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 Everybody hurts [Lilly]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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23 Juin 2007

Charlotte poussa la porte de son appartement en étouffant un bâillement, la lumière du matin éclairant son pallier. Elle n'avait même pas eu le courage de monter les trois étages à pieds, comme elle le faisait d'habitude. Il devait être aux alentours de sept heures du matin et elle venait de quitter le Bureau après avoir pris une garde à la dernière minute, étant donné que l'Auror McDougal avait été légèrement blessée en intervention juste avant la fin de son service et que le Commandant l'avait dispensée de garde afin qu'elle rentre se reposer. C'était sur Mika - qui repartait dans une semaine - et elle que c'était tombé. C'était vraiment dommage que Mika reparte. Évidemment, c'était normal, il était Prikaati, pas Auror et leur enquête sur l'avalanche venait de se terminer. Elle avait aimé travailler avec lui, même si elle était également heureuse de recommencer son partenariat avec Seamus, cela avait été différent et confronter leurs méthodes de travail lui avait permis de corriger certains points dans son boulot. Et à ce qu'elle avait compris, c'était réciproque. Les services étrangers coopéraient rarement entre eux mais elle estimait désormais que c'était un tort. Après tout, cela ne pouvait qu'apporter des choses intéressantes. Et puis même si beaucoup de ses collègues avaient été un peu méfiants au début - il fallait dire que Mika n'était pas forcément parti du bon pied avec Seamus, qui était influent au Bureau - mais les choses avaient finies par s'améliorer. Et honnêtement, il lui manquerait un peu. Peut-être qu'ils seraient amenés à retravailler ensemble, vu ce qu'ils avaient appris récemment, après avoir filé le professeur Sorden à Poudlard durant quelques temps, après la déposition de la jeune Emma Blackbonnes.

Peanut, confortablement installé sur le canapé, haussa à peine une oreille en l'entendant entrer. Décidément, ce chat n'était pas très efficace pour la garde de l'appartement. Pas qu'elle compte sur lui, mais bon, il pourrait au moins un peu plus réagir. Elle retira ses chaussures, tourna la clé dans la serrure, détacha sa queue de cheval et se dirigea vers sa chambre après avoir fermé les rideaux du salon d'un coup de baguette magique. Après une nuit comme celle-ci - même si elle avait été plutôt calme par rapport à certaines gardes - elle ne rêvait que de son lit et de dormir toute la journée. Tandis qu'elle se déshabillait, elle aperçu son portable posé sur la table de nuit et ressentit un élan de culpabilité. Elle avait posé un lapin à Eliott hier, même si elle avait demandé à Lilly de le prévenir et devrait peut-être lui écrire un SMS pour s'excuser. Quoique, il était sept heures du matin, un samedi, il y avait de fortes chances pour qu'il dorme encore et elle n'avait pas très envie de le réveiller. Ils pourraient se voir ce soir, elle lui écrirait en se réveillant. Généralement, après ses gardes, elle dormait jusqu'à 14 heures, ils auraient largement le temps et ils avaient encore demain après tout. Elle se glissa dans ses draps en soupirant et savoura un instant la sensation d'être dans son lit. Elle n'avait pas prévu d'être de garde et avait donc peu dormi l'avant-veille, vu qu'elle avait pris un verre avec Jensen jusque tard dans la soirée. Ce n'était pas raisonnable, certes, mais tant pis. Elle se tourna dos à la fenêtre pour ne pas voir le soleil qui filtrait à travers les rideaux et ferma les yeux. Mine de rien, l'une de ses activités préférées, c'était dormir.

***

Quand elle ouvrit les yeux en croyant avoir entendu frapper, elle cru d'abord qu'elle avait rêvé. Un coup d’œil à son réveil lui indiqua qu'il était à peine huit heures, ce qui était bien trop tôt pour un samedi, surtout quand elle venait de se coucher il y avait moins d'une heure. Elle sentait déjà le sommeil l'envahir de nouveau quand de nouveaux coups retentirent, accompagnés de la sonnette cette fois-ci. C'était criminel, songea-t-elle en se frottant les yeux. Ce devrait être interdit de réveiller les gens aussi tôt. Charlotte était sérieusement en train d'envisager de laisser frapper. Si c'était important, la personne repasserait. Elle avait des heures de sommeil à rattraper. Elle avait remonté la couette sur sa tête quand on frappa de nouveau. Elle allait faire un malheur. Enfin, si elle trouvait la force de se lever, de quitter sa couette chaude et ses oreillers moelleux. Elle n'avait absolument aucune motivation. Elle se força néanmoins à repousser ses draps et se leva bon mal bon gré en attrapant un gilet qu'elle enfila au dessus de sa chemise de nuit. Elle gratta la tête de Peanut, désormais perché sur la commode de l'entrée, au passage et jeta un coup d’œil dans le judas avant de tourner la clé dans la serrure. Qu'est-ce que Lilly pouvait lui vouloir de si bon matin ? Surtout qu'elle savait qu'elle était de garde la nuit dernière et qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. Elle devait s'être disputée avec Jensen ou quelque chose du genre, c'était sa principale préoccupation en ce moment. Elle avait cru comprendre que moins le temps passait, moins elle supportait l'idée de ce mariage ce qui devait forcément créer des tensions entre eux. Et c'était son rôle de meilleure amie de la consoler. Oh, elle ne s'en plaignait pas, elle adorait Lilly et ne supportait pas de la voir malheureuse mais elle aurait tué pour être asociale ce matin là et pouvoir retourner dormir.

- Entre, Lilly, lança-t-elle en ouvrant la porte et en retenant un bâillement. Ça va ? Il y a un problème ?

Elle referma la porte derrière son amie et lui adressa un léger sourire avant d'aller ouvrir les rideaux légèrement. Si elles devaient parler, autant que cela ne soit pas dans une semi-obscurité. Peanut s'étira, bondit du meuble et vint se frotter aux jambes de Lilly, qu'il connaissait depuis Poudlard, étant donné que Charlie l'avait depuis ses onze ans. Lilly et lui avaient été en colocation six ans, ce n'était pas rien tout de même ! Une grande histoire d'amour, sûrement.

- J'espère que c'est important, s'enquit-elle, plaisantant à moitié. Parce que mon actuel meilleur ami se trouve être mon lit, ces temps-ci.

