sur celui de l’arithmancienne. Après avoir réajusté les fleurs de son corsage et plaqué un sourire énigmatique sur ses lèvres, la jeune femme était fin prête.

L’automobile se mit à ralentir alors que des passants se penchaient devant les fenêtres de la voiture pour tenter de voir au travers des vitres teintées. Swann s’interdit formellement de glousser d’excitation mais elle se promit toutefois d’envoyer une lettre à Natasha dès le soir même pour lui raconter toute cette effervescence. La voiture s’immobilisa finalement sous les hourras de la foule tandis qu’Ana Sorden se montrait de plus en plus menaçante à leur égard… Pourquoi se sentait-elle obligé de gâcher ce doux moment d’euphorie avec sa mine sévère et revêche. Swann faillit en perdre son sourire tant les traits de l’arithmancienne étaient tirés par la colère mais cette insatisfaction passagère disparut immédiatement de son visage dès que la portière fut entrouverte sur l’extérieur.

Swann fut la dernière à sortir à l’habitacle. Elle soutint gracieusement sa robe pour ne pas marcher dessus en posant ses souliers vernis sur le tapis rouge et se redressa de toute sa taille sous les flashs des photographes.

*Merlin ! Merlin ! Merlin !* songea-t-elle en arborant toutefois un sourire mi-enjôleur mi-mystérieux. C’était extraordinaire. Impensable. Personne ne la connaissait et pourtant, les photographes criaient pour attirer son attention et les spectateurs lui faisaient tous de grands signes. Portée par cette sensation grisante, la jeune femme abandonna un peu de sa réserve pour esquisser un sourire plus franc. Elle adressa même un petit geste de la main en direction des moldus pressés derrières des barrières. Merlin, que c’était agréable de se sentir aimé

Malheureusement, l’instant de grâce ne fut que de courte durée puisque Clara Guipure heurta Swann qui manqua de se prendre les pieds dans la robe de cette dernière. Après avoir poussé une petite exclamation, la Préfète se rattrapa in extremis à la manche de Victor qui se trouva déstabilisé à son tour….


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Victor admirait encore la plaquette que leur avait donné Ana Sorden lorsque Swann lui demanda s'il aimerait être styliste plus tard. Il releva la tête vers la jeune fille et la fixa quelques instants avant de répondre à la question.

"Hum j'aimerais beaucoup travailler dans le mannequina en fait."

Il ne retourna pas la question, il était de notoriété public que Swann Twilfit serait sans l'ombre d'un doute la digne héritière de sa mère. Même s'il était de naissance moldu, il s'intéressait suffisamment à la mode pour savoir ce genre de chose. Et il ne faisait aucun doute qu'elle était talentueuse. Victor lui n'avait pas ce goût pour la fabrication, il préférait observer le travail terminé, une fois que le tissu avait atteint sa forme finale. Il aimait sentir le tissu d'un vêtement sur sa peau, il aimait apprécier les finitions. L'assemblage ne le passionnait pas plus que ça, il aimait par dessus tout essayer de nouveaux modèles, de nouveaux tissus, voir de nouvelles finitions, de nouveaux styles. C'était pour ça que cette fashion week était si importante pour lui, il fallait à tout pris qu'il se fasse des contacts, qu'il se fasse connaître afin d'attirer de futurs stylistes, afin de pouvoir parader à son tour sur un podium. De toute façon, il ne pouvait pas prétendre à autre chose, il était trop médiocre en magie et il ne fréquentait pas d'école moldue qui aurait pu lui permettre d'entrevoir une matière dans laquelle, il aurait peut-être pu briller. Non, tout ça ne lui laisser que peu d'espoir quand à son avenir. C'était pourquoi, il misait tout sur son apparence, quitte à être exaspérant, idiot et très pénible parfois.

Il fut tiré de ses pensées par le babillage incessant d'Ana Sorden, cette dernière était encore en train de venter son immense richesse. Voilà qu'elle vantait un manteau de fourrure. Le jeune homme dut retenir une grimace de dégoût, il avait horreur des fourrures. Pas parce que le sort des animaux lui importait, non juste parce que c'était d'un vulgaire. Qui donc voulait se promener avec des poils sur le dos ? On faisait la chasse aux poils disgracieux sur nos corps et voilà qu'elle, elle se vantait d'en porter une touffe en manteau. Très peu pour lui, le déguisement yéti ne lui disait rien du tout.

Il tourna alors la tête pour regarder le paysage, du moins, il faisait semblant de regarder le paysage, ça lui donnait une bonne excuse pour ne pas écouter le flot de paroles de l'Arithmancienne. Cette dernière leur rappelait encore une fois à quel point, ils étaient chanceux d'être là. Oui, Victor savait qu'il avait de la chance. Mais parfois, il se demandait vraiment si le choix de son enseignante n'était seulement dû qu'à lui. Son père lui avait tellement fait l'éloge de son professeur que s'en était presque suspect. Cependant, il aimait penser qu'Ana Sorden avait suffisamment de conscience professionnelle pour ne pas avoir de relation avec son père. Il jeta un léger coup d'oeil à cette dernière et frissonna légèrement lorsqu'il s'imagina l'appeler belle-maman. Non c'était juste impossible, déjà son père ne se marierait pas avec elle, il ne s'était pas marié avec sa mère et pourtant ils avaient eux un enfants ensemble donc ça paraissait logique que son père ne s'attache pas à une femme comme Ana Sorden qui avait tout de la mère maquerelle. Donc non, elle ne serait jamais sa belle-mère même en cas de liaison. C'était quand même relativement perturbant à concevoir.

