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 "Consumé ! Je suis un homme partagé, Consumé !" [Samantha & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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désolée pour le titre du topic... What a Face

Jeudi 25 Mars 2007

« C’est bizarre qu’elle ne t’ait pas proposé de la signer, lança Curtis en rangeant les gants de quidditch sur leur portique, Enfin…compte tenu de la situation… »
-Tu veux dire qu’elle avait déjà fait tourner une pétition avant l’enterrement de mon père ?
-Oh ouai, bien avant. Je crois que je l’ai signé en janvier… ajouta le vendeur de balais de la Cité Nimbus, en faisant cette fois léviter les genouillères sur leur étagère, d’ailleurs je me suis fait engueulé par Shannon ! Elle a peur que cette pétition tombe dans les mains de Nimbus Senior et qu’il vire tous ceux qui l’ont signé ! Comme s’il pouvait se permettre de foutre à la porte des centaines de personnes ! Et puis Shannon a le meilleur rendement dans l’équipe des polisseurs, De Pompadour aurait franchement tord de s’priver d’un élément comme elle-même si elle signait ce bout d’papier…Fin bon, c’est du Shannon tout craché ! L’autre fois elle me …»

Irving n’écoutait déjà plus Curtis puisqu’une seule question tournait dans sa tête : Pourquoi Samantha Miller ne lui avait-elle pas proposé de signer la pétition qui prônait l'abandon des potions litigieuses dans les cycles de fabrication des balais ? D’après Curtis, c’était-elle qui avait rédigé le texte et qui avait fait passer la pétition dans les commerces pour collecter des signatures pour l’abolition de certains produits utilisés au sein de la Firme. En effet, même si le lien n’était pas formellement établi par les autorités, ces potions semblaient favoriser l’apparition de la Consumeuse chez certains sujets. Le nombre de polisseur de balais atteint par la maladie avait d’ailleurs encore augmenté. Irving le savait puisqu’il avait entendu la secrétaire du Docteur Palabost le dire lors de l’enterrement. Elle n’avait pas été très discrète d’ailleurs et le gryffondor avait capté le regard réprobateur du Médicomage de la Cité à l’encontre de son employée. Depuis, Irving y repensait souvent et voila qu’il apprenait, aujourd’hui, qu’une de ses camarades de Poudlard était apparemment très investie dans cette cause. A vrai dire, il aurait bien aimé le savoir avant. Peut-être que Samantha avait elle aussi perdu quelqu’un de cher à cause de cette maladie ? Il ne savait pas grand-chose de l’histoire de la jeune fille après tout. Il se souvenait juste que lorsqu’elle était arrivée dans la Cité à l’âge de onze ans, ses parents lui avaient demandé d’être gentil avec elle puisqu’ elle ne connaissait personne. Au fond, Irving savait juste que Sam voyait son vrai père durant les vacances et qu’Henri Garisson était son tuteur le reste de l’année. Rien sur sa mère. Nada.

« J’dois y aller Curtis. » souffa-t-il en se redressant du comptoir sur lequel il était appuyé, j’te prends ça ! » ajouta-t-il en prenant un pot de graisse à balais. Il déposa quelques pièces dans la main du vendeur et quitta la boutique qui jouxtait l’immense Usine Nimbus.

Comme il pleuvait quelques gouttes, Irving rabattit la capuche de son sweat gris sur ses boucles brunes avant de déposer le pot dans le fond sa poche. Il leva les yeux pour observer les fumées grises qui s’échappaient des cheminées et soupira doucement en traversant la Grand Place qui était quasiment vide à cette heure-ci. Sa mère finissait son service dans plusieurs heures et c’était le premier jour des vacances où il n’avait rien de prévu. En effet, ses amis avaient redoublé d’attention à son égard, cherchant à l’occuper durant cette période difficile. Il les soupçonnait même de s’être mit d’accord afin qu’il passe le moins de temps seul. Comme sa mère était du poste de l’après-midi, Irving passait la matinée avec elle avant de se rendre chez l’un ou l’autre de ses copains. Il était donc allé chez Nora, plusieurs fois, ainsi que chez Samaël et Juliet, et il était invité, le lendemain, chez Jeremy. Son copain lui avait même demandé d’amener son balai afin qu’ils puissent faire une balade, voila pourquoi Irving était passé chez Curtis acheter un petit pot de graisse d’entretien, en souvenir de la discussion qui avait scellée leur amitié dans le hangar de l’école.

Cependant aujourd’hui, Irving n’avait rien à faire, hormis éclaircir cette histoire de pétition. Bon, en vérité, il avait bien une tonne de devoirs à rédiger durant les vacances mais il avait décidé de demander à Jane Mason de l’aider dès son retour à Poudlard. Après tout, elle le lui avait proposé spontanément. Et puis, dès qu’il se retrouvait tout seul, il se mettait à repenser aux derniers événements. Cela faisait un mois aujourd’hui qu’il avait quitté Poudlard précipitamment. Cela lui semblait être une éternité. Il avait l’impression que tout avait changé depuis, et surtout, qu’il avait changé. Il n’était plus le même. Il se sentait plus fort et plus fragile à la fois. Différent. Il avait l’impression de pouvoir tout affronter maintenant qu’il avait vécu cela mais il s’effondrait parfois en découvrant un petit détail insignifiant qui lui rappelait son père. Ses outils dans la cabane. Sa blouse de l’Usine que ses collègues avaient ramenés à la maison ou encore cette chanson des WeirdWands qu’il aimait bien. Les broutilles devenaient des épreuves, et inversement.
Débouchant en haut des escaliers qui desservaient le plateau, Irving jeta un regard en direction de sa maison. Il pouvait rentrer et retrouver une maison vide et déprimante ou se rendre directement chez Samantha. Le jeune homme évalua les deux possibilités et bifurqua dans l’allée qui desservait la maison d’Henry Garrisson. D’ailleurs n’était-ce pas lui dans son jardin en train d’abriter ses balais sous le porche ?

« Bonjour M’ssieur.» lança le gryffondor en s’appuyant sur le petit muret en brique devant la maison.
-Oh bonjour Irving. Comment vas-tu ? répondit le tuteur de Sam après avoir mit un certain temps avant de le reconnaitre sous sa capuche.
-Ca va… Euh… Samantha est là ? J’aurais voulu lui parler…
-Oui bien sûr ! répondit Henry, Viens ! Rentre te mettre à l’abri !»

Irving poussa le portillon qui desservait le petit jardin et suivit M.Garisson dans la maison. Le Gryffondor resta toutefois sur le tapis de l’entrée pour ne pas mouiller partout avec ses baskets trempées.

« Je vais la chercher. » souffla le vieil homme avec un sourire poli.

Irving hocha la tête et suivit des yeux Henry qui disparut à la recherche de sa fille adoptive. C’était la première fois qu’il venait chez elle. Généralement, les jeunes de la Cité se retrouvaient sur la Grand’Place plutôt que chez les uns ou les autres. C’était la tradition. Surement que les parents n’avaient pas envie de rentrer chez eux, après une journée de travail harassante, et trouver la moitié des gamins de la Cité dans leur salon… C’était plutôt compréhensible d’ailleurs.
Alors qu’il balayait la pièce du regard, Samantha arriva. Irving lui adressa un léger sourire avant de lui adresser un petit signe de la main :

« Salut Sam ‘ ! » lança-t-il avant de se balancer sur ses pieds, un peu gêné de passer la voir à l'improviste.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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"Et bien, c’est plus gai dans un cimetière..."

Samantha remonta sa couverture polaire sur ses épaules et se pelotonna un peu plus dans son lit, un sentiment de jubilation l'envahissant. Ce que la technologie pouvait lui manquer qu'elle était à Poudlard ! Elle se rattrapait à chaque vacances, en passant des après-midi entières à regarder des films sur son ordinateur, cadeau de son père moldu trois ans plus tôt. Par cette après-midi pluvieuse, elle était en plein visionnage du Seigneur des Anneaux II, Les Deux Tours, un de ses films préférés. Bien sûr, il aurait été plus sage de se mettre à ses devoirs, la rentrée approchant à grands pas, mais Sam était la reine de la procrastination... Elle repoussait tout au lendemain, d'une façon un peu systématique qui avait tendance à exaspérer son père adoptif. Par exemple, la vaisselle sale du midi attendait toujours dans l'évier qu'elle daigne s'y intéresser, tout comme la lourde pétition aux centaines de signatures qui trônait sur son bureau depuis le début des vacances attendait toujours d'être envoyée... Mais pour l'instant, il était bien plus important de savoir qui de Gimli le nain ou de Legolas l'elfe allaient parvenir à occire le plus d'Uruk-hai !

Hélas, Samantha fut tirée de sa bulle cinématographique par quelques petits coups frappés à la porte.

"Entre !", lança-t-elle en se penchant pour appuyer sur pause.

La porte s'ouvrit sans surprise sur Henri, qui lui adressa un sourire affectueux en la découvrant ainsi cachée sous la couverture. Sam lui répondit de la même façon, bien qu'impatiente de se remettre à son film. Elle adorait cet homme grisonnant et bedonnant. D'une extrême gentillesse, il l'avait recueilli sans poser de questions cinq ans plus tôt. Une grande complicité était née entre eux, si bien que Sam était beaucoup plus patiente et agréable avec Henri qu'avec n'importe qui d'autre. D'ailleurs, c'était agréable de retrouver quelqu'un qui n'avait pas une mentalité de Serpentard une fois de temps en temps...

"Tu peux descendre ? Il y a quelqu'un pour toi"

"Quelqu'un ?", répondit-elle en haussant les sourcils. Par la barbe de Gandalf, qui pouvait bien vouloir lui rendre visite ? Sam n'était pas habituée à ce qu'on vienne la voir directement chez elle. D'habitude, Henri était le seul à recevoir du monde, surtout quand ses copains venaient boire de la biéraubeurre avant d'aller au stade. Il était de coutume à ce que les jeunes de la cité se retrouvent dehors, et Sam aimait autant cela. L'adolescente ne s'attendait pas à recevoir de la visite cet après-midi, sinon elle aurait probablement fait un plus grand effort vestimentaire et aurait rangé sa chambre... Sans oublier la vaisselle sale dans l'évier. Enfin ! Un peu de compagnie ne pourrait pas lui faire de mal, et elle était tout de même curieuse de savoir de qui il s'agissait. Peut-être était-ce Sophie, sa meilleure copine de la cité, qui était rentrée de ses vacances à la montagne plus tôt que prévu ? Sam formula plusieurs hypothèses, mais aucune ne s'approchait de la vérité...

"Irving", précisa Henri en la sondant du regard.

Samantha sursauta presque à l'entente du nom, ce que son père ne manqua évidemment pas. Ses sourcils en circonflexe se froncèrent, et elle pouvait presque voir son cerveau s'activer. Pour éviter que son père ne se fasse des idées - ou plus exactement, ne comprenne la vérité - Sam adopta un air détendu et se mit sur ses pieds en souriant. Irving venait de débarquer chez elle à l'improviste, il n'y avait pas de soucis, c'était tout à fait normal. Ils étaient voisins après tout, et les voisins passaient se voir quand ils avaient besoin de quelque chose ! Comme du sel. Voilà, Irving avait probablement besoin de sel pour...faire à manger. Si elle avait été seule, Sam se serait probablement tapée la tête contre le mur face à sa propre stupidité. Irving venait de perdre son père, et s'il était là, c'était probablement pour quelque chose d'un peu moins futile que d'un ingrédient manquant...

"Ok, j'arrive", bredouilla-t-elle en s'efforçant de ne pas paniquer.

Elle resta immobile jusqu'à ce que son père s'éloigne, puis se précipita vers son bureau. Ouvrant un tiroir au hasard, elle y jeta en vrac tout ce qui se traînait dans sa chambre : chaussettes sales échouées au sol, un Sorcière Hebdo hors série présentant le classement des cent sorciers les plus sexy de l'année 2007 (Nolan n°35, Virtanen n°54...), quelques papiers vides de chocogrenouille et une lettre de son père biologique. Elle expulsa également sa peluche boursouf sous son lit, décrocha son rat Ratatouille de son épaule où il avait élu domicile et détacha sa chevelure avant d'y passer quelques coups de brosse rapide. Puis, jugeant sa chambre vaguement présentable, elle se précipita hors de la pièce, le coeur battant. Irving était là, il était venu la voir, elle, Samantha. Bon. Tout allait bien se passer. L'adolescente commença à descendre les escaliers quand elle réalisa qu'elle avait oublié d'enlever son tee-shirt pokémon. Se maudissant intérieurement, elle croisa les bras sur sa poitrine pour dissimuler Pikachu aux yeux de son camarade, et acheva sa descente.

Comme annoncé, Irving se tenait sur son paillasson, dégoulinant de pluie. En l'apercevant, il lui adressa un signe de main ainsi qu'un petit sourire qui la fit fondre. Samantha lui sourit automatiquement, en essayant de chasser les idées niaises de sa tête. Quoi qu'il arrive, Irving ne devait pas soupçonner ses sentiments, elle ne pouvait pas l'envisager. Elle ne pouvait supporter l'idée qu'il la rejette, et elle ne voulait pas non plus l'importuner avec son coup de coeur pathétique alors qu'il était en plein deuil... Mais c'était tout de même étrange de voir ce garçon, qu'elle observait de loin depuis si longtemps, se tenir dans son salon. Néanmoins, elle s'efforça d'adopter une attitude normale, et lui répondit avec entrain.

"Salut Irving ! Comment vas-tu ?"

Elle préféra ne pas lui parler de son père, préférant qu'il amène lui-même le sujet s'il y tenait. Sam imaginait qu'il devait en parler et y penser suffisamment comme ça pour préférer se changer les idées quand il était avec ses camarades... Un peu - très - gênée, Sam se demanda quelle était la marche à suivre quand on recevait un jeune homme à l'improviste. Nerveusement, elle jeta un coup d'oeil à Henri qui faisait semblant de lire le journal dans le canapé mais ne manquait pas une miette de la scène, et reporta son attention sur Irving.

"Tu veux monter ? On pourra discuter."

Comme Irving acquiesçait, elle le conduisit à l'étage où se trouvait sa chambre.

*Bordel de troll*, songea-t-elle pénétrant dans son antre, qu'elle parcourut rapidement du regard. Rien de compromettant en vue, mais elle se demanda ce que le jeune homme penserait de l'endroit. La petite chambre n'était pas très grande mais plutôt chaleureuse, ses murs étant décorés de divers posters et photos. Elle fit quelques pas dans la pièce et s'appuya contre le rebord de sa fenêtre, avant de reporter son attention sur son invité.

"Alors...", commença-t-elle en l'observant avec curiosité, "je peux faire quelque chose pour toi ?"


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Samantha arriva rapidement dans le salon et le salua avec un large sourire. Merlin soit loué, elle n’arborait pas cet air mi-triste mi-inquiet que lui réservait certaines personnes depuis la mort de son père. Cela ne faisait qu’accentuer le malaise du Gryffondor lorsqu’on le regardait comme ça. Fort heureusement, Samantha était comme d’habitude, si l’on omettait son drôle de tee-shirt lapin jaune. Visiblement, il n’avait pas trop l’air de la déranger. Pleine d’entrain, elle lui demanda même comment il allait.

« Bien. Nickel. » répondit-t-il en hochant la tête, toujours sur le paillasson de l’entrée.

Irving ne savait pas trop s’il pouvait parler de la pétition devant Henry. Le vieil homme semblait être un homme doux et gentil mais le Gryffondor ne voulait pas mettre sa camarade dans l’embarras si son père adoptif n’était pas au courant de ses agissements. Comme l’avait souligné Curtis, certains habitants de la Cité n’avaient pas forcément bien accueillit cette pétition qui risquait d’altérer les bonnes relations entre les ouvriers de l’Usine et leur patron. Irving leva donc son pouce au dessus de son épaule pour désigner la porte d’entrée dans son dos avant de proposer :

« Ca t’dis d’aller faire un tour ? puis avisant la tenue de la jeune fille il grimaça légèrement en ajoutant, par contre il pleut dehors, tu d’vrais prendre un truc plus chaud. »

Mais contre toute attente, Samantha lui proposa de monter dans sa chambre afin de discuter. A vrai dire, le Gryffondor n’était pas contre mais il jeta machinalement un coup d’œil à Henry qui venait de s’installer dans son fauteuil pour lire son journal. Irving s’attendait à ce qu’il dise d’un moment à l’autre, le traditionnel « Aller jouer dehors les gamins ! », (qu’il avait entendu bon nombre de fois chez moult habitants du quartier) mais Henry resta muet. Le gryffondor haussa les épaules en répondant « Ok ! ».

