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 [OS] Se construire sur des ruines

Sasha BensonQuatrième annéeavatar
Messages : 279

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Vendredi 24 Mars

Sasha était malade, rien de bien grave, d’après le médicomage ce n’était qu’une petite grippe, mais elle détestait être malade. Elle ne supportait pas de rester sans rien faire, d’être inefficace et avait donc passé sa première semaine de vacances à lire et relire ses manuels de cours, emmitouflée dans une couverture. Au moins elle était tombée malade pendant les vacances, elle n’aurait surtout pas voulu manquer des cours et prendre du retard. La fillette remarquait que c’était d’ailleurs souvent le cas, à croire que son organisme avait une conscience, tant mieux. Elle allait un peu mieux aujourd’hui et en avait profité pour faire quelques exercices de danse. Son père venait la chercher dans l’après-midi et elle allait passer la prochaine semaine à prétendre qu’elle venait de passer plusieurs mois dans une école de danse, alors autant être crédible.

Elle était occupée à travailler ses grands pliés, la main droite délicatement posée sur la table de la cuisine qui faisait office de barre, quand on frappa à la porte. Elle se précipita pour ouvrir et sauta au cou de son père. Sa mère les rejoignit dans l’entrée, restant tout de même à distance, le visage fermé.

« Tes affaires sont prêtes Sasha ?
-Oui, dans ma chambre ! répondit la fillette en empruntant déjà les premières marches de l’escalier qui menait à l’étage. Elle savait que son père n’aimait pas resté longtemps ici, il fallait toujours faire vite.
-Tiens, n’oublie pas ça, à prendre uniquement si tu as encore de la fièvre, d’accord ? Lui recommanda sa mère en la retenant par le bras pour la freiner dans sa course. Sasha attrapa les deux fioles de potions que sa mère lui tendait et recommença à gravir les marches.
-Tu es malade ? intervint son père.
-Je l’étais, mais je suis presque guérie, ça va beaucoup mieux, assura-t-elle avec un sourire en se retournant pour faire face à ses deux parents.
-Tu l’as emmené chez un médecin j’espère ? Marc regardait à présent son ex-femme, ignorant complètement la réponse de sa fille.
-Bien sûr que oui ! s’offusqua cette dernière.
-Je parle de vrais médecins Susan, pas de sorciers vaudous.
-Les médicomages sont de vrais médecins.
Le père de Sasha éclata d’un rire amer, que la fillette trouva un peu inquiétant, avant de pointer un index accusateur en direction de la mère de cette dernière.
-Tu te fiches de moi ? Je ne te laisserai pas t’occuper de ma fille en l’envoyant consulte des « mages » de je ne sais quoi, tu m’entends ?
-Marc ne soit pas ridicule, arrête de craindre tout ce que tu ne connais pas.
-Ridicule ? Tu veux parler de choses ridicule ? A ton avis, les services de l’enfance, ils la trouveront comment ta maison sans électricité ? Qu’est-ce qu’ils penseront de ta fille qui n’est pas scolarisée ? N’est-ce pas ridicule tout ça ? cracha-t-il, haineux, au visage de son ex-femme.
-Tu ne peux pas faire ça.
-Je demande la garde exclusive.
-Tu n’as pas le droit, personne ne te la confiera.
-Aucun de tes « mage »s, c’est certains, mais ce n’est pas eux que j’ai l’intention d’aller voir.
-Maman, c’est quoi la garde exclusive ?
-Monte dans ta chambre Sasha.
-Mais… ?
-Ecoute ta mère. »

Evidemment, le seul moment où ses parents arrivaient à se mettre d’accord, c’était pour l’envoyer dans sa chambre, pour qu’elle ne les entende pas. Mais bien sûr qu’elle les entendait quand même. En refermant la porte derrière elle, Sasha se sentit envahie par un flot d’émotions familières. La gorge serrée, les yeux qui piquent, la colère, la tristesse, et la crainte aussi. Et, comme quand elle était petite, elle avait envie de ne plus rien entendre. Elle avait huit ans quand ses parents avaient commencé à se disputer régulièrement, à l’époque elle mettait ses mains sur ses oreilles et récitait ses tables de multiplications, en boucle. Elle connaissait même sa table de douze, depuis cette époque. Elle se trouvait un peu trop grande pour agir de la sorte maintenant, mais quand elle entendit les premiers éclats de voix monter du rez-de-chaussée, elle se mit instinctivement à fredonner, pour ne pas entendre.

