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 Les déchirements [Eliott]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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23 Juin 2007

Au moment où la porte se referma derrière Lilly, Charlotte laissa échapper un sanglot. Si elle avait été animée d'une colère froide quelques secondes auparavant, tout son chagrin était revenu au moment où elle s'était retrouvée seule dans la pièce. Elle n'arrivait toujours pas à croire ce qui se passait, elle n'arrivait toujours pas à comprendre que c'était à elle, que cela arrivait. Lilly et Eliott, Eliott et Lilly. Sa meilleure amie, la fille qui était censée être sa meilleure amie depuis leurs onze ans qui lui faisait cela. Trompant au passage son meilleur ami. Comment est-ce qu'on pouvait être aussi égoïste ? Comment pouvait-on faire autant de mal aux gens ? Charlie s'adossa contre sa porte et se laissa glisser, essayant de se calmer et de retrouver un peu ses esprits. Peanut, son chat, vint se blottir contre elle et elle le serra dans ses bras, comme une peluche. Peanut protesta d'un miaulement, ce qui la fit sourire à travers ses larmes. Les mots de Lilly lui restait en tête, les mots de leur dispute également. Elles ne s'étaient jamais disputées comme cela. Évidemment, il y avait eu des prises de tête à l'adolescence et des frictions mais elles ne s'étaient jamais disputées pour quelque chose d'aussi grave. Elle avait été horrible avec elle, elle s'en rendait compte maintenant. Mais elle n'arrivait pas à s'en vouloir, pas encore. La douleur et la rancœur était bien trop présentes. Elle n'aurait jamais cru qu'un jour, elle arriverait à ne plus considérer Lilly comme son amie. Quand on y pensait bien, elles avaient passé la moitié de leur vie ensemble, se connaissaient depuis si longtemps. Lilly faisait partie de sa vie depuis des années, c'était comme un membre de sa famille, c'était comme une deuxième sœur. Lilly était un piller de sa vie, elle avait toujours été là pour elle, et cela avait toujours été réciproque, quoi qu'il arrive. Elles avaient vécu plein de choses ensemble et maintenant, tout cela était terminé.

Toujours avec Peanut dans les bras, Charlotte se releva. Elle était tellement en colère, contre Lilly, à un point qu'elle n'aurait jamais cru possible. A ce moment précis, elle la détestait de toutes ses forces. Elle ne voulait plus jamais avoir affaire à elle, elle mourrait d'envie de lui hurler toute sa rancœur, encore plus que ce qu'elle venait de faire. Elle aurait voulu la gifler à l'instant où elle le lui avait annoncé, elle avait vraiment cru qu'elle allait le faire. Elle avait dû résister à l'envie de lui balancer un sortilège et là, tout ce qu'elle voulait, c'était lui faire aussi mal qu'elle lui avait fait mal. Charlotte avait l'impression qu'on lui avait planté un couteau dans le dos et elle hésitait entre pleurer pendant des heures et hurler pour exprimer sa rage. Elle lui en voulait tellement, elle était tellement en colère. Contre Lilly, contre Eliott, qui eux deux qui lui étaient en train de lui infliger cela. Et elle ne pouvait rien faire, elle était là, dans son appartement en pyjama à pleurer avec son chat. Elle était pathétique, complètement pathétique. Elle mourrait de rattraper Lilly pour continuer à s'énerver, pour pouvoir passer toute cette fureur, pour arriver à se calmer un peu. Mais Lilly était partie et devait déjà avoir transplané. Elle lui avait dit de partir, elle l'avait mise dehors. Et elle était toute seule pour passer sa colère désormais. Et pourtant, Merlin savait à quel point elle mourrait d'envie de la blesser, là, maintenant, tout de suite.

La meilleure solution aurait été d'aller voir Jensen, pour tout lui dire, pour lui dire que Lilly l'avait trompé, pour que Lilly assume ses actes. Mais une voix raisonnable derrière son esprit embrumé de colère lui disait que cela serait faire souffrir Jensen. Il se sentirait comme elle, voire pire, étant donné qu'il était censé épouser Lilly. Comment pouvait-elle aller le voir et lui dire qu'elle embrassait d'autres garçons dans son dos ? Il était tellement heureux en ce moment, comment pouvait-elle lui briser cela ? Elle n'en n'avait pas le droit, elle n'en n'avait pas la force. Mais ne rien lui dire serait lui mentir et est-ce qu'elle pouvait décemment mentir à son meilleur ami ? Elle ne savait rien, elle était partagée. Le dire à Jensen serait porter un coup à Lilly, ne rien lui dire pouvait presque passer pour de la loyauté. Et elle ne voulait pas que Lilly croit qu'elle pouvait encore attendre quelque chose d'elle. Leur amitié était terminée, tous les liens qu'il y avait pu y avoir entre elles étaient rompus. Elle devrait forcer Lilly à le dire à Jensen, c'était la meilleure chose à faire. Il devait l'apprendre de sa bouche, c'était important. Il devait l'apprendre de Lilly...

... Tout comme elle aurait voulu l'apprendre d'Eliott. Pourquoi est-ce qu'il ne lui avait rien dit ? Même si Lilly le lui avait demandé, ils sortaient ensemble, il aurait dû venir lui parler ! Elle aurait mille fois préférer l'apprendre de lui. Ne rien lui avoir dit, cela faisait comme s'il avait voulu lui cacher quelque chose, comme s'il avait espéré qu'elle ne l'apprenne pas. Et il n'avait pas le droit de lui faire cela, elle avait confiance en lui, pourquoi est-ce qu'il n'avait rien dit ? Il était rentré chez lui, tranquillement, après avoir embrassé sa meilleure amie et cela ne lui avait pas posé de questions, comme si c'était parfaitement normal. Ils étaient censés sortir ensemble, bon Dieu ! Depuis trois mois ! Ou sept, comme il aimait si bien le dire ! Après plusieurs mois de relation, il n'avait même pas la correction de venir lui parler en personne ! Pourquoi il n'était pas venu la trouver hier, ou même ce matin ? Pourquoi il ne l'avait pas appelée, pourquoi est-ce qu'il se comportait comme si rien ne s'était passé, comme si tout était normal, hein ? Elle ne lui aurait jamais fait ça, elle, jamais. Furieuse, elle essuya ses larmes d'un geste de la main rageur en lâchant Peanut, qui retomba sur ses pattes en râlant.

Sans attendre, elle se dirigea vers sa salle de bains pour prendre une douche rapide et remonta ses cheveux en une queue de cheval avant de s'habiller. Tant pis pour les heures de sommeil qu'elle voulait rattraper, elle ne se sentait plus du tout d'humeur à dormir. Elle claqua la porte de son appartement derrière elle et se dirigea d'un pas déterminé vers la ruelle où elle transplanait. Elle était à la fois profondément triste et déçue mais en même temps furieuse et en colère, elle avait l'impression qu'elle pourrait éclater en sanglots ou frapper quelqu'un d'une minute à l'autre. Elle disparu dans un craquement sonore pour réapparaître près de chez Eliott. Elle monta les marches rapidement avant d'arriver à son pallier, essoufflée, les joues roses, les yeux rougis et avec une envie très Gryffondor d'en découdre. Ou de tomber dans ses bras parce que sa dispute avec Lilly résonnait encore dans son esprit. Elle tambourina à la porte avant de se reculer, les bras croisés sur sa poitrine. Si elle hésitait encore avant que la porte ne s'ouvre, la vue d'Eliott ne fit que la conforter dans son idée d'en découdre. Parce qu'au moment où elle avait croisé le regard d'Eliott, elle n'avait pas pu s'empêcher de l'imaginer avec Lilly, ce qui n'avait fait que renforcer sa colère.

- Ça va, je te dérange pas trop ? lança-t-elle, acerbe. Tu comptais me mettre au courant, un jour, pour Lilly et toi ou tu t'es dit que je n'en valais pas la peine ? Tu es rentré chez toi tranquillement, pas de problèmes de conscience à ce que je vois ? J'ai pas à m'inquiéter pour les soirs où je bosse, finalement, tu trouves toujours de la compagnie, n'est-ce pas fantastique ?

