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 Erreur Judiciaire! [OS Enquête Incendie Pré-au-Lard]

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Le bouc émissaire...


Teddy Furtinus
Auror en charge de l'Enquête de l'incendie de Pré-au-Lard.

Mardi 20 Février 2007, aux premières lueurs de l'aube...

Théodore Furtinus alias "le Furet" attendait calmement, l'épaule posée contre l'une des poutres qui maintenait la véranda de la maison dans laquelle ils avait enfermé le prétendu suspect numéro un dans cette tragique affaire d'incendie criminel. Ce patelin de Pré-au-Lard ne disposait d'aucune cellule digne de ce nom, et l'Auror devait faire avec les moyens du bord. Il n'était pas du genre à s'encombrer avec les procédures, ce qui lui valait souvent des blâmes de la part de sa hiérarchie, mais il s'en fichait car ses méthodes peu orthodoxes fonctionnait davantage que la plupart de ses confrères. Le petit homme nourrissait une rancœur farouche depuis qu'on l'avait écarté du prestigieux dossier "M", et qu'il devait se cantonner à d'insignifiantes affaires criminelles en province. Londres et ses réjouissances nocturnes lui manquait terriblement, alors qu'il était bloqué dans le trou du cul du monde magique, à résoudre une affaire criminelle dont le coupable tout désigné s'avérait être un sombre crétin...
L'enquêteur avait longtemps espéré que l'incendie magique le conduirait à l'intérieur des murs de Poudlard pour y dénicher un coupable plus médiatique que cet hurluberlu grotesque, chose qui lui aurait permit d'asseoir sa notoriété, et le respect de ses supérieurs. Quoi de mieux que d'envoyer en jugement devant la Magenmagot, la sous-directrice de Poudlard en personne!? C'était une véritable bombe judiciaire qu'il avait frôlé du bout des doigts! Longtemps, Teddy Furtinus avait eu l'impression d'être assis sur une mine d'or, jusqu'à cette enquête s'oriente vers une réalité des plus décevante...

L'idiot du village, un certain Bobby Bubble, canalisait tous les soupçons sur sa personne, depuis qu'il avait été retrouvé en possession d'une fiole de Feu-Phénix, la même ayant servie à bruler la ferme des Longwood. Il ne disposait d'aucun alibi sérieux, ne cessant de répéter à tors et à travers qu'il s'était aventuré dans la forêt interdite dans le but de ramasser des champignons pour sa bonne maman. Quelle perte de temps! En questionnant les autres habitants du village, la patronne du bar des Trois-Balais, Dame Rosmerta, révéla une information importante. Elle révéla en effet, en effet, qu'elle avait vue pleurer le suspect dans son établissement, deux jours avant le drame, et qu'il lui aurait confié qu'il était déçu parce que Flora Longwood ne voulait plus jouer à un,deux,trois soleil avec lui. Mobile quelque peu dérisoire pour un crime de cette ampleur, mais il fallait avouer que l'on ne savait jamais ce qui pouvait passer dans l'esprit d'un fou de l’acabit de ce Bobby Bubble. La mère de ce dernier était hospitalisée à Saint-Mangouste et paraissait déjà avoir un pied dans la tombe, ce qui devait poussé son fils dans ses retranchements émotionnels. A force de l'interroger, l'Auror s'était rendu compte que sa vie entière tournait autours de se vieille mère, une fois décédée, qu'adviendra t-il de lui? Il sera sans doute placer dans le meilleurs des cas dans une famille d'accueil, ou dans un établissement psychiatrique. Mais depuis l'incendie qu'il venait de commettre, il se dirigeait davantage pour un petit séjour dans une prison lugubre encerclée par les eaux ténébreuses de la Mer du Nord...

Bill Grosby finit par sortir de la pièce ou était retenu le principal suspect, et adressa un petit signe négatif de la tête à son coéquipier, pour lui faire comprendre qu'il n'y avait rien à en tirer. Les deux Aurors s'étaient relayés toutes la nuit dans le but de le faire craquer et avouer la sombre vérité.
Tout en mâchouillant, une racine de rhubarbe, Gros Bill soupira son dépit...

"Un vrai gosse... Il fait que me parler de sa bonne maman à qui il doit rendre visite à St Mangouste et s'écarte toujours du sujet. Il lui manque une case à ce type! Son avocat désigné aura tout le loisir de plaider la folie, et on pourra lui dire bye-bye. C'est désolant de ne pas fermer l’œil de la nuit et de rester bloquer dans ce trou à rats! J'en peux plus! On pourrait être à Londres à reluquer de jolies pépés faire la danse du ventre, et on se retrouve à écouter un débile... ça me déprime..."

Teddy Furtinus lui lança un regard moqueur, avant d'appuyer son index sur son nez proéminent.

"Je flaire un truc mon gros Bill! Et tu peux me croire que derrière sa façade de crétin, se cache un dangereux psychopathe! Tu ne veux pas jouer avec moi, alors je brule ta maison! Ce type est un malade mental qui finir à Azkaban, et il ne va pas tarder à cracher le morceau." Le petit homme se frotta les paumes de mains comme avant un bon repas avant de déclarer. "Je crains devoir le cuisiner à ma manière, et je te jure qu'il va nous livrer des aveux complets! Ce soir, on sera sur Londres à fêter dignement notre enquête dans un Pub de Londres, avec des danseuses exotiques rien que pour nous! Tu vas voir mon gros Bill, je vais te les ramener ces aveux signés!"

