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 Les mots amers [Killian & Juliet]

Juliet E. BakerSans emploiavatar
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02 avril 2007


Se levant avec difficulté du fauteuil sur lequel elle était installée depuis plusieurs minutes, Juliet se dirigea machinalement vers le portrait de la Grosse Dame qu’elle poussa pour sortir de la salle commune des Gryffondor, fuyant ainsi l’ambiance étouffante qui y régnait. C’était aujourd’hui. C’était maintenant. Son cœur se serra tandis qu’elle commençait à avancer dans les longs couloirs de l’école de sorcellerie. Meurtrissant sa lèvre inférieure avec ses dents alors qu’elle marchait, la jeune femme tenta de calmer la panique qui l’habitait depuis quelques temps, en vain. Elle allait retrouver Killian. Elle allait retrouver Killian et elle allait rompre avec lui. Pour Jeremy, pour elle, pour eux. Un sourire sans joie et ironique s’étira sur ses lèvres. Ce qu’elle s’apprêtait à faire lui semblait tellement inimaginable. Tellement inimaginable et pourtant tellement… essentiel. Alors c’était cela, devenir adulte ? Commencer à faire ses propres choix, et en souffrir ? Ne pas pouvoir trouver cette solution miracle, celle qui réglait n’importe quel problème ? C’était devoir passer par la souffrance pour trouver le bonheur, le vrai ? Alors oui, on lui avait demandé de faire un choix. On lui avait demandé de choisir entre deux personnes qu’elle aimait, entre deux personnes qu’elle avait toujours considérées comme essentiel, entre Jeremy et Killian. Et oui, elle avait choisi Jeremy, en dépit de tout. Malgré Killian, malgré Georgiana, malgré leurs parents, malgré ce que l’on pourrait penser d’eux. Oui, c’était égoïste, oui, elle s’en rendait compte. Et pourtant, elle ne pouvait pas faire autrement, elle ne voulait pas. Parce qu’elle avait besoin de Jeremy, parce qu’il lui était essentiel, parce que pour l’instant elle n’arrivait pas à imaginer sa vie sans sa présence et parce qu’elle l’aimait. Alors elle avait beau culpabiliser comme elle n’avait jamais culpabilisé auparavant, au fond d’elle, sous l’indécision caractéristique de ce genre de situation, elle savait qu’elle avait le bon choix. Pour elle du moins.

Et pourtant, avoir cette certitude ne l’aidait pas plus dans ce qu’elle s’apprêtait à faire. Parce qu’elle avait aimé Killian, réellement, énormément. Parce qu’elle avait pensé chaque mot qu’elle lui avait dit, chaque « je t’aime » qu’elle lui avait murmuré. Parce qu’elle avait aimé – apprécié – adoré – chaque moment qu’ils avaient passé ensemble, depuis Novembre. Et puis Merlin, elle l’avait tellement aimé, réalisa-t-elle alors qu’elle s’arrêtait brièvement pour repartir aussitôt. Tellement, et bien avant qu’elle ne s’en rende compte, avant même cette nuit qu’ils avaient partagé, l’été dernier. Et que s’apprêtait-elle à lui annoncer ? Qu’elle le quittait. Alors qu’il avait tant d’effort pour elle. Alors qu’il avait changé, pour elle. Alors qu’il avait mit tant de temps à accepter l’amour qu’il éprouvait. Il avait tout renié. Ses convictions, ses idéologies, ce que lui avait inculqué son père. Il l’aimait. Et elle qui l’avait connu auparavant savait à quel point ces mots étaient significatifs de son changement. Par Merlin.