Il quitta ses chaussures sur le pallier, se sermonna mentalement en découvrant qu’il avait mit une chaussette rouge avec une grise, puis il suivit Samantha dans l’escalier qui menait à l’étage. La jeune fille l’entraina jusque dans sa chambre qui s’avérait être une petite pièce lumineuse, dont les murs étaient recouverts de posters, d’affiches et de photos. Irving esquissa un léger sourire en se disant que les chambres d’adolescents étaient toutes les mêmes. Lorsqu’il était allé chez Juliet quelques jours plus tôt, il avait passé prêt d’une heure à regarder toutes les photos affichées sur son mur au milieu des dessins de Léah. Chez lui aussi on trouvait bon nombre de clichés entre ses affiches des Bizarr’Sisters : Entre autres, les photos les plus compromettantes du réveillon, Une photo de Nora qu'il aimait bien ,sa georgy d'amoûr en colère, Juliet et Killian dans le parc, quelques clichés de Danny et lui le jour où ils avaient joué aux Serdaigle et une photo de son père.

En se remémorant l’objet de sa visite, Irving détacha ses yeux du cliché d'une Lauren McGowan rayonnante pour faire face à Sam qui s’était appuyée sur le rebord de la fenêtre de sa chambre.

"Alors... je peux faire quelque chose pour toi ?"
finit-elle par lui demander.

« Et bien… à vrai dire, oui. » répondit le Gryffondor en s’appuyant sur le bureau derrière lui, Curtis m’a dit que tu avais fait passer une pétition dans la Cité, ajouta-t-il en levant un regard grave sur la jeune fille, dans laquelle tu demandais qu’on arrête d’utiliser certaines potions nocives pour traiter les balais. »
Le Gryffondor fit une pause avant de demander, « C’est vrai ? »

Il préférait entrer directement dans le vif du sujet plutôt que de bavarder de choses inutiles. Il voulait savoir si cette pétition avait réellement existée, et si c’était le cas, il voulait surtout voir qui avait eu le courage de la signer.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Bien sûr qu'Irving avait une bonne raison de venir la voir. La pétition. Samantha sentit une pointe de déception l'envahir, avant de se reprendre avec fermeté. Pendant un instant, elle s'était laissée aller à espérer que son voisin était simplement venu chercher un peu de compagnie, qu'il avait peut-être juste envie de la voir... Il fallait vraiment qu'elle arrête de se faire des illusions comme ça, elle ne pouvait se mettre à espérer chaque fois qu'Irving lui adressait la parole, elle se faisait du mal pour rien. Son sourire se figea néanmoins et elle considéra un moment son camarade, avant de se résigner à lui répondre. Parfois, elle se maudissait d'avoir eu cette idée de pétition. Pas grand chose de bon n'en était sorti pour l'instant, et elle n'était pas sûre que cela arrive un jour. Avec son succès inattendu ainsi que les résistances logiques qu'elle avait provoqué, la pétition de Samantha risquait d'avoir un impact plus grand que celui qu'elle avait espéré en la lançant. Si elle l'envoyait du moins, et elle était de plus en plus persuadée qu'elle allait le faire. Il était trop tard pour reculer, maintenant qu'elle avait obtenu toutes ces signatures... Et elle n'avait plus envie de reculer, pas après avoir assisté à l'enterrement du père d'Irving. Mais une chose était sure, cela ne pouvait pas être bon pour sa carrière potentielle chez Nimbus.

Samantha se décolla de sa fenêtre et se dirigea vers Irving, pour saisir un tas de parchemins sur son bureau. Elle hésita un instant, jaugeant son camarade du regard. Qu'allait-il penser de tout ça ? Serait-il favorable ou non à cette initiative ? Elle s'était souvent posé la question sans jamais oser le lui demander. Eh bien, elle allait être fixée...

"Oui, c'est vrai", répondit-elle enfin en tendant le paquet à son voisin. "Dans la Cité et à Poudlard."

Tandis qu'Irving examinait la pétition, Samantha resta face à lui, relisant les noms à l'envers. Le premier, Henri, était suivi par toute une liste d'habitants de la Cité. Henri avait apporté un soutien modéré à son entreprise, lui assurant qu'il était fier d'elle mais qu'elle allait probablement le regretter. Les bonnes relations entre ouvriers et patrons, dans un endroit tel que la cité Nimbus, représentaient un fragile équilibre qui ne pouvait être ébranlé sans conséquences. Un peu plus loin, on trouvait le nom de sa directrice de maison, la première à Poudlard à l'avoir signée. Obtenir la signature d'adultes respectés comme Adamson et Bloomwood lui avais permis d'être crédible en sollicitant ses camarades. Elle n'avait pas convaincu tout le monde, loin de là, entre les septiques, les insensibles et les craintifs, mais de nombreux élèves avaient signé néanmoins, depuis Lauren qu'elle avait harcelé avec ça, jusqu'à Nora à qui elle l'avait demandé presque timidement, en passant par Cassandre Harper qui avait étonnamment accepté. Cela en faisait du monde, pour trouver sa démarche légitime, pour comprendre l'importance de cette cause, pour apporter leur soutien aux victimes de cette horrible maladie... Pourtant Sam était toujours en quête d'approbation, et elle le serait tant qu'elle n'aurait pas obtenu celle d'Irving.

Nerveuse, elle se mit à triturer une de ses mèches de cheveux et posa un regard agité sur Irving, guettant une réaction sur son visage.

"J'ai lancé cette pétition quand j'ai appris pour ton père, et je ne l'ai pas encore envoyée.", finit-elle par avouer en baissant les yeux. "J'ai déjà vu mon père, enfin Henri, faire le deuil de son meilleur ami à cause de la Consumeuse... Tu le connaissais peut-être, je ne sais pas, il s'appelait Patrick Holstein. Il est décédé en juillet dernier."

Un désagréable frisson la parcourut au souvenir de cette journée horrible où son père avait appris la mort de Patrick. Elle était restée marquée par cette journée. Sam redressa la tête et commença à expliquer son point de vue, retrouvant sa fougue habituelle qui la caractérisait chaque fois qu'elle parlait de ce sujet.

"Je sais que le lien n'est pas encore scientifiquement établi entre ces potions et la maladie, mais il y a un doute, un énorme doute. Ça devrait suffire à les écarter. C'est ce que les moldus appellent le principe de précaution, on l'utilise en droit de la santé et en droit de l'environnement... Je sais bien que je ne peux pas faire grand chose du haut de mes quinze ans, mais je peux toujours faire ça. Attirer l'attention sur le fait que nous ne sommes pas dupes, que nous ne sommes pas d'accord et que nous ne cautionnons pas. Je ne veux plus jamais aller à un enterrement à cause de cette maladie. Deux c'est déjà beaucoup trop, sans parler de ceux qu'on ne connait pas. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi les dirigeants politiques n'ont pas encore réagis, sans parler des Nimbus de Pompadour, c'est..."

Réalisant qu'elle était sur le point de partir dans l'un de ses discours enflammés, Sam s'interrompit et croisa le regard d'Irving. Un sombre sourire apparut sur ses lèvres alors qu'elle se rappelait à qui elle parlait : le fils de la dernière victime de la Consumeuse...

"Enfin, ce n'est pas à toi que je vais parler d'injustice."


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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C’était vrai. Elle avait réellement fait circuler une pétition dans toute la Cité et même à Poudlard. Pour confirmer ses dires, elle s’approcha du bureau et attrapa une grosse liasse de parchemins qu’elle lui tendit. Irving attrapa le document et fut immédiatement interpelé par le nombre de feuillet qu’il contenait. Merlin, il y avait vraiment beaucoup de signatures. Réellement troublé face à ce constat, le Gryffondor fit quelques pas pour s’asseoir sur le lit de la jeune fille. Fébrile, il tourna la première page et découvrit la signature de M. Garisson en tête, suivie par celle de Sam et par des dizaines d’autres : Curtis, bien sûr, mais aussi Sophie, Mme Hightway, ses enfants et petits-enfants, plusieurs ouvriers de l’Usine, quelques commerçants, Whitney Crowler, M. Arrow et des centaines d’autres personnes qu’Irving ne connaissait pas. Le regard du Gryffondor s’arrêta cependant sur un nom qui lui était particulièrement familier: Adamson. Margot Adamson. Aucun doute possible, l’enseignante en Potions de Poudlard avait bien signé ce document. Cela voulait dire qu’elle pensait que le lien entre les potions et la Consumeuse était réel. Le pouls du Gryffondor s’accéléra et son cœur se mit à battre un peu plus vite. Si des personnes aussi en vue qu’elle, avaient accepté d’apposer leur nom sur ce document, c’est que cette théorie n’était pas aussi farfelue qu’elle n’y paraissait. Pourtant, pendant la campagne pour élire le nouveau ministre, tous les candidats avaient réfuté cette thèse, mais le nom d’Adamson, à lui seul, suffisait à semer le doute. Le professeur Nolan y était allé de sa signature comme bon nombre d’élèves : Irving identifia d’ailleurs l’écriture ronde et penchée de Nora au premier coup d’œil ainsi que celle de Cassandre, particulièrement soignée. S’il s’attendait à voir le nom des deux jeunes filles sur le document, il fut plus étonné de découvrir certains patronymes comme McGowan ou Bennet. Finalement, ses camarades de Poudlard se sentaient visiblement concernés par certaines causes… Il suffisait d’ailleurs de voir la détermination dans le regard de Samantha lorsqu’elle évoquait le sujet. Jusqu’à aujourd’hui, Irving l’avait toujours vu comme une jeune fille plutôt effacée. Quant ils se croisaient à la Cité ou à l’école, ils ne faisaient généralement que se saluer poliment et le Gryffondor n’avait jamais soupçonné que ce joli brin de fille puisse être aussi investi et passionné, surtout pour une telle cause. Pendant qu’il s’apitoyait sur son sort et qu’il regardait son père mourir, Samantha avait agit. Et de la plus belle des manières. Elle n’avait pas eut peur de se mettre à dos une partie des habitants de la Cité pour venger Patrick Holstein. Car c’était bien une sorte de revanche qu’elle avait prit en créant ce document. Elle avait réussi à utiliser la rancune et la tristesse qu’elle avait éprouvée suite au décès de l’ami de son père pour construire quelque chose. En ça, Irving avait envie de lui ressembler. Du chagrin, il en avait à revendre depuis des mois et, lui aussi, il voulait se sentir utile. Agir. Se dresser contre l’injustice, comme le disait si bien Samantha.

« C’est incroyable c’que t’as fait… »
Souffla-t-il en relevant les yeux vers elle, j’veux dire… Tout le monde sait que tu veux bosser dans la confection d’balai. Faut une sacrée dose de courage pour rédiger un truc pareil. » Ajouta-t-il en se levant.

Il chercha une plume sur le bureau de sa camarade et se rabattit finalement sur un stylo moldu qui trainait sur un tas de parchemin. Après avoir posé la pétition sur le sous main, il apposa son nom, son prénom et sa signature juste au dessous de celle de Gillian Davies.

« T’aurais dû être réparti chez Gryffondor,
lâcha-t-il en esquissant un léger sourire à l’intention de sa voisine.
La Serpentard allait peut-être se sentir vexée de la comparaison, mais pour lui, c’était un compliment. On pouvait trouver des centaines de défauts aux Rouge et Or mais Sam partageait leur témérité et leur volonté. Et pour une fois, Irving se sentait en adéquation avec les qualités constitutives de sa maison. L’abolition de l’utilisation des potions était une cause digne et il avait envie de se battre pour ça. Aux côtés de Sam.

« Il faut qu’on l’envoie,
lança-t-il catégorique, Aujourd’hui. A De Pompadour mais pas seulement. Il faut en faire une copie au Ministre et à la Gazette. S’il refuse de la publier, on l’enverra au Chicaneur. Eux, ils le feront. » s’exclama-t-il en se tournant vers Samantha, On peut demander à Curtis de nous la dupliquer à l’aide d’un Sortilège et il faut absolument qu’on aille voir Cassie. Elle, elle saura ce qu’on doit faire et dans quel ordre le faire. »

Même si Cassandre était plus jeune que lui, Irving ne doutait pas des compétences de sa camarade dans ce domaine. Si elle acceptait de s’associer à leur cause, elle serait une alliée de premier ordre dans cette affaire. Oui, plus il y réfléchissait, plus le Gryffondor avait l’impression que c’était ce qu’il devait faire : Réunir. Fédérer les autres autour de ce problème. Il n’était pas doué pour rédiger des pétitions comme Sam’ et il n’avait pas les qualités d’oratrice de Cassandre mais il connaissait du monde à la Cité. Beaucoup de monde.

Désireux d’agir au plus vite, le jeune homme attrapa la pétition d’une main et le poignet de Sam’ de l’autre afin de l’entrainer vers la sortie avant de se tourner vers elle en soufflant:

« On va y arriver. Ensemble. »


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Immensément soulagée, Samantha observa Irving qui griffonnait son nom à la fin de la liste. Quoi de plus symbolique que le fils Whitaker en tant que dernier signataire ? Un sourire aux lèvres, Sam garda le silence, étrangement émue. Non seulement Irving avait approuvé son idée, mais elle l'avait impressionnée, à en croire sa réaction. Et ça, ça valait de l'or, car c'était probablement la première fois qu'il la remarquait vraiment, pour quelque chose qu'elle avait fait. Quelque chose de remarquable. Les joues rosies, Samantha laissa échapper un petit rire quand il affirma qu'elle aurait dû être répartie chez Gryffondor. Elle appréciait le compliment, le courage n'était pas réellement une qualité que l'on soulignait souvent chez elle... Mais elle restait malgré tout heureuse et fière d'être une Serpentard. Sa maison possédait d'autres qualités, telles que l'audace, la détermination et l'ambition, dont elle espérait ne pas être totalement dépourvue.

"Merci", murmura-t-elle, tandis qu'une pensée malicieuse se formait dans son esprit.

*Parfois, les Serpentard aussi sont courageux !*

Au fond, avait-elle réellement fait preuve de courage ? Pas vraiment, elle avait surtout suivi son impulsion du moment et s'était laissée porter par le succès de son entreprise, menée par son indignation grandissante. Elle avait été idéaliste plus que réaliste et elle allait probablement le payer un jour ou l'autre... Mais en voyant la réaction d'Irving, que ça soit ce regard impressionné qu'il avait posé sur elle, ou l'enthousiasme dont il faisait preuve à présent, elle se dit que cela en avait valut la peine. Et si sa pétition permettait vraiment de faire bouger les choses, même si elle avait du mal à y croire, eh bien alors elle aurait vraiment de quoi être fière... Contre toute attente, Irving avait d'ailleurs l'air déterminé à contribuer à provoquer ce changement. Ébahie, Samantha l'observa s'agiter dans la chambre, évoquant des personnes qu'elle ne connaissait pas, énonçant la liste des choses qu'ils avaient à faire, aujourd'hui, là, maintenant, tout de suite. L'espace d'un instant, la jeune fille resta figée, se demandant s'il était sérieux. Elle réalisa alors à quel point elle s'était trompée à son sujet, en pensant qu'il avait suffisamment de problèmes comme cela pour lui ajouter en plus une croisade contre la Consumeuse. C'était peut-être exactement ce dont il avait besoin, au contraire....

Avant d'avoir eut le temps de comprendre ce qui lui arrivait, Samantha sentit la main d'Irving attraper son poignet pour la tirer vers la sortie de la chambre. Samantha voulut protester - elle n'allait tout de même pas sortir sous la pluie uniquement vêtue d'un t-shirt pikachu à manches courtes - mais Irving se retourna vers elle pour souffler quelques mots qui la firent se figer une seconde fois.

« On va y arriver. Ensemble. »

Samantha sentit son coeur rater un battement, alors qu'elle croisait le regard déterminé du jeune homme. Jamais elle n'avait été aussi amoureuse qu'en cet instant alors que, pour la première fois, elle sentait un réel lien se créer entre eux. Impulsivement, elle attrapa son poignet pour le retenir, avant de le relâcher aussitôt. Il y avait tellement de choses qu'elle avait envie de lui dire, des choses qui attendaient depuis si longtemps, et d'autres qui venait d'éclore dans son esprit. Elle voulait lui dire combien elle était touchée par le fait qu'il lui apporte son soutien, qu'il veuille faire ça avec elle, se battre contre cette maladie, et qu'il ne lui ait pas rit au nez comme certains ne s'étaient pas gênés pour le faire, parce qu'au fond elle n'était qu'une gamine utopiste...

"Irving", débuta-t-elle en s'empêtrant dans ses pensées, "je..."

Le regard de Samantha se perdit dans celui d'Irving, alors que son esprit s'embrouillait et que son souffle s'accélérait de façon imperceptible. Qu'est-ce qu'elle allait dire, là ? Qu'est-ce qu'elle espérait ? Il ne fallait pas tout confondre, il ne fallait pas tout mélanger. Irving venait de faire en pas en sa direction, à cause de sa pétition, mais c'était tout. Il ne fallait pas s'emballer. Il restait cet adolescent plus âgé et plus populaire qu'elle, dont elle ne savait au fond pas grand chose, et qui venait de perdre son père. Elle n'allait pas tout gâcher en laissant libre court à ses sentiments, comme l'idiote niaise et cruche qu'elle était. Elle força ses lèvres à s'étirer en un sourire poli et reprit, comme si de rien n'était :

"Attend, il faut que je prenne une veste. Il...il pleut dehors."

