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 Les langues déliées [Lilly]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Jeudi 19 Avril 2007

- C'est dingue le nombre de personnes qui s'empoisonnent par "accident", tout de même ! commenta narquoisement Seamus en refermant la porte de la salle d'interrogatoire.
- Ça arrive à tout le monde, pourtant, de laisser trainer des poisons violents dans le verre de son voisin de table, répliqua Charlotte en haussant les épaules.

Surtout quand le voisin de table en question était votre riche grand-père âgé de 114 ans dont vous étiez l'héritier direct et qui semblait loin d'être décidé à passer l'arme à gauche. Quelques gouttes de la potion de Faucheuse, que l'on trouvait chez tous les petits escrocs du Chemin de Traverse et les portes de Gringotts s'ouvraient devant vous ! La potion de Faucheuse était censée procurer une mort lente, entre quatre et six mois, qui pouvait passer pour un déclin dû à la vieillesse si la victime ne faisait pas d'analyses poussées. Interdite sur le marché anglais depuis 1854, cela ne décourageait pas certains sorciers qui allaient traîner dans les bas-fonds des quartiers mal famés pour en trouver. Le problème du marché noir, c'est qu'on ne pouvait être sûr de la qualité de la potion vendue, contrairement à un apothicaire. Et c'est ce qui avait perdu leur coupable du jour, qui avait acheté une potion mal confectionnée qui avait tué son grand-père sur le coup, en plein milieu du repas de famille, après qu'il lui ait servi un verre de vin. Il avait bien essayé de jeter le flacon discrètement mais il avait été pris sur le fait par sa cousine. Et plutôt que de se servir dans le coffre de grand-papa, il était bon pour un aller simple pour Azkaban. Il avait bien essayé de défendre la théorie de l'accident mais tout était contre lui.

- Le Commandant connaissait personnellement la victime, précisa Seamus en désignant leur supérieur qui se dirigeait d'un pas ferme vers la salle d'interrogatoire. Je sais pas ce qu'il va lui dire, mais il n'a pas l'air très content.
- Il est d'une humeur massacrante en ce moment, de toute manière. Donna m'a dit que sa femme passait trois fois par jour pour lui parler.
- Godric me préserve de ça, grimaça Seamus tandis qu'ils regagnaient leurs bureaux.
- Lavande n'a pas l'air aussi hystérique que la femme du commandant, répliqua Charlotte en rangeant son dossier.
- Elle peut être très jalouse, quand elle veut. Mais bon, je suppose que je le lui rend bien, ajouta Seamus en haussant les épaules.

Il était dix-huit heures trente au Bureau des Aurors et les lieux commençaient à se vider. Le Commandant avait précisé à l'équipe M qu'il était temps de se reposer un peu et leur avait signalé que ce n'était plus la peine de faire des heures supplémentaires pour le moment tant qu'ils n'auraient pas d’éléments nouveaux. Et la comptabilité allait finir par râler s'ils devaient encore payer autant d'heures supplémentaires, avait-t-il ajouté, sans qu'on sache s'il plaisantait. Ceux qui prenaient la garde de nuit n'étaient pas encore arrivés et les Aurors s'interpellaient par dessus les boxs.

- Charlie, Seamus ! lança Willa en passant derrière eux. Vous venez boire un truc ?

Les deux Aurors se consultèrent du regard.

- Je préviens juste Lavande et j'arrive, déclara Seamus en s'éloignant pour envoyer un Patronus.

Tandis que Willa continuait à proposer à tout le monde d'aller boire un verre au Circée, Charlotte verrouilla ses tiroirs d'un coup de baguette magique, attrapa sa veste et salua Mika qui était encore plongé sur un épais dossier. Ce fut une bande d'Aurors assez bruyante qui s'engagea vers l'ascenceur de l'étage, rejointe au passage par une dizaine de policiers et quelques Oubliators. Les avocats qui sortaient de leur propre couloir leur jetèrent un regard mi-méfiant, mi-condescendant et se retrouvèrent condamnés à patienter derrière eux, ce qui eut le mérite de faire rire certains Aurors. Ils avaient tous déjà vu un de leur dossier se faire démonter par le Mangenmagot par des avocats un peu trop efficaces et des prévenus, dont ils étaient persuadés de la culpabilité, se faire remettre en liberté. Alors oui, il y avait parfois une certaine tension entre les Aurors et les avocats, tension partagée par la Police Magique qui connaissait les même frustrations qu'eux. Évidemment, les avocats faisaient leur boulot. Mais c'était parfois horrible de perdre un procès à cause d'eux. Sa première affaire, quand elle était entrée chez les Aurors, à peine âgée de dix-huit ans, avait été démontée par un des meilleurs avocats de Londres en quelques heures. Et le suspect avait récidivé quelques mois plus tard. Elle finit par atteindre l'ascenceur après que trois groupes de personnes s'y soit déjà engagée et se retrouva à moitié écrasée par Willa qui s'était greffée à la dernière minute. Elle pu également apercevoir Andrew Warlock, le frère d'Eliott qui avait gagné face au dossier de Ron Weasley il y a quelques semaines, fusillé du regard par l'équipe de ce dernier. C'était toujours un moment sympa, de prendre l’ascenseur au Département de la Justice Magique.

Le Circée était le bar qui accueillait les services de la Justice Magique presque tous les soirs. Situé en plein cœur du Bristol Magique, il avait l'avantage d'être assez spacieux pour contenir toutes les équipes du Ministères, Aurors, Oubliators, Police Magique et Baguettes d’Élite. Charlotte, tout comme le reste de ses collègues, transplanèrent dans la petite cour prévue à cette effet à l'arrière de l'établissement et poussèrent la porte. Il y avait déjà du monde et le lieu était un peu enfumé, rempli par des clameurs de conversations et des bruits de verre. Tandis que les Aurors s'installaient à plusieurs tables dans un coin, Charlie vit les Oubliators se diriger vers le bar, où plusieurs de leurs collègues étaient installés sur des tabourets. Repérant une chevelure blonde, elle abandonna sa veste et ses affaires aux bons soins de Seamus et se faufila entre les tables pour taper sur l'épaule de Lilly.

- On ne salue même plus sa meilleure amie ? Quelle honte !

Charlotte s'accouda au comptoir et fit signe au barman.

- Un Whiskey Pur-Feu s'il te plaît Bob !

Ce dernier hocha la tête tandis que Charlie se tournait vers son amie.

- Trois semaines sans se voir, il est loin le temps de Poudlard, ricana-t-elle. Comment est-ce que tu vas ? Quoi de neuf ? Et t'as parlé à Jensen ?


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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La tête appuyée contre la paume de sa main, le coup posé sur son bureau, Lilly peinait à déchiffrer les caractères du livre qu’elle avait sous les yeux. Elle étouffa un bâillement et jeta un coup d’œil à la pendule murale avant de reporter son attention sur la page dont elle parcourrait les lignes depuis plusieurs minutes. Aujourd’hui, aucun déplacement n’avait été prévu pour elle – sauf en cas de force majeure, lui avait-on précisé, avant de l’assigner aux recherches pour la journée. Et elles avaient beau être passionnantes, au bout de plusieurs heures de lecture, elle saturait complètement et luttait pour garder les yeux ouverts. Son regard glissa vers l’énième feuille sur laquelle elle prenait des notes, et elle termina sa phrase en cours en retenant une grimace à la pensée qu’il lui faudrait encore trier toutes les informations qu’elle avait relevées afin de monter un dossier complet à soumettre à son maître de stage, Alastair Brennan. Refermant le livre, elle le repoussa dans un coin du bureau et étala ses prises de note sous ses yeux. Parfois, les hypothèses qu’ils trouvaient dans un ouvrage étaient intéressantes et méritaient d’être vérifiées, poursuivies, voir confirmées. Mais souvent, ce n’étaient que des théories sans véritables fondements. La mémoire et le cerveau humains étaient en effet soumis à de nombreuses recherches menées par les Oubliators en collaboration avec le Département des Mystères. Du fait de son manque d’expérience – elle n’était encore qu’apprentie – Lilly ne pouvait se vanter d’être à l’origine d’une théorie, mais était assez qualifiée pour entreprendre seule une recherche. Aussi, d’un trait, elle raya la moitié d’une feuille – ce n’était pas cohérant avec ce qu’elle avait déjà pu lire dans un dossier établi des Oubliators – et soupira avant de fermer les yeux quelques instants.

