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 Ceux qui trompent l'ennui [Lilly]

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Vendredi 22 Juin 2007

Eliott poussa la porte du Circée, où il devait attendre Charlotte. Il avait profité d'être à Bristol pour passer voir son frère et prendre des nouvelles du reste de la famille. Lorsqu'Andrew avait appris qu'il allait au Circée, bar qu'il connaissait visiblement plutôt bien, il avait exprimé son regret de ne pas pouvoir l'accompagner -parce qu'il avait du travail, et qu'il ne voulait pas tenir la chandelle- et lui avait assurer que l'une des serveuse était vraiment mignonne. Eliott promena son regard à la recherche d'une jeune femme susceptible de plaire à son frère et décida que cela devait être la petite blonde, dont le visage lui était vaguement familier. Il ne manquerait pas de charrier son frère à son propos la prochaine fois qu'il le verrait. Andrew venait de fêter ses 27 ans après tout, il était temps qu'il se marie avec une jeune femme convenable et ait plein d'enfants, c'était lui le fils modèle après tout, qu'il assume un peu son statut d’héritier. Pauvre Andrew.

Il s'installa à une petite table dans le fond de la pièce, et commanda une bière en attendant Charlotte. Il porta la bouteille à ses lèvres et observa les personnes présentes dans la pièce. Charlotte lui avait expliqué que c'était le bar préféré des membres de la justice magique, aurors, oubliators, officiers de la police magique. Il faillit s'étouffer en croisant brièvement le regard de Jake McGowan, un badge de la police magique scintillant accroché au-devant de son uniforme. Il plaignait sincèrement les voyous qui avaient eu à faire à lui, il les avait sans doute massacrer, ou leur avait flanqué la peur de leur vie. Le jeune homme avait dû sentir qu'Eliott l'observait car il tourna à son tour la tête vers lui et lui adressa un regard noir dès qu'il le reconnut, qu'Eliott lui rendit avant de détourner les yeux. S'attirer des ennuis avec un officier de la police magique ne figurait pas parmi ses priorités. Heureusement que Jake McGowan était moins violent que son ainé, Eliott et Ethan aurait été incapable de rester dans la pièce sans en venir aux mains. Il ne comptait plus les fois où ils avaient tous les deux atterri dans le bureau d'un professeurs, le nez ou la lèvre en sang et un joli coquard autours de l’œil. Il se souvenait s'être battu avec Jake à quelques reprises également, mais il avait toujours été évident que ce dernier n'intervenait que pour soutenir son frère, même si ce dernier était loin d'avoir besoin d'aide. Paige lui avait raconté que la petite sœur McGowan n’avait rien à envier à ses frères, les élèves de Poudlard n’avait pas fini de prendre des coups de batte dans les dnets.

Tout à ses souvenirs de ses jeunes années, Eliott termina lentement sa bouteille de bieraubeurre et jeta un coup d’œil à l'horloge accrochée dans un coin. Charlotte lui avait dit qu'elle serait là pour 20h. Elle avait quelques minutes de retard, elle devait sans doute être retenue au travail. Il patienta encore un moment en jetant des regards fréquents du côté de l'horloge. Non pas qu'il n'appréciait pas l'endroit, mais il aurait préféré une autre compagnie que celle de McGowan, dont il sentait toujours le regard dans son dos. Alors qu'il commençait à désespérer et à se demander s'il ne s'était pas trompé de date - on était bien vendredi ?- il crut voir Lilly pousser la porte du bar.

Il avait déjà croisé Lilly à quelques reprises depuis qu'il sortait avec Charlotte -soit depuis le 31 Janvier- et il avait pu constater que les deux jeunes femmes étaient restées aussi proches et complices qu'à l'époque où ils étaient à Poudlard. Il les enviait un peu, lui avait perdu contact avec tous ses anciens amis, mais se réjouissait pour elle. Il héla la jeune femme et lui fit un signe de la main, elle tourna la tête dans sa direction et s'approcha. Il l’accueillit avec un sourire avant de se lever pour lui faire la bise.

"Salut Lilly, tu vas bien ?"

Il sa rassit à sa place avant de l'inviter à faire de même. Il aimait bien Lilly, c'était une véritable tornade et elle devait être fatigante au quotidien mais elle était sympa, sa compagnie était rafraichissante. Et il avait été ravi d'apprendre qu'elle sortait toujours avec Jensen, il était un peu le couple emblématique des Gryffondor à une époque. Il adorerait revoir Jensen un jour d'ailleurs, son ancien camarade était peut-être celui grâce à qui il s'était intéressé aux moldus, et ils s'étaient toujours très bien entendu tous les deux.

"Et félicitations pour ton mariage ! lança-t-il avec un large sourire. Je n'ai même pas pensé à te le dire la dernière fois, il faudra qu'on sorte tous les quatre un soir, suggéra-t-il. En tout cas je vous souhaite plein de bonheur ! Je trinquerai bien mais mon verre est vide, tu bois quelque chose ? proposa-t-il en jetant un coup d'oeil derrière lui à la recherche d'une serveuse. J'attends Charlotte, elle ne devrait pas tarder, je crois."



Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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« Je lui dirais, bon courage ! » s’exclama Lilly avant d’adresser un dernier sourire à sa meilleure amie et de tourner les talons, quittant le bureau des Aurors.

Elle était passée voir Charlotte pour lui proposer d’aller boire un verre au Circée pour finir la journée, et avait trouvé cette dernière plongée dans un dossier volumineux. Elle lui avait alors annoncé être de garde cette nuit, et l’avait priée de bien vouloir prévenir pour elle son petit-ami avec qui elle avait rendez-vous dans la soirée. La jeune femme avait accepté sans problème. De toute façon, elle avait prévenu Jensen qu’elle ne rentrerait pas ce soir, préférant passer la nuit chez elle. Les préparatifs du mariage s’accéléraient, encore plus que quelques mois plus tôt. Dans près de quatre mois, elle deviendrait madame Arcker. Cette pensée lui arracha une grimace, et elle soupira. Le mariage lui sortait complètement par les yeux, elle n’en pouvait plus. Sa mère la tannait depuis deux semaines pour qu’elle choisisse son bouquet, et son père courrait après des boutons de manchette qui iraient avec sa veste. Jensen, lui, n’avait que ce mot à la bouche. Mariage, mariage, mariage. Encore et toujours. Et quand elle parvenait à lui faire oublier cet événement quelques instants, usant de moyens digne d’une parfaite Serpentard, il recommençait après. Daniel la charriait avec ça également, sifflait parfois la marche nuptiale sur son passage, et s’amusait à l’appeler « madame Arcker » dès qu’il le pouvait. Elle, au milieu de tout ça, en avait marre. Où qu’elle aille, tout lui rappelait son mariage, et elle avait envie plus que jamais de pouvoir tout oublier. Juste quelques instants, pas longtemps. Le temps d’une soirée avec Charlotte, par exemple.

