AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 La vengeance d'un Poufsouffle [Théo chou & Sammy chou]

Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
8 avril 2007

"... Mais si je t'assure, elle m'a dit ça et puis après, c'était trop drôle. Mais je te promet que c'est vrai. C'est elle qui me l'a dit, elle est trop amoureuse d'Henry..."

Samaël marchait en silence aux côtés de Théo pour rejoindre le cours de Potion. Il ne pouvait faire autrement que d'entendre la petite voix fluette de Cindy Hammilton puisque lui même ne prononçait pas un mot perdu dans ses pensées. Cette dernière semblait avoir un ragot super intéressant à raconter à sa copine puisqu'elle gloussait comme une dinde la veille de Noël. Les petites exclamations de la gamine furent néanmoins recouvert par un rire gras. Sam releva la tête machinalement et reconnu Anton Smith. Il avait encore un peu de mal à se faire à l'idée qu'il était cousin avec ce crétin. D'ailleurs, il avait tellement de mal à le reconnaître qu'il n'en avait parlé à personne, pas même à son meilleur ami. Pourtant, Anton ne perdait pas une occasion de lui rappeler qu'il savait tout. Son petit air supérieur, ses sourires en coin, ses insultes chaque fois qu'il le croisait.

Le Poufsouffle se crispa donc légèrement en priant pour que son cousin ne le remarque pas, trop occupé à rire bêtement avec Mary Coldwater. Il continua son chemin comme si de rien était, ne laissant rien paraître afin de ne pas alarmer Théo. Mais au moment où l'épaule des deux Smith se frôlaient, Anton se tourna vers lui et un immense sourire éclaira son visage de fouine.

"Samaël mon bâtard préféré. J'ai failli pas te voir, ça aurait été désolant n'empêche. Je n'aurais pas pu te saluer."

Le jeune homme ne fit aucune remarque, se contentant de serrer les dents et de passer son chemin afin de mettre le plus de distance possible entre lui et Anton. Cependant, ce dernier ne semblait pas vouloir le laisser partir comme ça, puisqu'il s'arrêta et se tourna vers lui.

"Et bien, je suis déçu. Je pensais que tu saluerais ton cousin."

Samaël leva les yeux au ciel en soupirant, il ne pouvait pas le crier encore plus fort non ? Tout Poudlard saurait désormais leur lien de parenté et ce n'était pas forcément pour lui plaire. Il n'avait donc pas l'intention de lui répondre et continua comme si de rien était, incitant Théo à en faire de même. Moins il prêterait attention à cet imbécile, plus vite il se lasserait et le laisserait tranquille.

"Ah mais je suis bête. T'es pas vraiment mon cousin. N'est-ce pas. Cromwell? Gabrielle est très bavarde, j'espère que tu le savais."

Sam se raidit à l'entente du nom de famille. Il n'avait jamais imaginé que quelqu'un puisse l'appeler ainsi, son père l'avait reconnu à sa naissance. Il était un Smith et jamais rien d'autre. Et ce sale crétin se permettait de l'insulter, de crier à tout le monde son secret, son passé. Le sang du jeune homme ne fit qu'un tour. Il se dirigea vers le Serpentard et lui décocha une droite. Il attrapa ensuite le devant de son uniforme et le plaqua contre le mur, hors de lui.

"Ne. M'appelle. Plus. Jamais. Comme ça !", hurla le Poufsouffle assénant un nouveau coup entre chaque mot.

Le poing de Samaël partit une nouvelle fois en direction du visage d'Anton, il entendit alors un craquement lorsque le coup s'abattit sur le nez de son cousin. Mais il n'en avait rien à faire, il fallait qu'il paye pour sa méchanceté, il en avait juste, plus qu'assez qu'il s'en prenne à tout le monde sans raison. D'abord Sean, puis maintenant lui. Il l'attaquait sur un point qui faisait mal, il n'avait aucune défense, il s'était pourtant promis de ne pas réagir. Mais c'était la fois de trop, les insultes, sa séparation, le regard des autres sur son homosexualité, sa relation légèrement hésitante avec Théo, le manque de réponse de Jukka. Tout. C'était un tout et il en avait juste marre. Il fallait que quelqu'un d'autre souffre avec lui et Anton semblait tout indiqué. Il leva à nouveau le poing mais le coup n'arriva jamais à destination. Il se sentit tiré en arrière sans aucun moyen de pouvoir atteindre une nouvelle fois cet abruti d'Anton Smith.

Ce dernier en profita d'ailleurs pour s'éclipser en vitesse, le nez en sang et Mary Coldwater qui lui demandait si ça allait. Samaël le regard s'éloigner le regard noir sa colère encore trop présente pour prendre conscience de son geste. Il vit alors le serpentard se tourner une dernière fois vers lui.

"T'es vraiment taré. T'es comme ton père en fait, un vrai taré."

Puis, il disparut. Le Poufsouffle essaya de se débattre mais l'emprise était trop forte. Il ne voyait qu'une chose, il allait tuer cette espèce d'ordure. Mais il n'arrivait pas à se dégager, il avait beau se tortiller. Il ne savait pas qui le tenait mais il ou ils avaient beaucoup de force. Trop pour lui, il abandonna alors et se laissa complètement aller posant un regard vide sur son poing endolori. Il allait avoir des ennuis c'était certain, il allait devoir affronter les questions, le regard des autres encore une fois. Finalement ce n'était pas Swann qui avait dévoilé son secret.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Les yeux résolument plantés sur l'élastique rose qui ordonnait les cheveux d'une demi-portion de première année, Théo répertoriait mentalement toutes les façons qu'il y avait de tuer un homme. Ou, dans le cas présent, une insupportable fillette qui se sentait obligée de colporter des ragots insignifiants d'une voix fluette et perçante qui lui vrillait le cerveau. Dire qu'il allait devoir s'asseoir dans un cachot sombre à respirer les vapeurs capiteuses de potions en ébullition ! Théo sentait déjà un mal de crâne carabiné s'installer dans sa tête, et n'était pas mécontent que Samaël ne soit pas d'humeur à faire la conversation. Sinon, il aurait été obligé de l'envoyer balader avec sa délicatesse légendaire et cela aurait causé des problèmes. Que c'était fatiguant, le monde, la vie, les gens ! Vraiment, on n'avait pas idée de...

"Samaël mon bâtard préféré."

Théo fut tiré de ses ronchonnements intérieurs par la voix mélodieuse d'Anton Smith. Éberlué, Théo s'arrêta à moitié et tourna vers son camarade un regard surpris. Il venait d'insulter son ami de façon complètement gratuite, là, non ? Comme Samaël poursuivait résolument sa route, décidé à ne pas envenimer les choses, Théo garda le silence et se remit en marche. Ce n'était pas à lui de faire justice à son ami, après tout, et ils devaient aller en cours. Tout de même, le comportement d'Anton était bien étrange. Depuis quand on s'en prenait aux gens comme ça, dans les couloirs ? L'explication vint aussitôt après, puisque Anton interpella Samaël à nouveau, révélant au passage un léger détail... Ils étaient cousins. Théo laissa échapper une exclamation de surprise, tournant un visage abasourdi vers son meilleur ami. Anton et Samaël étaient cousins. Certes, l'information n'était pas si surprenante étant donné qu'ils partageaient le même nom de famille, mais enfin, Smith restait un des noms les plus courants qui soient. Et puis on aurait pu penser qu'en sept années d'amitié, Samaël aurait trouvé un moment pour lui en parler au détour d'une conversation, non ? Depuis quand gardaient-ils des secrets l'un pour l'autre ? Depuis cette histoire d'homosexualité, probablement, songea-t-il en se mordant la lèvre avec irritation. Il avait mal géré ça et maintenant Sam ne lui faisait plus confiance.

Le Poufsouffle n'eut pas le temps de s’appesantir sur la pointe de déception qu'il ressentait, puisque Anton sembla lancer la provocation de trop. Voyant Sam se raidir à côté de lui, Théo s'immobilisa et ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi Anton l'appelait Cromwell, quand il se trouva soudain tout seul. Avant qu'il ait eu le temps de réagir, Samaël avait fait volte-face et s'était précipité sur son cousin - ou bien ce n'était pas son cousin ? Théo n'avait pas tout suivi - pour lui décocher une droite. Complètement abasourdi, Théo resta figé sur place, les bras ballants, à regarder Samaël qui plaquait Anton contre un mur pour lui crier dessus et le frapper. Devant la violence des gestes de son ami, d'ordinaire doux et sensible, Théo reprit ses esprits et s'élança vers lui pour l'attraper par les épaules et le tirer en arrière de toutes ses forces. Même s'il n'était pas désagréable de voir ce pleutre d'Anton se faire corriger comme il le méritait, Théo ne pouvait décemment pas laisser Samaël s'acharner sur lui. Son ami avait visiblement complètement perdu la tête et il risquait de s'attirer de gros ennuis. Aidé par un Gryffondor qui passait par là - c'est qu'il avait de la force, son camarade ! -, Théo tira Samaël loin d'Anton. Il le serra contre lui pour l'empêcher de se dégager, car Samaël semblait complètement hors de contrôle et décidé à s'acharner sur Smith numéro 2 jusqu'à en faire de la bouillie...

Appuyé par Coldwater, Anton ne se fit pas prier pour déguerpir, non sans jeter une dernière pique à Samaël au passage. Théo lui adressa son regard le plus meurtrier, celui qu'il réservait d'ordinaire à Danny Sneals quand il observait Artémis avec un peu trop d'insistance, puis remercia le Gryffondor qui s'en alla à son tour. Toujours sur le choc de ce qui venait de se passer, Théo ne réalisa pas tout de suite que Samaël ne se tortillait plus et qu'il pouvait peut-être le lâcher, maintenant... Quand il retrouva les pieds sur terre, il desserra son emprise sur son ami et se mit face à lui, pour vriller un regard sondeur dans celui de Samaël. A cet instant, Théo avait vraiment envie de savoir ce qui pouvait bien se passer dans sa tête, pourquoi il avait perdu ses moyens de la sorte, en devenant violent et impulsif, en oubliant les conséquences. Tant pis pour le cours de potions, Théo voulait comprendre. Il en avait assez de ce silence entre eux, pourquoi n'avait-il pas compris un traître mot de ce qu'avait baragouiné Anton ? N'était-il pas son meilleur ami ?

"Ça va aller ? Tu veux m'expliquer ?", demanda-t-il de son ton le plus compréhensif, tout en sachant très bien qu'il aurait du mal à accepter une réponse négative...




Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Samaël fixait son poing encore douloureux afin de ne pas avoir à assumer son geste, tant qu'il ne relèverait pas la tête, rien de tout ceci ne se serait passé. Il était sûr que Théo devait le prendre pour un fou. Il ne voulait pas avoir à croiser le regard de son ami, il ne voulait pas avoir à assumer la culpabilité qu’entraînerait son geste. D'ailleurs, elle commençait déjà à apparaître. Il s'était emporté, il aurait pu tuer Anton si on ne l'avait pas arrêté, il savait qu'il l'aurait fait, il en aurait été capable. Finalement, il n'était pas meilleur qu'un autre, il était pire. Anton avait raison, il finirait comme son père, ça ne faisait aucun doute. Emprisonné à Azkaban mais pour meurtre, parce qu'il n'aura pas supporté une insulte, juste pour ça. Il se détestait, il aurait voulu disparaître. Mais d'un autre côté, il se sentait apaisé, ça lui avait fait du bien d’extérioriser toute sa colère. Mais ce n'était pas bien. C'était anormal de ressentir du plaisir à s'énerver après les autres. Il était forcément mauvais et la gentillesse de Théo à son égard le rendait encore plus mal à l'aise.

Il ne put qu'hocher la tête lorsqu'il lui demanda si ça allait, il ne pouvait pas faire mieux, il ne méritait pas l'amitié du Poufsouffle de toute façon. Ce dernier lui demanda alors s'il voulait lui en parler. Un éclair de panique le prit alors qu'il relavait vivement la tête vers Théo. S'il lui racontait tout, il allait perdre son amitié c'était certain. Il ne voudrait sûrement pas être l'ami d'un monstre. Mais les monstres n'avaient pas le droit d'avoir des amis de toute façon, ça faisait bien trop longtemps qu'il profitait de Théo, il n'avait pas été honnête, il était temps qu'il répare son erreur. Il fallait tout avouer et Théo partirait, il retrouverait sa liberté. De toute manière, il n'avait pas le droit d'être heureux et il l'avait bien vite oublié, croyant à tort que peut-être lui aussi était normal, un garçon comme les autres avec juste un passé plus difficile.