Elle ne redescendit que de longues minutes plus tard, en entendant son père l’appeler. Un silence lourd était tombé sur l’ensemble de la maison et sa valise cognait chacune des marches de l’escalier dans un bruit sourd. Instinctivement elle retint sa respiration en arrivant devant ses parents. Il y avait toujours cette peur de dire une bêtise, de déclencher une nouvelle dispute. D’être l’étincelle qui ferait s’embraser la colère qui les rongeait tous les deux.

« Tu la ramènes Dimanche ? » s’enquit Susan après avoir déposé un baiser sur le front de sa fille.

En guise de réponse, Marc ne lui accorda qu’un regard froid. Il ouvrit la porte et poussa Sasha à l’extérieur. La fillette croisa le regard inquiet de sa mère et comprit que quelque chose n’allait pas, que ça ne se passait pas comme d’habitude. Et elle avait un peu peur. Pourtant c’était son père, elle lui faisait confiance, elle l’aimait, elle avait envie de rentrer avec lui, de retrouver Penny. Mais elle n’avait pas envie de quitter sa mère, pas alors qu’elle la fixait avec une anxiété à peine voilée. Comme s’il devinait ses craintes, son père posa une main sur son épaule.

« Je suis garé juste là, expliqua-il en pointant sa voiture stationnée à quelques mètres. Julie et Penny sont dans la voiture, va les retrouver, je te rejoins. »

Sasha hocha la tête et s’éloigna un peu. Elle fit quelques pas et se retourna, le cœur serré. Et si son père ne la ramenait pas ? Elle secoua la tête pour se sortir cette idée de la tête, c’était ridicule. C’était son père, on n’enlevait pas ses propres enfants, c’était idiot. Non, elle allait juste passer la semaine avec lui, rien de plus, comme d’habitude. Alors pourquoi sa mère la regardait-elle ainsi ? Elle devait être triste après leur dispute, comme d’habitude. Tout aurait dû être comme d’habitude alors, pourtant elle avait le sentiment que quelque chose clochait.

« Sasha ! »

La fillette se retourna à l’entente de son prénom et se força à sourire à Julie qui descendait de voiture pour l’aider à mettre sa valise dans le coffre. La jeune femme lui demanda pourquoi son père était si long et Sasha haussa les épaules. Marc finit par revenir, visiblement excédé. Il monta dans la voiture en claquant la porte et mit aussitôt le contact.

« Ton cousin est avocat, non ? demanda-t-il à sa petite amie en démarrant.
-Euh…oui, pourquoi ? s’enquit Julie en fronçant les sourcils et en se tournant vers Sasha, perplexe, comme si elle était forcément responsable. Celle-ci lui répondit par un regard assassin. Ce n’était pas de sa faute, elle n’avait rien fait. C’était de la faute de…Du secret magique, des mensonges, de ses parents, du destin. Mais pas de la sienne. Elle ne voulait pas que ce soit de sa faute, et pourtant au fond d’elle, elle en restait persuadée.
-Apelle-le. S’il-te-plait. »

Jeudi 30 Mars 2007

C’était la première fois que Sasha venait au ministère, et elle adorait déjà cet endroit. L’ascenseur allait un peu trop vite à son goût, elle avait encore un peu mal au cœur après être montée jusqu’au deuxième étage à pleine vitesse, mais mis à part ça, elle aimait beaucoup. Elle leva des yeux émerveillés vers les notes qui passèrent au-dessus de sa tête dans un bruissement de papier. On aurait dit des petits oiseaux, elle trouva ça génial. Son père ne semblait pas les trouver géniaux, lui, songea-t-elle avec amertume en le voyant promener un regard méfiant autours de lui. Elle se souvint alors de pourquoi elle était là et son sourire disparut. La journée allait être longue et maintenant qu’elle y faisait attention, le silence entre ses parents était pesant.