Et comment lui dire cela ? Comment lui annoncer qu’elle le quittait parce qu’elle aimait son meilleur ami ? Elle ne voulait pas jouer la carte de l’amitié. Elle n’en avait pas le droit. La seule chose qu’elle pouvait faire serait de supporter la probable haine qu’il allait lui vouer, de supporter qu’il la déteste. Elle le méritait, après tout. Et elle assumerait. C’était probablement la dernière chose qu’elle pouvait faire pour lui, ne pas lui imposer une amitié comme celle-ci. Alors elle n’avait plus que cette conversation. Plus que cette dernière conversation pour lui dire tout ce qu’elle avait sur le cœur. Pas pour se dédouaner, pas pour se lamenter, pour lui avouer seulement ce qu’elle avait besoin de lui dire, avant de ne plus pouvoir le faire.

Brusquement, alors qu’elle tournait à l’angle des couloirs, elle l’aperçut, de dos. Elle était arrivée. Déjà. Elle fut prit d’une brève envie de repartir en arrière avant de la chasser loin de son esprit. Elle inspira et expira longuement, profondément, et avança de quelques pas.

« Killian ? » appela-t-elle en attendant qu’il se retourne.

Face à lui, une nouvelle vague de culpabilité la submergea et elle tritura ses mains, nerveuse, en lançant :

« Je dois te parler. »

Et cette phrase, Merlin seul savait à quel point elle la haïssait. C’était celle-ci qu’elle avait prononcée, en septembre, lorsqu’elle s’était déclarée à lui. Elle retint un soupir, leva les yeux vers lui. Alors voilà, elle y était. Cette conversation, elle l’avait redouté depuis le moment où elle avait prit la décision de continuer avec Jeremy. Elle ne savait pas quoi dire, quoi faire. Elle était bien consciente qu’il n’y avait pas de bonnes manières de dire cela, que, quoiqu’elle puisse lui raconter, l’impact serait le même sur le Serpentard. Elle ne le méritait pas, songea Juliet en restant silencieuse. Elle devait le faire. Maintenant. Même si cela lui faisait mal, même si elle en causerait encore plus. Elle devait le faire.

« Killian je… » débuta-t-elle, hésitante. « Je dois… Je dois te dire quelque chose. »

Inspirant, elle s’efforça à calmer son trouble intérieur et leva la tête pour vriller son regard dans celui du vert et argent. Etre franche. Etre franche, assumer. Et, énervée contre elle-même qui n’arrivait pas à sortir ces quelques mots Juliet secoua la tête, et reprit :

« Ce que j’essaie de te dire c’est que… C’est fini, Killian. Ça… Ça ne peut plus marcher. Parce que... »

Et si ces mots étaient sortis avec difficultés, les suivants, les explications, arrivèrent juste après. Une fois qu’elle était lancée, elle était obligée de continuer. Elle ne savait si elle serait capable de reprendre, si, par mégarde, elle se relaissait aller au silence. Aussi, elle ne cacha rien, préférant tout avouer d’elle-même. Elle lui raconta donc brièvement cette fameuse journée, passa sur les détails, mentionna enfin Jeremy.

« J’avais un choix à faire, Killian. » expliqua-t-elle, toujours nerveuse. « Jeremy ou toi. Et… J’ai choisi Jeremy. Je… Je suis désolée, mais… »

Elle laissa sa phrase en suspend. Mais ? « Mais il est indispensable, dans ma vie. » ? On aura vu mieux question subtilité… Elle finit par se taire, regardant toujours le jeune homme en face, avec cependant la seule envie de détourner le regard et de fuir le sien.

Ce qu’elle fit finalement, quelques secondes plus tard, rompant ce contact visuel. Elle s’apprêtait à reprendre la parole, puis s’intéressa à la réaction du Serpentard. Elle avait encore beaucoup à lui dire.



Killian GrayAncien personnageavatar
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Killian mourrait d'envie de voir Juliet. Avec les événements depuis la rentrée, tout avait été sens dessus dessous et il n'avait pas pu croiser sa petite-amie du tout. Damn, jamais quelqu'un ne lui avait autant manqué, à part peut-être son père, mais ça faisait ridicule d'avouer ça. Aussi, Killian déambulait dans les couloirs de l'école de sorcellerie, attendant avec impatience que sa chérie quitte sa salle commune pour le rejoindre. Elle ne devrait pas trop tarder, d'ailleurs, non ?