*Idiote.*

Elle se détacha doucement de l'emprise d'Irving et se dirigea vers son armoire, se cognant contre sa chaise de bureau au passage. Fébrile, Samantha attrapa le premier sweat qui lui passait par la main et l'enfila rapidement en rabattant la capuche sur ses cheveux, avant d'attraper son sac et de retourner auprès d'Irving.

"Allons-y !", lança-t-elle avec détermination.

Les deux adolescents descendirent les escaliers, et Samantha s'arrêta pour saluer son père, toujours plongé dans l'étude attentive de la page des sports. L'homme tourna un visage bourru vers eux, et son regard s'arrêta un instant sur la liasse de parchemins qu'Irving avait à la main. Un imperceptible sourire apparut alors sur ses lèvres.

"On sort un moment, papa ! A plus tard !"

"A tout à l'heure, soyez sages", lança Henri.

Samantha et Irving quittèrent la propriété et commencèrent à marcher dans l'allée. Samantha s'efforça de se concentrer sur leur tâche pour ne pas songer à son estomac qui se nouait.

"Alors... Par quoi on commence ? Et qui c'est, au juste, Cassie ?"



   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Alors qu’elle semblait si déterminée à agir quelques minutes plutôt, Samantha marqua toutefois un petit temps d’hésitation lorsqu’Irving voulut l’entrainer à l’extérieur. Le Gryffondor se stoppa net et questionna la jeune fille du regard afin de tenter de comprendre son trouble. N’avait-elle pas dit qu’elle voulait combattre cette injustice ? Ce n’était pas en restant ici qu’ils allaient réussir. Il fallait arpenter les rues, discuter avec les habitants, trouver des alliés dans l’Usine, se documenter sur ces potions, préparer comment contrattaquer aux arguments de De Pompadour, s’entêter à vouloir convaincre le plus de monde possible. Pourquoi n’était-elle pas aussi motivée que lui à cette perspective ? Un voile d’incompréhension passa sur le visage d’Irving tandis que Samantha semblait en proie à un dilemme intérieur mais la Serpentard révéla finalement l’objet de son hésitation :

"Attend, il faut que je prenne une veste. Il...il pleut dehors."

Dans sa hâte, Irving ne lui avait même pas laissé le temps d’enfiler une veste ! Un peu gêné, il passa une main dans ses boucles et attendit que Sam revêtisse un sweat par dessus son tee-shirt bizarre. Dès qu’elle fut parée, les deux adolescents descendirent dans le salon où M. Garisson était toujours occupé à lire son journal. Tandis qu’Irving remettait ses chaussures, Henry leur intima une ultime recommandation :

« Soyez sages"


Le Gryffondor leva brusquement le regard sur le vieil homme bourru. « Soyez sages ». Son père le lui disait souvent lorsqu’il partait jouer avec les jumeaux Moses dans les rues de la Cité. « Soyez sages ». « Ne faites pas de bêtises ». « Ne sois pas en retard pour le repas ». Irving aurait donné n’importe quoi pour réentendre son père le sermonner de la sorte. Instinctivement, il jeta coup d’œil envieux à Sam’ qui ne semblait pas se rendre compte de la chance qu’elle avait. Henry était là et il s’inquiétait pour elle… Pourtant, une petite voix dans l’esprit du Gryffondor lui ordonna de ne pas être jaloux de la situation de sa camarade. Lorsqu’il était dans sa chambre, il n’avait vu aucune photo au mur d’une femme qui aurait pu être sa mère … Peut-être que Sam’ ne l’avait jamais connue. Lui, au moins, il avait eu la chance de passer seize ans auprès de Bradley. A l’échelle d’une vie, c’était court, mais c’était toujours ça.
Alors qu’il débouchait sur le perron de la maison, Irving eut envie de questionner sa camarade sur le sujet. Il voulait savoir si Samantha était passée par les mêmes moments de désespoir que lui. Après tout, elle avait peut-être besoin d’en parler elle aussi. C’était toujours plus facile d’évoquer un deuil avec des personnes qui avaient vécues cette épreuve. Néanmoins, le Gryffondor se ravisa bien vite. Ce n’était pas le moment. Non seulement il ne voulait pas se montrer trop indiscret mais en plus ils avaient tout un tas de choses à faire avant.

La pluie s’étant intensifiée, Irving imita Samantha qui avait déjà rivé sa capuche sur sa tête avant de protéger les feuillets de la pétition sous sa veste. Les deux jeunes gens débouchèrent dans l’allée et le Gryffondor regarda à gauche puis à droite, hésitant entre les deux options qui s’offraient à lui. Il pouvait très bien aller voir Curtis de suite, mais le jeune vendeur ne serait peut-être pas disponible, ou alors, il pouvait se rendre chez les Harper immédiatement. Alors qu’il étudiait les deux possibilités, Samantha demanda :

"Alors... Par quoi on commence ? Et qui c'est, au juste, Cassie ?"

Le jeune homme la regarda avec des yeux ronds. Merlin, avait-il vraiment appelé Cassandre « Cassie » sans s’en rendre compte ? C’était fort probable. Alors qu’il avait initialement usé de ce sobriquet pour embêter sa camarade Gryffondor, il la nommait ainsi dans sa tête lorsqu’il pensait à elle. Et il y pensait souvent. Quant il n’allait pas bien, il ressortait le petit mot qu’elle lui avait donné le jour de l’enterrement. Bizarrement, cela lui donnait du courage.

« Cassie, c’est Cassandre. Harper si tu préfères, précisa-t-il au cas où, elle a signé la pétition. »

Il avait parfaitement conscience que son rapprochement avec Cassie devait être étonnant. Après tout, ils ne trainaient pas ensemble à Poudlard et la jeune fille était plutôt solitaire contrairement à lui qui aimait être entouré. De plus, la fillette n’avait pas la réputation d’être facile et son sale caractère en rebutait plus d’un. Cependant, il n’avait pas envie de se justifier sur le lien qui les unissait. La seule personne à qui il aurait pu éventuellement parler de cette terrible rencontre avec l’Épouvantard, s’était à Nora. Et à personne d’autre. Aussi le Gryffondor préféra préciser, sur un ton sans appel, qui n’invitait pas à la discussion :

« C’est mon amie. Je suis sûr qu’elle nous aidera. »


Il prit alors la direction d’un petit passage qu’il connaissait entre deux maisons afin de rejoindre plus rapidement la ruelle qui abritait sa maison et celle de Cassie. Il fallait sauter un muret d’un bon mètre vingt mais Irving était un habitué de ces petits raccourcis. Il proposa son aide à Sam’ avant de se retrouver à quelques encablures de la maison des Harper.

« Bon, si c’est ses parents qui nous ouvrent, surtout, on refuse d’entrer, ok ? »
expliqua-t-il en arrivant à la hauteur du pavillon de Cassandre.

Le Gryffondor avait encore en mémoire le comportement très étrange des parents de la jeune fille lorsque les agents du Service Abusif de la Magie étaient venus chez eux en décembre dernier.

« Même si sa mère nous propose des petits fours !
précisa-t-il en levant un index, on dit qu’on invite Cassie à gouter chez moi, d’accord ? » Lança-t-il en ôtant sa capuche pour être plus présentable.

En effet, quelque chose lui disait que Cornélius Harper ne les verrait pas d’un très bon œil s’ils révélaient la véritable raison de leur visite.

Après s’être raclé la gorge, Irving finit pas par sonner avant d’adresser un ultime clin d’œil à sa voisine pour sceller leur mensonge.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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- ... quand on voit que l'élection du MIM fait perdre à notre pays des partenaires économiques fondamentaux, je pense qu'on peut légitimment se poser une question simple : était-ce le bon choix ? Loin de moi l'idée de remettre en question les compétences personnelles du Ministre Fiennes mais je pense - et je suis sûr que de nombreux sorciers et sorcières partage cet avis - que sa politique ne permettra pas au pays de...
- Cassandre ?

Cassie baissa brusquement la volume de sa radio, branchée sur une émission politique de la RITM. Le conflit entre la Slovaquie et le MIM était du pain béni pour les opposants SPAM qui s'étaient jetés sur le morceau et ne le lâchait plus. Son père se gargarisait de cela, arguant qu'avec lui, tous leurs partenaires économiques étaient ouverts et confiants. C'était d'ailleurs lui que John Warlock avait envoyé à la RITM, pour bien montrer à tout le monde que c'était une erreur de la part de Fiennes de renvoyer de bons éléments sous prétexte qu'ils ne partageaient pas ses idées. Dès qu'il avait été contacté par Warlock, son père s'était emballé. Il voyait dans cette émission un excellent moyen de revenir un politique, même si sa femme avait essayé de modérer ses ardeurs et son enthousiasme. Ce n'était qu'une émission politique. Mais c'était déjà bien que Warlock n'ait pas oublié Cornélius Harper.

- Oui maman ?
- Descends deux minutes s'il te plaît chérie ! répondit sa mère, de l'étage inférieur.

Cassandre soupira et éteignit la radio, mettant fin à la voix de son père qui était parti dans quelques explications techniques concernant les marchés. Elle s'était installée sur son lit pour écouter, un livre ouvert devant elle sans qu'elle n'y prête attention, trop occupée à écouter son père. Il était à l'aise, posé, sérieux savait détailler quand il fallait et répondait toujours très aimablement aux questions du journaliste. La politique lui manquait, elle le voyait vraiment. C'était une interview parfaitement réussie. Sans y penser, Cassandre glissa les pieds dans ses chaussons et bascula ses boucles brunes sur une seule épaule. Elle avait toujours eu les cheveux longs mais les laissait pousser encore plus maintenant, pour essayer. La porte de sa chambre grinça légèrement quand elle l'ouvrit et elle dévala l'escalier pour faire face à sa mère qui l'attendait au pied des marches, une cape de voyage sur les épaules et son chapeau de sorcière sur la tête. Tout en enfilant ses gants, elle lui adressa un grand-sourire.

- Je vais prendre le thé chez tante Helen, elle veut m'entretenir de la réception à venir pour Pâques. Cela va être une soirée importante, nous allons enfin voir cette petite Swann !

Swann Twilfit. C'était devenu le sujet récurrent et préféré de toute la famille ! Tout le monde était au courant et cela avait fait le tour de toute la bonne société en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Quand elle l'avait appris, par sa mère, Cassie avait été stupéfaite. Pas que Swann soit une de ses nombreuses cousines, non. Mais qu'Edmund ait pu avoir un enfant. Ce qui signifiait qu'il avait fréquenté des gens et plus exactement Sheba Twilfit, que Cassandre connaissait à force de fréquenter la boutique. Une femme élégante comme elle et... Edmund. Qui ne manquait pas d'éducation, bien évidemment, mais qui était tellement... Edmund. Il était l'éternel célibataire de la famille, celui qu'on avait renoncé à marier, celui sur qui circulaient quelques murmures. Elle avait toujours eu de nombreux cousins et cousines, grands, petits, par alliance ou de sang, qu'elle connaissait plus ou moins. De toute manière, toutes les familles de Sang-Pur étaient liées d'une manière ou d'une autre. Si on prenait les membres de sa famille qu'elle connaissait, elle était liée aux Bones, aux Harris, aux Nimbus de Pompadour, aux Greengrass, aux McMillan, aux Selwyn, aux McDougal et aux Higgs. Sans compter ceux qu'elle ne connaissait pas et ceux à venir. Il lui arrivait régulièrement de découvrir que telle personne de Poudlard était la nièce d'une de ses tantes à elle, qu'on appelait tante pour simplifier, mais qui était en fait la cousine par alliance de la sœur de sa grand-mère. En gros. Mais découvrir qu'Edmund Harris était père... Ça, ce n'était pas tous les jours. Il l'avait convoquée un lundi dans son bureau, avec son cousin par alliance Jordan (c'était encore compliqué là-aussi : la mère d'Edmund, Helen, était la sœur de sa grand-mère et donc la tante de sa mère. Helen avait épousé Daniel Harris qui était le frère de la grand-mère de Jordan. Pour faire plus simple, ils étaient cousins.) pour leur annoncer la nouvelle, en leur demandant de rester discrets sur le sujet. Elle ne savait pas pour Jordan mais elle, elle n'avait rien dit, se contentant de jeter des coups d’œils de temps en temps à Swann. Qu'est-ce qu'elle aurait pu lui dire d'ailleurs ? Salut, je suis ta nouvelle cousine ? Non, c'était moyen. Et puis il y avait déjà suffisamment de rumeurs qui couraient, inutile de les confirmer en allant lui parler ouvertement. Elle se contenterait de la voir à la réception qui s'annonçait, ça lui ferait toujours un peu de compagnie. Souvent, elle parlait avec sa cousine Susan ou son cousin Owen mais avoir quelqu'un encore plus proche en âge pourrait être bien.

- Est-ce que tu veux venir ? Tante Helen sera enchantée de te voir !

Grande-tante Helen était... insupportable ? Cassandre détestait tous ses petits sous-entendus et ses petits sourires hypocrites. Quand elle était petite, Helen l'adorait. Quelle adorable petite fille et ses yeux ! Oh, Elizabeth, très chère, elle est ravissante ! Cela valait la peine de patienter ! Tout s'était compliqué quand elle avait commencé à parler et à avoir des idées. Grand-mère Helen aurait adoré qu'elle reste une agréable petite poupée qu'on prenait par la main et qu'on présentait dans les réceptions, vêtue d'une jolie robe. Comme toutes les petites héritières de Sang-Pur. Pourtant, Cassandre avait reçu une éducation parfaite, sa mère s'était consacrée à cela pendant plus de douze ans. Elle savait se tenir en haute société, quoi dire, à qui sourire, comment remercier, comment manger, quel genre de cadeaux faire à tel personne à quelle occasion, elle savait mettre une table de manière élégante ou plutôt elle savait faire mettre une table de manière élégante, organiser des réceptions chics, reconnaitre toutes les personnes importantes du monde magique et elle connaissait les familles de Sang-Pur sur le bout des doigts, tout en sachant qui fréquenter. Elle ferait une parfaite petite épouse de Sang-Pur, gérant un domaine et un manoir d'une main de maître et sachant se présenter à toute l'aristocratie sorcière. Sauf qu'elle n'aimait pas vraiment cela. Oh, bien sûr, c'était très utile à savoir et elle n'avait pas peur de se présenter dans une réception ou un dîner mais elle n'imaginait passer sa vie à organiser des diners, des réceptions dont on parlerait pendant des semaines, tellement c'était réussi. Elle, elle voulait agir, avoir un métier et ne pas être dépendante de quelqu'un, encore moins d'un mari capricieux. Elle pensait et affirmait tout fort ses idées, n'était pas du genre à se taire quand quelque chose l'offusquait. C'était là que le bat blessait dans son éducation, au grand damne de sa grande-tante Helen. Heureusement qu'il y avait sa cousine Cordélia pour rattraper le tout, n'est-ce pas ? Cordélia n'avait que dix ans et rentrait à Poudlard à la prochaine rentrée mais ravissait déjà tous les titres de petite peste. On avait craint Cassandre ? Et bien ils n'avaient pas rencontré Cordélia, beaucoup plus perfide. Rien que cette idée la faisait rien. Cela allait être explosif à Poudlard l'année prochaine ! Elle avait parié sur Serpentard.

- Je comptais travailler cet après-midi, mentit Cassandre sans ciller, pour que sa mère ne puisse pas protester contre son excuse.

Sa mère sembla un peu déçue mais lui adressa quand même un petit sourire avant de lui effleurer la joue du bout des doigts.

- D'accord. Ton père dîne avec des amis du SPAM ce soir et je rentrerai vers dix-neuf heures je pense. D'accord ? Il y a du vacherin si tu souhaites grignoter. Tu n'ouvres à personne, tu ne sors pas dehors et tu appelles chez les Harris s'il y a un problème. Est-ce que tu veux que je demande à Susan si elle est libre pour te garder ?

Cassandre soupira et leva les yeux au ciel avant de descendre les dernières marches, de passer devant sa mère pour se diriger vers la cuisine et attraper une Plume en Sucre.

- Maman, j'ai quinze ans. Je n'ai pas besoin de baby-sitter, c'est moi qui suis censée faire du baby-sitting, tu sais.
- Mais oui, chérie. Je le sais. Mais tu restes une petite fille à mes yeux, répondit sa mère en lui déposant un baiser sur le crâne. Bonne après-midi, ma chérie. Sois sage.
- Bon aprem, marmonna-t-elle en retour.

Sois sage, sérieusement ? Elle observa sa mère se diriger vers la Cheminée en attrapant une poignée de poudre et disparaître dans de vives flammes vertes. Elle était tranquille pour l'après-midi ! Elle s'apprêtait à remonter dans sa chambre en emportant la boite de Plumes en Sucre quand la sonnerie de la porte d'entrée retentit. Oui, sa mère lui avait dit de ne pas ouvrir mais elle avait tout de même quinze ans. Elle n'était plus un bébé et il serait temps que ses parents le comprennent. Cassie jeta tout de même un coup d’œil au Judas avant de tourner la poignée. Ce n'était qu'Irving de toute manière. Tout en se demandant ce qu'il pouvait bien lui vouloir, elle déverrouilla la porte et tourna la poignée.