Ils traversèrent un long couloir, patientèrent quelques minutes dans une salle d’attente, toujours en silence, puis ses parents furent invités à entrer dans un bureau et on lui demanda d’attendre devant. Tant mieux, elle n’aimait pas entendre ses parents se disputer, encore moins quand il y avait quelqu’un d’autre pour être témoin de ça. Elle était désolée pour l’avocat ou le juge qui allait devoir supporter ça, à vrai dire elle avait un peu honte de ses parents.

La fillette soupira et s’assit sur une chaise près de la porte. Elle attendit pendant ce qui lui parut une éternité avant qu’un homme ne sorte du bureau et lui dise que c’était bientôt terminé. Elle le remercia d’un sourire. Il revint un peu plus tard accompagné d’une femme, des documents plein les bras, qui lui assura que ce ne serait pas long. Elle commençait à croire qu’on la prenait pour une idiote. Elle croisa les bras et balança ses jambes dans le vide. Il se passa encore un long moment avant qu’une nouvelle personne ne sorte du bureau et ne passe devant elle, un dossier sous le bras et une tasse vide à la main. Le jeune homme se retourna un mètre après l’avoir dépassé et lui adressa un sourire.

« Tu dois être la petite Benson toi, non ?
-Oui, Sasha, répondit-elle avec un sourire poli.
-Tu veux un café ? proposa-t-il en s’arrêtant à sa hauteur
-J’ai douze ans, rétorqua-t-elle en fronçant les sourcils.
-Ah oui, c’est vrai, un jus de citrouille alors ? Un verre d’eau ?
-Non merci, ça ira.
-Ils ont bientôt terminé, assura-t-il en désignant la porte d’un signe de tête.
-On m’a déjà dit ça il y a une heure," répliqua-t-elle froidement.

Attendre ne la dérangeait pas plus que ça, même si elle avait l’impression de perdre son temps. Elle observait les gens passer, elle regardait les chaussures des femmes en se disant qu’elle aimerait bien avoir les mêmes, lisait les magazines un peu nuls qui étaient posé sur la table basse et se demandait à partir de quel âge on pouvait faire un stage d’été au ministère, non elle ne s’ennuyait pas. Toutefois elle n’aimait pas qu’on lui raconte n’importe quoi et il était la troisième personne à lui dire que ses parents avaient « bientôt fini ». Elle n’était pas dupe, ils en avaient pour des heures !

"Tous les avocats sont des menteurs c’est bien connu. A la façon dont le jeune homme éclata de rire, Sasha devina qu’il devait être avocat lui-même et sourit. Il ne faut pas être triste tu sais, commença-t-il en s’asseyant à côté d’elle. Beaucoup de familles se déchirent entre les deux mondes, mais ça finira par s’arranger.
-Je ne suis pas triste, répondit-elle en haussant les épaules. C’était vrai, elle n’était pas triste, plutôt en colère. Oui, elle était en colère, et blessée aussi, mais elle cicatrisait vite, et là où on la frappait elle devenait intouchable. Son armure devenait un peu plus solide à chaque nouveau coup et elle comptait bien devenir incassable. Andrew Warlcok, lut-elle à haute voix sur le badge de son interlocuteur. Mon meilleur ami s’appelle Andrew ! s’exclama-t-elle en souriant à la pensée du Gryffondor qui lui avait manqué pendant les vacances. Warlock comme le candidat du SPAM ?
-C’est ça.
-La chance ! Ca a dû être facile d’entrer au ministère pour vous ! Elle aurait adoré avoir un parent, un oncle, un n’importe-qui-de-sa-famille à un haut poste au ministère, histoire d’entrer plus facilement et de gravir les échelons un peu plus vite.
-Pas avec la politique actuelle non…
-Ah oui, j’oubliais, ça n’a pas dû être simple.
-Non, mais quand on travaille dur on obtient ce qu’on veut. Toi qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?
-De la politique.
-Rien que ça ? s’étonna-t-il en riant. Et bien je te souhaite bien du courage Sasha ! Ce n’est pas la voie la plus facile, mais si tu t’accroches tu y arriveras. C’est vraiment ce que tu veux ?
-Oui, répondit-elle, sûre d’elle. C’est ce que je veux. »

