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 The land of the sheep [Juliet & Jeremy]

Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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30 mars 2007


Le calme paisible du quartier pavillonnaire où vivait Juliet fut troublé par le son caractéristique du transplanage. Jeremy resta immobile quelques secondes, le temps que les effets nauséeux provoqués par le voyage se dissipent, puis s'avança vers la maison de sa meilleure amie. C'était la seconde fois en trois jours qu'il se tenait là, et il ne put s'empêcher de jeter un regard nerveux autour de lui. Personne n'était au courant de son escapade de l'autre jour et c'était très bien ainsi. Il ne pensait pas que quelqu'un l'ait vu ou reconnu, mais savait-on jamais, le monde des sorciers n'était pas bien grand... Jeremy se retrouva à nouveau devant la porte en bois, et prit une profonde inspiration pour repousser sa nervosité. Juliet et lui avaient décidé de cette mission d'exploration d'Aberystwyth depuis longtemps, et Jeremy n'avait pas réussi à trouver de raison pour annuler, mais il était vrai qu'après sa conversation avec sa mère de l'avant-veille cela tombait plutôt mal. Il ne se sentait pas vraiment d'attaque pour passer la journée avec Juliet, conscient que leurs problèmes de famille reviendraient forcément dans la discussion à un moment ou à un autre. Enfin, il ne pouvait pas ignorer le problème indéfiniment, songea-t-il en frappant quelques coups sur la porte. Juliet et lui se retrouveraient à Poudlard dans deux jours de toute façon.

La porte s'ouvrit bientôt pour laisser apparaître le visage amical de Juliet, et non un autre membre de sa famille comme Jeremy l'avait craint. Le jeune homme lui adressa un sourire soulagé et la salua avec un entrain non feint. En dépit de ses appréhensions, il était toujours content de la voir.

"Salut ! Ça va ? Prête pour partir à l'aventure ?"

Une fois les salutations achevées, Juliet le suivit à l'extérieur et Jeremy lui tendit une photo représentant une ruelle qui lui avait été fournie par le Ministère. C'était là où ils devaient transplaner pour rejoindre la ville sans attirer l'attention des moldus. Aberystwyth est une petite ville du pays de Galles où le Ministère avait décidé de placer l'université magique obligatoire où ils iraient l'an prochain. Jeremy n'y passerait que quelques heures par semaine puisqu'il vivrait à Bristol, du moins s'il était sélectionné, mais Juliet devrait probablement emménager dans cette ville. Ils avaient donc décidé d'aller voir en personne à quoi ressemblaient les lieux.

"Alors, voilà où on doit aller... A tout de suite !", lança Jeremy avant de se concentrer sur sa destination.

Quelques instants plus tard, il se matérialisait à côté de Juliet dans la petite ruelle isolée. Jeremy eut à peine le temps de jeter un coup d'oeil aux lieux qu'un sorcier se précipitait vers eux, tout sourire.

"Bonjour les enfants, bienvenue à Aberystwyth !"

"Bonjour", répondit Jeremy d'un ton poli.

"Je m'appelle Marius Simpson, du Département des transports magiques. Vous m'avez tout l'air d'élèves de Poudlard venus visiter leur futur université, je me trompe ?"

Jeremy hocha la tête tandis que l'homme les couvait d'un regard paternaliste.

"Merveilleux ! Vous allez voir, c'est une très belle ville ! Mais le ministère est en pleine préparation des aménagements pour l'an prochain et nous devons donc être très prudents en terme de sécurité. Nous ne voudrions pas que les moldus suspectent quelque chose, pas vrai ! Que ferions-nous sans le secret magique, pas vrai ? Ah ah !"

Pendant que l'homme s'esclaffait, Jeremy échangea un regard entendu avec Juliet. Il espérait fortement que les autres personnes qu'ils allaient rencontrer ici n'étaient pas toutes aussi bizarres... Une fois qu'il eut repris ses esprits, le sorcier les examina de la tête au pied avant de lâcher un grognement approbateur.

"Vêtements moldus, pas de baguette ni de signe distinctif sorcier en vue. Puis-je voir vos autorisations et contrôler vos baguettes, je vous prie ?"

Jeremy sortit deux feuilles de parchemin de la poche de son jean et les tendit à Marius, avant de sortir sa baguette de la poche intérieure de sa veste. Ils attendirent patiemment que l'homme ait fini ses contrôles, puis il leur fourra un plan de la ville dans les mains et leur souhaita une excellente journée.

"Et n'oubliez pas, pas de magie ! Motus et bouche cousue ! Ah ah ah !"

Jeremy et Juliet le remercièrent et commencèrent à s'éloigner.

"Bizarre, ce type. Ca doit pas être passionnant, comme boulot", commenta Jeremy une fois que Marius Simpson fut hors de portée. "Passer sa journée tout seul à attendre que quelqu'un arrive..."

Une fois parvenu au fond de la ruelle, ils se trouvèrent face à un mur qui fonctionnait sur le même principe que la barrière de la gare King Cross donnant l'accès au quai 9 3/4. Jeremy marcha droit sur le mur et ferma les yeux instinctivement au moment de l'impact, qui ne vint évidemment jamais. Quand il les rouvrit, ce fut pour voir une petite rue moldue calme et isolée. Jeremy se pencha sur le plan que leur avait donné Marius et indiqua un côté de la rue.

"Je crois qu'il faut se diriger par là-bas... En tout cas ça a l'air plus animé là-bas !"

Tout en commençant à marcher, Jeremy ferma sa veste et glissa ses mains dans ses poches pour échapper au vent frais qui le faisait frissonner. Reportant son attention sur Juliet, il lui adressa un sourire et lança :

"Alors, comment se sont passées tes vacances ?"


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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Juliet ? C’est aujourd’hui que tu retrouves ton ami pour visiter Aberystwyth, n’est-ce pas ?

« Oui ! » s’exclama la jeune fille en dévalant les escaliers pour rejoindre sa mère dans la cuisine, l’aidant par la suite à débarrasser la table d’un coup de baguette magique. Adriana Wilson acquiesça d’un bref hochement de tête, avant de lancer un maigre sourire à sa fille, qui haussa les épaules, comme pour tenter de chasser le malaise. Certes, cet ami en question était également le fils de la femme avec qui son père avait trompé sa mère. Mais avant cela, il restait Jeremy, son meilleur ami. Et, si leur situation était plus ou moins… Etrange, elle ne comptait pas cesser de voir une des personnes à qui elle tenait le plus, uniquement à cause de cela. Lâchant un soupir, elle s’adossa contre la table de la cuisine et observa sa mère s’affairer à faire la vaisselle. Depuis son retour - à savoir quelques semaines auparavant – elle faisait son possible pour occuper au mieux ses journées. Elle retrouvait – peu à peu – le goût de la vie, au plus grand plaisir de plusieurs personnes, elle-même et ses filles les premières. En effet, après avoir apprit la trahison de son mari, Adriana avait demandé à ce qu’on la fasse sortir de St Mangouste au plus vite. Son énergie – qui avait été si faible auparavant – avait étonnée tout le monde, si bien qu’on l’avait mit tout d’abord sur le compte la colère qu’elle nourrissait envers son mari. Et en colère, elle l’avait été. Mais, après une conversation des plus… houleuses avec son mari, la femme n’était pas retombée dans son état second, bien au contraire. Et, si aujourd’hui elle n’était pas au meilleur de sa forme, elle restait tout de même capable d’exercer de plusieurs activités, prenant garde à se ménager.

« Tu as besoin d’aide ? » demanda-t-elle toutefois.

« Non, non. assura sa mère en tournant la tête vers elle pour lui adresser un sourire. « J’ai bientôt terminé de toute façon. »

« Tu restes à la maison, aujourd’hui ? » s’enquit distraitement Juliet en jetant un bref coup d’œil à l’horloge murale.

« Non, je vais sûrement aller voir grand-mère, avant d’aller récupérer Leah chez tes cousins… »

« Tu… » débuta Juliet avant d’être interrompue par quelques coups frappés à la porte. Se décollant de la table, elle s’avança vers sa mère, lui déposa un baiser sur la joue et se dirigea vers l’entrée.

« Juliet ! » reprit l’ancienne Médicomage, Ne… Fait attention. lui recommanda-t-elle en recommençant à frictionner une assiette avec une éponge.

Après avoir hoché la tête, Juliet s’approcha de la porte d’entrée, qu’elle ouvrit sans attendre, découvrant non sans joie le visage de son meilleur ami, qu’elle salua également avec entrain, heureuse de le retrouver.

« Ça va. affirma-t-elle avant de lui retourner la question : « et toi ?Elle lui adressa un sourire malicieux : « Je suis toujours prête pour l’aventure ! »

Suivant le capitaine de l’équipe des Gryffondor dehors, la jeune femme saisit la photo qu’il lui tendait et l’examina attentivement. Aberystwyth. La ville où elle habiterait probablement, l’année prochaine. Lorsqu’elle quitterait le château. Par Merlin, quitter Poudlard. Quitter Poudlard, et donc, par extension, quitter ceux qui y restaient. Le bruit du transplanage de son meilleur ami la sortie brusquement de ses pensées, tandis qu’elle fermait les yeux à son tour, se concentrant sur sa destination. Le crac sonore caractéristique du transplanage vint troubler une nouvelle fois le silence qui régnait dans la rue de la banlieue londonienne.

Réapparaissant à peine une seconde plus tard dans une petite ruelle aux côtés de Jeremy, Juliet n’eut à peine le temps de se remettre de la sensation désagréable que lui avait procuré le transplanage qu’un homme se précipitait déjà vers eux, tout sourire.

« Bonjour. » le salua-t-elle en retour.

Ecoutant la tirade de Marius avec un léger sourire aux lèvres, la Gryffondor retint un rire en observant son air réjouit. Il semblait plus qu’heureux de les voir là, si bien que son impatience à l’idée qu’ils visitent les lieux était quasiment communicative. Plongeant une main sous sa veste pour y tirer sa baguette pour le contrôle, elle la lui tendit en même temps que Jeremy et attendit patiemment que l’homme termine de les examiner pour la récupérer. S’éloignant en compagnie de son meilleur ami après avoir remercié Marius Simpson, Juliet rit à sa remarque avant d’approuver d’un hochement de tête.

« J’imagine qu’il y a plus intéressant, oui… Enfin, au moins on l’aura occupé pendant quelques minutes ! » conclut-elle avant de se diriger vers la barrière magique à la suite de son ami. Une fois cette dernière passée, elle s’approcha de Jeremy et se pencha à son tour sur le plan – non, ce n’était absolument pas comme si elle n’avait jamais su lire un plan. Suivant finalement Jeremy qui lui désigna un lieu plus animé que les autres, Juliet se mit à marcher à ses côté, les bras croisés et les mains coincées en dessous pour les protéger un minimum du froid.

"Alors, comment se sont passées tes vacances ?"

Jetant un coup de d’œil à son meilleur ami avant de reporter son attention devant elle. Comment s’étaient passées ses vacances ? Eh bien comme celles d’une personne qui avait apprit au début du mois que son père trompait sa mère avec celle de son meilleur ami. Haussant les épaules en se rapprochant de Jeremy, Juliet réfléchit quelques instants, avant de débuter :

« Elles ont été… Longues. Tu tiens vraiment à ce qu’on commence sur ce sujet ? blagua-t-elle pour dissimuler son malaise avant de reprendre. « Plus sérieusement… Ma mère est rentrée – elle va beaucoup mieux –, mon père a quitté la maison et comme tu dois t’en douter c’est légèrement… hum, tendu, entre eux. Plus que ça, même. Enfin. J’ai vu ma cousine, aussi. Je t’ai déjà parlé d’elle ? Elle s’appelle Ariane, elle est moldue. Et Leah a passé toute une semaine chez eux. J’ai vu Irving aussi, je l’ai invité chez moi, Olivia aussi, et j’ai passé quelques jours avec Killian. » débita-t-elle en tentant de ne pas insister sur sa situation familiale. « Et les tiennes ? »

Puis, tandis qu’elle attendait la réponse de Jeremy, l’image de son père – qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs semaines – s’imposa alors dans son esprit, sans vraiment qu’elle ne sache pourquoi. Il lui manquait, évidemment. Mais elle ne se sentait pas capable de le revoir. Pourtant, beaucoup avait tenté de la raisonner. Sa mère, Ariane, ses amis. Mais elle n’arrivait pas à se défaire de cette crainte de se retrouver face à son père, qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps. Elle n’avait pas oublié la conversation qu’ils avaient eue, avant les vacances, et ne se sentait toujours pas apte à essayer de le comprendre, comme il lui avait demandé. Et puis, qu’avait-il à comprendre dans cette trahison ? Que son père n’était pas l’homme qu’elle pensait ? Qu’il était bien moins droit, et juste qu’elle l’imaginait ? Qu’elle s’était faîte une fausse image de lui ? Que pouvait-il se trouver comme excuse, si ce n’est que ses besoins primaires avait prit le dessus sur les sentiments qu’il éprouvait pour sa mère ? Sauf si… Non. Non, non, non. L’hypothèse qui se formait dans sa tête n’était même pas envisageable. Ça ne pouvait pas être vrai, après tout, n’est-ce pas ? Son père et Mrs Baker ne pouvaient pas… s’aimer ? Non. Non, l’idée en elle-même était risible. Ce n’était pas possible. Mais, et si… ? Tournant la tête pour regarder son meilleur ami, la jeune femme se décida à rompre le silence :

« Jeremy ? Ta mère et mon père, tu penses qu’ils… Qu’ils s’aiment ?

A peine eut-elle prononcé ces mots, qu’elle les regretta aussitôt. Se mordillant la lèvre inférieure, mal-à-l’aise, Juliet lâcha un léger soupir.

« Non, laisse tomber, c’était stupide. Excuse-moi. »



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Tu tiens vraiment à ce qu’on commence sur ce sujet ?"

Jeremy comprit instantanément ce à quoi Juliet faisait référence par "ce sujet", et baissa le regard, contrit. Sa question avait été posée en toute innocence et sans arrière-pensée, comme il aurait pu la poser à n'importe lequel de ses amis qu'il n'avait pas vu pendant deux semaines. Il voulait simplement savoir ce à quoi elle avait occupé ses journées, qui elle avait vu, ce genre de choses. Pourtant, bien évidemment, sa question prenait une toute autre tournure dans leur situation et il s'en voulut de ne pas s'en être rendu compte. La remarque de Juliet, bien que prononcée sur le ton de l'humour, provoqua néanmoins une pointe d'agacement chez Jeremy. Les choses seraient-elles ainsi, désormais, entre Juliet et lui ? Seraient-ils obligés de se contenter des sujets les plus futiles qui soit pour éviter tout malaise ?

"N...Non, je...", commença-t-il en redressant la tête.

Heureusement, Juliet lui répondit tout de même et évoqua les différentes personnes qu'elle avait vu pendant ces quinze jours. Visiblement, elle avait été bien occupée, tout comme lui, ce qui expliquait peut-être pourquoi ils n'avaient pas pris le temps de se voir avant ce jour. Ça, et peut-être aussi que leur étrange situation les atteignait plus qu'ils ne l'admettaient. Jeremy repoussa cette pensée déprimante de son esprit et répondit :

"Je suis content pour ta mère, qu'elle aille mieux."

*A quelque chose malheur est bon*

"Ariane...Non, je ne crois pas que tu m'en aies déjà parlé. Elle a quel âge ? Vous vous entendez bien", demanda-t-il distraitement avant d'ajouter, "J'ai vu Irving aussi, on a fait un tour de balai. Je l'ai trouvé plutôt en forme, au vu des circonstances. Il avait l'air...oui, plutôt énergique."

Jeremy avait du mal à mettre des mots sur l'impression qu'il avait eu ce jour là. Il s'était attendu à trouver un Irving plus abattu, plus apathique, peut-être. Cela ne voulait pas dire qu'il ne souffrait pas, bien sûr, mais d'une manière générale, Jeremy était impressionné par la façon dont Irving avait réussi à faire face à tout ça. Cela n'avait fait qu'augmenter son estime, déjà haute, pour son ami, qui lui manquerait beaucoup l'an prochain.

"Mes vacances...j'ai passé mon concours, ça a été, je crois. D'ailleurs il faut que je te montre quelque chose..."