Enfin, songea-t-elle en souriant à Isy qui avait terminé sa journée, elle ne voyait pas d’inconvénients à passer la soirée chez elle, affalée sur le canapé, devant la télé, mangeant chips et compagnie. Elle avait juste besoin de ne plus penser à ça. Aussi, elle prit une longue inspiration, et chassa cette pensée de son esprit en détachant ses cheveux qu’elle avait rassemblés en queue-de-cheval lors de la journée. Elle étouffa un bâillement d’une main, et s’étira, avant de pousser la porte du Circée. Balayant la salle du regard, elle repéra quelques Aurors dont elle se souvenait vaguement, des Oubliators qu’elle salua d’un signe de main, le barman qui lui adressa un sourire auquel elle répondit, et Eliott, assit seul à une table, qui la hélait d’un signe de main. Elle se dirigea vers lui, et lui déposa deux bises sur les joues pour le saluer.

« Salut ! Bien, et toi ? »

Elle avait croisé Eliott quelques fois depuis qu’il sortait avec Charlotte, mais n’avait jamais eu l’occasion de lui reparler réellement. Ils s’entendaient bien à Poudlard, mais sans plus. Elle força quelque peu son sourire à l’entente des félicitations que lui adressait le jeune homme pour son mariage et approuva d’un hochement de tête sa proposition – pourquoi pas après tout, Jensen ne n’oserait peut-être pas parler robes et costumes à Eliott.

« Merci ! » répondit-elle avant de poursuivre : « Et je serais ravie de trinquer avec toi, si tu me jures de ne pas parler de mon mariage. » plaisanta-t-elle – à moitié. « Désolée mais là, je commence à saturer, les préparatifs, c’est bien trop long. » d’ailleurs, si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait volontiers organisé un mariage bien plus petit, avec ses amis et sa famille, sans s’encombrer des détails comme les serviettes où les boutons de manchettes. « Oui, en parlant de Charlotte, c’est elle qui m’envoie ! Elle est de garde, donc coincée au bureau, elle ne pourra pas venir. expliqua la jeune femme. « Par contre, si tu as un peu de temps, je serais ravie d’avoir un peu de compagnie le temps d’un verre ! » proposa-t-elle avant de commander un whisky à une serveuse qui passait à côté d’elle.

« Mais si tu es pressé, je comprendrais. » ajouta-t-elle avec un sourire.


Au nom de tous nos camarades

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Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

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- Eluard

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott fut un peu étonné d'entendre Lilly le supplier de ne plus parler mariage. Il n'avait jamais fréquenté d'autres futures mariées mais s'était toujours imaginé que les filles devaient adorer parler mariage. La plupart aimaient déjà parler de chaussures et de robes en temps normal -Paige pouvait tenir plus de dix minutes sur une paire de boucle d'oreilles- et pour une fois elles pouvaient le faire pendant des mois durant sans que personne n'ait le droit de râler sous peine de passer pour un rabat-joie. La jeune femme ajouta que les préparatifs étaient longs et qu'elle commençait à saturer, et il hocha la tête avec compréhension. Il n'avait jamais été très organisé -et c'était un euphémisme- et il serait surement complètement dépassé face à la montagne de détails à régler pour organiser un mariage. Qui se souciait de la couleur des serviettes, honnêtement ?

"Plus de mariage, promis !" assura-t-il en levant les deux mains pour prouver sa bonne foi.

Lilly lui expliqua alors que c'était Charlotte qui l'envoyait, car elle était coincée au bureau pour la nuit. Il ne put retenir une moue déçue, mais se reprit rapidement en se disant que sa petite amie devait être plus à plaindre que lui. Si elle devait restée au boulot toute la nuit c'était surement parce qu'il y avait une montagne de choses à faire. Et puis ils trouveraient bien un moment pour se voir ce week-end. Il savait que Charlotte s'était séparée de son ancien petit-ami parce que ce dernier trouvait qu'elle était trop prise par son travail, il faisait particulièrement attention à ne pas se retrouvé dans le même état d'esprit. Il savait qu'elle avait un travail prenant et il s'était engagé avec elle en connaissance de cause, alors il le respectait.

"Avec plaisir !" répondit-il quand Lilly lui proposa de prendre un verre.

Il commanda la même chose que la jeune femme à la vendeuse qui passait près de leur table et celle-ci revint un instant plus tard avec deux verres de whisky. Eliott trinqua avec son ancienne camarade avant de boire une gorgée du liquide ambré. En promenant son regard autours de lui il se dit que Lilly devait bien connaitre l'endroit maintenant qu'elle était apprentie oubliator. Ça devait être un métier intéressant. Il aurait adoré discuter avec des moldus ayant découvert la magie, avant qu'on ne leur efface une partie de la mémoire. Il devait y avoir des réactions originales. Au moins maintenant il saurait vers qui se tourner s'il faisait une nouvelle gaffe qui finissait par dévoiler le secret magique.

"Charlotte m'a dit que tu allais devenir oubliator, ça te plait ?"

Sa petite amie lui avait aussi raconté que Lilly avait fait le tour du monde avant de commencer cette formation, et à vrai dire c'était cette partie là qui l'avait le plus intéressé. Ça devait être génial de partir tout explorer, de tout voir, de tout découvrir. Et quelle liberté, de pouvoir aller où on le voulait, quand on le voulait, sans se retourner, uniquement guidé par son instinct et ses envies. La jeune femme avait dû voir des choses incroyables, découvrir des cultures riches et variées, assister à des spectacle grandioses. Il l'enviait un peu quelque part, et il se demandait s'il aurait été capable d'en faire autant. L'idée de partir ne l'effrayait pas, il se savait parfaitement capable de tout plaquer du jour au lendemain sur un coup de tête, mais pas tout seul. Il avait beau se dire qu'il était indépendant, qu'il était très bien en solitaire, il savait qu'il ne le faisait que pour mieux gérer l'éloignement avec sa famille. En vérité il n'avait jamais été fait pour la solitude. Il avait besoin de personnes avec qui partager sa vie et de gens sur qui compter, alors se retrouver seul au milieu de nul part ne le tentait pas outre mesure.