C'est d'un pas décidé que le nain se dirigea vers la porte qui dissimulait encore celui que l'on désignait déjà à Pré-au-Lard comme "l'Incendiaire Fou". Teddy Furtinus poussa brusquement le battant de l'entrée de la petite cellule improvisée et qui n'était en vérité qu'un cellier appartenant à l'un des propriétaire du restaurant de "L'Hippogriffe Cendré". En guise de salut, l'Auror adressa une sombre menace déguisés au malheureux Boby Bubble qui venait de sursauter alors qu'il tentait désespérément de lutter contre le sommeil qui l'envahissait...

"Je suis fort mécontent, Bobby. Tu nous fais perdre sérieusement notre temps en ne voulant point dire la vérité! On te pose une question simple, donne nous une réponse simple, c'est pas plus difficile que ça! Alors tu vas me dire une fois pour toutes, si tu as déclenché l'incendie de la ferme Longwood dans la nuit du samedi 17 au Dimanche 18 Février? je t'écoute!"

Tel un requin encerclant sa proie, Teddy Furtinus tournait autours de la chaise ou était emprisonné par un sortilège d'entrave le malheureux Bobby Bubble. Ce dernier bégaya la même réponse qu'il avait toujours délivré depuis le début...

"Mais moi... Je voulais juste ramasser des champignons pour bonne maman..."

L'Auror l'interrompit sèchement et commença un début d’interrogatoire musclé..

"Et la poudre de Feu-Phénix, c'était pour faire cuire l'omelette aux champignons pour ta bonne maman?"

Bobby Bubble secouait frénétiquement la tête comme s'il craignait ouvertement le demi-homme.

"Mais non! Je l'ai trouvé par terre! Je la trouvais jolie! C'est tout!"

"Où l'as tu trouvé cette jolie fiole?"

"Heu... Devant la ferme de Flora et Albert... Je voulais pas la voler, juste jouer avec..."

"Donc tu étais bien devant la ferme des Longwood, au moment des faits, avec la fiole de Feu-Phénix entre les mains, et tu voulais faire mumuse avec celle-ci, c'est bien ça!?"

"Mais non, je voulais ramasser des champignons pour bonne maman qui est malade!"

Teddy Furtinus poussa un long soupir exaspéré, qui révélait toute l'étendue de son impatience. Il était peut être temps de passer aux choses sérieuses et d'accroitre la pression sur cet idiot finit! Ne voulant point s'enterrer dans ce village paumé, il usa d'une technique de manipulation qui reflétait à merveille l'ancien serpentard qu'il avait été.
L'auror secoua la tête, avant de siffler entre ses dents. Puis vint le temps de la mise à mort...

"Tu me déçois Bobby... Comme tu dois décevoir ta bonne maman en ce moment même! Elle ne t'a pas vu du week-end, et dois être morte d'inquiétude. Si tu continues à cacher la vérité, elle n'est pas prête de te voir, et je crains que son état de santé ne cesse de s'empirer. Pense un peu à la torture que tu lui infliges Bobby... Tu veux faire mourir de chagrin bonne maman?"

"Non..." réagit d'une voix tremblante d'émotion le malheureux fils.

"Alors cesse de jouer les fils indignes, et dis moi la vérité, bordel! Alors tu pourras lui apporter tes champignons! Je t'en donne ma parole d'honneur!"

Les rayons du soleil traversaient, à présent, les carreaux sales du vieux débarras, pour éclairer le visage bouche-bée du malheureux Bobby Bubble . Ce dernier paraissait tirailler intérieurement alors que les questions devait se bousculer dans son petit cerveau. Il resta pantois un long moment, tenta de prononcer des syllabes inaudibles alors que Teddy Furtinus se penchait sur lui...

"J'ai... J'ai... J'ai..."

"Oui, je t'écoute, Bobby... Qu'as tu à me dire?"

Bobby Bubble jeta alors à l'Auror le même regard qu'un gamin ayant commit une grosse bêtise, et déclara d'une voix sans l'ombre d'une émotion.

"J'ai... C'est moi qui ai brûlé la ferme de Flora et Albert. Je voulais pas leurs faire de mal. C'était juste pour jouer. J'ai toujours aimer faire du feu la nuit!"

Un sourire carnassier balaya le visage de l'Auror, même sans veritaserum, la vérité finissait toujours par jaillir d'elle même.

"Mais dis moi... Où t'es tu procuré cette potion de Feu-Phénix? Quelqu'un te l'a donné en cadeau?"

Bobby Bubble secoua la tête de gauche à droite.

"Non! Je l'ai trouvé dans la forêt interdite alors que je cherchais des champignons pour bonne maman! Personne ne me l'a donné!"

L'auror tapota alors gentiment la joue du suspect devenu coupable, et lui déclara sur un ton faussement enjôleur.

"Et bien tu vois, ce n'étais pas très compliqué de dire la vérité... Je suis content de toi, et ta bonne maman doit elle aussi être très fière de son fiston! Je ne vais pas t'embêter plus longtemps."

Ayant enfin obtenu les précieux aveux, il ne désirait point rester une seconde de plus dans cette pièce aux senteurs nauséabondes. L'enquête était bouclée pour lui, et c'était aux juges du Magenmagot de déterminer la peine infligé à ce dangereux fou. Teddy Furtinus se leva alors et commença à prendre la direction de la sortie pour rejoindre son coéquipier. Mais il fut stopper dans son élan par une question chevrotante d'émotion venant de l'accusé...

"Je peux voir bonne maman maintenant? Je dois lui donner ses champignons..."

Sans se retourner, Teddy Furtinus déclara d'une voix sombre.

"Tu vas la voir, je n'en doute pas. Mais avant cela tu vas devoir répondre aux questions de gentils juges. Tu n'auras qu'à leurs dire la même chose qu'à moi, et tôt ou tard tu finiras par la revoir ta bonne maman... Ici ou ailleurs..."

