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 Vendredi 13 [Charlotte]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Vendredi 13 Avril

Eliott était attablé dans la cuisine de son frère, une bière à la main. Andrew avait acheté un appartement spacieux dans le quartier sorcier de Bristol il y a quelques années, sans doute aidé par leurs parents. Un endroit calme et bien plus ordonné que l'appartement de son cadet. Ils se retrouvaient souvent ici, à défaut de pouvoir se voir à "la maison" qui n'en était plus une désormais. Les deux frères avaient toujours été proches, complices même, malgré leurs caractères radicalement opposés. C'était presque un miracle que les tensions familiale ne les ai pas éloigné, c'était presque comme si rien n'avait changé entre eux, et c'était agréable. Oh bien sûr, ils en venaient toujours à parler de leur père ou à évoquer un sujet de discorde, mais arrivaient toujours à aborder les problèmes avec humour.

Eliott s'était promis de ne pas laisser ses différends avec son père affecter sa relation avec Andrew et Paige. Ils étaient tellement proches tous les trois, c'était même quelque chose qu'il ne s'expliquait pas. Ils avaient plusieurs années d'écart, n'avaient pas été longtemps à Poudlard ensembles, avaient des tempéraments différents, et pourtant ils avaient toujours été soudés. Tout le monde s'étonnait de voir leur fratrie si unie, ils se comprenaient d'un regard, étaient toujours là les uns pour les autres, ne se cachaient rien. Les trois mousquetaires, à la vie à la mort. Et il s'était juré de ne rien laisser détruire ça, promesse qu'il n'avait tenu qu'à moitié. Il n'avait pas vu Paige depuis le nouvel an. Sa mère non plus d'ailleurs. Sentant une boule d'amertume et de rancœur se former au creux de sa gorge, Eliott but une longue gorgée de bière.

"Tu as manqué la réception des Harris, lança son frère en reposant sa propre bouteille vide sur la table.
-Quoi ? Des dizaines de femmes aigries et monstrueuses qui veulent me marier à leur fille de treize ans et Papa qui critique tout ce que je dis, et j'ai manqué ça ? Par Merlin, c'est une tragédie ! Il devenait presque bon comédien finalement, à force de mentir. Je suis toujours étudiant en médicomagie ?
-Oui, depuis six ans, ça fait un de trop. Maman t'a inventé une spécialisation un peu bizarre.
-Que veux-tu, je suis brillant !"

Eliott termina sa bouteille de bieraubeurre et ses yeux se posèrent sur l'horloge qui ornait un des murs de la cuisine. Il avait rendez-vous avec Charlotte ce soir et il ne tenait pas à être en retard. Il n'avait revu la jeune femme qu'une seule fois depuis leurs retrouvailles en Janvier mais avait vraiment passé un agréable moment. Elle lui avait parlé d'un dossier "top secret" très prenant et d'une affaire concernant l'avalanche en Laponie qui lui prenait beaucoup de temps, et il espérait qu'elle n'avait pas inventé tout ça juste pour éviter de le revoir, parce qu'il l'aimait vraiment bien, Charlotte. Il la trouvait gentille, drôle, jolie, intéressante, et il appréciait vraiment sa compagnie. Il pensait d'ailleurs à elle un peu trop souvent. Il ne savait pas s'ils sortaient vraiment ensembles, mais ça ne lui déplairait pas, pas du tout même. Sans doute les choses se clarifieraient-elles ce soir. Raison de plus pour être à l'heure.

"Je dois y aller, j'ai rencard, lança-t-il en se levant et en attrapant la veste qu'il avait jeté sur le dossier de sa chaise un peu plus tôt.
-Laisse-moi deviner, tu as rendez-vous dans une demi-heure, tu n'es pas prêt, vous vous êtes vu une fois et c'est la femme de ta vie.
-Absolument pas ! Dans une heure, et on s'est revu deux fois ! protesta-t-il faussement outré.
-Tu es un cas désespéré...
-Oui c'est ça, je t'aime aussi, à bientôt ! répondit-il en s'éloignant un peu de son frère pour pouvoir transplaner.
-Passe à la maison un jour, lui demanda son ainé qui avait retrouvé tout son sérieux. Maman serait contente. "

Eliott savait qu'Andrew avait raison, que sa mère serait contente de le voir, qu'il avait promis de passer. Mais on lui avait très clairement fait comprendre qu'on ne voulait plus de lui dans cette maison. C'était son propre père qui lui avait demandé de partir et il ne voulait pas provoquer une nouvelle dispute. Il en avait marre de se battre alors qu'il n'y avait plus rien à sauver, quitte à laisser son père gagner, si toutefois il y avait un gagnant dans cette histoire. De tout façon, ce n'était plus son père, il l'avait dit lui-même, alors pourquoi continuer de s'imposer mutuellement leur présence ? Ils n'avaient plus rien à se dire, donc aucune raison de se voir, de vouloir réparer quoi que ce soit. Les choses étaient bien ainsi, il devait s'en convaincre.

"Il me jetterait dehors. Inutile de préciser à qui "il" faisait référence, ils l'avaient tous les deux compris.
-Il n'oserait pas...
-Tu le connais si mal que ça ? Son ton avait été plus dur qu'il ne l'aurait voulu. Andrew soupira et haussa les épaules, signe qu'il abandonnait la partie, déjà perdue d'avance.
-File, tu vas encore être en retard."

Eliott repassa rapidement chez lui prendre une douche, saluant au passage Dylan et son copain Monsieur-tout-tatoué. Visiblement le frère de William avait vite été remplacé, comme tous les autres en fait. Une fois habillé correctement, il passa vainement un coup de peigne dans ses cheveux, ne parvenant qu'à les ébouriffer davantage, avant d'attraper sa veste et de sortir de l'appartement. Il échangea quelques mots avec le voisin du deuxième et son horrible chien très laid, descendit les escaliers en courant et sortit à la recherche d'un endroit désert où transplaner. Il avait de moins en moins recours à ce mode de déplacement et n'avait donc pas repéré de ruelle peu fréquentée qui aurait pu lui servir dans ces cas-là. Après avoir marché quelques minutes il trouva une impasse complètement désert et transplana pour se retrouver devant le chaudron baveur, du coté moldu. L'endroit exact où lui et Charlotte s'était retrouvé il y a quelques mois d'ailleurs. Il baissa les yeux vers sa montre, cadeau de son père pour ses dix-sept ans qu'il n'avait pas eu le cœur de jeter avec le reste des affaires ayant un lien quelconque avec ce dernier, deux minutes d'avance très exactement, parfait.

Il reconnut la chevelure blonde de la jeune femme de loin et ne put retenir un sourire. Elle lui avait manqué un peu. Andrew avait raison, il était un cas désespéré, il s'attachait bien trop vite pour son propre bien. Eliott se força à effacer son sourire niais de son visage et s'approcha de la jeune auror. Charlotte lui tournant le dos, il décida de la surprendre et se faufila jusqu'à elle le plus discrètement possible avec l'intention de lui poser ses mains sur les yeux pour lui faire peur. Il eut cependant à peine le temps de lever le bras que la jeune femme se retournait vivement.



Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Le nez plongé dans un épais dossier, Charlotte tendit machinalement la main vers sa tasse de café pour en avaler une gorgée. Depuis un bon mois, elle passait ses journées entières au travail, sans parler de ses nuits. La confirmation de l'implication des Mardoliens dans le dossier de la Laponie avait donné un coup de fouet à la cellule M qui avait sérieusement augmenté sa cadence de travail. Ils enchaînaient les filatures, les interrogatoires, les mises sur surveillance... Durant deux semaines, elle avait passé ses nuits, avec Mika, à surveiller le domicile d'un haut-placé du Ministère, pour y déceler toutes les choses suspectes. Et ils étaient revenus bredouilles. Mais cela n'avait rien changé, les Aurors avait redoublé d'ardeurs. Depuis quelques jours, elle relisait tous les dossiers de leurs suspects, contenant leur vie de leur naissance à aujourd'hui, en passant par les années Poudlard. Il y avait devant elle la totalité de la vie d'une trentaine de personne, qu'elle feuilletait sans retenue. Avec tout ce travail, elle n'avait pas eu une minute à elle. En temps normal, elle bossait déjà beaucoup, mais ces derniers temps... Elle n'avait pas vu Lilly depuis trois semaines, avait raté tous les appels de ses parents et n'avait même pas revu Eliott depuis leur dernier rendez-vous, en février, ce qui l'embêtait beaucoup. Elle avait envie de le revoir. Le problème, c'était le temps dont elle disposait. Enfin, elle avait pris sa soirée - sous-entendu elle ne partirait pas du bureau à deux heures du matin - deux semaines auparavant pour ne pas être contestée. Elle allait finir par emménager au Bureau si elle continuait comme ça, cela serait carrément beaucoup plus efficace. C'était dans ces moments qu'elle appréciait de ne pas avoir d'enfants car elle plaignait ses collègues qui devaient gérer une vie de famille en plus de cette immense charge de travail. Elle, elle n'avait que son chat qui la boudait parce qu'elle le laissait seul longtemps. Tout à ses pensées et à sa lecture, elle soupira quand elle se rendit compte qu'elle avait attrapé une tasse vide. Pas le temps - et le courage - d'aller la chercher elle-même, elle allait demander à un aspirant. Elle était en train de chercher Amely Weaver du regard quand on lui tapota l'épaule.

- C'est ça que tu cherches ? demanda une voix narquoise en lui tendant une tasse pleine à ras-bords de café.
- Seamus, fais-moi penser à te demander un jour en mariage, répondit Charlotte en attrapa la tasse brûlante.
- Lavande t'as un peu devancée sur ce coup-là ! répliqua t-il en attrapant une chaise pour s'assoir à coté d'elle.

Charlie souffla légèrement sur le liquide avant d'en boire une longue gorgée. Le Ministère allait finir par avoir des frais en désintoxication à la caféine si le Bureau continuait ainsi. Tout le monde était fatigué en ce moment et leur budget café devait égaler celui de plusieurs autres services réunis.

- C'est elle qui t'as demandé ?
- Ouais, acquiesca Seamus en sirotant son propre café. Ah, les femmes de nos jours ! ajouta-t-il, moqueur.
- Si ma tasse était pas si pleine, je t'aurai donné un coup.
- Je sais. C'est moi qui l'ai remplie d'ailleurs ! ajouta-t-il avec un grand sourire.

Elle lui lança un regard faussement désapprobateur et se cala dans sa chaise, soupirant. Un coup d’œil à la pile de dossier qui restait encore à traiter suffisait à la décourager à l'avance. Seamus sembla d'ailleurs remarquer son regard.

- T'en as pour un sacré bout de temps ! Tu veux de l'aide ? Et il est où, Rosalden ?
- Il traite l'autre partie. Qu'est-ce que tu croyais ? ajouta-t-elle, un peu amère. Ce n'est que la moitié, ça ! Mais je finis pas ce soir. Je pars tôt !
- Ça fait longtemps que j'ai pas entendu une phrase de ce genre, tiens.
- C'est encore plus étrange de le dire, crois-moi. Je ne suis plus sortie depuis tellement longtemps que j'ai oublié ce que ça faisait. D'ailleurs...

Un coup d’œil à sa montre lui indiqua qu'elle pouvait décemment partir. Elle avala les dernières gorgées de son café, ferma le dossier qu'elle était en train de consulter et jeta un sort sur la pile afin que personne ne puisse la toucher. Elle salua Seamus, attrapa sa veste, tapa à la porte du Commandant pour dire qu'elle partait, signala la même chose à l'Auror McDougal et dit au revoir à Mika, qui avait une pile tout aussi impressionnante qu'elle sur son table de travail. Donna était déjà partie et les autres couloirs étaient éteints. Il restait juste quelques lampes dans les locaux de la Police Magique. Elle prit l’ascenseur en priant qu'il ne tombe pas en panne - elle n'avait pas envie de passer sa soirée libre là-dedans - et arriva dans l'Atrium sans problèmes. Il restait quelques employés qui finissaient tard comme elle et les sorciers de ménage, qu'elle salua vaguement avant d'atteindre la zone de transplanage. Elle dû résister à l'envie de débarquer directement sur son pallier - un truc à se faire voir par les moldus - pour atterrir dans la ruelle voisine, vide. En ce moment, elle devait se faire violence pour atterrir ici, surtout quand il était trois heures du matin et qu'elle ne rêvait que de ses quatre heures de sommeil avant de retourner au bureau pour huit heures. Mais les règles étaient les règles, surtout concernant le Secret Magique et ce serait assez ironique d'atterrir devant des moldus alors qu'elle passait son temps à traquer ceux qui voulaient rompre le Secret. En revanche, c'était la première fois qu'elle maudissait les charmes anti-transplanage de son appartement - pour sa sécurité - et le fait de ne pas avoir de cheminée. Elle allait finir par installer un système de Portoloin, si elle continuait ainsi.

Elle poussa la porte de son appartement et alluma la lumière, déclenchant les miaulements de Peanut, qui se sentait visiblement un peu seul. Elle allait finir par demander à Lilly ou à Jensen de passer lui tenir compagnie de temps en temps, comme si elle était en vacances. Mangelettres somnolait tranquillement dans sa cage, pour une fois. Quel miracle ! L'horloge de la télévision indiquait qu'elle avait encore une heure et demi pour se préparer. C'était faisable. Enfin, c'était faisable jusqu'à ce qu'elle se retrouve devant son armoire, en serviette, les cheveux mouillés. Elle n'avait rien à se mettre. La phrase que tout le monde devait avoir un jour prononcé devant son armoire. D'habitude, dans ces cas-là, elle essayait tout ce qui pouvait lui tomber sous la main jusqu'à être satisfaire. Sauf que son réveil était en train de la narguer, chantonnant qu'elle allait être en retard. Bon, la première fois, Eliott l'avait vue en jean et pull après le travail et il n'avait pas eu l'air traumatisé. Mais tout de même. Elle finit par se décider pour une jupe et des collants en laine, étant donné qu'il faisait encore un peu frais dehors. Et elle n'était même pas en retard. N'était-ce pas beau ? Elle sortit de son appartement pour transplaner trente minutes plus tard et se retrouva dans l'arrière-salle du Chaudron Baveur avec cinq minutes d'avance sur l'heure prévue. Elle salua Hannah, que Seamus lui avait officiellement présentée, en sortant et poussa la porte qui menait au coté moldu de Londres. C'était ici qu'Eliott et elle s'était recroisée le 31 janvier - oui, bon, elle avait retenu la date, Lilly aurait bien ri - et ils s'y retrouvaient un peu moins de trois mois après. Une vague de culpabilité l'envahit en pensant qu'en trois mois, ils ne s'étaient vus que trois fois. Elle aurait dû insister pour faire une pause sur son travail avant, ce n'était pas vraiment sympa de le faire autant atteindre. Et pas forcément bien de laisser sa vie se faire manger ainsi par son boulot. Oui, elle adorait être Auror, c'était un fait. Mais sacrifier tout son temps au travail n'était pas vraiment bénéfique. Ou sinon, dans dix ans, elle se rendrait compte qu'elle n'avait rien fait, à part travailler. Comme ces deniers mois, qui étaient passés si vites sans qu'elle s'en rende compte. Dorénavant, elle ferait plus attention et pendrait plus de temps pour elle. Et pour les autres.

Un bruit de pas derrière elle résonna à son oreille et elle porta machinalement la main à sa baguette rangée dans la poche de sa jupe. La rue était déserte. Ses doigts se resserrèrent autour de la baguette, mécaniquement. Au moment où elle sentit la présence tout juste derrière, elle dégaina et pointa sa baguette sur la personne en face d'elle. Qui se révéla être Eliott. Elle rengaina aussitôt, priant pour que personne ne l'ait vue menacer quelqu'un avec un bout de bois. Surtout pas un moldu, d'ailleurs.

- Tu m'as fait peur ! lui reprocha-t-elle, soulagée tout de même et le cœur battant.

Elle était vraiment sur les nerfs, pour attaquer comme ça. Et devenait peut-être un peu trop parano. C'était cette histoire avec les Mardoliens aussi. Ils étaient tous à cran. Mais maintenant qu'elle y pensait, elle n'aurait pas du dégainer comme cela. Si cela avait été un moldu qui voulait demander son chemin, elle aurait eut l'air fin. Elle devrait plus dormir la nuit et se détendre un petit peu. C'était un coup à faire une bêtise. Elle n'allait tout de même pas se mettre à stupéfixer les gens qui l'interpellaient dans la rue, non ?

- Je suis désolée, je ne voulais pas... Bref, je suis un peu à cran, je pense. Je bosse beaucoup. Mais je suis contente de te voir, assura-t-elle avec un sourire sincère. Ça fait longtemps, presque un mois !

Elle avait passé un vraiment bon moment la dernière fois et elle pensait - ou du moins espérait - que c'était réciproque. C'est aussi pour cela qu'elle avait été enthousiaste à l'idée de cette soirée et qu'elle avait prévenu qu'elle partirait plus tôt des semaines à l'avance.

- Mais si je peux me permettre, arriver en catimini derrière un Auror n'est pas franchement une chose à faire. Après, je dis ça, je ne dis rien ! précisa-t-elle, malicieusement.

Certains de ses collègues - elle pensait notamment à son formateur - lui auraient balancé un sort avant même qu'il ne puisse réagir ou fait une clé de bras. Elle n'en n'était pas encore à balancer des sorts dans la rue et faisait rarement des clés de bras, surtout quand la personne en question était plus grande qu'elle malgré ses légers talons comme l'était Eliott, quand elle n'avait pas de coéquipier pour lui venir en aide. Désireuse de faire oublier ce léger incident, elle passa son bras sous celui d'Eliott.

- Alors, qu'est-ce qu'on fait ce soir ? interrogea-t-elle avec un grand sourire.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott s’apprêtait à poser ses deux mains sur les yeux de Charlotte pour la surprendre quand celle-ci fit brusquement volte-face, sa baguette levée vers lui. Il recula précipitamment de quelques pas, manquant de perdre l'équilibre, en levant les deux mains comme pour prouver son innocence. Il était partagé entre une certaine inquiétude, une Auror avait quand même sa baguette dirigée contre lui, et l'envie d'éclater de rire. Il se contenta d'un sourire amusé alors que la jeune femme rangeait sa baguette en lui reprochant de lui avoir fait peur. On pouvait le qualifier de beaucoup de choses mais il ne s'était jamais considérée comme quelqu'un d'effrayant, ce n'était pas lui l'Auror qui touchait une cible à cinquante mètre après tout.

"Je te retourne le compliment," lança-t-il en souriant et en se rapprochant de la jeune femme.

Cette dernière s'excusa en expliquant qu'elle était un peu à cran, qu'elle travaillait beaucoup, et il balaya ses excuses d'un haussement d'épaules. Il n'y avait rien à pardonner, il n'y avait pas mort d'homme, et il voulait bien croire que le métier d'Auror était assez prenant. Même Andrew qui était avocat ramenait souvent des dossiers chez lui ou travaillait jusque tard dans la nuit pour prendre de l'avance sur la partie adverse. Eliott admirait leur acharnement. Oh, il était capable de s'investir, mais uniquement quand ça l'intéressait, chose que de trop nombreux professeurs lui avaient reproché. Il n'aurait jamais supporté de devoir passer la moitié de sa vie à faire quelque chose qui ne le passionnait pas, et il avait eu la bonne idée de se passionner pour le monde moldu. Heureusement pour eux, Charlotte et son frère semblaient vraiment adorer leur métiers respectifs.

