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 L'élite de Bristol [Jeremy]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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5 mai 2007

L'Académie Lyacon était en ébullition. C'était le jour de l'annonce des résultats pour les concours de cette année et une vingtaine d'élèves, ceux qui avaient passé les tests pratiques et théoriques, tournaient en rond dans le Grand Hall en attendant l'affichage des résultats. Penchés au dessus de la balustrade, les élèves de l'Académie regardaient ce spectacle d'un air amusé, oubliant qu'ils étaient à leur place il y a encore quelques années.

- Je te parie qu'il y en a qui vont pleurer, lança son voisin, Connor, d'un air narquois. Surtout des filles.

Rosaleen ne relèva pas, se contentant de fixer la foule des yeux. C'était facile de dire des choses comme cela quand on est en deuxième année d'études. Mais elle avait passé son concours en même temps que Connor et se rappelait très bien qu'il était loin d'être dans son assiette le jour de l'annonce des résultats. Personne ne l'était d'ailleurs. L'enjeu était trop important. L'Académie était de réputation internationale, attirait des élèves de toutes les nationalités et pratiquait une sélection drastique. Des milliers de dossiers envoyés, une centaine sélectionnés, un peu moins qui étaient admis aux épreuves pratiques et seulement quarante admis définitivement au sein de l'Académie.

- Et j'espère qu'elle sera mignonne, ma junior, ajouta Connor en regardant attentivement une jolie rousse.
- Rien ne te dit que ce sera une fille. Tu viens d'une école mixte, après tout, fit remarquer Rosaleen.

Il était de tradition à l'Académie d'attribuer un tuteur à chaque nouvel élève afin qu'il lui fasse découvrir l'école, le campus, l'aide pour ses cours, à s'intégrer... Et les élèves d'une école étaient toujours associés ensemble, afin qu'ils se découvrent des points communs et puissent mieux se comprendre. Après tout, comme les étudiants venaient du monde entier, il était toujours agréable de tomber sur un compatriote. Connor venait de l'Abigail Williams College, la deuxième école de sorcellerie de Salem et l'un des différents établissements américains. Cette année, il n'y avait qu'un seul élève de Poudlard qui était admis et elle serait sa tutrice. C'était la première fois qu'elle excercait ce rôle et elle espérait sincèrement tomber sur quelqu'un avec qui elle s'entendait. Ou quelqu'un qui ne partirait pas en courant en entendant qu'elle s'appelait Lestrange.

- A ton avis, s'ils savaient qu'on connaît déjà le nom de quelques admis, ils nous tueraient ? reprit Connor.
- Tu parles trop, Connor, répondit Keiko, une des élèves japonaises de leur promotion.

Connor s'apprêtait à répliquer quand le silence se fit brusquement dans le hall, toutes les personnes présentes tournant leur regard vers la concierge de l'Académie, Hortensia Salswick, qui tenait à la main un parchemin soigneusement enroulé. La foule se fendit en deux au fur et à mesure de son avancée et d'un coup de baguette, le parchemin se déroula et vint se plaquer contre le mur. Avant que la vieille femme ait eu le temps de reculer, une petite centaine d'adolescents s'étaient précipités sur la feuille, dans une clameur qui ferait grimacer une statue. On entendait à peine les protestations de Salswick qui essayait tant bien que mal de ne pas se faire écraser. Quelques secondes après, des cris de joie et de désespoir retentissaient. Des gens s’étreignaient ou se faisaient réconforter, tandis que d'autres hurlaient au scandale. La vieille Salswick, qui avait enfin réussi à s'extraire de la foule, leva les yeux vers la balustrade où une quarante d'élèves se trouvaient, des enveloppes à la main.

- Vous pouvez les ouvrir ! lança-t-elle en redressant son chapeau.

Rosaleen décacheta la sienne pour en ressortir un parchemin soigneusement rédigé.


Devant la fiche, elle ne put s'empêcher de lever un sourcil. Les félicitations du directeur en personne ? Et bien. Elle devait être tombée sur le major du concours. Pourtant, c'est de la fameuse Bianca Taylor dont on avait beaucoup parlé, ses prouesses vantées par les anciennes candidates de l’École des Sorcières de Salem. Elle se pencha vers Connor.

- Satisfait ?
- Je suis tombée sur un pustuleux, lança-t-il en grimaçant. Et toi ? Et bien, vous en avez des futés, à Poudlard, lança-t-il, un peu impressionné.

Les américains avaient cette vilaine tendance à penser que leur enseignement prévalait sur celui de Poudlard. Mais l'école anglaise restait l'une des meilleures au monde, tout le monde le savait. Elle abandonna Connor et Keiko pour descendre l'escalier et se faufila à travers les étudiants pour trouver Jeremy Baker. Son nom ne lui disait rien, alors qu'ils avaient peu de différence d'âge. En même temps, elle connaissait peu de Gryffondor. Autour d'elle, certains de ses camarades avaient déjà trouvé leur élève et commençaient à lui faire faire le tour du propriétaire. Elle baissa les yeux sur sa fiche pour examiner la photographie. Blond, assez grand et... Elle percuta violemment quelqu'un et recula brusquement, bousculant au passage un garçon de l'école allemande de quatrième année. Elle s'excusa platement avant de relever les yeux vers la personne dans qui elle était rentrée. Et qui ressemblait fortement à Jeremy Baker. Et bien, au moins, elle venait de trouver son élève.

- Excuse-moi, je suis vraiment désolée, je ne regardais pas où j'allais.

Elle lui tendit la main en souriant.

- Je suis Rosaleen, c'est moi qui serai ta tutrice l'année prochaine. Appelle moi Rose.

Elle avait volontairement évité de préciser son nom de famille. Avec les anglais, elle préférait attendre. C'était toujours mieux.


Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Le coup d'oeil que le professeur Nolan jeta à sa montre n'échappa pas à Jeremy, qui posa un regard curieux sur son mentor. C'était la seconde fois qu'il le voyait vérifier l'heure, à croire qu'il était plus stressé que lui ! Mais Samuel lui avait déjà dit au moins trois fois qu'il n'avait pas d'inquiétude à avoir, alors il devait y avoir une autre raison à son obsession de l'heure.

"Si vous devez partir, je peux attendre seul", finit-il par proposer.

Le professeur Nolan avait fait énormément pour lui cette année, Jeremy pouvait bien attendre seul ses résultats. Ce n'était pas comme s'il tenait spécialement à être accompagné, aujourd'hui, au contraire. Il n'avait pas dit à sa famille ni à ses amis que les admissions étaient révélées ce jour là et s'était éclipsé de Poudlard discrètement, préférant faire face seul à la déception s'il n'était pas pris. Néanmoins, Jeremy n'était pas mécontent d'avoir son enseignant avec lui, avec son calme olympien qui était plutôt rassurant. De plus, ils avaient travaillé ensemble pour ce concours, et il était donc normal qu'ils assistent aux résultats ensemble.

"J'ai une réunion avec des parents d'élèves, mais ça peut attendre encore quelques minutes", indiqua l'enseignant. "D'ailleurs, je crois que l'attente est terminée !"

En effet, la concierge de Lycaon venait de faire une apparition remarquée par les quatre-vingt candidats, provoquant des murmures d'excitation sur son passage. Lorsque le parchemin fut enfin visible aux yeux de tous, plaqués contre un mur, Jeremy se fondit dans le mouvement et tenta d'accéder au parchemin, tant bien que mal. Devant lui, les plus rapides avaient déjà poussé des cris de joie ou de déception, et le Grand Hall raisonnait des sonorités exotiques de plusieurs de langues étrangères, alors que mentors et candidats se congratulaient ou se désolaient. Peu à peu, Jeremy parvint à se rapprocher, bloqué par un groupe d'espagnols surexcités. C'était étonnant, songea-t-il, de voir qu'il était le seul candidat anglais alors que l'Académie se situait dans leur pays. Le jeune homme cessa immédiatement ses observations intérieures quand il fut enfin en mesure de lire la liste. Son regard tomba sur le nom de Bianca Taylor, et il sentit une pierre tomber dans sa poitrine quand il vit ses excellents résultats, couplés à ce petit mot, "Admise". Si sa rivale de l'épreuve pratique était prise, alors cela signifiait que...

"Jeremy Baker, Admis, Théorie 95%, Pratique O, Félicitations du directeur."

Admis. Admis ! Il était admis lui aussi ! Jeremy resta figé quelques instants devant le parchemin à relire ces même petits mots, presque incrédule, puis il finit par se faire bousculer par les autres candidats impatients. Peu importe, il se sentait soudain si léger et si soulager qu'il avait l'impression de flotter. La plus grosse des impolitesses n'aurait fait que provoquer en lui un large sourire, tellement le monde lui paraissait beau, en cet instant. Il l'avait fait, il avait remporté son concours et avait obtenu sa place parmi les rangs de l'élite des étudiants en métamorphose à l'échelle mondiale. C'était si inespéré, malgré tout ce qu'avait pu lui dire le professeur Nolan pour le rassurer ! Enfin, il avait réussi quelque chose dont il puisse véritablement être fier, par la force de son travail, et c'était quelque chose qu'on ne pourrait jamais lui enlever. C'était un moment magique, véritablement, et ce fut donc avec un sourire éclatant que Jeremy retrouva son mentor.

"C'est bon ! Je suis pris !", s'exclama-t-il avant d'être secoué par un rire nerveux et désordonné. "Avec les félicitations du directeur en plus ! J'arrive pas à le croire !"

"Bravo Jeremy ! Tu vois, il n'y avait pas de raison de s'angoisser !"

"Merci, professeur Nolan, vraiment, je ne vous remercierai jamais assez. Merci pour m'avoir donné cette opportunité, pour l'animagi, pour tout."

"Je t'en prie. Ce fut un plaisir. Ecoute, je resterais bien pour fêter ta réussite mais le devoir m'appelle."

"Pas de problèmes", répondit Jeremy sur un ton proche de l'euphorie.

Tandis que son enseignant s'éloignait en direction de la porte, Jeremy se mit à errer au milieu de la foule hétéroclite, en souriant toujours comme si son voeu le plus cher venait d'être réalisé. Ce qui n'était pas loin d'être le cas, en fait. Merlin ! Il avait hâte de dire ça à sa famille. Il avait envie de voir sa famille, pour la première fois depuis bien longtemps. Avec cette admission, l'horizon lui apparaissait soudain plus éclatant et plus dégagé et plus... Quelqu'un lui rentra alors dedans, le sortant brutalement de ses pensées béates. Jeremy se tourna vers l'intrus sans se départir de son sourire, et se trouva face à une très jolie jeune fille qui lui était vaguement familière.

"Pas de soucis", s'exclama-t-il quand elle s'excusa.

La lumière fit jour dans son esprit quand elle lui annonça son prénom, et il se rappela vaguement d'une Rosaleen qui était en tête de la liste des plus jolies filles de Poudlard qu'Horace et lui avaient fait en quatrième année. Ainsi donc elle serait sa tutrice ? Eh bien ma foi, il aurait pu tomber sur quelqu'un de plus...désagréable, songea-t-il avant de ressentir une légère pointe de culpabilité. On n'attendait pas de sa tutrice qu'elle soit jolie, surtout quand on avait une chérie encore plus jolie, enfin. Il aurait pu s'agir d'un homme laid mais doué en métamorphose et de bonne compagnie que cela aurait été aussi bien.

"Rosaleen, ancienne Poufsouffle non ?", lança-t-il sans réfléchir, avant d'ajouter en riant : "Je n'ai pas la moindre idée de comment je sais ça ! Je m'appelle Jeremy, très heureux de faire ta connaissance !"

Réalisant qu'il souriait toujours comme un dément, Jeremy s'efforça de perdre un peu son air extatique, et questionna Rosaleen :

"Excuse mon air béat, mais je suis vraiment content d'avoir été admis, je n'étais pas sûr d'avoir réussi le concours et l'académie a l'air d'être un endroit vraiment exceptionnel... Tu en es à quelle année d'étude ? Et quel est le rôle d'un tuteur, au fait ?"



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Rosaleen ne fut qu'à moitié surprise lorsque Jeremy demanda si elle avait été à Poufsouffle. Elle avait beau avoir été une élève des plus discrète lors de sa scolarité, son nom faisait le travail tout seul. Mais là, il lui semblait que le jeune homme n'avait pas réalisé qu'elle s'appelait Lestrange mais qu'il lui demandait vraiment si elle était... Rosaleen. Cela n'avait aucun sens, comme pensée. C'était idiot de songer à de telles choses. Même si elle savait d'où cela venait. Il était rare qu'on la connaisse en tant que seule personne, l'ombre de sa famille planait toujours dessus. La manière dont elle ramenait toujours tout à sa famille était également assez pathologique. Il ne se passait pas une seconde sans qu'elle y pense, sans qu'elle pense à la réputation dont elle souffrait, à ce que les gens allaient dire d'eux. C'était plus fort qu'elle, c'était l'une de ses préoccupations quotidiennes. Et pourtant Merlin savait à quel point cela s'était apaisé par rapport aux premières années. Il y avait toujours un petit pic en Mai, quand les souvenirs de la guerre se réveillaient plus que d'habitude mais elle était plutôt tranquille le reste de l'année, tant qu'elle restait dans des cercles connus. Elle avait toujours peur de rencontrer quelqu'un de nouveau qui s'offusque en apprenant à qui il venait de parler. Peut-être que Jeremy serait de cela. De ceux qui lui lançaient ce regard un peu dégoûté. Elle n'espérait pas. Tout d'abord parce qu'il avait l'air sympathique et après parce que quoi qu'il arrive, elle resterait sa tutrice et ils devraient forcément se voir à certains moments. Et elle n'avait pas envie d'affronter ce genre de regard dégoûté et accusateur, comme elle en croisait à Poudlard. Lycaon était sa bulle d'oxygène. Les étudiants étrangers connaissaient vaguement l'histoire des Lestrange mais n'étaient pas marqués par cette guerre comme l'étaient tous ses compatriotes sorciers.