Elle avait crié la dernière phrase et elle ferma les yeux pour garder un minimum de contrôle. Mais elle avait l'impression qu'elle ne le pourrait pas, que tout ce qu'elle avait appris depuis le début de la journée lui retombait dessus, que tout ce qu'elle avait essayé d'intérioriser un peu allait ressortir. Et c'était Eliott qui allait prendre. Et pourtant, une voix lui disait qu'elle avait tort, la même qui lui avait dit de ne pas traiter Lilly comme cela, la même qui essayait de la résonnait depuis le début de la journée. Mais Charlotte n'écoutait plus sa tête depuis quelques temps déjà et elle agissait au gré de ses humeurs. Elle était à la fois malheureuse et furieuse, en colère et sur le point d'éclater en sanglots. Et elle avait envie de tomber dans les bras d'Eliott, qu'il la console et qu'il lui dise que rien de tout cela n'avait d'importance mais elle avait l'impression qu'elle ne pourrait jamais, parce qu'elle était trop en colère, trop perdue, trop, trop, trop. Elle ne se reconnaissait presque pas. Parce que oui, elle s'énervait parfois mais elle s'était toujours considérée comme responsable. Mais elle s'était trompée. Parce qu'il n'y avait rien de responsable dans ce qu'elle faisait, rien de mature, rien de réfléchi. Elle était là, aveuglée par la colère et le ressentiment sans pouvoir s'arrêter alors qu'elle savait qu'elle le regretterait après, parce qu'elle était méchante, agressive, injuste. Parce que tout ce qu'elle voulait au fond, c'est que rien de tout cela ne soit arrivé.


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Eliott avait mal dormi, ou pas dormi d'ailleurs, trop peu en tout cas. Il avait alterné entre des phases de découragement complet, à se lamenter de sa future rupture avec Charlotte et des phases de réflexion de moins en moins productives -à mesure que l'heure avançait- sur la façon dont il fallait réagir pour que cette rupture n'ait justement pas lieu. Et il en était arrivé à la brillante conclusion qu'il devrait commencer par se persuader lui-même qu'il n'était pas coupable. Comment espérait-il convaincre Charlotte de le pardonner si lui-même n'y arrivait pas ? 
Il y avait une version toute simple pourtant, qu'il n'avait qu'à adopter : Lilly l'avait embrassé. Il n'avait pas pu réagir, ça avait duré à peine trois secondes, et c'était tout. C'était vraiment comme ça que les choses s'étaient passées, pourtant à mesure qu'il revivait la soirée, encore et encore, il voyait toutes les erreurs qu'il avait commises. Parce qu'il aurait pu empêcher ça. Il aurait pu ne pas inviter Lilly à boire un verre, ou ne se contenter que d'un verre. Il aurait pu écourter la soirée bien plus tôt. Il aurait pu repousser Lilly. Il aurait dû même. Il ne savait pas pourquoi il n'avait pas réagi, parce qu'il avait bu et parce qu'il ne comprenait pas, peut-être. Parce que l'idée que cela puisse arrivé ne lui avait même pas traversé l'esprit avant que Lilly ne l'embrasse. Mais au fond peu importe pourquoi il ne l'avait pas fait, il n'avait pas repoussé Lilly et il s'en voulait atrocement. Il aurait voulu que ça n'arrive jamais.
Mais c'était arrivé. Il pouvait refuser de le reconnaitre, il pouvait formuler ça comme il le voulait, il avait embrassé la meilleure amie de sa petite amie. Meilleure amie qui était fiancée au meilleur ami de sa petite amie. Par Merlin, ça aurait presque pu être drôle, si cela ne l'avait pas concerné. C'était ridicule tellement c'était...gros. C'était trop de trahisons à la fois, et c'était trop de relations mises en péril pour un incident idiot. Et si Charlotte ne leur pardonnait pas ? Est-ce qu'il en serait fini de son amitié avec Lilly ? Une amitié qui durait depuis plus de dix ans ? Et eux ? Ils ne sortaient ensemble que depuis cinq mois, mais c'était déjà beaucoup, cinq mois. Et il tenait à elle, beaucoup plus qu'il ne devrait, bien plus qu'il ne voulait l'admettre. Il tombait amoureux d'elle, il s'attachait, beaucoup trop. Et il ne voulait pas la perdre. Et Jensen alors ? Il ne réussissait même pas à se souvenir depuis quand il sortait avec Lilly. Il avait l'impression qu'aussi loin qu'il pouvait se rappeler ses années à Poudlard, il avait toujours connu Jensen amoureux de Lilly. D'abord secrètement, timidement, puis vraiment, pleinement. Et ils étaient fiancés. Ils allaient se marier, du ils étaient censés se marier.
Eliott soupira et passa nerveusement une main dans ses cheveux désordonnés. Il avait besoin d'un café, encore. Complètement léthargique, il regarda le liquide sombre s'écouler lentement dans sa tasse pour ce qui devait être la dixième fois depuis qu'il était rentré hier soir. Il réalisa alors qu'il n'avait aucune idée de l'heure. Un coup d’œil par la fenêtre lui apprit que le soleil s'était levé. Il n'avait pas vu la nuit passer, comme s'il avait perdu toute notion du temps. Il sursauta quand quelqu'un tambourina violemment à la porte, avant de se figer sur place. C'était peut-être Charlotte. Surement même. Il ne savait pas s'il devait être soulagé, il n'avait pas cessé de se dire qu'il devait lui parler au plus vite, ou terrifié. Un peu des deux surement.
"Putain c'est quoi ce bordel ? Y a des gens qui dorment, on est en pleine nuit là."
Eliott se tourna vers Dylan -dont la notion de "nuit" était assez discutable- qui arborait des yeux fatigués, un pantalon de pyjama rayé et un t-shirt superman, pour lui faire signe qu'il s'en occupait, et elle retourna s'enfermer dans sa chambre. Il abandonna sa tasse de café sur la table de la cuisine et se dirigea vers la porte. Il posa nerveusement une main sur la poignée. Et si elle n'avait pas encore parlé à Lilly ? Si elle n'était pas au courant ? Il ne pourrait pas le lui cacher, il lui dirait tout. Mais elle savait forcément, sinon pourquoi essayer de détruire sa porte si tôt dans la matinée ? Oui, Charlotte savait. Tout ce qu'il avait imaginé dire, toutes les explications qu'il avait préparées, tout disparaissait de son esprit pour n'y laisser que cette angoisse. Cette peur que ça finisse mal. Il ouvrit finalement la porte et son ventre se noua alors que son regard croisait les yeux rouges de la jeune fille. 
Elle paraissait à la fois sur le point de fondre en larmes, et complètement folle de rage, et il ne savait pas ce qui lui faisait le plus mal. De la savoir triste à cause de lui, de réaliser qu'il l'avait fait souffrir, même involontairement, ou de voir qu'elle ne le lui pardonnerait visiblement pas. Les deux, probablement. La jeune femme lui cracha des mots acides au visage, lui reprochant de lui avoir rien dit, l'accusant de ne pas s'en vouloir et de "toujours trouver de la compagnie" quand elle n'était pas là. Il ne s'était pas attendu à ça. Évidement qu'il s'était imaginé qu'elle serait en colère, mais qu'elle le serait parce qu'il avait embrassé sa meilleure amie. Le fait qu'elle imagine qu'il ne s'en voulait pas le moins du monde le dérangeait. Croyait-elle vraiment qu'il était ce genre de petit-ami, du genre à tromper sa copine sans soucis de conscience ? Il trouvait ça injuste. Parce que Lilly l'avait embrassé il devenait le pire des salauds. Oui il avait fait une erreur, et oui il aurait peut-être pu éviter que cela arrive, mais il culpabilisait atrocement et ne méritait pas qu'elle le traite comme ça.
"Bien sûr que si je m'en veux ! Qu'est-ce que tu crois ?" répliqua-t-il, sur la défensive. 
Il réalisa à la seconde où les mots franchirent ses lèvres que ce n'était certainement pas la conduite à adopter. Que Charlotte soit énervée était légitime, lui n'avait pas vraiment de raisons de l'être. Il voulait arranger la situation, par l'aggraver. Il baissa les yeux en se traitant mentalement de Gryffondor idiot. Réfléchir avant de parler, et non l'inverse, serait déjà un bon début. Mais il était fatigué, tendu et avait réellement l'impression qu'on lui mettait un couteau sous la gorge. Il inspira un grand coup avant de reprendre plus calmement. Il avait oublié tout ce qu'il avait prévu de dire, mais tant pis. La seule carte à jouer dans ces cas-là était celle de l’honnêteté de toute façon.
"Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux, j'y ai pensé toute la nuit. Et jamais je n'ai pensé à te le cacher, assura-t-il en se décidant enfin à croiser son regard. Lilly était tellement mal hier, elle voulait te l'apprendre elle-même. Je savais qu'elle te le dirait, et je l'aurais fait sinon. Je ne t'aurais jamais menti sur quelque chose comme ça.
Et elle aurait dû le savoir. Il avait beaucoup de défauts mais n'était pas du genre à mentir de la sorte à sa petite amie, et il n'arrivait toujours pas à digérer le fait qu'elle puisse penser la contraire. Il essayait de mettre ça sur le compte de la colère, de la tristesse, mais ça le vexait malgré tout.