"Théo, je crois que... qu'il faut qu'on parle."

Samaël vrilla son regard dans celui de son ami avant de lui attraper le poignet et de l'entraîner dans une salle de classe inoccupée. Il verrouilla la porte et insonorisa la pièce. Anton allait peut-être tout raconter à tout le monde mais en attendant c'était son histoire à lui, et il ne voulait pas que tout Poudlard la sache. D'ailleurs Anton devait certainement ignorer certains détails, il devait aussi ignorer son mal être alors inutile de l'en informer. Il lâcha alors son ami qu'il avait malencontreusement gardé prisonnier et se racla la gorge légèrement anxieux.

"Je pense que tu as deviné mais Anton est mon cousin. Je l'ai appris pendant les vacances, je t'en ai pas encore parlé parce que j'ai encore moi même un peu de mal à m'y faire. Son père est le frère de mon père. Enfin de mon père. Ça c'est une autre histoire, Sam fit une légère pause pour reprendre son souffle et ordonner ses idées. En fait, c'était pas vraiment mon père, enfin il était mon père juste dans le sens où il m'a élevé comme son fils, il a même était jusqu'à me donner son nom en me reconnaissant comme son fils. Et à cause de ça, son frère ne lui a plus adressé la parole. C'est pour ça que j'ignorais qu'Anton était mon cousin. Mais ma sœur Gabrielle a renoué des liens avec lui et nous l'avons croisé sur le chemin de Traverse, il a reconnu Aby, tu sais comment elle est. Elle l'a gentiment salué avant qu'il ne s'intéresse à moi. Enfin bref, c'est comme ça que j'ai découvert Anton et son père."

Le jeune homme n'était pas sûr d'être vraiment clair mais au pire, cette partie de l'histoire n'était pas la plus importante. Il ne savait d'ailleurs pas comment aborder la suite, c'était étrange de parler de ça, comme ça. Il se passa une main dans les cheveux avant de se mordre la lèvre inférieure, c'était vraiment difficile, il explora rapidement la salle et son regard se posa sur la fenêtre, il avait chaud. Il lui fallait de l'air non ? Non c'était juste l'angoisse, il pouvait le faire, il n'était pas une fillette. Théo avait le droit de savoir qui il côtoyait depuis sept ans dans son dortoir.

"Mais je pense pas que ce soit ça le plus important à savoir sur moi. Mon passé est plus lourd que simplement des parents morts, un oncle caché et deux sœurs sur quatre qui ne me parlent plus. Chacune de ces choses à une seule et unique raison. Si Anton m'appelle le bâtard, c'est simplement parce que j'en suis un. Enfin presque parce que ma mère n'a jamais trompé son mari enfin pas volontairement, il posa son regard sur ses mains légèrement tremblantes, il pouvait le faire, il en l'avait déjà fait, Swann savait tout, il pouvait bien recommencer pour Théo. Il lui devait au moins ça. Je... Ma naissance n'était pas désirée, mon père biologique est d'ailleurs encore emprisonné pour son acte. Ma mère a décidé de me garder parce qu'elle ne pouvait pas se résoudre à avorter. Son mari a accepté sa décision et s'est promis de m'aimer comme son propre enfant. Son frère n'a pas compris ça et ils se sont embrouillés. J'ai grandi mais ma mère n'a jamais oublié, elle avait du mal à me regarder en face, vers la fin, elle ne supportait même plus d'être dans la même pièce que moi. Elle a fini par mettre fin à ses jours. Mes soeurs aînée me tiennent responsable de sa mort. Et je le suis, c'est pour ça qu'elles ne me parlent pas. J'ai jamais vraiment compris comment faisait Aby et Angèle pour m'accepter. Mon père, après la mort de ma mère, s'est occupé de moi comme un vrai père. Il m'aimait et j'en ai jamais douté même si c'était pas vraiment mon père. Puis, il y a eu la bataille de Poudlard et il s'est fait tué par un Mangemort. Ma sœur Aby m'a alors recueilli. Après tu connais la suite."

Il prit une profonde inspiration. Il ne se sentait pas mieux, ce n'était pas pire non plus mais il pensait qu'il serait soulagé après avoir raconté la vérité à Théo mais même pas, il était juste las. Il posa alors son regard sur Théo essayant de déchiffrer ce qu'il pensait de tout ça. Il devait certainement se sentir trahi, il devait sûrement être dégoûté d'avoir pu être ami avec lui, d'être l'ami d'un monstre.

"Je suis désolé de ne pas t'en avoir parlé avant mais... J'ai honte tu comprends ? Mon passé est tellement sale. Je suis le fils d'un monstre. Je pensais pouvoir devenir quelqu'un de bien mais il semblerait qu'il m'ait transmis ses gênes puisque je ne suis même pas fichu de garder mon calme face à des insultes. Mais lorsque Anton m'a appelé par son nom de famille, ça m'a rendu fou. Je ne veux pas être comme lui. J'ai tellement peur d'être un monstre moi aussi."

Il détourna le regard, il n'avait pas le droit de se lamenter. Sept ans de mensonge ne donnait pas le droit à la lamentation.

"Je comprendrais si tu ne voulais plus me parler. Je t'ai menti pendant sept ans, comme j'ai menti à tout Poudlard en fait. Finalement, je ne mérite probablement pas ma place chez les Poufsouffles puisque la loyauté et l'honnêteté semblent me faire défaut."

C'était un bien triste constat mais c'était la vérité. Du moins, c'était sa vérité à lui. Il fallait désormais attendre la réaction de son ami, du moins, s'il pouvait encore l'appeler ainsi. Décidément, leur amitié était fortement malmenée ces derniers temps.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
La surprise de Théo se mua lentement en inquiétude quand Samaël affirma qu'ils devaient parler, avant d'attraper son poignet pour l'entraîner derrière lui. Théo le suivit docilement, tout en réfléchissant à toute allure pour tenter de comprendre la scène à laquelle il venait d'assister. Il se demandait bien ce que son ami pouvait avoir à lui dire de si grave que cela nécessitait de s'enfermer dans une salle vide et de l'insonoriser... De toute évidence, cela avait un rapport avec sa famille et avec Anton. Théo ne savait pas grand chose au sujet de l'histoire familiale de Samaël, si ce n'est que ses deux parents étaient morts, son père pendant la bataille de 2 mai, et que ses rapports avec certaines de ses soeurs étaient conflictuels. Son camarade de dortoir était assez discret à ce sujet et, il fallait bien l'avouer, Théo n'avait pas particulièrement cherché à en savoir plus. Lui-même n'aimait pas s'épancher sur sa propre famille, et surtout il était trop heureux que Samaël lui ait accordé son amitié pour attirer son attention plus que de raison sur son père mangemort... Mais à en croire son attitude nerveuse, Samaël avait l'air plus réticent encore que Théo à parler de sa famille. Quand il prit la parole, Théo l'écouta attentivement, les sourcils froncés.

Les confidences de Samaël commencèrent en douceur, et sans surprise, par l'annonce qu'Anton était son cousin. La première vraie découverte fut que son père n'était pas son vrai père, ce que Théo ne soupçonnait pas du tout. Toutes sortes d'hypothèses se formèrent dans son esprit, mais aucune n'était proche de la réalité, et à en juger par la gravité qui s'affichait sur le visage de son ami, il était loin du compte. Un mauvais pressentiment s'empara du jeune homme alors qu'il encourageait Samaël du regard, pressentiment qui se transforma en véritable horreur quand les paroles de son ami se frayèrent un chemin dans son esprit, et que la vérité fit jour en lui... Il ne s'attendait pas à ça, pas du tout, et l'idée que Samaël ait vécu toutes ces années avec cet horrible et lourd secret sans jamais oser lui en parler lui porta un véritable coup. Les yeux ronds, une expression d'épouvante et d'incompréhension sur son visage, Théo resta figé face à Samaël qui baissait le regard sur ses mains et continuait son récit. Par Merlin, comment avait-il pu passer à côté d'une chose pareille ? Comment Sam avait-il pu vivre tout ça sans qu'il n'en sache rien ? C'était...horrible, son père biologique était horrible et la réaction de deux de ses soeurs était atroce.

Réalisant qu'il avait retenu sa respiration, Théo expira lentement et s'efforça à reprendre un visage neutre tandis que Samaël posait son regard sur lui. Les paroles que son ami prononcèrent alors lui serrèrent le coeur, et il sentit une profonde colère l'envahir à l'encontre des personnes qui étaient responsables de ça, de ces mots complètement faux qui sortaient de la bouche de son ami, de son air honteux et déconfit. Un éclair d'incompréhension passa dans le regard de Théo quand Sam lui dit qu'il comprendrait qu'il ne veuille plus être son ami. Le silence s'instaura entre eux pendant un instant, Théo tentant de faire le tri dans ses pensées confuses et atterrées.

"Oh, Sam !", finit-il par lâcher d'un ton abasourdi et affligé, avant d'ouvrir et de fermer la bouche comme un poisson hors de l'eau. "Je...woh. Putain."

Théo secoua la tête, agacé par son manque de verbe, et s'approcha un peu de Samaël. Sans réfléchir, il posa sa main sur celle de son ami, serrant ses doigts tremblants en un geste rassurant, puis posa sur lui un regard déterminé.

"Sam, je suis vraiment, vraiment désolé. J'ai du mal à croire que tu aies du vivre tout ça, c'est..."

Il s'interrompit, conscient que Samaël n'avait pas besoin qu'on lui rappelle à quel point son histoire était horrible. Il n'avait pas besoin de ça, ce dont il avait besoin, c'était de quelqu'un pour rétablir la vérité...

"Tu aurais du me faire confiance, Sam. Parce que tu as besoin que quelqu'un te dise...que ce n'est pas de ta faute. C'est pas ta faute, Samaël", insista-t-il en l'observant avec insistance. "Rien de tout ça, ton père biologique, le suicide de ta mère, ton crétin de cousin... Rien de tout cela n'est de ta faute. Tu n'es coupable de rien, tu ne dois avoir honte de rien et tu ne dois surtout pas laisser ta famille te convaincre du contraire. Tu comprends ? T'étais pas né, bordel, c'est quand même pas de ta faute si cet homme a...a fait ça...à ta mère. Ni si elle n'a pas pu le supporter."

Mal à l'aise, Théo se mordilla la lèvre inférieure en cherchant ses mots. Il relâcha la main de Samaël et s'éloigna un peu pour s'appuyer contre une table, avant de poursuivre :

"T'es peut-être le fils d'un monstre mais toi, t'es pas un monstre. Et puis ton père biologique, c'est pas ton vrai père, les gênes ça...ça compte pas."

Insidieusement, la voix de la préfète de Serdaigle se fraya un chemin dans son esprit, alors que son petit discours sur la génétique dans la chambre des secrets lui revenait en tête. Théo Nott venait-il vraiment de soutenir que le sang, l'héritage génétique, n'avait pas d'importance ? Mais comment aurait-pu tenir un autre discours à Samaël, à cet instant ? Ce n'était pas le moment de songer à ses contradictions idéologiques. Et puis lui aussi revendiquait le droit de ne pas être assimilé aux actions de son père, après tout...

"C'est pas lui qui t'a élevé, qui t'a aimé, c'est pas lui qui a contribué à faire de toi la personne que tu es aujourd'hui. Quelqu'un de bien, de loyal, d'honnête. Perdre son calme contre Anton Smith ne fait pas de toi un monstre, il a même réussi à mettre hors de lui Fitcher, à ce qu'on dit, alors... C'est plutôt normal, surtout vu ce qu'il t'a dit. Ensuite je ne vois pas pourquoi je mettrai fin à notre amitié parce que je connais la vérité. Tu connais mon histoire familiale, elle n'est pas vraiment plus reluisante, et tu ne m'as jamais repoussé pour ça...Alors je ne le ferai pas non plus. Quant au fait que tu aies gardé ce secret, si longtemps..."

