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 Les conséquences de nos actes [Lilly et Emma]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
Messages : 555

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Jeudi 31 Mai 2007
QG des Aurors, Ministère de la Magie, Londres.

- Tu te fous de moi ? Il n'y a rien de réglementaire là-dedans !

Charlotte balança le dossier de l'incendie de Pré-au-Lard sur le bureau de Teddy Furtinus, l'Auror qui avait été en charge du dossier quelques mois auparavant. Le Commandant avait reçu la veille un appel de Poudlard, de Margot Adamson plus précisément, qui avait été elle-même soupçonnée un temps par Teddy et Bill, qui étaient chargés de l'enquête. Elle avait fini par être disculpée et les deux collèges étaient revenus au Bureau en paradant, assurant avoir décroché le coupable facilement. Bobby Bubble, qui avait été enfermé dans une aile spécifique d'Azkaban voilà trois semaines, après un procès qui avait fait les choux gras des médias. "L'incendiaire fou de Pré-au-Lard" "L'assassin d'innocents"... Une affaire sordide, rien de mieux pour faire plaisir à la presse. Furtinus avait été salué pour avoir trouvé le coupable aussi rapidement et l'avoir mis hors d'état de nuire avant qu'il ne puisse recommencer, la psychose commençant déjà à s'emparer des habitants qui craignaient pour leur vie. Les entreprises de sortilèges de protection pouvaient remercier Bubble pour le marché qu'il leur avait offert sur un plateau d'argent ! Au Bureau, chaque binôme était sous la responsabilité de son lieutenant. Ils menaient les enquête, leur supérieur vérifiait les dossiers en fin d'enquête et le Commandant les validaient. Ça, c'était en théorie. En pratique, les lieutenants avaient beaucoup trop de travail entre leurs propres enquêtes et les binômes en difficulté pour vérifier tous les dossiers traités. Les Aurors expérimentés comme Furtinus disposaient d'une marge de manœuvre très large et n'avaient que rarement des comptes à rendre, uniquement en cas de problèmes, même si ce dernier avait déjà eu plusieurs blâmes quand à ses méthodes d'interrogatoire, notamment. Quant au Commandant, il gérait déjà pas mal de paperasserie et tout le Bureau sans devoir repasser par des dossiers mineurs ensuite, il s'attardait beaucoup plus sur leurs grosses enquêtes. Bref, on avait fait confiance à Furtinus, le présumé coupable avait été envoyé à Azkaban et le BDA était passé à autre chose. Jusqu'à hier. L'appel du Professeur Adamson changeait complètement les conclusions de l'enquête.

Elle était là hier soir quand le Commandant avait ouvert la porte de son bureau, furieux, et avait hurlé qu'on lui ramène Ted et Bill, sur le champ. Il n'y avait pas eu besoin de plus pour enflammer l'open-space, déclenchant les paris sur la nouvelle bêtise de leurs collègues. Leurs méthodes d'interrogatoire, surtout de la part de Furtinus, étaient connues de tous ici et lorsque Charlie était arrivée au bureau, on avait appelé ça "l'exemple à ne pas suivre." Trente minutes plus tard, les deux Aurors ressortaient, l'air furieux et étaient sortis du Bureau, sans doute pour éviter d'avoir à répondre aux questions. Seamus, avec qui elle bossait sur un de leurs anciens dossiers qui passait au Mangenmagot la semaine suivante, avait affirmé qu'ils venaient sûrement de se faire interdire de terrain pendant un bon mois. Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'étaient qu'ils se feraient aux aussi convoqués une fois Furtinus et Bill sortis. C'était la première fois qu'elle se faisait convoquer chez le Commandant et elle avait eu la nette impression de redevenir l'adolescente qui avait fini dans le bureau de sa directrice de maison une fois, McGonagall à l'époque, pour un duel dans les couloirs avec des Serpentard, en deuxième année. Le Commandant était d'une humeur massacrante - sa femme encore, lui avait soufflé Seamus au passage - et il n'avait pas perdu de temps pour leur expliquer le problème : une fille de Poudlard venait de s'accuser de l'incendie de Pré-au-Lard, avec une histoire de sortilèges d'Oubliettes par dessus. Son explication contenait des informations auxquelles la presse n'avait pas eu accès, ce qui rendait cette histoire assez troublante pour que l'enquête soit réouverte. Il fallait résoudre le problème et redresser le dossier rapidement et de manière discrète. Les Aurors étaient un corps prestigieux dont la renommée était, selon eux, faite à travers le monde. Ils avaient une image de marque à conserver et une erreur judiciaire ferait trop plaisir aux médias.

- Demain, vous irez à Poudlard et vous me tirez tout ça au clair. Pas de bavures et pas d'erreurs cette fois-ci. Tu laisses Rosalden en dehors de ça, Charlie, hors de question que les Prikaatis entendent parler de ça. Et j'aimerais bien que le reste du bureau ne soit pas dans la confidence, aussi, que personne n'aille balancer à la presse ! La Police Magique serait trop heureuse ! Comme si on avait besoin de ça en ce moment ! avait-il rugi.

Seamus et elle avaient beau être des Gryffondor, ils n'avaient pas osé faire remarquer que plus que le Bureau, c'était leur commandant qui n'avait pas besoin de ça en ce moment. C'est ainsi qu'ils étaient allés fouiller les archives pour retrouver le dossier et qu'elle l'avait examiné le soir, une fois chez elle. Et c'est là qu'elle avait compris ce que Stormborn, son formateur, entendait pas "l'exemple à ne pas suivre". Bubble avait été interrogé dans des conditions douteuses, alors que la procédure pour un interrogatoire officiel pour des majeurs était de le faire au Bureau. Le compte-rendu de l'interrogatoire laissait sous-entendre à un œil expérimenté que la méthode était assez douteuse et peu orthodoxe. Comment est-ce que ce dossier avait pu passer au Mangemagot ? C'était sûrement l'effroi de l'affaire, une gamine si jeune qui mourrait et le fait que Bubble ne soit pas forcément apte à se défendre avec vigueur. Et même si rien ne semblait très carré dans cette affaire, il faisait un peu figure de suspect idéal. Mais le témoignage de la petite Blackbonnes changeait tout. Charlie n'avait pas encore tous les éléments de l'affaire mais elle savait qu'il était question d'un Oubliettes et du professeur Sorden, la toute nouvelle enseignante de l'école et candidate au poste de Directrice, si admirée par ce cher Dalnox, qui l'avait ouvertement soutenue lors de son petit discours à Poudlard. Elle avait même envoyé un Patronus à Seamus vers vingt-trois heures pour savoir s'il s'en sortait mieux qu'elle pour démêler ce qui s'était passé dans cette affaire, mais il semblait tout aussi sceptique quant au boulot de leurs collègues. Elle avait fini par abandonner vers minuit, préférant aller se coucher plutôt que de s'énerver sur Furtinus. Il valait mieux garder son calme et lui demander des comptes en personne, non ?

C'est ce qu'elle avait fait en jeudi midi, accompagnée de Seamus. Ils avaient convenu de ne pas pointer les erreurs du dossier - aucun Auror n'aimant être attaqué sur son travail - mais plutôt d'essayer de reconstituer les faits le plus justement possible. Mais encore une fois, ça, c'était de la théorie. En pratique, Furtinus s'était brusqué dès qu'ils étaient arrivés devant lui. Il devait encore avoir la sévère réprimande du Commandant dans la tête et n'avait sûrement pas aimé se faire destituer de son enquête au profit d'Aurors plus jeunes. Le BDA avait beau savoir s'unir dès qu'il fallait faire front, quand leur travail était montré du doigt dans la presse par exemple ou quand l'un des Aurors se retrouvait avec un procès sur les bras pour ses actions, il restait néanmoins de nombreuses tensions internes qui compliquaient parfois leur travail. Les conflits de génération, d'abord, entre les Aurors plus jeunes, formés différemment et ceux qui exerçaient depuis plus de quarante ans et les conflits entre certains hommes, assez machistes, qui avaient du mal à voir des femmes faire un travail longtemps réservé aux hommes. L'Auror McDougal était la première à bondir à chaque remarque sexiste et ses collègues n'étaient pas en règle. Les dernières blagues de casernes bien lourdes étaient adressées à l'Auror McPherson, qui était enceinte. Le pire, c'est que ça se croyait drôle. Mais comme si cela ne suffisait pas, il y avait par dessus les tensions personnelles, les promotions étant ensemble à Poudlard, il y avait parfois de vieux conflits, les Aurors qui ne pouvaient pas se voir en peinture, les binômes qui se détestaient et refusaient de collaborer et une certaine compétition, esprit d'émulation disait le Commandant, présente au sein du bureau. Furtinus n'avait pas digéré d'être écarté du dossier M, alors que son expérience lui donnait le droit à une place et n'appréciait certainement pas que Seamus et elle soient dessus. En moins de dix minutes de conversation, les choses étaient passés des héros de guerre favorisés - pique pour Seamus - aux bonnes femmes qu'on devrait coller au secrétariat - ça c'était pour elle - et aux jeunots qui croyaient refaire le monde - attaque groupée - le ton montant de plus en plus fort. Furtinus défendait son dossier bec et ongles et Seamus et elle refusaient de lui donner raison, estimant que la procédure avait été bâclée ce qui avait conduit à l'erreur judiciaire.

- La procédure ! vociféra en réponse Furtinus. Parce que ça vous donne des résultats la procédure, peut-être ?
- Et parce que toi, ça te donne des résultats, ce que tu fais avec nos suspects ?! répliqua Seamus en posant les mains sur le bureau de Furtinus. Et c'est nous qui rattrapons ta bouse de Sombral !

Une bonne moitié du bureau regardait déjà la scène avec attention, la seconde moitié se tourna vers eux en entendant Seamus. Les paris circulaient déjà et Furtinus était en tête à ce qu'entendait Charlotte. Soupirant, elle passa une main sur son visage pour ne pas monter d'un ton encore pour se faire entendre. C'était inutile. Rester calme, zen, tranquille. Ne pas frapper Teddy, ne pas lui balancer de Chauve-Furie. La dernière fois que deux Aurors s'étaient disputés sur le terrain, ils étaient tous les deux bons pour un passage à Sainte-Mangouste. Elle posa une main sur l'épaule de Seamus pour l'inciter à se calmer et à ne plus s'appuyer ainsi sur le bureau de Furtinus. Au vu de la taille de ce dernier et vu qu'il était assis, c'était plutôt agressif.

- Ce qu'on tente de te dire, Teddy, c'est que...
- Ce que vous tentez de me dire, ma cocotte, la coupa Teddy, c'est que vous êtes persuadés d'avoir raison, bande de bleus, persuadés d'être dans votre bon droit. Et bah allez-y ! Allez vous pavaner auprès du Commandant ! Le suspect, on l'a, point. On m'a raconté, l'histoire de la gamine tient pas la route, les Oubliators vous le diront en deux secondes ! Mais faut qu'on vous balance ça en pleine tête, vous les bleus ! Le flair, l'intuition, vous connaissez pas !

Furtinus avait cette méchante habitude de justifier toutes ses actions par son flair et son intuition. Il fut un temps au BDA où ce genre de choses étaient encouragées. Depuis une vingtaine d'années, néanmoins, le Mangenmagot avait tendance à exiger des dossiers beaucoup plus solides en termes de preuves, ce qui avait poussé les Aurors à ne plus se reposer sur leur fameux "flair" et le prestige de leur formation pour prendre exemple sur la Police Magique - même s'ils ne l'avoueraient jamais - afin de rendre des dossiers beaucoup plus convaincants. Même si il était plus difficile de prouver que quelqu'un faisait de la magie noire que de prendre quelqu'un sur le fait lors d'un cambriolage, rappelaient souvent les Aurors quand on mentionnait cette inspiration auprès des méthodes des policiers. Les Aurors avaient leur fierté, comprenez-vous.

- Je suis Auror depuis dix ans, Furtinus, répliqua froidement Seamus. Je forme moi-même des Aspirants. Viens pas me traiter de bleu.

Furtinus se leva lentement en les regardant tour à tour dans les yeux.

- T'es qu'un gamin, Finnigan. J'arrêtais des sorciers que t'étais encore au biberon. T'es qu'un gamin à qui on a mis une baguette entre les doigts et qui se prend pour un héros parce qu'il a su éviter les sortilèges un certain jour de mai. T'es qu'un gamin qui s'amuse à se prendre pour un grand. T'es pas un Auror. Quant à toi, Meyer, t'as rien à fiche ici, encore moins que cet abruti. Tu finiras en cloque comme toutes les autres ici et tu laisseras enfin les hommes faire leur boulot correctement. Dégagez-vous deux et venez plus jamais me reparler du boulot d'Auror. Vous savez pas ce que c'est.