- J'étais à Poufsouffle, en effet, assura-t-elle en souriant doucement. Il y a deux ans, déjà.

Cela ne faisait pas si longtemps qu'elle avait passé ses ASPICS quand on y pensait bien mais il s'était passé tellement de choses, sa vie avait tellement changé qu'elle avait l'impression que cela faisait plus longtemps. Elle avait affronté ses grands-parents, était entrée à Lycaon, s'était fiancée à Arthur puis avait vu ces fiançailles être rompues et avait perdu son petit-ami et n'avait fréquenté personne depuis. Elle recevait parfois des nouvelles d'Arthur, en Amérique. Il n'avait pas réussi à reprendre contact avec sa famille, il avait trop peur de leur réaction. Alors il n'écrivait pas. Son départ et l'annonce de son penchant pour les hommes avait choqué tout le monde, sauf Rose qui était déjà au courant depuis bien longtemps et qui avait noué ces fiançailles en connaissance de cause. On disait des choses abominables sur son compte, qu'il était dépravé et déviant, voire malade. C'était souvent les vieilles matrones qui disaient cela. Les autres se contentaient de dire que ce n'était pas naturel. Qu'il avait un problème et que personne ne voyait d'où cela pouvait venir, un si gentil garçon, avec une si bonne éducation. Arthur lui-même lui avait confié qu'il ne savait pas pourquoi. C'était ainsi, c'était tout et il ne pouvait pas changer, même s'il avait essayé au début. Et il avait fui, pour ne pas donner le luxe à ceux qui l'admiraient avant, lui, le fils de bonne famille, de le mettre au ban de leur société. Il avait abandonné familles et amis, sans se retourner. Pour quelque chose qu'il ne pouvait pas changer. Et malgré l'amitié qu'elle lui portait, elle trouvait cette solution lâche. Elle aussi, elle avait été mise au ban de la société et détestée pour quelque chose qu'elle ne pouvait pas changer. Et elle n'avait pas fui. Elle avait encaissé. Arthur lui n'avait pas pris ce risque. Et en partant pour son bonheur, il avait détruit ses chances à elle. Et même si elle ne lui disait rien, pour ne pas le culpabiliser plus, pour ne pas qu'il ait l'impression de perdre son dernier lien avec sa patrie, elle lui tenait rigueur de cette rupture. Elle se retrouvait sans filet de sécurité désormais et ses grands-parents devenaient de plus en plus pressants au fil du temps qui s'écoulait.

- Oh, je comprends ton bonheur, répondit-elle en haussant les épaules. Tous les élèves admis un jour ont ressenti le même. C'est une euphorie des plus agréables, ne la réprime pas. Profites-en !

Elle aurait tout promis à ses grands-parents pour qu'ils acceptent de la laisser étudier après qu'elle ait appris qu'elle était admise. C'est ce qu'elle avait fait, d'ailleurs. Ils travaillaient tous tellement dur pour ce concours, donnaient tellement et attendaient tellement de l'école qu'être reçu était quelque chose de fantastique. La concrétisation d'une passion, l'occasion de faire ce qu'ils aimaient plus que tout toute la journée. Dans l'école la plus renommée du monde dans le domaine de la métamorphose. Et étudier ici était enrichissant et fantastique. Pour être honnête, elle n'avait pas envie de finir ses études. Elle aurait voulu rester ici toute sa vie et fuir toutes les autres obligations. Elle haussa un sourcil quand Jeremy avoua qu'il avait craint de ne pas être pris. Pour quelqu'un avec un tel degrés de réussite, c'était surprenant !

- Tu n'étais pas sûr d'avoir réussi ? interrogea-t-elle en riant légèrement. Jeremy, je pense que tu es l'un des majors de ce concours, pour ne pas dire le major !

Pour preuve, elle lui tendit la petite fiche qu'on lui avait donné sur lui. Elle n'avait pas les résultats de Bianca Taylor, celle qui était favorite mais elle était sûre que le jeune Baker était l'un des meilleurs. Modeste, en plus. Une qualité appréciable ! Elle lui adressa un grand sourire en remettant uen mèche de cheveux derrière son oreille.

- Je suis en deuxième année d'étude ! L'année prochaine, je me spécialise en métamorphose élémentaire, si je suis acceptée dans le cursus, bien évidemment. Oh, et pour répondre à ta question, le système des tuteurs a été installé pour éviter que les première années se retrouve en difficulté dans l'école. Je suis là pour répondre à toutes tes questions, sur tous les sujets, que ce soit au niveau des cours ou de l'administration. Je suis également là pour t'aider à t'organiser les premières semaines, je peux également faire un peu de soutien, te passer mes anciens cours... Bref, je suis là pour t'aider à l'école. Mais en dehors, également. Je dois t'aider à t'intégrer, te guider dans Bristol, dans ta nouvelle vie d'étudiant... Comme nous avons beaucoup d'étudiants étrangers, les tuteurs sont également là traditionnellement pour aider avec l'anglais et l'installation en Angleterre. Inutile de ton coté, je suppose !

D'un geste de la main, elle lui indiqua les portes qui donnaient sur le parc ensoleillé.

- Et d'ailleurs, si tu as du temps maintenant, je suis également là pour te faire visiter l'Académie. Elle est assez grande et il y a plein de petits passages, comme à Poudlard.

Elle ne connaissait pas particulièrement tous les passages secrets de l'école, mais Aisling en connaissait pas mal et n'hésitait pas à s'en servir malgré son statut de préfète. Elle adressa un sourire à Jeremy avant de se diriger vers les marches qui menaient au parc. C'était une belle journée et beaucoup d'autres tuteurs avaient choisi de commencer par le parc également. On entendant des multitudes de langue autour et beaucoup d'accents qui s'essayaient à l'anglais. Tandis qu'ils empruntaient un chemin gravillonné, elle désigna le bâtiment dont ils venaient.

- Ici, c'était l'administration. Les bureaux des professeurs, du directeur, de la concierge ainsi que les archives et quelques salles de cours, pour les intervenants extérieurs notamment. En passant par ici, on rejoint les salles de classes principales.

Tandis qu'ils marchaient, Rose jeta un coup d’œil curieux à Jeremy.

- Tu occupes un poste particulier à Poudlard ? Préfet ? Préfet-en-Chef ?

Elle aurait aimé devenir préfète, pour faire plaisir à ses grands-parents mais sait qu'elle n'aurait pas eu le courage de s'imposer face à quelques camarades haineux. Son amie Aisling, qui avait le courage de défendre les gens sans se soucier des conséquences l'avait mérité beaucoup plus. Mais un élève aussi brillant que Jeremy devait avoir l'honneur d'avoir reçu un badge.


Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Jeremy décida de prendre Rosaleen au mot et de profiter de l'allégresse du moment, et de cette impression de légèreté qui l'envahissait. Son regard tomba sur une candidate déçue à quelques mètres d'eux, qui s'exprimait furieusement dans une langue inconnue auprès d'un mentor visiblement dépassé, de grosses larmes aillant tracé des sillons sur les joues. Jeremy n'était pas étranger de la frustration de l'échec ou de la défaite, que ce soit dans certaines matières qui lui posaient problèmes à Poudlard ou bien au Quidditch, mais c'était la première fois qu'il travaillait tant pour quelque chose, qu'il s'investissait autant. Nul doute que sa déception aurait été immense si l'académie lui avait fermé ses portes, d'autant plus qu'il n'avait pas de solution de repli...

Heureusement, la réalité était toute différente puisque Rosaleen souligna le fait qu'il devait être l'un des major du concours. Un peu surpris, Jeremy attrapa la petite fiche qu'elle lui tendait et considéra à nouveau ses résultats, pensif. Elle ne devait pas avoir tort, à moins que la moyenne des notes soit particulièrement élevée, il était probablement en tête de classement. Ses joues s'empourprèrent légèrement à cette réalisation, et il haussa les épaules, un peu mal à l'aise. Il était habitué à être le meilleur en métamorphose...à Poudlard, où il ne connaissait personne qui s'intéresse particulièrement à la matière. Là, c'était autre chose, il se trouvait au milieu de passionnés et pourtant il apparaissait qu'il s'était clairement sous-estimé. Eh bien, il y avait plus désagréable comme constatation !

"Je ne sais pas si je suis le major, ça doit être la fille de Salem avec qui j'ai passé l'épreuve pratique, Bianca Taylor. Elle était présentée comme la plus talentueuse et je dois reconnaître que sa réputation n'est pas volée. Et comme le directeur nous a dit que c'était elle, ou moi... Mais j'imagine qu'il a dit ça pour nous pousser à nous surpasser. Je ne devrais pas être surpris, de toute façon, il a l'air d'être farceur !"

Jeremy écouta avec intérêt la jeune fille lui expliquer dans quel domaine elle souhaitait se spécialiser, puis lui indiquer son rôle en tant que tutrice. Il trouva que c'était un bon système, car l'académie était quelque peu impressionnante pour les non initiés, et il n'était pas mécontent d'avoir quelqu'un sur qui compter pour lui montrer les ficelles... Enfin, le jeune homme imaginait que tous les tuteurs ne prenaient pas leur rôle autant à coeur, mais il avait l'air d'être bien tombé. De plus, c'était agréable de savoir qu'il allait connaître quelqu'un à la rentrée, car, contrairement à son entrée à Poudlard où il connaissait déjà plusieurs de ses futurs camarades, Jeremy se dirigeait vers l'inconnu. Mais comme le souligna Rosaleen, Jeremy partait avec un avantage de base puisqu'il maîtrisait déjà la langue et connaissait le pays, contrairement aux autres.

"En effet, je devrais m'en sortir", répondit-il avec un petit rire.

La jeune fille lui proposa ensuite de l'emmener faire la visite de l'académie, ce qu'il approuva d'un signe de tête. Il avait hâte de découvrir l'endroit, d'autant plus s'il était aussi surprenant que Poudlard et ses multiples passages secrets, et le parc illuminé par le soleil lui paraissait particulièrement attractif. Jeremy enfonça ses mains dans les poches de son jean et se mit en marche aux côtés de sa nouvelle tutrice, écoutant avec attention les explications qu'elle lui donnait.

"Les bâtiments sont très beaux, en tout cas", commenta-t-il en posant sur l'académie un regard appréciateur. "Je n'aurai pas trop de regrets à quitter Poudlard !"

Quand la jeune fille lui demanda s'il occupait un poste particulier à Poudlard, en mentionnant les rôles de préfet ou de préfet-en-chef, Jeremy hésita sur la réponse à donner. Quelque part, il occupait bien un poste particulier mais ce n'était pas vraiment celui auquel pensait la jeune fille... Le badge de capitaine suscitait généralement envie et admiration, à Poudlard, mais c'était aussi à lui qu'il se devait une image de sportif arrogant et m'as-tu-vu, qu'il n'avait pas forcément envie de retrouver dans un endroit tel que Lycaon. Mais Jeremy n'avait pas pour autant envie de se faire passer pour ce qu'il n'était pas, à savoir un élève modèle.

"Hum... Capitaine de l'équipe de Quidditch, ça compte ?", répondit-il avec une moue amusée. "Depuis deux ans, et sur le point de se battre pour la Coupe avec ton ancienne maison ! Préfet, non, je crois que je n'avais pas vraiment le profil de l'élève studieux et sérieux. D'ailleurs je pensais poursuivre dans le Quidditch après mes ASPIC, initialement... Mais j'ai eu la chance d'avoir un professeur de métamorphose qui m'a poussé à essayer Lycaon."

Evaluant sa tutrice du regard, Jeremy lui retourna la question, curieux de savoir si une préfète autoritaire se dissimulait derrière sa douceur apparente.

"Et toi, étais-tu préfète ? Et comment es-tu arrivée à Lycaon ? Tu as toujours voulu faire de la métamorphose ?"