"Pas trop dur de rester à Londres après avoir couru le monde ?" reprit-il avant de porter une nouvelle fois son verre à ses lèvres.


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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« Merci ! » ria-t-elle alors qu’Eliott lui assurait de ne plus parler du mariage.

Elle se doutait bien que ce n’était pas forcément ce qu’on attendait d’elle. Au contraire, on s’attendait sûrement qu’elle amène le sujet d’elle-même, qu’elle en parle, encore et encore. Qu’elle explique les préparatifs dans les moindres détails au premier malheureux qu’elle aurait sous la main. Qu’elle se mette à parler serviettes lilas, nappes blanches, alliances et voyage de noce. Le problème étant que dans cette histoire, c’était elle, la première malheureuse à qui l’on rabâchait tous ces détails sans cesse. « Tu n’oublieras pas de contacter la vendeuse pour une retouche. » « Tu as pensé au choix des plats ? » « Les nappes, tu les préfères qu’on les prenne en blanc, ou en blanc cassé ? » « Quelle teinte de lilas tu préfères ? » « Tu as commencé le plan de table, Lilly ? » Par Merlin, elle voulait qu’on la laisse tranquille. Elle n’avait pas contacté la vendeuse, elle se fichait bien des plats, elle n’avait aucun avis sur la couleur des nappes ou sur la teinte du lilas, et non, elle n’avait pas encore commencé à réfléchir au plan de table. Parce qu’elle devait bien l’avouer, elle n’en avait rien à faire. Elle n’avait jamais voulu de grand mariage. Elle n’avait jamais rêvé d’une belle robe blanche, et d’une entrée à l’église sur une musique douce, ni même de pétales de roses à la sortie. A vrai dire, si on lui avait laissé le choix, elle aurait nettement préféré un petit mariage, simple, avec seulement quelques amis proches, et sa famille. Pas de grandes réceptions, juste un dîner sympa, avec la possibilité de danser après. Mais voilà, le problème, c’était que Jensen, lui, voyait les choses en grand. En très grand. Trop grand.

Soupirant, Lilly chasse ces pensées loin – très loin – de son esprit, et reporta son attention sur Eliott qui l’interrogeait sur sa formation. Elle hocha la tête avec un sourire.

« Oui, beaucoup. J’avoue, en m’engageant dans cette formation, j’étais assez hésitante… Mais il faut croire que je suis bien tombée. »

Et elle avait de la chance d’avoir trouvé sa voie, alors qu’au départ elle n’était même pas certaine que cela lui plairait. Puis, au fil des jours, des mois, elle avait appris à aimer son métier. Plus que ça, même. Elle s’était attachée à ses collègues, et s’était engagée pleinement et complètement dans son métier. Elle s’y épanouissait, désormais, aussi étrange que cela puisse paraître venant d’elle. Mais elle avait assouvi ses besoins de découvrir le monde en le parcourant pendant quelques années, et pouvait donc à présent se poser bien plus tranquillement qu’elle l’aurait fait à sa sortie de Poudlard.

« Et toi ? Tu es passionné par ce que tu fais, m’a dit Charlie… »

Eliott Warlock, chauffeur de taxi. Elle devait l’avouer, lorsque Charlotte lui avait annoncé, elle avait eu du mal à la croire. Certes, le jeune homme n’était pas connu pour être le meilleur élève de leur promotion, mais elle avait toujours pensé que la pression familiale aurait fini par le faire céder et le diriger vers un métier « respectable. » Visiblement, Eliott avait su imposer ses choix à sa famille. Ce n’était décidemment pas un Gryffondor pour rien, sourit-elle en avalant un gorgée d’alcool. Comme elle, à vrai dire, qui n’avait pas non plus céder à la pression familiale. Il fallait dire que ses parents n’étaient pas très emballés pour qu’elle voyage à la fin de sa scolarité… Ils auraient préféré qu’elle se trouve une formation stable qui lui assure un emploi stable. Mais depuis toute petite, elle avait eu ce rêve, celui de voir le monde, le monde tout entier, et ne pas se contenter de la petite partie qu’est la Grande Bretagne.

« Ça me manque, parfois. » avoua-t-elle. « Souvent, même. J’ai vu des choses incroyables, je n’ai jamais regretté un seul de mes voyages. Là-bas, j’étais seule, autonome. Je me débrouillais comme je le pouvais, et je finissais toujours par trouver une manière de m’en sortir. Et j’ai fait des rencontres formidables, aussi. » déclara Lilly alors qu’un sourire rêveur se dessinait sur ses lèvres, alors qu’elle y repensait. « Effectivement, ça n’a pas été facile de retrouver Londres, après ça. Mais je suis contente d’être rentrée, plusieurs personnes me manquaient. »

Comme sa Charlie, par exemple, de laquelle elle avait été éloignée plusieurs années. Et c’était difficile, à vrai dire, de se retrouver du jour au lendemain séparée d’une personne à qui elle tenait vraiment, de sa meilleure amie depuis sa première année à Poudlard.

Et, les heures s’écoulèrent, les unes après les autres. Du côté de Lilly, de nombreux verres furent vidés, parce qu’elle avait l’inexplicable envie et l’inexplicable besoin de boire. Pour oublier, peut-être un peu. Pour oublier cette pression qui l’étouffait. Alors elle buvait, peut-être un peu plus que ce qu’elle n’aurait dû le faire. Et elle riait, beaucoup, souriait, aussi. Et le temps passait. Il était de bonne compagnie, Eliott.


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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"Tant mieux !" répondit-il quand Lilly lui assura qu'elle se plaisait bien dans sa formation, même si elle avait été un peu hésitante au début.