Il s'interrompit à nouveau, mal à l'aise, tentant d'analyser ses sentiments.

"Je ne vais pas te mentir. C'est vrai que je me sens...déçu, mais au moins autant par moi que par toi. Si tu estimais que tu ne pouvais pas me faire confiance, c'est que...je n'ai probablement pas fais ce qu'il fallait pour la gagner, ta confiance. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi. Mais tu es, et tu resteras toujours mon ami."



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Alors qu'il terminait son histoire, Samaël attendit l'instant où Théo prendrait conscience de ses mensonges, le temps qu'il assimile et qu'il lui avoue qu'il ne pouvait pas le côtoyer plus longtemps, qu'il en avait assez de découvrir toujours de nouvelles choses sur lui. Qu'il avait peur qu'il lui cache encore quelque chose. Qu'il ne voulait plus de secrets et qu'il y en avait trop eu et qu'il ne pouvait donc plus lui faire confiance. Il compris que Théo percuta sur ses révélations lorsqu'il esquissa une phrase dénuée de sens. Il s'attendait à tout instant à entendre de la bouche de son ami la fin de leur amitié. Il fut donc surpris lorsqu'il sentit la main de Théo serrer ses doigts tremblants. Il releva la tête et croisa le regard déterminé de son ami. Son cœur rata un battement avant de reprendre un rythme légèrement plus rapide qu'auparavant. Il n'eut pas le temps de s'interroger bien longtemps sur cette étrange manifestation puisque Théo le tira de ses pensées en affirmant qu'il était désolé pour lui.

"Tu aurais du me faire confiance, Sam. Parce que tu as besoin que quelqu'un te dise...que ce n'est pas de ta faute. C'est pas ta faute, Samaël", insista-t-il en l'observant avec insistance. "Rien de tout ça, ton père biologique, le suicide de ta mère, ton crétin de cousin... Rien de tout cela n'est de ta faute. Tu n'es coupable de rien, tu ne dois avoir honte de rien et tu ne dois surtout pas laisser ta famille te convaincre du contraire. Tu comprends ? T'étais pas né, bordel, c'est quand même pas de ta faute si cet homme a...a fait ça...à ta mère. Ni si elle n'a pas pu le supporter."

Sam baissa la tête, il savait que ce n'était pas sa faute mais inconsciemment, il ne pouvait s'en empêcher. Il hocha légèrement la tête pour faire comprendre qu'il avait compris et lorsqu'il releva la tête pour plonger son regard dans celui de Théo, il ne put s'empêcher de frissonner. C'était étrange, il n'avait jamais fait attention aux yeux de son ami. Ils étaient beaux pourtant, profonds, un regard perçant, il avait l'impression d'être mis à nu. Il détourna alors le regard se sentant rougir.

"T'es peut-être le fils d'un monstre mais toi, t'es pas un monstre. Et puis ton père biologique, c'est pas ton vrai père, les gênes ça...ça compte pas."

Les paroles du Poufsouffle le touchèrent autant qu'elles l'étonnèrent. Théo laissant sous entendre que les gènes n'étaient pas important allait contre ses idées. Le jeune homme avait toujours plus ou moins laissé entendre que la pureté du sang avait son importance. Comme son père lui avait enseigné. Même si Théo n'était pas injurieux envers les nés-moldus, ce dernier n'allait néanmoins pas sortir avec une non sang-pure. Chose qu'il trouvait complètement stupide. Alors les paroles de son ami, c'était comme s'il remettait son éducation en doute, juste pour lui.

"Je... Théo, tu le penses vraiment ? Les gênes ne sont vraiment pas important pour toi ?"

La voix de Samaël n'était qu'un murmure mais il ne doutait pas que Théo l'avait entendu. Il regarda fixement le Poufsouffle. Il n'attendait pas de confirmation, il voulait juste le remercier pour ses mots. Et peut-être un peu s'assurer qu'ils étaient sincères. Mais en regardant son ami, il ne pouvait en être autrement. Théo ne lui aurait jamais menti, pas sur ça, pas juste pour lui faire plaisir. Pas juste pour lui faire entendre ce qu'il avait envie d'entendre mais parce que c'était ce qu'il pensait réellement. Il mit même en avant son histoire familiale pour lui prouvait qu'il n'allait pas arrêter d'être son ami. Parce que lui, il ne l'avait pas repoussé. Mais comment aurait-il pu repousser Théo en première année ? Ils étaient aussi perdu l'un que l'autre avec une histoire familiale complètement pourrie. Un père mangemort et un orphelin de la guerre qui aurait pu parier la dessus ? Personne sans doute et pourtant, Samaël n'avait été que trop heureux de devenir l'ami de Théo. Il avait raison, ce n'était pas notre famille qui faisait qui nous sommes mais bien nous qui choisissons d'être qui on veut être.

"Je ne vais pas te mentir. C'est vrai que je me sens...déçu, mais au moins autant par moi que par toi. Si tu estimais que tu ne pouvais pas me faire confiance, c'est que...je n'ai probablement pas fais ce qu'il fallait pour la gagner, ta confiance. Je suis désolé de ne pas avoir été là pour toi. Mais tu es, et tu resteras toujours mon ami."


Sam prit un air peiné lorsque le Poufsouffle lui avoua être déçu. Il savait qu'il avait déçu beaucoup de personnes dernièrement mais décevoir Théo était bizarrement plus douloureux. C'était physiquement pénible de se dire qu'il avait fait de la peine à son meilleur ami. Mais, les reproches ne lui étaient pas vraiment destinés au final. Le jeune homme écarquilla les yeux d'horreur avant d'être immensément touché par la déclaration que venait de lui faire Théo, accompagné d'un légèrement pincement au coeur lorsqu'il réalisa qu'ils ne seraient jamais plus que cela, des amis. Sam se demanda alors depuis quand sa vision de Théo avait pu évoluer. Depuis quand, elle avait changé. L'idée de plus avec son meilleur ami, ne lui semblait plus aussi aberrant à cet instant. Mais par respect pour Théo, il allait se taire. Il devait à tout prix conserver cette amitié. Il fit un pas vers Théo, il était temps de mettre fin à leur distance aussi, il savait qu'il était capable de se retenir et, pour Théo, les choses semblaient clair aussi alors, la normalité devait revenir. Il serra donc Théo dans ses bras pour le remercier, pour lui montrer que ses paroles le touchaient plus qu'il ne pouvait le dire avec les mots.

"Merci Théo. Tu resteras toujours mon ami aussi."

Il desserra son étreinte et se retrouva à quelques centimètres à peine de son ami. La proximité était assez déstabilisante. Il plongea son regard dans celui de Théo et dut se retenir pour ne pas l'embrasser. Parce qu'à cet instant, c'était tout ce qu'il désirait.






Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
"Je... Théo, tu le penses vraiment ? Les gênes ne sont vraiment pas important pour toi ?"

La question tournait en boucle dans la tête de Théo, qui aurait préféré avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Pour une fois, ses mots avaient dépassé sa pensée et Samaël ne l'avait évidemment pas manqué. Et il se trouvait piégé, incapable de confirmer ou de démentir, incapable même de savoir ce qu'il pensait réellement, au fond. Alors il se contenta de soutenir le regard de son ami et de détourner la conversation. Les mots qu'il prononça ensuite parurent toucher Samaël, qui s'avança vers lui pour le serrer contre lui. Théo lui rendit son étreinte sans mot dire, heureux que la distance entre son ami et lui ait enfin disparu. Il était temps que les choses reviennent à la normale, car ils avaient besoin loin de l'autre, et qu'il n'y avait pas de place à de l’ambiguïté entre eux. Car tout était clair entre eux, n'est-ce pas ?

Pourtant, quand Samaël s'écarta un peu de lui et plongea son regard dans le sien, Théo sentit quelque chose remuer en lui et un sentiment de panique trop familier apparaître dans son esprit. Samaël était bien trop proche, comme cette fois dans le dortoir, et là encore Théo ne put s'empêcher de sentir son pouls s'accélérer, son souffle se raccourcir, son regard s'égarer sur les lèvres de Samaël. Un instant passa sans qu'ils ne bougent, et le Poufsouffle se demanda l'espace de quelques secondes si, cette fois, son meilleur ami pensait à la même chose que lui. Merlin, il avait envie de le découvrir, réalisa-t-il avec un mélange de honte et d'impatience. Et, alors qu'il était à deux doigts de rompre la mince distance qui les séparait, il se rappela d'un conseil que lui avait donné sa mère, il y a bien longtemps, l'été qui avait précédé son entrée à Poudlard.

"Quand tu t'apprêtes à dire ou faire quelque chose qui pourrait te causer du tort, arrête-toi et réfléchis. Imagine le futur et tout ce qui pourrait se passer, et si les conséquences sont trop dures à supporter, alors retiens-toi. Même si tu en as très très envie."

Bien sûr, sa mère pensait plutôt à toutes les personnes avec qui il aurait envie d'en découdre, les enfants de héros de guerre ou de victimes. Cependant, son conseil qu'il avait suivi de si nombreuses fois s'appliquait étonnamment bien ici aussi. Théo pouvait tout à fait s'imaginer en train de céder à cette envie qui le tourmentait et d'embrasser Samaël, de le serrer contre lui à nouveau, mais cette fois de façon moins innocente. Mais ensuite, tout se gâtait. Il pouvait imaginer son ami s'offenser et le repousser, et leur amitié serait perdue quelles que soient les belles promesses qu'ils venaient juste de se faire. Et puis, ce n'était pas comme si Samaël avait déjà manifesté ce genre d'intérêt pour lui. Ou alors, s'il ne le repoussait pas, s'il voulait ça autant que lui ? Théo ne pourrait jamais le rendre heureux. Pour commencer, il avait peut-être envie de l'embrasser, mais Samaël restait un homme et Théo ne pouvait vraiment pas s'imaginer aller...plus loin. Rien que l'idée suffisait à le faire rougir, alors comment pourrait-il le faire ? Quant à avoir une relation amoureuse avec Samaël, c'était tout aussi impensable. Cela ne pourrait pas marcher bien longtemps puisque Théo voudrait garder le secret, et qu'il imaginait mal Sam vivre caché... L'idée de vivre leur histoire au grand jour serait tout aussi impensable, Théo préférait encore se jeter du haut de la tour d'astronomie. Ce serait toujours moins douloureux que de voir la majeure partie de son entourage le rejeter. Il ne se faisait aucune illusion sur le degré d'acceptation des homosexuels dans les cercles fermés des familles de sang-pur. C'était déjà difficile à Poudlard, comme la tentative de suicide de Sean Fitcher le prouvait bien, alors aller annoncer une chose pareille à des Nott, Parkinson ou autres Lestrange signifiait devenir un paria, purement et simplement, voire être renié de la famille. Dans leur rang, lorsque l'on avait ce genre de penchants, on épousait une jeune femme pour les apparences et pour avoir des héritiers, et on prenait un amant secret bien gentiment. Ainsi, la honte n'était pas jetée sur la famille. Théo ne pouvait s'imaginer infliger une telle vie à trois personnes, mais il n'était pas prêt pour autant à se mettre à dos des personnes qui comptaient pour lui en étant sincère. Car ce n'était pas comme si le reste du monde serait beaucoup plus clément à son égard, entre les anti-Nott et les homophobes... A part Samaël et peut-être Artémis, qui lui faisait déjà la tête de toute façon, cela laissait peu d'espoirs de conserver une vie sociale. Voilà pourquoi il ne pouvait pas imaginer une seule seconde se placer dans cette situation.

Ce n'était pas si difficile, au fond, il suffisait de faire le bon choix. Le choix de la vertu, comme aurait dit son père, un choix qui le conduisait à étouffer ses pensées corrompues et à retourner auprès d'Olivia. Olivia, qui le rendait parfaitement heureux, et qu'il s'était promis de ne plus jamais tromper à nouveau, était la meilleure des raisons pour s'éloigner, de toute façon... Un léger soupir de soulagement franchit les lèvres de Théo alors que toutes ces pensées déferlaient dans son esprit. C'était facile, finalement, il n'y avait pas à hésiter. Tout, absolument tout, le poussait à faire le bon choix. Sous prétexte d'aller s'appuyer contre la table derrière lui, Théo s'éloigna de Samaël, les joues en feu. Croisant les bras sur sa poitrine, il prit une profonde inspiration pour raisonner les battements erratiques de son coeur et reporta son attention sur son ami, pensif.