Le silence était tombé sur le Bureau et Charlotte avait senti Seamus se tendre à coté d'elle.

- Espèce de... commença-t-il.
- Finnigan ! Tais-toi.

La voix de l'Auror McDougal claqua dans la pièce. Elle n'avait pas levé les yeux de son travail et ne leur jeta même pas un coup d'oeil, continuant de rédiger quelque chose à la plume. Seamus et Charlie, tout comme Teddy et Bill, étaient sous la responsabilité du Capitaine McDougal, qui était même au dessus des lieutenants.

- Furtinus, je te veux dans le Bureau du Commandant cet après-midi à quatorze heures, sans Bill et avec ton lieutenant. Aucune contestation possible. Finnigan, Meyer, vous avez du boulot, vous partez maintenant. Je ne veux plus entendre parler de cette histoire. Compris ?

Furtinus, sans répondre, se rassit à son bureau tandis que Seamus le fusillait du regard une dernière fois, suivi par Charlotte. Évidement, elle avait déjà fait face à du machisme au bureau et à quelques piques de certains de ses collègues, mais jamais de manière aussi directe. Elle travaillait et passait beaucoup de temps avec les Aurors les plus jeunes et les Aurors plus expérimentés qu'elle avait fréquenté étaient restés corrects. C'était la première fois qu'on lui disait aussi directement qu'on estimait qu'elle n'avait pas sa place au bureau. Et elle avait beau essayer de se dire que Furtinus était un crétin fini, ses mots tournaient dans sa tête. De la part de suspects, elle n'avait jamais relevé mais de la part d'un collègue, c'était différent. Elle n'avait jamais été sur le terrain avec Furtinus, mais si cela avait été le cas, il aurait vraiment pensé qu'elle ne valait rien comme Auror ? Elle avait bossé dur depuis six ans pour se faire une place au bureau, elle n'avait pas compté ses heures, s'était portée volontaire pour du travail supplémentaire et s'était investie dans son travail plus que dans sa vie personnelle. Et cela payait : elle était sur le Dossier M, l'une des plus jeunes Aurors avec Willa et elle avait l'impression de s'entendre avec pas mal de ses collègues, s'était rarement pris des reproches sur son travail. Mais entendre ça... Elle avait beau se répéter que c'était sous le coup de la colère et que Furtinus était un crétin, c'était une douche froide. Elle repassa à son bureau en silence, adressa un sourire à Mika avant d'attraper sa veste et suivit Seamus, qui semblait également plongé dans ses pensées, dans le couloir. Elle connaissait Seamus, vraiment. Ils étaient amis, elle pouvait le dire sans hésitation. Et elle savait que Furtinus avait mis le doigt sur l'un de ses grands problèmes. Oui, il était fier de ce qu'il avait fait à Poudlard, fier d'avoir été dans la résistance. Mais il refusait que l'on réduise sa carrière à cela, que l'on estime qu'il avait été pistonné parce qu'il était dans l'AD. Il voulait être reconnu en tant qu'Auror, pas en temps que héros. Et même si elle connaissait moins les autres, elle avait l'impression qu'ils avaient tous ce problème, que sans renier leurs actes de guerres, ils refusaient que l'on s'arrête à cela. Elle le voyait quand Harry Potter refusait les admirations pour ce qu'il avait fait en tant que Survivant et les avancées trop rapide dans la hiérarchie. Il voulait être un Auror comme les autres. Et Seamus aussi. Il n'y avait pas à dire. Furtinus n'était pas bon pour les procédures, mais il avait assez de flair pour appuyer incontestablement là où ça faisait mal.

- Te formalise pas, lança-t-elle à Seamus tandis qu'ils passaient devant Donna. On sait tous les deux ce que vaut la parole de Teddy.
- Ouais, soupira-t-il en fourrant ses mains dans ses poches. Mais tout de même.

Mais tout de même, il n'y avait rien de plus désagréable à entendre. Et on avait beau essayer de minimiser, on ne pouvait s'empêcher de retourner ls mots dans sa tête, en se demandant s'il n'y avait pas un peu de vérité derrière, au fond. Le Commandant les avait prévenu la veille qu'ils auraient à travailler avec les Oublatiors, la jeune Blackbonnes prétendant avoir été victime d'un sortilège d'Oubli. Les Aurors et les Oubliators travaillent régulièrement ensemble et cette affaire ne faisait pas exception. Mais avec ce qui venait de se passer, Charlie connaissait assez Seamus pour savoir que ce dernier n'avait pas très envie d'avoir à partager le travail. Mais sans les Oubliators, ils ne pourraient pas vérifier les dires d'Emma Blackbonnes et seraient dont au point mort dans la poursuite de leur enquête. Le Département de la Justice Magique était fait d'une manière assez pratique. L’ascenseur débouchait sur une sorte de petit hall, où on trouvait le secrétaire du Département, et six couloirs desservaient différent services. Les Aurors, la Police Magique et les Baguettes d’Élite partageaient le même mais les Oubliators étaient dans le couloir voisin, avec notamment la Brigade de Réparation des Accidents de Sorcellerie. A cette heure-là de la journée, le déjeuner, il y avait du monde, entre les membres du Mangenmagot, les simples grattes-papiers, les avocats, les divers services de l'ordre et tous les sorciers qui pouvaient avoir à faire dans l'un des plus gros département du Ministère. Charlie et Seamus se frayèrent un chemin difficilement avant de pouvoir atteindre la porte des Oubliators. Seamus se tourna vers la secrétaire, qui venait souvent papoter avec Donna.

- Aurors Finnigan et Meyer, on a dû nous affecter une équipe pour le dossier Blackbonnes.

La secrétaire hocha la tête avant de fouiller dans ses parchemins pour en extraire un ordre de mission. D'un signe de la tête, elle désigna un coin de l'open-space, le service des Oubliators étant fait à peu près comme celui des Aurors, un grand espace entouré de bureaux personnels pour les plus hauts gradés.

- Vous allez travailler avec Miss Callaghan et Monsieur Brennan.

A ces mots, Charlotte ne put s'empêcher de sourire. Une mission avec Lilly ? C'était la première fois qu'elle entendait cela ! Sa meilleure amie était entrée dans la vie active trois ans après elle et même si elles travaillaient dans le même Département depuis deux ans, elles n'avaient eu le loisir de croiser uniquement pour le déjeuner et pour boire des verres au Circée. Travailler avec Lilly, cela la renvoyait directement à leurs années à Poudlard, où elles se mettaient ensemble pour les travaux de groupes, pleines de bonne volonté et qui où elles finissaient par discuter toute la soirée a lieu de rédiger leurs devoirs, culpabilisant après-coup. Évidemment, là, c'était différent, c'était leur vie professionnelle et elles devraient être sérieuses, posées et professionnelles, justement. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'être enthousiaste à cette idée. Seamus surprit son sourire et le lui rendit, haussant légèrement les épaules. Il connaissait Lilly, ils avaient passé du temps ensemble pendant l'année des Ténèbres et devait l'apprécier également. Mais en même temps, qui n'appréciait pas Lilly ? C'était une fille pleine de vie et sympathique, drôle et toujours là pour les autres.

- Un petit cadeau de Merlin pour compenser ? demanda Seamus un peu narquoisement tandis qu'ils se dirigeaient vers le coin indiqué par la secrétaire.
- Il faut bien ! répliqua Charlotte en souriant.

Tandis qu'ils arrivaient près de leurs collègues éphémères, Charlie se retint de poser les mains sur les épaules de Lilly pour la surprendre - oui, elle avait quatre ans et alors ? - et adressa son sourire le plus professionnel à l'Oubliator Brennan en lui serrant la main.

- Aurors Meyer et Finnigan, débuta-t-elle en désignant Seamus. Nous vous sommes reconnaissants de nous seconder sur cette enquête.
- Seconder est bien le mot, précisa son partenaire. Avec tout le respect que je vous dois, ce dossier est assez sensible et nous aimerions garder le contrôle sur l'interrogatoire.
- Le Commandant a dû vous transmettre le dossier, n'est-ce pas ? Mineure, quinze ans, c'est toujours délicat. Nous aimerions éviter de la brusquer et nous nous chargerons d'aller la chercher. L'heure du déjeuner à Poudlard, c'est déjà suffisamment exposé.
- La véracité des faits, c'est notre souci. Nous avons besoin de vos compétences pour savoir si oui ou non elle a déjà reçu un sortilège d'Oubli ou si sa mémoire a pu être modifiée d'une manière ou d'une autre.
- Des questions ? interrogea Charlotte par réflexe. Et bien nous sommes partis, lança-t-elle après quelques secondes.

Elle savait que la jeune fille s'était elle-même accusée des faits mais venir jusque dans l'enceinte de l'école pour interroger une gamine de quinze ans la dérangeait foncièrement. Cela la ramenait au régime d'Ombrage et aux Carrow et elle trouvait cela profondément dérangeant. Évidemment, ils n'allaient pas lui faire de mal, elle n'était même pas en état d'arrestation mais rien que le principe de venir chercher des jeunes gens dans une école la tracassait. Les ordres étaient les ordres et elle y obéissait mais elle se demandait si un jour les choses pourraient aller plus loin qu'un simple questionnement et quelle serait sa réaction à ce moment-là. Lors de leur prise de serment, les Aurors juraient obéissance mais si un jour elle recevait un ordre qui allait contre ses principes les plus profonds, que ferait-elle ? La question lui avait été posée lors de son entretien avant qu'elle soit admise et elle avait répondu qu'elle contesterait avant de démissionner si quelque chose de vraiment contraire à ses principes lui était demandé, les plaies de la guerres et les actes de certains Aurors étant encore dans l'esprit de tout le monde. Personne n'avait commenté. Mais maintenant, six ans après, est-ce qu'elle le ferait ? Abandonnerait-elle un poste auquel elle tenait tant ? Si on lui demandait de faire les même chose que pendant la guerre, oui, sûrement. Mais c'était tellement plus facile d'en parler quand la situation n'était pas présente. Le petit groupe prit l’ascenseur et Charlotte adressa un sourire complice à Lilly, dans le dos de son formateur. Peut-être qu'après, si elles avaient le temps, elles pourraient aller déjeuner ensemble. Avec cette histoire de dossier et de Furtinus, elle n'avait pas eu le temps de manger. Sinon, ce serait un sandwich au dessus de leurs dossiers, avec Seamus, comme d'habitude. Ils se dirigèrent d'un pas rapide, louvoyant dans la cohue de l'Atrium, vers la zone de transplanage où un Portoloin leur avait été assigné par le Département des Transports Magiques. La vieille chaussure dégageait une odeur aigre qui fit froncer le nez de l'employé qui leur tendit.

- Ce que j'aime au Ministère de la magie, c'est le soin apporté aux détails, déclara Seamus.
- L'attention donnée au confort de leurs employés, reprit Charlotte.
- L'image qu'ils veulent donner de leur service d'ordre, compléta Seamus en lui adressant un sourire complice.
- N'est-il pas beau, le panache des Aurors ?
- Et des Oubliators, s'empressa de rajouter son binôme.

Ils échangèrent un regard entendu tandis que le Portoloin s'activait ainsi que la désagréable sensation qui allait avec. Ils atterrirent près des grilles de l'école, pas très loin de la Grand'Rue de Pré-au-Lard. Seamus jeta un coup d’œil à la chaussure, d'un air dégoûté.

- Je suis censé en faire quoi ?
- Garde-la, proposa charitablement Charlotte.
- Non merci. Tu veux pas, toi ?
- Hum, non, sans façon. Tu sais, je suis une pauvre fille délicate, tout juste bonne à repeupler Poudlard, lança-t-elle en levant les yeux au ciel. Je t'expliquerai, rajouta-t-elle d'une voix plus basse, à l'adresse de Lilly.

Critiquer Furtinus avec Lilly avec des sucreries et en pestant sur les manières la gente masculine... Il fallait qu'elles déjeunent ensemble, absolument. Elles ne pouvaient pas rater une activité de ce genre. Tandis que Seamus miniaturisait la basket pour la ranger dans sa poche - râlant un peu pour l'odeur - Charlotte poussa les grilles qui avaient été ouvertes pour eux et laissa Brennan et Seamus passer devant, tandis qu'elle attrapait le bras de Lilly pour rester derrière. Chuchotant, elle se pencha vers elle.

- Toi, moi, Poudlard. Que demander de plus ? On se croirait au bon vieux temps, en sixième année. L'année la plus cool, à mon avis !

Seamus qui avait pris la tête et qui discutait jusque là avec l'Oubliator Brennan se rapprocha d'elle tandis qu'ils atteignaient les portes de l'école. Il adressa un sourire à Lilly avant de lui tendre la photo qu'ils avaient trouvé ce matin sur leur bureau afin de pouvoir l'identifier. Rousse, à la table des Serpentard normalement, quinze ans...

