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 L'amour (mal)heureux [Jeremy & Juliet]

Juliet E. BakerPoursuiveuse pour FlaquemareEn ligneavatar
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2 juin 2007

Juliet posa sa tête contre le mur derrière elle, portant sa main sur sa joue, et constatant qu’elle était encore chaude de la douche – brûlante – qu’elle venait de prendre. Ses coéquipières étaient toutes parties depuis plusieurs minutes, mais la jeune fille s’était attardée sous l’eau chaude, un peu trop longtemps, peut-être, puisqu’en sortant elle avait eu des vertiges pendant quelques secondes. Elle passa son jean, son tee-shirt, et un gilet – parce qu’il commençait à faire froid dès que la nuit tombait – et ferma les yeux, fatiguée. Fatiguée, lasse, vidée de toute énergie, aussi. Elle avait dormi trois heures cette nuit, peut-être quatre. Elle avait eu chaud, froid, s’était tournée, retournée, dans son lit, avait été exténuée sans réussir à trouver le sommeil. Elle s’était crue malade, et avait constaté, ce matin, que ce n’était pas le cas. Elle s’était demandée quel évènement pourrait avoir tant d’effet sur elle, mais n’en avait trouvé aucun. Toute la journée, elle avait réfléchi sur la provenance de cette angoisse, sans réussir à en trouver la cause. Elle soupira et ramena ses genoux contre elle, qu’elle entoura de ses bras, avant d’y poser son front. Etouffant un bâillement, elle inspira et expira longuement, et se mordit la lèvre inférieure. Elle détestait se trouver dans cet état. Déjà parce qu’elle avait l’impression d’être incapable de faire quoique ce soit, et ensuite parce que ça la mettait sur les nerfs. Et c’était en partie pour cela qu’elle avait mal pris – très mal pris – la petite pique de Gwen juste avant l’entraînement de Quidditch…

Et quel entraînement… Son plus mauvais, depuis le début de l’année, sans doute. Heureusement que la saison de Quiddich était terminée, et qu’elle n’avait pas été si lamentable lors du match Gryffondor/Poufsouffle… Elle l’avait remarqué dès le début, que son jeu était bien moins bon que d’habitude, et savait qu’elle aurait beau essayer, elle n’arriverait à rien aujourd’hui. Pourtant, puisqu’elle n’était pas du genre à abandonner si vite, elle s’était accrochée, elle avait essayé de faire de son mieux, vraiment. Elle savait que l’équipe était là pour elle, pour qu’elle réussisse le dernier test que devait lui faire passer Flaquemare, qui avait pour but de la départager avec une autre joueuse, et qui aurait lieu dans un mois, à peine. Mais si son jeu était « passable » au début de l’entraînement, il était passé « mauvais » au fil des minutes. Elle avait été nulle, lamentable, même. Déjà, parce qu’elle était fatiguée, et ensuite parce que la pique que Gwen lui avait lancé avant l’entraînement – auquel elle n’avait pas pris part, puisqu’elle n’avait aucune envie de l’aider – l’avait touchée bien plus que d’habitude, et lui était restée en travers de la gorge – lui donnant, au passage, d’habituelles envies de meurtres sur la Poursuiveuse. Dès la fin de l’entraînement, elle s’était excusée auprès de ses coéquipiers et était depuis sur les nerfs, et complètement exténuée, oscillant entre l’envie de fondre en larme, et de frapper quelqu’un – Gwen Frost ou Jonathan Cassel auraient très bien fait l’affaire. Aussi, comme elle n’avait plus cours de la journée, et aucune envie de rentrer au château, elle s’attardait dans les vestiaires de Quidditch, complètement déserts. Elle reposa ses jambes à terre, et noua rapidement ses cheveux avec un élastique noir qu’elle avait au poignet. Elle baissa ensuite la tête, avant de la relever rapidement lorsqu’elle sentit un courant d’air froid s’engouffrait par la porte qui venait d’être ouverte. Plissant les yeux, elle reconnu Jeremy sur le pas de la porte, et un sourire se dessina sur les lèvres, alors qu’elle lui faisait signe d’entrer.

Enfin quelque chose de positif, songea-t-elle en l’observant s’avancer dans le vestiaire. Elle avait à peine vu Jeremy aujourd’hui, excepté à l’entraînement de Quidditch, et de loin en cours – lorsqu’elle réussissait à garder les yeux ouverts – et était persuadée que se trouver en sa compagnie – ne serait-ce que quelques minutes – ne pouvait lui faire que le plus grand bien, voir lui faire retrouver le moral – chose que même Olivia n’avait pas réussi à accomplir.