Avisant un Gryffondor de septième année, un de ses amis, Killian s'approcha à grandes enjambées :

" Yo mec ! Comment va la vie ? "

Son ami le regarda en souriant, surpris par cette manière de poser la question, loin du "wesh ça va ?" habituel, et répondit :

" La vie suit son cours, p'tit pote. Et ta vie à toi, elle était en train de ruminer dans la salle commune ; elle est sortie en même temps que moi, elle devrait pas tarder le vieux. "

Killian rougit bêtement quand son ami insinua que Juliet était sa vie, honteux d'être devenu un de ses amoureux niais pour qui leur petite-amie voulait tout dire, ou presque ; cependant, un grand sourire prit place sur son visage en même temps, et il tira la langue à son ami, puéril :

"Te fous pas de moi, toi, on en reparlera quand t'auras une belle dans tes bras... Fin vu ta gueule, on peut attendre longtemps je crois ! " se vengea-t-il sournoisement en donnant une claque dans le dos à son ami, qui lui lança un regard faussement noir et haineux.

" C'est ça, c'est ça, fiche toi d'moi petit Gray ! En attendant, ta belle est derrière, j'te laisse, pas envie de voir vos retrouvailles énamourées, tu comprends ! Y en a qui ont un minimum de dignité pour leurs yeux, " conclut-il en faisant référence aux groupies qui avaient observé les embrassades plus que passionnées du it-couple de Poufsouffle la veille comme s'il s'agissait du film romantique de l'année. Beurk.

Puis, entendant effectivement un Killian propre à la voix de son amoureuse d'amour derrière lui, le jeune homme se retourna avec un énorme sourire :

" Juliet, mon coeur ! "

Il allait s'approcher et l'embrasser passionnément, mais tous ses gestes furent interrompus par cette phrase fatidique, ce " je dois te parler" qui prenait aux tripes et donnait envie de vomir. Pitié... Killian fronça les sourcils, s'adossa au couloir et plongea son regard dans celui de Juliet, ne disant aucun mot. De toute manière, il n'aurait pas pu ; il semblait que sa voix l'avait quittée, que seule restait une boule d'appréhension dans son être. Juliet poursuivit, hésitante, perturbée et, Killian, gêné de la voir ainsi, gêné par cette boule au ventre, gêné de cette situation, s'exclama, riant jaune :

" Eh bien quoi, t'es enceinte c'est ça ? "

Juliet secoua la tête, bien qu'elle semblait ne pas l'avoir véritablement entendue. Et si Killian avait lancé cela sur le ton de la rigolade, il sentit le noeud dans son estomac se desserrer quelque peu, soulagé. C'était vraiment quelque chose qui l'effrayait plus que tout au monde, des gamins. Mon dieu, il n'osait même pas imaginer si cela avait été la réponse... Il aurait probablement fait un arrêt cardiaque et vu son monde s'arrêter et puis il serait mort, tout simplement, juste mort.

Seulement, quand Juliet parvint finalement à poursuivre, Killian ferma brièvement les yeux et pria pour que ce soit une blague, pour qu'elle soit enceinte, en fin de compte, et que ce qu'elle racontait n'était que du à un défi des plus ridicules qui soient. Ce n'était pas possible autrement. Ce n'était pas possible. Et, pourtant, Juliet continuait, sa voix retrouvant de l'assurance, déclamant des phrases et des phrases d'explication de la situation. Non. Ce n'était pas possible.

" C'est fini, Killian. "

Non. Non, non, non, non, non ! Elle ne pouvait pas faire ça ! Elle ne pouvait pas terminer leur relation, pas comme ça, pas maintenant alors qu'il crevait d'envie de l'embrasser, de lui montrer combien il l'aimait fort ! Pas maintenant ! Bordel, ça pouvait pas être fini ! Ils s'aimaient plus que tout ! Elle le lui avait dit, il n'y avait même pas une semaine ! Ca ne pouvait pas être fini ! C'était ridicule ! Bordel, bordel, bordel !