- Salut Irving ! Et....

Le jeune homme était accompagné d'une fille qu'elle avait déjà vue à Poudlard, de Serpentard, mais dont elle ne connaissait pas le nom. Ah si, ça y est ! C'était la fille de la pétition. Samantha Miller. Quand elle avait appris qu'un texte de ce genre circulait à Poudlard, elle s'était empressée de vouloir le signer. Si les potions étaient dangereuses, il suffisait de les retirer et d'en mettre d'autre même si elles coûtaient plus chères et réduisaient les marges de l'entreprise. Les Nimbus n'étaient vraiment pas à plaindre, elle le savait très bien, ils étaient de la même famille par alliance ! Évidemment, ses parents n'allaient pas vraiment aimer ce genre d'initiatives, alors elle n'en n'avait rien dit. Son père répétait bien assez souvent que Lawrence avait été très généreux de lui offrir ce poste alors qu'ils n'avaient aucun lien de sang. L'espace d'un instant, Cassandre se demanda si son père savait quelque chose sur les causes de la Consummeuse et s'il y était mêlé mais elle chassa rapidement cette idée de son esprit.

- Que puis-je pour vous ?

Sa mère avait tout fait pour qu'ils soient bien accueillis à la Cité. Elle était une femme qui savait toujours quelle attitude adopter dans n'importe quelle situation et elle était vite devenue la voisine idéale. Souriante, enjouée et généreuse. Elle faisait des tartes et des gâteaux pour les personnes âgées de la Cité, donnait des anciens jouets en excellent état, était toujours prête à aider ou à donner des recettes. Grâce à ses efforts, ils étaient appréciés dans le quartier. Elle avait forcé son père à jouer le jeu et elle l'avait même vu réparer une clôture l'autre jour, arguant que les sortilèges de bricolage, ça le connaissait. Son père n'avait jamais bricolé de sa vie mais il restait un excellent sorcier. Heureusement que son sort avait marché ! Bref, ses parents jouaient à la famille parfaite dans leur voisinage mais cela fonctionnait : ils étaient appréciés et on les saluait chaleureusement quand on les croisait. L'autre jour, pendant que sa mère avait invité des voisines à prendre le thé avait même dit qu'elle votait MIM mais qu'elle était désormais scandalisée par le renvoi de Cornélius, un homme si charmant ! Toutes les femmes présentes avaient acquiescé et Elizabeth avait dû cacher son sourire de satisfaction en allant rechercher des scones à la cuisine.

- Rentrez-donc, il pleut. Et non, pas de panique Irving, mes parents ne sont pas là, ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel et en s'effaçant pour les laisser passer.


   
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha se demanda ce qu'elle avait bien pu dire de si extraordinaire pour qu'Irving la regarde avec tant d'étonnement. Elle ne comprit que lorsqu'il précisa le nom complet de cette Cassie, qui était en réalité Cassandre Harper. Ah, forcément, elle aurait dû le comprendre toute seule ! C'était l'une de ses camarades de Poudlard, à qui elle avait fait signer la pétition. Mais elles n'appartenaient ni à la même maison, ni à la même année et n'avaient jamais eu affaire l'une à l'autre, aussi Samantha n'avait pas fait le lien. D'autant plus qu'elle trouvait assez étonnant qu'Irving et elle soient amis, connaissant la réputation de petite peste solitaire de Cassandre... Seul son accident de Laponie avait réussi à redorer quelque peu son image, puisque beaucoup d'élèves s'étaient sentis solidaires face à sa blessure grave. Quoi qu'il en soit, si Cassandre habitait dans la cité, cela devait être récent. Vivant ici depuis cinq ans, Sam connaissait tous les jeunes du coin, au moins de vue, et Cassandre ne pouvait pas être solitaire à ce point là...

"Ah oui, je me souviens ! Je n'avais pas réalisé que vous vous connaissiez, tout simplement. Je ne savais pas qu'elle habitait dans le coin !"

Irving lui répondit qu'elle était son amie, ce à quoi Sam répondit par un simple hochement de tête. Elle lui faisait confiance pour organiser tout ça, car elle-même n'était arrivé à rien toute seule pour l'instant. Il était déjà étonnant, vu son manque de charisme, qu'elle ait réussi à mobiliser tant de personnes. Sans doute compensait-elle par de la détermination et de l'acharnement ce qu'elle manquait en charme ! L'obsession était une qualité comme une autre quand il s'agissait de relations publiques, puisque Samantha se savait capable de pousser à bout quelqu'un jusqu'à ce qu'elle ait obtenu ce qu'elle voulait... Même si elle s'abstenait de le faire la plupart du temps, se contentant de s'exercer sur Lauren, quand elle n'avait pas sa batte à la main.

Sam se contenta donc de suivre Irving, qui l'emmena par un petit raccourcis qui les conduisit devant la maison des Harper. Sam ne savait pas grand chose de cette famille, si ce n'est qu'il s'agissait d'une famille de sang-pur et que le père n'était pas le genre de personnes qu'elle affectionnait particulièrement... Sans doute était-ce aussi le cas d'Irving, étant donné les instructions qu'il lui donna.

"C'est bon les petits fours pourtant", protesta-t-elle pour la forme, amusée.

Elle imita son camarade en abaissant sa capuche, et répondit à son clin d'oeil par un sourire. Samantha était encore en train de l'observer quand la porte d'entrée s'ouvrit sur Cassandre Harper, visiblement étonnée de les trouver là. Ou du moins de la trouver là, elle. Eh bien, c'était bizarre pour Samantha aussi de débarquer chez une amie d'Irving qu'elle ne connaissait pas dans le but de provoquer la révolution dans la cité... Enfin, ce n'était pas exactement ça, mais l'idée était là.

"Salut", répondit-elle en lui adressant un sourire un peu gêné.

Cassandre les invita à se mettre à l'abris, en précisant pour Irving que ses parents n'étaient pas là. Sam coula un regard curieux sur son camarade. Il y avait visiblement une histoire entre les parents d'Irving et le jeune homme, et elle avait bien envie de la connaître ! Mais elle était suffisamment bien élevée pour garder ses questionnements pour elle. Un peu intimidée, Sam laissa Irving entrer avant elle, fermant la porte derrière eux. Elle jeta un rapide coup d'oeil à l'endroit puis reporta son attention sur l'adolescente qui les recevait. Un silence plana un instant, suite auquel Sam comprit qu'Irving attendait peut-être qu'elle explique la raison de leur présence. C'était son idée, après tout... Mais le fait est qu'elle n'avait pas la moindre idée de la façon dont Cassandre allait leur être utile.

"Alors voilà", commença-t-elle en regardant Cassandre, "comme tu le sais, j'ai fait tourner une pétition à Poudlard et dans la cité au sujet de la Consumeuse. Si mes souvenirs sont exacts, je t'ai déjà dis les détails quand tu l'as signée..."

En quelques mois, Sam avait répété tant de fois son laïus qu'elle avait fini par le connaître par coeur, au point de pouvoir le réciter en dormant.

"J'ai donc obtenu un nombre assez conséquent de signatures, et Irving et moi voudrions maintenant l'envoyer. Aux dirigeants de Nimbus, bien sûr, mais aussi au ministère et à la presse..."

Elle glissa un regard incertain vers Irving. C'était une chose de faire pression sur les dirigeants de l'entreprise, c'en était une autre que de prendre à partie la population entière. Allaient-il lancer quelque chose dont ils ne comprenaient pas nécessairement les implications ? Samantha voulait un changement, bien sûr, elle le voulait plus que tout. Sa nature profonde se révoltait contre cette maladie et surtout contre ceux qui la laissaient se propager sans lever le petit doigt, mais... Enfin, ils n'étaient pas majeurs, aucun des trois. Ils n'étaient que des enfants qui voulaient changer le monde, comme tant d'autres avant eux. Sam n'était pas certaine d'avoir la maturité nécessaire pour mener à bien ce genre de projet.

Et pourtant, il était trop tard pour reculer. Elle voulait le faire, pour les autres ouvriers qui risquaient d'être atteints, pour Henri et pour Irving. Alors tant pis si elle devait en subir les conséquences plus tard ! Samantha redressa le menton et mit ses hésitations de côté, une bonne fois pour toutes.

"Irving pense que tu peux nous aider", conclut-elle en plantant son regard dans celui de la Gryffondor. "Je sais que ce n'est pas facile, pour un habitant de la cité, de s'engager dans une cause comme celle-là... Mais c'est important, Cassandre. Si tu peux nous aider...fait-le, s'il-te-plait."


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Contre toute attente, se fut Cassandre qui les accueillit sur le perron de sa maison. Irving tenta discrètement de regarder par-dessus la tête de la jeune-fille pour voir si les parents Harper étaient présents mais sa camarade lui rappela ses devoirs sans subtilité :

- Salut Irving ! Et....

-Euh, Sam’, lâcha-t-il en désignant la Serpentard, Samantha Miller. Une copine de la Cité, précisa-t-il avant de se tourner vers elle pour lui présenter Cassandre à son tour, bien que cela soit parfaitement inutile.

Les deux jeunes filles s’étaient déjà croisées pour l’histoire de la pétition mais apparemment, elles ne se connaissaient pas plus que ça. En découvrant l’air gêné de Samantha lorsqu’elle salua la Gryffondor, Irving ressentit une légère appréhension. Et si Cassie refusait de les aider ? Et pire, si elle se montrait exécrable avec Sam’ ? Le jeune homme savait pertinemment qu’elle pouvait être particulièrement odieuse lorsqu’elle l’avait décidé. Il en avait déjà fait les frais. Néanmoins, elle était signataire de la pétition –contrairement à ses parents- alors il y avait une petite chance qu’elle estime, un minimum, leur camarade vert et argent. Il devait essayer. Ca ne coutait rien.
S’attendant à voir Mme Harper débouler d’un instant à l’autre avec ses pâtisseries maison, Irving s’apprêtait à inviter Cassandre chez lui lorsque cette dernière précisa que ses parents étaient absents.

« Ah cool, souffla le gryffondor réellement soulagé avant de se rendre compte de sa boulette, Euh, tu remercieras ta mère de la part de ma mère. Ses scones étaient super bons. » ajouta-t-il pour se rattraper en esquissant toutefois une légère grimace.

Merlin, voila pourquoi ils avaient besoin de quelqu’un qui savait manier les subtilités du langage. Irving était plein de bonne volonté mais il savait qu’il n’était pas un bon orateur. Il pouvait parler avec passion mais ses discours étaient déconstruits et décousus. De plus, lorsqu’un sujet lui tenait à cœur, il suffisait qu’on le contredise pour qu’il s’emporte, ou pire, qu’il boude… Non, il ne pouvait décemment pas assumer le statut de porte-parole de leur cause, contrairement à Cassandre.

Alors que cette dernière venait de les faire rentrer dans le salon, Irving sortit la pétition de sous sa veste en laissant Sam’ replacer le contexte pour expliquer leur venue. Lorsqu’elle évoqua le fait d’envoyer le texte aux De Pompadour et à la presse, il guetta la réaction de Cassandre. Etait-elle favorable à ce genre de méthodes ou allait-elle s’offusquer ? Ou pire, en rire ? Si elle osait se moquer de cette initiative, Irving en serait profondément vexé, aussi, il enchaina immédiatement afin de ne pas subir les éventuelles railleries de sa camarade :

« Ecoute Cassandre, j’sais qu’ça peut paraitre complètement débile. J’sais qu’on est qu’deux gamins, qu’on n’sera probablement pas prit au sérieux face aux fabricants de balais. Je sais tout ça. Mais c’est pas une raison pour rester sans rien faire et tolérer c’qui s’passe dans l’Usine, ajouta-t-il avec conviction.

Il pointa alors un doigt accusateur en direction de fumées grises qui s’échappaient des hautes cheminées avant d’ajouter, le regard noir :

« Ces merdes tuent des gens. Peut-être qu’en ce moment même, quelqu’un est en train d’mourir parce que ces putains d’dirigeants sont pas capables de prendre leurs responsabilités ! s’emporta-t-il subitement, Quant j’vois De Pompadour qui ose se pointer à l’enterrement de mon père pour dire combien c’était un bon ouvrier qui faisait bien son travail… Et vas-y qu’j’te passe d’la brosse à reluire pour qu’on ferme notre bouche, cracha-t-il avec amertume.

Il secoua la tête de gauche à droite et croisa les bras, dépité :

« Et t’sais pas l’pire…, souffla-t-il en rivant ses pupilles dans les yeux clairs de Cassandre, Il nous file du fric. Du fric. « Pension de Veuvage », qu’il dit. Comme si ça pouvait compenser. Comme si ça pouvait racheter sa faute. »

Tous les éléments s’imbriquaient subitement dans l’esprit du Gryffondor. Il était resté pendant un mois dans un état de léthargie mais c’était fini. La pétition avait agit comme un déclic le sortant de sa torpeur. Alors certes il mélangeait tout : La cause pour laquelle il voulait se battre, la mort de son père, son ressenti pour De Pompadour,… mais pour lui, tout était lié.

« Les dirigeants s’foutent de notre gueule et en plus ils nous insultent en pensant qu’on est corruptible. Y a pas moyen. C’est pas des sous qu’on veut ! C’est nos parents. » souffla-t-il avant de s’interrompre brusquement.

Merlin, il n’allait quand même pas se mettre à chialer dans le salon des Harper ! Déterminé à ne pas craquer, il serra la mâchoire et croisa les bras sur son torse sans quitter des yeux Cassandre. Il devait se calmer. Laisser retomber la pression. Poser les choses.

Heureusement, Samantha vola à son secours en recentrant la conversation sur l’objet de leur visite.

"Irving pense que tu peux nous aider",
précisa-t-elle.

Il était tellement occupé à cracher sa haine qu’il avait même oublié d’expliquer à Cassie en quoi elle pouvait jouer un rôle déterminant dans leur entreprise. Après avoir inspiré plusieurs fois pour retrouver un rythme cardiaque normal, il décroisa les bras et exposa son point de vue :

« Toi, tu sais parler. Tu sais ce qu’il faut dire et comment le dire. Tu t’laisses jamais démonter ! Si on envoie cette pétition à la presse, il faut qu’on ait quelqu’un qui puisse la défendre, quelqu’un qui puisse argumenter. Sam est assez déterminée et débrouillarde pour nous dégotter des dizaines de contacts, j’en suis sûr, révéla-t-il, mais on a besoin d’un porte-parole,….Et c’est là que tu interviendrais. » conclut-il en jouant carte sur table.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Oui, elle avait signé la pétition. Quand Miller s'était présentée devant elle, cela lui avait paru une évidence. Et pourtant, elle ne l'avait pas crié sur les toits ou annoncé à sa parents, qui n'auraient sûrement pas compris. Ils étaient là, à l'enterrement, mais si conflit il devait y avoir, ils se rangeraient du coté des Nimbus, elle le savait parfaitement. Parce qu'ils leur étaient redevables, parce qu'ils appartenaient à la même famille et surtout parce qu'ils appartenaient au même monde. Parce que même si ses parents faisaient tout pour s'intégrer, s'ils pouvaient partir un jour, ils le feraient sans un regard en arrière. Tout simplement parce qu'ici, ce n'était pas leur monde. Son père était né dans un agréable manoir du New-Hampshire et il avait très vite appris à fréquenter les sorciers les plus importants. Tout comme sa mère, qui était née chez les Bones, une famille qui s'était toujours illustrée aux hauts postes de la société sorcière. C'était la première fois qu'ils fréquentaient des milieux ouvriers et ils pouvaient jouer les bons voisins tant qu'ils voulaient, ils n'aimaient pas vivre ici. Et même s'ils compatissaient à tous ces décès, ils se rangeraient du coté de Nimbus, bien évidemment. Alors elle n'avait rien dit. Elle n'avait pas parlé de la pétition. Elle même ne savait pas trop où se ranger. Les Nimbus de Pompadour étaient dans sa famille par alliance, elle ne les connaissait pas tant que cela. Et elle n'appréciait pas vraiment le quartier non plus, même si elle avait finit par s'y faire. Mais elle n'arrivait pas à concevoir qu'on laisse mourir des gens sans réagir, peut-être parce qu'on avait pas le courage d'affronter la réalité et les conséquences de ses actes et de ses choix. Et ça, ça la scandalisait. Et elle refusait de baisser les yeux en se disant qu'elle allait passer pour une ingrate, elle voulait que les gens et que les Nimbus de Pompadour affrontent la situation avec dignité et courage, sans se terrer comme des couards au fond de leur maison. Envoyer une pétition à la presse ? C'était le meilleur moyen de les forcer à réagir et cela aller créer un scandale, évidemment. Et ce moment-là serait décisif. Les Nimbus de Pompadour saisiront-ils le moment pour s'illustrer brillamment, en retirant les potions avec pertes et fracas et en instaurant de nouvelles, testées et non toxiques ? Ou se défileraient-ils ? Quoi qu'il en soit, ils seraient forcés de réagir. Et elle aimait cette idée. Parce qu'elle ne voulait pas penser que personne n'avait essayer de changer la donne.