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Charlotte regretta immédiatement sa verve en entendant le ton défensif d'Eliott et sans qu'elle sache vraiment pourquoi, elle prit soudainement peur. Peur des conséquences de cette conversation. Parce qu'elle réalisait brusquement que cela pouvait aller loin, trop loin, sans même qu'ils s'en rendent compte. Elle n'avait pas envie de rompre avec Eliott, malgré sa colère, elle le savait. Elle tenait à lui, elle tenait à leur relation et n'avait pas envie de le perdre, pas comme cela, pas si brusquement. Et qu'est-ce qu'elle croyait ? Elle ne savait pas vraiment. Ce qu'elle voyait, sûrement. Et elle avait vu qu'Eliott n'avait pas essayé de lui parler depuis hier soir, qu'il avait attendu qu'elle vienne le trouver. Et si elle n'était pas venue le faire, qu'est-ce qu'il aurait fait ? Elle n'arrivait pas à le savoir. Elle savait bien que ce n'était pas le genre d'Eliott, de mentir, et pourtant elle avait cette désagréable impression. S'il s'en voulait, pourquoi n'était-il pas venu tout de suite ? C'aurait été tellement plus facile, tellement plus direct. Pourquoi est-ce qu'elle avait dû venir chercher des explications ainsi ? Elle aurait aimé l'entendre de sa bouche. Elle avait l'impression que cela aurait été plus facile, qu'elle n'aurait pas eu à gérer ses sentiments vis à vis de Lilly et de lui en même temps, qu'il aurait été là. Et qu'elle n'aurait pas été toute seule après que Lilly soit partie. Elle aurait voulu que cela vienne de lui, pas l'apprendre comme ça pour venir lui faire une scène. Elle releva les yeux vers lui et croisa son regard quand il reprit la parole. Elle avait envie de le serrer dans ses bras, ne serait-ce que pour oublier quelques secondes tout ce qui s'était passé, tout ce qui était en train de se passer mais quelque chose la retint.

- Tu aurais dû me le dire toi-même, Eliott, souffla-t-elle quand il lui expliqua que Lilly voulait le lui annoncer elle-même. Je ne savais pas que ce que disait Lilly passait avant tes principes à toi, rétorqua-t-elle brutalement. Je ne savais pas que le bien-être de Lilly passait avant ce que j'ai pu penser, à tes yeux.

Elle était injuste, elle était cruelle et elle s'en rendait compte. Mais les mots venaient tout seuls sans qu'elle puisse les retenir. Elle avait toujours eu ce coté Gryffondor de ne jamais réfléchir avant de parler, de rarement peser ses mots, cette spontanéité qui devenait souvent impulsivité et qui lui portait régulièrement préjudice. Comme c'était en train d'arriver à ce moment précis. Mais elle refusait fermement de voir Lilly comme une victime dans cette affaire. Elle n'avait pas le droit de se mettre dans cette position, elle n'avait pas le droit d'avoir de la compassion dans cette histoire, Charlotte s'y refusait pour le moment, elle lui en voulait trop. Ce n'était pas censé, ce n'était pas raisonnable mais elle ne voulait pas y penser. Elle voulait juste être en colère, la détester, détester ce qu'elle avait fait. Elle ne voulait pas entendre à quel point elle était mal, elle ne voulait pas voir Eliott pencher de son coté. Parce que cela signifierait trop de choses à ses yeux, trop de choses qu'elle refusait d'envisager. Elle était affreusement égoïste dans cette histoire, elle s'en rendait compte désormais. Elle refusait qu'on accorde quoi que ce soit à Lilly tout simplement parce qu'elle voulait que le monde la blâme quand elle était en train de la blâmer. Elle ne voulait pas qu'on essaye de comprendre ce qu'elle avait fait, elle ne voulait pas qu'on lui trouve d'excuses parce qu'elle voulait qu'on lui en veule comme elle lui en voulait. Et elle ne voulait pas qu'Eliott prenne sa défense, tout simplement parce qu'elle voulait qu'il soit auprès d'elle, pas auprès de Lilly. Et c'était égoïste, c'était horrible mais à cet instant précis, elle voulait qu'Eliott lui dise que c'était à elle qu'il tenait. Et c'était idiot parce qu'elle s'en devrait le savoir, parce qu'ils sortaient ensemble, mais ils ne s'étaient jamais rien dit depuis qu'ils étaient ensemble et ce qui s'était passé avait tout chamboulé, avait renversé la sorte de sécurité qu'elle avait acquise au bout de ces quelques mois, cette sécurité, cette impression qu'Eliott tenait à elle, vraiment.

- Et... Les larmes lui étaient montées aux yeux de nouveau et elle les essuya d'un geste rageur. Elle ne voulait pas pleurer devant Eliott. Elle ne voulait plus pleurer, elle ne faisait que cela depuis ce matin. Elle est venue ce matin et... On s'est disputées et j'ai...

Dis des choses auxquelles elle ne voulait pas repenser. Lilly était sa meilleure amie. Depuis des années, depuis plus de dix ans. Sa meilleure amie. Et c'était terminé. Parce qu'elle lui en voulait tellement, à un point qu'elle n'aurait pas cru possible. Parce que cela avait été si brutal, si inattendu. Elle n'aurait jamais pensé qu'elle se retrouverait dans ce genre de situation un jour, qu'elle serait le genre de fille si en colère, si rancunière, qui ferait des scènes à son petit ami et souhaiterait l'isolement de sa meilleure amie. Elle n'aurait jamais cru. Et pourtant. Elle était là, aujourd'hui, en train de le faire, tellement blessée qu'elle ne réfléchissait plus. Et sans savoir pourquoi cela la blessait tant. Peut-être était-ce parce qu'elle avait eu trop confiance en Lilly, une confiance aveugle et démesurée. Peut-être parce qu'elle avait trop idéalisé leur amitié. Peut-être parce que c'était trop brutal et trop décevant. Fermant les yeux un instant, elle recula pour s'appuyer sur le mur de derrière avant de poser son regard sur Eliott, se mordillant la lèvre inférieure.

- Ma meilleure amie. J'avais... J'avais confiance en elle. Aveuglément. Et... Et il y a eu ça et... Je n'ai pas pu, je n'ai pas su comment...

Elle détourna les yeux pour ne pas affronter le regard d'Eliott.