« Salut. » souffla-t-elle avec un sourire. « Ça va ? »

Elle leva la tête vers lui, avant d’hausser les sourcils, pour savoir s’il y avait une raison particulière à sa venue… Pas de mauvaises nouvelles, par pitié, supplia-t-elle intérieurement en le dévisageant.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » demanda-t-elle avec un rire, avant de l’observer plus sérieusement.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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La tête dissimulée dans une serviette, Jeremy séchait ses cheveux tout en ronchonnant comme Aaron dans ses mauvais jours. Une succession de petites contrariétés, toute la journée, l'avait rendu de mauvaise humeur avant même le début de l'entraînement et il avait espéré pouvoir se détendre un peu sur son balai. Cela avait été le cas au début, lorsqu'il était allé se placer tout seul un moment devant ses buts et avait effectué quelques arrêts féroces en imaginant que le Souaffle était la tête d'Anton. Ce dernier avait jugé bon de faire exploser son chaudron en y versant discrètement un oeil de rat... Certains de ses camarades n'avaient pas dépassé mentalement le stade de la quatrième année ! Hélas, la suite de l'entraînement n'avait pas été réjouissante, malgré la bonne volonté des coéquipiers - presque au complet - de Juliet. C'était pour cette dernière qu'ils s'étaient réunis une dernière fois malgré le fait qu'ils n'aient aucun match à venir. En effet, Juliet devait préparer une dernière épreuve avant d'être sélectionnée par Flaquemare, car elle était en concurrence avec une autre joueuse, et Jeremy avait demandé aux autres membres de l'équipe de venir l'aider. Poudlard avait beau avoir un bon niveau en Quidditch, cela n'avait rien à voir avec le monde professionnel et Juliet ne devait surtout pas perdre la main si elle voulait avoir ses chances...

Pourtant, Juliet ne lui avait pas du tout semblé contente d'être là, et sa performance du jour laissait clairement à désirer. Il l'avait vu manquer une passe d'Olivia proprement immanquable et rater un but alors qu'il n'était même pas en train de défendre, trop occupé à examiner son jeu pour la conseiller plus tard. En temps normal, Jeremy aurait laissé couler. Cela arrivait à tout le monde d'avoir un jour sans, et ce n'était pas en rabrouant les joueurs qu'il obtiendrait de meilleurs résultats... Mais cette fois, c'était différent, parce qu'il savait pertinemment ce qui causait ces piètres performances de jeu chez sa petite-amie, à savoir Gwen. La nouvelle poursuiveuse ne semblait pas s'être remise du fait que Juliet ait quitté Killian pour lui, puisqu'elle semblait le lui rappeler à la moindre occasion et en des termes qui n'avaient rien de flatteurs. Jeremy la trouvait particulièrement culottée d'agir ainsi alors que Georgiana avait pris sur elle pour que les entraînements se passent bien, mais il avait comme les autres entendu les rumeurs sur Josh Bennet et se doutait donc que Gwen s'identifiait à leur situation. Ce n'était pas, à ses yeux, une raison pour tenir leurs entraînements, mais il aurait suffit que Juliet se montre indifférente, comme lui, à ses piques assassines pour qu'elle cesse. Seulement voilà, Juliet se montrait particulièrement sensible à ces remarques, ce que Jeremy ne parvenait pas à comprendre. Ils s'en fichaient, de ce que cette fille pouvait penser ! Le capitaine avait beaucoup de mal à comprendre pourquoi les deux filles ne pouvaient pas laisser leurs différends et leurs vies amoureuses de côté le temps de quelques heures. Lui y arrivait très bien, puisqu'il lui suffisait de décoller du sol pour oublier tout le reste... Mais non, il avait fallut que Gwen les laisse tomber, ce dont il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir puisque Juliet n'était pas son amie, mais tout de même. Plus grave, sa remarque avait suffisamment atteint Juliet pour qu'elle y pense tout l'entraînement, sinon comment expliquer une telle performance ?

Tout en ressassant ses pensées, Jeremy expédia ses affaires dans son sac et le jeta sur son épaule avant de rejoindre le parc, la démarche lasse. Il avait hâte de retrouver le calme de son dortoir, mais devait faire un crochet par l'infirmerie avant cela. Il avait toujours quelques douleurs liées à sa chute au dernier match et sentait poindre une migraine par dessus le marché. Les journées étaient longues ces temps-ci, puisque tous les septième année étaient plongés dans les dilemmes cruciaux d'orientation et dans la préparation des ASPIC. L'année avait été éprouvante, et Jeremy n'avait qu'une hâte : que le Poudlard Express les emmène loin du château pour un été de repos au soleil, à lire les comptes-rendus de la Coupe du Monde tout en sirotant des bières. Hélas, l'été ne serait pas seulement fait de relaxation pour sa petite-amie, puisqu'il lui faudrait parvenir à intégrer Flaquemare et à s'y faire une place... A peine avait-il fait quelques pas dans le parc que Jeremy fit demi-tour, décidé à avoir une petite conversation avec Juliet malgré sa fatigue. Cela ne pouvait pas durer, il ne pouvait pas la regarder perdre ses moyens sans réagir. Juliet était forte, il l'avait toujours pensé, mais elle était également sensible et il ne fallait pas qu'elle s'effondre sous la pression alors qu'elle était si prêt du but... Pénétrant dans le vestiaire, Jeremy aperçut la jeune fille qui lui adressa un sourire auquel il ne répondit pas. Jeremy avait déjà tenté la méthode douce avec la jeune fille, il l'avait prévenue des rumeurs qui courraient sur son compte et il lui avait demandé de ne pas se laisser atteindre, mais rien n'y faisait. Aujourd'hui, il n'avait pas la patience de prendre de gants, d'autant plus que cela n'avait jamais fonctionné jusqu'ici. Peut-être que Juliet avait besoin d'entendre la cruelle vérité une bonne fois pour toutes... Parvenu devant elle, Jeremy croisa les bras sur sa poitrine et la considéra un instant, avant de lâcher avec irritation :

"Oui, tu peux arrêter de te laisser atteindre par les conneries de Gwen, pour commencer. Flaquemare ne te prendra jamais si tu joues comme ça ! Et puis comment tu comptes supporter la pression en matchs professionnels si t'es pas capable d'entendre quelque chose de négatif à ton sujet ? Tu peux pas perdre tous tes moyens comme ça ! Si je me trompe et qu'il y a un autre problème, désolé, mais il faut le régler, c'est pas possible là !"