Eliott était content pour elle qu'elle ait trouvé sa voie, ce n'était pas toujours évident. Beaucoup d'élèves n'avaient pas la moindre idée de ce qu'ils voulaient faire en sortant de Poudlard, lui-même en avait fait partie. Certains suivaient leurs envies, d'autres intégraient des formations qui ne leur correspondaient pas vraiment, surement poussés par leurs parents. Il se demandait ce que la famille de Lilly avait pensé du fait qu'elle parte explorer le monde dès ses ASPIC obtenus. Il imaginait bien que cela ne les avait pas ravi, mais il fallait bien que les Gryffondors entretiennent un peu leur réputation de rebelles, le mythe finirait par s'effondrer sinon.

Il hocha la tête en souriant quand elle lança qu'il avait l'air d'aimer ce qu'il faisait lui aussi. Il n'avait pas oser demander à Charlotte de garder le secret sur ce point. Il mentait à suffisamment de personne comme ça, il n'allait pas forcer la jeune Auror à mentir à sa meilleure amie. Et puis c'était un changement bienvenue que de ne pas devoir prétendre être étudiant en médicomagie alors qu'il n'était même pas fichu de se souvenir du nom de se prétendue spécialité. de toute façon il faisait confiance à Lilly, elle n'allait pas aller hurler sur tous les toits que le fils du n°1 du SPAM avait quitté complètement le monde magique pour devenir chauffeur de taxi. Et puis au pire tant pis, il faudrait bien que cela se sache un jour. Son père en serait malade, mais il s'en remettrait.

"Oui ça me plait bien, j'adore rencontrer du monde, et puis je suis plutôt libre comme ça."

Il avait un sérieux problème avec les responsabilités, c'était presque pathologique. Les contraintes, les comptes à rendre, les règlements à respecter, tout ça ce n'était vraiment pas pour lui. D'après ce que Charlotte lui disait sur Lilly cette dernière lui ressemblait un peu sur ce point là.

Comme il s'y était attendu, la jeune femme lui avoua que voyager lui manquait un peu, mais qu'elle était contente d'être rentrée, plusieurs personnes lui manquaient. Eliott hocha la tête, s'imaginant que cela avait du être dur pour elle d'être séparée de Jensen si longtemps, et pour lui aussi. Il ne se rappelait même plus depuis combien de temps ces deux-là étaient ensembles, il semblait que cela durait depuis toujours. Il se souvenait qu'en cinquième année déjà lui et ses camarades de dortoirs adorait se moquer gentiment de Jensen, fou amoureux de sa Lilly. Ils étaient tous jaloux en réalité, parce que Jensen avait une copine alors qu'eux étaient toujours célibataires, mais ils ne l'auraient jamais avoué, évidement.

La conversation continua ainsi pendant quelques heures, ils parlèrent de leurs vies respectives, de leur années à Poudlard, de tout -sauf de mariage- et surtout de rien. Ils vidèrent quelques verres et Eliott fut forcé de remarquer que Lilly avait une sacré descente, elle avait bu plus que lui et semblait d'humeur de plus en plus légère. Elle allait finir la soirée complètement ivre si elle continuait ainsi, et lui même devait reconnaitre qu'il commençait à rire un peu trop facilement, peut-être un peu trop fort aussi. Heureusement, le bar se vidait peu à peu. Il n'avait pas la moindre idée de l'heure mais il devait être assez tard.

"Tu vas réussir à transplaner après tout ça ? demanda-t-il avec un sourire amusé. J'espère que tu n'habites pas loin et que tu peux rentrer à pieds, sinon je vais devoir te raccompagner en transplanage d'escorte et je ne te garantis pas qu'on arrivera entiers."

Il avait bu pas mal aussi, quoiqu'un peu moins que la jeune femme - et il espérait avoir une meilleure résistance à l'alcool quand même- et puis il avait perdu un peu l'habitude de transplaner, même s'il lui arrivait encore de se déplacer de cette façon quand il était dans le monde magique.


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Elle n’était pas faîte non plus pour les responsabilités, songea Lilly alors qu’Eliott évoquait sa liberté. Elle avait déjà du mal à être à l’heure aux rendez-vous qu’on lui donnait, à vrai dire. Ce n’était pas vraiment de sa faute, ce n’était pas volontaire – la plupart du temps. Mais elle n’était pas responsable, elle le savait et ses proches également. Oh, elle s’était améliorée, depuis l’époque de Poudlard, et ce n’était pas peut dire. Mais malgré cette amélioration notable, elle restait toujours incapable d’assumer seule et pleinement son rôle « d’adulte responsable. » Payer les factures à temps lui sortait complètement de la tête, comme les dates d’anniversaires – outre celle de Charlotte, qu’elle avait toujours bien retenue – ou bien encore les détails futiles – et moins futiles – de sa propre vie. Elle détestait les contraintes, en réalité, et les responsabilités en étaient – au même titre que les animaux, d’ailleurs. Alors oui, sa mère se plaignait sans cesse qu’elle restait une grande adolescente, qu’il fallait toujours tout lui rappeler, qu’elle n’était pas capable de se débrouiller par elle-même. A ce dernier argument, Lilly opposait le fait qu’elle se soit très bien débrouillée lors des quelques années où elle avait parcouru le monde – seule. Bon, ce n’était pas tout à fait vrai, puisqu’à plusieurs reprises, elle s’était retrouvée sans argent, et avait dû dormir quelques fois à la belle étoile car elle n’avait aucun endroit où aller. Mais outre ces légers détails sans grandes importances, elle s’en était très bien sortie ! D’ailleurs, elle était bien revenue entière de ses voyages, n’est-ce pas ? Alors c’était le principal. Mais elle devait bien l’avouer, elle n’était décidemment pas un modèle. Heureusement qu’elle pouvait compter sur sa meilleure amie. Elle serait perdue, sans elle, réalisa la jeune femme en retenant un sourire. Elle serait toujours perdue sans Charlotte.

