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 Les sorciers [Sean]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Dimanche 15 avril

Mangelettres - Voldemort, comme elle aurait dû sérieusement l'appeler - faisait un boucan monstre dans son appartement, Charlotte l'entendait du bas des escaliers. Soupirant, elle ouvrit sa boite aux lettres pour récupérer ses factures et monta les marches en jetant un coup d’œil à sa montre. 11 heures 15. C'était faisable si elle se dépêchait. Sur son pallier, au troisième étage, elle fit face à sa voisine, Mrs Priest et ses quatre enfants, dont deux en poussette.

- Bonjour Charlotte, la salua Mrs Priest en souriant. Vous allez bien ?
- Oh, bonjour ! Et salut Ryan, lança-t-elle à l'adresse du petit garçon qui s'était suspendu à son jean. Bien, et vous ? J'espère que le boucan ne vous a pas réveillée ? s'enquit-elle en désignant sa porte.

Cet imbécile de hibou avait dû réveiller tout l'immeuble. Sous prétexte qu'il était resté enfermé dans sa cage toute la nuit, Monsieur faisait un caprice.

- Ne vous en faîtes pas ! répondit Mrs Priest en lui tapotant le bras. Avec des enfants en bas-âge, j'ai l'habitude d'être réveillée tôt. Mais il fait souvent ce bruit, le hibou de votre grand-père ?

La première fois que les gens avaient aperçu Mangelettres sur son balcon, ils avaient été plus que surpris. Ce n'était pas vraiment un animal de compagnie habituel, chez les moldus. Quand on l'avait questionné, la seule chose qui lui était venu à l'esprit - pour ne pas passer pour une folle qui adorait garder des volatiles dans son 45 mètres carré - c'était un grand-père excentrique récemment décédé qui adorait les hiboux. Et elle gardait son préféré, par sentimentalisme, vous comprenez. Les gens hochaient la tête, compréhensifs, et l'histoire passait comme une lettre à la poste. *

- Non, non, d'habitude il est calme. C'est juste que j'ai oublié de le laisser sortir hier soir et comme je n'étais pas à la maison... Je vais aller m'en occuper, avant qu'il arrive à sortir de sa cage et réduise mon appartement en miettes. Tu me lâches, Ryan ? demanda-t-elle au petit garçon, qui semblait bien agrippé.

Elle avait gardé les petits plusieurs fois, pour dépanner Mrs Priest, et Ryan était donc à chaque fois persuadé qu'elle était là pour lui. Il était certes très mignon, mais là, elle n'avait pas vraiment le temps.

- Allez, mon chéri, lâche donc Charlotte. On va au parc. Bonne journée ! lança sa voisine, en appuyant sur le bouton de l’ascenseur.
- A vous aussi !

Charlie poussa la porte de son appartement en soupirant et Mangelettres augmenta le niveau sonore en l'apercevant. D'un coup de baguette magique, elle ouvrit sa porte-fenêtre et la cage du hibou, qui ne se fit pas prier pour décamper. Sale bête. Non seulement elle ne pouvait plus l'emmener au Bureau vu qu'il attaquait ses collègues mais en plus il cassait les oreilles de tout l'immeuble, pire qu'un chien. Elle jeta un regard noir à la forme qui s'éloignait dans le ciel et referma la porte d'un autre coup de baguette. Si elle était en retard, sa mère la tuerait. A chaque fois qu'elle rentrait chez ses parents, elle avait l'impression de redevenir une adolescente, songea-t-elle en retirant sa veste. Elle se faisait taper sur les doigts comme à l'époque où elle rentrait trop tard de soirée. Sauf qu'à l'époque, elle trouvait ça assez marrant, de faire tourner les adultes en bourrique.

Elle fut prête à partir à 11 heures 55. Un temps dont elle était assez fière, il fallait l'avouer. Elle ne pouvait pas transplaner dans son appartement, à cause des protections apposées sur tous les domiciles des Aurors, une question de sécurité. Elle devait donc rejoindre une petite rue en face, souvent déserte. Elle délava les marches de l'escalier, salua au passage sa gardienne et franchit les portes de l'immeuble pour marcher d'un pas vif vers la petite rue où elle transplana rapidement. Elle réapparu dans le jardin de ses parents dans un craquement sonore qui fit aboyer les chiens du voisinage. Sans s'en soucier, Charlotte monta les trois petites marches qui menaient à la porte de derrière et la poussa.

- C'est moi !
- Pour débarquer aussi discrètement ? Évidemment.

Sa sœur Alison se tenait dans l'encadrement de la porte du salon, un livre d'histoire à la main. Elle venait de démarrer des études d'histoire cette année à la faculté d'Oxford, en grande partie poussée par leurs parents, il fallait le dire. Son rêve à elle aurait été de travailler avec les animaux mais elle n'avait pas les nerfs pour, selon leur père. Toujours sympathique à entendre.

- Ils sont arrivés ? demanda Charlie en déposant ses affaires dans le placard de l'entrée.

Si ses parents voulaient qu'elle soit là aujourd'hui, ce n'était pas tant pour la jolie image du déjeuner dominical familial mais parce que sa mère, professeur de littérature à l'université d'Oxford avait invité des collègues à déjeuner et souhaitait la présence de ses deux filles.

- Non, ils seront là midi et demi.
- Maman m'a dit midi, répliqua Charlotte en fronçant les sourcils.
- Peut-être qu'elle savait que tu arriverais bien trop juste si elle te donnait la bonne heure ! lança Alison en haussant les épaules, à peine pince-sans-rire.

D'abord, elle était ponctuelle tout le temps. Sauf le dimanche matin, d'accord. Il fallait bien qu'elle récupère ses heures de sommeil, après tout ! Le samedi matin, c'était l'entraînement en duels et sortilèges au Bureau et même si ce n'était pas obligatoire, elle y était très assidue. Elle passa dans la cuisine, suivie d'Alison, et déposa un baiser sur la joue de sa mère qui était au téléphone devant sa gazinière.

- Donc ensuite, vous tournez à droite, après la banque, et vous continuez tout droit. Vous devriez trouver facilement, c'est la grande bâtisse recouverte de lierre. Voilà. A tout de suite, Helen ! On vous attend !

Charlotte s'installa au comptoir et tendit la main pour attraper une tomate cerise, tandis que sa mère raccrochait et se tournait vers elle avec un grand sourire.

- C'était les Fitcher ! Ils seront un peu en avance.
- Pas autant que moi, fit remarquer Charlie, en attrapant carrément la boite de tomates.
- Oh, ce n'était pas volontaire chérie, on a changé l'heure hier, comme ils sont de l'autre coté de la ville. Et ne mange pas mes apéritifs ! gronda Rosemary en fronçant les sourcils. Ton père est parti chercher du pain depuis vingt minutes, je ne sais pas ce qu'il fait, ajouta-t-elle plus pour elle même que pour ses filles.
- J'ai pas beaucoup mangé ce matin, protesta Charlotte en gardant la boite de tomates cerises. Je me suis dépêchée pour venir.
- Qu'est-ce que tu pouvais bien avoir à faire un dimanche matin, à part traînasser dans ton lit ? répliqua sa mère en retournant à ses fourneaux.
- J'ai pas dormi à la maison, répondit honnêtement Charlie sans y penser.
- Ah ? Et t'as dormi où ? interrogea Alison d'un ton malicieux, en lui jetant un regard.

Oh, c'était malin ça, songea-t-elle tandis que sa mère se tournait vers elle, abandonnant son plat. La vérité, c'était qu'elle avait passé la nuit chez Eliott. Mais ça, il était hors de question qu'elle l’annonce à sa mère et à sa sœur. Même si c'était pour ça qu'elle avait dû se dépêcher, étant partie trop tard de son appartement et ayant dû passer au sien pour se préparer.

- Chez Lilly, répondit-elle avec aplomb. On est sorties ensemble hier soir. Une soirée entre filles.

Elle était plutôt fière de son mensonge, sorti avec tout le cran qu'elle avait appris chez les Aurors.

- Oh, fit Alison, un sourire narquois aux lèvres. Et il s’appelle comment ?

D'accord, elle était peut-être pas si convaincante que ça. Vexée, et rougissante, Charlotte rassembla toute la dignité qu'il lui restait et descendit de son tabouret pour sortir de la cuisine la tête haute.

- Je vais ouvrir le portail, pour qu'ils rentrent leur voiture.
- Charlotte ! la rappela sa sœur. Tu t'en sortiras pas comme ça !
- C'est ce qu'on verra ! répliqua-t-elle en ouvrant la porte d'entrée et en descendant les marches qui menaient à l'allée.

Elle n'allait pas tout de même commencer à raconter sa vie amoureuse à ses parents ou à sa sœur de dix-neuf ans. Même si elle était sûre qu'on n'allait plus la lâcher sur ça, désormais. Alison était bien trop curieuse pour son propre bien. Elle ouvrit le portail au moment où son père tournait au coin de la rue, une baguette française sous le bras.

- Bonjour ma puce, lança-t-il en la serrant dans ses bras. Ils sont arrivés ?
- Non, les voilà, répondit-t-elle en désignant une voiture qui venait de mettre son clignotant.

Elle s'écarta de l'allée tandis que sa mère et sa sœur sortaient de la maison pour venir accueillir les Fitcher. Son père avait l'air fin avec sa baguette de pain à la main, songea Charlotte en souriant. Au moment où les Fitcher rentraient dans l'allée, Alison se pencha vers leur père, un sourire mauvais aux lèvres.

- Tu savais que Charlotte se faisait courtiser ?

Elle lança violemment son coude en arrière et au "aie" qu'elle entendit, elle constata qu'elle avait bien visé.

- Et bien alors, ma chérie ?
- Je vous jure que si j'avais le droit, je vous effacerai la mémoire, grogna-t-elle, vexée.
- Vive la législation magique alors ! ricana Alison. Alors, il s'appelle comment ?
- Tu vas te prendre un sortilège, Ali.
- Un sorcier, alors ?
- Bienvenue ! s'exclama sa mère, coupant court à la conversation. Vous avez trouvé facilement, j'espère ? s'enquit-elle pendant que les Fitcher descendaient de voiture.

Les Fitcher avait un fils qui semblait à peu près de l'âge d'Alison. Narquoise, Charlotte se pencha vers sa sœur.

- Je suis sûre que maman serait ravie de te savoir casée avec le fils d'une collègue.
- Charlie, si tu...
- Et voici mes filles, lança Rosemary en passant une main dans le dos de Charlotte pour la faire approcher. Charlotte, mon aînée, qui a déjà quitté la maison - qu'est-ce que ça grandit vite, vous ne trouvez pas ? - et ma cadette, Alison.

Charlotte adressa un sourire poli aux Fitcher tandis que sa mère les invitait à rentrer dans la maison. Avec un peu de chance, ils seraient bavards et la conversation se concentreraient sur Alison et le fils Fitcher, assez pour avoir de la matière quand ils seront partis. Histoire que sa propre famille oublie de la cuisiner sur son emploi du temps de la nuit dernière. De toute manière, elle ne dirait rien. Elle était adulte et libre, non ?



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Sean avait le regard dans le vague, regardant sans le voir un paysage qui lui était étrangement familier, sans doute parce qu'ils étaient déjà passés par là deux fois. Ses parents avaient été invités à déjeuner chez une collègue, professeur de littérature elle aussi, et ils avaient décidé que ce serait bien qu'il vienne puisque la collègue en question avaient deux filles de son âge. Sean avait donc accepté, plus pour quitter Poudlard et pour leur faire plaisir que par envie. Ils devaient se rendre de l'autre coté de la ville, et était visiblement perdu.

"Tiens, essaye la première à droite. Ah non, c'est celle qu'on a prit tout à l'heure. La deuxième alors. Comment ça sens interdit ? Bon et bien la prochaine ! lança sa mère tout en essayant de déchiffrer des indications qu'elle avait dû griffonner à la hâte sur un bout de papier. On est pas déjà passé par là ? Si, je reconnais la banque, avec leurs horribles affiches publicitaires. Ce type n'a pas du tout l'air d'avoir obtenu un crédit à 5,2%, on dirait qu'il est complètement ivre, ou idiot. Attends, je les appelle."

Comme à son habitude, sa mère monologuait et répondait à ses propres questions. Helen Fitcher avait toujours été une grande bavarde, mais être mariée à un homme qui parlait peu avait considérablement développé cet aspect de sa personnalité et elle était un véritable moulin à parole. En général elle faisait même la conversation pour trois, ce qui arrangeait bien le reste de la famille. Sean et son père se ressemblaient bien en ça, l'un comme l'autre se complaisait très bien dans le silence, le premier plongé dans ses carnets à croquis et le second dans un classique de la littérature anglaise. Ils n'avaient jamais beaucoup échangé, ils réussissaient à être proches sans se parler. C'était le genre de relation simple, limpide, sur laquelle on n'avait pas à mettre de mots. Mais en ce moment Sean aurait bien aimé en mettre, des mots. Il trouvait son père plus distant depuis qu'il était au courant de son homosexualité. Le silence entre son père ne l'avait jamais gêné parce qu'il savait que ce n'était pas un de ses silences qui cachaient quelque chose. Aujourd'hui il avait des doutes et aurait bien aimé que son père lui parle, pour une fois.