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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour FlaquemareEn ligneavatar
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Sa question posée, Juliet resta silencieuse, et observa son petit-ami avec attention, curieuse de savoir ce qu’il l’amenait là. Elle déchanta vite à l’entente de ses paroles, et haussa les sourcils avant d’accuser le coup. Son manque de sommeil se fit immédiatement sentir – elle était à fleur de peau depuis ce matin – et elle oscilla entre l’envie de fondre en larme – elle était vraiment angoissée en ce moment – et celui de s’insurger. Comme la fatigue la rendait aussi irritable que sensible, et comme il n’était pas dans son caractère de pleurer à la moindre contrariété, elle se leva d’un bond pour faire face à Jeremy. Elle voulait bien accepter qu’on lui dise qu’elle avait fait une séance lamentable. Non, elle n’avait même pas besoin qu’on lui dise, elle le savait. Elle connaissait assez son jeu pour savoir lorsqu’il devenait mauvais. Et il avait été mauvais. Très mauvais, même. Et elle s’en voulait déjà assez comme ça, sans avoir besoin que Jeremy vienne ne lui répéter. Sans oublier ses quelques mots sur Gwen… Il la connaissait aussi mal que ça, pour croire qu’elle ne supportait pas d’entendre une seule chose négative à son sujet ? Il pensait réellement qu’elle se préoccupait tant que ça de son image ? La pique de Frost l’avait touchée, oui. Pas parce qu’elle ne pouvait pas supporter d’entendre ça, juste parce qu’elle en avait marre. Marre de ce qualificatif qui revenait trop souvent. Elle avait essayé de rester indifférente, mais elle n’avait pas pu. Et c’était simple, pour Jeremy, de dire ça. Parce que la fille facile, c’était elle, et ça avait toujours été elle.

Aussi, elle vrilla son regard dans celui du jeune homme. Il l’avait énervé, et ce n’était pas forcément la meilleure chose à faire, en ce moment même. Les semaines précédentes avaient été chargées autant émotionnellement qu’en travail scolaire. Les ASPIC approchaient, tous les septième année étaient stressés – la salle commune des Gryffondor était étrangement calme, depuis quelques jours, et chaque « petit » qui faisait le moindre bruit se faisait incendier – et l’accident de Jeremy l’avait secoué – voir son petit-ami chuter sur plusieurs mètres était tout bonnement traumatisant. Cela, accumulé à son angoisse qui la tenait depuis deux jours, et sa fatigue, ne faisait décidemment pas bon ménage. Elle croisa les bras et commença :

« Ne pas supporter une critique négative ? » elle eut un rire sans joie. « Ça fait des années Jeremy, que j’en entends. T’as besoin que je te rappelle dans quelle famille je suis née ? » Les piques, lorsqu’elle était chez les Flint, elles fusaient. « Et arrête avec Gwen ! Ça fait quoi ? Trois mois qu’on est ensemble. En trois mois, tu vas me dire que mon jeu a été tant que ça altéré par Frost ? T’aurais dû me le dire plus tôt. » commenta-t-elle ironiquement.

Ça faisait déjà trois mois, songea-t-elle avec stupéfaction, alors qu’elle le fixait avec un air de défi. Elle avait l’impression que c’était hier qu’elle l’embrassait dans un petit bar à Aberystwyth. Elle chassa rapidement cette pensée de son esprit, avant de reporter son attention sur Jeremy. Elle voulait bien qu’on lui reproche plein de choses, mais haïssait qu’on l’attaque sur sa capacité à poursuivre le Quidditch dans une carrière professionnelle. Elle s’en savait capable, mais plus les jours avançaient, plus elle sentait cette certitude être remplacée par un manque de confiance en elle qui lui déplaisait fortement.

« Et tu sais quoi ? Ouais, j’angoisse. J’angoisse depuis deux semaines, et tellement que j’ai dû dormir trois heures cette nuit à cause de ça. Parce que tu crois sérieusement que je le fais exprès, de jouer comme ça ? Bordel Jeremy, ce test, c’est mon avenir ! Et surtout, c’est mon seul avenir ! » Et elle trouvait enfin ce qu’il l’angoissait tant que ça. « Toi tu as la Métamorphose, et si tu n’étais pas pris à Lycaon, tu pouvais toujours entrer dans n’importe quelle autre grande école. Je n’ai toujours eu que le Quidditch. Si je ne suis pas prise par Flaquemare, je ne peux rien faire ! »

Elle se mordit la lèvre inférieure et baissa les yeux, surprise pas son propre coup de colère, ainsi que légèrement honteuse par ce qu’elle venait de déclarer. Elle avait toujours su qu’elle voulait faire du Quidditch son métier, si bien qu’elle avait délaissé ses matières, et notamment cette année, alors que les recruteurs étaient de plus en plus présents. Oh, elle s’en sortait ! Elle peinait en potion, elle devait l’avouer, mais n’était pas si mauvaise que ça en sortilège, et se débrouillait en métamorphose. Mais rien d’assez ciblé pour pouvoir penser poursuivre dans un domaine autre que le Quidditch.