Cet idiot ne tiendrait pas deux secondes à Azkaban. Si les juges n'étaient pas clément pour son handicap mental, c'était comme l'envoyé à l’échafaud. Mais l'auror s'en fichait. Ce soir il pourrait vider des verres de whisky Pur-Feu en compagnie de Bill, tout en matant les belles jambes de jolies danseuses. Le reste n'avait que peu d'importance! Il finit par franchir le seuil, laissant le pauvre Bobby Bubble avec son chagrin...

*****

Les doutes d'un frère...


Albert Longwood
Frère rescapé de l'incendie.

Mercredi 28 Février 2007, dans l'après-midi...

Albert n'avait plus aucune raison de vivre. Le jeune paysan en était même revenu à regretter sa vie d'avant, avec les lourds labeurs de la terre, et la traite des chèvres bien trop matinale à son goût. Mais ce qui lui manquait le plus au monde, c'était le rire et les moqueries perpétuelles de sa petite sœur. Les petits déjeuners n'avaient plus la même saveur depuis qu'elle était partie, et toute la joie de vivre d'Albert venait de s'éteindre dans les flammes de cet incendie meurtrier. Depuis le drame, les Longwood avait été recueillit par une famille d'amis, à quelques kilomètres seulement au nord du centre de Pré-au-Lard. Depuis la perte de sa fille, la mère d'Albert demeurait inconsolable et paraissait avoir perdue l'usage de la parole, passant ses journées à fixer un point dans l'horizon sans but. Le père quant à lui cherchait à rebondir, et trouver un autre endroit pour repartir à zéro, l'idée de reconstruire l'ancienne ferme étant totalement exclue. Comme il l'avait souligné à Albert, un malheur en appelle d'autres, et ce lieu était désormais maudit à jamais!

Pourtant en ce jour, Albert avait osé demander à son père une étrange requête, celle de pouvoir retourner sur les lieux du drame. Depuis l'enterrement de Flora, il n'arrivait point à faire son deuil, les jours passant sans qu'il n'arrive à ôter de son esprit l'image des flammes magiques dévorant son foyer, et ensevelissant à jamais sous les décombres fumant sa jeune sœur. Le traumatisme était bien présent, mais il ne voulait point se terrer loin de la réalité affreuse, mais plutôt l'affronter. C'est ainsi qu'il proposa à son père de se voir confier la pénible tâche d'aller récupérer les quelques chèvres qui demeuraient encore dans l'enclos proche de l'étable, tout en lui confiant sa détermination de le faire seul. A l'instar de son père, il voulait se montrer fort, et se débarrasser quelque peu de la lourde culpabilité de n'avoir point réussis à sauver Flora. Des nuits entières, il s'était repassé la scène, en se disant qu'il aurait dû bondir par dessus les flammes pour rejoindre la chambre de sa jeune sœur. Mais il s'était montré lâche, et incapable d'affronter les flammes. Le poète s'était révélé bien impuissant quand il s'agissait de passer à l'action, et il ne pouvait plus vivre avec ce fardeau. Son père ne s'y opposa point, mais lui conseilla de ne point s'attarder. Le passé est une chose définitivement révolue, alors que tout reste à construire dans l'avenir.

Sur le chemin qui le conduisait à l'ancienne ferme calcinée, Albert réfléchit longuement aux circonstances de l'accident et à la conclusion de l'enquête. Beaucoup de choses le dérangeait dans cette affaire, et les doutes s'installaient peu à peu. Donnant quelques coups de cravache à la mule tirant la vieille charrette qui allait servir à remorquer les chèvres, une idée s'imposait d'elle même : Celle que cette enquête était purement bâclée!
En tant que victime de l'incendie, il n'avait été point ou peu interrogé sur les circonstances exactes de l'incendie, et le fait que et lui et sa sœur soient tombés malades au moment des faits n'avait point alerté les enquêteurs. De plus, il ne croyait pas une seule seconde que Bobby Bubble puisse être l'investigateur d'une telle tragédie. Non! Cet homme passait des journées entières à jouer avec Flora, et bien qu'un peu pataud, il n'avait jamais montré la moindre once de méchanceté envers elle. Bobby Bubble aimait par dessus tout jouer le rôle de monture pour Flora, et imitait à la perfection le hennissement du cheval, ce qui faisait hurler de rire la petite fille. En faire un monstre pyromane; avide de meurtres n'avait aucun sens, la presse magique ne cherchant que le sensationnel plutôt que la vérité!

Les raisons de revenir sur les terres de la tragédie n'avait pas pour seul but de faire son deuil, mais bien de comprendre ce qui s'était réellement produit. En tant que frère, il devait comprendre les circonstances de cet incendie, et rétablir la vérité si celle-ci avait été bafoué. Et même s'il n'avait pas la formation d'un Auror, il avait l'avantage de connaitre sa sœur mieux que n'importe quel enquêteur! C'était son dernier combat pour honorer la mémoire de Flora, bien plus important que de porter de simples fleurs auprès de l'urne funéraire...
Quand il arriva en vue du petit vallon et des débris calcinés de sa maison d'enfance, son cœur manqua plusieurs battements, et il manqua défaillir alors que les visions d'horreurs assaillaient son esprit! Albert arrêta la mule à une cinquantaine de mètre du mausolée de cendre, et il se décida à continuer à pieds. D'une démarche fébrile, il s'approcha des décombres noircis qui paraissaient encore dégager une certaine chaleur. Le jeune garçon manqua s'évanouir en plusieurs occasion devant ce spectacle de mort, mais il franchit tout même l'endroit où se trouvait auparavant la porte d'entrée...

Il resta alors une heure, peut être deux, à fixer les cendres grises qui ne lui offraient aucune forme de réponse à toutes ses interrogations...