Il reporta son attention sur les rues milanaises ne prêtant que peu d'attention aux babillements de son enseignante. Cette dernière semblait les mettre en garde, les prévenir qu'ils devaient sourire. Victor se retint de ne pas lever les yeux au ciel, il savait ce qu'il avait à faire et ce n'était pas elle qui allait lui apprendre à charmer les paparazzis, il avait suffisamment vu d'affiches publicitaires et de défilés à la télévision pour savoir comment il devait se comporter. Il écouta donc à peine la menace voilée que leur adressa le professeur Sorden, toute son attention rivée sur la portière qui s'ouvrit enfin. Il fit apparaître un léger sourire sur ses lèvres alors qu'il laissait sortir Clara. Il quitta l'habitacle à son tour, son sourire collé aux lèvres.

Il fut légèrement surpris par les flashs des appareils photos mais prit bientôt la pose, son sourire agrandit, il leva même la main en un léger salut pour les photographes qui essayaient d'attirer son attention. Victor se sentait comme un poisson dans l'eau, il se savait à sa place au milieu des crépitements et des hurlements hystériques. Il aimait ça, ce sentiment d'être quelqu'un, d'être reconnu comme un grand. Il voulait ça toute sa vie. Cependant, il ne pouvait pas prendre la pose toute la nuit, le défilé ne les attendrait pas et il savait comment se déplacer sur ce tapis rouge. Il allait évoluer avec toute la grâce d'un vrai top model et on ne pourrait pas l'oublier de si tôt.

Enfin ça, c'est ce qu'il croyait parce qu'au moment où il amorçait son premier pas, Swann Twilfit lui fit perdre l'équilibre en s'agrippant à sa manche de costume. Il fut déstabilisé et il battit légèrement des bras pour retrouver sa stabilité mais ça ne servait manifestement à rien. Il sentit alors une étoffe près de l'une de ses mains. Il s'y agrippa avec désespoir et tira dessus pour se redresser. Alors qu'il retrouvait enfin son équilibre, il entendit un bruit de tissu déchiré et se retrouva avec un morceau de soie violette entre les doigts.

"Oups", s'exclama-t-il en se tournant vers Swann et Clara.

Il ne savait pas à qui appartenait ce bout de robe, même s'il en avait une vague idée. Mais il ne voulait pas confirmer sa crainte, il lâcha d'ailleurs le morceau d'étoffe afin de ne pas être accusé de crime envers vêtement violet. De toute façon, ce n'était pas sa faute, si Clara n'avait pas trébuché sur Swann rien ne serait arrivé. Il jeta alors un léger coup d'oeil au photographe qui semblait tous subjuguait par ce qu'il y avait dans son dos. Mais Victor n'allait certainement pas se retourner, il n'était pas suicidaire non plus.



Kit par Ju choupie Choupi
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Ana Sorden se retourna une première fois pour vérifier si ses élèves suivait sa démarche somptueuse, et elle fut agréablement surprise de voir que ceux-ci se prêtaient plutôt bien à cet exercice particulier de séduction avec la foule. Les flashs s'embrasaient de toute part, journalistes et observateurs se questionnant sur l'identité de ce petit groupe mystérieux. Malgré le public qui les apostrophait de toute part, le trio d'élèves restait serein et souriant dans ce rôle de star que leur octroyait ce passage sur le tapis rouge.
L'arithmancienne était dans son élément, et nageait dans un bonheur narcissique à la hauteur de ses attentes. Un jour viendra où les moldus l'admireraient et l'aimeraient avec la même intensité que dans l'instant actuel. Quand l'idéologie des Mardoliens se sera imposer dans les consciences, Ana Sorden détiendra alors le prestige d'une reine! La vie dont elle avait toujours rêvée pourrait alors débuter.
Son bain de foule avait de quoi satisfaire son égo et la rassurer, si besoin était, sur ses capacités en matière de séduction. Un premier jeune homme, qu'elle prit au départ pour un agent de sécurité, attira son attention, avant de plier un genou devant sa beauté et d'esquisser une fausse demande en mariage. Ana gloussa comme une pintade avant de se détourner de ce malheureux prétendant avec une indifférence froide. Un autre Apollon surgit alors de nulle part pour tenter sa chance à son tour, et lui susurra discrètement à l'oreille le nom et le numéro d'une chambre d'hôtel. L'idée de pouvoir passer du bon temps dans un hôtel luxueux de Milan la démangeait quelque peu, mais elle ne devait point s'écarter de sa mission première et de l'encadrement de ses élèves. Ana Sorden savait que dans le monde moldu, le prestige, l'argent et le pouvoir pouvait permettre de s'offrir n'importe quel service. Ses hommes aux attentions délicates n'étaient présent que dans le but de pouvoir mettre le grappin sur une fortune conséquente. Mais au final, cette idée n'était pas pour lui déplaire. Car elle savait que, dans un avenir encore lointain et redouté, viendrait un moment où elle ne pourrait point lutter contre les affres du temps. Elle serait alors heureuse de pouvoir profiter de ces jeunes hommes séduisant et avides de vivre à son crochet...
L'arithmancienne s'éclipsa de la foule, alors qu'un autre admirateur lui avait offert un bouquet de roses Baccara. Ana détestait les fleurs, insignifiant cadeau qui ne représentait aucune valeur, mais fit tout de même bonne figure et mine de s'extasier. Éprise par le luxe et l'argent, elle s’intéressait plus à tout ce qui était brillant et clinquant, et non à ces roses qui avec le temps finiraient par perdre leurs pétales. Cela la ramenait trop à se condition humaine et sa phobie de devoir vieillir.
L'arithmancienne fit une ultime pause pour les photographe, s’apprêtant à rejeter sa chevelure d'or derrière ses épaules dans un geste digne des plus belles publicités pour parfum, quand une catastrophe innommable se produisit!