Le coeur glacé, figé, Killian demeurait contre le mur, écoutant des paroles qui le traversaient sans l'atteindre réellement, qu'il ne comprenait qu'à peine. Pourtant, il décela le nom de Jeremy, le nom de son meilleur ami, qui revenait bien trop souvent. Et Killian comprit, il comprit que ce putain de meilleur ami lui avait volé sa petite amie, son amour à lui, la seule femme qui ait vraiment jamais importé. Il la lui avait prise, il l'avait faite tomber amoureuse de lui, et ce petit con l'avait volée. Jeremy, bordel, son Jeremy ! Le seul mec en qui Killian avait vraiment confiance ici, à part peut-être Darren et quelques autres peu nombreux. Mais Jeremy !

Jeremy et Juliet ! Bordel. C'était pas possible. C'était une grosse blague.

« Jeremy ou toi. Et… J’ai choisi Jeremy. »

Jeremy. Jeremy. Elle avait préféré Jeremy. Son meilleur ami, non ? Leur meilleur ami à tous les deux, non ? Comment est-ce qu'ils pouvaient lui faire ça ? Comment est-ce qu'ils avaient assez d'égoïsme en eux pour infliger un tel choix, un tel amour, une telle douleur à quelqu'un ? Comme est-ce qu'ils faisaient ?

Killian rouvrit les yeux, les traits figés dans la douleur, et observa Juliet, s'arrêter sur un "mais..." qu'elle ne pouvait continuer. Mais quoi ? Mais tu n'étais pas assez bien ? Mais Jeremy est plus intelligent ? Mais Jeremy est mieux au pieu ? Mais Jeremy me comprend mieux ? Mais Jeremy, Jeremy, Jeremy, hein ! Toujours ce putain de Jeremy, le chevalier au coeur d'or, le preux Gryffondor ! Evidemment qu'il était mieux que lui, petite putain de Serpentard. Évidement.

Un rire échappa à Killian. Un rire douloureux, plein de sanglots, plein de douleur, qui lui arracha la gorge. Jeremy. Juliet. Eux, contre lui. Parce qu'on s'en foutait de lui, après tout. Et Killian observa Juliet, riant à s'en faire mal, incapable de dire quoique ce soit, incapable de la frapper, de l'insulter, de foutre une droite à Jeremy. Parce que c'étaient eux, et qu'il aimait ces cons, et que ça faisait encore plus mal que tout.

Ils l'avaient trahis. Juliet le plaquait. C'était la première femme à le faire. Première qu'il aimait, première qui le brisait. Première et dernière. C'était fini, bordel. Fini l'amour, fini la gentillesse, fini le respect. C'étaient toutes des idiotes, des sales traitresses, elles ne méritaient rien d'autres que des récompenses au lit, tout ce dont pour quoi elles étaient bonnes, de toute façon. Si il en doutait, Juliet le lui prouvait, maintenant. Elle était comme les autres.

" Putain, dire que j'ai pensé que t'étais pas comme les autres. "

Et ce fut tout ce qu'il fut capable de dire, son rictus toujours aux lèvres, son rictus douloureux comme un poignard dans le coeur, et son regard figé dans celui de Juliet.



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Comme les autres.