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Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Il faisait un temps agréable pour un début de mois de mai, le soleil avait réchauffé le parc et tout appelait à la paresse. Si elle n'avait pas un service au Circée cet après-midi, elle se serait volontiers installée sur la pelouse pour travailler. Ou juste pour profiter du soleil, fermant les yeux et paressant sans penser à rien. Mais Bob l'attendait et le samedi après-midi était toujours un moment assez chargé, avec le vendredi soir. Tandis que Jeremy évoquait Bianca Taylor, elle chercha du regard Carla Gonzales, la sorcière de Salem - sans mauvais jeu de mot - de dernière année qui devait normalement prendre en charge la candidate de son école, étant donné qu'elle avait été la seule à provenir de cet institut, jusqu'à maintenant du moins. Mais si elle repéra plusieurs de ses camarades, elle ne repéra pas Carla, qui avait pourtant un rire assez reconnaissable à l'oreille. Elle secoua la tête, amusée, lorsque le sujet passa sur leur malicieux directeur. Il est vrai que le vieil homme était loin d'avoir le sérieux que l'on pouvait attendre d'un tel savant, qui dirigeait une école aussi prestigieuse. La première qu'elle l'avait croisé, lors de son entretien pour entrer à l'école, il avait hurlé et s'était emporté en voyant qu'elle s’appelait Lestrange, jurant que jamais, au grand jamais, une fille de Mangemort ne ferait ses études ici. Elle avait eut l'impression de se prendre une véritable claque, une douche glacée et tout ses jolis principes s'étaient envolés. Cela faisait des années qu'elle n'avait plus entendu personne l'insulter aussi ouvertement et elle avait pris l'habitude de défendre sa famille et le nom des Lestrange. Mais face aux mots du directeur, elle était restée comme pétrifiée, incapable de faire le moindre mouvement et réprimant les larmes qui lui étaient montées aux yeux. Cela faisait tellement de différence de l'entendre de la bouche d'adolescents, dont on pouvait incriminer le jeune âge, que de l'entendre d'une personne si respectée dans le monde magique. Elle avait cru que tout était fini, que jamais elle ne ferait d'études, encore une fois parce qu'elle était la fille de son père, la nièce de Bellatrix Lestrange. Et sans savoir pourquoi, c'est penser à sa tante Bellatrix qui lui avait fait relever le menton. Parce que même si elle n'entrerait pas à Lycaon, elle n'avait pas à se laisser insulter ainsi. Alors, comme des années auparavant face à Yaxley, lors de ce dîner familial où Regulus et lui s'étaient battu, elle avait fixé le directeur dans les yeux et avait insufflé dans sa voix tout ce qu'on avait pu lui apprendre. La réputation de votre établissement est bien usurpée si vous vous accordez la prétention de refuser des talents, avait-t-elle lancé sans savoir d'où lui venait le culot nécessaire. C'est à ce moment là que Dermot Flaherty avait cessé de l'invectiver pour éclater de rire et lui souhaiter la bienvenue dans l'établissement. Après coup, Rosaleen avait compris qu'il souhaitait uniquement la tester et voir sa résistance à la pression.

- Oui, farceur est le mot, commenta-t-elle. On s'habitue vite à ses petites excentricités, comme le fait de le voir gambader sur la pelouse le lundi matin à huit heures. Sous sa forme animagus, bien évidemment ! s'empressa-t-elle de préciser.

Contrairement à ce que beaucoup pensaient, tous les élèves de l'établissement n'étaient pas des Animagii. C'était un exercice très difficile et il fallait avoir quelques dispositions particulières pour y arriver. Certains passaient leur scolarité à travailler dans ce domaine sans pour autant y arriver. Elle avait été chanceuse d'avoir des prédispositions à cet art. Jeremy également. Ils n'étaient qu'une toute petite vingtaine d'Animagii dans l'ensemble de l'établissement, tous déclarés. Ses grands-parents - s'ils reconnaissaient les facultés magiques nécessaires à une transformation - ne voyaient pas l'intérêt de savoir faire cela. Ils disaient même que cela risquait d'effrayer son futur mari, qu'elle puisse se changer en oiseau. Sa grand-mère concluait toujours ce débat en disant qu'au moins, elle pourrait mettre en valeur que les Lestrange avaient de grandes capacités magiques qui pourraient être transmises à leurs descendants. Honnêtement, Rosaleen ne savait pas si elle avait de "grandes capacités magiques". Elle était douée en métamorphose, oui, parce que c'était sa passion et avait des dispositions Animagus mais n'était pas particulièrement une grande sorcière comme sa tante Bellatrix, qui n'était une Lestrange que par alliance, comme semblait souvent l'oublier ses grands-parents. Bellatrix était une Black. Et aucune personne saine d'esprit n'aurait remis en cause les capacités magiques des Black. Ils passèrent dans l'ombre d'un grand bâtiment qui contenait les salles de classes principales et dont l'entrée se situait plus loin. Il faisait beaucoup plus frais à l'ombre et Rosie frissonna légèrement tandis que Jeremy lui révélait qu'il était le Capitaine de l’Équipe de Quidditch de Gryffondor. Elle n'avait jamais beaucoup apprécié le Quidditch. Tout d'abord, elle n'avait pas eu le droit d'en faire, étant donné que ses grands-parents estimaient qu'une jeune fille bien éduquée ne faisait pas de Quidditch et n'avait jamais apprécié l'ambiance survoltée des stades, préférant de loin le calme de sa Salle Commune. Évidemment, elle était contente des victoires de sa maison par loyauté envers elle, mais sans plus.

- On va dire que ça compte ! répliqua-t-elle avec bonne humeur.

Après tout, les Capitaines étaient des membres importants pour la maison et avaient toujours une certaine influence au sein de cette dernière. S'ils avaient su s'imposer un peu, ils devenaient des sortes de leaders qui seraient écoutés. Du moins, elle avait eu cette impression lors de sa propre scolarité à l'école. Après tout, elle sortait - secrètement - avec le capitaine de l'équipe de Gryffondor, à une époque. Elle n'avait plus eu de nouvelles de Matthew depuis ses éphémères fiançailles avec Arthur car ils s'étaient quittés fâchés, mais savait par Aisling qu'il était encore en Angleterre, étant donné que cette dernière l'avait croisé à Pré-au-Lard un jour. Si ses calculs étaient justes, Jeremy devait être le successeur de Matthew, lorsqu'ils avaient quitté l'école et avait donc dû être son capitaine.

- Tu ne connaîtrais pas Matthew Connolly, par hasard ?

Peut-être qu'ils avaient gardés contact et qu'elle pourrait ainsi avoir des nouvelles plus précises. Elle avait vraiment été amoureuse de Matthew, réellement. Mais ses grands-parents n'auraient jamais laissé faire et les fiançailles avec Arthur était le seul moyen, même si elles avaient échouées. Après le départ d'Arthur, Rosaleen avait songé un moment à reprendre contact avec son ancien petit-ami mais à quoi bon ? Elle ne pourrait toujours pas l'épouser et ce serait rouvrir d'anciennes plaies. Elle eut un sourire devant l'enchainement de questions de Jeremy tandis qu'ils passaient la porte du bâtiment principal après une volée de marches. Il faisait frais à l'intérieur, les vieilles pierres gardant la fraicheur. Les professeurs présents étaient déjà occupés avec d'autres tuteurs et leurs étudiants alors elle en profita pour se tourner vers Jeremy pour répondre à ses questions.

- Oh, non, je n'étais pas préfète même si cela aurait fait plaisir à mes... grands-parents même si cela m'aurait fait plaisir. J'avais une amie qui était parfaite pour ce rôle, très appréciée de toute l'école, elle était faite pour cela, je ne faisais pas le poids.

Et puis de toute manière, elle essayait de se faire discrète pendant ses années à l'école, ce n'était pas pour aller s'imposer en plus en jouant les préfètes. Elle était bien, tranquille, noyée dans la masse des Poufsouffle, protégée par le cocon de sa maison.

- Pour mon arrivée ici, c'est comme toi, c'est mon professeur qui m'a poussée. Le Professeur Duke, à l'époque. Je sais qu'elle est en congé maladie, mais tu as dû la connaître.

Rosaleen avait rendu visite à son enseignante plusieurs fois depuis sa sortie de l'école. Elle ne lui avait jamais demandé ce qu'elle avait, c'était bien trop personnel mais voyait bien qu'elle n'était pas en état de donner des cours. Le professeur Duke avait été ravie qu'elle continue ainsi ses études et ne manquaient jamais de l'encourager à chaque fois, malgré sa façade de glace. C'était quelqu'un qui vouait beaucoup d'affection à ses élèves et Rose lui était reconnaissante de sa présence tout au long de ses années à Poudlard, de l'avoir soutenue ainsi. Elle espérait qu'elle retrouverait vite des forces pour pouvoir continuer sa passion de l'enseignement.

- J'ai été passionnée par la métamorphose depuis mon entrée à Poudlard, c'était ma matière préférée. C'est vers la cinquième année que le Professeur Duke a commencé à me parler de Lycaon et j'ai préparé le concours. Elle m'a beaucoup aidé et j'ai beaucoup travaillé aussi, même si...

Même si ses grands-parents ne voulaient pas et auraient aimé qu'elle décroche une alliance plutôt qu'un concours après ses ASPICS.

- J'ai eu un parcours assez traditionnel, rien de bien intéressant ! Même si je n'avais jamais pensé rentrer dans un endroit aussi prestigieux. Mais j'aime être ici, c'est un monde de passionnés, un enseignement fantastique... Tu t'y épanouiras, crois-moi.

Comme elle avait pu le faire elle-même. Elle adorait cette école, plus que tout et tous les moments qu'elle passait ici et n'avait pas envie que cela s'arrête.

- Et toi ? Comment le Capitaine Baker en est venu à entrer à Lycaon ?


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Jeremy eut la chair-de-poule quand ils passèrent à l'ombre d'un grand bâtiment, l'air étant tout de même assez frais. Le jeune homme se dévissa la tête pour examiner la bâtisse, avant de reporter son attention sur Rosaleen qui lui répondait que le capitanat comptait. Jeremy était également de cet avis. Bien qu'il ne soit pas du genre à se vanter de ses exploits sportifs comme un O'Connor, mais le gardien avait été très fier le jour où le professeur Hellsoft l'avait nommé capitaine. C'était un de ses rêves depuis toujours, lui qui avait affiché un poster d'Olivier Dubois sur le mur du dortoir et qui discutait souvent tactique avec son capitaine de l'époque... Cela avait ravi son père et il fallait bien avouer que le statut avait ses avantages, entre le prestige qui s'y rapportait et l'accès à la salle de bain des préfets, dans laquelle il était toujours agréable de se prélasser après un rude entraînement en plein hiver. Mais le plus important était surtout qu'il adorait entraîner son équipe, même si cela lui avait apporté son lot de soucis ces deux dernières années. Jeremy était donc plutôt heureux de découvrir qu'ici aussi, cela voulait dire quelque chose, mais il y avait peut-être une raison à cela. Jeremy posa un regard curieux sur Rosaleen alors qu'elle évoquait son ancien capitaine.

"Matthew, bien sûr ! C'était un excellent capitaine", répondit-il avec conviction. "J'ai beaucoup appris avec lui, il nous faisait travailler dur. C'est un bon ami aussi, on s'échange des nouvelles de temps en temps. Mais j'imagine que tu dois en savoir plus que moi, vous étiez de la même année après tout ! Tu le connais bien ? Oh, et pendant qu'on parle de sport, est-ce qu'il y a des clubs sportifs magiques à l'académie, ou à Bristol ?"

Tout en continuant à discuter, ils franchirent les portes du bâtiment principal et Rosaleen répondit à ses questions. Jeremy ne put s'empêcher de noter qu'elle se reprenait, même si la fin de sa phrase n'était pas difficile à deviner. Les enfants préfets faisaient toujours la fierté de leurs parents ! Heureusement pour Jeremy, ses parents ne s'étaient jamais fait de grande illusion à ce sujet, même s'il savait que sa mère aurait adoré avoir un fils préfet. Il sourit à la jeune fille lorsqu'elle lui affirma qu'elle ne faisait pas le poids par rapport à son amie, persuadé qu'elle aussi devait être très appréciée. Cela dit, Rosaleen paraissait plus douce et discrète que les préfètes autoritaires que l'on avait l'habitude de voir à Poudlard, alors ce n'était pas si étonnant. Il fallait un certain état d'esprit et une certaine force de caractère pour s'imposer face aux autres jeunes de son âge, et cela ne devait pas être facile tous les jours...

Il hocha la tête quand la jeune fille évoqua le professeur Duke, notant que Rosaleen avait l'air de la tenir en plus haute estime que lui. Jeremy avait toujours trouvé ses cours intéressants mais c'était surtout parce qu'il adorait la matière en elle-même, et l'enseignement du professeur Nolan avait plus correspondu à ses attentes, parvenant à réveiller la passion pour les métamorphoses qui sommeillait en lui.

"Je n'en ai aucun doute", répondit-il avec enthousiasme quand elle lui affirma qu'il s'épanouirait ici.

"J'étais passionné de Quidditch et de bêtises en entrant à Poudlard", commença-t-il avec amusement. "J'ai toujours eu de très bons résultats en métamorphose, avec des résultats bons ou corrects dans les autres matières, sauf peut-être en potions, mais je n'ai absolument pas envisagé de poursuivre dans cette voie avant...hum...ma sixième année, je dirais. Mon père me poussait vers le Quidditch et comme j'adorais ça, je ne me suis pas posé la question. Mais je pense que j'ai fini par voir les aspects négatifs que pourrait avoir une carrière dans ce domaine, au moment où le professeur Duke a été remplacée par le professeur Samuel Nolan, et j'ai eu un regain d'intérêt pour la matière... J'aimais tellement ça qu'un jour, ça m'a frappé : ce n'est pas parce qu'on m'a toujours dis que j'étais fais pour le Quidditch que c'était nécessairement vrai. Alors en début d'année j'ai été voir le professeur Nolan et il m'a parlé de Lycaon, m'a aidé à m'entraîner, à devenir animagus, à passer le concours. Et grâce à lui, me voilà ! Je ne l'aurais pas cru non plus, d'ailleurs je crois que le professeur Duke serait assez surprise de me voir là."