"A droite après la banque, et ensuite tout droit, expliqua sa mère qui venait de raccrocher d'avec sa collègue. Une grande maison avec du lierre. Tiens, voilà, ça doit être là. Oui, ce sont eux, s'exclama-t-elle, victorieuse. N'oublie pas, tu es en première année de...de ce que tu veux, littérature ? ", ajouta-t-elle en se tournant vers Sean qui répondit d'un hochement de tête.

Il n'avait pas besoin de sa mère pour savoir comment mentir, il ne comptait pas le nombre de choses qu'ils leur avait cachées, à elle et son père, depuis un an. Ce n'était pourtant pas du tout son genre de mentir à ses parents, mais sans trop savoir pourquoi, il avait trouva ça nécessaire. Ces derniers savaient qu'il avait dû passer quelque jours à Ste-Mangouste l'an passé pour une "histoire de bagarre qui avait mal tourné" comme l'avait si bien dit l'infirmière qui les avait accueillis, formule qu'il avait reprise pour leur cacher les véritables raisons de sa présence. Il n'avait pas voulu leur dire, parce qu'il avait le sentiment qu'ils n'auraient pas compris, et que de toute façon il n'aurait pas su leur expliquer. Il avait continuer d'écrire toujours les mêmes lettres, de dire que tout allait bien alors que tout foutait le camp. Ils avaient été surpris, choqués et complètement bouleversés par sa tentative de suicide qu'ils ne comprenaient pas, et une sorte de distance s'était installée depuis. En pratique rien n'avait vraiment changé, mais c'était comme s'ils réalisaient qu'ils ne faisaient plus partie du même monde.

Alors qu'il descendait de voiture, sa mère lui fit signe de sourire et il s'exécuta alors que ses parents s'avançaient pour saluer les Meyers. Il remarqua que le père de famille avait une baguette de pain sous le bras et formait un tableau étrange au coté de son père qui avait apporté une bouteille de vin, on aurait dit une mauvaise carte postale parisienne. Il salua poliment Mr et Mrs Meyers alors que sa mère s'extasiait sur la beauté de la maison, qui ne manquait pas de charme.

"Et tout ce lierre c'est magnifique, j'ai toujours adoré ça. Malheureusement en appartement je dois me contenter des plantes d'intérieur, je n'ai jamais eu la main verte de toute façon. Et ce n'était rien de le dire, Sean n'avait jamais vu la moindre plante survivre à sa mère plus de trois semaines.
- Croyez-moi, cela vaut mieux pour la flore anglaise, répliqua son père avec un sourire.
-Vous habitez vraiment un beau quartier en tout cas, ça a l'air très tranquille. Vous êtes loin du centre-ville ?"

La collègue de ses parents, qui s'appelait visiblement Rosemary, leur présenta ses deux filles qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. La cadette semblait avoir son âge alors que l'ainée devait avoir quelques années de plus.

"Qu'est-ce qu'elles se ressemblent, on croirait des jumelles, remarqua Helen. Et voici mon fils Sean, ajouta-t-elle en se tournant vers lui. [color=green]Vous devez avoir à peu près le même âge tous les deux non ? demanda-t-elle alors que son regard passait de Sean à Allison. Il quitte aussi la maison l'an prochain, ils grandissent beaucoup trop vite."

Sa mère avait tendance à oublier que la condition pour qu'il quitte en effet la maison était qu'il soit reçu à l'Académie des Arts magiques. Helen avait toujours prédit que son fils ferait de longues études et elle avait oublié d'envisager qu'il puisse échouer, alors que lui avait plutôt tendance à se concentrer sur cette hypothèse. C'était un cursus sélectif, le Pr. Harris le lui avait dit et il ne voyait pas ce qu'il pourrait avoir de plus que le reste des candidats. Mais c'était sa seule chance de pouvoir faire ce qu'il voulait. S'il n'était pas reçu il pourrait toujours étudier les sortilèges à l'Université qui allait être mise en place, mais ce serait renoncer à des études dans le domaine de l'art. Rosemary les invita à entrer et tout le monde s'installa dans le salon, dont Helen commenta la décoration pendant plusieurs minutes avant de se tourner vers les deux sœurs.

"Alors, qu'est-ce que vous faite les filles ? Vous avez terminé vos études ?"

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Depuis qu'elle était toute petite, Alison n'avait jamais été une grande bavarde. Elle passait des heures dans ses poupées et n'avait adressé la parole qu'à Charlotte pendant de longues années. Quand elle était partie pour Poudlard, Alison avait forcément dû se sociabiliser un petit peu. Et si elle ne se privait plus de parler à la maison, lorsqu'ils n'étaient que tous les quatre, elle restait incapable de décrocher un mot dès qu'ils avaient des invités ou même à la fac. Elle n'invitait jamais personne à la maison et ne sortait pour ainsi dire jamais. Aussi, quand Mrs Fitcher se tourna vers Alison pour lui demander son âge, Charlotte fut obligée de répondre à sa place après quelques longues secondes de silence.

- Ali a dix-huit ans, elle va sur ses dix-neuf ans dans quelques mois.

Sa mère soupira imperceptiblement en voyant qu'Alison ne semblait toujours pas décidée à parler mais son père lui passa une main réconfortante dans le dos, mettant un peu de farine blanche sur son gilet bleu. Les deux familles rentrèrent dans la maison tandis que Charlotte se penchait vers sa soeur, un sourire aux lèvres.

- Il n'a pas l'air de parler beaucoup non plus. Quel joli couple vous formeriez ! ricana-t-elle tandis qu'Alison la fusillait du regard.

En effet, leur mère - voyant que sa fille cadette avait quelques difficultés à se socialiser - craignait qu'elle bascule dans un célibat permanent et s'entêtait à lui proposer sans cesse de nouveaux garçons, des fils de collègues la plupart du temps. Charlie échappait à ce petit rituel humiliant depuis qu'elle avait quitté la maison. Merlin soit loué, d'ailleurs. Si elle devait encore passer une journée entière avec Clayton Russel, "le fils du directeur du Département d'histoire, un garçon charmant" elle était bonne pour rompre le Secret Magique en utilisant malencontreusement un sortilège contre ce type. Le pire étant que sa mère, en partant sûrement d'une bonne intention, lui avait révélé son numéro de téléphone et elle avait donc la chance de recevoir de temps en temps de ses nouvelles. En espérant que ce Sean Fitcher ne soit pas un Clayton Russel en puissance. Tandis que tout le monde s'installait dans le salon, Charlie passa en cuisine pour récupérer les assiettes d'apéritifs - sans les tomates cerises disparues - et les apporter, faisant deux voyages faute de pouvoir utiliser la magie. C'était dans ces moments-là qu'elle se rendait compte qu'elle était devenue complètement dépendante de ses pouvoirs et de sa baguette, qu'elle utilisait pour les choses les plus banales du quotidien. Elle aurait un mal fou à s'en passer, vu comment faire deux voyages entre le salon et la cuisine l'agaçait. C'était à se demander comment faisait Eliott, lui qui n'avait décidément plus le choix. Même si honnêtement, elle ne se sentait pas capable de briser sa baguette magique de son propre chef. Elle avait subi un sacré choc il y a quatre ans, lors d'une intervention et le bois était tout fissuré. Le temps qu'Ollivander la répare, elle était restée sans quelques jours. Et bien cela avait été des jours difficiles. Enfin, il n'y avait pas de raison de penser qu'elle puisse avoir à choisir entre le monde de la magie et sa famille. Elle ne saurait pas quoi faire dans ce cas-là. Sa vie était dans les deux mondes, séparée en deux. Abandonner le monde magique, c'était abandonner son métier et ses amis, tout ce qui faisait sa vie depuis dix ans tandis qu'abandonner le monde moldu, c'était abandonner sa famille. Un choix impossible, en somme.

- Alison est en première année à la faculté d'histoire d'Oxford. Cela lui plaît pour le moment. N'est-ce pas, ma chérie ? lança leur mère, répondant à la question de Mrs Fitcher.

Évidemment, Rosemary ne précisa pas que c'était elle et son mari qui avait poussé Alison vers des études "raisonnables". Elle, elle voulait travailler avec des animaux ou faire des études d'art, mais ses parents avaient craint qu'elle ne puisse pas trouver de métier sérieux avec des études comme celles-ci. Et Alison n'avait pas opposé de résistance, malgré sa déception, et s'était engagé dans des études qui ne lui plaisaient pas tant que cela. Elle hocha néanmoins la tête à la question de sa mère, cachée derrière un rideau de cheveux blonds.

- Et Charlotte...
- Je suis dans la police, coupa-t-elle. A Londres, au Met'. A Scotland Yard, en somme !

C'était son mensonge bien rôdé dès qu'elle tombait sur des connaissances du monde moldu ou même pour toute sa famille. C'était plutôt logique, au vu de son métier d'Auror. S'ils avaient été aux États-Unis, le FBI aurait été plus proche de son véritable emploi mais au Royaume-Uni, il n'y avait que des services de police. Ou les services secrets. Mais très peu pour elle. En plus, ils collaboraient parfois avec Scotland Yard, avec le service spécial au courant de la magie, donc elle connaissait quelques trucs pour enrichir son récit. Le seul problème était quand on lui demandait si elle avait le pouvoir de faire sauter des contraventions.

- Nous aurions aimé quelque chose de plus... poussé, pour Charlotte, elle en avait les capacités, reprit son père. Mais c'est un métier de passion.

Sa mère hocha la tête d'un air entendu tandis que Charlie soupirait. Dès qu'elle avait annoncé son choix de carrière à ses parents, cela avait posé problème. La guerre et sa disparition pendant toute une année les avait déjà bien assez effrayé sans qu'elle rajoute le fait qu'elle veuille se battre contre d'autres sorciers et enquêter sur de la magie noire et des gens pas très recommandables. Surtout quand ils avaient vu ses résultats aux BUSES et l'avaient poussé vers la Médicomagie. Elle avait beau dire qu'elle rentrait tout de même au Bureau des Aurors et pas à la Police Magique, ce qui n'était pas le même niveau, ils n'avaient rien voulu entendre. Et n'avaient toujours pas digéré cette histoire visiblement. S'ils avaient été des sorciers et qu'ils avaient su le prestige d'Aurors, compris que c'était un corps d’Élite, cela aurait été différent, évidemment. Mais on ne refaisait pas l'histoire.

- J'aime ce que je fais, répliqua Charlotte. Vraiment. Et c'est l'essentiel, non ? Puis je me retrouve face à des situations amusantes aussi, en dehors de tout le coté dangereux. Il y a quelques mois par exemple, j'ai dû interroger l'un de mes anciens enseignants pour une affaire d'incident lors d'un voyage scolaire. Le professeur Dérébusor, ajouta-t-elle à l'adresse de ses parents.

Durant son adolescence, ils avaient pas mal entendu le nom du vieil acariâtre. Surtout après l'affaire Lilly, quand il avait manqué de passer sa meilleure amie par la fenêtre de la Tour d'Astronomie, qui n'était pas haute du tout, évidemment. Elle s'était permis de citer le véritable nom du sorcier, après tout, les Fitcher étaient tout ce qu'il y avait de plus moldus et ne s'arrêterait pas là-dessus.

- Outre le fait qu'il n'avait pas changé de caractère - insupportable - je suis sûre que c'est une expérience que des dizaines d'élèves rêveraient de vivre, ajouta-t-elle en riant. Arrêter les enseignants qui nous menaient la vie dure à l'école !
- J'espère sincèrement que tous nos étudiants ne rentreront pas dans la police, alors ! s'exclama sa mère, amusée. Nous aurions du souci à nous faire, n'est-ce pas Helen ?
- Vous l'avez arrêté, finalement ? s'enquit son père.
- Non, il est hors de cause.

Et il avait pu retourner tranquillement à Poudlard traumatiser des générations de sorciers au sujet des planètes naines et de Saturne. La sonnerie du four retentit en cuisine à ce moment-là et Charlotte se leva pour aller sortir le plat de résistance, tandis que sa mère embrayait sur les coupes budgétaires à l'université d'Oxford qui portaient atteinte à l'environnement pédagogique. Alison lui emboîta le pas, sûrement trop heureuse de quitter une pièce trop chargée à son goût.

- Ferme la porte, Ali, lança Charlotte en sortant sa baguette magique de sa poche.
- Utiliser un torchon, ce n'est pas plus simple ? interrogea Alison qui avait tout de même un sourire ravi sur les lèvres.

Elle avait toujours adoré voir de la magie et avait passé des jours entiers à lire les grimoires de sa sœur, passionnée par le monde qu'elle découvrait au fil des pages. Et elle aurait aimé être une sorcière elle aussi, Charlie le voyait bien. Mais personne ne savait vraiment pourquoi des enfants sorciers apparaissaient soudainement dans des familles moldues, sans que rien ne les prédestine. Après qu'elle ait reçu sa lettre de Poudlard, les Meyer avaient pourtant consulté leur arbre généalogique, mais rien ne laissait penser qu'il y avait des sorciers dans la famille. Et lorsqu'elle avait atteint ses onze ans, Alison s'était révélé être une pure moldue.