Elle était comme les autres, elle n’était pas différente, pas sur ce point. Il l’aimait, et elle le trahissait, elle le quittait. Pour un autre, pour un de ses amis. Son malaise reprit le dessus et le peu de confiance en elle qu’elle avait s’évapora aussitôt, la laissant simplement immobile, soutenant le regard de Killian du mieux qu’elle le pouvait. Elle ne supportait pas voir cette douleur dans ses yeux, elle ne supportait pas lui faire du mal. Voilà en quoi elle avait été différente. Elle l’avait aimé. Véritablement et complètement. Pas uniquement pour son physique. Elle l’avait aimé, lui, autant pour ses qualités que pour ses défauts, autant pour ce qu’il était que pour ce qu’il n’était pas. Pas uniquement pour ce qu’il représentait mais pour sa personnalité. Elle l’avait aimé, lui, et entièrement. Et c’était ça, la raison pour la laquelle elle avait été différente des autres filles qui se pâmait d’admiration devant lui, devant son charisme. Elle avait voulu le connaître, réellement. Ça n’avait pas été facile au début, parce qu’il y avait toujours eu un peu de méfiance, avant qu’ils ne s’abandonnent complètement l’un à l’autre, pour vraiment se découvrir. Ils avaient tout fait à l’envers, songea-t-elle ironiquement. S’embrasser avant même de se connaître, jouer sans connaître l’innocence, partager une nuit pour que vienne les véritables sentiments, et apprendre à se connaître après. Ça avait été brutal avant, entre eux. Presque violent, parfois. Des baisers volés au détour d’un couloir, des paroles murmurées dans une bousculade. Pas d’amour, au début, non. Ils ne s’aimaient pas, avant. Elle ne savait même pas quand et comment leur étrange relation avait commencé. C’était venu, tout simplement. Et c’était devenu une habitude de rire ensemble, de s’embrasser, de passer du temps avec lui.

Jusqu’à ce que les sentiments viennent, jusqu’à ce qu’ils soient ensemble, jusqu’à ce qu’il lui accorde sa confiance. Confiance qu’elle avait brisée. Pas sans remords, non. Elle s’en voulait, elle culpabilisait. Enormément, même. Elle n’était meilleure que son père, à vrai dire. Elle lui ressemblait, même, dans ses actes. Ce n’était pas la même chose, pas vraiment, en soit, mais les conséquences étaient les mêmes. Elle se mordit l’intérieur de la joue et fixa le jeune homme longuement. Il allait la détester, il devait déjà la détester, la haïr, pour ce qu’elle lui avait fait. Et c’était compréhensible, c’était normal, même. Elle se détestait, en ce moment, de lui faire subir ça, pour la simple et bonne raison qu’elle haïssait faire du mal à ceux qu’elle aimait.

« Et dire que j’ai pensé ne pas l’être. » répliqua-t-elle douloureusement.

Une voix, dans son esprit, tenta de la rassurer en lui soufflant qu’elle ne choisissait pas de qui elle tombait amoureuse, et la jeune femme retint un sourire ironique à la pensée qu’elle avait déjà abordé ce sujet, quelque mois plus tôt. Pourtant, ce n’était en rien une excuse, ni même une occasion de se dédouaner. C’était de sa faute, et elle était responsable des dégâts qu’elle causait. Aussi, ce n’était même pas un choix, mais une évidence ; elle en assumerait les conséquences.

« Je suis désolée. » ajouta la Gryffondor, tout en sachant pertinemment, qu’il devait se ficher éperdument de ses excuses. « Mais j’ai pensé chaque chose que je t’ai dis, Killian, depuis septembre. Même avant. Alors je sais que ma parole ne vaut plus rien à tes yeux, mais crois-moi, c’est la vérité. »

Et c’était important de préciser ça, pour elle. Elle ne s’était jamais jouée de lui, et n’avait jamais pensé à le tromper, avant cette soirée, à Aberystwyth. Face à lui, elle ferma brièvement les yeux, avant de les rouvrir pour les reposer sur le jeune homme.

Elle voulut parler, elle voulut lui dire ce qu’elle avait sur le cœur, ce qu’elle n’aurait plus l’occasion de lui dire. Elle demeura muette.