Les heures passèrent rapidement, sans qu’elle ne les vit passer. Elle but quelques verres de trop, sans doute. Elle riait un peu trop, et un peu trop fort. Ses joues se colorèrent rapidement, et elle ne ressentit pas l’envie d’arrêter. Elle avait toujours eu une assez bonne résistance à l’alcool, et buvait souvent beaucoup plus qu’elle ne le devrait sans s’en rendre compte. Elle commençait pourtant doucement, puis accélérait sa descente de verre. Elle aimait boire, elle l’avouait. Pas lorsqu’elle était toute seule chez elle, évidemment – là, elle se contentait d’un verre de jus de citrouille – mais lorsqu’elle sortait, elle se plaisait à retrouver cette sensation que l’alcool pouvait lui procurer. Aujourd’hui, c’était encore différent. C’était une envie, un besoin, presque. C’était pour ne plus penser. Oui, pour arrêter de penser, juste le temps d’une soirée, à ce stupide mariage. Et voilà qu’il revenait dans ses pensées, constata-t-elle amèrement en finissant un nouveau verre. Pourquoi n’arrivait-elle pas à oublier quelques minutes ce malheureux évènement ? Et son fiancé par la même occasion, tiens, songea la jeune femme, un peu perfide. Oh, elle l’aimait pourtant, Jensen ! Elle l’aimait depuis longtemps, et vraiment. Mais… Elle n’en pouvait plus. Non, définitivement, elle n’en pouvait plus, elle saturait. Du mariage, certes, mais de Jensen également. Jensen qui n’avait que ce mot à la bouche, Jensen qui ne semblait pas vouloir avoir un autre sujet de conversation avec elle que celui-là, Jensen qui ne s’intéressait qu’à peine à ce qu’elle faisait réellement, tant il était plongeait dans les détails futiles. Voilà, c’était dit – enfin, pensé – elle en avait marre. Marre, marre, marre.

Elle termina encore quelques verres, pour chasser ces dernières pensées de son esprit, et recommença à rire et à sourire de plus en plus. C’était facile, d’oublier. C’était tellement facile, que cela devenait de plus en plus attirant dans son esprit. Ça lui faisait du bien, surtout. Ne plus penser. Se contenter d’agir, de parler de tout et de rien – surtout de rien, voir même de n’importe quoi. Peu à peu, le bar se vida. Les Oubliators s’en allèrent, les Aurors également. Restèrent les habitués, un homme pour faire des avances à une jolie serveuse – Lilly lança à ce dernier un regard noir, et bien qu’elle se débrouille plutôt bien en duel, elle se savait bien incapable de lancer le moindre sort dans cet état – et quelques employés. Elle éclata de rire à la remarque d’Eliott, et haussa les épaules. Transplaner ? Elle n’en serait pas capable. Ou alors, c’était à ses risques et périls, et elle avait déjà entendu des récits assez moches de personnes ayant été désartibulées alors qu’ils transplanaient en état d’ivresse. Et elle préférait éviter ça, merci pour elle.

« J’habite à Londres. » expliqua-t-elle en riant – la situation lui semblait assez drôle, et pourtant il n’y avait pas de quoi. « Mais je ne suis pas certaine que le transplanage d’escorte soit une bonne solution, on risque de finir à St Mangouste… » déclara l’apprentie Oubliator en haussant les épaules. « Enfin, je te fais confiance ! Si tu dis pouvoir transplaner, je te crois… Personnellement, je me demande si je peux encore tenir debout. »

Joignant le geste à la parole, elle entreprit de se lever. Trop rapidement cependant, puisqu’elle vacilla et retomba sur la banquette, à côté d’Eliott, avec un éclat de rire. Non, décidemment, elle n’était pas apte à faire quoique ce soit. Et encore moins à penser clairement, à vrai dire. Elle tourna la tête vers le jeune homme et croisa son regard avant de se mettre à rire doucement. Elle riait beaucoup trop, mais ce n’était pas nouveau, elle avait toujours eu le rire facile. L’esprit embrumé par l’alcool, elle se redressa, adressa un sourire à Eliott, et continua à l’observer, alors qu’elle se rapprochait légèrement de lui. Sans vraiment en connaître la cause, un autre éclat de rire franchit ses lèvres, alors qu’elle penchait la tête, et qu’elle les posait sur celles du jeune homme.

Ça ne dura qu’une seconde – deux ou trois, peut-être – avant qu’elle ne recule, pas encore consciente de ce qu’elle venait de faire. Dans son esprit, c’était presque la logique qui voulait qu’elle l’embrasse. Dans son esprit embrumé, c’était ce qui lui avait soufflé une petite voix intérieure. Cette même petite voix qui siffla un Charlotte perfide. Charlotte. Charlotte. Ses yeux s’écarquillèrent, alors qu’elle sentait ses poings se serrer et son corps se tendre. Elle eut l’impression que sa respiration était coupée, mais n’osa pas jeter un coup d’œil à Eliott.

« Oh, Merlin. » lâcha-t-elle avant de jurer tout bas.

Que venait-elle de faire ? Elle avait sérieusement embrassé Eliott ? Le petit-ami de Charlotte ? Charlotte sa meilleure amie depuis toujours ? Elle avait sérieusement faire ça ? Non. Non, elle rêvait. Non ? Venait-elle réellement de l’embrasser ? Comme ça ? Sans prévenir ? Juste parce qu’elle… Parce que quoi, en fait ? Pourquoi diable avait-elle fait ça ? Comment avait-elle pu faire ça, plus simplement ? Dans un éclair de lucidité, toutes ces questions trouvèrent des réponses. Oui, elle l’avait sérieusement fait. Parce qu’elle était lasse, fatiguée de ce mariage. Parce qu’Eliott était de bonne compagnie, parce qu’il s’était intéressé à elle, à ce qu’elle faisait, contrairement à Jensen ces derniers temps, parce que le sujet du mariage n’était pas été abordé une seule fois pendant cette soirée. Et elle avait pu faire ça parce qu’elle était une personne stupide, une meilleure amie horrible.

Elle ferma les yeux – forts. Elle pouvait encore se réveiller.


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott joignit son rire à celui de Lilly quand celle-ci expliqua qu'elle habitait à Londres et qu'elle n'était absolument pas capable de transplaner dans un état pareil. Concrètement, la situation n'avait pas grand-chose de drôle, ils habitaient tous les deux Londres et étaient tous les deux à Bristol et trop ivres pour transplaner. Quand on y pensait bien, c'était même potentiellement problématique, mais son esprit embrumé trouvait ça particulièrement drôle. Il haussa les épaules quand la jeune femme assura lui faire confiance s'il se pensait capable de transplaner. Il n'en avait pas la moindre idée, il avait toujours eu du mal à évaluer son taux d'alcoolémie. Il était de ceux qui se croient encore capable de préparer un filtre de mort vivante alors qu'ils tiennent à peine sur leurs jambes. Lilly avait probablement raison, ils risquaient de finir à Sainte-Mangouste s'ils transplanaient.