Alors qu'il s’apprêtait à quitter cet espace désolé et vide d'espoir, ses yeux tombèrent sur un objet qui le chamboula au plus profond de son âme. Le petit doudou calciné en forme de poupée gisait sur le sol noirâtre de ce qui fut autrefois le salon. Les larmes jaillirent du fin fond des yeux clairs d'Albert, ruisselant sur ses joues rosies, et tombant sur les cendre ternes de l'ancien brasier. Aucune larme ne pourrait éteindre les flammes de souffrance qui le dévoraient de l'intérieur! Albert se baissa et ramassa la poupée brulée pour l'étreindre contre son cœur...

"Pardon Flora... Pardon... de n'avoir pas su te sauver... " murmura-t-il comme une prière.

Tout à coup, un éclair de génie traversa son esprit alors qu'il contemplait la petite poupée fétiche de sa sœur. Les Aurors avaient peut-être ratissés aux peignes fins les décombres fumant et les proches environs de la ferme, ils avaient omis un endroit qui revêtait une importance capitale pour Flora. Personne n'avait fouillé sa cabane, son temple imaginaire dans la forêt, ou devait d'ailleurs encore résider l'une de ses poupées.

Et si les clefs du mystère résidait la-bas? Après tout, ne s'était-elle pas enfuie pour se réfugier dans sa cabane quelques jours seulement avant le drame? Aurait-elle découvert quelque choses qu'elle ne devait point voir?

Autant de questions qui le poussèrent en direction de la forêt et de ses éventuelles réponses! Albert longea l'allée de chênes millénaire et s'enfonça plus profondément dans les sous-bois, suivant une piste de biche, à moins que ce ne soit les pas de Flora elle-même. Les souvenirs gommés par le traumatisme lui revenait peu à peu, et il se rappela qu'il avait trouvé Flora endormie dans sa cabane, peut être deux jour avant l'incendie! Par Merlin comme il s'était fait un sang d'encre ce jour-la! Nul doute, que s'il devait trouver un indice, celui-ci se trouverai la-bas. Lorsqu'il arriva dans la clairière dont le centre était occupée par la modeste cabane, il se jeta à l'intérieur de celle-ci avec détermination, pour en examiner les moindres recoins. Mais Albert eut beau retourner les planques secrètes de sa jeune sœur, secouer la poupée en porcelaine, rien de ce qu'il découvrit ne lui fut d'un réel secours. Le frère désespéré de ne rien trouver, commença à s'emporter et dans un accès de rage, il distribua de violents coups de pieds dans la cabane qui finit par s'effondrer sur elle-même. Détournant les yeux de ce triste spectacle, il finit par appercevoir un petit objet qui brillait sur le tapis de mousse qui encerclait un arbre. Se relevant pour se diriger vers cet éclat mystérieux, Albert atteignit l'arbre et se pencha pour ramasser l'origine de cette lueur.

Une boucle d'oreille étrangement familière reposait dans sa paume de main ouverte...

Mais d'où lui venait cette certitude de connaitre cet objet? Au vue des pierres précieuses dont elle était jalonnée, elle ne pouvait appartenir qu'à une grande dame de ce monde dotée d'une grande richesse. Et dans son métier de garçon d'écuries, les femmes de cette stature sociale ne franchissaient jamais le seuil de son monde au combien salissant pour les escarpins de luxe. Les seules femmes qui portaient ce genre de bijoux, il les découvrait dans les magazines comme...

... Sorcière-Hebdo!

Comme habité par une soudaine révélation, Albert observa plus attentivement la boucle d'oreille, et une évidence finit par s'imposer d'elle même. Le précieux objet ne pouvait qu'appartenir à la déesse qui avait si longtemps peuplé ses pensées de jeune homme en mal de beauté féminine, autrement dit, cette boucle ornait l'une des oreilles de la reine de beauté automnale, Ana Sorden!
Albert avait passé des heures à contempler les photographies de sa muse, afin de trouver une l'inspiration et l'élan poétique qui puisse être à la hauteur de la beauté légendaire de cette femme! Esquissant un sourire béat, il se rappela du poème qu'il avait écrit pour féliciter la belle arithmancienne, suite à son élection en tant que reine de beauté. Mais que venait faire cette dernière dans un sous-bois humide et mal entretenu? Albert ne voyait pas cette femme aux robes impressionnantes de luxe se mouvoir en pareil lieu! Si elle n'était point venue chercher des champignons, que diable venait-elle faire dans cette forêt? Aurait-elle parlé à Flora? L'aurait-elle menacé?
De nombreux soupçons naissaient dans l'esprit du jeune homme sur la présence de l'arithmancienne dans un lieu aussi inhospitalier. Elle n'était pas venue par alors hasard, alors que cherchait-elle? En voyant l'obscurité tombée peu à peu, Albert se décida à quitter la clairière et rejoindre sa nouvelle demeure...

Ayant ramené quelques chèvres à son père, Albert se coucha très tôt ne cessant de tourner et de retourner la précieuse boucle dans sa main. Le jeune paysan avait préféré se murer dans son silence, plutôt que de mentionner une information qu'il ne tenait pas encore comme preuve irréfutable. Un affreux dilemme tourmentait son esprit, celui de savoir s'il devait révéler cette information au bureau des Aurors, ou au contraire tenter de chercher la vérité de son propre chef, en contactant la sublime arithmancienne? Les Aurors l'enverraient peut être balader, et prendrait de haut cet indice insignifiant et ce gamin voulant leur donner des leçons de métier. Comme le disait son père, on est jamais mieux servit que par soi-même. Mais envoyer un hibou à Ana Sorden en personne, n'était-ce pas le meilleur moyen de se jeter directement dans la gueule du loup? Et si cette femme était réellement mauvaise sous ses allures angéliques?