« Tu dors ? » l’appela une voix moqueuse qui lui arracha un sourire.
« Je me repose, nuance. » répliqua-t-elle avant de se redresser et d’ouvrir les yeux pour observer une collègue qui passait devant elle.

« C’est ne pas bouger de la journée qui te fatigue tant que ça ? » la taquina cette dernière, un sourire amusé aux lèvres.
« J’ai lu je ne sais combien de pages de ce livre, pendant que tu étais assignée à St Mangouste ! » s’indigna-t-elle faussement en désignant l’ouvrage du doigt. « J’attends un peu plus de compassion… »
« Tu as toute la mienne ! » ria-t-elle en s’éloignant, un dossier dans les mains. « J’ai toujours dit que les caractères de ces bouquins étaient bien trop petits pour la vision humaine… »

Riant à son tour, Lilly leva une nouvelle fois la tête vers l’horloge et constata avec plaisir qu’il lui restait un quart d’heure à rester au bureau. Machinalement, elle commença à ranger ses affaires, rassembla ses feuilles, les plaça dans un tiroir qu’elle verrouilla d’un sort. Elle attrapa sa veste et se leva, s’étirant au passage. Jetant un coup d’œil au box qui jouxtait le sien, elle avisa Daniel, un Oubliator avec qui elle s’était liée d’amitié, et l’interpella :

« Tu comptes faire des heures sup ? »

Il n’était pas vraiment connu pour cela, d’où son étonnement.

« Il est quelle heure ? » lui répondit-t-il en retour en levant la tête, « Ah, déjà ? » s’étonna le jeune homme en ouvrant un tiroir d’une main tout en s’en passant une sur le visage, visiblement fatigué.
« Eh bien, quelle assiduité… »

Daniel leva les mains en l’air et haussa les épaules.

« Tu peux parler, on t’a à peine entendu, aujourd’hui ! » lui fit-il remarquer avant d’ajouter : « Tu retrouves ton fiancé maintenant ou tu as le temps d’aller boire un verre ? »

L’apprentie Oubliator retint de justesse une grimace à l’entente du mot « fiancé » ; s’y habituerait-elle réellement un jour ?

« Je n’ai pas prévu de voir Jensen ce soir de toute façon, alors j’ai tout mon temps ! »
« On y va alors ! » s’exclama-t-il en se levant, « Hé, Isy, tu viens avec nous ? » demanda Daniel en interpellant la femme avec qui Lilly avait échangé quelques mots quelques minutes auparavant.

Cette dernière accepta, et sans plus attendre, ils sortirent tous les trois du quartier général des Oubliators derrière quelques uns de leurs collègues et saluèrent poliment les sorciers membres de la brigade de réparation des accidents de sorcellerie qui gagnaient l’ascenseur en même temps qu’eux. Arrivés au Circée, les trois Oubliators s’installèrent au bar, et commandèrent sans plus attendre trois Whisky Pur-Feu. Le sirotant tout en parlant avec Daniel et Isy, Lilly salua quelques personnes qui travaillaient dans le même service où elle faisait son apprentissage, venues se détendre après une journée de travail. Elle appréciait cette espèce de tradition qui réunissait les sorciers de différents services du Ministère dans un même bar quasiment chaque soir. Perdue dans ses pensées, elle ne sentit qu’à peine sa meilleure amie arriver dans son dos, et sursauta lorsque cette dernière lui tapa sur l’épaule.

« Première arrivée ! » se dédouana-t-elle en levant les mains en l’air. « Je n'ai pas vu que tu étais là. » ajouta-t-elle avec un sourire.

Elle observa Charlotte commander un Whisky Pur-Feu, écouta attentivement ses questions et avala une gorgée d’alcool avant de répondre.

« C’est vrai, ça fait loin… » souffla-t-elle avant de lui adresser un sourire complice : « Pourtant, je suis certaine que certains aspects de Poudlard ne te manquent pas… Les réveils matinaux en plein hiver par exemple… » poursuivit la jeune femme en faisant référence à son ancienne mauvaise humeur légendaire le matin. Voyager lui avait fait perdre cette vilaine habitude, au moins ! « Mais je vais très bien ! Et il ne s’est rien passé de spécial dans ma vie durant ces trois semaines, malheureusement. » déclara Lilly avant de laisser passer quelques secondes. « Et je vis quasiment chez Jensen, évidemment que je lui parle ! Mais toujours pas de ça. avoua-t-elle finalement. « J’ai essayé, pourtant, mais il est tellement… heureux, dès qu’on aborde le sujet. »

Elle baissa légèrement les yeux avant de les relever vers sa meilleure amie :

« Mais et toi, comment vas-tu ? Que se passe-t-il dans ta vie, en ce moment… ? »


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Tandis que Bob lui apportait son verre, Charlotte se hissa sur le tabouret voisin qui venait de se libérer. Elle avala une gorgée d'alcool tout en écoutant Lilly lui répondre. L'évocation de Poudlard la rendait toujours nostalgique, sans qu'elle puisse s'en empêcher. Elle aimait sa vie actuelle et n'en changerait pour rien au monde mais Poudlard avait été aussi une période fantastique, à partir de la quatrième année. La guerre était terminée et elle n'avait rien à penser à part les tourments - ô combien difficiles d'une ado ordinaire - et puis elle avait passé d'excellents moments avec Lilly et Jensen. Cela lui manquait un peu, parfois.

- Tu connais mon hibou ? Pire qu'Harriett et toi réunies, été comme hiver, répliqua-t-elle en mentionnant une de leurs anciennes camarades qui avait émigré aux USA après les ASPICs.

Mangelettres, Voldy comme elle le surnommait, était infernal. Et évidemment, elle n'avait pas le cœur de le proposer à l'adoption. Il rentrait tous les jours puis refusait de rester dans sa cage, comme si son appartement était une volière. Une résidence moldue était loin d'être idéale pour un hibou mais elle en avait besoin pour le travail - quand il n'attaquait pas les secrétaires ou Harry Potter - et n'ayant pas de cheminée, elle ne pouvait pas s'en passer. Elle était condamnée à subir Voldy pendant encore des années. Si elle déménageait dans un coin sorcier cela serait plus simple mais elle aimait garder le contact avec le monde moldu, son quartier et laisser la possibilité à ses parents de venir la voir. Et puis vivre en plein coeur de Londres avait ses avantages et elle n'avait pas envie de s'exiler dans un des villages sorciers isolés. Le Chemin de Traverse était hors de prix, Pré-au-Lard avait peu d'appartements en location et Bristol était aussi très demandé, très à la mode depuis quelques années. Donc Mangelettres allait devoir prendre son mal en patience pendant encore quelques temps.