Elle se dirigea vers le plan de travail afin de se servir un thé. Elle aurait bien pris un café mais comptait se rendormir après le départ de Lilly. Son appartement ne contenait que trois pièces, assez grandes, et son salon et sa cuisine se trouvaient donc au même endroit, séparés par un comptoir haut. Une cuisine américaine, comme disait son père.

- Tu veux quelque chose, Lils ? Assieds-toi, dit-elle en désignant son canapé d'un geste du menton.

Elle fit venir deux tasses à elle d'un coup de baguette, lança la cafetière, jeta un Accio sur la boite de thé et ensorcela la bouilloire. Il n'y a pas dire, il n'y avait rien de tel que la magie les matins difficiles. Pendant qu'elle y était, elle fouilla également dans ses placards pour prendre quelques gâteaux qu'elle disposa sur un plateau avec la tasse de café de Lilly qu'elle venait de servir. Elle envoya le plateau sur la table basse quelques instants avant que la bouilloire ne siffle et ne tarda pas à se servir son propre thé à rejoindre Lilly, s'asseyant sur le canapé à coté d'elle, les jambes repliées et sa tasse brûlante à la main. Un coup d’œil lui suffit pour voir que son amie n'allait pas bien, cela se voyait sur ses traits, songea-t-elle tandis que Peanut venait s'installer sur ses genoux en ronronnant. Charlotte avala une gorgée de son thé avant d'adresser un sourire à Lilly.

- Allez, dis-moi tout. C'est Jensen ?


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Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Lilly avait hésité toute la soirée, toute la nuit, puis toute la matinée. Elle s’était tournée, retournée, dans son lit, n’était pas parvenue à trouver le sommeil, s’était levée, avait fait les cent pas durant des longues minutes, pour finir par se laisser tomber dans son canapé. Elle s’était prise la tête entre les mains, et n’avait pas cessé de se maudire, de se détester. Elle avait trompé Jensen, avec Eliott, le petit-ami de Charlotte. Elle l’avait embrassé, sans même ressentir quoique ce soit pour lui. La vérité était qu’elle ne le connaissait même pas elle-même, le pourquoi du comment. Son futur mariage y jouait un rôle, sans aucun doute. Sa peur également. Elle se disait que cela aurait pu tomber sur n’importe qui, et cela était malheureusement tombé sur Eliott. Elle avait un peu bu, il s’était intéressé à ce qu’elle faisait, il avait parlé – de tout, sauf de cet évènement qui lui occupait les pensées depuis plusieurs mois – et cela lui avait suffi. Et c’était stupide, d’un côté. Mais elle était stupide. Elle pourrait bien se trouver toutes les excuses du monde, aucune ne serait réellement valable. Parce que ce qu’elle avait fait était intolérable, impardonnable, surtout pour une meilleure amie. Embrasser Eliott fut une erreur, mais elle espérait que l’avouer à Charlotte n’en serait pas une. Parce qu’elle comptait bien tenir sa promesse, à savoir se confesser auprès de la jeune femme. Elle avait assuré à Eliott qu’elle le ferait, et souhaitait le faire. Parce que – plus que tout – elle ne voulait pas que Charlotte l’apprenne par quelqu’un d’autre qu’elle. Elle ne voulait pas la voir arriver vers elle, pour lui demander des explications. Elle considérait l’avoir suffisamment déçue comme cela. Puis, ce n’était pas dans son caractère, d’être lâche, de ne pas assumer ses actes – même si l’idée de transplaner pour la Mongolie lui avait effleurée l’esprit, elle l’avouait. Pourtant elle était là, debout dans son salon, prête à partir, la peur au ventre, la culpabilité qu’elle ressentait formant une boule dans sa gorge.

Lentement, elle s’avança, balaya son appartement du regard et constata qu’il fallait réellement qu’elle songe à le ranger. Et à aller faire des courses aussi, éventuellement. Elle passait tellement de temps chez Jensen, qu’elle délaissait son propre logement, pensa-t-elle avec un sourire sans joie. Or, chez Jensen, il lui était impossible d’y aller, pour l’instant. Il était à la fois son fiancé, et le meilleur ami de Charlotte. Elle ne lui avait rien dit, et se demandait réellement si elle avait l’intention de lui avouer. Elle se mordit l’intérieur de la joue, attrapa son sac, et sortit de son appartement en claquant la porte. Une fois sur le palier, elle se rendit compte qu’elle avait oublié ses clés, et soupira en décidant qu’elle userait d’un simple « alohomora » pour rentrer lorsqu’elle en aurait besoin. Lilly regarda autour d’elle, vérifiant qu’aucun de ses voisins ne soient réveillés, et transplana, ne prenant même pas le temps de descendre dans un petit cagibi dans lequel elle avait pris l’habitude d’aller avant de transplaner. Rapidement – beaucoup trop rapidement – elle se retrouva devant l’appartement de sa meilleure amie. Elle resta plusieurs minutes devant la porte, le poing levé pour frapper, ne trouvant pas la force de venir au bout de son geste. Finalement, elle finit par cogner quelques coups sur la porte, le cœur battant un peu plus fort. Se retrouvant enfin face à sa meilleure amie, Lilly sentit son estomac se tordre, et baissa immédiatement les yeux.

Elle se retrouva assise en face de Charlotte sans qu’elle ne comprenne vraiment comment, une tasse de café dans la main, et toujours aussi mal-à-l’aise. Elle caressa la tête de Peanut – ce chat était adorable – avant de relever la sienne vers sa meilleure amie, alors que la boule dans sa gorge semblait vouloir l’empêcher de parler. C’est donc avec une voix éraillée qu’elle répondit :

« Non. Enfin, oui. Mais… Non, c’est moi. Charlie j’ai fait quelque chose d’horrible. Et je suis désolée, tellement désolée… »

Fuyant le regard de la jeune femme, elle laissa quelques secondes s’écouler.

« Hier soir je… J’avais bu. Beaucoup. Beaucoup trop. Et j’étais mal, très mal. » déclara-t-elle d’une voix étranglée.