Il aurait été assez curieux d'avoir une discussion avec son ancienne enseignante, à vrai dire. Peut-être que s'il s'était montré plus intéressé un peu plus tôt, il aurait pu lui aussi découvrir une autre facette de celle que l'on surnommait, de façon peu affectueux, la "vieille pie". Jeremy devait reconnaître avec une pointe de culpabilité qu'il avait été très heureux de voir revenir le professeur Nolan a la rentrée, même s'il espérait que Duke retrouverait vite la santé.

"Voilà l'histoire du capitaine Baker", conclut-il en riant. "Merci pour la visite miss...Oh, mais je ne connais pas ton nom de famille."



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Sans pouvoir s'en empêcher, Rosaleen baissa les yeux, rosissante lorsque Jeremy lui demanda si elle connaissait bien Matthew. Que pouvait-elle répondre ? Evidemment qu'elle le connaissait bien, il avait été son petit-ami, le véritable. Même si évidemment personne ne le savait, à part Arthur qui était désormais aux États-Unis et Aisling qui n'en dirait jamais rien à personne. Ses grands-parents ne lui auraient jamais pardonné un tel écart, ce n'était pas digne d'une jeune fille de son rang, pas digne d'une Lestrange d'aller fricoter avec n'importe quel garçon. Elle avait eu de la chance qu'ils ne l'apprennent pas, elle redoutait les conséquences si cela avait été le cas. Aussi préféra-t-elle éluder la question plutôt que de s'attarder sur un sujet aussi délicat.

- Nous étions dans la même année, c'était quelqu'un de sympathique, nous avons dû travailler quelques fois ensemble, répondit-elle posément, d'un ton que sa grand-mère aurait salué.

Après tout, personne n'avait eu l'occasion de les voir ensemble à Poudlard, elle en était sûre. Il y aurait eu des rumeurs sinon, comme il y en avait toujours. Ils s'étaient fréquentés dans les coins obscurs, les couloirs déserts, à des heures indues, échappant à la surveillance du concierge et des rondes de préfets, qu'Aisling leur communiquait, complice amusée de ce petit manège. Se voir ainsi, dans le plus grand secret, avait tout de même un certain charme qu'elle avait apprécié durant sa dernière année. Matthew avait vite fini par se lasser, lui. Quand ils étaient sortis diplômés de Poudlard, il lui avait demandé de prendre ses distances avec ses grands-parents pour enfin vivre sa vie. Si elle avait été seule, elle aurait réfléchi à cette solution mais elle était l'aînée depuis la disparition de Regulus, elle avait des devoirs envers ses sœurs et son frère, elle ne pouvait pas les abandonner. Ses fiançailles factices avaient été le coup de grâce de leur relation. Elle reposa les yeux sur Jeremy lorsque ce dernier l'interrogea à propos du sport. En effet, c'était un Capitaine de Quidditch !

- A Lycaon, il n'y a rien de vraiment organisé, pas d'équipe à proprement dite. Néanmoins, le comité des élèves organise régulièrement des tournois sportifs, de Quidditch notamment. Mais également des duels de sortilèges et de métamorphose, bien évidemment.

C'était toujours un évènement très suivi et rares étaient les élèves qui n'y participaient pas, même si la palme revenait presque toujours aux dernières années. A voir, c'était quelque chose de fantastique. Tout le monde laissait éclater sa créativité. Elle n'avait pas gagné l'année dernière mais avait vu des choses assez intéressantes pour y puiser de l'inspiration pour son propre travail. Elle eut un petit sourire en entendant Jeremy raconter comment il avait atterri ici, peut-être pour dissimuler le petit pincement au cœur qu'elle ressentait en voyant à quel point la vie pouvait être facile, parfois, pour certains. Mais elle se reprit immédiatement en songeant qu'elle n'avait pas le droit et surtout, n'avait pas la permission de se plaindre. Elle avait eu beaucoup de chance par rapport à d'autres filles de sa connaissance, de son milieu. Elle faisait des études, quelque chose qui la passionnait. Rares étaient celles qui avaient cette chance. Et en dehors des jeunes filles de rang, beaucoup tentaient de rentrer à Lycaon sans y parvenir. Alors oui, elle n'avait pas eu une voie toute tracée. Mais se battre pour ce que l'on voulait valait sûrement mieux que lorsque cela vous tombait dans la bouche. C'était une des leçons d'Helga Poufsouffle : c'est le travail qui devait vous mener à vos ambitions, pas autre chose.

Elle en était là de ses pensées quand la voix de Jeremy claqua à ses oreilles et elle eu la soudaine impression qu'elle venait de se recevoir un seau d'eau glacée en plein visage. Evidemment, elle n'aurait pas pu y échapper pendant longtemps, il aurait fini par apprendre son nom de famille. Mais elle n'aurait pas pensé que ce serait aussi tôt. La présence de nombreux élèves étrangers à Lycaon la protégeait en grande partie mais Jeremy ferait obligatoirement le lien entre son nom et les Mangemorts. Surtout qu'il avait dû connaître la guerre, avec la faible différence d'âge qu'ils avaient. Peut-être même qu'il avait perdu de la famille durant la guerre, elle ne savait pas s'il était issu d'une famille de sorciers. Instinctivement, elle pinca les lèvres. Elle n'avait pas à avoir honte, se répéta-t-elle en boucle. Elle connaissait l'histoire de sa famille et savait les actions de certains de ses membres, de son frère, de sa mère et elle en était fière. Elle n'avait pas à se justifier, elle n'avait pas à baisser les yeux. Si Jeremy n'était pas capable de dissocier les actes de sa tante d'elle, alors il n'en valait pas la peine, comme tout ceux qui émettaient un jugement dès qu'ils apprenaient qu'elle était fille de Mangemort. Alors elle releva la tête et planta son regard dans le sien, comme elle l'avait appris de sa mère, lors de leurs leçons de bonne tenue.

- Miss Lestrange, déclara-t-elle, sans agressivité dans la voix. Rosaleen Electre Lestrange.

Elle se retint de rajouter qu'elle n'était pas la fille de Bellatrix Lestrange, comme pensaient souvent les gens au premier abord. Ils avaient une forte tendance à oublier que Bellatrix était une Black de naissance et que la famille Lestrange ne s'arrêtait pas à elle et à son époux, qui n'avaient d'ailleurs pas eu d'enfants. Avec les deux guerres, le nombre de membre de leur famille avait certes, diminué, mais elle et ses sœurs et son frère étaient encore là, portant le nom et étant des descendants à part entière des Lestrange, qui avaient été une famille respectée et honorée, en son temps. Sans savoir pourquoi, dans un geste de défense, elle croisa ses bras sur sa poitrine. Elle trouvait Jeremy sympathique, certes. Mais refusait de se laisser critiquer s'il se lançait dans cette voie. Elle avait dû beaucoup travailler sur elle pour arriver à ne plus baisser les yeux devant les regards accusateurs des bien-pensants au sujet des Mangemorts. Et elle ne céderait pas maintenant.


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Lestrange, le nom fit l’effet d’une douche glacée à Jeremy qui se retint à grand peine de sursauter. Lestrange, cette jeune fille douce et agréable appartenait à la famille de l’une des plus célèbres mangemortes de l’histoire, une sadique hystérique dont le nom n’était étranger à aucun sorcier d’Angleterre ? Jeremy pinça les lèvres instinctivement et évalua la jeune femme du regard, tentant vainement de percevoir un air de ressemblance avec Bellatrix, dont il avait vu le visage dans les journaux dans son enfance, mais il n’en trouva aucun. Pourtant, le lien de parenté devait bien exister puisqu’il était peu crédible que plusieurs familles sorcières de Lestrange aient coexisté sans lien entre elles. Il se demanda si cela le dérangeait, et réalisa à sa propre honte que oui, au moins un peu. Toute sa vie, Jeremy avait été bercé par les nouvelles de la montée de Lord Voldemort, de ses mangemorts qui s’échappaient d’Azkaban, de sa prise au pouvoir, de sa chute, des procès qui l’avait suivie. Sa propre famille étant quasiment exclusivement composée de sorciers, Jeremy n’avait jamais entendu parler des Lestrange que comme d’ennemis, de personnes dangereuses à éviter. La guerre était encore trop proches dans les esprits pour que ce genre de connexion mentale ait disparu. C’était ainsi, il s’était toujours senti un peu mal à l’aise face à des personnes liées aux mangemorts reconnus, et ce n’était probablement pas un hasard s’il n’était jamais devenu ami avec un O’Connor, un Nott ou un Keller. Cela dit, il aurait peut-être pu passer outre ses préjugés et s’entendre avec l’un d’entre eux s’ils ne s’étaient pas révélés respectivement insupportables, renfrognés ou un peu louches… Qualificatifs qui ne s’appliquaient pas à Rosaleen, à première vue.

Il y avait un début à tout, songea Jeremy après un instant de silence, et cela pouvait très bien être le début de son amitié avec une personne dont la famille comprenait une dangereuse psychopathe. Il se doutait bien que Rosaleen n’allait pas agresser la première personne qui croiserait son chemin à grands coups de Doloris. De toute façon, si jamais elle adhérait aux mêmes idéologies que Bellatrix, il s’en rendrait vite compte… Si tel était le cas, cela risquait effectivement de compliquer leurs relations, mais Rosaleen n’avait donné aucun signe en ce sens pour l’instant.

« Heureux de te connaître, Rosaleen Lestrange », répondit-il enfin en esquissant un sourire sincère.

Après un instant d’hésitation, il décida de jouer la carte de l’honnêteté et de lui poser directement la question qui lui brûlait les lèvres. Une discussion un peu gênante mais honnête maintenant leur permettrait ensuite de pouvoir démarrer une relation de...tutorat ? Amitié ? Il ne savait pas exactement ce qui les attendait, c'était la première fois qu'il avait un tuteur, mais il n'y avait pas de raisons pour qu'ils ne deviennent pas amis. Quoi qu'il en soit, il décida de ne pas laisser un nom de famille l'en empêcher, même si c'était l'un des noms les plus durs à porter d'Angleterre.

« Excuse-moi d’avance de te le demander, j'imagine que tu dois en avoir assez qu’on te pose cette question... Mais si je ne le fais pas, ça va me trotter dans la tête, alors autant avoir cette conversation maintenant une bonne fois pour toutes et ensuite je ne t'embêterai plus avec ça, promis. »

Après avoir esquissé un petit sourire contrit, désolé de devoir emprunter le même chemin que probablement bien d'autres avant lui, il finit par poser sa question, que son interlocutrice avait déjà du deviner :

« Tu es liée avec Bellatrix Lestrange, j’imagine ? De quelle façon, si ce n'est pas trop indiscret ? »

Un peu inquiet à l’idée de l’offenser, il s’empressa d’ajouter :

« Ne t’en fais pas, je sais bien qu’on n’est pas responsable des actions de sa famille. »



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Rosaleen se crispa immédiatement devant l'air de Jeremy mais se refusa à serrer les poings malgré sa main qui avait tressaillit. Elle ne montrerait pas de signe de faiblesse, après tout, c'était quelque chose d'habituel. Lestrange. Le nom que personne ne souhaitait entendre. Se présenter comme une Lestrange, un Nott, un O'Connor, un Keller, c'était se condamner d'avance aux yeux des autres, aux yeux des bien-pensants. C'était comme si vous vous promeniez dans les rues avec la Marque des Ténèbres sur le front. C'était s'exposer aux regards suspicieux, aux insultes, aux murmures sur votre passage, c'était s'exposer au courroux d'une société qui blâmait toute une catégorie de la population, alors qu'elle reprochait elle-même voilà quelques années, aux Sang-Pur de faire la même chose. C'était aussi pour cela que les Sang-Pur restaient entre eux, ils se comprenaient, ils traversaient les même chose, leur petite société se resserraient dans un monde où ils étaient de moins en moins les bienvenues. Elle le savait, elle l'avait toujours su, depuis qu'elle était entrée à Poudlard, depuis que le Seigneur des Ténèbres était tombé. Rosaleen le savait parfaitement, c'était bien pour cela qu'elle n'associait son nom à son prénom qu'en dernier lieu, pour ne pas rebuter les gens tout de suite. Elle n'aurait pas dû se proposer pour le tutorat, elle savait qu'elle tomberait sur un élève de Poudlard et rares étaient ses chances de tomber sur un Sang-Pur qui aurait compris. Théo ne tentait pas Lycaon, elle en aurait entendu parler sinon. Alors, lentement, elle posa sur Jeremy Baker un regard froid. Elle ne se laisserait pas insulter, elle ne se laisserait plus insulter.

Mais après un silence qui lui paru durer une éternité, Jeremy reprit la parole, pour affirmer qu'il était heureux de la connaître. Surprise par ce retournement soudain de situation, Rosie papillonna des cils avant que ses bonnes manières ne reprennent le dessus et qu'elle incline la tête devant Jeremy, un sourire poli - et agréablement surpris - aux lèvres. Elle avait vu sa réaction première et elle n'avait pas été positive. Elle savait observer les gens, on le lui avait appris, c'était important en bonne société. Mais il avait pris sur lui. Et c'était quelque chose de nouveau, d'habitude, les gens avaient plus tendance à fuir ou à la mépriser. Mais pas ici. Jeremy Baker était donc un garçon intelligent.

- Le plaisir est pour moi, répondit-elle simplement, sincère.