Ils n'avaient plus qu'à attendre un moment, histoire de dessoûler un peu, ils n'étaient pas pressés après tout. Il passait un bon moment, Lilly était de bonne compagnie et ils s'amusaient bien, alors rien ne les obligeait à partir. On finirait probablement par les mettre dehors, le Circée ne restait certainement pas ouvert toute la nuit, mais en attendant ils pouvaient très bien restés là. Eliott éclata de rire quand la jeune femme s'échoua lamentablement sur la banquette à côté de lui après avoir tenté de faire quelques pas. Il se moquait, mais à vrai dire il n'était pas certain de pouvoir faire mieux. Il tourna la tête vers Lilly qui riait toujours, l'aida un peu à se redresser et lui rendit son sourire. Une partie lucide de son esprit lui fit remarquer que la jeune femme l'observait depuis trop longtemps, mais il n'y prêta pas attention. Ils étaient ivres, ils auraient très bien pu fixer le vide pendant quinze minutes sans s'en rendre compte. Il eut l'impression de voir une Lilly un peu floue s'approcher de lui au ralentit et avant qu'il n'ait eu le temps de trouver ça bizarre, la jeune femme posa ses lèvres sur les siennes.

Il ne réalisa même pas ce qui se passait et resta immobile une seconde, deux, trois. Trois secondes pendant lesquels ce qui restait de sa raison s’échinait à lui faire comprendre la situation et au cours desquels il se raidit peu à peu. Lilly était en train de l'embrasser, Lilly la meilleure amie de Charlotte, Lilly la fiancée de Jensen. C'était impossible. Ça ne pouvait pas être en train d'arriver. Non, il sortait avec Charlotte, et on n'embrassait pas le petit-ami de sa meilleure amie. Non, ce n'était pas ce qu'il croyait. Il était ivre, ou en train de cauchemarder, ou fou. Non, ce n'était pas possible. Il refusait tout simplement d'admettre que c'était en train de se passer. Pourtant quand Lilly se sépara de lui, il comprit à son regard horrifié que si, c'était arrivé. Instinctivement, il s'éloigna d'elle, écarquillant les yeux d'effroi à son tour.

"Bordel..." souffla-t-il alors qu'il réalisait l'ampleur de la catastrophe.

Lilly l'avait embrassé. Ils s'étaient embrassés. Alors qu'il sortait avec Charlotte. C'était moche, très moche. C'était même affreux. Il avait beaucoup de défauts mais n'était décidément pas du genre à être infidèle et jamais il n'avait voulu que ça arrive. Ça n'aurait pas dû se produire, il ne comprenait même pas comment ils en étaient arrivés là. Et Pourquoi ? Il était amoureux de Charlotte, et Lilly de Jensen, comment avait-elle pu faire ça ? Tout allait très bien, il était très heureux avec Charlotte, Lilly allait se marier, tout se passait pour le mieux mais maintenant tout ça était en péril à cause d'un stupide baiser.

"Mais...Qu'est-ce que t'as fait ?" s'écria-t-il un peu trop violemment, faisant se retourner une des serveuses du bar.

Il réalisa aussitôt que crier sur Lilly n'était certainement pas la chose à faire, et que ça n'arrangerait rien, et il attrapa son verre de whisky à moitié vide pour le vider d'une traite avant de marmonner des excuses à l'intention de la jeune femme. Il ne voulait pas lui en vouloir, elle était ivre et sans doute complètement inconsciente de ce qu'elle faisait, et pourtant ce serait tellement plus simple, de rejeter toute la faute sur elle, de ne pas culpabiliser. Mais il culpabilisait déjà, sans trop savoir pourquoi. Il s'en voulait juste d'avoir été là, d'avoir ri, et un peu trop bu, de ne rien avoir vu venir, d'avoir laissé ça arriver. Ils avaient trahi la confiance de Charlotte, comment avaient-ils pu faire ça ? Il reposa bruyamment son verre sur la table avant d’attraper sa tête entre ses mains, espérant que ça l'aiderait à réfléchir. Une solution, il y avait forcément une solution. Peut-être que les oubliators pouvaient remonter le temps, non ? Non.

Évidement ils pouvaient choisir d'oublier ce fâcheux incident et de ne rien dire à personne. Cela aurait peut-être été la meilleure solution, celle qui blesserait le moins de monde, mais il se savait incapable de faire ce choix et de l'assumer. Il ne pourrait pas cacher ça à Charlotte, elle remarquerait forcément qu'il y avait quelque chose d'étrange, il se voyait déjà frôler l'arrêt cardiaque chaque fois qu'elle prononcerait le prénom de Lilly, ce qui arrivait souvent. Et il ne voulait pas le lui cacher, si ça devenait réellement sérieux entre eux il s'en voudrait toute sa vie de ne lui avoir rien dit. Ils devaient dire la vérité, oui, mais que se passerait-il ensuite ? Il aurait voulu croire que tout reprendrait comme avant, que ce serait vite oublié, qu'un jour ils arriveraient à en plaisanter, mais avait du mal à se convaincre. Et si Charlotte ne leur pardonnait pas cette erreur, jamais ? Cette pensée lui arracha un profond soupir et il releva finalement la tête pour se tourner vers Lilly.

"Qu'est-ce qu'on fait ?"


Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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« Ce qu’elle avait fait ? » songea-t-elle en retenant de justesse une remarque cinglante – et déplacée puisque c’était elle qui était en tort – Lilly baissa simplement les yeux, et prit une longue inspiration pour calmer son cœur, qui semblait vouloir la faire souffrir un peu plus à chaque battement. Intérieurement, elle se gifla, et se mordit l’intérieure de la joue, si fort qu’elle eut l’impression d’en saigner. Une pensée s’imposa alors à son esprit. Si elle avait certes embrassé le petit-ami de sa meilleure amie, elle avait également trompé Jensen. Ses yeux s’écarquillèrent alors que cette horrible vérité se faisait de plus en plus claire dans sa tête. Elle venait de tromper Jensen. Le garçon avec qui elle était depuis près de sept ans. Sept ans. Son fiancé, celui avait qui elle devait se marier, en octobre prochain. Jensen, son tout premier amour, et son tout premier petit-ami. Jensen, qui était fou amoureux d’elle, qui aurait donné sa vie pour elle. Jensen, son meilleur ami depuis sa première année. Et elle avait trompé Jensen avec le copain de Charlotte. De Charlotte. De sa Charlie. De sa meilleure amie, depuis la première année également. Celle qui l’avait supporté depuis ses onze ans. La personne sans qui elle était perdue, elle n’était rien. Elle agrippa le bord de la banquette, et releva la tête, gardant ses yeux ostensiblement fixés sur un point imaginaire. Ce n’est que lorsqu’Eliott lui demanda ce qu’ils devaient faire, qu’elle se décida à tourner la tête vers lui, pour l’observer longuement.