Il rendit son sourire à la jeune femme quand celle-ci affirma qu'elle était contente de le voir. Lui aussi était vraiment heureux de la revoir, et espérait secrètement que leur prochain rendez-vous arriverait plus vite que celui-ci. Il aimait vraiment bien passer du temps avec Charlotte, et aurait aimé la voir plus souvent, mais il respectait le fait qu'elle doive s’investir beaucoup dans son travail. Il s'y ferait. Une petite voix cinglante lui fit remarquer qu'il parlait beaucoup au futur et qu'il s'emballait, encore une fois, trop vite, mais c'était plus fort que lui. Il avait vraiment l'intention de la revoir, aussi souvent qu'elle le voudrait bien. La jeune femme lui fit remarquer qu'arriver en catimini derrière une Auror n'était pas la chose la plus prudente à faire et il éclata de rire.

"Que veux tu, j'aime vivre dangereusement, plaisanta-t-il. Mais je prends le conseil en note, pour la prochaine fois." Ou comment glisser subtilement -quoique, question subtilité c'était discutable- le fait qu'il voulait la revoir.

Quand il était plus jeune son père disait souvent qu'il aurait fait un bon Auror, lui qui avait tant le goût de l'aventure étant enfant, mais il avait finalement trouvé plus dangereux que d'être Auror : sortir avec une Auror. A vrai dire il ne savait pas vraiment si lui et Charlotte sortaient ensembles, bien que cela ne lui déplairait pas, et il avait décidé de ne pas se prendre la tête à essayer de définir leur relation. Ils ne se voyaient pas très souvent mais passaient toujours un bon moment, inutile de vouloir de vouloir mettre des étiquettes, mais c'était pourtant ce qu'il était en train de faire. Il était incorrigible. La jeune femme glissa son bras sous le sien en lui demandant ce qu'ils faisaient ce soir. Un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de jeune homme alors qu'il se tournait vers elle.

"Je t'emmène à Las Vegas bien sûr, tu avais dit trois rendez-vous. Il ponctua sa phrase d'un clin d'oeil pour lui assurer qu'il plaisantait, il ne tenait pas forcément à ce qu'elle parte en courant. Je peux raisonnablement te demander en mariage maintenant, et ne dis pas non, tu me briserais le cœur."

Avec un dernier sourire amusé, il attrappa la main de la jeune femme et ferma les yeux pour transplaner. Ils se retrouvèrent un instant plus tard dans un endroit bien moins lumineux et bien moins bruyant que Las Vegas puisqu'ils atterrirent dans las gradins de la patinoire où il s'entrainait avec l'équipe de hockey. Il avait d'abord pensé à un cinéma ou un restaurant mais c'était terriblement classique et puis au moins ici ils seraient tranquilles, la patinoire était fermée depuis au moins deux heures. Il n'était d'ailleurs pas certains qu'ils aient le droit d'être là, Eliott était même à peu près sûr du contraire, mais la seule caméra de surveillance des lieux était cassée depuis des mois, c'était à se demander si elle avait fonctionner un jour. Et puis, il avait bon espoir que Charlotte ne sache pas patiner et doive s'accrocher à lui, idée qui ne lui déplaisait pas du tout.

"Viens."

Eliott garda la main de la jeune femme dans la sienne et descendit quelques gradins avant de se diriger vers l'espace de locations des patins à glace. Il l'abandonna finalement pour sauter par dessus le comptoir et bidouiller un instant le compteur électrique pour éclairer un peu les lieux. Il n'était pas un bricoleur hors-pair, étant habitué à régler le moindre problème d'un coup de baguette, mais il avait bien dû s'y mettre un peu étant donné que Dylan ne se débrouillait pas mieux que lui. Il essaya deux ou trois boutons, déclenchant un "bang" un peu inquiétant auquel il répondit par un haussement d'épaules, mais toute la patinoire se retrouva finalement éclairée. L'endroit avait un certain charme ainsi, plongé dans le silence, avec la glace qui scintillait sous la lumière. Plutôt fier de lui, il se tourna finalement vers Charlotte, s'accoudant au comptoir.

"Quelle pointure pour mademoiselle ?" demanda-t-il avec un sourire en désignant d'un geste de la main toutes les rangées de patins qui s'alignaient derrière lui.

Il ne savait pas trop pourquoi il s'était mis au hockey. Il avait découvert tous les sports moldus en même temps, sans vraiment se douter que certains étaient plus pratiqués que d'autre et avait donc choisit selon ses préférences, sans trop chercher à savoir si c'était une activité répandue ou pas. Il avait essayé plusieurs sports avant de se décider pour celui-ci. Ce n'était pas vraiment le sport nationale mais il y avait un club près de chez lui et puis ça lui plaisait. La sensation de déséquilibre sur la glace était ce qui se rapprochait le plus de celle que l'on pouvait ressentir dans les airs. Son ancien poste de batteur aurait voulu qu'il se mette au base-ball mais les pauvres petites balles moldues sans vie lui avaient paru bien ennuyante à coté des cognards. Le Quidditch restait malgré tout un des éléments du monde magique qui lui manquait le plus. Il faudrait qu'il propose quelques passes à Andrew un de ses jours, même si n'avait pas la moindre idée de ce qu'avait pu devenir son balais, peut-être prenait-il la poussière dans son ancienne chambre, à moins que son père ne l'ai brulé ou réduit en miettes.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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- Oh, je suis désolée, mais j'ai bien peur d'avoir déjà accepté la demande de ce cher Matt Bennett. Après tout, toutes les filles craquent pour lui, non ? Des occasions pareilles, ce n'est pas tous les jours ! Mais je suis sûre que ton cœur s'en remettra, ajouta-t-elle, faussement compatissante.

Pour être tout à fait honnête, elle ne devait pas avoir revu Matt Bennett depuis six ans et surtout pas en ce moment. Elle ne voyait déjà pas les gens qu'elle connaissait, ce n'était pas pour aller passer du temps avec des gens qu'elle connaissait à peine. Bennett n'avait même pas été dans leur année, il avait un an de moins qu'eux et elle ignorait ce qu'il était devenu après Poudlard. Pas joueur de Quidditch professionnel en tout cas, elle n'en n'avait jamais entendu parler. Il y avait de fortes chances qu'il soit entré au Ministère ou à la Cité Nimbus, pour continuer dans quelque chose qui se rapportait quelque peu au Quidditch. Elle ferma les yeux au moment du transplanage et ne les rouvrit qu'en sentant de nouveau le sol sous ses pieds. Elle jeta un coup d’œil autour d'eux et constata avec surprise qu'ils étaient dans une patinoire plongée dans l'obscurité. La glace luisait légèrement et chaque bruit résonnait. A vrai dire, elle ne s'attendait pas vraiment à ça et puis cela faisait des années qu'elle n'avait plus remis les pieds dans une patinoire. La dernière qu'elle avait fréquenté était celle d'Oxford et elle devait avoir quatorze ou quinze, un après-midi avec des copines moldues. Dans un geste machinal, elle jeta un coup d’œil dans les coins du plafond pour vérifier s'il y avait des caméras de surveillance. Pas qu'elle rentre régulièrement dans des lieux publics par effraction - le BDA avec une réputation à honorer - mais plusieurs Aurors s'étaient fait avoir en transplanant devant des caméras de surveillances moldues et c'était toujours difficile à expliquer, aux moldus, pourquoi des gens apparaissaient si soudainement sur la bande. La nouvelle consigne était donc de détruire les caméras qui avaient potentiellement aperçu les Aurors. A défaut de cautionner cette nouvelle politique, elle reconnaissait l'efficacité de la technique. La patinoire était bien équipée de caméras vidéos mais il n'y avait pas de lumière indiquant qu'elle fonctionnait. Parfait.

- Je ferme les yeux sur le coté illégal de la chose, c'est ça ? demanda-t-elle, amusée, tandis qu'Eliott l'entrainait vers l'espace de location des patins.

Si quelqu'un débarquait, ils étaient bons pour avoir des ennuis. Et pour expliquer comment ils étaient arrivés ici. Et comme elle n'allait pas se servir de sa baguette contre un moldu sans raison... Oh, l'avantage, c'était que les casiers judiciaires moldus n'étaient pas reconnus par la Justice Magique dont elle ne devrait pas avoir de problèmes. Et avait un père avocat. C'était peut-être de ce genre de remarques dont parlait Stormborn, son formateur, quand il disait qu'elle était un peu trop Gryffondor pour son propre bien. Il avait toujours dit qu'on devrait la mettre en binôme avec quelqu'un de plus réfléchi, pour éviter les catastrophes. Manque de chance, elle s'était retrouvée avec Seamus qui était bien plus Gryffondor qu'elle ne l'était et c'était souvent elle qui le retenait, alors qu'il était l'Auror plus expérimenté. Enfin, pour le moment, elle était avec Mika qui semblait un peu plus posé. Cela ne pourrait qu'être bénéfique. Même si agir sans réfléchir pouvait être assez amusant de temps en temps. Cela garantissait un peu d'adrénaline. Elle s'accouda au comptoir tandis qu'Eliott se mettait à tripoter le boitier électrique, visiblement sans savoir ce qu'il faisait. Elle leva les yeux vers le plafond quand un bruit inquiétant retentit mais le néon au dessus de sa tête était toujours intact.

- J'espère pour toi que Sainte-Mangouste n'est pas très loin, lança-t-elle en plaisantant à moitié.

Elle n'était même pas sûre que l'hôpital magique sache soigner les électrocutions. Quoique, il devait y avoir pas mal de sorciers qui faisaient des expériences sur l'électricité, assez pour qu'il y ait quelques accidents du moins. L'Auror Weasley racontait l'autre jour au déjeuner que son père était un grand collectionneur de prises électriques et qu'il avait même une fois fait quelques essais sur une voiture moldue. Quand on lui avait demandé ce qu'elle était devenue, Harry Potter s'était étranglé de rire avec son café tandis que l'Auror Weasley riait aussi, sans que l'on sache pourquoi. Et à son avis, Monsieur Weasley ne devait pas être le seul à se livrer à des expériences pas toujours très légales, vu les anecdotes que la Police Magique avait toujours à raconter.

- Du 39, répondit-elle quand Eliott lui demanda sa pointure.

Il lui tendit une paire de patins qu'elle attrapa en le remerciant et elle recula pour s'assoir sur un banc et les enfiler. Elle devait en avoir une paire qui trainait à la maison, sûrement dans le grenier ou au fond de l'armoire de sa chambre. Quand elle avait quitté la maison, ses parents avaient insisté pour lui offrir de nouveaux meubles et sa chambre était donc restée intacte, jusqu'aux posters aux murs. A chaque fois qu'elle y retournait, elle avait l'impression de retomber en adolescence.

- Je faisais du patinage artistique quand j'étais petite, révéla-t-elle à Eliott en nouant les lacets des patins. J'ai arrêté en entrant à Poudlard mais mes parents avaient pensé que cela pourrait être un sport bien pour apprendre la rigueur et "canaliser mon énergie". Je voulais faire du foot, mais c'était pour les garçons, selon eux, ajouta-t-elle en riant. Ils auraient largement préféré que je fasse de la danse. Alors j'ai choisi ça, c'était un compromis. Et je faisais du foot à l'école !

Évidemment, tout cela, c'était avant Poudlard. Là-bas, elle avait découvert le Quidditch et avait adoré cela même si elle n'était pas particulièrement douée pour y jouer. Elle savait voler, mais sans plus. C'est pour cela qu'elle ne s'était pas engagée dans l'équipe de Quidditch des Aurors, qui concourrait chaque année dans le tournoi organisé par les Aurors. De nombreux services ou Département avaient la leur, mais c'était toujours celle du Département des Jeux et des Sports Magiques, composée d'anciens professionnels qui l'emportaient. Même s'ils avaient failli gagner l'année dernière grâce au talent d'Attrapeur d'Harry Potter. Et à part le QuidditchPoudlard ne proposait pas d'autres sports, ce qui l'avait empêchée de continuer l’exercice. Et elle maintenait que les Bavboules n'étaient pas un sport, contrairement à ce qu'avait toujours maintenu Mark, son petit-ami de l'école. Mais en tant que Capitaine de l'Equipe de Bavboules de Poufsouffle, il n'était pas vraiment objectif. Mais honnêtement, ce n'était pas un sport. C'était lancer des boules remplies de liquide, de la pétanque sorcière. La seule différence, c'est que chez les moldus, on ne risquait pas de se retrouver couverts de pus, comme avec les Bavboules. Mais cela n'avait rien de passionnant, surtout par rapport au Quidditch. Et c'était dommage que les élèves ne puissent pas pratiquer autre chose. Du moins du temps où elle était scolarisée. Elle avait appris récemment par Seamus que son cousin Aaron, qu'elle avait rencontré à quelques reprises, organisait un tournoi de rugby à l'école. C'était une excellente initiative qui ne pourrait que faire du bien à l'école. Si elle avait été encore à Poudlard, elle aurait participé. Même si elle avait déjà vu du rugby à la télévision, avec ses parents, et devait avouer que c'était un peu violent. Enfin, ce ne devait pas être si différent de se faire plaquer au sol par l'Auror Stein qui tentait de vous apprendre la clé de bras. Une fois qu'elle eut terminé d'enfiler les patins, elle se leva précautionneusement en s’efforçant de tenir en équilibre sur la lame. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait cela et son équilibre était assez précaire. Elle était prête à parier qu'elle allait tomber avant la fin de la soirée.

- Ne te moques pas de moi ! prévint-elle en s'avançant vers la glace en riant, suivie d'Eliott. Tu es avantagé par le hockey, toi, ajouta-t-elle en descendant avec précaution sur la glace.

Elle avait beau avoir fait sept ans de patin, elle n'était pas remontée dessus depuis plus de dix ans. Elle n'avait qu'à espérer que c'était comme le vélo, que cela ne s'oubliait pas. Quoique, elle ne savait même plus si elle savait encore faire correctement du vélo. Depuis qu'elle avait son permis de transplanage, elle avait tendance à en abuser. Il faudrait qu'elle aille faire une balade avec Alison, un jour, leurs vélos devaient être dans le garage. Elle avança avec concentration en faisant attention au moindre de ses mouvements. Elle était loin d'être assurée mais elle tenait debout, c'était déjà ça. Elle apprécierait de ne pas se ridiculiser devant Eliott en s'écrasant sur la glace de manière ridicule. Parce qu'elle se rappelait de quelques chutes magistrales, dont une en compétions quand elle avait dix ans. Le pire étant que ses parents avaient la vidéo, dans toutes leurs vidéos de familles et aimaient bien la repasser de temps en temps. Elle lâcha le rebord pour s'avancer un peu plus vers le centre de la glace, enhardie par l'équilibre qu'elle avait conservé et les mouvements qui revenaient un peu. Elle ne se débrouillait pas si mal. En revanche, il faisait un peu froid et elle était ravie d'avoir choisi des collants en laine. Elle se tourna vers Eliott, faisant crisser ses patins sur la glace, un grand sourire aux lèvres.

- En tout cas, c'est une super idée la patinoire, affirma-t-elle en souriant.

Si elle n'avait pas peur de passer pour une fleur bleue - ce qu'elle était de toute manière depuis toujours - elle aurait même dit que c'était romantique.


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Eliott attrapa une paire de patin en 39, qu'il tendit à Charlotte, avant de prendre une paire à sa taille et de sauter à nouveau par-dessus le comptoir -il devait y avoir une porte pour passer d'un coté à l'autre mais c'était quand même plus drôle ainsi. Il aurait préféré avoir ses propres patins, dont les lames étaient bien meilleures que celles des vieux patins de la patinoires, mais il les avait laissé chez lui. Un jour il apprendrait à être prévoyant, peut-être. Le jeune homme s'assit sur le banc en face de celui de Charlotte et noua rapidement ses patins. Quand il avait commencé le hockey il lui fallait au moins dix minutes pour faire les lacets convenablement, dans ces moments là il avait regretté de ne plus avoir de baguette, mais il avait finit par trouver la technique. Charlotte lui révéla qu'elle avait fait du patinage artistique avant d'entrer à Poudlard et il haussa un sourcil, surpris. Il n'avait pas imaginer une seule seconde que la jeune femme puisse avoir l'habitude de montrer sur des patins, oubliant qu'elle était née-moldue. Lui qui comptait sur son statut de débutante pour la garder contre lui allait devoir trouver une autre approche.

Il rit quand la jeune femme lui expliqua que ses parents auraient aimé qu'elle fasse de la danse, alors qu'elle aurait voulu faire du foot, qu'elle avait un peu pratiqué à l'école. Il avait dû se mettre au foot, pour éviter qu'on ne le dévisage comme un fou quand il avouait n'y avoir jamais joué -il avait fait rire pas mal de monde avec ça, les gens ne le croyaient jamais. Il n'était pas très bon mais jouait de temps en temps avec Steeve, le livreur de la pizzeria de son quartier, qui commençait à les connaitre un peu trop, lui et Dylan. Un jour il faudrait que l'un d'entre eux apprenne à cuisiner, mais ni l'un ni l'autre n'était vraiment motivé.

"J'aurais bien aimé aller à l'école, avant Poudlard," lança-t-il, songeur, en terminant de lacer son deuxième patin.

C'était sa mère qui leur avait fait la classe à lui, Andrew et Paige. Il ne se souvenait que trop bien des longues, très longues, après-midi pluvieuses à écouter son frère réciter presque par cœur des passages entiers de l'Histoire de Poudlard alors que lui peinait à en déchiffrer la moindre phrase. Il avait toujours détesté rester immobile et Doris avait eu un mal fou à le faire rester assis sur une chaise plus de trente minutes. Il trouvait bien plus drôle de se balancer sur sa chaise ou de lancer des boulettes de parchemins à Andrew quand celui-ci était concentré sur un exercice d'algèbre. Puis son frère était parti à Poudlard et il s'était retrouvé à devoir travailler tout seul, puisque Paige était encore trop petite pour apprendre autre chose qu'à marcher. Il avait détesté passer des heures assis à la table de la salle à manger à apprendre par cœur les dates de naissances et de morts des plus illustres sorciers et le nom de l'inventeur de la potion tue-loup. Au fond il savait qu'il n'avait pas à se plaindre, il avait reçu une éducation assez riche, et tous les sorciers n'avaient pas cette chance. Mais il aurait adoré aller à l'école, avec d'autres enfants de son âge.

"Je ne me le permettrais pas !" répondit-il, faussement indigné, quand elle lui demanda de ne pas se moquer tout en avant vers la glace.

Lui-même avait fait beaucoup trop de chutes en débutant pour pouvoir se permettre de se moquer de qui que ce soit. Heureusement que ses quelques années passées à affronter les frères McGowan lui avaient appris à encaisser les coups. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était retrouvé à l'infirmerie après s'être bagarré avec l'un des deux, voire les deux parfois. Parce qu'évidement, en bon adolescents stupides, ils n'avaient pas pu se contenter de se cogner dessus pendant les match et ils avaient trop souvent fini en retenue après s'être battus dans les couloirs. Il ne savait même plus pourquoi les frères McGowan l'avaient toujours détesté, ce qu'il leur avait bien rendu, cela remonterait apparemment à un jour où son frère aurait donné une semaine de retenue à Ethan McGowan alors que celui-ci n'avait rien fait. Toujours était-il que depuis cet injustice, ou punition méritée, selon le point de point, les deux fratries se détestaient.