Parce qu'Irving, qui s'emportait sous ses yeux, avait plus que raison. On ne pouvait pas laisser quelque chose comme cela se passer, sans réagir. C'était juste inconcevable. Elle n'était pas concernée directement, certes. Et alors ? Ce n'était pas une raison de se défiler et de faire comme si elle ne voyait rien. Le père d'Irving était mort de ça. Et il y en avait eu plein d'autres et il y en aurait sûrement plein d'autres. C'était moins impressionnant qu'une bataille comme Poudlard en 1998, certes, mais contrairement à la bataille, la Consummeuse avait tué plus d'une cinquantaine de personnes, au fur et à mesure des années. Et personne ne bougeait. Sauf Samantha Miller. Sauf Irving. C'était le moment, c'était le moment de faire quelque chose et de participer à quelque chose de juste, qui en valait la peine. Elle n'avait pas quitté Irving des yeux, pendant qu'il parlait. La mort de son père ne l'avait pas rendu apathique, au contraire. Et elle se doutait bien qu'il trouvait dans ce projet un certain soulagement, une échappatoire. Et c'était courageux aussi, comme l'avait dit Miller. Parce que les Nimbus de Pompadour ne pouvaient pas laisser l'agitation se propager chez leurs ouvriers, c'était trop dangereux pour la tranquillité de la Cité. Et elle avait aussi à y perdre, mine de rien. Pas personnellement. Mais ses parents pourraient y perdre.

- Venez donc vous assoir. Et retire moi ces chaussures dégoûtantes, Whitaker, je ne veux pas de boue sur mon tapis, ajouta-t-elle en tournant les talons pour se diriger vers le canapé.

Elle allait commencer à devenir comme sa mère, c'était effrayant. Mais elle avait dit cela pour gagner du temps, pour ne pas répondre tout de suite à la proposition d'Irving. D'un coté, elle comprenait sa colère, elle partageait son sentiment d'injustice et son envie d'agir. Mais de l'autre, les paroles de son père concernant les Nimbus de Pompadour lui restaient en tête. Ils étaient redevables à Lawrence. Et participer à un mouvement contre eux serait comme planter une fourchette dans la paume de votre hôte. C'était malvenu et hypocrite et l'idée de faire cela la dérangeait. Et puis, qu'est-ce qu'elle allait dire à ses parents ? Qu'en penserait le reste de la famille ? Qu'elle n'était qu'une petite ingrate mal élevée. Agir ainsi, c'était condamner ses propres parents qui avaient déjà des problèmes depuis le renvoi de son père. C'était exposer les Harper, qui cherchaient à se faire discrets dans le haut monde depuis Août. Et de quoi aurait-elle l'air, à devenir la porte-parole d'un mouvement ouvrier, à quinze ans ? Cassandre Eleanor Harper, la fille de l'ancien Directeur du Département de la Coopération Magique Internationale ? La propre cousine des Nimbus de Pompadour ? C'était ridicule.

- Irving... Je comprends ce que tu veux mais...

Mais quoi ? Mais j'ai trop peur de ce que va dire ma famille ? Je n'ai pas envie d'être mise au banc de ma famille en plus de celui de l'école ? Mais je n'assume pas que je suis d'accord avec toi ? Comment pourrait-elle avouer ça, devant lui, qui semblait tant animé par ce projet ? Comment pourrait-elle décemment avouer qu'elle ne pouvait pas s'opposer à quelque chose de meurtrier, par peur du regard des autres ? Elle ne pouvait pas, elle n'en n'avait tout simplement pas le droit. Parce qu'elle n'était pas la seule concernée. C'était quelque chose de bien plus grand que son confort personnel, de bien plus important. Elle n'avait jamais reculé devant rien, elle s'était toujours forcée à avancer, quoi qu'il arrive. Elle avait toujours revendiqué ses opinions haut et fort, quitte à ne pas être appréciée à l'école à cause de son attitude. Elle n'avait jamais caché ce qu'elle pensait et l'avait toujours assumé. Et là, aujourd'hui, alors que c'était quelque chose de bien plus important, elle reculerait ? Et comment pourrait-elle se regarder en face, après ? Elle en voulait aux Nimbus de Pompadour de fuir le sujet mais se défilait par crainte des autres ? Et depuis quand est-ce qu'elle avait peur des autres, au juste ? Elle n'était pas ses parents. Ses actions, ses choix, elle était assez grande pour les faire seule. Ils ne la soutiendraient pas, elle le savait. Tant pis. Ils essayeront de prétendre auprès du reste de la famille que ce n'était qu'une crise d'adolescence, elle le savait aussi. Tant mieux pour eux, s'ils sauvaient les apparences. Mais elle, si elle voulait pouvoir se regarder en face, elle ne pouvait pas reculer. C'était plus difficile qu'à Poudlard, certes. Plus impressionnant, aussi. Mais plus passionnant. C'était un autre défi, c'était une cause, une vraie cause à défendre. C'était l'occasion de montrer qu'elle était un peu plus que la petite peste de Gryffondor, l'occasion de réaliser quelque chose d'important, dont elle pourrait être fière, pour de bonnes raisons. Son père voulait qu'elle s'engage en politique, qu'elle le remplace au Ministère, qu'elle montre aux autres de quoi une Harper était capable. Et bien c'était le moment. Pour la justice, pour la sécurité des ouvriers de la Cité, pour Irving. Et pour elle aussi.

- Mais il faudra s'organiser très clairement pour être pris au sérieux.

C'était une pente glissante, un chemin sinueux. Mais c'était le sien. Et c'était son choix. Elle adressa un sourire à Irving et un autre à Samantha.

- J'en suis. Pour commencer, deux choses. Je suis vaguement de la famille des Nimbus de Pompadour - toutes les familles de Sang-Pur sont parentes de toute manière - alors ne soyez pas surpris et ne criez pas à la trahison si vous l'apprenez plus tard. Ensuite, aucun d'entre nous n'est majeurs, on va pas vraiment être pris au sérieux. Il faudra un dossier indémontable et un sacré cran parce que c'est pas comme à Poudlard ou tu débats des chances de Poufsouffle de gagner la victoire. Si cette pétition est envoyée, il faudra faire face à toute l'industrie Nimbus, leurs avocats et leurs attachés de presse et à des opposants adultes et sérieux.

Plus elle énonçait cela, plus elle se rendait compte de l'ampleur de la tâche. Affronter une compagnie comme Nimbus. Qui ferait sûrement tout pour étouffer l'affaire, quitte à utiliser tous les moyens à leur disposition. Y compris les postes de leurs parents. Et si elle voulait que son père conserve son emploi, elle devait faire en sorte qu'il s'oppose à elle. Cela ne serait pas bien difficile, il ne validerait pas ses convictions. Mais elle devait faire qu'il soutienne Nimbus, que son image à lui ne soit pas entachée. Cela allait être quelque chose de difficile. Mais elle connaissait assez bien son père pour savoir comment faire. Mais pour Irving et Miller...

- Nimbus ne vas pas apprécier, vous vous en doutez. Vos parents travaillent là-bas. Ils risquent de perdre leur emploi. Et il faudra avoir cela en tête. Et si vous voulez, et si on veut pardon, avoir une position solide, il faudra avoir un dossier indémontable.


Il fallait prouver que les potions étaient dangereuses, les faire analyser. Cela coûtait cher et s'ils le faisaient eux-même, Nimbus crierait à la diffamation et sortirait un contre-rapport. Il fallait que l'entreprise le fasse elle-même et pour cela, elle devait être acculée par l'opinion publique. Après tout, si les potions ne sont pas dangereuses, pourquoi refuser de faire des analyses ? Cela allait être un combat de communication. Et la communication et les mots, elle maitrisait.

- Il va falloir frapper fort. Tous les journaux doivent recevoir la pétition, ainsi que les stations de radio. Si la Gazette refuse, on enverra une note aux autres pour qu'ils spécifient qu'elle n'a pas publié sciemment cette pétition. Les journaux adorent se taper dessus et cela montrera qu'ils sont partiaux et leur retirera du crédit s'ils essayent de défendre Nimbus. Il faut faire une sorte de brochure qui sera distribuée à tous les habitants de la Cité, pour qu'ils soient au courant même s'ils n'ont pas signé. Il va falloir recueillir des témoignages de gens ou de familles touchées par la Consummeuse, pour alerter l'opinion publique.

Elle avait parlé vite, énonçant au fur et à mesure les idées qui lui venaient à l'esprit.

- Je sais que tu ne vas pas aimer cette méthode, Irving, mais entre le discours technique et le témoignage poignant d'une famille, qu'est-ce que tu crois que les gens vont retenir ? La seule arme qu'on peut avoir dans ce combat, c'est la pression populaire. Sans ça, nous n'avons rien. Et l'opinion publique, il n'y a pas trente-six solutions pour la ranger de son coté.

Et voilà qu'elle parlait comme son père, désormais. Soupirant, elle jeta un coup d’œil interrogateur à Irving et Miller.

- Si on s'engage dans cela, on ne pourra pas reculer. Si on provoque Nimbus, il va falloir gagner. Il n'y aura pas d'autres solutions. Cela va être long et plus que difficile. Là, ce que vous voulez engager, c'est une guerre, ni plus ni moins. Et tous les moyens seront bons. Des deux cotés. Cela sera d'une ampleur que je ne peux moi-même pas imaginer. Ce n'est pas quelque chose à prendre à la légère, sur un coup de tête. Ce qu'on va jouer là sera décisif..


   
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Suivant les instructions de leur hôte, Samantha ôta ses chaussures mouillées et se dirigea vers le canapé du salon, où elle s'assit à côté de Cassandre. Silencieuse, elle médita les propos passionnés d'Irving quelques instants plus tôt. Elle était d'accord avec lui sur toute la ligne, bien sûr, et comprenait bien qu'il y avait de quoi trouver hypocrite l'attitude des dirigeants. Aller aux enterrements des ouvriers décédés, offrir une pension de veuvage...mais refuser toute expertise, refuser toute action concrète contre la Consumeuse ? C'était intolérable, c'était indigne, comme elle en était persuadée depuis de longs mois. Malheureusement, la jeune fille avait beau comprendre et embrasser cette cause, elle n'en restait pas moins effrayée par les conséquences de leur action. Et si elle se sentait prête à rédiger et envoyer une pétition pour tenter de faire bouger les choses et d'éveiller les consciences, elle n'avait absolument pas la même conception des choses que cette Cassandre Harper.

Sam répondit à son sourire quand elle accepta de les aider, mais perdit vite son enthousiasme à mesure du petit discours de la jeune fille. Oh, elle comprenait maintenant pourquoi Irving avait tenu à venir lui parler. C'était vrai, elle maîtrisait bien les mots, elle savait manier le verbe, d'une façon qui impressionnait la jeune Serpentard. Elle-même n'avait jamais été capable de faire ça, de captiver un auditoire. Cassandre serait une alliée de poids, Irving avait raison. Aux yeux de Sam, le fait qu'elle soit liée à la famille des Nimbus de Pompadour était d'ailleurs un avantage plus qu'un inconvénient. Cela montrerait que leur cause n'était pas uniquement celle des simples ouvriers. Cela dit, c'était peut-être à cause de leurs situations familiales différentes que sa camarade pouvait dire sans sourciller des choses comme "Vos parents travaillent là-bas. Ils risquent de perdre leur emploi. Et il faudra avoir cela en tête.". Mais Samantha, elle, n'avait pas un père habitué des emplois haut-placés, avec suffisamment de relations et d'argent pour se sortir honorablement d'une perte d'emploi. L'adolescente sentit un frisson très désagréable l'envahir à mesure que Cassandre parlait, tiquant sur la fin de son discours. Une guerre, quelque chose à ne pas prendre à la légère... Un engagement total, jusqu'à la fin, elle en aurait été capable dans d'autres circonstances, elle en était persuadée. Donner de sa personne, en dépit des conséquences, pour une cause en laquelle elle croyait sincèrement, ne lui faisait pas peur. Elle se savait suffisamment obstinée et prompte à se jeter à corps perdu dans une entreprise ou une autre. Ce n'était pas le problème, elle avait déjà accepté de sacrifier son stage de l'été, et peut-être même sa carrière future, chez Nimbus à cause de sa pétition. Mais ce que Cassandre suggérait allait bien au-delà de son engagement personnel, pour toucher sa famille. Et cela, elle ne pouvait pas l'accepter.

Une fois le discours de Cassandre achevé, Sam avait baissé le regard sur ses mains, jouant distraitement avec la bague qui ornait un de ses doigts. Elle avait tellement envie de se laisser contaminer par l'enthousiasme fiévreux d'Irving et par la logique implacable de Cassandre. C'était en accord avec ce qu'elle croyait, et c'était grisant, au fond. Elle avait envie de faire partie de ce mouvement, d'avoir l'impression d'être utile, d'avoir fais bouger les choses. Elle voulait pouvoir être fière d'elle et de ce qu'ils avaient accompli. Autre motivation, bien que de moindre importance, elle avait envie qu'Irving soit fière d'elle, mais... Elle ne pouvait pas.

"Non", lâcha-t-elle brusquement.

Se mettant sur ses jambes, elle fit quelques pas nerveux dans le salon, avant de se retourner vers ses deux camarades pour leur faire face.

"Je suis désolée, mais non. J'admire votre passion et votre courage à tous les deux, de vrais Gryffondor, mais... Vous...vous vous engagez sur un terrain sur lequel je ne pourrai pas vous suivre. Oui, j'ai rédigé cette pétition, oui, j'ai démarché des sorciers pendant des mois pour obtenir ces pétitions, mais cela n'engageait que moi. Il s'agissait juste de donner un coup de pied dans la fourmilière, pour que les consciences s'éveillent et que le problème soit enfin reconnu. Je veux qu'on en parle dans les journaux, que le lien entre les potions et la maladie soit étudié et pris au sérieux, je veux que Nimbus accepte enfin d'en parler. Je veux que la Consumeuse soit enfin à l'ordre du jour."

Croisant ses bras en une attitude défensive, elle prit une profonde inspiration, sentant ses joues se mettre à rougir sous le coup de l'émotion.

"Mais je ne peux pas accomplir ça toute seule, enfin", finit-elle par reprendre, en secouant la tête avec incrédulité. "Pardon, deux autres adolescents et moi. Quelle équipe de choc..."

Un petit rire ironique lui échappa, et elle ajouta :

"Je ne dis pas que nous ne pouvons rien faire, bien sûr. Mais nous n'avons pas les épaules pour mener une guerre seule contre Nimbus, leurs experts, leur batterie d'avocats ! Je veux que cette pétition soit lue et connue pour que d'autres puissent se saisir du problème, et défendre les ouvriers. D'autres, des adultes, des médecins, des maître des potions, des avocats, des journalistes. Des personnes à l'expertise reconnue, qui sauront quoi faire, comment le faire et quand le faire."

Sam s'interrompit et se mordit la lèvre inférieure avec hésitation. Allait-elle leur révéler la véritable raison de sa réticence ? Elle ne connaissait pas Cassandre, et se moquait bien de ce qu'elle pouvait penser d'elle. En revanche, elle savait qu'Irving serait déçue de son comportement... Poussant un soupir de frustration, Sam reporta son attention sur ses interlocuteurs, partagée.

"Ecoutez, je vous suivrais les yeux fermés si cela n'engageait que moi, si je n'avais rien d'autre à perdre qu'un hypothétique avenir dans l'industrie du balai. Nimbus n'est pas la seule entreprise du marché, après tout, même si c'est la plus influente... Et puis ils ne peuvent pas grand chose contre moi. Mais ce que tu suggères, Cassandre, va plus loin. Lancer une véritable guerre contre Nimbus, je n'en suis pas capable, tout simplement parce que cela n'engage pas seulement mon avenir mais également celui de mon tuteur."

L'image d'Henri s'imposa dans son esprit et elle sut qu'elle n'avait pas le choix.

"Henri a toujours vécu dans la cité, il ne connait rien d'autre. Si on fait ça, il risque de tout perdre. Son emploi, sa maison, sans mentionner ses amis dans l'entreprise. Il n'est pas riche, il n'a pas de grosses économies et il ne va pas en se rajeunissant. Je ne sais vraiment pas ce qui se passerait s'il perdait son emploi, et je ne tiens pas à le savoir. Je ne peux pas lui faire ça, je suis désolée, mais je lui dois trop. Je ne peux pas l'exposer à tout ça. A la base, c'était pour lui que je me suis lancé à l'attaque de la Consumeuse... C'est en partie pour lui que je veux lancer cette pétition et faire bouger les choses. Mais je ne prendrai pas le risque de bouleverser sa vie en me lançant dans une croisade solitaire contre les dirigeants de l'entreprise. Je n'en ai pas le droit."

Sam revint auprès de ses deux camarades et se laissa tomber à côté d'Irving, se sentant frustrée et malheureuse. Elle n'aspirait qu'à suivre les deux Gryffondor, mais Cassandre lui en demandait trop.