Un sourire malicieux s'étira sur les lèvres du jeune homme, qui jeta un coup d'oeil autour de lui. Ils avaient débouché sur une rue plus animée, où passaient plusieurs engins métalliques que les moldus utilisaient pour se déplacer. Jeremy restait d'ailleurs le plus éloigné de la chaussée possible, rendu méfiant par ces versions miniatures du Magicobus, ces machines bruyantes qui sentaient mauvais.

"Plus tard, quand on sera seuls."

Jeremy réfléchit à ce qu'il avait fait d'autre pendant ses vacances. Il avait passé trois jours à dormir et à glandouiller après son concours, à savourer l'impression de plénitude qui l'avait envahi une fois le stress retombé. Puis il avait vu Georgiana une journée, Irving une autre, et pour finir avait eu la fameuse discussion avec sa mère...avant de transplaner chez Juliet et de se raviser. N'ayant pas vraiment envie de s'éterniser sur le sujet, Jeremy allait conclure par une phrase évasive quand Juliet rompit le silence pour poser la question. S'arrêtant aussitôt de marcher, Jeremy tourna brusquement la tête vers son amie pour la voir se mordiller la lèvre avec embarras, semblant déjà regretter ses propos. Quand elle lui demanda de laisser tomber, en ajoutant que c'était stupide, Jeremy secoua la tête en signe de dénégation.

"Non, non, ce n'est pas stupide, c'est normal de se poser ce genre de question, je suppose. C'est juste...je ne m'y attendais pas, à vrai dire."

Il laissa échapper un petit rire et se gratta l'arrière de la nuque, embarrassé. Eh bien, pour quelqu'un qui n'avait pas envie de se lancer sur ce sujet, Juliet n'y allait pas par quatre chemins... Tout en réfléchissant à sa réponse, Jeremy recommença à marcher doucement, sans trop prêter attention à sa route. De toute façon, la ville n'avait pas l'air bien grande et ils avaient peu de chances de se perdre. Visiblement, s'ils continuaient à descendre cette route, ils allaient vite atteindre le bord de mer. Le vent y serait probablement plus fort, mais Jeremy avait envie de voir la mer. Après quelques instants de réflexion, le jeune homme finit par se résoudre à prendre la parole, tout en évitant résolument le regard de Juliet. Ce serait moins embarrassant de parler de ça ainsi, en marchant.

"Ma mère m'a dit...oui, parce que j'ai fini par lui parler de tout ça. Il y a deux jours."

Cette précision ajoutée, Jeremy se hâta de poursuivre, peu désireux de s'étendre sur cette pitoyable journée de son existence.

"Je lui ai posé la question, et elle m'a dit que non, pas au début. Que ce n'était pas prémédité. Mais...Je ne sais pas, j'ai du mal à comprendre comment on peut causer autant de mal autour de soit si ce n'est pas par amour. Bon, déjà, à la base, j'ai du mal à comprendre comment on peut tromper quelqu'un de façon répétée sans se sentir coupable. Mais s'ils ont fait ça juste pour s'amuser...une attirance, pas de sentiments...c'est encore pire, non ? Enfin je ne sais pas. D'un autre côté, s'il n'y a pas de sentiments, ça veut dire que ça durera moins longtemps, ce qui n'est pas plus mal."

Non, Jeremy ne savait pas ce qui serait le pire. D'un côté, il préférait se dire que sa mère avait fait ça pour quelque chose qui en valait vraiment la peine. Lui, s'il devait quitter Georgiana pour une autre, ce serait pour une femme qu'il aimait vraiment, et non pour une nuit sans importance avec une fille insignifiante... et encore, eux n'étaient pas mariés avec deux enfants. Mais au fond, y aurait-il vraiment une différence, du point de vue de Georgiana ? Probablement pas, même si lui la voyait. Peut-être que la question de Juliet n'avait pas grande importance, au fond. Ce qui comptait, ce n'était pas de savoir s'ils s'aimaient mais plutôt de savoir qu'ils n'aimaient plus leur conjoint respectif. Il n'empêche que Jeremy préférait de loin y voir une relation romantique qu'une sordide histoire de coucherie, même si son instinct lui criait qu'il avait tort.

"Et puis ce n'est pas parce que leur relation n'était pas préméditée qu'il n'y avait pas de sentiments", conclut-il. "J'imagine que l'amour peut arriver sans prévenir."

Jeremy tourna la tête vers Juliet et ralentis instinctivement le pas avant de s'arrêter complètement, cherchant à capter le regard de la jeune fille. Il aurait donné beaucoup pour pouvoir lire ses pensées et savoir ce qu'elle pensait de tout ça. Visiblement, cela la tourmentait autant que lui, sinon elle ne lui aurait pas posé ce genre de question... L'espace d'un instant, il se maudit de ne pas savoir trouver les mots qu'il fallait pour lui redonner le sourire. Hélas, cette fois, il se sentait aussi désemparé qu'elle.

"Tu en penses quoi ?", s'enquit-il alors du bout des lèvres.


Juliet E. BakerSans emploiavatar
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« Elle a dix-huit ans. » répondit Juliet lorsque Jeremy lui posa quelques questions sur Ariane. « On est nées à deux mois d’intervalles et oui, on s’entend très bien. » conclut-elle avec un sourire. Avant d’écouter à son tour son meilleur ami raconter ce qu’il avait fait pendant ses vacances. Intriguée lorsqu’il mentionna qu’il avait quelque chose à lui montrer lorsqu’ils seraient seuls, Juliet posa sur lui un regard interrogateur, avant de lui sourire malicieusement. Cependant, trop préoccupée par la question qui la tourmentait depuis plusieurs semaines, la jeune femme ne pu s’empêcher de la lui poser, s’excusant tout de suite après, consciente du malaise qu’elle venait de créer. Alors oui, elle savait bien qu’un jour ou l’autre, ils seraient amenés à en parler. Après tout, cela faisait partit de leur vie, à présent et ils devaient s’y habituer. Mais pourquoi, Merlin, pourquoi avait-elle lancé cela comme ça, aujourd’hui ? Alors qu’ils auraient pu se contenter de visiter Aberystwyth, de voir la mer, de jouer comme les enfants qu’ils n’étaient plus, de parler de choses futiles, de passer un bon moment, tous les deux, tout simplement. Baissant les yeux en continuant de se mordiller la lèvre, gênée, Juliet allait une nouvelle fois retirer sa question, lorsque Jeremy après avoir eu un rire embarrassé finit par lui répondre, lui avouant tout d’abord qu’il avait parlé à sa mère. Tournant la tête vers lui, continuant à marcher, Juliet le dévisagea quelques secondes. Elle seule pouvait savoir à quel point ce genre de discussion était plus que difficile à vivre, pour l’avoir eu également avec son père au début du mois.

Ecoutant Jeremy parler, Juliet planta son regard devant elle, fixant un point imaginaire, perdue dans ses pensées. Elle était d’accord avec son ami. Elle était d’accord, mais ne comprenait toujours pas. Elle ne savait pas ce qu’elle préférait d’ailleurs. Que son père ait trompé sa mère sans ressentir le moindre amour pour la femme avec qui il avait commit cette acte, ou bien au contraire, qu’il avait ressenti pour elle quelque chose ? Qu’il l’aimait ? A vrai dire, les deux ne lui plaisaient pas. Dans tout les cas, son père avait trompé sa mère. Dans tout les cas, il avait détruit deux familles. Et ce n’était pas pardonnable, quelque soit les excuses qu’il avait.

« L’amour peut arriver sans prévenir. » Oui, sûrement. Probablement, même. Mais pourquoi eux ? Pourquoi leurs parents ? Pourquoi cela était survenu dans leurs familles ? Soupirant, Juliet finit par ralentir le pas pour s’arrêter en face de son meilleur ami, les yeux toujours baissés vers le sol. Cette question la perturbait énormément. Pourtant, elle aurait dû sans ficher, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que cela changeait à l’acte ? Rien, si ce n’était son ampleur, évidemment. Finissant par relever les yeux, vrillant son regard dans celui de Jeremy, Juliet haussa les épaules à sa question, prononcée du bout des lèvres.

« Je ne sais pas. avoua-t-elle, désemparée. « Je pense qu’ils doivent éprouver quelque chose l’un pour l’autre, mais dès que je me dis ça, je me persuade qu’entre eux ce n’est qu’attirance, et ainsi de suite… Je ne sais pas quelle solution je préfère, à vrai dire, ni laquelle est la bonne. »

Silencieuse, elle dévisagea son meilleur ami avant de poursuivre :

« Oui, j’imagine que l’amour peut survenir comme ça. Et c’est bien injuste comme système. conclut-elle avec un léger rire. « On va voir la mer ? » proposa-t-elle pour changer de sujet, lui adressant un nouveau sourire d'excuse, en lui attrapant la main pour le tirer derrière elle, l’incitant à bouger.

La lui relâchant, elle tourna la tête vers son meilleur ami avant de lui adresser un sourire. Ça ne change rien entre nous. s’étaient-ils promis. Et ça ne changerait rien.

Arrivés sur un ponton surplombant la plage, la jeune femme fixa un instant les vagues s’écraser sur le sable avant de se retourner pour faire face à Jeremy.

« On descend sur la plage ? » demanda-t-elle avant d’entreprendre de dévaler les escaliers qui y menaient, une fois que le jeune homme eut donné son accord.

Enlevant ses chaussures avant de les abandonner dans un coin, Juliet commença à s’avancer vers la mer, le sourire aux lèvres. Elle aimait le bruit des vagues, et plus que tout, elle aimait cette plage. Globalement, elle aimait la mer. Elle avait toujours l’impression de retomber en enfance à chaque fois qu’elle y allait.

« J’adore la mer. » finit-elle par lâcher, en écho à ses pensées. « A chaque fois que j’y vais, j’ai l’impression de redevenir enfant. Et ça me rappelle une tonne de souvenirs… » déclara-t-elle en souriant. « Tu te souviens des jeux auxquels on jouait, lorsqu’on était petits ? Les cap ou pas cap ? » ria-t-elle en songeant tendrement aux fois où elle avait joué à ce jeu. « Merlin, je crois que ça me manquerait presque. » lança-t-elle malicieusement en s’appuyant contre son épaule.

Elle était bien, là. Elle aimait cette ambiance qui se dégageait de la plage quasiment vide, elle aimait avoir la mer devant elle, cette étendue d’eau qui semblait infinie.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Juliet releva les yeux vers lui, pour lui répondre qu'elle ne savait pas quelle solution était la bonne. Jeremy hocha la tête en signe de compréhension, tout en gardant le silence. Il n'aimait pas ce genre de conversation, il n'aimait pas les questions que cela soulevait et les réflexions douloureuses qui s'ensuivaient. Cela faisait trop longtemps qu'il réfléchissait à tout ça, et il en avait marre. Les méditations et discussions n'y changeaient rien, il restait sans réponse. Oui, l'amour c'était bien injuste comme système, songea le jeune homme tandis qu'un sombre sourire apparaissait sur ses lèvres. Cela paraissait si simple, au départ. On rencontrait quelqu'un, on en tombait amoureux, on découvrait ses sentiments partagés et on était heureux. Et puis le temps passait, et puis finalement... Finalement rien, songea Jeremy en repoussant ses propres pensées avec détermination. Les sentiments qui évoluent, l'euphorie des débuts qui se mue en quelque chose de plus quotidien, de plus terre-à-terre, c'était normal. Ce n'était pas parce que ses parents divorçaient qu'il allait soudainement se mettre à perdre toute foi en l'amour...

Jeremy acquiesça avec soulagement quand Juliet lui proposa d'aller voir la mer, mettant ainsi un terme à leur conversation. Il avait simplement envie de profiter de l'instant avec Juliet, et d'oublier tout ça, ne serait-ce que pour quelques heures.

Sentant la main de son amie se glisser dans la sienne, Jeremy se laissa entraîner à sa suite. La jeune fille se retourna alors pour lui adresser un sourire qui le remua étrangement. Sans trop qu'il ne comprenne pourquoi, il sentit sa gorge se serrer et il s'obligea à étirer ses lèvres à son tour, bien que le coeur n'y était pas. Jeremy se laissa envahir par la mélancolie pendant quelques minutes, fixant Juliet qui marchait devant lui sans vraiment la voir. Heureusement, son inexplicable tristesse s'envola dès l'instant où ils débouchèrent sur la plage et où la vision de la mer s'offrit à lui. Jeremy s'avança sur le ponton et ferma les yeux tout en inspirant profondément pour emplir ses poumons de l'air iodé. Jeremy avait beau aimer les collines d'Ecosse ou le paysage urbain de sa périphérie londonienne, il avait toujours apprécié les charmes d'un bord de mer. Il y avait quelque chose de très apaisant dans la vue des vagues couvertes d'écume, dans le bruit qu'elles faisaient en s'écrasant sur la rive, et dans leur odeur si forte et reconnaissable.

Jeremy fut sorti de ses pensées par la voix de Juliet, qui lui proposait de descendre sur la plage.

"D'accord", répondit-il en la suivant sur les escaliers.

Il éjecta ses chaussures à côté de celles de la jeune fille et la suivit sur la plage. Son regard se posa sur Juliet et il ressentit un élan d'affection à son égard en la voyant sourire comme une enfant le matin de Noël. Il préférait clairement la voir ainsi que lorsqu'elle se posait des questions existentielles au sujet de leurs idiots de parents. Jeremy se dirigea vers le bord de l'eau et plongea le bout des orteils dans l'eau, avant de retirer le pied précipitamment. Merlin, elle était froide ! Il s'éloigna un peu du bord et rejoignit Juliet, qui rompit le silence en expliquant qu'elle adorait la mer.

"Moi aussi", murmura Jeremy tandis que son regard se perdait dans l'horizon.

Un sourire amusé apparut sur ses lèvres quand elle évoqua les "cap ou pas cap" de son enfance. Alors qu'elle s'appuyait sur son épaule, Jeremy l'enlaça distraitement et répondit :

"Serait-ce une proposition ? C'est dangereux, les cap ou pas cap, entre deux Gryffondor qui n'ont peur de rien", répondit-il avant d'éclater de rire. "J'ai quelques souvenirs mouvementés moi aussi..."

Jeremy ne comptait pas le nombre de fois où son cousin ou lui avaient fini à Sainte Mangouste ou punis, voire les deux, à cause d'un jeu de ce genre. Gaétan et lui refusaient tous deux de perdre la face, surtout Jeremy qui était le plus jeune, et leurs gages montaient toujours en intensité jusqu'à arriver à quelque chose de véritablement dangereux. C'était ainsi qu'il s'était retrouvé à monter pour la première fois sur un vrai balai alors qu'il était trop jeune pour cela, par exemple, et encore que Gaétan s'était retrouvé à faire des acrobaties autour du Saule Cogneur... Maintenant qu'il était censé être un jeune faux adulte responsable, Jeremy réalisait à quel point ils avaient pu être imprudents par le passé. Cependant, il n'était pas traumatisé au point de refuser un jeu avec Juliet. Cela promettait d'être intéressant, et surtout distrayant, ce qui ne pouvait pas leur faire de mal.

Alors, quel défi allait-il bien pouvoir lui lancer ? Le regard de Jeremy se posa sur la jeune fille, notant le vent frais qui s'engouffrait dans ses vêtements et faisait voleter ses longs cheveux. Puis il leva les yeux au ciel, gris et sans l'ombre d'un rayon de soleil, et enfin l'immense étendue d'eau froide devant eux. Un sourire machiavélique apparut sur ses lèvres et il lâcha :

"Cap ou pas cap de plonger dans la mer du pays de Galles au mois de mars ?"

Dis comme ça, ce n'était pas très attrayant. D'ailleurs, c'était suffisamment fou pour que Juliet refuse - mais il savait aussi que Juliet était tout à fait capable de folie... Jeremy reporta son regard sur Juliet, se demandant si elle allait oser relever le défi.