Eliott sourit en voyant Charlotte s'engager précautionneusement sur la glace et il la laissa faire quelques pas avant de poser un pied sur la surface étincellante lui aussi. Il fit quelques mouvements jusqu'au centre de la patinoire et se retourna vers la jeune femme qui ne semblait pas encore décidée à s'éloigner de la rambarde. Elle se débrouillait plutôt bien pourtant, les mouvements étaient là et elle avait pour l'instant réussi à garder l'équilibre. Il lui adressa un sourire encourageant et tendit une main dans sa direction comme pour l'inviter à le rejoindre. Elle lâcha finalement le rebord et le rejoignit, s'arrêtant en face de lui avec un demi-tour parfaitement exécuté.

"Ça vaut la peine de fermer les yeux sur "le cote illégal de la chose", non ?" lança-t-il alors que Charlotte lui assurait que c'était une bonne idée, la patinoire.

Il ponctua sa phrase d'un clin d’œil et attrappa les mains de la jeune femme avant de se mettre à patiner un peu en arrière, l'entrainant avec lui. Il était vrai que c'était une bonne idée, lui qui avait hésité avec un restaurant jusqu'à la dernière minute. Bon, il y faisait un peu froid, et on y servait pas de bon vin, mais c'était plutôt romantique. Par Merlin, il pensait comme une adolescente de douze ans, ça n'allait pas du tout. D'humeur joueuse, il leva un bras et fit passer Charlotte dessous en la faisant tourner sur elle-même. Il passa un bras à se taille pour ne pas qu'elle perdre l'équilibre à la fin de son tour, il s'en voudrait beaucoup trop de la faire tomber. Il ne la relâcha pas, gardant son regard dans le sien, et lui adressant un sourire. Elle était belle, les joues un peu rosies par le froid et les yeux pétillants. Il aurait pu la regarder pendant des heures. Il devenait complètement niais là, c'était encore plus grave que ce qu'il pensait.

"Quel talent, souffla-t-il avec un sourire. Tu te débrouilles très bien."


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Lorsqu'elle était entrée à Poudlard, Charlotte avait été très surprise d'apprendre que les enfants sorciers, pour la plupart, n'étaient pas allés à l'école avant Poudlard, tout simplement parce qu'il n'y avait pas d'établissements qui accueillaient les enfants de moins de onze ans. Les familles les plus riches offraient souvent un précepteur à leurs enfants et les autres recevaient une éducation de l'un des parents, le plus souvent la mère. Certains étaient également envoyés dans des écoles moldues, mais c'était surtout le cas lorsqu'il y avait un membre de la famille moldu ou avec des origines moldues. Ses parents avaient même voulu qu'elle devienne préceptrice à un moment, lorsqu'ils étaient dans la période où ils se renseignaient pour son éducation de sorcière, mais elle savait très bien que les familles de Sang-Pur assez conservatrices, souvent celles qui avaient les moyens de s'offrir les services d'un précepteur n'aimeraient pas placer leurs enfants auprès d'une née de moldus. Ses parents avaient beaucoup de mal avec cette idée, même si elle avait essayé de leur expliquer que c'était comme le racisme. La réalité était devenue beaucoup plus tangible lorsqu'elle avait fui l'année de ses treize ans, protégée par l'Ordre du Phénix. Mais ils avaient encore du mal à comprendre qu'on pouvait discriminer les gens à cause de leurs parents, ce n'était pas logique selon eux. Mais il y avait-il une logique aux discriminations ? Elle ne le pensait pas. Quoi qu'il en soit, il était dommage pour les enfants sorciers qu'ils n'aient pas la chance d'aller à l'école avant Poudlard. Il y avait assez d'effectifs pour ouvrir une petite école aux niveaux mélangés, théoriquement. Mais les familles Sang-Pures avaient tendance à garder leur descendance auprès d'eux pour leur inculquer leurs valeurs. Fréquenter d'autres éducations pourrait s'opposer à cet embrigadement. Elle avait tout de suite tendance à avoir des mots forts lorsqu'elle parlait des familles conservatrices mais le fait est qu'elle était persuadée qu'ils avaient une grande responsabilité dans la guerre. Évidement, tous les Sang-Purs n'étaient pas des Mangemorts mais les idées du sang étaient bien présentes et continuaient d'entretenir les clivages et tensions sur lesquelles Voldemort avait pu s'appuyer. C'est aussi pour cela qu'elle votait MIM, pour ouvrir les mentalités au monde moldu, pour changer la société sorcière, qu'ils soient tous considérés comme des sorciers, peu importe leurs origines. L'obligation de l'étude des moldus à Poudlard était une bonne chose pour pouvoir intervenir sur les enfants de Sang-Pur dès leur plus jeune âge et obliger les étudiants sorciers à se mêler aux moldus ne pouvait qu'être une bonne chose. Que les sorciers connaissent les moldus ne pourrait qu'être positif. Quoi qu'il en soit, elle avait beau être une sorcière, elle savait qu'elle enverrait ses enfants dans une école moldue, pour qu'ils ne grandissent pas enfermés dans un monde qui se repliait sur lui-même et qu'ils connaissent une part de leurs origines. Et puis, il ne fallait pas généraliser. Les Warlock étaient une famille de sang-pur et Eliott vivait plus à la moldue qu'elle. Même si cela ne plaisait pas vraiment à son père, à ce qu'elle avait compris.

Elle avait déjà croisé John Warlock plusieurs fois, notamment lorsqu'elle avait été détachée aux meetings du SPAM lors de la campagne pour le poste de Ministre l'année dernière. Il n'avait fait que saluer les Aurors et eux-même n'avaient pas vraiment entendu ses discours, plus occupés à surveiller la salle qu'autre chose. Néanmoins elle suivait l'actualité politique et savait très bien ce qu'il prônait : une société très conservatrice même s'il ne semblait pas anti nés-moldus. Plus du genre à forcer l'intégration pour que les enfants oublient vite leurs origines pour devenir totalement sorciers. Mais c'était tellement dommage d'abandonner une part de sa culture, c'est ce qui faisait la richesse d'une société. Et les moldus avaient apporté beaucoup au monde sorcier, que ce soit le train pour Poudlard ou la radio. On ne pouvait pas nier que malgré la suprématie qu'il prônait, le monde sorcier était influencé. Et on ne pouvait jamais mettre de coté ses origines : elle avait beau vivre complètement dans le monde sorcier, elle s'était toujours habillée à la moldue et se servait encore de certaines de leurs technologies. John Warlock et le SPAM ne pourraient jamais séparer complètement les deux mondes. Et en dehors des galas du SPAM, ce dernier avait été également son supérieur hiérarchique pendant des années en tant que Directeur de la Justice Magique. N'étant pas à un grade très élevé chez les Aurors, elle n'avait jamais eu affaire à lui directement même si elle l'avait déjà croisé lorsqu'il assistait aux réunions du Bureau ou des services de l'ordre. Les premières réunissaient les lieutenants - qui dirigeaient chacun quelques binômes - ainsi que les quatre Capitaines - qui dirigeaient les lieutenants et le Commandant, qui dirigeait le tout. Les deuxièmes réunissaient les trois dirigeants des services de l'ordre : les Oubliators, les Aurors, la Police Magique et les Baguettes d’Élite. Même si elle ne soutenait pas les idées de Warlock, elle l'avait toujours considéré comme un bon supérieur, qui leur donnait les moyens de travailler correctement et qui les soutenait face à la presse, lorsqu'ils étaient montrés du doigt par le public. Elle avait un plus de mal avec Dalnox, étant donné qu'elle avait l'impression qu'il se préoccupait plus de sa carrière que des services sous ses ordres, même s'il n'y avait rien de tangible à lui reprocher. Mais son intervention à Poudlard pour soutenir une candidate en particulier lui était restée en travers de la gorge. Quand le Ministère intervenait dans les affaires de l'école, cela ne donnait jamais rien de bon, elle avait été élève sous la Grande Inquisitrice Ombrage. Peu importe la compétence de cette Ana Sorden, se mêler des affaires de Poudlard ne devrait pas être autorisé. L'école avait toujours su se gérer toute seule et continuerait de le faire correctement.

- Ne le répète pas - j'ai une réputation à tenir - mais en bonne Gryffondor, j'aime bien enfreindre les règles de temps en temps, pour le plaisir ! répondit-elle avec un sourire en coin.

Lorsqu'on jetait un coup d’œil à leur promotion de Gryffondor, elle avait été parmi les plus sages. Ou parmi ceux qui se faisaient le moins prendre, au choix. En même temps, à coté de Lilly, on lui aurait donné le bon Dieu sans confession. C'était sa meilleure amie la plus impulsive et la plus prompte à faire des bêtises et à en assumer ouvertement les conséquences après, avec une certaine dose de culot que Charlie lui avait toujours envié, il fallait le dire. Elle, elle était plus discrète et s'arrangeait pour leur sauver la mise. Elle avait même espéré décrocher le poste de préfète en cinquième année mais il était allé à quelqu'un qui ne s'était pas déjà fait attraper par Rusard à trois heures du matin sur le ponton du lac. Ce qu'elle était prête à faire pour un pari... Pari gagné, d’ailleurs. Quoi qu'il en soit, elle avait beau être devenue Auror, les traqueurs de mages noirs, ceux qui maintenaient l'ordre dans la société, elle restait au fond une Gryffondor. Seamus aussi, d'ailleurs. C'est pour cela qu'ils formaient une bonne équipe. Et avaient déjà fini à Sainte-Mangouste plusieurs fois, aussi. Mais c'était un détail, ça. Surtout que la fois où ils avaient passé deux semaines là-bas, ils avaient eu ce petit vaurien qui trafiquait des Elfes de Maison. Quoique, en y pensant bien, sa réputation de jeune femme sage et raisonnable devait être tombée depuis longtemps. Tant pis. Elle noua ses doigts à ceux d'Eliott et se laissa entrainer en faisant attention à la trajectoire de ses patins. Oui, la patinoire, c'était très romantique mais il y avait des risques. Comme celui de glisser et de tomber ce qui n'était quand même pas très sympa lors d'un rendez-vous. Surtout qu'elle entrainerait Eliott dans sa chute. Quoique... Son père était tombé dans le canal lors du premier rendez-vous qu'il avait eu avec sa mère et ils étaient mariés aujourd'hui. Même s'il n'avait jamais voulu dire comment il avait fini dans le canal d'Oxford, en pleine nuit, en hiver. Et pour l'instant, il n'était pas question de finir mariée avec Eliott, de toute manière. Il était question de tenir sur ses jambes. Ce fut la première fois qu'elle remercia ses parents d'avoir insisté pour qu'elle fasse du patin. Elle n'aurait pas tenu aussi longtemps sans. Et encore moins réussi à faire un tour sur elle-même sans se tordre la cheville. Elle sentit le bras d'Eliott se glisser autour de sa taille pour la rapprocher lui et sans savoir pourquoi, elle baissa le regard, rougissante.

De l'extérieur, elle devait être ridicule à voir. Et devait avoir relancé le cours de la guimauve, là, elle en était sûre. Comment est-ce qu'elle arrivait à de telles extrémités, alors qu'elle pouvait se montrer dure et intransigeante dans son métier ? Elle pleurait devant les films romantiques ou dès que la bande-son sortait les violons et ne pouvait pas s'empêcher de trouver ça désespérément triste. Et là, elle rougissait comme une gamine de treize ans alors qu'elle était persuadée d'avoir dépassé ce stade depuis quelques années déjà. Elle avait beau se sermonner, se promettre qu'elle aborderait les choses avec plus recul, qu'elle ne retomberait pas dans le piège de la guimauve une nouvelle fois... Et elle se retrouvait à sourire en permanence et à rosir comme une potion d'Amortentia. Un peu de retenue. Elle avait passé l'âge, non ? Même si elle était absolument incorrigible. Elle s'auto-désespérait, là. Pour se redonner une contenance, elle inspira un grand coup avant de reporter son regard sur Eliott.

- Tu vois, débuta-t-elle, je parierai ma baguette que tu avais prévu tout ça depuis le début, affirma-t-elle avec un sourire un peu narquois.

Et par "tout ça", elle entendait le fait de la prendre dans ses bras sous prétexte du patin. Oh, pour tout avouer, elle ne s'en plaignait pas. Mais ça, elle n'allait pas l'avouer. Elle essayait de garder un minimum de dignité, tout de même, ou de conserver ce qui n'avait pas été emporté depuis le début de ce rendez-vous. Un jour, elle serait aussi détachée que certaines de ses copines. Un jour.

- C'est assez Serpentard, quand on y pense, ajouta-t-elle. Je ne m'attendais pas à ça de ta part ! lança-t-elle, faussement accusatrice. Et moi qui croyais être tombée sur un honnête Gryffondor ! Je suis déçue, vraiment !

Elle redressa le pied pour éviter que sa lame de patin glisse.

- Et puis, si voulais me prendre dans tes bras...

Elle posa une main sur son torse.

- Il suffisait de le dire.

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle glissa sa main derrière sa nuque et l'attira à elle pour l'embrasser.


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Eliott ne put retenir un sourire en voyant Charlotte rougir. Elle était vraiment adorable. Il se demandait comment elle parvenait à s’imposer dans son métier, il ne doutait pas une seule seconde de ses capacités mais il l’imaginait difficilement faire preuve d’autorité ou effrayer qui que ce soit. Il n’aurait jamais pensé qu’une Auror puisse être si attendrissante. C’était un corps d’élite tellement impressionnants, entouré d’un certain panache et il avait tendance à imaginer les Aurors comme des sorciers aux allures de tueurs. Heureusement qu’il s’était trompé, il préférait de loin tenir dans ses bras une charmante jeune femme qu’un guerrier de combat, même si visiblement les deux n’étaient pas incompatibles.

Il prit un air faussement surprit et secoua négativement la tête quand Charlotte l’accusa d’avoir tout planifié. Il avait espéré que les choses se dérouleraient de cette façon, c’était différent. Certes, quand il avait choisi la patinoire il avait songé au fait que Charlotte ne saurait probablement pas patiner et qu’il pourrait en profiter pour la garder dans ses bras, mais cette idée lui était venue après qu’il ait décidé du lieu de rendez-vous. Il n’avait donc pas choisi la patinoire dans l’espoir de mettre ce plan a exécution, ça n'avait rien à voir.

"Je plaide non coupable Auror Meyer, répondit-il avec un sourire amusé. Et tu ne devrais pas parier ta baguette, c'est dangereux. On ferait la paire, tous les deux désarmés. Je comptais sur toi pour nous défendre."

Non pas qu'ils risquaient grand-chose dans une patinoire déserte, mais bon. Le machisme aurait voulu que ce soit lui l'homme fort qui protège sa copine mais il ne touchait pas une cible à cinquante mètres, lui. Et accessoirement il n'avait pas de baguette. Il prit une expression outrée quand elle poursuivit ses accusations en qualifiant sa prétendue démarche de Serpentard. Ils avaient été à Poudlard a une époque où les rivalités entre les maisons étaient encore assez fortes, surtout les premières années. La plupart des Serpentard avaient choisi le camp de Voldemort lors de la guerre, même s'il y avait bien évidement eu des exceptions comme Regulus Lestrange, de leur année, qui s'était fait tué en se battant du bon côté, et les autres maisons avaient mis un peu de temps à le leur pardonner. Aujourd'hui il se rendait compte à quel point ces rivalités étaient idiotes et puériles. La plupart des élèves n'avaient fait que suivre leur parent, on ne pouvait pas reprocher à un gamin de treize ans de ne pas avoir assez de discernement dans une guerre aussi sombre et aussi compliquée. Mais les choses étaient ce qu'elles étaient et il avait grandi à une époque où la pire chose qui pouvait arriver à un Gryffondor était de se faire traiter de Serpentard. Et vice-versa, sans doute. Charlotte ajouta qu’elle était déçue qu’il ne soit pas l’honnête Gryffondor auquel elle s’attendait et il rit doucement.

"Ne t'en fais pas, si j'étais vraiment un Serpentard mes plans fonctionneraient, et je ne me souviens même pas de la dernière fois où ça m'ait arrivé. Il ne se tenait jamais à ses plans de toute façon, préparer, organiser, ce n'était pas vraiment lui tout ça. L'imprévu, c'est tout de même beaucoup plus Gryffondor."

Son incapacité totale à anticiper ou à planifier lui jouait souvent des tours mais il semblait imperméable à toute forme d'organisation. C'était aussi en cela que chauffeur de taxi lui convenait bien. Il travaillait à son compte, n'avait pas d'horaires, pas de hiérarchie à respecter, il était complètement libre et ça lui plaisait bien. Il aimait l'idée de pouvoir arrêter du jour au lendemain, sur un coup de tête, pour faire autre chose. Il aurait détesté se lancer dans un boulot en ayant conscience qu'il ferait ça toute sa vie, il se savait assez impulsif, il avait besoin de pouvoir changer quand il en aurait marre.

"Et puis, si voulais me prendre dans tes bras...Il suffisait de le dire."

Il n'eut pas le temps de répondre car la jeune femme passa une main dans sa nuque et l'attira à elle pour l'embrasser. Il répondit à son baiser, s'abandonnant complètement à leur étreinte et resserrant ses bras autours de la taille de Charlotte. Il était heureux qu'elle ait pris l'initiative de ce baiser qui mettait fin à ses doutes et répondait à toutes les questions qu'il se posait depuis leur premier rendez-vous, celui qui comptait. Ils finirent par se séparer et il lui sourit tendrement en caressant sa joue du bout des doigts. Son sourire se fit plus espiègle alors qu'il se faisait la réflexion que son prétendu plan -qui n'en était pas un- avait finalement fonctionné.

"Tu avais raison en fait, j'aurais dû finir à Serpentard," souffla-t-il sans se départir de son sourire.

Personne n'avait jamais remis en cause son appartenance aux rouges et or. Il aurait aimé que ça soit parce qu'il faisait preuve d'un courage extraordinaire mais c'était plutôt à cause de son coté impulsif et entier. Rebelle disait son père, mais Eliott ne se considérait pas rebelle. Bon, il avait eu une période où il avait tendance à faire tout ce qui pourrait énerver ses parents, pour tester les limites -ce qui lui avait valu un tatouage moldu à l'intérieur du bras gauche et des cheveux beaucoup trop longs pendant des mois- mais c'était ce que faisait tous les adolescents. Il avait grandi maintenant, un peu. Il restait une sacré tête brulée, comme tout Gryffondor qui se respecte, mais considérait qu'il avait murit un peu, quand même. De toute façon il ne voyait pas vraiment dans quelle autre maison il aurait pu aller, le Choixpeau avait mis à peine trente seconde à le répartir. Il avait hésité un court instant avec Poufsouffle mais l'avait éliminé rapidement, il était suffisamment acharné mais pas assez travailleur et un peu trop "écervelé". Eliott s'était permis de penser un peu trop fort un "écervelé toi-même" à l'intention du vieux couvre-chef, ce qui avait sans doute finit de le convaincre de l'envoyer chez les rouges et or. Et il s'était toujours senti à sa place dans cette maison, il s'entendait bien avec tout le monde, adorait la salle commune et n'avait jamais douté du fait qu'ils étaient la meilleure maison de Poudlard. Il se demandait parfois s'il serait le même aujourd'hui s'il avait été envoyé dans une autre maison, s'il avait côtoyé d'autre personnes. C'est en écoutant Jensen parler de son monde que lui était venue sa passion pour les moldus, peut-être que sans lui il n'aurait jamais pris études des moldus en quatrième année, n'aurait pas continué dans cette voie après Poudlard et n'en serait pas là aujourd'hui.