"Je ne sais plus ce que je pense", finit-il par murmurer d'un ton amère. "Pour répondre à ta question sur les gênes. Je ne sais plus ce qui est important pour moi, et c'est...déstabilisant."

Il esquissa un petit sourire en coin comme pour relativiser ses propos, et tourna la tête vers la fenêtre. C'était une belle journée dehors, l'air était printanier pour la première fois depuis bien longtemps. Théo aurait aimé aller se balader dans le parc et profiter simplement des rayons du soleil et de l'air fleuri, mais il savait bien que son cerveau marcherait à plein régime. Au fond, il savait bien que sa remarque ne portait pas que sur la pureté du sang. C'était toutes ses valeurs, toute son éducation qu'il remettait en cause ces derniers temps, à cause de personnes comme Artémis, Cécilya, Perséphone et surtout Samaël. Son amitié avec le Poufsouffle suffisait à elle seule à mettre au défi une bonne partie de ses convictions de sang-pur, et il avait du mal à trouver un équilibre. Il ne tenait pas plus à abandonner son monde qu'à perdre Samaël, mais parfois, comme aujourd'hui, il se disait qu'il finirait forcément par en perdre un des deux, et cela l'effrayait au-delà des mots.

Reportant son attention sur Samaël, Théo posa sur lui un regard triste, et ajouta :

"Qu'est-ce que tu veux faire ? Aller en potions ?"



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Le temps semblait s'être arrêté, Samaël ne pensait à rien d'autre qu'aux yeux de Théo dans les siens, ses lèvres très, trop, proches des siennes. Le doute n'était plus permis pour lui, il l'avait nié trop longtemps, il ne ressentait pas que de l'amitié pour le Poufsouffle. L'affection immense qu'il ressentait pour Théo n'était pas simplement qu'une simple et profonde amitié. Il y avait plus pour qu'il désire s'emparer des lèvres de son ami, il ne pouvait y avoir d'autre explication. Il ne savait pas exactement depuis quand ses sentiments avaient évolué mais ce n'était pas important pour l'instant, ce n'était ce qui comptait. Il devait penser à Théo et à ses sentiments. Une chose était sûr, il ne voulait pas le perdre, il allait donc faire comme s'il ne ressentait rien de plus qu'une profonde amitié pour le jeune homme. Il ne serait pas déçu lorsque Théo irait s'accouder contre la table, mettant fin à leur échange visuel.

"Je ne sais plus ce que je pense", finit-il par murmurer d'un ton amère. "Pour répondre à ta question sur les gênes. Je ne sais plus ce qui est important pour moi, et c'est...déstabilisant."

Sam hocha la tête, il en avait sûrement trop attendu de Théo, il ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas réellement savoir ce qu'il pensait de tout cela. On ne reniait pas toute une éducation en quelques secondes. Et ce n'était certainement pas à lui de dire à son ami ce qui était bien ou non. Il n'en avait pas le droit. Sa propre histoire n'était pas non plus un modèle de vie parfaite. Et de toute manière qui était-il pour juger les autres ? Son rôle à lui était de soutenir ses amis jusqu'à ce que ses derniers jugent qu'ils n'avaient plus besoin de lui. Il était donc heureux de chaque moment partagé avec Théo même si à cet instant, secrètement il en espérait plus.

"Qu'est-ce que tu veux faire ? Aller en potions ?"

La question du jeune homme, le tira de ses pensées. Il esquissa un léger sourire à son ami et haussa les épaules.

"Comme tu préfères. Même si je pense que nous sommes beaucoup trop en retard pour pouvoir rendre une potion correcte dans les temps. Je te propose donc de sécher les potions. On trouvera bien une excuse à donner à Adamson. Enfin c'est comme tu veux."

Samaël savait que Théo était assez proche de Margot Adamson, ce serait certainement assez facile pour lui de trouver une excuse plausible pour eux deux. Enfin si Théo avait envie de passer un peu de temps avec lui. Il n'était pas réellement sûr que son ami veuille rester avec lui à cet instant. Peut-être avait-il lui aussi ressenti l'étrange lourdeur présente dans l'air lors de leur échange visuel. Peut-être que cela l'avait gêné et que c'était pour cela qu'il s'était reculé pour s'appuyer contre la table qui se trouvait derrière lui. Ou alors peut-être s'était-il imaginé tout ça. Peut-être... Il ne savait pas et ne saurait certainement jamais.

Mais finalement, ce n'était pas vraiment la question. Il posa ses yeux sur son ami, espérant malgré lui, une réponse favorable à sa demande. Essayant de déchiffrer les pesées de Théo. Son meilleur ami qui avait toujours était insondable pour lui, malgré sept ans d'amitié, il lui était encore difficile d'affirmer avec certitude qu'il connaissait parfaitement bien Théo. Puisque ce dernier semblait en perpétuel évolution. Il y avait un an à peine, il aurait affirmer sûr de lui que jamais Théo ne pourrait lire un livre écrit par un moldu ou encore qu'il ne pourrait jamais considérer un né-moldu comme son égal et pourtant, aujourd'hui, il n'était vraiment plus du tout certain que ces négations étaient encore d'actualité. Surtout au vu du livre qu'il avait aperçu sur la table de chevet du Poufsouffle. Théo changeait et il ne savait à quoi c'était dû, il ne savait pas si c'était bien ou pas. Il savait juste qu'il semblait plus tolérant. Pour lui, c'était bien parce que ça lui avait permis de ne pas perdre son meilleur ami. Et ça c'était juste une des plus belles choses de sa petite vie pourrie.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Song-post sur la chanson de Scorpions - Maybe I maybe you

Samaël proposa de sécher les potions, ce à quoi Théo répondit par un hochement de tête pensif. Oui, bien sûr qu'il était tard pour y aller, ils avaient manqué la moitié du cours. De plus, il n'était pas impossible que le coup d'éclat de Samaël soit parvenu aux oreilles de Margot, et Théo n'avait aucune envie de voir son ami se faire enguirlander maintenant. Donc sa proposition était idiote, évidemment, mais en réalité il avait juste dis la première chose qui lui passait par la tête pour quitter cette salle de classe. Mettre de la distance entre Samaël et lui semblait être le seul moyen pour Théo de se tenir à sa décision, celle de ne pas céder. Sa raison lui hurlait donc de quitter la pièce sous n'importe quel prétexte, mais son amitié pour le Poufsouffle le retenait. Son amitié, et peut-être autre chose...

"D'accord. Pas de souci pour Adamson, je trouverai", lâcha-t-il en détournant le regard.

Voilà qu'il recommençait. Samaël et lui étaient censés être meilleurs amis, tout comme Artémis était censée être sa soeur, Cécilya son amie, Olivia sa petite-amie... Mais pourtant il n'agissait pas comme tel, avec aucun d'entre eux. S'il n'était pas capable de se trouver dans une pièce seul avec Samaël sans avoir des idées déplacées, s'il ne pouvait même plus le regarder dans les yeux sans se sentir gêné... Comment pouvait-il s'appeler son meilleur ami ? Samaël lui avait caché des choses, mais il n'était pas seul. Oui, ils étaient loyaux l'un envers l'autre, mais pas sincères. Et peut-être qu'il était temps que Théo le soit enfin. Il n'avait personne d'autre auprès de qui s'épancher, qui le comprendrait et l'accepterait, et qui de mieux placé que le concerné pour le conseiller ? Et s'il avait peur de mettre en péril leur amitié en s'exprimant, eh bien...elle l'était déjà, de toute façon, qu'il le reconnaisse ou non.

"On peut rester là, enfin si tu veux. Je crois que j'ai envie de parler."

Théo Nott qui avait envie de parler, d'autre chose que de la pluie et du beau temps, ce n'était pas tous les jours, et ils n'avaient rien de mieux à faire, à part aller en cours de potions... Alors il se doutait que Samaël serait prêt à l'écouter. La question était maintenant de savoir s'il était prêt à se confier. Théo prit une profonde inspiration pour se donner du courage et se mit sur ses pieds, l'air incertain.

"Je ne sais pas trop pas où commencer", avoua-t-il avec embarras. "Je ne sais même pas exactement ce que j'essaie de dire. Ces derniers temps, Sam, je suis...je me sens...perdu."
"Maybe I, maybe you
Can make a change to the world
We're reaching out for a soul
That's kind of lost in the dark"


Oui, perdu, il l'était, complètement paumé, à la rue, troublé, confus, déconcerté, fourvoyé. Tout se mélangeait dans sa tête, jusqu'à former un noeud inextricable de pensées embrouillées et indécises, un amas d'idées contradictoires, un joyeux mélange de désirs et de convictions paradoxales. Et tout ça l'empêchait de dormir la nuit, de se concentrer sur ses études, et il voyait dans chaque acte, dans chaque parole insignifiante, une raison de plus pour se questionner et remettre en doute les fondements même de son identité. Qui était Théo Nott, exactement ? Il ne le savait plus, il s'était perdu en route, et il attendait que quelqu'un vienne lui prendre la main pour lui dire, simplement, ce qu'il devait faire. Ce en quoi il devait croire. Ce qui était bien, et mal. Il voulait que quelqu'un fasse le tri pour lui, qu'il puisse enfin aller de l'avant et à son tour, faire bouger le monde.

Redorer le nom de son père, restaurer la réputation de sa famille, protéger sa soeur, défendre son petit univers de sang-pur, voilà ce à quoi il s'était toujours destiné. Un avenir en politique, une brillante carrière au Ministère, un mariage réussi, des amis qui lui ressemblent... Mais c'est là que le bât blesse. Ses amis, son meilleur ami, ne lui ressemblait pas. Il était si différent, si profondément différent qu'il le tirait dans une autre direction, une direction qui l'attirait autant qu'elle l'effrayait. Car il devait bien l'avouer, c'était séduisant, l'idée de faire partie de ces enfants de mangemort là, ceux qui s'opposaient à leurs aînés et rejoignaient les rangs apaisés de la majorité, qui revendiquaient fièrement le droit d'être quelqu'un d'autre qu'un "fils de". C'était séduisant, de se laisser aller à croire que la pureté du sang n'avait pas une si grande importance, pas plus que le rang, qu'il pouvait aimer n'importe qui, oui... Même Samaël. C'était séduisant au point qu'il regrette déjà cette décision prise quelques secondes plus tôt, de renoncer à tout cela, parce qu'il avait peur. Oui, Théo avait la peur au ventre à l'idée de bouleverser son monde...

Mais si c'était Samaël, et non lui, qui pouvait changer les choses, les rendre meilleures ? Il avait déjà commencé à le changer lui. Devait-il le laisser faire ?
"Maybe I, maybe you
Can find the key to the stars
To catch the spirit of hope
To save one hopeless heart"


Soudain, Théo se sentit étouffer. Sous le regard de Samaël, sous le poids de ses propres pensées, c'était comme s'il n'avait plus d'air.

"Il fait chaud, non ?", dit-il brusquement.