Elle grimaça lorsque Lilly lui avoua qu'elle n'avait pas encore parlé de ça à Jensen. Ça étant le fait qu'elle n'ait aucune envie de l'épouser. Charlie n'avait pas l'impression que c'était un manque d'amour, ils étaient ensemble depuis des années, mais plutôt la peur de l'engagement. Après tout, si son amie était partie courir le monde pendant trois ans sans attaches tandis que tout le monde se posait, c'était significatif, non ? Après, elle pouvait la comprendre. Vingt-trois ans, c'était peut-être un peu jeune pour se marier, même après des années de relations. Rares étaient les gens de leur âge définitivement casés, cela commençait plus tard, dans la génération de Seamus par exemple. Même si Charlie avait toujours remarqué que l'on se mariait beaucoup plus tôt dans la société sorcière et que l'on avait des enfants plus tôt. Il y avait plusieurs facteurs qui pouvaient l'expliquer : les études étaient tout de même moins longues et en s'y prenant après Poudlard, on pouvait en avoir fini à vingt ans et la société était quand même un peu plus traditionnelle que la moldue. Mais Jensen, pourtant né-moldu, avait du mal à comprendre cela. Il rêvait d'une vie idéale avec une jolie maison, un grand jardin, des enfants et pourquoi pas un Golden Retriever ? Elle l'avait toujours su, il le lui avait dit quand il lui avait confié qu'il comptait demander Lilly en mariage. Mais malgré tout l'amour qu'il vouait à sa fiancée, il ne semblait pas avoir remarqué que ce n'était pas sa vision de la vie idéale. Devant ce constat, Charlie soupira. C'était une affaire compliquée et elle avait peur des conséquences. Ils avaient toujours été un groupe d'amis soudé, si Lilly et Jensen venaient à s'éloigner, cela influerait forcément sur leur amitié, non ?

- Il faudra bien pourtant, souffla Charlotte à regrets. C'est mauvais de laisser traîner, surtout qu'il fait plein de plans... Tu savais qu'il hésitait sur la couleur des serviettes ? Il m'a demandé mon avis quand on a déjeuné ensemble au Ministère l'autre jour. J'avais le choix entre mauve et lilas. Ta mère préfère le lilas selon lui, j'ai un faible pour le mauve. C'est la couleur du moment, singea Charlie, amusée.

Si un jour elle venait à se marier, elle espérait sincèrement qu'elle ne se mettrait pas à poser de questions existentielles concernant la couleur des serviettes de table. Et de toute manière, elle ne choisirait pas du violet. Plutôt du bleu. Mais la question était loin d'être là. Elle adressa un sourire réconfortant à sa meilleure amie et lui attrapa la main pour la presser quelques secondes.

- En attendant, vois le bon coté des choses. La robe, le gâteau et la fête. Et le fait que ta mère ne puisse plus dire que tu ne fais rien d'adulte ! ajouta-t-elle en riant.

Elle bu une nouvelle gorgée de son verre avant de jeter un coup d’œil malicieux à Lilly.

- Et puis... L'enterrement de vie de jeune fille aussi. Si tu te maries, je te jure que tu te souviendras de cette soirée.

Si elle devait l'organiser, elle avait l'intention d'inviter notamment toutes les anciennes filles de leur dortoir pour une soirée haute en couleurs. Oui, à la base, le mariage, c'était l'engagement pour la vie, la création d'un foyer et tout ce qui allait avec. Mais vu comment Lilly était nerveuse, il valait mieux mettre l'accent sur tout le coté festif du mariage. Et Charlotte savait bien que sa meilleure amie ne rechignait jamais à faire la fête, quoi qu'il arrive.

- Oh, et sinon, j'ai revu Eliott, vendredi, lança-t-elle, l'air de rien.

Une clameur derrière elle la fit se retourner à temps pour voir ses collègues Aurors applaudir bruyamment un Aspirant de première année qui descendait un verre d'alcool d'une traite avant de pavaner, fier de lui. C'était le coin le plus bruyant de la salle et elle vit plusieurs lieutenants acclamer la scène. Heureusement qu'il y avait en majorité des sorciers de la Justice Magique. Ils avaient l'habitude. Haussant un sourcil, Charlotte se retourna vers le comptoir et les Oubliators qui se tenaient bien mieux. Parfois, elle se disait qu'elle s'était trompée de bureau. Enfin, le bizutage était présent partout, c'était une tradition et même-elle n'y avait pas coupé lorsqu'elle était entrée au BDA. Elle s'en rappelait encore.


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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« Je connais ton hibou. » confirma-t-elle avec une grimace. « Et je me souviens encore de la fois où je l’ai récupéré chez moi pendant quelques jours… » ajouta Lilly en se remémorant avec un sourire amusé ces heures infernales. Bon, elle en riait aujourd’hui, mais elle s’était retenue de sortir sa baguette pour calmer l’oiseau sur le moment. Elle n’avait jamais été vraiment douée avec les animaux. Elle aimait prendre des risques en les étudiants, mais les nourrir, les soigner ? Très peu pour elle. C’était d’ailleurs bien pour cela qu’elle n’en avait aucun chez elle. Déjà, c’était trop encombrant. Franchement, un hibou, dans son minuscule appartement ? Ce n’était même pas envisageable. Puis, cela représentait trop de contraintes. Celle de revenir chaque jour pour nourrir l’animal en question, par exemple. Et, définitivement, elle n’avait pas vraiment ce « truc » avec les animaux, qu’on pouvait trouver chez certaines personnes. Aussi, elle préférait ne pas en avoir, quitte à emprunter le hibou de Charlotte ou celui de Jensen lorsqu’elle en avait besoin. Un sourire ironique s’étira sur ses lèvres lorsqu’elle se remémora les paroles de sa mère, qui visiblement, se voyait bien devenir grand-mère sous peu. « Pour cela », avait répliqué Lilly, « il faudrait encore que j’ai un enfant ». Et ça, ce n’était pas gagné d’avance, pas du tout, même. Elle n’était pas fichue de s’occuper d’un animal correctement – et ne parlons même pas des plantes vertes que sa mère continuait à lui offrir pour son anniversaire ! – alors un enfant ? La jeune fille retint un rire et reporta son attention sur Charlie qui lui parlait de la dernière préoccupation existentielle de Jensen, à savoir la couleur de serviettes.

« Je sais. » souffla-t-elle en levant les yeux au ciel. « Il n’arrête pas. Tu sais ce qu’il m’a dit, il y a quelques jours ? Qu’Emma et Hugo étaient ses deux prénoms et qu’il adorerait les donner à ses futurs enfants… Tu vois le genre de sous-entendu, gros comme une maison ? » soupira-t-elle en baissant rapidement les yeux vers son ventre avant de les relever vers sa meilleure amie.

Elle écouta par la suite cette dernière vanter les avantages du mariage, un sourire amusé aux lèvres. Sous cet angle, effectivement, il paraissait tout de suite bien plus attractif. Mais il restait toutefois un problème majeur : le mari. Pas Jensen, non. Le mot. « Mari ». Elle ne voulait pas qu’il le devienne, son mari. C’était trop officiel, trop sérieux. C’était ne pas avoir la possibilité de tout envoyer balader, du jour au lendemain. Pas qu’elle en ait envie ! Elle aimait Jensen. Mais la possibilité de pouvoir le faire la rassurait. Elle baissa le regard vers sa bague de fiançailles et la fit tourner à son doigt, avec la furieuse envie de l’enlever. Elle n’y pouvait rien, elle avait du mal, avec l’engagement. C’était sûrement pour ça qu’elle se sentait si bien lorsqu’elle partait en voyage plusieurs mois d’affilés. Elle était libre. Elle occupait ses journées comme elle le souhaitait, dormait là où elle pouvait, n’avait aucune obligation. Pourtant elle commençait, doucement, à s’engager. Son travail chez les Oubliators, par exemple, qui la passionnait. Mais cela semblait dérisoire, comparé au mariage !