- C'est beaucoup moins amusant, non ? Et je n'ai pas envie de me brûler.

D'un Wingardium Leviosa informulé, le plat de hachis Parmentier s'éleva lentement, dégageant un panache de fumée dans la cuisine. Alison le regardait avec des étoiles dans les yeux.

- Sean arrive pour vous aider les filles ! lança la voix de sa mère depuis le salon.
- Non, ce n'est pas la pe...

La porte de la cuisine s'ouvrit un grand, laissant apparaître le jeune Sean Fitcher. Surprise, Charlotte en oublia son sort et le plat chuta brusquement.

- Aresto Momentum !

Le hachis s'arrêta à quelques secondes du sol avant de retomber plus tranquillement, évitant de se briser et de répandre son contenu sur le sol. Le sort lui avait échappé, c'était un réflexe, elle n'y avait pas pensé avant de le lancer. Et elle venait de faire de la magie devant un moldu. Merlin, Morgane, Gordric. Elle venait de faire de la magie devant un moldu.

- Alison, tu sors et tu trouves une excuse pour que personne n'approche de la cuisine.
- Mais...
- Tu sors.

Sa sœur lança un regard inquiet à Sean et sortit de la cuisine en fermant la porte de derrière elle. Elle venait de faire de la magie devant un moldu. Alors qu'elle passait son temps à lutter contre les Mardoliens. Quelle ironie. Elle savait bien évidemment lancer un Oubliette, c'était dans la procédure d'urgence qu'on lui avait appris en cas d'intervention dans le monde moldu qui serait repérée. Elle pourrait aisément effacer la mémoire des cinq dernières minutes de Sean sans problème. Même si elle s'en voulait absolument et qu'elle devrait faire un rapport d'incident et qu'elle allait se faire assassiner par ses chefs. Lentement, elle pointa sa baguette sur la porte et le verrou s'enclencha. Plus jamais de magie en présence de moldus. C'était trop dangeureux.

- Je suis désolée, vraiment, c'est ma faute, commença-t-elle en pointant sa baguette sur Sean.

La gaffe de sa vie.


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Sean FitcherAncien personnageavatar
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La plus jeune des filles Meyer, Alison, ne semblait pas bien bavarde puisque sa sœur se chargea de répondre pour elle. C'était un peu étrange, mais ce n'était certainement pas Sean qui allait lui jeter le pierre pour être trop timide. Lui même avait rarement le temps d'ouvrir la bouche avant que sa mère ne prenne la parole, peu importe qui la question concernait. Sa mère avait toujours parlé pour trois, et ça lui convenait très bien. Celle-ci répondait d'ailleurs que lui et Alison avait le même âge, puisqu'il avait fêté ses dix-neufs ans quelques jours plus tôt. Dix-neuf ans, ça faisait vieux. Il était majeur depuis un an, ou deux dans le monde sorcier, mais cette fois il était définitivement du coté "adulte". Pourtant il ne se sentait pas adulte du tout. Il était toujours à Poudlard, plus ou moins enfermé dans sa solitude, et sans certitude quant à ce qu'il ferait l'an prochain. L'avenir lui apparaissait hasardeux, mais pourtant agréable. On pouvait difficilement faire pire que ses dernières années à Poudlard de toute façon.

Justement, Mrs Meyer expliquait que sa cadette était en première année en faculté d'Histoire, et l'ainée leur apprit qu'elle était dans la police, à Scotland Yard. Son père ajouta qu'il aurait aimé quelque chose de plus poussé pour leur fille, mais que c'était un métier de passion. Visiblement, la voie qu'avait choisi Charlotte n'était pas vraiment au goût de sa famille. C'était au moins un problème que Sean ne rencontreraient pas avec ses parents. Ils avaient toujours voulu qu'il aille à l'université, ou qu'il entreprenne des études dans le domaine artistique, et si tout se passait comme il le souhaitait, il combinerait les deux l'an prochain. Il voulait continuer d'étudier les Sortilèges et l'Histoire de la magie à l'université d'Aberystwyth tout en suivant les cours de l'Académie des Arts Magique, s'il était reçu. Il se demandait souvent s'il aurait eu le même goût pour la peinture et le dessin si ses parents ne l'avaient pas trainé dans des musées toute son enfance, si on ne lui avait pas mis un pinceau dans les mains tous les jours dès son plus jeune âge, s'il n'avait pas été élevé par deux amoureux de peinture. Est-ce qu'il avait vraiment la "fibre artistique" comme on disait, ou est-ce qu'il n'était qu'un fils de profs dépourvu de talents qu'on avait poussé trop loin ? Seul le temps le lui dirait, car lui même n'en savait rien. Peut-être qu'il ferait de longues études qui ne le mèneraient nul part, parce qu'il n'était pas doué. Peut-être qu'il se surestimait, qu'il s'accrochait naïvement à l'espoir de pouvoir vivre de sa passion, comme le font les enfants.

Perdu dans ses pensées, Sean releva la tête en croyant entendre la fille ainée des Meyers dire "Dérébusor". Non, c'était impossible, il avait mal entendu. Ou alors il s'agissait d'un moldu qui portait le même non que le vieux professeurs d'astronomie. Et qui visiblement était aussi enseignant. Et était insupportable. Ça faisait beaucoup de coïncidences, mais ça ne pouvait être autre chose.

"Si certains de nos élèves entraient dans la Police, je crois qu'on aurait du soucis à se faire en effet !" répondit Helen à la question de Mrs Meyers.

Sean savait qu'en réalité sa mère était plutôt appréciée des étudiants, elle était apparemment cataloguée "prof cool" puisqu'elle recevait des mails et des appels d'anciens étudiants très régulièrement. Elle était même devenue amie avec plusieurs d'entre eux. Helen était une passionnée et elle avait tendance à vouloir communiquer cette passion à tout prix, plus qu'à vouloir simplement apporter des connaissances. Elle s'investissait beaucoup dans les projets de ses élèves, faisant tout pour qu'ils réussissent, et elle était toujours la première à organiser des évènements extra-scolaires. Il ne doutait cependant pas du fait qu'elle puisse se montrer assez dure avec les élèves qui avaient choisi d'étudier l'Histoire des Arts en pensant qu'ils pourraient dormir tranquillement au fond de la salle, et qui était assez nombreux d'après sa mère. Son père en revanche ne semblait entretenir aucun lien particulier avec ses élèves, en dehors de ses cours.

"Je vais aller aider les filles en cuisine, lança Helen en commençant à se lever pour rejoindre Charlotte et Alison qui s'étaient éclipsées.
-Je pense qu'il vaut mieux que tu t'abstiennes chérie, intervint son mari avec un sourire amusé. Elle va vous faire brûler la maison, ajouta-t-il à l'intention dans leurs hôtes.
-Ce n'est arrivé qu'une fois et c'était un accident, se défendit-elle. Ce n'était pas marqué sur la boite qu'elle ne passait pas au micro-ondes, précisa-t-elle, faisant lever les yeux à son mari. Sean, va leur filer un coup de main, puisque je suis visiblement dangereuse."

Il répondit par un hochement de tête et s'exécuta, prenant le chemin de la cuisine. Il avait déjà poussé la porte au moment ou l'ainée assura que son aide était inutile. Cette dernière s'ouvrit en grand pour révéler les deux filles Meyer, et un plat de hachis qui flottait dans les airs, ou plutôt qui chutait en direction du carrelage. Pas certain de ce qu'il venait de voir, il devait halluciner, forcément, Sean resta interdit, les yeux arrondis de surprise alors que la dénommée Charlotte stoppait la chute du plat à l'aide d'un Aresto Momentum. Cette fois il n'y avait aucun doute, elle venait bien de faire de la magie. La fille des collègues de ses parents était une sorcière. Incroyable. C'était donc bien de Dérébusor qu'elle parlait quelques instants plus tôt. Et à en croire ce qu'elle avait raconté de sa vie professionnelle, elle devait travailler chez les Aurors, ou au moins à la Police Magique.

Le temps qu'il se fasse à cette idée, l'ainée avait déjà demandé à sa petite sœur de quitter la pièce, visiblement paniquée. Réalisant qu'elle ignorait qu'il était un sorcier, évidement, et qu'elle devait craindre d'avoir brisé le secret magique, Sean voulut la rassurer mais Charlotte renouvela son ordre à l'intention de sa cadette, qui quitta la pièce en lui jetant un regard inquiet. Il y répondit par un sourire qui se voulait rassurant, comme pour lui dire que la situation n'était pas si dramatique qu'elle en avait l'air. Alors qu'il reportait son attention sur la plus âgée des deux sœur, ses yeux se posèrent sur la baguette de cette dernière. Il était peut-être temps de lui avouer qu'il était un sorcier. Mais les mots se bousculaient dans sa tête sans parvenir à former une phrase cohérente. Pourtant il devenait urgent qu'il lui dise la vérité ou elle allait lui effacer la mémoire en un coup de baguette. Il n'avait jamais été victime d'un Oubliette mais à en croire les livres on se sentait complètement déboussolé après, et la liste des effets secondaires était assez impressionnante. Il préférait ne pas tenter l’expérience. Elle s'excusa, assurant que c'était de sa faute tout en pointant sa baguette vers lui. Instinctivement, il sortit la sienne.

"Je ne..Je suis p...pas certain de pouvoir me défendre face à une Auror."

Il ponctua sa phrase d'un léger sourire. Il fallait reconnaitre que la situation était étrange, et assez extraordinaire. Un peu plus et il en aurait rit, mais il préférerait qu'elle baissa sa baguette avant. Il avait encore du mal à réaliser. Elle était une sorcière, elle avait été à Poudlard, avait connu ses professeurs...Il n'avait jamais rencontré de sorciers en dehors de Poudlard, il fallait dire qu'il ne sortait pas beaucoup, et ça lui faisait bizarre. Il avait toujours séparé clairement sa vie entre le monde magique et le monde moldu, et voila que les deux venaient se réunissaient.

"Drôle de coïncidence..." commenta-t-il à voix haute.
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L'une des première choses que l'on faisait en entrant chez les Aurors, c'était apprendre les procédures d'urgence et d'intervention. Les sortilèges autorisés lors d'une arrestation, en cas de duel, les choses interdites, les lois utiles dans ces moments-là et la procédure en cas d'intervention chez les moldus : métamorphose des vêtements, discrétion et Oubliette immédiat en cas de gaffe. Ils faisaient un stage de deux semaines chez les Oubliators, pour ça. Charlotte était en train de faire défiler toute la théorie dans son esprit et tous les conseils qu'avait pu donner l'instructeur quand elle vit Sean sortir sa baguette. D'accord, celle-là, elle ne s'y attendait pas. Elle garda tout de même sa baguette pointée sur lui, en l'abaissant légèrement. On ne savait jamais les intentions des gens après tout, même si elle devait sûrement l'emporter, comme venait de le faire remarquer Sean, d'une voix hésitante. Et puis d'abord, comment est-ce qu'il savait qu'elle était Auror ? Il avait dû le deviner tout à l'heure, quand elle parlait de son métier, mais il aurait pu également penser à la Police Magique, ce qui serait tout aussi logique... C'était étrange, le fait qu'il ait trouvé comme cela... Ou alors elle devenait bien trop parano. Le métier ne lui réussissait pas certains jours, c'était sûr. Ce devait être le fait d'avoir été formée par Stormborn, l'ancien coéquipier de Maugrey Fol-Œil, le célèbre Auror. Vigilance constante, cela lui portait préjudice quelque fois. Il avait simplement dit ça au hasard et avait trouvé la bonne réponse, voilà tout. Il fallait vraiment qu'elle prenne un peu de recul, c'était le dossier M qui la mettait sur les nerfs mais ce n'était pas bon de psychoter ainsi à chaque chose un peu étrange. Elle allait finir par être enfermée à Sainte-Mangouste.

- C'est... bizarre, plutôt, répondit-elle en abaissant un peu sa baguette.

Elle fréquentait des sorciers au quotidien mais n'en n'avait jamais croisé dans le monde moldu. Contrairement à certaines personnes qui recroisaient des gens de leur école moldue en arrivant à Poudlard, elle avait été la seule sorcière de son entourage et de sa famille. Elle connaissait d'autres nés-moldus, Jensen par exemple, mais qui ne vivaient pas dans ce coin de l'Angleterre. Oxford était une grande ville, il devait forcément y avoir des sorciers d'installés, il y avait une grande bibliothèque magique et certains des enfants étaient sûrement de futurs sorciers. Mais elle ne s'était jamais attendu à tomber sur un sorcier par pur hasard, invité chez ses parents. Ses deux vies avaient toujours été bien séparées et elle ne s'attendait pas à ce qu'elles s'heurtent de manière si brutale en ce dimanche midi. Évidemment, ses parents ne pouvaient pas savoir, les Fitcher n'allaient pas crier sur les toits qu'ils avaient un fils sorcier, tout comme les Meyer gardaient cela secret, sortant l'universelle excuse du pensionnat prestigieux en Écosse dont personne n'avait jamais entendu parler, qui n'avait même pas de site internet ou qui était inconnu de toutes les universités du pays.