Et honnête et franc, de plus, constata-t-elle lorsqu'il affirma qu'il devait poser la question qu'il avait en tête. Elle se doutait bien de cette question, celle que tout le monde se posait un jour, même ses plus proches amis. Certains, les plus honnêtes, demandaient. D'autres ne faisaient même pas l'effort et se contentaient de faire des conclusions erronées, tandis que certains, les plus subtils se renseignaient ailleurs. Bellatrix Lestrange, sûrement la Mangemort la plus connue. Criminelle de guerre, accusée de la torture des Aurors Londubat, du meurtre de Sirius Black, réhabilité par Harry Potter, du meurtre de l'Auror Tonks et de participation à la Bataille de Poudlard, où elle avait elle-même trouvé la mort, tuée par Molly Weasley. Qui n'avait pas été jugée, d'ailleurs, songea Rosaleen amèrement. Elle ne portait pas sa tante dans son cœur, loin de là. Mais on reprochait des meurtres aux Mangemorts et on ne punissaient pas ceux de l'Ordre du Phénix, parce qu'ils avaient eu la chance et la jugeote de se trouver du bon coté. Ce n'était pas juste.

- Bellatrix était ma tante, par alliance. Elle est née Black et avait épousé le frère aîné de mon père, Rodolphus. Je suis la fille cadette du dernier des frère Lestrange, Rasaben, lui-même marié à une Rosier. Je préfère te le dire maintenant car les gens pensent que je leur ai caché, ensuite, quand ils le découvrent : mon père était un Mangemort, il est actuellement à Azkaban. Mon grand-père l'était durant la première guerre. Le frère de ma mère était un Mangemort célèbre également, Evan Rosier. Oui, de nombreux membres de ma famille étaient des Mangemorts. J'ai connu ma tante, oui, je l'ai déjà rencontrée. Et ce n'était pas un modèle de douceur et de gentillesse, même avec sa famille.

Elle ne se rappelait que trop bien sa rencontre avec sa tante, lorsqu'elle l'avait fait tomber dans l'escalier parce qu'elle avait eu l'outrecuidance d'écouter aux portes les conversations des adultes. Elle n'avait pas dénigré sa relation avec Bellatrix dans l'espoir de s'attirer les faveur de qui que ce soit, c'était juste un fait. Son père avait beau être un Mangemort reconnu et emprisonné, elle l'aimait. Il avait toujours été gentil avec elle et elle avait confiance en lui, il l'avait protégée d'un mariage désastreux avec Gregory Yaxley. Mais Bellatrix ne semblait avoir d'amour que pour le Seigneur des Ténèbres ou du moins pas pour ses neveux et nièces par alliance. Et même son grand-père, qui avait plaidé l'Imperium et n'avait pas inquiété à la fin de la première guerre et qui avait eu la sagesse de ne pas se mêler de la deuxième, pas trop en tout cas, elle tenait à lui. Lui et sa grand-mère s'étaient occupés d'eux depuis la mort de leur mère et l'emprisonnement de leur père. Et malgré les dissenssions qui pouvaient agiter leur famille, malgré tous les regards qu'on pouvait porter sur eux, Rosaleen tenait à sa famille.

- J'espère que ta curiosité est satisfaite. Et si tu le permets, j'aimerais te poser une question : est-ce que tu as connu la guerre ? En dehors des livres, je veux dire.


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Le sourire de Rosaleen rassura Jeremy sur le fait qu'il ne l'avait pas vexé en se montrant sincère. Jeremy avait toujours du mal à savoir comment se comporter avec les personnes qui avaient été touchées par la guerre, y compris lorsqu'elles appartenaient à la catégorie des héros de guerre d'ailleurs. Même la directrice McGonagall était intimidante à ses yeux, lorsqu'il avait dû aller dans son bureau à la suite d'une bêtise... Dans le cas de Rosaleen, c'était d'autant plus étrange qu'il éprouvait une sympathie naturelle pour cette jeune fille qui s'était montrée accueillante, douce et gentille, avec sa présence lumineuse, bien loin de l'image qu'évoquait à ses yeux le nom de Lestrange. Le jeune homme fut réellement impressionné par son récit, se demandant comment une personne normale pouvait sortir d'une famille pareille. Du moins, Rosaleen avait l'air normale, au premier abord, mais peut-être qu'elle cachait bien son jeu ! Jeremy aurait bien aimé savoir si elle partageait l'opinion majoritaire de sa famille au sujet des nés-moldus, de Lord Voldemort et de toutes ces questions. Mais il ne voyait pas comment amener un tel sujet, et de toute façon, il finirait bien par le comprendre si Rosaleen et lui étaient amenés à se côtoyer...

La question de la jeune fille lui fit hausser un sourcil perplexe et il s'agita, légèrement mal à l'aise. Jeremy était prêt à mettre sa main à couper que son interlocutrice avait beaucoup plus à dire au sujet de la guerre que lui, jeune privilégié qui n'avait pas connu le deuil avant cette année et le décès de son grand-père...

"Connu la guerre, moi ? Non, pas vraiment. Ma vie pendant la guerre n'a rien de très intéressante..."

Le regard de Jeremy se perdit dans le vague tandis qu'il se replongeait dans ses souvenirs d'enfance. La guerre avait coulé sur lui sans vraiment l'atteindre, et il avait fallut atteindre son entrée à Poudlard pour qu'il prenne réellement la mesure de ce qui avait frappé le monde magique.

"Mes parents n'aiment pas du tout en parler, expliqua-t-il après un instant de réflexion. Je pense que l'un comme l'autre avaient de nombreux amis plus impliqués dans la première guerre, pas forcément dans le même camp d'ailleurs, et qu'un certain nombre d'entre eux ne s'en sont pas sortis. Alors quand l'annonce du retour de Voldemort a été faite... Bien sûr, tout le monde s'en doutait, avec les articles du Chicaneur, le témoignage de Harry Potter. Mes parents accordaient une grande crédibilité à Albus Dumbledore, surtout ma mère d'ailleurs, je crois qu'elle l'admirait profondément. Mais malgré ces signes, ils étaient comme tous les autres, ils avaient beaucoup de mal à accepter la vérité. Je crois qu'ils étaient vraiment traumatisés par cette période de leur enfance, la première guerre... Ils ont voulu m'épargner ça, à moi, et à mon petit frère également."

Un petit sourire étira ses lèvres à la pensée de son petit frère. Il était heureux que ses parents aient pris la décision de se tenir écartés des champs de bataille, car ainsi Taylor, encore jeune au moment de la guerre, n'en avait gardé pour ainsi dire aucun souvenir. Ainsi, Jeremy, plus âgé, avait été quasiment plus inquiet que son frère lorsque celui-ci n'avait témoigné d'aucuns talents magiques, car lui seul avait réellement conscience des implications. Taylor ne craignait pas les moqueries et la marginalisation, contrairement à Jeremy qui savait à quel point les sorciers pouvaient être intolérants et sectaires.

"Ils ont tout fait pour nous préserver de la guerre, Taylor et moi. Cela n'a même pas été si difficile, puisqu'il n'y a quasiment aucuns moldus dans mon arbre généalogique. Une grand-mère née-moldue, quelques cousins éloignés moldus...Voilà tout. Je sais que mes parents ont hésité à se montrer plus actif dans la guerre, du côté de la Résistance, j'ai surpris une discussion à leur sujet. J'entendais parler de la guerre à l'école primaire pour sorciers où j'allais, mais rien à la maison ! Du coup, je me suis mis à écouter aux portes, cette année là. Bref, comme je le disais, ils hésitaient à tenir un rôle dans cette guerre mais je crois que le fait que Taylor et moi soyons encore jeunes, et que mon entrée à Poudlard s'approchait, a beaucoup pesé dans la balance. Ils ont préféré rester discrets, et comme nous n'appartenons pas à la noblesse, cela n'a même pas été si difficile. Mes parents n'ont pas de talents particuliers pour se battre, ils ne faisaient pas partie des alliés évidents de Voldemort. Si la guerre avait duré plus longtemps, je ne sais pas ce qui se serait passé, mais..."

Il haussa les épaules avant d'ajouter :

"Du coup, moi, je n'ai pas vu grand chose. J'ai bien senti que les choses changeaient, bien sûr, que les adultes étaient morts d'inquiétude, que l'on n'allait plus jamais dans les lieux publics. Ma mère ne m'emmenait plus au Chemin de Traverse ni mon père aux matchs de Quidditch, nous ne voyions que rarement les amis de la famille... Mais personne de mon entourage proche n'a été tué ou emprisonné, j'ai eu beaucoup de chance. A l'école, en revanche, les choses étaient bien différentes. J'étais inscris dans une école primaire londonienne pour jeunes sorciers, il n'y avait aucun né-moldu bien sûr, puisqu'ils ne sont pas encore détectés comme sorciers à cet âge. Mais l'effectif de la classe a tout de même été réduit de moitié, les parents n'osaient plus se séparer de leurs enfants alors ils les retiraient de cours. Et puis un jour, la maîtresse nous a appris que l'un de nos camarades, l'un de mes amis, avait été tué avec sa famille, qui avait refusé de rejoindre Tu-Sais-Qui."

Jeremy ne remarqua pas qu'il n'avait pas employé le nom de Lord Voldemort, quand bien même l'interdiction était levée depuis des années. Les vieux réflexes avaient la vie dure, surtout lorsque des évènements si terribles étaient évoqués... L'image de John, son ami d'enfance qui avait perdu la vie, vint flotter devant ses yeux. Jeremy n'était pas prêt d'oublier les semaines qui avaient suivi sa mort, tant sa classe avait été marquée. Pourtant, ce n'était qu'une seule victime parmi des milliers d'autres, à l'échelle du pays, mais c'était la seule qui avait été palpable pour le jeune Baker...

"En dehors de cette histoire, tout ce que je sais de la guerre, je l'ai appris de mon ressentis mais surtout de témoignages, de cours d'histoire ou d'articles de journaux... Bref, mon expérience n'a rien de très intéressante ! C'est celle d'un sorcier moyen qui a eu de la chance. Je pense que les choses se passeraient différemment pour ma famille si la guerre avait lieu aujourd'hui, maintenant que l'on sait que mon frère est cracmol."

Remarquant trop tard qu'il avait lâché une information sur laquelle il avait tendance à être discret d'ordinaire, Jeremy se mordit la langue, envahi de remords. Qu'allait penser Rosaleen, si elle partageait les pensées de sa famille ? Eh bien, tant pis ! Il avait passé l'époque où il avait peur de ce que l'on pourrait dire sur son frère. Si Taylor acceptait les moqueries, il le ferait aussi, et si Rosaleen faisait partie de ces imbéciles qui s'en prenaient aux cracmols, elle ne valait pas la peine qu'il s'intéresse à elle, voilà tout. Jeremy poussa un léger soupir et s'ébroua, comme pour faire sortir ces vieux souvenirs de sa tête. Reportant son attention sur Rosaleen, il posa sur elle un regard curieux.

"J'imagine que ton expérience de la guerre a dû être bien différente... Et de l'après-guerre également, on ne peut pas dire que tu aies un nom facile à porter. Tu as deux ans de plus que moi, c'est ça ? Je n'ose pas imaginer ton entrée à Poudlard... "

Il avait dû lui en falloir, du courage, pour aller s'asseoir sous le Choixpeau après qu'on ait appelé son nom, en plein pendant les grands procès, dans une école tout juste reconstruite ! Dans la salle même où des sorciers s'étaient battus et avaient perdu la vie, sous la main de membres de sa propre famille. Rosaleen avait dû en subir, des jugements, Jeremy en était persuadé. Lui-même aurait probablement eu du mal à ne pas en faire autant, s'il était né deux ans plus tôt...

"Pardonne-moi, tu n'as probablement pas envie de parler de tout ça. Mais je n'ai jamais vraiment parlé avec un enfant de mangemort. Ceux de mon âge à Poudlard étaient assez imbuvables au premier abord, contrairement à toi ! Je me suis toujours posé certaines questions. Par exemple, est-ce que tu peux rendre visite à ton père à Azkaban ? Et si c'est possible...est-ce que tu le fais ?"

Conscient de beaucoup pousser sa chance en étant si curieux auprès d'une inconnue, Jeremy s'excusa d'un sourire contrit.

"N'hésite pas à m'envoyer balader si je suis trop indiscret", lâcha-t-il avec un clin d'oeil.



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D'un léger geste de la main, Rosaleen invita Jeremy à continuer dans le couloir dans lequel ils s'étaient engouffrés, afin de poursuivre la visite. Le corridor n'était pas particulièrement intéressant, n'offrant que des portes identiques et la vision des salles de classe à travers quelques vitres. Les promotions de Lycaon était divisées en deux, ce qui permettait d'assister à des cours avec seulement une vingtaine de personne, pour mieux étudier. C'était l'une des volontés du professeur O'Flaherty.  Le vieux parquet grinçait un peu sous leurs pas tandis que Rosaleen se dirigeait vers le bout du couloir, où ils trouveraient des marches qui mèneraient à un petit hall et au grand escalier qui permettait de rejoindre les autres salles de classe, ainsi que le troisième étage où se trouvaient les bureaux des enseignants. Les quelques chambres offertes aux étudiants - réservées en priorités aux étudiants étrangers - se trouvaient dans une autre aile de l'école. Tandis qu'ils marchaient, croisant de temps à autres des camarades qui eux aussi se chargeaient de faire la visite aux futurs élèves, Rosaleen écoutait attentivement le récit de Jeremy, laissant parfois son regard s'égarer dans le vide sans qu'elle le veuille et sans qu'elle ne perde le fil du récit du jeune homme pour autant. Elle parlait rarement de la guerre, d'habitude. Sans surprise pour personne, cela ranimait de mauvais souvenirs dans son esprit. Et toutes les histoires de guerre étaient des histoires douloureuses et personne n'aimait en parler. On préférait se tourner vers l'avenir, celui qui paraissait si prometteur et si plein d'espoir. Parler de la guerre n'était pas quelque chose qui se faisait vraiment. Elle était là, présente, tout le monde le savait, son ombre survolait parfois une conversation, elle se glissait parfois au détour de quelques phrases mais on la chassait souvent, comme si cela suffisait à l'effacer définitivement. Elle était là, elle le serait toujours, pas forcément très tangible mais néanmoins palpable. Et pourtant, les gens ne l'évoquaient pas, parce que faire comme si rien ne s'était passé était bien plus facile que de regarder derrière soi sans baisser les yeux ou sans sentir la main des souvenirs vous étreindre le cœur.