- Je crois que c'est la plus grande claque de toute ma vie, ajouta-t-elle avec un rire amer et éraillé. Et ce matin...  J'aurai voulu que... Que tu sois là et que tu me dises que...

Elle ne savait même pas. Qu'il le lui annonce de lui-même, qu'il lui dise qu'il était là, qu'il lui dise qu'il tenait à elle. Qu'il l'aimait. Que tout cela n'avait aucune importance, que ce n'était rien, que cela ne changeait rien. Mais ils étaient là, l'un face à l'autre et la moitié de ce qu'elle aurait voulu dire refusait de sortir. Elle aurait voulu lui dire à quel point elle se sentait blessée, elle voulait comprendre ce qui s'était passé, comment Lilly et lui en était arrivés là, lui dire qu'elle tenait à lui, qu'elle pensait être amoureuse, qu'elle ne voulait pas le perdre, elle aurait voulu le serrer dans ses bras, comme si rien ne s'était passé. Mais c'était impossible. 

- Je ne sais plus quoi penser.


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Il le savait. Jamais il n'aurait du accepter que Lilly parle à Charlotte la première. Pourtant cela lui avait paru une bonne idée sur le coup, la meilleure chose à faire même. Elles étaient meilleures amies depuis dix ans, Lilly la connaissait mieux, et puis s'était elle qui l'avait embrassé et elle se sentait coupable. Oui, sur le moment il avait trouvé des dizaines de raisons pour que Lilly soit celle qui parlerait à Charlotte mais maintenant qu'il avait la jeune femme devant lui, plus aucune de ses justifications en trouvait grâce à ses yeux. Il avait pensé bien faire, vraiment, mais s'était trompé, comme souvent. Et il ne savait pas quoi dire, parce que maintenant il ne se trouvait plus aucune raison. Pourquoi n'avait-il pas compris que c'était à lui que Charlotte voudrait parler ? Comment n'avait-il pas deviné qu'elle préférerait l'apprendre de sa bouche ? Et il avait l'impression que quoi qu'il dise ce ne serait jamais bon.

Eliott était complètement perdu, n'arrivait pas à savoir si elle était triste ou en colère et n'avait aucune idée de ce qu'il devait dire ou faire pour arranger la situation. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire que toute cette histoire n'avait aucune importance, que ce que disait Lilly ne passait certainement pas avant ce qu'elle pensait elle, qu'elle était la seule pour lui. Mais il était à peu près persuadé qu'elle le repousserait, il était complètement démunis. Tout ce qu'il savait c'était qu'il devait faire quelque chose. Il devait arranger la situation. A cet instant il se disait qu'il devrait y avoir des manuels pour ce genre de situation. Il y avait bien des livres pour comprendre les moldus, pourquoi n'y en avait-il pas pour comprendre les filles ? Cela sauverait des milliers d'hommes dans le monde. Filles contre Garçons : de la complexité du cerveau féminin contre l'ignorance masculine. Un best-seller, sans aucun doute. Quoiqu'il en soit en ce moment il aurait bien au besoin qu'on lui dise quoi faire. 

Il vit les larmes lui monter aux yeux quand elle évoqua sa dispute avec Lilly et son cœur se serra. C'était ce qu'il avait craint, que ce malheureux baiser vienne tout détruire. C'était trop dur, trop bête de se dire qu'on pouvait perdre une si belle amitié pour un geste impulsif, pour une bêtise. Il se retint de lui dire qu'il ne fallait pas en vouloir à Lilly, qu'elle devait trouver la force d ela pardonner, car une petite voix bienvenue lui fit comprendre que ce n'était pas ce que Charlotte voulait entendre pour le moment. C'était inutile d'essayer de calmer la situation entre elle et Lilly pour le moment. Il devrait commencer par arranger les choses entre eux déjà. Et le reproche de Charlotte le toucha en plein cœur. Elle aurait voulu qu'il soit là. Oui, il aurait être là. Il l'avait abandonné en pleine situation de crise, l'avait laissé géré ça toute seule et maintenant il réalisait à quel point il avait été idiot. Comment avait-il pu croire que c'était la chose à faire ?

"Je suis là, maintenant, répondit-il faiblement en faisant un pas vers la jeune femme qui s'était adossé au mur derrière elle. Oui, sauf que maintenant c'était un peu trop tard. Crétin. Je suis désolée Charlotte. Mais il savait bien qu'être désolé, ça ne changeait rien, on faisait toujours des excuses en pensant arranger les choses, mais ça ne faisait pas autant de bien qu'on le voudrait. Je...j'ai merdé. Ça oui, sacrément même. Et si c'était à refaire et bien...Déjà ça n'arriverait pas, et puis je serais là, je savais pas je...Je pensais bien faire, je suis désolé."

C'était confus, ça n'avait aucun sens et il ne lui avait pas dit la moitié de ce qu'il aurait voulu lui dire. Il n'arrivait pas à formuler ce qu'il pensait, il était complètement dépassé. Il était désespéré, il l'aimait et il ne voulait pas la perdre à cause de ça. Il s'en voulait tellement qu'il allait finir par disparaitre, entièrement rongé par ses regrets. Il aurait tout donné pour que ça n'arrive jamais, pour ne jamais la voir détourné ses yeux plein de larmes pour ne pas croiser son regard. Il aurait fait n'importe quoi pour effacer la soirée de la veille, pour pouvoir remonter le temps et faire différemment. Mais il restait là, silencieux, dévoré par la culpabilité et par l'amour qu'il ressentait pour Charlotte. Et par la peur, aussi, la peur que tout ça ne s'écroule, que ça finisse mal. Mais il n'arrivait pas à lui dire. Il n'avait jamais été doué pour ça, il manquait d'éloquence, il ne savait pas faire de jolies phrases qui ne voulaient rien dire mais qui sonnaient bien comme son frère ou son père. Il était maladroit, il avait du mal à expliquer ce qu'il ressentait et pourtant il savait qu'il devait le faire.

Charlotte finit par dire qu'elle ne savait plus quoi penser et il hocha la tête. Et lui donc ? Il ne savait plus quoi penser, plus quoi dire, plus quoi faire. Il ne savait rien du tout. Il était complètement perdu. Les seules choses qu'il savait c'était que ça le tuait de voir Charlotte et qu'il était désolé. Vraiment, vraiment désolé.

"Moi non plus je sais pas...Je sais rien, finit-il par lâcher. Je comprend rien, je suis complètement perdu. J'ai encore du mal à réaliser ce qui s'est passé. Je n'ai jamais pensé à mal je t'assure, je pensais prendre les bonnes décisions et je...J'fais n'importe quoi. Je suis désolé. Ce ne serait jamais que la douzième fois qu'il le disait, il devrait penser à changer de refrain. Mais je sais que je ne veux pas te perdre à cause de ça, surtout pas. Il faut que tu me pardonne, s'il-te-plait. Tu es importante pour moi Charlotte."

Ne résistant plus à l'envie, au pire il se prendrait une gifle, il franchit la distance qui le séparait de Charlotte et l'attira à lui pour la serrer dans ses bras. Non, il n'avait pas été là, il ne l'avait pas soutenu quand elle avait eu besoin de lui, mais il espérait qu'il était encore temps de se rattraper. Il était là pour elle maintenant, et il serait là jusqu'à ce qu'elle ne veuille plus de lui. Il l'étreignit doucement en lui caressant les cheveux. Il ne voulait plus la voir pleurer, la voir en proie à toutes ces émotions déchirantes. Il ne voulait plus qu'elle soit malheureuse comme ça, il voulait la voir sourire, la voir rire, comme avant. Elle le méritait, c'était une belle personne, peut-être la plus belle qu'il connaisse, et il s'en voulait de lui imposer tout ça. Il épongerait ses larmes, supporterait sa colère, ses mots amers, sa rancœur, peu importe. Il ne la laisserait pas gérer ça toute seule, il serait là pour elle.