- Je préfère que tu iras y ailles. Les faibles femmes sont moins impressionnants que nous, virils hommes à la Teddy Furtinus. Ce type est quand même super impressionnant... debout.

Charlotte se mordit la lèvre pour ne pas rire.

- Se moquer d'un nain, c'est pe...

Elle s'interrompit juste à temps tandis que Seamus éclatait de rire.

- Petit, tu disais ?
- Oh, ferme-la ! répliqua-t-elle en accélérant le pas, se retenant toujours de rire.

C'était un jeu de mot accidentel, en plus. Elle passa les portes de l'école que l'Oubliator Brennan avait ouvertes et se dirigea vers la Grande Salle, animée et bruyante à cette heure de la journée. La vue de cet endroit et ces bruits si familiers la rendaient tellement nostalgique ! Elle avait passé six ans dans cette école et parfois, oui, cela lui manquait. Être une élève de Gryffondor, s'amuser avec ses amis, regarder les matchs de Quidditch est e soucier uniquement des devoirs... C'était une belle époque et parfois, elle avait envie d'y retourner ne serait-ce que pour une journée. Son arrivée fit se retourner les élèves qui étaient en bout de tables, surpris de voir des étrangers au sein de l'école. Le Professeur McGonagall les attendrait dans son bureau, avait précisé le Commandant. Elle se dirigea discrètement vers la table des Serpentard, en jetant un coup d'oeil nostalgique à la table des Gryffondor, toujours aussi bruyante et animée. Un groupe de garçons première année discutaient Quidditch tellement fort que tout le monde pouvait les entendre tandis que les élèves plus âgés échangeaient avec animation en brandissant un livre de métamorphose, sous les regards courroucés d'une petite brune à l'air hautain. Un grand frisé discutait avec une rousse et une jeune fille qui semblait être d'origine asiatique, tandis qu'un petit frisé riait fort. Un grand blond avec le badge de Capitaine de Quidditch parlait à voix basse avec une jolie jeune fille rieuse. En un éclair, Charlotte revit leur promotion à cette même table, des années auparavant. Jensen et Eliott qui parlaient moldus, Lilly et elle qui discutaient de choses beaucoup moins sérieuses, Ellen Perkins - sûrement envoyée à Gryffondor à cause de son culot - qui visait sa nouvelle cible, Adonis Greengrass pendant quelques mois de la septième année, tandis qu'Harriet, qui était dans leur dortoir, débitait une nouvelle thèse basée sur des magazines spirituels - Sorcière Hebdo - en jetant des coups d’œils réguliers à la table des Serdaigle et à Alicia Jones dont elle essayait de copier les manières élégantes. Oh oui, parfois, cela lui manquait. Mais en attendant, elle n'était pas là pour se rappeler le bon vieux temps. Elle avait repéré Emma Blackbonnes auprès d'une jeune fille blonde de son âge et s'était glissée jusque à elle sous les regards surpris des Serpentard. Elle passa devant deux petite premières année dont l'une d'entre elle au chouchou rose regardait avec attention le groupe de première année de Gryffondor. Pas très loin, une jeune fille assez musclée se faisait réprimander par une préfète qui semblait être en sixième année et qui cessa immédiatement ses reproches pour poser un regard surpris sur elle, les sourcils froncés. Discrètement, même si tous les Serpentard l'avait repérée, elle tapota l'épaule d'Emma. Elle n'avait pas envie de l’embarrasser devant toute la Grande Salle. Honnêtement, même si elle s'était accusée, Charlotte avait du mal à croire qu'une fille de quinze ans aille assassiner des gens sans motifs. Ses supérieurs disaient qu'elle voyait le bien partout. Elle n'était pas d'accord, elle disait simplement que le mal n'était pas partout.

- Emma Blackbonnes ? Auror Meyer. Je vous vais vous demander de me suivre, s'il vous plaît.

Elle avait parlé d'une voix basse mais la petite au chouchou rose devait avoir l'oreille fine vu qu'elle s'exclama à voix haute :

- Auror ?

Charlotte lui adressa un regard glacial, ce qui lui fit immédiatement baisser les yeux, rosissante. Mais le mal était fait. Le mot se répandit comme une trainée de poudre dans toute la salle et tous les regards se tournèrent vers elles, surpris et emplis d'une curiosité malsaine. Même les première année de Gryffondor avait cessé de faire du bruit. On n'entendait plus que des chuchotements qui avaient remplacé la cohue en place quelques secondes aupravant. Charlie soupira. Elle avait oublié la vitesse des rumeurs dans cette école. Elle posa une main sur l'épaule d'Emma pour la guider et la retenir si elle se mettait à courir - vieux réflexe - et elles atteignirent les portes dans un silence de mort. Une fois qu'elle furent dans le hall, Seamus - qui avait remarqué le silence soudain - ferma les portes d'un coup de baguette, tandis que le vacarme reprenait derrière, chacun commentant et déformant ce qu'il venait de voir. Dans une heure, on pouvait être sûr que les Baguettes d’Élite et toute la brigade des Aurors avaient dû s'y prendre à trois reprises pour immobiliser Emma et la traîner en dehors de la salle, enchaînée.

- Miss Blackbonnes, voici l'Auror Finnigan et les Oubliators Brennan et Callaghan. Nous avons reçu un appel de votre enseignante, le Professeur Adamson, hier soir à propos de vos déclarations et nous sommes ici pour les vérifier et... prendre les mesures nécessaires. Si vous voulez bien nous suivre, nous allons dans le bureau de la directrice.

Elle remarqua que Seamus avait sorti sa baguette quand il vint se placer aux cotés d'Emma et elle fit de même, sans dégainer. Pas la peine de l'effrayer plus et un Auror suffirait la à neutraliser si besoin. Le trajet vers le bureau de la Directrice se fit en silence, seul la prononciation du mot de passe troubla l'ambiance. Le Professeur McGonagall les attendait d'un air sévère qui s'adoucit légèrement quand elle vit à qui elle avait affaire. Elle devait connaître assez bien Seamus, en tant que résistant, pour lui faire confiance.

- Monsieur Finnigan, c'est un plaisir de vous revoir en ces murs. Saluez-donc Monsieur Potter et Monsieur Weasley de ma part, voulez-vous ? Quant à vous, Miss Meyer, je vois que vos petits duels dans les couloirs ont payé, ajouta-t-elle, les sourcils froncés.

Un petit sourire en coin vint néanmoins contredire la sévérité des mots.

- Vous portez très bien le badge, Miss. Quant à vous, Miss Callaghan, je suis ravie de voir que vous avez enfin trouvé votre voie. J'espère qu'elle vous sera profitable. Mais je ne doute pas de vos capacités. Monsieur Brennan, je suis également tout aussi heureuse de vous revoir ici, ajouta-t-elle avec un vrai sourire.

Elle désigna des chaises et une table de travail d'un revers de la main.

- Asseyez-vous, Miss Blackbonnes. Je resterai auprès de vous, même si je n'interviendrai normalement pas dans votre travail, ne froncez pas les sourcils ainsi Monsieur Finnigan, cela ne vous va pas. Il est de mon devoir de rester auprès de mes élèves, vous le savez bien, n'est-ce pas ?

Tandis que Emma s'asseyait, Charlotte prit place face à une des deux chaises face à elle, Seamus debout à ses cotés. Ils avaient toujours fonctionné ainsi, elle interrogeait plus souvent les plus jeunes et les plus sensibles. Elle arrivait à les mettre en confiance pour qu'ils parlent.

- Alors Emma - tu permets que je t'appelle Emma ? - nous allons d'abord commencer par vérifier la partie la plus importante de ton histoire, celle sur l'Oubliette. Miss Callaghan et Monsieur Brennan ici sont Oubliators et vont vérifier tes dires, d'accord ? Afin de voir l'état de ta mémoire. Et selon ce qu'ils en déduiront, je te poserai des questions. Si tu ne souhaites pas y répondre, c'est ton droit et tu en référeras au Professeur McGonagall. Néanmoins, il faut que tu comprennes une chose. Nous ne sommes pas ici pour te nuire, d'accord ? Nous sommes ici pour t'aider. Tu peux nous faire confiance.

Elle lui adressa un sourire rassurant avant de se tourner vers Lilly et l'Oubliator Brennan.

- Je vous laisse la main.


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« Lilly ? » demanda Daniel pour la dixième fois en lui touchant le bras.
« Quoi ? » répondit-elle en levant la tête pour la tourner vers lui, exaspérée.
« Laisse moi y aller à ta place, s’il te plait… » supplia-t-il en adoptant un regard de chaton tout en clignant des yeux avec exagération.
« Non. »
« Je vais être coincé toute la journée avec cet abruti… » grommela-t-il en avalant une gorgée de café.
« Bon courage. » le nargua-t-elle gentiment avant de refermer d’une main le dossier qu’elle avait sous les yeux, tout en lui adressant un sourire compatissant.
« C’est moi, l’abrutie ? » s’exclama alors une voix faussement indignée.
« Isy ! Tu restes ici toi aussi ? »
« Oui, toute la journée. »
« Ah, mais ça change tout, dans ce cas ! » déclara Daniel en décrochant un clin d’œil narquois à Lilly.
« Amusez-vous bien ! » ria cette dernière en se levant, alors que l’Oubliator adressait un sourire ravi à Isy.
« Bonne chance ! » lui souhaitait d’ailleurs la femme avant de proposer à son ami de sortir déjeuner.

Souriant face à cette scène qui ne lui était pas étrangère, l’ancienne Gryffondor se dirigea vers le bureau d’Alastair Brennan, le dossier qu’on leur avait confié sous le bras. Emma Blackbonnes, quinze ans, qui s’était accusée hier de l’incendie qui avait eu lieu à Pré-au-Lard, datant de plusieurs semaines. Rien qui ne les concernait, d’ordinaire, sauf que la fillette avait été, selon ses dires, sous un l’emprise d’un sortilège d’Oubliette et qu’ils se devaient donc de vérifier cela, ainsi que l’étendue de sa mémoire. Car même si elle avait beau reconnaître que le mal pouvait être partout – et même chez des adolescents de quinze ans, après tout, elle l’avait bien vu lors de la guerre – Lilly avait quand même du mal à croire qu’une gamine sans antécédents et qui n’avait visiblement jamais fait entorse au règlement de Poudlard puisse déclencher volontairement et en parfaite connaissance de cause un incendie criminel. Cependant, malgré cette enquête – pas des plus drôles, mais intéressante – Lilly avait été heureuse d’apprendre qu’elle retournerait à Poudlard pour la première fois depuis plusieurs années. De plus, cette joie n’avait été que décuplée lorsque son maître de stage lui avait fait savoir qu’elle gèrerait tout en ce qui concernait leur domaine, et qu’il se contenterait de la superviser. Un sourire s’étira sur ses lèvres, tandis qu’elle saluait Alastair. Son stage serait terminé dès juin, et elle deviendrait donc Oubliator à part entière. Elle s’était surprise à attendre ce moment avec impatience, un soir, et s’était rendue compte du chemin qu’elle avait parcouru depuis la fin de sa septième année. Qui aurait cru qu’elle, Lilly Callaghan, était sur le point de devenir Oubliator ? Qu’elle s’investissait dans un métier, qu’elle avait une situation stable ? Elle avait fait part de sa réflexion à Jensen qui avait tout de suite renchérit par un « et qui aurait cru que tu serais sur le point de te marier ? » ce qui avait eu don de la faire lever discrètement les yeux au ciel, alors que son fiancé se remettait à parler des détails du mariage. Sur le conseil de Charlotte, Jensen s’était décidé pour investir dans des serviettes couleur lilas, et sa nouvelle préoccupation existentielle était de trouver les ronds qui iraient avec. Elle s’était gentiment moquée de lui pendant un moment, avant de détourner complètement son attention de ces détails futiles.

Parce qu’à vrai dire, elle n’avait pas encore parlé à son fiancé de sa réticence à se marier. Pas faute d’avoir essayé, pourtant ! Deux jours auparavant, elle avait commencé à aborder le sujet et était sur le point de lui annoncer, lorsque le jeune homme lui avait lancé un catalogue, précisant au passage que c’était sa mère qui avait insisté pour qu’il le lui donne. A l’intérieur, de nombreuses robes de mariages, parfois à des prix exorbitants. Elle l’avait posément reposé sur la table, mais n’avait pas eu le cœur à briser la joie de Jensen, qui souriait comme un enfant le matin de noël, et qui ajoutait que, s’il trouvait toutes ces robes magnifiques, il s’intéressait encore plus à ce qu’elle porterait en-dessous… Feignant d’être indignée, elle lui avait frappé le bras, et avait abandonné l’idée de lui parler de ses doutes maintenant. Pourtant, plus le temps passait, plus il était urgent qu’elle lui en parle. Elle était une Gryffondor, par Merlin ! Elle n’avait jamais eu aucun problème à avouer la vérité à quelqu’un, alors pourquoi là, elle bloquait ? Parce qu’elle tenait à lui, lui souffla une petite voix qu’elle eut envie de frapper – elle le savait bien, merci pour elle.