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Appuyée contre l’épaule de son meilleur ami, la mer devant eux, tous leurs problèmes familiaux laissés derrière, un sourire étira les lèvres de la Gryffondor. Il y avait, dans la vie, ce genre de doux moments qui laissaient dans l’esprit des souvenirs tout aussi doux. Ces moments où - malgré tout ce qu’il pouvait se passer – on avait la certitude d’être entourés, d’être accompagnés. Et puis, ces moments où c’est la simple et intense sensation de se sentir réellement bien qui domine toutes les autres. Fixant les vagues qui venaient s’écraser à quelques mètres d’elle, Juliet resta silencieuse, désireuse de profiter de cette plénitude. Ce fut finalement Jeremy qui rompit le silence :

"Serait-ce une proposition ? C'est dangereux, les cap ou pas cap, entre deux Gryffondor qui n'ont peur de rien"

Eclatant de rire à sa suite, la jeune femme finit par lui sourire malicieusement. Les nombreuses fois où elle avait joué au cap ou pas cap, son adversaire ainsi qu’elle-même refusaient de perdre, ce qui amenait à réaliser des défis plus qu’imprudents... Se retournant pour faire face à Jeremy, Juliet planta ses yeux pétillant d’amusement dans les siens.

« Je vis dangereusement. » blagua-t-elle en tournant une nouvelle fois la tête pour continuer à fixer la mer.

Attendant finalement que son ami se décide sur son défi, la Gryffondor ferma les yeux, écoutant avec délectation le bruit des vagues qui s’échouaient sur la plage. Cette ville lui plaisait. Du moins, l’idée de vivre à côté de la mer lui plaisait. Le vent qui soufflait, qui s’engouffrait dans ses vêtements et qui emmêlait ses cheveux lui plaisait. L’odeur particulière et forte de la mer lui plaisait. La présence de son meilleur ami à ses côtés lui plaisait. Et, surtout, ce moment hors du temps lui faisait un bien fou. Perdue sans ses pensées, ce fut Jeremy qui la tira de ces dernières…

"Cap ou pas cap de plonger dans la mer du pays de Galles au mois de mars ?"

S’éloignant de quelques pas de lui, et croisant les bras sur son ventre, s’empêchant de frissonner, la jeune femme évalua du regard la mer, avant de jeter un coup d’œil au ciel gris où ne filtrait aucun rayon de soleil. Le vent froid souffla une nouvelle fois, et lentement, Juliet pivota sur elle-même pour se retrouver devant son meilleur ami. Elle laissa traîner volontairement la question en se rapprochant de lui et souffla :

« Cap ! »

Puis, haussant les sourcils, elle lâcha un éclat de rire et recula. Cependant, elle reprit la parole quelques secondes plus tard.

« Cap ou pas cap de venir avec moi ? » proposa-t-elle alors, le mettant au défi de refuser.

Une fois qu’il eut accepté, la jeune femme retira sa veste et, frissonnant, jeta un regard déterminé à Jeremy pour ensuite reporter son attention l’étendue d’eau salée qui leur faisait face. Glissant sa main dans celle de son meilleur ami, elle murmura un « On y va ? » avant de se mettre à courir. La course en elle-même lui sembla durer des heures. Des heures durant lesquelles elle se rapprochait de plus en plus de l’eau glacée dans laquelle elle s’apprêtait à entrer, des heures où elle se contenter de courir en riant, comme une enfant. L’impact avec l’eau, par contre, fut brutal. Brutal et inattendu.

« AAAAAH BORDEL C’EST FROIIIIIID ! »

Le froid lui mordit la peau dès l’instant où elle rentra en contact avec l’eau et ce n’est non sans un cri de surprise que Juliet parvint à s’émerger complètement, ressortant cependant immédiatement la tête de l’eau. Reprenant tant bien que mal sa respiration qui avait été coupée lors de son entrée dans l’eau, Juliet chercha son meilleur ami du regard et lui adressa un immense sourire avant de le rejoindre en quelques brasses.

« Merlin, Merlin, Merlin, Merlin, c’est froiiiid. » déclara-t-elle en claquant des dents. « Quand on disait que les Gryffondor sont capables de tout… » poursuivit-elle en bougeant quelque peu pour se réchauffer, son tee-shirt flottant à la surface.

Mais, malgré le froid qui l’enserrait, malgré les conséquences que cette petite baignade improvisée pourrait avoir sur leur santé, Juliet ne regrettait rien. Absolument rien.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Un sourire espiègle aux lèvres, Jeremy observa Juliet qui s'était éloignée et qui évaluait son défi. Le Gryffondor était plutôt fier de lui, ayant réussi à trouver du premier coup un gage qu'elle hésitait à effectuer. Quand elle se rapprocha à nouveau, il haussa des sourcils interrogateurs, avant d'afficher un air satisfait quand elle lui répondit "Cap". Mais Juliet n'avait pas dis son dernier mot, puisqu'elle ajouta après un éclat de rire :

« Cap ou pas cap de venir avec moi ? »

Jeremy éclata de rire en comprenant qu'il s'était fait prendre à son propre jeu. Maintenant que Juliet avait dit qu'elle était cap, il n'allait certainement pas refuser, il en allait de son honneur ! Mais la perspective de se jeter dans l'eau glacée ne l'enchantait pas plus que ça. Enfin, c'était bien fait pour lui ! Bon, ils s'éloignaient légèrement de leur objectif principal, à savoir de visiter les lieux de leur futures études, mais jouer à des jeux d'enfant était tout aussi instructif. Là, par exemple, ils allaient apprendre la température de la mer d'Aberyswyth un 30 mars, ce qui était un sujet d'étude comme un autre...

"Cap !", répondit Jeremy en lui faisant un clin d'oeil fanfaron.

Après avoir vérifié que sa baguette était bien dans la poche de sa veste, il ôta le vêtement et l'abandonna sur la plage, puis se tourna vers Juliet en tentant de ne pas frissonner. Jeremy observa la mer sombre avec un air beaucoup moins appréciateur qu'auparavant, anticipant le choc qui allait suivre, puis sentit la main de Juliet se glisser dans la sienne.

"On y va ?"

"On y va !", s'écria Jeremy avec entrain, pour se donner du courage.

Les deux adolescents se mirent à traverser la plage en riant comme des tordus. Alors qu'il voyait les vagues menaçantes s'approcher de lui, Jeremy sentit une sorte d'ivresse l'envahir, en dépit de son corps qui protestait par anticipation. Il y avait un côté libérateur et de très jubilatoire à faire ce genre de choses complètement folles et stupides. C'était comme de pousser son balai à toute allure et de piquer vers des hauteurs vertigineuses, de faire pousser une queue de cochon sur un première année insupportable ou encore de tomber d'un chapiteau en écrasant un gâteau d'anniversaire au passage... Voilà ce à quoi pensait Jeremy juste avant de se jeter dans l'eau, juste avant que ses pensées soient coupées brusquement pour être remplacée par une unique sensation, celle du froid qui s'emparait totalement de lui, au point de lui couper la respiration pendant quelques secondes.

"AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH PUTAIN !!! Bordel de troll !"

Jeremy plongea complètement et nagea sur quelques mètres en poussant ses muscles au maximum pour tenter de les réchauffer. Puis il sortit la tête de l'eau et revint près de Juliet, qui semblait tout aussi frigorifiée que lui, en dépit de son immense sourire. Voilà qui lui rappelait un peu l'épisode du lac avec Georgiana, quelques semaines plus tôt. A croire que le destin s'acharnait à le conduire près d'étendues d'eau glaciales ! Tournant la tête vers la rive, Jeremy vit qu'ils avaient attiré l'attention de quelques passants avec leurs bêtises. Eh bien, songea-t-il, ils n'avaient pas fini de voir des bizarreries avec la masse d'étudiants sorciers qui allaient débarquer l'an prochain. Autant qu'ils s'y habituent...

« Merlin, Merlin, Merlin, Merlin, c’est froiiiid. Quand on disait que les Gryffondor sont capables de tout… »

Jeremy éclata de rire en voyant la mine de son amie, depuis ses lèvres tremblantes qui prenaient une jolie teinte bleutée jusqu'à son t-shirt trempé et ses cheveux collés sur son crane. Voilà qui leur ferait de beaux souvenirs !

"On est complètement tarés, Ju, tu le sais ça ?", lâcha-t-il avec un large sourire. "Mais oui, on est capables de tout."

Il fit mine de faire la planche quelques instants et ferma les yeux, comme pour apprécier la douce caresse d'un soleil imaginaire sur sa peau.

"Ouah, quel pied ! Qu'est-ce qu'elle est bonne !"

Cessant ses pitreries, il se remit à bouger un peu pour lutter contre le froid. Malgré tout, celui-ci était tel que Jeremy avait l'impression d'être Jack dans ce film niais que son frangin lui avait fait regarder et où le blondin mourrait à la fin. Mais il ne tenait pas spécialement à partager le destin tragique des passagers du Titanic. Il fallait qu'ils fassent quelque chose ou qu'ils sortent de l'eau. De toute façon, le jeu continuait, et c'était à son tour ! Mais pour l'instant, Jeremy avait le cerveau trop ralentis pour réfléchir à un défi digne de ce nom. Cédant à une impulsion, il se rapprocha un peu plus de Juliet et s'exclama en claquant des dents :

"Cap ou pas cap de me faire un câlin pour se réchauffer ?"


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"On est complètement tarés, Ju, tu le sais ça ?"

Riant doucement à la remarque de son ami, Juliet se laissa tomber sur le dos en entreprit de faire la planche. Fixant le ciel gris et passant outre les frissons qui lui parcourait le corps, un nouveau sourire éclaira son visage. Oui, tarés, ils l’étaient. Complètement, même. Mais n’étaient-ils pas bien ? A jouer comme cela ? A rester insouciants, le temps d’une baignade, à retomber en enfance, pendant l’espace de quelques minutes ? N’étaient-ils pas bien, à être eux, complètement ? A vivre, loin de leurs soucis habituels ? A rire, comme ça ? A ne pas se soucier des conséquences ? Elle, elle l’était. Et c’était cette sensation de bonheur complet, total, intense, qu’elle passait son temps à chercher et qu’elle trouvait uniquement auprès de certaines personnes, personnes dont Jeremy faisait partie. Mordillant ses lèvres gelées, Juliet fit quelques mouvements de bras pour se remettre sur pied et haussa les épaules, son tee-shirt se collant instantanément à sa peau.

« Je sais bien… Je ne trouve pas ça vraiment dérangeant. » avoua-t-elle en lui adressant un clin d’œil.

Riant aux pitreries de son meilleur ami, la jeune femme lui envoya distraitement de l’eau tandis qu’il s’essayait à son tour à la planche, et reporta son attention sur l’horizon, ligne qui semblait infranchissable, et qui pourtant n’était là que pour l’être. Frissonnant et claquant involontairement des dents, Juliet laissa ses mains retomber dans l’eau et jouer avec cette dernières, tandis que des vagues venaient se briser comme elle, lui arrachant des éclats de rire enfantin. Elle détourna enfin son attention de la ligne d’horizon pour la reporter sur Jeremy qui avait recommencé à bouger un peu pour se réchauffer. L’imitant, Juliet tenta de courir sur place mais abandonna bien rapidement, ses mouvements étant ralentis par la pression de l’eau. Sentant son meilleur ami se rapprocher d’elle, la jeune femme tourna la tête vers lui en haussant les sourcils pour l’inciter à s’exprimer.

"Cap ou pas cap de me faire un câlin pour se réchauffer ?"

Lui tirant la langue avec une moue malicieuse, Juliet se retourna et se blottit contre son meilleur ami, grelottant toujours autant.

« Cap ! » finit-elle par souffler en tentant de frictionner le jeune homme, les mains secouées de tremblements. « Bon. » finit-elle par reprendre, quelques minutes plus tard. « Il fait quand même froid. » constata-t-elle bien que la chaleur humaine qui se dégageait du corps du jeune homme l’ait réchauffée quelque peu. « Et si on sortait ? proposa-t-elle avant de commença à regagner la plage.
Ses vêtements trempés collant son corps, Juliet émit une grimace lorsqu’une bourrasque de vent la frappa. Se mettant à sautiller sur place elle s’exclama :

« Raaaah bordel de putain de qu’il fait froooid ! »

Récupérant sa veste laissée par terre, la jeune femme fut tentée de saisir sa baguette pour lancer un sort de séchage, avant d’apercevoir les passants qui jetaient de fréquents coups d’œil dans leur direction. Renonçant à cette éventualité, la jeune femme se contenta de faire remonter son tee-shirt pour l’essorer un maximum avant de relever ses cheveux en un rapide chignon. Enfilant sa veste par-dessus son tee-shirt encore mouillé elle éclata de rire devant le tableau qu’ils représentaient.

« Il n’y a vraiment que nous pour faire ça, hein ? »

Puis, réfléchissant, elle eut finalement un sourire et lança :

« Bon alors… Cap ou pas cap de finir la soirée dans un bar ? »

Elle laissa passer quelques secondes et poursuivit :

« Comment ça on avait dit qu’on venait à Aberystwyth en tant que futurs adultes responsables ? Je ne me souviens pas… »

Puis, ébouriffant gentiment les cheveux de son meilleur ami elle frissonna une nouvelle fois lorsque le vent se remit à souffler et passa son bras dans le dos Jeremy pour l’entraîner à sa suite.

« On remonte en ville, ou ça te dit une autre baignade ? »



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy esquissa un sourire quand Juliet accepta son gage et vint se blottir contre lui, et se mit à la frictionner à son tour. En dépit de ce contact, ils ne tardèrent pas à être transis et Juliet suggéra donc de regagner la plage.

"Excellente idée", approuva Jeremy.

Il se dirigea péniblement vers la plage et maudit ses idées stupides en sentant la lourdeur de son jean gorgé d'eau, tandis que son t-shirt était collé à son corps et que ses cheveux dégoulinaient. Le vent se faisait cinglant, et il n'était bien évidemment pas envisageable d'utiliser de sortilège pour se sécher. Bon, dans l'absolu, Juliet et lui pouvaient bien réussir à trouver un coin isolé et dénué de moldu pour lancer un sortilège rapide, mais mieux valait ne pas prendre le risque. Il imaginait d'avance la tête de Marius Simpson s'ils se faisaient attraper ! Les deux jeunes gens étaient donc condamnés à attendre que leurs vêtements sèchent tous seuls, à la moldu. Jeremy poussa un soupir en essorant son t-shirt puis en remettant sa veste, tandis que Juliet faisait de même. Dur dur, la vie de moldu ! Il avait parfois bien du mal à comprendre que des personnes comme Killian ne soient pas séduits par les avantages du monde sorcier...

Juliet éclata alors de rire devant le tableau pitoyable qu'ils offraient, et Jeremy se joignit à son hilarité.

« Il n’y a vraiment que nous pour faire ça, hein ? »

"Les autres ne savent pas ce qu'ils ratent !", répondit-il en haussant les épaules avec amusement.

La jeune fille lui fit alors une proposition des plus alléchantes, à laquelle il ne s'attendait pas vraiment. Oh, il aurait bien proposé d'aller boire un café le temps de se réchauffer, mais carrément passer la soirée dans un bar ? Jeremy n'aurait pas imaginé que son amie en ait envie, mais il en était ravi. Voilà qui leur changerait vraiment les idées, pour le coup, et ils pourraient toujours se réchauffer au Whisky Pur Feu - enfin, son équivalent moldu. C'était les vacances, son père savait où il était, et il n'avait plus de concours à passer. Oh, il y avait bien les ASPICs mais après Bristol cela ne l'inquiétait pas vraiment... Bref, rien ne l'empêchait de se lâcher un peu, si Juliet était partante. D'autant plus que ce serait la première fois qu'il passerait une soirée uniquement avec sa meilleure amie, ce qui promettait d'être intéressant.

"Cap !", finit-il donc par répondre, un large sourire aux lèvres. "Avec plaisir."

Jeremy éclata de rire à la remarque de Juliet sur l'objectif premier de leur visite, qu'ils avaient complètement mis de côté. Très juste, mais il se sentait heureux, voire soulagé, de se retournement de situation. Il avait passé largement assez de temps à s'inquiéter de son futur ces derniers mois, et il aurait bien assez de temps pour découvrir les bâtiments de cours l'année prochaine. Pour l'instant, il avait surtout envie de passer un bon moment avec Juliet, de ce détendre, et de profiter de cette complicité entre eux qui s'était un peu étiolée ces derniers temps à cause de leurs familles.

"On remonte en ville", trancha Jeremy d'un ton sans appel. Une baignade, ça allait, mais deux ?

Il lui sourit quand elle lui ébouriffa les cheveux et se laissa entraîner vers la route qui les avait mené ici. Avant de quitter la rive, il s'arrêta néanmoins et tourna la tête vers la droite, observant un grand bâtiment un peu plus loin.