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Évidemment, qu'Eliott était désolé. Elle avait été stupide de croire le contraire, qu'il s'en ficherait. Elle le connaissait un peu, tout de même. Elle aurait dû y penser, s'en douter, réfléchir un petit peu, ne pas se laisser aveugler comme cela par tout ce qui était en train de se passer. Ironiquement, c'est dans ces moments-là, où elle agissait stupidement, qu'elle se sentait complètement Gryffondor. Réfléchir avant d'agir. Un concept avec lequel elle avait toujours eu du mal. Utiliser sa tête. Et elle se laissait guider par ce qu'elle ressentait, encore et toujours. C'était dingue, tout de même. Elle avait l'impression d'avoir grandi, mûri, évolué depuis sa sortie de l'école et c'était sûrement le cas, elle avait vingt-trois ans désormais. Mais elle était encore là, à se traiter de Gryffondor, à tomber dans le même piège à chaque fois. Peut-être qu'un jour, cela changera, peut-être qu'un jour, elle arrêtera d'être aussi impulsive. Pourquoi en revenait-elle toujours au même point, à cette même conclusion ? Pourquoi, quand elle se retrouvait dans des situations désagréables, ne pouvait-elle pas se souvenir de la dernière fois et agir en conséquence, posément ? Elle n'en savait rien. Et cela l'agaçait. Elle s'en voulait, pour son attitude. Elle en avait honte. Et maintenant que la pression retombait, les remords l'envahissait.

- Je m'en doute, souffla-t-elle quand Eliott lui dit qu'il pensait bien faire.

Qu'aurait-elle fait, elle, si Jensen l'avait embrassée ainsi, un soir dans un bar ? Elle n'en savait rien. Elle aurait été complètement perturbée et catastrophée. Parce qu'il était son meilleur ami et qu'elle ne voyait pas pourquoi il l'embrasserait. Il n'y avait jamais rien eu entre eux, jamais. Elle avait certes eu le béguin pour lui lorsqu'ils avaient quinze ans mais elle n'avait pas tardé à se rendre compte qu'il craquait pour Lilly et cela lui été passé rapidement. Et catastrophée, parce que c'était le fiancé de Lilly. Elle l'aurait laissé lui annoncer avant d'aller s'excuser auprès de Lilly. Mais s'excuser de quoi ? D'avoir été là ? Elle n'aurait jamais cherché à séduire Jensen. Charlotte ne savait pas ce qui s'était passé hier soir entre Eliott et Lilly. Elle ne savait pas comment ils en étaient arrivés là, elle ne le saurait sûrement jamais. Elle avait des centaines de scénarios en tête, tous plus déplaisants les uns que les autres. Mais peut-être qu'Eliott n'avait rien fait pour que cela arrive. Lilly avait dit qu'elle était responsable. Elle ne savait rien pour Eliott. Mais peut-être qu'il n'avait rien fait. C'était une idée plaisante, rassurante. Une idée qui lui soufflait de ne pas en vouloir à son petit ami, une idée qui lui permettait de tout lui pardonner, de tout oublier et de juste rester avec lui, comme si rien ne s'était passé. Elle ne savait pas si cette idée était la bonne et elle n'aurait pas la force, pas le courage de demander, de peur que la réponse soit tout autre, soit mille fois pire. Elle voulait que cette idée soit la bonne. Elle ne voulait pas perdre Lilly et Eliott, pas en même temps. Et malgré les remords qui commençaient à l'envahir, sa colère envers Lilly restait intacte. Tandis que tout ce qu'elle avait pu ressentir vis à vis d'Eliott depuis ce matin vacillait. Elle pouvait juste se raccrocher à cette idée, se dire qu'il n'avait rien fait et juste lui pardonner. Parce qu'elle avait l'impression que ce serait le mieux, parce qu'elle voulait se dire qu'il n'avait rien fait, parce qu'elle voulait encore avoir confiance en lui. Parce que cette idée était mille fois plus plaisante et tellement plus facile à écouter qu'une autre potentielle vérité.

Alors elle releva les yeux vers Eliott quand il lui demanda de le pardonner, parce qu'ils en étaient visiblement tous les deux au même point, à ne pas vouloir arrêter comme cela, pour cela. Et quand il s'approcha d'elle pour la serrer dans ses bras, elle se laissa faire volontiers et enfouit son visage dans son cou, savourant l'étreinte familière. Non, elle ne voulait pas perdre Eliott, elle le regretterait trop. Elle tenait à lui, elle tenait à leur histoire, même brève et elle n'avait pas envie que cela s'arrête maintenant. Ils restèrent enlacés un long moment, sans prononcer un mot, le silence étant uniquement troublé par les bruits provenant parfois des étages supérieurs. Charlotte finit par s'apaiser, au bout de quelques temps, étant un peu calme pour la première fois depuis la visite de Lilly à son appartement. Elle avait toujours été bien dans les bras d'Eliott, depuis le début. Elle y avait passé des nuits entières et aurait pu y rester encore des heures maintenant, jusqu'à se sentir complètement mieux, jusqu'à oublier ce qui s'était passé. Mais elle savait très bien qu'ils ne pourraient pas rester plantés au milieu du pallier pendant des heures, aussi releva-t-elle la tête légèrement pour le serrer dans ses bras une dernière fois en déposant un baiser sur sa joue, avant de s'éloigner légèrement, s'adossant de nouveau au mur. Elle essuya une larme qui avait coulé sans qu'elle s'en rende compte sur le coup et inspira profondément.

- Je ne veux pas qu'on se sépare à cause de ça, lança-t-elle.

En réalité, elle ne voulait pas qu'ils se séparent tout simplement mais c'était quelque chose qu'on ne pouvait pas décider ainsi et surtout pas à l'avance. Elle attrapa sa main pour nouer ses doigts aux siens.

- Et je ne veux pas qu'on se fâche non plus, je...

Elle soupira. Elle n'avait vraiment pas les idées très claires, aujourd'hui. Le manque de sommeil dû à sa nuit de garde ne devait pas aider en plus à avoir l'esprit aiguisé et un seuil de tolérance élevé. Lâchant la main d'Eliott, elle se rapprocha de lui pour poser une main sur sa joue et la caresser du bout des doigts.

- Et... Et j'suis désolée d'avoir agi comme ça, de... De m'être emportée ainsi, c'est juste que...

Qu'elle était complètement impulsive et déraisonnable parfois, sans arriver à s'en empêcher ? Qu'elle ne réfléchissait pas avant d'agir ? Qu'elle était complètement stupide à des moments ? Qu'elle avait tendance à réagir de manière extrême quand elle était blessée ? Qu'elle ne connaissait pas la demi-mesure, qu'elle était bien trop manichéenne pour son propre bien ? Ou tout cela à la fois ?

- M'en veux pas, murmura-t-elle en se rapprochant, tellement que leurs visages se touchaient presque. J'aurai pas dû t'agresser comme ça, mais...

Mais elle n'avait aucune excuse. Si elle pouvait tant bien que mal tenter de se dédouaner vis à vis de ses mots durs envers Lilly, elle ne pouvait rien faire pour les propos qu'elle avait tenu à Eliott.

- Ne m'en veux pas, s'il te plaît.

Parce que ce matin, elle n'avait pas envie de perdre plus.


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Ils restèrent enlacés un long moment, en silence. Il caressa doucement les cheveux blonds de Charlotte en écoutant doucement le bruit qui venait des étages supérieurs. Le couple du cinquième se disputait encore, ils commençaient de plus en plus tôt, et la gamine d'à côté hurlait à plein poumons. Eliott les entendait à peine, occupé à se demander à quoi pensait Charlotte en ce moment. Elle ne l'avait pas repoussé, avait même enfoui son visage dans son cou, c'était plutôt bon signe. Il voulait croire que tout ça était terminé, que l'incident était clos, mais avait peur d'être optimiste. Il avait peur qu'elle lui en veuille encore, d'avoir perdu sa confiance, il craignait que les choses ne redeviennent jamais exactement comme avant. Il avait envie que les choses restent comme elles étaient, et il se raccrochait à l'idée que tout allait rentrer dans l'ordre, forcément. Il resserra un peu ses bras autours de sa petite amie alors que celle-ci l'étreignait et déposait un baiser sur sa joue.