Cependant, elle n’eut pas plus de temps pour réfléchir à ces grandes questions existentielles qui la torturaient depuis quelques mois, puisqu’une voix qu’elle ne connaissait que trop bien retentit derrière elle. Se retournant, elle fit face à Charlotte et la salua d’un sourire avant de glisser un regard vers Alastair. Il lui avait bien dit qu’ils allaient seconder les Aurors, mais pas que les Aurors en question étaient Charlie et Seamus ! Cela signifiait donc… Qu’elle allait retourner à Poudlard avec Charlotte… Elle réprima un sourire enfantin pour en adopter difficilement un plus professionnel. La jeune femme hocha la tête lorsque Seamus insista sur le mot « seconder » et la secoua lorsque Charlotte leur demanda s’ils avaient des questions.

« Aucunes, allons-y. » sourit-elle avant de se mettre en marche.

Adressant un clin d’œil complice à Charlie alors qu’ils se dirigeaient tous vers le Département des Transports Magiques, Lilly jura intérieurement de passer chez sa meilleure amie dès qu’elle le pourrait, histoire de papoter avec elle toute la soirée en mangeant des sucreries – ce qui n’était plus possible de faire lorsqu’elle était chez ses parents, puisque sa mère lui rappelait à chaque fois qu’elle n’allait pas pouvoir rentrer dans sa future robe de mariée – devant la télé allumée. Elle sourit à cette idée avant de froncer le nez devant l’odeur nauséabonde qui flottait dans l’air et qui provenait… d’une chaussure. Riant de bon cœur à la plaisanterie des deux Aurors, l’apprentie Oubliator attrapa ladite chaussure et souffla un « J’adore » amusée et ironique à l’intention de Charlotte. Elle ferma ensuite les yeux, tandis que les sensations désagréables du voyage par Portoloin se faisaient sentir. Quelques secondes plus tard, ils étaient à Pré-au-Lard, à quelques pas de la grille du château. Presque nostalgique, elle contempla quelques secondes Poudlard avant de se mettre en marche aux côtés de Charlie.

« La sixième année… » murmura-t-elle avec un air rêveur. « L’année la plus cool. » confirma Lilly avec un hochement de tête.

Celle où il n’y avait pas d’examens à la fin de l’année, celle juste avant les ASPIC. Ils avaient seize ou dix-sept ans, et leurs esprits n’étaient plus aussi préoccupés par l’après-guerre qu’ils avaient pu l’être l’année précédente. Croisant les bras – elle aurait dû prendre une veste un peu plus chaude – elle répondit au sourire de Seamus – elle s’était toujours bien entendue avec lui – avant de porter un regard curieux vers la petite rouquine de la photo. Par Merlin, elle semblait tellement… Inoffensive. Pas vraiment du genre déclencher un incendie. Sans un mot, elle entra dans le hall aux côtés d’Alastair, et regarda Charlotte s’éloigner vers la Grande Salle. Jetant quelques coups d’œil autour d’elle, l’ombre d’un sourire se forma sur son visage. Ce château avait été témoin de sept ans de sa vie. Des mauvais moments – l’année de la Terreur, la guerre – comme des bons – les innombrables moments passés avec Charlotte et Jensen. Elle adressa un nouveau sourire à Seamus ; dans le petit groupe qu’il formait, c’était le seul à avoir vécu les mêmes épreuves qu’elle. Alors qu’elle s’apprêtait à parler, sa meilleure amie ressortie de la Grande Salle, une main posée sur l’épaule d’une jeune fille, qui marchait devant elle. Silencieuse, l’apprentie Oubliator se mit en marche derrière les deux Aurors avant de monter les quelques marches qui menaient au bureau de la directrice. Elle répondit poliment au salut de son ancienne directrice de maison, avant de reporter son attention sur Emma et sur Charlotte, qui venait de commencer à lui parler.

Prenant place aux côtés de l’Auror, s’asseyant face à Emma, elle l’observa quelques secondes, avant d’afficher un air rassurant et de se mettre à parler.

« Bonjour Emma ! Je suis Lilly Callaghan – mais tu peux m’appeler Lilly, si tu veux, je ne suis pas encore âgée pour imposer le « madame ». blagua-t-elle en lui adressant un clin d’œil complice. « Je suis Oubliator, et je suis ici pour vérifier ta mémoire, en quelque sorte. Rien de bien méchant, ne t’inquiète pas ! » elle sortit sa baguette. « Je vais te jeter un sort pour entrer dans ton esprit, d’accord ? N’ai pas peur, ce n’est pas de la Légimencie. C’est seulement pour voir si un sort – ou autre chose – a pu y laisser des séquelles. Ça m’arrangerait, par contre, que tu ne bouges pas. » conclut-elle avec un sourire.

C’était une des premières choses qu’on lui avait apprise, lorsqu’elle avait débuté son chapitre sur les mineurs, lors de sa formation, c’était qu’il fallait les mettre en confiance, leur expliquer ce qu’on allait faire, les rassurer. Il n’était jamais agréable que quelqu’un s’introduise dans son esprit, alors autant que la jeune fille y soit un minimum préparée. L’apprentie Oubliator prit une longue inspiration, pointa sa baguette sur la Serpentard, et ferma les yeux, entrant le plus délicatement possible dans l’esprit de la jeune fille. Une fois cette tâche réussie, elle ne perdit pas de temps inutilement et s’occupa directement de ce qui l’intéressait. Sans surprise, la théorie du l’Oubliette fut facile à confirmer, puisqu’il laissait de nombreuses traces dans un esprit. Elle remarqua cependant autre chose et tenta de l’analyser le plus posément possible, avant de se retirer de l’esprit de la jeune fille.

Rouvrant les yeux, Lilly lui adressa un nouveau sourire à Emma, avant de se tourner vers Charlotte, Seamus et Alastair.

« Elle a toutes les traces d’un Oubliette, c’est indiscutable. » affirma-t-elle avant de froncer les sourcils. « Par contre, j’ai remarqué autre chose, quelque chose de plus… Comment dire, subtil ? Pas un sort, pas un Oubliette. Une substance peut-être ? Qui aurait pris contrôle de son esprit ou l’aurait manipulé. » elle prit quelques secondes pour réfléchir, « Ce n’est pas visible en surface, il faut fouiller un peu pour découvrir l’infirme trace. Mais c’est troublant. Ça ne peut pas être dû à un sort, ce serait beaucoup plus marqué. Une potion, sûrement, qui aurait altéré son esprit. »

Elle tourna la tête vers Charlotte pour lui laisser la parole. Si les Aurors désiraient approfondir cette piste, elle pouvait très bien réitérer son sort, voir utiliser la Légimencie, si nécéssaire. Mais ce cas l’avait intrigué, définitivement.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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Emma fixait son assiette, elle se demandait encore pourquoi elle avait été raconter la vérité au professeur Adamson. Elle ne regrettait pourtant, enfin pas vraiment, c'était juste qu'elle avait peur désormais, peur que Margot Adamson aille tout raconter à Ana Sorden parce qu'elle ne l'avait pas cru, peur que l'arithmancienne se venge, qu'elle fasse pire qu'un simple oubliette et qu'elle s'en prenne aux personnes auxquelles elle tenait. La jeune fille tourna machinalement la tête vers Clara et observa son amie quelques instants en silence avant de reporter son attention sur son assiette. Elle avala machinalement une bouchée de petits poids avant de relever la tête.

Elle aperçut aussitôt la jeune femme qui venait d'arriver, elle sentit son estomac se nouer et tourna son regard légèrement paniqué vers le professeur Adamson. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle paniquait mais elle sentait que cette femme n'était pas là par hasard, elle était forcément là pour elle, surtout après ce qu'elle avait dit à sa directrice de maison. Elle se tendit légèrement sur sa chaise mais ne bougea pas, peut-être se trompait-elle après tout, peut-être que cette jeune femme n'était pas là pour elle. Il était inutile d'attirer l'attention sur elle maintenant. Elle baissa la tête vers son assiette, tentant vainement de saisir ce que Clara racontait.

- Emma Blackbonnes ? Auror Meyer. Je vous vais vous demander de me suivre, s'il vous plaît.

La jeune fille ne sursauta pas, elle s'y attendait après tout, elle croisa alors le regard de Swann qui fronçait les sourcils soupçonneux et elle entendit la voix de chouchou rose répéter "Auror ?" avant de se faire fusiller du regard par l'auror Meyer. Emma se sentit alors rougir tandis que tous les regards se tournaient vers elle et que la jeune femme posait sa main sur son épaule. La Serpentard se leva et prit la direction de ma sortie devant toute la grande salle. Elle baissa la tête honteuse et rougissante alors que les chuchotements commentaient son passage. Elle sentait les regards sur sa nuque et fut soulagée lorsqu'elle fut enfin sortie du réfectoire. Mais son soulagement fut de courte durée puisqu'elle fit face à trois autres personnes.

Emma se demanda un instant pourquoi autant d'Aurors étaient venus pour une simple fillette comme elle. Elle n'avait rien de bien dangereux quand on la regardait, elle était tout ce qu'il y a de plus banal et de transparent. Ce n'était pas elle qui faisait tourner les têtes sur son passage habituellement, pas elle qui attirait les compliments non plus, alors se dire que quatre représentants de la loi étaient la pour l'interroger avait de quoi l'impressionner. Néanmoins, elle reconnut Alastair Brennan pour l'avoir vu plus d'une fois discuter avec son père et pour avoir été chez Lilybeth certaines journées pendant les vacances d'étés. La présentation rapide que l'auror Meyer lui fit confirma ses doutes, il y avait pas que des Aurors mais aussi des Oubliators. Elle dévisagea un instant, l'auror Finnigan. Elle en avait beaucoup entendu parler, comme tout le monde, ancien héro de guerre, ami de Harry Potter, il était devenu une presque légende vivante et ce n'était pas pour rassurer Emma.

Elle écouta les explications, ils étaient là sur demande du professeur Adamson et pendant un instant, elle se maudit d'avoir été tout raconter, maintenant elle allait avoir une réputation de criminelle dans toute l'école et elle allait devoir se faire interroger par des Aurors et peut-être même se faire arrêter puis on casserait sa baguette magique et elle serait enfermée à Azkaban avec les Mangemort. A cette idée la jeune fille blêmit et lança un coup d'oeil hésitant à Alastair. Elle ne voulait pas aller à Azkaban, elle était sûre qu'il l'aiderait à convaincre les autres de son innocence dans cette affaire. Enfin de son innocence, c'était relatif, puisqu'elle était coupable mais ce n'était qu'un détail.

Elle suivit les adultes jusqu'au bureau de la directrice, lorsqu'ils entrèrent dans la pièce, elle examina l'endroit n'ayant jamais rien commis qui l'aurait envoyé dans ce lui. Elle laissa son regard vagabonder alors que McGonagall saluait les adultes présents qui avaient dû être d'anciens élèves. Emma s'assit lorsque sa directrice le lui demanda et attendit la suite. Elle s'attendait à voir les visages des adultes présents se transformer en rictus haineux maintenant qu'ils étaient loin de la grande salle mais ce ne fut pas le cas. L'auror Meyer lui expliqua gentiment ce qui allait se passer et elle hocha la tête pour montrer qu'elle avait compris.

Elle laissa alors la place à la jeune femme blonde, cette dernière se présenta comme Lilly Callaghan et lui expliqua qu'elle allait pénétrer son esprit grâce à un sort. Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent d'effroi et Lilly dut le voir puisqu'elle s'empressa de la rassurer quant à la suite des opérations. Une nouvelle fois, elle hocha la tête et se laissa faire. Elle observa la jeune femme fermer les yeux pour se concentrer et Emma sentit le sort agir, elle ferma les paupières à son tour, par réflexe, elle n'aimait pas vraiment la sensation. C'était comme si de l'eau glacée était entrée dans sa tête. C'était... étrange mais indolore, heureusement d'ailleurs. Elle n'aurait pas vraiment aimé être torturée involontairement. Puis la sensation de froid cessa comme elle avait commencé. Lilly confirma qu'elle avait bien était victime d'un sort d'oubli mais les paroles qui suivirent ne furent pas pour la rassurer.