Albert soupira, et il se dit qu'en pareille situation, la nuit était la meilleure conseillère. Il choisirait le lendemain de la meilleure conduite à adopter! Il s'endormit avec le poing sur le cœur, tout en serrant la boucle de l'arithmancienne au creux de celui-ci. Étrangement, Albert s'endormit cette nuit-là, avec un léger sourire aux lèvres...

*****

L'arroseuse arrosée...


Ana Sorden, Professeur d'Arithmancie, Mardolienne et HBF notoire.

Samedi 3 Mars, Appartements privés de l'arithmancienne, matinée...

Des coups résonnèrent distinctement à la porte du bureau de l'arithmancienne, alors que cette dernière trempait ses lèvres dans une lotion magique visant à faire reculer l'âge de la ménopause. Bien qu'elle ne puisse enfanter depuis sa tragique mésaventure, Ana Sorden s'obstinait à boire la moindre potion miracle qui soit susceptible de lui rendre sa jeunesse perdue. Grimaçant d'horreur après avoir goutée celle-ci, la sorcière leva les yeux en direction de la porte d'entrée...
Elle intima alors l'ordre de la laisser tranquille au nouvel arrivant.

"Je ne souhaite point être dérangée, je suis actuellement en plein travail..."

En effet, rester belle et conserver l'éclat de sa jeunesse demandait de nombreux efforts, et une vigilance de tous les instants. L'arithmancienne y passait sans doute plus de temps que sa toute nouvelle fonction de Directrice de la Maison Gryffondor, mais après tout ne valait-il pas mieux incarner la quintessence de la beauté que de devoir s'occuper de jeunes élèves rouge et or dont une grande partie ne méritait pas le moindre intérêt. Profondément rancunière, Ana Sorden avait élaboré une liste noire sur laquelle se trouvait le nom des Gryffondors les plus impertinents, et qui ne cessait de s'allonger au fur et à mesure qu'elle découvrait de nouveaux comportements déplaisant. Lorsqu'elle serait nommée directrice de Poudlard, elle s'était promise de faire un grand ménage aussi bien des élèves peuplant cette liste, que du coté des professeurs...
Elle imposerait sa loi et ses propres changements, et ceux qui ne voudront pas la suivre seront priés de quitter les lieux sur le champs. Alors qu'elle savourait déjà le délicieux moment de sa victoire, de nouveaux coups encore plus insistant que les premiers se firent entendre, mais cette fois-ci ils furent accompagnés par la petite voix geignarde d'un Elfe de Maison.

"Kimy est là pour vous servir maitresse! Et Kimy vous rapporte votre courrier du matin! Puissiez avoir l'amabilité d'ouvrir la porte à Kimy!"

Depuis quelques mois déjà, l'arithmancienne percevait cet elfe de maison comme son esclave attitré, et celui-ci n'y voyait aucun inconvénients tant elle le rémunérait grassement pour ses nombreux services. En plus d'être le larbin de ses moindres caprices narcissiques, Kimy était devenue une sorte d'espion à sa solde lui rapportant tous les échos et bruits de couloirs de Poudlard. Bien qu'elle lui fasse une entière confiance, Ana Sorden se préservait de trop en dire à son fidèle Elfe de Maison. Après avoir déposé son verre, elle saisit sa baguette pour en faire glisser le verrou, la porte s'ouvrit alors sur le visage radieux de Kimy...

"Entre donc mon petit espion! J'espère que tu m'apportes de bonnes nouvelles..."

L'elfe de maison se précipita vers le siège de l'arithmancienne, et lui remit en main propre le courrier de la matinée, tout en s'inclinant respectueusement. Ana Sorden saisit ses lettres, et les jeta machinalement sur le coin de son bureau, sans même observer plus attentivement leurs provenances. Kimy se fendit alors d'un sourire se voulant gracieux mais qui lui donnait des airs d'abominable gnome des neiges.

"Kimy trouve que sa maitresse devient plus belle de jour en jour! Kimy se réjouit de voir que le temps n'a pas d'emprise sur sa maitresse adorée!"

L'arithmancienne avait beau avoir la peau aussi tendue qu'une voile de parachute, suite à ses trop nombreux lifting magique, ce compliment ne l'empêcha point à écarquiller un regard satisfait à la petite créature.

"Merci, même si cela n'est point un secret pour moi! Mais toi, tu devrai savoir que je te ne te paie point pour me réciter des louanges, mais plutôt pour me compter les dernières rumeurs! Alors je t'écoute..."

Kimy prit un air plus renfrogné, et commença à balancer toutes les informations dont il disposait :

"Kimy savoir des choses, beaucoup de choses! Comme maitresse me l'a demandé, j'ai écouté aux portes des Gryffondors, et Kimy entendu parler de vous! Comme Directrice des Gryffondors, beaucoup d'élèves vous redoutent et vous craignent, et peu vous apprécie! Nombreux son ceux qui vous affublent d'horribles surnoms, et vous désigne par ces trois lettre : H-B-F... Kimy pas trouver ce que cela veut dire, Kimy pas aimer les casse têtes trop compliqués!"

Ana Sorden leva un sourcil circonspect. Elle ne demandait pas être aimer, et seul la peur et la crainte qu'elle finirait par inspirer aux élèves les plus indisciplinés, finirait par faire taire les médisances. Les Gryffondors allaient lui servir de cobayes pour expérimenter son rôle de future directrice de Poudlard, et diriger cette école d'une main ferme!
Ce nom de code, H-B-F, la laissait assez dubitative...