HRP : sorry, ça ne va pas trop avec ce qu'on a prévu, mais je devais rester fidèle à mon Serpentard de personnage... Cassandre lui a fait peur What a Face


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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« J’en suis »

Il n’en fallut pas plus pour redonner le sourire au Gryffondor. Il darda d’ailleurs un petit regard complice en direction de Sam’ avant de reporter toute son attention sur Cassie afin d’écouter son discours. Il ne s’était pas trompé sur son compte. Il pouvait compter sur elle, la preuve, elle établissait d’hors-et déjà un vrai plan d’action. Prévenir les radios, faire jouer la concurrence entre les journaux, concevoir des brochures. Irving n’avait pas pensé à tout cela et il devait avouer que c’était d’excellentes idées. Néanmoins, son sourire s’effaça lorsque Cassandre évoqua l’idée de médiatiser des victimes de la Consumeuse. Son amie ressemblait tellement à son père lorsqu’elle disait cela. Quelques mois plus tôt, lorsque les agents des services abusifs de la magie étaient venus ici, c’était Cornélius qui avait menacé d’utiliser l’image innocente de sa fille pour les faire chanter. Irving n’aimait pas du tout ce procédé. Il n’avait pas envie que l’on instrumentalise la souffrance ou le chagrin des gens pour faire du markéting. Ce n’était pas …éthique.

« Ok pour tout, sauf pour ça. » souffla-t-il catégorique en posant ses deux coudes sur ses genoux.

- Je sais que tu ne vas pas aimer cette méthode, Irving, mais entre le discours technique et le témoignage poignant d'une famille, qu'est-ce que tu crois que les gens vont retenir ? La seule arme qu'on peut avoir dans ce combat, c'est la pression populaire. Sans ça, nous n'avons rien. Et l'opinion publique, il n'y a pas trente-six solutions pour la ranger de son coté.

Il devait admettre que Cassandre avait raison mais il ne pouvait se résoudre à mettre en place tout ce que cela sous-entendait.

« Franchement Cassandre, je ne me vois pas organiser un casting des malades de la consumeuse pour savoir lequel va apitoyer le plus de monde. Je ne peux pas et je ne veux pas faire ça. » ajouta-t-il en secouant la tête de gauche à droite, après, si des gens viennent nous trouver spontanément, pourquoi pas... mais bon…» Il laissa la fin de sa phrase en suspens, trop mal à l’aise avec cette éventualité.

Cassie lui expliqua alors que tous les coups seraient permis, sous-entendant que les avocats Nimbus ne se priveraient pas pour les expédier plus bas que terre à la première occasion. Une fois encore, le Gryffondor était forcé de constater que son amie avait raison. Dépité, il passa une main lasse dans ses boucles brunes et tenta de rassembler ses pensées. C’est vrai qu’ils ne devaient pas se lancer dans ce projet à la légère. Ils s’engageaient dans quelque chose qui serait long, éprouvant et dont les conséquences n’étaient pas sans risques. Un chemin semé d’embuches où il faudrait être solide. D’ailleurs Irving ne se serait jamais lancé dans une telle aventure quelques mois plus tôt, tout simplement parce qu’il ne s’en serait jamais cru capable. Mais aujourd’hui, il avait l’impression d’être invincible… ou peut-être inconscient. Il ne savait pas trop à vrai dire, mais en tout cas, il avait envie d’essayer. Ce qui ne semblait pas être le cas de Samantha qui se leva brusquement du canapé sur lequel ils étaient installé comme pour se désolidariser de leur petit groupe.

« Non. »

Irving leva un regard interrogateur vers l’instigatrice de la pétition qui semblait complètement dépassée par l’ampleur de son propre projet. Sam révéla alors qu’elle ne se sentait pas d’attaque à s’opposer face à une batterie d’experts et d’avocats, ce qu’Irving comprenait très bien.

« On s’ra pas tout seul Sam ! Intervint-il en attrapant la pétition qu’il avait posé sur la table de basse du salon, J’veux dire, je sais très bien qu’on est que des gamins et qu’on a pas les capacités pour lutter contre des gars qui ont ASPIC +10 ! C’est pas l’but. Nous on est juste l’étincelle, on met le feu aux poudres si tu préfères. On attire l’attention de gens plus compétents qu’nous pour qu’ils défendent notre point d’vue... »

Le gryffondor se leva pour rejoindre la jeune fille et se posta devant elle en pointant un nom au milieu des signataires du parchemin :

« Adamson. La prof de potions de Poudlard a signé ta pétition. Même si c’est ta directrice de maison, elle n’a pas mi son nom sur ce document juste pour te faire plaisir ! Si elle l’a fait, c’est parce qu’elle croit en ce que tu as rédigé et qu’elle estime qu’elle doit participer à la défense de cette cause. J’suis sûr qu’si on la sollicite, elle f’ra pas machine arrière. »

Le jeune homme fit une pause, cherchant à capturer le regard de Samantha avant de poursuivre :

« Nous aussi on a nos experts, sauf qu’ils ne l’savent pas encore… ajouta-t-il en esquissant un léger sourire, Notre boulot, c’est d’aller les voir et de leur parler d’ta pétition. On va pas élever des barricades sur la Grand’Place ni faire une grève de la faim… précisa-t-il pour détendre l’atmosphère, On va juste faire parler de ton texte pour que d’autres s’en emparent. Rien d’plus. Hein Cassandre ?» ajouta-t-il en se tournant vers sa camarade.

Il espérait d’ailleurs que la Gryffondor irait dans son sens et qu’elle ne tiendrait pas un discours trop alarmiste. Ils avaient besoin de tout le monde pour espérer mener ce projet à bien et Irving ne se voyait pas continuer le combat sans Samantha. Pourtant, il comprenait son inquiétude lorsqu’elle évoquait Henri. Il partageait ses craintes. Totalement. Alors qu’un mois plus tôt, il s’était juré de veiller sur Vivianne, voila qu’il s’apprêtait à l’entrainer, malgré lui, dans quelque chose qu’il ne maitrisait pas totalement. Pourtant, Irving estimait qu’il serait logique qu’elle soit de leur côté. La consumeuse ayant emporté son mari, il ne pouvait pas en être autrement. Malheureusement, le Gryffondor n’avait pas vu la signature de sa mère dans la pétition, contrairement à celle de M.Garisson.

« Sam’, tu sais très bien qu’Henry te soutient, lacha-t-il pour lbalayer les inquiétudes de sa camarade, S’il n’avait pas été d’accord avec toi, il aurait pas mit son nom là-dessus, Et puis, Nimbus ne peut pas virer nos parents juste à cause de nous. Les ouvriers de l’Usine ne laisseraient jamais faire ça. conclut-il catégorique. Jamais. »

Le Gryffondor rejoignit le canapé et se laissa tomber dessus avant d’être rejoint par Samantha. Les coudes appuyé sur ses genoux, il déposa sa tête sur ses mains jointes avant d’observer la mine triste de sa camarade durant quelques secondes. Il n’aimait pas voir les gens dans cet état là par sa faute. Qui était-il pour l’obliger à s’investir dans une telle cause ? Après tout, Sam’ était libre de faire ses choix par elle-même et il n’avait pas à la brusquer de la sorte…

« Enfin… Bon. Si tu l’sens pas, on peut pas décider à ta place, souffla-t-il subitement en posant une main sur le dossier derrière elle après s’être tourné dans sa direction, j’veux pas t’forcer la main. On peut s’débrouiller tous les deux avec Cassie, Euh Cassandre, rectifia-t-il en dardant un regard craintif en direction de la Gryffondor assise en face de lui,…Fin bref. Si tu nous laisses utiliser ta pétition, on t‘embêtera plus avec ça, lança-t-il sur un ton décidé, Même si j’t’e cache pas qu’j’préférais mille fois qu’tu sois avec nous dans cette histoire. » finit-il par dire avant d’esquisser un sourire sincère.


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre ne connaissait pas Samantha Miller mais était partie du principe qu'étant donné qu'elle était à la base du projet, elle était forcément pour. Mais visiblement, elle s'était trompée. En voyant la Serpentard se relever brusquement, Cassie ne put retenir un froncement de sourcil. Bon, peut-être qu'elle avait tendance à s'emporter un peu vite, surtout quand elle parlait, ce devait être le coté fille de politique qui faisait ça, mais elle ne comprenait pas la réaction de Miller. Elle l'écouta lancer tout ce qu'elle avait sur le cœur, d'abord avec défiance, puis en comprenant mieux la situation après. Après tout, Samantha avait raison sur plusieurs points. Et ce qui pouvait arriver à sa famille était aussi ce qui avait provoqué quelques retenue chez elle au début. Sauf qu'elle connaissait suffisamment son père pour savoir qu'il saurait louvoyer pour assurer les Nimbus de Pompadour de son soutien, indéfectible et que sans s'en prendre à sa fille, il saurait mettre ça sur une attitude rebelle de l'adolescence, saupoudrant le tout de quelques anecdotes de son adolescence à lui, soi-disant rebelle aussi. Oui, Cornélius avait été à Serpentard et ce n'était pas pour rien. Mais elle ne connaissait pas le tuteur de Miller, elle se demandait d'ailleurs pourquoi elle avait un tuteur mais ce n'était pas la question. Elle ne connaissait pas la jeune fille et se tut donc pour laisser Irving prendre la parole. Après tout, c'était lui qui l'avait amenée, il devait la connaître et savait quoi faire. Elle, si Samantha ne suivait pas, ce n'était pas vraiment son problème. Ce n'était même pas son idée à la base et elle n'irait pas soutenir le projet toute seule, si tout le monde se défilait. Elle voulait bien s'engager pour une cause importante mais à quinze ans et seule, cela lui paraissait un peu difficile.

- Je refuse de toute manière de monter des barricades, je ne fais pas de magie en dehors de l'école, du moins plus - n'est-ce pas Irving ? - et je refuse d'empiler des pierres toutes dégoûtantes. J'ai passé l'âge des jeux de constructions.

Elle avait dit ça pour aller dans le sens d'Irving mais elle n'en pensait pas moins. Évidemment qu'ils n'allaient pas monter des barricades ou faire une grève de la faim ! Mais elle avait l'impression que Miller ne saisissait pas toute la teneur des choses. Peut-être qu'elle se laissait emporter, c'était une possibilité aussi, mais elle savait très bien que Nimbus ne laisserait pas passer une telle pétition et qu'il réagirait. On ne pouvait pas se contenter de lancer un caillou dans la mare avant de se sauver. Il attaquerait peut-être pour diffamation, trainerait les auteurs dans la boue, bref, il ne laissera pas les choses se passer comme ça. Et même si la pétition était reprise par d'autres, Miller restait à initiative de ce projet. Et en sera donc considérée comme l'une des meneuses, même si elle se retirait après l'avoir publiée. C'était assez... Serpentard comme attitude d'ailleurs. Commencer quelque chose et se retirer avant que cela ne prenne plus d'ampleur. Mais Cassandre se tut, par respect pour Irving et aussi parce qu'elle comprenait les craintes de Miller, même si elle avait du mal à imaginer que ça puisse la pousser à abandonner. Certes, elle était acharnée de nature et avait tendance à toujours faire les choses en grand. Mais cela ne posait visiblement pas de problèmes à Irving, même s'il avait tiqué sur la médiatisation, comme elle l'avait prévu. Elle n'avait pas insisté, sachant ce qu'il en pensait mais elle n'oubliait pas cette technique. Elle était plus qu'efficace, cela avait été montré encore et encore. Et même si elle n'était pas très éthique, elle concevait très bien, la fin justifiait les moyens. Assez ironique, comme pensée, surtout que Miller venait de la qualifier de "vraie Gryffondor". Elle devait être une sorte de Gryffondotard. Ou de Serpendor. Mais bref, passons. Elle s'apprêtait à affirmer que c'était dommage que Miller abandonne ainsi, quand elle tiqua sur un mot d'Irving. Cassie. Il venait de l'appeler Cassie. Jusqu'à présent, il n'y avait que ses parents pour l'appeler ainsi, ou sa famille. Évidemment, il l'avait fait durant les vacances de Noël, mais c'était pour la contrarier. Là, c'avait été... spontané. Et c'était bien le plus étrange. Il avait rectifié, après l'avoir regardée, mais le fait était là. Et elle ne savait pas vraiment comme le prendre. C'était positif, sûrement. Et mine de rien, cela lui avait fait plaisir.

- Cassie, lança-t-elle à Irving, en posant son regard sur lui.

C'était un signe... d'amitié, non ? Wouah, tout de suite les grands mots. Il fallait qu'elle se calme, sinon elle risquait d'être déçue. C'était un signe positif, c'était déjà ça. Entre Irving, Théo, Nora, Amely, on aurait presque dit qu'elle développait une vie sociale. Elle qui avait été isolée dès ses premiers jours à Poudlard. Et c'était étonnamment plaisant. Pendant des années, elle avait toujours dit que les autres, c'était nul et que personne ne valait la peine à Poudlard. Un peu par dépit, évidemment. Elle n'allait pas affirmer que c'était elle qui était en tort, non ? Mais si c'était un peu le cas. Soupirant légèrement, elle détourna son regard d'Irving.

- Écoute Miller, je suis désolée si je t'ai effrayée, ce n'était pas mon intention. C'est juste que... Bon, je vais peser mes mots et tenter d'être...

Gentille ? Non, décidément pas. Délicate ? Déjà plus réalisable. Elle avait essayé d'être gentille avec Weaver, quand elle l'avait consolée l'autre soir, mais ce n'était pas un résultat franchement concluant.

- ... délicate, ou du moins, pas méchante, mais je trouve ça un peu utopique d'avoir pu penser que tu pourrais juste - elle mima les guillemets avec ses doigts - te contenter de faire une pétition. Peu importe si c'est repris après, Nimbus cherchera les vrais coupables. Mais, dans un sens, je comprends, à défaut d'être d'accord, tes motivations. Donc, comme as dit Irving, moi je te tiendrai pas rigueur de...

Elle avait retenu le mot lâcheté à temps. C'était amusant tout de même, ça venait tout seul.

- ... ce désistement. Quoi qu'il en soit Irving, tu peux compter sur moi quoi qu'il arrive, tu le sais, ajouta-t-elle en se tournant vers le jeune homme.



   
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Silencieuse, Samantha écouta avec attention les propos d'Irving, en sentant à nouveau le doute s'insinuer en elle. Elle reconnaissait la sagesse de ses paroles, et ne pouvait s'empêcher de se sentir convaincue. Ils avaient la même vision des choses, tous les deux. Irving avait comprit ce qu'elle avait espéré accomplir, avec cette pétition, ce qu'elle souhaitait déclencher. Son regard se fixa sur le nom de sa professeur de potion sur la pétition qu'Irving lui agitait sous le nez. Bien sûr qu'elle avait convaincu du monde, bien sûr qu'ils n'étaient pas seuls dans ce combat. Leur crédibilité viendrait de là, en dépit de leur jeune âge, parce qu'ils seraient les premiers à dire tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Parce que la peur et la grogne existaient déjà parmi les rangs des ouvriers de Nimbus, et grandissaient un peu plus à chaque fois qu'un nouveau cas de Consumeuse était détecté. Elle était déjà convaincue de tout cela, et elle avait peut-être eu tort de se laisser décourager par les propos pessimistes de Cassandre, cette inconnue qui venait en quelques secondes de faire de la Consumeuse le combat de sa vie. Il était beaucoup plus tentant de se laisser amadouer par la voix familière et rassurante d'Irving, de se laisser convaincre que tout irait bien. De toute façon, quand il plongeait son regard dans le sien, elle avait l'impression que tout était possible, que rien de mal ne pouvait lui arriver... Mais elle ne pouvait pas se permettre de se laisser aller à de telles pensées maintenant, elle devait garder la tête froide pour prendre une décision réfléchie et objective.

"Et puis, Nimbus ne peut pas virer nos parents juste à cause de nous. Les ouvriers de l’Usine ne laisseraient jamais faire ça. Jamais."

Samantha laissa échapper un petit soupir et hocha la tête en signe d'approbation. Bien sûr, il avait raison, et Cassandre avait tort avec son discours alarmiste. Nimbus père avait beau être un affreux dirigeant capitaliste et corrompu, il n'était pas non plus Voldemort en personne. Son pouvoir n'était pas illimité, et il n'était pas intrinsèquement maléfique. Il ne pourrait pas tout se permettre, puisqu'il tenait à l'image de sa société. Sinon, pourquoi refuser de prendre à bras le corps le problème de la Consumeuse ? Et il ne pourrait éviter de ruiner la réputation de Nimbus en mettant à la porte le père de l'auteur mineure d'une pétition. La solidarité existait véritablement parmi les ouvriers de la cité, il suffisait de voir combien d'entre eux étaient présents à l'enterrement du père d'Irving. Elle refusait de croire que Nimbus était puissant au point de pouvoir exercer n'importe quelle pression sur eux, sous prétexte qu'ils exerçaient leurs simples droits de citoyens. Ils ne vivaient pas en dictature, par Merlin !