« Rien » eut-elle envie de répliquer. Ils n’avaient qu’à faire comme si rien ne s’était passé. Ils inventeraient un mensonge, affirmeraient qu’ils avaient quitté le bar à dix heures, et qu’ils étaient tranquillement rentrés chez eux. Ils maintiendraient qu’ils avaient évoqué de nombreux souvenirs de Poudlard, qu’ils avaient parlé du bureau de Rusard, qu’ils connaissaient tous les deux si bien. Oui, ne rien dire, lui paraissait être une solution particulièrement attirante. Alors, ce serait peut-être gênant, au départ, puis ils finiraient pas oublier – parce que cela doit bien s’oublier, ces choses là, n’est-ce pas ? Oui, évidemment. Mais choisir cette solution, c’était décider de mentir à Charlotte. Et mentir à Charlotte, c’était trahir encore un peu plus la confiance que sa meilleure amie lui avait accordée. Mentir à Charlotte, ça signifiait ne plus jamais voir sa relation avec Eliott comme elle l’avait vu avant. C’était être gênée lorsqu’elle mentionnera sa vie amoureuse. Et Charlie la connaissait bien. Si bien qu’elle pourrait deviner aisément que quelque chose clochait. De toute façon, réalisa Lilly, elle ne pouvait pas lui mentir. Ce n’était pas possible. Pas à Charlotte, pas à elle. Elle n’en était pas capable. Pas sur ce sujet, pas pour se sentir honteuse devant elle.

Aussi, elle chassa cette idée de son esprit ainsi que celle de lancer un Oubliette sur le jeune homme, qui n’était la chose idéale à faire. Déjà, d’un point de vue moral, et ensuite parce que, alcoolisée comme elle l’était, elle était certaine de faire une bêtise. Chose que l’on ne pouvait pas se permettre avec la mémoire – vraiment pas. Elle ferma brièvement les yeux. Elle ne pouvait pas mentir à Charlotte, elle ne pouvait pas effacer la mémoire d’Eliott. Il lui restait une seule solution, donc. Tout avouer à la jeune femme, pour qu’elle l’apprenne de sa propre bouche, vu que c’était la toute dernière chose qu’elle pouvait faire pour elle. Elle avala difficilement sa salive, et soupira.

« Ne dis rien à Charlie. » lui intima-t-elle.

Parce que c’était elle, la meilleure amie, et à elle de le faire. Parce que c’était elle, la responsable, et à elle d’assumer. Ce n’était en rien le rôle d’Eliott, puisque c’était elle qui l’avait embrassé, et pas le contraire. Elle se passa une main lasse sur le visage, et attrapa sa tête entre ses mains, avant de la relâcher tout aussi rapidement.

« C’est moi qui vais le faire. » déclara Lilly, d’une voix peu assurée, mais déterminée.

HRP : Post ridiculement court, j'en suis désolée >.<


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott tourna la tête vers Lilly, désagréablement surpris, quand elle lui demanda de ne rien dire à Charlotte. Il ne pouvait pas. Non seulement il en était incapable -il mentait comme un Poufsouffle- mais en plus il ne voulait pas. Il refusait de lui cacher ça. Parce que si pour lui ce baiser ne voulait rien dire, n'était qu'une bêtise qu'il aurait préféré vite oublier, il se doutait bien que ça aurait plus d'importance aux yeux de Charlotte. Et il ne voulait pas lui cacher quelque chose de si gros. Si, comme il l’espérait, cela durait entre eux, il ne supporterait pas de garder ce secret. Et elle ne devait pas l'apprendre dans six mois ou dans deux ans, elle devait l'apprendre maintenant. Être honnêtes, tout simplement, c'était la seule chose à faire, la seule façon d'arranger cette situation. Ils devaient tout lui dire, et oublier, faire comme si ce n'était jamais arrivé. Il hocha donc la tête quand Lilly ajouta que s'il ne devait rien dire à Lilly, c'était parce qu'elle le ferait elle-même.
Quelque part c'était logique, elle connaissait Charlotte depuis plus longtemps -même si techniquement ils s'étaient tous rencontrés en première année- et c'était elle qui l'avait embrassé. Il comprenait qu'elle ait envie d'être celle qui avouerait tout à Charlotte. Et il était presque soulagé de ne pas avoir à le faire, mais cela faisait de lui "celui qui n'avait rien dit". Il ne voudrait pas se voir reprocher son silence alors qu'il n'avait jamais eu l'intention de cacher quelque chose. Et puis il ne s'imaginait pas voir la jeune femme ne serait-ce que quelques heures sans le lui dire. Peut-être qu'ils devraient l'annoncer à Charlotte ensembles ? Non. Terrible idée, eux deux face à Charlotte c'était comme s'ils prenaient mutuellement la défense de l'autre. Très mauvais plan. L'idée de Lilly était la meilleure, il devait bien l'avouer.

"Tu as raison, finit-il par soupirer. Le plus vite sera le mieux je pense."