Eliott noua ses doigts à ceux de Charlotte avant de se remettre à patiner en arrière. Il l'entraina jusqu'à la balustrade sur laquelle il s'assit avant de l'inviter à faire de même. La patinoire c'était bien mais il y avait quand même le risque constant de glisser, donc de se ridiculiser, et il n'y tenait pas forcément. Et puis ils seraient mieux là s'ils voulaient discuter un peu.

"Je vais pouvoir faire ma demande maintenant, plaisanta-t-il. Un jour il arrêterait de lui faire peur avec ça, mais pas tout de suite, c'était bien trop drôle. Mais il ne voudrait pas non plus que le jour où il lui ferait vraiment sa demande elle éclate de rire et lui demande d'arrêter avec cette blague idiote. Et oui, il était en train de songer à l'éventualité d'épouser Charlotte un jour alors qu'elle venait tout juste de l'embrasser. Il était vraiment pire que ce qu'il croyait, un cas perdu. Promis, un jour j'arrêterai avec cette blague...Peut-être."



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Quand on y pensait bien, c'était la première fois que Charlotte embrassait quelqu'un. Pas au sens littéral du terme, bien évidemment, elle avait eu plusieurs petits amis mais c'était la première fois qu'elle en prenait directement l'initiative à un rendez-vous, comme ça, sans vraiment y penser. Elle avait beau être une Gryffondor, elle avait plutôt tendance à tergiverser pendant des heures au sujet de ses relations, à se poser mille et une questions et à débattre intérieurement avec elle-même. Ou Lilly. Elle pouvait être une vraie tête-brûlée au travail, agir sans penser à la moindre conséquences, ou même sans penser du tout mais perdait toujours cette caractéristique en dehors du travail. Comme s'il y avait deux Charlotte. Elle avait cette sensation, parfois, de ne pas être la même en dehors du travail et dès qu'elle enfilait son badge. C'était sûrement parce qu'elle avait dû s'affirmer pendant sa formation, apprendre à dépasser certains traits de caractère. Elle arrivait à se montrer dure face à des suspects, à rien ne lâcher en interrogatoire, à balancer un sortilège sans ciller. Et c'était ce que l'on attendait d'elle. Mais en dehors du travail, elle se laissait attendrir et n'avait rien de l'Auror qui avait écouté sans ciller une confession de torture. Elle s'était longtemps demandé si c'était malsain mais en était arrivé à la conclusion que non. Après tout, elle s'y retrouvait, non ? N'avait pas l'impression que cela lui portait préjudice. Elle se blindait la journée dans son travail et relâchait la pression le soir. Elle mettait en application ce qu'elle avait appris face à des suspects et retrouvait sa douceur en sortant du travail. C'était aussi pour cela que les gens étaient surpris quand ils apprenaient qu'elle était Auror. Elle n'en n'avait pas l'air, qu'il disait. Mais elle avait beau être quelqu'un d'assez tranquille au quotidien, elle savait aussi qu'elle avait les capacités de se montrer dure. Mais on ne pouvait pas se comporter ainsi en permanence, c'était trop difficile. Tous les Aurors enfilaient une sorte de masque face à des suspects, qu'ils perdaient le reste du temps. C'était normal. Ils n'étaient pas tous des brutes insensibles, après tout. Ils se devaient juste de faire comme si. Même si malgré tous leurs caractères différents, ils avaient tous un point commun : une certaine force de caractère, justement. Enfin, tout cela pour dire qu'elle n'avait jamais pris ce genre d'initiatives jusqu'à présent. Peur d'être repoussée ou d'être ridicule, sûrement. Dans le cas présent, elle avait eu peu de doutes sur le fait d'être repoussée étant donné que ce n'était pas leur premier baiser. Et puis elle s'était efforcée de ne pas penser aux conséquences ou à toutes les choses qui auraient pu la faire changer d'avis, afin d'agir comme ça, sans vraiment s'attarder. Les mauvaises langues diront que pour une Gryffondor, c'était plutôt facile, de ne penser rien. Mais pour quelqu'un qui pouvait passer des heures à penser à un regard, c'était une étape de franchie.

Et, pour tout avouer, elle ne le regrettait pas. Elle sentit les bras d'Eliott se glisser autour de sa taille et elle se laissa aller, savourant le moment. Non, vraiment, elle ne regrettait pas du tout. Quand ils se séparèrent, elle lui adressa un sourire tandis qu'il posait ses doigts sur sa joue. Et bien rien que pour ce moment-là, elle ne regrettait vraiment rien. Que ce soit d'avoir été appelée en urgence pour récupérer les diplomates slovaques, d'avoir pris ce verre au Chaudron Baveur ou d'avoir accepté d'autres rendez-vous. Elle ne regrettait même pas sa perte de dignité totale qui la faisait ressembler à une pré-ado glousseuse de treize ans. Enfin, si elle se mettait à glousser, elle reverrait sérieusement son point de vue sur cette histoire mais n'était pas encore rendue à ça.

- Quand on y réfléchit bien, un Warlock à Serpentard, c'est d'un cliché...

Elle savait qu'Eliott avait un frère plus âgé qui travaillait dans le même Département qu'elle, qui lui avait même démonté un dossier devant tout le Mangenmagot une fois. Un échec cuisant, d'ailleurs. Mais les avocats étaient rarement appréciés des Aurors et de la Police Magique. Quoi qu'il en soit, elle croyait se souvenir qu'il avait à Serdaigle. Et elle avait le vague souvenir d'une petite sœur répartie lors de leur dernière année mais n'arrivait pas à se rappeler sa maison. Enfin, même si à leur époque - et c'était très dur de dire ça - c'était très fréquent de voir les Sang-Pur à Serpentard, elle connaissait suffisamment Eliott pour savoir qu'il n'avait pas volé sa place à Gryffondor. Et puis de toute manière, elle avait entendu dire que l'envoi des Sang-Pur à Serpentard était beaucoup systématique qu'avant et qu'ils étaient désormais répartis dans toutes les maisons, les origines étant beaucoup plus variées à Serpentard. Cela ne pouvait être qu'un plus, d'arrêter d'envoyer tous les enfants d'un même milieu au même endroit afin qu'ils se mêlent aux autres. Car même si elle avait été à Poudlard à une époque où la rivalité entre Gryffondor et Serpentard était très forte, elle n'avait rien contre les valeurs de la dernière. Avoir de l'ambition n'était pas forcément un mal et même si certains étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins, il y avait des gens très fréquentables qui étaient passés par cette maison, comme elle avait pu le découvrir après ses ASPICS. La guerre des maisons, ce n'étaient que des querelles d'adolescents. Mais qui avaient pris des proportions très importantes entre les deux guerres. Elle n'était pas en reste, elle ne le niait pas. Elle avait subi des remarques loin d'être flatteuses sur son ascendance quand elle était à l'école et avait vite appris à répliquer avec une baguette magique entre les doigts, méthode assez contestable, entendons-nous bien. Mine de rien, elle avait eu plus de retenues pour magie - et duels - dans les couloirs que pour des sorties en dehors du couvre-feu ou des petites insolences aux professeurs. Au niveau perte de points, elle devait en avoir perdu pas mal, mine de rien, malgré sa réputation d'élève sage. Elle ne s'étaient pas souvent faite prendre, c'est tout.

Elle se laissa entraîner par Eliott vers la balustrade qui entourait la glace et s'y assit en réajustant sa jupe. Dans une considération toute superficielle, si elle avait su qu'ils feraient du patin, elle aurait mis quelque chose de bien plus pratique que des collants. Même si - toujours aussi superficiellement - c'était plus joli. Elle jeta un coup d’œil à la glace scintillante, striée quelque peu par les traces de leurs patins. Il faudrait qu'elle arrange ça avant de partir, histoire que les employés ne se posent pas de question sur ce qui avait pu se passer pendant la nuit. Elle tourna ses yeux vers Eliott quand il annonça qu'il allait faire sa demande désormais. Pendant un quart de seconde, elle se demanda s'il était sérieux. Heureusement, il précisa bien vite que c'était une plaisanterie et elle retint un soupir de soulagement qui pourrait être interprété comme malvenu. Ce n'était pas sa faute, après tout. D'abord, six ans passés avec Eliott lui avaient appris qu'il était assez impulsif pour faire ce genre de choses. Et deuxièmement, il l'avait embrassé le trente-et-un, alors qu'ils ne s'étaient pas vus depuis six ans. Alors oui, étonnamment, elle ne serait presque pas surprise. Et puis elle avait encore en tête l'histoire de Willa, l'une de ses collègues Auror de tout juste vingt-ans qui s'était fait demander en mariage le premier soir et dont le soupirant avait commencé à parler enfants entre le fromage et le dessert. L'avantage, c'est qu'ils n'avaient pas de fromage et de dessert ici.

- A tes risques et périls ! répliqua-t-elle, malicieusement. Et puis je suis sûre que ton père serait très déçu et légèrement mécontent de voir que tu gâches ainsi la lignée Warlock. Cela fait mauvais genre ! ajouta-t-elle en riant.

Elle ne savait pas exactement ce qui se passait entre Eliott et son père mais se doutait bien que les choix de son fils n'avaient pas dû réjouir un homme tel que John Warlock. C'était dommage tout de même, ces fossés qui pouvaient se créer entre les parents et les enfants. Elle avait eu de la chance d'avoir des parents compréhensifs et ouverts d'esprits qui avaient cherché à tout prix à maintenir un lien avec elle, en se renseignant énormément sur le monde des sorciers, allant même jusqu'à faire des tours sur le Chemin de Traverse en son absence pour acheter des livres sur Poudlard et avaient vu pendant quelques années une conseillère spécialisée pour les parents moldus d'enfants sorciers. Mais elle savait que c'était une exception. Mark Bennett, son petit-ami de Poudlard, était né-moldu lui aussi et ses parents vivaient beaucoup plus mal la situation, au points qu'ils soient presque totalement brouillés avec leur fils. Mais visiblement, ce n'était pas réservé aux parents moldus de voir leur enfant s'éloigner dans un autre monde. Même s'il devait y avoir beaucoup plus de nés-moldus que de sorciers qui brisaient leur baguette pour aller vivre totalement dans le monde moldu. Briser leur baguette, de toute manière était un acte que beaucoup n'oseraient jamais faire. C'était trop symbolique, c'était renier sa condition de sorcier toute entière. Et si elle avait déjà du mal à l'envisager en étant née-moldue, elle n'imaginait pas pour un sorcier conservateur.

- Enfin, là n'est pas la question, reprit-elle.

Elle coinça une mèche de ses cheveux blonds derrière son oreille, le cœur battant.

- Ce qui s'est passé, là, c'était... sérieux ?

Parce que même si c'était un troisième rendez-vous, ils s'étaient quand même peu vu et elle n'avait pas très envie de se retrouver dans le rôle de celle qui se fait des illusions alors qu'il n'y a rien de tangible, rien de sérieux. Mine de rien, elle avait beau avoir réussi à agir sur un coup de tête quelques minutes auparavant, le naturel revenait au galop une fois chassé. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.


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Eliott rit de bon cœur à la remarque de Charlotte sur le fait qu'un Warlock à Serpentard serait beaucoup trop cliché. Paige aurait sans doute été ravie d'entendre ça. Il avait été un peu surpris de la répartition de sa sœur à Serpentard quand il était en septième année. Il l'aurait bien vue à Serdaigle comme Andrew, ou même à Poufsouffle. Paige plaisait à tout le monde, elle arrivait à se faire apprécier de tous ses interlocuteurs, mais avec les années il s'était aperçu que c'était plus surement dû à une bonne capacité d'adaptation plutôt qu'à de la pure gentillesse. Tant mieux, il préférait la savoir maline que trop naïve. Il espérait juste ne s'être pas fait avoir trop souvent par les numéros de charme de sa cadette. Il aimait se dire qu'il la connaissait suffisamment bien pour savoir quand elle mentait et quand elle était vraiment elle-même, mais au fond de lui il commençait à en douter. Paige et lui avait été assez proches dans leur enfance, malgré leurs années d'écart. Ils étaient restés complices après qu'il ait quitté Poudlard et elle avait souvent été la première au courant de ses bêtises diverses. Maintenant qu'il ne vivait plus à la maison ils ne se voyaient même plus pendant les vacances, et s'écrivaient moins souvent aussi. Il lui arrivait de se demander si c'était de sa faute, si c'était uniquement dû à son conflit avec son père, ou si c'était normal, que Paige grandisse et qu'ils s'éloignent. Il préférait se rassurer en choisissant la seconde option mais avait de plus en plus de mal à se convaincre.

Charlotte s'assit sur la balustrade à coté de lui et il se permit une blague sur la demande en mariage qui lui avait été autorisée après le troisième rendez-vous. Il eut du mal à ne pas rire en voyant le doute passer sur le visage de la jeune femme. Il ne savait pas trop quoi penser du fait qu'elle le croit capable d'aller si vite. Il savait qu'il avait tendance à s'emballer un peu rapidement, mais tout de même. Il avait déjà cru rencontré la femme de sa vie de trop nombreuses fois pour risquer de s'engager avant plusieurs mois, voire années. Il entendait presque Andrew lui rappeler que "Un mariage sur trois finit en divorce", ce qui en tant qu'avocat l'arrangeait bien. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'espérer que Charlotte serait la bonne. Il l'aimait beaucoup et avait adoré les rares moments qu'ils avaient passé ensembles. Alors oui c'était niais et oui il pensait comme une fillette de treize ans mais il avait envie d'y croire.

Il se contenta de hausser les épaules et de lever les yeux au ciel, mi-amusé mi-exaspéré, quand elle affirma que cela ne plairait pas à son père de voir qu'il "gâchait" ainsi la lignée Warlock. Non seulement il ne voyait pas en quoi un mariage avec Charlotte gâcherait quoi que ce soit, les théories sur la pureté du sang appartenaient à un autre millénaire, il n'y avait vraiment plus que des rétrogrades comme son père pour y croire. Et puis de toute façon ce dernier n'était jamais content de quoi que ce soit venant de sa part, alors ça ne changerait pas grand chose. Il voulait bien croire qu'il ne lui avait pas faciliter les choses, que c'était dur de voir ses enfants emprunter un autre chemin que celui qu'on leur destinait. Oui c'était difficile, mais c'était loin d'être impossible. Des tas de parents moldus voyaient leurs enfants partir dans le monde sorcier, et il ne cessait pas de leur parler pour autant, il ne comprenait pas pourquoi son père n'avait pas voulu essayer de gérer la situation inverse. Il n'avait jamais fait le moindre effort pour faciliter les choses, partant du principe qu'en s'excluant du monde sorcier Eliott s'excluait de leur famille. Pourtant il y avait des dizaines de couples et de familles mixtes, mais visiblement l'ouverture d'esprit n'était pas à l'ordre du jour dans la sienne.

"Ce n'est pas comme si il lui en fallait beaucoup pour être mécontent..." répliqua-t-il avec un demi-sourire.

C'était simple, depuis qu'il avait choisit de poursuivre l'étude des moldus après Poudlard, rien de ce qu'il avait fait n'avait trouvé grâce aux yeux de son père. Chacune de ses décisions était décevante, il faisait toujours le mauvais choix, il faisait tout de travers. Alors il n'était plus à une erreur près, même s'il continuait de dire qu'un mariage avec Charlotte n'aurait rien d'une erreur. Cette dernière replaça presque timidement une mèche de cheveux derrière son oreille en répondant que là n'était pas la question. Il l'interrogea du regard, se demandant où elle voulait en venir. Il eut tout la peine du monde à retenir un sourire attendri quand elle lui demanda si ce qui s'était passé était sérieux. Il retint aussi le "bien sûr que oui !" qui lui brûlait les lèvres. Il avait appris d’expérience que considérer les choses comme sérieuses trop rapidement était assez efficace comme répulsif. C'était même redoutable. Pourtant Charlotte avait l'air d'attendre une réponse positive, du moins c'était ce qu'il voulait croire.

A ses yeux ça l'était, sérieux. Il l'avait nié pendant un temps mais avait finit par reconnaitre qu'il avait beaucoup pensé à Charlotte depuis la première fois où ils s'étaient revus. Et il avait envie de passer plus de temps avec elle, il appréciait réellement sa compagnie et il adorait réapprendre à la connaitre. Il ne voulait voir personne d'autre, juste elle. Il voulait sortir avec Charlotte, tout simplement, aussi puérile que soit la formule. C'était ce qu'il voulait mais il hésitait à le dire. Il avait été trop de fois ce pauvre type qui voulait s'engager trop vite et qui faisait fuir les filles. Ne pas s'emballer. Il aurait aimer savoir ce que Charlotte attendait, il avait bon espoir qu'elle veuille être rassurée sur le fait que c'était quelque chose de sérieux, mais il y avait toujours cette hypothèse dans laquelle elle voulait vérifier qu'ils ne faisaient que passer de bons moments ensembles, sans rien de sérieux.

"C'était euh...*très sérieux*...Comme tu veux."

Pitoyable réponse. Étrange comme il était à l'aise pour plaisanter mariage mais beaucoup plus embarrassé quand il fallait parler sérieusement. Il était ridicule, tout juste comparable à une adolescente de douze ans. A croire qu'il ne changerait jamais, c'était désespérant. Il était censé être un Gryffondor, n'avoir peur de rien, être sûr de lui, tout ça. Et puis, ce n'était pas bien difficile finalement, il suffisait d'être honnête. Il n'avait qu'à prendre le Dragon par les cornes et....Et espérer ne pas finir brûlé.

"C'était sérieux pour moi, reprit-il avec un peu plus d'aplomb, s'autorisant un sourire. A toi de me dire si ça l'était pour toi aussi."

Il s'en était remarquablement bien tiré finalement, maintenant il n'avait plus qu'à espérer que Charlotte serait sur la même longueur d'ondes. Il n'avait pas la moindre envie de l'entendre dire qu'elle préférait ne pas s'engager dans quelque chose de sérieux, qu'elle n'avait pas le temps, ou n'importe quelle autre excuse qui servirait à lui dire qu'elle ne souhaitait pas qu'ils se fréquentent plus régulièrement.