En effet, Ana Sorden sentit une main s'agripper tout à coup au bas et à l'étoffe de sa robe de luxe, pour la tirer vigoureusement! Ce qui était prévisible se produisit, et un craquement sinistre de soie déchirée se fit alors entendre, révélant jusqu'à hauteur des cuisses, les jambes de l'arithmancienne. Cette dernière se retourna horrifiée pour mettre un visage sur le pervers coupable d'une telle ignominie, mais un tsunami de flashs déferla pour immortaliser cette scène insolite. Aveuglée et couverte de honte, l'arithmancienne poussa alors un cri scandalisé...



En un instant, les artifices de beauté de l'arithmancienne se craquelèrent pour dévoiler sa vraie nature et les rides d'une femme qui ne voulait pas faire son âge. Ana Sorden n'avait jamais éprouvé un tel sentiment de honte, c'était la première fois de sa vie qu'elle se voyait autant humiliée en public. De peur de la déchirer d'avantage, elle tirait fébrilement sur l'étoffe de sa robe en lambeaux, cherchant a recouvrir autant que possible la naissance de ses fesses. Son regard désormais haineux cherchait toujours un coupable parmi la foule, mais elle ne vit que son trio d'élèves qui ne paraissaient nullement impliqués dans cet odieux attentat, puisqu'ils regardaient tout les trois dans une autre direction. C'était sans doute l’œuvre d'un pervers illuminé qui n'avait point résister à la tentation de regarder sous sa robe. Mais que faisait le service d'ordre? Une robe à un prix tout à fait déraisonnable! c'était l'une des pires journées de sa vie...
Quand Ana Sorden découvrit le sourire carnassier des journalistes présents et qui continuaient de la mitrailler, elle comprit qu'elle allait faire les gros titres du lendemain et se couvrir de honte. Journaux People et de Mode allaient s'en donner à cœur joie pour la ridiculiser aux yeux du grand public! Rien qu'en réfléchissant à cette possibilité, l'arithmancienne manqua défaillir, secouant les mains dans un geste aussi hystérique que désespérée. Retrouvant quelque peu sa lucidité, elle s'empressa de lancer un regard de détresse en direction de l'entrée des galeries Vittorio Emanuele II, avant de s'y précipiter en toute hâte. L'aritmancienne préférait abandonner ses élèves au milieu de la foule plutôt que de continuer à se couvrir de ridicule en public. Les journalistes poussèrent alors un "Olé" ironique pour saluer la fuite folle d'Ana Sorden en direction des coulisses, tout en prenant des clichés assez comique de cette situation ubuesque.



Alors que l'aritmancienne venait de disparaitre dans l'antre de la mode milanaise, le public commença à se retourner et jeter des regards inquisiteurs en direction du jeune trio qui venait de tomber en domino. Une longue minute de solitude s'écoula avant qu'un organisateur de la Fashion Week se rende compte de la présence des jeunes élèves livrer à eux même au milieu de ce déferlement médiatique.
L'homme qui vint à leur secours n'était autre que Salvatore Cazorla. Ce sorcier d'ascendance moldue avait pour habitude de jongler d'un coté et de l'autre du secret magique faisant le lien entre les deux mondes et était pour le coup, en charge d'accueillir la petite expédition anglaise. Dans le monde moldu, il était reconnu comme un publicitaire talentueux et un imminent journaliste de mode pour le célébrissime magazine "Vogue". En plus d'organiser et de financer des grands évènements de mode, dont la célébrissime Fashion Week de Milan, il retournait fréquemment dans le monde magique comme chroniqueur régulier du magazine Sorcière-Hebdo et pour des missions aux contours plus politiques. En effet, il fut l'un des nombreux conseillers en image d'Alan Fiennes durant la campagne du MIM, et celui qui lui suggéra d'opter pour des prestigieuses marques de vêtements moldues afin de marquer la différence avec ses concurrents. C'est d'ailleurs au cours d'une soirée de gala du MIM, que Salvatore Cazorla fit la rencontre avec la mystérieuse et non moins délicieuse Ana Sorden, avec qui il se lia d'amitié. Même s'il fut l'un de ceux qui avisa Rita Skeeter, peut être par jalousie, d'une prétendue liaison de la richissime arithmancienne avec le numéro deux du MIM, Richard Dalnox, il resta par la suite très discret à ce sujet. Le journaliste de mode fit tout son possible pour mettre en exergue et valider les photos d'Ana Sorden pour le concours prestigieux de reine de beauté automnale, alors que des soupçons de triche planait sur sa candidature. Rita Skeeter qui mettait un point d'orgue à ne point voir de photos retouchées ou apparaitre des filles toute refaites par le biais de la chirurgie esthetico-magique, avait finit par céder face à l'insistance de l'un de ses meilleurs chroniqueurs. Toutefois, lui qui rêvait d'obtenir l'interview d'Ana Sorden en fut dépossédé par Rita Skeeter, en personne. Suite aux déboires judiciaires de cette dernière, ses rapports avec le magazine se sont détériorés, l'imminent journaliste ne supportant point l'avènement de sa jeune consœur, Sophie Heavenface...