« Et pour Frost… » elle soupira avant de déclarer, irritée : « J’en ai marre d’elle. Alors oui c’est facile de me demander de rester indifférente, mais vas-y Jeremy, met toi à ma place et reste indifférent aux « traînée » et aux « putain » que j’ai habituellement, je t’en prie, je te cède ma place quand tu veux ! Mais non, tu ne comprends pas, parce que c’est moi, la fille facile. Et je resterai toujours cette personne aux yeux de Frost et des autres. Alors oui, en attendant je supporte. Et là, j’en ai marre. Désolée de ne pas pouvoir tout encaisser. » conclut-elle, acide.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Sans être surpris outre mesure, Jeremy vit sa petite-amie se planter devant lui et l'observer avec un air de défi, avant de lui lâcher tout ce qu'elle avait sur le coeur. Le jeune homme la laissa s'exprimer sans intervenir, le visage fermé, reconnaissant la part de vérité dans ses paroles. Il comprenait tout à fait que, du fait de sa naissance, Juliet avait toujours eu une pression familiale plus grande que la sienne. Jeremy s'était toujours estimé extrêmement chanceux d'être né dans une famille de sorciers qui se moquait éperdument de toutes ces traditions, aussi il était vrai qu'il ne pouvait pas imaginer les critiques qu'avait pu endurer Juliet. Malgré tout, ce n'était pas pour autant qu'il était complètement incapable de comprendre ce que Juliet pouvait traverser en ce moment... S'il faillit la prendre dans ses bras pour la réconforter quand elle lui affirma être angoissée au point d'en perdre le sommeil, Jeremy retint son geste avec ses derniers mots. Son visage se crispa de contrariété et il s'efforça de retenir la réplique cinglante qui lui brûlait les lèvres. Juliet n'apprécierait probablement pas s'il la reprochait de se victimiser, et pourtant c'était le fond de sa pensée. Certes, ce qu'elle vivait n'avait rien d'évident mais elle n'était pas la première à se prendre des remarques désagréables et à être jugée, ni la première à devoir supporter la pression d'une épreuve déterminante pour son futur.

"Tu crois peut-être qu'on m'a applaudi quand j'ai quitté Georgia pour toi ? Tu crois que je n'ai pas entendu les "salauds", "coureur de jupon" et autres formules moins élégantes qu'on lançait sur mon passage ? Je n'aimais déjà pas l'image que le Quidditch, et surtout le fait d'être capitaine me donnait, et voilà que j'ai confirmé tous les préjugés qu'on avait sur moi en trompant ma copine pour une autre !"

Il s'interrompit un instant, le souvenir douloureux de sa rupture avec Georgiana lui revenant en mémoire. Il n'avait toujours pas digéré la scène, à vrai dire, se contentant de l'enfouir tout au fond de lui pour ne plus jamais y penser ni l'évoquer, jusqu'à aujourd'hui. Parce qu'il ne pouvait pas laisser dire à Juliet qu'il ne pouvait pas comprendre ce qu'elle vivait alors qu'il avait, lui, réellement fait quelque chose de mal qui avait nourri les ragots et les remarques condescendantes à son sujet. Il avait trahi son ami, qui s'était arrangé pour se faire expulser de l'école, encore un évènement auquel Jeremy s'efforçait de ne pas penser... Killian et lui n'avaient jamais eu d'explication, Jeremy n'avait même pas eu l'occasion de présenter ses excuses, qui auraient certes été dérisoires mais étaient nécessaires. Il n'avait pas pu dire qu'il s'en voulait terriblement et qu'il n'avait absolument pas eu l'intention de lui causer une douleur pareille. Il n'avait pas pu dire à Killian qu'il était important pour lui, quand bien même il n'avait pas agis en ce sens, parce que Juliet était plus importante encore.

"Et j'avais moi aussi la pression pendant que j'ai passé mon concours, parce que j'avais beau avoir d'autres options comme tu le disais si bien, c'était ça que je voulais faire et je n'avais pas non plus envie de le rater, vu mon investissement. Alors tu penses ce que tu veux mais il n'empêche que la pression, je connais ça, tout comme les remarques désagréables et dégradantes aussi d'ailleurs. Et je sais que je n'aurais jamais pu m'en sortir à Bristol si je n'avais pas réussi à faire un écran entre toutes ces choses et mon concours. Je n'ai pensé à rien d'autre qu'aux épreuves et j'ai tout fait pour oublier le reste, nos parents, Georgia, toi... Ça n'a marché qu'à moitié, en réalité, tu m'as suivie jusque dans les épreuves."

Un petit rire gêné le secoua au souvenir du chat de Juliet qu'il avait fait apparaître lors de l'épreuve d'apparition d'animaux. Son inconscient s'était probablement exprimé à cet instant puisque Jeremy n'avait pas du tout voulu réaliser ce résultat. Mais l'animal de compagnie de Juliet lui avait porté chance, finalement... Il ne lui avait jamais parlé de cette évocation, un peu embarrassé pour une raison qu'il ne parvenait à comprendre. Radouci par ce souvenir, Jeremy posa un regard empli d'affection sur la jeune fille et se mordilla la lèvre pensivement, conscient d'avoir été un peu dur à un moment où elle n'attendait probablement que du réconfort.