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Ce qu'elle voulait ? Mine de rien, c'était une bonne question. Elle aimait bien Eliott, vraiment, ils passaient de bons moments ensemble et elle avait attendu ce rendez-vous depuis la semaine dernière, au point que Willa - sa jeune collègue qui avait un très bon sens de l'observation - se rende compte de quelque chose. Ce qui s'était passé à leur premier rendez-vous, ce baiser, lui restait en tête depuis des mois sans qu'elle puisse arriver à faire le point sur sa véritable signification. Elle avait essayé de mettre les choses de coté et s'était forcé à ne pas trop y penser. Elle se connaissait trop bien : si elle ne relativisait pas, cela allait finir par se changer en quelque chose de désagréable qui la tourmenterait. Et étonnamment, contrairement à ses habitudes, elle avait plutôt bien réussi puisqu'elle avait abordé ce troisième rendez-vous avec seulement de l'impatience, sans s'inquiéter et sans tergiverser. Ce qu'ils avaient, sans mettre de mot dessus, lui convenait parfaitement. C'était des bons moments, elle appréciait Eliott, il était gentil, il la faisait rire et il était plutôt mignon, ce qui était loin de gâcher le tout. Mais est-ce qu'elle avait vraiment envie des mettre des mots sur tout cela ? De prendre le risque de gâcher ces moments agréables en posant dessus une chape de sérieux. Pourquoi est-ce qu'elle avait posé la question, aussi ? Après tout c'était elle qui avait pris cette initiative, elle aurait juste pu continuer à profiter. Mais cela avait été plus fort qu'elle, elle avait eu peur que tout ceci ne soit qu'un jeu sans importance. Ce n'était pas tant que le fait que ce soit un jeu qui l'aurait dérangée, c'est le fait qu'elle ne soit pas au courant. Elle n'avait pas envie de se faire des illusions un jour si cela n'en valait pas la peine. Et pour rajouter en plus, elle n'arrivait pas à savoir d'où venait la pointe de déception qu'elle avait ressenti devant le "comme tu veux" d'Eliott. A quoi est-ce qu'elle jouait ? Elle ne le savait même pas vraiment elle-même. Sans savoir ce qu'elle voulait, elle aurait voulu qu'il réponde sans hésiter un "oui" ? Cela n'avait pas de sens. Et pourquoi, malgré ses bonnes résolutions, elle se retrouvait encore à tergiverser sur des choses comme celles-ci ? Elle était franchement incapable de changer.

Elle avait laissé son regard s'égarer sur les gradins qui leur faisait face quand Eliott lui avait répondu et elle reposa les yeux sur lui lorsqu'il reprit la parole, se mordillant la lèvre pour retenir un sourire. Elle ne savait même pas où elle voulait en venir elle-même, c'était désespérant. Cette réponse lui faisait plaisir tout simplement parce que c'était celle qu'elle attendait, tout simplement parce qu'elle ne voulait pas entendre Eliott dire que tout ça n'avait aucune valeur, que ce n'était qu'un moyen de passer le temps. Et si elle voulait tout cela, c'était parce que c'était important à ses yeux, même si elle n'avait pas très envie de l'admettre. Elle n'avait pas très envie de l'admettre, parce que cela aurait été reconnaître qu'elle craquait encore pour un garçon, sans pouvoir s'en empêcher, parce que cela signifiait qu'elle cédait encore devant quelques sourires et gentillesses. Parce que cela signifiait qu'elle était vraiment irrécupérable. Et deux parties d'elles s'opposaient sur ce point. Celle qui disait qu'il n'y avait aucun mal à cela, qu'Eliott était quelqu'un de gentil, qu'elle n'avait vraiment rien à perdre et que des bonnes choses à y gagner et l'autre, plus méfiante, qui ne pouvait s'empêcher de lui rappeler que les précédents étaient aussi de gentils garçons et qu'à chaque fois, elle finissait par aller pleurer dans les bras de Lilly parce qu'elle s'était encore faite avoir. Et puis aussi parce qu'elle avait rompu avec son dernier copain parce qu'elle passait beaucoup trop de temps à son travail et qu'il le lui reprochait. Même si c'est elle qui avait rompu, elle pouvait lui accorder qu'il avait raison sur plusieurs points, notamment l'amour qu'elle portait à son travail, sa tendance à annuler des rendez-vous à la dernière minute ou à bosser sur un dossier pendant tout un week-end. Cela faisait trois mois qu'Eliott l'avait embrassée pour la première fois. Trois mois. Et il n'y avait eu qu'un rendez-vous durant cette période. Est-ce que c'était raisonnable de se lancer dans une relation sérieuse ? Est-ce qu'elle pouvait imposer cela à Eliott ? Elle ressentit un élan de culpabilité à cette idée.

Elle était tellement partagée en cet instant qu'elle ne put soutenir le regard d'Eliott sans baisser les yeux. Alors oui, elle n'avait pas envie d'arrêter ce qui se passait en ce moment entre eux, elle appréciait trop cela, c'était une bouffée d'oxygène dans son quotidien chargé. C'était très égoïste comme raison, quand on y pensait bien. Mais si c'était pour lui imposer une relation qui lui pèserait, c'était inutile de se lancer là-dedans. Cela serait forcément douloureux pour tous les deux. Mais pourquoi est-ce qu'elle avait posé cette question ? C'était un coté d'honnête Poufsouffle qui ressortait, qui n'avait pas voulu laisser les choses sans les éclaircir ? Elle avait plutôt l'impression qu'elle venait de se rajouter un poids sur les épaules. Elle ne pouvait décemment pas répondre à Eliott que ce n'était pas sérieux, pas après qu'il ait dit que cela l'était pour lui, et puis de toute manière, ce n'était pas vrai. Il ne s'était pas passé grand-chose entre eux, rien de bien tangible, mais elle l'avait pris au sérieux, pas à la légère, sinon ce baiser ne lui serait jamais resté en tête. De toute manière, ce n'était pas dans sa nature, elle était bien trop fleur bleue, bien trop romantique pour cela, pour ne pas prendre des relations au sérieux. Alors c'était cela. Elle voulait une relation sérieuse, c'est pour cela qu'elle avait été heureuse de la réaction d'Eliott, peu importe si cela signifiait qu'elle n'avait pas changé et qu'elle craquait toujours aussi facilement, peu importe si cela la faisait passer pour une pré-adolescente. Mais est-ce qu'elle pouvait ? Est-ce qu'elle pouvait imposer à Eliott son emploi du temps comme elle l'avait fait avec son précédent petit-ami ? Est-ce que cela finirait par mal finir, parce qu'ils ne passaient pas assez de temps ensemble ? Est-ce que cela finirait par lui faire de la peine, est-ce qu'elle ne regretterait pas de ne pas avoir répondu à ce moment précis qu'il n'y avait rien de sérieux entre eux, qu'ils n'étaient là que pour s'amuser ?

Mais si elle se mettait à raisonner comme cela à chaque relation, elle n'aboutirait jamais à rien, elle ne pouvait pas se le permettre. Évidemment, il y avait des chances que cela se finisse mal... Mais il y avait aussi des chances que le contraire arrive. Et elle serait passée à coté de quelque chose de bien tout simplement parce qu'elle avait l'art de se tracasser avec des détails. Oui, sa dernière relation s'était mal terminée et cela visiblement plus atteinte qu'elle ne le pensait pour que cela l'affecte encore des mois après. Oui, elle travaillait beaucoup et c'est cela qui avait tout gâché. Mais ne pouvait-elle pas faire des efforts ? Elle avait donné six ans de sa vie sans compter au bureau des Aurors, ne pouvait-elle pas s'accorder un peu de temps, pour elle, et pour les autres ? Non, elle n'était pas obligée de terminer à minuit tous les soirs, c'était du zèle, tout le monde ne faisait pas cela. La plupart de ses collègues arrivaient à concilier une vie de travail et une vie sociale, voire même du sommeil sans que cela leur porte préjudice. Ce n'était pas sain de vivre ainsi et elle ne pourrait pas continuer ainsi toute sa vie. Oui, elle était jeune, elle n'avait que vingt-deux ans, vingt-trois dans trente jours mais à continuer ainsi elle passerait à coté d'une partie de sa vie. Son travail n'était pas une vraie excuse pour reculer. Si elle reculait, c'était parce qu'elle avait un peu peur aussi. De quoi, elle ne savait pas. mais c'était bien là, bien présent. Il n'y avait pas de raisons, après tout. Il ne pouvait rien arriver de grave, si ce n'est qu'un chagrin d'amour dont elle finirait par se remettre, comme toujours. Elle reposa les yeux sur Eliott et lui adressa un léger sourire. Elle était une Gryffondor, après tout. Un peu de cran. Il suffisait de se lancer à l'eau, rien de grave. Après tout, ce n'était rien. Et elle n'avait pas envie d'avoir de regrets, elle n'avait pas envie de se dire que cela aurait pu être une jolie histoire, peut-être. Alors elle n'avait qu'à agir, mettre de coté ses appréhensions, et ses tracas, oublier tout ce qui la retenait encore et juste agir sans réfléchir, pour juste profiter du moment. Elle n'avait rien à perdre dans une relation sérieuse, rien du tout. C'était justement une relation prise à la légère qui lui ferait du mal car elle se connaissait trop bien et savait qu'elle finirait par s'attacher. Alors il n'y avait pas lieu de tergiverser, n'est-ce pas ? Un peu de cran, tout de même. Elle posa une main sur l'épaule d'Eliott pour descendre de la balustrade sans glisser et se retrouva face à lui, son équilibre retrouvé. Elle avait gardé le silence un temps et lui adressa un sourire en coin pour le rassurer.

- Ça l'était pour moi aussi, annonça-t-elle, agréablement surprise de son ton déterminé.

Elle ne retint pas le sourire entier qui naquit sur ses lèvres et elle se rapprocha d'Eliott. Rien à perdre, tout à y gagner. Alors oui, forcément, cela amènerait son lot de questionnements et d'hésitations. Mais c'était parfois peu cher payé face à ce qu'une relation pouvait apporter de bien. Elle ne pouvait pas sans cesser accabler son travail ou se trouver des excuses. Il fallait qu'elle ait un peu de témérité et profite de la vie même si elle aurait toujours cette peur latente que tout finisse mal. C'était des risques à prendre. Tout ne pouvait pas arriver facilement. Et puis... Rien ne disait que cela finirait mal, cette histoire. Elle était une grande optimiste, malgré ses appréhensions, et une grande romantique. Il suffisait juste de se lancer et tant pis pour le résultat. Au moins, elle n'aurait pas le regret d'être passée à coté de quelque chose par peur de l'échec, peur de faire face à encore une autre désillusion. Alors elle passa ses bras autour de la nuque d'Eliott et effleura ses lèvres avant de l'embrasser de nouveau. Juste parce qu'elle en avait envie, encore. Et parce que maintenant qu'elle avait donné sa réponse, elle ne pouvait plus reculer, elle n'avait qu'à profiter du moment, sans se questionner plus encore. Quand ils se séparèrent, elle resta contre lui encore un instant avant de lui attraper la main pour qu'ils recommencent à patiner. Ce n'est pas qu'il faisait froid dans cette patinoire, mais presque.

- Au fait, tu ne m'as toujours pas dit, ou plutôt je n'ai t'ai jamais demandé, qu'est-ce qui s'est passé depuis les ASPICS dans ta vie ? A part ce qui s'est passé avec ton père, je veux dire. Mine de rien, six ans, cela fait long... Et tu auras le droit de me retourner la question, promis ! ajouta-t-elle malicieusement, en référence à leur premier rendez-vous.

Vraiment tout à y gagner.


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Le sourire assuré d'Eliott disparut à l'instant où Charlotte baissa les yeux avec une sorte de culpabilité qu'il ne voulait pas comprendre. Il s'était rarement sentit aussi idiot. Ou plutôt si, il s'était souvent senti ainsi, trop souvent même. Le pauvre type qui se faisait des idées après un baiser qui ne voulait rien dire, celui qui se jetait à corps perdu dans une relation qui n'existait pas, qui construisait une histoire à partir de rien du tout. Le regard de Charlotte venait de tout détruire -pour peu que l'on puisse détruire quelque chose qui n'avait jamais existé- elle balayait ses illusions comme on souffle sur un château de cartes. Un sentiment de déception trop familier s'empara de lui mais il n'en laissa rien paraitre, se préparant déjà à jouer celui qui s'en fichait, à hausser les épaules et lui dire qu'elle avait raison, que ce n'était pas si sérieux que ça. Il finirait peut-être par se convaincre lui-même, bien qu'il doutait de pouvoir être crédible. Charlotte semblait plongée en pleine réflexion, cherchant sans doute un moyen de mettre les choses au clair qui ne soit pas trop brutal, c'était gentil de sa part. Il hésita à lui dire d'y aller franchement, histoire de mettre fin à ce silence qui lui pesait un peu trop, il avait l’habitude, il encaisserait. Ça ferait un peu mal sur le coup, mais il s'en remettrait, il s'en remettait toujours.

Il avait déjà vécu cette situation plusieurs fois, mais il avait l'impression que cette fois-ci c'était différent. Parce que Charlotte était différente. Une voix cinglante dans sa tête lui fit remarquer qu'elles était toutes différentes, au début, mais il la fit taire, Charlotte était encore plus différente. Elle état aussi forte qu'elle était fragile et attendrissante, elle était profondément gentille, il la trouvait drôle, et très jolie aussi. Il avait vraiment eu envie d'y croire, et il y avait cru, sans se poser de question. Il s'était mis des œillères et avait ignoré tout ce qui aurait pu le faire douter. Il avait refusé de voir ce qui lui paraissait maintenant évident. Trois rendez-vous en plus de deux mois, c'était ridicule. Il n'y avait que lui pour voir quoi que ce soit dé sérieux là-dedans, à croire qu'il ne changerait jamais. Il était désespérant. Quel imbécile il faisait, maintenant Charlotte devait culpabiliser alors qu'elle avait simplement été plus lucide que lui, ce qui n'était pas bien difficile. Il ne lui en voulait même pas, ce n'était pas comme si elle lui avait donné de faux espoirs ou fait une quelconque promesse. Ils ne s'étaient jamais engagés à rien, il s'était fait des illusions tout seul. Il espérait au moins qu'il n'avait pas tout gâché, qu'ils pourraient continuer de se voir, même de temps en temps. Parce que même si ce n'était pas ce qu'il voulait, une relation passe-temps serait toujours préférable à pas de relation du tout. Il finirait par s'y faire.

"Finalement tu..." commença-t-il.

Autant faciliter la tâche à Charlotte en jouant celui pour qui ça n'avait pas grande importance. Il n'eut toutefois pas la temps de terminer sa phrase car la jeune femme posa une main sur son épaule, il se tourna vers elle, un peu surpris, et la vit descendre précautionneusement sur la glace. Elle vint se placer face à lui et lui adressa un sourire en coin qui fit renaitre un peu d'espoir en lui. Il s'interdit toutefois de trop espérer, la chute n'en serait que plus douloureuse sinon, il avait eu son compte de désillusions pour la soirée. Charlotte annonça finalement, avec une détermination très convaincante, que c'était sérieux pour elle aussi. Il ne retint pas l'immense sourire soulagé qui se dessina sur son visage et répondit avec passion au baiser de la jeune femme, caressant doucement ses cheveux. Tous les espoirs qu'il avait cru détruits semblaient ravivés, et il n'essaya pas de les étouffer. Peut-être qu'il connaitrait finalement la désillusion dans quelques mois, peut-être que Charlotte n'avait répondu ainsi que pour lui faire plaisir, peut-être qu'elle finirait par le quitter parce qu'elle ne voulait rien de sérieux mais tant pis, pour le moment il voulait y croire. Il finirait probablement par être encore déçu, mais il pouvait aussi vivre une belle histoire, ça valait la peine de tenter le coup.

Il se sentait comme libéré d'un poids, et il sourit tendrement à la jeune femme lovée dans ses bras en se disant qu'elle était parfaite. C'était presque trop beau pour y croire mais tant pis, il y croyait quand même. Son optimisme finirait par le perdre mais il préférait profiter pleinement de l'instant présent, quitte à déchanter plus tard, plutôt que de s'interdire de vivre à cause de la seule peur que tout finisse mal. Il n'y avait qu'une seule façon de savoir comment tout cela finirait et c'était de le vivre, tout simplement, avancer sans se poser de questions, et ils verraient bien ou cela les mènerait. Charlotte lui attrapa la main pour l'entrainer sur la glace et il la suivit en gardant sa main dans la sienne.

"Cinq ans, corrigea-t-il quand elle lui demanda ce qu'il avait fait des six années entre leur sortie de Poudlard et leurs retrouvailles. On avait dix-huit ans quand on a quitté Poudlard."

En vérité presque tous ses camarades avaient dix-huit ans, mais pas lui puisqu'il était né en août. Il avait peut-être été le plus jeune de leur promotion d'ailleurs, il ne s'était jamais posé la question. Quoiqu'il en soit il avait toujours détesté être le dernier à pouvoir tout faire parmi ses amis. Le dernier à passer son permis de transplanage, le dernier à pouvoir boire de l'alcool légalement, à pouvoir faire de la magie quand il le voulait. Et puis, il n'avait jamais pu fêter son anniversaire avec ses amis, la plupart des gens étaient en vacances au beau milieu du mois d'août. Avec le recul il réalisait que c'était peut-être une bonne chose, il se demandait si le manoir serait encore debout s'il y avait organisé une fête. Probablement pas.

Il sourit en entendant Charlotte lui assurer qu'il aurait le droit de lui retourner la question, faisant ainsi référence à leur premier rendez-vous. Qu'est-ce qu'il avait fait pendant cinq ans ? Il avait l'impression qu'il s'était passé des tas de choses mais n'arrivait pas bien à faire le tri. C'était à la fois assez court et très long cinq ans, et si pas mal de choses avaient changé dans sa vie, lui ne se sentait pas si différent de celui qu'il était à dix-huit ans, même si ses expériences l'avait forcément fait mûrir, au moins un peu. Un tout petit peu.

"Après Poudlard j'ai été dans un établissement pour étudier le Monde moldu, pendant trois ans, commença-t-il avec un sourire nostalgique. Ça avait été une chouette période de sa vie, malgré les conflits familiaux que cela avait engendré. Ils n'étaient pas nombreux mais tous passionnés par les moldus et leur culture et il n'avait même pas eut l'impression d'étudier, malgré les cours d'Histoire qui étaient aussi soporifiques que ceux du Pr. Binns. C'était sympa, on touchait à tout, cinéma, histoire, culture générale, technologie. C'était cette dernière matière qui posait le plus de problèmes à ceux qui, comme lui, n'avaient aucune origine moldue. Il avait bien failli faire exploser un ordinateur un jour. J'ai passé mon permis, l'épreuve la plus difficile de ma vie, ajouta-t-il en riant. Il n'en revenait toujours pas d'avoir réussi d'ailleurs, on avait du ensorcelé son examinateur. Et finalement je me suis mis à mon compte. J'aurais bien travaillé pour une compagnie de taxis, mais on dit que ce sont de vrais voleurs."

C'était plus dur d'être à son propre compte, pour trouver des clients notamment, mais une fois qu'on avait un certain réseau, on gagnait bien mieux sa vie comme ça. Il avait une situation à peu près stable à présent, il n'était pas à plaindre financièrement, surtout que l'appartement ne lui coutait pas grand-chose et il aimait bien son boulot. Il travaillait quand il voulait, autant qu'il voulait, et il rencontrait des tas de gens différents. Sa curiosité en dérangeait certains mais d'autres bavardaient avec plaisir, ravis que l'on s'intéresse à eux.

"Permet-moi de te retourner la question maintenant, termina-t-il avec un sourire. Comment ma charmante camarade est-elle devenue une Auror hors-pair ?"