"Cela m'a l'air d'être un nom de code pour me désigner... Honorable Belle Femme, peut être... Ces initiales peuvent tout dire et son contraire, je pense qu'il ne faut pas y prêter une grande importance. Ce que je veux interdire en revanche, c'est le nom respect du couvre feu! Je veux que mes élèves deviennent à mon image, et rien de mieux qu'un sommeil réparateur pour donner un beau teint et une belle apparence. Quand je vois le visage enfariné de notre capitaine de Quiddicth, je me doute que ses nuits doivent être relativement courtes! Cela dégrade fortement l'image de perfection que mes élèves doivent incarner! Tâchez de vous renseigner si une incartade nocturne est prévue à ce jour! Je prendrai mes dispositions pour sévir et je vous récompenserai pour votre travail d'information!"

Kimy inclina la tête respectueusement, validant ainsi la nouvelle consigne de sa maitresse. Cette dernière l'incita à poursuivre ses explications sur un ton tranchant.

"D'autres rumeurs intéressantes? Autre que le fait de savoir que Samuel Nolan endoctrine ses confrères masculins en étalant des plateaux de fromages nauséabonds et caloriques..."

Kimy se gratta la tête pour ressortir distinctement toutes les informations accumulées lors de ses services. Ses yeux semblèrent jaillir hors de ses orbites quand il se remémora une information qu'il pensait capitale pour l'arithmancienne.

"Oui! Kimy sait quelque chose! Le concierge et l'infirmière sont très amoureux! Ils parlent même secrètement de mariage! Mais Kimy entendu rumeur comme quoi vous ne seriez pas invitée! Peut être Kimy se tromper..."

L'arithmancienne entrecroisa ses doigts dans un geste souverain, tentant tant bien que mal de dissimuler son malaise de se voir évincée d'un tel évènement fédérateur. Bien plus que de voir ce couple atrocement mièvre se glisser la bague à l'annulaire, ce qui l'inquiétait en priorité était de savoir que les deux tourtereaux ne voteraient peut pas pour elle au soir du grand vote final du Conseil d'Administration. Car ne pas inviter une personne à son mariage, peut dévoiler une certaine inimitié envers sa personne, et certains choix. Que ce soit le concierge ou l'infirmière, elle voulait détenir leur voix au moment de la grande délibération, mais une fois le poste de directrice acquis, elle ne tarderait point à les envoyer butiner leur amour dans une autre école. Ana était ainsi, elle détestait voir un homme, quel que soit son intérêt pour lui, s’intéresser à une autre femme que sa délicieuse personne.

"Je ne suis probablement pas invitée parce que cette petite pimbêche de Rachelle Bloomwood, redoute certainement le fait de voir une femme plus belle qu'elle venir lui voler la vedette, le jour de son mariage! Ce William Sylvester n'a vraiment aucun gout en matière de femme...!"

L'arithmancienne posa sa main blanche sur la pile de courrier afin d'en voir le contenu, lorsque Kimy, se triturant les mains avec nervosité et trépignant sur place, lui demanda avec anxiété...

"Kimy voulait savoir pour le concierge, justement... Est-ce que votre promesse, faite à Kimy, de le remplacer est toujours d'actualité?"

Ana Sorden laissa retomber son courrier affichant une moue désobligent à l'égard de son serviteur un brin trop curieux. L'arriviste enseignante lui tint alors des propos qui ne souffrait aucune discussion.

"Comme je te l'ai promis, si je deviens la nouvelle directrice de cette école, je te nommerai comme concierge de Poudlard, en lieu et place William Sylvester! La grève des Elfes de maison m'a profondément affectée et je tiens à vous donner la place qui vous reviens de droit. Tu seras le premier Elfe de maison à obtenir ce rang, mais pour cela, tu te dois de me rester à jamais fidèle! Est-ce bien clair?"

L'elfe de maison se mit à tourbillonner et sautiller dans tous l'espace de la pièce, tandis que l'attention de l'arithmancienne se reportait à nouveau sur un étrange courrier.

"Owwwwwwwwwwi! Kimy va remplacer le concierge!!!! C'est Kimy qui commandera!!! Du balai maudite haleine de fromage!!! Le roi des concierges, c'est Kimy! Kimy! Kimy"

Ana Sorden ne prêtait plus aucune attention à la joie débordante de son serviteur attitrés, elle déchira de ses longs ongles tranchant un courrier dont le nom de famille lui était plus que familier. Le monde s'arrêta de tourner alors qu'elle en décryptait chacune des lignes. Une menace bien réelle planait désormais sur sa mission, son propre piège étant sur le point de se retourner contre elle.


Alors que Kimy continuait de bondir comme un ressort, l'arithmancienne ferma lentement les yeux pour faire le vide tenter de se concentrer sur la solution la plus adéquate pour s'enlever cette épine du pieds. Elle connaissait l'auteur de cette lettre, ce dernier n'avait cesser de lui envoyer des poèmes en alexandrin pathétiques et remplis de bon sentiments grotesques dans lesquels, il criait son admiration pour elle...
Cette lettre avait beau ne dévoiler aucune animosité à son encontre, ce jeune homme détenait un indice capital, qui pouvait lui valoir un allé simple à Azkaban. Si l'arithmancienne craignait une chose, c'est bien de se voir vieillir et pourrir dans une geôle sans confort. Elle devait immédiatement rencontrer ce jeune homme et supprimer cette menace. Le temps jouait en sa défaveur, même si dans sa grande naïveté le pseudo poète venait de l'avertir du danger, et commettre une faute qui allait lui coûté très chère!
Pendant ce temps Kimy exécutait une sorte de danse de la victoire qui ne s'apparentait à rien de connu en ce bas monde.

"Kimy le concierge! Willy à la porte! Plus de maître, le maître du placard à balai, c'est moi!"