- Tu...

C'était trop bizarre comme situation. Elle avait l'habitude de fréquenter des sorciers mais c'était toujours étrange d'en croiser un dans la cuisine de ses parents complètement moldus. Et comme Sean ne semblait pas sur le point de l'attaquer - on ne savait jamais après tout, Mardolien infiltré et tout ce qui va avec - elle abaissa sa baguette et lança un Wingardium au plat pour qu'il aille se poser sur le plan de travail. Au moins, le dîner était sauf.

- Tu es encore élève à Poudlard ? Quelle maison ?

Il avait l'âge d'Alison mais elle savait que la dernière promotion avait dû redoubler suite à l'incendie des ASPICs au Ministère. Dorénavant, des officiers de la Police Magique serait assignés en permanence à la surveillance des copies. Les pauvres. Elle referma le four, le coupa et attrapa les maniques dans le tiroir étant donné qu'elle ne pouvait décemment pas faire voler le plat jusqu'à la salle à manger. Alison choisit ce moment pour taper à la porte et passer sa tête dans l’entrebâillement. Elle jeta un coup d’œil inquiet à Sean et son visage s'éclaira en voyant qu'il avait l'air tout à fait normal.

- Tu ne lui as rien fait !
- Et bien même si je lui avais fait quelque chose, cela n'aurait servi à rien puisque tu viendrais de le souligner. Et si je lui avais jeté un sort, il n'aurait pas été défiguré non plus.

L'Oubliette donnait juste un peu l'air... ahuri. Mais ça passait assez rapidement. Au mort sort, Alison ouvrit de grands yeux et désigna Sean d'un signe de la tête. Charlotte leva les yeux au ciel. Comme si elle avait été capable de faire une gaffe pareil. Bon, elle avait fait de la magie devant quelqu'un qui aurait pu être un moldu, mais c'était complètement différent, elle avait été prise par surprise.

- Sean est un sorcier aussi, répondit-elle en s'appuyant contre le plan de travail.

Alison hoqueta et rentra précipitamment dans la cuisine en fermant la porte derrière elle. Elle fixa Sean du regard avant de passer à sa sœur, puis revint sur Sean.

- Mais...

Elle rougit en se rendant compte qu'elle prenait la parole devant un inconnu.

- Vous êtes partout, souffla-t-elle, rouge comme une écrevisse et en baissant les yeux.

La remarque fit sourire Charlie.

- Encore quelques années et on dominera le monde.

Ce n'est qu'après-coup qu'elle se rendit compte de la portée de sa remarque. Si le Secret Magique tombait à cause des Mardoliens, certains sorciers tenteraient de dominer les moldus avec leur magie, en profitant du fait qu'ils soient incapables de répondre. C'était la pire chose qui pouvait arriver malgré les armes, comme les pistolets, des moldus, Charlotte savait qu'un sorcier pouvait avoir la suprématie sur un moldu. Un simple Accio et le moldu n'avait plus aucun moyen de se défendre.

- T-t-t-tes parents sont des... ? demanda Alison à Sean, en bégayant légèrement.

Elle perdait tout ses moyens dès qu'elle ne s'adressait plus à quelqu'un de la famille, ce qui était très embêtant au quotidien. Quoique, Charlie avait remarqué que Sean bégayait aussi. Ces deux-là semblaient fait pour s'entendre. Un nouveau coup retentit à la porte et elle poussa sa baguette magique derrière la corbeille de fruits, dans un réflexe. C'était sa mère qui arrivait, tout sourires.

- Qu'est-ce que vous faîtes, les enfants ? Vous papotez ?
- On se découvre plein de points communs, en effet, répondit Charlotte en attrapant le plat. Je vais amener ça à table.
- Sean et Alison ont parlé peinture ? J'ai appris par ta mère que tu étais un grand artiste, Sean ! lança Rosemary en souriant au jeune homme. Alison aussi aime beaucoup l'art, elle dessine, peint, fait de la musique et écrit des chansons. Il y a quelqu'un de ses tableaux qui sèchent dans la véranda, vous pourrez aller voir après le déjeuner si vous voulez !

Charlotte jeta un dernier regard à Sean tandis qu'elle amenait le plat vers la salle à manger, précédée par sa mère qui palabrait sur les dessins d'Alison, faisant rougir cette dernière. Les Fitcher et son père étaient déjà installés à table quand elle arriva, Mrs Fitcher discutant avec entrain. C'était assez amusant tout de même maintenant qu'elle savait que les deux familles partageait le même secret sans le savoir et agissaient le plus normalement du monde, comme si leurs enfants suivaient bien des cursus parfaitement moldus comme ils le prétendaient. Ils se mentaient réciproquement sur certains points, sans savoir que l'autre faisait pareil. Oui, c'était assez amusant quand on y pensait. Mais en même temps, elle ne se voyait pas mettre le sujet de la sorcellerie sur le tapis, même si les deux couples auraient sûrement beaucoup à se dire. Élever un enfant sorcier quand on était moldu était loin d'être facile étant donné qu'on ne connaissait rien au monde magique. Envoyer son enfant pendant des mois dans un endroit que l'on ne connaissait pas, avec des gens que l'on ne connaissait pas et le voir peu à peu s'éloigner de son monde d'origine... Oui, cela devait être dur. Mais c'était ainsi, depuis des siècles. Les parents moldus étaient forcément désavantagés face aux parents sorciers et rien ne changerait cela.


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Bizarre, ça l'était. Il avait toujours été conscient qu'il y avait forcément d'autres sorciers qui vivaient dans les deux mondes, tout ceux qui avaient de la famille moldue. A douze ans, lors des vacances à la fin de sa première année, il étaient parti en Italie avec ses parents qui étaient amoureux du Sud de l'Europe depuis toujours -et considéraient que tout ce qui était plus au Sud de l'Angleterre était au Sud- et il avait observé tous les gens qu'il croisait avec curiosité en se demandant si c'était des sorciers, dissimulés parmi les moldus. Mais il n'avait jamais imaginé qu'il puisse y avoir des sorcier dans son quartier, parmi les amis de ses parents. Parce que c'était un univers familier, l'univers moldu dans lequel il avait grandi. Et pour lui c'était un univers incompatible avec la magie, son boulanger ne pouvait pas être un sorcier, pas plus que leur horrible voisine de pallier. Et pourtant...

"Oui, à Se...à Serdaigle, répondit-il quand Charlotte lui demanda s'il était toujours à Poudlard. En septième année, enfin p...plutôt huitième année."

Il ne donna pas plus de détails. Si Charlotte travaillait à la Police Magique ou chez les aurors elle devait être au courant de l'incendie dans lequel toutes les copies des ASPIC avaient brûlées. Même s'il n'avait pas été ravi de devoir retourner à Poudlard, cet incident lui avait évité de devoir expliquer à ses parents pourquoi il avait lamentablement échoué aux examens qu'il avait dit avoir bien réussi. Et puis, cela lui donnait une chance d'intégrer l'Académie des Arts Magique, ce que ses notes probablement désastreuses aux ASPIC de l'an dernier ne lui auraient pas permis, même avec son dossier scolaire, qui était plutôt bon.

"Toi tu...Tu es Auror, c'est ça ?" Il avait remarqué qu'elle n'avait pas relevé quand il avait émis cette hypothèse un peu plus tôt.

C'est à ce moment là que la porte de la cuisine s'ouvrit pour laisser entrer une Alison un peu inquiète qui l'observa un instant avant de se réjouir en voyant qu'il n'avait rien. Charlotte lui répondit que même après un sortilège il aurait l'air normal, ce que Sean appuya d'un hochement de tête, et la cadette regarda alors sa sœur avec de gros yeux comme si elle venait de faire une énorme gaffe. Charlotte la rassura aussitôt en expliquant qu'il était un sorcier, ce à quoi il répondit d'un nouvel hochement de tête. Alison referma précipitamment la porte derrière elle avec un hoquet de surprise puis, rougissant jusqu'aux oreilles, elle souffla qu'ils étaient partout. Ainsi elle était une moldue, contrairement à sa sœur, ça devait être étrange comme situation. Sean joignit son rire à celui de Charlotte avant que celle-ci ne réponde qu'un jour ils domineraient le monde.

Elle avait dit ça pour plaisanter bien sûr, mais pourtant elle n'avait pas complètement tort. Il avait évidement entendu parler de ces terroristes qui cherchaient à briser le secret magique à tout prix, et n'était pas naïf au point de croire qu'ils cherchaient à réunir les deux mondes pour vivre en harmonie avec les moldus. Ils chercheraient forcément à les dominer, à les opprimer peut-être, et réussiraient sans doute, les forces n'étaient pas vraiment équilibrées. Mais après tout les moldus étaient bien plus nombreux alors peut-être que c'était eux, les sorciers, qui seraient contrôlés, fichés, opprimés. Quoiqu'il en soit cela ne pouvait que mal finir. Son vote avait pourtant été au MIM, il était pour un rapprochement entre les deux monde, pour une collaboration entre les sphères de pouvoir, pour une meilleure connaissance des moldus par les sorciers, mais il tenait au secret magique.

Sean se tourna vers Alison qui lui demandait, rougissante, si ses parents étaient des sorciers aussi. Il eut toute la peine du monde à ne pas la dévisager avec des yeux ronds en l'entendant bégayer. Jusqu'alors les seules fois où l'on s'était adressé à lui en butant ainsi sur les mots c'était pour se moquer de son bégaiement. Il adressa un petit sourire encourageant à Alison, il ne savait que trop ce que c'était pour ne pas la plaindre. C'était une torture, de ne pas réussir à dire ce qu'on pensait sans butter sur chaque syllabe, au point de préférer se taire. Mais il savait aussi que ce n'était pas forcément définitif. Il lui avait fallu des années pour reconnaitre qu'il avait peut-être besoin d'aide sur ce plan là mais il n'était jamais trop tard. Les séance avec Miss Bloomwood étaient efficace et même si son bégaiement ne s'effacerait sans doute jamais, il était déjà nettement moins prononcé, il s'en sentait presque débarrassé, et ce n'était pas désagréable.

"Non ils sont mo...moldus, tous les deux."

Ce fut au tours de Mrs Meyer d'entrer dans la cuisine, visiblement ravie de les voir discuter ensemble. Charlotte répondit qu'ils se trouvaient plein de points communs et Sean sourit, comprenant qu'elle faisait allusion à la magie. Mais sa mère interpréta évidement cette phrase différemment puisqu'elle demanda à Sean et Alison s'ils avaient parlé peinture. Face à l'air surpris du Serdaigle, elle expliqua qu'Alison aimait beaucoup l'art, aussi bien le dessin et la peinture que la musique. Elle ajouta qu'ils pourraient aller voir quelques tableaux de la jeune fille après le déjeuner.

"Je...j'aimerais beaucoup oui", répondit-il, s'adressant plus à Alison qu'à sa mère.

Ils sortirent tous de la cuisine pour se rendre dans la salle à manger ou sa mère semblait monopoliser la parole, comme souvent. Helen avait tendance à oublier que, contrairement à son mari et à son fils, la plupart des gens aimaient avoir le temps de parler eux-aussi. C'était assez drôle, de voir leurs parents discuter de tout et de rien comme les parfaits comme les parfaits moldus qu'ils étaient maintenant qu'il savait que les Meyers mentaient également à propos de leur fille. Il s'assit à la place que lui désigna Mrs Meyer alors que sa mère semblait avoir jeté son dévolu sur Alison, la pauvre.

"Ta maman vient de me dire que tu étais une artiste Alison, il parait que tu as beaucoup de talent ! J'adorerais voir une de tes peintures si tu veux bien, et tu es aussi musicienne apparemment ! Quelle chance, je n'ai jamais eu l'oreille musicale, mais j'ai toujours voulu jouer du piano. Et tu composes en plus, tu nous jouera peut-être quelque chose de ta création ? Seulement si tu veux bien sûr, je ne voudrais pas te forcer. Désolée je parle trop. Helen se tut approximativement six secondes avant de reprendre. Rosemary, ça a l'air absolument délicieux ! Oh mais j'y pense, Mrs Fitcher se tourna vers Charlotte et Alison. Brendan a un collègue qui enseigne dans un lycée près d'ici, vous l'avez peut-être eu comme professeur toutes les deux. Tu sais, Arthur, ajouta-t-elle à l'intention de son mari. Je ne me souviens plus de son noms de famille..."

Sean eut du mal à ne pas sourire alors que sa mère faisait défiler tous les noms de famille britanniques les plus courant à la recherche de celui du potentiel professeur de littérature d'Alison, car il n'y avait aucune chance que Charlotte l'ait eu comme enseignant, mais sa mère ignorait ce très léger détails.