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Si c'est elle qui avait pris l'initiative d'embrasser une nouvelle fois Eliott, Charlotte fut surprise de l'ardeur qu'il mit dans sa réponse et elle sentit malgré elle son cœur accélérer. C'était aussi pour cela qu'elle savait qu'elle savait qu'elle n'aurait pas pu tenir face à une relation qui n'était pas sérieuse, qui était juste là... Comme ça. Elle se connaissait assez pour savoir qu'elle finirait par céder, ce n'était pas la peine de se faire des illusions en prétendant qu'elle pourrait résister. Au moins, elle était lucide sur cela, cela compensait peut-être le fait qu'elle n'ait aucune force pour résister dans ces cas-là. Elle avait toujours été ce genre de filles, de celles qui craquaient trop facilement, au moindre sourire, au moindre mot gentil, de celles qui enchainaient les béguins, qui étaient toujours déçues de voir leur crush s'éloigner.


I see ya blowin' me a kiss
It doesn't take a scientist
To understand what's going on baby


Et encore aujourd'hui, elle en revenait toujours au même point. Elle sentait son coeur s'emballer pour un baiser, pour un regard et pouvait se maudire autant qu'elle le souhaitait, rien n'y faisait. Elle aimait bien Eliott et ils passaient de bons moments tous les deux. Il ne fallait pas être Rowena Serdaigle pour comprendre qu'elle craquait pour lui. Elle avait attendu ce rendez-vous avec impatience, c'était la seule chose qui lui avait fait prendre du temps sur son travail, exploit que même des sorties avec Jensen et Lilly n'avaient pas réussies. Et si elle avait refusé de se l'avouer jusqu'à cet instant, c'est parce que c'était tellement désespérant mais tellement elle à la fois. Après tout, quand on y pensait bien, ils n'avaient eu que trois rendez-vous. Craquer aussi vite, au bout du deuxième, voire même avant, elle ne savait même pas, n'était-ce pas ridicule, à son âge ? Et même si une petite voix en elle lui disait qu'ils se connaissaient depuis des années et que ce n'était pas la première fois qu'elle avait le béguin pour Eliott Warlock, elle la fit taire.

If you see something in my eye
Let's not over analyze
Don't go too deep with it baby

Et même si elle était désormais de le reconnaître, elle ne voulait rien laisser paraître. Elle ne voulait pas redevenir l'adolescente qui regarde ses camarades masculins passer avec des étoiles dans les yeux. Elle avait l'impression qu'afficher ce béguin au monde serait perdre le contrôle de la situation. Oui, c'était ridicule, comme désir. Oui, c'était ridicule mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Cela n'avait jamais été une position agréable, celle de la fille qui s'entichait trop vite. Parce que c'était toujours pénalisant, d'être celui qui attendait des choses de l'autre. Elle avait été trop de fois dans cette situation pour l'apprécier désormais. Et si elle pouvait éviter de s'y retrouver, cela l'arrangerait. Et puis que penserait Eliott, s'il voyait qu'elle avait déjà le béguin pour lui, alors qu'ils se fréquentaient depuis peu ? Ou alors peut-être que ce serait le contraire ? Il s'en rendrait compte et se ferait des films, tout comme elle pouvait le faire, sur ce qui finalement n'était qu'un simple béguin ? Si on pouvait trouver un béguin simple, évidemment, vu qu'il amenait également son lot de questionnements. Et si tout se compliquait, finalement ? Mais pourquoi, pourquoi fallait-il qu'elle craque aussi facilement ? Pourquoi faire simple quand on pouvait faire compliqué ?

So let it be what it'll be
Don't make a fuss and get crazy over you and me
Here's what I'll do
I'll play loose
Run like we have a day with destiny

Tandis qu'ils recommençaient à patiner, Charlotte fit mentalement le compte entre leur sortie de Poudlard et maintenant. Oui, cinq ans, six dans quelques mois. C'était long et court à la fois, quand on y pensait bien. Plein de choses avaient changées, d'autres étaient restées comme avant. Et n'était-ce pas ironique, qu'elle craque de nouveau sur Eliott cinq ans après le premier béguin, lors de leur septième année ? Comme quoi, elle n'avait pas tant changé, contrairement à ce qu'elle pensait, si elle en revenait toujours au même point, avec le même garçon. Évidemment, il n'avait pas été le seul et il y avait eu d'autres hommes dans sa vie pendant cette intervalle de temps mais c'était tout de même significatif, non ? Et pourquoi elle ne pouvait pas s'empêcher de ruminer ce genre de pensées et d'inquiétudes ? Elle n'avait même pas quelque chose de concret pour baser ses supputions ! Elle était juste là, à angoisser et à se questionner encore et encore alors qu'elle aurait dû tout simplement profiter du moment, sans se prendre la tête comme ça. Après tout, il n'y avait absolument rien de grave. Ce n'était pas la première fois qu'elle craquait pour quelqu'un et sûrement pas la dernière. Pourquoi ne pouvait-elle pas occulter toutes ces questions ? Ce n'était qu'un béguin, pas la fin du monde.

It's just a little crush
Not like I faint every time we touch
It's just some little thing
Not like everything I do depends on you

Alors, oui, elle avait apprécié ce baiser, oui elle craquait complètement mais ce n'était pas une raison pour réagir comme cela. Un peu de nerfs, Meyer. Elle valait mieux que cela, tout de même, non ? Il fallait qu'elle se ressaisisse et qu'elle cesse de penser autant. Agir comme une bonne Gryffondor, comme la Gryffondor qu'elle était censée être et qu'elle agisse sans penser. C'était bien, cela. Profiter du moment. Arrêter de se prendre la tête sur les choses à venir, les choses qui ne viendront peut-être pas et tout ce qui lui parasitait l'esprit. Elle était bien, là, à ce moment, c'était bien suffisant. Elle adressa un sourire à Eliott et glissa ses doigts dans les siens, plutôt que de lui tenir simplement la main. Elle avait passé l'âge de se torturer pendant des heures avec des détails. Alors quand il évoqua son permis, elle saisit la perche au bond, plutôt que de rester en silence à ressasser.

- Mes parents auraient aimé que je le passe, le permis, ils voulaient même le payer. Ils disaient que cela pouvait toujours me servir. Ce n'est pas faux mais comme je transplane beaucoup... Ils continuent de penser que si je reviens un jour dans le monde moldu, cela me servira.

Ils restaient traumatisés par ce qui s'était passé durant l'année des Ténèbres. Elle avait disparu pendant presque un an, après avoir laissé un simple mot sur la table, après leur avoir expliqué rapidement la situation désastreuse du monde sorcier pour elle. Elle n'avait pas pu donner de nouvelles pendant des mois, elle était partie avec des inconnus et ils n'arrivaient plus à contacter le Ministère, chose que Mrs Callaghan, la mère de Lilly, leur avait d'ailleurs déconseillé. Ils avaient signalé sa disparition à la police, qui l'avait cherchée en concluant à une fugue qui avait mal tourné mais n'avaient évidemment rien trouvé, étant donné qu'elle était en France sous une autre identité. Elle avait fini par revenir mais toute la famille restait très marquée par cette histoire et ses parents avaient encore, des années après, tendance à la surprotéger. Ils auraient aimé qu'elle abandonne le monde magique après tout cela, ils avaient eu trop peur de ne jamais la revoir.

It's raising my adrenaline
You're banging on a heart of tin
Please don't make too much of it baby
You say the word "forevermore"
That's not what I'm looking for
All I can commit to is "maybe"

Son regard s'égara sur le visage d'Eliott et elle fut immédiatement assaillie de nouveau par toutes ses craintes. Jusqu'à maintenant, elle n'avait pas conscience d'être préoccupée par autant de choses concernant sa vie sentimentale. Après sa dernière rupture, de son propre chef, elle s'était plongée à corps perdu dans son travail pour s'occuper l'esprit et cela avait visiblement plus que bien fonctionné puisque tout revenait soudainement dans son esprit, toutes les questions qu'elle avait refusé de traiter. Mais sa décision était prise. Elle ne gâcherait pas sa soirée, elle ne gâcherait pas ce moment avec cela. Elle devrait réfléchir à tout cela, oui, mais pas maintenant. Elle l'avait occulté pendant des mois, elle pouvait bien y arriver quelques heures de plus. Alors elle chassa de son esprit tout ce qui pouvait la tourmenter et se concentra sur des choses bien plus agréables.

- Il n'y a rien de bien passionnant, à vrai dire ! affirma-t-elle en secouant la tête doucement. J'avais les ASPICS demandés en sortant de l'école et j'avais ce projet depuis la cinquième année alors j'ai postulé. En sortant de mon entretien, j'étais persuadée que je ne serai pas prise et j'ai même envoyé ma candidature à Sainte-Mangouste, poussée par mes parents. J'aurai pu devenir Médicomage, j'avais aussi les ASPICS. Ce n'est pas que cela ne m'aurait pas plus mais... Ce n'était pas assez... Dangereux, lança-t-elle en riant. J'ai reçu ma réponse positive en Août et je me suis installée à Londres. Trois ans de formation et j'étais titulaire ! Depuis, je défends et les veufs et les orphelins, arrête quelques conquêtes du monde, consomme bien trop de café, ce genre de choses !

So let it be what it'll be
Don't make a fuss and get crazy over you and me
Here's what I'll do
I'll pay loose
Not like we have a day with destiny

Non, il n'y avait pas de raisons de se torturer l'esprit. Les choses iraient comme elles iraient, il suffisait de laisser faire. Oui, il était dans sa nature de s'inquiéter mais tant pis. Elle n'avait pas envie de tout gâcher à cause de cela, à cause de peurs enfouies qui resurgissaient à ce moment là. Laisser être ce qui devait être, laisser faire le temps et profiter des moments. Elle avait vécu toute cette histoire naturellement jusqu'à maintenant et elle n'avait pas envie que cela change parce qu'elle avait reconnu à voix haute que c'était sérieux à ses yeux et qu'elle s'était avoué qu'elle avait le béguin pour lui. Oui, maintenant qu'elle avait reconnu cela, elle ne se sentait pas très rassurée parce que cela signifiait qu'elle serait blessée si les choses tournaient mal. Mais c'était ainsi, c'était le jeu. Et ce jeu-là en valait souvent la chandelle. Alors il était temps de fermer les yeux et de se laisser aller un peu.

It's just a little crush


Oui, c'était juste un béguin et elle aurait dû s'en réjouir plutôt que de s'inquiéter. Elle aurait dû se réjouir de savoir qu'Eliott prenait tout cela au sérieux également, que ce n'était peut-être pas, sûrement pas, que ce n'était pas, à sens unique. Elle aurait dû profiter de tout cela, voir le bon coté des choses et les bonnes choses à venir plutôt que de s'embêter sur les hypothétiques problèmes qu'elle pourrait rencontrer. Cela ne servirait qu'à lui faire du mal. On ne pouvait anticiper la vie, juste en profiter. Et elle voulait en profiter, ce soir. Peu importe les conséquences, peu importe tout le reste. Elle aurait le temps pour y penser, demain. Alors elle s'arrêta de patiner, pour mieux faire face à Eliott et elle lui adressa un sourire.

- Je suis contente d'être ici, en ce moment, lança-t-elle. Alors... Merci. Et ayons une petite pensée pour la Slovaquie, aussi, ajouta-t-elle, amusée.

It's just a little crush
A little crush


- Et... J'espère qu'on en aura d'autres, de rendez-vous. Souvent. Et pas dans trois mois. Promis !

It's just a little crush

Oui, ce n'était qu'un béguin. Mais elle en était heureuse, finalement.

Crush


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
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Charlotte avait de la chance d'avoir trouvé sa vocation si jeune. Savoir ce que l'on voulait faire plus tard dès sa cinquième année n'était pas donné à tout le monde. Lui avait mis beaucoup plus de temps à se décider, et se laissait encore le droit de changer s'il en avait envie un jour. Il avait très vite été fasciné par le monde moldu. Dès son entrée à Poudlard en fait. Là où ses camarades nés-moldus s'émerveillaient en entendant des histoires de Dragon, lui s'étonnait face aux explications de Jensen à propos des avions, il voulait comprendre comment fonctionnait l’électricité et à quoi servait le téléphone. C'était nouveau, c'était étrange, donc c'était génial. Avant sa troisième année il s'était donné du mal pour convaincre son père de le laisser choisir l'étude des moldus comme option, même si aux yeux de ce dernier ce n'était pas une "vraie matière". Il aurait préféré qu'il prenne études des runes et arithmancie, comme son frère, deux matières aussi ennuyantes que compliquées. Il s'était donné tout ce mal pour rien puisque les Carrow avaient une vision de l'étude des moldus très différentes de la sienne. Il avait dû attendre sa quatrième année pour avoir de véritables cours, qui l'avaient littéralement passionné, et pas seulement parce qu'il était un peu amoureux du Professeur Mason, même si ça avait sans doute aidé.

C'était à cette époque qu'il avait commencé à se dire qu'il aimerait bien poursuivre dans ce domaine après Poudlard, se familiariser avec la culture moldue, vivre un temps parmi eux, tout apprendre de ce monde qu'il ne connaissait pas. Longtemps il avait gardé ça pour lui, affirmant à ses parents qu'il ne savait pas ce qu'il voulait faire, par peur de leur réaction. Puis étaient arrivés ses dix-sept ans, sa sortie de Poudlard, et avec ça l'envie d'exister par soi-même, de s'affirmer en dehors des limites posées par son éducation. Son choix avait déplu à ses parents, à son père surtout, mais celui-ci s'était mis en tête que ce n'était qu'une lubie d'adolescent, que ça finirait par lui passer, et lui avait laissé perdre quelques années de sa vie à étudier les moldus. Le choc avait été dur le jour où il avait compris que c'était sérieux, que c'était plus qu'une lubie, qu'Eliott ne reviendrait pas sur le chemin qu'on lui destinait depuis sa naissance. Tellement dur qu'il ne s'en était toujours pas remis.

"Médicomagie ? s'étonna-t-il. Ça nous aurait fait un point commun, tu savais que j'étais étudiant en dernière année ? lança-t-il avec un sourire amusé. J'ai une spécialisation au nom imprononçable d'ailleurs....anéstésiomagie...ou neurotransmetto-quelque chose, peu importe, de toute façon il parait que ça sonne mieux que chauffeur de taxi dans les réceptions mondaines. C'est la version officielle des faits... " expliqua-t-il avec un haussement d'épaules fataliste.

Il avait du mal à croire que plus jeune il avait pu aimer ce genre de réception. Quand Paige était encore trop jeune et qu'il s'y rendait seulement en compagnie de son frère et de ses parents. Il avait aimé se retrouver avec d'autres enfants de son âge, et échapper à la surveillance des plus grands pour explorer l'immense jardin des Harris. Il y avait passé de bon moments malgré tout, même s'il avait souvent fini assis sur une chaise avec l'interdiction de bouger après avoir fait une bêtise quelconque. Avec l'adolescence, ce genre d'évènements mondains avaient commencé à l'exaspérer plus qu'autre chose. Hors de question de courir dans le jardin ou de s'amuser avec les enfants, il fallait rester avec les adultes, faire bonne figure, connaitre l'étiquette et ne pas faire un seul faux-pas. Et les faux-pas, c'était un peu sa spécialité. Il avait toujours confondu Helen Harris avec la matriarche des Carrow, il demandait des nouvelles de maris décédés à leur femmes éplorées, prenait les mères de certains enfants pour leur grand-mère et mélangeait les couples.

Eliott sourit quand Charlotte fit une description toute Gryffondor de sa fonction d'Auror. Il se demandait bien en quoi consistait le travail de quelqu'un qui sauvait les veuves et les orphelins, concrètement, mais ne posa pas plus de questions, il savait que la jeune femme travaillait sur un dossier secret et ne voulait pas la mettre mal à l'aise en l'interrogeant sur des sujets qu'elle ne pouvait pas aborder.

"Mince, moi qui voulait dominer le monde... " soupira-t-il, faussement désespéré.

Charlotte s'arrêta de patiner pour venir se placer en face de lui et lancer avec un grand sourire qu'elle était contente d'être ici. Lui aussi l'était, il était heureux d'être là, et surtout d'être là avec elle. Il avait attendu ce rendez-vous avec impatience et il avait craint d'être déçu, de s'être fait trop d'espoirs, mais la soirée surpassait toutes ses attentes. Il éclata de rire quand elle suggéra d'avoir une petite pensée pour la Slovaquie. Les diplomates slovaques étaient loin d'être les clients les plus agréables qu'il ait rencontré, pourtant il ne regrettait pas du tout d'avoir accepté cette course.

"Il faudra qu'on visite la Slovaquie un jour, nous leur devons beaucoup. "

A vrai dire il ne savait pas encore exactement ce qu'ils devaient à la Slovaquie. De belles retrouvailles, c'était certain, quelques agréables rendez-vous aussi, peut-être le début d'une longue histoire, mais ça seul le temps le leur dirait.

"Je suis content d'être là aussi, répondit-il avec un sourire. Et merci à toi. "

Il se rapprocha de la jeune femme, passant une main dans sa nuque, et l'attira doucement contre lui pour l'embrasser. C'était agréable de pouvoir le faire sans avoir la crainte d'être repoussé, en sachant que c'était sérieux, que ça voulait dire quelque chose, et pas seulement pour lui. Il profita longuement de leur étreinte avant de se séparer lentement d'elle pour se remettre à patiner en gardant ses doigts mêlés aux siens.

"J'avais bien l'intention de te harceler pour obtenir d'autres rendez-vous de toute façon ! " répliqua-t-il avec un sourire amusé alors qu'elle promettait que leur prochain rendez-vous ne serait pas dans trois mois.

Il espérait sincèrement la revoir rapidement, et souvent. Il aimait beaucoup passer du temps avec elle, il se sentait libre d'être lui-même, sans avoir peur de faire de faux-pas, sans mentir, c'était agréable. Elle était une des rares personnes à le connaitre vraiment, quand on y pensait, une des seules à connaitre la vérité. Il cachait sa nature de sorciers aux moldus, et il cachait son attachement au monde moldu aux sorciers. Avec Charlotte il était juste lui-même, entièrement et simplement, il ne voulait rien lui cacher. Et il avait envie de mieux la connaitre elle aussi, aussi décida-t-il de reprendre le petit interrogatoire qu'ils avaient lancé lors de leur premier rendez-vous.

"A moi de jouer les investigateur, lança-t-il avec un sourire amusé. Tu as des frères et sœurs ? Je ne me souviens pas en avoir croisé à Poudlard. "

Il était toutefois parfaitement possible qu'elle ait eu des frères ou sœur dont il ait oublié l'existence, ou que ceux-ci ne soient jamais allés à Poudlard étant donné que les parents de la jeune femme était des moldus.



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- Médicomage Warlock ? interrogea Charlotte en levant un sourcil, amusée. Le professeur Harris en aurait des sueurs froides. Et encore, ce n'est pas professeur Warlock !