« Tu me connais bien… » sourit-elle avec malice avant de se redresser et de fixer Charlotte avec attention lorsqu’elle lui apprit avoir revu Eliott vendredi.

Elle s’apprêtait à lui répondre lorsqu’une clameur s’éleva du côté des Aurors, détourna l’attention de la jeune femme qui observa la petite scène se dérouler sous ses yeux avec un rire amusé. Reportant ensuite son regard sur Charlotte, elle la regarda quelques instants silencieusement. A Poudlard, et même après, sa meilleure amie avait eu quelques petits-amis, et quelques crushs. Chaque fois, elle s’étonnait de son comportement fleur-bleu et même si elle la taquinait parfois sur ça, elle trouvait toujours ça adorable.

« Ah ? Et ? Raconte tout à ta meilleure amie… » fit-elle en masquant son sourire malicieux en prenant une gorgée de Whisky.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

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Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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- Ce sont de jolis prénoms, souffla Charlotte en souriant doucement.

Essayer de relativiser était la seule chose qu'elle pouvait tenter de faire face à cette affaire et elle se sentait terriblement impuissante et désemparée face à son amie. Et s'il y avait bien une chose qu'elle détestait, c'était être impuissante, ne rien pouvoir faire et avoir les mains liées. C'était peut-être très Gryffondor comme attitude mais elle avait tendance à vouloir intervenir dès qu'elle le pouvait, ne serait-ce que pour aider un petit peu. Là, elle était condamnée à regarder et à essayer de consoler en vain. Elle comprenait les craintes de Lilly et ses réticences, elle savait tout ce qui la bloquait. Mais d'un autre coté, elle comprenait également Jensen et ce qu'il attendait de sa relation avec Lilly. Elle était partagée entre les deux, entre ses deux meilleurs amis et ne pouvait rien faire. Elle écoutait des deux cotés et ne pouvait que compatir. Elle détestait cela, elle avait l'impression d'être inutile. Elle essayait de relativiser auprès de Lilly et de calmer les ardeurs de Jensen, subtilement. Mais ce dernier était tellement heureux, tellement enthousiaste qu'il ne voyait pas les réticences de sa fiancée. Comment deux personnes qui s'aimaient tant et qui étaient ensemble depuis si longtemps pouvaient avoir des buts aussi éloignés dans la vie ? Charlotte était pourtant persuadée qu'il y avait une solution pour ses amis. Ils avaient surmonté pas mal de choses ensemble, notamment l'éloignement de Lilly, ils pouvait résister à cela. Peut-être fallait-il repousser le mariage ? Après tout, ils n'avaient que vingt-deux ans, bientôt vingt-trois, ils étaient encore jeunes. Après tout, dans le monde moldu, beaucoup de jeunes de leur âge étaient encore étudiants. Mais son ami ne voulait rien entendre. Elle ne le dirait jamais à Lilly, c'était quelque chose que Jensen lui avait demandé de garder pour elle, mais il estimait qu'il l'avait assez attendue pendant toutes ces années où elle était à l'autre bout du monde. Il avait mis ses rêves et ses envies de coté pour qu'elle vive les siens et désormais, il avait envie de profiter de son couple.

Mais évidemment, ce n'était pas quelque chose qu'elle pouvait dire à Lilly, qui le prendrait mal. Tout comme Jensen prendrait mal de savoir que sa petite-amie ne voulait pas l'épouser. Elle était partagée entre les deux, parfois sur le point de devoir mentir pour protéger le secret de l'un ou de l'autre et c'était très désagréable. Elle essayait de faire au mieux mais était coincée entre les deux en ce moment, conseillant Jensen sur la couleur des serviettes et poussant Lilly à lui dire qu'elle ne voulait pas de ce mariage. Et elle détestait cela, plus que tout. Surtout que cela semblait être un cercle sans fin, Lilly ne voulant pas blesser Jensen en lui parlant franchement et Jensen s'emballant de plus en plus au fur et à mesure que le mariage s'approchait. Charlotte refusait d'annoncer la couleur - et pas des serviettes cette fois-ci - à son ami, estimant que c'était le rôle de Lilly. Mais plus le temps passait et plus le monde s'emballait pour ce mariage, plus elle avait envie de tout lui raconter. Demain midi, ils déjeunaient ensemble, étant donné que Jensen travaillait à la Coopération Magique et elle savait encore qu'elle mourrait d'envie de tout lui avouer, pour éviter de lui faire de la peine. Même s'il aurait de la peine en apprenant cela. Honnêtement, Charlie n'était même pas sûre qu'il la croit. Il était trop amoureux de Lilly pour cela. Elle le connaissait très bien son meilleur ami et savait très bien qu'il pouvait être d'une mauvaise foi absolue. Il dirait qu'elle était jalouse d'eux et voulait nuire à leur bonheur car elle était célibataire et aigrie. Un truc du genre. Même si elle ne l'était plus, célibataire, ce que Jensen ne savait pas encore d'ailleurs. Et puis même, ce n'était pas comme si elle avait tenu la chandelle devant eux depuis qu'ils étaient ensemble, elle avait eu plusieurs petits-amis. Mais Jensen était parfaitement capable de lui dire ça et en plus, de lui en vouloir après.

- Parle à Jensen, conclut-elle fermement. Je sens que cela finira mal sinon.

Elle connaissait Lilly encore plus qu'elle connaissait Jensen et avait peur de ce qu'elle pourrait faire si elle se mettait à paniquer parce que le mariage approcherait sans qu'elle ait parlé à Jensen. Et elle avait également peur des conséquences de ce que pourrait faire sa meilleure amie. S'il se passait quelque chose de mal entre Jensen et elle, cela nuirait forcément à leur amitié à tous les trois et Charlotte refusait de perdre l'un ou l'autre. Ils étaient amis depuis qu'ils avaient onze ans, depuis qu'ils étaient entrés à Poudlard, dès les premiers jours. Il y avait d'autres filles dans leur dortoir mais Lilly et Charlie s'étaient entendues dès le début, naturellement. Et il y avait d'autres garçons chez les Gryffondor, mais elles étaient devenues proches de Jensen, au début parce que Charlotte et lui étaient nés-moldus, ce qui rapproche dans la découverte de ce nouveau monde. Ils avaient passé sept ans ensemble, si on excepte la troisième année et n'avaient pas perdu le contact après Poudlard alors qu'ils avaient perdu de vue tout le reste de la promotion. Ils étaient encore très amis, même s'ils ne se voyaient pas souvent et étaient restés très complices. Ses amis étaient deux piliers de sa vie, elle ne voulait pas les perdre parce qu'il y avait eu un problème entre eux. Elle tenait trop à cette amitié, c'était une bouffée d'oxygène. Elle adressa un sourire à Lilly pour adoucir ses propos et soupira. Ce fut le ton malicieux de son amie qui la fit rire, tandis qu'elle faisait valoir son droit aux petits potins de sa vie amoureuse.

- Quelle curiosité ! commença-t-elle pour la faire mariner un peu. Je ne te savais pas si commère, Callaghan !

Rieuse, Charlie fit mine de prendre une mine effarée.

- Tu as commencé à lire Sorcière Hebdo, je le savais. Leur dernier test sur "Feriez-vous une bonne infidèle ?" était fantastique, n'est-ce pas ? lança-t-elle narquoise.