"Pour le côté "jeunes adultes responsables", je crois que c'est là-bas qu'on aura nos cours l'an prochain !", indiqua-t-il en tendant le bras vers le bâtiment. "Voilà, nous avons rempli notre devoir, allons découvrir un autre aspect fondamental de la vie étudiante, les soirées..."

Se remettant en marche, Jeremy glissa un regard vers Juliet et hésita quelques instants, puis souffla :

"J'ai une proposition. On ne parle plus de nos familles jusqu'à la fin de la soirée, qu'en dis-tu ?"

Ce n'était pas qu'il ne voulait plus jamais en parler, il savait bien que c'était utopique, mais...Jeremy avait envie de garder cet instant juste pour eux deux, loin de tout ce qui les tracassait d'ordinaire. Il savait qu'il s'en souviendrait, de leur première visite d'Aberyswyth et de leur baignade dans la mer, et souhaitait s'en rappeler comme d'un moment de bonheur, que rien n'était venu gâcher. Un léger silence s'ensuivit, tandis qu'ils remontaient la route. Bientôt, ils croisèrent une rue parallèle qui semblait être une des grosses rues commerçantes de la ville, et qui était plutôt animée.

"On tourne ?", proposa Jeremy en se dirigeant vers la droite. "Hey, j'ai une idée de défi pour la chanteuse sexy des Dark Boursouf ! Chante moi une chanson, cap ou pas cap ?"


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"Les autres ne savent pas ce qu'ils ratent !"

Non, ils ne savaient pas. Et ils avaient beau lever les yeux au ciel devant leurs idioties, ils avaient beau considérer leurs petites aventures comme des gamineries, ils ne savaient pas ce qu’ils rataient. Ils étaient, en ce moment même, en train de se fabriquer des souvenirs. Des souvenirs auxquels se raccrocher, plus tard, des souvenirs auxquels ils pourraient repenser en souriant tendrement. Des souvenirs heureux, de ceux qu’on garde précieusement en mémoire, de ceux dont on se souvient, longtemps après. Adressant un sourire amusé à son meilleur ami, Juliet le dévisagea un instant, avant d’hausser légèrement les épaules.

« Non, ils ne savent pas. C’est bien dommage pour eux. » conclut-elle en balayant une dernière fois la mer des yeux, tandis que Jeremy acceptait son défi avec plaisir.

Un nouveau sourire éclaira son visage, qui reprenait les quelques couleurs qu’il avait perdu lors de la baignade improvisée. Plus la journée avançait, plus la crainte qu’elle avait eu tout au long des vacances se révélait être fausse. Le lien qu’elle avait tissé avec Jeremy avait beau avoir été mit à rude épreuve ces derniers temps ne s’était pas détruit pour autant. Elle avait même l’impression qu’il s’était resserré. Ils étaient plus forts, à deux. Plus forts pour affronter leurs familles, plus forts pour affronter les obstacles qu’ils rencontraient. Plus forts pour affronter la vie, et ce qu’elle leur réservait. Se remettant en marche à côté de son meilleur ami pour prendre la direction de la ville et donc quitter la plage, Juliet suivit néanmoins le regard du jeune homme et observa à son tour le grand bâtiment qui se situait un peu plus loin.

« Eh bien parfait ! J’ai toujours su que nous étions magnifiquement responsables de toute façon... » blagua-t-elle avant de reprendre : « Oui, allons donc étudier tous les avantages que peut offrir cette ville à des étudiants comme nous… » sourit la jeune femme en recommençant à marcher.

"J'ai une proposition. On ne parle plus de nos familles jusqu'à la fin de la soirée, qu'en dis-tu ?"

Hochant la tête avec vigueur, la jeune femme n’hésite pas une seule seconde dans sa réponse.

« J’en dis que je suis complètement d’accord. Aujourd’hui, c’est juste nous. »

Eux, et pas leurs parents. Leurs propres erreurs, et pas celles que les adultes avaient pu commettre. Aujourd’hui, c’était simplement eux deux, comme ça l’avait déjà été auparavant, comme elle espérait que ça le serait toujours dans le futur. Loin des problèmes qui les poursuivaient à Londres, un moment hors du temps, un moment qui leur appartenait complètement, entièrement. Elle s’apprêtait à ajouter quelque chose lorsque le jeune homme la devança la mettant au défi de chanter.

« Cap ! » s’exclama-t-elle avant de se mettre à réfléchir à ce qu’elle pourrait bien interpréter.

Se décidant finalement pour un air moldu relativement connu, Juliet commença à fredonner, pour finalement se mettre à chanter réellement quelques secondes plus tard, s’attirant quelques regards amusés des passants. Terminant la chanson en se mettant face de son meilleur ami, elle reprit son souffle durant quelques temps, avant de lancer :

« Toujours cap ! »

Malicieuse, elle lui adressa un clin d’œil avant de se remettre à marcher, réfléchissant au gage qu’elle pourrait bien donner à son ami.

« Tiens, je sais ! » s’exclama-t-elle alors qu’ils passaient devant un café qui diffusait une musique entraînante. « Montre-nous tes talents de danseur, cap ou pas cap ? »

Elle l’observa quelques instants. Le ridicule ne tue pas, après tout.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Quand Juliet commença à fredonner, Jeremy tendit l'oreille. Il ne reconnaissait pas la chanson, qui était probablement moldue. Bientôt, la voix de Juliet gagna à puissance et il n'eut plus besoin de faire d'effort pour l'entendre. Les mains dans les poches, un sourire aux lèvres, il marchait silencieusement à côté de sa meilleure amie et écoutait. Il pouvait voir les regards des passants se poser sur la jeune fille, plus admiratifs que moqueur. Car on l'écoutait, Juliet, quand elle chantait, et qu'ici il n'y avait pas d'horrible bonne femme pour la réduire au silence...

"Très joli", commenta-t-il d'un ton appréciateur quand elle eut terminé.

Juliet s'arrêta face à lui le temps de reprendre son souffle, et lui lança un :

"Toujours cap !"

"C'est ce qu'on verra !", répondit-il sur le même ton malicieux.

Ils reprirent leur marche et Jeremy put voir à son expression qu'elle était en train de réfléchir à un autre défi pour lui. Une légère appréhension l'envahit alors, qui se confirma quand elle le mit au défi de danser devant un café qui diffusait de la musique. Jeremy esquissa une grimace éloquente,

"C'est pas du jeu, moi je t'ai demandé quelque chose que tu sais vraiment faire !", protesta-t-il pour la forme, avant d'ajouter : "Mais cap, bien sûr !"

Après tout, ce n'était pas comme s'il connaissait quelqu'un dans cette ville, pas encore... Et puis le ridicule ne tuait pas, du moins en théorie. Heureusement, parce que Jeremy se sentit profondément ridicule en improvisant quelques pas de danse sur la musique entraînante, avec sa mine détrempée et son incapacité à danser de façon correcte. Enfin, il maîtrisait les danses affectionnées par les sorciers dans les bals et autres soirées mondaines, mais se dandiner de façon anarchique à la moldue, c'était autre chose... Il réussit à s'agiter une minute entière avant de craquer et d'attraper la main de Juliet pour l'entraîner dans ses pas de danse, la faisant tournoyer sous le regard amusé - ou dédaigneux, dans le cas de cet ado qui présentait une ressemblance frappante avec Victor Lloyd - des gens qui buvaient leur café. Enfin, Jeremy s'immobilisa et lâcha Juliet, le souffle court.

"Toujours cap", répéta-t-il en riant. "Hélas, ça nous perdra !"

Jeremy jeta un coup d'oeil autour d'eux, à la recherche d'un endroit où aller. Le jour n'allait pas tarder à décliner et il ne faisait pas très chaud, et puis toute cette eau de mer salée lui avait donné soif. En plus, sa mère lui avait donné de l'argent moldu pour cette journée, même s'il n'avait pas la moindre idée de combien, alors autant le dépenser dans quelque chose d'utile...comme de la nourriture ou de la boisson !

"Bon, et si on allait se mettre au chaud quelque part ?"

Tout en reprenant sa marche, Jeremy commença à réfléchir à un nouveau défi stupide à donner à son amie. Alors qu'ils passaient devant un panneau publicitaire pour un magasin d'électroménager qui vendait des machines étranges, son esprit dériva sur l'elfe de maison qui travaillait pour sa famille, et pour lequel ses parents se disputaient la garde, tous deux attachés à la petite créature. Un sourire amusé aux lèvres, Jeremy songea qu'il avait bien envie d'entendre Juliet parler d'elle à la troisième personne, comme O'Connor dans ses plus grands moments d'humilité...

"Alors, un nouveau défi... Tu dois parler comme un elfe de maison pendant un quart d'heures. Un elfe libre, bien sûr", précisa-t-il en hochant la tête d'un air faussement sérieux. "Alors, où Juliet veut-elle aller ?"


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Observant son meilleur ami se dandiner sur l’air moldu entraînant que diffusait un café, Juliet retint un éclat de rire et échangea un regard amusé avec une passante. Elle s’apprêtait à mettre fin à son défi, le considérant comme validé lorsque le jeune homme lui attrapa la main pour l’entraîner dans sa danse. Riant doucement alors qu’elle tournoyait, la Gryffondor stoppa alors la danse improvisée, et tituba légèrement, la tête lui tournant encore après ces quelques tours fait sur elle-même.

« Qui sait ? » souffla-t-elle ensuite, après que Jeremy ait déclaré qu’être toujours capable de tout les perdrait.

Peut-être. Après tout, ce jeu démarrait toujours avec innocence, mais c’était la tournure qu’on lui donnait par la suite qui lui donnait son ampleur. Les défis pouvaient rester bon enfant, comme ils pouvaient virer à la limite de la folie, à la limite de bon sens, et à la limite de la décence. C’était à eux de donner un sens à leur jeu. De poursuivre ces gages enfantins, ou de décider au contraire, de lui donner plus d’ampleur. Ils étaient libres de faire ce qu’ils désiraient. Ils étaient libres, ici. Sans contraintes. Se remettant en marche aux côtés du jeune homme, Juliet jeta de rapide coup d’œil autour d’eux pour trouver également un endroit où se mettre au chaud. La nuit commençait à tomber, et les températures – déjà basses – chutaient également. Et ce n’était pas sa veste légère qui allait la protéger du froid, qui est plus que ses vêtements étaient encore trempés ! Définitivement, un endroit chauffé ne serait pas du luxe ! Tournant la tête vers son meilleur ami pour lui demander où il souhaitait aller, elle constata qu’il était en pleine réflexion et un sourire malicieux vint étirer ses lèvres. Mine de rien, elle aimait les défis, Juliet. Pour se surpasser ou pour prouver qu’elle était capable de les réaliser. Et, réaliser ces défis en compagnie de son meilleur ami ne pouvait que lui plaire. Après tout, à être ridicule, autant l’être en bonne compagnie.

"Alors, un nouveau défi... Tu dois parler comme un elfe de maison pendant un quart d'heures. Un elfe libre, bien sûr. Alors, où Juliet veut-elle aller ?"

Retenant le « Cap ! » qu’elle allait lancer par automatisme, la jeune femme hocha la tête.

« Juliet est capable. » finit-elle par déclarer, testant pour la première fois le fait de parler d’elle à la troisième personne. « Juliet n’aime pas vraiment parler d’elle à la troisième personne, mais puisque Juliet veut relever ce défi, Juliet parlera. » expliqua-t-elle, imperturbable. « Juliet constata qu’elle parle comme O’Connor dans ses bons jours. Juliet constate donc qu’O’Connor parle comme un elfe de maison. Juliet ira lui faire la remarque, si elle en a l’occasion, un jour. » poursuivit la jeune femme en chuchotant le terme « elfe de maison » afin de ne pas attirer la curiosité des Moldus.

« Donc. Juliet veut aller dans un endroit où il fait chaud puisque Juliet a légèrement froid. Ah, et Juliet préférerait un endroit un peu animé. » en jetant un coup d’œil à un salon de thé qui diffusait une musique classique.

Eclatant finalement de rire devant la façon dont elle parlait, elle souffla un « Juliet ne s’habituera jamais à parler comme ça » entre deux éclats de rire et se reprit par la suite. Parlant ainsi durant de longues minutes, monologuant parfois, s’attirant souvent les regards intrigués des promeneurs, elle termina enfin par achever ses quinze minutes de prise de parole et poussa un léger soupir de soulagement.

« Je t’ai dit que j’étais toujours cap, non ? » demanda-t-elle malicieusement, alors qu’ils arrivaient vers un bar où ils pouvaient entendre de dehors des brides d’une musique qui ressemblait à du rock. Elle s’apprêtait à proposer à Jeremy d’entrer lorsqu’un détail lui revint à l’esprit. Détail qui avait attisé sa curiosité et qu’elle comptait bien lui demander en défi… Attrapant la main de son ami elle le tira dans une ruelle légèrement plus sombre que les autres, et surtout dépeuplée à cette heure-ci.

« Cap ou pas cap de me montrer ce dont tu m’as parlé en arrivant ? »

Curieuse, elle s’adossa au mur et fixa le jeune homme.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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"Juliet est capable."

Il n'en fallut pas plus pour que Jeremy commence à rire, et son amusement se transforma en véritable hilarité au fil du monologue de son amie. C'était vraiment décalé de voir Juliet s'exprimer ainsi, et Jeremy était particulièrement fier de son idée. Son rire redoubla quand elle évoqua O'Connor. A croire qu'elle lisait dans ses pensées, songea-t-il avec incrédulité. C'était souvent frappant de constater à quel point ils se ressemblaient dans leur façon de raisonner.

"Juliet devrait attendre Jeremy", commenta-t-il entre deux éclats de rire quand elle évoqua la possibilité d'aller voir O'Connor pour souligner le fait qu'il parlait comme un elfe de maison. Mieux valait ne pas manquer une telle conversation, qui devait valoir son pesant d'or...

Jeremy approuva sa proposition d'aller dans un endroit chaud et animé, peu tenté par le salon de thé à l'ambiance à l'ambiance digne d'un anniversaire de mort, et ils continuèrent leur route, Juliet parlant et Jeremy riant. A la fin des quinze minutes, il avait des crampes et des larmes hystériques avaient coulé sur ses joues. Tandis que sa pauvre meilleure amie s'interrompait enfin avec soulagement, le jeune homme essuya son visage d'un revers de manche.

"Toujours cap, j'attends de voir !", répondit-il avec espièglerie. "On est restés petits joueurs, pour l'instant..."

Avec Gaétan, la partie n'était pas terminée avant qu'ils aient été arrêtés par l'autorité parentale ou qu'il y ait eu un blessé. Bon, il était hors de question de blesser sa meilleure amie, et il n'y avait pas d'autorité parentale alors Jeremy ne savait pas vraiment quand le jeu serait terminé. Quand ils en auraient marre, probablement, à moins que Jeremy ne trouve un défi que la jeune fille refuse de réaliser... Cela devait pouvoir se faire. Cependant, pour l'instant, ce n'était pas au tour du capitaine de défier son amie mais bien à Juliet. Alors qu'ils arrivaient devant un pub susceptible de leur convenir, Jeremy s'apprêtait à proposer à Juliet d'entrer quand il sentit la main de sa meilleure amie se glisser dans la sienne. Encore. Avant d'avoir eut le temps de dire quoi que ce soit, Jeremy se retrouva entraîné dans une petite ruelle sombre et isolée.

Un sourire mutin s'étira sur les lèvres du jeune homme, alors qu'il retenait de justesse une taquinerie. Il se doutait bien que Juliet n'avait probablement rien d'autre en tête que de trouver un endroit sans moldu pour qu'ils puissent se lancer un sort de séchage, mais il fallait bien reconnaître que d'un point de vue extérieur, la situation prêtait à confusion... Juliet posa alors son défi avant de s'appuyer contre le mur en l'observant avec curiosité. Ah, c'était donc ça. Le sourire de Jeremy s'agrandit, et il lança un regard indéchiffrable à Juliet. Il n'avait encore montré ça à personne, en dehors des sorciers présents à Bristol bien sûr, et de sa famille. Il avait fallut affronter une demi-journée de paperasse et d'examens au Ministère, écouter de nombreux conseils sur cette forme de magie complexe et pour finir s'entraîner un peu tous les jours, à prendre sa forme animale pour ensuite retrouver son apparence humaine. C'était quelque chose qui lui avait demandé énormément d'énergie et d'investissement, et il savait qu'il n'y serait jamais arrivé sans le professeur Nolan, jamais aussi vite. Bref, c'était un vrai bouleversement dans sa vie, et s'il était excité à l'idée de partager ça avec quelqu'un - c'était quand même assez impressionnant, il fallait l'avouer -, Jeremy se sentait également étrangement intimidé.