« Et j’ai embrassé Eliott. » finit-elle par lâcher en baissant les yeux, les mains tremblantes. « Mais je, je ne voulais pas, je ne voulais vraiment pas, j’ai même pas compris comment je l’avais fait, ni pourquoi, je… Je suis désolée. »


Au nom de tous nos camarades

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- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte se sentit immédiatement angoissée en entendant la voix de Lilly. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'elle soit dans cet état ? Rien de grave, elle espérait, rien qui ne puisse être changé. Elle se rapprocha d'elle pour lui passer un bras autour des épaules, pour la réconforter. Elle savait très bien que son amie n'était pas au mieux de sa forme depuis la demande en mariage de Jensen et elle s'inquiétait pour elle. Elle n'arrivait pas à parler à Jensen et plus le mariage se rapprochait, plus cela devait être tendu. Elle s'inquiétait aussi pour son ami, en le voyant s'enthousiasmer autant. Comment pouvait-il ne pas voir que Lilly n'allait pas bien ? Son bonheur lui avait collé des œillères. Et elle était là, prise entre deux feux sans savoir vraiment quoi faire, s’efforçant juste d'être là pour eux. En l’occurrence, là pour Lilly ce matin. Elle posa sa tasse de thé sur la table basse tandis que Lilly avouait avoir fait quelque chose d'horrible. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir fait de si grave ? Elle avait tué quelqu'un ? Charlotte fut réellement surprise de voir cette pensée défiler dans son esprit. Cela devait être de la déformation professionnelle. Elle resserra son bras autour des épaules de son amie tandis qu'elle continuait de parler. Ainsi, elle avait trop bu hier soir et avait fait quelque chose d'horrible. Pourtant, elle tenait assez bien l'alcool, elle l'avait déjà vu lors de fêtes. A ses yeux, alcool et une chose horrible - à part le meurtre - cela signifiait qu'elle avait dû tromper Jensen, ce qui fit immédiatement naître un immense malaise chez Charlotte.

Jensen était son meilleur ami et apprendre que sa fiancée l'avait trompé était quelque chose d'horrible. Mais la fiancée en question était sa meilleure amie et elle semblait tellement mal à ce moment précis que c'était pour elle qu'elle s'inquiétait. Lilly devait s'en vouloir terriblement. Elle aimait Jensen, Charlie le savait. Ils avaient été amis et puis étaient sortis ensemble et cela faisait tellement longtemps qu'ils étaient ensemble... Quand on y pensait, avec la pression du mariage et le fait que Lilly ne veulent pas se marier, ce qui venait de se passer était plutôt compréhensible même si Charlotte ne validait pas le geste. Mais ce n'était pas son rôle de juger. Elle devait consoler Lilly, la réconforter, l'aider, lui trouver une solution. Elle resserra son étreinte. Elle aurait voulu dire quelque chose mais elle ne trouvait pas les mots. Et ses pensées s'égaraient également vers Jensen qui ne devait se douter de rien à ce moment précis. Comment réagirait-il quand il l'apprendrait ? S'il l'apprenait ? Elle ne s'imaginait pas lui mentir mais...

Mais rien du tout. Les mots de Lilly furent comme une claque, comme une douche glacée, comme un coup au cœur et elle lâcha immédiatement ses épaules, comme brûlée. Son rythme cardiaque s'était accéléré et elle avait les mains qui tremblaient. Elle avait mal entendu, ce n'était pas possible. Lilly n'avait pas dit une chose pareille, Lilly ne ferait jamais une chose pareille, ce n'était pas possible. Lilly était sa meilleure amie, sa meilleure amie depuis qu'elles avaient onze ans, Lilly était quelqu'un d'honnête et de droit, elle avait confiance en elle, une confiance aveugle et sans défauts, ce n'était pas vrai, elle n'avait pas fait cela, elle plaisantait, elle mentait, elle ne pouvait pas, elle n'en n'avait pas le droit. La respiration coupée, les jambes chancelantes, Charlotte se leva et alla s'appuyer contre son comptoir, les yeux fermés. Non, ce n'était pas vrai. Elle avait confiance en Lilly, elles étaient amies. Lilly ne ferait pas cela. Lilly était fiancée à Jensen, elle aimait Jensen. Lilly n'irait jamais lui faire quelque chose comme cela. Lilly ne ferait jamais quelque chose qui était aussi douloureux. Lilly ne lui porterait pas un tel coup, ce n'était pas possible. Et pourtant, elle l'avait entendu. Et les mots résonnaient dans sa tête, à ses oreilles, sans cesse. Embrasser Eliott. J'ai embrassé Eliott, elle l'avait dit, elle l'avait entendu, elle l'avait fait. Lilly et Eliott, Eliott et Lilly, son petit-ami, sa meilleure amie, des gens en qui elle avait confiance, des gens à qui elle tenait, des gens qu'elle aimait. Non, ce n'était pas possible, tout simplement. Eliott et Lilly, cela n'avait aucun sens. Parce que Lilly ne lui ferait jamais cela. Parce qu'elle avait confiance en Eliott, parce qu'elle tenait à lui, parce que lui non plus ne ferait pas cela. Parce que même s'ils n'étaient pas ensemble depuis longtemps, elle tenait à lui, elle lui faisait confiance, elle tombait amoureuse. Et puis parce que c'était Lilly, qu'elles étaient amies, et que c'était Lilly ! Et parce qu'elle n'arrivait pas à y croire, parce qu'elle ne voulait pas le croire, parce que cela faisait trop mal, parce que c'était trop douloureux, parce que c'était comme un couteau dans le dos, comme une plaie à vif et parce qu'elle avait juste envie d'éclater en sanglots et qu'on lui dise que ce n'était pas vrai et que rien de tout cela n'arrivait, que rien de tout cela n'était arrivé.

Mais il n'y avait que le silence, qu'un silence assourdissant qui résonnait à ses oreilles comme si on avait hurlé, parce que ce silence c'était plus douloureux que n'importe quel mot parce que c'était la confirmation que tout cela était vrai, que c'était vraiment en train d'arriver qu'on venait bien de lui annoncer que son petit-ami l'avait trompée avec sa meilleure amie, que sa meilleure amie avait trompé son fiancé - son meilleur ami - avec son petit-ami et quand on y pensait c'était tellement ridicule, tellement cliché que cela pourrait presque être drôle si elle n'avait pas l'impression que son cœur allait exploser et elle avec, que jamais elle ne s'en remettrait parce que c'était trop douloureux. Et ça tournait dans sa tête, encore et encore et encore, sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit, parce qu'elle était triste, en colère, les deux à la fois, blessée et furieuse, malheureuse et colérique, parce que tout ce qu'elle voulait c'était crier, déverser tout ces sentiments qui s'heurtaient en elle mais aucun mot ne sortait de sa bouche, aucun son ne sortait de sa gorge et elle restait là, appuyée contre son comptoir sans pouvoir bouger. Elle pensait à Lilly, elle pensait à Eliott, elle pensait à Lilly et Eliott comme dans un cercle infernal, sans pouvoir s'en échapper. Elle aurait voulu partir, elle aurait voulu disparaître, que rien de tout cela ne soit arrivé, qu'elle soit encore dans son lit, que tout aille bien, que tout soit comme avant où elle était juste bien parce que tout allait bien. Pourquoi avait-il fallu que tout soit gâché, hein ? Pourquoi avait-il fallu qu'ils gâchent tout ? Pourquoi avait-il fallu que Lilly que gâche tout ? Et elle essuya les larmes qui lui étaient venues aux yeux d'un geste rageur parce qu'elle ne voulait pas pleurer, pas devant Lilly, parce qu'elle ne voulait pas montrer à quel point cela lui faisait mal.