Alors non, Rosaleen ne pensait pas à la guerre tous les jours. Elle ne pensait pas à la Bataille, au régime du Seigneur des Ténèbres, aux tortures, au règne des Carrow sur Poudlard. Mais elle pensait à sa famille, qui était si implicitement liée à la guerre qu'aux yeux indélicats, c'était la même chose, ils ne formait qu'un tout. Mais elle ne pensait pas au soir du deux mai, ou rarement. Elle se rappelait de cette soirée très clairement, pourtant, mais l'avait reléguée dans un coin de son esprit, un coin embrumé, avec les choses qu'elle voulait oublier. Quand elle cherchait à s'en rappeler, tout revenait brusquement. Mais la plupart du temps, c'était là, flottant, presque plus dérangeant. Quand elle pensait au passé, elle songeait à sa mère, à ses leçons, ses mots, ses recommandations, comme si elle était toujours là pour lui apprendre à se comporter comme une Lestrange devait le faire. Elle pensait à son parfum, son élégance, ses mains délicates, toujours ornées de bijou. Elle pensait à ses yeux clairs, sa main sur ses cheveux ou dans son dos pour la faire se redresser, ses sourcils qui se fronçaient, ses claquements de langue agacés, à ses manies et ses manières. Elle pensait à sa mère dans son ensemble, régulièrement, avec ce vague à l'âme, cette mélancolie mais en même temps cette tendresse qu'on accorde aux disparus, cette affection que l'on porte aux personne dont nous n'avons gardé que le meilleur. Elle mentirait en disant que cela ne l'attristait pas parfois, surtout quand quelqu'un mentionnait sa propre mère, vivante. Mais cela faisait neuf ans que la sienne était partie et elle s'était apaisée depuis. Elle pensait à son frère aussi, n'ayant également retenu de lui que le meilleur, ayant oublié tout ce qu'elle avait pu lui reprocher à l'époque, quand elle n'était qu'une enfant et qu'elle ne voyait en lui que ce grand frère parfois un peu encombrant, qui la traitait de poupée de porcelaine. Maintenant, quand elle pensait à Regulus, elle revoyait la fois où il l'avait défendue devant Gregory, elle le revoyait assis sur son lit la nuit, lui expliquant sa vie à Poudlard et ses cheminements de pensées, elle le voyait comme le grand-frère qui lui manquait et lui manquerait toujours. Et un peu égoïstement, comme celui qui aurait pu prendre sa place, rester l'aîné, assumer sur ses épaules le poids qu'elle assumait.

Au fur et à mesure du récit de Jeremy, Rosaleen comprit vite le fossé qui pouvait exister entre eux. Un fossé qui n'était même pas de leur fait, qui avait été tracé par l'Histoire et par leurs familles respectives. Jeremy faisait partie de ces chanceux, de ceux qui s'étaient retrouvés du bon coté. Entrer dans la Résistance, l'acte noble, que tout le monde célébrait. Les résistants n'étaient-ils pas merveilleux, courageux et admirables de se battrent pour leurs idées ? Ne méritaient-ils pas d'être adulés ? Quant aux Mangemorts, qui se battaient exactement pour les même chose, ayons deux poids deux mesures ! Eux ne méritaient que d'être enfermés pour leurs crimes tandis que les bons assassins de la Résistance étaient célébrés. Elle se retint de serrer les poings - ce qui manquait d'élégance - et se contenta de serrer les dents. C'était un éternel débat et ce qu'elle en pensait, ce que tous les enfants de Mangemorts pensaient, n'y changerait rien. Et Jeremy n'y était pour rien. Ce n'était pas sa faute si ses parents avaient eu de la chance, ce n'était pas sa faute s'il s'était retrouvé du bon coté, il était encore plus jeune qu'elle à l'époque. Mais comme à chaque récit de ce genre, Rosaleen ressentait cette jalousie un peu malsaine l'envahir, cette jalousie de ceux qui avaient eu de la chance, de ces privilégiés que la guerre avait épargné. C'était inutile et cela ne servait qu'à devenir amer. Elle avait vu trop de ses semblables tomber dans ce piège de la jalousie et de la rancoeur et cela ne menait à rien de bon. Il fallait faire avec et passer et dessus. Et si elle prônait qu'on différencie les enfants de Mangemorts des actes de leurs parents, elle savait qu'elle devait le faire également pour les enfants de Résistants, malgré la rancœur qu'elle ressentait parfois à leur égard. Elle refusait de pratiquer ce genre de justice à deux vitesse comme ils l'avaient fait. Alors elle inspira légèrement et colla sur son visage un sourire, afin d'encourager Jeremy à continuer. Elle n'évoquerait plus le sujet de la guerre avec lui, c'était tout. Ce récit rejoindrait toutes les choses qu'elle préférait occulter et elle agirait comme si elle ne savait rien, comme si elle ne ressentait pas à son égard cette paradoxale pointe d'envie, de jalousie, de colère et de mépris, ce sentiment qu'avaient les perdants face aux gagnants.

S'il n'y avait eu qu'elle, elle aurait vite changé de sujet, ne désirant pas discourir plus sur cette partie douloureuse de son passé, sur cette partie douloureuse de leur histoire commune. Mais Jeremy semblait pensif et s'épanchait sans même qu'il semble s'en rendre compte. On parlait tellement peu souvent de la guerre que les gens avaient toujours beaucoup à dire, comme s'ils retenaient en eux trop de choses qui ressortaient brusquement. Parler longuement de la guerre avec quelquu'n comme Théo par exemple n'aurait pas été quelque chose d'agréable car cela remuait beaucoup de souvenirs, mais elle ne se serait jamais sentie aussi mal à l'aise qu'en en parlant avec Jeremy. Au moins, il ne fanfaronnait pas sur son passé de Résistant ou sur sa famille si brave et honorable. Elle ne l'aurait jamais supporté et savait que ces rares moments d'agressivité étaient face à des gens comme cela. Lorsqu'il mentionna son frère Cracmol en revenant au présent, elle cilla légèrement mais ne montra rien d'autre sur son visage, son sourire n'ayant pas quitté ses traits. En jeune femme bien éduquée, elle savait en rien laisser paraître quand il le fallait, évitant ainsi le genre de situations inconfortables qui étaient amenées par une trop grande spontanéité. Les Cracmols étaient un sujet plus que délicat, surtout dans les familles de Sang-Pur. C'était une anomalie génétique, c'était clair à ses yeux et aux yeux de tout le monde. Néanmoins, à ses yeux, les Cracmols restaient les enfants de leurs parents et souffraient également de la situation. La coutume dans les familles de Sang-Pur était d'éloigner les enfants Cracmol, afin qu'ils ne salissent pas l'arbre généalogique familial. Mais elle trouvait cela tellement cruel, d'élever un enfant puis ensuite de l'envoyer loin en estimant qu'il ne faisait plus partie de la famille. Les Cracmol étaient malades, c'étaient des victimes à ses yeux. Et elle avait l'impression qu'elle ne serait jamais capable de faire cela à l'un de ses enfants. Le frère de Jeremy et sa famille devaient être très malheureux et souffrir énormément, songea-t-elle en ressentant un élan de compassion. Après tout, ils n'étaient pas vraiment de Sang-Pur, c'est sûrement cela qui avait dû altérer le sang du petit Taylor. Encor une preuve des bienfaits des mariages entre sorciers de souche.

- Je suis désolée pour ton frère, affirma-t-elle, sincère.

Néanmoins, elle se referma lorsque Jeremy mentionna son entrée à Poudlard. Cela partait sûrement d'une bonne intention mais elle ne voulait pas de sa pitié. Machinalement, elle releva le menton et son regard se durcit. Il ne pensait sûrement pas à mal mais c'était tout aussi désagréable. Sans répondre, elle accéléra légèrement le pas, montant les marches qui menaient au petit hall avant de se diriger vers l'escalier. Et quand Jeremy affirma qu'il n'avait jamais parlé "avec un enfant de Mangemort" - terme qui serait passé plus ou moins bien en temps normal mais qui n'aurait jamais provoqué cette réaction chez elle - ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase et elle se retourna brusquement vers lui, sa tresse blonde fouettant l'air et croisa les bras sur sa poitrine. Le menton relevé, le regard dur et ainsi positionnée, elle avait tout de l'image qu'on se faisait traditionnellement des Sang-Pur.

- Enfant de Mangemort ? interrogea-t-elle, digne et glaciale, le surplombant de quelques marches.  C'est amusant, c'est également la première fois que je rencontre un enfant de résistants ratés ! lança-t-elle, furieuse.

Les mots étaient volontairement durs, pour bien montrer ce qu'elle avait ressenti. Oui, elle était une fille de Mangemort, c'était un fait qu'elle ne pourrait jamais nier et qu'elle ne nierait pas pour le bon plaisir des bien-pensants. Mais il y avait une différence entre l'accepter et ne pas en avoir honte et se laisser uniquement caractériser ainsi, comme cela avait pu être le cas à Poudlard. Elle en avait trop souffert. Lycaon avait été un nouveau départ pour elle, au milieu d'élèves étrangers qui la voyait avant tout comme Rosaleen. Et il était hors de question qu'elle laisse quelqu'un ramener dans sa vie ce qu'elle avait réussi à reléguer derrière elle en réussissant ses ASPIC. Elle ne redeviendrait pas "la fille de Mangemort".

- Dis comme tu le dis, c'est insultant, déclara-t-elle, un peu calmée par son coup d'éclat. Oui, mon père était un Mangemort et je suis sa fille. Mais ce n'est pas une raison. C'est comme si je t'appelais le frère du Cracmol ! explicita-t-elle en baissant le front pour la dernière phrase. Je suppose que tu n'as pas honte de ton petit frère ? Mais ce n'est pas agréable pour autant, n'est-ce pas ?

Elle inspira un grand coup et s'efforça de se calmer. Ce n'était pas élégant pour une jeune femme bien éduquée de s'emporter ainsi, elle devait rester calme et courtoise en toute situation même lorsque ce n'était pas facile. Elle s'efforça de retrouver sa maitrise d'elle-même afin de continuer cette conversation de manière courtoise. Elle décroisa ses bras et noua ses doigts dans son dos pour ne pas être tenter de recommencer.

- Les visites sont autorisées à Azkaban, oui, mais soumises à autorisation expliqua-t-elle lentement. Et évidemment que je vais le voir, c'est mon père. Aux yeux du monde, c'est un monstre sanguinaire et sans cœur, mais c'est totalement les faux. Les Mangemorts ne sont pas des monstres. Ce sont des gens qui se sont battus pour leurs idées et leurs convictions. Leur seule erreur a été de ne pas être du coté des gagnants. Les membres de l'Ordre du Phénix se battaient aussi par conviction et eux sont encore en liberté. Ils sont même célébrés ! Mon père avait des convictions. Il a eu le courage de se lever et de se battre pour. Et maintenant, il le paye. Mais il reste mon père et rien ne changera cela. Les gens, les gagnants, ils aimeraient que nous renions nos pères et nos familles, qu'on se range à leurs idées, à leurs idéologies, à leurs visions du monde. Cela leur donnerait bonne conscience, de voir des enfants renier leurs parents, cela les rassurerait sur le bienfondé de leur suprématie. Qui sont-ils pour affirmer qu'ils ont raison ? Pourquoi est-ce que leur monde serait le bon, leurs lois les meilleures ? Tu sais pourquoi nous sommes stigmatisés ? Parce que nous avons perdu. Tout est une histoire de victoire, c'est tout. Une question de pouvoir. J'aime mon père et il aime sa famille, il a aimé chacun de ses enfants tout comme tes parents t'ont aimé, tout comme les résistants aiment les leurs. Mais la société a décidé que mon père avait tort, alors je devrais lui tourner le dos pour satisfaire les bien-pensants. Et comme on ne leur donne pas cette satisfaction, comme on ne renie pas nos parents, nous sommes reniés nous-même, comme si nous avions tenu la baguette à leur place. Nott ou Lestrange, qu'est-ce que cela change ? Nous sommes restés fidèles à nos parents et on nous l'a fait payé. Les gagnants l'ont décidé. Et c'est eux, pétris de si belles idéologies qui ont mis au ban de leur nouveau monde des enfants de onze ans, eux qui prônaient l'égalité et l'équité !

Le souffle court, elle descendit quelques marches pour se porter à hauteur de Jeremy, plongeant ses yeux gris dans les siens.