Se décollant de sa table, il se dirigea vers la fenêtre la plus proche d'une démarche raide et batailla quelques instants pour l'ouvrir. L'air frais fouetta son visage et s'infiltra dans ses poumons, éclaircissant quelque peu son esprit. Dos à son ami, il s'appuya contre le montant de la fenêtre et se perdit dans la contemplation du paysage, redessinant les nuages du regard.
"You look up to the sky
With all those questions in mind
All you need is to hear
The voice of your heart"


A nouveau, son choix pris auparavant ne lui paraissait plus aussi bon. Certes, il s'était senti soulagé pendant quelques secondes, car c'était plus facile de ne rien changer, de continuer comme si de rien n'était... Mais pourtant, cela lui semblait si insatisfaisant. Théo avait des millions de raisons pour refuser d'écouter ce que lui dictait son coeur, mais avait-il seulement une véritable bonne raison ? Pouvait-il refuser d'agir, parce qu'il avait peur ? Mais qu'avait-il si peur de perdre, au fond ? Ce n'était pas comme s'il avait été particulièrement heureux, pour l'instant, au contraire. Tout ce qu'il avait refusé d'abandonner jusque là, tout ce qu'il avait toujours juré être si important pour lui, son nom, son père, sa place dans la haute-société, n'avait fait que le rendre misérable, toute sa vie. Oh, il avait été heureux pendant son enfance, oui, et il avait aimé son père comme jamais il n'avait aimé personne d'autre...jusque là, du moins. Mais pendant qu'il était un enfant heureux, son père se battait et tuait pour Lord Voldemort, il tuait des gens comme le père de Samaël. Et depuis son entrée à Poudlard, que lui avait apporté de bon sa loyauté ? Rien, sinon des insultes, de la solitude, un repli sur soi, une irrépressible tendance à la dépression. Etre Théo Nott ne lui avait jamais paru facile ni enviable, jamais, alors pourquoi s'obstinait-il à garder et défendre cette identité ? Ne pouvait-il pas donner une autre signification à ce nom, celle qu'il aurait choisi, grâce à Samaël ?
"In a world full of pain
Someone's calling your name
Why don't we make it true
Maybe I, maybe you"


Un léger sourire aux lèvres, Théo se détourna pour aviser Samaël, mais une dernière pensée traversa son esprit. Il y avait Olivia. Voilà la bonne raison, Olivia, la jeune fille formidable à qui il avait fait des promesses, dit des "je t'aime". Et si, aujourd'hui, il n'en était plus si sûr, il n'avait pas le droit pour autant de la blesser à nouveau. Peut-être qu'il devait la quitter ? Peut-être pas. Il ne savait pas. Et peut-être que Samaël ne se posait pas toutes ces questions, lui, peut-être qu'il n'avait même pas remarqué le trouble de Théo, et qu'il n'éprouvait rien de tel à son égard... Peut-être que si...

Mais si rien n'était possible entre eux, si rien ne se passerait jamais, au fond, ce n'était pas si grave. Mais Théo avait besoin d'accepter qu'il avait ce rêve au fond de lui.
"Maybe I, maybe you
Are just dreaming sometimes
But the world would be cold
Without dreamers like you"


Alors il ne se sentait plus soulagé, au contraire, la peur était revenue lui emprisonner le ventre... Mais il se sentait apaisé, et fébrile à la fois, car il savait que quelque chose de fort venait de se passer en lui. Même s'il ne savait pas exactement quoi, et qu'il était incapable de poser des mots sur ce qu'il ressentait, il savait au moins qu'il avait embrassé la possibilité de tout envoyer balader. Et, Merlin, cela faisait du bien ! Car affronter les reproches pour avoir rompu les rangs en recherchant le bonheur où il ne le fallait pas serait dur, mais... Eh bien, cela serait toujours moins dur qu'une vie entière à se sentir misérable en faisant ce qu'on lui disait. Théo s'était toujours senti emprisonné, à Poudlard, mais peut-être que ce n'était pas Poudlard, le problème, ni les autres. Peut-être qu'il s'emprisonnait lui-même.

Réalisant soudain qu'il était silencieux depuis de longues minutes, lui qui disait vouloir parler, Théo se décolla de sa fenêtre pour se rapprocher un peu de Samaël. Arrivé face à lui, il croisa son regard et, sentant ses joues s'embraser, baissa aussitôt les yeux.
"Maybe I, maybe you
Are just soldiers of love
Born to carry the flame
Bringin' light to the dark"


"Désolé, c'est moi, ça, je pense beaucoup et je parle peu", lâcha-t-il avec un petit sourire de dérision.

Comme pour illustrer ses propos, il fut à nouveau incapable de continuer, et le silence s'instaura à nouveau entre eux. Finalement, la tête baissée sur ses pieds, Théo commença à parler.

"Tu sais, en ce moment j'ai l'impression que ma vie pourrait changer complètement, à tout instant. J'ai l'impression...que je suis sur le point de faire une grosse bêtise, ou de dire quelque chose d'absurde, et qu'ensuite plus rien ne sera jamais pareil. Et je n'arrive pas à savoir si c'est une bonne, ou une mauvaise chose, si c'est ce que je veux, du changement, ou bien si ce serait une énorme erreur."

Relevant la tête pour poser un regard désespéré sur Samaël, il reprit d'un ton incertain :

"Cela t'est déjà arrivé, Sam, d'avoir l'impression que tout est remis en cause, et de ne plus rien savoir ? Ce en quoi tu crois, ce qui compte vraiment, ce que tu veux faire de ta vie ? Ça t'est déjà arrivé, de ne même plus savoir qui tu es, ni qui tu aimes ?"

Ces derniers mots lui échappèrent, mais il ne les retint pas. Théo se contenta de garder le silence, le regard vrillé dans celui de Samaël. Se mordillant la lèvre inférieure avec nervosité, il attendit sa réponse sans flancher.
"You look up to the sky
With all those questions in mind
All you need is to hear
The voice of your heart
In a world full of pain
Someone's calling your name
Why don't we make it true
Maybe I, maybe you"




Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Samaël sentit son cœur se serrer lorsque Théo détourna le regard, il avait l'impression que son ami essayait de le fuir. Il lui cachait quelque chose mais il ne savait pas quoi, il se contenta donc de le remercier lorsqu'il affirma qu'il trouverait quelque chose à raconter au professeur Adamson. Mais il n'était pas soulagé pour autant, il avait comme l'impression que Théo s'obligeait à rester en sa présence. Pourtant, il lui avait affirmé que son histoire ne l'avait pas dégoûté, il lui avait promis qu'ils resteraient toujours amis. Alors il ne comprenait pas la soudaine distance que semblait vouloir mettre Théo entre eux.

"On peut rester là, enfin si tu veux. Je crois que j'ai envie de parler."

Sam hocha la tête. Ce n'était pas tous les jours que son ami ressentait le besoin de parler. Et il était plus qu'heureux qu'il veuille éclaircir certains points. Du moins, il lui semblait que c'était pour cette raison que Théo ressentait l'envie de parler, pour lui expliquer certaines choses. Lui prouver qu'il tenait à leur amitié plus que tout, peut-être ou autre chose. Le jeune homme vrilla son regard sur son ami.

"Je t'écoute dans ce cas."

Il était prêt à tout entendre mais l'incertitude visible sur le visage du Poufsouffle ne lui prédisait rien de réellement positif. Et soudain, il eut peur. Peur des révélations que s'apprêtait à lui faire Théo, peur de voir son amitié disparaître. Il était prêt à faire tout ce qu'il fallait pour conserver leur amitié. Alors si Théo trouvait son comportement trop familier désormais, il était prêt à garder ses distances, plus de contacts physiques, juste des discussions. Il ne pouvait en aucun cas imaginer une seule seconde ne plus parler avec Théo. Il avait déjà trop perdu, il ne pouvait pas perdre ça. Même si à peine une heure avant, il était prêt à accepter le fait qu'être un monstre ne donnait pas le droit à certains privilèges. Mais il avait changé d'avis, parce que Théo lui avait affirmé qu'il n'était pas un monstre, que notre famille ne faisait pas de nous ce que nous étions réellement. Il allait donc écouter son ami mais il ne le laisserait pas s'éloigner de lui, c'était hors de question.

"Je ne sais pas trop pas où commencer", avoua-t-il avec embarras. "Je ne sais même pas exactement ce que j'essaie de dire. Ces derniers temps, Sam, je suis...je me sens...perdu."

Samaël écarquilla les yeux de surprise, il ne s'attendait pas à ça. Théo qui semblait toujours si sûr de lui, il lui semblait impossible que ce dernier doute autant sur lui même, sur son avenir. D'ailleurs, son ami se perdit dans ses pensées, Sam encore trop sous le choc pour dire ou faire quoique ce soit. Sur quoi Théo pouvait-il douter ? Son éducation, c'était une possibilité, il avait semblé remettre en question un certain nombre de ses convictions. Il avait revu son point de vu sur l'homosexualité, peut-être que maintenant, c'était sur la pureté du sang ? Il n'en savait rien. Au fond, il avait l'impression de découvrir Théo et ça lui faisait un peu mal de l'admettre. Malgré sept ans passés dans le même dortoir, ils ignoraient tout de leurs pensées. Mais, il était décidé à changer ça et le fait que Théo s'ouvre à lui, le confortait dans l'idée que son ami aussi voulait faire évoluer leur amitié vers plus d'honnêteté l'un envers l'autre.

Il ne fit pas vraiment attention lorsque Théo lâcha qu'il faisait chaud. Il le vit juste, lui tourner le dos pour s'approcher de la fenêtre et l'ouvrir. Il sentit le vent lui caresser doucement le visage mais il s'en rendit à peine compte, perdu dans ses pensées, regardant son ami sans le voir. Attendant, sans vraiment y penser les révélations de Théo qui ne semblaient pas décidées à sortir. Il releva les yeux lorsque le Poufsouffle s'excusa en affirmant qu'il parlait peu mais pensait beaucoup. Le jeune homme haussa les épaules, fataliste, et invita son meilleur ami à continuer du regard.

Samaël écouta sans vraiment savoir où voulait en venir Théo, il écouta en silence, le laissant s'exprimer. Le laissant prononcer les mots qu'il semblait retenir depuis un moment déjà. Mais, malgré la confusion évidente de son ami, il comprenait ce qu'il ressentait lui aussi avait déjà vécu ça, lorsqu'il avait eu des doutes sur sa sexualité. Il fixa alors Théo, se demandant, si lui aussi avait ce genre de doute. Si c'était de ça qu'il voulait lui parler. Qu'il ne savait plus quoi ressentir. Si c'était ça, le comportement fuyant de son ami s'expliquait un peu mieux.

"Cela t'est déjà arrivé, Sam, d'avoir l'impression que tout est remis en cause, et de ne plus rien savoir ? Ce en quoi tu crois, ce qui compte vraiment, ce que tu veux faire de ta vie ? Ça t'est déjà arrivé, de ne même plus savoir qui tu es, ni qui tu aimes ?"

Un espoir fou s'empara alors du Poufsouffle. Et si ? Si, Théo ressentait quelque chose pour lui ? Il pouvait l'aider à résoudre son problème. Il en avait la possibilité, ce serait si simple. Et complètement fou, il n'osait même pas entrevoir ce qui se profilait à l'horizon. Il ne devait pas se faire de faux espoirs. Il s'approcha de Théo qui le regardait intensément, il posa une main rassurante sur celles de son ami.

"Oui, j'ai déjà vécu ça, il plongea son regard dans celui de Théo en esquissant un sourire rassurant. Mais toi, tu n'es pas seul. Je suis là. Tu vas voir ça va aller."

Il se rapprocha encore un peu plus, ils n'étaient plus qu'à quelques millimètres l'un de l'autre. Sam plongea son regard dans celui de Théo.

"Je crois que je peux t'aider à répondre à l'une de tes interrogations. Quelque soit, la réponse, je l'accepterais."

Le Poufsouffle franchit la légère distance qui les séparait encore et posa ses lèvres sur celles de son meilleur ami. Il ne savait pas si Théo apprécierait mais au moins, il serait fixé sur ce qu'il ressentait. Lorsqu'il avait eu des doutes, cette méthode avait fonctionné, il n'y avait pas de raisons que ça n'en soit pas de même avec Théo. Et même si ce dernier se révélait finalement complètement hétéro et bien, il étoufferait ses sentiments et ferait tout pour garder l'amitié de Théo. Ce baiser, finalement, n'était qu'un service rendu, même s'il pouvait s'avérer devenir beaucoup plus.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Théo sentit son coeur rater un battement quand Samaël s'approcha de lui et qu'il sentit le contact de sa main sur la sienne. Il aurait voulu répondre à son sourire ou à ses paroles rassurantes, mais c'était comme si tous les muscles de son visage s'étaient figés. La gorge sèche, il hocha imperceptiblement la tête en tentant d'imprimer ces paroles dans son cerveau. Il n'était pas seul, Samaël était là, il avait déjà vécu ça, cela irait. Avec une appréhension grandissante, il vit son ami se rapprocher encore un peu, si bien qu'ils n'étaient plus qu'à quelques petits millimètres l'un de l'autre, et qu'il n'osait plus bouger ni même respirer.

"Je crois que je peux t'aider à répondre à l'une de tes interrogations. Quelque soit, la réponse, je l'accepterais."