Salvatore Cazorla salua prestement les jeunes élèves et les exhorta à le suivre à l'intérieur de l'espace VIP, tout en faisant les présentations.

"Buongiorno! Peut être que certain d'entre vous me connaisse déjà, mais sinon je m'appelle Salvatore Cazorla. Je suis enchanté de faire votre connaissance et je ferai tout mon possible pour vous diriger dans ce monde inconnu..."

L'organisateur tourna la tête en direction des coulisses...

"Il semblerait que Miss Sorden ait rencontré un petit imprévu, mais je vais faire tout mon possible pour réparer ce tort et votre professeur reviendra bien vite parmi vous. En attendant, je vous prierai de bien vouloir me suivre..."

Salvatora Cazorla se dirigea alors d'une démarche altière vers l'entrée des Galeries Vittorio Emanuele II, afin de quitter la foule ambiante et la pression médiatique...



Une foule de privilégiés s’amassait en dessous de l'imposante verrière illuminée pour cette occasion unique, et les boutiques de mode à l'effigie des plus grandes maisons de Haute-Couture, avec des mannequins en chair et en os dans leurs vitrines. Les marques pullulaient comme des champignons dans un sous-bois! L'immense galerie était tout à fait impressionnante et à la démesure ce que pouvait offrir le monde de la mode. Tout avait été mis en œuvre pour mettre en place un décor fastueux, digne d'accueillir les œuvres des plus grand créateurs...
Salvatore Cazorla marchait d'un pas expert dans ce monde magique, et pénétra dans une allée surveillée qui conduisait sans le moindre doute dans les coulisses des collections d'Antonio Cardamone...

De longues teintures dorées ornaient les murs de pierre du couloir emprunté, et l'organisateur de la Fashion Week s'arrêta devant une porte massive dont la poignée luisait dans l'obscurité. Salvatore Cazorla s'immobilisa et s'adressa alors aux élèves, sans doute perdu dans ce monde aux dédales mystérieux.

"Derrière cette porte se trouve les coulisses du défilé de mode d'Antonio Cardamone, une petite foule de professionnels est en train de s’atteler pour préparer les mannequins à leurs passage dans la lumière. Si vous continuez le couloirs dans cette direction, vous parviendrez au podium du défilé. Ana Sorden m'a expressément demandé de lui offrir, ainsi qu'à vous, des places aux premiers rangs, et je vais faire de mon mieux pour rendre sa requête de l'ordre du possible. C'est pourquoi, je crains devoir vous quitter un instant. Mais vous n'avez qu'à faire un tour dans les coulisses du défilés, tout le monde est au courant de votre présence et Antonio Cardamone ne devrait plus tarder et répondre à toutes vos questions. Sur ce, je vous souhaite une excellente visite..."

Salvatore Cazorla poussa la poignée qui s'ouvrit un monde de poupées, où vêtement et couleurs chatoyantes irradiaient de toutes parts. L'organisateur s'éloigna dans une autre direction laissant aux élèves le soin de découvrir par eux même ce monde nouveau. Des mannequins attendaient déjà en tenue de l'un des cotés de la pièces, tandis que d'autres s'affairaient aux séances de maquillage. Ce petit univers grouillaient de vie et d'activités, des filles longilignes et d'une maigreur dérangeante cherchant à classer leurs tenues par ordre de passage. Aucunes d'entre elles, ni même les professionnels ne prêtaient une attention particulières aux jeunes élèves. Dans les coulisses de ce défilé internationale, la langue parlée était l'anglais, même des accents du monde jaillissaient de toute part. L'ambiance paraissaient tendue, tout le monde attendant la même chose...

La venue du grand créateur Antonio Cardamone...

El Principe ne tarda point à faire une arrivée fracassante, poussant violemment une porte de la pièce, il pénétra hors de lui dans SON espace, là où reposait toutes ses œuvres. Vêtu dans un costume proche de la perfection et arborant des lunettes noires stylées, inutile dans ce décor intérieur. Il fixa longuement la petite foule de fourmis besogneuses qui travaillait pour lui...