Et puis elle était en colère, tellement en colère, contre Lilly, contre Eliott, contre les deux. Elle était en colère, elle aurait voulu pouvoir leur hurler sa rage et à quel point il lui avait fait du mal, à quel point il lui faisait du mal là, maintenant, à quel point elle se sentait idiote à cet instant. Qu'est-ce qu'elle avait cru ? Que tout se passerait bien ? Qu'est-ce qu'elle était naïve. Et ridicule et risible et idiote, idiote, idiote. Oh, cela devait bien faire rire, Charlotte Meyer qui s'était encore fait avoir, qui avait encore cru que tout serait bien, qui s'était laissée avoir par chaque baiser, par chaque étreinte, par chaque caresse, Charlotte Meyer, la petite Charlie qui devrait grandir et arrêter d'être aussi naïve. Qu'est-ce qu'elle se figurait ? Il y avait de quoi rire, quand on y repensait. Et Lilly, Lilly, sa meilleure amie. Elle était tellement naïve à croire ainsi en les gens. C'était presque pathétique. Évidemment, que c'était Lilly. Qui dirait non à Lilly ? Lilly, qui était si jolie, si apprécié, si sûre d'elle, si audacieuse, si appréciable, si désirable. Qu'est-ce qu'elle pouvait valoir à coté ? Qu'est-ce qu'elle avait cru ? Qu'elle pourrait faire le poids ? Bien sûr que non. Et elle était là, maintenant, comme une idiote, avec les larmes aux yeux, un goût amer dans la bouche, une colère sourde dans la poitrine. Et elle avait été bête. Mais c'était terminé. Elle ne finirait pas comme la pauvre fille en pleurs. Elle valait mieux que ça, elle pouvait au moins avoir le panache de finir comme ça, plutôt que de s’effondrer. Parce qu'elle ne leur donnerait pas ce plaisir. A Eliott, à Lilly, au reste du monde. Alors elle essuya ses larmes, elle inspira profondément et elle se tourna vers Lilly, incapable de maitriser son ressentiment, sa rancœur. Parce qu'à ce moment précis, elle la détestait. Elle les détestait. Elle et Eliott. Pour ce qu'ils avaient fait, pour ce qu'ils lui avaient fait, pour les états dans lesquels ils la mettaient et pour la douleur, le chagrin, le malheur. Et elle se détestait aussi.

- Des millions de garçons au Royaume-Uni. Des milliers de sorciers. Et il a fallu que ce soit Eliott.

Elle eut un petit rire, amer, cruel, désabusé.

- T'avais pas le droit de me faire ça.

Et les larmes qui revenaient sans qu'elle puisse les en empêcher. Elle les essuya d'un geste rageur. Elle ne pleurerait pas. Pas maintenant, pas devant Lilly. Elle ne s’effondrerait pas. Pas comme ça.

- T'avais pas le droit ! explosa-t-elle. Tu t'es dis quoi, hein ? Tiens, allons planter des couteaux dans le dos des gens, ça m'occupera ma soirée ? Tu as pensé une seule seconde à Jensen ? Ou à moi ? Ou t'es bien trop égoïste pour ça ? Tu t'en foutais, n'est-ce pas ? Tu t'en foutais de ce que ça pourrait nous faire ? T'as pas pensé une seule seconde à nous.

Et elle pleurait, sans pouvoir s'en empêcher, les larmes coulant librement sur ses joues, sans qu'elle puisse se calmer.

- Mon petit-ami, Lilly, mon petit-ami ! Ça comptait pas pour toi ? Ça comptait pas pour lui ? Je comptais pas pour vous ?

Un sanglot lui échappa et elle se détourna pour se calmer. Elle ne voulait pas céder, elle ne voulait pas. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, les larmes venaient toutes seules.

- Je croyais qu'on était amies, souffla-t-elle en relevant les yeux vers Lilly, posant sur elle un regard dur.


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Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Devant les larmes, devant les mots de Charlotte, Lilly se leva, et recula, avec l’impression de ne plus rien comprendre à la situation. Pourtant, elle savait très bien ce qui arrivait. Elle avouait la vérité, elle avouait ce qu’elle ne pouvait pas cacher. Et c’était dur, et ça faisait mal, mais c’était nécessaire. Parce que c’était trop lourd, impossible à garder secret. Parce qu’elle avait toujours été franche, parce qu’elle n’aimait pas mentir. Parce qu’elle ne pouvait pas imaginer une seule seconde mentir à sa meilleure amie. Sa gorge se serra, elle sentit ses yeux s’humidifier, et ne fit rien pour retenir les larmes qui roulèrent sur ses joues, et qui semblaient intarissables. Mais qu’elle était stupide, aussi, à pleurer comme ça ! Ce n’était pas à elle, de pleurer ! Elle, elle aurait juste dû se taire, assumer, supporter. Pas pleurer, pas craquer devant Charlotte, pas être dans le même état qu’elle, parce qu’elle n’en avait pas le droit. Elle était fautive, elle était responsable. Elle avait – en l’espace d’une soirée, non, de quelques secondes – brisé la confiance que Charlotte avait placée en elle. Parce qu’elle était là, la vérité. Des années de confiance, des années de promesses, brisées, détruites. Pour quelques secondes, pour quelques malheureuses secondes. Pour un geste déplacé, pour un geste regretté. Parce qu’elle le regrettait, ce baiser, elle le regrettait tellement ! Elle aurait voulu pouvoir remonter dans le temps, et l’effacer, et l’oublier. Ne jamais avoir fait ça, et là, être blottie dans les bras de Charlotte, à pleurer sur son sort, à pleurer sur son mariage. Mais non ! Parce qu’elle avait été assez stupide pour boire, pour embrasser Eliott ! Mais pourquoi, par Merlin, pourquoi avait-elle fait ça ? Elle ne voulait pas ! Elle ne voulait pas être cette personne ! Elle voulait rester la meilleure amie de Charlotte, elle ne voulait pas avoir agit ainsi ! Elle n’aurait pas dû boire, elle n’aurait pas dû proposer à Eliott de rester avec elle, elle n’aurait pas dû faire un tour au Circée, elle n’aurait jamais dû l’embrasser.