A nouveau, Théo esquissa un petit hochement de tête, et Samaël acheva de franchir la maigre distance qui les séparait. Théo se crispa instantanément en sentant les lèvres de son meilleur ami se poser sur les siennes, alors que tous ses doutes et ses peurs menaçaient de l'envahir à nouveau, mais se détendit presque aussi vite. C'était ce qu'il voulait, au fond, il ne pouvait nier que leur premier baiser lui avait beaucoup plu, et celui-ci lui plaisait tout autant. Alors, pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans cette salle, Théo fit le vide en lui et cessa de réfléchir. Il répondre avec douceur au baiser de Samaël, s'abandonnant simplement aux sensations qu'il éprouvait, à la chaleur qui se diffusait lentement en lui. Quand leur échange prit fin, Théo s'écarta légèrement de son meilleur ami pour poser un regard troublé sur lui.

"Voilà qui répond bien à mon interrogation, en effet...", souffla-t-il en esquissant un sombre sourire.

Il n'y avait plus d'hésitation à avoir. Il n'avait envie que d'une chose, de recommencer, et il savait qu'il ne pourrait pas faire semblant, ni le réprimer. Il voulait s'épanouir enfin, et non étouffer tous les aspects de sa personne qui n'étaient pas convenables ou qui pouvaient lui attirer des ennuis... Alors il allait devoir faire face aux conséquences de cette révélation intérieure, et cela n'allait pas être beau à voir. Et cela commençait par Samaël, dont il serra la main entre la sienne, comme pour se donner du courage. Sondant le jeune homme du regard, Théo essaya de deviner ses pensées. Pourquoi avait-il fait ça ? Etait-ce simplement pour l'aider à comprendre ce qu'il ressentait, ou bien... Y avait-il une autre raison à ce baiser ? Car pour Théo, il n'y avait pas de doute. S'il partait sur cette voie là, c'était pour lui-même bien-sûr, mais c'était aussi et surtout pour Samaël.

"J'ai aimé t'embrasser Sam", finit-il par avouer du bout des lèvres, "et j'ai envie de recommencer. Alors...Alors...je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, et je ne sais pas...pour toi, si c'était juste pour m'aider, mais..."

Théo secoua la tête avec incrédulité, se demandant comment exactement il s'était retrouvé dans cette situation, et poussa un long soupir de frustration. Il en perdait même ses mots. Sentant son amie la panique s'infiltrer en lui, Théo s'éloigna de Samaël avec brusquerie, pour faire les cent pas avec nervosité. Il avait besoin de réfléchir, d'établir un plan d'action, comme ça tout irait bien. Comme Samaël le lui avait dit.

"Merlin, je ne sais pas du tout comment faire face à tout ça. Ce que je ressens...pour toi...et ce que ça implique, et ma famille, ma soeur, Olivia... Je n'ai pas envie de vivre caché mais je ne peux pas imaginer une seconde ce qui se passerait si cela venait à se savoir. Mon père... il ne me verrait plus jamais de la même façon. J'ai tellement peur de le perdre, lui et tous les autres, j'ai juste...J'ai peur."

Théo réalisa cet état de fait d'un coup. Il avait peur, il était même terrifié, et il n'avait pas la moindre idée de comment il allait réussir à combattre cette horrible sensation qui lui prenait le ventre. Merlin, il ne s'était pas senti ainsi depuis bien longtemps, depuis la veille de son entrée à Poudlard, à vrai dire. S'immobilisant brutalement, il prit quelques profondes inspirations, le temps d'apaiser quelque peu le rythme affolé de son coeur. Puis il revint auprès de Samaël et posa sur lui un regard presque suppliant.

"Aide-moi Sam, s'il-te-plait."

C'était comme si la carapace qu'il s'était construit depuis huit ans venait de voler en éclat, le rendant aussi vulnérable qu'un nouveau-né. Et il n'avait plus que Samaël pour le protéger, Samaël qui lui avait promis d'être là pour lui. Lentement, il posa la main sur la joue du jeune homme, avant de la faire glisser derrière sa nuque et de se rapprocher vers lui pour venir capturer ses lèvres avec fièvre.



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Samaël sentit Théo se laisser aller peu à peu, il alla même jusqu'à répondre avec douceur à son baiser. Il ne savait pas réellement si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Peut-être que Théo n'appréciait pas plus que ça mais qu'il continuait pour mettre fin à tous ses doutes. Lorsque leur étreinte prit fin, Sam n'osa pas regarder Théo en face, il ne savait pas quelle serait la décision de Théo, il avait donc peur d'être déçu même s'il s'était interdit tout espoir, il n'avait pu s'empêcher malgré lui, d'y croire. Il ne fut d'ailleurs pas plus avancé quand son ami lui annonça que ça avait résolu l'une de ses interrogations. Mais l'attente de la réponse était encore plus stressante que le baiser en lui même. Tout dépendait des sentiments de Théo désormais. Il savait que même s'il se l'était promis, il aurait du mal à garder ses sentiments secrets, un jour ou l'autre, il devrait les avouer à Théo. Et ce jour là, ce serait certainement la fin de leur amitié. Mais pour l'instant, il n'était pas encore prêt à faire ce sacrifice, à moins que Théo ne le délivre.

"J'ai aimé t'embrasser Sam", finit-il par avouer, "et j'ai envie de recommencer. Alors...Alors...je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, et je ne sais pas...pour toi, si c'était juste pour m'aider, mais..."

Mais... Samaël voulait mettre fin à ce mais, il voulait embrasser à nouveau Théo, étouffer ce mais, lui montrer qu'il n'y avait plus de doute à avoir, qu'il ne devait pas avoir peur parce qu'il était là et qu'il allait l'aimer, aujourd'hui, demain, toujours. Cependant, il n'eut pas le temps de lui prouver que lui aussi aurait aimé repartager un baiser avec lui. Il n'en eut pas le temps parce que son ami s'éloigna soudainement de lui et commença à arpentait la pièce de long en large.

Il dut donc écouter Théo souffrir sans pouvoir intervenir, parce qu'il savait qu'il avait besoin d'exposer ses doutes les uns après les autres pour y voir plus clair. Parce que lui aussi était passé par là, parce que lui aussi avait souffert, lui aussi avait eu peur. Il comprenait tout ce que son ami ressentait, il avait ressentit la même chose. Mais pas non plus exactement la même chose, chacun vit ses sentiments de façon différente, sa famille n'était pas celle de Théo et son milieu, son éducation n'étaient pas pareils. Mais ce n'était pas important, parce qu'il l'aimait et qu'il serait là pour l'aider à tout surmonter. Il ne serait pas seul, il ne devrait pas faire comme lui et affronter les regards de travers seul. Ils étaient deux désormais.

Sam s'avança vers Théo pour lui faire part de ses conclusions mais ce dernier ne lui laissa pas le temps de dire quoique ce soit. Il fut désarmé par le regard suppliant de Théo, sa main sur sa joue, sur sa nuque, puis ses lèvres sur les siennes. Le Poufsouffle rendit l'étreinte fiévreuse. Se collant un peu plus contre Théo, plaçant ses mains sur sa taille, il approfondit encore un peu plus le baiser, essayant de faire passer tout ce qu'il ressentait. Puis, il se recula légèrement et fixa tendrement Théo.

"Je suis là, Théo. Je te le promets, je ne t'abandonnerais pas. On surmontera ça ensemble. Ton père, ta famille, les autres. Tout. Tu verras, du moment qu'on est ensemble tout se passera bien."

Oui, tout se passerait bien. Il en était certain. Maintenant qu'ils s'étaient trouvés, il était hors de question qu'ils laissent les autres les séparer. Bien sûr, il faudrait du temps à Théo pour réellement accepter la situation, les débuts seraient durs mais après, ils seraient enfin heureux, tous les deux.

"Je ne vais pas te mentir Théo, les débuts vont être difficiles. D'ailleurs, je pense que le mieux c'est que tu t'acceptes d'abord complètement. Je t'aiderais bien sûr. Enfin... si tu le souhaites. Et lorsque tu seras prêt, tu pourras l'annoncer. Mais ne fait pas comme moi, soit sûr que c'est le bon moment, avertit tes proches. Mais je t'aiderais, je serais là. Je promets."

Sam plongea son regard dans celui de Théo et avança d'un pas pour capturer les lèvres du jeune homme. Maintenant qu'il avait goûté à ça, il ne s'en lasserait pas de sitôt. C'était plus intense que tout ce qu'il avait pu vivre avant. Il se recula doucement, un sourire aux lèvres.

"Je t'aime Théo !"




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Sentant Samaël s'éloigner de lui, Théo retint un grognement de frustration. Ne pouvaient-ils pas rester l'un contre l'autre, un peu plus longtemps ? Ce n'était pas désagréable de sentir les mains de Samaël sur sa taille, pas du tout même... Il avait tout oublié le temps de ce baiser, mais dès l'instant où le jeune homme s'était écarté, toutes ses angoisses étaient revenues le hanter. Le souffle court, Théo ancra son regard dans celui de Samaël, tentant de trouver du courage dans son regard tendre et dans ses propos réconfortants.

"D'accord, merci", répondit-il en tentant d'imprimer les paroles de Samaël dans son esprit.

Théo hocha la tête en signe de compréhension quand Samaël l'avertit que les débuts seraient difficiles. A vrai dire, il n'arrivait pas à imaginer un moment où cela ne serait pas difficile, à moins de se construire une vie bien différente de celle qu'il vivait à présent. Or, avec l'université obligatoire et ses projets de carrière au Ministère, Théo était bien parti pour passer sa vie entouré de ces mêmes personnes qui risquaient de le juger et de le rejeter. La fin de Poudlard serait une vraie bouffée d'air, depuis le temps qu'il en rêvait, et permettrait très certainement qu'il prenne le temps de se découvrir et de s'accepter, comme le suggérait Samaël. Sans doute aurait-il son propre endroit pour vivre l'an prochain, que cela soit à Londres ou dans cette petite ville moldue où se déroulerait la fac, car il n'imaginait pas une seconde vivre seul avec sa mère. Après huit ans dans un dortoir, un peu d'intimité ne lui ferait pas de mal, surtout s'il espérait développer une relation avec Samaël. En dehors des réflexions de Théo sur lui-même, il devait reconnaître que du point de vue de ses rapports avec Samaël, c'était vraiment très étrange comme situation. Ils étaient camarades de dortoir, avec trois autres jeunes hommes, ils étaient meilleurs amis, et désormais beaucoup plus. Il y avait largement de quoi être confus et perdu, et le fait de passer la plupart de leurs journées ensemble n'allait pas arranger ça.

Alors bien sûr, la fin de sa scolarité à Poudlard serait l'occasion de prendre un nouveau départ, d'une certaine façon. Mais jamais complètement, car il serait dépendant de sa famille financièrement, sans parler de son affection pour eux, et qu'il continuerait de côtoyer les siens au quotidien, à l'université ou au Ministère... A moins que trop de portes ne lui soient fermés à partir du moment où il se dévoilait, car entre son nom et ses penchants il avait de quoi être discriminé, auquel cas il n'aurait plus qu'à repartir de zéro pour de bon... Bref, il ne savait pas de quoi demain serait fait, et pour la première fois de sa vie il réalisait que l'avenir lui était incertain. Tout ce qu'il avait pris pour acquis jusque là pouvait partir en fumée, du jour au lendemain, en un claquement de doigts. Mais peut-être était-ce une bonne chose, au fond... Car à force de prendre les gens pour acquis, il les perdait. Et parce qu'il se sentait bien, là, avec Samaël en train de l'embrasser. Peut-être même qu'un jour il serait heureux, véritablement heureux comme il voyait certaines personnes l'être autour de lui, et non simplement satisfait ou de bonne humeur comme il pouvait l'être dans ses bons jours...