Il se lança alors ensuite dans une colère que n'aurait point renier le grincheux Crispin Dérébusor

"Ho Divertito di essere cinto di incapace! Questa grossa mucca di Carmen Llorada non potra portare l'estremo loacale della mia collezionne, per il fatto che ha trovare il mezzo di farsi ingradivare e di non spunta dirmelo! Mi ritrovo con tredici modelli en non quatordici! Tredici, una cifra porta disgrazia! Una dei più belli collezione! Vi odio banda di riproduttrici! Siete buone solamente a trascirnarmi nel fango il giorno venuta! Pagate a fare piente! Sapere camminare coi tacchi e fare la bella, è tutto guesto di cui sapete fare!" (trad: J'en ai marre d'être entouré d'incapable! Cette grosse vache de Carmen Llorada ne pourra porter l'ultime pièce de ma collection, du fait qu'elle a trouver le moyen de se faire engrosser et de ne point me le dire! Je me retrouve avec treize mannequins et non quatorze! Treize, un chiffre porte malheur! L'une des plus belles œuvre se retrouve sans corps pour l'habiter, et comme d'habitude je dois trouver une solution! Je vous hais bande de reproductrices! Vous n'êtes bonnes qu'à me trainer dans la boue le jour venue! Payez à rien foutre! Savoir marcher avec des talons et faire la belle, c'est tout ce dont vous savez faire!")

Alors qu'il s’apprêtait à se lancer encore dans un nouvel élan de colère à l'encontre de son personnel, el Principe nota la présence des trois élèves. Il pointa alors un index furibard dans leur direction...

"Ma che, qui sont ces zigotos???"

Un long silence s'en suivit...


Clara GuipureSeptième annéeavatar
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Montrant encore une fois sa grande professionnalité, Ana Sorden abandonna ses élèves à la foule de photographes en délire. Clara cacha sa contrariété, trop soulagée que leur terrible enseignante n'ait pas vu leur bourde. Elle ne se sentait pas le courage d'affronter l'ire d'une femme aussi terrible, et son envie de rentrer en Angleterre n'était pas plus forte que cette peur.

"On a eu chaud" souffla-t-elle à l'adresse de Victor et, moins audiblement, de Swann.

Ils furent heureusement pris en charge par un certain Salvatore Cazorla qui les introduisit dans le palais de la mode. Le bâtiment était magnifique et Clara sortit aussitôt son appareil photo, bien décidée à garder d'impérissables souvenir de la magnifique architecture milanaise. Elle connaissait Salvatore Cazorla, qui avait été un temps un client de sa mère avant de se tourner vers d'autres boutiques de mode. Elisabeth n'en disait jamais du bien, par conséquent, mais Clara n'allait pas se laisser arrêter par l'amertume maternelle. Elle se surprenait parfois à tout faire pour plaire à cette femme contre qui elle avait tant de griefs. C'était plus fort qu'elle. Elle aimait recevoir l'amour et les marques d'attention de sa mère, malgré tout l'énervement et la frustration que cette dernière lui inspirait. Mais peu importait pour l'instant.

"Bonsoir monsieur Cazorla" dit-elle très poliment. "Je suis Clara Guipure, enchantée de vous rencontrer. Merci de nous faire découvrir tout cela!"

Elle ponctua sa phrase d'un sourire et leva timidement son appareil photo pour lui demander la permission. Cela ne dérangea pas leur guide qui pris la pose avant de leur faire traverser l'immense bâtiment qui accueillait la fashion week milanaise. Tout le long du trajet, Clara équarquilla grand les yeux. Elle croyait prendre des photos mais l'endroit prêtait plus à être admiré que photographié. Elle n'avait pas envie de perdre une miette du spectacle majestueux qui l'entourait. Elle ne remarqua même pas les mannequins vivants exposés en vitrine, qui l'auraient choquée en temps normal. Arrivée en bout de galerie, elle se morigéna intérieurement. Elle n'avait pas eu le temps de tout voir et encore moins d'immortaliser. Se jurant qu'elle serait plus attentive et moins impressionnée par les délicates gravures du marbre le lendemain, Clara rangea son appareil. Ils allaient entrer dans un lieu bie moins intéressant à ses yeux, et probablement très agité s'il fallait en croire les paroles de leur guide, qui les abandonna d'ailleurs pour satisfaire un autre désir de leur professeur indignes.

Suivant les conseils reçus, Clara entra la première dans l'espace survolté. Le monde présent dans la pièce l'étouffa et elle battit rapidement en retraite auprès de Victor.

"Tu veux vraiment travailler là-dedans?" demanda-t-elle, dubitative. Le nombre de mannequins l'impressionnait, et les tenues dont certains étaient affublés.

Mais il fallait avouer que les tenues masculines étaient souvent de meilleur goût que les affreuses robes de certaines mannequines. Clara remarqua ainsi plusieurs... choses qui correspondaient tout à fait aux goûts vestimentaires de son camarade. Elle lui indiqua d'ailleurs le plus sérieusement du monde lesdits vêtements, retenant l'envie de rire qui la prenait à leur vue.

"Tiens, c'est tout à fait ton style, ça t'irait vraiment bien!"

Etonnamment, l'endroit rendait Victor bien moins ridicule qu'il ne le paraissait à l'école; Après tout, ici, tous avaient les mêmes préoccupations que lui. Malgré sa condescendance déguisée, Clara dû bien reconnaître qu'il s'y connaissait vraiment en matière de mode, et qu'il semblait être né pour cet univers. Au moins, il savait ce qu'il voulait faire, et il s'assumait, ce qui était toujours plus que ce qu'elle pouvait en dire. Notant mentalement d'être moins dure avec lui à l'avenir, Clara ne put cependant s'empêcher de faire mine de s'extasier devant lui.