« Ce n’est pas visible en surface, il faut fouiller un peu pour découvrir l’infirme trace. Mais c’est troublant. Ça ne peut pas être dû à un sort, ce serait beaucoup plus marqué. Une potion, sûrement, qui aurait altéré son esprit. »

Emma baissa la tête troublée. Elle réfléchit un instant, se disant que c'était certainement dû à la potion de sommeil qu'elle avait prise la nuit dernière. Elle releva la tête est posa son regard sur Lilly avant de prendre la parole d'une petite voix hésitante.

"Euh... c'est peut-être à cause de la potion de sommeil que j'ai prise hier soir. J'ai du mal à dormir ces derniers temps", justifia-t-elle.

Elle vit Alastair froncer les sourcils et secouer la tête de droite à gauche, visiblement peu satisfait de sa réponse. Elle se mordilla alors légèrement la lèvre inférieure.

"Emma, tu es sûre que tu n'as pas pris une autre potion ? Les simples potions de sommeil ordinaire n'ont pas cet effet là. Réfléchis s'il te plait."

La jeune fille fixa un instant l'oubliator qui essayait sans doute de l'aider. Bien sûr qu'elle se souvenait de ce qu'elle avait bu. C'était d'ailleurs sûrement ça le problème mais avouer qu'elle s'était si facilement manipuler était une telle marque de faiblesse et elle ne voulait pas passer pour un être faible. Ses parents allaient la gronder, la traiter de petite idiote irresponsable pour avoir fait confiance trop facilement, pour avoir pris une potion qu'elle ne connaissait pas. Elle baissa le regard et tordit ses mains mal à l'aise.

"Il y a bien la potion que le professeur Sorden m'a donné pour dormir. Mais je ne suis pas sûre que ce soit vraiment ça la source du problème."

Elle posa alors son regard sur les adultes présents attendant leurs réactions et surtout leurs questions.


The past is not anymore, the present passes, and the future is uncertain
Clara GuipureAncien personnageavatar
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Assise à côté d'Emma, Clara lisait attentivement la lettre que Stefan venait de lui envoyer. Elle avait encore du mal à croire que Stefan lui envoyait des lettres amicales pour discuter de mode, à vrai dire. Cela faisait presque deux mois maintenant que les choses s'étaient améliorées entre eux, mais après douze ans d'ignorance, on ne s'y faisait pas si facilement. Surtout que la situation n'était pas vraiment officielle, seul James était au courant. Et Swann, évidemment, car c'était grâce à elle que tout s'était débloqué, après la fameuse Fashion Week.

Clara et la jeune Twilfit partageaient la même chambre. A la fin du deuxième jour, Clara, exténuée, avait négligemment lancé son carnet de notes à propos des défilés à travers la pièce avant de foncer dans la douche. Elle n'avait pas vu qu'il était tombé, ouvert, au pied du lit de Swann, qui en bonne commère et concurrente, avait eu tout le loisir de le lire pendant que Clara se lavait. Et le carnet comportait quelques... preuves compromettantes. Depuis leur dispute, Clara n'avait pas reparlé à la Préfète-en-Chef, qui était toujours persuadée que la famille guipure complotait contre elle. Mais le carnet apportait de fameux démentis, car les notes dévoilaient clairement ce que Clara pensait de la mode.

Les premières pages, qui couvraient la première demi-heure du second défilé, étaient irréprochables. Mais l'heure suivante avait été moins productrice. Clara avait continué à faire semblant de regarder et de s'intéresser aux costumes, mais les notes qu'elle prenait dans son carnet étaient bien moins hypocrites. "Affreux, même Dérébusor n'en voudrait pas" pouvait-on lire pour la tenue numéro 35. "On dirait un Niffleur coincé dans un champignon" accompagnait le 63; "Je devrais filer celle-là à Richardson, ça lui clouerait littéralement le bec" pour la 127; "à offrir à Whitaker" pour une tenue qui ressemblait à une bouteille de Whisky Pur Feu. Et ainsi de suite jusqu'au mannequin 209 qui se retrouvait avec le commentaire peu élogieux de "copie de HBF". A partir de là, Clara avait totalement décroché. Oubliant qu'elle était coincée entre Swann et Victor, elle avait griffonné sur les pages du livret sans même prendre la peine de faire semblant de regarder. Il y avait des caricatures - pas très belles - d'Ana Sorden, de Twilfit et de sa propre mère. Elle avait dessiné plusieurs coeurs avec une lettre ressemblant étrangement à un J en leur centre, écrit deux trois rimes qui n'auraient pas déplu aux Dark Boursoufs et passé les trente dernières minutes à dessiner avec application la vue depuis leur chambre d'hôtel, magnifiant les bâtiments et plus particulièrement la cathédrale. Dessiner des choses inanimées était la seule chose à laquelle Clara était vraiment bonne.

Lorsqu'elle était sortie de la douche ce fameux soir, Clara avait surpris Swann en pleine lecture de son carnet. Elle avait été horrifiée. Pas ça, pas ça, avait-elle priée. James avait déjà découvert son secret, une autre personne ne pouvait pas la perser à jour dans un temps si court, et encore moins Swann Twilfit! Etonnamment, celle-ci n'avait rien fait pour lui nuire, réalisant que son idée de complot relevait de la paranoïa. Elles avaient eu une longue discussion après cela, houleuse, tendue et parfois douloureuse, mais en étaient sorties réconciliées.

Après leur retour en Angleterre, Swann avait réussi à parler à Stefan, découvrant ainsi l'étendue du drame qui déchirait la famille Guipure, et que Clara ignorait. Au yeux de la benjamine, Stefan avait toujours été quelqu'un de mauvais et de dédaigneux envers eux parce qu'elles tenaient une boutique de mode. C'était la version de sa mère, qu'elle n'avait jamais remise en question étant donné la jalousie que son frère entretenait à son égard. Mais, en parlant avec Stefan, Swann avait découvert une toute autre vérité. L'aîné Guipure avait toujours adoré la mode, et très jeune, avait voulu reprendre la boutique familiale. Mais Elisabeth l'en avait écarté dédaigneusement, incapable de reconnaître son talent parce qu'il était un garçon, et qu'on était Guipure de mère en fille.

Inutile de dire que la jeune Twilfit tenait entre ses mains de quoi faire exploser le commerce concurrent. Clara ne savait pas exactement ce qui l'avait empêché de le faire, et poussée à servir d'intermédiaire entre le frère et la soeur. Leur première rencontre avait été tendue. Il y avait eu des éclats de voix, car même s'ils découvraient être chacun frustré de la place que leur mère leur avait donné, ils n'en demeuraient pas moins des étrangers, et la différence d'âge n'arrangeait pas. Clara n'avait que quatorze ans et ne pouvait pas agir comme une adulte. Stefan, en apprenant que sa soeur n'avait aucune intention de reprendre la boutique, s'était réjouit, s'imaginant qu'elle lui céderait la place sans difficulté. Mais Clara n'était pas prête à abandonner sa vie, son rôle. Elle avait été heureuse de comprendre enfin l'animosité de Stefan, et de réaliser qu'elle n'était pas condamnée à être modiste. Mais
elle avait l'habitude d'être au centre de l'attention, de rendre leur mère fière. Car, même si elle ne l'estimait pas beaucoup, elle restait sa mère et elle ne pouvait se résoudre à briser la seule chose qui les unissait.

Cependant, Stefan avait su lui parler. Il lui avait dit qu'il la soutiendrait si elle choisissait cette voix, que leur père serait fier, qu'elle n'avait pas besoin de renoncer à la mode. Il voulait juste avoir sa place dans la famille lui. Et puis, après tout, s'ils la reprenaient ensemble, la pression serait moindre sur les épaules de Clara, n'est-ce pas? Elle n'aurait plus à être parfaite, car elle ne serait plus la seule Guipure, elle pourrait vivre sa vie. Et lui pourrait vivre la sienne. Stefan avait bien appuyé sur le fait qu'Elisabeth les privait tous les deux de ce dont ils avaient envie, attisant la colère de sa jeune soeur contre leur mère. Ca n'avait pas été difficile, et après coup, Clara s'était étonnée de tout ce qu'il savait sur elle. Swann avait du se faire un plaisir de le renseigner. Et pourtant, Clara avait marché.

Conscients qu'Elisabeth ne reconnaîtrait jamais le talent de son fils si on ne l'y forçait pas, les frères et soeurs avaient ourdi un plan très Serpentard pour faire valoir leur point de vue. Clara s'était inscrite au concours du Fil d'Or, mais ce serait Stefan qui réaliserait la tenue. Elle demanderait scrupuleusement son avis à sa mère, pour que celle-ci admire l'oeuvre. Clara espérait figurer parmi les finalistes. Et après, une fois qu'ils auraient été récompensés, ils lui révéleraient qui l'avait dessinée. Elle n'aurait plus le choix.

Swann était avec eux dans cette aventure. Clara l'admirait encore plus qu'avant leur dispute, même si elle essayait de ne pas trop le montrer, et qu'elle ne comprenait pas ses motivations. Autant dire que tout allait bien pour la jeune Guipure. Pourtant, quelques mois en arrière, sa situation aurait paru catastrophique. Trois personnes étaient au courant de son secret! - quoique Swann et Stefan semblent moins comprendre l'ampleur du problème. Mais ces trois personnes l'avaient acceptée, lui ôtant en grande partie sa peur et un poids du ventre. Clara ne savait pas encore trop quoi penser de tout ça, et se contentait de profiter du moment présent.

La lettre de Stefan lui expliquait ce qu'elle devrait écrire à sa mère en lui présentant les croquis du dessin. Clara tentait d'y mémoriser. "Le plissé renvoie à... la mode lancée par Marie-Ann Guipure en 1874!" murmura-t-elle, sans faire attention à Emma en face d'elle.

Son amie semblait aller mieux depuis qu'elle était allée voir Miss Bloomwood, et Clara était fière de l'avoir forcée à y aller. Bien sûr, Emma était encore un peu pâlichonne, et elle mangeait moins, mais ce n'était pas étonnant, avec les examens qui approchaient. Clara lui prêtait également moins d'attention depuis qu'elle l'annonce de la liste des finalistes du concours du Fil d'Or, qui comportait son nom et celui de Swann. L'effervescence s'était emparée d'elle et les détails du comportement d'Emma, notamment depuis la veille, lui étaient passés sous le nez, elle qui était toujours si observatrice.

Elle fut donc tout aussi surprise que le reste de l'école, sinon plus, lorsqu'une jeune femme se présentant comme l'Auror Meyer demanda à Emma de la suivre. Clara interrogera Emma du regard, mais son amie quitta la table sans la regarder. Elle se hâta donc de dissimuler sa surprise. Il était hors de question que celle qui était censée être la meilleure amie d'Emma n'ait aucune idée de ce qui pouvait bien lui arriver, ça ferait mauvais genre. D'autant plus que la salle bruissait d'un nouveau murmure, qui amplifia dès que les portes claquèrent.

"J'y crois pas, Blackbonnes vient de se faire arrêter!" pialliait déjà Cindy Hamilton, surexcitée.
"Mais non, s'ils l'avaient arrêté, ils seraient venus à plusieurs et ils auraient pas envoyé une jeune Auror toute gentille comme ça!" lui répondit une autre première année.
"Mais si, voyons, t'as vu comme elle la tenait? La main sur l'épaule, comme pour les suspects qui ne peuvent pas s'enfuir, je suis sûre qu'elle avait la main sur sa baguette dans sa poche..."
"J'suis d'accord avec Cindy" renchérit un gamin de deuxième année. "Ils ont été sympa juste pour pas faire un scandale devant nous. J'me demande ce qu'elle a fait, Blackbonnes... Vous croyez qu'elle a tué quelqu'un?"
"N'importe quoi" répondit Kelly Murdoch d'un air hautain qui la faisait ressembler à une chouette étonnée. "On le saurait si quelqu'un était mort."
"Pas si c'est passé pour un accident, ou une mort naturelle. Je crois que les Blackonnes sont riches et sont d'anciens Mangemorts, elle a peut-être tué son grand-père pour hériter!"

Dans son dos, Clara entendaient d'autres phrases médisantes, venant du reste de la salle.

"Mais si, je te dis qu'elle a failli s'enfuir, je l'ai vu tressaillir, c'est pour ça que l'Auror la tenait!"
"Oui, elle a même plongé la main dans sa poche!"
"Mais pourquoi ils ont envoyé une débutante pour une arrestation?"
"C'était pas une débutante, voyons, elle avait au moins trente-cinq ans. Et puis, elles étaient deux, déjà."
"Et je parie qu'il y en avait plus dehors. Debbie est arrivée en retard et elle dit qu'elle a vu Seamus Finnigan..."
"C'est vrai? Mais, il doit y avoir Harry Potter avec lui, alors!"
"Quand je te dis que Blackbonnes doit être vraiment dangereuse!"
"Je te l'ai toujours dit, qu'être aussi fade c'était louche."