En tout cas, le bonheur, il s'en rapprochait quand Samaël lui dit qu'il l'aimait. Sa déclaration si spontanée provoqua chez Théo un large sourire de gamin, comme il n'en faisait que rarement. Je t'aime, Théo, voilà des paroles qu'il n'entendait pas souvent. Il y avait longtemps que sa mère avait cessé de le lui dire, puisqu'il n'écoutait pas. Plus récemment, Olivia le lui avait dit mais il n'avait pas du écouter non plus, sinon il ne serait pas là, dans les bras d'un autre... Un élan de culpabilité l'envahit à la pensée de la jeune fille mais il le repoussa fermement. Le Poufsouffle allait s'attirer bien assez de problèmes comme ça pour ne pas ajouter la culpabilité liée à sa nouvelle tromperie de sa petite-amie. C'était fait, maintenant, et s'il se décevait lui-même en agissant de la sorte, eh bien ce n'était pas la première fois qu'il se surprenait aujourd'hui. Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était d'essayer de rompre avec elle sans la blesser, si c'était seulement possible. Mais il y penserait plus tard, comme tout le reste. Pour l'instant, il ne voulait plus penser qu'à Sam.

Son sourire se fit malicieux, et il tendit le bras pour attraper la main du jeune homme, qu'il attira à nouveau contre lui. Bien, maintenant qu'il avait pris cette décision abominable qui allait bouleverser toute sa vie et choquer la bonne société sorcière, il pouvait bien en profiter un peu, non ? Théo embrassa Samaël avec douceur, savourant simplement le moment, se sentant enfin apaisé et sûr de lui.

"Je t'aime aussi, Samaël", murmura-t-il au creux de son oreille.

S'écartant légèrement du jeune homme, il garda le silence un instant, pensant à tout le chemin qu'il avait parcouru en quelques mois. Lui qui, en janvier, refusait de parler à son meilleur ami parce qu'il était gêné se retrouvait à embrasser ce même garçon...

"Eh bien, si on m'avait dit ça en première année...", commenta-t-il en secouant la tête avec auto-dérision.

Retrouvant son sérieux, il ajouta :

"Merci Sam, pour ta compréhension et ton soutien. Je vais suivre tes conseils. Mais s'il te plait, garde le secret tant que...Je ne sais pas. Tant que j'ai trouvé comment je vais faire face à tout ça. D'accord ?"

Théo vrilla un regard sombre dans celui de Samaël, les évènements qui les avait conduit à se retrouver dans cette salle lui revenant en mémoire.

"Et moi je garderai ton secret aussi, toujours. Et si Anton te parle encore comme ça en ma présence...Bon. J'essaierai de ne pas l'assassiner, promis."



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Samaël vit Théo sourire et ce simple sourire le fit rougir. Il aimait ce sourire, il rendait Théo heureux et c'était le plus important. Ses lèvres s'étirèrent lorsque Théo se saisit de sa main et l'obligea à se rapprocher de lui. Il frissonna légèrement lorsqu'il sentit les lèvres du jeune homme sur les siennes et lorsque Théo murmura les plus beaux mots de la Terre à son oreille. Il ne pouvait être plus heureux à cet instant. Tout semblait être secondaire maintenant qu'ils s'étaient enfin trouvé. Il avait l'impression que plus rien n'était insurmontable. Il était certain que chaque problème trouverait sa solution en temps voulu mais pour l'instant, il ne devait se préoccuper que de Théo et de ses sentiments.

Il retint un soupir lorsque le jeune homme s'éloigna de lui, il aurait aimer rester un peu plus longtemps en contact avec lui, c'était si agréable. Il sourit légèrement lorsque Théo laissa échapper qu'il ne se serait jamais douté de cela avant de le remercier de sa compréhension. Il haussa les épaules. C'était normal, il était là pour ça, il avait été son ami avant tout, même si maintenant l'idée qu'ils soient plus que des amis n'étaient pas pour lui déplaire, bien au contraire. Samaël plongea son regard dans celui du Poufsouffle, le regard grave.

"Je n'en parlerais à personne. Tout cela restera entre nous jusqu'à ce que tu te sentes prêt. De toute manière, ce n'est pas à moi d'annoncer ce genre de chose pour toi. Chacun est différent et je crois que tu es bien meilleur que moi avec les mots. Tu sauras trouver les mots pour ton père le moment venu, j'en suis certain."

Il s'approcha un peu de Théo et lui saisit la main pour la serrer dans la sienne.

"Et moi je garderai ton secret aussi, toujours. Et si Anton te parle encore comme ça en ma présence...Bon. J'essaierai de ne pas l'assassiner, promis."

Sam avait presque oublié ce qui les avait poussé dans cette pièce. Il avait presque oublié son abruti de cousin. Ça avait été si facile de le bazarder lui et son intolérance dans un coin de son esprit. Il avait été plus facile de se concentrer sur Théo et ses interrogations plutôt que sur ses propres démons. Il était reconnaissant, il ne voulait pas que cela s'ébruite même s'il était certain que toute l'école serait au courant. Mais il était heureux de savoir que l'information ne s'ébruiterait pas à cause d'une fuite dû à Théo. Il ne lui était d'ailleurs pas venu à l'esprit qu'il puisse faire une pareil chose.

"Merci, Théo. Mais, je doute qu'il ne s'arrête là. Mon histoire risque de faire très bientôt le tour de l'école et je crois que mon geste ne restera pas impuni. Même si tu convaincs le professeur Adamson de ma bonne foi."

Un nouveau sourire vint étirer ses lèvres, alors qu'il se rapprochait un peu plus de Théo et qu'il plongeait son regard dans le sien.

"Je crois que moi aussi je vais avoir besoin de toi à mes côtés."

Il ne rajouta pas que c'était pour éviter un meurtre, il préférait laisser croire que c'était parce qu'il n'allait pas supporter toute cette pression. Il préférait laisser croire qu'il était peut-être un peu trop sensible, plutôt que de faire croire qu'il pourrait, si la situation se représentait encore, devenir encore plus violent.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Le sourire de Théo se crispa quand Samaël mentionna son père, lui assurant qu'il saurait trouver les mots pour lui. Théo en doutait très fortement, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas de mots pour cela, pour son père. Quoi qu'il dise, quelle que soit la façon dont il présente les choses - et il n'était pas aussi doué pour cela que le prétendait Samaël - cela ne changerait rien au fait que son père n'était absolument pas capable d'accepter la vérité. Rien de ce qu'il pourrait dire ne changerait le fait que pour son mangemort de père, les homosexuels étaient des abominations de la nature qui méritaient d'être assassinées purement et simplement. Il le savait, Théo se rappelait vivement d'une conversation qu'il avait eu avec lui quand il avait sept ans, et que Théo avait eu le malheur de poser une question parce qu'ils avaient vu deux hommes un peu trop proches dans la rue, côté moldu. C'était d'ailleurs la dernière fois que Théo avait approché un moldu avant l'emprisonnement de son père... Quoi qu'il en soit, le Poufsouffle ne se faisait aucune illusion sur le fait que son père ne lui pardonnerait pas une telle chose, et qu'il ne serait pas capable de changer pour lui. Il n'en aurait même pas la volonté, d'ailleurs. Les choses seraient peut-être différentes avec sa mère, il y avait une petite chance qu'elle fasse semblant d'accepter la situation pour ne pas perdre son fils, et encore, c'était un pari risqué...

L'angoisse soudaine de Théo se dissipa très légèrement quand Samaël glissa sa main dans la sienne. Détournant la conversation sur un sujet plus éloigné de ses angoisses, il évoqua Anton et le coup d'éclat précédent de Samaël. Le Poufsouffle lui répondit que son geste lui coûterait probablement une punition, ce à quoi Théo répondit par un hochement de tête. Il y avait peu de chances, en effet, que cela passe inaperçu. Ces derniers temps, les enseignants semblaient durcir la discipline à l'école alors ce type d'agression ne risquait pas d'être traité avec indulgence... Mais Théo doutait que les conséquences soient dramatiques, car il s'agissait tout de même d'Anton, un abruti fini qui passait son temps à chercher la bagarre, et de Samaël, de tempérament doux et sensible. Leurs professeurs les connaissaient et il ne fallait pas être Serdaigle pour comprendre ce qui s'était passé.

"C'est vrai, il y aura probablement punition. Mais ne t'en fais pas, je doute que ça aille très loin, tu n'es pas connu comme bagarreur, contrairement à Anton. Et puis je peux être très persuasif quand il s'agit d'Adamson", plaisanta-t-il en haussant un sourcil suggestif.

La gorge de Théo s'assécha alors que Samaël se rapprochait un peu plus, pour plonger son regard dans le sien et prononcer des paroles qui le plongèrent dans une profonde réflexion. Théo savait que Samaël serait là pour lui, il n'en avait aucun doute. C'était dans sa nature, il était sensible, loyal et généreux, il prêtait attention aux autres et à leurs sentiments. Mais Théo, lui, n'était pas comme ça. Il était discret, réservé, introverti, et souvent égoïste. Quand il s'agissait de son entourage, il avait souvent la volonté de bien faire, mais ne s'en donnait pas les moyens. Combien de fois lui avait-on reproché son manque de communication ou d'empathie ? Trop, trop aux yeux de Théo qui aurait voulu pouvoir dire à Samaël qu'il pouvait compter sur lui quoi qu'il advienne, qu'il serait toujours là pour lui. Mais il se connaissait suffisamment bien pour savoir qu'il n'était pas moitié aussi généreux que son camarade. Il avait la volonté de l'aimer et de le soutenir comme Samaël le méritait, car lui était vraiment quelqu'un de bien, mais en serait-il capable ? En aurait-il la volonté, quels que soit les sacrifices demandés ? Il n'en était pas si sûr... A tous les coups, Théo allait le décevoir, et ainsi se décevoir lui-même.

Mais, alors que cette peur s'infiltrait en lui, Théo s'efforça de ne pas l'écouter. Il savait qu'il avait énormément de chemin à parcourir, et cela impliquait forcément qu'il ne serait pas instantanément la personne que Samaël méritait d'avoir dans sa vie. Théo allait se lancer sur une voie difficile et Samaël risquait d'en payer les pots cassés, en partie du moins... Mais Samaël devait s'y attendre, il savait à quoi il s'engageait, il le connaissait bien. Il était et resterait son meilleur ami avant tout, même s'ils devaient devenir amants, compagnons... Qu'étaient-ils, exactement ? Comment appelaient-on ces gens-là ? Il allait falloir qu'il le découvre, puisqu'il en faisait partie. Oh, Merlin, songea Théo en poussant un soupir de désarroi, il ne savait plus qui il était. Samaël serait là pour l'aider à le découvrir, se raisonna-t-il, et lui serait là pour aider Samaël à combattre ses propres démons, même si c'était dur. Il ferait de son mieux, en y mettant toute sa bonne volonté, en tentant de se dépasser. Parce qu'il voulait le faire, pour lui, pour Sam.

"Je serai là", murmura-t-il, en priant de toutes ses forces pour qu'il soit capable de tenir cette promesse.

Serrant un peu plus fort la main de Samaël, il posa le front sur celui du jeune homme et ferma les yeux un instant. Il avait l'impression l'étrange qu'un éclair était sur le point de le foudroyer pour le réduire en cendre. Tout tournait dans sa tête, questions et doutes, envies et sentiments, et il avait le vertige comme jamais auparavant. Théo s'écarta légèrement pour dévisager son meilleur ami, son visage trahissant son angoisse.

"Embrasse-moi avant que je fasse une crise de panique", lui intima-t-il, un sourire sombre au coin des lèvres.



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
Samaël fut légèrement rassuré lorsque Théo affirma qu'il serait certainement sanctionné pour son acte mais que la punition serait surement allégé en raison des antécédents de son cousin. Il ajouta qu'il saurait convaincre le professeur Adamson ce qui tira un léger sourire au jeune homme. Maintenant que tout semblait clair entre eux, il se sentait plus paisible, moins anxieux. Il n'avait pas peur de l'avenir tant que Théo serait avec lui, il avait besoin de savoir si son ami ressentait la même chose. Si lui aussi serait là pour lui en cas de problème, lui était près à tout faire pour rester auprès de Théo. Il ne pouvait plus nier qu'il était accro, ce n'était pas seulement de l'amitié lorsqu'il avait été prêt à sacrifier son bonheur pour celui de Théo. A l'époque, c'était déjà plus ou moins de l'amour mais il n'avait pas voulu le reconnaître. Il s'était voilé la face mais aujourd'hui, il pouvait le dire, il n'avait plus peur des conséquences. Mais Théo semblait plus hésitant, il avait peur, c'était évident. Alors pour lui, il cacherait leur relation et ne montrerait ses sentiments que lors de leurs instants à deux. Ce serait dur, c'était certain mais ce déni de Théo, ses peurs et ses doutes ne dureront pas toujours, il faudrait simplement qu'il se montre patient et tout irait bien. Il était sûr que Théo ferrait des efforts.