"Bradford ! s'exclama finalement sa mère. Arthur Bradford, il enseigne dans un lycée près d'ici depuis des années, ça vous dit quelque chose les filles ?"
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Honnêtement, même si elle avait adoré ses années à Poudlard, elle n'aurait pas voulu refaire une huitième année. Pour deux raisons. La première étant qu'elle était très bien tombée pour ses sujets d'ASPICs ce qui lui avait permis d'avoir d'excellentes notes et qu'elle aurait eu peur de ne pas avoir la même chose deux fois et la deuxième raison qu'elle avait eu envie de prendre son envol après sa dernière année et n'aurait pas aimé rester à l'école encore un temps, malgré tous les bons cotés de sa scolarité. Enfin, ils n'auraient pas eu le choix mais tout de même. Enfin, il y aurait sûrement eu des bons moments dans cette année, elle avait aimé sa classe et sa promotion. Et peut-être, qu'en un an de plus, elle aurait plus parlé à Eliott qu'en six ans de cohabitation. Ou qu'elle aurait encore passé une année avec Jensen et Lilly à ne pas faire grand-chose de constructif. Et mine de rien, la deuxième solution lui paraissait la plus probable. C'était dommage, tout de même, d'avoir passé six ans avec lui sans dépasser les simples camarades de classe. Mais ce qui était fait était fait, après tout. L'essentiel, c'était le présent de toute manière. Elle hocha la tête lorsque Sean lui demanda si elle était Auror.

- Depuis bientôt six ans.

Même si elle n'avait pas l'impression que cela faisait aussi longtemps, en réalité. Trois ans de formation et trois ans en tant que titulaire, des années qui étaient passées tellement vite. Elle adorait son métier, c'était un fait. Même si les gens avaient du mal à croire qu'elle était bien Auror. Et même si ses collègues la charriait souvent, comme ils charriaient sans cesse la dizaine de filles du BDA. Mais ce n'était pas tant le fait qu'elle soit une femme - quoique, pour certains... - mais plutôt le fait qu'elle ait l'air d'un chaton innocent, merci Jensen pour la comparaison. Même si honnêtement, elle n'avait peut-être pas l'air menaçante mais ne se débrouillait pas mal dans son boulot. Et après tout, ils étaient des sorciers, ce qui comptait aussi, c'était l'usage de la baguette. Et si elle n'était pas douée quand il fallait user de force, elle visait particulièrement bien et se débrouillait en duel. Elle n'avait d'ailleurs perdu que face à des Aurors plus âgés, jamais des suspects, ce dont elle était assez fière, il fallait le reconnaître.

Tandis qu'ils regagnaient la salle à manger comme si rien ne s'était passé, Charlotte ne put s'empêcher de jeter un regard à Sean. Elle se demandait ce qu'il allait faire après Poudlard, lui qui semblait aussi timide qu'Alison, ce qui n'était pas peu dire. Toute la famille se demandait ce que pourrait bien faire Ali après son diplôme. Elle étudiait l'histoire, puisque ses parents ne voulaient pas qu'elle se lance dans l'art comme cela, trop vague et trop peu de débouchés, qu'ils disaient, mais n'avait pas l'aisance nécessaire pour devenir enseignante. S'il n'y avait eu qu'elle, Alison se serait lancée dans l'art, comme elle en rêvait. Elle peignait, elle écrivait, elle chantait... C'était sa voie, c'était évident. Mais les Meyer étaient ce genre de famille où les parents avaient des diplômes assez élevés qui leur assuraient une vie stable et assez confortable et qui n'imaginait pas que leurs enfants fassent moins que cela. Si Alison - ou même elle - avait voulu devenir coiffeuse, par exemple, leurs parents auraient sûrement posé un véto. Elle ne savait pas si c'était pareil pour les parents de Sean mais s'il y avait une chose qui était sûre, c'est que sa timidité et son bégaiement ne l'aideraient sûrement pas.

Tandis qu'elle s'installait à coté de son père, Charlie vit clairement Alison rougir furieusement devant l’intérêt de Mrs Fitcher et fixer son assiette comme si elle pouvait se cacher dans les aliments. Déjà que sa sœur ne parlait pas aux gens en temps normal, le flot de Mrs Fitcher avait de quoi impressionner encore plus. Bon, elle ne dirait rien, elle pouvait être également très bavarde quand elle était lancée. Heureusement, Rosemary était rodée à ce genre d'exercices et avait l'habitude de parler pour sa fille.

- Alison est vraiment douée. Oh, vous allez me dire que je ne suis pas objective, ajouta Rosemary en riant. Mais elle a reçu plusieurs propositions d'écoles d'art, ajouta-t-elle, sur le ton de la confidence.

Propositions qu'elle a dû refuser sous votre influence, songea amèrement Charlotte en jetant un regard désabusé à sa mère. Il y a quelques années, Charlotte aurait fait la remarque à voix haute mais c'était inutile, elle le savait désormais. Et puis il n'y avait rien de poli dans le fait de régler ses comptes devant des invités. Elle releva les yeux de son assiette quand Mrs Fitcher se tourna vers elle et Alison en leur demandant si elle connaissait un professeur du lycée du coin. Elle remarqua également très bien le sourire que Sean essayait de retenir tandis que sa mère faisait défiler la plupart des noms de famille courant en Angleterre et elle lui jeta un regard entendu.

- Oh, les filles ne sont pas allées à ce lycée, répondit Rosemary. Alison était à Headington, l'établissement privé pour jeunes filles. Vous connaissez ? Un excellent établissement, les résultats y sont excellents. De grandes femmes y ont étudié : Lady Elisabeth Longford, la Baronne Mallalieu, la Baronne Young, Jane Tewson... Nous sommes fiers qu'Alison y ait étudié. Ils ont également un très bon département d'art. Elle y est depuis qu'elle est jeune. Charlotte y est restée jusqu'à ses onze ans, également. Évidemment, ce sont des investissement, des sacrifices financiers, ce genre d'établissements n'est pas donné. Mais c'est important de tout faire pour que vos enfants aient le meilleur. N'est-ce pas ?

L'éternel refrain sur Headington. Charlotte n'en gardait pas des souvenirs impérissables, même si le porte-monnaie de ses parents devait dire le contraire. Évidemment, elle n'allait pas critiquer qu'ils aient fait le choix de leur donner toutes les chances, c'est bien pour cela qu'ils avaient toujours beaucoup mis de coté pour leur payer de bonnes études et une bonne faculté. Mais pourquoi ce besoin de le dire à tout le monde sans cesse ? Peut-être pour entendre l'approbation des autres, se faire confirmer qu'ils avaient eu raison de verser des milliers de livres chaque année pour envoyer leurs filles là-bas, que ce n'était pas en vain. Son père avait travaillé d'arrache-pieds pour propulser le cabinet dont il était associé et n'avait pas compté ses heures, parce qu'il fallait payer la maison, Headington et tout le reste. Désormais, maintenant qu'il n'y avait ni la maison, ni Headington à payer, il prenait enfin un peu de temps pour lui, ce qui n'était pas un mal.

- Alison est diplômée de Headington mais pas Charlotte, reprit son père. Elle est partie dans un pensionnat en Écosse à ses onze ans. Ils recherchaient des profils comme le sien.
- Un excellent établissement, se sentit obligée de rajouter sa mère. Méconnu mais très ancien et avec un enseignement unique.

Encore une fois, Charlotte retint un commentaire. Elle aimait énormément sa mère et elle s'entendaient bien mais elle détestait quand elle se mettait à rabâcher à quel point ses filles avaient fait de bonnes études, à quel point ils avaient toujours voulu donner le meilleur à leurs enfants.

- Je crois que Sean doit connaître, lança innocemment Charlotte avant de boire une gorgée du vin que son père lui avait servi.
- C'est vrai ? lança sa mère sans relever ce que cela voulait dire. Mais dis-moi, Sean, où as-tu étudié ? s'enquit Rosemary. Parce que nous parlons beaucoup des filles mais peu de toi. Tu es dans quelle université ? Qu'est-ce que tu étudies ? Ça te plait au moins ? Tes parents doivent être heureux que tu sois restés avec eux à Oxford ! lança-t-elle en riant. C'est pour une petite copine ?
- Maman, lança Charlotte, cela devient un interrogatoire, là. Et je m'y connais.
- Oh, pardon, je suis trop bavarde ! affirma Rosemary en agitant la main.
- Quoi qu'il en soit, Sean et moi étions dans le même établissement scolaire.

Charlotte vit avec un certain amusement les visages de ses parents blêmir et elle avala une nouvelle gorgée du vin qui était excellent.

- Mais Headington est un établissement pour filles, protesta Rosemary, d'une voix qu'elle voulait assurée.

Visiblement, elle avait un peu trop bien retenu les consignes du Ministère concernant le Secret Magique et paniquait à l'idée de devoir gérer un faux pas.

- Comment trouvez-vous le repas ? interrogea-t-elle pour changer de sujet. Du vin ? Du pain ? Tiens, parle-nous de ton petit-ami, Charlie chérie.

Charlotte, surprise par la dernière question, avala sa gorgée de vin de travers. Ce fut son père qui vint au secours en lui tapant le dos. Une fois remise, quelques minutes et un verre d'eau après, elle adressa un regard désapprobateur à sa mère.

- Maman !
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dis ? se défendit Rosemary.

Charlotte roula des yeux.

- Bref, passons. Je disais donc que Sean et moi étions ensemble à Poudlard.

Et voilà, le mot était lancé. De toute manière, elle n'avait rien fait d’illégal, les parents de Sean étaient forcément au courant de la nature de leur fils. Et au pire... Elle connaissait une Oubliator personnellement ?


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Sean se sentit pris d'un élan de compassion envers la pauvre Alison, qui étouffait sous les questions de sa mère. Lui avait fini par s'habituer mais quand on y était pas préparé, le flot de parole d'Helen pouvait effrayer un peu, surtout quand on était quelqu'un d'un peu timide, comme la jeune fille. Sa mère aurait dû identifier les signaux pourtant, les joues écarlates, la tête baissée et le regard fuyant, Sean s'était de trop nombreuses fois comporté comme cela pour que sa mère n'y reconnaisse pas quelqu'un qui se sentait mal à l'aise. Mais elle continuait de parler, de parler, et de parler encore. Il se demandait ce qui pourrait l'arrêter. Peut-être la fin du monde, et encore. Il était sur le point de venir au secours de la jeune fille -et pour qu'il décide de prendre la parole en public c'était que la situation devenait vraiment catastrophique- mais la mère d'Alison le devança en répondant à la place de cette dernière.

Il sentit un léger pincement au cœur quand Mrs Meyers expliqua qu'Alison avait reçu plusieurs propositions d'école d'arts. Il aurait aimé pouvoir en dire autant. Sauf qu'il ne recevrait jamais de propositions des écoles qui le faisaient rêver depuis qu'il était à l'école primaire. Concrètement il n'y avait pas besoin d'être spécialiste en histoire ou d'être un génie en mathématique pour étudier la peinture ou la sculpture, pourtant toutes les écoles d'art demandaient d'excellents dossiers scolaires. Le sien n'était pas mauvais, au contraire, surtout si on remplaçait sa première septième année par la deuxième, mais il n'était pas certain qu'un O en Sortilèges lui soit vraiment utile. Son unique chance était l'Académie des Arts Magiques, il ne savait pas vraiment ce qu'il voudrait faire d'autre. Il avait beaucoup réfléchi à l'hypothèse dans laquelle il ne serait pas pris -la plus probable- mais n'avait trouvé aucune alternative intéressante. C'était ça ou rien, et ce serait probablement rien. Il retint un soupir et essaya de récupérer le fil de la conversation, qui avait dérivé sur les établissements scolaires qu'avaient fréquenté les filles Meyers.

Rosemary expliqua que ses filles avaient toutes les deux étudié à Headington, un excellent établissement apparemment, mais que Charlotte n'y était restée que jusqu'à ses 10 ans. Sean adressa un sourire complice à cette dernière en se demandant quel mensonge ses parents à elle avaient trouvé pour expliquer sa soudaine disparition du système scolaire "normal".

"Headington, bien sûr que j'en ai entendu parler, répondit Helen avec un sourire enthousiaste. On ne m'en dit que du bien, et il a une excellente réputation auprès des université, vous devez être très fiers de vos fille. Margaret, du département scientifique, y a étudié d'ailleurs, ajouta-t-elle après avoir bu une gorgée de vin. Une femme brillante, Margaret. Et toute à fait charmante quand on prend le temps de la connaitre et qu'on arrive à la faire parler d'autre chose que de la troisième loi de Newton. De toute façon, Sean savait sa mère parfaitement capable de parler de ladite loi pendant des heures, bien qu'elle ne comprenne rien à la physique. C'est vrai que ce genre d'établissement doit coûter une petite fortune, mais cela les vaut, non ? On veut tous offrir le meilleur à nos enfants, cela mérite quelques sacrifices !"