- Et toi, Jeremy Baker, si nous avions décidé que vous aviez perdu et que ta famille ne valait plus rien. Est-ce que tu leur aurait tourné le dos pour nous satisfaire ? Ou est-ce que tu aurais eu le courage d'affirmer chaque jour que tu étais leur fils, d'affronter regards et mépris, condescendance et agressivité ? Tu aurais été le bon joueur ou le mauvais, qui change de camp pour être avec les gagnants ?


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Quand Jeremy avait suggéré à Rosaleen de l'envoyer balader s'il se montrait trop indiscret, il ne s'attendait pas à ce qu'elle se montre si enthousiaste dans sa tâche. Il s'arrêta net lorsqu'elle se retourna vers lui, furibonde, les bras croisés sur sa poitrine. Surpris, Jeremy faillit trébucher dans l'escalier du Hall et descendit d'une marche, avant de lever vers elle un visage interrogateur. Ses sourcils se haussèrent un peu plus à ses propos et il comprit qu'il l'avait vexée par sa formulation. Le capitaine n'avait pourtant pas pensé à mal, cherchant simplement à souligner le fait qu'il n'avait jamais l'occasion d'aborder de tels sujets avec une personne au vécu si différent du sien. Mais lors de conversations si sensibles, il n'était pas rare de blesser sans le vouloir, par des mauvaises formulations ou par des préjugés inconscients. Une amorce d'excuse apparut sur ses lèvres du jeune homme, avant de mourir lorsqu'elle l'appela un "enfant de résistants raté". Sa surprise augmenta d'un cran et il fouilla sa mémoire en tentant de se rappeler ses paroles précédentes. Ce n'était pourtant pas ainsi qu'il s'était présenté, si ? Il lui avait semblé avoir expliqué l'hésitation de ses parents à s'engager et leur refus final de le faire, mais sans doute s'était-il mal exprimé, là encore. Jeremy n'eut cependant pas l'occasion de rectifier le tir, puisque Rosaleen semblait réellement en colère.

A son tour, Jeremy croisa les bras sur sa poitrine et soutint son regard sans flancher, sa surprise se muant peu à peu en colère mêlée d'indignation. Mais pour qui se prenait-elle, cette sang-pur, avec ses grands airs ? Pourquoi sa rancoeur, visiblement accumulée depuis la fin de la guerre, retombait-elle sur lui ? En quoi était-il responsable de la situation des sangs-purs suite à la défaite de Voldemort ? Et elle était naïve, aussi, songea-t-il en retenant une grimace de dégoût face à sa vision des mangemorts. Pour elle, la différence entre mangemorts et aurors ne reposait que sur le fait que les premiers avaient perdu et les seconds gagnés. Certes, il s'agissait de soldats dans les deux cas, de guerriers qui avaient répandu le sang pour une idéologie, les mangemorts pour promouvoir leur vision du monde et les résistants pour préserver le monde tel qu'il était... Mais il n'en restait pas moins que leur leader, ce chef inhumain qu'ils servaient comme des esclaves, utilisait des pratiques plus que contestables, ne servait que son propre intérêt et n'avait rien de bénéfique. Le meurtre, la torture et la contrainte, telles étaient ses armes. Sortilèges impardonnables, magie noire, alliance avec les créatures les plus sombres du monde magique... Les horcruxes...un frisson parcourait Jeremy chaque fois que ces morceaux d'âmes accrochés à des objets étaient évoqués. Cette idéologie reposait sur l'intolérance, intolérance dont Rosaleen elle-même se plaignait aujourd'hui. Quelle ironique contradiction, songea Jeremy avec indignation. Elle qui semblait si lumineuse rêvait-elle réellement d'un tel monde de ténèbres ? Non, décida-t-il intérieurement. Elle avait simplement besoin d'y croire, avec une famille comme la sienne. Elle avait besoin de croire que son nom ne méritait pas d'être traîné dans la boue. Et Jeremy pouvait le comprendre, évidemment, et cette pensée seule parvint à tempérer quelque peu sa colère. Mais ce n'était pas parce qu'il comprenait qu'il pardonnait, et Jeremy refusait de se laisser marcher sur les pieds de la sorte. Il ne méritait pas cette tempête d'indignation qui s'était déclenchée contre lui, et si Rosaleen et lui devaient continuer à se fréquenter, il ne pouvait laisser passer ce genre de propos sans répondre. Ce n'était pas lui, ce n'était pas qui il était. Alors il remonta de deux marches pour vriller son regard dans celui de la jeune femme, avant de répondre d'un ton vif :

"Je peux savoir pourquoi tu m'agresses ? C'est toi qui a commencé à parler de la guerre, et c'était une simple question, même si ma formulation était peut-être malheureuse ! Mais est-ce si étonnant, dans une conversation sur la guerre, que j'évoque ton ressenti en tant qu'enfant dont le père est un mangemort ? Je suis désolé mais c'est ce que tu es et je ne vois pas comment le formuler autrement ! Bien sûr que si l'on parle d'autre chose je ne vais pas parler de toi ainsi ! Tu as un prénom et je n'ai eu aucun problème à l'utiliser jusqu'à présent il me semble. Tu te plains que je te range dans une catégorie mais tu fais exactement la même chose avec les vainqueurs. Je suis vainqueur de quoi, moi, au juste ? J'étais plus jeune que toi au moment de la guerre, et personne dans mon entourage proche ne s'est engagé dans un camp ou l'autre, ni n'a participé aux grands procès ou à la reconstruction. Mon père était trop occupé à photographier les matchs de Quidditch... Et je ne suis pas un enfant de Résistants. Alors ça serait bien de ne pas reporter sur moi la façon dont on t'a traitée à l'issue de la guerre."

Son regard dur s'adoucit quelque peu suite à ces paroles et il continua d'un ton plus modéré :

"La différence entre ta famille et la tienne ne se situe pas dans le camp qu'elles ont choisi, mais dans le fait même de choisir un camp et de se battre. Mon père et ma mère n'ont strictement rien fait pour influencer le déroulement de sa guerre et son issue. Ils n'ont jamais pointé leur baguette sur un être humain et n'ont jamais prononcé les mots "Avada Kedavra". Est-ce que cela fait d'eux des lâches ? Des êtres sensés ? Froids ? Sensibles, au contraires ? Je ne sais pas. Je ne sais pas moi même ce que je ferai en temps de guerre. Je ne sais pas quel camp je choisirais si une guerre éclatait aujourd'hui : moi, sorcier dans une famille sorcière depuis des générations, mais avec des amis nés-moldus, un frère cracmol... Ce n'est pas si simple, le monde n'est pas noir et blanc, et je sais très bien cela. Et je sais que les enfants n'ont pas à être jugés pour les actions de leurs parents. Je voulais juste savoir comment on fait pour vivre avec les conséquences de ces actions, voilà tout."

Jeremy se gratta la nuque avec embarras et avoua, des excuses dans la voix :

"Je sais pertinemment que ce sujet me met mal à l'aise et que je ne sais pas comment l'aborder. Mes camarades de classe dans ta situation, je n'ai jamais discuté avec eux, soit parce qu'ils étaient exécrables soit parce qu'ils étaient très réservés. On peut presque sentir l'ombre de la guerre qui pèse sur eux...mais tu m'as semblé différente, j'ai cru qu'avec toi je pourrai en parler sans trop de complexes, sans tourner autour du pot. Mais je me rends compte que tu n'as pas pour autant envie de parler de cela et que j'ai été maladroit. J'en suis désolé. Mais ce n'est pas en se sautant à la gorge chaque fois que le sujet est évoqué que nous réussirons à améliorer les choses, tu ne crois pas ? Gardons ce tabou et tu peux être certaine qu'à la première occasion, les conflits éclateront de nouveau. Le dialogue peut être sain, parfois. Et tu peux m'appeler "le frère du Cracmol" autant que tu veux, je m'en fiche. Même si je tiens à signaler qu'être un cracmol et être un mangemort n'est pas exactement la même chose. On naît cracmol et l'on devient mangemort... ou soldat, si tu préfères, mais l'idée est la même."

Jeremy réfléchit un instant. L'idée était-elle réellement la même ? Résistants, mangemorts, même combat ? Harry Potter et Lord Voldemort, Bellatrix Lestrange et Molly Weasley, étaient-ils réellement aussi vils et méritants les uns que les autres ? Non, il ne pouvait l'accepter, il ne l'accepterait jamais, c'était inutile de le prétendre. Il y avait une dimension particulière à cette guerre là, les ténèbres et le mal qui l'avaient entourés, qui en faisaient une guerre à part. Une guerre dont tout être censé ne pouvait vouloir qu'une seule et unique issue : la fin irrémédiable de Lord Voldemort.

"Les mangemorts ne sont peut-être pas tous des monstres sanguinaires assoiffés de sang", continua-t-il avec une très nette pensée contraire pour la tante de Rosaleen. "Mais ils servaient Lord Voldemort et je ne pourrai jamais souhaiter voir surgir un monde dominé par Lord Voldemort. Car, lui, on peut sans trop s'avancer le qualifier de monstre sanguinaire assoiffé de sang. Lui voulait d'un monde où les enfants de douze ans, que tu es si prompte à défendre, peuvent être torturés et tués parce que du sang moldu coule dans leurs veines. C'est bien gentil, de jouer les victimes tyrannisés par les monstrueux vainqueurs de guerre et de prôner la tolérance. Mais mon frère de douze ans, incapable de lancer un simple Wingardium Leviosa, il serait devenu quoi si ton père avait fait partie des vainqueurs ? Il n'aurait pas été simplement mis au ban de la société. Il aurait probablement été tué, lui et sa prétendue maladie. Alors oui, c'est vrai, je suis satisfait de l'issue de la guerre... Mais cela ne veut pas forcément dire que je cautionne tout ce qui a été fait par la justice et les hommes au pouvoir depuis."

Haussant les épaules avec impuissance, il poussa un soupir, sa colère s'envolant peu à peu. Jamais il n'aurait pensé avoir une telle discussion avec une Lestrange, et c'était réellement perturbant. Il réalisa qu'il avait les mains qui tremblaient et se hâta de les glisser dans ses poches.

"Mais nous ne serons probablement jamais d'accord sur ce point alors je ne l'évoquerai plus. Terminons la visite, si tu veux bien.", conclut-il en posant un regard grave sur Rosaleen.



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Défi conflit intérieur

Lorsque Jeremy remonta deux marches pour vriller son regard dans le sien, Rosaleen ne baissa pas la tête même si elle n'aimait pas se sentir ainsi en position d'infériorité. Jeremy était plus grand qu'elle de vingt bons centimètres et c'était désagréable de se sentir ainsi. Certes, c'était exactement ce qu'elle lui avait fait quelques minutes auparavant mais c'était totalement différent, étant donné qu'elle n'avait absolument rien de menaçant contrairement à quelqu'un d'aussi grand que Jeremy Baker. Sa seule force résidait dans sa baguette magique et la rapidité de sa forme Animagus. Enfin, de toute manière, Jeremy n'allait rien lui faire, n'est-ce pas ? Malgré les mots échangés, ils restaient des gens civilisés. Et la galanterie voulait qu'on ne s'en prenne pas à une femme. La discussion qui suivait s'annonçait houleuse aussi Rosaleen décida-t-elle d'appliquer sa technique d'analyse dans un débat : elle retenait toutes les choses vraies pour lui concéder et faire le tri et ne rebondissait que sur les choses fausses, afin de ne pas se perdre dans la logorrhée verbale de quelqu'un. En premier lieu, il était vrai qu'elle n'aurait pas dû l'agresser comme cela, elle s'était emportée, elle allait s'excuser. Et oui, sa formulation était malheureuse, Jeremy avait singulièrement manqué de tact, mais c'était quelque chose qui arrivait. Elle nota également ses excuses et la véracité de sa justification quant au fait de son ascendance. En revanche, il était le gagnant d'une position agréable dans la société et ne semblait pas s'en rendre compte. C'était tout naturel, pour lui, c'était normal. Il n'avait pas idée de ce que certaines personnes et certaines familles avaient pu subir durant la guerre. Et peut-être en effet qu'elle avait reporté sur lui ce qui avait pu se passer pendant la guerre. Mais c'était la première fois qu'elle avait l'occasion de parler à quelqu'un qui avait été concerné de si près de l'autre coté. Aisling était née-moldue, ses amis de Lycaon était étrange. Arthur, son ancien fiancé, était issu d'une famille très impliquée dans la Résistance mais ils n'avaient jamais vraiment évoqué la guerre entre eux. Quant à Matthew Connoly, son petit-ami en septième année, son père avait fait un an de prison en 1999 en raison de sa collaboration avec les Mangemorts quand ils étaient au pouvoir. Il n'aimait pas en parler non plus. Le reste de ses fréquentations étaient des enfants de Mangemorts.