Killian GrayAncien personnageavatar
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" Et dire que j'ai pensé ne pas l'être. "

Son rictus s'agrandit, plein de mépris et de haine. C'est bien beau, de penser, Juliet. C'est si beau. Peut-être qu'il aurait fallu penser un peu plus, alors ? Réaliser que ce n'était pas moi que tu aimais, mais ce Jeremy, ce soit-disant meilleur ami, hein ? Il aurait peut-être fallu y songer avant, que tu n'étais qu'une simple idiote, qu'une abrutie comme toutes ces filles qui jurent t'aimer et te trompent dans ton dos, " parce que j'aime l'autre plus que toi, tu comprends ". Il aurait fallu y penser avant de jouer avec mon coeur, de le piétiner, de lui donner de l'espoir et une nouvelle manière de voir les choses. Putain, Jonathan avait raison, en fin de compte. T'es comme les autres, comme toutes les femmes, et toutes ces histoires sur Jeremy... 

La gorge serré, Killian n'arrivait néanmoins pas à quitter des yeux Juliet. Juliet, Juliet, Juliet. Son amour, son aimé, son amante. Celle qu'il avait serré contre lui, embrassé, vénéré, aimé. Comment est-ce qu'elle pouvait lui faire ceci ? Comment est-ce qu'il s'en remettrait, de ce poignard en plein coeur ? Se remettait-on d'une chose pareille ? Et comment Juliet pouvait paraitre si heureuse, si tranquille ? Est-ce que cela ne lui faisait rien, de tout plaquer ainsi, d'en finir avec lui ? Ah, non, suis-je bête ; elle avait Jeremy. Jeremy, toujours, Jeremy.

Killian allait se détourner, finalement, afin d'abréger cette confrontation, d'arrêter de fixer ses yeux qu'il aimait tant, lorsque Juliet ajouta quatre autres phrases. Des excuses. Comme si ce qu'elle faisait était excusable. Des excuses, et des promesses - oui, j'ai dis la vérité Killian, crois-moi, la vérité. Bordel, comment voulait-elle qu'il la croit ? C'était si simple de jurer des choses, aussi simple que leur promesse d'amour éternel, de s'attendre l'année prochaine, de s'aimer toujours, de vivre après, de croire ensemble. Si simple, de mentir ! Combien de fois l'avait-il fait, lui, à d'autres femmes ? Combien de fois ? Trop pour qu'il puisse toutes se les rappeler. Il était un menteur, il jouait avec les femmes avant elle, mais c'était normal, c'était des femmes ! Tandis que là... 

" Tu es désolée, tu m'as aimée, tu as pensé tout ce que tu as dis. Et bien moi aussi, tu sais, moi aussi j'ai pensé chaque chose que j'ai dites. Je t'aime, Juliet, je t'aime. Et tu seras la seule que j'ai jamais aimé, parce que tous ces changements que tu as fais en moi, toutes ces visions des choses que tu avais réussi à transformer, c'est dingue comment tu es forte pour tout faire s'écrouler d'un coup. Alors, tu vois, tu seras la seule, la seule à qui j'ai été assez con pour faire confiance - et toutes les autres femmes après toi qui pleureront parce que je serais le pire des salauds ? Je n'en aurais rien à foutre, parce que tout sera de ta faute, Juliet. "

Autant, que leur amour se soit fané, qu'il est commis une faute, que la distance les ait brisé. Mais ça ? Qu'ils aillent brûler en Enfer.  Et, sur un dernier regard méprisant, Killian se détourna et rejoignit son ami, le Gryffondor de dernière année qui l'avait abordé ultérieurement. Il le prit par l'épaule et lui murmura à l'oreille :

" T'sais mon pote, fais pas de conneries ; te trouves pas une belle, ce sont toutes des moches à l'intérieur. " 

Puis, il le relâcha et se tourna vers une sixième année, qu'il savait avoir des vues sur lui, et lui prit la taille, la tournant vers lui.

" Envie d'amour, bébé ? " susurra-t-il avant de l'embrasser, moqueur devant son air heureux et ravi d'avoir été choisie.