Sean, qui trouvait jusque-là qu'il s'en sortait très bien dans son rôle de l'homme invisible, resserra imperceptiblement ses doigts autours du manche de sa fourchette en entendant Mrs Meyers prononcer son nom et il releva lentement la tête. C'était son tour. Génial. Il blêmit en l'entendant évoquer une éventuelle petite amie et vit clairement le sourire de sa mère se crisper alors que son père s'appliquait à ne pas croiser son regard. C'était le sujet à ne pas aborder. Parce qu'il n'aurait pas la force de faire semblant, de donner le change, mais qu'il n'était certainement pas prêt à se dévoiler. Ne pas en parler, c'était très bien.

Il se retrouva très vite noyé sous une avalanche de questions et ne réussit à offrir en guise de réponse qu'un vague sourire gêné. Il n'aimait déjà pas ça d'ordinaire, il avait horreur d'être le centre de l'attention, mais il détestait encore plus être soumis à des questions auxquelles il ne pouvait répondre, ce qui était le cas. Il servait le même mensonge depuis toujours, le pensionnat ancien en Écosse et tout ce qui allait avec. Et à noël il n'avait eu aucun mal à faire croire à sa grand-mère qu'il était encore en âge d'être au lycée, elle perdait un peu la notion des années avec le temps. Mais cette fois il devait trouver autre chose, parce que les Meyers savaient qu'il avait le même âge qu'Alison et pensaient qu'il étudiait dans la région. Il ne pouvait pas prétendre être à Oxford, Mrs Meyers y travaillait, Cambrige était trop loin, ainsi que les quelques facultés londonienne qu'il connaissait. La seule solution était de rester vague mais "j'étudie quelque chose, quelque part" l'était peut-être un peu trop.

"Je...en fait je...Je...commença-t-il sans avoir la moindre idée de comment il allait finir cette phrase. Il aurait bien aimé que quelque chose abrège ces souffrance, n'importe quoi. Il se rabattit finalement sur ce qui lui semblait l'option la plus simple. J'ai redoublé.
-Il est en première année de littérature."

Il ne parlait jamais. Son père ne parlait jamais. Pourquoi diable fallait-il qu'ils se décident à ouvrir la bouche exactement au même moment pour donner deux informations complètement contradictoires ? Merlin en personne devait avoir une dent contre lui. Ils échangèrent rapidement un regard paniqué sans que ni l'un ni l'autre ne se décide à se corriger.

"Sean redouble sa première année de littérature, intervint Helen avec une assurance étonnante. Heureusement qu'il y avait au moins une bonne menteuse dans cette famille. Le niveau était très élevé cette année, et puis un hors-sujet en examen ça ne pardonne pas. Sean se retint de lever les yeux au ciel. Pourquoi sa mère se sentait-elle obligée de trouver des excuses ? Il aurait très bien pu redoubler parce qu'il était mauvais. Ses collègues n'allaient pas la dénigrer parce que son fils n'était pas un génie. C'est dommage, c'était un bon élève au lycée."

Charlotte mit fin à cette conversation délicate en affirmant qu'elle et Sean avaient fréquenté le même établissement scolaire. Voilà qui était dit. Quelque part, il était soulagé, il n'avait plus à mentir -ou à essayer de mentir. Toutefois, ni les Meyers ni ses parents ne semblaient décider à ouvrir les yeux. C'était étonnant de voir à quel point les moldus étaient aptes à ignorer ce qui les dérangeait. Ils affichaient tous une expression un peu angoissée, craignant de faire une énorme gaffe, et l'ambiance était un peu plus tendue, mais personne ne voulait reconnaitre ce qui était pourtant de plus en plus évident. Sa mère sauta sur la première occasion qui se présenta pour changer de sujet et répondit avec enthousiasme à la question de sa collègue.

"C'est absolument dé-li-cieux, il faudra me donner la recette. Je ne ferai jamais aussi bien, je ne suis pas une très bonne cuisinière, mais je pourrais au moins essayer. Je ne sais pas pourquoi mais je ne réussis jamais rien, pourtant je suis les instructions comme tout le monde. En réalité sa mère manquait d'une qualité essentielle en cuisine : la patience. Laisser reposer une pâte à gâteau pendant une heure ? Impensable. Elle faisait tout beaucoup trop vite. Oh, un petit-ami, il est dans la police aussi ?"

Charlotte s'offusqua de cette intrusion dans sa vie privée et Sean la soutint en jetant un regard désapprobateur à sa mère. Déjà, on ne questionnait pas les gens ainsi sur leur vie amoureuse, ils n'avaient plus six ans, et puis si on pouvait éviter de parler de vie amoureuse en général, ça l'arrangerait bien. Comme pour s'éloigner de ce sujet quelque peu glissant, la jeune femme finit par laisser éclater la vérité, sans sous-entendu, en affirmant qu'elle et Sean étaient ensembles à Poudlard. Cette fois-ci Sean vit sa mère ouvrir des yeux ronds et jeter un regard inquiet à son mari. Chose incroyable, Helen Fitcher semblait à court de mots.

"Mais ça veut dire que tu...Elle dévisagea Charlotte avec stupeur, sans oser formuler ce qu'elle pensait. Tu..."

Sean répondit à sa question informulé par un hochement de tête, un sourire un peu amusé aux lèvres. Ça devait faire un choc, de découvrir que des gens que l'on côtoyait presque tous les jours cachaient le même secret que nous. Lui avait été plus que surpris d'apprendre que Charlotte était une sorcière et il ne l'avait pas côtoyé pendant des années en pensant qu'elle était moldue. Le regard d'Helen passa de Charlotte à ses parents, puis de nouveau à Charlotte.

"Je n'arrive pas à y croire" souffla-t-elle finalement.
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Charlotte ressentit un élan de compassion en voyant Sean hésiter à répondre sur sa formation. Quand le Professeur McGonagall était venue leur apprendre ce qu'était le monde magique, onze ans auparavant déjà, elle leur avait conseillé de trouver une explication pour justifier ses absences. Ils avaient mis un mensonge au point ensemble qu'ils avaient raconté à leurs amis, à la famille, à l'école. Quand elle avait choisi son métier, ils avaient fait le choix de prendre l'équivalent moldu. Du coup, ce n'était qu'un demi-mensonge. Elle haussa un sourcil en voyant le père de Sean et lui-même livrer une information différente. Manque de coordination, là. La situation était assez amusante à voir d'un point de vue extérieur, quand on avait toutes les cartes en main pour comprendre ce qui se passait et toutes les implications. En parlant de mensonge, Mrs Fitcher rattrapa très bien l'erreur de son fils et de son mari et livra une explication tout à fait satisfaisante. Si elle n'avait pas été au courant de la vérité, elle l'aurait cru. Elle n'aurait même pas remarqué son enthousiasme à changer de sujet et aurait embrayé sur la cuisine de sa mère. Même si à vrai dire, elle préférait certains plats de son père. Néanmoins, elle n'apprécia soudainement pas le changement de sujet quand Mrs Fitcher s'intéressa également à sa vie sentimentale, merci Maman. Elle avait passé l'âge de voir sa vie privée étalée au milieu des repas par des adultes curieux, chose que tous les adolescents subissaient un jour. Et il était hors de question qu'elle parle de cela avec Mrs Fitcher, avec sa mère, son père, ou qui que ce soit d'autre pour le moment. Sauf Lilly, mais c'était différent pour Lilly. C'était sa meilleure amie, elle lui disait tout sans hésiter.

Et puis de toute manière, que pouvait-elle répondre ? Non, Eliott n'était pas chez les Aurors, ni dans la Police Magique, ni chez les Baguettes d’Élite, ni même chez les Oubliators. Pas au Ministère en fait. Et elle n'allait pas parler à ses parents d'une relation qui n'avait que deux jours, tout de même. Ni même à sa sœur, qui ne la lâcherait plus avec cela. Elle verrait si cela devenait plus concret plus tard. Elle leur avait déjà présenté des garçons, Erick qui avait été son premier petit-ami après ses ASPICS et avec qui cela avait duré un an et Helmet, le dernier, que ses parents avaient beaucoup apprécié au passage. Ils avaient été même déçus quand elle avait annoncé leur rupture. Mais elle évitait de leur présenter trop de monde, elle préférait attendre que ce soit sérieux. Et puis elle se voyait déjà avoir du mal à expliquer pourquoi Eliott, qui était un sorcier, ne vivait pas chez les sorciers. Il faudrait expliquer le contexte politique et toutes ces choses qui prendraient du temps et de l'énergie. Elle n'avait pas le courage de se lancer dans ce genre de conversations avec ses parents pour le moment. Et puis de toute manière, cela serait étrange de leur présenter Eliott au bout de deux jours. Et en plus, elle imaginait bien le froncement de sourcil de ses parents en entendant "chauffeur de taxis". A coup sûr, ils lui affirmeraient que ce n'était pas stable, comme métier. Ses parents pouvaient avoir ce coté très bourgeois horripilant, parfois. Heureusement, la bombe qu'elle venait de lancer au milieu de la table suffit à faire oublier toutes les discussions précédentes. Elle croisa le regard entendu d'Alison tandis que ses parent dévisageaient les Fitcher, qui faisaient de même avec eux. Visiblement, personne n'arrivait pas à assimiler l'information.

- En effet, répondit-elle à la question informulée de Mrs Fitcher. Mais je n'ai pas menti, je suis bien dans la police, ajouta-t-elle en haussant les épaules.
- Je n'arrive pas à y croire non plus, souffla sa mère en regardant sa collègue. Vous... Toi et... Il y a des sorciers dans ta famille, Helen ?
- Cela fait bizarre de prononcer le mot ainsi, ajouta son père. Du vin ? interrogea-t-il jugeant que cela passerait sûrement mieux avec un peu d'alcool.
- Tu aurais dû nous dire que vous vous connaissiez ! reprit sa mère en se tournant vers elle.
- On ne se connaissait pas, répliqua Charlotte. On a découvert cela accidentellement, j'ai sorti ma baguette dans la cuisine.
- Les gens de l'école avaient pourtant dit...
- Merci maman, pas la peine de me faire la leçon, je connais.

Rosemary se tourna vers sa collègue, les yeux écarquillés.

- Je ne pensais jamais rencontrer quelqu'un qui était dans la même situation que nous. J'ai déjà croisé les parents d'un ami de Charlotte qui étaient aussi normaux mais...
- Nous ne sommes pas anormaux, eut à cœur de corriger Charlie qui avait tiqué sur le terme.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, princesse, tu le sais bien, répondit sa mère. Vous aussi on est venus vous chercher chez vous ? Je m'en rappelle comme si c'était hier ! Et Sean a aussi connu la guerre, quand les enfants ne pouvaient plus aller à l'école ? J'ai cru mourir cette année-là ! Je ne pouvais en parler à personne !

Visiblement, ses parents étaient ravis d'avoir trouvé des gens dans leur situation avec qui partager leur expérience commune. Il est vrai que cela ne devait pas être évident d'élever un enfant sorcier ainsi, de le voir partir dans un monde dont on ne connaissait rien, de se sentir exclu ainsi, de ne pas pouvoir le voir grandir autant qu'on le voulait. Elle savait que ses parents n'avaient pas vécu une situation facile mais elle savait aussi que c'était un passage obligé pour de nombreuses familles. Le Secret Magique était solide et rares étaient les personnes qui entendaient parler du monde magique avant d'apprendre qu'ils étaient sorciers. S'il n'y avait pas le Secret, tout serait évidemment plus facile, elle s'en doutait. Le passage d'un monde à l'autre serait moins violent et les parents de nés-moldus ne se sentiraient pas coupés de leurs enfants comme cela. Mais le Secret Magique était une protection, elle le savait aussi. Si les moldus venaient à apprendre les pouvoirs qu'ils avaient, ils prendraient peur. Contrôler les esprits - même si c'était interdit - et toutes les choses que pouvaient faire une baguette et qu'ils étaient incapables de faire ne ferait qu'accentuer leur peur. Au fur et à mesure qu'ils avançaient sur le dossier Mardolien, ils avaient l'impression qu'il pourrait y avoir cette dérive : les sorciers essayant de dominer les moldus grâce à la magie, sans tenir compte de leurs armes et de leur surnombre. Voyant que sa mère semblait avoir beaucoup de questions à poser aux Fitcher, elle fit un signe de tête à Alison.

- Je pense qu'on peut vous laisser un peu assimiler, lança-t-elle. On va juste voir les toiles d'Alison, on revient pour la fin du repas. Tu veux venir, Sean ?

Ils quittèrent la salle à manger, repassèrent dans le couloir et devant la cuisine pour se diriger vers la véranda, qui donnait sur le jardin. Les carreaux étaient un peu poussiéreux dans les coins mais la lumière du soleil se déversait sur toutes les affaires d'Alison. Il y avait une dizaine de toiles de tailles différentes, des pots de peinture un peu partout, des chevalets, des carnets à dessins, quelques barrettes, des pinceaux, des feuilles de cours, des partitions ainsi qu'un peu d'argile qui avait séché sur un tabouret. A la base, la véranda était censée être un endroit agréable pour lire et pour les plantes de leur père. Mais très rapidement, Alison s'en était servi pour faire sécher les toiles qui prenaient de la place dans sa chambre et c'était devenu finalement son atelier, malgré les demandes de leurs parents pour qu'elle range un minimum. Charlotte tourna son regard vers une toile inachevée, qui n'avait que quelques tâches de couleurs et un crayonné fin. Elle n'arrivait pas à voir ce que cela représentait et se rapprocha alors pour distinguer un portrait d'un jeune homme aux traits fins et aux yeux bleus, apparemment.