"Cap.", murmura-t-il finalement.

Il ferma les yeux pour mieux se concentrer sur sa métamorphose et, quelques secondes plus tard, se transforma. Là où se trouvait un homme quelques instants auparavant se tenait désormais un gros chien dont le poil doré était mouillé par l'eau de mer, ce qui n'était pas très agréable d'ailleurs. Aussitôt, ses pensées humaines s'effacèrent un peu pour laisser place à l'instinct animal, sensation à laquelle il n'était pas encore très habitué. Heureux de retrouver sa forme animagus et de la montrer à Juliet, l'animal se mit à bondir autour de la jeune fille en aboyant joyeusement et en remuant sa queue avec frénésie. C'était étrange de voir Juliet d'aussi bas, et il tenta de se mettre sur ses pattes arrières pour s'agrandir mais il n'y avait rien à faire, l'humaine était trop grande ! Après avoir fait le fou pendant quelques instants, Jeremy finit par se résoudre à regagner son apparence humaine, jugeant que ce serait tout de même plus simple pour communiquer. Instantanément, il sentit une vague de fatigue l'envahir, comme à chaque fois. D'après le professeur Nolan, cela disparaîtrait avec l'expérience. Jeremy était plutôt patient, conscient d'avoir déjà réussi à apprendre remarquablement vite. Un peu euphorique après sa transformation - il avait encore du mal à croire qu'il pouvait réellement faire ça - Jeremy s'approcha de Juliet et posa les deux mains sur ses épaules, plantant un regard ravi dans ses yeux gris.

"Plutôt cool non ?", s'exclama-t-il avec un immense sourire.

Une fois que Juliet lui eut répondu, Jeremy décida de profiter de leur isolement pour tirer sa baguette de sa poche et se sécher, ainsi que Juliet. Une délicieuse sensation de sec et de chaleur l'envahit, achevant de le mettre d'une excellente humeur.

"Offre moi un verre pour célébrer, cap ?"


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Adossée au mur de la ruelle dans laquelle elle avait entraîné Jeremy, Juliet l’observait, sa curiosité grandissant au fur et à mesure que le silence qui venait de s’installer s’éternisait. Et tandis que le sourire de son meilleur ami s’accentuait, le sien apparu sur son visage sans raison particulière, si ce n’est l’attente qui la rendait impatiente. Le « Cap. » murmuré par le Gryffondor lui arracha un léger rire, tandis qu’elle continuait à le fixer, cette fois vraiment intriguée par cette fameuse chose qu’il avait à lui montrer.

Et sa surprise fut de taille lorsqu’elle découvrit, là où se tenait quelques secondes auparavant son meilleur ami, un énorme chien au poil doré. Lâchant une exclamation, les yeux écarquillés par la surprise, elle observa, incrédule, le Golden Retriever bondir autour d’elle en aboyant joyeusement. Un Golden Retriever. La forme Animagus de Jeremy. Jeremy. Jeremy était un Animagus. Oh Merlin. Merlin, Merlin, Merlin. Un véritable éclat de rire franchit ses lèvres tandis qu’elle secouait la tête, toujours agréablement désemparée face à la situation. C’était incroyable. Oui, incroyable. Surtout puisqu’elle ne s’y attendait pas le moins du monde. Evidemment, elle savait Jeremy plus que doué pour la Métamorphose. Evidemment, elle savait qu’il avait passé son fameux concours pour entrer à Bristol l’année prochaine. Mais de là à deviner qu’il s’était exercé pour finir par devenir Animagus… Incroyable. Magnifiquement incroyable, même.

Reprenant ses esprits, Juliet contempla l’animal qui continuait de bondir partout, et se baissa pour caresser la tête de l’énorme chien.

« Bordel. » jura-t-elle en souriant tout en se remettant correctement debout.

Une fois que Jeremy eut reprit sa taille humaine – mine de rien, c’était tout de même plus pratique pour communiquer – ce dernier posa ses mains sur ses épaules et elle ne pu qu’hocher vigoureusement la tête à sa question.

« C’est… Enorme. » déclara-t-elle finalement en soutenant le regard du jeune, un immense sourire toujours dessiné sur les lèvres. « Wow. Putain mais Jerem c’est juste génial ! Félicitations, vraiment. Et wow, quoi. » répéta-t-elle pour témoigner son admiration.

« Cap ! » s’exclama-t-elle juste après. « Et avec plaisir. »

Après avoir remercié Jeremy qui venait de les sécher à l’aide d’un sort, Juliet entreprit de sortir de la petite ruelle, se rapprochant de plus en plus du bar qu’elle avait repéré en arrivant. Après avoir concerté le capitaine de l’équipe des Gryffondor, la jeune femme finit par pousser la porte et pénétra dans l’enceinte du bar. L’ambiance qui s’y dégageait lui plu instantanément. S’avançant au milieu des tables et évitant les quelques personnes qui dansaient, Juliet dénicha une table et se laissa tomber sur la chaise avec un soupir de contentement.

Après avoir commandé deux bières à un serveur qui passait par là, la Gryffondor reporta son attention sur Jeremy, commençant à réfléchir à un défi qu’elle pourrait bien lui lancer. Après quelques minutes de réflexion – durant lesquelles leurs boissons arrivèrent, permettant ainsi à la jeune femme de se désaltérer, Merlin merci – un nouveau sourire énigmatique vint étirer ses lèvres tandis qu’elle se levait pour aller demander un troisième verre, d’alcool fort, cette fois au bar. Revenant vers le jeune homme, elle le déposa devant lui.

« Cul-sec. Cap ou pas cap ? »



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Un grand sourire toujours collé aux lèvres après sa révélation à Juliet, Jeremy entra dans le bar à sa suite. L'endroit était un bon choix, songea-t-il en notant l'ambiance détendue qui y régnait et la musique rock qui y était diffusée. Il suivit Juliet qui se frayait un chemin jusqu'à une table et se laissa tomber sur sa chaise avec soulagement. Il ôta sa veste tandis que Juliet passait commande, puis étancha sa soif avec de longues gorgées de bière bien fraîche. Parfait, songea-t-il en reportant son attention sur Juliet, qui semblait plongée dans de profondes réflexions. Soudain, la jeune fille esquissa un sourire mystérieux et se leva pour se diriger vers le comptoir. Jeremy sirota la fin de sa bière en laissant son regard courir sur l'endroit, détaillant sa décoration et les gens qui s'y trouvaient. Bientôt, Juliet revint avec un verre d'alcool fort qu'elle posa devant lui en le mettant au défi de le boire cul-sec. Jeremy éclata de rire et lança un regard faussement indigné à son amie :

"Essayeriez-vous de me saouler, miss Wilson ?"

Sans lâcher Juliet du regard, il attrapa le verre, le porta à ses lèvres et le vida d'un coup, retenant une grimace en sentant le liquide passer dans sa gorge. Jeremy savait qu'il supportait plutôt bien l'alcool, du moment qu'il n'en abusait pas de façon éhontée comme au réveillon chez Irving, et qu'il faudrait plus qu'une bière et un verre pour qu'il crie grâce...

"Cap ! Trop facile !", lança-t-il pour fanfaronner.

Jeremy se balança un peu sur sa chaise et poussa un soupir de contentement, se sentant comme enveloppé dans une bulle de confort et de chaleur. Il ne s'était pas senti aussi bien depuis longtemps, depuis des semaines, à vrai dire. Il laissa son regard errer dans la pièce pendant un moment, réfléchissant à une idée de gage, quand il remarqua deux jeunes hommes installés à une table vers la porte. L'un deux observait Juliet avec une insistance qui ne lui plaisait pas du tout, aussi Jeremy lui lança-t-il un regard féroce jusqu'à ce qu'il détourne les yeux. Non mais, on avait pas idée de regarder les filles comme ça !, songea le jeune homme en râlant intérieurement. Bon, il était vrai qu'elle était particulièrement jolie, sa meilleure amie, avec son chignon lâche, son regard éclatant et ses joues rosies, mais...ce n'était pas une raison. Jeremy secoua la tête pour en sortir ses pensées et se leva à son tour.

"Je reviens."

A son tour, il se dirigea vers le bar et engagea une conversation laborieuse avec le barman, à l'issue de laquelle quelques pièces d'argent moldu furent échangées contre une bouteille et deux verres. Jeremy revint vers leur petite table et y posa la bouteille emplie d'un cocktail orangé.

"C'est du rhum avec...quelque chose, je crois", commenta-t-il en haussant les épaules.

Jeremy remplit les deux verres et en poussa un en direction de son amie avec un sourire machiavélique.

"OK, il est temps de lier ton destin au mien le temps d'une soirée. Quand je bois, tu bois, cap ou pas cap ?"

Sans attendre de réponse, Jeremy attrapa son verre et le vida cul-sec, avant de lancer un clin d'oeil espiègle à son amie. Elle avait voulu le défier sur ce terrain là, elle en aurait pour ses frais ! Même s'il n'avait pas l'intention de trop abuser non plus, n'ayant aucune envie de rendre Juliet malade... Bon, il y avait toujours la possibilité qu'elle tienne mieux l'alcool que lui mais étant donné leurs constitutions respectives, il avait un léger doute sur la question.

"On est bien ici", commenta-t-il alors avec un sourire bienheureux. "J'aime bien cet endroit. Et cette ville."

*Et cette journée.*



Juliet E. BakerSans emploiavatar
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« Je n’oserais jamais… » répondit-elle avec une mine faussement innocente lorsque Jeremy l’accusa de vouloir le saouler. Soutenant son regard lorsqu’il vida son verre d’une traite, Juliet hocha la tête comme pour lui accorder la réussite de son défi et porta sa bière à ses lèvres pour se désaltérer. Savourant la boisson, elle laissa son regard vagabonder dans la salle, tandis que son meilleur ami se balançait distraitement sur sa chaise, visiblement en pleine réflexion. Reportant son attention sur Jeremy, un sourire apparu sur son visage. Elle était bien, là. Elle aimait cette journée, elle aimait cette ville, elle aimait le moment qu’ils passaient, tout les deux. Loin de leurs préoccupations, et, surtout, loin de leurs parents respectifs, qui constituaient aujourd’hui chez la jeune fille une vraie source de tracas. A Aberystwyth, la vie lui semblait presque plus simple. Comme si tout était plus accessible qu’à Londres, qu’à Poudlard. Pas besoin de songer aux ASPICs qu’elle repasserait en juin pour la deuxième fois. Pas besoin de se préoccuper de son avenir, de ce qu’elle allait faire en complément de ses deux années d’études à l’université. Pas besoin de penser à ce qu’elle allait devoir laisser derrière elle. Là, aujourd’hui, il y avait tout devant elle. Toute la vie. Et c’était peut-être ça, le plus beau, songea Juliet reprenant une gorgée de sa boisson. Ils avaient toute la vie devant eux.

Intriguée, elle suivit du regard son meilleur ami qui venait de quitter sa chaise pour se diriger vers le bar. Suivant de loin l’échange entre le Gryffondor et le barman, la jeune femme haussa les sourcils en le voyant revenir, une bouteille dans une main, deux verres dans l’autre. Sans explication, si ce n’est sur les composants de la bouteille, Jeremy finit par remplir deux verres, en poussant un vers elle.

"OK, il est temps de lier ton destin au mien le temps d'une soirée. Quand je bois, tu bois, cap ou pas cap ?"

Et, sans attendre sa réponse, il vida son propre verre avant de lui lancer un clin d’œil espiègle. Saisissant le sien tandis qu’elle plantait ses yeux dans ceux du capitaine, elle porta son verre à ses lèvres pour le descendre d’un coup, tentant de ne pas grimacer en sentant le liquide lui brûler la gorge. Puis, cette première sensation passée, ce fut celle de chaleur qui la remplaça, et, complètement réchauffée, elle adressa un sourire éclatant à son meilleur ami.

« Cap ! » s’exclama Juliet. « Je te fais confiance… » déclara-t-elle, consciente de ne probablement pas tenir aussi bien l’alcool que le jeune homme, du fait de leurs carrures différentes. Bien qu’il lui fallait plus d’un verre pour la mettre hors d’état…

« J’aime être ici. » rajouta la Gryffondor à la suite de Jeremy. « J’aime cette journée. » Et elle était heureuse d’avoir laissé de côté l’image de la future adulte responsable qu’elle n’était pas.

Les heures passèrent, la soirée avança. Rythmée par les verres descendus, les défis stupides qu’ils se lancèrent et qu’ils réalisèrent, les nombreux rires, les nombreux moments de complicités. Au final, ils étaient au milieu de la soirée, lorsque Juliet, après avoir réalisé un défi particulièrement stupide et drôle se planta devant le jeune homme.

« Je refuse de croire que tu es capable de tout. » décida-t-elle en remplissant son verre pour en avaler une gorgée.

Réfléchissant activement, son cerveau embrumé par l’alcool, Juliet fronça les sourcils. Elle voulait bien croire que Jeremy devait aimer les défis autant qu’elle. Elle voulait bien croire également que sa limite était posée aussi loin que la sienne. Mais il en avait forcément une, non ? Oui, forcément. Il ne pouvait pas être capable de tout réaliser, même en ayant un goût pour l’aventure prononcé… Et si sa limite n’était pas physique elle devait être… Morale. Un sourire machiavélique se dessina sur les lèvres, relevant ses pommettes rosies par la chaleur qui régnait dans le bar.

« Je sais. » affirma-t-elle alors. « Pas cap de m’embrasser. » déclara-t-elle sûre d’elle. Jubilant, elle leva son verre pour le vider et le reposa sur la table. « Sans rancune hein, on a tout les deux la même limite… » Malicieuse, elle lui adressa un clin d’œil faussement narquois avant d’éclater de rire. Puis, détournant la tête pour balayer la salle du regard, la jeune femme tenta de trouver un peu d’inspiration pour lancer un défi à son meilleur ami.

« Hum… » souffla-t-elle, à court d’idées.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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« J’aime cette journée. »

Un sourire incrédule aux lèvres, Jeremy se demanda si Juliet n'avait pas appris à devenir legilimens sans lui en parler. C'était possible après tout, lui était bien devenu animagus dans le plus grand secret... Quoi qu'il en soit, il avait à nouveau eu l'impression que Juliet lisait dans ses pensées, cela devenait une habitude. Il avait parfois l'impression qu'elle était la personne qui le comprenait le mieux au monde, c'était probablement pour cela qu'ils étaient devenus meilleurs amis, pour cela qu'ils s'étaient tant rapprochés en si peu de temps. Un auparavant, ils n'étaient que des camarades d'une même maison, qui ne se connaissaient pas très bien, et aujourd'hui... Mais Jeremy n'avait pas le temps de deviser intérieurement sur son amitié avec Juliet. Le jeu attendait.

Le jeu les occupa longtemps, et ils animèrent le pub de leurs rires et de leurs défis stupides pendant plusieurs heures. Plus la soirée avançait, et plus Jeremy se détendait, plus l'alcool, la chaleur, la musique et le jeu s'imprégnaient en lui et lui faisaient tout oublier. C'était comme si le monde extérieur n'existait plus, comme s'il ne restait plus rien à part cet endroit, Juliet et lui. Il riait encore de son dernier défi quand elle vint se planter devant lui, et affirma haut et fort qu'elle refusait de croire qu'il soit capable de tout.

"Et pourtant...", répondit-il pour la frime, un éclat de malice dans le regard.