Et pourtant, elle l’avait fait. Elle l’avait fait, et c’était à elle d’assumer, maintenant. Et ça lui faisait peur, d’assumer. Parce qu’elle ne voulait pas perdre l’amitié de Charlotte, parce qu’elle ne pouvait pas se permettre de la perdre. C’était Charlotte. C’était sa meilleure amie, c’était celle qu’elle connaissait depuis ses onze ans, celle qui avait toujours été là pour elle. Charlie, avait qui elle avait passé toute sa scolarité. Parce qu’il y avait les autres filles de Gryffondor, mais qu’il y avait Charlotte. Qu’il y avait surtout Charlotte. Et elles avaient passé des heures toutes les deux. Des heures à rire, à s’amuser, à enfreindre le règlement, à parler. Et ça, c’était fini, terminé, réalisa Lilly en captant le regard de Charlotte, qui lui fit baisser la tête, les joues baignées de larmes. Et comment pourrait-il en être autrement ? Et comment pourrait-elle lui en vouloir ? Ce qu’elle avait fait, ce qu’elle avait osé faire, était… impardonnable. L’acte en lui-même, déjà, et ce qu’il représentait, ensuite. Une trahison. Et on ne trahissait pas ses amis, encore moins ses meilleurs amis. On les respectait, eux, leurs choix. On n’agissait pas comme elle l’avait fait. Elle se mordit la lèvre inférieure – un peu trop fort, mais qu’importe – pour retenir un sanglot. Et elle était pitoyable, à pleurer ! Pitoyable, pathétique, à hoqueter, devant Charlotte, alors que ce n’était pas à elle de le faire ! Mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. Les larmes coulaient sur ses joues, elle hoquetait, ses mains tremblaient. Elle releva la tête vers sa meilleure amie, et tenta vainement de respirer pour se calmer.

« Je ne voulais pas, Charlie, je te jure que je ne voulais pas ! Je m’en veux, si tu savais, je m’en veux tellement… » déclara-t-elle avec une voix qui se brisa. « J’avais trop bu, je n’étais plus consciente de rien et… »

Elle s’interrompit et laissa à son tour le silence s’installer. Elle n’était consciente de rien, elle n’avait pensé à rien, à personne. Ni à Charlotte, ni à Jensen. Elle avait trop bu, pour penser. Et Jensen, Jensen… Elle avait trompé Jensen. Alors que jamais il ne lui était venu à l’esprit de le faire, auparavant ! Certes, parfois, ils se disputaient, mais jamais elle n’avait pu envisager de le tromper. C’était Jensen, enfin ! Ce garçon, adorable, de Gryffondor, qui prenait soin d’elle depuis des années. Ce garçon qui la connaissait par cœur, ses goûts, ses points forts, ses points faibles. Son Jensen. Mais comment avait-elle pu faire ça ? Peut-être que, si elle fermait les yeux, elle allait se réveiller.

« Je me dégoûte. » murmura-t-elle entre ses larmes, plus pour elle-même qu’à l’intention de Charlotte.

Et c’était vrai. Elle se dégoûtait, et se demandait quand elle avait autant changé, pour avoir pu agir comme cela, hier soir. Comme une enfant qui n’aurait pas encore compris le sens du mot « amitié » ou celui de « loyauté. »


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Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Et voilà qu'elle pleurait, elle aussi. N'était-ce pas ironique ? Comme si c'était à elle qu'on venait d'apprendre la trahison de sa meilleure amie, de son petit-ami. Comme si c'était elle qui venait de se faire briser le cœur. Lilly était là, elle pleurait. Et cela en devenait presque indécent. Elle n'avait pas le droit de pleurer, pas devant elle, ce n'était pas son rôle à elle. Qu'est-ce qu'elle pensait ? Qu'elle pourrait l'attendrir ? Sauf qu'à ce moment très précis, rien n'aurait pu attendrir Charlotte. Elle aurait tellement voulu que Lilly s'énerve, s'emporte, qu'elle lui donne des raisons de s'énerver encore plus, qu'elle puisse se défouler, qu'elle soit fautive jusqu'au bout, qu'elle soit cruelle jusqu'au bout, pas qu'elle soit là, pathétique dans son salon. Elle ne voulait pas qu'elle pleure, elle ne voulait pas. Parce que cela lui rappelait trop de choses, cela lui rappelait des soirées entières à la consoler, cela lui rappellait qu'elles étaient amies, qu'elles étaient censées être amies. Et c'était cela le plus douloureux, c'était cela qui faisait le plus mal. Elle ne voulait pas voir Lilly face à elle, elle voulait lui en vouloir inconditionnellement, comme si elle n'avait été qu'une étrangère. Elle voulait la mépriser, la haïr, s'en moquer. Elle ne voulait pas se rappeler de dix ans d'amitié, elle ne voulait pas se rappeler que c'était Lilly, elle ne voulait plus penser à ce qu'elles avaient partagé. Mais elle était là, plantée devant elle, les joues humides, hoquetant et sanglotant et cela ne faisait que renforcer sa colère. Elle ne voulait pas du malheur de Lilly, elle n'en voulait plus. Elle voulait la détester, pas la prendre en pitié. Elle n'avait pas à lui imposer cela, elle n'avait pas à se tenir devant elle comme cela. Elle devait tirer sa révérence, s'en aller.