- Tu vois, si j'étais comme toi, je te charrierai sur ça, lança-t-elle amusée en référence à ses questions de tout à l'heure.

Elle se retourna à temps pour voir Alison rougir furieusement et baisser les yeux tout en fermant un carnet à dessin.

- Ce n'est pp-p-pas gggrand chose, marmonna-t-elle à l'adresse de Sean. Je fais ça pp-ppour pa-passer le temps.


All of me
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You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

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C'était réellement étrange que de voir Helen Fitcher à court de mots. Nombreux étaient ceux qui s'étaient demandé ce qui pouvait faire taire cette grande bavarde, peu avaient trouvé. Il fallait au moins qu'elle découvre que des collègues qu'elle connaissait depuis des années avaient une fille sorcière pour rester silencieuse plus d'une minute. Charlotte répondit à sa question informulée en expliquant qu'elle était malgré tout dans la Police. Ce fut au tour de Mrs et Mr Meyer de prendre la parole, la première pour demander à Helen s'il y avait d'autres sorciers dans sa famille, le second pour proposer à tout le monde un peu de vin. Une excellente idée visiblement, puisque ses parents le laissèrent volontiers remplir leurs verres. Rosemary reprocha ensuite à sa fille de ne pas l'avoir prévenu qu'elle et Sean se connaissaient, et ce dernier appuya la réponse de Charlotte d'un hochement de tête. Ils avaient été aussi surpris que leurs parents, si ce n'était plus. Finalement, sans cet incident, il aurait peut-être passé toute l'après-midi à se servir les mêmes mensonges sans savoir qu'ils partageaient un secret commun.

"Non, il n'y avait jamais eu de sorcier dans ma famille, ni dans celle de Brendan d'ailleurs, pas que je sache en tout cas, répondit Mrs. Fitcher après une gorgée de vin, visiblement remise de ses émotions. Nous n'avions jamais rencontré d'autres personnes dans la même situation. Nous n'avons jamais croisé de parents d'amis à Sean. Ça, c'était parce qu'il n'avait pas d'amis, donc pas de parents d'amis à présenter. Cruellement logique. Mais...vous devez être dans la même année tous les deux pourtant !" ajouta Helen alors que son regard passait de Sean à Alison.

Elle recommençait à parler trop, et à être trop curieuse, elle avait retrouvé son état normal. Ne sachant pas vraiment comment Alison gérait le fait que sa sœur soit une sorcière et pas elle -étant fils unique il avait du mal à imaginer ce genre de situation- mais au cas où il préféra jeter un regard réprobateur à sa mère, qui se corrigea aussitôt. 

"Enfin...Pas forcément non. Il est très bon ce vin ! Personne ne lui tint rigueur de ce changement de sujet peu subtil et Mrs Meyers poursuivit avec d'autres questions, sur lesquelles Helen se jeta comme un noyé surs une bouée de sauvetage. Non, Sean est entré à l'école juste après la guerre, quand le professeur Jefferson...
- Adamson.
-Oui, Adamson. Quand elle est venue nous voir et nous a expliqué tout ce qui venait de se passer, j'avoue que nous avons vraiment eu peur. Ça a été très dur de laisser partir Sean alors qu'on nous parlait de guerre, de l'école détruite et de dizaines de morts. Centaines aurait sans doute été plus juste. Ça a dû être vraiment terrible pour vous ! Qu'est ce qui s'est passé pour les élèves cette année là ?"

Si on lui avait dit que ce déjeuner avec des collègues de ses parents se transformerait en cours d'Histoire de la Magie...
Sean n'était pas certain d'avoir envie de tout expliquer à ses parents. Il n'était jamais rentré dans les détails, les statuts de sang, tout ça. A vrai dire il ne parlait pas tant que ça du monde magique. En partie parce qu'il ne parlait pas beaucoup de manière générale, mais aussi parce qu'il avait le sentiment que ses parents ne pourraient pas comprendre certaines choses. C'était peut-être injustifié, mais c'était ce qu'il ressentait, alors il gardait pas mal de choses pour lui, se contentant de leur raconter quelques tours de magie qui suffisaient à émerveiller sa mère. On oubliait rapidement ces histoires de guerre quand on apprenait que des tableaux pouvaient parler.

Il fut donc reconnaissant à Charlotte de l'inviter à les suivre, elle et sa sœur, pour aller regarder un peu les toiles de cette dernière. C'était une perspective qui l'enchantait, mais il n'était pas certain que l'idée plaise à Alison, il ne voulait pas la forcer à lui montrer ses œuvres si elle n'en avait pas envie. Il la comprendrait sans mal, lui-même détestait montrer son travail à quelqu'un d'autre qu'à Swann, qui était trop gentille avec lui pour être objective. C'était une façon de se protéger, peut-être. Parce que même s'il ne faisait pas ça pour la gloire, il peignait avant tout par plaisir, arriverait-il à continuer si on venait lui dire qu'il n'avait pas le moindre talent, qu'il ferait mieux d'abandonner et de se mettre aux échecs ou au tricot. Il retint un soupir à cette pensée et suivit Charlotte et Alison jusque dans une petite véranda qui servait visiblement d'atelier à cette dernière. La pièce était baignée de lumière et il ne savait pas où poser les yeux. Il y avait partout des feuilles de croquis qui trainaient, des toiles plus ou moins avancées, des partitions, de l'argile. Il promena son regard un peu partout, partagé entre envie et admiration. Il aurait aimé avoir un endroit pareil, plutôt que de se contenter de la salle des arts de Poudlard, régulièrement occupée par des Gryffondors venus jouer de la batterie ou par cette fillette de Serpentard qui enchantait le piano pour s'entrainer à la danse. Il dessinait un peu partout à Poudlard, dans le parc, à la bibliothèque, en cours, mais ne gardait que peu de ses ébauches, qui finissait souvent jetées dans la cheminée de la salle commune ou entassées sous son lit, par manque de place.

Il sourit, amusé, quand Charlotte taquina sa sœur au sujet d'un portrait représentant visiblement un jeune homme aux yeux bleus. Il se tourna alors vers Alison qui assura que ce n'était pas grand-chose, juste un passe-temps. Elle se dévalorisait beaucoup. Elle était très douée. Sean baissa les yeux sur un crayonné qui trainait sur une table et hocha la tête, elle avait vraiment du talent. Sans doute plus que lui d'ailleurs. C'était dommage qu'elle ne le voit pas.

"Non, ce...c'est très joli, lui répondit-il avec un sourire. Tu es d...douée."

Elle aurait sans doute eu toutes ses chances à l'académie des arts magiques, elle. Il se demandait pourquoi elle étudiait l'Histoire alors que l'art semblait la passionner. Peut-être que l'Histoire la passionnait aussi, après tout. Mais il était toujours possible d'envisager des doubles-cursus, ou d'étudier l'Histoire des Arts, par exemple. Ou peut-être que ses parents l'avaient poussé vers un domaine plus sûr. Il n'osait pas vraiment posé la question, mais sa curiosité était piquée. Il avait réellement envie de savoir, son coté Serdaigle peut-être, et chercha donc une façon plus ou moins indirecte de savoir ce qui l'avait poussé à étudier l'Histoire.

"Et le...L'Histoire te p-plait ? demanda-t-il finalement. Je pense p..prendre Histoire de la m...magie à l'université l'année p...prochaine", ajouta-t-il à l'intention de Charlotte, histoire de justifier son intérêt pour le cursus d'Alison.
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Défi : c'était l'bon temps.

- C'est quoi, c'est quoi, c'est quoi ? interrogea fébrilement Anna en arrachant le papier cadeau. C'est... Un livre d'histoire de la magie. C'est... Chouette. Très chouette, merci Oncle Paul.
- Il contient tous les évènements importants depuis la préhistoire ! ajouta Paul avec enthousiasme. Avec ça, tu vas valider tes examens de fin d'année haut la main !
- Super ! répondit Anna, un sourire crispé aux lèvres. J'ai hâte ! L'Histoire de la Magie c'est tellement... Tellement... Oh, regardez le chat ! Il... Dort ! Regardez !

Toute la famille se tourna vers le vieux chat roux qui dormait dans son panier, dans un coin de la pièce, un morceau de papier cadeau ayant atterri sur son pelage sans que cela ne le dérange plus que cela. Tout le monde était réuni dans le salon pour déballer les cadeaux de Noël et visiblement, Paul avait encore frappé avec ses cadeaux éducatifs. L'intention était bonne, Charlotte devait le reconnaitre. Mais ses petits-enfants attendaient souvent autre chose que des livres d'Histoire de la Magie pour Noël, surtout Anna, qui rêvait désespérément d'un balai. Balai qu'elle n'aurait pas, les première années n'étant toujours pas autorisés à en posséder un. C'était son cadeau de l'année prochaine, avait décidé Charlotte, il faudrait qu'elle en parle à Eliott. En attendant, elle avait reçu pas mal de livres et autres cadeaux très sérieux. C'était ça de rentrer à Poudlard aussi, les gens se mettaient à offrir des livres. Même si Paul n'avait jamais attendu l'entrée à Poudlard, il offrait des cahiers de vacances tous les étés "pour ne pas perdre le niveau". Son fils restait un grand Poufsouffle malgré les années, songea Charlotte avec tendresse tandis qu'il expliquait à Anna qu'avec le livre, elle comprendrait tout à la troisième guerre des Gobelins. Sa petite-fille fut libérée de son oncle quand vint le moment d'ouvrir les cadeaux du petit John, le fils de Paul. Il n'avait que deux ans mais était absolument ravi de son Poudlard Express en bois qui faisait le même bruit que le vrai. Au regard d'Anna, Charlotte comprit qu'elle aurait presque préféré un mini Poudlard Express qu'un livre d'histoire. Mais ce n'était que son premier paquet et si son oncle Paul s'obstinait à offrir des cadeaux sérieux, ce n'était pas le cas de ses parents, de ses deux autres tantes et de son autre oncle, Colin. Charlotte fit signe à sa petite-fille de venir et elle s'exécuta, naviguant entre les paquets et se faisant chatouiller par son cousin au passage, répondant cordialement à celui qu'elle allait lui refaire la dentition s'il continuait. Anna s'assit sur l'accoudoir du fauteuil où sa grand-mère était installée, dans un équilibre un peu précaire.

- C'était une gentille attention, lança-t-elle en faisant référence au cadeau de Paul. Il veut que tu réussisses tes examens.
- Mais l'Histoire, ça sert à rien, déclara Anna. Je préfère la botanique.
- Et bien dis le lui.
- Pour qu'il m'offre des livres de botanique ? Non merci !
- Tu connais ton oncle. Ne sois pas méchante comme cela, Anna.

Mais Anna, en bonne pré-adolescente qu'elle était, n'avait pas très envie de faire preuve de bonne foi et restait bloquée sur ce cadeau indigne d'un oncle. C'était bien connu pourtant que Paul ne jurait que par les livres, depuis son enfance. Il avait toujours été quelqu'un de calme et sage, qui adorait lire et apprendre. En vacances, c'était lui qui insistait pour faire tous les musées et qui observait scrupuleusement chaque tableau d'un air très sérieux tandis que son frère et ses sœurs jouaient à cache-cache plus loin. Charlotte s'était toujours attendue à ce qu'il aille à Serdaigle, mais finalement, il était devenu un Poufsouffle et avait montré une énorme capacité de travail, ce qui avait toujours été impressionnant. Alors que les autres râlaient pour faire leurs devoirs de vacances, installés sur la table de la cuisine, Paul avait toujours été silencieux, plongé dans ses grimoires et écrivant des rouleaux entiers de parchemin, au point que c'était ses parents qui devaient lui dire d'arrêter de travailler et d'aller jouer un peu. D'ailleurs, il venait de recevoir de Colin et Elsa quatre énormes encyclopédies, ce qui sembla le ravir au plus haut point, un immense sourire se dessinant sur ses lèvres tandis qu'il les feuilletait avec les même yeux que John devant son train en bois. Il avait exactement les même yeux que lorsque son grand-père John, le père d'Eliott, lui avait offert une version ancienne de l'Histoire de Poudlard, une édition rare et précieuse issue de la bibliothèque des Warlock. Tandis qu'il remerciait chaleureusement son frère et sa sœur, Charlotte reporta son attention sur Anna, qui avait enroulé un bout de ruban autour de son doigt.

- Hé, ne boude pas. Tu vas avoir d'autres cadeaux, un peu de patience ! Et puis c'est très bien l'Histoire ! Ma sœur adorait ça, elle a fait des études d'Histoire.
- La tante de maman ?
- Alison. Elle avait deux matières préférées à l'école : l'art et l'histoire. Le premier, parce que c'était une artiste, une vraie. Elle dessinait, elle faisait de la poterie, elle peignait, elle faisait même de la musique. Tout le talent artistique de la famille était allé chez elle, je crois. Je ne savais rien faire de mes dix doigts ! précisa-t-elle en souriant.
- A part jeter des sorts ! intervint la petite voix de Ginny, qui s'était approchée pour écouter, relevant vers Anna et elle ses grands yeux bleus.
- A part jeter des sorts, en effet, concéda Charlotte.