Plus vite elle raconterait tout à Charlotte, plus vite ce serait terminé. Il avait hâte de pouvoir oublier tout ça, que cette histoire soit derrière eux et que tout redevienne comme avant. C'était très bien avant. Mais, même s'il tentait de l'ignorer, il sentait grandir en lui la crainte que ça ne redevienne jamais comme avant, justement. Et si ce malheureux baiser venait tout changer ? Si Charlotte ne le leur pardonnait pas, à l'un comme à l'autre ? C'était trop triste de se dire qu'un faux-pas dû à l'alcool pourrait mettre fin à dix ans d'amitié et à cinq mois de relation. Plus que triste c'était dommage. Dommage d'avoir mis des choses si précieuses en danger de façon si idiote. Il savait que Lilly et Charlotte étaient réellement proches, comme des sœurs, et il devait admettre qu'il était un peu plus amoureux de la jeune auror chaque jours. C'était deux belles histoires et se dire qu'elles risquaient de finir de façon si bête et si brutale était insupportable. Non, ça allait bien se passer. Ce n'était qu'un malheureux baiser, que trois pauvres secondes sans importance, qu'un accident. Ce n'était rien, ça ne pouvait pas gâcher quoi que ce soit.

"Ça va aller, assura-t-il à voix haute, plus pour lui que pour Lilly. Décidément, il mentait très mal, il n'arrivait même pas à se convaincre lui-même. On devrait y aller. Ils avaient fait suffisamment de bêtises pour la soirée, et il avait envie de quitter cet endroit au plus vite. Tu penses pouvoir rentrer ?"

Étrange comme le fait de tromper sa petite amie avec la meilleure amie de cette dernière lui avait ôté toute sensation d'ivresse. Il avait l'impression d'avoir la tête plus froide et pensait pouvoir transplaner sans trop de risques. restait à espérer qu'il pensait bien. Il se demandait toutefois si Lilly serait apte à transplaner, elle avait bu un peu plus que lui et avait l'air vraiment mal. Il hésitait toutefois à la ramener chez elle parce que "j'ai embrassé ta meilleure amie puis je l'ai ramenée chez elle" sonnait vraiment mal. Il jeta sur la table de quoi payer leur trop nombreuses consommations avant d'attraper sa veste et de sortir du bar, suivi de près par Lilly. L'air frais lui fit le plus grand bien, il avait l'impression d'étouffer. Il jeta un coup d’œil à Lilly en se disant qu'il n'était vraiment pas prudent de la laisser rentrer seul. "J'ai embrassé ta meilleure amie puis je l'ai laissé transplané complètement ivre et elle s'est désartibulée" ne sonnait pas très bien non plus. Il réfléchit un court instant avant de se tourner vers la jeune femme.

"Appelle le Magicobus, suggéra-t-il. C'est plus prudent."

Eliott Warlock parlait de prudence, si si. Il attendit l'arrivée du bus avec la jeune femme, lui adressa un signe de la main assorti d'un "Bonne nuit, à bientôt" et s'éloigna un peu avant même que le magicobus n'ait démarré. Il enfonça ses mains dans ses poches et décida de marcher un peu avant de rentrer chez lui ça ne lui ferait pas de mal. Il nourrissait encore l'espoir que ce ne soit jamais arrivé, bien qu'il soit conscient que ses chances de se réveiller et de se rendre compte que ce n'était qu'un cauchemar s'amenuisaient de minute en minute. Que n'aurait-il pas donné pour que ça n'arrive jamais ? Il se repassa la soirée en boucle, se demandant à quel moment cela avait dérapé, mais il n'y avait rien. Aucun signe, aucun indice. Ils n'avaient rien fait que deux anciens camarades d'écoles ne puissent pas faire, s'étaient contenté de partager leurs souvenirs de Poudlard et de parler de leur vie respective depuis leur sortie de l'école, ils avaient peu être top bu, mais pas au point de faire n'importe quoi. Il se savait encore parfaitement conscient de ce qu'il faisait, maitre de lui-même, il n'avait même pas cette excuse là. Une petite voix essaya de le raisonner en se disant qu'il n'avait pas à se trouver d'excuse, que ce n'était pas lui qui avait embrassé Lilly et il était tenté de la croire. Pourtant il continuait de culpabiliser. Il ne savait pas ce qu'il se reprochait exactement. D'avoir été là, d'avoir trop bu, trop ri, de ne pas avoir repousser la jeune femme à la seconde même où son visage s'était approché du sien. Il soupira et se décida finalement à transplaner.

Il arriva directement chez lui, dans sa chambre. La tête lui tourna un instant et il s'assit sur le bord de son lit le temps de retrouver une vision claire. Ce n'était pas prudent, il était censé transplaner dans une ruelle des environs et entrer par la porte, comme tout le monde, mais il estimait avoir le droit de prendre ce risque ce soir. De toute façon que risquait-il à transplaner dans sa chambre ? Il n'avait aucune chance d'être vu par qui que ce soit. Et puis au pire il connaissait une oubliator. Une oubliator ivre, pour le moment, mais peu importe. Il enleva sa veste et réalisa qu'il était assoiffé. Et qu'il avait intérêt à boire quelques litres d'eau pour éviter la gueule de bois. Il poussa la porte de sa chambre et se retrouva face au regard surpris de Dyan, qui regardait la télé dans la pièce principale qui servait à la fois de salon et de cuisine.

"T'es rentré quand ? Ah oui, il n'y avait pas pensé à ça.
-Bah, euh...Y a un moment déjà.
-Hum, je devais être sous la douche, répondit-elle tout en lui jetant un regard suspicieux. Qu'est ce que t'as fais comme connerie ?" demanda-t-elle subitement en fronçant les sourcils.
Par Merlin, est-ce qu'il était inscrit sur son visage "Je viens de tromper ma petite amie" ? Il commençait à croire qu'il n'était pas le seul ici à cacher des facultés magiques. C'était un peu effrayant.

"Quoi ? Mais rien !
-Fais pas genre, t'as la tête de quelqu'un qu'a fait une connerie. M'enfin j'dis ça comme ça, t'fais ce que tu veux."
Génial. Il n'avait plus qu'à espérer que Lilly parlerait rapidement à Charlotte parce qu'il était visiblement inapte à cacher quoi que ce soit à qui que ce soit. Il tenta de se rassurer en se disant que Dylan disait ça uniquement parce qu'il devait être visible qu'il avait un peu trop bu. Oui, ça devait être ça, il ne pouvait pas être un si mauvais menteur, sinon il aurait brisé le secret magique depuis bien longtemps. N'empêche qu'il espérait malgré tout pouvoir parler à Charlotte rapidement, pour que cette histoire soit définitivement derrière eux. Il était loin de se douter que cette discussion arriverait bien plus vite qu'il ne l'avait imaginé.

RP Terminé


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Ceux qui trompent l'ennui [Lilly]

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