Elle l'avouait, elle achetait Sorcière Hebdo de temps en temps et n'en n'avait pas honte, même si tout le monde se fichait un peu du magazine. Il avait des articles sympas, des idées de sorts aussi et faisait des reportages intéressants sur des sujets d'actualité de temps en temps. Mais elle n'avait pas franchement aimé le dernier article, écrit au nom de la liberté des femmes de nos jours qui avaient désormais les même pratiques que les hommes, qui lui avait semblé de mauvais goût.

- Plus sérieusement, il m'a emmenée à la patinoire de Londres. Tu sais, on avait été à celle d'Oxford l'été de notre première année, quand tu étais venue une semaine à la maison. C'était sympa.

Elle avala une gorgée de Whisky, ce qui fit tinter les glaçons qui étaient au fond du verre.

- On s'est embrassé, avoua-t-elle en rosissant.

Un jour, elle arrêterait de réagir comme une ado' de quinze ans à presque vingt-trois ans. Elle y croyait. Enfin, même si elle ne l'avait pas dit à Lilly la première fois qu'elle lui avait parlé d'Eliott, ils s'étaient déjà embrassé, la fois dernière, cela n'avait pas été la première fois. Mais le dernier voulait dire plus de choses à ses yeux.

- Si tu songes à te moquer de moi parce que j'ai l'air d'une midinette, je te rappelle que mes collègues sont en majorité ! lança-t-elle, faussement féroce. Et je sais déjà que je suis ridicule, à m'emballer ainsi à chaque nouvelle histoire, ajouta-t-elle en haussant les épaules et en faisant tourner les glaçons dans son verre et le liquide ambré.

Elle avait eu quatre histoires sérieuses depuis qu'elle était sortie de l'école et s'était fait des idées tout le long à chaque fois, pour rien. Si cela se trouvait, cela ne durerait pas plus que quelques mois entre Eliott et elle. Elle ne l'espérait pas évidemment, mais c'était à chaque fois ce qui se passait, son record étant un an. Chaque histoire était différente, oui, mais elle avait toujours été déçue. Et malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de se dire que cette fois-ci, c'était vraiment différent. Elle était irrécupérable, vraiment.


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Parler à Jensen, se répéta Lilly intérieurement, en retenant de justesse une grimace désespérée. Elle savait qu’elle devait le faire, elle savait que c’était la seule chose à faire, même. Pourtant, à chaque fois qu’elle y songeait, elle imaginait la réaction de son petit-ami, et était immédiatement découragée. Parce qu’elle l’aimait, Jensen, réellement. Elle sortait avec lui depuis presque dix ans, et malgré les hauts et les bas dans leur couple, elle avait toujours été heureuse à ses côtés. Mais l’engagement lui faisait peur. Son fiancé le savait, mais considérait qu’après des années à l’attendre, alors qu’elle visitait le monde, c’était son droit de faire sa demande. Et elle avait accepté, elle. Pour lui faire plaisir, dans un premier temps. Elle ne voulait pas le blesser, elle n’avait jamais voulu le blesser. Elle lâcha un soupir résigné. Elle ne pouvait pas passer outre cette conversation, même si elle se doutait qu’elle ne serait pas bien facile. Enfin, il fallait mieux lui en parler maintenant, non ? Avec de se retrouver mariée et mère presque contre son gré, n’est-ce-pas ? Oui, décida-t-elle. Elle le ferait, elle lui parlerait. Un jour, plus tard, pas aujourd’hui, pas maintenant.

Non, maintenant, elle voulait seulement se concentrer sur les histoires de cœur de sa meilleure amie, un sujet bien plus léger que ses pensées désagréables. Et elle était assez curieuse de connaître cette relation entre Eliott Warlock et Charlie… Puis, elle devait bien le reconnaître : Charlotte, lorsqu’elle tombait amoureuse, était la personne à la fois la plus drôle et la plus adorable à regarder. Drôle parce qu’elle s’emballait beaucoup, rougissait un peu, parlait énormément. Adorable pour à peu près les mêmes choses. Aussi, elle afficha un sourire amusé et leva les sourcils lorsqu’elle déclara qu’elle ne la savait pas si commère. Il fallait dire qu’elle n’avait pas tort, Lilly n’était pas du genre à commérer, ni à répandre toute sorte de rumeur… Enfin, ça lui était déjà arrivé, quelque fois, elle devait l’avouer. Plus par vengeance qu’autre chose, mais tout de même. Elle s’abstint toute réponse, avant d’éclater de rire devant les quelques phrases de sa meilleure amie sur Sorcière Hebdo.

« Oui, et j’ai même fait le test. » affirma-t-elle en hochant la tête – elle s’ennuyait, un jour, à sa pause déjeuné. « Et arrête de changer de sujet… »

Elle écouta d’une oreille attentive les récits de sa meilleure amie, elle lâcha un « Oui, je me souviens » avec un sourire presque nostalgique, lorsque la jeune femme évoqua la patinoire d’Oxford. Elle se souvenait parfaitement y être allée, et avait encore en mémoire quelques chutes plutôt douloureuses. Elle arrivait à rester stable sur la glace, et pouvait enchaîner quelques tours sans trop de problèmes, mais finissait la plupart du temps par terre. La patinoire n’était décidemment pas le lieu idéal pour elle pour un rendez-vous amoureux ! Par contre, il semblait l’être pour Charlotte, puisque, d’après ses dires, le rendez-vous s’était bien terminé, même très bien terminé… Elle eut une moue amusée, et lui jeta un regard malicieux, avant d’éclater franchement de rire devant sa dernière remarque.

« Même pas peur ! » nargua-t-elle. « Tu ne changeras jamais Charlie. » finit-elle en souriant.

Et ce n’était pas une critique, loin de là, même. Elle aimait sa meilleure amie comme elle était, avec ses défauts, ses qualités, et sa capacité à s’emballer pour chacune de ses relations.

« Et avec Eliott, c’est une relation sérieuse, pas sérieuse, ou… ? » demanda-t-elle – parce qu’on ne savait jamais. « Il fait quoi dans la vie ? Il a un appartement, ou il vit encore chez ses parents ? Il n’est pas embarqué dans des affaires louches, au moins ? » demanda-t-elle avec le plus de sérieux possible, bien que le sourire qui menaçait d’apparaître sur son visage la trahissait complètement.

N’y tenant plus, elle lâcha un éclat de rire, avant de poser un regard interrogateur sur sa meilleure amie.

« Autant être commère jusqu’au bout, Meyer ! » se justifia-t-elle avec aplomb.