Bien sûr que non, il n'était pas capable de tout. Il y avait plein de choses qu'elle aurait pu lui demander et pour lesquelles il aurait dit non. Il n'était pas suicidaire, ni complètement inconscient ou dépourvu de sens moral. Jeremy avait beau être aventureux, il avait malgré tout un certain sens des responsabilités. Il ne tenait pas à foutre sa vie en l'air, à blesser quelqu'un, ni à faire quoi que ce soit qui puisse avoir des conséquences plus graves que le simple ridicule. C'était évident, mais si elle tenait à le prouver, il n'avait rien contre. En voyant Juliet réfléchir, tout en sirotant un énième verre d'alcool, Jeremy s'attendit donc à ce qu'elle lui lance un de ces défis qu'il ne pourrait pas relever. Il était prêt à l'accepter, après tout, cela n'avait pas grande importance qu'il gagne ou qu'il perde. L'important était qu'ils se soient bien amusés et qu'ils se soient faits d'excellents souvenirs qui les suivraient longtemps, en retrouvant une complicité plus grande encore que celle qu'ils avaient jusque là. Bon perdant, Jeremy attendit donc patiemment que Juliet trouve ce fameux défi qu'il ne pourrait pas relever.

Il s'attendait à tout, sauf à ça. Son coeur rata un battement et il lança un regard effaré à sa meilleure amie, qui était trop occupée à jubiler pour s'en rendre compte. Elle ne lui avait pas vraiment lancé le défi de l'embrasser, si ? Jeremy ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau, tandis qu'une protestation mourrait dans sa gorge, et la referma avant que Juliet ne reporte son attention sur lui. C'est alors qu'elle ajouta, avant de l'achever d'un clin d'oeil narquois, suivi d'un éclat de rire :

« Sans rancune hein, on a tout les deux la même limite… »

Un éclair d'incompréhension passa dans le regard de Jeremy, qui resta figé sur place, tandis que Juliet se détournait comme si de rien n'était. Il ne comprenait pas, là, pas du tout. Elle savait pertinemment qu'il en était capable, puisqu'il avait déjà failli le faire, un mois plus tôt. Il l'aurait fait s'il n'avait pas été surpris. Et elle savait tout aussi pertinemment les conséquences que cela pourrait avoir. Alors quoi, pourquoi lui demander ça ? Parce qu'elle voulait qu'il l'embrasse ? Mais si c'était le cas, alors pourquoi lui affirmer en riant qu'elle-même en était incapable ? Pourquoi tant de légèreté, sur un sujet aussi sérieux, entre eux ? Elle aurait pu lui demander d'embrasser n'importe qui d'autre dans ce bar, n'importe qui, et il aurait dit non. Sans hésiter. Mais ce n'était pas n'importe qui, c'était elle, et cela n'avait rien de drôle. Elle n'avait pas trouvé ça drôle, un mois plus tôt, alors pourquoi maintenant ? Il ne comprenait pas le message. Il ne comprenait pas, et refusait de faire comme si elle n'avait rien dit, comme si cela n'avait pas d'importance. Un simple défi lancé en l'air, une simple blague, non. Peut-être que tout s'était éclairci dans la tête de Juliet depuis ce jour là dans le dortoir, peut-être que c'était simple et limpide pour elle, au point qu'elle puisse lancer ça en l'air et en plaisanter. Mais ce n'était pas son cas, et il fallait qu'elle le comprenne. Il voulait lui lancer un message, à son tour, un message clair et sans équivoque, pour qu'elle ne puisse plus jamais prétendre qu'il n'y avait aucune ambiguïté. Parce que rien n'était clair et limpide, pas pour Jeremy.

Sortant de son immobilisme, Jeremy attrapa l'avant-bras de Juliet pour attirer son attention. Il planta son regard dans le sien quelques instants, tentant de deviner ses pensées, cherchant un moyen de lui exprimer tout ce qu'il avait sur le coeur. Mais il n'y arrivait pas. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était de se noyer dans ce regard, et de se laisser envahir par cette foule d'émotions contradictoires. La gorge serrée, il finit par se rapprocher un peu d'elle pour murmurer :

"Vraiment Juliet, c'est ça ta limite ?"

Dommage, parce que ce n'était pas la sienne, réalisa-t-il en baissant le regard vers les lèvres si tentantes de sa meilleure amie. Même s'il ne le fallait pas, même si...Non, il ne voulait plus réfléchir, il ne voulait plus penser. Tout ce qu'il voulait, là, à cet instant, c'était elle. Juliet, sa meilleure amie. Il voulait ses lèvres contre les siennes, son corps contre le sien, son odeur emplissant ses narines, ses caresses sur sa peau. Il voulait Juliet. Juliet, Juliet, Juliet... Décidé à faire taire la litanie dans son cerveau, Jeremy lâcha le bras de la jeune fille et, après avoir lutté contre lui-même pendant quelques instants, céda. Son bras vint enlacer sa taille, tandis que son autre main se glissait dans ses cheveux et qu'il avançait son visage vers le sien. Les yeux clos, le coeur battant à tout rompre, Jeremy franchit la courte distance qui les séparait et posa ses lèvres sur les siennes. Une seconde, deux secondes, trois secondes, puis il perdit le compte. Il l'embrassa sans réserve, avec fougue, avec passion, avec tendresse, avec même une pointe de colère et de désespoir. Il l'embrassa longuement, parce que c'était la première fois, probablement la dernière, et que, par Merlin, c'était bon.

Enfin, il finit par se résoudre à rompre leur étreinte et relâcha ses lèvres, sans s'éloigner pour autant. Le souffle court, profondément secoué, Jeremy posa son front sur celui de Juliet un instant, avant de s'éloigner un peu. Il posa sur elle un regard indéchiffrable et laissa planer un instant de silence, avant de murmurer d'une voix éraillée :

"Cap."

Oui, il était cap. Cap de l'embrasser, en dépit de toutes les raisons pour lesquelles c'était mal, en dépit de tout ce qu'il risquait de perdre. Sa relation avec Georgiana, son amitié avec Killian, et bien sûr son amitié avec Juliet. Mais il était cap, et pas parce que c'était un jeu, pas à cause de l'alcool, non, il n'avait même pas ces excuses là. Il était cap parce que c'était elle, parce que c'était eux. Parce qu'il y pensait depuis des semaines, dans un coin de sa tête, qu'il n'avait fait que prétendre que cela n'existait pas. Parce qu'il se demandait s'ils faisaient fausse route, s'ils ne passaient pas à côté de quelque chose, quelque chose de suffisamment grand et de suffisamment fort pour que cela vaille la peine de prendre le risque de se planter. Il était cap de tout remettre en cause pour elle, parce qu'il avait foi en eux, parce qu'au fond de lui, il savait qu'il avait envie d'essayer. Il voulait savoir s'il y avait plus.

Mais elle avait raison sur un point, il n'était pas cap de tout. Il n'était pas cap de lui dire non, de lui résister. Il n'était pas capable de se cantonner à cette limite qui était celle de Juliet, apparemment, alors au fond, il était heureux de l'avoir embrassé. Car au moins, maintenant, les choses étaient claires. Ils savaient désormais qu'ils ne pouvaient plus jouer indéfiniment, qu'ils ne pouvaient plus prétendre qu'il n'y avait rien, car il y avait quelque chose, même si ce n'était que du côté de Jeremy. Ils savaient qu'il y avait un danger, et qu'il faudrait prendre leurs distances, et vite. Même si cela faisait mal, vraiment. Un mal de chien.

Relâchant complètement la jeune fille, Jeremy s'écarta d'elle et se força à esquisser un petit sourire.

"On a pas la même limite, tu vois."

Tendant la main vers elle, il caressa doucement sa joue du bout des doigts, avant de murmurer avec tendresse :

"Sans rancune."


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Pourquoi avait-elle dit ça ? Pourquoi avait-elle abordé ce sujet, là, maintenant ? Pourquoi maintenant, alors que tout était parfait ? Non, elle continuait à se mentir. Ce n’était qu’une illusion, puisque rien n’était parfait. Puisqu’elle savait qu’il y avait ce malaise, entre eux. Un malaise non-dit, évidemment. Des gestes anodins, qui pouvaient sembler déplacés. Cette façon de lui attraper la main, trop régulièrement, cette manie de venir se blottir contre lui, souvent. Il y avait ces choses auxquelles elle ne voulait pas penser, qu’elle ne voulait pas voir. Parce que c’est tellement plus simple, de fermer les yeux. Jusqu’à ce qu’un jour, sans y prendre garde, on les rouvre. On les rouvre pour tomber sur la réalité. Celle qu’on a repoussée si longtemps. Oh bien évidement, ce défi avait été prononcé sur le ton de l’humour. Parce qu’elle avait toujours aimé plaisanter, Juliet. Dans beaucoup de situations. Pour détendre l’atmosphère, souvent. Pour entendre le rire des autres, régulièrement. Parce qu’elle avait toujours trouvé cela plus facile que de s’apitoyer sur son sort. Pour masquer sa gêne, aussi. Rire, sourire, se détourner et changer de sujet. Rien de plus simple, en soit. Parler d’autre chose pour dissimuler une phrase qui lui avait échappée. Et puis oublier ce qu’elle avait dit. C’aurait été tellement simple, tellement facile. Balayant le pub du regard, dans l’espoir de trouver rapidement un gage à donner à son ami, Juliet se mordilla nerveusement la lèvre inférieure. Elle allait apprendre à réfléchir, avant de parler. Elle allait commencer à anticiper ses réponses. Triturant doucement le bord de la table, la jeune femme s’apprêtait à prendre la parole, lorsque la main de Jeremy se posa sur son avant-bras, la forçant à se retourner. En face de lui, elle hésita, avant de plonger ses yeux dans ceux de son meilleur ami.

C’était donc ça, sa limite ? Elle n’en savait rien. A vrai dire, elle n’avait plus vraiment conscience de grand-chose, si ce n’est de leur proximité. Proximité qui n’était visiblement pas suffisante, puisqu’elle ressentait l’envie de se rapprocher encore de son meilleur ami. Cesser cette situation insupportable, franchir cette distante insoutenable, et juste se retrouver contre lui. Pendant quelques instants, juste quelques instants. Le temps de voir la réalité en face. Pour ensuite faire taire la vérité. Gardant ses yeux plantés dans ceux de Jeremy, Juliet sentit son bras retomber le long de son corps, et ce fut non sans une pointe de déception qu’elle s’apprêtait à se retourner. Qu’avait-elle espéré, au juste ? Pourquoi songeait-elle à ça ? Elle n’eut à peine le temps de formuler ces questions intérieurement, que le bras de du capitaine vint enlacer sa taille, tandis que son autre main se glissait dans ses cheveux. Instantanément, ses yeux se fermèrent, alors que ses lèvres se posaient sur celles de son meilleur ami, pour un baiser qui dura longtemps. Longtemps. Un moment durant lequel Juliet ne songea à rien. Absolument rien.

Ce ne fut que lorsqu’il y mit fin, pour poser son front contre le sien, que Juliet se rendit compte à quel point le baiser lui avait plu, à quel point elle avait une envie irrésistible de recommencer, et à quel point elle était assaillie par une centaine de sentiments contradictoire, qu’elle essayait tant bien que mal de ne pas écouter. Le regardant s’éloigner d’elle, elle ferma doucement les yeux. Par Merlin, Morgane, Godric. Par toutes les divinités sorcières qu’elle ne connaissait pas. Elle venait d’embrasser son meilleur ami. Ce même meilleur ami qui venait de lui murmurer qu’ils n’avaient pas la même limite. Oh, si, finalement, ils l’avaient peut-être, cette même limite. Elle était cependant posée bien plus loin que ce que la jeune femme avait imaginé. Elle rouvrit alors les yeux tandis que Jeremy lui caressait doucement la joue en soufflant un « Sans rancune. » qui finit de l’achever. Attrapant la main du Gryffondor, toujours posée sur sa joue, dans la sienne, Juliet releva les yeux vers lui et enlaça ses doigts à ceux de son meilleur ami, avant de rapprocher de lui et de lever légèrement la tête pour le fixer avec intensité. Ce fut sans réfléchir qu’elle captura à son tour ses lèvres, plus doucement que la dernière fois, tout aussi longtemps, tout aussi intensément. Pour tenter de lui faire passer à travers ça tout ce qu’elle n’arrivait pas à exprimer. Puisque c’était trop compliqué, puisque ça leur était interdit. Reculant légèrement pour rompre le baiser, Juliet resta toutefois appuyée contre lui, le souffle court, les yeux brillants. Elle n’eut même pas l’idée de souffler un « cap » puisque le jeu s’était arrêté pour elle à la minute même où Jeremy avait franchit la distance qui les séparait.

Soudain, alors qu’elle reculait, elle se surprit à étouffer, dans ce pub. Air. Elle avait besoin d’air. Maintenant. Sa main toujours dans celle du Gryffondor, elle attrapa sa veste de l’autre et souffla un « Vient. » avant de le conduire à l’extérieur du bar. Le relâchant, elle respira l’air frais à plein poumon, avant de se laisser tomber sur le bord du trottoir. Peu à peu, tout retombait, et bientôt, ce seront les véritables questions qui assailliront son esprit.

« Jeremy ? » appela-t-elle enfin. « Est-ce qu’on doit… ? »

S’éloigner l’un de l’autre. Songea amèrement la jeune femme, ces mots refusant de franchir ses lèvres. Elle avait besoin de Jeremy dans sa vie. Et, égoïstement, elle ne voyait pas en quoi cela pourrait améliorer sa vie de s’isoler de lui. Pourtant elle le savait, que ce serait mieux pour lui, qui aimait Georgiana, mieux pour elle, qui aimait Killian.

Levant un regard implorant sur le jeune homme, Juliet frissonna. Elle avait froid. Et sûrement pas uniquement à cause du temps.



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Contre toute attente, Jeremy vit Juliet se rapprocher de lui à nouveau, après avoir enlacé ses doigts au sien. Interdit, il resta figé, tandis que de grands panneaux "alerte, danger" s'allumaient dans son cerveau. Elle l'embrassa à son tour, et il se sentit perdre pied. Plus rien n'avait d'importance, à part les lèvres de Juliet contre les siennes, à part son corps si près du sien. Plus rien n'avait d'importance car, contrairement à ce qu'il avait cru, elle l'aimait aussi. Non ! Amour, qui avait parlé d'amour ? Il ne pouvait pas y avoir de ça entre eux. Cela ne pouvait vraiment rien apporter de bon, rien du tout, c'était bien mieux de mettre ça sur le compte de simples pulsions physiques, de l'alcool, de la fatigue, de la confusion, n'importe quoi d'autre que de l'amour. Mais comment expliquer alors qu'il se sente si chamboulé, bouleversé, remué ? Comment expliquer cette chaleur qui se répandait en lui, comment expliquer que son cerveau semblait s'être éteint et que son coeur battait si violemment que s'en était presque douloureux, comment expliquer son regard sur elle qui avait changé ? Comment expliquer que le bonheur et la panique se battaient en duel dans sa tête ? Merde, merde, merde. Les jurons fleurissaient dans la tête de Jeremy, qui remarqua à peine qu'il se faisait entraîner hors du bar.

L'air frais de la nuit lui fit comme un coup de fouet, et il reprit lentement ses esprits. Il se mit à faire les cent-pas, plongé dans ses pensées agitées. Il fallait qu'il se calme, qu'il réfléchisse à cette situation inextricable dans laquelle ils venaient de se mettre. Ils ne pouvaient plus faire comme s'il n'y avait qu'elle et lui, comme ils l'avaient fait toute la journée. Car demain ils retrouvaient la réalité, et après-demain, ils rentraient à Poudlard, auprès de leurs petits-amis respectifs. Peu importait ce qu'ils pouvaient ressentir l'un pour l'autre, ils ne pouvaient pas y laisser libre court, ils ne pouvaient pas, c'était aussi simple que ça. Cela devait disparaître, car il n'avait jamais vu Killian aussi heureux que depuis qu'il était avec Juliet, parce que lui-même n'avait pas regretté une seule fois de s'être mis avec Georgiana depuis novembre. Il n'avait pas l'impression que quoi que ce soit ait changé, dans ses sentiments pour Georgiana. Il était toujours aussi heureux, quand il était avec elle, alors comment quelque chose de la sorte avait-il pu arriver ? On tombait amoureux quand on était seul, ou malheureux, mais pas quand on avait déjà quelqu'un de formidable dans sa vie ! Cela n'avait aucun sens. Le regard de Jeremy se posa sur Juliet, assise sur le rebord du trottoir, et il sentit son coeur se serrer. Peut-être que rien n'avait changé, mais sa relation avec Georgiana lui semblait presque fade en comparaison de ce qu'il ressentait à cet instant. Fade n'était pas le bon mot, non, il n'y avait rien de fade en Georgiana, c'était plutôt...c'était comme si leur histoire n'était qu'anecdotique à côté de ce qu'il pouvait imaginer pour Juliet et lui. Quand il voyait Juliet, il voyait son présent, et il voyait son futur. Merlin... Pris de vertige, Jeremy s'arrêta de marcher et se força à prendre plusieurs grandes inspirations. Il fallait qu'il prenne le temps de réfléchir, il ne fallait pas qu'il se plante. Il avait trop à perdre pour prendre la mauvaise décision. Mais la décision ne dépendait pas que de lui, elle dépendait de Juliet, et de Georgiana.