Ana Sorden le fixa avec une telle intensité que l'Elfe de Maison stoppa immédiatement son cirque. Les lèvres pincées, l'arithmancienne était au bord de l'explosion, et elle ne tarda point à rugir comme une lionne sur celui qui était passé du statut de fidèle serviteur à un individu encombrant!

"Je ne veux plus te voir pour aujourd'hui! Sors immédiatement ou je me fâche pour de bon!!!"

Ana Sorden porta machinalement une main vers ses pommettes de peur que cet accès de colère ne lui ai dévoilé des nouvelles rides. Puis d'un index autoritaire, elle indiqua la direction de la sortie à l'elfe de maison!

"Ho! La maitresse est rudement en colère! Kimy va partir! Kimy va aller très loin!"

Une fois que la porte refermée derrière l'agaçante créature, Ana Sorden en profita pour pousser un long soupir. Encore une fois elle allait devoir balayer ses empreintes derrière elle...

*****

La sorcière et le poète...


Rimbaud VS HBF

Dimanche 4 mars, début de matinée,


Albert détournait volontairement le regard de l'amas de cendre sinistre, dernier vestige de son ancienne ferme, pour demeurer auprès du seul endroit qui offrait une once de vie dans ce paysage morbide. En effet les quelques chèvres qui résidaient encore dans l'enclos, lui offrait un dernier souvenir de ce que pouvait être sa vie avant que tout ne bascule. Cette nuit, il avait fait un rêve étrange et inquiétant, où il était allongé dans son ancienne chambre aujourd'hui disparue, les flammes encerclaient son lit de toute part, et il ne pouvait faire le moindre mouvement, comme paralysé. Les hurlements de sa petite sœur résonnait de l'autre coté du couloir, sans qu'il ne puisse lui venir en aide. Le jeune avait beau se débattre, ses membres ne lui répondaient plus. Il fixa alors le mur, dévoré par les flammes dansantes, et ses yeux tombèrent sur le cadre où la reine de beauté automnale l'observait, une étincelle étrange dans le regard, et un léger sourire moqueur aux lèvres. Avec l'énergie du désespoir, il tendit la sa main couverte de cloques et de brulures en direction de son idylle imaginaire, et comme par enchantement l'image s'anima. Agrippant les contours du cadre de ses mains blanches, la reine de beauté s'extirpa de sa prison photographique dans un mouvement empreint d'agilité. Elle se tenait la, debout devant lui, le fixant avec une certaine condescendance. Puis elle fit le tour du lit, traversant les flammes telle une déesse, pour venir à son chevet. Se penchant sur lui, elle lui chuchota à l'oreille une phrase, une seule, mais qui donna à son rêve une dimension des plus réalistes :

*J'ai reçu ta lettre mon poète. Si tu veux me retrouver, rejoins moi là où tout c'est terminé pour toi...*

A peine réveillé, il n'eut que le temps de voir les rideaux de sa chambre se balancer dans le vent, alors que sa fenêtre était restée ouverte. Dès l'aube, il avait décidé de répondre à cet appel mystérieux de son subconscient en se rendant sur les lieux de l'incendie, une nouvelle fois. Prétextant devoir ramener les dernières chèvres, il partit seul sur le sentier conduisant à son ancienne demeure, avec le secret espoir de rencontrer l'arithmancienne. Si c'était bel et bien sa boucle, peut être avait-elle été témoin de quelque chose. Cette pensée emplissait son cœur d'espérance et lui conférait un but bien défini à suivre, chose qui ne lui était plus arrivé depuis la mort de Flora.
Albert caressait tendrement le museau de l'une de ses chèvres quand une bourrasque vint balayer la lande, et emplir ses narines d'une senteur Jasmin des plus enivrante. Étouffant l'odeur de cendre qui régnait sur les lieux, le parfum annonçait une aube nouvelle, et l'arrivée imminente de la seule personne qui puis peut être lever le voile de mystère et répondre aux questions que se posait Albert. Ce dernier se retourna et aperçut une silhouette féminine se dessiner dans le lumière matinale. Plaquant sa main sur son visage, pour discerner les traits et le visage de cette ombre qui s'avançait vers lui. Albert finit par entendre une voix familière, la même que dans son rêve.

"Je savais que tu répondrai à mon appel. Merci d'être venue..."

Albert Longwood resta un instant hébété devant l'apparition angélique qui se dessinait peu à peu face à lui. Ana Sorden était sous ses yeux, en chair et en os, sans qu'il puisse lui délivrer la moindre formule de politesse.

"Je te croyais plus loquace... Mon poète serait-il muet?"

Albert se devait de dire quelque chose, n'importe quoi, mais comme dans son rêve, il restait tétanisé. Se faisant violence, il finit par croiser son regard, et lui manifester un petit hochement de tête en signe de bienvenue.



Albert balbutia enfin un semblant de phrase cohérente, à des années lumières des rimes en alexandrin qu''il pouvait produire.

"Bonjour Madame... C'était vous alors dans mon rêve?"

L'arithmancienne éclata d'un rire cristallin, tout en se dissimulant la blancheur de son sourire derrière sa main ciselée. Elle lui jeta un petit clin d'oeil complice, tout en s'approchant doucement de lui.

"Je pensais peupler tes rêves depuis bien plus longtemps, à en juger par les rimes enflammées de tes poèmes. Est-ce que je baisserai dans ton estime?"

Le jeune homme secoua la tête, troubler par les questions de l'arithmancienne et cette assurance qui se dégageait de son personnage.

"Non... Mais disons que la raison pour laquelle je souhaite vous rencontrer aujourd'hui est différente de toutes les autres fois..."