Le seul talent magique de la famille lui était revenu, c'était vrai. C'était d'ailleurs dommage, Alison aurait été une bonne sorcière, elle en était sûre. Une Serdaigle.

- L'histoire, elle pouvait passer des heures à lire des livres sur le sujet, un peu comme Paul. A la maison, on avait une chaine historique sur la télévision rien que pour elle. Si on la lançait sur le sujet, elle pouvait en parler pendant des heures. Et pourtant, elle ne parlait pas beaucoup, Alison. C'était quelqu'un de très timide, surtout avec d'autres personnes. Mais c'était une passionnée alors elle oubliait sa timidité quand on la lançait sur un sujet qu'elle aimait. Je crois que si elle n'avait pas été si timide, elle serait devenue professeur, comme ma maman.
- T'as une maman ? interrogea une voix stupéfaite.

Du haut de ses cinq ans, Jimmy s'était approché et il escalada le fauteuil pour venir s'installer sur les genoux de Charlotte. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas porté, il était moins lourd avant. Il faut dire qu'elle se faisait vieille aussi et que les années avaient passés. Elle avait déjà plusieurs petits enfants, ses cinq enfants étaient des adultes... Ce n'était plus comme avant et porter les petits devenait difficile et douloureux. Elle le faisait encore un peu, pour le plaisir.

- J'ai une maman, oui, répondit Charlotte, amusée.
- Mais... Elle est où ? demanda Jimmy, que cette information semblait perturber au plus haut point.

Charlotte ne put retenir un sourire un peu triste et frotta le dos du petit garçon. Sa mère était décédée il y a des années maintenant, sept ans après son père. Mais c'est vrai que pour des petits, cela devait être difficile à imaginer, que leur grand-mère ait eu une maman. Les plus âgés, comme Anna, avait pourtant connu leur grand-père John quelques temps, les sorciers vivant plus longtemps que les moldus, mais Jimmy et Ginny avaient du mal à envisager cette possibilité. Pour eux, leurs grands-parents étaient nés vieux. Tout comme leurs parents étaient nés adultes. Charlotte avait pourtant été jeune, elle avait vu grandir chacun de ses enfants, ils étaient partis à Poudlard, avait été répartis, été diplômés, avaient trouvé un emploi s'étaient mariés - ou pas d'ailleurs - et avaient eu des enfants - ou pas encore - qu'elle voyait grandir également.

- Elle était très vieille, mon chéri. Alors elle est partie avec Merlin, maintenant.
- Comme Quidditch ?

Quidditch était le chaton de Jimmy qui avait connu une fin brutale en rencontrant un Niffleur un peu agressif. Ce drame avait été très difficile pour le petit garçon qui avait pris l'habitude de dormir avec Quidditch, comme une petite peluche. Il en avait pleuré pendant des semaines, brisant le cœur de ses parents et de sa grand-mère. C'était d'ailleurs pour cela que l'un de ses cadeaux, qu'il ne connaissait pas encore, était un petit chaton tout blanc. Après dénifflage du jardin, il ne devrait pas y avoir de problèmes.

- Oui, comme Quidditch.
- Elle va s'en occuper, alors ? s'enquit Jimmy en fronçant les sourcils.
- Bien sûr, mon poussin. Elle s'occupe très bien des chatons.
- Elle sait que Quidditch ne boit que du lait pas chaud pas froid ?

Du lait tiède, en langage Jimmesque.

- Elle va trouver, j'en suis sûre.

Jimmy parut tout à fait satisfait par cette explication et adressa un grand sourire à sa grand-mère et à ses cousines. Ses autres petits-enfants s'étaient approchés en voyant leur petit rassemblement, pendant que les adultes déballaient quelques cadeaux. C'est sûr que les cadeaux de grands étaient moins passionnants aux yeux des enfants, songea Charlotte en voyant Bianca se faire offrir un très joli collier par son mari. Le collier ne faisait même pas de bruit comme le train de John, c'est que cela ne devait rien valoir, franchement.

- Ta maman était prof' à Poudlard ? lança Anna, curieuse.
- Oh, non, pas du tout. Mes parents étaient des moldus, ma sœur aussi. Ma mère enseignait à l'Université moldue d'Oxford, Alison y étudiait aussi.
- Et l'Histoire lui plaisait ? Parce que pour étudier l'Histoire, il faut le vouloir, quand même ! A Poudlard, je m'endors pendant les cours !

Sans qu'elle sache pourquoi, cette question d'Anna renvoya Charlotte des années auparavant, il y a bien longtemps, alors qu'elle n'avait qu'une vingtaine d'années. C'était peut-être le fait d'évoquer ses parents, disparus maintenant, ou sa sœur, ou tout ce qui avait pu composer sa jeunesse, mais elle se sentait soudain nostalgique. Alison avait dit pendant des années à leurs parents que oui, elle aimait ses études d'Histoire. Charlie se doutait bien que quelque chose clochait mais elle n'avait jamais voulu trop insister, pour ne pas brusquer Ali, si timide. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait été si surprise qu'elle avoue la vérité à un inconnu, soudainement, comme si sa question avait ouvert des vannes. Sean Fitcher. Elle ne savait pas ce qui avait poussé Alison à lui confesser ce qu'elle refusait de dire à sa propre famille. Peut-être parce qu'ils avaient un peu le même caractère, cela avait dû aider.

- On a longtemps cru que oui, ça allait. Et puis un jour, mes parents avaient invité des collègues de ma mère à déjeuner, avec leur fils, Sean. C'était un sorcier lui aussi, un né-moldu qui était encore à Poudlard à l'école. J'ai d'ailleurs découvert qu'il était sorcier un peu par hasard, mais c'est une autre histoire. On a fini par aller dans la véranda, pour montrer les toiles d'Alison et il lui a demandé si l'Histoire l'intéressait, parce qu'il pensait s'orienter en Histoire aussi, a-t-il dit. Alison est restée silencieuse un instant, puis elle s'est mise à parler, bégayant un peu, comme elle le faisait toujours devant les personnes qu'elle ne connaissait pas. J'ai eu l'impression qu'elle disait tout ce qu'elle avait sur le cœur. Elle a dit qu'elle avait toujours adoré l'Histoire mais qu'en faire autant d'heures par semaine arrivait à la dégoûter de cette matière, qu'elle en avait marre, qu'elle voulait arrêter, qu'elle faisait semblant d'aller à la fac et passait ensuite tout son temps dans les galeries d'art. Ma sœur, ma petite sœur, qui avait toujours été si sage et si studieuse, j'apprenais qu'elle séchait les cours. J'étais déjà bien assez surprise par tout ce qu'elle avait pu dire à un inconnu. Elle a fini par se laisser tomber sur un siège et a avoué qu'elle ne rêvait que de faire de l'art, que c'était tout ce qu'elle voulait. Et elle a dit à Sean de ne pas faire d'Histoire si ce n'était pas sa passion, qu'il devait faire ce qu'il voulait faire, au moins essayer. Qu'il ne devait pas choisir parce qu'il se sous-estimait ou parce qu'on le forçait.

Le silence s'était fait dans la pièce et Charlotte se rendit compte que tout le monde l'écoutait, même ses enfants.

- Pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas commencé par faire de l'art, alors ? interrogea Anna en fronçant les sourcils.
- Parce que mes parents ne voulaient pas. Ils disaient que ce n'étaient pas des études qui la mènerait à un métier sérieux. Ils voulaient qu'elle ait de quoi vivre, plus tard et estimaient que l'art, ce n'était pas suffisant et trop inconstant. Ce n'était pas par méchanceté mais juste parce qu'ils voulaient qu'elle ait un bon métier.
- C'est quoi "inconstant" ? demanda Ginny en levant le doigt, comme à l'école.
- C'est quelque chose qui n'est pas sûr, intervint Paul, sur lequel on ne peut pas compter.
- Tes parents étaient comme le père de papy, non ? lança Anna, en jetant un coup d'oeil du coté de la cuisine où se trouvait Eliott.
- Non, du tout. Mais comment est-ce que tu connais cette histoire entre ton grand-père et son père, toi ? demanda Charlotte en fronçant les sourcils.

Ce qui avait pu se passer entre Eliott et son père étaient de vieilles histoires et elle ne savait pas comment Anna avait pu en entendre parler. Leurs enfants savaient bien évidemment, ils avaient vite compris que quelque chose n'allait pas entre leur père et leur grand-père, et John et elle n'avaient jamais été en bons termes malgré les années. John Warlock aimait pourtant ses petits-enfants, il avait gâté Bianca pendant des années et avait passé des journées entières avec Paul à parler, tout simplement, reportant un peu sur son petit-fils ce qu'il n'avait pas pu avoir avec son fils. C'est bien pour cela que le fils de Paul s'appelait John, en hommage à son arrière grand-père. Malgré tout ce qui avait pu se passer, le décès de John Warlock voilà quelques années avait fait beaucoup de mal à la famille.

- J'ai entendu tontons Colin et Paul qui en parlaient, se justifia Anna en se tournant vers les deux intéressés.

Charlotte leur adressa un regard réprobateur. Ce n'était pas la peine de ressortir les histoires de famille compliquées, surtout devant les plus jeunes. Les jumeaux avaient toujours eu le chic pour mettre les pieds dans le plat. Elle se rappellerait toujours de Colin, demandant clairement à un cadre du SPAM s'il se considérait comme un néo-Mangemort, en plein dîner chez les Warlock. Tel père tel fils, n'est-ce pas ?

- Non, c'était différent des relations entre ton grand-père et son père. Mes parents voulaient juste qu'Alison ne se retrouve pas en difficulté à cause de son métier.
- Et finalement ? Elle a fait des études d'art ?
- Oui. Elle a arrêté l'histoire après avoir raté ses examens de fin d'année et a été prise dans une école, à Londres, déclara Charlie avec fierté.
- C'est chouette alors ! déclara Anna en souriant.
- Oui, c'est chouette, comme tu dis, répondit Charlotte en lui caressant le dos.
- Et c'est ta petite sœur ? demanda Jimmy. Comme moi et Lucy ?
- C'est ça.
- Et je pourrai la voir ?

Charlotte se crispa involontairement et ferma les yeux. Bianca le remarqua et elle sentit bientôt la main de sa fille se poser sur son épaule.

- Ça va, maman ?

Charlotte rouvrit les yeux et papillonna des paupières, avant de coller un sourire sur son visage pour l'adresser à sa fille, penchée vers elle.

- Ça va très bien, chérie, prétendit-elle. Je vais aller voir ce que fait ton père, je n'ai pas très envie que la maison brûle le jour de Noël. Tu descends, Jimmy ? Il reste des cadeaux à ouvrir.

Bianca ne sembla pas convaincue mais elle abandonna pour le moment et invita les enfants à ouvrir le reste de leurs cadeaux? Elle n'avait pas envie de donner de quoi s'inquiéter encore plus à sa fille ou au reste de ses enfants. Le décès d'Alison avait été un coup dur, elle le reconnaissait. Mais ce n'était pas la peine de la couver comme une enfant, contrairement à ce que faisaient ses enfants qui semblaient s'être passé le mot. Alison avait été emportée deux mois auparavant, d'une longue maladie. Charlotte s'était toujours dit qu'en tant qu'aînée, elle partirait la première. Elle s'était trompée, visiblement. Elle était la dernière. Elle avait perdu ses parents et sa sœur. Il restait très peu de Meyer, à vrai dire. Oh, bien sûr, elle avait son mari, ses enfants, ses petits-enfants, sa famille. Mais il est vrai qu'avec le décès d'Alison, c'était toute une part de sa vie qui s'était envolée. Toute sa vie moldue, sa famille moldue, tout ceux avec qui elle avait grandi, qui l'avait vu grandir, qui avait partagé son enfance. Partis, ils étaient tous partis. Alors oui, dans un sens, elle était un peu seule. Elle n'était plus la fille de personne, plus la sœur de personne. C'était peut-être ça, vieillir. C'était quand personne ne se rappelait de l'enfant que vous aviez été. Charlotte se leva de son fauteuil et se dirigea vers la cuisine un peu enfumée. Elle n'aurait jamais dû laisser Eliott faire le petit-déjeuner de Noël. Une masse jaunâtre glougloutait dans une poêle, au milieu d'un plan de travail dérangé.

- Oh, ne me dis pas que tu as tenté de faire une omelette, soupira-t-elle, mi-blasée, mi-amusée. Je vais envoyer Elsa chercher quelque chose à manger.  

Elle fit disparaître l'omelette d'un coup de baguette et s'approcha pour le serrer dans ses bras. Oui, elle n'avait peut-être plus les Meyer. Mais il lui restait les Warlock.

FIN DU RP


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

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Les sorciers [Sean]

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