En toute objectivité, le professeur Harris était un bon professeur de sortilèges et elle avait eu le niveau requis pour entrer au Bureau des Aurors sans soucis. Mais - toujours en toute objectivité - ce dernier était loin d'être impartial lors de ses cours. Il méprisait ouvertement les Gryffondor, peu importe leurs résultats et ne manquait jamais de rappeler à quel point les Serdaigle étaient bien supérieurs, eux, prêcheurs de la connaissance. Pas étonnant qu'il ne soit pas nommé Directeur des Serdaigle, ce serait condamner les Gryffondor. Quoi qu'il en soit, Harris ne manquait jamais de leur faire une remarque désobligeante et ne portait pas spécialement Eliott dans son cœur - encore moins que les autres Gryffondor, entendons-nous - qui devait représenter à ses yeux le type de Gryffondor qu'il détestait. S'il venait à apprendre que son ancien élève était devenu Médicomage, il renoncerait sûrement à fréquenter Sainte-Mangouste de toute sa vie et n'en parlons pas si Eliott avait eu la vocation de devenir enseignant à Poudlard. Harris se défenestrerait sûrement du haut de la salle des professeurs. Elle se demanda vaguement à quel étage était la salle des profs' - histoire de calculer la hauteur de la chute - quand elle réalisa qu'elle ne s'en souvenait plus, ce qui lui fit un petit choc. Cela faisait quelques années qu'elle avait quitté l'école, certes, mais elle ne s'était jamais rendue compte qu'elle oubliait des choses ainsi. Elle venait de se prendre un coup de vieux, là. Elle n'avait que vingt-deux ans, bientôt vingt-trois ans, mais quand on y pensait bien, c'était bien plus vieux que les élèves de Poudlard. Elle vivait dans un tout autre monde, elle avait un travail, son propre appartement, des factures, des obligations, des responsabilités... Et c'était dans ces moments-là qu'elle en venait à regretter ses années Poudlard où il n'y avait rien de tout cela.

Quand Eliott expliqua que cela faisait mieux dans les réceptions mondaines d'avoir un fils Médicomage plutôt que chauffeur de taxi, Charlotte ressentit immédiatement un élan de compassion pour lui. Cela ne devait pas être facile de voir sa propre famille tenter de cacher ce que vous faîtes pour de stupides histoires de mondanité. Ses propres parents mentaient aussi sur sa profession, oui, mais c'était pour des raisons toutes autres, pour respecter le Secret Magique. Et même s'ils n'approuvaient pas totalement son choix de carrière, ils l'avaient toujours soutenue et poussée à toujours être la meilleure dans ce qu'elle faisait, même dans les choses les plus médiocres aurait ajouté son père. A Poudlard, elle avait évidemment fréquenté des enfants de cette sorte de noblesse sorcière, le plus souvent de loin. Ils semblaient former un peu un monde à part, surtout les plus fiers, voire carrément les plus prétentieux. Ils se tenaient droits et semblaient avoir des préoccupations assez autres. C'était assez éloigné de son monde à elle. Certes, ses parents avaient des revenus qui leur permettaient de vivre confortablement mais il n'y avait rien d'extravagant et ils devaient se priver comme tout le monde. Ou comme tous les gens normaux. Il y avait à Poufsouffle une McMillan qui disait souvent que la plus grande victoire d'une jeune fille était son mariage, ce qui était complètement à l'opposé des principes féministes de Charlotte. Pour elle, sa plus belle réussite, c'était son travail et sa carrière d'Auror, sa présence dans un milieu essentiellement masculin. Si elle devait se marier un jour, ce ne serait sûrement pas avec un "bon parti". Elle avait d'autres ambitions et celles-ci dépassaient bien le mariage. Le monde magique restait assez conservateur mais chez les moldus, rares étaient ceux qui voyaient encore le mariage comme l'accomplissement d'une vie. Quoi qu'il en soit, Charlie se sentait à l'opposé de toute cette haute société et s'en portait plus que bien. Elle n'avait pas honte de ne pas y appartenir, bien au contraire. Et honnêtement, elle avait plutôt du mal à se dire qu'Eliott en faisait partie. Même lors de leurs années Poudlard, il ne s'en était jamais vanté. Et puis de toute manière, il semblait plutôt en froid avec tout ces gens-là.

- J'ai donc bien peur que ta conquête du monde soit avortée pour le moment, répliqua-t-elle avec un sourire malicieux. Tant que nous avons Harry Potter, pourfendeur de mages noirs en chef, au Bureau, du moins.

Son sourire ne s’effaça pas quand il se pencha vers elle pour l'embrasser et elle se dit qu'ils n'auraient décidément pas beaucoup patiné lors de cette soirée à la patinoire. Oh, pas qu'elle s'en plaignait. Loin de là, bien au contraire. Ils restèrent un long moment comme cela et elle effleura sa joue avec ses doigts quand ils finirent par se séparer.

- Pas besoin de m'harceler ! lança-t-elle en riant tandis qu'il l'entrainait plus loin sur la glace, ses doigts noués aux siens. Demain ?

Après tout, c'était un samedi et elle n'était pas de garde. Il y avait bien l'entrainement du samedi matin, afin qu'ils puissent travailler leurs duels, leurs transplanages groupés et leurs positions d'attaque, ainsi que leur forme physique en général mais elle pouvait bien rater pour une fois, non ? Ce serait l'une des premières fois depuis qu'elle était entrée au Bureau. Elle adorait ces entrainements et travailler ses duels mais bon, pour une fois... C'est surtout Seamus qui râlerait parce qu'ils s'y rendaient le plus souvent ensemble mais quoi qu'il arrive, son binôme - ex-binôme - pouvait trouver un sujet pour râler s'il avait décidé que ce serait un mauvais jour.

- J'ai une sœur cadette, de dix-neuf ans ! répondit-elle en songeant à Alison. Et qui n'a évidemment jamais mis les pieds à Poudlard, malheureusement.

Elle était toute aussi moldue que leurs parents, il n'y avait aucun doute. Elle n'avait jamais montré la moindre trace de magie comme Charlotte avait pu le faire elle-même dans son enfance. Et c'était vraiment dommage. Alison avait mal vécu leur séparation, quand Charlie était partie pour Poudlard à ses onze ans. Elles avaient toujours été proches et il n'y avait qu'à elle qu'Alison arrivait à parler sans problèmes. Elle avait toujours été extrêmement renfermée, allant même jusqu'à jouer les timides devant leurs parents mais elles avaient toujours réussi à jouer ensemble. Après son départ, Alison s'était retrouvée seule ce qui avait été très dur pour elle. Mais c'était un mal pour bien, selon leur mère. Cela l'avait poussée à s'ouvrir aux autres et à développer un minimum de vie sociale. Aujourd'hui, elle parlait à la maison sans problèmes même si elle restait d'une timidité maladive en dehors du foyer familial. Elle avait néanmoins une bonne amie, toute aussi timide qu'elle. Cela désespérait leurs parents qui ne comprenaient pas d'où venait la réserve de leur cadette alors que l'aînée avait toujours été quelqu'un de très sociable. Mais il n'y avait pas que le caractère qui séparait les sœurs Meyer. Charlotte était persuadée qu'Alison se serait épanouie à Poudlard, à Serdaigle, elle pensait souvent, pour son coté créatif. Quand elle rentrait à la maison pour les vacances, sa petite sœur passait des heures à lire ses livres de magie et ses dessins avaient longtemps représenté des mondes magiques et fantastiques, ainsi que l'idée qu'elle se faisait du château de Poudlard.

- Elle est moldue, explicita Charlotte en haussant les épaules. Les mystères de la génétique. On a jamais trouvé d'où venait le gène sorcier dont j'avais hérité. Mais comme cela peut remonter à très loin...

Il était relativement admis - même s'il y avait toujours des contestataires - que les sorciers nés-moldus avaient un sorcier dans leurs ancêtres, à des degrés plus ou moins éloignés. La manière dont la magie se transmettait était encore inconnue malgré tout ceux qui prétendaient avoir la solution mais le coté moldu - rationnel de Charlie trouvait cette solution assez plausible. Le gène sautait des générations, jusqu'à en rencontrer un autre pour pouvoir s'exprimer. Mais cette théorie n'expliquait pas le fait qu'il n'y ait généralement qu'un seul enfant magique par couple moldu. Charlotte et Alison avaient les même gènes, normalement. C'était un mystère qui serait tout de même intéressant à percer. Mais c'était tellement nébuleux que ce miracle ne semblait pas prêt d'arriver.

- Et toi ? Enfin, j'ai compris que tu étais en froid avec ton père, s'empressa-t-elle d'ajouter. Et je sais que tu as un aîné et une cadette. Mais tu les vois encore ? Malgré... Les tensions ? Je croise souvent ton frère, tu sais. On bosse au même étage. Et il m'a démonté un dossier de A à Z quand j'étais encore Aspirante, je ne suis pas prêt de l'oublier, j'ai assisté au procès et j'ai prié pour que quelque chose me sauve de se massacre. Un type sympa, ajouta-t-elle, narquoisement.

Lors du procès, elle avait prié pour que quelque chose arrive et empêche Andrew Warlock de continuer à balayer leurs preuves d'un mouvement du poignet. Elle sentait la tension de Stormborn à ses cotés et tout lui serait allé, tant que cette épreuve s'arrêtait. Même une attaque de Mangemort, elle aurait géré cela plus facilement que de voir leur suspect innocenté comme ça. Elle était sortie mortifiée de la salle d'audience. C'était le premier procès qu'elle avait perdu, pas le dernier, malheureusement. Mais cela l'avait marquée plus que les autres. Elle n'avait pas eu à faire face à Andrew Warlock depuis mais entendait régulièrement ses collègues râler contre lui. Les avocats pouvaient être une sacrée plaie, tout de même. Et Andrew Warlock était visiblement un bon avocat, vu le nombre d'Aurors ou de Policiers qui grinçaient des dents en le voyant passer.

- Et ta sœur ? Elle est encore à Poudlard, non ?

Elle manqua de glisser quand ses deux patins s'entrechoquèrent - elle ne savait pas comment elle s'était débrouillée - et évita la chute uniquement parce qu'elle avait sa main dans celle d'Eliott, ce qui lui permit de retrouver un semblant d'équilibre. De toute manière, si elle était tombée, elle aurait entrainé Eliott avec elle. La patinoire, c'était une super idée, certes. Mais cela avait un potentiel de ridicule assez élevé, mine de rien.

- Et ce qui devait arriver arriva, grimaça-t-elle en se massant légèrement le poignet, qui s'était un peu tordu au passage.

C'était son poignet droit en plus, elle était droitière et elle tenait sa baguette de la main droite, évidemment. Cela n'avait pas l'air foulé mais elle espérait que cela passe vite. Pas d'attaque de Mardoliens / Mages Noirs en prévision, mais tout de même.

- Je ne t'ai pas fait mal ? s'enquit-elle. Et je ne sais plus ce que je voulais dire, du coup, avoua-t-elle en riant.


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Eliott éclata de rire en entendant Charlotte affirmer que de le penser médicomage ferait sans doute cauchemarder le Professeur Harris, et il y aurait de quoi. Leur ancien professeur de Sortilèges ne l'avait jamais vraiment apprécié, et c'était un euphémisme. Il avait un problème avec les Gryffondors de manière générale mais cela semblait encore plus prononcé dans son cas. Il fallait dire qu'il n'avait fait aucun effort particulier pour entrer dans les bonnes grâces de son enseignant. Les sortilèges ne l'avaient jamais intéressé plus que ça et il avait passé la plupart des cours à se balancer sur sa chaise, ou à discuter avec Jensen assis derrière lui, voire même à dormir -les cours avant neuf-heures du matin devraient être interdits. Edmund Harris aurait donc toutes les raisons du monde de perdre foi en l'humanité s'il venait à apprendre qu'Eliott était devenu médicomage. Et, comme le disait Charlotte, ce serait encore pire si ses parents l’avaient fait professeur. Il s'imaginait plutôt mal professeur à vrai dire, faire régner l'ordre, imposer a discipline tout ça...Ce serait contre-nature.

Ils patinèrent un peu, et il afficha une moue dépitée quand Charlotte lui assura qu'il faudrait remettre sa conquête du monde à plus tard puisque Harry Potter, chasseur de mages noir en chef, était au bureau des Aurors. Son sourire lui revint bien vite quand elle lui proposa un rendez-vous le lendemain et il eut du mal à cacher sa surprise. C'était une surprise des plus agréables bien entendu, il s'était préparé à devoir patienter à nouveau quelque semaines pour revoir Charlotte et l'idée de la retrouver dès le lendemain était réjouissante.

"Et bien demain j'avais prévu de conquérir le monde, mais puisque mes projets sont contrariés ce sera avec plaisir."

Il ne résista pas à l'envie de déposer à nouveau un baiser sur les lèvres de la jeune femme avant de se remettre à patiner. Il entreprit alors de relancer le jeu de questions qu'ils avaient mis en place lors de leur premier rendez-vous et l'interrogea sur ses éventuels frères et sœurs. Charlotte lui répondit qu'elle avait une cadette de dix-neuf ans mais que celle-ci n'avait jamais mis les pieds à Poudlard, puisqu'elle était moldue. Eliott hocha la tête en se disant que cela devait être dur, d'avoir une fratrie coupée en deux comme cela. Et puis c'était bizarre, théoriquement Charlotte et sa sœur avaient les mêmes gênes, alors pourquoi seule l'ainée avait développé des facultés magiques ? C'était un des mystères de la génétique, comme le disait la jeune auror, et ce n'était pas lui qui allait trouver la solution, il n'était pas médicomage après tout, officieusement.

Il essaya de réfléchir à comment il aurait vécu la situation si Paige ou Andrew n'avait montré aucune faculté magique. Il avait du mal à l'imaginer à vrai dire, tous les membres de sa famille étaient des sorciers, et ce depuis des générations, depuis toujours d'après son père. Il avait toujours été très proche de son frère et de sa sœur, malgré tout ce qui aurait pu les éloigner. Ils avaient des caractères différents, plusieurs années d'écart, mais malgré cela leur fratrie était toujours restée soudée. Il ne pouvait même pas expliquer d'où venait cette complicité entre eux, c'était ainsi depuis leur enfance. Il se souvenait des vacances de Noël ou Andrew rentrait de Poudlard et avait des tas de choses à leur raconter. Le soir, quand il pensait toute la maison endormie, Eliott venait frapper à la porte de sa chambre et s'asseyait au bout du lit de son frère pour qu'il finisse de lui raconter tout ce qu'il avait fait à Poudlard -les quinze jours de vacances n'auraient jamais suffit pour entendre toutes les anecdotes de son ainé. De temps en temps il réveillait Paige en passant devant sa chambre et celle-ci demandait à venir avec eux, ils disaient qu'elle était trop petite et elle menaçait de se mettre à hurler s'ils ne la laissaient pas venir. Ces rendez-vous nocturnes avaient fini par devenir une tradition des vacances de noël, qui avait perduré même après qu'Eliott soit entré à Poudlard. Il soupçonnait ses parents d'être parfaitement au courant du fait que leurs enfants ne se soient jamais couchés à l'heure raisonnable qu’ils leur imposaient, mais ils n'avaient jamais rien dit. Il se demandait s'il aurait été si proches d'Andrew et Paige si ils n'avaient pas tout les trois appartenu au même monde. Il voulait croire que oui, après tout ils étaient restés unis après qu'il ait brisé sa baguette, mais n'en était pas certain.

"Vous êtes restées proches malgré ça ?"

Il savait que Charlotte avait passé un an à l'étranger, comme beaucoup de leur camarades, pendant l'année des ténèbres. Ça avait dû être terrible pour ses parents et sa sœur. Il ne s'imaginait même pas ce qu'il ferait si Andrew ou Paige venait à disparaitre du jours au lendemain presque sans explications. Ça ne devait pas évident, d'élever un enfant sorcier lorsqu'on était moldu. Pourtant des tas de famille étaient dans ce cas-là, et il avait connu plein de nés-moldus qui s'entendaient très bien avec leurs parents. Si on pouvait accepter de voir partir ses enfants dans le monde magique quand on avait aucun pouvoir, on pouvait bien accepter de voir son fils sorcier choisir le monde moldu, non ? Comme si elle avait lu dans ses pensées, Charlotte lui demanda si les tensions entre lui et son père l'avaient éloigné de ses frères et sœurs. Il aurait voulu lui répondre d'un "non" assuré, mais ça aurait été mentir. Bien sûr que cela l'avait un peu éloigné d'Andrew et Paige, ne serait-ce que physiquement. Il n'était plus chez lui au manoir et n'y était pas venu depuis le nouvel an, alors que Paige y habitait toujours. Mais il trouvait qu'ils avaient admirablement surpassés tout ça. S'il n'avait pas réfléchi sur le moment, comme souvent, il avait aujourd'hui conscience de tout ce qu'il aurait pu perdre en quittant la maison après avoir jeté sa baguette en deux morceaux sur la table de la salle à manger. Comment aurait-il fait si Andrew et Paige avait choisi le camp de leur père ? S'ils lui en avaient voulu ? Il était à peu près certain qu'il n'aurait pas résisté, qu'il serait revenu et qu'il aurait fait ce qu'on attendait de lui. Le prix à payer aurait été trop élevé. Il était reconnaissant à son frère et sa sœur de ne pas avoir pris parti dans le conflit qui l'opposait à son père.

"On est restés assez proches, étant donné la situation, je vois Paige moins souvent, mais je passe voir Andrew régulièrement, il a un appart' sur Bristol."

Charlotte lui apprit alors qu'elle aussi croisait régulièrement Andrew, puisqu'ils travaillaient au même étage. Il grimaça en l'entendant raconter qu'il avait complètement démonté un de ses dossiers quand elle n'était qu'aspirante. Un véritable massacre apparemment. Il adressa un sourire désolé à la jeune femme, bien qu'étant conscient que ce n'était pas vraiment de sa faute si son frère était un avocat redoutable.

"Andrew a toujours été bon dans ce qu'il faisait..."

Il y a quelques années, à l'adolescence, Eliott lui en avait voulu un peu. D'être si parfait, de ne jamais faire d'erreur, de récolter toute la fierté de leurs parents. Parce qu'il savait que même s'il l'avait voulu, il n'aurait jamais pu mieux faire. Il n'aurait jamais eu d'aussi bonne notes, n'aurait jamais fait d'études si brillantes. Aujourd'hui il comprenait à quel point les responsabilités d'Andrew devaient être pesantes. Il était peut-être le fils prodige mais il était aussi celui dont on attendait le plus. Il devait être le fils parfait, le grand frère idéal, servait de médiateur dans les conflits familiaux, et tout ça devait surement lui peser. Andrew avait toujours accepter les responsabilités sans broncher, allant même jusqu'à s'en imposer davantage tout seul, mais voulait-il vraiment de tout ça ? La poste de directeur du département de la justice magique était-il vraiment celui qu'il voulait, ou marchait-il uniquement dans les traces de son père parce que c'était ce qu'on attendait de lui ? Avait-il vraiment envie d'épouser une riche héritière pour avoir pleins d'enfants au sang pur ou le ferait-il par devoir ? Après réflexion, la place d'Andrew était loin d'être enviable.

"...mais c'est quelqu'un d'adorable en dehors de ça, je t'assure. Et Paige est toujours à Poudlard oui, en sixième année."

Il avait un peu de mal à réaliser que sa petite sœur entrerait bientôt en dernière année. Il avait l'impression que l'époque où elle jouait avec sa corde à sauter ensorcelée dans les allées du jardin n'était pas si lointaine et pourtant cela devait remonter à bien loin, Paige avait déjà dix-sept ans et ne s'amusait plus de la sorte depuis des années. Toutefois, il se souvenait beaucoup trop bien de ses dix-sept ans pour bien vouloir accepter l'âge de sa sœur, et ne pouvait que prier pour qu'elle soit plus sage et plus raisonnable qu'il ne l'était à l'époque.