Il dut finalement se résoudre à la laisser s'éloigner quand elle recula pour s'adosser de nouveau contre le mur. Il eut un pincement au cœur en la voyant essuyer une larme sur sa joue. C'était la première fois qu'il la voyait pleurer. Il aurait pensé que le jour où ça arriverait, il s'empresserait d'aller massacrer celui qui avait fait couler les larmes de sa petite amie, mais aujourd'hui il était le seul à blâmer. Et il s'en voulait atrocement de l'avoir mise dans cet état. Jamais il ne se serait pensé capable de la rendre triste, pourtant ce matin elle pleurait à cause de lui. Il se promit qu'à partir de maintenant il ferait tout son possible pour qu'elle ne soit plus jamais malheureuse. Il aimait beaucoup trop la regarder sourire, et il détestait la voir pleurer. La jeune femme inspira profondément avant de lancer qu'elle ne voulait pas qu’ils se séparent à cause de ça. Les mots de Charlotte le bouleversèrent plus que de raison. Elle ne voulait pas qu'ils se séparent, mais la façon dont elle l'avait dit laissait entendre que cela aurait pu les séparer. Il aurait pu perdre Charlotte à cause de ça. Il l'avait craint, évidement, mais se l'entendre dire rendait ce constat encore plus terrifiant.

"Je ne veux pas qu'on se sépare non plus. "

Ni à cause de ça, ni à cause de quoi que ce soit d'autre. Bien sûr il ne savait pas de quoi l'avenir serait fait, et personne ne commençait une relation en se disant qu'il aimerait bien que ça se termine. C'était toujours comme ça, au début, on voulait que ça dure toujours et on ne voyait pas pourquoi ce ne serait pas le cas. Mais avec Charlotte c'était différent, il voulait vraiment y croire. Il fit taire la petite voix mesquine dans sa tête qui lui assurait que c'était toujours différent, au début. Il tomberait peut-être de haut un jour, comme souvent, mais tant pis, il voulait s'accrocher à l'idée que Charlie pourrait bien être la bonne. C'était naïf, c'était ridicule, mais il y croyait quand même. La jeune femme vint confirmer cette pensée en s'approchant pour mêler ses doigts aux siens. Il caressa doucement le dos de sa main avec son pouce en baissant les yeux vers elle. Elle reprit en assurant qu'elle ne voulait pas qu'ils se fâchent et il fit non de la tête. Ils n'avaient échangé que quelques mots agressifs, c'était à peine une dispute, mais cela lui avait suffisamment déplu pour qu'il ne veuille plus jamais tenté l'expérience.

Charlotte se rapprocha encore et lui effleura la joue du bout des doigts, il posa sa main sur celle de la jeune femme et elle s'excusa de s'être emportée de la sorte. Il ne la comprenait que trop bien. Il s'imagina un moment la façon dont il aurait réagi s'il avait appris qu'elle avait embrassé quelqu'un d'autre, ou que quelqu'un l'avait embrassé. Se connaissant, il se serait probablement enflammé aussi. Et il aurait très certainement passé ses nerfs sur le malheureux qui aurait eu l'idée d'embrasser Charlotte. Pas la plus sage des réactions, en somme. Paige affirmait qu'il était beaucoup trop protecteur, il préférait dire qu'il veillait sur les personnes qui comptaient pour lui. Ce n'était pas un mal de vouloir éloigner les vils séducteurs de sa petite amie et de surveiller un peu les fréquentations de sa sœur. Paige était encore jeune, elle pouvait bien attendre quelques années avant de fréquenter un garçon. Il se souvenait beaucoup trop bien de ses dix-sept ans pour accepter l'idée que sa petite sœur sorte avec quelqu'un. Il était bien placé pour savoir qu'un adolescent de dix-sept ans, ce n'était pas fréquentable, les siens n'étaient pas si loin. Alors oui, il se serait très certainement emporté en apprenant que Charlotte avait embrassé quelqu'un d'autre. Et il se serait sans doute vite calmé, aussi. Il avait tendance à passer d'une émotion à une autre assez rapidement. Il aurait aimé être de ceux qui conservaient leur calme en toute circonstance, qui ne connaissaient que des colères glaciales et gardait une pleine maitrise de leurs mots et de leur gestes, de ceux qui réfléchissaient avant d'agir, mais ce n'était malheureusement pas le cas. Il se laissait beaucoup trop vite emporté par ses émotions, et cela lui causait souvent préjudice. La jeune femme se rapprocha encore, au point que leurs visages se frôlèrent, avant de lui demander de ne pas lui en vouloir. Comment aurait-il pu lui en vouloir alors qu'il n'avait qu'une envie en ce moment et que c'était de l'embrasser ?

"Je ne t'en veux pas voyons, je voudrais pouvoir dire le contraire, mais je pense que j'aurais réagi pareil. Il lui adressa un léger sourire. Ah, les Gryffondors... " soupira-t-il d'une façon qui n'était pas sans rappeler leur bien aimé professeur Harris.

Il avait réellement envie de l'embrasser, mais ce qui devait être sa raison lui soufflait que ce n'était peut-être pas le moment. Charlotte paraissait réellement bouleversée, et elle avait de quoi, et peut-être lui en voulait-elle encore. Mais ils s'étaient excusés tous les deux, alors on pouvait dire que la situation était arrangée, alors qu'est ce qui les empêchaient de se comporter comme d'habitude ? Il se torturait beaucoup trop l'esprit à son goût. Il n'avait qu'à...faire, et à voir quelle serait la réaction de Charlotte. C'était étrange de retrouver cette forme d'angoisse d'ordinaire familière aux premiers baisers alors qu'il se trouvait en face de sa petite amie, avec qui il sortait depuis bientôt cinq mois. Pour quelqu'un qui venait de se qualifier de Gryffondor, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il faisait honneur à son ancienne maison en ce moment.

Abandonnant toute réserve, et ignorant le fait qu'ils se trouvaient dans le couloir de l'immeuble, il posa sa main dans la nuque de la jeune femme et inclina doucement la tête vers elle pour l'embrasser. Il se raidit et interrompit son geste quand elle eut un mouvement de recul. Il n'avait pas rêvé, il avait sa main sur sa nuque, et il l'avait distinctement senti s'éloigner légèrement alors qu'il s'approchait d'elle. Elle ne voulait pas qu'il l'embrasse. Il ne parvint pas à masquer la déception sur son visage, à vrai dire il n'essayait même pas. Et plus que déçu, il était inquiet. Apeuré de voir que malgré tout ce qu'elle disait, elle ne lui avait rien pardonné. En tout cas elle lui en voulait encore assez pour ne pas accepter qu'il l'embrasse. Il voulait croire qu'elle pensait ce qu'elle avait dit, qu'elle voulait bien lui pardonner, mais ses réflexes l'avaient trahi. Elle lui en voulait encore, au fond.

"Charlie..." souffla-t-il simplement, complètement désemparé.

Elle se rapprocha alors de lui et toute son inquiétude s'envola. Il n'était pas certain de vouloir connaitre les raisons du mouvement de recul de la jeune femme mais en croisant son regard il comprit qu'il ne devait pas lui accorder trop d'importance. Il se pencha vers Charlotte et captura tendrement ses lèvres, une main sur sa nuque et l'autre appuyée sur le mur derrière elle. Il s'abandonna complètement à se baiser, en savourant chaque seconde, trop heureux de la retrouver enfin.