Et il eut envie de vomir tant ses lèvres sur les siennes le dégoûtèrent, tant son odeur était différente de celle de Juliet, tant sa manière de jouer avec sa langue était vulgaire par rapport à la passion de Juliet. Juliet, Juliet, partout, tout le temps ; bordel. Comment est-ce qu'on oubliait une femme pareille ? 

[Fin du RP pour Killian]



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Non, il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas dire ça. Parce que oui, ce qu’elle avait fait été abominable. Mais ce n’était pas pour autant que Killian devait redevenir celui qu’il était auparavant, qu’il devait retrouver son ancienne façon de penser, ses anciennes manières de traiter les femmes. Alors oui, ce qu’elle avait fait pouvait le conforter dans son idée. En soit, n’était-ce pas elle qui lui avait vanté les mérites de l’amour, de la relation longue et durable, pour ensuite briser les promesses qu’elle lui avait faîte. Mais que pouvait-elle faire d’autre ? Elle n’aurait pas pu lui mentir, elle n’aurait pas pu continuer, se tenant éloignée de Jeremy, ignorant les sentiments qu’elle avait développé pour lui. Elle n’aurait pas pu faire semblant, elle n’aurait pas supporté. Et si ce n’était pas des excuses, c’était pourtant la vérité. Elle soupira, se passa une main lasse sur le visage, fixa Killian, l’observa avec attention. Elle se souvenait de qui il était, avant. De ce garçon qui séduisait, qui rejetait le moindre sentiment amoureux, qui vivait pour son bar, pour son père. Qui brisait des cœurs, qui n’avait pas l’habitude qu’on lui brise le sien. Il le lui avait dit, quelques semaines plus tôt, elle avait changé sa vie. Peut-être lui avait-elle donné de nouveaux objectifs, elle n’en savait rien. Sa vie, à elle, elle venait d’être changée, bouleversée, par de nouveaux sentiments, plus forts.

Elle ne savait pas vraiment comment c’était arrivé. Mais c’était là, c’était bien présent en elle. Et c’était étrange, lorsqu’elle y pensait, de tomber amoureuse, comme ça, alors qu’elle avait déjà Killian dans sa vie. Et elle l’avait aimé, Killian, elle l’avait aimé à s’en faire mal, parfois. Inconditionnellement, irrémédiablement aussi. Pourtant, ce qu’elle éprouvait en ce moment même pour Jeremy n’était en rien comparable. C’était différent. C’était comme si l’avenir devenait d’un coup plus clair, moins incertain, lui faisait moins peur. Elle s’engageait dans une relation qui s’annonçait difficile, pourtant, au départ. Avec leurs ruptures respectives, la relation qu’entretenaient leurs parents. Et ça lui semblait être la bonne chose à faire, comme une évidence. Ça blessait beaucoup de personnes autour d’eux, elle en avait parfaitement conscience, pourtant.

« Réfléchis à toutes les filles dont tu as brisé le cœur, avant moi, Killian. Réfléchis au jour où tu m’as abandonné dans un couloir comme celui-ci. Demande-toi si elles ont abandonné, si j’ai abandonné. Je ne sais pas si ce que tu peux ressentir pendant une relation vaut le coup de ne plus jamais être vécu. »

Elle regretta immédiatement ces paroles – mal placées, venant d’elle – mais observa son ex petit-ami. Ce dernier se détourna, et elle fixa son dos, alors qu’il s’éloignait. Il chuchota quelques paroles à un de ses amis, avant de se tourner vers une jeune fille de sixième année, de la prendre par la taille, et de l’embrasser. Elle resta interdite quelques instants, secoua la tête, et commença à avancer elle aussi. Passant à côté d’eux, elle éviter de les regarder, se contentant de fixer un point au loin. C’était comme si une page venait définitivement de se tourner, comme s’il fallait commencer à en réécrire une nouvelle. Et elle savait déjà par quoi commencer.

RP terminé



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Les mots amers [Killian & Juliet]

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