Il ferma les yeux de soulagement lorsque son compagnon, mais pouvait-il réellement qualifié Théo ainsi ? N'était-il pas un peu tôt pour le voir ainsi ? Mais ils n'étaient plus de simples amis désormais. Ils n'étaient pas encore amants, ils étaient simplement amoureux. Et était-ce si important que cela de mettre un mot sur chaque relation ? Y avait-il vraiment besoin de les qualifier ? Ils étaient juste Théo et Samaël et ils s'aimaient. Voilà tout ce qu'il y avait à retenir. Tout ce qu'il y avait à savoir. Il fut donc soulagé lorsque Théo affirma que lui aussi serait là pour lui. Néanmoins, Sam rouvrit rapidement les paupières lorsqu'il sentit le front du Poufsouffle contre le sien. Il plongea son regard dans celui du jeune homme alors que ce dernier s'éloignait de lui, il pouvait y lire la confusion, la peur et peut-être une pointe de désir. Il n'aurait su dire avec certitude.

"Embrasse-moi avant que je fasse une crise de panique"

Samaël esquissa un léger sourire et se rapprocha lentement de Théo. Il posa tendrement l'une de ses mains sur sa joue et survola les lèvres de son ami du bout des siennes.

"Je ne te laisserais pas paniquer. Tu n'en as pas le droit. Laisse toi aller, ne pense plus à rien. Je suis là pour toi maintenant"

Il posa son autre main sur la taille du jeune homme et se rapprocha encore, faisant glisser sa main droite dans la nuque de Théo afin d'approfondir son baiser. L'étreinte se fit légèrement plus passionnée et une table vint bloquer la progression involontaire des deux jeunes hommes.

Le Poufsouffle mit fin au baiser et jeta un regard hésitant à Théo alors qu'il s’apprêtait à desserrer sa cravate. Son regard se fit interrogateur. Une question muette se dessina alors au fond de ses prunelles. "Le veux-tu ?" Théo était-il prêt ? Ou voulait-il encore attendre ? Sam ne pouvait pas répondre à cette question à la place de son ami. Il pouvait l'aider mais pas le forcer. Le choix final lui appartenait. Même s'il aurait adoré pouvoir confirmer les dires de Kelsey. Peut-être fallait-il un peu pousser Théo, faire tomber les dernières barrières.

"Tu me fais confiances ?"

Sam embrassa une dernière fois les lèvres du jeune homme avant de parsemer sa mâchoire puis son cou de légers baisers. Il entreprit ensuite de délester son ami de sa cravate et commença à déboutonner les premiers boutons de sa chemise. Théo pouvait à tout moment lui demander d'arrêter, il ne se vexerait pas, il comprendrait, c'était peut-être encore un peu tôt pour ça mais il en avait tellement envie et puis qui pourrait venir les déranger ? La pièce était verrouillée et insonorisée, il ne craignait vraiment rien ici.




Théo NottBibliothécaireavatar
Messages : 1001

Voir le profil de l'utilisateur
Théo ferma les yeux et se laissa bercer par les paroles de Samaël, par la sensation de sa main contre sa joue et de ses lèvres sur sa peau. Se laisser aller. Il pouvait faire ça, pas vrai ? C'était facile, c'était simple, il pouvait faire ça, songea-t-il en rendant son étreinte à Samaël. Le pouvait-il, réellement ? Rouvrant les yeux, Théo perçut la question timide au fond du regard de son ami, et sentit son pouls s'accélérer tandis que son esprit était comme paralysé. Les images de leur étreinte passionnée du dortoir lui revenaient en tête, alors qu'il se souvenait à quel point il avait cessé de réfléchir à ce moment là, et à quel point cela lui avait paru être la chose la plus censée, la plus évidente à faire. Embrasser Samaël, sans penser une seule seconde aux conséquences. Et qui sait jusqu'où il aurait pu aller avant de reprendre ses esprits, si son ami ne l'avait pas fais à sa place ? C'était donc bien qu'il en était capable, de ne plus paniquer, de se laisser aller, de ne plus penser à rien. Il pouvait laisser Sam être là pour lui.

"Tu me fais confiance ?"

"Oui", répondit-il au tac-au-tac, le souffle court.

Oui, il lui faisait confiance, pleinement et entièrement. Cela avait toujours été le cas, et c'était toujours le cas, alors même que Samaël l'entraînait loin, si loin de sa zone de confort habituelle, là où il n'aurait jamais pensé pouvoir le suivre. Mais, alors que les mains de Samaël s'attaquaient à sa cravate et aux boutons de sa chemise, Théo comprit qu'il ne se faisait pas confiance à lui-même. C'était une chose, de se laisser aller à ses pulsions, à ses désirs, sans penser à rien, et s'en était une autre d'assumer les conséquences ensuite. Et là, c'était trop. Trop à assumer, trop à assimiler, il ne pouvait pas, il n'y arriverait pas. Il n'était pas prêt. A la simple pensée de ce qui était sur le point de se produire, Théo sentit une foule d'émotions contradictoires l'envahir, de vieux relents de honte insufflés par son père, une culpabilité latente à la pensée d'Olivia, et surtout une peur écrasante, une peur dévorante, qui lui enserrait les entrailles. A nouveau, il eut le vertige et s’agrippa à la table sur laquelle il était appuyée, si fort que ses jointures blanchirent.

"Arrête, Sam", lâcha-t-il soudain d'une voix blanche. "Arrête."

Le souffle court, Théo posa des mains tremblantes sur les épaules de Samaël, plus pour se soutenir qu'autre chose, et posa sur lui un regard assombri par le désir et la confusion qui l'habitaient.

"J'en ai envie, vraiment, mais... Pas maintenant, je... J'ai besoin de temps. J'ai besoin... Je veux être seul. Pardonne-moi."

Repoussant Samaël le plus doucement qu'il put, il s'éloigna à grandes enjambées en direction de la porte, attrapa son sac qui était resté abandonné dans un coin et tira sa baguette magique de sa poche. Il lui fallut deux essais pour annuler le sort de verrouillages, deux essais durant lesquels il put sentir le regard de Samaël lui brûler la nuque. Se détourner de son ami, le repousser, le blesser, c'était bien la dernière chose qu'il voulait, mais il ne pouvait pas faire autrement. Le désir de s'enfuir loin de Samaël, le plus loin possible, là où il pourrait reprendre ses esprits et réaliser ce qui lui arrivait, là où il pourrait prétendre peut-être que rien ne s'était passé, était devenu si vif qu'il s'agissait désormais d'un impératif, plus fort encore que le désir d'un autre genre qu'il éprouvait pour Samaël. Il avait peur, il avait honte, et il ne voulait pas que Samaël le voit comme ça. Il ne voulait plus voir personne, jamais. La solitude, sa bonne vieille amie, pourrait être sa seule amante s'il le désirait...

Oh, ce n'était pas ce qu'il voulait, songea-t-il en ouvrant la porte avec brusquerie tout en reboutonnant sa chemise entrouverte, la cravate abandonnée dans la salle vide. Ce qu'il voulait, c'était Samaël, mais pas maintenant, pas si vite, pas ainsi. Pas avec la peur au ventre d'être découvert, par la honte qui lui mordait la chair, pas avec une petite-amie qui l'attendait quelque part.

A grands pas, Théo traversa couloirs et escaliers sans prêter attention au chemin qu'il empruntait, le visage fermé. Enfin, il finit par se perdre dans une artère sombre et isolée dans les sous-sols, et s'arrêta au niveau d'une vieille armure rouillée. S'affaissant à moitié contre le mur, il se laissa glisser au sol sans prêter garde à la poussière qui imprégnerait son uniforme, et prit sa tête entre ses mains. Pris d'un haut-le-coeur, il s'obligea à prendre plusieurs lentes et profondes inspirations, mais il réalisa qu'il frissonnait, et bientôt il comprit qu'il pleurait. Il avait eu peur de décevoir Samaël, et c'était déjà fait. Il avait déçu quelqu'un, une fois de plus, une fois de trop peut-être. Mais ce n'était pas trop tard, il pourrait encore se rattraper, un jour. Un jour, il serait heureux. Le bonheur, il n'y croyait plus vraiment depuis ses dix ans, mais Samaël le lui laissait entrevoir. C'était possible, un jour, peut-être. S'il cessait d'avoir peur...

RP terminé pour Théo



Merci à Juliet
Samaël SmithAncien personnageavatar
Messages : 1285

Voir le profil de l'utilisateur
"Arrête, Sam", lâcha Théo soudain d'une voix blanche. "Arrête."

Samaël sentit les mains de Théo sur ses épaules alors qu'il le repoussait doucement. A cet instant, le jeune homme se sentit honteux, il aurait dû savoir que Théo n'était pas prêt. Il avait voulu précipiter les choses mais son ami venait juste d'apprendre qu'il était gay alors c'était sûrement trop tôt pour lui faire découvrir d'autres choses. Ils auraient le temps, enfin, il espérait qu'il n'avait pas tout gâché. Il espérait que Théo qui bataillait avec sa baguette pour déverrouiller la porte n'était pas revenu sur son choix. Il espérait égoïstement qu'il fallait juste qu'il assimile que ce n'était pas son homosexualité qu'il rejetait mais juste qu'il avait besoin de réfléchir un peu à tout ce que cela impliquait. Il regarda Théo partir sans rien faire pour le rattraper. De toute manière ça ne servirait à rien. Il avait bien précisé qu'il voulait être seul et Sam pouvait au moins faire ça pour lui.

Il aurait pourtant voulu lui dire qu'il était désolé qu'il n'avait pas voulu que ça se passe comme ça, qu'il ne voulait pas le brusquer qu'il attendrait qu'il soit prêt. Il aurait voulou lui rappeler à qu'il l'aimait et qu'une fois encore, il accepterait ses décisions. Il saurait faire preuve de patiente, il saurait vivre caché aux yeux de tous, en attendant que Théo trouve la force d'affronter le haute société sorcière, ses parents, tout ce qui comptait pour lui. Peut-être avait-il peur du regard des autres, peut-être avait-il peur que des portes se ferment devant lui.

Lui aussi avait eu cette peur et il ne pouvait pas blâmer Théo pour cela, il avait lui aussi mis énormément de temps à se faire à l'idée contrairement à son ami qui avait visiblement rendu compte de ses penchants relativement sans dénis. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Il ne pouvait pas non plus lui en vouloir de se cacher, de ne pas vouloir vivre ce que Sean avait vécu, ce que lui même avait vécu, même si étrangement peu de personne osait lui dire en face ce qu'ils pensaient. Il ne voulait pas de chuchotement sur le passage de Théo, il voulait le préserver de tout ceci et si pour cela, ils devaient cacher leur relation et bien soit.

Si Théo voulait encore de lui, il resterait à ses côtés, dans l'ombre au début et un jour, lorsque le monde sera prêt à les accepter tels qu'ils étaient ou lorsque Théo aura décidé qu'il était temps de se dévoiler à la face du monde, ils vivraient heureux ensemble dans une petite maison de campagne, chacun épanoui dans son métier avec chats, hiboux, chiens et enfants. Peut-être, s'ils pouvaient, si le monde changeait. Mais pour l'instant, il ne fallait pas rêver, ce serait dur, il allait falloir qu'il rassure Théo dans un premier temps, lui dire qu'il ne lui en voulait pas, qu'il comprenait et que tout se passerait bien parce qu'ils étaient ensemble. Le reste, se serait pour plus tard. Ils avaient le temps, ils avaient toute la vie devant eux, enfin, il l'espérait.

Fin du Rp




Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

La vengeance d'un Poufsouffle [Théo chou & Sammy chou]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» MATCH n°1 ~ Poufsouffle VS Serpentard
» Match ¤3¤ Serpentard <VS> Poufsouffle
» MATCH #1 SERDAIGLE vs POUFSOUFFLE
» Sauvée par une Poufsouffle... Ouf, ou pas... [Yoko]
» Kylan Hummel [ACCEPTE] ~ Poufsouffle (4e année)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Poudlard :: Etages et couloirs, :: Couloirs,-