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Charlotte eut un sourire malgré elle lorsqu'Eliott mentionna leur maison et l'incapacité de la plupart de ses membres à réfléchir avant d'agir. Elle était un spécimen tout à fait représentatif de cette caractéristique, le Choixpeau ne l'avait répartie uniquement à cause de son goût pour l'aventure et sa témérité. Elle était une grande impulsive, c'était d'ailleurs son principal défaut, elle le savait et essayait de faire des efforts. Tout était dans le "essayer". Parce que cette histoire prouvait bien qu'elle était incapable de se contrôler et s'emportait bien trop vite pour le regretter après. Elle ne changerait jamais, c'était désespérant et profondément agaçant. Elle vit Eliott se pencher doucement vers elle pour l'embrasser, oubliant sûrement la fois où ils s'étaient fait surprendre à s'embrasser dans les escaliers et où une vieille dame les avait copieusement enguirlandé quand à l'exibition dans les lieux publics. Enfin, ils ne faisaient que s'embrasser en revenant d'un rendez-vous, il n'y avait rien d'indécent là dedans. C'est surtout cette vieille dame qui n'avait jamais dû embrasser personne, c'était tout. Pourtant, au moment où Eliott se penchait vers elle, ce n'est pas à ces baisers dans les escaliers qu'elle pensa, ou à tous les autres qu'ils avaient pu échanger depuis des mois, mais c'est à Lilly et lui. Lilly et lui en train de s'embrasser. Et elle eut un mouvement de recul, un mouvement qu'elle ne put contrôler et qu'elle regretta aussitôt, surtout lorsqu'elle croisa le regard déçu d'Eliott. Elle aurait voulu lui dire que ce n'était pas sa faute, qu'il n'avait rien fait, qu'elle ne l'avait pas fait exprès mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Même lorsqu'Eliott souffla son prénom, elle n'arriva à rien dire, son cœur se serrant à l'entente de son ton. C'est juste qu'imaginer Lilly et lui ensemble, tous les deux... Elle leva les yeux vers lui, comme pour s'excuser et se rapprocha de lui. Elle ne voulait pas le blesser, c'est juste que... Elle ne savait pas, cela avait été un réflexe.

Heureusement, il sembla le comprendre vu qu'il se pencha de nouveau vers elle pour l'embrasser. Elle avait l'impression que cela faisait trop longtemps alors que cela ne devait faire qu'un jour à peine. Son dos rencontra le mur lorsqu'elle passa ses bras autour du cou d'Eliott, savourant leur étreinte, fermant les yeux et s'abandonnant complètement au contact. Elle ne savait pas pourquoi, pourquoi à ce moment-là, mais ce baiser, c'était le genre de baiser qui vous faisait accélérer le cœur, le genre de baiser dans lequel on perdait son souffle et on oubliait tout ce qui pouvait se trouver autour, où rien d'autre n'avait d'importance, où tout ce qui faisait votre monde était le corps de l'autre pressé contre le vôtre. C'était peut-être parce que c'était une réconciliation, parce qu'elle avait eu peur de le perdre, parce que c'était des retrouvailles, en quelque sorte, un pardon. C'était peut-être pour des dizaines de raison ou pour rien, parce que c'était comme cela, parce que cela arrivait, parce qu'elle l'aimait, parce qu'elle ne voulait pas le perdre. Quoi qu'il en soit, quoi qu'il se passait, Charlie en perdait complètement le sens de la mesure, le fait qu'ils soient au milieu du couloir d'un immeuble - où ils s'étaient déjà fait surprendre -  le fait qu'il n'y avait rien de raisonnable dans ce baiser. Ses bras toujours autour du cou d'Eliott, elle se pressait contre lui, sur la pointe des pieds - parce qu'il était vraiment trop grand - prise comme d'un vertige et d'une envie de tout oublier, parce qu'à ce moment là, ce moment précis, ce baiser était tout ce qui comptait.

- Ça va, je vous dérange pas ? lança brusquement une voix aigre, brisant le moment.

Ce fut comme une douche froide. En réalité, ce fut carrément une douche froide et Charlotte recouvrit immédiatement ses esprits, se détachant d'Eliott, laissant ses mains retomber sur ses épaules. Devant le regard du vieil homme qui se tenait là, elle baissa les yeux, piquant un fard. On aurait dit une adolescente prise en faute par Rusard dans les couloirs de Poudlard. Elle avait le souffle court et le cœur qui battait la chamade, quelques mèches s'étaient échappées de sa queue de cheval et elle les sentait maintenant contre ses joues. Elle ne savait même pas pourquoi elle s'était laissée aller comme cela, ce n'était pas la première fois qu'elle embrassait Eliott et ce n'était même pas la première fois qu'il lui faisait cet effet mais cela la prenait toujours au dépourvu. Incapable de répondre quelque chose de correct qui puisse justicier la situation, elle resta juste contre son petit ami, une de ses mains sur son bras, l'autre coinçant ses mèches de cheveux derrière son oreille, dans une vaine tentative d'être présentable. C'est marrant comme il faisait chaud dans ce couloir, n'est-ce pas ? Le vieil homme finit par les abandonner, après leur avoir jeté un dernier regard désapprobateur. Il traversa le couloir en marmonnant contre les jeunes sans éducation et sans retenue, guidés par leurs hormones et descendit lentement l'escalier, marche par marche. On devrait le présenter à l'autre vieille dame. Quoi qu'il en soit, Charlotte ne prononça pas un mot le temps que leurs voix soient hors de portée du vieux monsieur, ce qui mit un certain temps vu la vitesse de sa descente. L'avantage, c'est que cela donna à Charlie le temps de se remettre à penser de manière raisonnée.

- Je pense que je vais rentrer, souffla-t-elle. J'ai besoin d'un peu de temps seule pour réfléchir, je crois.

Elle le repoussa doucement pour se diriger vers l'escalier, posant une main sur la rampe. Ils allaient se quitter comme cela, sur ces mots ? Elle tourna les yeux vers lui, le cœur battant. Pourquoi devait-elle rentrer ? Pourquoi ne pouvait-elle pas passer la journée avec lui, à oublier Lilly, à juste rester avec lui ? Pourquoi rentrer chez elle pour cogiter toute seule et déprimer ? Elle détourna les yeux et descendit les escaliers jusqu'à se retrouver à l'étage inférieur. Elle avait besoin d'un peu de temps toute seule, pour faire la part des choses. Elle avait un peu vécu un ascenseur émotionnel depuis ce matin, se poser lui ferait du bien. Elle verrait Eliott demain, ou lundi, ou mardi. Elle devait se calmer et avait besoin de rentrer chez elle pour cela, pour réfléchir à loisir et être libre, sans avoir à affronter le regard d'Eliott ou de qui que ce soit d'autre. Non. Elle allait se faire du mal comme ça. Autant rester avec Eliott, pour aller mieux, elle réfléchirait après. Et pourquoi avait-elle besoin de réfléchir ? Elle oubliait de le faire la plupart du temps, qu'elle cède là aussi ! Elle se retourna et monta de nouveau les escaliers en sens inverse.

- Eliott ! appela-t-elle en arrivant à son étage.

Il était encore là et elle se dirigea vers lui pour l'embrasser, tant pis pour ceux qui râleraient. Après un long baiser, elle laissa ses bras autour de son coup et son visage tout près. Tant pis pour le reste. Elle avait perdu Lilly, elle ne voulait pas perdre Eliott et se raccrochait désespérément à ce qui lui restait. Ce n'était pas des paroles en l'air, c'était des mots qu'elle avait souvent pensé ces dernières semaines mais qu'elle avait hésité à dire, par peur d'être repoussée ou ridicule. Mais elle le pensait et voulait le lui dire, tout simplement parce que c'était la raison de son emportement, c'était pour cela que cette histoire la touchait tant.

- Je t'aime, souffla-t-elle en le regardant dans les yeux.

Tant pis pour tout ce qui avait pu se passer. Elle l'aimait et c'était tout ce qu'elle voulait retenir à ce moment-là. Il avait dit que cela ne comptait pas, que ce baiser n'avait aucune valeur et elle le croyait, elle voulait le croire. Cela n'avait aucune importance, cela n'en n'avait plus.