Les oreilles de Clara bourdonnaient de mille et une suppositions toutes aussi insupportables à entendre les unes que les autres. Parce que ces gens étaient si prompts à dire du mal d'Emma, et qu'elle ne pouvait pas croire qu'elle ait fait quoique ce soit de mal. On parlait d'Emma Blackbonnes, la petite fille tellement discrète et timide qu'elle n'avait pas remarqué son existence pendant quatre ans, qui s'excusait si elle éternuait, qui croyait embêter les autres lorsqu'elle faisait une rature. Mince alors, ça n'était pas comme si c'était... au hasard, Ulrich Keller, qui venait d'être emmené. Bien sûr, c'était stupide de croire que le Préfet-en-Chef puisse être un meurtrier, gentil comme il était, mais il était autrement plus menaçant qu'Emma: c'était un homme, il était grand, doué en cours et en dernière année. Mais Emma, non, elle était au dessus de tout soupçon. Kelly Murdoch avait plus de risques d'être arrêtée pour sa stupidité; Nora Weaver faisait une meilleure suspecte qu'elle pour n'importe quelle contravention, enfin!

Cependant, malgré elle, Clara s'interrogeait. Elle était forcée de reconnaître qu'on ne faisait pas venir les Aurors pour rien et que la formulation employée par Meyer était... péremptoire, malgré la douceur du ton. Et puis, Emma n'allait pas bien, ces derniers temps. Si elle ne dormait pas parce qu'elle avait vraiment fait quelque chose de mal? Non, non, se morigéna intérieurement la jeune fille. Elle était, au pire, témoin de quelque chose. Au mieux, c'était une erreur.

Mais les murmures continuaient, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Swann discutait avec son amie Natasha, répandant probablement d'horribles murmures sur le compte d'Emma. Cela énerva Clara.

"Eh, Guipure, tu la connaît bien non, Blackbonnes? Elle a fait quoi, à ton avis?" demanda Dave Marchebank.
Clara se retourna et lui adressa un regard glacial.
"J'suis sûr que c'est à cause du premier avril, c'était forcément de la magie noire! Et c'est une Sang-Pur." ajouta l'un de ses amis, qui avait été coincé dans le corps de Leah Wilson et n'avait pas apprécié.
"De quel droit tu parles de quelque chose que tu ne connais pas? Je peux savoir pour qui tu te prends? Tu aimerais qu'on raconte des trucs pareils sur toi, fillette?" Clara était rarement aussi irritable. "Non? Alors tu manges et tu la boucles!"
"Parce que tu sais ce qu'il se passe?" osa chouchou Rose.
"Bien sûr que je sais. Mais ce ne sont pas vos affaires." Elle afficha une moins dédaigneusement convaincue et se retourna.

Se défouler lui fit du bien, mais ne fit taire personne, et l'on continuait à commenter. Les professeurs ne semblaient pas réagir, mais il n'y en avait pas beaucoup à leur table. Margot Adamson et le professeur Sorden n'étaient pas là, par exemple. Clara était sûre qu'elles auraient défendu une élève de sa maison, pour la première, sa chouchou, pour la seconde. Mais il n'y avait qu'elle, pour sauver l'image de son amie. Elle s'était donnée une position de première place en affirmant savoir de quoi il retournait, et on la regardait maintenant avec curiosité. Des informations, voilà ce que voulaient les gens. Eh bien, Clara pouvait leur en donner. C'était même sa spécialité. Il fallait juste qu'elle trouve une excuse légitime pour qu'on prenne ce qu'elle dit pour argent comptant. Elle chercha quelqu'un à qui parler dans la salle, et repéra James à la table des Poufsouffles, qui haussait les épaules, lui demandant silencieusement ce qui n'allait pas.

Le garçon se leva et elle alla à sa rencontre, se débrouillant pour s'arrêter non loin des oreilles affutées de commères reconnues. Bizarrement, le bruit s'était fait d'un coup beaucoup moins présent, mais Clara affecta de ne pas s'en rendre compte.

"Qu'est-ce qu'il se passe, avec Emma?"
"Oh, rien" dit-elle sur le ton de la confidence, imitant à la perfection celle qui tentait de ne pas être entendu des curieux, mais parlant assez fort pour qu'ils saississent ses paroles. "C'est encore à cause de ses parents qui étaient des Sang-Pur dans l'Ordre du Phoenix. Ils ont eu des problèmes avec leur propriété pendant les vacances, il y a eu des vols qui pointent vers des familles de Mangemorts. Emma était toute seule à l'étage quand ils sont rentrés, donc les Aurors l'interrogent pour essayer de retrouver les coupables. Ils vont sûrement lui montrer un portrait. J'espère qu'ils vont retrouver les salauds qui ont fait ça!" Son ton monta sur la dernière phrase, portant jusqu'à plusieurs rangs derrière elle.

Elle fit une pause pour permettre à James de digérer ces informations. Elle lui avait promis de ne plus rien inventer, et était en train de lui mentir comme un arracheur de dents. Mais c'était un cas de force majeure! Pour une fois, elle ne mentait pas pour elle, mais pour quelqu'un d'autre. Et elle dirait la vérité à James dès qu'ils seraient hors de portée des oreilles indiscrètes... si Emma le voulait bien. Il fallait absolument qu'il la croie.

"Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit" continua-t-elle d'un ton moins confidentiel. "Mais tu sais comment elle est, elle croie qu'elle embête les autres avec ses problèmes et elle m'a demandé de ne rien dire, ses parents ne voulaient pas que ça s'ébruite... J'ai pas osé..." Elle adopta un air confus, celui qu'elle lui réservait lorsqu'il la suprenait à mentir.

Eh bien tant pis. Les parents Blackbonnes préféreraient sans doute qu'on les croie victimes d'une injustice plutôt qu'on accuse leur fille unique de toutes les ignominies. Clara continua de parler quelques minutes avec James, puis regagna sa place en observant discrètement si son petit manège avait produit l'effet escompté. Il semblait bien que c'était le cas. Cindy trépignait sur place en lui jetant des coups d'oeils, racontant probablement qu'elle avait parlé trop fort. Swann fronçait les sourcils, partageant sans aucun doute l'information avec son réseau, et Merlin savait que le Twilfit Network était efficace. La jeune Guipure était fière d'elle. Elle avait réussi à manipuler toute l'école grâce à son talent pour les faux-semblants. Comme quoi, cela pouvait être utile.

Quelques minutes plus tard, Clara quitta la Grande Salle en compagnie de James et Amely. L'agitation s'était calmée, mais elle entendit, en passant, Katy Scott assurer à Rebecca Eldenstein que "Blackbonnes n'a pas été arrêtée, ils étaient là pour la protéger! Qu'est-ce que tu vas imaginer, franchement, une gamine comme elle, coupable d'un crime. Non mais n'im-porte-quoi.". Elle retint un sourire. Elle avait réussi à faire passer Emma de coupable à victime. Elle ne savait quel était son vrai rôle, cependant. Il ne faudrait pas qu'elle oublie de lui demander. Et de la mettre au courant de l'histoire qu'elle venait d'inventer, aussi. Léger détail.



Swing my heart across the line
In my face is flashing signs, seek it ouf and ye shall find
Oh, I feel so wrong, doing the right thing
Oh, I feel so right, doing the wrond thing
I could lie, couldn't I, couldn't I?
So no more counint dollars, we'll be counting stars
Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte ne put s'empêcher de lancer un coup d’œil en coin à Lilly quand cette dernière affirma qu'elle était trop jeune pour le Madame. Certes, à leur âge, on leur servait encore du Miss mais quand on y réfléchissait bien, Lilly deviendrait Mrs Arcker le 31 Octobre prochain. Et cela lui faisait plus qu'étrange. Après tout, combien de fois avait-elle entendu dans les couloirs un retentissant "Callaghan, Meyer !" ? Trop de fois pour l'oublier, en tout cas. Et imaginer Lilly changer de nom... Peut-être qu'elle ne le ferait pas d'ailleurs. Son amie avait des principes féministes bien ancrés. Enfin, elle avait également juré pendant des années qu'elle ne se marierait pas. Alors après tout, tout devenait possible. Et puis quand elle voyait sa meilleure mais si concentrée et si posée, cela lui prouvait que les choses avaient bien changées depuis Poudlard. Elle qui avait toujours été une véritable tornade, toujours à bouger et à être en mouvements... Charlie l'avait rarement vue ainsi, si posée et si calme. Et cela la surprenait. Elle n'aurait jamais pensé que Lilly choisirait un tel métier, elle l'aurait plutôt vue sur quelque chose de plus animé comme les Aurors ou la Police Magique. Elle était sûre qu'elle en avait les capacités, elle avait toujours été une bonne baguette. Comme quoi, les choses changeaient définitivement. Entre le mariage et Lilly qui s'engageait dans une carrière... Sa mère devait être aux anges, la connaissant. Elle nota les conclusions de son amie sur le parchemin qu'elle venait de faire apparaître. La version de la petite Emma venait d'être confirmée en partie. Quoique, il y avait d'autres possibilités. Elle avait pu se l'infliger elle-même - dit comme cela, c'était invraisemblable mais elle était tombée sur un cas comme ça lors de sa deuxième année, un petit dealer qui effacait de sa mémoire les transactions une fois celles-ci réglées, pour ne pas pouvoir balancer les clients. Sans la devise de Stormborn, la deuxième - la première étant "Vigilance constante" - "Tout le monde a quelque chose à cacher." La troisième était "Tout le monde ment." Et "Ceux qui semblent innocents sont ceux qui sont coupables." Ainsi que "La perfection cache toujours quelque chose de pas rutilant." Bref, son formateur était paranoïaque. Un excellent Auror mais qui ne devait pas être très facile à vivre au quotidien. En même temps, quinze ans de service avec le célèbre Alastair Maugrey, cela laissait des traces. Enfin, l'Oubliette était confirmé mais pas le fait qu'il soit d'Ana Sorden. Emma pouvait se l'être infligée seule, comme le dealer qui maitraisait ce sortilège à la perfection, ou cela pouvait être un camarade, un complice ou un ami qu'elle tentait de couvrir parce qu'ils auraient commis l'incendie à deux ou il l'aurait commis et elle le protégerait par amitié ou amour, ou bien cela pouvait être quelqu'un qui avait pris l'apparence d'Ana Sorden, en prenant bien soin de ne pas réussir le sortilège totalement afin de la faire accuser... Toutes les pistes étaient possibles et elle ne pouvait en mettre aucune de coté pour le moment.

Néanmoins, la présence de quelque chose d'autre l'intriguait fortement. Une potion qui manipulerait l'esprit ? Elle n'en n'avait jamais entendu parler mais il faut dire qu'elle avait peu travaillé sur des cas de ce genre. Charlotte échangea un regard avec Seamus, qui avait les sourcils froncés. Cette affaire prenant décidément un tournant bien étrange et Furtinus s'était bien planté en croyant la résoudre d'un claquement de doigt. Pourquoi utiliser une potion quand un Imperium était tellement plus efficace et tellement plus rapide ? Qui avait intérêt à donner cette potion à Emma ? Qu'est-ce que le professeur Sorden venait faire là-dedans ? Est-ce que c'était une manœuvre politique ? Est-ce qu'on essayait de la faire tomber en faisant croire qu'elle s'en prenait aux élèves ? Ses prises de positions pour la direction de l'école n'avaient pas dû plaire à tout le monde. Et puis pourquoi Emma ? Et même si le professeur Sorden en était à l'origine, quel était l'intérêt de faire cela ? Toutes ces questions se bousculaient dans son esprit et elle repassa le dossier en boucle dans sa tête pour essayer de connecter des éléments. Ana Sorden était candidate à la succession de Poudlard. On pourrait vouloirla faire tomber. Furtinus avait un moment soupçonné l'autre candidate à la direction de Poudlard, Margot Adamson, à cause d'une fiole imitant son écriture. Elle avait été innocentée. Et c'était elle qui les avait rappelés. Elle était la directrice de maison d'Emma, pouvait-elle l'avoir manipulée pour qu'elle accuse Ana Sorden, sa concurrente afin de décrocher le poste ? Ou bien était-ce le contraire ? Ana Sorden avait-t-elle voulu faire accuser Margot Adamson et avait commis des faux pas dans son plan ? Mais dans ce cas, pourquoi se servir d'Emma, pourquoi la manipuler elle et pas Adamson ? Il était sûrement plus difficile de leurrer une Maître en Potions, mais il restait l'Imperium... Et le fait que deux enseignantes de l'école deviennent soudain des suspectes aussi dangereuses n'allait pas plaire à Dalnox. Surtout pas si sa chère Sorden était soupçonnée elle aussi. Les tenants et les aboutissants de cette affaire semblaient soudainement bien mystérieux. Mais Charlotte était sûre d'une chose. Poudlard était intrinsèquement liée à ce qui s'était passé à Pré-au-Lard et le coupable se trouvait en ces murs. Et toute cette histoire allait devoir être menée de manière discrète, selon les ordres du Commandant.