You look so dumb right now
Standing outside my house
Trying to apologize
You're so ugly when you cry
Please, just cut it out

Elle ne voulait pas de ses larmes, elle ne les supportait pas. Lilly n'avait pas à pleurer, elle n'avait pas à lui faire face comme cela, elle n'avait pas à lui faire ce dernier affront, cette dernière offense. Elle ne voulait pas de ses excuses, elle n'en voulait plus. C'était trop tard, ce qui était fait était fait. Et elle ne la pardonnerait pas. Parce que c'était trop douloureux, parce qu'elle ne voulait plus la revoir, parce qu'elle voulait qu'elle sorte de sa vie. Elle voulait qu'elle s'en aille, là, maintenant, qu'elle arrête de sangloter, qu'elle sorte, qu'elle parte, qu'elle ne l'entende plus. Elle ne voulait plus l'entendre s'excuser, comme si cela pouvait changer quelque chose. Comme si des excuses allaient l'attendrir. Qu'est-ce qu'elle pensait ? Qu'il suffisait de venir ici comme une fleur, la bouche en cœur, pour que tout soit oublié, pour que ce soit comme si rien ne s'était passé ? Comme si quelques mots auraient pu suffir à effacer une trahison de la part de la personne en qui elle avait le plus confiance ? Qu'elle s'arrête, qu'elle s'en aille. C'était inutile maintenant. Elle ne faisait qu'aggraver les choses.

Don't tell me you're sorry
cuz you're not
Baby when I know you're only sorry
you got caught


Et elle était désolée, elle le répétait, sans cesse, alors que Charlotte aurait juste voulu qu'elle se taise. Elle ne voulait pas de ses excuses. Elle ne voulait plus rien de Lilly. Elle avait bu. Cela lui donnait presque envie de rire. L'alcool. C'était tellement facile de mettre ça sur le dos de l'alcool. Ce n'était pas comme si Lilly tenait l'alcool mieux que quiconque. Charlie la connaissait suffisamment pour cela. Elle savait très bien qui était toujours debout à la fin des soirées, toujours. Ce n'était qu'une excuse facile, quelque chose pour essayer de faire passer la pilule, pour se dédouaner. Mais il n'y avait pas à se dédouaner. Visiblement, Lilly n'avait pas assez bu hier vu qu'elle se rappelait encore de la soirée. Et cela signifiait donc qu'elle devait encore avoir les idées assez claires hier pour savoir ce qu'elle faisait. Alors qu'elle ne vienne pas s'excuser en humidifiant ses yeux. Cela ne servirait à rien, elle ne faisait qu'aggraver les choses. Parce que ce moment très précis, Charlotte la méprisait. Elle n'aurait jamais cru qu'elle pourrait en arriver à de tels sentiments mais elle n'avait jamais fait face à une telle situation. Elle n'aurait jamais pensé qu'elle arriverait à mépriser Lilly autant qu'à cet instinct, qu'elle en serait à serrer les poings pour ne pas la secouer, pour ne pas lui hurler de se taire. Elle n'aurait jamais cru qu'elle ressentirait de al colère en voyant Lilly pleurer, qu'elle mépriserait ces larmes, qu'elle les détesterait. Elle n'aurait jamais pensé détester Lilly. Et pourtant elle était là, face à elle, dans cet état.

But you put on quite a show
You really had me going
But now it's time to go
Curtain's finally closing
That was quite a show
Very entertaining

Face à Lilly, elle avait la désagréable impression qu'elle était train de lui mentir, qu'elle faisait semblant. Qu'elle n'était là que pour minimiser les choses, qu'elle tentait de l'amadouer. Elle avait l'impression que tout sonnait tellement faux, des mots aux larmes, des sanglots aux hoquetements, que tout était préparé, choisi, calculé. Que ce n'était qu'un spectacle, une prestation, un mauvais jeu d'acteur. Sa conscience avait beau lui souffler que ce n'était pas le genre de Lilly, elle n'écoutait pas. Jusqu'à maintenant, elle n'aurait jamais cru que c'était le genre de Lilly d'aller embrasser son petit-ami quand elle était absente. Elle avait la brusque impression de ne plus connaître celle qui fut sa meilleure amie. Alors tout était possible. Que tout cela ne soit qu'un spectacle. Sauf que c'était terminé, elle ne voulait plus assister à cette comédie pathétique. Elle voulait être seule. Voir Eliott. Voir Jensen. Elle ne savait même plus ce qu'elle voulait vraiment. Mais elle était sûre d'une chose : elle ne voulait plus voir Lilly. Plus jamais. Elle ne voulait plus voir son regard, son air désolé, ses excuses pitoyables. Elle voulait qu'elle s'en aille, qu'elle aille mentir ailleurs. Qu'elle aille essayer auprès de Jensen. Elle voulait qu'elle lui avoue, elle voulait qu'il lui en veule, qu'elle se prenne cela en plein visage elle aussi. Elle voulait qu'elle ait mal elle aussi. Et elle se détestait de penser cela mais détestait également Lilly de lui infliger cela. Elle ne se reconnaissait pas mais ne reconnaissait pas Lilly non plus. Plus rien n'avait de sens, c'était comme si elle n'était pas elle-même, comme si elles jouaient toutes les deux un rôle dans une mauvaise comédie dramatique.

But it's over now
Go on and take a bow

Elles n'avaient plus rien à se dire. Il n'y avait plus rien à ajouter. C'était terminé. Elle n'obtiendrait pas de réponse de Lilly, elle ne saurait jamais pourquoi c'était arrivé, ce qui avait bien pu se passer pour qu'Eliott et elle en arrive à cela. Ils étaient censés se voir, ce soir-là. Elle n'avait pas pu, parce qu'elle avait pris une garde à la dernière minute et elle avait juste envoyé Lilly pour le prévenir. Elle n'était pas là, alors il s'était rabattu sur sa meilleure amie, c'est ça ? Elle avait confiance en lui, aussi, avant. Ils étaient ensemble depuis quatre mois. Non, ce n'était pas grand chose, mais c'était déjà ça. Elle tenait à lui, parce qu'elle s'attachait beaucoup trop vite, parce qu'ils s'entendaient bien, parce qu'elle aimait tous les moments qu'ils passaient ensemble, parce qu'il lui plaisait, parce qu'elle était en train de tomber amoureuse, elle le savait, elle le voyait. Parce qu'elle avait l'impression qu'elle ne lasserait jamais de l'embrasser, parce que son cœur manquait un battement à chaque étreinte, parce que c'était Eliott, tout simplement. Eliott, qui avait embrassé Lilly. Eliott, qui l'avait trompée. Parce que c'était ça, le bon terme. Et elle n'arrivait pas à le croire. Peut-être qu'elle était trop naïve, ou déjà trop attachée mais elle avait tellement de mal à l'envisager. Si on le lui avait dit avant, elle aurait répondu que non, ce n'était pas possible, parce qu'elle le connaissait et parce que ce n'était pas son genre. Mais elle s'était trompé, apparemment. Elle ne le connaissairt pas si bien que cela. Et elle avait cru pendant tant d'années que ce n'était pas le genre de Lilly. Et elles en étaient là aujourd'hui.