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L'éternel débat de la supériorité des services ! Lorsqu'elle était encore à Poudlard, en cinquième année, et que les brochures d'orientation avaient été distribuées, c'était le prestige des Aurors qui l'avait attirée. La guerre était finie depuis un peu plus d'un an environ et les arrestations de Mangemorts tout justes retrouvés continuaient, les dossiers de la guerre commençaient tout juste à ressortir et le nom des Aurors était partout dans la Gazette du Sorcier. Alors, oui, au début, elle avait été attirée par le prestige, comme beaucoup sûrement. Les Aurors avaient une grande renommée et ne prenaient même pas la peine de cacher leur fierté. Il y avait une grande image fantasmée du métier, oui, mais il restait passionnant. Alors quand on se présentait comme Auror, cela faisait tout de suite son petit effet. Dans les textes, les Aurors n'avaient aucune autorité sur les autres Brigades, tout comme les autres Brigades n'en n'avaient pas sur eux. Mais dans les faits, le BDA se permettait de donner pas mal d'ordres à la Police Magique, quand ils devaient intervenir tous les deux sur le terrain et ne se privaient pas de leur demander des renseignements nécessitant des enquêtes de routine, sous prétexte que c'était plus dans leurs cordes. C'était évidemment loin de plaire à ces derniers, qui avaient leurs propres dossiers à mener. La rivalité entre les deux corps était assez grande et la Police Magique était plutôt soutenue par les Oubliators et la Brigade de Réparation des Accidents de Sorcellerie, même si quand on y pensait bien, ces derniers n'avaient strictement rien à faire dans le débat. Les seuls à qui les Aurors accordaient des bons points, c'étaient les quelques membres des Baguette d’Élite, qu'ils traitaient comme des égaux. Tous les Aurors n'étaient évidemment pas comme cela, elle n'avait rien contre la PM ni les Oubliators - que les Aurors ne considéraient pas comme de vrais agents de terrain - et n'était pas la seule dans ce cas, mais c'était une impression d'ensemble qui se dégageait de leur bureau et qui leur avait donné une solide réputation d'arrogance bien ancrée dans l'esprit des gens. Alors quitte à avoir cette réputation, autant en jouer songea-t-elle lorsque Lilly lui affirma qu'elle n'avait pas peur.

- Tu devrais, pourtant ! répliqua-t-elle, taquine. Je suis sûre que certains de mes collègues pourraient viser à peu près droit après un baril de Whisky Pur-Feu. S'ils échappent au coma éthylique, bien sûr.

Elle jeta un coup d'oeil en arrière pour constater que certains commençaient vraiment à pousser sur les verres, cela s'entendait aux beuglements. Les plus sages partiraient bientôt, laissant leurs collègues à leurs boissons et rire gras. Elle espérait pour eux qu'ils ne travaillaient pas demain. Qu'est-ce qu'elle disait, un instant plus tôt ? Un corps d'élite ? Oh, évidemment, elle avait déjà bu un plus que de raison en compagnie de ses collègues certains soirs, au point de ne pas transplaner mais elle n'avait jamais eu l'impression de faire trop d'excès. Elle avait eu une très mauvaise expérience avec l'alcool l'été de sa sixième année - merci Jensen - qui lui avait suffit de leçon. Plus jamais, avait-elle promis. Et elle s'y était plutôt bien tenue. Détournant son regard de ses collègues, elle avala une gorgée de son verre presque déjà vide.

- Hum, oublie ce que j'ai dis, veux-tu ?

Elle eut un sourire quand Lilly affirma qu'elle ne changerait jamais et elle secoua doucement la tête. Non, décidément, elle ne semblait pas prête de changer, elle se l'était suffisamment reproché l'autre soir face à Eliott. Elle avait pourtant l'impression d'avoir beaucoup changé sur beaucoup de points depuis ses dix-sept ans, d'avoir mûri, beaucoup. Mais ce coté-là de sa personnalité restait intact, au point qu'elle avait l'impression de revenir des années en arrière à chaque fois, un mélange de nostalgie et d'agacement. Il n'y avait pas de mal à ça, évidemment. Mais ce n'était pas des plus agréables, d'avoir l'impression de se comporter toujours comme une adolescente alors qu'elle revendiquait le titre d'adulte depuis quelques années déjà. Elle aurait aimé être comme Lilly, pouvoir avoir l'air détaché en toutes circonstances, pouvoir être à l'aise dans toutes les situations, plutôt que de baisser les yeux et de rougir. Lorsqu'elles étaient jeunes, lors de leurs premières années à Poudlard, elle avait toujours admiré - et un peu jalousé aussi - ce trait de sa personnalité. Cela s'était apaisé avec le temps, lorsqu'elle avait elle-même pris de l'assurance mais elle se rappellerait toujours de l'admiration qu'elle ressentait devant le culot de Lilly à onze ans, tandis qu'à coté, elle paraissait si réservée et si fragile. Elle releva les yeux devant le flot de questions de sa meilleure amie et les leva au ciel en entendant la dernière question. Elle avait tout de même passé l'âge d'être couvée et surtout pas par Lilly, qui était tout de même - elle osait le dire - la moins responsable des deux.

- Ce n'est plus du commérage, là, c'est de l'interrogatoire ! répliqua-t-elle en faisant un signe à la serveuse, Rosie comme tout le monde l'appelait. Pourrais-je avoir en avoir un autre, s'il vous plaît ?

Cette dernière hocha la tête avec un sourire et revint quelques instants plus tard avec sa commande. C'était le dernier, se promit Charlotte en la remerciant. Elle n'était pas de garde mais elle voulait pouvoir se lever demain matin - ou durant la nuit en cas d'urgence - sans trop de mal. Et puis elle commençait déjà à sentir les effets du premier verre. Il n'y avait pas à dire, le Whisky changeait bien de la Bierraubeurre.

- Alors, pas dans l'ordre, il est chauffeur de taxi. Crois-moi, j'ai été la première surprise quand je l'ai appris ! Le fils de John Warlock, chauffeur de taxi moldu, précisa-t-elle en riant. Mais bon, l'essentiel, c'est de faire un métier qui nous plaise ! Il vit en colocation à Londres. Pour les affaires louches, je me suis évidemment empressée de vérifier ses antécédents au BDA, tu me connais ! lança-t-elle, ironique. Je ne sais pas, Lilly, je suppose que non, pour les affaires louches. J'espère pas, en tout cas ! Mais si tu veux, maman, je demanderai, la prochaine fois. Si je suis tombée sur un trafiquant de Mandragore, je m'empresse de l'arrêter, promis, y'a pas plus romantiques que les cellules du BDA.

A Poudlard, ce n'était pas Eliott qui posait le plus de problèmes aux enseignants. Il y avait des gens beaucoup moins fréquentables au sein de l'école. Et elle n'avait pas l'intention d'aller vérifier si Eliott avait un casier quelque part, elle n'en n'était pas rendu à ce point là tout de même. Stormborn, s'il avait été dans sa situation, l'aurait sûrement filé. Mais elle n'était pas encore assez parano. Et ce n'est pas comme si elle avait rencontré un parfait inconnu, ils se connaissaient - plus ou moins bien - depuis des années.

- Et pour la relation sérieuse...

Elle soupira sans pouvoir s'en empêcher. Elle était loin de regretter son choix, bien au contraire. Et même si elle avait fait taire ses doutes, ils restaient là, dans un coin, à la tarauder. Elle n'avait pas pu en parler à Lilly entre temps, ni à qui que ce soit d'ailleurs, mais c'était l'occasion.

- Oui, répondit-elle, c'est sérieux. Évidemment, on verra sur le long terme, mais l'intention est bien là, précisa-t-elle avec un léger sourire.

Elle avala une gorgée de son verre avant de tourner les yeux vers Lilly.

- Tu te rappelles comment ça s'est terminé la dernière fois ! s'exclama-t-elle, sans pouvoir cacher le dépit dans sa voix. Je travaille beaucoup, beaucoup trop, et il y a ce dossier qui me prend tout mon temps et j'aime mon boulot, mais je sais que la dernière fois, c'était ça le problème et quand il m'a demandé, enfin, c'est moi qui ai demandé si c'était sérieux en fait, mais tu vois, j'ai dis que oui, ça l'était pour moi et j'ai pas menti, parce qu'il me plaît, mais c'est peut-être complètement égoïste parce que justement, je travaille tellement et je le sais, en plus et peut-être que c'est voué à l'échec dès le début, peut-être que ça finira dans le mur comme la dernière fois et je sais que cette fois-ci je serai complètement responsable parce que j'ai dis oui en toute connaissance de cause et... Je m'en veux un peu. Je ne regrette pas, hein ! Mais je culpabilise et c'est vraiment bête parce que je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir et peut-être que je me fais des idées pour rien et que tout va bien se passer mais en attendant tout ça me tracasse et j'y pense depuis vendredi et en plus...