"J'essaie de t'aider, d'accord ? Et la réalité c'est que oui, tu vas vivre un test très important pour ton avenir, un tournant peut-être. Bien sûr que ça met la pression, mais c'est exactement pour ça qu'il faut que tu te concentres uniquement là-dessus. Si tu laisses des remarques comme celles de Gwen t'atteindre, ça va juste empirer les choses. Tu n'as rien d'une fille facile ni d'une traînée, tu le sais au fond de toi, et c'est ce qui compte ! Tu sais qui tu es, une joueuse exceptionnelle, quelqu'un de sensible et de généreux, et c'est triste pour Gwen qu'elle n'arrive pas à voir ça. Tant pis pour elle, Juliet, laisse-la dire et concentre-toi sur ce qui compte vraiment. Il faut prendre soin de toi... Et...il faut relativiser aussi, parce que tu as tort de penser que tu n'as que le Quidditch. Tu es intelligente et pleine de ressources, quoi qu'il arrive, tu retomberas sur tes pieds. Et je serai là pour t'aider, si tu me laisses faire."

Un sourire incertain aux lèvres, Jeremy tendit la main pour attraper celle de la jeune fille en un geste hésitant. Il n'était pas sur d'avoir réussi à apaiser la tension qui l'habitait, mais il n'avait aucune envie qu'ils se disputent. Le gardien voulait l'aider, pas empirer la situation...



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Juliet E. BakerPoursuiveuse pour FlaquemareEn ligneavatar
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« Ce n’est pas ce que je voulais dire. » déclara Juliet à fin de la première tirade de son petit-ami, inexplicablement blessée par ses propos.

Pourtant, d’un côté, c’était exactement ce qu’elle voulait dire. Les remarques dégradantes, elle connaissait à bien les connaître, et ne se doutait pas – au fond d’elle, parce qu’elle n’aimait pas avoir tort en pleine dispute – que Jeremy avait dû les subir également. Et elle ne savait pas réellement ce qui la dérangeait le plus. L’idée qu’on se faisait d’elle, probablement. Le regard que les autres pouvaient avoir, aussi. Elle n’aimait pas ne pas pouvoir se rendre dans un lieu sans qu’on ne l’observe avec suspicion. Elle détestait les propositions d’Anton Smith, cette réputation qui n’était pas la sienne. Ces mots, qui ne lui correspondaient pas. Elle avait beau le savoir, elle ne pouvait s’empêcher d’être touchée – parfois blessée – parce qu’on disait sur elle. Elle pouvait bien faire comme si rien ne l’atteignait, cela finissait souvent par la rattraper, un jour ou l’autre. Et elle se rendit compte que c’était la première fois qu’elle se confiait complètement à propos des rumeurs qui courraient sur elle. En plein milieu d’une dispute, certes, mais la première fois. Généralement, elle se contentait de rire en secouant la main et en haussant les épaules, avant de déclarer que tous pouvaient bien penser ce qu’ils voulaient, elle s’en fichait royalement. Souvent, c’était vrai, parfois, ça l’était moins. Dans les deux cas, elle s’arrangeait pour ne rien laisser paraître, parce qu’elle savait bien que c’était exactement ce qu’on lui demanderait l’année prochaine. Elle avait déjà pris sur elle, pendant l’année, pour un certain nombre de choses, et comptait bien poursuivre dans ce sens. Là, c’était le trop-plein d’émotions et d’évènements qui la mettait sur les nerfs, et l’empêchait de trouver le sommeil. Et c’était stupide, très probablement, mais elle n’y pouvait strictement rien. Mais ce qu’elle avait voulu faire comprendre à Jeremy, lorsqu’elle avait pris la parole précédemment, c’était qu’elle était cataloguée comme une fille facile. Comme McGowan était cataloguée comme étant une brute, ou Harrington une préfète coincée. Et elle avait pris conscience que cette désignation la suivrait. Longtemps. Trop longtemps. Ce qui n’était – disons-le – guère flatteur. Elle se souvenait encore du jour où, après avoir rompu avec Killian, Eva était venue la trouver pour lui rapporter la scène qu’elle avait observé, dans un des couloirs – à savoir la rupture de Georgiana et Jeremy. Et si au début elle avait été réticente à lui rapporter les propos de la Harpie des Gryffondor, elle avait fini par lui avouer ces dires. Alors elle assumait d’être tombée amoureuse de Jeremy. Elle assumait d’avoir rompu avec Killian. Elle assumait moins sa réputation – parce qu'elle était fausse. A moins qu’elle ait une définition très différente du mot « traînée » mais elle n’était pas certaine que ce soit le cas.