Cette phrase d'Irving suffit, à elle seule, à la faire à nouveau changer d'avis. Bien sûr, elle était toujours effrayée. Elle pensait toujours qu'elle se trouvait embarquée dans quelque chose qu'elle ne maîtrisait pas, par deux camarades combatifs qui semblaient s'emballer un peu trop vite, un peu trop fort. Mais Irving avait raison sur deux points : Henri la soutenait, et non, il ne risquait pas de perdre son emploi du jour au lendemain. Nimbus tenterait probablement d'étouffer l'affaire, mais s'ils exerçaient des pressions telles qu'Henri était réellement en danger de perdre son emploi et incidemment sa maison, eh bien il serait toujours temps de reculer et de céder. Car ce serait bien le but recherché, la réduire au silence, et non la punir... S'il s'agissait de punition, ce serait suffisamment scandaleux et indigne pour soulever un vent de révolte dans la cité. Peut-être était-ce son appartenance au monde moldu, peut-être qu'elle n'était pas encore suffisamment au fait des us et coutumes du monde sorcier, mais Sam voulait croire que sa voix de citoyenne, que leurs voix de citoyens, signifiaient quelque chose.

Peut-être qu'elle était utopiste, comme le suggérait Cassandre avec une délicatesse proche de la condescendance. Probablement, même. Mais il n'empêchait qu'elle restait plus convaincue par la vision des choses d'Irving que par celle de la Gryffondor, et ce n'était pas seulement parce qu'il s'agissait d'Irving. Ce n'était pas seulement parce qu'il disait des choses comme " j’t’e cache pas qu’j’préférais mille fois qu’tu sois avec nous dans cette histoire", même s'il fallait bien avouer qu'elle avait du mal à imaginer lui dire non, et qu'elle détestait l'idée de le décevoir. Mais c'était aussi parce qu'elle savait qu'Irving connaissait la cité Nimbus et ses habitants, plus et mieux encore qu'elle, et certainement mille fois mieux que cette Cassandre. Bien sûr, c'était facile pour elle, de prendre ses grands airs sous prétexte que Sam avait des réticences. Il était aisé de s'engager corps et âme dans quelque chose lorsque l'on avait rien à perdre, rien à sacrifier. Il était peut-être facile pour miss "Mon-père-était-directeur-de-la-Coopération-Magique-Internationale" de concevoir la perte d'un emploi, car elle savait que son père pourrait toujours retomber sur ses pieds. Mais que savait-elle de la précarité et des fins de mois difficiles ? La famille Garisson-Miller n'était pas à plaindre, assurément. S'ils ne roulaient pas sur l'or, ils vivaient tout de même bien, tous les deux, et n'avaient pas à se plaindre. Mais ce n'était pas le cas de tous les ouvriers de Nimbus, même si les dirigeants aimaient faire croire que tous leurs ouvriers vivaient heureux au pays des licornes. La misère existait chez les sorciers comme chez les moldus. Alors, peut-être qu'elle avait été utopique, mais elle avait désormais besoin de garder les pieds sur terre. Et cela impliquait de reprendre les rennes de son projet. Sam n'était toujours pas persuadée que Cassandre soit une bonne recrue pour leur entreprise, et si elle était prête à faire confiance à Irving, elle refusait de la laisser lui dicter ce qu'il fallait faire, ou non, de laisser Cassandre dicter la direction du projet, leur degré d'implication. C'était son initiative, sa pétition utopique à elle, avant d'être celle d'Irving et très certainement avant d'être celle de Cassie.

"D'accord", lâcha-t-elle enfin, en adressant un sourire éclatant à Irving. "J'en suis aussi."

Puis elle se tourna légèrement en direction de Cassandre, et ajouta :

"A partir du moment où l'on fait comme Irving a dit. On met le feu aux poudres, d'accord. On met Nimbus face à ses responsabilités, on sollicite tous les canaux qui peuvent l'être, et on fait appel à toutes les personnes qui peuvent l'être. Mais s'il faut reculer, s'il faut plier, je le ferai. Vous êtes prévenus. Mais comme l'a dit Irving, cela m'étonnerait que l'on en vienne à cette extrémité, car ce n'est pas une guerre que l'on va lancer, mais un dialogue. Probablement musclé, avec un conflit social à la clef, je te l'accorde, mais un dialogue tout de même."

Si avoir foi en la démocratie faisait d'elle une utopiste, alors soit, elle l'était. Reportant son attention sur Irving, elle lui adressa un nouveau sourire, plus timide cette fois.

"Merci", mima-t-elle avec ses lèvres de sorte à ce que Cassandre ne l'entende pas.

Oui, elle lui était reconnaissante, d'avoir réussi à trouver les mots pour la rassurer. Si elle avait abandonné son combat contre la Consumeuse, elle s'en serait voulu... Surtout si c'était pour l'abandonner aux mains d'autres personnes. Des personnes qui portaient le nom de Harper et qui semblaient s'offusquer quand on leur donnait un foutu surnom. C'étaient des gens comme Irving qui devaient mener ce débat, et des gens comme elle. Pas parce qu'ils étaient capable de faire pleurer dans les chaumières en colportant leurs tristes histoires, non... Mais bien parce qu'ils défendaient leur monde.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Alors que le sobriquet de Cassandre venait de lui échapper, Irving surveilla du regard la réaction de cette dernière. Merlin, il faudrait qu’il arrête de la surnommer « Cassie » ! Initialement, il l’avait juste appelé comme ça pour l’embêter mais maintenant il s’était attaché à ce petit surnom contrairement à Cassandre qui devait surement le détester. En comparaison, il n’aimerait pas qu’elle se mette à l’appeler « Vivi ». Mais contre toute attente, elle ne sembla pas s’en formaliser puisqu’elle répéta simplement le surnom d’une voix blanche avant de se tourner vers Sam qui semblait toujours en plein doute.
Inconsciemment, Irving se tendit légèrement, appréhendant la prise de parole de la gryffondor. S’il ne doutait pas de ses talents d’oratrice, il était nettement plus dubitatif quant à ses capacités à faire preuve de tact. Cassandre pouvait se montrer très condescendante -voir même méchante -lorsqu’elle le voulait et le jeune homme n’avait pas envie que sa camarade juge trop rapidement Samantha. Lui-même, il comprenait et partageait même certaines réticences de leur camarade vert et argent. Mais contre toute attente, Cassandre fit un enooooorme effort pour s’adresser à la Serpentard. Elle commença même par s’excuser. Cassandre, s’excuser. Wahou. Agréablement surpris, Irving encouragea cette initiative avec un sourire et écouta la fin de la tirade de la Gryffondor, qu’il jugea toute en retenue en comparaison à ce que Cassie était capable.

« Quoi qu'il en soit Irving, tu peux compter sur moi quoi qu'il arrive, tu le sais. »
ajouta-t-elle pour conclure sa phrase.

Oui. Il le savait, et pourtant, c’était loin d’être évident sur le papier. Ils étaient différents sur bien des points et n’avaient, souvent, pas du tout le même point de vue sur les choses. Ils n’appartenaient pas aux mêmes mondes, n’avaient pas la même manière de vivre, de penser, d’agir et pourtant Irving savait que Cassandre serait un soutien sans faille dans cette affaire. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle n’avait jamais failli jusqu’alors : Elle avait été là contre l’épouvantard, elle avait pris sa défense face Cornélius et elle avait même été présente le jour de l’enterrement pour lui rappeler subtilement qu’il était assez fort pour surmonter cette tragédie. Il lui adressa donc un sourire reconnaissant s’efforçant de faire taire les vieux démons qui l’assaillaient. En effet, plus il regardait Cassandre, plus il était un peu envieux de son aplomb. Ce genre de réaction n’était pas nouveau, Irving s’était toujours comparé aux autres, c’était plus fort que lui. Il se jugeait moins musclé que Samaël, moins charismatique que Jeremy, moins altruiste que Nora et moins intelligeant que beaucoup de monde ! Et malheureusement, il était forcé de constater qu’il ne dégagerait jamais la même force de conviction que Cassie. La preuve Samantha venait justement de se laisser convaincre. Le Gryffondor hocha la tête lentement devant cette bonne nouvelle mais il interrompit néanmoins son geste lorsque la Serpentard ajouta :

« A partir du moment où l'on fait comme Irving a dit. »

Un peu étonné, le jeune homme reporta son attention sur Samantha qui expliquait sa vision des choses, en faisant échos à ses propres arguments. Le gryffondor aurait du percevoir la légère tension qui s’était installée entre les deux filles mais il était bien trop abasourdi par ce qui venait de se produire pour décrypter quoique ce soit. En effet, Samantha venait de se laisser convaincre, par lui. Par ce qu’il avait dit. Elle estimait que sa manière d’envisager les choses était meilleure que celle de Cassie. Décrochant complètement de la conversation, le jeune homme reporta son attention sur la table basse du salon tandis qu’un léger sourire se dessinait sur ses lèvres, sans trop savoir pourquoi. Il tripatouilla les fils de la capuche de son sweat encore quelques minutes avant de jeter un regard à la Serpentard qui le remercia silencieusement avec un sourire timide. Plutôt flatté, Irving lui rendit son sourire avant de reporter son attention sur Cassandre :

« Bon ben on a plus qu’à se mettre au boulot ! » S’exclama-t-il particulièrement enjoué.

Les trois jeunes gens se mirent donc au travail et Irving passa les heures suivantes à prendre des notes et à proposer des idées tant il était porté par un élan d’optimisme non-feint.

« …et j’irai à la bibliothèque de l’école pour éplucher les magasines de potions. P’t-être qu’on trouvera des articles sur l’traitement des balais… »
ajouta-t-il au bas de son parchemin des taches qu’il devait accomplir avant leur prochaine entrevue.

Merlin, il venait de proposer spontanément d’aller à la bibliothèque, pour travailler ! songea-t-il particulièrement fier de lui. Satisfait, il se laissa tomber contre le dossier du canapé et darda un regard en direction de la fenêtre qui donnait sur l’extérieur. La nuit était tombée sur la Cité Nimbus et il ne s’en était même pas aperçu.

« Bon, on va p’t-être y aller non ? » souffla-t-il en tournant la tête vers Samantha, J’voudrai pas qu’Henry pense que j’tai enlevé ! ajouta-t-il en riant, déjà qu’le père d’Cassandre m’aime pas trop… Un seul père possessif à la fois ! » ricana-t-il en adressant un regard malicieux à la gryffondor.

Le jeune homme sauta sur ses jambes, s’étira et attrapa son tas de parchemin avant de se tourner vers Cassie en arborant cette fois une mine plus sérieuse :
« Merci pour l’accueil…et pour le reste. » ajouta-t-il un peu gêné.

Il se passa une main dans ses boucles brunes, esquissa quelques pas en direction de la sortie et se retourna finalement vers Samantha pour lui demander :

« J’te raccompagne ? »


Cassandre HarperSeptième annéeavatar
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Cassandre se raidit imperceptiblement lorsque Miller lança son « A partir du moment où l'on fait comme Irving a dit. ». Elle n'aimait pas du le ton employé et le sous-entendu. Et puis d'abord, ce n'était pas elle qui était venu les trouver, c'était eux. Elle n'avait rien demandé à la base. Alors elle ne voyait pas pourquoi cette petite bêcheuse de Miller se sentait obligée de balancer des choses comme ça. Ce ne fut que par égard pour Irving qu'elle retint la réplique acide qui lui brûlait les lèvres et se contenta de fusiller Miller du regard. Elle n'aimait pas cette fille, c'était décidé. Quand elle avait signé sa pétition, elle n'y avait pas fait beaucoup attention mais maintenant, elle avait un avis tranché sur la question. Déjà à cause de son petit air là et de sa phrase qui tapait encore sur le système de Cassie mais aussi parce qu'elle était lâche. Et le pire - ou alors le mieux, selon le point de vue d'un adepte de l'auto-acceptation - c'était qu'elle le reconnaissait. Comment pouvait-on assumer de ne pas avoir le courage d'aller au bout des choses, de suivre ses opinions ou de soutenir une cause juste quoi qu'il advienne ? Elle savait qu'on pouvait lui reprocher quelques défauts, elle avait conscience. Mais elle était fière de savoir qu'elle avait assez de courage pour faire fi des pressions extérieures pour se battre pour quelque chose de juste. Et Irving le faisait tout autant. En même temps, elle aurait dû s'y attendre. Ils étaient à Gryffondor et la seule chose qu'on ne pouvait leur retirer, c'était leur courage. C'était la caractéristique de leur maison, celle qui les définissait plus que toutes les autres. La maison du courage. Ou de la témérité, certes. Mais être téméraire pour une cause juste, pour quelque chose en lequel on croyait ce n'était pas un mal. Bien au contraire. Elle avait toujours admiré les gens qui se battaient pour leurs opinions, c'était aussi pour cela qu'elle admirait son père. Avant, du moins. C'était plus compliqué ces derniers temps. Elle détourna lentement ses yeux de Miller, lâche et pathétique Serpentard, bien trop faible pour des projets de cette envergure - et reporta son attention sur Irving.

- Je n'aurai jamais cru entendre le mot "travail" dans ta bouche, Irving, lança-t-elle avec un sourire un peu moqueur.

Pourtant, ils s'y mirent, au travail. Cassandre remonta dans sa chambre pour descendre des plumes, de l'encre et des parchemins et ils travaillèrent pendant plusieurs heures, consciencieusement. Elle ne résista pas à l'envie de lancer quelques petites piques - tout à fait inoffensives quand on la connaissait - à Samantha, mais suffisamment faiblement pour qu'Irving ne proteste pas. Elle n'avait pas envie de le contrarier en s'en prenant à sa chère copine Miller. Elle préférait largement Nora Weaver ! Elle jeta un regard suspicieux à cette bêcheuse, se demandant ce qu'elle attendait vraiment d'Irving. Ce n'était peut-être qu'une midinette qui lui courait après... Enfin, honnêtement, même si elle aimait bien Irving - et qu'elle ne le dirait jamais, évidemment - elle ne voyait pas pourquoi trente six filles lui courraient après. Mais rien que parce que c'était Miller, elle garderait un œil sur cette histoire. Nora valait bien mieux.

- J'essayerai de glaner des informations à la prochaine réception mondaine où les Nimbus seront présents. N'ai-je par l'air d'une jeune fille soudainement prise de passion pour l'usinage des balais ? ajouta-t-elle lorsqu'Irving annonça qu'il ferait des recherches dans les magasines spécialisés.

Elle suivit le regard de son camarade quand il jeta un coup d’œil par la fenêtre et constata en effet que la nuit était tombée. Elle se leva jusqu'au buffet pour en retirer quelques allumettes afin d'allumer les lampes à huile du salon. Ses parents le faisaient d'un coup de baguette magique d'habitude mais elle n'avait pas envie de se remettre le Service des Usages Abusifs de la Magie à dos. Une fois suffisait bien.

- Mon père n'aime personne qui m'approche à moins de cinq mètres, Irving. Mais je dois avouer le coup de la pelle n'a pas dû aider.

Elle lui adressa un léger sourire quand il la remercia et haussa les épaules.

- C'est normal. Après tout, Vivi et Cassie sont les meilleurs amis du monde, non ? ajouta-t-elle dans un léger rire. De rien, souffla-t-elle quelques secondes après, plus sincèrement.

Elle les raccompagna jusqu'à la porte et adressa un nouveau sourire à Irving. Néanmoins, son expression se changea en rictus quand elle croisa le regard de Miller.

- J'espère que tu ne rencontreras pas trop de pression, sur la route, lança-t-elle narquoisement.

Et elle ferma la porte avant que Miller n'ait pu répondre quoi que ce soit. Pas franchement envie de la supporter encore. Déjà qu'elle avait fait beaucoup d'efforts pour ne pas l'envoyer sur les roses ! Elle était vraiment trop gentille. Au moment où elle tournait la clé dans la serrure, la cheminée s'illumina de flammes vertes, laissant apparaître sa mère qui fronça les sourcils en la voyant si près de la sortie.

- Tu allais quelque part, Cassie chérie ?

Sans se démonter une seconde, Cassandre adressa un sourire à sa mère.

- Non, je vérifiais juste que c'était bien fermé. J'ai travaillé tout l'après-midi ! précisa-t-elle le plus naturellement du monde en désignant les quelques parchemins encore sur la table.

Oui, elle avait travaillé à donner un coup de poignard dans le dos de sa famille. Et maintenant que l'emportement du moment était passé, elle ne ressentait qu'une immense culpabilité.

FIN POUR CASSANDRE


   
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Sur la suggestion enjouée d'Irving, les trois camarades se mirent au travail pendant de nombreuses heures, dans le plus grand sérieux. Par quelques piques bien senties de son hôte, Samantha comprit que l'adolescente ne la portait pas dans son coeur, elle non plus. Sam décida d'adopter la technique dite de la cruche, affectionnée par des générations de jeunes Serpentard désireuses de ne pas se laisser provoquer par les remarques grossières des Gryffondor ou autres, et qui consistait à plaquer un sourire gourde et hypocrite sur ses lèvres chaque fois qu'une envie meurtrière se faisait sentir. Sam se moquait bien que Cassandre la prenne pour une idiote, puisqu'elle-même la trouvait assez insupportable. C'était exactement à cause de ce genre de filles, avec leurs réceptions mondaines, leurs pères hauts placés et leurs remarques insidieuses, qu'elle préférait la compagnie des garçons, ou de filles moins prises de tête comme Lauren... Mais ce qui comptait, c'était que leur projet avance. Peu importait qu'elle se fasse une amie ou non.