Oh, and the award for
The best liar goes to you
For making me believe
That you could be faithful to me
Let's hear your speech

Le silence était retombé et il aurait pu continuer. Cela aurait presque été préférable. Mais non, Lilly choisit de reprendre la parole. Elle murmura. Mais la phrase résonna aux oreilles de Charlotte. Et cela lui sembla tellement faux. Tellement mensonger. Elle n'y cru pas. Et sans qu'elle sache pourquoi, elle releva la tête. Elle fixa Lilly comme elle aurait fixé une parfaite étrangère dans son travail, comme si tout cela n'était qu'un dossier de plus. Elle ne sut pas ce qui la poussa à parler, ni à dire cela et elle ne saura jamais. Elle se contenta de le dire d'une voix glaciale, qu'elle réservait d'habitude aux coupables. Mais Lilly l'était, coupable, non ?

- Et c'est réciproque.

Et elle n'eut aucun remords à dire cela. Pas le moindre. Parce qu'elle était en colère, blessée, malheureuse. Et que si elle pouvait égratigner Lilly un peu, si elle pouvait la faire souffrir aussi, alors elle le ferait. Et elle venait de le faire. Elle venait de mettre fin à dix ans d'amitié en trois mois. Parce qu'elle ne pourrait pas pardonner Lilly, pas pour le moment, parce que c'était trop douloureux, parce qu'elle ne voulait plus jamais la voir. Parce que Lilly avait réussi à briser tout ce qui avait pu se lier entre eux. Parce que c'était fini, tout simplement.

Now it's time to go

Elle ne pleurait plus maintenant. Elle avait l'impression que toute sa peine s'était transformé en une colère froide, sourde. Alors elle se dirigea vers la porte, posa la main sur la poignée et l'ouvrit. Elle ne voulait plus voir Lilly. Elle voulait qu'elle s'en aille. Elle ne voulait plus voir ses fausses larmes, ses faux remords, ses piètres tentatives pour se faire pardonner. Tout cela était inutile. C'était terminé. Il n'y avait plus rien à faire, tout avait été dit. Dix ans d'amitié, rompus en dix minutes. Des années de promesses rompues en quelques secondes. C'était presque amusant de voir comme les choses pouvaient s'écrouler si vite. On se croyait en sécurité, on se reposait sur ses acquis et tout s'effondrait soudainement. Mais il était inutile de chercher à reconstruire. La plaie était trop vive, c'était trop douloureux. Tout ce que voulait Charlotte, c'était qu'elle s'en aille. Ne plus la voir, ne plus l'entendre, ne plus mentionner son nom, ne plus y penser, l'oublier. Faire comme si. Faire comme si elle ne venait pas de perdre sa meilleure amie, faire comme si elle ne venait pas de perdre un pilier de sa vie. Faire comme si il ne s'était rien passé. Oublier et avancer.

- Vas-t-en, Lilly.

Et ne reviens pas. Ne reviens plus. Parce que tu as tout gâché. Parce que j'ai tout gâché. Parce que tout est fini.

Go on and take a bow
It's over now


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Et ça faisait mal, et ça la rendait malade. Et c’était si douloureux que ça lui donnait envie de tomber, de pleurer, encore, encore, encore. Elle voulait hurler, elle voulait fermer les yeux, elle voulait oublier. Elle voulait pouvoir respirer, elle voulait pouvoir parler. Elle voulait que ça s’arrête, que ça s’arrête maintenant. Elle ne voulait plus souffrir, elle ne voulait plus supporter le regard de Charlotte, plus jamais. Pas ce regard déçu, dégoûté, méprisant. Et c’était pour ça qu’elle continuait à pleurer, encore et toujours. Que ses joues étaient toujours baignées de larmes. Parce qu’elle avait peur, qu’elle refusait la réalité, qu’elle ne voulait pas la voir. C’était trop difficile. Alors c’était tellement plus simple, tellement plus doux, de se réfugier dans le déni, de ne pas y croire. De faire abstraction du regard de Charlotte, de faire abstraction de tout. Mais elle ne devait pas, mais elle ne pouvait pas ! Et pourquoi pleurait-elle encore ? Il fallait qu’elle arrête, il fallait qu’elle arrête maintenant ! Tout cela devait cesser ! Elle tenta d’inspirer longuement, sans y parvenir. Et pourquoi avait-elle mal comme ça ? Et pourquoi se sentait-elle trembler ? Les mots de Charlotte la figèrent sur place, et elle releva la tête pour croiser son regard. C’était réciproque. Elle la dégoûtait, elle la haïssait, elle la méprisait. Et les mêmes sentiments vinrent nourrir Lilly à son propre égard. Comment aurait-elle pu se voir autrement ? Méprisable, détestable, haïssable. Comment aurait-elle pu se juger autrement, si sa meilleure amie avait cette vision d’elle ? Et c’était la vérité, réalisa la jeune femme, c’était ce qu’elle était. Pouvait-il y avoir une autre explication ? Non. Elle avait beau se cacher derrière l’alcool, derrière la tristesse, derrière son mal-être, elle ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps. Elle trouvait trois raisons à ce baiser, trois raisons qui la concernait. Méprisable, détestable, haïssable. Egoïste, aussi. Elle s’essuya les joues avec le revers de sa main.

If you had a choice
Then what would you chose to do ?

Alors voilà, c’était fini. Terminé. Dix années d’amitié. Dix ans où Charlotte avait été un pilier dans sa vie, dix ans où elle avait été la sœur qu’elle n’avait jamais eu, dix ans où elle l’avait soutenue, l’avait aimée, adorée, plus qu’elle-même, parfois. Dix ans de présence, dix ans de souvenirs, dix ans de sourires complices. Et c’était long, dix ans. Assez long pour remplir plusieurs boîtes de photos, assez long pour être la moitié de sa vie. Trop court pour qu’elle ne puisse pas se souvenir de tout. Presque tous ses souvenirs étaient apparentés à Charlotte, et elle en avait, des souvenirs. Trop peut-être. Et c’était pour cela que c'était aussi douloureux. Parce qu’elle aurait beau vouloir essayer, elle ne pourrait pas oublier. Il aurait fallu ne jamais la connaître, ne jamais la rencontrer. Alors c’était ça, qu’elle aurait fait, si elle avait eu le choix ? Non, évidemment que non. Elle n’aurait pas pu. C’était Charlie, c’était la personne, comme on n’en trouvait pas beaucoup. C’était sa meilleure amie. Ce n’était pas une fille comme ça, qu’on blessait et qui nous blessait en retour. C’était Charlotte. C’était elle, et c’était les dix ans qui blessaient, qui faisaient mal. Parce que c’était terminé, à présent. Envolés, les dix ans d’amitié, détruites, les belles promesses. C’était la fin, et c’était de sa faute. Parce qu’elle avait tout gâché, encore. Parce qu’elle gâchait toujours tout. Ses fiançailles avec Jensen, son amitié avec Charlie. Tout. Elle détruisait tout ce qu’elle avait en sa possession.