Aussi, si d’un côté elle voulait retirer ce qu’elle avait dit, en affirmant à Jeremy qu’elle ne doutait pas une seule seconde que les remarques qu’il avait dû subir n’était pas non plus glorieuses, de l’autre côté – bornée – elle voulait maintenir ses propos. Qui n’étaient pas complètement faux, en soit. Exagérés, très probablement. Pourtant, elle devait bien le reconnaître, leurs situations étaient semblables sur un point. Ils étaient tous les deux catalogués briseurs de cœur, encore un autre qualificatif peu flatteur. Voir plus encore, puisque, quelques jours après sa rupture avec Killian, ce dernier avait été renvoyé de Poudlard. Elle se mordit la lèvre avant de baisser les yeux, légèrement gênée. Elle s’apprêtait à répondre, lorsque Jeremy reprit la parole. Avec attention, elle l’écouta sans l’interrompre, le visage déjà plus adoucit qu’il ne l’était quelques minutes auparavant, bien que toujours tendue. Elle avait bien conscience d’avoir eu peut-être une réaction un peu disproportionnée – mais un peu seulement. Et elle s’en doutait également, que Jeremy avait subi la même pression, lors de ses épreuves, que Bristol était son rêve. Sa curiosité fut piquée lorsqu’il mentionna qu’elle l’avait suivie jusque dans ses épreuves, et elle allait lui demander comment, lorsqu’il enchaîna. Un sourire apparu sur ses lèvres lors de sa dernière tirade – enfin, demi-sourire, elle était toujours censée être énervée. Elle glissa sa main dans celle du jeune homme – très bien, elle l’avouait, elle ne pouvait pas s’énerver pour ces raisons contre Jeremy – et finit par lâcher un soupir.

« Je sais. Je sais tout ça, je n’y arrive juste pas. Parce qu’il n’y a pas que ça, il y a un tas de petites choses qui me préoccupent, alors que c’est stupide, parce que ça ne devrait pas me préoccuper, mais ça le fait quand même. Il y a ce test de Quidditch, il y a les ASPIC dans… neuf jours. Il y a aussi mes parents qui ne peuvent plus se voir, et sont en instance de divorce, et ma sœur, parce que je ne sais pas comment elle prend tout ça… Et puis il y a l’année prochaine, et ma mère qui met la pression pour que je trouve un logement. Et Leah qui sera seule à Poudlard… Et ça m’angoisse, alors ça ne devrait pas m’angoisser, je ne devrais pas penser à ça maintenant, sauf que j’y suis obligée, et même lorsque je tente de repousser ça tout au fond de mon esprit, ça finit toujours par ressurgir, et ça m’empêche de dormir. » déclara-t-elle en parlant – peut-être un peu trop vite. « Et je suis stressée, et je crois que ça se voit. » plaisanta-t-elle – à moitié – avec un rire étranglé.

Elle prit une longue inspiration, et souffla longuement. Une fois ces choses dîtes, elle se sentait toutefois nettement mieux, et prenait enfin du recul par rapport à sa situation, qui lui semblait tout de suite un peu plus dérisoire, après qu’elle ait cité toutes les raisons de son angoisse à voix haute. Rien d’insurmontable, décida-t-elle, dans un élan de combativité. Levant finalement les yeux vers Jeremy, elle l’observa longuement, un sourire mutin aux lèvres, avant de faire passer ses bras par-dessus ses épaules et de se rapprocher de lui doucement.

« J’aurais pas dû m’énerver comme ça. » s’excusa Juliet en vrillant son regard dans le sien.

Elle approcha son visage de celui du capitaine des Gryffondor, alors que son sourire s’agrandissait.

« Je suis désolée. » souffla-t-elle en déposant ses lèvres sur le coin des siennes. « Vraiment désolée… » continua-t-elle en recommençant une deuxième fois, puis une troisième fois au creux de son cou.

Elle sourit une nouvelle fois avant de baisser le regard.



Jeremy BakerElève de l'Académie Lycaonavatar
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Envahi par le soulagement, Jeremy referma sa main sur celle de Juliet et pressa doucement ses doigts entre les siens. Bien, elle n'était pas si fâchée que ça tout compte fait, malgré le fait qu'il avait été un peu dur avec elle... Vraiment dur, même, songea-t-il avec une once de culpabilité quand Juliet fit la liste de toutes les choses qui la stressaient. Jeremy se contenta d'approuver en hochant la tête, réalisant que cela ne devait pas être facile de relativiser avec toutes ces choses qui s'accumulaient. Juliet avait toujours été protectrice envers sa soeur, il le savait très bien, et c'était logique qu'elle soit inquiète à l'idée de la laisser seule à Poudlard, quand bien même Leah semblait s'acclimater plutôt bien ces derniers temps.

Lui-même avait eu beaucoup de mal à ne pas harceler son frère de lettres lors de sa première année au collège, conscient du fait que Taylor serait toujours un peu à cheval entre deux mondes. Heureusement, son frère était d'un naturel optimiste et joyeux, ce qui l'avait conduit à compenser ses bizarreries sorcières par son comportement avenant, et il s'était fait des amis sans problèmes. Avec le temps, Jeremy était persuadé qu'il parviendrait à faire complètement partie de ce monde, au point peut-être de s'éloigner de son univers d'origine. Jeremy en était attristé bien sûr, conscient du fait que la grande complicité qui avait toujours existé entre Taylor et lui s'étiolait lentement au fil du temps tandis qu'ils évoluaient dans deux mondes différents, mais il était aussi heureux que son frère ait trouvé sa place quelque part. De toute façon, ces derniers mois, leur manque de communication venait surtout de Jeremy et de sa façon d'appréhender le divorce de leurs parents. Le capitaine avait bien l'intention de rectifier le tir dès l'été, en recommençant à passer le plus clair de ses journées avec son frangin, comme au bon vieux temps. En attendant, il y avait quelqu'un d'autre qui avait besoin de lui, de son support plutôt que de ses critiques...

"Si peu", répondit-il en riant lorsqu'elle affirma qu'elle était stressée et que ça se voyait.