Malgré tout, elle ne fut pas mécontente de s'en aller quand Irving le lui suggéra, plutôt fière du travail accomplie et pressée de quitter la compagnie de la Gryffondor. De plus, il commençait à faire nuit et son père allait se demander où elle était passée, comme le fit remarquer Irving. Elle esquissa un sourire, consciente qu'Henri ne risquait pas d'être trop méfiant à l'égard du jeune homme, qu'il appréciait. Irving avait plutôt bonne réputation dans le voisinage, et le décès de son père avait déclenché beaucoup de compassion à son égard. Quoi qu'il en soit, elle avait envie de rentrer chez elle pour oublier un peu toute cette histoire et se détendre, peut-être regarder la fin de son film ou faire un peu de guitare. Avec Poudlard, elle perdait toujours le niveau qu'elle regagnait péniblement pendant les vacances...

"Merci Cassandre", approuva-t-elle quand Irving remercia leur hôte.

Sam se dirigeait vers la porte à la suite d'Irving, un gros paquet de parchemins dans les bras, quand le jeune homme se retourna vers elle pour lui proposer de la raccompagner. Interloquée, elle lui adressa un regard inquisiteur avant de se reprendre et de répondre avec un sourire :

"Ça marche !"

Elle était encore en train de se demander pourquoi Irving tenait à la raccompagner quand elle sortit de la maison, pour se recevoir une dernière pique de la part de Cassandre. Les sourcils froncés devant la porte close, Samantha resta figée quelques instants avant de se retourner vers Irving, profondément agacée. Elle voulait bien faire des efforts pour ne pas trop montrer son antipathie envers l'horripilante petite Gryffondor, mais il ne fallait pas qu'elle soit la seule à en faire... Se mordillant la lèvre avec irritation, elle resta silencieuse un moment, s'efforçant de se concentrer sur les choses positives que cet après-midi avait apporté. Il fallait l'avouer, l'enthousiasme d'Irving était contagieux, et à ses côtés elle avait vraiment l'impression de faire quelque chose d'utile, d'important et de positif.

"Bon, on a bien avancé !", lança-t-elle avec optimisme. "Heureusement que tu es là pour faire le lien entre Cassandre et moi, je crois que nous ne sommes pas vraiment des amies naturelles..."

Il aurait pourtant été difficile de manquer la complicité qui existait entre les deux Gryffondor. Elle s'était parfois sentie un peu exclue de leur petit groupe, par exemple lorsqu'ils évoquaient les relations visiblement tendues entre Irving et monsieur Harper. Cela montrait bien que Cassandre devait avoir quelques qualités bien cachées, pour qu'Irving l'apprécie ! Il suffisait simplement de savoir lesquelles.

"Mais on forme tout de même une bonne équipe", ajouta-t-elle pour indiquer son envie d'une relation apaisée avec Cassandre. "Grâce à toi."

Ces derniers mots lui échappèrent, et elle glissa un regard vers le jeune homme en espérant que la pénombre dissimulerait ses joues rosies. Il fallait qu'elle arrête de lui glisser des compliments en douce, sinon il allait finir par comprendre qu'il y avait strangulot sous roche... En même temps, serait-ce si terrible ? Pouvait-elle nier qu'elle avait adoré passer une après-midi entière auprès de lui, même si cela avait été dans un but peu romantique ? S'ils pouvaient devenir amis, au moins cela, elle serait tellement heureuse...

"N'hésite pas à passer à nouveau chez moi, si jamais tu as de nouvelles idées contre la consumeuse ou...enfin, si...juste comme ça, pour...avoir de la compagnie."

Merlin, elle s'embrouillait. Mieux valait se taire.


   
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Après avoir plié ses parchemins en quatre, Irving les fourra au fond de la poche de son sweat à capuche. Ils avaient vraiment bien bossé. Chacun repartait avec une tonne de choses à faire mais cela n’inquiétait pas le Gryffondor. Il avait l’impression d’avoir de l’énergie à revendre et il était tellement excité qu’il allait surement passer une grande partie de la nuit à travailler sur l’élaboration de leur projet. A vrai dire, il était réellement impatient que leur démarche avance et qu’ils puissent enfin entrer dans le vif du sujet ! S’il s’était écouté, il se serait directement pointé devant le manoir des De Pompadour pour exiger le retrait des potions immédiatement ! Fort heureusement, les filles l’avaient quelque peu tempéré sur ce point, en élaborant un véritable plan d’action. Cassandre et Samantha étaient au moins d’accord sur cela, songea-t-il en regardant tour à tour la Serpentard et la Gryffondor. S’il sous-estimait clairement l’inimitié entre les deux jeunes filles, il avait tout de même perçue de légers désaccords entre elles lors de leur après-midi de travail. Samantha s’était montrée tout à fait diplomate. Même s’il ne la connaissait pas très bien, il se doutait qu’elle devait pourtant avoir un caractère assez affirmé puisqu’elle avait le privilège (ou l’inconscience) de compter McGowan parmi ses amies ! Pourtant, elle n’avait pas répondu aux petites piques de Cassie. Enfin, en même temps, ce n’était rien de bien méchant, songea-t-il en sachant pertinemment de quoi Cassandre Harper était réellement capable.

« Je plains le premier gars que tu ramèneras chez toi ! répondit-il d’ailleurs à la jeune fille lorsque celle-ci évoqua la méfiance de son père à l’égard des jeunes garçons qui lui tournaient autour, moi j’trouve que j’avais la classe avec ma pelle, ajouta-t-il, hilare, en sautant sur un pied pour enfiler sa basket. Après avoir mis ses chaussures, il zippa la fermeture éclair de sa veste à capuche et grimaça ostensiblement en entendant la Gryffondor l’appeler par son surnom.

« Oh non, pas ça !
Souffla-t-il avec toutefois un léger sourire,« Cassie » c’est joli, « Vivi » c’est juste…horrible. Conclut-il faute de mieux avant de se tourner vers Samantha pour qu’elle ne se sente pas exclue de la conversation:

« Il faut qu’on te trouve un petit surnom à toi aussi ! « Samy », c’est mignon non ?» proposa-t-il en ouvrant la porte.

Le jeune homme sortit sur le perron et constata que la pluie s’était calmée et qu’une légère bruine l’avait remplacé. Rivant sa capuche sur sa tête, Irving se retourna en direction de la maison des Harper pour adresser un dernier sourire à Cassandre juste avant que la Gryffondor n’asticote Sam avec une ultime tirade. Dès qu’elle eut fermé la porte, Irving secoua la tête de gauche à droite sans pouvoir totalement masquer son amusement.

« Elle peut pas s’en empêcher, souffla-t-il pour lui-même avant de se tourner vers Samantha en rivant ses mains au fond de ses poches. La Serpentard révéla finalement le fond de sa pensée en soulignant qu’elle ne serait probablement pas amie avec la Gryffondor.

« Si tu veux tout savoir, il y a quelques mois de ça, je pensais exactement la même chose que toi à propos de Cassandre… Et regarde où j’en suis aujourd’hui… » expliqua-t-il avec un sourire en sortant du jardin des Harper.


Instinctivement, il darda un regard en direction de sa maison dont les fenêtres n’étaient pas encore allumées. Normal puisque Vivianne terminait le travail à 21h. Irving avait donc encore plusieurs heures à tuer et il était bien décidé à profiter de ses derniers instants en compagnie de Samantha. Volontairement, il n’emprunta pas le petit raccourci entre les maisons et préféra faire le grand tour par la rue. Malgré le crachin, il était bien dans les rues de la Cité. Il se sentait toujours à sa place ici, mais encore plus aujourd’hui. Il avait l’impression d’œuvrer pour améliorer le quotidien des habitants de l’endroit qu’il aimait le plus sur terre. Mine de rien, ça lui faisait du bien d’être actif. D’agir. Depuis la mort de son père, il s’était laissé vivre. Les journées s’étaient enchainées sans but particulier. Tous les matins, Irving allait faire la conversation à une pierre tombale et il commençait sérieusement à se demander si tout ceci était normal… C’était surement plus sain de parler à de vraies personnes, songea-t-il en observant du coin de l’œil Samantha qui marchait toujours à ses côtés.

"Mais on forme tout de même une bonne équipe"
, souffla d’ailleurs cette dernière en faisant écho à ses pensées."Grâce à toi."

Un sourire gêné naquit sur les lèvres du gryffondor tandis qu’il reportait son attention sur le bout de ses baskets détrempées.

« Bah moi j’ai rien fait… c’est toi qui a eut l’idée à la base… »
ajouta-t-il modestement en reportant son regard sur la jeune fille.

C’était la deuxième fois aujourd’hui que Samantha le complimentait et le Gryffondor devait avouer qu’il trouvait ça assez agréable. Il n’avait jamais vraiment pris le temps de faire plus amples connaissances avec Sam, et pourtant, elle semblait avoir une bonne opinion de lui avant même de le connaitre vraiment. C’était plutôt rare pour Irving qui se battait perpétuellement avec cette image de loser qui lui collait à la peau. Lui-même, il avait parfois du mal à concevoir qu’on puisse l’estimer… Bien sûr, il savait qu’il n’était pas un mauvais bougre et que ses copains vantaient sa bonhommie, mais Samantha avait l’air d’apprécier une autre partie de sa personnalité…
Tout en marchant, le Gryffondor laissa son regard dériver vers les lèvres de la jeune fille avant de reporter son attention sur la rue sombre et silencieuse en se raclant la gorge.
Il ne savait pas s’il se faisait des idées mais il avait l’impression que Sam’ l’aimait bien. Elle était gentille avec lui, elle allait même jusqu’à le flatter et il avait l’impression qu’elle venait justement de rougir en le zieutant bizarrement. Regardant toujours fixement devant lui, le gryffondor commença à se mordiller la lèvre inférieure tandis que son cerveau s’emballait. A vrai dire, il n’avait jamais envisagé Samantha Miller sous cet angle et il se demandait bien pourquoi… C’était une jeune fille plutôt séduisante et souriante et il avait découvert aujourd’hui tout le courage dont elle pouvait faire preuve. En créant sa pétition, elle s’était opposée, seule, aux grandes firmes de l’Industrie du balai magique. C’était assez remarquable pour une jeune femme de quinze ans, songea-t-il en découvrant à contre cœur la maison d’Henry Garrisson se dessiner à quelques mètres de là.

« Bon, ben, madame est arrivée… »
souffla-t-il en s’arrêtant devant le portillon donnant sur le jardin de Samantha. Les mains toujours rivées au fond des poches, il se balança d’avant en arrière, cherchant comment clôturer la conversation, J’te tiendrai au courant d’mes recherches pour notre projet. » Finit-il par lâcher pas vraiment satisfait de lui. Il aurait pu trouver un truc mille fois plus cool à dire. Néanmoins son mécontentement passager s’envola immédiatement avec la réponse de Sam :

"N'hésite pas à passer à nouveau chez moi, si jamais tu as de nouvelles idées contre la consumeuse ou...enfin, si...juste comme ça, pour...avoir de la compagnie."


Irving cligna des yeux quelques secondes en dévisageant sa jeune voisine. C’était clair. Tout était clair. Voila donc ce que ressentait Killian Gray lorsqu’il draguait des filles. Aucun doute possible. Contrairement à toutes les adolescentes qu’Irving avait fréquentées jusqu’à présent, il avait l’impression qu’il voyait exactement où Samantha voulait en venir. Ce n’avait rien avoir avec la relation à la fois tellement simple et tellement compliquée qu’il entretenait avec Nora. Non, cette fois, tout était limpide. Il savait ce qu’il devait faire.

Sans réfléchir à ce qu’il faisait, le jeune homme esquissa donc un geste en direction du cordon qui enserrait la capuche de la Serpentard. Resserrant une main autour du fil, il tira doucement dessus afin d’attirer la jeune fille vers lui tout en se penchant lentement vers son visage.

Il interrompit toutefois sa progression à quelques centimètres du but lorsque l’image de Nora se matérialisa devant ses yeux. Nora. Encore et toujours. Néanmoins, cette fois, elle n’était pas seule dans la tête du Gryffondor. En effet, l’image mentale de la Poufsouffle fut vite rejointe par celle de Jared Moses, l’embrassant passionnément au réveillon… Irving devait se rendre à l’évidence : Nora était son amie. Seulement son amie. La vie était ainsi faite. Et quelque part, ce n’était peut-être pas plus mal. Il savait que quoi qu’il arrive, quoiqu’il fasse, il pourrait toujours compter sur elle. Elle le lui avait dit le jour de l’enterrement. Elle serait peut-être même heureuse de le voir avec une fille aussi exceptionnelle que Samantha, comme il avait été soulagé de la voir avec un gars aussi sympa et gentil que Jared. C’était ça l’amitié. Se réjouir du bonheur de son ami. Alors, Nora ne lui tiendrait surement pas rigueur de ce qu’il s’apprêtait à faire car, mine de rien, ça le rendait vraiment heureux…

Esquissant un ultime sourire à l’intention de Samantha, il rompit finalement la faible distance qui les séparait pour venir capturer les lèvres de la Serpentard.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Les joues de Samantha rougirent un peu plus sous le regard insistant d'Irving, alors qu'elle se demandait ce qui lui passait par la tête. Avait-elle été trop évidente dans ses propos, révélant ses sentiments sans même vraiment le vouloir ? Oui, à en juger par l'expression de son visage, le jeune homme devait avoir compris qu'il lui plaisait et cherchait un moyen poli de l'éconduire, sans la blesser. Car ils avaient encore un combat à mener, à près tout, et ce n'était pas en...

*Mais qu'est-ce qu'il fait ?!*

Les pensées de Samantha s'emballèrent alors qu'Irving tirait sur le cordon de sa capuche pour l'entraîner auprès de lui, avant de baisser légèrement son visage vers le sien. Les yeux écarquillés de surprise, Sam se figea sans oser bouger, parler ni même respirer. Tous ses sens en alerte, elle attendait avec un mélange d'impatience et d'appréhension qu'Irving se décide à rompre la faible distance qui demeurait entre eux, incapable de prendre elle-même l'initiative.

*Merlin, Merlin, Merlin, Merlin...Il va...*

Il allait l'embrasser. Il allait l'embrasser. Il allait...il l'embrassait ! Des lèvres s'étaient posées sur les siennes, des lèvres chaudes et douces, les lèvres d'Irving. L'espace d'un instant, Samantha se crispa, avant de se détendre et de s'abandonner au baiser, les yeux clos. C'était si étrange, d'embrasser quelqu'un pour la première fois ! Etrange, déroutant, déconcertant, bouleversant... Mais pas désagréable, non, pas désagréable du tout, surtout quand cette personne était celui dont elle était amoureuse depuis si longtemps, Irving. Celui qu'elle avait observé de loin pendant si longtemps, dans les rues de la cité, dans leur petit groupe sur la Grand' Place, et dans les couloirs de Poudlard. Le garçon aux bouclettes, avec son sourire jovial et son optimisme entraînant, sa gentillesse et sa générosité, sa maladresse touchante, son groupe des Dark Boursouf, son engagement passionné contre la Consumeuse. Irving, elle l'avait observé, dévisagé, idéalisé, elle avait espéré, rêvé, désespéré, abandonné... Et voilà qu'aujourd'hui, contre toute attente... Voilà qu'il l'embrassait. Enfin, après tout ce temps, il l'avait vue, vraiment vue, pas comme la petite Samantha de la cité mais comme une jeune fille qu'il pourrait apprécier, désirer, aimer peut-être...

Leur baiser prit fin et Samantha s'appuya doucement contre lui, envahie par une foule d'émotions contradictoires. Se remettant lentement du choc provoqué par ce geste inattendu, elle releva la tête pour croiser son regard, un sourire éclatant aux lèvres. Elle garda le silence, car il n'y avait rien à dire. Le temps des mots viendrait plus tard, pour l'instant elle voulait simplement profiter de ce moment auprès d'Irving, son nouveau et premier petit-ami. Son sourire s'agrandit encore alors que ces mots se formaient dans son esprit et elle se rapprocha un peu plus pour venir l'embrasser une seconde fois, timidement.

Ils restèrent ainsi un moment, avant que Sam n'aperçoive du mouvement derrière les rideaux du salon. Son père devait s'impatienter, et elle ne tenait pas à ce qu'elle le voit en galante compagnie... Les deux adolescents prirent donc congé, et Samantha quitta Irving sur un dernier baiser. Parvenue à la porte, elle se retourna une dernière fois et le vit, sans surprise, encore debout près du portail. Un sourire aux lèvres, elle lui adressa un petit signe de la main.

"Au revoir, Irving."

RP Terminé


   
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"Consumé ! Je suis un homme partagé, Consumé !" [Samantha & Irving]

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