« Jeremy ? Est-ce qu’on doit… ? »

Il baissa les yeux, incapable de soutenir ce regard implorant qu'elle lui lançait. Si elle s'attendait à ce qu'il ait une solution magique à portée de main pour arranger tout ça, elle allait être cruellement déçue... En quelques grandes enjambées, Jeremy rejoignit la jeune fille et se laissa tomber sur le trottoir à côté d'elle, avant de passer un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui. Au point où ils en étaient, de toute façon... Il médita sa réponse un moment, et finit par prendre la parole d'une voix basse.

"J'aimerais tellement pouvoir te dire que tout peut redevenir comme avant, mais...Mais ce serait mentir. On ne peut pas continuer comme ça, les deux meilleurs amis, avec leurs petits-amis ça...ça ne fonctionnera pas. Je ne m'en sens pas capable, pas après ça, je pense qu'il y aura toujours cette ambiguité entre nous et que quelque chose de ce genre finirait par se reproduire, immanquablement. Je refuse qu'on se mette dans cette situation, ça ne serait juste pour personne, ça ne peut faire de bien à personne et je...je ne veux pas être ce genre de personne."

Un silence lourd suivit ses paroles. Il n'avait pas besoin d'évoquer leurs parents, persuadé que Juliet verrait très bien où il voulait en venir. Il lui avait dit, une fois, qu'il n'en voulait pas à sa mère pour le fait qu'elle soit partie avec un autre homme, mais pour la façon dont elle s'y était prise. Eh bien, il ne ferait pas la même chose, il ne vivrait pas dans le mensonge. Quelle que soit cette chose entre Juliet et lui, elle existait et il ne pourrait pas le nier. Il devait agir en conséquences, même s'il s'en sentait complètement incapable...

"Il n'y a pas cinquante solutions", ajouta-t-il en sentant une amertume l'envahir, "si on veut avoir une chance de sauver nos couples, ça veut dire qu'on ne peut plus être amis. On doit prendre nos distances. Ca veut dire arrêter de passer du temps ensemble, arrêter de se parler sauf si on est obligés, ça veut dire...Merlin, Juliet, si tu savais comme ça me tue de dire ça."

Sa main se crispa sur l'épaule de la jeune fille, alors qu'il s'imaginait mettre en pratique ses propres paroles. Il s'imaginait finir l'année sans lui parler, la voir évoluer de loin, parler et rire avec d'autres que lui, aimer d'autres que lui. Il s'imaginait ne plus savoir ce qu'il se passait dans sa vie, ne plus être là pour elle, qu'elle ne puisse plus compter sur lui. Cela voulait dire devenir des étrangers à nouveau. Et, une fois Poudlard achevé, cela voulait dire le silence, l'absence. Alors qu'il se familiarisait avec cette possibilité, il sentait sa gorge se serrer et une tristesse sans nom l'envahir. Il imaginait un futur sans Juliet, et il se sentait misérable, il se sentait en colère contre le monde entier. Contre elle, contre lui, contre Killian et Georgiana, le monde à l'envers... Merlin, il ne voulait pas de ce futur, mais l'alternative était-elle meilleure ? Quitter Georgiana, en serait-il seulement capable ? Assumer ses sentiments pour Juliet, face à Killian ? Et s'il faisait erreur, s'il n'y avait rien entre eux, rien de durable ? Alors il les aurait perdus pour rien...

Pourquoi ne pouvait-il pas faire taire sa petite voix intérieure qui lui soufflait que non, il ne faisait pas fausse route ? Peut-être parce qu'il ne parvenait pas à oublier la sensation des lèvres de Juliet sur les siennes, et parce qu'il ne parvenait pas à imaginer une seule journée sans elle. Parvenu à ce point de ses réflexions, Jeremy souffla deux petits mots, qui en disaient long.

"Sauf si..."

Les mots moururent dans sa gorge. Incapable de continuer, Jeremy relâcha la jeune fille et se releva pour faire quelques pas nerveux. Il avait du mal à croire qu'il allait suggérer une chose pareille. Il ne fallait pas, il ne devait pas, c'était mal et il n'y avait aucune chance pour qu'elle accepte. Il savait qu'elle allait lui dire non, et que cela allait le détruire. Eh bien, c'était justement pour ça qu'il devait le dire : la séparation n'en serait que plus facile. Jeremy avait toujours été ainsi, il était plus facile de vivre en absolus. Connaître avec certitude ses amis de ses ennemis, savoir ce qui était bien et ce qui était mal, car il était plus facile de se repérer dans un monde en noir et blanc...

Balayant ses dernières hésitations, Jeremy revint se planter devant Juliet et affirma d'un ton sans appel :

"Juliet, on a un choix à faire. Eux ou nous."


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Assise sur le bord du trottoir, en face de Jeremy, Juliet regardait ce dernier faire les cents-pas, visiblement nerveux. Et nerveuse, elle l’était également. Parce qu’en une soirée, le malaise qui était présent entre eux depuis le début de mois de mars s’était intensifié, sans même qu’elle y prenne garde, jusqu’à… Jusqu’à ce qu’ils embrassent. Jusqu’à ce que tout dérape. Deux baisers. Deux baisers échangés en connaissance de cause. Deux baisers qu’elle ne voulait pas remettre sur le compte du jeu, de l’alcool, de la fatigue, de la confusion, du besoin de présence. Qu’elle ne voulait pas, et qu’elle ne pouvait pas. Elle était complètement lucide lorsqu’elle avait embrassé Jeremy, une seconde fois. Elle savait exactement ce qu’elle faisait lorsqu’elle avait répondu à son baiser. Elle était responsable de ça. Et elle l’assumait. Parce qu’elle avait apprécié cela plus qu’elle ne l’aurait imaginé, parce qu’elle sentait encore le corps de son meilleur ami contre le sien, parce qu’elle avait encore la sensation de ses lèvres posées sur les siennes. Puis, parce qu’elle se savait incapable de regretter. Pourtant, elle culpabiliser, Merlin qu’elle culpabilisait. Parce qu’elle avait Killian, dans sa vie, parce que Jeremy avait Georgiana dans la sienne. Et elle l’aimait, Killian. Elle l’aimait vraiment, elle n’en avait pas douté une seule seconde depuis leur discussion en Laponie. Alors pourquoi ? Pourquoi ressentait-elle ça à l’égard de Jeremy ? Pourquoi cette impression que son cœur battait plus vite, plus fort ? Pourquoi cette envie d’être près de lui, à nouveau ? Elle baissa la tête après lui avoir lancé un regard implorant. Elle ne savait plus rien, elle ne comprenait qu’à peine. La seule chose qu’elle était capable de faire, en cet instant précis, était de ressentir. De ressentir et d’analyser les sentiments contradictoires qui l’envahissaient depuis plusieurs minutes. Elle ferma brièvement les yeux. Par Merlin.

Se laissant attirer contre son meilleur ami qui venait de s’assoir à côté d’elle et de passer un bras par-dessus ses épaules, Juliet posa sa tête contre le torse du jeune homme et saisit distraitement sa main. Ecoutant ses paroles avec attention, la jeune femme se mordilla la lèvre inférieure, également en pleine réflexion. Elle non plus, elle ne voulait pas être ce genre de personne. Elle ne voulait ni se mentir à elle-même, ni mentir aux autres. Mais voulait-elle que tout redevienne comme avant ? Elle qui à présent savait que tout aurait fini par déraper, un jour ? Les choses étaient claires, au moins. Quelque soit ce qu’il y avait entre eux, il fallait trouver une solution, immédiatement, impérativement. Et Juliet la connaissait, celle solution. Il n’y en avait pas cinquante, comme venait si justement de dire le jeune homme. Prendre leurs distances. Cesser de se parler, cesser de passer du temps ensemble. Tout arrêter. Tout. Leur amitié, ce qui venait à peine de commencer. Et cela signifiait finir sa scolarité, sans sa présence. Et puis, cela signifiait rompre tout contact l’année prochaine. Devenir absente dans sa vie comme il le serait dans la sienne. Mentir aux questions qu’on leur poserait sur cet éloignement soudain. Et oublier. Oublier pour éviter de trop souffrir.

« Aussi douloureux que ça l’est pour moi de l’entendre, j’imagine. » finit-elle par murmurer d’une voix faible et éraillée, bloquée par la boule de tristesse qui s’était formée dans sa gorge.

Elle ne voulait pas. Elle n’arrivait même pas à imaginer à quoi pourrait ressembler sa vie sans la présence de Jeremy à ses côtés. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas, c’était au-dessus de ses forces. Elle n’y arriverait pas. Elle n’y arriverait jamais. Ce serait insoutenable. Parce qu’avant tout, c’était de lui qu’elle avait besoin. C’était lui qui la comprenait comme personne. Elle avait besoin de sa présence, dans sa vie. Avant même de le désirer.

Ce fut donc avec une lueur d’espoir dans les yeux qu’elle le regarda se lever après avoir prononcé deux mots trop lourds de sens pour qu’elle se permette de les oublier. Sauf si. Sauf si quoi ? Se levant à son tour, Juliet resta immobile, et observa le capitaine venir se planter devant elle. Vrillant son regard dans les yeux du Gryffondor, la jeune femme resta silencieuse.

"Juliet, on a un choix à faire. Eux ou nous."

Eux ou nous. Eux ou nous. Eux. Nous. Killian et Georgiana. Et eux. Un choix. Les yeux plongés dans ceux de son meilleur ami, Juliet resta muette. Un choix. Celui de détruire deux couples pour en former éventuellement un nouveau. Ou celui de s’éloigner de Jeremy, définitivement. Dans tous les cas, sa décision impliquerait le mal d’autres. Dans tous les cas elle devait le faire, ce choix. Et Merlin seul savait à quel point elle n’en avait pas envie, et à quel point elle souffrait de devoir le faire. Elle aimait Killian. Elle était certaine de l’aimer. Elle reconnaissait les efforts qu’il avait faits pour elle, pour leur relation. Elle aimait Killian, et elle ne pouvait pas se passer de Jeremy. Parce qu’il était important pour elle, bordel. Parce que oui, ce qu’elle ressentait pour lui à cet instant ne ressemblait pas à l’amitié qu’elle avait pu éprouver auparavant à son égard. Cette histoire blessait beaucoup trop de gens. Elle comprise. Ce choix la tuait. Complètement, vicieusement, sournoisement.

Alors que dire ? Que faire ? Souffler le « Nous. » qui lui brûlait les lèvres et l’embrasser, ou murmurer le « Eux. » qu’elle avait sur le bout de la langue et se détourner ? Dans les deux cas, elle souffrirait. Dans le premier, de devoir blesser deux personnes, dont une qui l’aimait et qu’elle aimait réellement. Dans le deuxième, de tenter d’oublier Jeremy. De tenter d’oublier, et d’échouer, évidement. Alors de garder en mémoire ces souvenirs, ceux qu’ils avaient fabriqués aujourd’hui, et souffrir, puisque se souvenir fait mal et puisqu’elle était incapable d’oublier. Ou bien elle pouvait être égoïste. Vouloir pour elle, et non pour les autres. Avoir mal, évidement, puisque Killian resterait son premier amour. Et puis être heureuse, ensuite, enfin.

« Je… Je ne pourrais pas, Jeremy. Oublier, faire comme si de rien n’était. Si tu y arrives, tant mieux pour toi. Mais je n’y arriverais pas, moi, jamais. Oublier tout. Nous, le passé, cette journée, cette soirée. Je n’en suis pas capable, et ça, j’en suis persuadée. »

Elle croisa les bras, leva légèrement la tête vers le visage du jeune homme. C’était dit. Qu’il ne comprenne pas s’il le souhaite, qu’il tente de la raisonner si l’envie lui prenait. Qu’il lui dise qu’elle était stupide d’être persuadée de ne pas y arriver avant même d’essayer.

Eux ou nous.

Eux. Killian et Georgiana. Parce qu’ils les aimaient. Parce qu’elle aimait réellement, énormément, Killian. Parce que c’était à lui qu’elle avait fait de nombreuses promesses, qu’elle avait ce soir démenties. Puis, parce qu’elle était bien, en sa compagnie.

Nous. Jeremy et elle. Son meilleur ami, peut-être plus que ça, même. Jeremy parce qu’elle ne pouvait pas se passer de lui, dans sa vie. Parce qu’ils étaient déjà liés, de toute façon. Parce qu’il la comprenait, peut-être mieux que le reste du monde.

Eux ou nous. Elle se rendit compte qu’elle connaissait déjà sa réponse.

Elle leva les yeux vers le jeune homme.

Eux ou nous.

« Nous ? »



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Immobile, Jeremy soutint le regard de Juliet un long moment, tentant de deviner ce qui se passait à l'intérieur de sa tête. Il pouvait l'imaginer soupeser les deux solutions, tenter de choisir entre deux personnes auxquelles elle tenait, tenter de choisir entre la tristesse et la culpabilité... Voilà ce qu'il lui demandait, au fond, de choisir entre Killian et lui. Merlin, comment en étaient-ils arrivés là ? Comment étaient-ils passés d'une agréable journée entre amis, une simple visite de ville universitaire, à un choix infaisable qui risquait de bouleverser leurs vies ? Comment s'était-il retrouvé à l'embrasser, bordel ? Juliet n'était pas seulement sa meilleure amie, elle était aussi la petite-amie de son pote Killian. On ne pique pas la petite-amie de ses amis, c'était juste...interdit, horrible, comment pourrait-il faire cela ? Alors qu'il connaissait Killian, qu'il savait à quel point cela avait été dur pour lui de s'engager dans cette relation. Alors qu'il l'avait poussé lui-même à accepter ses sentiments. Jeremy l'avait accusé de ne penser qu'à lui, mais qui était égoïste aujourd'hui ? Il lui aurait vanté les bienfaits de l'amour, tout ça pour lui ravir la fille qu'il aimait quelques mois plus tard ? C'était déjà beaucoup, de faire ça à Georgiana. La quitter pour une autre...bon sang, il n'avait vraiment aucune idée de la manière dont il pourrait s'y prendre. Mais, même si ce serait très dur, même s'il allait la faire souffrir, même si c'était trahir sa confiance...eh bien, c'était la vie. Ce genre de choses pouvait arriver. En revanche, ce qu'il envisageait de faire à Killian, c'était...impardonnable. Si quelqu'un lui faisait ça, il ne le lui pardonnerait pas. Une vague d'amertume et de culpabilité submergea le jeune homme, qui faillit tout arrêter. Il faillit lui dire que ce n'était pas possible, qu'ils ne pouvaient pas faire ça, qu'il était incapable d'en assumer les conséquences, qu'il préférait encore souffrir tout seul dans son coin, loin d'elle. Mais au moment où il voudrait la bouche pour dire ça, elle lui répondit enfin.

Et elle était là, devant elle, à lever ce regard bouleversant vers lui, à lui dire qu'elle ne pouvait pas oublier.

"Je n’en suis pas capable, et ça, j’en suis persuadée."

Jeremy ferma les yeux et se mordit la lèvre inférieure avec violence, fermant les poings tandis que le désarroi s’infiltrait en lui. Il avait suffit qu'elle parle pour qu'il sente sa détermination s'affaiblir. Elle pouvait l'attendrir d'un regard, lui faire oublier tout sens commun par quelques petits mots. Si tu y arrives, tant mieux pour toi. Comme s'il pouvait y arriver, à l'oublier ! Il était simplement décidé à essayer, si elle le lui demandait... Mais elle n'était pas en train de le lui demander, non, tout au contraire. Jeremy rouvrit les yeux et croisa son regard, au moment où elle lâchait ce mot, comme on lâche une bombe :

"Nous ?"