Voyant que Juliet prenait une profonde inspiration, Jeremy garda le silence en la laissant retrouver sa sérénité. La dernière chose qu'il voulait, c'était de dire à nouveau quelque chose de travers. La journée avait été longue et il aurait largement préféré retrouver sa petite-amie pour y trouver du réconfort plutôt qu'une dispute. Juliet semblait cependant avoir la même idée en tête, à en juger par le sourire mutin qu'elle venait d'esquisser. Jeremy haussa un sourcil agréablement surpris en la voyant se rapprocher de lui, ses bras autour de son cou. Le gardien entoura sa taille de ses bras et l'accueillit avec un sourire, sourire qui s'accentua peu à peu à mesure à mesure que la jeune fille lui présentait ses excuses de la façon la plus agréable qui soit. Un léger frisson le parcourut quand il sentit ses lèvres parcourir son cou, puis lui sourire en baissant les yeux d'une façon si adorable qu'il se figea, la gorge asséchée. Merlin, le pouvoir qu'elle avait sur lui était assez incroyable, réalisa-t-il en secouant légèrement la tête pour garder la tête froide. En quelques mois, elle était devenue la personne la plus importante de sa vie, et il l'aimait tant que c'était parfois un peu effrayant. Il n'avait que dix-sept ans, l'âge des amourettes et des passades, et non celui auquel on trouvait la personne avec qui l'on passerait le reste de sa vie. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de penser que Juliet appartenait à la deuxième catégorie et non à la première, et cela donnait un peu le vertige. Bien que grisante, leur relation était devenue incroyablement sérieuse dès le départ, du simple fait de leurs situations amoureuses et familiales. Quelque part, c'était rassurant de constater qu'ils étaient capables de se disputer comme un couple normal de leur âge, pour des broutilles, de la fatigue et quelques mots de travers, pour se réconcilier tout aussi vite.

"Je te pardonne. Comme si je pouvais t'en vouloir quand tu me regardes comme ça..."

Il ponctua sa phrase en déposant un léger baiser sur ses lèvres, puis reprit son sérieux le temps de s'excuser à son tour.

"Je suis désolé moi aussi, j'ai été un peu dur, et maladroit. Mais c'est parce que je tiens à toi."

Jeremy exerça une légère pression dans le dos de Juliet pour la rapprocher de lui et l'embrassa plus longuement, heureux de retrouver leur complicité naturelle.

"Tu as quelque chose de prévu ce soir ? Parce que moi non... Qu'as-tu envie de faire ?"



Merci à Juliet Ship
Juliet E. BakerPoursuiveuse pour FlaquemareEn ligneavatar
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Un sourire innocent s’étira sur les lèvres de Juliet, alors que son petit-ami l’accusait de ne pas pouvoir lui en vouloir lorsqu’elle le regardait comme ça. Elle esquissa un nouveau sourire en même temps qu’il l’embrassait et hocha la tête tandis qu’il lui présentait également ses excuses.

« C’est rien. » lui assura-t-elle en lui effleurant la joue du bout des doigts, « Tu es tout excusé. Et, honnêtement, comment pourrai-je t’en vouloir lorsque tu dis des choses comme ça ? » ria-t-elle en faisant référence à ces dernières paroles, avant de se laisser entraîner contre lui, et de répondre à son baiser avec passion. Posant ensuite sa tête sur son épaule, elle resta là, savourant l’étreinte.

There are places I'll remember
All my life though some have changed
Some forever not for better
Some have gone and some remain


Ils quitteraient tout les deux Poudlard dans quelques jours, songea-t-elle, toujours un peu sidérée par cette pensée. Pour toujours. L’endroit qui les avait accueilli enfants, à onze ans, puis qui les avait vu devenir des adolescents, et enfin se transformer en les jeunes adultes qu’ils étaient maintenant. Dans quelques jours, ils partiraient, prendraient le Poudlard Express pour la toute dernière fois. Et c’était étrange, de se dire qu’elle passait ses derniers jours dans ce lieu si particulier pour elle – comme pour beaucoup, elle n’en doutait pas – qu’elle dormait ses dernières nuits dans ce dortoir aux couleurs des Gryffondor, qui s’était personnalisé avec le temps. Poudlard, c’était sa deuxième maison depuis ses onze ans. Le deuxième endroit où elle se sentait chez elle. Et oui, elle se sentait nostalgique, à l’idée de quitter le château. Pourtant, elle savait que c’était un passage obligatoire, dans la vie des sorciers anglais. Quitter Poudlard, le domicile familial, trouver un logement, entreprendre des études, et entrer dans la vie active. D’un côté, elle était impatiente de se plonger dans cet univers qu’elle ne connaissait pas encore. De l’autre, elle était anxieuse, un peu. Pourtant, elle se savait débrouillarde, et il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne s’en sorte pas l’an prochain. Cependant, il restait cette légère appréhension à l’idée de tous ces changements qui allaient se produire bientôt. Et c’était stupide, dans un sens, puisque tout allait bien se passer. Cela ne pouvait pas en être autrement, n’est-ce pas ? Mais, même si sa vie d’étudiante commençait sous peu, elle était certaine qu’elle n’oublierait jamais Poudlard, et les huit années qu’elle y avait passées.