Ana Sorden exprima une petite moue de dépit devant toute l'impassibilité et le sérieux du jeune homme. Ou était donc passé ce poète capable de faire les rimes les plus improbables? La mort de sa petite sœur le déstabilisait-elle autant?
Du revers de la main, elle caressa la barbe naissante et rousse du jeune homme.

"As-tu déjà eu l'occasion d'embrasser au moins une fille dans ta vie? J'en doute fort... L'odeur de chèvre qui se dégage de ta personne suffirait à décourager la plus courageuse d'entre elles..."

Albert fut surprit de ses propos méprisant et qui ne corroboraient pas à l'image qu'il se faisait dans ses rêves d'Ana Sorden.

"Je travaille dans les écuries. C'est normal que je sois imprégné de l'odeur du bétail! Mais là n'est pas la question! Si je vous ai fais venir, c'est uniquement pour savoir dans quelle circonstance votre boucle d'oreille s'est retrouvée à deux pas de la cabane de ma sœur décédée. Avez-vous oui ou non rencontrée Flora, avant qu'elle ne décède? "

Albert voulait afficher une certaine assurance, afin d'inciter l'arithmancienne à répondre à ses questions. Plus la discussion s'enchainait et plus ses doutes concernant l'arithmancienne s'étoffaient. Quelque choses ne tournait pas rond chez elle.
Elle afficha une petit moue dédaigneuse, avant de soupirer...

"Alors elle s'appelait Flora... Je me souviens surtout de son visage d'ange, et de ses petits yeux effarée quand je l'ai menacé de ma baguette. Le genre de petite fille imprudente et naïve, le portrait craché de son stupide grand frère. Une véritable marque de famille. Désolée, mais je n'ai pas de temps à perdre en futilité..."

Albert comprit immédiatement son erreur, et se maudit pour sa stupidité! Il venait de s'engouffrer lui même dans un piège béant, et nul doute que sa vie était désormais en danger, du moins le chemin que prenait cette discussion le laissait augurer. La sorcière avait d'ores et déjà l'une de ses mains déposée sur une baguette noir comme le jais. Pourquoi avait-il vendu la sienne aux enchères pour s'acheter des légumes pousse-minute! Du début à la fin, il avait tout faux!
La voix chancelante d'avoir peut être devant lui, celle qui avait osé condamner sa petite sœur, Albert sentait la haine monter en lui.

"Pourquoi? Une enfant si jeune, innocente? Quel monstre êtes-vous pour oser commettre un pareil crime!?"

L'arithmancienne détourna le regard vers le sommets des collines avoisinantes, tout en esquissant un petit sourire narquois.

"Techniquement, je n'ai rien fais de mal. J'ai juste chuchoté à des esprits plus faibles de le faire à ma place, et voila le résultat. Ma cible prioritaire est toujours debout, tandis que le fou du village va croupir en prison à sa place. Bien triste final pour un plan qui se devait être parfait! A l'avenir, je crains ne devoir compter que sur moi même. Je ne suis jamais déçue par ma personne. Plutôt que de discuter, inutilement, je vais devoir réparer les erreurs de ce plan, et tu es malheureusement l'une d'entre elles..."

L'aritmancienne braqua sa baguette en direction du front du jeune Albert.

"Tu devrais me remercier, car je vais t'enlever toutes la culpabilité qui te ronge depuis la mort de Flora, et t'empêche d'envisager le moindre avenir. Je vais semer un tel désordre dans ton esprit que même cet idiot de Bobby Bubble pourrait passer pour un génie à coté de toi. Ne me remercie surtout pas de t'épargner, il se trouve que je suis d'humeur clémente. Veux-tu prononcer une dernière parole, me supplier en alexandrin peut-être?"

Les yeux rougis par une amertume sans nom, Albert resta d'une dignité impressionnante.

"Rien ne sera pire que ce que j'ai déjà traversé. Je vous plains sincèrement! Cela doit être invivable de cacher derrière un masque de beauté artificielle, une telle laideur d'âme! Je serai vengé, tôt ou tard..."

La dernière chose que vit Albert, avant de sombrer dans un trou noir abyssale, fut le visage rayonnant de sadisme de la reine de beauté automnale, prononcée le sortilège "Oubliettes", un voile magique lui recouvrit peu à peu l'esprit jusqu'au néant absolu...
Lorsque Albert finirait par se réveiller des heures plus tard, il n'aurait plus le moindre souvenir de ce qu'était sa vie auparavant, rendu complètement amnésique par le sortilège de la cruelle arithmancienne. Incapable de comprendre ce qu'il lui était arrivé, de nombreux villageois finiraient par conclure à une forme de traumatisme lié au départ de la jeune Flora. En l'espace d'un mois, le village de Pré-au Lard s'est transformé en lieu ou plane un certain mystère...

*****

Épilogue

HBF

Lundi 5 Mars 2007, salle des Professeurs,

Tout en buvant une tasse de Thé, l'arithmancienne profitait de sa pose pour dévorer un article concernant le dénouement dans l'affaire du mystérieux incendie de Pré-au-Lard. Autours d'elle les autres professeurs s'activaient à ranger ou sortir leurs affaires de cours, tandis que Ana se permit le luxe de faire un remarque à voix haute à l'intention de son plus proche collègue qui n'était autre que Neville Londudat.

"On est vraiment entouré par des malades! Je me demande sincèrement comment ce fou furieux a pu se procurer une telle potion! Personnellement, je trouve cela assez étrange, sans complicité extérieure, il n'aurait jamais mener à bien ce crime odieux... La pauvre enfant... c'est affreux de devoir mourir si jeune!"

Ana fit mine d'essuyer une larme d'émotion, puis laissa la gazette des sorciers bien en évidence, ouverte à la page de sombre enquête.


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Erreur Judiciaire! [OS Enquête Incendie Pré-au-Lard]

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