- Coupez ! Coupez tout, on arrête tout !

Elle se recula tandis que toutes les lumières se rallumaient sur le plateau et la maquilleuse s'approchait pour quelques retouches.

- C'est quoi cette lumière ? Cindy ? CINDY ! Je t'avais dit de changer cette ampoule ! C'est quoi ce boulot ? On est déjà en retard sur le planning !

Charlotte leva les yeux vers l'ampoule nue du plafond - le réalisateur voulait vraiment retransmettre l'atmosphère des immeubles d'East End - qui clignotait. En effet, cela devait rendre étrange à la caméra.

- Charlie, intervint le réalisateur en se tournant vers elle. C'était très bien, j'ai beaucoup aimé l'intonation. Mais si tu pouvais le faire plus hésitant, c'est un moment important tu vois, c'est pas facile à dire. Je vous ferai entendre la bande son du moment, vous allez voir, c'est génial ! ajouta-t-il à l'adresse d'Eliott et elle. Williams a fait du bon boulot. Mais n'oublie pas que t'es pas assurée comme ça, tu vois. Le personnage hésite. Je l'ai pas mis dans le script ?
- Non, non, je crois pas, il n'y a que "elle l'embrasse."
- Je croyais pourtant... Enfin bon, on reprend ! En place tout le monde !

Charlotte se dirigea vers l'escalier, posant une main sur la rampe. Ils allaient se quitter comme cela, sur ces mots ? Elle tourna les yeux vers lui, le cœur battant. Pourquoi devait-elle rentrer ? Pourquoi ne pouvait-elle pas passer la journée avec lui, à oublier Lilly, à juste rester avec lui ? Pourquoi rentrer chez elle pour cogiter toute seule et déprimer ? Elle détourna les yeux et descendit les escaliers jusqu'à se retrouver à l'étage inférieur. Elle avait besoin d'un peu de temps toute seule, pour faire la part des choses. Elle avait un peu vécu un ascenseur émotionnel depuis ce matin, se poser lui ferait du bien. Elle verrait Eliott demain, ou lundi, ou mardi. Elle devait se calmer et avait besoin de rentrer chez elle pour cela, pour réfléchir à loisir et être libre, sans avoir à affronter le regard d'Eliott ou de qui que ce soit d'autre. Non. Elle allait se faire du mal comme ça. Autant rester avec Eliott, pour aller mieux, elle réfléchirait après. Et pourquoi avait-elle besoin de réfléchir ? Elle oubliait de le faire la plupart du temps, qu'elle cède là aussi ! Elle se retourna remonta les marches et... trébucha pour tomber sur les genoux, se retenant de justesse à la rampe.

- Ça va ? s'enquit le réalisateur tandis que Cindy, l'assistante de tournage de précipitait pour l'aider.

Les membres de l'équipe de tournage se retenaient de rire, par égard pour elle, mais elle entendait nettement des pouffements. Eliott, lui, son partenaire de jeu, ne s'était pas privé.

- Hé, c'est pas facile en talons ! lui lança-t-elle. Arrête de rire !

Elle devait remonter vite et ce n'était pas très pratique. Le personnage était sportif, ce n'était pas vraiment son cas même si elle s'entretenait pour le tapis rouge, pour les robes moulantes. Elle épousseta sa tenue et ses mains avant de remonter pour se remettre en position. Elle était persuadée que cette scène allait finir dans le bêtisier du DVD.

- Allez, allez, un peu de sérieux ! On reprend ! Attention aux marches, Charlotte !

Charlotte se dirigea vers l'escalier, posant une main sur la rampe. Ils allaient se quitter comme cela, sur ces mots ? Elle tourna les yeux vers lui, le cœur battant. Pourquoi devait-elle rentrer ? Pourquoi ne pouvait-elle pas passer la journée avec lui, à oublier Lilly, à juste rester avec lui ? Pourquoi rentrer chez elle pour cogiter toute seule et déprimer ? Elle détourna les yeux et descendit les escaliers jusqu'à se retrouver à l'étage inférieur. Elle avait besoin d'un peu de temps toute seule, pour faire la part des choses. Elle avait un peu vécu un ascenseur émotionnel depuis ce matin, se poser lui ferait du bien. Elle verrait Eliott demain, ou lundi, ou mardi. Elle devait se calmer et avait besoin de rentrer chez elle pour cela, pour réfléchir à loisir et être libre, sans avoir à affronter le regard d'Eliott ou de qui que ce soit d'autre. Non. Elle allait se faire du mal comme ça. Autant rester avec Eliott, pour aller mieux, elle réfléchirait après. Et pourquoi avait-elle besoin de réfléchir ? Elle oubliait de le faire la plupart du temps, qu'elle cède là aussi ! Elle se retourna et monta de nouveau les escaliers en sens inverse.

- Eliott ! appela-t-elle en arrivant à son étage.

Il était encore là et elle se dirigea vers lui pour l'embrasser, tant pis pour ceux qui râleraient. Après un long baiser, elle laissa ses bras autour de son coup et son visage tout près. Tant pis pour le reste. Elle avait perdu Lilly, elle ne voulait pas perdre Eliott et se raccrochait désespérément à ce qui lui restait. Ce n'était pas des paroles en l'air, c'était des mots qu'elle avait souvent pensé ces dernières semaines mais qu'elle avait hésité à dire, par peur d'être repoussée ou ridicule. Mais elle le pensait et voulait le lui dire, tout simplement parce que c'était la raison de son emportement, c'était pour cela que cette histoire la touchait tant.

- Je...

L'ampoule au dessus d'eux émit un drôle de bruit avant de s'éteindre brusquement, plongeant le plateau dans une certaine obscurité.

- CINDY !

Pendant que le réalisateur passait un savon à Cindy et que les assistants techniques changeaient l'ampoule, Charlotte s'autorisa une pause au buffet tout en discutant avec Eliott de la prochaine remise de prix qui aurait lieu à Los Angeles le mois prochain. Ils virent tous les deux le scénariste s'approcher du réalisateur tandis que Dylan, qui avait décroché le rôle de la colocataire, se présentait sur le plateau pour la prochaine scène.

- Les enfants ! s'exclama-t-il au bout de cinq longues minutes de discussion. Steven a eu une excellente idée ! On va un peu modifier le script, venez là que je vous explique !

Dix minutes plus tard, tout le monde était de nouveau en place pour tourner la scène et avoir enfin une bonne prise. Ils avaient pris un peu de retard et ça râlait un peu dans les hautes sphères.

Charlotte posa une main sur la rampe. Ils allaient se quitter comme cela, sur ces mots ? Elle tourna les yeux vers lui, le cœur battant. Pourquoi devait-elle rentrer ? Pourquoi ne pouvait-elle pas passer la journée avec lui, à oublier Lilly, à juste rester avec lui ? Pourquoi rentrer chez elle pour cogiter toute seule et déprimer ? Elle avait besoin d'un peu de temps toute seule, pour faire la part des choses. Elle avait un peu vécu un ascenseur émotionnel depuis ce matin, se poser lui ferait du bien. Elle verrait Eliott demain, ou lundi, ou mardi. Elle devait se calmer et avait besoin de rentrer chez elle pour cela, pour réfléchir à loisir et être libre, sans avoir à affronter le regard d'Eliott ou de qui que ce soit d'autre. Non. Elle allait se faire du mal comme ça. Autant rester avec Eliott, pour aller mieux, elle réfléchirait après. Et pourquoi avait-elle besoin de réfléchir ? Elle oubliait de le faire la plupart du temps, qu'elle cède là aussi ! Mais non. Elle ne devait pas céder. Elle devait prendre l'habitude de réfléchir avant d'agir. Et elle allait rentrer chez elle réfléchir. Elle lui adressa un léger signe de la main.

- Je t'appelle demain, promis-t-elle.

Et elle descendit les marches dans se retourner.


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Les déchirements [Eliott]

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