Eliott sursauta et resserra ses doigts autours de ceux de Charlotte en la sentant perdre l'équilibre. Elle parvint heureusement à éviter la chute, ce qui l'arrangeait bien car il serait probablement tomber avec elle. La patinoire avait peut-être un coté romantique, mais ça restait un endroit assez risqué pour un rendez-vous. Il aimerait autant ne pas finir la soirée aux urgences les plus proches. Il fronça d'ailleurs les sourcils en voyant Charlotte se masser les poignet en grimaçant.

"Non non, assura-t-il quand elle lui demanda si elle ne lui avait pas fait mal. Toi ça va ? s'enquit-il avec inquiétude. Je te laisse choisir un endroit moins dangereux pour demain ! La jeune femme lui assura alors qu'elle avait oublié ce qu'elle voulait dire et il lui adressa un sourire amusé. Des pertes de mémoire ? Je note ça dans mon diagnostic. Des vertiges ?" ajouta-t-il avec un ton qu'il trouvait assez professionnel, il aurait fait un bon médicomage finalement.



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Visiblement, elle avait décidé de continuer sur sa lignée d'adolescente ce treize ans qui n'arrivait pas à rester calme et digne vu le sourire qui naquit sur son visage lorsque Eliott accepta immédiatement qu'ils se revoient le lendemain. Et tant pis pour le reste, Seamus comprendrait. Il n'y avait absolument rien de mal à prendre un peu de repos, à prendre du temps pour soi. Certains le faisaient tous les week-ends. Il lui suffirait d'avoir une bonne excuse si on lui posait la question, elle qui passait toujours au Bureau le week-end même quand elle n'était pas de garde pour rédiger quelques dossiers. Elle n'avait pas envie d'étaler sa vie sentimentale à ses collègues - qui appréciaient bien assez tous les petits potins qui pouvaient animer le bureau comme ça - et devrait dire autre chose que "J'ai vu quelqu'un". Sinon, elle était sûre qu'on ne la laisserait pas tranquille à ce sujet. Elle prétexterait un truc familial, ça suffira pour les curieux de la pause café du lundi matin. Elle aurait pu aussi ne rien dire mais six ans à passer presque tous les week-end laissait des traces et on lui demanderait forcément ce qui s'était passé pour qu'elle rate ses heure supplémentaires de la semaine. Ne rien dire laisserait sous-entendre que la voie était libre pour que les plus commère, les Rita Skeeter ratés, déchainent leur talent d'enquêteur. C'était aussi le problème de bosser avec des Aurors : certains étaient bien trop perspicace pour le bien des gens qui les fréquentaient. Bon, elle l'avouait, elle était capable de fouiner quand quelque chose l'intéressait. Avant que Jensen ne lui avoue qu'il comptait faire sa demande, il était assez étrange et posait des questions un peu suspecte du genre "Tu penses que Lilly aime les diamants ?". Il n'avait pas fallu longtemps pour découvrir - ticket de caisse compromettant dans sa corbeille à papiers - qu'il comptait demander Lilly en mariage. Bon, cela ne demandait pas un très gros niveau de perspicacité, elle l'avouait. Mais c'était un exemple comme un autre et certains étaient vraiment redoutables à ce petit jeu-là.

Quand Eliott lui demanda si sa sœur et elle étaient restées proches malgré son départ pour Poudlard, elle hésita. Elles avaient été très complices durant leur enfance, se comprenant d'un regard, surtout vu qu'Ali n'était pas une grande bavarde et c'était un bel euphémisme. Elle avait écrit à ses parents plusieurs fois par semaine pendant sa première année et des lettres spécialement pour Alison que leurs parents lisaient, vu qu'elle était encore trop jeune. Et puis, comme elle l'avait pu le constater à Noël, sa sœur lui en voulait. Lui en voulait d'être partie, de l'avoir laissée et puis aussi d'avoir cette chance de vivre dans un monde fantastique qui fait rêver tous les enfants, eux qui se plaisent à inventer des choses magiques. Charlotte avait eu la clé de ce monde et avait laissée Alison derrière, sans pouvoir y faire quoi que ce soit pour changer cet état de faits. Bien sûr, cela s'était arrangé en grandissant, Alison n'allait pas rester jalouse toute sa vie. Mais il y avait eu une sorte de rechute quand elle avait eu onze ans elle-même et qu'on avait pu constater qu'elle n'aurait jamais les même capacités de sa sœur, qu'elle ne recevrait jamais de lettre pour Poudlard, comme elle l'avait espéré pendant plusieurs années. Évidemment, Ali n'avait aucun signe de magie mais après tout, on ne pouvait pas demander à une enfant si jeune d'être réaliste. C'était l'année de sa cinquième année et elle avait refusé de lui dire au revoir avant qu'elle ne monte dans le Poudlard Express. Et puis il y avait leur différence d'âge incontestable aussi, de cinq ans, qui faisait que l'adolescence les avait un peu éloignées, chacune vivant des choses très différentes. Mais au fond, malgré tout cela, elles étaient restées proches, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Elles avaient peu de points communs, des caractères très différents et des raisons de s'éloigner. Mais elles continuaient à bien s'entendre et à se faire confiance. C'était une chance, Charlotte le savait, toutes les fratries n'étaient pas ainsi. Mais Alison et elle avaient vraiment de la chance. Et même maintenant qu'elle vivait à Londres, elles se voyaient souvent et se téléphonaient souvent. A vrai dire, si elle s'embêtait à payer un forfait moldu, c'était surtout pour sa sœur. Oui, sans hésiter, c'est d'Alison dont elle était le plus proche dans la famille. Elles n'étaient pas fusionnelles mais il y avait quelque chose, c'était sûr.

- On est restées proches, encore aujourd'hui, affirma-t-elle avec un sourire.

Visiblement, c'était aussi le cas d'Eliott malgré tout ce qui secouait sa famille et qui était bien plus bien grave qu'une jalousie entre filles. Elle ne savait pas comment elle pourrait gérer un tel conflit. A vrai dire, elle avait une famille plutôt calme et paisible, qui s'entendait bien. Bien sûr, il y avait des conflits, comme partout, son père qui était fâché avec sa mère et sa propre mère qui ne parlait plus à sa sœur aînée mais entre eux quatre, cela allait bien. Ses parents n'avaient jamais été insupportables, elle s'entendait bien avec sa sœur... Et il y avait un gros avantage à Poudlard : elle ne voyait ses parents que pendant les vacances et ils étaient donc plus détendus, ce qui limitait les conflits. Bien sûr, ils avaient pu se disputer très fort à l'adolescence, comme cela arrivait dans toutes les familles, avec des portes qui claquent et des punitions mais c'était un passage obligatoire. Quand à Alison, elle avait tendance à garder tout pour elle ce qui limitait les conflits. Cela faisait d'ailleurs longtemps qu'elle ne s'était pas disputée avec ses parents, tiens. Cela ne lui manquait pas, évidemment, mais elle venait de le remarquer.

Quand Eliott mentionna Bristol, elle eu immédiatement une pensée pour le Circée, le bar qu'elle fréquentait très régulièrement avec ses collègues. Elle ne se souvenait pas avoir vu Andrew Warlock là-bas, par manque d'attention peut-être ou parce qu'il évitait les soirs où des Aurors énervés par leurs procès du jour venaient boire quelques verres. Mais si Andrew était un fils Warlock qui suivait les principes familiaux - au contraire d'Eliott visiblement - il devait sûrement vivre dans la partie magique de la ville. Elle ferait plus attention, la prochaine fois. Pas qu'elle ait particulièrement envie de lui parler, jusque comme cela. Enfin, ce n'est pas qu'elle n'ait pas envie du tout non plus, c'est juste qu'ils ne se connaissaient pas et que le fait qu'elle fréquente Eliott n'y changerait strictement rien. Il resterait à tout jamais dans son esprit le type qui lui avait détruit son dossier alors qu'elle n'avait que dix-huit ans. Il ne devait même pas s'en souvenir, les avocats voyaient passer tellement d'affaires, mais c'était un jour marquant - dans le mauvais sens - de sa carrière. Et même si Eliott affirmait que c'était quelqu'un de bien - en toute objectivité familiale, sûrement - elle le revoyait encore détruire ses preuves au fur et à mesure.

- Hum... Si tu le dis, répondit-elle au fait qu'il pense son frère adorable. Mais je pense sincèrement que tu devras trouver un bon moyen de me faire oublier que tu es le frère du type qui m'a imposé le premier échec de ma carrière, lança-t-elle avec un sourire mutin.

Elle lui aurait bien proposé de l'embrasser mais elle avait la nette impression qu'elle n'aurait pas besoin de dire les mots, vu qu'ils semblaient partis pour faire plus souvent cela que patiner. Et honnêtement, elle n'avait rien contre. Parce que c'était loin d'être désagréable, bien au contraire. Et elle aussi parlait bien évidemment en toute objectivité, il n'y avait aucun doute sur cela. La personne la plus objective du monde ! Et l'avantage de s'embrasser, c'est qu'il y avait beaucoup moins de risques de chute qu'en faisant du patin. Quoique, une fois, elle avait vu une fille dans le centre-ville de Londres qui... Mais ce n'était pas la question.

- Ça va, j'ai vu pire ! répliqua-t-elle en arrêtant de masser son poignet.

La douleur était encore là, un peu lancinante mais elle avait en effet vu bien pire. Elle n'avait jamais rien eu qui ne soit pas soignable en des délais raisonnables - des trucs gravissimes dans le monde moldu mais beaucoup plus faciles à régler avec la magie - même si elle se souvenait encore de sortilèges qu'elle avait reçu et qui étaient loin d'être des Tarentagrella. Elle avait quelques cicatrices - le métier qui rentre disait-on lors des premières blessures des aspirants - qui témoignaient que certains sorciers n'étaient pas des enfants de coeur. Mais par rapport à certains de ses collègue plus âgés, ses trois cicatrices dans le dos et une sur le flanc, c'étaient des bagatelles. La première chose que l'on voyait en arrivant dans le Bureau, c'étaient les portraits des Aurors tombés au combat. Et Maugrey Fol Oeil fut peut-être un grand Auror mais l'état dans lequel il était avait le don d'impressionner. C'était très sympathique pour accueillir les aspirants, ils devaient se sentir tout de suite dans l'ambiance. Elle se rappelait trop bien son propre malaise devant Maugrey qui la jaugeait du regard - merci les tableaux animés - mais qui avait eu la courtoisie de ne rien dire. Même si c'était vrai qu'à dix-huit ans, avant le début de sa formation, elle était loin de ressembler à une Auror. En fait, elle n'y ressemblait pas vraiment plus désormais au vu des regards des gens mais au moins, elle savait désormais exercer son métier. Elle rit un peu quand Eliott lui demanda si elle avait des vertiges d'un ton presque professionnel et elle lui adressa un regard désabusé. Il avait peut-être la bonne intonation mais elle se rappelait trop bien de ses exercices pratiques - ils étaient à coté en sortilèges - pour ne pas lui confier sa santé. Amusée, elle passa sa main droite derrière sa nuque pour l'embrasser longuement, ses lèvres se faisant plus pressantes au fur et à mesure du baiser. Quand ils se séparèrent, elle haussa les épaules, un sourire aux lèvres et le souffle un peu court.

- Juste à l'instant, un léger vertige. Mais je ne pense pas que cela soit significatif, affirma-t-elle d'un ton badin, comme s'il ne s'était rien passé, si ce n'est que ses joues rosies la trahissaient.

Elle se mordilla légèrement la lèvre inférieure en jetant un coup d'oeil à sa montre, ce qui lui fit froncer les sourcils. Déjà ? Le temps passait plus que vite.

- Ça fait une heure quarante-cinq que nous sommes là, déjà ! Elle était vraiment surprise, elle n'avait pas vu les heures passer. Et si je devais calculer le temps que nous avons passé à patiner...

Elle eut un sourire en coin.

- Je pense que cela serait en minorité par rapport à d'autres choses.

Elle releva les yeux vers lui - n'avait-on pas idée d'être aussi grand, d'ailleurs ? - et posa une main sur son épaule pour déposer un léger baiser sur ses lèvres.

- Dîner ? Et c'est moi qui t'invite cette fois-ci, aucune protestation possible ! affirma-t-elle avec un grand sourire.


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Charlotte parut hésiter un instant mais finit par lui répondre qu'elle et sa sœur étaient restées assez proches, malgré le fait que cette dernière soit une moldue. Eliott hocha la tête en souriant, content pour elle. Ça le rassurait un peu, en fait. C'était la preuve qu'une fratrie pouvait restée unie même si ses membres n'appartenaient pas vraiment au même monde. C'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre. Il se surprenait régulièrement à culpabiliser, quand il lui arrivait de réfléchir un peu trop, en se disant qu'il mettait en péril sa relation avec Andrew et Paige pour pouvoir vivre comme il le voulait. Son père ne le ferait pas regretter ses choix, parce qu'il n'avait jamais essayé de l'accepter comme il était, parce que c'était facile de rejeter la faute sur lui, de dire que c'était à cause de lui s'ils ne se parlaient plus aujourd'hui. Mais il n'avait rien à reprocher à son frère et à sa sœur et si un jour leur relations venait à se détériorer, il serait le seul à blâmer. C'était ce qu'il redoutait le plus. Il pouvait supporter la colère de son père, sa rancœur, ses reproches, parce qu'il savait sa réaction démesurée et qu'il n'avait aucun mal à la trouver ridicule. Il aurait beaucoup plus de difficultés à affronter ce genre de ressentiments de la part d'Andrew ou de Paige, parce qu'ils n'avaient rien à leur reprocher. Ils avaient su rester neutre, ne s'étaient pas laisser atteindre par les conflits familiaux. Et Eliott tenait bien trop à eux pour accepter de les perdre. Il avait de la volonté, mais pas assez pour supporter ça. Il aurait aimé pouvoir prétendre le contraire mais il se savait incapable de s'isoler complètement de toute sa famille.

Charlotte ne semblait toutefois pas convaincu du caractère adorable d'Andrew, qui resterait à jamais celui qui lui avait infligé le premier échec de sa carrière. Pourtant n'importe qui le connaissant un minimum aurait été d'accord pour dire qu'Andrew était quelqu'un de charmant. Du genre de ceux qui supportent sans broncher et qui s'occupent des autres sans rien demander en retour. Quoique, il n'était peut-être pas ainsi dans son cadre professionnel, cela ne correspondait pas vraiment à l'image d'avocat redoutable qu'il semblait s'être forgée.

"Je me demande ce que je pourrais faire pour me faire pardonner, commença-t-il, faussement songeur, avant que ses lèvres ne s'étirent en un sourire malicieux. Mais j'ai ma petite idée..."

Il posa doucement ses lèvres sur celle de la jeune femme en passant un bras autours de sa taille pour la serrer contre lui. Il prolongea le baiser, passant sa main libre dans la chevelure blonde de Charlotte avant de se séparer d'elle à regrets. Ils évitèrent la chute de peu -ils devraient continuer à ne pas patiner, c'était plus sûr- et il s'inquiéta en voyant la jeune Auror se masser le poignet. Il s'amusa ensuite à jouer les médicomages, rassuré d'entendre que ce n'était probablement rien de grave. Il s'efforça d'afficher une expression vexée quand Charlotte éclata de rire mais ne parvint pas à retenir un sourire amusé. Bon, il n'était absolument pas crédible comme médicomage, tant pis. Après tout c'était un mensonge destiné aux autres grandes familles de sang-pur, et il n'avait pas l'intention de les côtoyer de si tôt. Il se portait bien mieux depuis qu'il avait arrêté de se rendre à toutes ces réceptions mondaines, il n'y avait jamais été à sa place de toute façon, même s'il avait mis du temps à s'en rendre compte. Il y faisait toujours des gaffes et ne servait qu'à distraire ceux qui s'y ennuyaient, comme son oncle Leopold.

Toujours dans son imitation d'un médicomage -très réaliste, si si- il interrogea Charlotte sur d'éventuels vertiges. Il était à peu près certains que c'était le genre de choses qu'il fallait demander après un choc violent. C'était en tout cas ce qu'on avait fait pour lui quand il s'était pris un cognard de Jake McGowan en pleine tête en cinquième année. Mme Pomfresh lui avait assuré qu'il était plutôt résistant et lui avait raconté qu'Olivier Dubois, le gardien de Flaquemare, s'était pris un cognard en pleine tête lors de son premier match, et s'était réveillé huit jours plus tard. Encore aujourd'hui il se demandait si cette histoire était vraie ou si c'était une légende. Quoiqu'il en soit il avait été bien conscient de s'en sortir avec une bosse et un œil violacé. Rester une semaine inconscient ? Quelle horreur.

En guise de réponse Charlotte posa une main dans sa nuque et l'attira à elle pour l'embrasser longuement. Il fut agréablement surpris par tant d'audace de la part de la jeune femme qui s'était montrée un peu plus timide jusque là et répondit à son baiser avec fougue. Il lui rendit son sourire, le souffle un peu court, et rit doucement en l'entendant répondre qu'elle venait en effet d'avoir un léger vertige, adoptant un ton désinvolte que ses joues roses venaient contredire.

"Tu penses que le vertige est contagieux ? Non, décidément, il ferait un piètre médicomage. Il semblerait que j'en sois victime aussi...Etrange."

Il lui adressa un sourire complice avant de hausser les sourcils en l'entendant dire qu'ils étaient là depuis une heure quarante-cinq. Il était vraiment étonné, il n'avait pas vu le temps passer. Il fallait dire que les minutes filaient toujours beaucoup trop vite quand il était en compagnie de Charlotte. Et comme elle le soulignait ils avaient occupé une majeure partie de leur temps autrement qu'en patinant, ce qui n'avait rendu les dernières heures que plus agréables. La jeune femme déposa justement un nouveau baiser sur ses lèvres, ce qui lui arracha un sourire.

"Personnellement je ne regrette pas de ne pas avoir trop usé le glace."

Et cela n'avait rien à voir avec le fait que la glace était plus jolie à regarder lorsqu'elle n'était pas striée par les lames des patins. Charlotte lui proposa alors d'aller diner en insistant pour l'inviter cette fois-ci, ce qui lui fit lever les yeux au ciel.

"Et la galanterie alors ? Te laisser payer irait à l'encontre de mes principes de parfait conservateur rétrograde." Non, il ne se moquait pas de son père. Du tout.

C'était vrai, cela allait à l'encontre de toute son éducation, enfin, de ce qu'il en restait. Pourtant l'idée de laisser une fille régler l'addition ne le dérangeait pas du tout, en théorie, mais il aimait bien inviter Charlotte. Il décida de remettre ce débat à plus tard, espérant qu'elle serait plus corruptible après quelques verres de vins, et attrappa la jeune Auror par la main pour l'entrainer jusqu'au bord de la glace. Ils ôtèrent leurs patins et Eliott les rangea plus ou moins à leur place. Une fois de l'autre coté du comptoir de location, il réussit à éteindre les lumières sans trop de problèmes, plongeant brusquement les lieux dans la pénombre, et revint à coté de Charlotte dont il chercha la main dans le noir. Il parvint à deviner son visage dans l'obscurité en en traçant doucement les contours du bout des doigts et finit par presser ses lèvres sur les siennes.

"J'espère que tu ne regrettes pas d'avoir "fermé les yeux sur le coté illégal de la chose", souffla-t-il finalement. L'illégalité a du bon parfois."

RP Terminé


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Vendredi 13 [Charlotte]

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