- Ainsi, le Professeur Sorden t'a donné une potion de sommeil ? Il y a combien de temps ? Tu devais la prendre régulièrement, non ? Tu as ressenti des effets particuliers, il s'est passé des choses étranges après la prise de cette potion ?

Elle devait fonctionner par faits pour démêler ce qui avait pu se passer. Ana Sorden, professeur d'Arithmancie de son état, se permettait de donner à une jeune élève de quatorze ans une potion dite de sommeil. Pourquoi ? Dans quel but ? Pourquoi a t-elle pris cette liberté ? L'infirmière était-elle au courant ?

- Comment est-ce que le professeur Sorden en est venue à te donner cette potion ? L'infirmière était au courant ?

Si Lilly avait raison, la potion servait à manipuler, à altérer l'esprit d'Emma. Pourquoi ? Pour l'envoyer commettre un incendie ? Pour ensuite faire accuser Adamson ?

- Emma, est-ce que tu as encore cette potion ? C'est très important. Même si ce n'est que le flacon, on peut espérer en récupérer un peu.

Le Bureau faisait toujours analyser et fabriquer ses potions par la Très Extraordinaire Société des Potionnistes. S'il restait un fond de potion, ils pourraient en avoir la composition pour voir si c'était vraiment une potion de sommeil ou toute autre chose.

- Et est-ce que tu sais si le professeur Sorden a donné de la potion à d'autres élèves ? intervint Seamus, posté derrière elle.

Et si ce n'était pas une potion de sommeil traditionnelle, d'où est-ce Sorden tenait cette substance ? Elle l'avait fabriqué ? Il faudrait demander aux apothicaires du pays si elle était sur leurs listes de commande d'ingrédients. Avait-elle pris le risque de faire consommer à une élève une potion fabriquée par ses soins, avec les risques que cela apportait ? La seule capable de fabriquer correctement des potions compliquées dans l'école était Margot Adamson. Comment se faisait-ils qu'ils en revenaient toujours à ces deux femmes ?

- Miss Callaghan, reprit-elle en se tournant vers Lilly.

Il fallait bien être un peu professionnelle, malgré l'amitié qui la liait à Lilly. Mais honnêtement, lui donner du Miss Callaghan, c'était étrange.

- Vous seriez en capacité d'approfondir votre sondage de son esprit pour avoir plus de précision sur cette potion ?

Parce que si ce n'était pas une potion de sommeil traditionnelle et qu'il n'y avait plus rien à analyser, il allait tout de même falloir trouver ce qu'il arrivait à l'esprit d'Emma.


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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C’était étrange. C’était étrange, parce qu’une simple potion de sommeil ne provoquait pas ce genre d’effet, et elle parlait en parfaite connaissance de cause, puisqu’elle avait dû en prendre plusieurs semaines après la bataille de Poudlard – sinon elle se réveillait plusieurs fois par nuit en hurlant, secouée de tremblements – et que sa Médicomage à l’époque, une femme talentueuse qui connaissait bien son métier, lui avait assuré qu’il n’y avait aucun risque. Puis, même outre cela, achevant sa deuxième année de stage chez les Oubliators, elle savait que jamais une potion de sommeil ne pourrait engendrer ce genre de dommages sur la mémoire. Non, il s’agissait d’autre chose. Quelque chose qu’elle n’avait jamais dû étudier, quelque chose dont elle n’avait jamais entendu parler. Une potion, sans aucun doute, puisque cela agissait différemment sur la mémoire qu’un sort. Mais quoi ? Qu’est-ce qu’il pourrait bien l’affecter à ce point là ? Lilly fronça les sourcils et observa attentivement la fillette devant elle. Elle avait beau ne pas être Auror, elle pouvait toujours faire fonctionner son cerveau – qui, malgré les nombreuses interrogations que cela avait dû soulever chez ses professeurs lorsqu’elle était à Poudlard, était bien présent, merci pour elle – et d’écouter attentivement les questions d’Alastair, de Seamus, et de Charlotte. Quel genre de potion Sorden avait pu donner à Emma ? Définitivement, pas une simple potion de sommeil, ni même une simple potion, tout simplement. Quelque chose de dangereux, sûrement. Mais pourquoi ? Pourquoi user d’une telle potion – quelque soit sa composition – sur une gamine de quatrième année ? La jeune femme secoua doucement la tête, ça, ce n’était pas son travail, mais celui des Aurors. Son rôle, à elle, était de définir ce que cette fameuse mixture avait bien pu altérer sur la mémoire ou l’esprit d’Emma. Le pourquoi du comment, elle le laissait aux Aurors. Pourtant, elle devait l’avouer, c’était parfois un peu frustrant de ne pas savoir la fin de l’histoire, ou les théories que pouvaient soulever une enquête. Le BDA devait être plus mouvementé que le QG des Oubliators. Sauf dans les moments critiques, celui où ils recevaient un Patronus les conviant à une « mission d’extrême urgence », et qu’ils se levaient tous d’un même mouvement pour transplaner sur le lieu, afin de pouvoir agir le plus efficacement et le plus vite possible.

Elle sortit de ses pensées en entendant Charlotte l’appeler. L’appeler en lui donnant du « Miss Callaghan. » Haussant un sourcil, elle esquissa un sourire amusé.

« Oui Charlie ?

Parce qu’elle avait beau savoir qu’elle devait être professionnelle, elle ne pouvait pas donner du « Miss Meyer » à Charlotte, c’était tout bonnement impossible. Parfois, il lui arrivait de l’appeler par son nom de famille, lorsqu’elle la taquinait, mais jamais – ou très rarement – elle ne rajoutait le « miss ». Puis, de toute façon, être professionnelle devant une adolescente de quinze ans n’était pas forcément utile, si ? De toute façon, il était trop tard pour retirer ce qu’elle venait de dire, aussi, elle se contenta d’écouter les instructions de sa meilleure amie avant d’hocher la tête.

« Je fais ça. » elle se tourna vers Emma : « Tu vas ressentir uniquement une légère gêne au début, mais ne t’inquiète pas, c’est normal. »

Pointant une nouvelle fois sa baguette vers la Serpentard, Lilly prit une longue inspiration, ferma les yeux, et se concentra. Entrant le plus délicatement possible dans l’esprit de la jeune fille – autant rendre la chose la moins désagréable possible – l’apprentie Oubliator passa outre les dommages causés par l’Oubliette, et s’intéressa directement à ce qui l’avait interpelé tout à l’heure. Elle resta bien plus longtemps que la dernière fois dans l’esprit d’Emma. Non pas que les dégâts infligés par cette potion inconnue étaient infimes, mais ils étaient nettement plus difficiles à analyser. Se mordant la lèvre inférieure alors que ses doigts se resserraient sur sa baguette, Lilly fronça les sourcils et finit par sortir de l’esprit de la jeune fille.

« Elle a été manipulée. » affirma-t-elle. « Pas comme l’imperium, c’est plutôt comme si on lui avait dit de le faire. Sans lui laisser le choix. »

Elle reporta son attention sur Emma.

« Cette potion, elle agissait sur tes rêves, n’est-ce pas ? »

Parce que c’était toujours la dernière chose qu’on songeait à analyser, la partie « rêve » de l’esprit. L’inconscient, en quelque sorte. Et pourtant, c’était bien de là que venait le problème, Lilly en était persuadée.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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Emma hocha la tête lorsque l'auror Meyer lui demanda de confirmer que le professeur Sorden lui avait bien donné une potion pour l'aider à dormir. Elle enchaîna ensuite avec d'autres questions, elle lui demanda depuis quand elle l'a prenait, si elle devait la prendre régulièrement et si elle avait ressenti des choses étranges après la prise de la potion. La jeune fille essaya alors de se rappeler à quelle période elle avait eu ses soucis de sommeil.

"J'ai commencé à prendre la potion en octobre je crois. Je ne me rappelle plus de la date exacte et je devais la prendre tous les soirs avant de me coucher. Je n'ai rien ressenti de particulier, rien de plus étrange qu'une potion normale. Enfin au début. Le professeur Sorden m'avait prévenu que la potion pourrait me faire avoir des rêves et que ces rêves seraient là pour me guider qu'il fallait que je fasse ce qu'il m'ordonnait et que ça m'aiderait à devenir quelqu'un de bien. Au début, je n'ai pas eu de rêves et puis j'ai eu mon premier rêve et je ne voulais pas y croire alors j'ai été voir le professeur Sorden et elle m'a encouragé à réaliser le rêve alors j'ai fait ce que la dormeuse m'avait demandé de faire. J'ai donné une broche à Swann Twilfit. Après ça, j'ai eu l'impression d'être mieux accepté, Swann était gentille avec moi. Alors, je me suis dit que les rêves étranges ne pouvaient pas être mauvais qu'ils étaient juste là pour m'aider à m'intégrer."

Elle baissa légèrement honteuse, elle n'avait pas vraiment envie de montrer qu'elle se sentait mal à l'aise à Poudlard qu'elle se sentait de trop, tout le temps, qu'elle se sentait à part et que malgré ses efforts, elle n'arrivait pas à s'intégrer aux autres, elle n'arrivait pas être comme les autres filles qui avaient pleins d'amis qui étaient populaires et aimées. Elle avait toujours eu l'impression que les gens ne l'aimaient pas pour une raison qui lui échappait, elle était pourtant aidante, aimable, souriante mais il semblait que ça ne suffisait pas, elle n'était pas charismatique, elle était peut-être trop timide, elle se basait trop ce qu'on pouvait penser d'elle et ça l'empêchait de vivre. Elle serait toujours Emma la coincée, Emma la gamine, celle qui n'était rien, la bonne poire, celle à qui on parlait lorsqu'il n'y avait qu'elle à qui parler. Elle avait eu cette impression là avec Amely dans le train au début de l'année et avec James en France pendant les vacances et même avec Clara dans le dortoir. On restait avec elle seulement parce que les autres n'étaient pas là et cela l'avait toujours affecté et elle avait voulu changé ça, elle avait voulu qu'on s'intéresse à elle, non pas parce que les autres étaient occupés ailleurs mais parce qu'elle aussi pouvait être intéressante, enfin elle l'espérait. L'auror Meyer lui demanda alors pourquoi son enseignante lui avait donné la potion et si l'infirmière en avait été informée. Elle savait qu'elle aurait dû aller voir Miss Bloomwood mais à l'époque ça ne lui avait pas paru important alors elle n'avait rien fait, elle baissa à nouveau la tête.

"Le professeur Sorden m'a donné cette potion parce que j'ai eu des problèmes de sommeil au début de l'année. Je n'ai pas été voir l'infirmière parce que je pensais que ça allait s'arranger tout seul mais mes notes ont commencé à chuter et surtout une en arithmancie. A cause de mon devoir raté, le professeur Sorden s'est inquiétée et m'a demandé ce qui se passait, j'ai dû lui parler de mes soucis pour dormir et elle m'a donné une fiole de potion. Miss Bloomwood ne savait rien puisque je n'ai pas été la voir."

Emma n'était pas vraiment fière d'elle mais qu'aurait-elle pu faire ? Elle n'aimait pas se plaindre, elle n'avait pas voulu déranger avec son manque de sommeil qui n'était rien du tout au final, elle était certaine que cela aurait pu s'arranger avec le temps mais le destin en avait décidé autrement, il avait fallu que cette maudite Sorden la remarque, il avait fallu que pour une fois, un enseignant s'inquiète pour elle. Les questions continuèrent, l'auror lui demanda si elle avait encore la fiole de la potion que c'était important mais cette dernière avait disparu inexplicablement après la sortie à Pré-au-Lard alors c'était peut-être une preuve mais elle ne l'avait plus.

"Je suis désolée, la potion a disparu le jour de la sortie à Pré-au-Lard. Je ne l'ai pas retrouvé depuis mais je peux vous dire son nom, enfin du moins le nom que le professeur Sorden m'a donné. Elle l'a appelé "la dormeuse" lorsqu'elle me l'a donné. Elle m'a dit que c'était une potion très rare et qu'elle venait de Salem après je n'en sais pas plus. Je suis désolée."