All these places have their moments
With lovers and friends I still can recall
Some are dead and some are living
In my life I've loved them all


Parce qu’oublier Poudlard, cela signifierait oublier toutes les rencontres qu’elle avait fait là-bas, tout ce qu’elle avait vécu dans l’enceinte du château. Et ça, elle n’en n’était pas capable. Elle voulait pouvoir se souvenir de la première fois qu’elle avait foulé le sol de Grande Salle, de sa Répartition, de ses premiers pas dans ce lieu qu’elle avait trouvé démesurément grand, au premier abord. Puis, de ses toutes premières années au château, du jour où elle était entrée dans l’équipe de Quidditch, en tant que Poursuiveuse, lorsqu’elle était en troisième année. De l’euphorie des Gryffondor lorsqu’ils remportaient la coupe, des nombreux entraînements, d’abord sous la directive de Matthew Connolly, ensuite sous celle de Jeremy. Puis, enfin – ou plutôt, surtout – c’était des personnes qu’elle avait rencontré pendant ces huit longues années, dont elle avait envie de souvenir encore longtemps, bien que cette vision lui sembla légèrement utopiste. Et, alors qu’elle savait qu’elle allait probablement revoir souvent certaines personnes de sa promotion – Jeremy, Olivia, Samaël, Eva, pour ne citer qu’eux, bien qu’elle espérait aussi garder contact avec Théo ou Aaron – elle avait parfaitement conscience, en revanche, qu’elle ne pourrait que rarement revoir ses amis plus jeunes qu’elle. Elle pensait à Irving, à Danny, à Donald, à Joy, à Andrew, par exemple. Et c’était regrettable, vraiment, mais malheureusement, c’était ainsi. Enfin, elle pouvait toujours se débrouiller pour garder contact avec eux, de toute façon. Parce qu’elle les aimait, réellement. Pourtant, avec certains d’entre eux, ça n’avait pas été gagné d’avance. Elle se souvenait encore de sa dispute avec Joy l’année dernière, ou de la méfiance d’Irving à cause de son statut de « joueuse de Quidditch m’as-tu-vu. » Au final, elle s’était découverte avec la première des affinités insoupçonnées au premier abord, et considérait aujourd’hui le deuxième comme son petit-frère de cœur.

But of all these friends and lovers
There is no one compares with you
And these memories lose their meaning
When I think of love as something new


Pourtant, ce départ, elle ne le faisait pas seul. Elle partait avec Olivia, son amie de toujours, Samaël, Eva. Elle partait aussi – et même encore une fois, surtout – avec Jeremy. Et elle était rassurante, cette pensée, dans un sens, grandement. Parce que tout l’amour qu’elle portait à ceux restaient ici, n’était pas comparable à celui qu’elle avait pour son petit-ami. Et, dans les moments comme ceux là, où elle perdait confiance en elle, c’était ce qui la réconfortait le plus. Cette année n’avait pas été facile, du début à la fin. La dépression de sa mère, la trahison de son père, la relation entre leurs deux parents, leur propre relation qui avait commencé, et ceux qu’ils avaient perdu en la débutant. Pourtant, ce qu’elle y avait trouvé, dans cette relation, compensait largement le reste. Et c’était égoïste, de dire ça, elle le savait. Mais c’était la vérité, et elle n’y pouvait rien. Elle avait trouvé, aux côtés de Jeremy, une relation sérieuse tout en restant passionnée. Elle sourit, cachée dans son cou, respirant l’odeur si particulière de son petit-ami, qu’elle affectionnait tant. Elle ferma brièvement les yeux, savourant ce moment de plénitude.

Though I know I'll never lose affection
For people and things that went before
I know I'll often stop and think about them
In my life I love you more


Alors évidemment qu’elle y penserait souvent, à sa scolarité, à ceux qu’elle avait rencontré, aux moments qu’elle avait passé avec eux, là-bas, au château. Evidemment qu’elle les avait aimé, tout ces gens-là. Pourtant, il fallait qu’elle avance, à présent, sans trop regarder en arrière. Et pour ça, elle se raccrochait à plusieurs choses, dont une pensées des plus importantes : celle qu’elle aimait Jeremy, davantage que quiconque. Tellement, que parfois, ça l’effrayait autant que ça l’apaisait, tout cet amour qu’elle portait à une seule et même personne, toute la place qu’il avait pris dans sa vie, dans ses projets. Puis bien vite, elle se rassurait. Elle aimait Jeremy, et elle s'en épanouissait, et elle en était heureuse, plus qu’heureuse. Elle esquissa un sourire, une nouvelle fois, alors qu’elle relevait la tête faisant glisser ses lèvres dans son cou jusqu’à pouvoir l’embrasser. Elle se recula ensuite légèrement, l’observa longuement, alors qu’il demandait ce qu’elle avait envie de faire. Elle lui lança un regard malicieux, attrapa sa baguette posée sur le banc, verrouilla la porte du vestiaire d’un sort, glissa sa main dans celle de son petit-ami, et l’entraîna vers les cabines de douches, situées au fond du vestiaire. Elle avait envie d’une douche. Et, alors qu’elle marchait à reculons, face à Jeremy, l’évidence la frappa de plein fouet. Il avait pris une place si importante dans sa vie, qu’il avait été le seul à lui redonner confiance en quelques mots. Il n’y avait pas doute.

In my life I love you more

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L'amour (mal)heureux [Jeremy & Juliet]

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