Mais la moquerie fut de courte durée. En effet, un homme à l'air arrogant fit son entrée et se mis à incendier l'assemblée en italien. Il n'y avait pas besoin de comprendre la langue pour savoir qu'il ne devait pas chanter la sérénade. Clara recula de quelques pas, désapprouvant de telles manières. Hélas, alors que tout le monde était figé dans la pièce, son geste ne passa pas inaperçu et attira l'attention du terrible bonhomme qui les pointa et demanda qui ils étaient. Aussi courageuse que sa maison l'insinuait, Clara ne s'arrêta pas et recula jusqu'à être derrière Swann. Si Mademoiselle voulait faire sa grande miss-je-sais-tout, le moment n'aurai pas pu être mieux choisi.

"Ana Sorden" dit-elle cependant, songeant que seule la mention de leur arrogante arithmancienne pourrait calmer l'ire du créateur.





Swing my heart across the line
In my face is flashing signs, seek it ouf and ye shall find
Oh, I feel so wrong, doing the right thing
Oh, I feel so right, doing the wrond thing
I could lie, couldn't I, couldn't I?
So no more counint dollars, we'll be counting stars
Victor LloydMolduavatar
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Victor face Clara et Swann restait crispé de peur. Il s'attendait à tout instant à se faire violemment retourner, gifler puis hurler dessus mais rien de ceci ne se passa. Il entendit le professeur Sorden crier puis il entendit Clara lâcher qu'ils l'avaient échappé belle. Le Gryffondor se retourna alors et jeta un léger coup d'oeil aux paparazzis qui continuaient de les mitrailler avec leurs appareils photos. Il se demanda un instant s'il allait devoir rester là lorsqu'un homme se présenta à eux en tant que Salvatore Cazorla. Victor entrouvrit la bouche ébahi. Devant lui se trouvait le plus talentueux journaliste de mode qu'il n'ait jamais connu. Celui qui avait lancé la carrière de nombreux styliste et crée l'envolé phénoménal de nombreux mannequins. Et lui, il avait l'honneur de le rencontrer, s'il tendait un peu le bras, il pouvait même le toucher. Un immense sourire éclaira son visage imberbe et d'une voix rendue encore plus fluette par l'admiration laissa éclater son admiration.

"Monsieur Cazorla, Victor Lloyd, je suis honoré de faire votre rencontre."

L'organisateur les entraîna alors à sa suite à travers le palais qui abritait les plus belles créations du monde entier. Victor ne put s'empêcher de se sentir tout petit et de pousser quelques exclamations d'émerveillement devant les mannequins exposés dans des vitres, devant les vêtements qu'ils portaient, devant le luxe évident que cachait l'endroit. Il n'avait jamais pensé, même dans ses rêves les plus fous, jamais il n'aurait pensé être au coeur de la fashion week. Son désir le plus cher avait enfin pris forme, à cet instant, il était certain qu'il réussirait, il était certain d'avoir l'étoffe d'un grand mannequin. Il voulait le devenir en tout cas, ce serait dur mais il y arriverait, il ferait tout pour ça, même arrêter d'aller à Poudlard s'il le fallait. De toute manière, il était vraiment trop nul pour espérer devenir un vrai sorcier, il se demandait même pourquoi son père le forçait encore à y aller. Pourquoi son père avait-il autant insisté pour qu'il rentre dans cette fichue école ?

Le petit groupe continua son chemin jusqu'à arriver devant une petite porte presque invisible vu de l'extérieur. Cazorla les fit entrer et Victor crut que ses yeux lui jouait un tour. Il venait d'entrer dans l'endroit le plus merveilleux du monde. Des mannequins courraient dans tous les sens, des vêtements à moitié mis traînaient au sol. L'effervescence régnait dans la pièce, le brouhaha aurait pu être insupportable pour n'importe qui d'autre mais lui trouvait que c'était le plus beau bruit du monde, l’excitation avant le passage sur scène, l'odeur de la laque, de la poudre et du parfum lui chatouillait le nez. Une top model fit tomber un crayon noir et le jeune homme s'empressa de le ramasser. La jeune femme ne sembla pas avoir vu l'objet tomber, continuant de se préparer comme si de rien était, Victor l'observant presque religieusement. Elle releva alors la tête et son regard croisa le sien, ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire tandis que le jeune homme ne pouvait pas effectuer le moindre geste si ce n'est un léger haussement de lèvres qui aurait pu passer pour un sourire timide.

"Sei Carino", pouffa-t-elle en lui ébouriffant les cheveux.

Victor fronça légèrement les sourcils en se recoiffant légèrement, il ne savait pas vraiment ce que "Sei Carino" voulait dire mais ça avait attiré plusieurs autres filles qui gloussaient autour de lui, l'une d'elle lui caressa doucement la joue en affirmant dans un anglais parfait,

"Tu as raison Livy, il est à croquer ce petit bout."