Elle releva un peu les yeux pour examiner le visage des adultes présents, elle voulait savoir ce qu'ils pensaient de tout ça mais leurs traits étaient trop fermés pour qu'elle puisse remarquer quoique ce soit. Elle était dans le flou total quand à son avenir, irait-elle à Azkaban pour naïveté chronique ? Ou alors serait-elle jugée irresponsable de ses actes, envoyée à Ste-mangouste ? Jugée folle parce que personne ne la croyait ? L'auror Finnigan lui demanda alors si Ana Sorden avait donné de la potion à d'autres personnes. Emma se sentit rougir lorsqu'elle croisa le regard du jeune homme, elle était vraiment intimidée et que le héros de guerre en personne lui parle n'arrangeait pas les choses.

"Euh... je... je ne crois pas. Il me semble que c'était la seule fiole qu'elle possédait. Elle disait me faire un très grand honneur et une très grande confiance. Elle disait aussi qu'elle m'aidait parce qu'elle m'aimait bien et qu'elle voulait m'aider."

La jeune fille baissa à nouveau le regard pour le relever aussitôt lorsque l'auror Meyer demanda à Lilly de lui refouiller l'esprit. Elle eut un geste instinctif de recule, elle ne voulait plus qu'on rentre dans son esprit, elle trouvait qu'elle avait déjà assez donné comme ça mais lorsque son regard paniqué croisa celui, rassurant, d'Alastair, elle se détendit légèrement et laissa la jeune femme pénétrer son esprit une nouvelle fois. Elle ressentit à nouveau le froid désagréable envahir sa tête, elle ferma les yeux pour que la sensation soit moins désagréable et les rouvrit lorsque le froid disparut, elle entendit vaguement Lilly confimer qu'elle avait bien été manipulée et lui demander si ça se passait dans ses rêves.

"Et bien, j'imagine oui, puisque j'ai agi seulement après avoir fait un rêve et puis la potion n'agissait que la nuit."


Elle espérait que l'interrogatoire serait bientôt fini, elle ne voulait plus rester dans cette pièce étouffante à se faire dévisager de la sorte. Pourquoi ne pas conclure définitivement qu'elle était devenue un monstre et l'envoyer quelque part où elle ne pourrait plus jamais faire de mal à personne. Où elle ne se ferait plus jamais manipuler et où elle pourrait vivre loin du regard des autres et loin de la peur de décevoir quelqu'un, loin de ses rêves de devenir un jour quelqu'un d'intéressant et d'apprécié.


The past is not anymore, the present passes, and the future is uncertain
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Charlotte envoya un coup de pied à Lilly sous la table lorsqu'elle lui répondit par du "Charlie" à son "Miss Callaghan". Un peu de sérieux, voyons. Pas la peine de faire étalage de leur amitié aux yeux des personnes qu'elles interrogeaient. Évidemment, cela lui faisait étrange de donner du Miss à Lilly, qu'elle connaissait depuis leurs onze ans. Mais c'était pour le principe. Et même que pour l'embêter, elle allait lui donner du Mrs Arcker, le nom de Jensen. Enfin, ce n'était pas le moment de penser à ce genre d'enfantillages, elle avait une enquête à mener. Sorden avait donc parfaitement prémédité son coup et connaissait exactement les effets de la potion, elle comptait même s'en servir. En octobre. Elle avait donc planifié tout cela. En posant son regard sur la jeune Emma, Charlotte ne put s'empêcher de penser peu charitablement qu'elle avait été bien naïve. Des rêves qui l'aiderait à devenir quelqu'un de bien ? On aurait dit des bêtises écrites dans Divination Magazine. Alors oui, certes, elle était jeune. Mais à quinze ans, on était censé avoir plus de jugeote que cela. Il y a quelques années, des enfants de quinze ans se battaient contre un régime oppressif et certains mouraient dans la Bataille de Poudlard. A quinze ans, elle avait la ferme impression qu'elle n'aurait jamais cru ce genre de choses. Oui, la guerre faisait mûrir vite. Mais peut-être que la jeune Emma était bien trop naïve, surtout pour une Serpentard. Sorden avait eu l'intelligence de choisir une cible facile, certes, mais sa tâche n'aurait pas dû aussi aisée. Sans rien laisser paraître de ses pensées, elle nota le nom de Swann Twilfit, afin de vérifier l'histoire de la broche.

Tout en écoutant le récit d'Emma, Charlie récapitulait les faits mentalement. Peu désireuse de s'impliquer directement dans cette histoire, Sorden cherche dès son arrivée à Poudlard quelqu'un pour déléguer. Elle repère Emma Blackbonnes, influençable et isolée, au vu de ses dires, et lui donne une potion pour la manipuler en endormant - c'était le cas de le dire - le peu de méfiance qu'elle pouvait avoir en lui faisant vivre une expérience positive. Une fois qu'Emma a fait le crime, Sorden récupère la fiole qu'elle a sûrement détruite pour ne pas être incriminée. La dormeuse... Cela ne lui disait rien, et le cursus des Aurors avait toute une partie sur les potions. Il faudrait contacter rapidement leurs collègues Américains, qui leur apportaient déjà des infos sur le dossier M, afin que quelqu'un soit envoyé rapidement à Salem pour vérifier ça. C'était toujours l'occasion d'envoyer des Aspirants sur le terrain, ce genre de question à poser. Weaver serait pas mal, pour cette mission, songea Charlie. Elle proposerait son nom ce soir afin qu'elle parte avec son formateur dès le lendemain. Cette affaire prenait un tournant tout à fait inattendu et de nombreuses questions restaient en suspens. Aux yeux de Charlotte, Ana Sorden était rongée par l'ambition et avait toujours voulu le poste de directrice de l'école, de nombreuses rumeurs circulant sur un départ de McGonagall, qui se faisait âgée, dans les années à venir. N'étant pas forcément en position de faveur ou du moins devant faire face à une candidate sérieuse, elle avait orchestré cet incendie afin de faire accuser le professeur Adamson, ce qui aurait pu sérieusement marcher si elle n'avait pas eu un alibi. En s'assurant qu'elle ne pouvait pas être reliée à cette accident, Sorden se sentait protégée. C'est sûrement ce sentiment d'impunité qui l'avait poussée à rater son sortilège d'Oubliettes. Et le fait d'avoir vu Emma se faire emmener au dîner avait dû sérieusement l'inquiéter. Charlotte se leva et entraina Seamus dans un coin de la pièce, afin de pouvoir lui parler discrètement.

- Faut pas qu'elle nous file entre les doigts, annonça-t-il à voix basse, exprimant ce qu'elle pensait.
- On peut pas la coffrer comme ça, répliqua Charlotte, on a qu'un témoignage d'une gamine de quinze ans, aucune preuve matérielle. Si on l'embarque et qu'elle est relâchée dans quarante-huit heures, elle va quitter le pays et on pourra pas l'arrêter. Et ça m'étonnerait qu'elle avoue si elle sait qu'elle a détruit toutes les preuves.
- Mais elle sait qu'on se doute de quelque chose, on vient pas chercher des gamins à tous les dîners.
- Elle peut croire que c'est pour autre chose.
- Un devoir pas rendu ? ironisa Seamus, en s'appuyant contre le mur.
- Non, mais si elle voit qu'on vient pas l'arrêter, elle va se détendre, je pense. Si on fait comme si on ne savait rien et qu'on demande à McGo de ne pas en parler, la même chose à Adamson.
- Et on la fait filer vingt-quatre heure sur vingt-quatre, termina-t-il. Histoire de voir si on peut apprendre des trucs.
- Si elle fait mine de quitter le pays, on l'arrête.

Seamus hocha la tête tandis que Charlotte dégainait la baguette qu'elle portait à la ceinture pour envoyer un message au Commandant, expliquant brièvement la situation - ils feraient un compte-rendu détaillé une fois revenus - et demandant qu'un binôme soit immédiatement détaché à la filature d'Ana Sorden. Son coéquipier en avait profité pour aller parler au Professeur McGonagall, afin de lui expliquer la situation. Charlie envoya également un deuxième Patronus à son lieutenant afin d'expliquer le coup de La Dormeuse, que des recherches soient commencées dessus du coté de leurs collègues américains. Elle suivit du regard sa marmotte avant de revenir vers Emma et les Oubliators.

- Alors Emma, il va falloir que tu ailles faire une déclaration officielle au Bureau. Rien de bien compliqué, tu auras juste à redire à mes collègues ce que tu nous as expliqué et à signer le parchemin. C'est pour nos dossiers. Quelqu'un va passer te chercher et tu seras accompagnée de tes parents, ils vont être prévenus.

Elle ne sera sûrement pas poursuivie, ce n'était qu'une gamine dont on avait abusé de la faiblesse. Mais son témoignage était crucial dans l'affaire, afin de faire tomber le Professeur Sorden pour la mort de la petite Fiona Longwood, avec préméditation. Elle se tourna également vers Alastair et Lilly, même s'ils connaissaient la procédure.

- On va avoir besoin de vos rapports très rapidement, le plus rapidement possible et de manière très détaillée. C'est un cas exceptionnel et on va avoir besoin de matière pour le Magenmagot. Et bien évidemment, c'est une affaire en cours et la plus grande discrétion sera attendue de votre part, ajouta-t-elle de son ton d'Auror. C'est valable aussi pour toi, Emma, il ne faut pas que ce que tu nous as dit à propos du professeur Sorden s'ébruite, d'accord ? Sinon, on ne pourra pas l'arrêter.

Seamus était revenu derrière elle, accompagné de McGonagall. Il répondit à son regard interrogatif d'un hochement de tête avant de remercier Emma pour sa coopération. Charlotte en fit de même et serra la main d'Alastair. Lorsqu'elle se tourna vers Lilly, elle vérifia que Seamus et Alastair parlaient avant de murmurer :

- J'aurais adoré déjeuner avec toi mais je vais pas avoir le temps, on a des choses importantes à faire. On prend un verre demain, promis.

Elle aurait bien proposé ce soir, mais elle était censée voir Eliott et n'avait pas très envie d'annuler. Oui, elle était une meilleure amie horrible, elle le regretterait un jour.

Elle salua également le professeur McGonagall avant de sortir du bureau. Ils avaient pas mal de choses à expliquer au reste du Bureau. Ana Sorden ne ferait pas long feu à Poudlard. Peut-être qu'elle pourrait devenir la nouvelle reine printanière à Azkaban Hebdo.

RP TERMINE POUR CHARLIE






Emma BlackbonnesApprentie au Département des Mystèresavatar
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Lorsqu'elle eut terminée de répondre aux questions posées, Emma s'était attendue à un autre flot de question ou à une arrestation mais pas à un silence. Elle vit l'Auror Meyer se lever et se diriger vers Seamus Finnigan, elle les entendit chuchoter dans un coin de la pièce sans pouvoir comprendre ce qu'ils disaient. Elle sentit alors la main du professeur McGonagall se poser sur son épaule. Elle releva légèrement la tête et lui sourit faiblement. La directrice allait certainement bien profiter de sa retraite après une année aussi chaotique. C'était en partie à cause d'elle, si elle n'avait pas été aussi naïve peut-être que tout ceci ne serait jamais arrivé.

Elle vit les deux Aurors revenir vers elle et la jeune femme lui expliqua la suite des événements. Il allait falloir qu'elle aille au bureau des Aurors avec ses parents, à cette pensée elle pâlit légèrement, elle n'était pas prête à affronter le regard de sa mère et son père qu'allait-il dire ? Ou alors peut-être allaient-ils tout simplement l'ignorer, faire comme si elle n'était plus leur fille. Ils se déplaceraient uniquement pour le côté procédurier et légal de la chose. Elle hocha la tête pour promettre qu'elle ne parlerait pas de ce qui s'était passé, sauf à Clara, elle méritait bien une explication et elle était certaine que son amie serait capable de garder le secret.

Donc au final, elle pouvait promettre, elle ne ferait rien qui compromettrait cette enquête de toute façon, elle voulait que Ana Sorden soit punie pour toutes les mauvaises choses qu'elle avait faites. Puis l'interrogatoire fut terminée, elle se leva de sa chaise alors que tout le monde se remerciait et se disait au revoir. Ils sortirent tous du bureau, le laissant étrangement silencieux, elle salua alors rapidement sa directrice et quitta le bureau à son tour pour rejoindre son dortoir. Elle n'avait pas encore la force de supporter le regard des autres sur elle. Il fallait qu'elle souffle et qu'elle repense à tout ça calmement. Elle avait aussi besoin d'être seule avant de raconter toute cette histoire à Clara, avant d'affronter ses parents. Elle avait peur que Ana Sorden puisse s'en sortir malgré tout, peur de ce que lui réservait l'avenir. Le procès serait-il pour bientôt ou devrait-elle attendre encore longtemps avant de pouvoir passer à autre chose ?

Fin du Rp


The past is not anymore, the present passes, and the future is uncertain
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Les conséquences de nos actes [Lilly et Emma]

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