Elle s'interrompit pour reprendre son souffle.

- Et en plus, j'arrive pas à faire le tri. Ca se voit, je crois, ajouta-t-elle en haussant les épaules, sardonique.


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« Deux, s’il vous plait. » ajouta Lilly à l’intention de la serveuse qui prenait la commande de Charlotte. La remerciant lorsqu’elle revint avec sa boisson, la jeune femme porta son verre à ses lèvres et observa sa meilleure amie avec attention. Ce n’était jamais chose facile, les histoires d’amour, et elle savait bien que Charlotte avait tendance à s’emballer un peu trop rapidement... Elles se complétaient, sur ce point. Lilly, elle, avait toujours été plus réticente à s’engager. C’était tellement officiel, l’engagement. Ça lui faisait peur, même. Elle lâcha un soupir imperceptible et redressa les épaules, posant un regard interrogateur sur l’Auror.

« Eliott Warlock est chauffeur de taxi ? » s’exclama-t-elle en baissant la voix. « Et cette histoire de Médicomagie… ? »

Le fils de John Warlock conduisait des taxis dans le monde moldu ? Le fils de John Warlock ? Le leader du SPAM ? Elle dû retenir un éclat de rire. Cette pensée était tout de même assez surprenante. Elle avait toujours pensé qu’il cèderait à la pression familiale, qu’elle savait assez forte dans les grandes familles influentes. On voulait que ses enfants fassent de grandes études, aient un grand métier, gagnent bien leur vie. Comme tous les parents, à vrai dire. Sauf que là, c’était aussi pour l’honneur. Pour le prestige, un peu. Cela faisait toujours mieux, lors des grandes réceptions mondaines de prétendre que votre fils faisait de grandes études en Médicomagie plutôt que d’avouer qu’il était devenu chauffeur de taxi du côté moldu. Surtout pour le leader du SPAM, songea-t-elle en levant les yeux au ciel. Ses propres parents n’avaient pas été emballés lorsqu’elle leur avait fait part de son désir de parcourir le monde pendant quelques années. Sa mère aurait préféré qu’elle acquière une situation stable dès sa sortie de Poudlard. « Pourquoi ne prendrais-tu pas un appartement avec Jensen ? Ou une collocation avec Charlotte ? » avait-elle minaudé, en lui promettant de l’aider à payer son loyer. Mais sur ce point là, elle avait été intraitable. Elle voulait partir. C’était son rêve, depuis qu’elle était toute petite, et elle ne pouvait pas y renoncer.

« C’est bien ma fille ! » approuva-t-elle d’un hochement de tête sérieux, contredit par son sourire et ses yeux qui brillaient d’amusement, alors que Charlotte continuait de parler. « Le fils de Warlock trafiquant de Mandragore ? Bon, je n’y crois pas une seule seconde, mais ce serait franchement drôle. » ria-t-elle avant de rajouter : « Dans un autre contexte, évidemment ! »

Et bien, tout lui semblait parfait ! Lilly esquissa un sourire, prête à donner sa bénédiction à Charlotte de niaiser joyeusement, lorsque son soupir l’arrêta en plein élan. Elle haussa légèrement les sourcils pour l’inciter à continuer, et but une nouvelle gorgée de Whisky. Reposant ensuite doucement son verre, elle tenta de suivre du mieux possible le récit assez décousu de Charlotte, qui semblait visiblement douter… Voir paniquer, même. Se gardant bien de l’interrompre, elle resta silencieuse, les yeux posés sur sa meilleure amie. Lorsqu’elle eut terminé de parler, elle se redressa quelque peu, et prit la parole.

« Oh, stop, Charlie. » ria-t-elle doucement en attrapant le bras de son amie. « Oui, ça t’es arrivée une fois, parce que tu étais trop au bureau mais aussi parce que ce garçon était un parfait abruti possessif qui ne comprenait pas que tu puisses faire autre chose que minauder dans ses bras. Là, ce n’est pas voué à l’échec, parce que ce n’est pas la même histoire. Entre nous Charlie, on sait très bien qu’Eliott n’a jamais été un garçon à la Matt Bennet. » Qui lui, par contre, était l’exemple du parfait garçon jaloux. « Ne te fais pas de soucis pour ça, va. Et… Prends seulement la vie comme elle vient ? » suggéra-t-elle. « Tout va bien se passer, tu vas voir. » conclut-elle en pressant doucement son bras.

Il y avait intérêt à ce que cela se passe bien, d’ailleurs, songea-t-elle avec une pensée pour Eliott. On ne touchait pas à la meilleure amie de Lilly Callaghan sans s’exposer à quelques risques, tout de même. Et sur ce point, elle était certaine que Jensen serait d’accord avec elle.


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- Médicomage fait bien mieux que "chauffeur de taxi" dans le monde moldu quand on appartient au gratin magique, cingla-t-elle en avalant un peu de boisson ambrée. Mais ça reste entre nous, évidemment.

La précision était juste pour la forme. Elle avait une entière confiance en Lilly, elle lui révélait toujours tout sans hésiter. Elles étaient amies depuis leur onze ans, elle savait que Lilly savait garder un secret. Elles s'étaient rencontrées lors du banquet de première année, après leur répartition à Gryffondor. Au début, ce n'est pas à Lilly que Charlotte parlait le plus mais à Harriet, qui était à coté d'elle. Sauf que le soir, elles s'étaient retrouvées dans des lits voisins et avaient commencé à parler. Et le lendemain, le groupe des filles de Gryffondor était resté ensemble mais c'était à coté de Lilly qu'elle s'était assise pour leur premier cours. Et pour tous les suivants d'ailleurs. Elle la trouvait amusante, pleine d'énergie et elle admirait son culot. D'ailleurs, elle avait longtemps admiré toutes les qualités de Lilly, au point d'en être parfois jalouse à l'adolescence, où elle se sentait si insignifiante parfois face à Lilly qui était si flamboyante. Évidemment, c'était passé avec le temps, quand elle avait pris confiance en elle-même. Mais parfois, elle s'en voulait un peu d'avoir pu jalouser sa meilleure amie comme cela. Aujourd'hui, elle lui reconnaissait encore évidemment de nombreuses qualités mais avaient aussi appris à voir ses défauts, tout ce qui faisait qu'elle était tellement elle et tout ce pourquoi elle l'adorait. Si elle avait perdu le contact avec de nombreuses personnes en sortant de l'école, elle n'aurait jamais voulu perdre Lilly. Elles étaient amies depuis tellement longtemps qu'elle était presque comme un pilier dans sa vie, le genre de personne qui sera toujours là, comme si elles étaient de la même famille un peu. Leur amitié était toute une part de sa vie.

- Coffrer un trafiquant de Mandragore serait pas mal pour mon dossier mais je doute que ce le soit pour ma vie sentimentale, vois-tu !

L'alcool commençait à lui tourner un peu l'esprit et elle sentait déjà bien plus légère que lorsqu'elle était arrivée. Ou c'était peut-être la présence de Lilly qui faisait cela. Elles avaient toujours tendance à retomber en enfance quand elles étaient ensemble et pouvaient dire pas mal de choses assez idiotes en quelques minutes. Et avoir des fous-rires assez mémorables aussi. Mais avouer toutes ses interrogations à Lilly avait plus plombé son allégresse qu'autre chose. Elle avait l'impression d'être complètement contradictoire. D'un coté, elle était plus qu'heureuse de ce qui se passait avec Eliott et de l'autre elle s'inquiétait énormément sans rien laisser paraître et arrivait même à culpabiliser de s'inquiéter ainsi. Ce n'était tout de même pas possible d'arriver à se tracasser autant toute seule, sans intervention extérieure. Elle n'en n'avait rien dit à Eliott, elle n'avait pas envie qu'il le prenne mal ou de gâcher les moments qu'ils passaient ensemble. C'était d'ailleurs la première soirée qu'elle passait seule depuis vendredi soir, d'ailleurs.