Il esquissa un léger sourire lorsqu'une porte s'écrasa contre le mur, laissant apparaître le prince de la mode en personne. Le groupe de fille s'éclipsa en silence alors que l'anglaise lui lançait un petit clin d'oeil.

"Reviens nous voir dans quelques années mon chou"

Victor rougit légèrement avant de reporter son attention sur le nouvel arrivant qui s’époumonait dans la pièce soudain devenue silencieuse. Lorsqu'il se tourna vers eux, le Gryffondor se tassa un peu sur lui même alors que Clara soufflait "Ana Sorden". Le jeune homme se redressa alors un peu, il ne fallait pas montrer qu'il avait peur. Il laissa son regard se diriger vers les filles qui l'avaient accosté un peu plus tôt. Ces dernières gardaient le regard baissé sauf celle qui parlait anglais. Elle lui adressa un nouveau sourire, ce qui lui redonna un peu d'assurance. Il se redressa donc complètement, se recoiffa rapidement et afficha un sourire digne d'une publicité pour dentifrice.

"Bonjour El Principe. C'est un honneur pour moi de vous rencontrer. Je me présente Victor Lloyd et mes amies, Clara Guipure et Swann Twilfit. Nous sommes ici grâce à notre merveilleuse Professeur d'Arithmancie, Ana Sorden. C'est elle qui a eu l’extrême gentillesse de nous permettre votre rencontre. si vous saviez à quel point je vous admire. Je trouve votre travail tout simplement révolutionnaire."

Victor s'avança un peu vers le couturier sans se départir de son sourire. S'il avait eu quelques années de plus, il se serrait certainement mis à genoux devant cet homme rien que pour avoir une minuscule petite chance d'entrer dans son monde et de travailler pour lui. Même si à première vue, il semblait traiter ses mannequins comme des moins que rien ça lui était égal. De toute façon, le couturier, on ne le voyait que avant les grands défilés, le reste du temps, ils étaient enfermés dans leur bureau à dessiner. Lui, il voulait vivre cette effervescence, il voulait avoir ce stress d'avant scène. Et il voulait encore voir les beaux sourires des mannequins qui le trouvaient mignon. Il voulait tout cela et plus encore. Et c'était dès ce soir qu'il pouvait jouer son avenir, si son nom pouvait rester gravé dans quelques esprits et qu'il soit reconnu lors de sa grande entrée alors il serait plus que comblé.







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Antonio Cardamone dit "El Principe"
Créateur italien
Carmen Llorada regardait le chef d'oeuvre qu'elle devait porter le soir-même avec un regard qu'Antonio ne ui avait jamais vu. Cette jeune mannequin de 21 ans était une étoile montante dans le mannequinat, et tous les créateurs se l'arrachaient. Grande, belle, fine, elle dégageait un charisme que beaucoup des potiches anorexiques qui attendaient dans l'autre salle n'avaient pas. Antonio était celui qui l'avait dévoilée, et depuis, elle mettait un point d'honneur à faire ses défilées, trop fière et heureuse de porter les plus grandes créations du maître. A chaque fois qu'il lui dévoilait ses nouvelles tenues, Carmen affichait un air gourmand, vorace et ambitieux et sautait presque dans le vêtement avant qu'on ne le lui demande. Mais aujourd'hui, elle contemplait la robe sans rien dire.

"Allez, qu'est-ce que tu attends! Tu ouvres le défilé, ce soir, bouge-toi un peu!" l'admonesta Antonio qui voulait pouvoir faire quelques retouches, inspiration de dernière minutes, avant le début de la parade.

Avec un soupir, Carmen se décida et enfila la robe, aidée par deux jeunes femmes. La fermeture éclair qui permettait de la fermer dans le dos remontait des talons jusqu'aux épaules. Elle glissa sans problèmes jusqu'au hanches de la jeune femme, mais l'aide ne parvint pas à la faire monter plus haut, malgré ses efforts. Les bras croisés, Antonio s'impatientait.

"Bon, c'est quoi ce bazar? La robe allait parfaitement, aux derniers essayages! Bande d'incapables, laissez-moi faire."

Il écarta sans ménagement l'aide et tira d'un coup énergique pour faire remonter la fermeture, ne réalisant pas le silence coupable dans lequel Carmen s'était enfermée. Hélas, ses efforts furent aussi vains que ceux des autres. Et il ne voyait qu'une exsplication à ce tragique évènement. Se plaçant face à Carmen, le visage colérique, il lui demanda:

"Tu as grossis!"

C'était plus une affirmation qu'une question, et la lèvre de Carmen trembla comme elle n'osait pas répondre.

"Tu sais ce que ça signifie, grossir? C'est le début de la fin de ta carrière! Bon dieu, comment as-tu pu te permettre ça! Comment as-tu pu me faire ça! Ce soir! Pour l'ouverture de la Fashion Week! Petite égoïste, j'ai tout fait pour toi, j'ai fait de toi une star, je t'ai réservé mes plus belles créations, et c'est comme ça que tu me remercies! Tu vas te mettre au régime illico presto ou je te vire!"

Les larmes brouillèrent le beau visage du mannequin comme elle baissait les yeux et marmonnait des paroles incompréhensibles.