I could live without money
I could live without the fame
And if everyday was sunny
I could live without the rain

Et elle pouvait vivre sans beaucoup de choses. Elle pouvait vivre sans but, elle pouvait vivre sans argent, sans travail, sans métier. Elle pouvait vivre à la rue, elle pouvait vivre seule. Elle pouvait arrêter beaucoup de choses, aussi. L’alcool, le café, le chocolat, la glace, les apéros, les fêtes. Elle aurait pu tout arrêter, à vrai dire, tout. A ce moment même, elle aurait pu tout sacrifier, juste pour entendre ces quelques mots inespérés, ces quelques mots de pardon. Et c’était stupide, et c’était téméraire, et c’était étrange, de penser ça. Mais c’était la vérité. Une vérité qui faisait mal, encore une fois. Quelque chose d’assourdissant, lorsqu’en s’en rendait compte. Tout sacrifier. Tout. Vivre sans rien, si ce n’est avec elle. Elle voulait bien tout abandonner, elle voulait simplement qu’elle lui pardonne. Qu’elle l’excuse, qu’elle oublie son erreur. Juste qu’elle oublie. Qu’elles n’en parlent plus, que tout redevienne comme avant. Qu’elle aille pleurer dans les bras de Charlotte, sur son couple fichu, sur ce mariage qui avait tout brisé. Elle pouvait tout sacrifier, elle pouvait oublier ce qui faisait d’elle Lilly Callaghan.

And if I ever went up to heaven
I would fall right back down
That life wouldn't be living
Because you're the one I couldn't live without

Mais elle ne pouvait pas oublier Charlotte. Parce qu’elle lui devait tout. Parce qu’elle était la Lilly Callaghan d’aujourd’hui grâce à elle. Alors non, elle ne pourrait jamais l’oublier. Parce que l’oublier, ça signifiait oublier dix ans de sa vie, et que ça, elle en était incapable. A vrai dire, elle ne savait même pas si elle était capable de ne plus la voir. Il le faudrait, pourtant. Et ça lui faisait peur. Elle pouvait déjà entendre ses démons l’assaillir, voir ses doutes ressurgir, ses craintes, aussi. Et qui serait là, pour elle, si Charlotte ne l’était plus ? Personne. Personne, parce que c’était elle, et que, depuis ses onze ans, c’avait toujours été elle. Il y avait bien eu d’autres filles, il y avait bien eu Jensen. Mais ce n’était pas pareil, et ça ne le serait jamais. Et elle était perdue, sans elle, sans la certitude de l’avoir à ses côtés. Alors comment ferait-elle ? Alors que ferait-elle ? Rien, évidemment. Parce qu’elle ne pouvait rien faire. Supplier son pardon ? Elle ne l’excuserait pas. Elle ne l’excuserait plus, plus jamais.

You can take it all from me
And it wouldn't mean anything
Turn the whole world against me
As long as you don't leave
It's getting hard for me to sleep
Even harder for me to breathe
I'm used to life with you
Tell me what I need to do

Partir, s’en aller. Implicitement, ne plus jamais revenir. Ne plus jamais remettre les pieds dans son appartement, rester en dehors de sa vie. La croiser tous les jours au ministère, ne plus jamais lui adresser la parole. La voir chaque matin dans l’ascenseur, ne plus jamais lui proposer un déjeuné. Jamais. Suivre sa vie de loin, de ce qu’on pourrait lui raconter, des histoires qui circuleraient. Et devenir absente dans sa vie, comme elle le serait dans la sienne. Puis souffrir de l’absence, et s’enfermer dans une bulle, pour la supporter. Alors ce serait ça ? Mais elle ne voulait pas ! Mais elle ne pouvait pas ! Pourtant, elle se dirigeait vers la porte, elle sortait. Sous l’ordre de Charlotte. Elle lui jeta un dernier regard, la gorge nouée, et passa le pas de porte. Pour la première fois, elle releva la tête, et vrilla son regard dans celui de Charlotte. C’était sa décision. C’était sa décision, et elle la respectait, même si elle se savait incapable de vivre sans elle. Mais c’était son choix. Alors très bien, elle allait partir, et ne pas se retourner.

« C’est entièrement de ma faute. Eliott n’y est pour rien. » précisa-t-elle, avant de se retourner. « Charlie… » commença-t-elle d’une voix qui se brisa.

Elle ne termina pas sa phrase, et s’éloigna, avant d’entendre la porte claquer. Elle descendit quelques marches, avant de s’immobiliser. Non. Non, elle ne pouvait pas laisser faire ça. Elle ne pouvait pas ! C’était Charlotte, c’était elles ! Elle fit volte-face, s’apprêtait à retourner frapper à la porte de sa meilleure amie, lorsqu’elle s’ouvrit. Sans attendre, Lilly transplana.

I could live without money
I could live without the fame
And if everyday was sunny
I could live without the rain
And if I ever went up to heaven
I would fall right back down
That life wouldn't be worth living


C’était lâche. C’était tellement différent de ce qu’elle était d’ordinaire. D’un sort, elle ouvrit sa porte, entra dans son appartement. Vide, silencieux. Trop vide, trop silencieux. Elle se laissa tomber dans un fauteuil, se recroquevilla sur elle-même. Elle n’avait même plus envie de pleurer. Elle n’avait même plus envie de pleurer ce qu’elle avait perdu, ce qu’elle ne pourrait jamais retrouver. Elle n’avait même plus envie d’hurler. Elle avait simplement mal. Mal de se rendre compte que c’était trop tard. Qu’elle avait tout gâché. Que c’était fini, terminé. Terminé.

Because you're the one I couldn't live without.



Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

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Everybody hurts [Lilly]

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