Elle avait été loin d'apprécier le ton de Jeremy lorsqu'il reprit la parole, mais avait pris sur elle pour ne pas envenimer les choses, mais elle fut heureuse de le voir s'adoucir. Elle n'aimait pas vraiment les conflits et les tons difficiles, elle préférait quand les choses se passaient calmement. Elle perdait rarement son sang-froid comme elle venait de le faire - ce n'était pas digne d'une jeune femme de son éducation - mais la guerre restait un sujet très délicat pour elle, ainsi que pour sa famille. Non seulement leur nom était associé à des Mangemorts célèbres, dont sa tante Bellatrix, mais elle avait personnellement subi des pertes lourdes qui alourdissaient son cœur chaque fois que ses pensées se tournaient vers sa mère et son frère. Et quand Jeremy évoqua le sujet des meurtres pendant la guerre, les yeux de Rose se perdirent dans le vague quelques instants. Est-ce que son père avait tué ? Elle n'en savait rien et n'en saurait jamais rien étant donné qu'elle ne demanderait jamais. Elle n'était pas au procès de son père, ses grands-parents non plus. En réalité, personne de la famille n'y avait été. Ils étaient encore sous le choc de la mort de Cérès et ses grands-parents ne voulaient pas infliger à leurs enfants le spectacle de voir leur père trainé dans la boue et condamné à perpétuité. Le verdict n'était pas une surprise, tout le monde n'avait pas pu recevoir l'appui d'Harry Potter comme les Malefoy et tous les autres Mangemorts étaient partis à Azkaban. Son père avait participé à la Bataille de Poudlard, elle le savait, et avait disparu de la maison toute une partie de l'année des Ténèbres. Peut-être qu'il n'avait tué personne, aimait-elle se dire. Peut-être qu'il était à la Bataille uniquement pour protéger Régulus. Et qu'il ne l'avait pas trouvé parmi les combats. C'était une version qu'elle aimait se raconter et c'était la version qu'elle avait donné à ses sœurs et Oreste. Leur père était parti à la Bataille de Poudlard pour sauver leur frère, en pensant à son fils. Pas pour tuer. Evidemment, c'était une version tellement utopique. Son père était un Mangemort reconnu. Mais elle aimait cette idée, cette illusion, et elle s'en berçait. Et contrairement à Jeremy, si une guerre éclatait de nouveau, elle savait quel parti prendre : celui des Sang-Pur et de sa famille. Ce serait une nouvelle chance pour eux afin d'inverser les places et de retrouver leur prestige d'avant. Elle pourrait offrir à son frère et ses sœurs ce qu'elle avait elle-même touché du doigt pendant son enfance, avant la guerre. Et malgré ses amis issus d'origines différentes, elle prendrait le parti de sa famille, sans hésitation. C'était ce qu'il y avait de plus important.

Et si Rosie avait apprécié le premier changement de ton de Jeremy, elle apprécia encore plus le second en entendant les excuses dans sa voix. Elle devrait également présenter les siennes, il n'y avait pas lieu de s'emporter comme cela et même si elle n'avait pas forcément apprécié ce que Jeremy avait à lui dire, elle savait néanmoins que c'était tout à fait normal que lui-même lui réponde avec fougue alors qu'elle avait été la première à perdre son calme. La guerre était un sujet délicat pour tout le monde. Elle culpabilisa même de ses propos lorsque son futur camarade affirma qu'il avait pu penser qu'il pourrait parler de la guerre avec elle sans problèmes. Et bien il s'était trompé. Au contraire, elle avait même encore moins envie d'en parler que les autres enfants de Mangemorts qu'elle connaissait car la guerre était associée à des pertes de famille très proche dans son cœur, alors le sujet était encore plus délicat que pour certains. Elle accepta les excuses de Jeremy avec un signe de tête tandis qu'il continuait, visiblement inspiré par tout ce qu'elle avait pu dire dans son élan de colère. Elle pouvait lui concéder que le dialogue avait des vertus mais encore fallait-il pour cela pouvoir en parler à tête reposée et peut-être que, malgré les années, elle n'était pas encore prête pour cela, du moins pas avec un inconnu. Elle n'avait jamais parlé de la guerre ou du moins, pas en profondeur et encore moins débattu de cette dernière avec quelqu'un d'un autre camp. Car Jeremy pouvait bien penser qu'il était dans la neutralité, au vu de ce qu'il avait dit, si un Résistant de l'Ordre et un Mangemort blessés s'étaient présentés à la porte de ses parents, ils auraient choisi de soigner le résistant, évidemment. Et même si oui, comme il le disait, on naissait génétiquement Cracmol, Jeremy n'avait pas l'air de comprendre que tout le monde ne s'était pas engagé par bonté de coeur. Elle ne parlait pas ici de sa propre famille mais certains Sang-Pur s'étaient engagés pour préserver la tranquilité de leur famille et c'était quelque chose que cette société ne semblait pas apte à comprendre, comme si tout le monde était lalé recevoir la marque avec des étoiles dans les yeux.

Et si elle avait pu assimiler relativement bien le reste du discours de Jeremy, les arguments qui suivirent la partagèrent beaucoup plus, sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Elle n'était pas d'accord avec lui. Les enfants nés-moldus n'auraient pas été torturés étant donné qu'ils seraient restés dans leur monde et il n'y aurait plus eu de Sang-Mêlés. Cela aurait été le cas au début, certes, mais après non. Et puis, lui souffla une petite voix, pas les enfants que elle-même connaissait, vu que ses connaissances et sa famille auraient été tranquilles et admirées. Et quand cette fois-ci ce fut le tour de Jeremy de l'agresser, elle serra les poings. Elle ne jouait pas les victimes de guerre ! C'était bien une mentalité de gamin qui ne connaissait rien à la difficulté de la vie, ça. Surprotégé par des parents qui "hésitaient à rentrer dans la résistance". Mais bien sûr !

- Comment oses-tu dire que...
- Non, non, non, stop, stop ça, on fait pas ça.

Rosaleen leva des yeux étonnés sur sa joueuse qui, penchée au dessus de son clavier, avait les sourcils froncés.

-  Et pourquoi cela ?
- Parce que j'ai décidé. J'ai des plans pour toi, tu peux pas tout casser comme ça. Alors hop, on va retirer le dernier paragraphe et tu vas bien sagement dire que Jeremy a raison. Allez, on recommence !
-  Je ne suis pas d'accord !
- Ben oui mais c'est moi qui décide, voilà, alors en place.
-  Cassandre a pu décider aujourd'hui ! répliqua Rosaleen en croisant ses bras sur sa poitrine.
- Oui et bien justement ! J'ai un quota de personnages qui m'échappent, voilà, et t'as pas le choix aujourd'hui.
- Et honnêtement, intervint Cassandre, t'as pas vraiment assez de caractère pour t'imposer.
- Tssss ! Dehors toi, tu ne te mêles pas de cela. Allez, Rosaleen, en place sinon je te marie à Gregory. Répète après moi : Jeremy a raison.

Mais Rosaleen ne semblait pas décidée à obéir à la joueuse vu qu'elle fit non de la tête en plissant le nez.

- Rosaleen, je vais me fâcher et je vais te faire assassiner par Ulrich Keller si tu continues ton cinéma !
- Ah non, non, non ! lança Charlotte en croisant également ses bras sur sa poitrine. On a déjà plein de plans pour l'année prochaine, j'ai signé un contrat de plusieurs rps par moi, tu ne peux pas me rajouter également une trame d'enquête sur les Lestrange.
- Même si je relie ça à Keller que tu trouves déjà louche ?
- Même. J'ai plus de place, moi !

La joueuse soupira et regarda à nouveau Rosaleen.

- Tu vois ? Charlotte ne peut pas gérer ton assassinat donc tu es gentille avec Jeremy. Ou sinon, je te marie à Eliott Warlock. Non mais du calme, Charlie, tu vois bien que je plaisante ! Vas-y Edmund, explique à Rosaleen - qui est nouvelle - qu'on doit obéir à la joueuse.
- Comme quand tu m'as fait oublier mes convictions politiques pour servir Ana et que j'ai dû ramper devant mes collègues pour m'excuser ?
- Exactement ! Tu vois Rose, Edmund est un bon personnage. Il se laisse faire, il est bien mignon et il fait exactement ce que je lui dis de bien faire. Alors sois un bon personnage comme Edmund.
- Mais Edmund fait des rps bien moins marrants.
- Cassandre, tu te tais aujourd'hui parce que tu n'as rien écouté tout à l'heure avec Chloé !
- J'avais des choses à dire, c'est tout.
- On l'avait compris. Maintenant, dehors ! Cassandre n'est pas un bon personnage, Rosaleen, ne fais pas comme elle.
- Je peux comprendre le point de vue de Miss Lestrange, cela dit. Ce n'est pas facile de trahir ses convictions politiques sous la pression du clavier.
- Edmund, ce n'est pas l'heure de débattre. Alors on se tait. Rose, tu fais ce qu'on te dit.
- Mais c'est important, de débattre ! s'exclama Daisy avec un sourire. Monsieur Baker a raison, discuter, c'est très sain pour tout le monde.
- On peut débattre de tout, sauf des choix de la joueuse.
- Perséphone, tu es la voix de la sagesse. Je devrais avoir plus de personnages comme toi.
- Ca s'rait d'un ennui...
- Quelque chose à ajouter, Andrew ?
- Euh... Que Rosaleen a tort et que Jeremy a raison, voilà. En plus, c'est le Capitaine de l'Equipe de Gryffondor et le petit-ami de Juliet, voilà. Et c'est un labrador.
- Un Golden Retriver, en réalité.
- Voilà, un chien sympa, quoi.

La joueuse se racla la gorge, attirant l'attention de tout le monde vers elle.

- Vous avez fini, c'est bon ? Allez, tout le monde retourne à sa place. Moi j'écris un post. Alors dehors. Pas de mais. Rosie, ma choupette, soyons claires. Sois tu obéis, soit je te fais assassiner par les Mardoliens.


Rosaleen fusilla la joueuse du regard, rejeta ses cheveux en arrière d'un air digne assez l'Oréal et se remit en place.

- Bien ! On reprend !


Et si elle avait pu assimiler relativement bien le reste du discours de Jeremy, les arguments qui suivirent la partagèrent beaucoup plus, sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Elle n'aurait pas la bêtise de dire qu'un monde sous le Seigneur des Ténèbres aurait été un monde bien. Mais elle ne pousserait pas le vice jusqu'à dire que le monde actuel l'était. Jouer les victimes... C'était ainsi qu'on les voyait, hein ? Ils jouaient les victimes. Comme s'ils n'avaient pas souffert eux non plus de la guerre. Non, ils ne seraient sûrement jamais d'accord sur la guerre. Mais avant cela, il y avait quelque chose qu'elle souhait mettre au point, avant de clore le débat.

- Tout d'abord, je tiens à m'excuse de m'être emportée. La guerre reste un sujet délicat, comme pour tout le monde. Et c'était la première fois que j'en parlais avec quelqu'un qui n'était pas dans ma situation. Mais je n'aurais pas dû m'en prendre à toi de cette manière, aussi, je te présente mes excuses. Nous ne serons jamais d'accord je pense, comme tu le dis. Et ce n'est même pas véritablement de notre fait, c'est notre passé et celui de nos familles qui repose sur notre avis de la guerre.

Chacun défendrait son camp quoi qu'il advienne de toute manière.

- Mais puisque tu m'avais posé la question, je vais te donner la réponse. Oui, je vois toujours mon père. Et pour ma vision de la guerre... J'ai été assez protégée par ma mère. Nous étions une famille de Sang-Pur qui vivait assez paisiblement, mon père étant le benjamin de sa fratrie. Il a rejoint les Mangemorts en suivant ses frères aînés et a en quelque sorte quitté la maison durant l'année des Ténèbres, il n'y était jamais. Ma mère a renvoyé notre précepteur et s'est chargée elle-même de notre éducation. Elle avait une vision beaucoup moins stricte des préceptes familiaux et nous poussait sans cesser à nous faire notre propre opinion. Nous avons été très épargnés durant toute l'année. Le deux mai 1998, j'avais onze ans. Ma mère était enceinte de neuf mois - j'avais déjà un frère ainé et deux petites sœurs - et le travail avait commencé depuis quelques heures. Quand ma grand-mère a essayé de joindre l'hôpital, on nous a dit que tous les guérisseurs étaient à Poudlard et puis de toute manière, qui se déplacerait pour une Lestrange ? J'entends encore le ton de cette femme dans notre cheminée. Ma mère est morte en couches quelques heures plus tard. Une de mes sœurs avait huit ans, l'autre cinq. Et nous avions un nouveau frère. Oreste. Le deux mai 1998, mon frère Regulus avait quatorze ans et était un Serpentard. Il s'est battu durant la grande Bataille, du coté de la résistance, je ne l'ai compris qu'après en repensant à nos discussions. Il est mort ce jour-là. Un frère pour un autre. Un aîné pour un cadet. Et ce jour-là, j'ai aussi perdu mon père. Pas physiquement, certes. Mais c'est le jour de son arrestation. Je suis entrée à Poudlard en septembre suivant, trois semaines après son procès, en étant étiquetée fille de Bellatrix Lestrange, alors que Poudlard pleurait encore ses morts. Et que je pleurais encore les miens.

Elle regarda Jeremy dans les yeux pour laisser planer dans l'air le "jouer aux victimes de guerre" avant de se détourner et de monter les marches, papillonnant des paupières pour chasser ses yeux humides. Arrivée en haut des marches, elle se tourna vers Jeremy.

- Nous ne serons jamais d'accord sur ce débat-là. Mais j'aimerais néanmoins que nous ayons une relation amicale en tant que tuteur et tutoré. Nous n'aurons qu'à parler de métamorphose. Voilà qui quelque chose qui devrait nous réunir.

Elle lui adressa un sourire tant bien que mal. Elle n'avait pas envie d'être en conflit avec Jeremy. Mais en quittant Poudlard, elle avait oublié à quel point la guerre avait laissé des traces sur les enfants qu'ils étaient. Et rien ne changerait jamais cela.

RP TERMINE



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