"Oh, et arrête de geindre!"
"Je peux pas... pas faire de régime." finit-elle par murmurer pitoyablement. "Je... je suis enceinte!"

Antonio, qui s'apprêtait à se relancer dans une tirade dont il avait le secret, en resta bouche-bée. Enceinte? Mais c'était encore pire que ce qu'il pensait. C'était carrément irrattrapable. Carmen était finie, bousillée, et avec elle, les six pièces majeures de la collection été qu'il avait créé exprès pour elle. Elle venait de ruiner une saison entière, cette gourdasse, cette petite dinde.

"Enceinte? ENCEINTE?!" explosa-t-il, hors de lui. "HORS DE MA VUE! Virez-moi cette gourdasse de là!"

Carmen et ses aides, affolées, partirent sans se faire prier, ne sachant que trop bien qu'il ne valait mieux pas rester et subir la colère du maître. Elles avaient à peine claqué la porte qu'Antonio se retourna furieusement et, saisissant le premier objet à portée de main - un vase antique chinois qui valait autant que la maison du président du conseil - le lança de toutes ses forces contre le miroir. Foutu. Fichu, son défilé de ce soir; finie, la saison printemps-été. Personne ne réussirait à porter les robes qu'il avait confectionnée pour Carmen. Elles étaient trop simples, se reposant sur l'éclat que dégageait la jeune femme, pour être portées par ces fadasses remplaçantes. Pourtant, il fallait le faire. Elles perdraient en éclat, mais il ne pouvait pas faire ce défilé sans le clou de la collection. Loran suffirait pour ce soir, avec quelques ajustements de dernières minutes, et en revoyant l'ordre d'apparition des créations, il arriverait à leur donner un éclat particulier.

Toujours aussi énervé, il se dirigea donc vers les vestiaires en pleine effervescence pour donner ses ordres. Mais l'agitation qui régnait dans le lieu ne fit que raviver sa colère, et il lança sa diatribe enflammée avant de remarquer trois gamins inconnus qui le regardaient avec effarement. Une petite blonde, effrayée, se cacha derrière un jeune homme blond qui s'approcha et se présenta respectueusement.

Antonio adora tout de suite l'adolescent, qui se présenta succintement, efficacement et su placer les compliments d'usage dans son discours. C'était rare de rencontrer des jeunes aussi débrouillards. Il nota l'effarement de ses deux camarades, qui le contemplèrent avec des yeux ronds, et se dit qu'elles devaient être impressionée de son assurance. Comment aurait-il pu se douter que Clara et Swann étaient plus surprise de l'entendre aligner trois phrases sans les mots "han", "genre", "trop quoi" et "rose"? La mention d'Ana Sorden acheva de convaincre El Principe de la valeur de ce Victor Llyod. Cette riche veuve voluptueuse, était l'une de ses mécènes et le soutenait depuis le début de sa carrière. Elle avait particulièrement bon goût, se trouvait être l'une de ses meilleurs clientes et était, pour couronner le tout, d'une classe et d'un bon goût à toute épreuve.

"Ah, les élèves d'Ana Sorden, mais bien sûr!" s'exclama-t-il dans un anglais à couper au couteau. Sa colère retomba instantanément, et il s'affaira autour des trois adolescents, les jaugeant du regard. La blonde, peureuse, lui semblait petite et un peu trop enrobée pour faire une bonne mannequine, mais sa robe lui allait parfaitement bien, et la coiffure qui l'accompagnait était d'aussi bon goût. Mais l'ensemble restait assez classique. La brune, quant à elle, était bien plus intéressante. Grande et svelte, elle dégageait indéniablement ce quelque chose qu'Antonio adorait chez les femmes. Elle semblait avoir le bon âge pour le mannequinat, et Antonio l'aurait engagé immédiatement pour remplacer Carmen si elles n'avaient pas eu vingt bons centimètres de différence. Il nota son nom dans un coin de son esprit, pour la vanter auprès d'Ana et lui parler plus tard. Mais des trois, il préférait indéniablement le garçon. Tout dans son attitude indiquait qu'il connaissait par coeur l'étiquette de la mode, et, aux oeillades que lui lançaient les mannequins, il plaisait déjà beaucoup dans le milieu.

"Victor Llyod, hein? Eh bien, tu marques des points, jeune homme. Venez avec moi, je vais vous placer."

Il invita d'un geste ses invités à le suivre et les dirigea vers une petite porte près de l'entrée du podium.

"Vos places sont les au premier rang de ce côté-ci. Quatre indiquées "Ana Sorden". Laissez celle de gauche à votre professeur, et faites-lui savoir que je reviendrais vous voir à la fin du défilé. Je veux vous voir en action, Lloyd!"

Et sur ce, il laissa le groupe s'installer dans la salle. Le temps lui manquait cruellement pour réorganiser son défilé, Ana comprendrait bien qu'il ne pouvait pas risquer la catastrophe. Elle l'en excuserai et il lui tiendrai compagnie après, c'était encore mieux que l'avant car il disposerait de bien plus de temps. Et s'il engageait l'un de ses élèves, elle ne pourrait définitivement pas lui en vouloir!


[RP Terminé prématurément suite à la disparition de Swann et Ana]
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L'Enfer de la Mode ! [Fashion-Week Topic - Swann-Clara-Victor]

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