- Helmet n'était pas un abruti, protesta-t-elle pour la forme.

Bon, elle ne dirait rien pour le possessif parce qu'elle ne pouvait pas le nier. De toute manière, depuis qu'elle savait commencé à sortir avec des garçons, elle n'était tombée que sur des hommes assez jaloux voire possessif. Soit c'était une sacrée coïncidence, soit elle choisissait mal. Même si elle ne savait pas encore pour Eliott, tiens. Enfin, quoi qu'il en soit, elle pouvait reprocher beaucoup de choses à Helmet - outre son prénom, toutes ses copines l'avaient chariée dessus - mais il restait quelqu'un d'assez intelligent et de perspicace, quoi qu'elle ait pu en dire après leur séparation. Et elle n'avait pas été tendre. Elle pouvait encore énumérer tous ses défauts sans même y penser : macho, comme elle avait pu le découvrir quand les choses avaient commencées à être tendues, jaloux, râleur, possessif, méprisant... Il était très sympa, au début, pourtant. Enfin, ils s'était séparés et il était en Allemagne, maintenant.

- Prendre la vie comme elle vient ? Tu sais bien que j'ai du mal avec cela, répliqua-t-elle. J'arrête pas de penser à tout ça et... Je sais que t'as raison en plus et que c'est une histoire totalement différent, avec un homme différent mais... Mais. J'ai même rien de concret à dire, mais je m'inquiète quand même. Tout à fait logique, soupira-t-elle.

Elle adressa un sourire à Lilly.

- Si je viens frapper chez toi un matin en pleurant, ne sois pas surprise. Et prépare de la glace.

Se rendant compte de ce qu'elle venait de dire, elle bu une nouvelle gorgée d'alcool.

- Je suis en train d'imaginer la fin d'une relation qui vient à peine de commencer, je suis abominable, lança-t-elle en riant un peu. Promis, j'arrête. Je vois juste le bon coté des choses. Et je laisse les choses venir sans me prendre la tête. Si je continues, balance moi un sort.

Après tout, il n'y avait pas de raison pour que cela se passe mal. Elle aimait bien Eliott, ils passaient de bons moments ensemble et elle n'avait absolument rien à lui reprocher. Alors un peu de nerfs, Meyer, se morigéna-t-elle. Elle n'allait pas continuer à se plaindre comme cela, non ? Elle était adulte, elle pouvait gérer toute seule et arrêter d'avoir ce genre d'angoisses. Oui, les histoires d'amour se finissaient mal. En général. Mais pas toujours, certaines marchaient. Et ce n'était pas en les condamnant dès le début qu'on pouvait arriver à quelque chose.

- Jensen ne va pas t'attendre ? demanda-t-elle à Lilly après avoir jeté un coup d’œil à la pendule au dessus du bar. Parce que sinon... On peut aller dîner ? Et il peut venir avec nous, évidement ! Une soirée tous les trois, ça fait longtemps, ajouta-t-elle.


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 « Si, c’était un abruti, parce qu’il était égoïste et possessif. » répliqua Lilly, butée.
 
Et on ne lui enlèverait pas cette idée de la tête. Charlotte avait un métier prenant, et si cet Helmet n’était pas assez intelligent pour s’en apercevoir et se devait de faire des crises de jalousie à chaque fois qu’elle annulait un rendez-vous, ce n’était sûrement pas la faute de sa meilleure amie. D’ailleurs, il était déjà arrivé à Charlie d’annuler leurs propres rendez-vous, et elle n’était pas partie en Allemagne, elle ! Bon, parfois elle avait un peu râlé, pour la forme. Et certes, ce n’était pas la même chose, parce qu’elle n’était pas son petit-ami, mais tout de même. Elle finit par hausser les épaules, en même temps que la jeune femme lui disait qu’elle avait de mal à prendre la vie comme elle venait. Elle pouvait toujours lui conseiller de faire comme elle, mais elle n’était pas certaine que ça soit un si bon conseil que ça. Parce qu’il fallait le dire, Lilly n’avait rien d’une « vraie adulte ». Elle attendait toujours le dernier moment pour régler ses problèmes, se plaisait à tout remettre au lendemain, et oubliait de payer ses factures comme de faire des courses. Pas une adulte modèle, en somme. Pourtant, elle avait progressé depuis quelques années, vraiment. Elle était débrouillarde, et à chaque problème, elle trouvait une solution. S’il n’y avait pas de solution, il n’y avait pas de problème, n’est-ce pas ?
 
 « J’ai toujours de la glace chez moi, de toute façon. Rien que pour en manger devant une émission stupide. » confia-t-elle avec un sourire.  « Te balancer un sort ? Devant tes collègues Aurors ? Cap. » plaisanta-t-elle avant de reprendre son sérieux.  « Arrête de t’inquiéter, Eliott n’est pas Helmet. »
 
Fort heureusement, d’ailleurs, songea-t-elle. Un Helmet, ça passait encore, mais deux… Elle ne voulait même pas y penser. Enfin. Elle chassa rapidement ce genre de pensées de son esprit et reporta son attention sur Charlotte, qui lui demandait si Jensen n’allait pas l’attendre. Elle se retourna sur son tabouret pour jeter un coup d’œil à l’horloge murale et écarquilla les yeux, surprise. Elle termina son verre, et le reposa sur le comptoir. Jensen allait finir par la tuer, si elle continuait à arriver en retard pour dîner, surtout lorsqu’elle le convainquait de préparer à manger. Aussi, elle sauta sur l’occasion lorsque sa meilleure amie lui demanda si elle voulait aller dîner, avec elle et Jensen. Elle hocha la tête vivement.
 
 « Oui, avec plaisir ! Je le préviens. »
 
Elle sortit à sa baguette, se concentra sur un souvenir heureux, et lança un patronus messager, qui se volatilisa.
 
 « Jensen va me tuer, je lui avais demandé de préparer à manger… » souffla-t-elle, les yeux rivés sur la porte. Un sourire se dessina lorsqu’il apparu, les cherchant du regard.  « Je reviens ! Et pas un mot sur le mariage… » intima-t-elle avant de quitter le tabouret sur lequel elle était assise.
 
Elle se dirigea vers lui, un sourire aux lèvres, alors qu’il la regardait en fronçant les sourcils.
 
 « Lils, tu m’as demandé ce matin de… »
 
 « Je sais, mais j’ai croisé Charlie et elle m’a proposé qu’on aille dîner… Et puis ça fait longtemps, en plus… » supplia-t-elle, avant de reprendre.  « Et bonjour, d’ailleurs. » fit la jeune femme en se mettant sur la pointe des pieds pour l’embrasser.
 
 « C’est bien parce que c’est Charlie et toi… » céda-t-il finalement en lui prenant la main.
 
Ils avancèrent ensemble vers l’endroit où Charlotte était installée, et le jeune homme la serra dans ses bras.
 
 « Charlie ! Ça faisait longtemps ! Tu vas bien ? » demanda-t-il avant de les dévisager toutes les deux.  « Vous voulez manger où ? »

RP terminé


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Les langues déliées [Lilly]

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