C’était ce qu’elle avait toujours voulu, mais aujourd’hui elle commençait à douter. Alors que le jeune homme s’éloignait, après l’avoir salué, elle tourna la porte vers le bureau d’où provenaient les éclats de voix de ses parents, et se demanda quelle était la chose qu’elle souhaitait le plus. Devenir ministre et unir officiellement le monde magique et le monde moldu ? Ou briser le secret magique, à tout prix ? La seconde option lui apparaissait de plus en plus tentante. Elle tendit le bras et attrapa l’exemplaire du Chicaneur qui trainait sur la petite table à côté d’elle. « Les Terroristes du secret magique» criait le titre, écrit en couleur vive. Elle avait déjà entendu parler de ce groupe de personnes qui agissait illégalement pour révéler l’existence de la magie aux Etats-Unis, mais ne savait pas trop quoi en penser. Elle se souvint alors des paroles d’Ana, des mots qu’elle avait prononcés en lui offrant Blanchelune : « communauté de sympathisant extrémiste » « club privé », « groupe secret ». Sasha fronça les sourcils, se pourrait-il que… ? Et si le groupe secret dont parlait Ana était relié à ces « mardoliens » ?

Sasha n’avait pas encore utilisé les facultés magiques de sa petite chouette, elle avait peur de ne pas être prête. Elle n’avait que douze ans, elle ne jouait pas dans la même cour que les grands politiciens, mais ces gens se battaient pour la même cause qu’elle finalement. Elle voulait en être, d’une manière ou d’une autre. Cependant, elle était consciente de n’avoir rien à leur offrir, elle aurait pu être leurs yeux et leurs oreilles à Poudlard, mais ils étaient déjà en contact avec Ana. La fillette secoua la tête. Elle s’emballait. Elle n’était sûre de rien, elle construisait des théories sur de simples suppositions. Elle savait que le seul moyen de vérifier si elle avait vu juste était de demander à Blanchelune de lui apporter la clé qui la conduirait vers ce groupe secret, mais elle n’osait pas. Dès l’instant où Ana lui avait offert la petite chouette, elle s’était promis d’attendre quelques années. Elle était trop jeune pour entrer dans ce monde-là, et un faux pas risquait de griller définitivement toutes ses chances. Mais il devenait de plus en plus difficile de résister à la curiosité, elle avait envie de savoir. Elle voulait tout connaitre de ce groupe secret, et des mardoliens, qui étaient peut-être les mêmes personnes. Elle devrait en parler à Ana. Oui, c’était la bonne solution, Ana saurait répondre à ses questions.

Elle en était là de ses réflexions quand ses parents sortirent du bureau, l’air aussi mécontent l’un que l’autre. A croire qu’aucun d’entre eux n’avait gagné. Finalement tout le monde était perdant dans ces histoires. Sasha releva soudainement la tête, réalisant qu’elle avait quelque chose à offrir à ce groupe dont Ana parlait, qui qu’il soit. C’était une chose de dire que le secret magique était nuisible, qu’il y avait des déserts juridiques, des soucis de communication entre les deux mondes. Oui, c’était une chose de dénoncer tout ça, mais c’en était une autre de le prouver. Sasha était certaine qu’il existait des centaines de dossiers comme le sien, de famille déchirées, peut-être des enfants abandonnés, des couples séparés, et il fallait se servir de ça. C’était la seul chose qui pourrait bouleverser les mères de famille, touchers les sorciers moyens. Et elle pouvait servir d’exemple, c’était quelque chose qu’elle faisait bien, se donner en spectacle, utiliser son image, exagérer. La fillette rangea tous ces plans dans un coin de sa tête et se promit d’aller rapidement en parler à Ana, l’arithmancienne aurait sans doute de sages conseils pour elle.



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