Jeremy sentit quelque chose de lourd tomber dans sa poitrine, sa gorge s'assécher, son pouls s'accélérer. Elle les choisissait, eux. Elle le choisissait, lui. Elle voulait leur donner une chance, et c'était à la fois merveilleux, et complètement horrible. Cela aurait été tellement plus simple si elle avait répondu "Eux". Une réponse claire, nette, sans hésitation, une réponse qui fait mal mais une réponse définitive. Oui, cela aurait été plus simple de s'enfermer dans une bulle de tristesse, loin de l'autre, loin de la tentation, jusqu'à ce que la douleur s'apaise. Bien sûr qu'ils n'auraient pas oublié, mais... enfin... ils n'auraient pas eu à faire face à la culpabilité. Il n'aurait pas eu à regarder Georgiana droit dans les yeux, pour lui dire que tout était fini.

Tout ça allait vite, si vite. Trop vite, peut-être. Sentant une angoisse sourde s'insinuer sournoisement en lui, Jeremy s'avança vers Juliet et, s'agenouillant devant elle, posa sur elle un regard perdu.

"Oh, Merlin", souffla-t-il en passant une main lasse sur son visage. "Qu'est-ce qu'on fait, là, Ju...Qu'est-ce qu'on est en train de faire..."

Cela n'allait pas, pas du tout. Son coeur battait trop vite, ses pensées s'emmêlaient, son angoisse se transformait lentement en panique. Ils étaient fous, ils ne pouvaient pas faire ça. Personne ne comprendrait, ni Georgiana, ni Killian, ni le reste de leur entourage, leurs amis, leurs parents. Cela risquait de tout changer. Pourtant, lui, il comprenait. Il regardait Juliet, et il comprenait que c'était la seule solution acceptable, c'était la seule chose qu'il avait réellement envie de faire. Il ne se voyait plus continuer avec Georgiana, pas après ça. Et il ne se voyait pas plus continuer sans Juliet. Elle était face à lui, perdue et désemparée, et il ne pensait qu'à la prendre dans ses bras, à la serrer contre lui de toutes ses forces, à l'embrasser, et à lui dire qu'il l'aimait. Alors ce n'était même plus un choix, vraiment, c'était une évidence. Que cela lui plaise ou non, que ce soit facile ou non, c'était ainsi. Il l'avait déjà choisie, de toute manière. Il l'avait choisie en l'embrassant, quelques instants auparavant. Il l'avait choisie en transplanant devant sa porte deux jours plus tôt.

Reprenant enfin ses esprits, il saisit les mains de la jeune femme entre les siennes et vrilla son regard dans ses yeux gris.

"Je ne suis plus sur de grand chose, mais je sais déjà ça. Je sais que je ne peux pas me passer de toi. Je sais que tu es la plus importante pour moi, et que si je ne dois garder qu'une personne à mes côtés, c'est toi. Alors, d'accord. Nous."

Après un instant d'hésitation, Jeremy ajouta :

"Mais ça ne va pas être facile, vraiment pas, on va mettre une belle pagaille alors...je veux être sûr que tu ne regretteras pas. Car si on se lance sur cette voie là...il n'y aura pas de retour en arrière possible."

Non, pas de retour en arrière. Ils pouvaient encore prendre leurs distances maintenant, il pouvait encore prétendre que tout ça n'était qu'un moment de faiblesse, mais si cet espoir en lui se concrétisait, alors...alors il serait trop tard.

"Est-ce que tu es sûre ? Moi oui. Je ne changerai pas d'avis."

Puis, comme pour lui prouver ses dires, il encadra son visage de ses mains et l'embrassa avec douceur.


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Que faisaient-ils ? Qu’étaient-ils en train de faire ? De prendre une décision, de faire un choix. Un choix lourd, un choix qui leur faisait mal, un choix décisif et, surtout, un choix que personne d’autre qu’eux ne comprendraient. Et comment pourraient-ils en vouloir aux autres, de ne pas comprendre ? Et pourquoi, Merlin, pourquoi voulait-elle infliger cela à Killian. A Killian. Alors qu’il l’aimait, qu’il l’aimait vraiment ? Alors qu’elle avait vécu, à ses côtés, près de quatre mois de bonheur intense ? Alors qu’il avait fait tant d’efforts, pour elle ? Pourquoi agissait-elle ainsi, après avoir tant souffert pour qu’il accepte l’amour qu’il éprouvait pour elle ? Elle ferma les yeux, rompant le contact visuel qu’elle entretenait avec Jeremy. Parce qu’elle avait peur. Peur de perdre Jeremy. Peur de devoir vivre loin de lui, peur de ne plus pouvoir faire partie de sa vie, peur qu’il ne fasse plus partie de la sienne. Peur de tout perdre. Leur complicité, leur relation. Et, puisque Jeremy lui avait demandé de choisir, elle avait choisi. Elle l’avait choisi, lui. Et cela signifiait rompre avec Killian. Rompre avec celui qui lui avait été si réticent à lui accorder sa confiance, pour finalement lui la confier pleinement. Une brusque vague de culpabilité la submergea et son cœur s’emballa, tandis qu’elle triturait ses mains, anxieuse.

Les choix, d’ordinaire, elle les faisait tête baissée, en fonçant. Elle n’hésitait pas, elle ne regardait pas en arrière, et elle ne faisait qu’avancer. Ce n’était que plus tard, qu’elle se rendait compte des conséquences. Là, elle ne pouvait pas se permettre de prendre cela à la légère. Les conséquences, elle les subissait déjà. Parce que, choisir Jeremy, choisir de préserver leur relation, c’était – en plus de devoir quitter Killian – s’exposer, une nouvelle fois, au regard des autres. A ceux qui seraient compréhensifs, certes, mais surtout, aux autres. C’était récupérer une réputation de fille volage, c’était subir moqueries, insultes. Puis, faire face, assumer. En serait-elle seulement capable ? Plus que ce qu’elle pouvait prétendre, ce qu’on pensait d’elle la blessait. Et, par moment, elle aurait voulu leur hurler, à tous, qu’elle n’était pas comme ça. Et que s’apprêtait-elle à faire ? A leur donner des arguments pour qu’ils continuent à penser cela, encore, toujours. Elle inspira, expira. Profondément, longuement. Il fallait qu’elle se calme. Rouvrant les yeux, elle les posa à nouveau sur le visage de Jeremy, et esquissa un bien maigre sourire, toujours tourmentée.

Oui, songea-t-elle amèrement, ils s’apprêtaient à mettre une belle pagaille. Dans leurs relations avec leurs petits-amis respectifs, déjà. Dans leur cercle d’amis commun, aussi. Puis, dans leurs familles. Que diraient leurs parents ? Son père ? Et même sa mère ? Alors, en était-elle certaine, de son choix ? En serait-elle toujours certaine demain, dans deux semaines ? En serait-elle toujours certaine lorsqu’elle irait parler à Killian ? En serait-elle toujours certaine, à Poudlard, lorsqu’elle serait face au regard de ses camarades ? Regrettait-elle, là, maintenant ? Regretterait, plus tard ? Non, elle ne regrettait pas. Elle culpabilisait, oui. Enormément. Elle avait peur, un peu, de l’inconnu. Mais elle ne regrettait pas. Elle ne pouvait pas regretter. Parce qu’elle ne pouvait pas se permettre de perdre Jeremy. Alors oui, elle était égoïste. Et, elle faisait son bonheur avant celui des autres, pour une des rares fois de sa vie. Mais elle ne pouvait pas.

Passant sa main dans la nuque du jeune homme alors qu’il l’embrassait, la Gryffondor répondit tendrement à son baiser avant de reculer légèrement. Levant les yeux vers Jeremy pour vriller son regard dans le sien, elle resta silencieuse quelques instants.

« Oui. » finit-elle par souffler. « Même… Même si ça signifie… », elle inspira avant de terminer sa phrase, « quitter Killian et… Faire face aux… Autres. » murmura la jeune femme, ses bouts de phrases entrecoupées par de légers silences hésitants.

Et même si ça faisait fichtrement mal.

« Et à nos familles. » rajouta-t-elle avec une grimace.

N’avait-elle pas dit, un mois plus tôt, que c’était eux contre le reste du monde ?



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Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Silencieux, l'air grave, Jeremy attendit patiemment que Juliet lui réponde. En son for intérieur, il se sentait coupable de la pousser à prendre une telle décision, si rapide, si extrême et si définitive. Peut-être que s'ils avaient attendu un peu, tout cela aurait fini par s'arranger naturellement. Peut-être que leurs sentiments confus auraient fini par disparaître d'eux-même... Non. Dès l'instant où cette pensée se formait dan son esprit, Jeremy savait qu'elle était fausse. Il se connaissait assez bien pour savoir qu'il n'était pas capable de faire sortir quelque chose ou quelqu'un de ses pensées à la demande. Oui, ils prenaient une décision extrême mais c'était toujours mieux que de traîner une situation confuse et ambiguë pendant des mois... Même si cela risquait de venir comme une sacré surprise pour un grand nombre de personnes. Et puis il n'obligeait Juliet à rien, au fond, elle acceptait en toute connaissance de cause. Comme elle lui répondait par l'affirmative, en listant les raisons pour lesquelles ce choix était foutrement dur à prendre, voire même suicidaire, Jeremy laissa échapper un petit soupir. Ils allaient vraiment faire ça, alors. Ils allaient le faire, assumer leur décision, et ne pas regarder en arrière.

Jeremy hocha la tête en guise de réponse et resta silencieux un moment, tandis qu'il sentait la tension accumulée depuis le début de leur discussion s'atténuer un peu. Même s'ils avaient des temps difficiles devant eux, même s'il appréhendait le retour à Poudlard comme jamais, Jeremy se sentait néanmoins soulagé, car au fond ils avaient évité le pire...

"On affronter ça ensemble alors", répondit-il enfin d'une voix décidée. Il avait besoin d'un plan, pour ne pas céder à la panique, prendre sa forme animagus et se faire adopter par une gentille famille de moldus. "On va parler à Killian et Georgia, et ensuite..."

*Si on est encore en vie*, songea-t-il amèrement.

"...on fera face aux autres, oui. Et, Juliet...quoi qu'ils en disent, ne te laisse pas atteindre par ça, d'accord ? Tu es quelqu'un de bien. Les rumeurs, les ragots, les commères, les jugements hâtifs...il y en aura, mais il ne faut pas leur accorder d'importance. Et on quitte Poudlard dans trois petits mois, ça va passer vite."

Oui, la fin de leur scolarité approchait, mais Jeremy l'envisageait désormais avec beaucoup moins d'enthousiasme qu'auparavant. Ses sept années à Poudlard s'étaient déroulées plutôt calmement, sans embûches, et il avait été heureux. Mais ils se réservaient une fin de scolarité des plus compliquée, avec cette histoire, c'était certain ! Il pouvait déjà entendre sonner Radio Potin... L'image des pancartes du match contre Serpentard flotta un instant devant ses yeux, tandis qu'il se rappelait de la façon dont elles avaient touché son amie. Tout comme les rumeurs qui avaient couru sur son compte, suite à l'épisode avec Killian dans le parc... Eh bien, ils fermeraient leurs oreilles à tout cela, autant que possible, et ils attendraient que la tempête passe. Les gens finiraient par les oublier, l'été arriverait, et il ne resterait plus qu'eux. Et leurs familles bien sûr, ah, leurs fantastiques familles... Il avait failli les oublier. Un éclat de rire nerveux secoua le jeune homme, qui secoua la tête avec consternation.

"Et nos familles, bordel de troll...C'est vrai que c'était trop simple, pour l'instant. Il nous manquait un challenge, je trouve !"

Il valait mieux en rire qu'en pleurer, décida-t-il tandis que son hilarité mal à propos s'atténuait.

"Bon, j'avoue que je n'ai pas la moindre idée de la façon dont on va gérer ça, avec nos familles. C'est...pff...bizarre."

Leurs parents ensemble, et eux ensemble ? C'était même pire que bizarre, c'était sordide. Une situation qui ne pouvait pas durer bien longtemps, du moins mieux valait l'espérer... Enfin, ils auraient tout le temps de s'arracher les cheveux à ce sujet plus tard. Pour l'instant, Jeremy était fatigué. Les émotions de la journée, la baignade, la transformation, l'alcool et maintenant ça...tout cela l'avait vidé de son énergie, et il n'aspirait plus qu'à se glisser dans son lit pour dormir dix heures de suite. Il lui resterait une journée de vacances pour réfléchir à tout ça calmement. Pour réfléchir à ce qu'il allait bien pouvoir dire à Georgiana, surtout...

Le jeune homme se mit sur ses pieds et tendit la main à Juliet, pour l'aider à se relever.

"On rentre ?"

Une fois que Juliet se fut levée, il garda sa main dans la sienne et plongea un regard grave dans le sien. Jeremy hésita un instant, avant de souffler :

"On va être heureux, Juliet. Quand tout ça sera fini. Je te le promets."

Oui, ils seraient heureux, un jour ou l'autre. Quelque chose lui disait qu'il aurait bien besoin de garder cette idée en tête pendant les prochains jours...


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Ils affronteraient ça ensemble, évidemment, songea Juliet en hochant la tête à l’entente des paroles de Jeremy. Ils avaient affronté le dernier mois tous les deux, et il n’en restait plus que trois… Ils y arriveraient, décida-t-elle intérieurement en plongeant son regard dans celui du jeune homme. Ils y arriveraient parce que, lorsqu’ils étaient ensemble, elle avait l’impression que tout devenait réalisable, que tout devenait atteignable. Puis, surtout, parce qu’elle voulait y croire. Parce qu’elle avait foi en eux. Alors, oui, entre maintenant et le début de l’été, ils allaient devoir faire face aux autres, à leurs familles. Et… Ne pas faire attention à ce qu’ils pourraient dire. Tenter, du moins. Car, si elle était capable de ne pas se montrer toucher par ce que les autres disaient d’elle, elle ne l’était pas moins pour autant… Trois mois, se raisonna-t-elle. Seulement trois mois. Trois mois qui pourraient se révéler difficiles, certes. Mais qu’ils affronteraient ensemble. Et, n’avaient-ils pas des amis, sur qui compter ? Des amis qui seraient là pour eux, qui comprendraient, ou du moins, qui tenteraient de comprendre ? Adressant un sourire plus franc que le dernier au capitaine, Juliet finit par hocher la tête.

« Ça passera vite. » approuva-t-elle avec un léger sourire.

Et quant à leurs familles… La jeune femme retint une grimace. Evidemment, ils ne faisaient jamais simple, eux. Comme si la situation actuelle n’était pas assez difficile à vivre, il fallait en plus que leurs deux familles soient plus ou moins liées par le biais de leurs parents… Par Merlin, Mrs Baker et son père, ensemble, Jeremy et elle, ensemble ? Elle secoua doucement la tête. Il n’y avait plus qu’à espérer que les deux adultes soient compréhensifs et qu’ils trouvent rapidement une solution, au hasard, comme celle de se séparer. Un éclat de rire nerveux franchit également ses lèvres, tandis que le même secouait Jeremy.

« Oui, je trouvais ça un peu trop simple aussi… » blagua-t-elle en suivant l’exemple du rouge et or.

Puis, haussant les épaules tandis que Jeremy qualifiait leur situation de bizarre, Juliet resta silencieuse. Oui, bizarre, ça l’était. Bizarre, sordide, glauque, un peu. Mais que pouvaient-ils donc y faire, si ce n’est gérer au mieux la situation ? Rien, malheureusement. Juliet s’efforça à inspirer longuement. Tout irait bien. Et tout, un jour ou l’autre, rentrerait dans l’ordre. Saisissant la main du Gryffondor pour s’aider à se relever, elle acquiesça lorsqu’il lui proposa de rentrer.

« On rentre. » approuva-t-elle.

Elle s’apprêtait à commencer à marcher lorsque le regard que Jeremy posa sur elle la retint sur place. Soutenant son regard, elle attendit quelques instants avant d’esquisser un véritable sourire à l’entente de ses paroles.

« J’y compte bien… » souffla-t-elle à son tour en entrelaçant ses doigts à ceux du jeune homme.

Puis, se mettant à avancer, elle jeta un coup d’œil au jeune homme avec de déclarer, taquine :

« Je ne t’ai jamais dit avant, que c’était nous contre le reste du monde, hm ? »

Elle l’avait déjà pensé en tout cas.

RP Terminé



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The land of the sheep [Juliet & Jeremy]

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